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Olympe de Gouges Postambule Texte4

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Objet d'étude : La Littérature d'idées

O.I : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges, 1791


Parcours : « Ecrire et combattre pour l'égalité ».

Postambule

Extrait étudié

[ Femme, réveille-toi ! Le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ;


reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de
fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les
nuages de la sottise et de l’usurpation. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu
besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste
envers sa compagne. Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? Quels
sont les avantages que vous avez recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué,
un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption vous n’avez régné que sur la
faiblesse des hommes. Votre empire est détruit ; que vous reste-t-il donc ? La conviction
des injustices de l’homme. La réclamation de votre patrimoine fondée sur les sages
décrets de la nature ! Qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ? Le bon mot
du Législateur des noces de Cana ? Craignez-vous que nos Législateurs français,
correcteurs de cette morale, longtemps accrochée aux branches de la politique, mais qui
n’est plus de saison, ne vous répètent : « Femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et
nous ? » — Tout, auriez-vous à répondre. S’ils s’obstinaient, dans leur faiblesse, à mettre
cette inconséquence en contradiction avec leurs principes ; opposez courageusement la
force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les
étendards de la philosophie ; déployez toute l’énergie de votre caractère, et vous verrez
bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de
partager avec vous les trésors de l’Être Suprême. Quelles que soient les barrières que l’on
vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n’avez qu’à le vouloir. Passons
maintenant à l’effroyable tableau de ce que vous avez été dans la société; et puisqu’il est
question, en ce moment, d’une éducation nationale, voyons si nos sages Législateurs
penseront sainement sur l’éducation des femmes.]
Postambule : analyse linéaire (synthèse)

Introduction

• Olympe de Gouges (1748-1793), pseudonyme de Marie Gouze, est une femme


de lettres d’origine bourgeoise de la seconde moitié du 18e siècle.
• Son combat contre les injustices et ses œuvres progressistes l’inscrivent dans le
courant des Lumières.
• Elle se fait d’abord connaître par ses pièces de théâtre. Sa pièce à succès
L’heureux naufrage (1784) lui vaut notamment des critiques pour se s positions
anti-esclavagistes.
• Elle accompagne la Révolution par ses brochures qui encouragent des réformes
sociétales vers davantage d’égalité entre les citoyens. Si elle plaide d’abord
pour une monarchie constitutionnelle, elle finit par rejeter cette
dernière pour promouvoir la république.

• Ma i s ce qui singularise Olympe de Gouges, c’est surtout sa volonté d’obtenir


l’égalité de droits entre hommes et femmes, principe qu’elle défend dans
sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791). (Voir
fiches sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne). Par ses discours et
ses œuvres, elle défend les réformes du mariage favorables aux
femmes et aux enfants et l’abolition de l’esclavage.

• Olympe de Gouges est cependant guillotinée en 1793 pour avoir critiqué la


Révolution.

Le texte analysé ici est le postambule (→ texte de conclusion) de la Déclaration des


droits de la femme et de la citoyenne.
• Il a donc pour but de résumer l’œuvre et de justifier d’insuffler aux femmes la force
et les arguments pour défendre leurs intérêts.

Problématique → Comment ce postambule promeut-il l’émancipation des


femmes ?

Projet d'étude et Annonce de plan linéaire → mouvements du texte

• Dans une première partie , du début à «qu’à le vouloir», Olympe de Gouges


invite les femmes à se défendre contre la tyrannie des hommes.

• Puis, de «Passons maintenant» à «et méprisé.», elle considère que l’oppression


subie par les femmes les a condamnées au vice.

• Dans une troisième partie, de «Dans cette sorte d’antithèse» à «perd ses droits.» elle
fournit des exemples illustrant l’assujettissement des femmes sous l’Ancien
Régime.

• Dans une quatrième partie, de «Quelles lois» à «avec des notes.», Olympe de
Gouges exprime son espoir en des lois qui permettront d’émanciper les
femmes.

ANALYSE LINEAIRE ET STYLISTIQUE

Ier mouvemnt –> Olympe de Gouges invite les femmes à se défendre


contre la tyrannie des hommes (Du début à «qu’à le vouloir.»)

Ce postambule s’ouvre sur u n e apostrophe autoritaire: «Femme, réveille-toi».


L’apostrophe (= > l’adresse) explicite le lectorat visé : c’est aux femmes qu’Olympe
de Gouge s’adresse directement afin de les mobiliser.

• L’emploi du singulier a une valeur générale: ce sont les femmes de toutes


les conditions sociales qui sont sollicitées, ce qui contredit la logique de
classe à l’œuvre dans la monarchie.
• L’impératif «réveille-toi», par son tutoiement, traduit une familiarité entre
l’auteure et les femmes. (une sororité → toutes solidaires.
• L a métaphore du sommeil assimile la Révolution à un réveil brutal et
salvateur, après le long sommeil de l’Ancien Régime.

• Mais Olympe de Gouges considère que les femmes «dorment» encore. Elles
ne se sont pas encore suffisamment mobilisées pour faire valoir leurs droits.
Ce postambule s’ouvre donc sur le t o n d u pamphlet (=> court texte
polémique, souvent violent, voire satirique ; o n p a r l e d e registre
pamphlétaire) qui fait pleinement ressentir l’ardeur de la Révolution et la
véhémence d'Olympe de Gouges.
La Révolution est métaphoriquement assimilée au «tocsin de la raison», le tocsin
étant le tintement de cloche servant à donner l’alarme.

• C e postambule s’ouvre donc plein de bruits, l’auteur sonnant l’alerte : les


femmes courent le péril de voir la Révolution leur échapper au profit des hommes,
d’où le nouvel impératif urgent : «reconnais tes droits». Ces droits des femmes,
Olympe de Gouges les a consignés dans la Déclaration des droits de la femme et de la
citoyenne qui réécrit à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Les
femmes n’ont donc plus qu’à faire reconnaître ces droits par les hommes et la
société.
• Mais l a parataxe (=> juxtaposition de propositions sans connecteurs logiques)
dans cette première phrase : « Femme, réveille-toi ! Le tocsin de la raison se fait
entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. » témoigne d’une intensité
suggérant que ce combat ne sera pas facile et qu'il y a urgence à se mobiliser.

• Pourtant, le temps de la Révolution est propice à l’amélioration de leur


condition, car «Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de
fanatisme, de superstition et de mensonges.» C e t t e énumération de termes
dépréciatifs (=> sens négatif) rappelle les accusations portées par la philosophie
des Lumières à l’encontre de la monarchie absolue de droit divin.

• La métaphore hyperbolique du «flambeau de la vérité [qui] a dissipé tous


les nuages de la sottise et de l’usurpation» assimile la Révolution à une éclaircie
dans la nuit de l’histoire, « une parenthèse enchantée » → une opportunité
pour les femmes à saisir afin de modifier leur condition.

• Olympe de Gouges fait donc l’éloge de la Révolution. Mais elle rappelle à


quel prix s’est fait cette destruction de la monarchie absolue: «L’homme esclave a
multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers.»
L’hyperbole «L’homme esclave» souligne l’ancienne condition inférieure
des sujets devenus citoyens. Le substantif « homme » désigne ici le genre
humain car Olympe de Gouges rappelle que cette Révolution n’aurait pas pu se
faire sans les femmes, qui ont manifesté et combattu au côté des hommes, avec la
même vigueur et avec la même espérance que les hommes.

• Or, la Révolution = une immense déception (pour les femmes) –> Les
hommes se révèlent en fin de compte d’une injuste ingratitude (=> absence de
reconnaissance), ce que souligne le parallélisme syntaxique avec la répétition
de « devenu » : « Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne ! »
L’injustice est telle qu’Olympe de Gouges s’exclame dans une tonalité oratoire
e t tragique : «Ô femmes ! femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ?» (noter
l'apostrophe + la ponctuation exclamative et interrogative qui interpelle vivement
ses concitoyennes) → question rhétorique. La répétition du terme « femmes »
suspend le rythme pour mieux le relancer. Ainsi, Ce postambule est doué
d’une forte oralité invitant à l’action immédiate.

• Olympe de Gouges cherche à susciter l’action par des questions rhétoriques :


«quand cesserez-vous d’être aveugles ?» La métaphore initiale du sommeil a été
remplacée par ce l l e d e l’aveuglement à une condition injuste. La notion
d’aveuglement renvoie au combat des Lumières : les femmes sont encore
plongés dans l’obscurité des préjugés et Olympe de Gouges les exhorte à en
sortir.

• Olympe de Gouges passe ensuite de la métaphore à une question très concrète


qui pousse les femmes à réfléchir à leurs conditions de vie : «Quels sont les
avantages que vous avez recueillis dans la Révolution ?» Elle répond pour ses lectrices
et lecteurs: «Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé.» L’adverbe de
comparaison «plus» met en valeur une gradation ascendante : « plus marqué« ,
« plus signalé » .
Paradoxalement, les femmes ont gagné en mépris à la Révolution, car elles
ont lutté pour que les hommes aient plus de droits sur elles → un paradoxe et
une injustice criante. L’auteure rappelle comment les femmes, jusqu’alors,
luttaient contre l’oppression masculine : «Dans les siècles de corruptions vous n’avez
régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit ; que vous reste-t-il donc ?
la conviction des injustices des hommes. »

• La Révolution est donc dépeinte comme une défaite pour les femmes, car elle
a rendu plus redoutables des hommes qui ne sont plus des sujets du roi, mais des
citoyens libres. L a parataxe dans la question rhétorique souligne cette
dureté : « Votre empire est détruit; que vous reste-t-il donc ? » Olympe de Gouges
met l’accent sur l'état d'infériorité de la condition des femmes. Le passage au
présent de l’indicatif souligne l’urgence de la situation présente.

• Olympe de Gouges invite les femmes à réclamer leur «patrimoine» tiré des « sages
décrets la nature» . L’auteure fonde ses revendications sur l’observation de la
nature. Il s’agit d’un argument d’autorité : l’égalité entre les sexes est
naturelle mais a été corrompue par la société. Les lois doivent rétablir
cette égalité naturelle.

• L’auteure va cependant rassurer les femmes quant au bien-fondé


de leur démarche : «qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ? Le bon
mot du législateur des noces de Cana ? » . La périphrase « législateur des noces de
Cana » désigne le Christ qui, lors de cet épisode de L’Evangile répète à sa mère,
la Vierge: « Que me veux-tu, femme ?» Cette question rhétorique est
insolente et exprime une critique à l’égard du christianisme, considéré
comme un système d’oppression pour les femmes.
• Olympe de Gouges crée alors u n parallèle avec le législateur français qui
adopterait la même attitude que le Christ lors des noces de Cana : « Craignez-vous
que nos législateurs français […] ne vous répètent : femmes, qu’y a-t-il de commun entre
vous et nous ?»
Notion à connaître → Le christianisme était vu comme la religion ayant permis
l a monarchie absolue de droit divin. En créant un parallèle entre le
christianisme (« législateur des noces de Cana » ) et l’Assemblée Nationale (« nos
législateurs français« ), Olympe de Gouges suggère que les nouvelles institutions
reproduisent la même oppression.

• Olympe de Gouges répond alors pour les femmes avec un effet de rupture
particulièrement marqué, avec le pronom « tout » placé en tête de phrase:
«Tout, auriez-vous à répondre.»

• Cet épilogue projette donc les femmes vers l’avenir en mettant en scène leur
confrontation face aux hommes. Olympe de Gouges prolonge ce dialogue
fictif en anticipant l’argumentation des hommes à travers l a proposition
subordonnée circonstancielle de condition : «S’ils s’obstinaient, dans leur
faiblesse» . Par renversement, l’oppression masculine est assimilée à une
faiblesse, à une crainte face au pouvoir des femmes.

• Face à cette tyrannie masculine qui entre «en contradiction avec leurs principes»
révolutionnaires, Olympe de Gouges guide les femmes avec vigueur,
comme en témoigne l’emploi de l’impératif : «opposez courageusement la force de la
raison aux vaines prétentions de la supériorité» . L’antithèse « force de la raison » /
« vaines prétentions » assimile l’opposition entre les hommes et les femmes au conflit
de la tyrannie contre la raison.

• Les femmes seraient donc les véritables tenantes de l’égalitarisme


révolutionnaire et de la raison. Olympe de Gouges les exhorte à lutter à
travers une suite de verbes d’action à l’impératif et au pluriel: «;
opposez […]; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie; déployez toute
l’énergie». Ce déploiement d’énergies féminines permettra un avenir plus juste
évoqué au futur de l’indicatif, qui affirme la certitude de la victoire:« vous
verrez bientôt». Cette victoire sur les hommes ouvrira justement à un temps de
paix, où les hommes seront «fiers de partager avec vous les trésors de l’Être-Suprême.»
Les majuscules soulignent la sacralité de « L’Être-Suprême » , sorte de divinité
guidant la Révolution et incarnant les valeurs de liberté et d’égalité. Cet
avenir radieux évoqué au futur s’oppose à un passé infâme qu’Olympe de
Gouges dépeint pour créer une antithèse.

Deuxième mouvement du texte (De «Passons maintenant» à «et méprisé.») –>


L’oppression subie par les femmes les a condamnées au vice,

Olympe de Gouges propose de décrire la situation passée des femmes: « Passons


maintenant à l’effroyable tableau de ce vous avez été dans la société.» → Les femmes ont été
réifiées (= assimilées à un objet) par le terme « jouet » (dans le paragraphe suivant
non analysé)

• L’adjectif hyperbolique «effroyable» annonce un tableau obscur. Il a pour but


d e «réveiller» les femmes quant à leur sort, pour qu’elles cherchent à s’en
affranchir.

• L’auteure s’adresse aux émotions de ses lecteurs. Olympe de Gouges évoque


avec ironie les «sages législateurs» → antiphrase, pour demander que
«l’éducation nationale» à venir soit également une «éducation des femmes.» Elle
reproche à l’éducation des femmes d’être cantonnée, dans les
couvents, au travail domestique et à la morale religieuse.
• L’adverbe «sainement» souligne que l’enseignement est un remède contre la
corruption de la société.

conclusion

1. le bilan : Ainsi, nous avons vu comment ce postambule promeut l’émancipation


des femmes au nom de l’égalité.
Olympe de Gouges s’adresse directement aux femmes pour qu’elles se
constituent un groupe politique militant pour ses intérêts. Loin de s’opposer à la
Révolution, l’auteure se présente au contraire comme une
révolutionnaire intègre, voulant mener à son terme le processus
révolutionnaire en accordant aux femmes l’égalité face aux hommes. Et justement,
Olympe de Gouges entend donner aux femmes les instruments pour leur
émancipation.

2. L'ouverture : Dans ce postambule, elle sort du langage juridique pour insuffler aux
femmes la colère contre l’ingratitude des hommes. Elle s’appuiera dans le
passage qui suit le texte à l'étude sur le registre pathétique pour faire appel à
leurs émotions. Elle leur confère également les arguments et l’habileté
rhétorique nécessaires pour faire valoir leurs droits et mener un combat politique
exigeant.

Etablir un rapprochement justifié avec tout autre passage de l'oeuvre intégrale ou avec
tout autre texte de la séquence relatif au combat des femmes pour leur émancipation.

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