Traitement des boues à Ouahigouya
Traitement des boues à Ouahigouya
RESUME..................................................................................................X
ABREVIATIONS ET SIGLES................................................................XI
GLOSSAIRE.........................................................................................XII
INTRODUCTION.....................................................................................1
[Link] physique........................................................................................................2
I-1-1-3. Climat...............................................................................................................3
[Link].....................................................................................................4
I-1-2-1.Démographie.....................................................................................................4
[Link] sociopolitique...............................................................................5
[Link] traditionnelles......................................................................................8
I-2-6-5. La population..................................................................................................18
II-2. Objectifs......................................................................................................................20
[Link] documentaire...............................................................................22
II-3-2-5. Entretiens......................................................................................................23
V-3-1-2. Caractéristiques............................................................................................55
V-3-2-2. Caractéristiques............................................................................................58
V-3-3-2. Caractéristiques............................................................................................61
VI-4-2-1. Conception...................................................................................................68
VI-4-2-2. Dimensionnement........................................................................................68
RECOMMANDATIONS ET CONCLUSION..........................................74
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES.................................................76
ANNEXES.............................................................................................78
Figure 3:Répartition des boues vidangées dans les établissements publics .........................14
Tableau 8: Nombre de rotations par jour de travail observé dans différents villes africaines
site….25.
DEDICACES
Je dédie ce travail de mémoire de fin de formation d’étude en ingénieur à
:
Mes frères Gabriel Soudou, Pierre Mahé, Jean Baptiste Djiré et mon
jumeau Maurice
REMERCIEMENTS
Du fond de mon cœur, j’adresse mes sincères remerciements à l’endroit
de tous ceux qui ont participé de façon directe ou indirecte à
l’élaboration de ce rapport de mémoire de fin d’étude en formation
d’ingénieurs.
THEME
Implantation et dimensionnement d’une station de traitement de boues de vidange
dans la commune de Ouahigouya
RESUME
L’urbanisation rapide et continue dans les pays en voies de développement rend de plus
en plus difficile la gestion des déchets tels les boues de vidange. La majorité de ces pays ne
dispose pas d’un réseau d’égout cause pour laquelle les ouvrages d’assainissement
autonomes sont les plus couramment rencontrés. La commune de Ouahigouya au Burkina
Faso (pays en voie de développement), n’est pas épargnée par ce mode d’utilisation de
système d’assainissement autonome.
Ces ouvrages produisent des boues de vidange et quand ils sont pleins leur contenu est
déversé sans traitement ni aucune précaution dans les places publiques (rues), dans ou
devant les cours des maisons, dans les champs, dans les jardins des maraîchers, les
terrains vagues, dans les cours d’eaux etc., ce qui crée une prolifération des sites de
dépotage.
Le but recherché, dans le cadre de cette étude, est de limiter la prolifération des sites de
dépotage. Pour atteindre ce but et rendre objectif le choix définitif d’un site, la méthodologie
indicative utilisée est l’approche multicritère d’aide à la décision.
A l’issu de cette étude, les deux sites les plus adéquats pour le dépotage des boues de
vidange ont été dégagés. Ce sont les sites S7 et S8 se trouvant respectivement sur les axes
routiers de Bogoya et de Mopti vers la partie Nord de la commune.
Pour la collecte et le transport des boues vidangées manuellement, les trois choix de
technologie qui ont été établis sont les charrettes à la traction asine et à traction motorisée et
les charrettes remorquées par le camion vidangeur de la mairie. Parmi ces choix la traction
motorisée est le choix le plus approprié pour la commune.
La filière de traitement utilisée pour les boues de vidange, dans le cadre de cette étude,
est le lagunage naturel. Le dimensionnement effectué nous a permis de trouver une
superficie d’environs 0.2ha.
Pour favoriser le fonctionnement de la station et pérenniser le mode gestion des boues
des mesures d’accompagnement ont été prises à savoir la création d’une mission de suivi,
l’application de la législation et de la réglementation sur les rejets des eaux usées et excréta,
une campagne de communication destinée à montrer les risques liés à ces rejets.
Mots clefs : Burkina Faso, Ouahigouya, choix d’un site, boue de vidange, approche
multicritère, collecte, transport, implantation, station de traitement.
ABREVIATIONS ET SIGLES
BV : Boues de Vidange
GLOSSAIRE
Analyse multicritère : Analyse ayant pour but d’expliciter une famille cohérente de
critères permettant d’appréhender les différentes conséquences d’une action.
C’est la quantité d’oxygène fournie par un oxydant chimique fort pour oxyder les
matières réductrices contenues dans une eau usée. Elle représente la totalité de ce
qui peut être oxydé, en particulier certains sels minéraux oxydables (sulfures, ….) et
la majeure partie des composés organiques (hors ammoniac).
INTRODUCTION
Comme pour la plupart des communes dans les pays en voie de développement,
l’assainissement des eaux usées et excréta constitue à la fois une mission et une
préoccupation des communes du Burkina Faso. Dans la plupart de ces communes, il n’y a
pas de réseau d’égout et les ouvrages d’assainissement autonome sont les plus
couramment rencontrés. Ces ouvrages produisent des boues qu’il faut vidanger et traiter de
manière à protéger la santé des populations et de l’environnement. Dans la ville de
Ouahigouya, la vidange et le transport des boues sont assurés par une association qui gère
un camion loué par la mairie, les vidangeurs manuels. Certains maraîchers se font livrer ou
transportent eux-mêmes les boues dans leurs champs et parcelles de maraîchage. C’est
dans ce contexte que le CREPA a entamé depuis 2003 un projet de recherche dont l’objectif
est d’élaborer une stratégie de gestion durable des boues de vidange dans la ville de
Ouahigouya. Les vidangeurs manuels déversent les boues de vidange dans les rues, les
cours, les caniveaux et autres espaces non construits de la ville. Les boues vidangées
mécaniquement sont déversées sur 14 sites de dépotage situés dans un rayon de 5km
autour de centre-ville. L’amélioration de la gestion des boues de vidange dans la commune
intègre la réalisation d’une station de traitement. Cette unité de traitement devrait être
implantée de sorte que les intérêts des différents acteurs soient sauvegardés : protection de
la santé et de l’environnement pour la mairie, coût additionnel de transport abordable pour
les vidangeurs, disponibilité de biosolides à proximité des champs pour les maraîchers.
Elle consiste à faire un aperçu global sur les aspects physique et humain, l’alimentation en eau
potable et l’assainissement de la zone d’étude.
[Link] physique
Sur le plan administratif, le Burkina Faso est organisé en 13 régions. Ces circonscriptions sont
subdivisées en 45 provinces au total. Chaque province est subdivisée en départements
I-1-1-3. Climat
une courte saison de pluies de juin à octobre avec une pluviométrie comprise entre 600 et
700mm ;
une longue saison sèche qui comporte deux périodes o une période sèche et froide de
l’harmattan set un vent sec qui souffle d’Est en Ouest de novembre à avril
Source : [Link]
La température annuelle est de 28.4°C. Mai est le mois le plus chaud (moyenne de 42.8°C) et
janvier le mois le plus frais (moyenne 25.7°C).
L’évaporation moyenne journalière des eaux dans la zone est estimée à 5.5mm/j.
[Link]
Ouahigouya est situé dans le bassin versant supérieur du Nakambé mais la province ne
comporte aucun cours d’eau permanent. A l’exception du barrage dit de Kanazoé et de celui
de Goinré au nord de la ville, il n’y a aucune retenue d’eau pérenne. Les principales
ressources hydrauliques proviennent des eaux souterraines exploitées à l’aide de puits et de
forages. La conservation de la qualité et de la quantité des réserves d’eau souterraines est
vitale pour l’ensemble de la province. Le niveau des nappes phréatiques a fortement baissé
depuis les sécheresses successives (1974, 1983 en particulier).
I-1-2-1.Démographie
[Link] sociopolitique
La société de Mossi qui est l’ethnie majoritaire de la zone d’étude est caractérisée par
différents niveaux d’une pyramide, extrêmement hiérarchique, de communautés
sociopolitiques. L’organisation sociale est basée sur un système de parenté patrilinéaire. Le
pouvoir est distribué entre : le pouvoir politique aux mains du chef de village issu des
descendants conquérants et le pouvoir religieux aux mains du chef (maître) de la terre issue
des autochtones.
Le système traditionnel de gestion des terres, basé sur l’unité familiale ou lignagère, ne
confère pas à la femme un droit foncier parce qu’elle est considérée comme étrangère par
les liens du mariage. Cependant, elle constitue une force de travail essentielle dans le foyer.
La zone d’étude est essentiellement dominée par les secteurs agricole, commercial et
pastoral. Cependant, les activités agricoles et pastorales demeurent arriérées et fortement
tributaires des aléas climatiques notamment la pluviométrie.
L’agriculture
Une agriculture extensive pluviale est pratiquée dans la zone d’étude avec des spéculations
essentiellement céréalières. Les produits cultivés se composent de mil, sorgho, haricot et
dans une moindre mesure de riz, d’arachide. Le système de production se traduit par une
agriculture orientée vers la subsistance, l’extension des zones de cultures donc la
suppression de la jachère. En outre, le système se caractérise sous l’effet conjugué des
facteurs pédologiques et climatiques peu favorables à de faibles rendements.
Les activités agricoles de contre saison se pratiquent surtout autour des retenues de surface
de la zone d’étude. A cette période, la culture irriguée conduit à la production de pomme de
terre, tomate, oignon, aubergine, chou, etc. L’agriculture dans cette zone comme pour le
reste du pays, connaît d’énormes difficultés. On peut citer entre autres :
Les difficultés d’accès aux intrants (coût élevé par rapport au pouvoir d’achat paysan) ;
L’élevage
A des degrés divers, cette activité est menée par la quasi-totalité de la population de la zone.
Elle constitue souvent pour le paysan, une source d’épargne. Les espèces élevées sont : les bovins,
les ovins, les caprins, les porcins, les asins, les équins et la volaille.
L’alimentation en eau potable de la ville de Ouahigouya est assurée par l’ONEA à partir du
barrage dit de Goinré et de 7 puits et 5 forages pour un débit cumulé de 150m 3/j. La longueur
du totale du réseau (refoulement + distribution) est de 52916 mètres ; un château d’eau
d’une capacité de 300m3 sert au stockage de l’eau. Le nombre des branchements particuliers
s’élève à 1233 en plus de 51 bornes fontaines implantées dans les différents secteurs de la
ville. La production d’eau en 2002 était d’environ de 807000 m 3 pour une consommation de
640000 m3. Les quartiers périphériques et les villages de la commune ne sont pas couverts
par le réseau de distribution de l’ONEA (taux de couverture du réseau : 60%) ; ils sont
alimentés par des forages et des puits. Par ailleurs, les pénuries d’eau sont récurrentes en
saison chaude (mars à mai). Pour l’année 2002, les consommations aux bornes fontaines
représentaient 45% contre 55% pour les branchements particuliers.
Les technologies de gestion des excréta peuvent être classées en fonction de leur degré
d’utilisation d’eau en quatre grandes catégories : les latrines, les toilettes à chasse manuelle,
les fosses septiques et les réseaux d’égout couplés à une station d’épuration collective.
Outre la disponibilité de l’eau, d’autre facteurs, financiers, urbanistiques et technologiques peuvent
influer sur le choix du système.
Il faut noter qu’à Ouahigouya, il n’existe pas de réseau d’égouts. La totalité des excréta
produits dans la ville sont collectés dans des ouvrages d’assainissement autonome ou
rejetés directement dans la nature.
Elles se composent d’une ou de deux fosses, d’une dalle de couverture en béton armé, du
tuyau de ventilation en PVC et de la superstructure. La dalle est munie d’un trou de
défécation. Le tuyau de ventilation permet l’évacuation des gaz, contenus dans la fosse. Il
joue aussi le rôle de piège pour les insectes qui arrivent à rentrer dans la fosse : ils sont
attirés par la luminosité de l’extrémité du tuyau qui est obturée avec un grillage anti-insecte
et restent prisonniers.
Les latrines VIP fonctionnent par voie sèche et sont prévues pour être vidangées manuellement.
Ce sont des latrines à fosse améliorée, munies d’une chasse d’eau au dessus du siège ou
de la cuvette avec un siphon à fermeture hydraulique. L’évacuation des excréta se fait par
siphon directement dans une fosse à infiltration ou par tuyau qui conduit à une fosse externe.
Leur système de fermeture hydraulique empêche les remontées d’odeurs ou d’insectes depuis la
fosse et assure en conséquence un fonctionnement hygiénique.
Dans une fosse de TCM, les eaux de chasse et la partie liquide des excréta sont évacués
par infiltration dans le sol. Les fecès y sont digérées biologiquement, ce qui réduit sa vitesse
de remplissage. Les composantes solubles ainsi que les gaz résultant de la digestion sont
également diffusés dans le sol.
Elles sont en général rectangulaires ou circulaires. Une fosse septique comporte deux à trois
compartiments et peut recevoir toutes les eaux. L’ensemble des eaux arrive dans le premier
compartiment et les boues y sont digérées biologiquement. Le dernier compartiment est relié à un
puits perdu qui infiltre les eaux prétraitées.
Le tableau ci-dessous montre la répartition des différents types d’ouvrages rencontrés dans les
secteurs enquêtés de la ville de Ouahigouya.
1 92% 6% 0% 0% 2%
2 95% 0% 2% 2% 0%
7 96% 1% 0% 0% 2%
9 98% 0% 0% 0% 2%
10 81% 9% 1% 4% 5%
Moyenne ville
moderne 90% 4% 2% 2% 2%
Moyenne ville
traditionnelle 97% 1% 0% 0% 2%
Cette enquête révèle que, quel que soit le secteur de la ville, la grande majorité des ouvrages
d’assainissement autonomes rencontrés sont de type de latrines traditionnelles.
Les latrines de type de VIP, les toilettes à chasse manuelle et les fosses septiques sont rarement
rencontrées.
Ces estimations se basent sur la répartition dans les ménages uniquement. A Ouahigouya, dans
les écoles et les lieux publics on trouve principalement des latrines de type VIP.
Le nombre d’ouvrages d’assainissement autonome a été calculé sur la base des hypothèses
suivantes :
La répartition des ouvrages dans la ville est conforme à celle obtenue dans enquêtes
ménages.
Cette dernière hypothèse est vraisemblable pour les secteurs 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 13 car ces
derniers sont presque entièrement construits et il n’y a plus d’espace pour leur extension
mais pas pour les secteurs 1 et 10 qui constituent la zone de développement actuelle de la
ville.
Dans le cadre d’une étude effectuée sur la collecte et le transport mécanisés des boues de
vidange dans la ville de Ouahigouya, selon Blunier (2004) trois méthodes ont été proposées
afin d’approcher la quantité de boues de vidange produite par les ménages.
C’est une méthode qui ne permet que d’estimer la quantité de boues vidangées mécaniquement.
Quantité de boues de vidangées par an en faisant l’hypothèse que pour chaque demande, une
rotation de vidange a lieu
La production spécifique de boues de vidange n’est pas connue à Ouahigouya. Heinss et al.
(1998) ont établi des valeurs pour différents types d’ouvrage pour la ville de Kumasi au Ghana.
Fosse septique 1
Source : [Heinss et al. 1998]
En vue d’estimer la quantité de boues vidangées manuellement, les hypothèses réalisées sont les
suivantes :
les ouvrages vidangés manuellement sont a voie sèche (latrines VIP et latrines
traditionnelles vidangées manuellement). La production spécifique est de 0.2
litre/jour/habitant,
Avec 2085 utilisateurs de latrines VIP, la quantité de boues à vidanger manuellement est de 0.42
m3 par jour,
54% de cet effectif font appel à la vidange manuelle, soit 35888 personnes et produisent
7.20 m3/j,
44% réalisent la vidange mécanique, soit 29242 personnes et produisent entre 5.8 m 3 et
29.2 m3 de boues de vidange par jour.
mécaniquement manuellement
(1) Considérant que la production spécifique dans les latrines traditionnelles vidangées
mécaniquement est de 0.2 litres/jour/habitant.
(2) Considérant que la production spécifique dans les latrines traditionnelles vidangées
mécaniquement est de 1 litre/jour/habitant.
Dans les établissements publics (Centre Hospitalier Régional, Hôtels, marché) à forte
fréquentation, la quantité de boues vidangées annuellement est évaluée en faisant appel au
service de vidange mécanique pour une rotation de 6.4m3 par voyage. Les résultats sont
présentés au tableau qui suit.
Hôtels 16 102
Marché 24 154
La proportion des quantités obtenues au niveau des différentes collectivités est illustrée par la
figure ci-dessous.
12%
8%
80%
Une revue bibliographique a permis d’établir le nombre moyen de rotations observées par
camion et par jour de travail dans plusieurs villes d’Afrique. Ces résultats sont représentés
dans le tableau qui suit :
Tableau 8: Nombre de rotations par jour de travail observé dans différents villes africaines
de Bamako
Bobo
Dioulasso 6à8 650000 162000 Collignon, 2002
Ouagadougou 2,6 1260000 Dembélé et al, 2003
La commune n’est pas dotée d’un réseau d’égouts. Par conséquent, il existe deux modes de
vidange de boues à Ouahigouya qui sont la vidange manuelle et la vidange mécanique.
Cette vidange est réalisée soit directement par les personnes habitants, souvent les jeunes
garçons, soit par des personnes rémunérées. Le nombre de personnes exerçant cette
activité n’est pas connu ; cependant, 10 neufs personnes résident dans la commune, les
autres viennent de villages voisins. Les vidangeurs sont regroupés de manière informelle et
certains sont membres de l’ADSI. Les conditions de travail des vidangeurs sont
rudimentaires, leur matériel se limite à un seau, une pelle, une pioche, une corde et une
bouteille de pétrole. Ils travaillent le plus fréquemment pieds et torse nus. Une équipe de
deux personnes effectue le plus souvent l’opération de vidange. En l’absence de tout
matériel de transport, ils déversent les boues au plus près du lieu de collecte, le plus souvent
dans la rue ou dans les caniveaux. Cette pratique est illégale et peut être sanctionnée par la
police.
Les opérateurs ne sont pas à l’abri d’une contamination car au moment de l’opération ils sont
en contact direct avec les boues et ils travaillent sans matériel de protection (gants, bottes,
masques etc.).
Le manque d’hygiène personnelle rigoureuse après la vidange peut entraîner une contamination de
l’opérateur et de son voisinage.
Dans les latines, sont jetés de déchets dangereux tels que les seringues, aiguilles et les tessons de
bouteilles.
Cette pratique a aussi des risques de contamination de la nappe car les boues sont en général
dans des trous creusés tout près leurs lieux de production.
Le camion de vidange a été acquis par la Mairie dans le cadre du jumelage entre les villes
de Ouahigouya et de Chambéry (France) en 1996. Ce camion a été géré pendant plusieurs
années par la Mairie.
Les mêmes risques sont retrouvés que chez la vidange manuelle avec un degré moindre.
Le manque d’hygiène corporelle adéquate après la vidange est une source de contamination pour
le vidangeur lui-même et pour son entourage.
Ces modes de vidange, selon une étude menée par le CREPA, peuvent être répartis de la manière
suivante :
Pas de vidange : 2%
De part la répartition des modes de vidange obtenue ci-dessus, nous constatons que toute la
quantité de boues produites à Ouahigouya n’est pas complètement vidangée, il y a 2% des
ménages qui ne font pas intervenir une opération de vidange. Quand la fosse est pleine, on
condamne l’accès, une nouvelle fosse est creusée ailleurs dans la concession. Les risques
liés à cette pratique sont la pollution des nappes phréatiques et le débordement des
ouvrages abandonnés par infiltration d’eau clair parasite ou remontée de la nappe phréatique
en saison des pluies. Une telle pratique nécessite de disposer d’espace libre dans la
concession.
Le lieu de déversement des boues de vidange dans la ville de Ouahigouya est tributaire du mode
de vidange effectué.
En effet, quatre destinations possibles ont été identifiées pour les boues vidangées
manuellement. Ces destinations sont dans les canalisations d’eau pluviale, les cours des
concessions, les rues et les autres espaces non construits de la ville.
Deux destinations possibles sont aussi identifiées pour les boues vidangées
mécaniquement. Ces boues sont déversées soit dans un champ à la demande d’un
cultivateur, soit dans les 14 sites de dépotage situés dans un rayon de 5km autour du centre
ville.
Le déversement des boues de vidange de façon incontrôlée dans la nature peut entraîner des
impacts négatifs tels que les nuisances olfactives, l’altération des sols etc.
Ce point s’adresse directement aux différents acteurs pour la gestion des boues de vidange.
A tout projet d’amélioration de boues de vidange, l’aspect organisationnel des différents
acteurs est une partie intégrante et non négligeable. Les divers acteurs qui participent à la
gestion des boues de vidange dans la commune de Ouahigouya sont la mairie (bureau du
conseil, service technique), l’EPCD, les vidangeurs, les maraîchers et la population.
Chacun de ces acteurs a un rôle à jouer pour l’amélioration de la gestion des boues de vidange.
C’est le bras armé du conseil de la mairie ayant en charge l’opération nationalisation sur le
terrain des décisions prises. Dans la ville de Ouahigouya, il existe un EPCD qui a le rôle d’un
maître délégué.
Ils sont chargés de l’opération de vidange des boues dans toute l’étendue de la commune.
Les vidangeurs manuels travaillent parfois en collaboration avec les vidangeurs mécaniques.
Les vidangeurs manuels curent le fond des latrines ou des fosses où les boues sont très
concentrées après l’opération de vidange mécanique.
Ils utilisent des produits issus de la vidange des boues dans les fosses. Les maraîchers
demandent, selon leurs besoins, aux vidangeurs de déverser les boues brutes dans leurs
champs.
I-2-6-5. La population
La quantité de boues produites évolue dans le même sens que l’accroissement de la population.
II-1. Problématique
La croissance galopante des populations des villes dans les pays en voie de développement
et la multiplication des zones d’habitations spontanées rendent crucial le problème de
l’assainissement urbain. En Afrique et en Asie, on estime que 65 à 100% des habitations
disposant de systèmes d’assainissement sont équipées d’installations autonomes non
raccordées à un réseau d’égout (Montangero et Strauss 2002).
Dans la ville de Ouahigouya, la totalité des installations sanitaires sont des installations
autonomes. Leur vidange est assurée d’une part, par des vidangeurs manuels et d’autre part
par l’Association pour le Développement du Secteur Informel (ADSI) qui gère un camion de
vidange loué par la municipalité.
Après l’opération de vidange, les boues de vidange sont déversées soit sur les sites de
dépotage, soit dans les rues, soit dans les canalisations du réseau d’eaux pluviales, soit
dans les cours des concessions.
En vue de pallier cette prolifération de sites de dépotoirs, nous sommes appelés à choisir un
site de dépotoir des boues de vidange. Ce choix doit répondre aux aspirations de tous
acteurs intervenant dans la gestion des boues des boues. Comment procéder pour aboutir à
cet unique site de dépotage pour toute la commune de Ouahigouya ? Telle est la véritable
question sur laquelle nous devons apporter une réponse dans le cadre de cette étude.
II-2. Objectifs
L’objectif recherché dans le cadre de ce mémoire est la localisation d’un site pour
l’implantation et le dimensionnement d’une station de traitement des boues de vidange dans
la commune de Ouahigouya.
Pour atteindre cet objectif, des actions suivantes ont été identifiées pour être mise en œuvre
dans un cadre de concertation entre les acteurs impliqués. Au cours donc de cette étude,
nous allons mener les actions suivantes:
Identifier les différents acteurs impliqués dans la gestion des boues de vidange ;
Proposer un site de dépotage unique pour l’implantation de l’unité de traitement des boues
de vidange ;
Nous avons choisi une approche multicritère pour mener notre étude. Cette approche a consisté à
établir les critères de choix du site potentiel.
Les différentes phases qui composent l’approche méthodologique de cette étude ont été
représentées ci-dessous dans une vue simplifiée.
Pour atteindre les objectifs visés dans le cadre de cette présente étude, des actions ont été
identifiées puis menées sur le terrain selon une approche méthodologique qui comporte trois
(03) phases.
DEBUT
PHASE PREPARATOIRE
PHASE DE TERRAIN
PHASE DE TRAITEMENT
DES DONNEES
FIN
[Link] documentaire
Elle permet de faire une synthèse bibliographique des différentes études qui ont été menées
particulièrement dans le domaine de la gestion des boues de vidange.
Les principales sources de documentation ont été : CREPA siège, EIER, Mairie de
Ouahigouya, EPCD de Ouahigouya. Une bibliographie de référence est proposée à la fin de
ce document.
L’exploitation de cette documentation nous a permis d’avoir une meilleure compréhension du travail
à faire, ce qui a facilité la préparation des différentes étapes précédentes de l’étude.
Le guide d’entretien est conçu selon les objectifs spécifiques de l’étude. C’est outil nous
permet de canaliser les entretiens avec les différents acteurs intervenant dans la gestion des
boues de vidange.
Ces critères ont été élaborés en tenant compte des impacts que peut occasionner une
station de traitement dans les domaines environnementaux, socio-économiques, politiques et
sanitaires.
Ces fiches contiennent tous les sites de dépotage des boues de vidange suivant les principaux axes
routiers quittant la commune.
La prise de contact permet de nous familiariser avec les acteurs, ce qui nous pourrait nous
faciliter les tâches à effectuer au courant des étapes qui vont suivre après. De nouvelles
informations peuvent être générées pendant cette étape et cela peut permettre à modifier
éventuellement le guide d’entretien.
Mais avant tout, il serait nécessaire de soumettre à ces différents acteurs les critères déjà
établis. Si ces derniers approuvent, ils peuvent passer à l’étape de classement des critères
par ordre de préférence.
Une fiche contenant les différents critères a été présentée dans un préordre quelconque à chaque
acteur pour les ordonner selon leur importance. Pour chaque remise de fiche, en plus de la note
explicative mentionnée sur la fiche, une explication verbale du classement de ces critères a été
effectuée à l’endroit de chaque acteur.
En vue d’inventorier les caractéristiques et les contraintes que présente chacun des sites,
cette étape a eu lieu. Au courant de cette visite, nous avons pu relever quelques contraintes
sur lesquelles nous nous sommes basés pour éliminer certains sites.
Une fiche contenant les différents sites retenus après visites de ces sites de dépotage
suivant les principaux axes routiers quittant la commune de Ouahigouya a été présentée à
chaque acteur. La tâche de ce dernier a consisté à choisir 5 sites selon sa préférence.
II-3-2-5. Entretiens
Des entretiens ont été menés avec les différents acteurs intervenant dans la gestion des
boues de vidange à savoir, le Secrétaire Général de la Mairie, le Sociologue de la Mairie, le
Chargé de l’appui institutionnel à l’EPCD, le Président de l’ASPM/Y, le Président de l’ADSI,
le Secrétaire Général de l’ADSI, le Représentant des vidangeurs manuels, le dispatcher du
service de la météorologie de Ouahigouya et riverains et maraîchers qui sont respectivement
proches des sites de dépotage et des barrages. Ceci nous a permis de connaître le rôle que
joue tout un chacun dans la gestion des boues de vidange au niveau de la commune de
Ouahigouya.
Il faut noter qu’une restitution des données collectées a été tenue en présence du sociologue
de la mairie. Cette restitution a lieu en vue de valider les données recueillies et voir ce qui
manque comme donnée.
Après une étape de recueil des données, nous allons passer à la phase de traitement des
données qui consiste à enregistrer les données dans les tableurs Excel. Cette phase sera
suivie de l’analyse et de l’interprétation des résultats obtenus.
Pour atteindre l’objectif visé dans le cadre de cette présente étude, nous avons opté
d’inventorier et de faire une étude comparative d’approches applicables pour le choix définitif
d’un site potentiel de traitement des boues de vidange.
Cette méthode a pour principe d’opérer de la part de la mairie. Par cette approche, la mairie
est la seule à décider du site qui lui convient sans l’avis d’autres intervenants. Une fois le
choix effectué, elle lui revient maintenant d’informer tous les autres acteurs de la localisation
du site de dépotage des boues de vidange pour toute la commune.
Le principe consiste à créer une concertation entre l’autorité municipale et les vidangeurs
dans le but d’assurer un consensus sur le choix du site de dépotage des boues de vidange.
La visite des différents sites est indispensable, voir préalable au consensus.
L’approche multicritère consiste à identifier les acteurs et les décideurs de l’étude, définir les
différentes actions potentielles, choisir les critères d’évaluation, évaluer les actions en
fonction de chaque critère, faire des procédures d’agrégation et d’exploitation et enfin
analyser la sensibilité et la robustesse des résultats obtenus.
Ces approches présentent à la fois des avantages et des inconvénients que nous pouvons
récapituler dans le tableau ci-dessous
Approche 1: Choix arbitraire - Ne nécessite pas beaucoup de temps - Risque de création d'autres sites de
- Pas d'investissement pour les études dépotage de la part des vidangeurs par
préalables manque de concertation
- Risque de mauvais choix entraînant des dangers
pour la santé publique, de pollution des eaux
souterraines et des eaux de surface.
- Risque de problèmes socioéconomiques
- Risque de nuisance due aux odeurs
nauséabondes
Approche 2 : Choix concerté - Regroupement des principaux acteurs - Risque de mauvais choix pouvant entraîner des
concernés, dangers pour la santé publique de la population
- Peu d'investissement pour l'étude du - Risque de pollution des eaux surface et des eaux
choix du site Souterraines qui peut être dû à un mauvais
- Réduction des conflits sociaux emplacement du site
- Risque de nuisances dues aux odeurs nauséabondes
Approche 3: Application de - Choix objectif basé sur une démarche - Temps relativement long pour aboutir au choix
l'approche multicritère scientifique définitif du site
- Faible nuisance due aux odeurs - Exigence au niveau du choix des critères
- Regroupement des principaux acteurs - Pas toujours perceptible par beaucoup
concernés d'acteurs
- Faible risque de conflits sociaux
- Moins de risque d'abandon du site à
choisir
- Moins de risque pour la santé
publique de la population
Dans le cadre de cette présente étude, nous jugeons indispensable de retenir l’approche
multicritère dont son choix nécessite une justification.
Choisir d’optimiser, c’est implicitement se situer dans une approche à critère unique. Cela se
démontre aisément par l’absurde : dès que l’on prend plusieurs points de vue pour juger des
conséquences de plusieurs actions, on risque de désigner comme optimale une action
différente pour chaque point de vue et, en fin de compte, de ne dégager aucun optimum des
calculs. Or toute la réalité humaine est «à points de vue multiples» ou encore multicritère.
Une ultime constatation est que certains problèmes semblent pouvoir être isolés dans leur
contexte et donc être traités par l’optimisation. Cette apparente appartenance au domaine de
la réussite de la recherche opérationnelle est parfois la cause de cuisants échecs. C’est là
un argument de plus pour les méthodes multicritères.
L’aide multicritère à la décision vise, comme son nom l’indique à fournir à un décideur des
outils lui permettant de progresser dans la résolution d’un problème de décision où plusieurs
points de vue, souvent contradictoires doivent être pris en compte. Dans le cadre de cette
étude, le problème majeur qui se pose est le choix d’un site unique et meilleur pour le
dépotage des boues de vidange parmi 14 sites qui sont identifiés.
Cet ensemble des actions potentielles est désigné généralement par la lettre A et ses
éléments sont le plus souvent notés, avec i allant de 1 à n correspondant au nombre total
des actions auxquelles l’inventaire a abouti.
L’ensemble des critères devra former une famille cohérente c'est-à-dire respecter des
exigences d’exhaustivité, de cohésion et de non-redondance [ROY, 1985]. Faute de quoi, on
retomberait dans le travers du monocritère, qui est de regarder qu’une face du problème.
total des critères. Les poids correspondants sont notés Pj , avec le même indice.
Etape 3 : Evaluer chacune des actions potentielles en fonction de chacun des critères
Il s’agit d’évaluer chaque action potentielle en fonction de chaque critère. Ces évaluations
sont inscrites dans un tableau à double entrée, appelé matrice d’évaluation.
On se trouve ainsi devant une matrice dans laquelle, à chaque critère est attribuée une
colonne, à chaque action potentielle correspond une ligne et, à l’intersection d’une ligne et
d’une colonne figure l’évaluation qu’on peut porter sur l’action correspondante aux yeux du
critère correspondant.
P1 P2 P3 Pj Pm
ai
g j (ai )
an gm (an )
Source : [Schärlig, 1985]
Etape 4 : Agréger ces évaluations, pour désigner l’action qui jouit globalement des
meilleures évaluations
Cette étape est généralement délicate. En effet, non seulement on ne peut pas recourir à
une méthode générale, qui n’existe pas ; mais encore on doit se contenter le plus souvent
d’une méthode qui n’est pas absolue, car elle comporte obligatoirement un gros défaut !
L’agrégation est tributaire de la méthode multicritère adoptée. Pour le choix d’une méthode, il
est essentiel de savoir dès le départ dans quelle problématique on se situe.
Les quatre problématiques de référence sont décrites dans le tableau ci-dessus [ROY, 1985,
p.74] cité dans [MAYSTRE, 1985].
Les spécialistes de l’aide multicritère à la décision ont subdivisé les méthodes en trois
grandes familles, même si les frontières entre ses familles sont très floues [Vincke 89] :
On les appelle respectivement [Roy, 85], approche du critère unique de synthèse évacuant
toute incomparabilité, approche de surclassement de synthèse acceptant l’incomparabilité, et
approche de jugement local interactif avec itération essai erreur.
Elle consiste à agréger les différents points de vue en une fonction unique qu’il s’agit ensuite
d’optimiser. Les travaux relatifs à cette famille étudient les conditions mathématiques
d’agrégation, les formes particulières de la fonction agrégeante et les méthodes de
construction de ces fonctions. Les principales méthodes appartenant à cette famille sont :
MAUT, SMART, UTA, TOPSIS, AHP et GP.
Elle vise d’abord en première étape à construire une relation appelée de surclassement, qui
représente les préférences solidement établies du décideur, compte tenu de l’information
dont il dispose. Les méthodes multicritères appartenant à cette famille introduisent des seuils
d’indifférence et de préférence au niveau de construire la relation de surclassement. Cette
relation n’est donc en général ni complète ni transitive. La seconde étape consiste à exploiter
la relation de surclassement en vue d’aider le décideur à résoudre son problème.
Ces méthodes multicritères n’ont peut-être pas une très bonne base axiomatique mais elles
sont caractérisées par un bon degré de pragmatisme compte tenu des contextes
décisionnels fréquemment rencontrés. Elles sont assez riches en concepts nouveaux,
comme ceux des problématiques décisionnelles. Les méthodes les plus connues de cette
famille sont : ELECTRE (ELimination Et Choix Traduisant la REalité) [Roy, 68] et
PROMETHEE.
Bien qu’elle se confond actuellement avec la deuxième la famille, car toutes ces méthodes
ont été programmées de nombreuses fois plus ou moins bien, selon les besoins, et selon les
besoins, dans différents laboratoires de recherches, propose des méthodes qui alternent les
étapes de calcul et les étapes de dialogues. Elles sont le plus souvent développées dans un
contexte de programmation mathématique à objectif multiple.
l’environnement
Une revue de la littérature nous permet de constater que les outils d’aide à la décision
multicritère ont fait l’objet d’applications diversifiées dans des domaines tels que :
l’environnement, l’aménagement du territoire et la gestion des ressources naturelles, la
gestion des déchets, la localisation, l’évaluation et la sélection de projets, la gestion des
productions et des approvisionnements…Cette liste n’est certainement pas exhaustive et l’on
sait très bien que les applications concrètes d’outils d’aide à la décision ne font pas toujours
d’une publication.
Nous pouvons citer en passant quelques études qui ont été effectuées sur la base des
méthodes multicritères. C’est ainsi nous avons :
L’objectif de cette thèse consistait à choisir un mode de gestion pour les déchets urbains de
la ville de Dakar. Pour effectuer ce choix, il a utilisé les méthodes multicritères.
L’objectif de cette thèse consistait à faire une étude comparative des cas de quelques
quartiers se trouvant dans de grandes villes africaines sur la promotion de l’hygiène en
utilisant comme outils les méthodes ELECTRE.
Il existe une multitude de méthodes multicritères de part le monde. Dans le cadre de cette
présente étude nous jugeons nécessaire et utile de travailler avec la méthode multicritère
ELECTRE car elle nous offre la possibilité de choisir une , parmi un ensemble de méthodes
ELECTRE, en fonction de la problématique fixée dans l’étude. La méthode est aussi efficace
surtout dans des études ayant trait à l’environnement, ce qui colle bien au cas de notre
étude.
Il y a au total six méthodes ELECTRE dont chacune avec sa particularité. Ces méthodes
sont les suivantes : ELECTRE I, ELECTRE II, ELECTRE III, ELECTRE IV, ELECTRE IS et
ELECTRE TRI.
Les méthodes multicritères ELECTRE ont été élaborées spécifiquement pour répondre à une
problématique précise. Le choix de la méthode est précédé bien sûr par celui de la
problématique.
Il est bon de rappeler quelques caractéristiques plus pratiques dans chacune de ces
problématiques.
En affectant des actions potentielles à des catégories prédéfinies, cette procédure permet de
juger chaque action sur sa valeur absolue, indépendamment des actions potentielles qui
pourraient lui être opposées ; elle permet également de prendre en considération un nombre
important d’actions potentielles sans faire exploser le nombre de calculs nécessaires.
En classant les actions potentielles les unes par rapport aux autres, cette problématique
offre la meilleure restitution au niveau global des conflits pouvant exister au niveau des
critères ; cette restitution est particulièrement claire avec la représentation en plan,
notamment en ce qui concerne l’incompatibilité.
Delta : décrire
En décrivant les actions potentielles dans un cadre d’étude commun, cette problématique
permet d’éviter les comparaisons de type «avantages-désavantages», souvent difficiles à
interpréter, et contraint l’homme d’étude à une comparaison sur les mêmes critères.
Les vrais critères sont utilisés en sciences exactes (physique). Dans le domaine de la
gestion de l’environnement le pseudo-critère traduit mieux la réalité en raison de l’incertitude
(flou) et de l’évaluation des critères. Le pseudo-critère intègre alors la notion de flou.
Net Vrai-critère I I
Le choix définitif d’une méthode ELECTRE peut être fait en s’appuyant sur l’algorithme
représenté par la figure ci-dessous.
Base du jugement
des actions
Valeur intrinsèque
Non Possibilité de
définir des actions
Actions à
identifier
Les «meilleures»
Oui
Non
Relation de
Relation de
surclassement surclassement
Oui
Un site potentiel est un site provisoirement jugé possible par un des intervenants au moins
ou présumé tel par l’homme d’étude en vue de l’aide à la décision.
Dans le cadre de cette présente étude, 14 sites de dépotage des boues de vidange ont été
identifiés par Blunier en 2004. Ces 14 sites de dépotage se trouvent le long des axes routiers
principaux quittant Ouahigouya. Pour le détail de la caractérisation de ces différents sites de
dépotage, nous pouvons nous référer à l’annexe n° 1.
La carte ci-dessous nous permet de visualiser les positions des sites par rapport à la ville de
Ouahigouya.
Pour mener notre étude, nous avons opté de trier le maximum possible les sites potentiels
de dépotages parmi les 14. Ce tri nécessite d’être fait de façon objective. Pour ce faire, nous
avons procédé à un premier tri de la part de l’homme d’étude après une visite effectuée sur
les différents sites et à un deuxième tri faisant intervenir tous les acteurs oeuvrant dans la
gestion des boues de vidange.
Premier tri
Compte tenu des visites effectuées sur les différents sites, il y a un certain nombre de
contraintes que nous avons relevées en vue d’éliminer certains sites. La contrainte que nous
prise en premier lieu est la proximité de certains sites par rapport aux habitations (distance
inférieure 300m). A cause de cette contrainte nous avons pu écarter les sites suivants : site1,
site5, site10, site11, site13 (voir annexe n° 2).
Mise à part cette contrainte d’autres ont été relevées telles que :
Après l’élimination de ces cinq sites nous pouvons passer à un deuxième tri qui va tenir
compte de la préférence des différents acteurs oeuvrant dans la gestion des boues de
vidange.
Deuxième tri
Le but principal de cette étape est d’impliquer les différents acteurs intervenant dans la
gestion des boues au tri des sites potentiels nécessitant une étude plus complète.
Cette étape consiste à rassembler tous les neuf (9) sites restant avec quelques indications
telles les axes routiers sur lesquels se trouvent les sites et aussi les distances respectives
par rapport à la mairie et aux habitations les plus proches.
Parmi ces divers sites, il est demandé à chaque acteur d’éliminer quatre sites selon sa
préférence. Ceci veut dire que cinq sites ont été choisis par chacun des principaux acteurs.
Quand tous les acteurs ont effectué leur tri, nous avons procédé à une sorte de “vote” en vue
de connaître les tendances pour les différents sites.
Les tendances de tri portent essentiellement sur les sites S2, S4, S6, S7 et S8.
Définitivement nous avons dégagé cinq sites potentiels auxquels nous allons appliquer une
approche multicritère afin d’obtenir le site le plus «adéquat» pour le dépotage des boues de
vidange pour la commune de Ouahigouya.
En vue d’effectuer un choix définitif du site le plus adéquat pour le dépotage, nous allons
nous focaliser sur un certain nombre de critères. Ces critères sont établis à partir du cours
polycopié sur le traitement des eaux usées et excréta donné à l’EIER dans le cadre de la
formation des élèves ingénieurs. Dans ce polycopié, des critères de choix pour l’implantation
d’une STEP ont été proposés de façon générale. Nous avons aussi fait référence à certaines
études similaires qui ont été effectuées telles que :
La gestion des déchets urbains de Dakar [Diop, 1988]. C’est une thèse qui avait pour
but de choisir un mode le plus adéquat pour la gestion des déchets urbains de Dakar.
SW-NE Non 4
Oui 2à3
NE-SW Non 5
Oui 1
Les entretiens avec les vidangeurs mécaniques, permettent d’établir le tarif moyen le tarif
moyen de vidange qui est de 7000 à 8000 FCFA, indépendant du lieu d’implantation du site
de dépotage.
le site de dépotage en km
Note 5 4 3 2 1
Le site à choisir définitivement doit pouvoir contenir toutes les boues de vidange durant
l’horizon d’étude qui est de 20 ans. La capacité du site dépend de la superficie des terres
disponibles aux alentours de ce dernier. Cette superficie doit intégrer les espaces réservés
aux différentes infrastructures qui seront construites pour la mise en place de la station de
traitement.
On doit être sûr que tous les sites de dépotages appartiennent ou pas à la zone territoriale
de la commune. S’il s’avère que parmi ces sites certains sont dans le territoire de la
commune, nous pouvons aussi vérifier lesquels de ces sites sont dans une zone lotie.
Non Oui
2- Si oui est-il la propriété d’une personne tiers ?
Non
Oui
Non Oui
(1)Non 1
Ces coûts couvrent les investissements relatifs à l’implantation de la station, l’excavation des
bassins, le compactage du fon des bassins, le compactage de la piste d’accès et l’achat du
matériel de prétraitement. Pour les divers sites de dépotages, la différence qui pourra être
constatée au niveau du coût d’investissement sera surtout liée à la nature du terrain
(l’excavation) et à l’accessibilité au site. Plus le sol est dur et l’accessibilité au site difficile
plus les coûts d’investissement sont élevés. La visite des sites nous a permis d’apprécier
l’accessibilité et la nature du sol du site. C’est en se basant sur la nature du sol et
l’accessibilité du site que nous affectons à ce critère la notation représentée dans le tableau
n°18.
C’est la rentabilité du compost obtenu à base des boues de vidange. Cette rentabilité va
dépendre de la distance du lieu de production du compost au lieu de consommation qui est
particulièrement la zone maraîchère. Cette zone est située aux alentours des barrages de
Kanazoé et de Goinré qui se situent dans la partie Nord de la commune.
En ce qui concerne la notation de ce critère, nous allons localiser les maraîchers dans trois
zones différentes.
1 2
Site situé sur le bassin versant
à l'amont d'un barrage
Dans cette partie les critères sont classés par ordre de préférence selon les acteurs. Pour
déterminer un poids pour chaque critère, un classement est indispensable par chaque
acteur. Mais avant tout, il serait nécessaire de soumettre à ces différents acteurs les critères
déjà établis. Si ces derniers approuvent, ils peuvent passer à l’étape de classement des
critères par ordre de préférence. Les classements obtenus sont représentés sur les figures
5a et 5b.
Sur la base des classements des critères selon les acteurs, ces critères sont pondérés en
faisant une transformation de classement à un poids. Pour le détail concernant la
transformation des classements en poids nous pouvons nous référer à l’annexe n° 2.
1 C7 1 C1
Pollution des eaux superficielles et Odeurs nauséabondes
des eaux souterraines
2 C5
2 C5 Coût d'investissement
Coût d'investissement
3 C7
3 C1 Pollution des eaux superficielles
Odeurs nauséabondes et des eaux souterraines
4 C3 4 C2
Capacité du site Coûts du transport
5 C6 5 C3
Potentiel de valorisation maraîchère Capacité du site
6 C2 6 C4
Coûts du transport Statut foncier
7 C4 7 C6
Statut foncier Potentiel de valorisation maraîchère
C1 C7
Odeurs nauséabondesPollution des eaux superficielles
2 C5 et des eaux souterraines
Coût d'investissement
3 C2
Coûts du transport
4 C6
Potentiel de valorisation
maraîchère
5 C3
Capacité du site
6
C4
Statut foncier
2 C4
Statut foncier
3 C6
Potentiel de valorisation maraîchère
4 C2
Coûts du transport
5 C3
Capacité du site
6 C1
Odeurs nauséabondes
7 C7
Pollution des eaux superficielles et
des eaux souterraines
Acteur: Vidangeurs mécaniques
1 C2
Coûts du transport
2 C7
Pollution des eaux superficielles
et des eaux souterraines
3 C1
Odeurs nauséabondes
4 C5
Coût d'investissement
5 C3 C6
Capacité du site Potentiel de valorisation maraîchère
C4
6
Statut foncier
Acteur: Vidangeurs manuels
Dans cette partie nous allons analyser les classements selon les acteurs en procédant
critère par critère.
Critère 1 : Ce critère est classé deux fois à la première place par le bureau du conseil et le
service technique de la mairie. La troisième place a été attribuée au critère par les
vidangeurs manuels et les maraîchers. On remarque aussi qu’il occupe la dernière la place
chez les vidangeurs mécaniques. L’analyse que nous pouvons tirer à partir de ce classement
est qu’il présente une préférence importante de la part de certains acteurs qui ont du souci
sur les odeurs que peut engendrer la station de traitement.
Critère 2 : Il a, pour la majorité des classements effectués par les acteurs, occupé la
troisième et la quatrième place. Mais les vidangeurs manuels, ce critère est le plus préféré
par rapport aux autres. Cette première place peut se justifier par le fait que les vidangeurs
manuels ne disposant de transport pour les boues de vidange, tiennent en avoir une fois que
le site est choisi et la station est mise en place.
Critère 3 : On note que les classements accordés à ce critère par les acteurs, sont pour la
plupart, la quatrième et la cinquième place. La préférence portée, par les acteurs, sur ce
critère est relativement peu élevée. Ce qui nous permet de dire que capacité du site ne
constitue pas un souci majeur pour les différents acteurs.
Critère 4 : La dernière et l’avant dernière place, sont le plus souvent occupées, par ce
critère. C’est uniquement au niveau des vidangeurs mécaniques que ce critère occupe une
place relativement dominante par rapport aux autres. Cette préférence accordée par les
vidangeurs mécaniques peut avoir une explication. Les vidangeurs mécaniques se
retrouvent dès fois dans de difficultés avec les propriétaires terriens des lieux de dépotages.
Des investigations menées auprès de ces vidangeurs mécaniques ont révélé une plainte été
qui a été déposée par un cultivateur, au bureau du Président de l’ADSI.
Critère 5 : Il noter que selon le classement des vidangeurs mécaniques, ce critère occupe la
première place et que pour les autres acteurs les classements varient entre la deuxième et la
quatrième place. En se basant de classement effectué par les vidangeurs mécaniques nous
pouvons tenter le pourquoi le critère est plus préféré par rapport aux autres. L’explication
que nous pouvons apporter est que, plus les investissements de la station de traitement
seront élevés plus les frais d’exploitations le sont aussi. Il sera fort probable que les
vidangeurs verseront des taxes pour lors du traitement des boues.
Critère 6 : Ce critère a occupé deux fois la cinquième place, une fois la troisième, quatrième
et septième place. Ce qui est surprenant ici est que trop d’importance n’a été accordée à ce
critère de la part des maraîchers. La préférence attribuée, de façon générale, est faible.
Critère 7 : Mise à part le classement selon les vidangeurs mécaniques, ce critère occupe
une place importance selon les autres acteurs. Pour ces derniers la réalisation de la station
de traitement doit intégrer aussi la préservation en bonne qualité des principales ressources
hydrauliques de la commune. Ceci rentre dans le cadre de la préservation de la santé de la
population.
Sur la base des classements des critères selon les acteurs, ces critères sont pondérés en
faisant une transformation de classement en poids. Pour le détail concernant la
transformation des classements en poids nous pouvons nous référer à l’annexe n° 2.
IMPORTANCE RELATIVE DES CRITERES SELON LE BUREAU DU CONSEIL DE LA MAIRIE (Maire et Adjoints)
Dans cette étape chaque site potentiel est jugé selon chaque critère.
Pour tous les critères, la note la plus élevée (5) correspond à une plus grande préférence et
la petite (1) correspond à une faible préférence. Le tableau ci-dessous présente l’évaluation
des 5 sites selon les échelles de chaque critère.
Site 2 1 5 2 5 5 2 4
Site 4 4 3 4 5 4 1 5
Site 6 3 5 3 3 3 2 5
Site 7 5 3 4 5 4 5 4
Site 8 5 4 5 5 4 5 3
La représentation de la matrice d’évaluation sur graphique nous révèle à première vue que
les courbes correspondant aux sites S2 et S4 sont en général inférieures des courbes des
autres sites (S6, S7, S8). Ceci équivaut à dire que les sites S2 et S4 sont relativement moins
préférés par les acteurs par aux autres sites.
La méthode ELECTRE qui sera retenue nous clarifiera, dans la suite, les sites les plus
appropriés.
Les poids sont attribués, vu que les critères n’ont pas la même importance ;
La faible richesse des données ne justifie pas l’emploi de la méthode ELECTRE III.
C’est à partir de ce développement que deux préordres direct et inverse sont obtenus.
A l’aide des deux pré ordres construits, nous pouvons représenter les sites potentiels, selon
les acteurs, sur les graphes ci-dessous en mettant les classements inverse et direct
respectivement les axes des ordonnées et des abscisses.
1 S8 S7
1
2 S7 2 S8
3 S4 3 S4
4 S6
4
S6
5 S2
5
S2
5 4 3 2 1
54 3 2 1
1 S2
S7
1 2 2 3
S8
S8
3 4 S7
S4
4 5
S6 S4
5 S6
S2
5 4 3 2 1
5 4 3 2 1
Vidangeurs manuels
S8
1
S7 S6
2
3 S4 S2
5 4 3 2 1
Figure 7:Résultats de la comparaison des sites potentiels
IV-5. Analyse de robustesse et interprétation des résultats
Nous avons procédé à une analyse de robustesse pour six jeux de poids fournis par les
principaux acteurs (Le Bureau du conseil de la Mairie, le Service technique de la Mairie +
l’EPCD, les Maraîchers, les Vidangeurs Mécaniques et les Vidangeurs Manuels).
Nous avons aussi fait varier sensiblement les seuils de concordances c+, c° et c- en
affectant les valeurs respectives 0.73, 0.68 et 0.63. Cette variation a modifié sensiblement le
classement des sites. Cependant les sites qui semblent être les meilleurs avant l’application
de l’analyse de robustesse apparaissent toujours parmi les trois premiers dans le
classement.
le site S4 occupe la troisième dans le classement général selon les acteurs et vient
juste après le site S8;
c’est au site S7 que la bonne place se situe pour la plupart des acteurs.
Le site étant choisi nous pouvons passer à une technologie de collecte et de transport des
boues vidangées manuellement. Une bonne optimisation du fonctionnement de la station
dépend de l’organisation de la collecte et du transport des boues vers le site de dépotage
choisi.
Un des problèmes majeurs auquel les vidangeurs manuels doivent faire face est la
reconnaissance de leur travail. En effet, comme la vidange manuelle n’est pas légalisée, ils
doivent travailler le plus discrètement possible. Parfois, lorsque des inspecteurs arrivent sur
leur lieu de travail, ils doivent arrêter leurs opérations et ne sont par conséquent pas payer
pour le travail exécuté.
Il arrive aussi que les vidangeurs manuels se déplacent et qu’une fois arrivés sur les lieux ils
se rendent compte que les boues peuvent être évacuées à l’aide du camion citerne ou bien
que le propriétaire de la concession n’est pas présent pour permettre de briser la dalle qui
recouvre la fosse. Le même cas se produit parfois avec le camion citerne, il se rend sur les
lieux d’une vidange et une fois sur place observe que les boues sont trop denses pour être
retirées avec la pompe du camion citerne. Cela retarde le travail et occasionne des
déplacements inutiles. Un autre problème que les vidangeurs peuvent rencontrer est
l’accessibilité par le camion de vidange de la latrine à vidanger. Il arrive que le tuyau ne soit
pas assez long pour se rendre jusqu’à la fosse à vider et dans ce cas la fosse doit être
vidangé par les vidangeurs manuels.
Les paramètres pour la détermination de la quantité de boues vidangées sont les suivantes :
Ceci nous permet d’estimer un volume moyen par ouvrage : Vmoy 3m3
Les boues de vidanges peuvent être classées en trois types selon leur concentration. Nous
pouvons citer les types suivants :
Les boues compactes : elles sont en général issues des latrines traditionnelles.
Les boues semi-liquides : elles proviennent d’une partie des latrines publiques et
des latrines traditionnelles.
Les boues liquides : elles proviennent des fosses septiques et d’une partie des
latrines publiques.
Sur la base de l’analyse de 105 échantillons, des résultats sur les caractéristiques des boues
de vidange ont été obtenus. Les valeurs sont les suivantes :
Ces valeurs (DCO, DBO, MES) sont non publiées et obtenues de Mr KOANDA Halidou
faisant sa thèse de doctorat sur les boues de vidange dans la ville de Ouahigouya.
Le transport des boues à vidanger manuellement vers un site de dépotage hors de la ville
est pratiquement inexistant. Ces boues à vidanger manuellement sont intégralement
déversées de façon anarchique pas loin du lieu de production.
Pour ce faire nous allons proposer un certain nombre de choix de technologie de transport
possible et applicable dans le contexte de la ville de Ouahigouya.
Afin de déterminer le nombre de charrettes qu’il faut pour assurer la collecte et le transport
des boues vidangées manuellement, les paramètres de calculs ont été établis.
Le nombre de charrettes à traction asine, pour la vidange manuelle, est estimé à 32.
En supposant que chaque équipe de vidangeurs manuels dispose d’une ou deux charrettes,
nous constatons que le nombre total de charrettes est supérieur à l’effectif des vidangeurs
manuels qui est de 10. Donc toutes les boues vidangées ne pourront pas être acheminées,
vers le site de traitement, par les vidangeurs manuels.
Pour que cette technologie de transport puisse être faisable et réalisable, il faut que le
nombre de vidangeurs augmente, ce qui n’est pas du tout évident ; ou bien que l’on fasse
recours au camion vidangeur.
V-3-1-2. Caractéristiques
Les paramètres suivants nous permettent de déterminer les caractéristiques d’une charrette.
Le design de la charrette est composé de deux parties principales qui se superposent. Une
partie supérieure sous forme d’une calotte cylindrique surmonte une partie inférieure sous
forme parallélépipédique. La charrette doit être à bascule ce qui faciliterait l’opération de
vidange dans le contenant ( voir ci dessous).
En nous inspirant sur le modèle de charrette utilisée par le CREPA pour la collecte des
ordures ménagères, nous maintenons ce même modèle pour le transport et la collecte des
boues vidangées manuellement.
Les caractéristiques des boues de vidange sont différentes de celles des ordures
ménagères. Les boues de vidanges sont en général en état liquide en état liquide ou
semiliquide. Par conséquent, il serait indispensable et nécessaire de jouer sur l’étanchéité
des parois intérieures de la charrette.
Nous prévoyons aussi des trous d’aération sur la partie supérieure de la charrette afin de
permettre aux gaz d’être évacués.
Sur la base des informations obtenues à partir de la littérature et des entretiens menés, nous
pouvons évaluer financièrement les investissements, les charges et les recettes engendrées
par le matériel de collecte et de transport des boues à vidanger manuellement.
Coûts d’investissement
Dans cette partie, un investissement sera fait pour l'acquisition de l'équipement nécessaire
pour assurer la collecte et le transport. Cet équipement sera constitué de:
Recettes annuelles:
Les recettes seront constituées des recettes provenant de la collecte et du transport des
boues de vidange. Elles sont estimées sur la base des hypothèses ci-dessous :
Le tableau ci-dessous récapitule les recettes totales obtenues au courant d’une année.
Tableau 25: Recettes totales de la collecte à traction asine
DESIGNATION Nombre PU (FCFA) PT (FCFA)
Nombre de rotations que peut effectuer un tracteur pour jour : Nrot / tract 2rotations
En considérant une charrette par tracteur, le nombre total de charrettes à traction motorisée,
pour la vidange manuelle, qui est égal à 5.
V-3-2-2. Caractéristiques
Il faut noter que le design proposé pour les charrettes à traction asine est reconduit pour les
charrettes à traction motorisée. Les paramètres suivants nous permettent de déterminer les
caractéristiques d’une charrette à traction motorisée.
Cette évaluation financière du matériel pour le transport des boues à vidanger manuellement
est estimée, sur la base des données obtenues à partir de la littérature et des entretiens
menés.
Coûts d’investissement
Les charges annuelles sont égales à la somme des charges dues à la consommation du
carburant et du lubrifiant du tracteur, aux frais d’entretiens du matériel, au salaire d’un
chauffeur.
Carburant : 30 litres/100km
Recettes annuelles
Les recettes annuelles totalisées par la traction motorisée sont les mêmes que celles
obtenues par la traction asine. Nous avons donc comme recettes à ce niveau une somme de
21.120.000FCFA.
En admettant les hypothèses de calculs que le volume d’une charrette est équivalent au
volume d’une latrine estimé 3 m3 et le nombre de rotations maximal que peut effectuer
l’animal étant de 2, nous pouvons déterminer les rotations effectuées par le camion
vidangeur pour la remorque des charrettes. La quantité de boues vidangées manuellement
et qui n’a pas été évacuées est approximativement égale à 26m3. Le camion vidangeur
effectue en moyenne trois rotations par jour à cause de son état dégradant sinon ce nombre
de rotations peut atteindre 4 durant la journée.
A l’aide des hypothèses de calculs précédemment établis, le nombre total de rotations est
estimé 9 par jour. Nous supposons que chaque équipe de vidangeurs manuels dispose
d’une charrette, ce qui donne un nombre total de cinq (5) charrettes.
Le camion ne pourra remorquer que trois fois par jour. Ceci montre qu’un camion est
insuffisant pour l’évacuation du surplus de boues vidangées manuellement. Pour ce faire,
l’octroi d’un deuxième camion de vidange est indispensable pour qu’une telle technologie
puisse être appliquée ou mise en place, ce qui n’est pas évident.
V-3-3-2. Caractéristiques
Nous conservons les mêmes caractéristiques et dimensions obtenues pour les charrettes à
traction motorisée.
Afin de pouvoir estimer les coûts d’investissements, nous maintenons l’idée qu’un deuxième
camion vidangeur sera payé.
Coûts d’investissement
Les coûts d’investissement intègrent le prix d’achat d’un camion vidangeur, les coûts des
charrettes et les outils de collette.
Le prix d’achat d’un camion vidangeur de deuxième main est environ égal à 8000000 FCFA
[COLLIGNON, 2002] cité par Blunier (2004).
Il faut noter ici que nous avons considéré les charges obtenues pour le fonctionnement de
deux camions. Toutes les charges de fonctionnement sont récapitulées dans le tableau
cidessous :
Recettes annuelles
Les recettes annuelles totalisées par la traction motorisée sont les mêmes que celles
obtenues par la traction asine. Nous avons donc comme recettes à ce niveau une somme de
21.120.000FCFA.
En faisant une revue des différentes technologies abordées ci-dessus, nous pouvons tirer
une conclusion. Cette dernière est que le choix de la traction motorisée est le plus adéquat.
Ceci est dû aux insuffisances qui ont été relevées les autres technologies (V-3-1-1, V-3-2-1).
Dans le tableau ci-dessous, sont consignés, entre autres, les avantages et inconvénients de
chacun de ces technologies.
Charrettes à traction motorisée -Coûts d'investissement pas trop élevés -Importation du tracteur, ce qui nécessite un temps
-Moins encombrant pour la circulation en ville relativement long pour sa livraison
-Plus modernisé -Entretiens de moteur qui peut être difficile pour
-Moins d'accidents à occasionner la main d'œuvre locale
-Moins d'insalubrité dans la ville -Risque de pannes fréquentes et de manque
de pièces de rechange
Charrettes à remorquées par le -Pas très encombrant surtout au niveau de la - Charges de fonctionnement élevées
camion vidangeur de la mairie circulation en ville - Acquisition du matériel pas facile
- Rapide pour le transport des boues vers la -Nécessite beaucoup plus d'organisation entre les
station Vidangeurs mécaniques et les vidangeurs manuels
- Nécessité d’un personnel qualifié important
Etienne DIAGNE 34ième Promotion/EIER
63
Implantation et dimensionnement d’une station de traitement de boues de vidange dans la commune de Ouahigouya
Au Burkina Faso, le domaine de l’assainissement est encadré par quelques textes de lois et
des actes réglementaires.
Article 23 : Les eaux usées et les excréta doivent être recueillis ou déposés dans un
endroit spécialement aménagé et destiné à les recevoir et ce à l’intérieur des
concessions.
La sévérité des normes doit être adaptée aux conditions économiques et institutionnelles et
au savoir-faire technique du pays. «Un peu» vaut mieux que «rien du tout».
Dans de nombreux pays, les normes existantes sont sévères et ne sont, par conséquent, ni
réalisable ni applicables. Les autorités pourraient de ce fait renoncer entièrement à respecter
les normes, ce qui entraînerait une pollution et de risques pour la santé beaucoup plus
importants que si un système de traitement visant à respecter de norme moins sévère était
mis en place.
Comme aperçu de nomes de rejets des eaux usées Heinss et al. (1998) ont suggéré les
normes suivantes :
A: Effluent liquide
2. Réutilisation
comestibles
B: Boues traitées
2) Basé sur la charge d'œufs de nématodes par unité de surface (OMS, 1989) et un apport
d'engrais de 2 - 3 tonnes de matières sèches/[Link]ée (Xanthoulis et Strauss, 1991)
3) Niveau sûr si la norme des œufs est respectée n.c. non critique
les eaux usées ; o présenter une faible contrainte vis-à-vis des variations
climatiques.
Les investissements ainsi que les charges d’exploitation ne doivent pas être
excessifs.
En dehors des critères d’efficacité technique, le choix d’une filière doit tenir compte de deux
situations ou paramètres :
Le tableau ci-dessous donne les avantages et les inconvénients des différents systèmes et
leur fonctionnement.
L’autoépuration est obtenue par l’action des bactéries aérobies sans aucune dépense
d’énergie pour la fourniture d’oxygène. Les bactéries utilisent l’oxygène fourni par les algues
et par une grande interférence air-eau.
Une station de bassins de stabilisation comporte en général trois types de bassin : le bassin
anaérobie, le bassin facultatif et le bassin de maturation.
VI-4-2-1. Conception
Les différents équipements à prévoir pour permettre d’assurer la dégradation des matières
organiques et l’élimination des germes pathogènes sont de deux ordres :
Le prétraitement permet l’élimination de tous les éléments qui par leur taille risquent de
perturber le bon fonctionnement des ouvrages ultérieurs (les bassins).
L’équipement prévu dans ce cadre est le bassin de sédimentation. Il est utilisé pour retenir
les matières en suspension de grandes dimensions.
VI-4-2-2. Dimensionnement
Dans le cadre de cette étude, nous allons dimensionner les équipements de prétraitement et
les équipements de traitement excepté les bassins de maturation car nous ne disposons pas
de données concernant les coliformes locaux.
Profondeur H en m :3
0.9xDcxExMES=54000 kg
DcMES
Aire de la section 1 : A1 0.9 152m q
2
Volume total des solides au cours d’une période de livraison des boues de vidange
de 30 jours
Vtot 3
Vs 0.33m3 /m3 de boues de
Vs avec Qtot Qf Dc 1500m d’où
Qtot
vidange Pour
atteindre une
bonne
performance
hydraulique, le
bassin doit être
aussi long et
aussi étroit que
possible. Soient
la longueur
L>30m et la
largeur l
comprise entre 4
et 10m.
Qf 3
/h Df
Anaérobie (BA)
Profondeur H en m :3
Rapport Longueur/largeur :3
Nombre de bassins :1
DBO5initialexQ BV
Le volume du bassin anaérobie, VBA
v
Le bassin est sous forme trapézoïdique, donc nous avons une petite base (fond du bassin)
et une grande base (surface supérieure du bassin). Le volume du bassin est calculé à l’aide
Profondeur H en m : 1.5
Rapport Longueur/largeur :3
Nombre de bassins :2
Sur la base de ces hypothèses, les calculs ci-dessous ont été effectués :
La surface totale des bassins facultatifs est obtenue avec la relation suivante :
SBF 526m2
La surface totale de terres occupée par les bassins hormis les bassins de maturation est
estimée 1691m2.
Nous n’avons pas pu tenir compte du dimensionnement des bassins de maturation car nous
n’avons pas disposé des données sur les coliformes fécaux des boues de vidange.
La DBO que comporte l’effluent issu du bassin facultatif est comprise entre 24 et 40mg/l. En
nous référant sur la norme suggérée par Heinss et al, nous pouvons dire que le rejet dans
la nature de l’effluent issu des bassins facultatifs peut être permis.
Une vue générale du principe de fonctionnement de la station de traitement est résumée sur
le schéma ci-dessous.
Arrivée des
BSE BA BF BM
boues brutes
Il est utilisé pour recevoir en premier lieu les boues brutes. Les particules de ces dernières
vont subir une décantation et le surnageant est dans le bassin anaérobie. La charge des
matières en suspension est réduite dans ce bassin.
Bassin anaérobie :
Il est utilisé pour la décantation et la dégradation des matières organiques. Il réduit la charge
en DBO et modifie la nature des matières solides qui se déposent pour former une couche
de boues dont la décomposition anaérobie semble être identique que dans les fosses
septiques.
Bassin facultatif :
Ils sont ceux dans lesquels la couche supérieure est aérobie, la zone centrale peuplée de
bactéries facultatives et la zone inférieure anaérobie. Le BF est oxygéné principalement
grâce à l’activité photosynthétique des algues, sous l’influence du rayonnement solaire,
encore, que, dans les très grands bassins, l’aération par la surface, grâce à l’action du vent,
contribue à l’apport total d’oxygène.
Bassin de maturation :
Il est aérobie sur toute sa profondeur et est placé en série avec le bassin qui le précède qui
est facultatif ou soit un autre bassin de maturation. Le but principal des BM est de fournir un
effluent de haute qualité en réduisant de manière efficace la population des bactéries
fécales. Ce bassin est calculé pour éliminer les germes pathogènes.
RECOMMANDATIONS ET CONCLUSION
RECOMMANTATIONS
Il ressort de cette étude des recommandations qui vont à l’endroit de tous les acteurs
intervenant dans de la gestion des boues de vidange au niveau de la commune de
Ouahigouya.
De choisir un des deux sites 7 et 8 pour une éventuelle station de traitement des
boues la commune. Les sites S7 et S8 se trouvent respectivement sur les axes
routiers de Bogoya et Mopti. Ils sont tous les deux dans la partie Nord de la ville et à
égale distance de la mairie ;
De restituer les résultats obtenus à tous les autres acteurs intervenant dans la
gestion des boues de vidange à savoir les vidangeurs, les maraîchers ;
Promouvoir des ouvrages d’assainissement autonome tels que les fosses septiques
et les toilettes à chasse manuelle afin d’obtenir des boues légères ;
Vidangeurs :
Utiliser les équipements de protection lors des vidanges à savoir des gants,
cachenez, combinaisons si possibles afin d’éviter le contact direct avec les boues ;
Chercher des papiers permettant de rendre légal votre activité afin d’éviter
l’interruption de votre activité au moment des inspections effectuées par la police ;
Utiliser une échelle rigide pour faciliter l’accès dans les fosses ;
Respecter le déversement des boues sur le site qui sera retenu par la mairie en
collaboration avec les autres acteurs de la gestion des boues tels que les vidangeurs
et les maraîchers ;
Maraîchers :
Eviter l’utilisation des boues de vidange non traitées dans les champs.
CONCLUSION
Cette étude portant sur l’implantation et le dimensionnement d’une station de traitement des
boues de vidange dans la ville de Ouahigouya a été l’occasion pour nous de voir sur le
terrain les réalités de la ville en matière de pratique d’assainissement, de discuter avec
différents acteurs sur les voies et moyens à entreprendre pour l’amélioration des conditions
actuelles. Nous avons pu constater combien il est important de prendre rapidement des
mesures pour améliorer les conditions d’hygiène et de salubrité dans la ville.
La ville ne dispose pas de réseau d’égout et les ouvrages d’assainissement autonomes sont
vidangés soit par les vidangeurs manuels soit par l’unique camion de la mairie. La gestion
des boues de vidange souffre d’un manque d’organisation au niveau de la commune de
Ouahigouya.
A l’issu de cette étude, deux sites de dépotages sont mis au choix de la mairie et de la
collectivité locale. Le choix d’un site pour l’implantation de la station de traitement pourrait
améliorer le cadre de vie de la population de la ville de Ouahigouya. Nous avons aussi
proposé une technologie de collecte et de transport des boues de vidange appropriée.
Dans les pays en voie de développement, sous équipés à l’heure actuelle, la simplicité,
l’investissement modéré et les valorisations possibles rendent le lagunage naturel très
compétitif.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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dans la ville de Ouahigouya-Mémoire de fin d’études EIER Juin 2003
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vidange manuelle de la ville de Ouagdougou-Mémoire de fin d’études EIER Juin
2003
GBAGUIDI E.H. : Conception d’un système de traitement des eaux usés par le
lagunage à Cotonou : Diagnostics de la situation actuelle et propositions-Mémoire de
fin d’études EIER Juin 2003.
DJIMASRA M., NGUEMBU TAGNE C., YIOUGO S.A L. : Evaluation des facteurs
risques sanitaires liés à la gestion des boues de vidange – Enquête sanitaire
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ANNEXES