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Cours Taylor-DL

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Chapitre 17

Développements limités

17.1 Développements limités . . . . . . . . . . . . 1


17.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . 1
17.1.2 DL fondamental . . . . . . . . . . . . 2
17.1.3 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . 2
17.1.4 DL et régularité . . . . . . . . . . . . 3
Table des matières 17.2 Développement limité des fonctions usuelles 4
17.2.1 Utilisation de la formule de Taylor-Young 4
17.3 Opérations sur les développements limités . 5
17.3.1 Combinaison linéaire et produit . . . 5
17.3.2 Composée . . . . . . . . . . . . . . . 6
17.3.3 Quotient . . . . . . . . . . . . . . . . 6
17 Développements limités 1 17.3.4 Développement limité d’une primitive 7

Pour bien aborder ce chapitre


On a mis en évidence dans le chapitre précédent les formules de Taylor. Celle de Taylor-Young, en particulier, permet
d’approximer dans un voisinage d’un point donné, à la précision voulue, une fonction par un polynôme. Cette approxima-
tion, comme nous l’avons expliqué, sera d’un grand intérêt pour connaître localement le comportement d’une fonction.
Le problème est cependant de déterminer le polynôme de Taylor. En effet, à l’exception de quelques fonctions simples,
la formule de Taylor-Young, pour être appliquée, demande de connaître les différentes dérivées de la fonction étudiée et
celles-ci, en général, sont difficiles à calculer.
Pour répondre à ce problème, nous allons introduire dans ce chapitre différentes techniques qui permettront, à partir des
polynômes de Taylor des fonctions usuelles, de calculer le polynôme de Taylor pour une large classe de fonctions.

17.1 Développements limités


Dans tout ce chapitre, I désigne un intervalle de R non trivial (non vide et non réduit à un point).

17.1.1 Définitions

D ÉFINITION 17.1 Développement limité


Soient une fonction f : I → R et un point adhérent x0 ∈ I. Soit n ∈ N. On dit que f admet un développement limité à
l’ordre n au voisinage de x0 s’il existe un polynôme P de degré É n , une fonction ε : I → R vérifiant ε (x) −−−−→ 0 tels
x→x 0
que
∀x ∈ I, f (x) = P (x) + (x − x0 )n ε (x)
— Le polynôme P est appelé partie régulière ou partie principale du développement limité de f en x0 .
— La fonction x 7→ (x − x0 )n ε (x) est appelée reste du développement limité de f en x0 .

1
Remarque 17.1
— Avec les notations précédentes, ¡ ¢
(x − x0 )n ε (x) = o (x − x0 )n
x→x 0

— Par le changement de variable (


h = x − x0 si x0 ∈ R
h = 1/x si x0 = ±∞
on peut toujours se ramener
✞ à un développement limité en x0 = 0. ☎
On se limitera désormais à l’étude des développements limités en 0
✝ ✆
17.1.2 DL fondamental
1
T HÉORÈME 17.1 DL de
1−x
La fonction (
R \ {1} −→ R
f : 1
x 7−→
1−x
admet, pour tout n ∈ N un DL à l’ordre n en 0 et on a

1 ¡ ¢
∀x ∈ R \ {1} , = 1 + x + x2 + · · · + xn + o xn
1−x x→0

Démonstration Soit x ∈ R \ {1}. On a, par application de la formule donnant la somme des n premiers termes d’une suite
géométrique
1 1 − x n+1 x n+1 x n+1
= + = 1 + x + x2 + · · · + xn +
1−x 1−x 1−x 1−x
x n+1 x x 1 ¡ ¢
mais = xn et −−−→ 0 et donc : = 1 + x + x2 + · · · + xn + o xn .
1−x 1−x 1 − x x→0 1−x x→0

C OROLLAIRE 17.2

1 1 ¡ ¢
= 1 − x + x 2 − · · · + (−1)n x n + o (x n ) et = 1 + x 2 + x 4 · · · + x 2n + o x 2n
1+x x→0 1 − x2 x→0

Démonstration Il suffit de remplacer, dans la formule précédente, x par −x pour obtenir la première formule ou de remplacer x
par x 2 pour obtenir la seconde.

17.1.3 Propriétés
P ROPOSITION 17.3 ⋆ Unicité du DL
Soit une fonction f admettant un DL d’ordre n en 0. Alors la partie régulière du DL d’ordre n en 0 de f est unique.
Autrement dit, s’il existe des polynômes de degré n P1 et P2 tels que

f (x) = P1 (x) + o(x n ) = P2 (x) + o(x n )

alors P1 = P2 .

Démonstration Notons P1 = a 0 + a 1 x + ... + a n x n et P2 = b0 + b1 x + ... + bn x n . Il existe donc une fonction ε : I → R telle que,
pour tout x ∈ I, P1 (x) − P2 (x) = x n ε(x) et ε(x) −−−→ 0. On peut ainsi écrire
x→0

(a 0 − b0 ) + (a 1 − b1 ) x + ... + (a n − bn ) x n = x n ε(x)

En passant à la limite lorsque x → 0 dans cette égalité, on obtient a 0 − b0 = 0 et donc a 0 = b0 . On a donc


(a 1 − b1 ) + ... + (a n − bn ) x n−1 = x n−1 ε(x)

En appliquant ce procédé n − 1 fois, on prouve que a 1 = b1 , ..., a n = bn et donc que P1 = P2 .

2
P ROPOSITION 17.4 Troncature d’un DL
Soit une fonction f admettant un DL à l’ordre n en 0. Soit un entier naturel p É n . Alors f admet un DL à l’ordre p en
0 et celui ci est obtenu en ne gardant que les termes de degré inférieur à p dans la partie principale.

Démonstration Comme f admet un développement limité à l’ordre n en 0, il existe P = a 0 + a 1 x +... + a n x n ∈ Rn [X] et ε : I → R


telle que ε(x) −−−→ 0 et f (x) = P (x) + x n ε(x). Par conséquent
x→0

f (x) = a 0 + a 1 x + ... + a p x p + a p+1 x p+1 + ... + a n x n + x n ε(x)


¡ ¢
= a 0 + a 1 x + ... + a p x p + x p a p+1 x + ... + a n x n−p + x n−p ε(x)
= a 0 + a 1 x + ... + a p x p + x p ε1 (x)

où ε1 (x) = a p+1 x + ... + a n x n−p + x n−p ε(x) vérifie bien, par opération sur les limites ε1 (x) −−−→ 0.
x→0

P ROPOSITION 17.5 Utilisation de la parité


Soit une fonction f admettant un DL d’ordre n en 0. Si f est paire (impaire) sur un voisinage symétrique de 0, alors la
partie principale de son DL à l’ordre n en 0 ne contient que des puissances paires (impaires).

Démonstration Effectuons la démonstration dans le cas où f est paire. Le cas impair se démontre ¡ ¢ de la même façon. Comme
la fonction f est paire, on a ∀x ∈ R, f (x) = f (−x). Si f (x) = a 0 + a 1 x + ... + a n x n + o x n alors f (−x) = a 0 − a 1 x + ... +
¡ n¢ x→0
a n (−1)n x n + o x . Par unicité du développement limité de f en 0 à l’ordre n , on a donc, pour tout k ∈ ‚1,nƒ impair a k = −a k
x→0
ce qui n’est possible que si a k = 0.

17.1.4 DL et régularité

T HÉORÈME 17.6 ⋆ DL et dérivabilité


Soit une fonction f : I 7→ R définie sur ]0, α]. On suppose que
H1 La fonction f admet un DL à l’ordre 1 en 0 f (x) = a0 + a1 x + o(x)
Alors la fonction f se prolonge en une fonction

 [0, α]
 −→ R
(
fe : f (x) si x 6= 0

 x 7−→
a0 si x = 0

ngement_dl dérivable en 0 avec fe′ (0) = a1 .

Démonstration Puisque pour x 6= 0, fe(x) = a 0 + a 1 x + xε(x) −−−→ a 0 = fe(0), la fonction fe est continue en 0. Le taux d’accrois-
x→0
sement de fe en 0 s’écrit pour x 6= 0,
fe(x) − fe(0) a 1 x + xε(x)
= = a 1 + ε(x) −−−→ a 1
x −0 x x→0

731101853 ce qui montre que fe est dérivable en 0 avec fe′ (0) = a 1 .

T HÉORÈME 17.7 ⋆ Une fonction C n admet un DL d’ordre n


Soit f : I 7→ R une fonction définie sur un intervalle avec 0 ∈ I. On suppose que
H1 f ∈ C n (I)
Alors la fonction f admet un développement limité en 0 à l’ordre n donné par

f ′′ (0) 2 f (n) (0) n


f (x) = f (0) + f ′ (0)x + x +··· + x + o(x n )
2! n!
0731090759

731090950 Démonstration C’est la formule de Taylor-Young (?? page ??)

Remarque 17.2 Cette formule permet de justifier l’existence d’un développement limité. Elle a donc un intérêt
théorique. Pour calculer effectivement les coefficients de ce DL à l’aide de cette formule, il faut pouvoir calculer les
0731091106 dérivées successives de la fonction en 0 ce qui n’est possible que pour des fonctions simples.

3
Remarque 17.3 La réciproque du théorème précédent est fausse comme le montre l’exemple fondamental suivant. Soit
n Ê 2. Considérons la fonction 
 R
 −→ R
(
f : x n+1 sin(1/x n ) si x 6= 0

 x 7−→
0 si x = 0
Cette fonction admet un développement limité à l’ordre n en 0 puisque

f (x) = 0 + 0x + · · · + 0x n + x n ε(x)

où ε(x) = x n sin(1/x n ) pour x 6= 0, avec |ε(x)| É |x|n −−−→ 0. La fonction f est bien continue en 0 puisque f (x) −−−→ 0 =
x→0 x→0
f (0). Elle est également dérivable en 0 puisque | f (x)/x| É |x|n −−−→ 0. Elle est dérivable en x 6= 0 avec
x→0

f ′ (x) = (n + 1)x n sin(1/x n ) − n cos(1/x n )

dl_derivee et f ′ n’admet pas de limite lorsque x → 0 ce qui montre que f n’est pas de classe C 1 sur R .

B IO 1 William Young, né à Londres le 20 octobre 1863, mort à Lausanne le 7 juillet 1942


Mathématicien Anglais. William Young, issu de parents épiciers, montre dès le pri-
maire un fort potentiel pour les mathématiques à tel point que le directeur de son
école, Edwin A. Abott, auteur d’un célèbre livre de mathématiques, Flatland˝,
l’encourage à poursuivre ses études dans cette direction. Young entre à l’université
de Cambridge en 1881. Il est assez probable qu’il ne se serait pas intéressé à la re-
cherche s’il n’avait pas rencontré sa futur femme, Grace Chisholm, elle-même tout
juste docteur en mathématiques suite à une thèse avec Félix Klein. Young s’est in-
téressé à la théorie des fonctions réelles et a découvert, de manière indépendante
de Lebesgue et avec un autre formalisme, la théorie d’intégration dite de Lebesgue,
qui généralise celle de Riemann. Il s’est intéressé aux séries de Fourier et aux sé-
ries orthogonales. Sa contribution majeure est sans doute celle apportée au calcul
différentiel pour les fonctions à plusieurs variables qui inspira de nombreux livres
d’enseignement consacrés à ce sujet. Young fit de nombreux voyages et visita de
nombreuses universités en Europe, Amériques, Asie et Afrique. En 1940, alors que la seconde guerre mondial a
éclaté, il se retrouve coincé à Lausanne et ne peut rejoindre sa femme et ses cing enfants. Il passa ainsi les deux
ig:Bio_Young dernières années de sa vie dans la détresse de cette séparation.

17.2 Développement limité des fonctions usuelles

17.2.1 Utilisation de la formule de Taylor-Young

P ROPOSITION 17.8 DL classiques à partir de Taylor-Young


On obtient les DL classiques suivants en 0 en calculant les dérivées successives en 0 et en appliquant la formule de
Taylor-Young.
— Fonctions exponentielle et hyperboliques :

x2 x3 xn ¡ ¢
ex = 1+x + + +··· + + o xn
2! 3! n! x→0
x2 x4 x 2n ¡ ¢
ch x = 1+ + +··· + + o x 2n+1
2! 4! (2n)! x→0
x3 x5 x 2n+1 ¡ ¢
sh x = x+ + +··· + + o x 2n+2
3! 5! (2n + 1)! x→0

— Fonctions trigonométriques :

x2 x4 x 2n ¡ ¢
cos x = 1− + − · · · + (−1)n + o x 2n+1
2! 4! (2n)! x→0
x3 x5 x 2n+1 ¡ ¢
sin x = x− + − · · · + (−1)n + o x 2n+2
3! 5! (2n + 1)! x→0

4
— Fonction logarithme :

x2 x3 xn ¡ ¢
ln (1 + x) = x− + − · · · + (−1)n+1 + o xn
2 3 n x→0
µ ¶
x2 x3 xn ¡ ¢
ln (1 − x) = − x+ + +··· + + o xn
2 3 n x→0

— Fonction x 7→ (1 + x)α avec α ∈ R :


α (α − 1) · · · (α − n + 1) n ¡ ¢
(1 + x)α = 1 + αx + · · · + x + o xn
n! x→0

1
Remarque 17.4 Cette dernière formule appliquée à α = et n = 2 donne
2
p x x2 ¡ ¢
1+x = 1+ − + o x2
2 8 x→0
p x x2 ¡ ¢
1−x = 1− − + o x2
2 8 x→0

Remarque 17.5 Parmi ces DLs certains s’obtiennent de manière plus rapide qu’en appliquant la formule de Taylor-
Young grâce aux théorèmes que nous allons maintenant introduire.

17.3 Opérations sur les développements limités


17.3.1 Combinaison linéaire et produit

P ROPOSITION 17.9 Combinaison linéaire et produit de DLs


Soient deux fonctions f et g réelles définies sur I admettant en 0 des DL d’ordre n
¡ ¢ ¡ ¢
∀x ∈ I, f (x) = P (x) + o xn et g (x) = Q (x) + o xn
x→0 x→0

où P et Q sont des polynômes réels de degré n . Soient (α, β) ∈ R2 . Les fonctions α f + βg et f × g admettent des Dl
d’ordre n en 0 et ces DLs sont donnés par, pour tout x ∈ I
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
α f + βg (x) = αP + βQ (x) + o x n
x→0
¡ ¢ ¡ ¢
f × g (x) = R (x) + o x n
x→0

où R (x) est égal au produit P (x) Q (x) auquel on a retiré tous les termes de degré > n .

Démonstration Pour i = 1,2, il existe des fonctions εi : I → R telles que f (x) = P (x) + x n ε1 (x), g (x) = Q (x) + x n ε2 (x) et
εi (x) −−−→ 0.
x→0
• On a donc :
¡ ¢
αf (x) + βg (x) = αP (x) + βQ (x) + x n αε1 (x) + βε2 (x) = αP (x) + βQ (x) + x n ε(x)
avec ε(x) = αε1 (x) + βε2 (x) −−−→ 0 par opérations sur les limites. Par conséquent αf + βg admet un développement limité
x→0
à l’ordre n en 0 de partie régulière αP + βQ.
• Pour le produit,

f (x) g (x) = P (x) Q (x) + x n Q (x) ε1 (x) + x n P (x) ε2 (x) + x 2n ε1 (x) ε2 (x)
¡ ¢
= R(x) + x n xS (x) + Q (x) ε1 (x) + P (x) ε2 (x) + x n ε1 (x)ε2 (x)
= R(x) + x n ε(x)


N R est un polynôme de degré n et S un polynôme de degré n − 1 tels que P (x) Q (x) = R(x) + x n+1 S (x)
N ε(x) = xS (x) + Q (x) ε1 (x) + P (x) ε2 (x) + x n ε1 (x)ε2 (x) −−−→ 0 par opération sur les limites.
x→0

5
17.3.2 Composée
P ROPOSITION 17.10 Composée de DLs
Soient deux fonctions f et g définies au voisinage de 0. On suppose que
H1 La fonction f admet un DL d’ordre n en 0, f (x) = F (x) + o (x n ) où F est un polynôme de degré n .
x→0

H2 La fonction g admet un DL d’ordre n en 0, g (x) = G (x) + o (x n ) où G est un polynôme de degré n .


x→0

H3 f (x) −−−→ 0 .
x→0

Alors la fonction composée g ◦ f admet un DL d’ordre n en 0 de partie régulière obtenue en ne gardant que les termes
de degré É n dans le polynôme G ◦ F.

Démonstration Admise

17.3.3 Quotient
P ROPOSITION 17.11
Soit une fonction u définie au voisinage de 0. On suppose que
H1 lim u (x) = 0
x→0

H2 u admet un DL d’ordre n en 0 de partie régulière un polynôme P.


1
Alors la fonction x 7→ admet un DL d’ordre n en 0 de partie régulière obtenue en ne gardant que les termes de
1 − u (x)
degré inférieur à n dans le polynôme 1 + P + P2 + · · · + Pn .

Démonstration Appliquer le théorème de composition de DL à la fonction définie par g (y) = 1/(1 − y) (qui admet un DL à tout
731093032 ordre) et à la fonction f = u .

P ROPOSITION 17.12 Quotient de DLs


Soient deux fonctions f et g définies au voisinage de 0. On suppose que
H1 Les fonctions f et g admettent des DL d’ordre n en 0.

H2 g (x) −−−→ ℓ 6= 0.
x→0
f
alors la fonction admet un DL d’ordre n en 0.
g

Démonstration Puisque ℓ 6= 0, nous pouvons écrire pour x ∈ I,


f (x) f (x) 1 f (x)
= =
g (x) g (x) ℓ 1 − u(x)


où u(x) = 1 − g (x)/ℓ. La fonction u admet un développement limité à l’ordre n (combinaison linéaire de DL) et u(x) −−−→ 0. Il
x→0
731093318 suffit d’appliquer la proposition précédente.
Ce théorème permet de déterminer les DLs suivants :

1
P LAN 17.1 : Pour calculer le DL à l’or de n de
g

On suppose que g (x) = 1 + a1 x + . . . + an x n + o (x n ). Alors :


x→0
µ ¶
1 1 n
¡ n¢
= avec u = − a1 x + . . . + an x + o x
g (x) 1−u x→0
2 n
¡ n¢
= 1+u +u +... +u + o u
x→0
¡ ¢ ¡ ¢2 ¡ ¢n ¡ ¢
= 1 − a1 x + . . . + an x n + a1 x + . . . + an x n + . . . + (−1)n a1 x + . . . + an x n + o x n
x→0

qu’on développe et tronque en ne gardant que les termes de degré É n .

6
C OROLLAIRE 17.13
On a :
x 3 2x 5 ¡ ¢
tan x = x+ + + o x6
3 15 x→0
x 3 2x 5 ¡ ¢
tanh x = x− + + o x6
3 15 x→0

17.3.4 Développement limité d’une primitive

T HÉORÈME 17.14 Primitivation d’un DL


Soit I un intervalle de R tel que 0 ∈ I et f : I → R. On suppose que
H1 la fonction f est dérivable sur l’intervalle I.
P ′ (x)
z }| {
H2 la fonction f admet un DL d’ordre n en 0, ∀x ∈ I,

f (x) = a0 + a1 x + . . . + an x n + o (x n )

x→0

H3 f (x) −−−→ l ∈ R .
x→0
alors la fonction f admet un DL d’ordre n + 1 en 0 obtenu en primitivant la partie régulière du DL de f ′ et en ajoutant
la limite de f en 0 :
a1 an n+1 ¡ ¢
∀x ∈ I, f (x) = l + a0 x + x 2 + . . . + x + o x n+1
| 2 {z n +1 }
x→0
P(x)

à !
x2 x n+1
Démonstration Pour fixer les idées, supposons que I =]0,α[. Posons, pour tout x ∈ I, F (x) = f (x) − a 0 x + a 1 + ... + a n
2 n +1
et F(0) = l . La fonction F ainsi définie est continue sur [0,α[ et dérivable sur ]0,α[ avec
¡ ¢ ¡ ¢
∀x ∈]0,α[, F′ (x) = f ′ (x) − a 0 + a 1 x + ... + a n x n = o x n = x n ε̃ (x)
x→0

où ε̃ (x) −−−→ 0. Soit x ∈]0,α[. La fonction F est continue sur [0, x], dérivable sur ]0, x[. D’après le théorème des accroissements
x→0
finis, il existe θ(x) ∈ ]0,1[ tel que F(x) − F(0) = xF′ (θ(x)x). On a alors
à !
x2 x n+1
f (x) − l − a 0 x + a 1 + · · · + an = x n+1 (θ(x))n e
ε (θ(x)x) = o(x n+1 )
2 n +1 | {z }
=ε(x)

En effet, par composée de limites, ε(x) −−−→ 0.


x→0
Ce théorème permet de déterminer les DLs suivants :

C OROLLAIRE 17.15

x2 x3 xn ¡ ¢
ln (1 + x) = x− + − · · · + (−1)n+1 + o xn
2 3 n x→0
x3 x5 n x
2n+1 ¡ ¢
arctan x = x− + − · · · + (−1) + o x 2n+2
3 5 2n + 1 x→0
x3 x5 x 2n+1 ¡ ¢
argth x = x+ + +··· + + o x 2n+2
3 5 2n + 1 x→0
1 x3 1 · 3 x5 1 · 3 · 5 x7 ¡ ¢
arcsin x = x+ + + + · · · + o x 2n+2
2 3 2·4 5 2·4·6 7 x→0
1 x3 1 · 3 x5 1 · 3 · 5 x7 ¡ ¢
argsh x = x− + − + · · · + (−1)n o x 2n+2
2 3 2·4 5 2·4·6 7 x→0
π 1 x3 1 · 3 x5 1 · 3 · 5 x7 ¡ ¢
arccos x = −x− − − − · · · + o x 2n+2
2 2 3 2·4 5 2·4·6 7 x→0

7
π
Remarque 17.6 Le dernier s’obtient en remarquant que arccos x = − arcsin x .
2

Remarque 17.7 Attention : On peut primitiver les DL mais pas les dériver. L’existence d’un DL à l’ordre n pour une
fonction f dérivable n’implique pas toujours l’existence d’un DL à l’ordre n−1 pour la fonction f ′ . Pour s’en convaincre,
reprendre l’exemple ?? page ?? où la fonction f possède un DL à l’ordre n Ê 2, alors que f ′ n’était pas continue en 0
donc ne possédait même pas un DL à l’ordre 0 !

On peut tout de même dériver des DL dans certains cas, mais il faut le justifier en utilisant les propriétés du cours.

Exemple 17.1 On suppose que


H1 la fonction f est de classe C n sur I.
Alors la fonction f ′ admet un DL à l’ordre (n − 1) sur I de partie principale le polynôme P′ où P est la partie principale
0731105431 du DL de f . C’est une conséquence de la formule de Taylor-Young.
½
I =] − π/2, π/2[ −→ R
Exemple 17.2 Considérons la fonction f : . Elle est dérivable sur I et vérifie une équa-
x 7−→ tan x
tion différentielle.
∀x ∈ I, f ′ (x) = 1 + f 2 (x)
Utilisons cette équation différentielle pour déterminer le DL à l’ordre 5 de f en 0.
— Puisque f est de classe C 5 sur I, d’après Taylor-Young, elle possède un DL à l’ordre 5 en 0. De plus, comme f
est impaire, on peut écrire
f (x) = a1 x + a3 x 3 + a5 x 5 + o(x 5 )

— Par opérations algébriques sur les développements limités et en utilisant l’équation différentielle, la fonction f ′
admet donc un DL en zéro à l’ordre 4 donné par
h i2 h i
f ′ (x) = 1 + x 2 a1 + a3 x 2 + o(x 2 ) = 1 + x 2 a12 + 2a1 a3 x 2 + o(x 2 ) = 1 + a12 x 2 + 2a1 a3 x 4 + o(x 4 )

— Par primitivation de DL et puisque f (0) = 0, on obtient que

a12 2a1 a3 5
f (x) = x + x3 + x + o(x 5 )
3 5

— Par unicité du DL de f , on en tire que a1 = 1, a12 /3 = a3 et 2a1 a3 /5 = a5 d’où par résolution de ce système,
a1 = 1, a3 = 1/3 et a5 = 2/15.

L’intérêt des développements limités est essentiellement pratique. Il faut savoir calculer rapidement des développements
limités simples. Vous pouvez consulter maintenant l’appendice ?? pour apprendre à calculer efficacement les DL et étudier
leurs applications en analyse.

En résumé
1 Les calculs de développements limités sont avant tout des calculs sur les polynômes. Afin d’être efficace dans ces
derniers, une lecture du paragraphe ?? page ?? s’impose.
2 Pour apprendre à prévoir l’ordre d’un développement limité et savoir les utiliser pour déterminer des équivalents
ou des limites on pourra consulter le paragraphe ?? page ??.
3 Vous devrez prendre de l’aisance dans les calculs de développements limités, il serviront souvent aussi il convien-
dra de les manipuler avec efficacité et sûreté, ce qui demande au départ de pratiquer un assez grand nombre
d’exercices calculatoires.

8
10. Suites
réelles

6. Courbes
Planes 12. Déri-
équivalents
des suites vabilité

14. Dé-
Étude locale
velop - Développement

pements limité à
l’ordre 1

limités

Développement
limité à l’infini
Décomposition
équivalents en éléments
des fonctions simples

Asymptoptes
Somme
des résidus

22. Frac-
11. Fonc- tions ra-
tions d’une tionnelles
variable
réelle

9
10

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