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Convolution : Définitions et Propriétés

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Convolution : Définitions et Propriétés

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Chapitre 3

Produit de convolution

3.1 Définitions et premières propriétés


Définition 3.1.1 – Produit de convolution Soient f , g ∈ M (Rd ). On ap-
pelle produit de convolution de f et g, la fonction f ∗ g définie par
Z
f ∗ g(y) = f (x)g(y − x)dµd (x),
Rd

à condition que l’intégrale soit convergente µd -presque partout.

 Exemple 3.1.2 – Convolée de fonctions indicatrices Pour tout y ∈ R,


on a
y 2−y
1[0,1] ∗ 1[0,1] (y) = √ 1[0,1] + √ 1]1,2] .
2π 2π


r Gauss Pour tout a > 0 on définit le
Exemple 3.1.3 – Semi-groupe de
2 − x2
noyaux de Gauss sur R par ga (x) = e a . Alors, pour tous a, b > 0, on a
a

ga ∗ gb = ga+b .

Théorème 3.1.4 – convolution L1 (Rd )−L1 (Rd ) Soient f , g ∈ L1 (Rd ). Alors,


f ∗ g est définie µd -presque partout et appartient à L1 (Rd ). De plus, on a

k f ∗ gkRd ,1 6 k f kRd ,1 kgkRd ,1 .

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74 Chapitre 3. Produit de convolution

Démonstration. Soient f , g ∈ L1 (Rd ). Alors, d’après le théorème de Fubini-


Tonelli, on a
Z Z Z Z 
| f (x)||g(y − x)|dµd (x)dµd (y) = | f (x)| |g(y − x)|dµd (y) dµd (x)
Rd Rd Rd Rd
Z Z 
= | f (x)| |g(y)|dµd (y) dµd (x)
Rd Rd
= k f kRd ,1 kgkRd ,1
< +∞
Ainsi, d’après le théorème de Fubini, la fonction f ∗ g est définie presque
partout sur Rd , appartient à L1 (Rd ) et d’après le théorème de Fubini-Tonelli,
on a
Z Z
k f ∗ gkRd ,1 = f (x)g(y − x)dµd (x) dµd (y)
Rd Rd
Z Z
6 | f (x)||g(y − x)|dµd (x)dµd (y)
Rd Rd Z 
Z
= | f (x)| |g(y − x)|dµd (y) dµd (x)
Rd Rd
Z Z 
= | f (x)| |g(y)|dµd (y) dµd (x)
Rd Rd
= k f kRd ,1 kgkRd ,1


Corollaire 3.1.5 (L1 (Rd ), +, ∗, .) est une C-algèbre de Banach commuta-


tive non unitaire.

Démonstration. On sait déjà que (L1 (Rd ), +, .) est un C-espace vectoriel et


on peut vérifier sans peine que (L1 (Rd ), +, ., ∗) est une C-algèbre. Par ailleurs,
en utilisant un changement de variables classique, on en déduit que pour tous
f , g ∈ L1 (Rd ) et pour presque tout y ∈ Rd , on a
Z Z
f ∗ g(y) = f (x)g(y − x)dµd (x) = f (y − z)g(z)dµd (z) = g ∗ f (y).
Rd Rd

ce qui implique que l’algèbre (L1 (Rd ), +, ∗, .) est commutative. De plus,


d’après le Théorème 2.2.3 du chapitre 1, on sait que le C-espace vectoriel
(L1 (Rd ), +, .) est complet, d’autre part comme pour tous f , g ∈ L1 (Rd ), on a
k f ∗ gkRd ,1 6 k f kRd ,1 kgkRd ,1 ,

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3.1 Définitions et premières propriétés 75

on en déduit que (L1 (Rd ), +, ∗, .) est une C-algèbre de Banach. Il nous reste
donc à prouver que cette algèbre n’est pas unitaire, en effet supposons qu’il
existe h ∈ L1 (Rd ) vérifiant
∀ f ∈ L1 (Rd ), h ∗ f = f .
On considère la suite ( fk )k∈N définie par
∀x ∈ Rd , fk (x) = e−k|x| .
Alors, d’après les hypothèses, on a pour tout k ∈ N, h ∗ fk = fk . Par ailleurs,
pour tous x ∈ Rd et k ∈ N, la fonction y 7−→ h(x)e−k|y−x| est continue sur
Rd et |h(x)e−k|y−x| | 6 |h(x)| qui est intégrable sur Rd et par suite d’parès le
théorème de continuité sous le signe intégral, on en déduit que pour tout k ∈ N,
la fonction h ∗ fk est continue sur Rd et donc
∀y ∈ Rd , k ∈ N, h ∗ fk (y) = fk (y),
en particulier
∀k ∈ N, h ∗ fk (0) = fk (0),
d’où
lim h ∗ fk (0) = 1. (3.1)
k→+∞

Par ailleurs, pour µd -presque tout x ∈ Rd et pour tout k ∈ N, on a |h(x)e−k|x| | 6


|h(x)| qui est intégrable et par suite d’après le théorème de convergence domi-
née, on a Z
lim h ∗ fk (0) = h(x) lim e−k|x| dµd (x) = 0,
k→+∞ Rd k→+∞

ce qui contredit la Relation (3.1) et donc la C-algèbre (L1 (Rd ), +, ∗, .) n’est


pas unitaire. 

Théorème 3.1.6 – convolution L1 (Rd )−L p (Rd ) Soit 1 6 p 6 +∞ et soient


f ∈ L1 (Rd ) et g ∈ L p (Rd ). Alors, f ∗ g est définie µd -presque partout et
appartient à L p (Rd ). De plus, on a

k f ∗ gkRd ,p 6 k f kRd ,1 kgkRd ,p .

Démonstration. Soient f ∈ L1 (Rd ) et g ∈ L p (Rd ).


B Si p = 1. Alors, le résultat est prouvé par le Théorème 3.1.4.
B Si p = +∞, alors pour presque tout y ∈ Rd , on a
Z
| f ∗ g(y)| 6 | f (x)||g(y − x)|dµd (x) 6 k f kRd ,1 kgkRd ,∞ < +∞
Rd

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76 Chapitre 3. Produit de convolution

et par suite f ∗ g est définie presque partout sur Rd , appartient à L∞ (Rd ) et on a


k f ∗ gkRd ,∞ 6 k f kRd ,1 kgkRd ,∞ .
B Si 1 < p < +∞, soit q l’exposant conjugué de p, c’est à dire le réel vérifiant
1 1
+ = 1. Alors, d’après l’inégalité de Hölder, on a
p q
Z Z
1 1
| f (x)||g(y − x)|dµd (x) = | f (x)| p |g(y − x)|| f (x)| q dµd (x)
Rd Rd
Z  1 Z 1
p q
p
6 | f (x)||g(y − x)| dµd (x) | f (x)|dµd (x)
Rd Rd
1
Z 1
p
q p
= k f k1,Rd | f (x)||g(y − x)| dµd (x)
Rd
1 1
= k f k1,Rd (| f | ∗ |g| p (y)) p
q

Comme | f |, |g| p ∈ L1 (Rd ), on en déduit d’après le Théorème 3.1.4 que pour


presque tout y ∈ Rd
1 1
q p
k f k1,R d (| f | ∗ |g| (y)) < +∞
p

et par suite pour presque tout y ∈ Rd


Z
| f (x)||g(y − x)|dµd (x) < +∞.
Rd

Ainsi, f ∗ g est définie presque partout sur Rd et on a


Z
kf ∗ gk pp,Rd = | f ∗ g(y)| p dµd (y)
Rd
Z Z p
= f (x)g(y − x)dµd (x) dµd (y)
Rd Rd
Z Z p
6 | f (x)||g(y − x)|dµd (x) dµd (y)
Rd Rd
p Z Z
6 k f k1,Rdq
| f (x)||g(y − x)| p dµd (x)dµd (y)
Rd Rd
p
q p
= k f k1,R d k| f | ∗ |g| k1,Rd
p
q +1
p
6 k f k1,Rd k|g| k1,Rd
p p
= k f k1,R d kgk p,Rd

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3.1 Définitions et premières propriétés 77

Dans la suite on rappelle que


 
C0 (R ) = f : R −→ C | f est continue et lim | f (x)| = 0 .
d d
|x|→+∞

On rappelle également que C0 (Rd ) est un C-espace vectoriel et que muni de


la norme uniforme définie par

∀ f ∈ C0 (Rd ), k f kRd ,u = k f kRd ,∞ = sup | f (x)|


x∈Rd

C0 (Rd ) est un espace de Banach. Enfin, on rappelle les inclusions suivantes

Cc (Rd ) ⊂ C0 (Rd ) ⊂ Cu (Rd )

et
Cc (Rd ) ⊂ C0 (Rd ) ⊂ Cb (Rd ),
où Cu (Rd ) désigne le C-espace vectoriel des fonctions uniformément continues
sur Rd et Cb (Rd ) désigne le C-espace vectoriel des fonctions continues et
bornées sur Rd .

Théorème 3.1.7 – Convolution L1 (Rd ) − C0 (Rd ) Soient f ∈ L1 (Rd ) et g ∈


C0 (Rd ). Alors, f ∗ g est définie µd -presque partout et appartient à C0 (Rd ).
De plus, on a

k f ∗ gkRd ,u = k f ∗ gkRd ,∞ 6 k f kRd ,1 kgkRd ,∞ .

Démonstration. Soient f ∈ L1 (Rd ) et g ∈ C0 (Rd ). Si f = 0, on a f ∗ g = 0


et le résultat est trivial. Supposons que f 6= 0, comme g ∈ Cu (Rd ) alors pour
tout ε > 0 il existe η > 0 tel que pour tous z, z0 ∈ Rd tels que |z − z0 | 6 η,
ε
on a |g(z) − g(z0 )| 6 . Dans la suite on se propose de montrer que
k f kRd ,1
f ∗ g ∈ Cu (Rd ), en effet soit ε >, alors pour tout y, y0 ∈ Rd tels que |y − y0 | 6 η,
on a
Z
0
| f ∗ g(y ) − f ∗ g(y)| = f (x)g(y0 − x) − f (x)g(y − x)dµd (x)
Rd
Z
= f (x)(g(y0 − x) − g(y − x))dµd (x)
Rd
Z
6 | f (x)||g(y0 − x) − g(y − x)|dµd (x)
Rd

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78 Chapitre 3. Produit de convolution

Comme pour tout x ∈ Rd , |(y0 − x) − (y − x)| = |y − y0 | 6 η, on en déduit que


ε
|g(y0 − x) − g(y − x)| 6 et par suite
k f kRd ,1

| f ∗ g(y0 ) − f ∗ g(y)| 6 ε.

Cela montre que f ∗ g ∈ Cu (Rd ), en particulier f ∗ g est continue sur Rd . Par


ailleurs, comme g ∈ C0 (Rd ), on a pour tout x ∈ Rd

lim |g(y − x)| = 0,


|y|→+∞

or pour tout x, y ∈ Rd , | f (x)||g(y − x)| 6 kgkRd ,∞ | f (x)| qui est intégrable et


par suite en utilisant le théorème de convergence dominée, on en déduit que
Z
lim | f ∗ g(y)| 6 lim | f (x)||g(y − x)dµd (x)
|y|→+∞ |y|→+∞ Rd
Z
= | f (x)| lim |g(y − x)dµd (x) = 0
Rd |y|→+∞

et donc f ∗ g ∈ C0 (Rd ). 

Corollaire 3.1.8 – Convolution Cc (Rd ) − Cc (Rd ) Pour tous f , g ∈ Cc (Rd )


la fonction f ∗ g est définie µd -presque partout et appartient à Cc (Rd ).

Démonstration. Comme Cc (Rd ) ⊂ L1 (Rd ) et Cc (Rd ) ⊂ C0 (Rd ), on en déduit


d’après le Théorème 3.1.7 que f ∗ g est définie µd -presque partout et appartient
à C0 (Rd ). Si f ∗ g = 0, alors f ∗ g ∈ Cc (Rd ), supposons maintenant que f ∗ g 6=
0 et soit y ∈ Rd tel que f ∗ g(y) 6= 0, alors il existe x ∈ Rd tel que f (x) 6= 0 et
g(y − x) 6= 0 ce qui implique que
n o n o n o
y ∈ Rd | f ∗ g(y) 6= 0 ⊂ x ∈ Rd | f (x) 6= 0 + z ∈ Rd | g(z) 6= 0
⊂ Supp( f ) + Supp(g)

et donc
Supp( f ∗ g) ⊂ Supp( f ) + Supp(g),
en particulier Supp( f ∗ g) est compact et f ∗ g ∈ Cc (Rd ). 

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3.1 Définitions et premières propriétés 79

Théorème 3.1.9 – Convolution L p (Rd ) − Lq (Rd ) Soient 1 < p < +∞ et q


son exposant conjugué et soient f ∈ L p (Rd ) et g ∈ Lq (Rd ). Alors, f ∗ g est
définie µd -presque partout et appartient à C0 (Rd ). De plus, on a

k f ∗ gkRd ,u = k f ∗ gkRd ,∞ 6 k f kRd ,p kgkRd ,q .

Démonstration. Soient f ∈ L p (Rd ) et g ∈ Lq (Rd ), alors en utilisant l’inégalité


de Hölder, on en déduit que pour presque tout y ∈ Rd , on a
Z
| f ∗ g(y)| 6 | f (x)||g(y − x)|dµd (x) 6 k f kRd ,p kgkRd ,q
Rd

et par suite la fonction f ∗ g est définie µd -presque partout sur Rd . Par ailleurs,
d’après le Théorème 2.4.5 on sait que Cc (Rd ) est dense à la fois dans L p (Rd )
et Lq (Rd ) et par suite il existe deux suites ( fk )k∈N , (gk )k∈N ⊂ Cc (Rd ) telles
que
lim k f − fk kRd ,p = 0
k→+∞
et
lim kg − gk kRd ,q = 0.
k→+∞

Ainsi, pour tout k ∈ N et pour presque tout y ∈ Rd , on a

| f ∗ g(y) − fk ∗ gk (y)| = | f ∗ g(y) − fk ∗ g(y) + fk ∗ g(y) − fk ∗ gk (y)|


= |( f − fk ) ∗ g(y) + fk ∗ (g − gk )(y)|
6 |( f − fk ) ∗ g(y)| + | fk ∗ (g − gk )(y)|

Or, d’après l’inégalité de Hölder, on a pour tout k ∈ N et pour presque tout


y ∈ Rd
Z
|( f − fk ) ∗ g(y)| 6 |( f − fk )(x)||g(y − x)|dµd (x)
Rd
6 k f − fk kRd ,p kgkRd ,q

et de la même manière, on a pour tout k ∈ N et pour presque tout y ∈ Rd


Z
| fk ∗ (g − gk )(y)| 6 | fk (x)||(g − gk )(y − x)|dµd (x)
Rd
6 k fk kRd ,p kg − gk kRd ,q

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80 Chapitre 3. Produit de convolution

Par conséquent, pour tout k ∈ N

k f ∗ g(y) − fk ∗ gk kRd ,∞ 6 k f − fk kRd ,p kgkRd ,q + k fk kRd ,p kg − gk kRd ,q

et par passage à limite, on en déduit que

lim k f ∗ g(y) − fk ∗ gk kRd ,∞ = 0.


k→+∞

D’où la suite ( fk ∗ gk )k∈N converge essentiellement uniformément vers f ∗ g,


or d’après le Corollaire 3.1.8 la suite ( fk ∗ gk )k∈N est une suite d’éléments
de Cc (Rd ) et donc une suite d’éléments de C0 (Rd ) qui est complet, ce qui
implique que f ∗ g ∈ C0 (Rd ). Comme pour presque tout y ∈ Rd , on a

| f ∗ g(y)| 6 k f kRd ,p kgkRd ,q ,

on en déduit que
k f ∗ gkRd ,∞ 6 k f kRd ,p kgkRd ,q


3.2 Approximation de l’identité


Définition 3.2.1 Soit (A, +, ×, .) une algèbre normée commutative non
unitaire. On appelle approximation de l’identité de A, toute suite (an )n∈N
d’éléments de A vérifiant

∀b ∈ A, lim kan × b − bk = 0.
n→+∞

Définition 3.2.2 – Approximation de l’identité dans L1 (Rd ) Soit (ϕk )k∈N


une suite de fonctions de L1 (Rd ). On dit que (ϕk )k∈N est une approxima-
tion de l’identité de l’algèbre de convolution (L1 (Rd ), +, ∗, .), si pour tout
f ∈ L1 (Rd ), on a
lim k f ∗ ϕk − f kRd ,1 = 0.
k→+∞

Définition 3.2.3 – Opérateur de translation sur Rd Pour tout x ∈ Rd , on


appelle opérateur de translation τx , l’endomorphisme

τx : M (Rd ) −→ M (Rd )
f 7−→ τx ( f ) = f (. − x)

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3.2 Approximation de l’identité 81

Proposition 3.2.4 – Opérateur de translation borné sur L p (Rd ). Pour


tout 1 6 p 6 +∞ et pour tout x ∈ Rd , l’opérateur de translation τx est un
opérateur linéaire borné de L p (Rd ) dans lui même, vérifiant

∀ f ∈ L p (Rd ), kτx ( f )kRd ,p = k f kRd ,p .

Démonstration. B Si p ∈ [1, +∞[, alors pour tous x ∈ Rd et f ∈ L p (Rd ), on a


Z Z Z
kτx ( f )kRp d ,p = |τx ( f )(t)| p dµn (t) = | f (t −x)| p dµn (t) = | f (s)| p dµn (s) = k f kRp d ,p .
R d Rd R d

B Si p = +∞, alors pour tous x ∈ Rd et f ∈ L∞ (Rd ), on a

kτx ( f )kRd ,∞ = sup |τx ( f )(y)| = sup | f (y − x)| = sup | f (z)| = k f kRd ,∞ .
y∈Rd y∈Rd z∈Rd


Lemme 3.2.5 — Continuité de l’opérateur de translation en 0 - Cas
L p (Rd ). Pour tout p ∈ [1, +∞[ et pour tout f ∈ L p (Rd ), on a

lim kτx f − f kRd ,p = 0.


|x|→0+

Démonstration. On sait déjà en vertu de la Proposition 3.2.4 que pour tout


x ∈ Rd , pour tout p ∈ [1, +∞[ et pour tout f ∈ L p (Rd ), on a τx ( f ) ∈ L p (Rd ).
Dans la suite on se propose de montrer que

lim kτx f − f kRd ,p = 0.


|x|→0+

Supposons que f ∈ Cc (Rd ) telle que Supp( f ) ⊂ B(0, a) et soit x ∈ Rd tel que
|x| 6 1, alors Supp(τx ( f )) ⊂ B(0, a + 1) et par suite
Z Z
kτx ( f )− f kRp d ,p = |τx ( f )(y)− p
f (y)| dµn (y) = |τx ( f )(y)− f (y)| p dµn (y).
Rd B(0,a+1)

Par ailleurs, comme, Cc (Rd ) ⊂ Cu (Rd ), on en déduit que f est uniformément


continue sur Rd et donc pour tout ε > 0, il existe 0 < η < 1 telle que pour
ε
tous y, z ∈ Rd vérifiant |y − z| 6 η, on a | f (y) − f (z)| 6 1 et
µd (B(0, a + 1)) p
par conséquent

∀x ∈ Rd , |x| 6 inf(η, 1), kτx ( f ) − f kRd ,p 6 ε.

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82 Chapitre 3. Produit de convolution

Soit maintenant f ∈ L p (Rd ), x ∈ Rd et ε > 0, on sait alors d’après le Théo-


ε
rème 2.4.5 qu’il existe g ∈ Cc (Rd ) tels que k f − gkRd ,p 6 . Par ailleurs,
3
d’après ce qui précède on sait qu’il existe η 0 > 0 tel que pour tout x ∈ Rd , |x| 6
ε
η 0 , on a kτx (g) − gkRd ,p 6 . Ainsi, d’après la Proposition 3.2.4, on en déduit
3
que pour tout x ∈ Rd tel que |x| 6 η 0 , on a

kτx ( f ) − f kRd ,p = kτx ( f ) − τx (g) + τx (g) − g + g − f kRd ,p


6 kτx ( f ) − τx (g)kRd ,p + kτx (g) − gkRd ,p + kg − f kRd ,p
6 kτx ( f − g)kRd ,p + kτx (g) − gkRd ,p + kg − f kRd ,p
6 kτx (g) − gkRd ,p + 2kg − f kRd ,p


Lemme 3.2.6 — Stabilité de C0 (Rd ) par translation. Pour tout f ∈ C0 (Rd )
et pour tout x ∈ Rd , on a τx f ∈ C0 (Rd ).
Démonstration. Comme f est continue sur Rd , on en déduit que pour tout
x ∈ Rd , τx f est continue sur Rd comme composé de fonctions continues. Par
ailleurs, on sait que f ∈ C0 (Rd ) par conséquent pour tout ε > 0 il existe A > 0
tel que
∀z ∈ Rd , |z| > A on a | f (z)| 6 ε.
Soit x ∈ Rd , ε > 0 et z ∈ Rd tel que |z| > A + |x|, alors |z − x| > |z| − |x| > A
et par suite
|τx ( f )(z)| = | f (z − x)| 6 ε,
en particulier τx ( f ) ∈ C0 (Rd ). 
Lemme 3.2.7 — Continuité de l’opérateur de translation en 0 - Cas
C0 (Rd ). Pour tout f ∈ C0 (Rd ), on a

lim kτx f − f kRd ,∞ = 0.


|x|→0+

Démonstration. Soit f ∈ C0 (Rd ) et x ∈ Rd , on sait alors d’après le Lemme 3.2.6


que τx ( f ) ∈ C0 (Rd ). Par ailleurs, comme f est uniformément continue, alors
pour tout ε > 0 il existe η > 0 tel que pout tout y, z ∈ Rd tels que |y − z| 6 η,
on a | f (y) − f (z)| 6 ε. Ainsi, pour tout ε > 0 il existe η > 0 tel que pour tout
x ∈ Rd , |x| 6 η et pour tout z ∈ Rd , on a |(z − x) − z| = |x| 6 η et par suite

|τx ( f )(z) − f (z)| = | f (z − x) − f (z)| 6 ε,

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3.2 Approximation de l’identité 83

ce qui implique que


kτx ( f ) − f kRd ,∞ 6 ε

et donc
lim kτx ( f ) − f kRd ,∞ = 0.
|x|→0+

Définition 3.2.8 – Dilatée d’une fonction mesurable sur Rd Soit ϕ ∈


M (Rd ). Pour tout t > 0, la fonction δt ϕ définie par

1 x
δt ϕ(x) = ϕ( ),
td t
est appelée une dilatée de ϕ.

Lemme 3.2.9 Soit ϕ ∈ L1 (Rd ). Alors, pour tout t > 0, δt ϕ ∈ L1 (Rd ) et on a

kδt ϕkRd ,1 = kϕkRd ,1 .

Démonstration. Soit ϕ ∈ L1 (Rd ) et t > 0, alors en utlisant le changement de


x
variables y = , on en déduit que
t

x dµd (x)
Z Z Z
kδt ϕkRd ,1 = δt ϕ(x)dµd (x) = ϕ( ) d = ϕ(y)dµd (y) = kϕkRd ,1 .
Rd Rd t t Rd

Lemme 3.2.10 Soit ϕ ∈ L1 (Rd ) une fonction positive telle que kϕkRd ,1 = 1
et soit (δt ϕ)t>0 la famille des dilatées de ϕ. Alors, pour toute fonction θ ∈
L∞ (Rd ) continue en 0, on a
Z
lim δt ϕ(x)θ (x)dµn (x) = θ (0).
t−→0 Rd

Démonstration. Si θ = 0, alors le résultat est trivial. Supposons donc dans la


suite que θ 6= 0 et soit ε > 0, comme θ est continue en 0, alors il existe η > 0
ε
tel que pour tout |x| 6 η, |θ (x) − θ (0)| 6 . Par conséquent, en utlisant le
2
AU 2023-2024 [Link]@[Link]
84 Chapitre 3. Produit de convolution

Lemme 3.2.9, on en déduit que


Z Z
δt ϕ(x)θ (x)dµd (x) − θ (0) 6 δt ϕ(x) θ (x) − θ (0) dµd (x)
RZd Rd Z

6 δt ϕ(x) θ (x) − θ (0) dµd (x) + δt ϕ(x) θ (x) − θ (0) dµd (x)
|x|6η |x|>η
ϕ( xt )
Z
ε
6 + 2kθ kRd ,∞ n
dµd (x)
2 |x|>η t
Z
ε
= + 2kθ kRd ,∞ ϕ(y)dµd (y).
2 |y|> ηt
Puisque Z
ϕ(x)dµd (x) = 1 < +∞,
Rd
alors pour tout ε > 0 il existe A > 0, tel que
Z
ε
ϕ(y)dµd (y) 6
|y|>A 4kθ kRd ,∞
et par suite
Z
η ε
∀0 < t 6 , ϕ(y)dµd (y) 6 .
A |y|> ηt 4kθ kRd ,∞
Ainsi, Z
η
∀0 < t 6 , δt ϕ(x)θ (x)dµd (x) − θ (0) 6 ε
A Rd
et donc Z
lim δt ϕ(x)θ (x)dµn (x) = θ (0).
t−→0 Rd


Théorème 3.2.11 Soit ϕ ∈ L1 (Rd ) une fonction positive telle que kϕkRd ,1 =
1. Alors, pour tout 1 6 p < +∞ et pour tout f ∈ L p (Rd ), on a

lim kδt ϕ ∗ f − f kRd ,p = 0.


t→0

Démonstration. Soit p ∈ [1, +∞[ et f ∈ L p (Rd ), alors d’après le Lemme 3.2.9,


on a pour tout x ∈ Rd ,
Z
|δt ϕ ∗ f (x) − f (x)| = δt ϕ(y) (τy ( f )(x) − f (x)) dµd (y)
Rd
Z
6 δt ϕ(y) τy ( f )(x) − f (x) dµd (y) (3.2)
Rd

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3.2 Approximation de l’identité 85

Supposons maintenant que p ∈]1, +∞[ et soit q son exposant conjugué, alors
en utilisant l’inégalité de Hölder ainsi que de la Relation 3.2, on en déuit que
pour presque tout x ∈ Rd , on a
Z
|δt ϕ ∗ f (x) − f (x)| 6 δt ϕ(y) τy ( f )(x) − f (x) dµd (y)
d
ZR
1 1
= (δt ϕ(y)) q (δt ϕ(y)) p τy ( f )(x) − f (x) dµd (y)
Rd
Z  1 Z 1
q p
p
6 δt ϕ(y)dµd (y) δt ϕ(y) τy ( f )(x) − f (x) dµd (y)
Rd Rd
Z 1
p
p
= δt ϕ(y) τy ( f )(x) − f (x) dµd (y)
Rd

et par suite pour presque tout x ∈ Rd , on a


Z
p p
|δt ϕ ∗ f (x) − f (x)| 6 δt ϕ(y) τy ( f )(x) − f (x) dµd (y). (3.3)
Rd

Par conséquent, en vertu du théorème de Fubini-Tonelli, on a


Z
kδt ϕ ∗ f − f kRp d ,p = |δt ϕ ∗ f (x) − f (x)| p dµd (x)
Rd
Z Z 
p
6 δt ϕ(y) τy ( f )(x) − f (x) dµd (y) dµd (x)
Rd Rd
Z Z 
p
= δt ϕ(y) τy ( f )(x) − f (x) dµd (x) dµd (y)
Rd Rd
Z
= δt ϕ(y)kτy ( f ) − f kRp d ,p dµd (y),
Rd

On pose
θ (y) = kτy ( f ) − f kRp d ,p ,
alors d’après la Proposition 3.2.4, la fonction θ vérifie

∀y ∈ Rd , 0 6 θ (y) 6 2 p k f kRp d ,p ,

et donc θ ∈ L∞ (Rd ). Par ailleurs, d’après le Lemme 3.2.5, la fonction θ est


continue en 0, ainsi en utilisant le Lemme 3.2.10, on en déduit que

lim k f ∗ δt ϕ − f kRd ,p = θ (0) = 0.


t→0

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86 Chapitre 3. Produit de convolution

Corollaire 3.2.12 – Approximation de l’identité de L1 (Rd ) 1ère forme


Soit ϕ ∈ L1 (Rd ) une fonction positive telle que kϕkRd ,1 = 1. Alors, la
famille (δt ϕ)t>0 est une approximation de l’identité de l’algèbre de convo-
lution L1 (R). C’est à dire que pour tout f ∈ L1 (Rd ), on a

lim kδt ϕ ∗ f − f kRd ,1 = 0.


t→0

Démonstration. Conséquence immédiate du Théorème 3.2.11 en prenant p =


1. 

Corollaire 3.2.13 – Approximation de l’identité dans L1 (Rd ) 2ème


forme Soit ϕ ∈ L1 (Rd ) une fonction positive telle que kϕkRd ,1 = 1. Pour
tout k ∈ N, on définit la fonction ϕk par

∀x ∈ Rd , ϕk (x) = kd ϕ(kx).

Alors, la suite (ϕk )k∈N est une approximation de l’identité de l’algèbre de


convolution L1 (Rd ). C’est à dire que pour tout f ∈ L1 (Rd ), on a

lim kϕk ∗ f − f kRd ,1 = 0.


k→+∞

Démonstration. Conséquence immédiate du Théorème 3.2.11. 

Théorème 3.2.14 Soit ϕ ∈ L1 (Rd ) une fonction positive telle que kϕk1 = 1
et (δt ϕ)t>0 ⊂ L1 (Rd ) la famille des dilatés de ϕ. Alors, pour tout f ∈
C0 (Rd ), on a
lim kδt ϕ ∗ f − f kRd ,∞ = 0,
t→0

Démonstration. On a f ∈ C0 (Rd ) et (δt ϕ) ∈ L1 (Rd ), alors f ∗ δt ϕ ∈ C0 (Rd ).


Puisque f est uniformément continue, on a pour tout ε > 0, il existe η > 0 tel
que
ε
∀x, y ∈ Rd , |y| 6 η, | f (x − y) − f (x)| 6 .
2
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3.2 Approximation de l’identité 87
Z
f ∗ δt ϕ(x) − f (x) 6 δt ϕ(x) f (x − y) − f (x) dµd (y)
Z Rd Z
6 δt ϕ(x) f (x − y) − f (x) dµd (y) + δt ϕ(x) f (x − y) − f (x) dµd (y)
|y|6η |y|>η
ϕ( xt )
Z
ε
6 + 2k f kRd ,∞ d
dµd (y)
2 |y|>η t
Z
ε
= + 2k f kRd ,∞ ϕ(y)dµd (y).
2 |y|> ηt

Puisque
Z
ϕ(x)dµd (x) = 1 < +∞,
Rd

alors il existe t0 > 0, tel que


Z
ε
∀t 6 t0 , ϕ(y)dµd (y) 6 .
|y|> ηt 4k f kRd ,∞

Ainsi
∀t 6 t0 , f ∗ δt ϕ(x) − f (x) 6 ε.

Corollaire 3.2.15 Soit ϕ ∈ L1 (Rd ) une fonction positive telle que kϕk1 = 1.
Pour tout k ∈ N, on définit la fonction ϕk par

∀x ∈ Rd , ϕk (x) = kd ϕ(kx).

Alors, pour tout f ∈ C0 (Rd ), on a

lim kϕk ∗ f − f kRd ,∞ = 0.


k→+∞

Démonstration. Conséquence immédiate du Théorème 3.2.14. 

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88 Chapitre 3. Produit de convolution

 Exemple 3.2.16 – Approximation de Gauss Soit g la fonction définie sur


Rd par

d 2
g(x) = 2 2 e−|x| .

Alors, g est positive et

Z
d 2
kgkRd ,1 = 2 2 e−|x| dµd (x)
d
ZR
1 2
= d e−|x| dx
π 2 Rd
2 +∞ Z
−ρ 2 d−1
= e ρ dρ
Γ( d2 ) 0
Z +∞
1 d
= d e−u u 2 −1 du
Γ( 2 ) 0
=1

Par conséquent, d’après le Corollaire 3.2.12, la famille (δt g)t>0 est une ap-
proximation de l’identité de l’algèbre de convolution L1 (Rd ). De la même
manière, d’après le Corollaire 3.2.13, la suite (gk )k∈N définie par

d 2 |x|2
∀k ∈ N, x ∈ Rd , gk (x) = (2k2 ) 2 e−k

est une approximation de l’identité de l’algèbre de convolution L1 (Rd ), dite


approximation de Gauss.

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3.2 Approximation de l’identité 89

 Exemple 3.2.17 – Approximation de Poisson Soit p la fonction définie


sur Rd par

d
2 2 Γ( d+1
2 ) 1
p(x) = .
Γ( 12 ) (1 + |x|2 )
d+1
2

Alors, p est positive et

d
2 2 Γ( d+1
2 ) 1
Z
kpkRd ,1 = d+1 dµd (x)
Γ( 12 ) Rd (1 + |x|2 ) 2

Γ( d+12 ) 1
Z
= d d+1 dx
π 2 Γ( 12 ) Rd (1 + |x|2 ) 2
2Γ( d+1 ρ d−1
Z +∞
2 )
= d+1 dρ
Γ( d2 )Γ( 12 ) 0 (1 + ρ 2 ) 2
d
Γ( d+1 u 2 −1
Z +∞
2 )
= d+1 du
Γ( d2 )Γ( 12 ) 0 (1 + u) 2
Γ( d+12 ) d 1
= B( , )
Γ( d2 )Γ( 12 ) 2 2
=1

Par conséquent, d’après le Corollaire 3.2.12, la famille (δt p)t>0 est une ap-
proximation de l’identité de l’algèbre de convolution L1 (Rd ). De la même
manière, d’après le Corollaire 3.2.13, la suite (pk )k∈N définie par

d
d (2k2 ) 2 Γ( d+1
2 ) 1
∀k ∈ N, x ∈ R , pk (x) =
Γ( 12 ) (1 + k2 |x|2 )
d+1
2

est une approximation de l’identité de l’algèbre de convolution L1 (Rd ), dite


approximation de Poisson.

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90 Chapitre 3. Produit de convolution

 Exemple 3.2.18 – Approximation de Laplace Soit f la fonction définie


sur Rd par
d
2 2 −1 Γ( d2 ) −|x|
f (x) = e .
Γ(d)
Alors, f est positive et
d
2 2 −1 Γ( d2 )
Z
k f kRd ,1 = e−|x| dµd (x)
Γ(d) Rd
Γ( d2 )
Z
= d e−|x| dx
d
2π Γ(d)
2 R
Z +∞
1
= e−ρ ρ d−1 dρ
Γ(d) 0
=1

Par conséquent, d’après le Corollaire 3.2.12, la famille (δt f )t>0 est une ap-
proximation de l’identité de l’algèbre de convolution L1 (Rd ). De la même
manière, d’après le Corollaire 3.2.13, la suite ( fk )k∈N définie par
d
d 2 2 −1 kd Γ( d2 ) −k|x|
∀k ∈ N, x ∈ R , fk (x) = e
Γ(d)

est une approximation de l’identité de l’algèbre de convolution L1 (Rd ), dite


approximation de Laplace.

3.3 Régularisation Dans la suite, on désigne par D(Rd ) l’ensemble


des fonctions f : Rd −→ C de classe C ∞ à support compact.
Lemme 3.3.1 Soit

f : Rd −→ C
( 1

e 1−|x|2 si |x| < 1
x 7−→ f (x) =
0 si |x| > 1

Alors, f ∈ D(Rd ).
Démonstration. Soient

g : Rd −→ R
x 7−→ g(x) = 1 − |x|2

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3.3 Régularisation 91

et
h : R −→ R+
(
1

t 7−→ h(t) = e− t si t > 0


0 si t 6 0

Il est alors évident que g ∈ C ∞ (Rd ) et que h ∈ C ∞ (R∗ ). Dans la suite, on se


propose de montrer par récurrence que pour tout k ∈ N, il existe Pk ∈ R[X] tel
que pour tout t > 0, on a
1 1
h(k) (t) = Pk ( )e− t ,
t
1
— Pour k = 0, on a h(0) (t) = h(t) = e− t et donc P0 = 1.
— Hypothèse de récurrence : Soit k ∈ N, supposons qu’il existe Pk ∈ R[X]
tel que pour tout t > 0
1 1
h(k) (t) = Pk ( )e− t ,
t
alors
1 1 1 1 1 1
h(k+1) (t) = (h(k) )0 (t) = − 2 Pk0 ( )e− t + 2 Pk ( )e− t
t t t t 
1 1 1
= (−X Pk )( ) + (X )Pk )( ) e− t
2 0 2
t t
1 1
= Pk+1 ( )e− t
t
avec Pk+1 = X 2 Pk − Pk0 . Ainsi, pour tout k ∈ N et pour tout t > 0, on a


1 1
h(k) (t) = Pk ( )e− t .
t
En particulier, pour tout k ∈ N, on a
1 1
lim h(k) (t) = lim Pk ( )e− t = lim Pk (x)e−x = 0 = lim h(k) (t),
t→0 + t→0 + t x→+∞ t→0−

et donc pour tout k ∈ N, on a


h(k) (0) = 0
et donc h ∈ C ∞ (R). Comme, f = h ◦ g, on en déduit que f ∈ C ∞ (Rd ).


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92 Chapitre 3. Produit de convolution

Proposition 3.3.2 D(Rd ) est un C-espace vectoriel de dimension infinie.

Démonstration. Il est évident que D(Rd ) est un sous-espace vectoriel de


C ∞ (Rd ) et donc un C-espace vectoriel. Soit maintenant f la fonction définie
par

f : Rd −→ C
( 1

e 1−|x|2 si |x| < 1
x 7−→ f (x) =
0 si |x| > 1

On sait alors, d’après le Lemme 3.3.1 que f ∈ D(Rd ). Par ailleurs, il est claire
que la suite ( fk )k∈N définie par

∀k ∈ N, x ∈ Rd , fk (x) = kd f (kx)

est une famille libre de D(Rd ) qui est par conséquent de dimension infinie. 

Théorème 3.3.3 – Régularisé Soient 1 6 p 6 +∞ et f ∈ L p (Rd ). Alors,


pour tout ϕ ∈ D(Rd ), f ∗ ϕ est bien définie et elle est de classe C ∞ sur Rd .
De plus,

∀x ∈ Rd , α ∈ Nd , Dα ( f ∗ ϕ)(x) = f ∗ Dα (ϕ)(x).

Démonstration. Soient f ∈ L p (Rd ) et ϕ ∈ D(Rd ), comme D(Rd ) ⊂ CC (Rd ) ⊂


L1 (Rd ), on en déduit d’après le Théorème 3.1.6 que f ∗ ϕ ets bien définie.
Comme ϕ est à support compact, alors il existe R1 > 0 tel que Supp(ϕ) ⊂
B̄(0, R1 ). Soit R2 > 0, alors pour tout y ∈ B̄(0, R2 ) et pour tout x ∈ Rd vérifiant
|x| > R1 + R2 , on a

|x − y| > |x| − |y| > |x| − R2 > R1 + R2 − R2 = R1 ,

et par suite ϕ(y − x) = 0, cela implique en particulier que


Z
∀y ∈ B̄(0, R2 ), f ∗ ϕ(y) = f (x)ϕ(y − x)dµd (x).
B̄(0,R1 +R2 )

Par ailleurs, pour tout x ∈ B̄(0, R1 + R2 ) la fonction y 7−→ f (x)ϕ(y − x) est de


classe C ∞ sur B̄(0, R2 ) et on a

∀x ∈ B̄(0, R1 +R2 ), y ∈ B̄(0, R2 ), α ∈ Nd , Dα ( f (x)ϕ(.−x))(y) = f (x)Dα ϕ(y−x).

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3.3 Régularisation 93

Or, pour tous x ∈ B̄(0, R1 + R2 ), y ∈ B̄(0, R2 ), α ∈ Nd , on a

|Dα ( f (x)ϕ(. − x))(y)| = | f (x)Dα ϕ(y − x)| 6 kDα (ϕ)kRd ,∞ | f (x)|

et par suite en désignant par q l’exposant conjugué de p, on en déduit d’après


l’inégalité de Hölder, que
Z Z
α α
kD (ϕ)kRd ,∞ | f (x)|dµd (x) = kD (ϕ)kRd ,∞ | f (x)|dµd (x)
B̄(0,R1 +R2 ) B̄(0,R1 +R2 )
1
6 kDα (ϕ)kRd ,∞ k f kRd ,p (µd (B̄(0, R1 + R2 ))) q
< +∞.

Ainsi, d’après le théorème de dérivation sous le signe intégrale d’une inté-


grale dépendante d’un paramètre, on en déduit que pour tout R2 > 0, f ∗ ϕ ∈
C ∞ (B̄(0, R2 )) et par conséquent f ∗ ϕ ∈ C ∞ (Rd ) et on a
Z
∀y ∈ Rd , α ∈ Nd , Dα ( f ∗ϕ)(y) = f (x)Dα ϕ(y−x) = f ∗Dα (ϕ)(y).
B̄(0,R1 +R2 )


Remarque 3.3.4 Avec les même hypothèses et notations du théorème précé-
dent, la fonction ϕ ∗ f s’appelle la régularisée de f par ϕ.
Remarque 3.3.5 Si dans les Théorèmes 3.2.11 et 3.2.14, la fonction ϕ ∈
D(Rd ), alors (δt ϕ ∗ f )t>0 (resp (ϕk ∗ f )k∈N ) est dite une famille (resp une
suite) régularisante de f .

Proposition 3.3.6 Pour tout 1 6 p 6 +∞, D(Rd ) ⊂ L p (Rd ).

Démonstration. Conséquence de la Proposition 2.4.1 et du fait que D(Rd ) ⊂


Cc (Rd ). 

Théorème 3.3.7 Pour tout 1 6 p < +∞, D(Rd ) est dense dans L p (Rd ).

Démonstration. Troncature et régularisation


Soit p ∈ [1, +∞[, f ∈ L p (Rd ) et ε > 0. D’après le Théorème 2.4.5 on sait qu’il
existe ψ ∈ Cc (R,d ) telle que
ε
k f − ψkRd ,p 6 .
2
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94 Chapitre 3. Produit de convolution

Par ailleurs, d’après le Lemme 3.3.1 il existe une fonction ϕ ∈ D(Rd ) positive
telle que kϕkRd ,1 = 1 et donc en vertu du Théorème 3.2.11, la suite (ϕk )k∈N
définie par

∀x ∈ Rd , k ∈ N, ϕk (x) = kd ϕ(kx),

vérifie

lim kϕk ∗ ψ − ψkRd ,p = 0.


k→+∞

En particulier, il existe k0 ∈ N tel que

ε
∀k > k0 , kϕk ∗ ψ − ψkRd ,p 6 .
2

Or d’après le Théorème 3.3.3, pour tout k ∈ N, ϕk ∗ ψ ∈ C ∞ (Rd ), de plus


comme ϕk et ψ sont à support compact, on a Supp(ϕk ∗ ψ) ⊂ Supp(ϕ) +
Supp(ψ) qui est compact et donc ϕk ∗ ψ ∈ D(Rd ). Ainsi, ϕk0 ∗ ψ ∈ D(Rd ) et

k f − ϕk0 ∗ ψkRd ,p 6 k f − ψkRd ,p + kψ − ϕk0 ∗ ψkRd ,p 6 ε.

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