Cours - Pharmaco - Copie
Cours - Pharmaco - Copie
La pharmacologie est la science qui a pour objet l’étude des effets et du devenir des médicaments dans
l’organisme. Elle se subdivise en Matière médicale, Pharmacie et Pharmacodynamie.
1. Objectifs du cours
Les objectifs du cours de pharmacologie générale rentrent dans les objectifs généraux de la Faculté.
A l’issue du cours de Pharmacologie de 3ème graduat, l’étudiant doit être capable de
Définir les notions de base de pharmacologie
Définir les effets des médicaments tant du point de vue qualitatif que du point de vue quantitatif et de
donner les facteurs influençant l’action du médicament
Décrire les voies d’administration et la destination des médicaments dans l’organisme
Connaître les grandes lignes de l’interaction médicamenteuse ainsi que les notions d’accident
thérapeutique
Donner les grandes lignes des interférences médicament et terrain.
Le cours de pharmacologie générale prépare l’étudiant aux cours de Pharmacologie spéciale et de toxicologie.
2. PREREQUIS
Anatomie, physiologie et chimie générale
3. BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
1. Hugues F.C., Le Jeune C., La Batide Alanore S. ; Thérapeutique générale, Du développement à la
prescription des médicaments, Sandoz, éd. Frison-Roche, Paris, 1993.
2. Bourin Michel ; Pharmacologie générale pratique ; édition Ellipses, Paris, 1994
3. Collection Le Moniteur ; Pharmacie-Biologie, Tome 6 : Médicaments ; Paris ; 1996
4. Goodman and Gilman ; Pharmacological Basis of Therapeutics ; 5th edition ; 1975
I.2.1. Introduction
Chaque peuple suivant son passé et sa culture s’est forgé une médecine pour répondre à son aspiration au bien-
être physique, mental et social. Ainsi, il a existé et il existe encore diverses médecines parmi lesquelles nous
pouvons citer :
- La médecine africaine : l’une des plus anciennes. Elle tire son origine dans l’Egypte pharaonique, khémetique
datant de 3000 ans avant Jésus-Christ. IMHOTEP, prêtre, sage, médecin et architecte (bâtisseurs de la pyramide
des degrés, de Saqqarah) qui vécut au temps du règne du Pharaon DJOSER de 2737 à 2717 AV JC, est considéré
comme le père de la médecine dont se sont inspirés les grecs et les romains. Le papyrus d’EBERS contient 875
recettes, charmes et incantations datant de cette période khémetique. Durant cette période, les sciences en général
(mathématiques, astronomie) et la médecine en particulier étaient fort développées comme en témoignent pour la
médecine, les instruments de chirurgies de l’époque et même certaines pratiques telles que la contraception, la
trépanation et l’embaumement. Malgré le déclin de la civilisation khémetique et la destruction massive des
ouvrages qui avait débuté en 392 ApJC avec l’édit d’Intolérance de l’Empereur Théodose qui ordonnât la
destruction de tout ce qui n’était pas chrétien (Destruction des universités égyptiennes et des bibliothèques dont
certaines contenaient plus de 400.000 documents) et qui s’est aggravée avec la « tabula rasa » de la colonisation,
il existe encore de nos jours une connaissance médicinale africaine précieuse qui demande à être réutilisée au
grand jour.
- La médecine chinoise : Elle se caractérise essentiellement par la pratique de la moxibustion (moxa) et de
l’acupuncture. La moxibustion est une technique de stimulation par la chaleur de points d'acupuncture. Celle-ci
Il est une des branches de la médecine traditionnelle chinoise, basée sur l’implantation et la manipulation de fines
aiguilles en divers points du corps à des fins thérapeutiques. Le moxa est l’objet chauffant qui permet cette
stimulation. Traditionnellement, le moxa est une composition à base d'armoise séchée et broyée. Actuellement il
n’est pas rare de voir des médecins occidentaux se rendre en Chine pour aller apprendre cet art en complément
de leur formation. Plusieurs médications millénaires chinoises sont encore utilisées aujourd’hui. On pourrait citer le
cas du Quingao (Artemisia annua) dont on a tiré un des médicaments actuellement le plus efficace avec la quinine
contre la malaria : l’artémisinine.
- La médecine indienne : l’AYURVEDA allie l’exercice corporel, le massage, la diététique et la méditation pour
atteindre le bien-être complet. On connaît notamment les cures de rajeunissement dont les pratiquants de cette
médecine ont le secret. Plusieurs baumes tirés de cette médecine sont commercialisés même à Lubumbashi
(exemple Baume Léopard).
- La médecine indienne d’Amérique : c’est la médecine des humeurs qui est pratiquée dans tous les 22 états de
l’Amérique Latine. Cette médecine distingue les états de l’organisme en chaud et en froid (différent de la
température). La bonne santé est alors considérée comme un équilibre entre les deux états.
Exemple : le pilipili est ‘’chaud’’.
L’utilisation des plantes a conduit à isoler des substances pures utilisées en thérapeutique. C’est la source la plus
importante surtout qu’elle sert aussi de modèle aux molécules de synthèse.
Exemples : Quinquina→ quinine ; Quinghao (Artemisia annua)→Artemisinine ; Belladone (Atropa belladona) →
Atropine ; Fruits → Vitamines (C, A, E).
2°. Origine animale
Certains médicaments sont tirés des animaux. C’est le cas par exemple des sérums (antivenimeux, antitétanique,
…), les hormones (de l’homme, de la femme, du porc, …ex : gonadotrophines chorioniques contre l’azoospermie).
Certains extraits d’organes, utilisés autrefois, sont maintenant abandonnés au profit de substances plus pures ou
de synthèse (extrait de foie → Vit B12 ; extrait thyroïdien → thyroxine).
3°. Origine minérale
La source minérale est la moins abondante mais non négligeable. On peut citer :; Mg, Ca, Fe, Na, O2, N2, P, Mg,
Co, …
I.2.3. Origine artificielle des médicaments
O2 N CH CH NH Co C
H
OH Cl
4°. Produits du génie génétique : issus de la manipulation des gènes consistent en une modification du
patrimoine génétique de certaines bactéries pour la production des produits recherchés.
Une substance, pour devenir un médicament, passe en général par quatre étapes essentielles.
1°. Etape chimique
On procède à la synthèse chimique de nombreuses substances en s’aidant des données connues sur l’activité de
certaines structures et on essaye d’en connaître la stabilité ainsi que toutes les autres propriétés physico-
chimiques. La synthèse combinatoire permet d’obtenir rapidement un grand nombre de composés.
Traitement A Traitement A
Randomisation simple : les sujets témoins et les sujets expérimentaux sont distribués au hasard dans
les deux groupes ;
Randomisation stratifiée : pour supprimer certains facteurs qui peuvent influencer la réponse des
patients au traitement, on subdivise chaque groupe en sous-groupes basés sur
l’âge
le sexe
le poids
la durée et la sévérité de la maladie sous traitement ;
Carré latin : essai où le nombre de sujet est un multiple du nombre de traitement pour qu’à chaque période
du traitement, le nombre de sujets par traitement soit toujours identique. Dans cet essai, chaque sujet
reçoit tous les traitements. L’intérêt et de voir les variations intra-individuelles et les variations
interindividuelles. Ces dernières sont généralement plus importantes que les premières ;
4°. Etape galénique
Le produit ayant traversé les étapes antérieures est alors présenté sous les formes pharmaceutiques définitives.
5°. Etape administrative (AMM, Brevet, …)
A côté des étapes pharmaceutiques, il y a des démarches à effectuer auprès de l’administration publique pour
obtenir les autorisations nécessaires : pour les essais sur les hommes et pour l’obtention de l’AMM. Un produit
prometteur peut également être breveté avant sa mise au point définitive.
I.3.2. Type pratique pour les MTA
Il s’agit de l’AMM sollicité pour des médications déjà utilisées sur base du savoir ancien et ayant déjà ainsi fait
preuve d’efficacité. Les conditions d’obtention de l’AMM sont alors allégées. On exige uniquement : -Essais de
toxicité, - Standardisation (composition chimique uniforme, formes galéniques stables, …).
Produits que le pharmacien détient dans son officine et qu’il peut préparer sous forme pharmaceutique de son
propre chef.
Les drogues : produits naturels employés tels que : l’opium officinal
Les préparations galéniques : médicaments comprenant les principes actifs et d’autres substances
destinées à donner la forme pharmaceutique. Exemples : mercurochrome, alcool iodé, lugol, …Ces
préparations se trouvent dans le Formulaire National.
Les produits chimiques purs qui servent normalement à l’élaboration des préparations galéniques.
I.4.2. Préparations magistrales
Les médicaments peuvent être classés soit suivant leurs formules chimiques soit suivant leur groupe
pharmacologique.
C’est cette dernière qui est la plus utile en thérapeutique. Ainsi on regroupe les médicaments en
1. Classe ou supergroupe : selon le système ou l’organe particulier qui est sa cible.
Exemple : les médicaments agissant sur le SNC constituent une classe.
2. Groupe : sur la base de leur action pharmacologique ou thérapeutique principale
Exemple : les médicaments agissant sur le SNC (Classe) comprennent les neuroleptiques, les
analeptiques, les anesthésiques généraux, les analgésiques majeurs,… qui sont des groupent
formant cette classe.
3. Sous-groupes : en tenant compte de leur structure chimique.
Dans le groupe des neuroleptiques, on retrouve des neuroleptiques phénothiaziniques
(chlorpromazine, Largactil®), thioxanthéniques (flupentixol, Fluanxol®), butyrophénoniques
(halopéridol, Haldol®), …
Halopéridol
COOH CH
CH
OCOCH N (CH ) -CH-NH
1 CH 2
N Cl
N,N-Diéthylamino-4-méthyl-1-butyl-amino-4-chloro-7-quinoléine (Chloroquine) : 2
Acarbose : O-{4-Amino-4,6-dideoxy-N-[(1S,4R,5S,6S)-4,5,6-trihydroxy-3-hydroxymethylcyclohex-2-enyl]-α-D-
glucopyranosyl}-(1→4)-O-α-D-glucopyranosyl-(1→4)-D-glucopyranose.
Artésunate : (3R,5aS,6R,8aS,9R,10S,-12R,12aR)-Decahydro-3,6,9-trimethyl-3,12-epoxy-12H-pyrano-[4,3-j]-1,2-
benzodioxepin-10-ol hydrogen succinate.
Médicament industriel présenté sous une forme standardisée et portant un nom particulier et de plus couvert par
un brevet dont la validité varie de 15 à 20 ans selon le pays.
Le nom déposé demeure une propriété exclusive de la firme qui l’a donné même près l’expiration du brevet.
Les spécialités sont signalés par des signes : ® :registred, TD : trade mark ou * qui suivent le nom du produit.
Parmi les médicaments industriels, il y a aussi les préfabriqués qui sont présentés prêts à l’emploi mais qui ne
portent pas un nom de marque particulier. Ils sont généralement destinés aux hôpitaux ou comme matière première
pour les préparations magistrales et officinales.
4°. Nom générique
C’est l’appellation conventionnelle adoptée par l’OMS et qui est souvent du nom chimique. C’est la dénomination
commune internationale (DCI).
Les anglais ont le BAN : British Approved Name.
Le générique est également le médicament qui, au départ, était une spécialité pharmaceutique mais qui n’est plus
couvert par un brevet. Etant du domaine public, toute firme peut en fabriquer et leur donner un nom de fantaisie.
Nivaquine®=spécialité, Chloroquine=DCI, Malarquine=nom de fantaisie.
NB : Les échantillons médicaux ne sont pas toujours conditionnés en tenant compte des conditions
climatiques extrêmes auxquels ils peuvent être soumis loin de leur laboratoire de fabrication.
1.6.1. Stockage
Matériel de conservation
a. Matériel fixe
i. Chambres froides : pour le stockage de grandes quantités pendant une longue période
ii. Congélateurs (-20°C) et réfrigérateurs (à compression ou à absorption)
1. Type bahut
2. Type armoire
b. Matériel mobile : les glacières
Il faut bien disposer les accumulateurs pour avoir une température uniforme.
Il est vivement déconseillé de garder autre chose que les médicaments (vaccins et leurs solvants)
dans les glacières et porte-vaccins.
Matériel de contrôle
a. Thermomètres : ordinaires, à minima maxima, enregistreurs
b. Indicateurs chimiques de température : indicateurs et fiches de contrôle chimique servent à
surveiller la t° pendant le transport ou le stockage. Ils indiquent d’une manière irréversible une
limite de température atteinte.
c. Indicateurs chimiques d’alerte à la congélation : Indicateurs également irréversibles. Ils sont
employés pour les produits à ne pas congeler. Exemples : Vaccins poliomyélitique injectable,
antitétanique, DTCoq.
1.6.3. La péremption
La date de péremption est le délai au-delà duquel un produit gardé dans les conditions exigées par le fabricant ne
doit plus être utilisé. C’est une norme légale que personne n’a le droit de modifier.
La péremption n’est pas à confondre avec la détérioration qui est une modification accidentelle du produit. Une
poche de solution glucosée peut n’a pas encore atteint sa date de péremption mais s’il arrivait que les rats rongent
l’emballage, le produit est alors détérioré.
II.1.2. La nature
Un produit peut stimuler un organe (excitant) tandis qu’un autre peut l’inhiber (inhibiteur). L’adrénaline stimule la
contraction du myocarde tandis que l’acétylcholine l’inhibe. Cette classification est cependant impossible pour
certains cas : La noradrénaline fait contracter les vaisseaux en stimulant les récepteurs α alors qu’elle les fait
relâcher en stimulant les récepteurs β des mêmes vaisseaux. De plus certains médicaments tels l’atropine ou le
propanolol ne provoquent aucune action ni stimulante ni inhibitrice ne peuvent ainsi être classés. C’est ainsi qu’aux
notions d’excitant et d’inhibiteur on préfère celles d’AGONISTE et d’ANTAGONISTE.
Agoniste + +
Antagoniste + -
Ainsi, les effets peuvent être quantifiés comme suit : agoniste complet (effet = 1 ou 100 %) ; agoniste partiel (effet
>0 <1) ; antagoniste (effet = 0).
L’agoniste c’est toute substance douée d’une affinité vis-à-vis d’un récepteur et qui, en se fixant à celui-ci, produit
un effet intrinsèque. Exemples : Histamine, adrénaline.
L’antagoniste est toute substance douée d’une affinité vis-à-vis d’un récepteur mais qui par sa fixation à celui-ci ne
produit aucun effet propre. Son effet est indirect. L’atropine ne produit aucun effet propre sur le muscle mais
empêche l’acétylcholine de se fixer sur les récepteurs ce qui conduit indirectement à produire son effet.
L’agoniste total : produit un effet équivalent à celui du ligand endogène, naturel.
L’agoniste partiel : ne produit pas un effet équivalent à celui du ligand endogène.
Antagonisme compétitif : lorsque l’antagoniste entre en compétition avec l’agoniste vis-à-vis du récepteur.
Antagonisme non compétitif lorsque ce n’est pas le cas.
2°. Effet réversible ou irréversible
L’effet est dit réversible lorsque l’organe retrouve son état initial à l’élimination complète du médicament. Et il est
dit irréversible lorsqu’il persiste après l’élimination du produit.
L’irréversibilité peut résulter de
altération d’un système enzymatique
épuisement d’un médiateur chimique nécessaire à l’action indirecte du médicament.
Dans les deux cas, il y a nécessité d’une période de synthèse de nouveaux enzymes ou de médiateur chimique ce
qui prolonge l’action du produit en son absence.
Exemple : la réserpine provoque une déplétion de noradrénaline des terminaisons nerveuses post-ganglionnaires.
La reconstitution du stock de noradrénaline prend un temps ce qui prolonge l’effet de ce médicament après son
élimination.
3°. Effet reproductible ou cumulatif
Lorsqu’on administre plusieurs fois la même dose d’un médicament on peut observer une reproduction parfaite de
l’intensité de l’effet. Elle peut aussi augmenter graduellement à chaque nouvelle administration ; c’est l’effet
cumulatif. Celui-ci peut résulter de :
l’élimination trop lente du produit par rapport à la vitesse d’administration.
L’irréversibilité de l’effet : bien que le produit ne soit plus dans l’organisme, une nouvelle dose produit un
effet qui s’additionne à celui de la dose antérieure.
L’effet peut être proportionnel à la quantité administrée. Cette relation peut être linaire ou hyperbolique. La
traduction des concentrations en valeurs logarithmiques donne une courbe semi-logarithmique qui est une
sigmoïde
Certains effets n’apparaissent que si une dose donnée (un quanta du produit) est atteinte en dessous de laquelle
aucun effet n’est décelé. L’étude d’un tel effet est réalisée à l’aide d’un grand nombre d’animaux pour fixer la
répartition de la dose effective dans une population. C’est de même que la dose effective (ED50) d’un médicament
est calculée. La courbe semi-logarithmique traduisant cette distribution normale (doses en progression
géométriques) est en forme de cloche (courbe de Gauss).
3.1. INTRODUCTION
La pénétration du médicament dans l’organisme décrit le cheminement du médicament depuis le site
d’administration jusqu’à la circulation générale. Avant d’atteindre leur site d’action, les molécules médicamenteuses
traversent un certain nombre de barrières naturelles constituées par une succession de membranes telles que la
peau (crèmes, onguents, gels dermiques), la muqueuse gastro-intestinale (comprimés oraux, sirop, …), les
membranes cellulaires, les membranes intracellulaires …
3.2. LA RESORPTION
L’absorption est le processus par lequel le médicament inchangé passe de son site d’administration à la circulation
générale (site de mesure). La voie d’administration du médicament influence cette première phase : la voie
intraveineuse est la voie de référence puisque par définition, à la différence des autres voies (orale, transmuqueuse,
SC, IM) toute la dose administrée atteint la circulation générale.
La vitesse de résorption dépend des Phénomènes de 2 ordres :
1. Ceux liés au médicament à savoir ; les caractéristiques physico-chimiques (ionisation ou pas),
l’hydro/lipophilie, la taille et la morphologie de la molécule, la forme galénique, acidité/basicité ;
2. Ceux liés à l’individu : pH digestif, vitesse de la vidange gastrique et motilité intestinale, contenu digestif
alimentaire, âge, prise concomitante d’autres médicaments, la vascularisation de l’organe.
Plusieurs mécanismes sont mis en jeux pour traverser les membranes biologiques ; d’une manière générale le
médicament doit passer une barrière qui le sépare de la circulation générale (l’épithélium digestif lors d’une
administration orale par exemple). Parmi les différents mécanismes de passage membranaire, 2 sont importants :
la diffusion passive et le transport actif.
3.1.1. La diffusion simple ou passive
C’est la migration de substances (liposolubles) du compartiment le plus concentré vers le compartiment le moins
concentré. Cette diffusion va dépendre du coefficient de partage, du gradient de concentration, de la taille et du
caractère plus ou moins basique de la molécule.
La diffusion passive est gouvernée par la loi de Fick qui stipule que : la diffusion des particules est proportionnelle
au gradient de concentration ; elle ne se fait jamais contre ce gradient. En d’autres termes, le médicament va du
milieu le plus concentré vers le milieu le moins concentré. Ce mécanisme ne consomme pas d’énergie, est non
saturable et non spécifique et par conséquent pas de compétition entre les molécules.
Parmi l’ensemble des transporteurs de la barrière intestinale, la P–Glycoprotéine (P-gp), semble être au premier
plan dans la limitation de l’absorption des médicaments, comme par exemple pour les inhibiteurs des protéases et
les statines.
III.1.3. La filtration
C’est le mécanisme de passage de petites molécules hydrosolubles au travers des pores de certaines membranes.
Ex : eau, urée au travers des glomérules rénaux.
III.1.4. La diffusion facilitée
C’est la migration des molécules du compartiment le plus concentré vers le compartiment le moins concentré mais
ce passage nécessite une molécule transporteuse. Ce mécanisme nécessite de l’énergie. Il va dépendre non
seulement du gradient de concentration et du coefficient de partage mais également de l’affinité de la substance
médicamenteuse vis-à-vis de la molécule transporteuse.
III.1.5. La pinocytose
La pinocytose (πινεω= je bois) est le processus qui consiste en une invagination de la membrane cellulaire qui se
transforme en une vésicule renfermant des goutteles de liquide contenant la substance médicamenteuse. Cette
vésicule finit par se détacher pour migrer dans le cytoplasme et se désagréger pour libérer le produit à l’intérieure
de la cellule. Ex : passage de la vitamine B12, ions métalliques.
III.1.6. La phagocytose
La phagocytose (φαγεω= je mange) est le processus où certaines cellules ingèrent des particules solides (voir
pinocytose) et, par diapédèse, passer à travers les membranes cellulaires. C’est le cas des globules blancs
(polynucléaires neutrophiles et macrophages) qui capturent les toxines, les bactéries, les virus ou les protozoaires.
La phagocytose tout comme la pinocytose exige un apport énergétique. Ce sont donc des mécanismes de passage
qui sont saturables, contrairement à la diffusion passive.
a) Voie orale
Le médicament est administré par la bouche (per os) et la résorption se passe à 2 niveaux :(i) au niveau de
l’estomac où elle va dépendre de :
la nature du produit ingéré : les liposolubles passeront plus aisément que les hydrosolubles, à cause du
pH gastrique (entre 1 et 3,5), les acides faibles ne sont ionisés, donc plus liposolubles et donc plus
facilement résorbés
contenu gastrique (nourriture ou autre médicament modifiant le pH) peut également influencer la
résorption à ce niveau. Il peut en outre accélérer ou ralentir le vidange gastrique et modifier ainsi le temps
de contact des médicaments qui y transitent.
(ii) Au niveau des intestins : la résorption sera fonction des mêmes facteurs qu’au niveau de l’estomac sauf
que le pH intestinal varie de 6 (au niveau du duodénum) à 8 au niveau du rectum. Au niveau de l’iléon, lieu de
résorption de la majorité des médicaments le pH est à 7. Les acides faibles y sont dissociés, deviennent plus
hydrosolubles, vont donc être moins bien résorbés. Vice versa pour les bases faibles.
Tableau II: Absorption et caractère acido-basique des substances
- Ionisation,
- Pas d’ionisation,
pH Acide - Hydrosoluble,
- Liposoluble,
- Pas de résorption
- Bonne résorption
- Pas d’ionisation,
- Ionisation,
pH Basique - Liposoluble,
- Hydrosoluble,
- Bonne résorption
- Pas de résorption
Les médicaments sont enfoncés dans l’ampoule rectale après humidification si nécessaire.
Le médicament est administré à l’aide d’une aiguille. La pénétration du médicament se fait avec un temps très court
de résorption du fait que celui-ci atteint très rapidement la circulation sanguine.
Les avantages de la voie parentérale :
apparition rapide de l’effet thérapeutique, selon le classement décroissant suivant : I.C.> I.V. > I.M. >
S.C. > I.D.
dose administrée = dose absorbée surtout pour l’I.V., I.C. et I.R.
permet d’éviter l’irritation gastrique et la destruction des médicaments par le suc gastrique.
administration de doses plus faibles que par d’autres voies pour les mêmes effets.
possibilité d’administration des médicaments aux patients inconscients ou non coopérants
permet de maintenir la concentration sanguine stable, contrôlable, précise, pendant un temps prolongé
effet psychologique (placebo) est plus grand par rapport aux autres voies.
Voie dangereuse car ne permettant pas de récupérer un médicament une fois injecté, en cas de
surdosage ou de choc anaphylactique
La douleur reste l’inconvénient le plus important avec l’inconfort qui en découle. La douleur peut
cependant être minimisée en appliquant une compresse froide au site d’injection quelques instants avant
son exécution. Il en est de même de l’injection lente qui favorise la dispersion et cause ainsi moins de
douleur
Coût élevé du fait de la nécessité d’un personnel qualifié et d’un matériel spécial (désinfectant, seringues
et aiguilles stériles, …).
Les formes pharmaceutiques utilisées par voie parentérale
ampoule : c’est une petite fiole en verre soudée qui se termine par un bout effilé. La préparation est
strictement stérile.
Vial : c’est une petite bouteille en verre dont l’ouverture est fermée par un bouchon en caoutchouc lui-
même protégé par une mince feuille métallique.
Poudre pour préparation injectable : elle est destinée à être dissoute ou mis en suspension avant de
l’injecter.
Comprimé : généralement sous forme d’implants, à laisser sous la peau.
Liquide de perfusion ou baxter : bouteille en verre ou plus fréquemment, poche en plastique souple
contenant une quantité importante de liquide stérile à administrer par voie injectable. Il est présenté en
plusieurs volumes : 100 ml, 250 ml, 500 ml et 1000 ml. Un nécessaire de perfusion accompagne la
préparation : une tubulure avec aiguille.
Capsules : ampoule dont le bouchon constitue le piston de la seringue. Type : anesthésiques dentaire.
Les voies parentérales courantes sont :
Injection sous-cutanée ou hypodermique (SC) : le médicament est injecté dans l’hypoderme. La vitesse
de diffusion étant fonction du débit sanguin dans le réseau capillaire, les médicaments qui provoquent
une vasodilatation localisée comme la métacholine, vont accélérer la résorption tandis que ceux qui
provoquent la vasoconstriction comme l’adrénaline, vont retarder la diffusion du produit.
Injection intradermique (ID) : le médicament est introduit dans l’épaisseur du derme. C’est la voie utilisée
pour les anesthésiques locaux, les allergènes et pour la désensibilisation ou l’immunisation (vaccin BCG
ou test à la tuberculine).
Injection intramusculaire (IM) : le médicament est introduit dans la masse musculaire. Par sa faible
innervation sensitive, le muscle permet l’injection de substances irritantes, douloureuses ou qui
nécessitent une injection très lente. Le pouvoir de résorption du muscle est plus grand que celui de la voie
sous-cutanée à cause de sa vascularisation plus dense. Cette voie est la plus utilisée des voies
parentérales.
Injection intraveineuse (IV) : le médicament est introduit directement dans la circulation sanguine. Il n’y a
donc pas de processus d’absorption. L’effet est donc direct et donc dangereuse car le produit arrive
immédiatement au cœur et au système nerveux. Cette voie permet l’administration de substances
nécrosantes pour le muscle ou le tissu cutanée. Elle permet également une administration prolongée
(perfusion). Ici, l’asepsie doit être rigoureuse pour éviter les infections (virus, bactéries).
- La voie uro-génitale qui concerne : (i) la muqueuse vésicale : le produit introduit par cette voie n’est pas résorbé
sauf en cas de lésion. Seul l’effet local est généralement recherché. (ii) La muqueuse urétrale : bonne résorption
mais superficie trop petite pour être utilisée comme voie d’administration des médicaments. (iii) Les muqueuses
vaginale et utérine : résorbent mal les produits lorsqu’elles sont intactes. Suite à une inflammation (infection) ou à
un accouchement, elles peuvent résorber les médicaments appliqués localement.
Exemples : bonne résorption : Métronidazole (Flagyl®), mauvaise : Miconazole (Gyno-Daktarin®).
Les formes pharmaceutiques utilisées sont :
▪ Liquide d’irrigation vaginale : pour le lavage vaginal
▪ Comprimé et ovule vaginaux destinés à fondre dans le vagin pour y exercer une action locale (antiseptique)
▪ Mousse ou gel à action spermicide et/ou antiseptique
▪ Film : appliqué comme la mousse. Exemple : Nonxynol-9 ou N-9, film spermicide qui diminuerait l’incidence
du VIH.
- La voie oculaire qui concerne la muqueuse qui couvre l’intérieur des paupières et qui s’appelle la conjonctive.
Elle couvre également le canal lacrymal et se prolonge jusqu’à la muqueuse nasale. La conjonctive à un pouvoir
absorbant important mais généralement les produits administrés par cette voie le sont pour une action locale.
Les formes pharmaceutiques utilisées doivent être stériles et celles qui sont liquides, c'est-à-dire les collyres,
doivent être isotoniques.
Collyre : préparation liquide
Pommade et onguent dont la base est principalement la vaseline
Lotion et bain oculaire pour le rinçage des yeux au moyen d’une œillère.
- La voie auriculaire qui est utilisée pour l’administration des
Antiseptiques
Antibiotiques
Analgésiques
Anesthésiques locaux
produits pour ramollir les bouchons de cérumen ou assécher le conduit auditif en cas de suppuration.
Lorsque l’administration se fait par voie intraveineuse, aucun doute sur la quantité de médicament qui atteint la
circulation sanguine : on dit que la biodisponibilité est de 100 %. Pour toutes les autres voies d’administration, la
biodisponibilité peut être incomplète en raison des phénomènes suivants (Figure 1) :
La biodisponibilité d’un médicament (F) peut se calculer simplement par comparaison de l’aire sous la courbe
(ASC) des concentrations plasmatiques en fonction du temps obtenue par la voie d’administration considérée par
rapport à l’ASC obtenue avec une administration IV. On distingue alors une biodisponibilté absolue et une
biodisponibilité relative :
1. Une biodisponibilité absolue : c’est la quantité de médicament qui après administration orale atteint la
circulation générale. Une forme extravasculaire est comparée à la forme de référence qui est le
médicament administré par voie intraveineuse puisque par définition toute la dose atteint la circulation
générale.
La biodisponibilité absolue est calculée par F = ASCpo/ASCiv. Si la dose orale est différente de celle iv 𝐅 =
𝑨𝑺𝑪 𝒑𝒐 𝐃𝐨𝐬𝐞 𝐢𝐯
𝒙
𝑨𝑺𝑪 𝒊𝒗 𝑫𝒐𝒔𝒆 𝒑𝒐
.
Selon l’équation de la biodisponibilité absolue, si toute la dose administrée par voie orale est absorbée (comme en
intraveineux) la biodisponibilité absolue de ce produit sera 1.
Une biodisponibilité absolue de 0,5 pour un produit signifie que seule la moitié de la quantité administrée est
retrouvée dans la circulation générale.
Ainsi, la dose contenue dans le comprimé ou la gélule ne reflète pas toujours la dose biodisponible
F est donc par définition compris entre 0 et 1.
2. Une biodisponibilité relative où la forme de référence est administrée par une autre voie que la voie
intraveineuse. Cette forme de référence peut être administrée par la même voie que la forme à tester,
mais il s’agit soit d’une autre forme galénique (solution aqueuse, suspension..) soit d’une autre formulation
d’une forme commercialisée depuis longtemps (cas des génériques).
La biodisponibilité relative notée FR est calculée par FR = ASC B/ASC A. Avec A = forme de référence
(princeps) et B = forme en cours d’étude.
Figure 2: Calcul de l’aire sous la courbe (ASC) par la méthode des trapèzes
La vitesse à laquelle le médicament est résorbé est aussi un paramètre important de l’absorption pour toutes les
voies d’administration autre que la voie intraveineuse. En effet de cette vitesse détermine le délai d’apparition des
effets des médicaments qu’ils soient thérapeutiques ou indésirables.
La vitesse d’absorption est appréciée plus facilement par la concentration maximale (Cmax) et le temps pour
atteindre cette concentration (Tmax).
NB16.
1. La biodisponibilité absolue est calculée lors de l’étude d’un nouveau médicament alors que la
biodisponibilité relative est utilisée pour comparer des formes galéniques d’une même.
2. Il ne faut pas associer obligatoirement mauvaise biodisponibilité et faible efficacité.
3. Par définition, les pro-drogues ont une biodisponibilité nulle ou très faible puisqu’ils ne sont pas
retrouvés dans la circulation
Supposons que l’on se propose de comparer l’efficacité thérapeutique d’un médicament A fabriqué par deux firmes
distinctes Y et Z. Si nous administrons une même dose, de la même forme, par la même voie, nous nous attendrons
à ce que les deux médicaments produisent le même effet thérapeutique. En cas de doute, il est possible de
comparer leur comportement pharmacocinétique et de déduire si ou non les deux s’équivalent.
Cela est réalisable par le calcul de la biodisponibilité relative qui permet de comparer deux formes du même
médicament administrées par la même voie (ex. comprimé vs sirop). La comparaison porte alors sur les 3
paramètres : F, Cmax et Tmax. La démonstration que ces paramètres sont comparables permet de définir la
bioéquivalence des deux formes.
La bioéquivalence des formes sera un critère essentiel pour la reconnaissance d’un médicament générique.
La quantité de médicament ayant atteint la circulation générale peut être déterminée par l’aire sous la courbe
(ASC), qui représente l’exposition de l’organisme au médicament.
La posologie est la connaissance des doses de chaque médicament sous chaque forme ainsi que le rythme de
leur administration.
L’un des problèmes essentiels lorsqu’on administre un médicament à un patient est celui de la dose qui doit être
suffisante pour donner un effet thérapeutique maximal en fonction du tissu cible tout en ayant le moins d’effets
secondaires possibles. Pour cela il faut connaître certains paramètres pharmacocinétiques et cela s’il existe une
relation effet/dose/concentration du médicament.
La différence de réponse du médicament par rapport au terrain nécessite l’adaptation posologique c'est-à-dire une
modulation de la quantité de médicament à administrer.
En général, les posologies sont déterminées de manière standard et celles usuelles données par la pharmacopée
ou les prospectus des médicaments sont fixées par rapport à l’adulte de 70 kg.
L’effet étant proportionnel à la concentration, il est nécessaire de prendre en considération soit le poids du malade
soit son âge soit encore sa surface corporelle.
Il faut noter que les doses sont presque systématiquement diminuées pour l’enfant et le vieillard.
Les doses sont évaluées suivant plusieurs formules à choisir suivant le cas.
1. Formules basées sur le poids
2. Formules basées sur l’âge
3. Formules basées sur la surface corporelle.
La catégorisation des âges n’est pas unique. On note en effet une variété surtout entre firmes pharmaceutiques.
Pour beaucoup, au-delà de 12 ans on administre une dose adulte. Il faut noter qu’un nouveau-né (1 mois),
nourrisson (2-24 mois), première enfance (2-6 ans), seconde enfance (6-12 ans), adolescence (12-15 ans).
1°. Adaptation de la dose basée sur le poids
Règle de Clark
DE = DA x Age (années)/25
La surface corporelle d’un adulte de 70 kg est estimée entre 1,74 m2 à 1,86 m2.
Equation de Dubois
DE = DA x Surface corporelle de l’enfant/surface corporelle de l’adulte. Utilisation du monogramme qui permet, sur base de la
taille et du poids, de calculer la surface corporelle du malade.
La distribution correspond au processus de répartition du médicament dans l’ensemble des tissus et organes. Pour
diffuser dans l’organisme le médicament doit traverser les membranes cellulaires et franchir des tissus selon les
mêmes principes vus précédemment. Ainsi, les médicaments introduits dans l’organisme par différentes voies
d’administration arrivent dans le plasma d’où ils peuvent se répartir dans les différents compartiments de
l’organisme (compartiment intracellulaire, compartiment extracellulaire = plasma, lymphe, tissus conjonctif,
cavités,…). On doit noter que suivant plusieurs facteurs à savoir les caractéristiques physico-chimiques du
médicament, son affinité pour les différents tissus et bien d’autres facteurs, la distribution ne se fera pas de manière
égale dans tout l’organisme.
Dans le sang, un taux de molécules médicamenteuses se lie aux protéines plasmatiques. Certaines protéines
plasmatiques possèdent la propriété de fixer des substances endogènes mais également les produits exogènes
comme les médicaments. Il y a formations des complexes réversibles et en équilibre.
Les protéines impliquées dans la liaison aux médicaments sont : l’albumine, l’alpha 1 glycoprotéine, les
lipoprotéines, les gammaglobulines, les cellules sanguines (érythrocytes, lymphocytes, plaquettes). L’albumine et
l’α1 glycoprotéine sont les deux principales protéines impliquées dans la fixation des médicaments. Les
médicaments se présentent donc dans le sang sous forme liée et sous forme libre. Chaque médicament à une
capacité particulière de se lier aux protéines. Certains ne se lient pas tandis que d’autres sont liés presque à 100
%.
La liaison médicament-protéine dépend de plusieurs facteurs : l’affinité du médicament pour les sites de liaison,
le nombre de sites de liaison «disponibles» et la concentration du médicament.
Les caractéristiques acido-basiques de la fixation des médicaments aux protéines plasmatiques peuvent être
schématisées comme suit :
La fixation est définie par le pourcentage de liaison pouvant aller de 0 à 100 %. Par exemple, la fixation aux
protéines plasmatiques de certains anti-inflammatoires est de 95 %. La fixation du paracétamol est par contre nulle.
On considère qu’une substance est fortement liée si son pourcentage de fixation dépasse 75 %.
Il y a équilibre entre la forme libre [M] et la forme liée [PM]. Si [M] augmente, [MP] augmente aussi. Si on diminue
[M], alors [MP] va diminuer et un rééquilibre va être atteint entre la forme libre et la forme liée.
Cette liaison est fondamentale, car seul le médicament sous sa forme libre [M] est actif. Aussi, la forme libre est
diffusible à travers les membranes et peut être éliminée et/ou métabolisée. La forme liée agit comme une réserve
qui ne traverse pas les membranes. Elle engendre une diminution de l’intensité de l’action, ralentit la dégradation
et l’élimination. C’est un phénomène à prendre en compte dans la détermination de la dose.
Blocage ou réduction provisoire des effets du produit puisque seule la forme libre est donnée
d’activité thérapeutique. La forme liée étant biologiquement inactive. Il faut noter qu’une baisse
des albumines (protéines) entraîne l’augmentation de la fraction libre.
Prolongation du séjour du médicament dans l’organisme et partant de sa durée d’action. En effet,
la fraction liée n’est ni métabolisée ni filtrée par les glomérules.
Il existe un équilibre entre la forme liée et la forme libre. L’utilisation (fixation, métabolisation ou
élimination) de la forme libre entraîne une libération correspondante de la forme liée en forme
libre.
la forme liée ne traverse pas les capillaires et reste donc dans le milieu intravasculaire, ce qui
influence l’équilibre qui existe avec la forme libre.
l’amélioration de la l’absorption au niveau gastro-intestinal. La forme libre du médicament dans
le tractus digestif passe dans le compartiment sanguin pour équilibrer le gradient de
concentration de la partie utilisée à la liaison avec les protéines.
il existe une compétition entre les substances capables de se lier aux mêmes sites protéiques.
Celles qui ont une forte affinité déplacent (libèrent) celles qui ont une faible affinité. Ce qui
augmente l’action de ces dernières par augmentation de leur fraction libre active. (exemple :
insuline libéré des protéines par les sulfamides).
4.1.2. Facteurs de diffusion tissulaire
La diffusion ou distribution tissulaire est le processus de répartition du médicament dans l’ensemble des tissus et
organes. La diffusion tissulaire présente les mêmes mécanismes que la diffusion au niveau sanguin. Les facteurs
limitant de la diffusion tissulaire sont :
Certains organes disposent de structures propres qui limitent la diffusion des médicaments. On utilise le terme de
“ barrière ” tissulaire pour décrire ces structures (par exemple la barrière hémoencéphalique, la barrière foeto-
placentaire).
1°. La barrière hémato-encéphalique ou hémoencéphalique (BHE)
Le passage des médicaments des capillaires cérébraux vers le tissus nerveux central est rendu difficile à cause
de :
L’endothélium des capillaires cérébraux a des cellules très serrées
L’endothélium est bordé en plus par une membrane basale qui elle-même est recouverte des
pseudopodes des astrocytes (=cellules conjonctives du SNC)
L’espace extracellulaire du SNC est très réduit.
De plus, seules les substances liposolubles peuvent pénétrer dans le SNC. Tandis que les substances ionisées et
hydrophiles ne peuvent pas diffuser dans ce tissu. Cette barrière est pratiquement inexistante chez le nouveau-né.
Ce qui implique une grande prudence dans l’utilisation de certains médicaments chez celui-ci. C’est le phénomène
qui explique la fragilité du centre respiratoire des fœtus à des nombreux médicaments tels que la morphine.
La barrière hémo-encéphalique devient plus ou moins perméable en cas de méningite. On peut également noter la
difficulté de passage des médicaments du plexus choroïde vers le LCR, du LCR vers les tissus nerveux et du LCR
vers le sang.
2°. Barrière hémato-placentaire
Le placenta laisse passer certaines substances de manière sélective, indépendamment des principes de diffusion
énoncés plus haut. Ce qui justifie la notion de barrière Hemo-placentaire.
Le placenta comporte un réseau de sinus sanguins naturels dans lequel baignent les villosités portant les capillaires
fœtaux. Leur perméabilité tend à augmenter au cours de la gestation. Le passage des médicaments s’y effectue
selon les mêmes principes que ceux vus dans la partie sur la pénétration des médicaments.
Les grosses cellules hydrosolubles et les médicaments liés aux protéines du sang maternel ne traversent pas le
placenta.
Le placenta contient des nombreuses enzymes (cholinestérase, monoamine oxydase, hydrolases) susceptibles de
transformer certains médicaments et de protéger le fœtus dont le système enzymatique et les voies d’élimination
sont immatures. Cette protection n’est cependant pas absolue car certaines substances (morphine ou de la
nicotine) malgré leur toxicité vis-à-vis du fœtus traversent cette barrière.
3°. Barrière biochimique
Il existe d’autres barrières, notamment la barrière biochimique constituée de réactions enzymatiques qui réduisent
ou annulent l’effet du médicament. La différence avec les autres barrières est qu’il n’y a pas nécessairement un
tissu spécifique qui arrête la diffusion du produit dans l’organisme.
4°. La mise en réserve des médicaments
Dans la distribution des médicaments, il faut noter que certains d’entre eux ont tendance à s’accumuler au niveau
de tissus sélectifs non réactionnels et y forment des dépôts. C’est le cas notamment :
Des médicaments très liposolubles qui s’accumulent dans les graisses des tissus (Les hormones
liposolubles, les dioxines, etc.).
Du calcium qui s’accumule dans les os
𝑫𝒐𝒔𝒆
𝐕= 𝑪𝒐
Cette méthode est souvent fausse, à cause de l’imprécision qui réside sur l’estimation de cette concentration à
l’origine, du fait des phénomènes de distribution qui rendent hasardeuse toute extrapolation. Il est de loin
souhaitable d’exploiter la relation qui existe entre la clairance et la constante d’élimination Ke pour calculer ce
volume.
𝑪𝒍𝒂𝒊𝒓𝒂𝒏𝒄𝒆 𝑫𝒐𝒔𝒆
𝐕𝐝 = 𝑪𝒐𝑲𝒆
ou 𝐕𝐝 = 𝑨𝑺𝑪 𝒙 𝑲𝒆
Ce volume est un volume théorique qui serait atteint s'il y avait une répartition homogène de la molécule dans le
volume, c’est à dire que la concentration du médicament serait partout identique à celle du plasma. Devant une
forte fixation tissulaire, la concentration plasmatique est faible et le volume de distribution sera important
(inversement proportionnel). Devant une faible fixation tissulaire, la concentration plasmatique est élevée et le
volume de distribution sera faible.
Pour comprendre ce phénomène de volume de distribution théorique, fictif, prenons le cas d’un être humain
standard : il a 40 litres d’eau corporelle, dont environ 30 litres de plasma et pourtant le volume de distribution des
antidépresseurs imipraminiques par exemple est estimé à plus de 1000 litres. Ceci explique pourquoi une
estimation d’un volume de distribution d’un médicament au-dessus de 40 litres laisse supposer la présence d’un
compartiment autre que le compartiment sanguin, car il sous-entend une forte distribution dans un des tissus de
l’organisme : c’est le compartiment périphérique.
Prenons un autre exemple : Soit un médicament administré par voie intraveineuse à la dose de 100 mg. La
concentration après injection est mesurée à 5 mg/L, soit un volume apparent de distribution de 20 L. Il s'agit là
d'une faible distribution tissulaire. Prenons un autre médicament administré à la même dose, si la concentration
mesurée est de 1 mg/L, le volume apparent de distribution est de 100 L, soit une importante distribution tissulaire.
Il est parfois utile de d’adapter les valeurs obtenues en fonction du malade (gros, grand) en ramenant le Vd au
rapport Vd/kg de poids corporel.
Pour que l’efficacité du médicament soit permanente 24H/24H, il est souvent nécessaire de maintenir une
concentration stable entre deux prises. C’est le plateau thérapeutique d’équilibre (PTE).
Celui-ci est généralement atteint au bout de 5T1/2 à condition que la demi-vie ne soit pas dose-dépendante.
Pour obtenir plus rapidement le PTE et maintenir plus longtemps des taux plasmatiques durant le nycthémère, on
peut administrer une dose de charge (DC).
DC = Vd xCp Cp= la concentration plasmatique souhaitée qui doit être dans l’intervalle thérapeutique (Attention
au seuil toxique).
5.1. INTRODUCTION
La biotransformation est la transformation chimique des substances introduites dans l’organisme. Cette
transformation chimique provoque une modification de structure du composé et conduit à une modification de
l’activité de la nouvelle molécule. Le terme de métabolisme fait référence à la transformation, par une réaction
enzymatique d’un médicament en un ou plusieurs autres composés actifs ou inactifs au plan pharmacologique
voire toxique. En générale, l’organisme a tendance à modifier les substances actives en substances inactives ; et
Un médicament peut subir plusieurs biotransformations aboutissant à la formation de plusieurs métabolites.
Il est donc intéressant de connaître le devenir d’une molécule dans l’organisme pour mieux en maîtriser les effets.
Exemple : la phénacétine médicament antalgique qui provoque une pharmacodépendance a été abandonné au
profit de l’un de ses métabolites, le paracétamol, aussi efficace, mais ne possédant pas cet effet indésirable.
De nombreux tissus peuvent réaliser cette transformation (peau, poumon, rein, intestin...). Néanmoins le principal
site de biotransformation est situé au niveau hépatique, dans les enzymes des microsomes. Ceci est expliqué par
le flux sanguin très important du foie et sa richesse en enzymes impliquées dans la métabolisation. L’élément
fondamental de ce système enzymatique est le cytochrome P450 comprenant de nombreuses isoenzymes.
En plus des estérases spécifiques, le plasma contient également des estérases non spécifiques qui métabolisent
un grand nombre d’esters. D’autres enzymes non microsomiales telles que les lipases, les carboxylases et les
protéases se trouvent dans le tube digestif.
Les biotransformations des médicaments sont surtout hépatiques et intestinales même s'il existe aussi, mais de
façon assez rare, des métabolismes pulmonaires, rénaux ou plasmatiques. On distingue deux types de
biotransformations, classées en Phase I et Phase II (figure 1).
C’est la réaction la plus utilisée par les animaux pour transformer les composés organiques. La plupart des réactions
d’oxydation sont catalysées par les enzymes des microsomes hépatiques, spécialement par une hémoprotéines,
le cytochrome P450.
Toutefois, l’oxydation de certains médicaments (alcool, aldéhydes) fait intervenir des enzymes non microsomiales.
Cette réaction fait intervenir des réductases qui se trouvent dans d’autres tissus que le foie et dans les bactéries
intestinales.
3°. L’hydrolyse
Ces réactions ont lieu au niveau des organes (rein, foie, intestin, poumon..) mais aussi au niveau du plasma. Les
estérases impliquées dans les réactions d’hydrolyse ne sont pas spécifiques. C’est le processus habituel de
transformation des esters et des amides. On sait que les cholinestérases hydrolysent rapidement l’Acétylcholine,
ce qui explique sa brièveté d’action et que les protéases présentes dans les sucs gastriques rendent impossible
l’administration per os de nombreux médicaments de structure peptidique comme l’insuline.
4°. La décarboxylation
Le produit perd son groupe acide, carboxyle. La L-dopa administrée per os est partiellement transformée en
dopamine par les enzymes présentes dans la muqueuse gastroduodénale. Il faut donc administrer des fortes doses
de L-dopa pour qu’une partie échappe à la décarboxylation.
5.3.2. Réactions de Phase II
Les groupements fonctionnels issus des réactions de phase I peuvent être ensuite conjugués. C’est la réaction de
phase II. Les mécanismes de conjugaison chez l’homme font généralement appel à l’acide glucuronique, au
glycocolle, au sulfate ou à l’acétyle.
Les réactions du type II sont celles qui comprennent les conjugaisons, l’acétylation et la méthylation. Les réactions
de phase II aboutissent à la formation de substances conjuguées, hydrosolubles et facilement éliminées par les
urines.
1°. Conjugaison
Les réactions de conjugaison sont principalement dues aux enzymes cytosoliques, principalement présentées dans
le foie, mais aussi dans les poumons et le rein. Les réactions de conjugaison résultent en un transfert des
groupements polaires sur la molécule par l’acide glucuronique (glucuronoconjugaison), la glycine
(glycoconjugaison), le sulfate (sulfoconjugaison) ou d’autres radicaux (méthyl, acétyl…). La glucuronoconjugaison
constitue le mécanisme principal : elle est catalysée par des UDP-glucuronyl-transférases (UGT). Celles-ci
favorisent la fixation de l’acide glucuronique sur un atome d’oxygène, d’azote ou de soufre d’une molécule. Par
exemple, le paracétamol est un médicament glucuronoconjugué.
Les métabolites de la conjugaison sont chimiquement très différents de la molécule mère et sont d’une manière
générale, des produits moins actifs que le médicament initial, mais il existe des exceptions comme c’est le cas avec
la morphine : le métabolisme obtenu par glycuronoconjugaison du groupe OH en position 6 est un agoniste opiacé
actif, alors que le métabolite résultant de la conjugaison du groupe OH en position 3 est un antagoniste.
La réaction de formation d’un dérivé conjugué est réversible. Le composé complexe inactif peut donc dans certaines
circonstances donner à nouveau un substrat actif.
Le défaut de conjugaison est responsable notamment de l’ictère du nouveau-né chez qui le système enzymatique
est encore immature.
2°. Acétylation
L’ajout d’un groupe acétyle à la molécule la rend plus hydrosoluble. Les acides aminés aliphatiques et les amines
aromatiques se combinent aux bases organiques pour former les amides. Le plus souvent cette réaction utilise
l’acide acétique et la glycine, une amine endogène.
׀ enicylG
NH2
3°. Méthylation
Il s’ajoute à la molécule un groupe méthyle ce qui facilite aussi son élimination car la nouvelle molécule est
difficilement résorbée.
Une induction des cytochromes P450 entraîne une accélération du métabolisme des médicaments. Celle-ci va se
traduire par :
L’induction est optimale en plusieurs jours, ses effets peuvent commencer à se voir dès les premières 24h pour les
inducteurs puissants (rifampicine). Les substances inductrices du cytochrome P450 les plus connues sont la
rifampicine, le phénobarbital, la carbamazépine et l’alcool (Tab. 1). A l'arrêt du traitement inducteur, il faut quelques
jours encore pour revenir à une activité enzymatique basale.
L’exemple le plus connu est celui de la warfarine (antagoniste de la vitamine K, AVK) anticoagulant oral : son
métabolisme est augmenté par induction du CYP2C9 par la carbamazépine (anti-convulsivant) et la rifampicine
(antituberculeux). Afin de maintenir l’effet anticoagulant, il faut augmenter les doses de warfarine, exposant ainsi à
un risque hémorragique à l’arrêt de l’induction si on ne corrige pas les doses d’AVK.
Une inhibition des cytochromes P450 va se traduire par une diminution du métabolisme des médicaments et par :
L’inhibition est assez rapide, moins de 24h souvent. Les substances inhibitrices du cytochrome P450 les plus
connues sont certains antibiotiques comme la ciprofloxacine, l’érythromycine, des antidépresseurs comme la
fluvoxamine, des antifungiques avec notamment le kétoconazole et le miconazole, et bien sûr les antirétroviraux
(ritonavir).
Par exemple, les macrolides (sauf la spiramycine) et les antifungiques imidazolés inhibent le métabolisme du
tacrolimus et augmentent sa néphrotoxicité.
L’inhibition peut être indésirable, elle peut être recherchée dans certaines situations en particulier dans le cas des
antiviraux anti-VIH où le ritonavir est davantage utilisé pour ses propriétés inhibitrices du CYP3A4, comme
"booster", que pour ses propriétés antivirales propres. En 2013 a été commercialisé le cobicistat pour ses propriétés
inhibitrices du CYP3A4. Il est utilisé en association à l'elvitegravir, l'emtricitabine et le tenofovir dans la prise en
charge du VIH.
1. L’âge : Les nouveau-nés et surtout les prématurés ont un système enzymatique immature d’où un
ralentissement de la biotransformation. Chez le vieillard il y a déclin de fonctionnement du foie avec une
diminution conséquente de la biotransformation.
2. Le sexe : Les hormones femelles inhibent la biotransformation de médicaments tandis que les mâles la
stimulent. Par exemple : les femmes métabolisent plus rapidement les barbituriques que les hommes.
3. L’espèce : Il existe une différence entre les métabolismes des médicaments suivant l’espèce. Exemple :
Le lapin hydrolyse plus rapidement l’Acétylcholine que l’homme ce qui explique qu’il soit moins sensible
à l’atropine que l’homme.
4. La constitution génétique : Dans la race humaine, il existe des différences interethniques et
interindividuelles. Exemple : Les acétyleurs lents et les acétyleurs rapides.
Tableau IV: Exemples de quelques acétyleurs connus
Esquimaux 95% 5%
Un principe actif peut être converti en métabolite inactif. C’est le cas le plus fréquent (INH, PAS, …)
Un principe inactif peut être converti en métabolite actif. Cas des pro-drugs tel que le bacampicilline.
Cette transformation de produit inactif en produit actif peut conduire à un produit toxique. Cas de l’acide
fluoroacétique
HO-C-COOH
CHF-COOH
Un principe actif peut donner des métabolites actifs : Morphine donne Codéine, Phénacétine donne
paracétamol
La biotransformation favorise en général l’élimination du médicament.
1. La voie d’administration : la métabolisation peut nous imposer une voie d’administration pour éviter notamment
une diminution précoce de l’activité.
2. Le rythme d’administration : Pour maintenir le plateau thérapeutique d’équilibre il faut adapter le rythme
d’administration notamment en fonction de la vitesse de biotransformation.
5.5.3. Interaction médicamenteuse
Suite à la biotransformation d’un médicament, il peut subvenir soit une exaltation soit une réduction de l’effet d’un
autre médicament administré concomitamment.
6.1. INTRODUCTION
Tout produit étranger introduit dans l’organisme amène celui-ci à l’éliminer au plus vite. L’élimination ou excrétion
des médicaments est l’étape finale du devenir du médicament dans l’organisme.
Le processus d’excrétion intervient après le métabolisme hépatique et peut concerner : (i) un médicament sous
forme inchangée, (ii) un métabolite inactif, (iii) un métabolite actif, (iv) un métabolite toxique, (v) un métabolite
conjugué, (vi) le médicament conjugué.
Ce phénomène d’élimination est très important car toute insuffisance de l’organe responsable de l’élimination se
traduit par un ralentissement de l’élimination et un risque d’accumulation du produit pouvant entraîner des effets
toxiques.
En raison de sa nature semi-perméable, la membrane glomérulaire retient les protéines plasmatiques et laisse
diffuser passivement l’eau et les substances hydrosolubles de faible poids moléculaire (< 65000 d.).
Les médicaments et leurs métabolites non liés aux protéines, passant dans les urines. Leur vitesse de passage est
simplement fonction de leur concentration dans le plasma.
Pour permettre la filtration, il faut que la pression sanguine soit suffisante pour permettre l’écoulement du filtrat et
contrebalancer la pression osmotique exercée par les protéines plasmatiques comme l’albumine. Le volume filtré
par minute est d’environ 140 ml (environ le 1/10ème du débit sanguin rénal).
La réabsorption tubulaire définit le passage d’une molécule depuis la lumière du néphron vers le sang (Figure 6).
C’est le processus par lequel des constituants filtrés disparaissent de l’urine définitive. La réabsorption peut
intervenir par mécanisme actif ou par diffusion passive.
La réabsorption active concerne surtout les substances endogènes telles que le sodium, le potassium, l’acide
urique, le glucose et les acides aminés et les médicaments proches comme l’alpha-methyl-dopa.
En plus de la filtration glomérulaire, certaines molécules plasmatiques peuvent également aboutir dans l’urine par
une sécrétion (Figure 6).
Le sang déjà filtré au niveau du glomérule, dépourvu des substances de faible poids moléculaire, constitue le
liquide péritubulaire. La sécrétion tubulaire consiste à transporter les substances du liquide péritubulaire vers la
lumière tubulaire, au niveau du tube contourné proximal. C’est le processus permettant l’apparition de constituants
non filtrés dans l’urine définitive. Ce phénomène est dit actif car il utilise un transporteur, avec les possibilités de
saturation et de compétition qui y sont associés. Les molécules dont l’affinité pour le transporteur est grande sont
éliminées du liquide péritubulaire en un seul passage. Par contre, si deux médicaments sont éliminés par le même
processus, ils entrent en compétition pour la sécrétion tubulaire. Cette propriété n’est pas forcément néfaste mais
peut au contraire être exploitée : on a ainsi pu retarder l’élimination de la pénicilline par l’administration de
probénécide.
Enfin, ce mécanisme favorise l’élimination de la fraction liée du médicament aux protéines plasmatiques. En effet,
au fur et à mesure que la forme libre du liquide péritubulaire est sécrétée, il y a dissociation du complexe
médicament – protéine et élimination du médicament.
La sécrétion des acides : divers médicaments possédant une fonction acide sont sécrétés par le tube
rénal sous forme anionique comme la pénicilline, les céphalosporines, les sulfamides, les diurétiques
thiazidiques, la plupart des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), le méthotréxate… Le
phénomène de compétition explique pourquoi la plupart des diurétiques thiazidiques tendent à élever le
taux d’acide urique sanguin en freinant sa sécrétion tubulaire.
La sécrétion des bases : un certain nombre de médicaments basiques sont sécrétés par le tubule, par
exemple la dopamine, la morphine, la quinine.
Les glandes salivaires : sont éliminées par cette voie la morphine, amphétamine, spiromycine (antibiotique utilise
en cas d’infection des gencives).
Les poumons : ils éliminent les produits gazeux tels que les anesthésiques généraux et autres produits volatils.
Les iodures s’éliminent de même avec les sécrétions bronchiques.
Les glandes sudoripares : certaines substances sont éliminées par la sueur : les iodures, les bromures, la
quinine.
Les glandes mammaires : certains produits sont éliminés par le lait : ce qui peut être un avantage (protection de
l’enfant au sein) soit un désavantage (intoxication à la morphine, diazépam).
Les glandes lacrymales : d’autres produits sont éliminés par les larmes. Ex. les iodures.
La clairance d’un organe est égale au produit du débit sanguin dans l’organe par le coefficient d’extraction de
l’organe :
Cl = Q x E
Avec Cl = la clairance, Q le débit sanguin et E le coefficient d’extraction. Le coefficient d’extraction se calcule
selon :
𝑪𝑨−𝑪𝑽
𝐄 = 𝑪𝑨
où : CA est la concentration du médicament à l’entrée de l’organe et CV est la concentration du médicament à la
sortie de l’organe.
La clairance d’un organe peut être schématisée comme suit.
𝑫𝒐𝒔𝒆 𝒊𝒗
𝐄= 𝑨𝑺𝑪 𝒊𝒗
100%
50%
T1/2 Temp
La demi-vie est exprimée en unité de temps et peut varier de quelques minutes à plusieurs semaines selon les
médicaments. La fraction de médicament éliminée en fonction du temps dépend donc de sa demi-vie (tableau I) et
l’on considère que la quasi-totalité du médicament est éliminée au bout de 5 demi-vies.
1 50
2 75
3 87
4 94
5 97
Lors de l’administration répétée d’un médicament ou d'une perfusion continue, la demi-vie détermine le temps
nécessaire à l’obtention de l’état d’équilibre. De manière similaire à l’évolution ci-dessus, l’état d’équilibre est obtenu
au bout de 5 demi-vies à partir de la première administration.
Généralement la demi-vie est calculée à partir des concentrations plasmatiques mesurées durant la phase
d’élimination. Elle est donnée par :
Les récepteurs sont les éléments sensibles dans le système de communication chimique qui coordonne les
fonctions de toutes les différentes cellules de l’organisme. Les messagers chimiques ou médiateurs étant des
hormones ou des substances de transmission dont le médicament peut modifier la synthèse, le stockage, la
destruction ou la mobilisation.
On distingue les accepteurs des récepteurs
k2
A (Médicament) + M (Protéine membranaire) AM
k1
Si cette fixation n’est pas suivi d’effet, M est alors appelé ACCEPTEUR.
Un récepteur a deux propriétés fondamentales : celle de reconnaître spécifiquement un médicament et celle
de produire un effet en réponse au médicament.
1°. Notion de spécificité
Son étude nécessite l’usage d’un ligand radioactif qui se lie de manière réversible sur le récepteur. Cette liaison
obéit à la loi d’action de masse.
k2
L* +R L*R où k2 est la constante d’association
k1
On différencie les sites de liaison spécifique ‘Récepteurs à proprement parlé) des sites de liaisons non spécifiques
considérés comme des « Zones de perte » où l’affinité du ligand est faible et qui sont par ailleurs non saturables.
La notion d’affinité est à relier à la force avec laquelle la liaison est formée. Celle-ci n’est pas à confondre avec le
niveau d’activité intrinsèque du médicament.
Un certain nombre de substances synthétiques agissent soit comme agonistes soit comme antagonistes sur les
récepteurs des médiateurs endogènes. C’est le cas de la majorité des médicaments.
En tenant compte à la fois de la structure moléculaire et de la nature du mécanisme de transduction, on peut
distinguer 4 types de récepteurs.
Récepteurs pour neurotransmetteurs rapides, couplés directement à un canal ionique
Exemple : le récepteur nicotinique à l’acétylcholine ;
Les récepteurs couplés aux protéines G. Ce sont les récepteurs de nombreuses hormones et des
transmetteurs lents comme le récepteur muscarinique adrénergique, les récepteurs sérotoniques, les
récepteurs de nombreux peptides, aux opioïdes, etc.
Les récepteurs liés à la tyrosine kinase. Ils sont très différents des deux premiers groupes cités. Ils sont
essentiellement impliqués dans le processus qui contrôle la transcription des gênes. C’est par exemple le
cas des récepteurs à l’insuline et à différents facteurs de croissance directement liés à la tyrosine kinase.
Les récepteurs des stéroïdes et des hormones thyroïdiennes. Ils régulent la transcription de l’ADN.
Exemples : Les récepteurs aux glucocorticoïdes (réponse lente).
Ces cibles sont représentées par un canal ionique (cationique ou anionique). La liaison du médicament sur un site
de reconnaissance du canal modifie sa conformation et donc sa conductance. Ainsi un canal peut être activé ou
inhibé.
Il existe des canaux ioniques qui ne s’ouvrent que quand leur récepteur est occupé par un agoniste (Exemple des
récepteurs GABA).
D’autres ont une action indirecte, faisant intervenir une protéine (Cas de la protéine G) ou encore d’autres
intermédiaires.
D’autres médicaments se fixent directement sur la protéine qui forme le canal pour en moduler le fonctionnement.
Blocage de Na entrant dans les cellules tubulaires rénales par l’AMILORIDE (Diurétique présent
dans le MODURETIC®).
Fixation directe du médicament sur le canal comme pour les canaux de Ca par l’action des
vasodilatateurs du type dihydropyridine (Inhibiteurs calciques).
Le cas des benzodiazépines montre qu’il peut y avoir une régulation qui facilite le passage d’un
neurotransmetteur GABA mais certains ont un effet opposé ce qui donne de l’anxiété plutôt que
l’effet anxiolytique recherché (= agoniste inverse).
Quand la concentration intracellulaire d’ATP diminue, des canaux dans les membranes des
cellules pancréatiques s’ouvrent pour sécréter l’insuline.
7.1.3. Enzymes
Les enzymes peuvent également être des récepteurs de médicaments agissant comme des inhibiteurs compétitifs
de celles-ci.
Le transport des ions et des petites molécules organiques à travers les membranes cellulaires nécessite
généralement une protéine de transport. Selon les cas, ce transport sera passif ou au contraire actif et nécessitant
de l'ATP (ex. Na/K ATPase, cible des digitaliques). Un certain nombre de médicaments ont pour cible ces
transporteurs (par exemple ceux qui interférent avec les systèmes de recapture de la sérotonine et de la
noradrénaline). L’action stimulatrice ou inhibitrice dépend du système concerné.
Outre les récepteurs capables de réguler indirectement la transcription génique, il existe une catégorie de cibles
des médicaments qui permet une modulation directe de la transcription protéique. Il s’agit principalement des
récepteurs aux stéroïdes et aux hormones thyroïdiennes.
Ces facteurs sont ceux liés au médicament et aux facteurs du milieu ambiant.
(1) Forme pharmaceutiques : L’absorption des médicaments n’est pas la même suivant la forme pharmaceutique
choisie.
(2) Le mode d’administration : Suivant la voie d’administration utilisée, le médicament peut avoir une action
différente, notamment à cause de la biodisponibilité différente.
(3) Autres facteurs : température ambiante, conditions atmosphériques, présence de lumière (UV), direction du
vent, degré de pollution de l’air, de l’eau.
L’interaction peut s’agir d’augmenter ou diminuer la résorption d’un autre médicament par la modification de la
quantité résorbée ou par la modification de la vitesse de résorption.
La modification de la quantité du médicament résorbé se caractérise par un t½ et un Tmax inchangés mais des
Cmax différents alors que la modification de la vitesse de résorption, s’observe par une variation de Cmax et de
Tmax, même si la biodisponibilité reste la même.
Les facteurs concernés par l’interaction au niveau de la résorption sont :
Le pH : un médicament qui supprime l’acidité gastrique peut modifier la résorption d’un autre ;
Certains médicaments ont une forme galénique qui résiste à un pH acide pour être absorbés au niveau
de l’intestin. Si le pH gastrique augmente, ces formes peuvent être déjà résorbées au niveau gastrique
avec pour conséquence un risque d’augmentation du Cmax et une diminution du Tmax.
La liaison aux protéines plasmatiques est ici concernée. Un produit peut en déplacer un autre de sa liaison aux
protéines plasmatique et provoquer ainsi une augmentation de la forme libre avec toutes ses conséquences (Les
médicaments acides tels que l’aspirine et l’indométacine Indocid® déplacent les anti-vitamines K de leur liaison à
l’albumine, au risque de provoquer une hémorragie).
3. Au niveau de la biotransformation
C’est surtout au niveau des hépatocytes et en particulier au niveau des enzymes microsomiaux que peuvent
apparaître des interactions, soit sous forme d’induction, soit sous forme d’inhibition enzymatique.
4. Au niveau de l’élimination
Il peut s’agir d’une compétition entre les médicaments pour le mécanisme d’élimination ou d’une simple inhibition
de l’excrétion de l’un par l’autre (Le probénécide retarde l’élimination de la pénicilline ce qui est bénéfique pour le
traitement des infections urinaires avec cet antibiotique peu toxique). L’acide ascorbique retarde l’élimination de
l’aspirine mais accélère celle de la quinine (NH4Cl, NaCO3).
Ce sont des interactions qui sont en rapport avec l’effet du médicament. Elles interviennent notamment sur le
récepteur pharmacologique avec annulation des effets (Agoniste/antagoniste), potentialisation ou une synergie.
Ces intéractions peuvent être liés à :
Des actions simultanées sur des mêmes récepteurs ou des voies de signalisation intracellulaires
communes ;
Des effets sur une même fonction physiologique ou des fonctions compensatrices ;
La question qui reste posée est celle de savoir comment éviter la survenue des interactions médicamenteuses ! La
réalité est qu’il n’est plus possible, de retenir toutes les interactions existantes, vu leur nombre, il faut donc pour
cela :
Etre capable de repérer les médicaments à marge thérapeutique étroite, et vérifier dans les ouvrages
appropriés (type Vidal) l’absence d’interaction
9.2. L’hypersensibilité
Certains sujets sont très sensibles à l’action de certains médicaments. Des effets pharmacodynamiques
apparaissant à des doses infimes. Les doses usuelles provoquant des effets très prononcés. A côté de ces
personnes sensibles, il existe un petit nombre qui répondent faiblement à la dose normale. Ces personnes
résistantes nécessitent des fortes doses pour réagir.
9.3. L’idiosyncrasie
L’idiosyncrasie ou intolérance, contrairement à l’hypersensibilité ou les effets sont prévisibles à ses effets
imprévisibles et non spécifiques.
Habituellement le sujet est intolérant à un groupe de médicaments ou de substances chimiquement voisins.
Les réactions idiosyncrasiques peuvent être précoce et de gravité variable. Souvent, à la suite de l’administration
d’un médicament, on ressent des malaises, une poussée hypertensive, des céphalées, etc.
Des cas plus sérieux comme un choc peuvent entraîner la mort.
Les réactions d’idiosyncrasie sont parfois tardives et survenir 8 à 10 jours après l’arrêt du traitement.
Les indications des médicaments sont les états pathologiques ou ceux si sont efficaces.
Elles sont en rapport direct avec leurs propriétés pharmacodynamiques.
Il est toujours tenu compte de l’indice thérapeutique déterminant pour un malade donné, le médicament, non
seulement ayant l’action pharmacologique recherchée, mais présentant un effet global bénéfique.
9.4.2. Contre-indications des médicaments
Les contre-indications des médicaments sont les situations pathologiques ou non qui interdisent l’utilisation de
ceux-ci parce que le résultat global risque de ne pas être bénéfique.
Les inconvénients des médicaments ou effets secondaires, sont des effets non désirés qui accompagnent l’action
thérapeutique recherché (le cas des acouphènes dus à la prise de quinine par exemple).
Certains de ces effets sont bénins d’autres par contre sont dangereux.
Parfois ces effets sont corrigés par l’addition d’un autre médicament.
Il est arrivé aussi qu’un effet non recherché devienne pour une autre pathologie, l’effet recherché (cas de l’action
constipante des morphiniques exploités comme antidiarrhéiques).
9.4.4. La prescription médicale
C’est une lettre du médecin au pharmacien qui comprend plusieurs parties qui sont
reprises ci-dessous.
Elle se termine par l’instruction qui renseigne le malade sur la dose journalière, le
rythme d’administration, le moment de prendre les médicaments ainsi que les
opérations éventuelles à faire subir.
Parfois, elle est remplacée par les mots usus notus pour ‘usage connu’
Aux regards de la loi, le pharmacien est autorisé à servir les prescriptions du médecin,
médecin vétérinaire, sage-femme, le dentiste, chacun dans les limites de son art.
Le pharmacien peut aussi servir la copie d’une ordonnance d’un autre pharmacien et
établir des renouvellements. Il existe des exceptions à ces règles.
Liste I
Cette liste reprend les produits à débiter librement tels quels. Exemples : Oxyde de
Zinc, HCl 30%, Talc…
Liste II
Cette liste reprend les médicaments qui doivent être délivrés sur base d’une prescription médicale. Ils peuvent
cependant être délivrés librement si la quantité ne dépasse pas la dose massive. L’exception consiste à délivrer
les médicaments de cette liste sur base non pas d’une ordonnance mais d’une demande écrite d’une personne
honorablement connue. Exemples : Sirop de codéine, caféine, iode, …(en mélange)
Liste III
Sont repris sur cette liste, les médicaments à usage interne plus toxiques que ceux de la liste II. L’exigence de
l’étiquette et de la délivrance est identique à celle des produits de la liste II.
Liste IV
Même en mélange, les produits de cette liste ne peuvent être débités que sur présentation d’une ordonnance
médicale.
Liste IV bis
Vont figurer sur cette liste, les médicaments de la liste IV considérés cependant comme plus dangereux que ceux
de cette liste. Ce sont des produits plus récents et dont beaucoup de manipulation délicate.
Exemples : Les neuroleptiques, les dérivés phénothiaziniques, les antibiotiques, …
Exigences :
Les récipients portent outre l’étiquette N°1 avec deux filets rouges en travers.
Les stupéfiants doivent être gardés dans une armoire spéciale fermant à clé et réservée uniquement à
ceux-ci.
Les étiquettes doivent clairement mentionner le nom et la quantité totale du principe actif, les dates de
fabrication et d’expiration et, en cas d’expédition, le nom du destinataire.
La prescription d’un stupéfiant doit être réservée uniquement à celui-ci et doit se faire sur un carnet spécial
délivré par le Ministère de la Santé (Carnet rouge pour le médecin et carnet vert pour les commandes et
les prescriptions pour le pharmacien). Chaque prescription servie est reprise dans un carnet spécial
numéroté (voir Ministère de la Santé).
Les prescriptions des stupéfiants servies doivent être gardées par le pharmacien pendant dix ans.