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Condition de La Femme Dans Une Si Longue Lettre

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République du Sénégal

Un Peuple-Un But-Une Foi


Ministère de l’Education Nationale
CEM Imam Mbaye SEYE de Ross-Béthio
3ème A

Exposé Français

THEME : LA CONDITION DE LA FEMME DANS


UNE SI LONGUE LETTRE

INTRODUCTION :
I/Contexte et justification :
I/ La femme est interdite à l’école
2/Manque de liberté en amour
II/Condition de la femme dans le roman
CONCLUSION :

Exposants :
01/ Ndeye Madjiguene THIAM 04/ Marel SOW
02/ Mame Alpha DIOP 05/ Assane DIAGNE
03/ Aldiouma KA 06/ Babacar SY
07/ Iba DIENG

Sous la direction de Monsieur FALL


Année Scolaire :2023-2024
INTRODUCTION :
La société Africaine, en général, est une société ” masculin pluriel ”. Il en est de même
particulièrement de la société sénégalaise. L’homme y fait la loi. Il se sert de parapluie de
coutume et de religion pour gérer la société à ses fins. Ainsi, la femme, marginalisée, devient
un instrument, un objet selon les lois des institutions aménagées par l’homme au gré de ses
goûts. Du toit paternel au toit conjugal, la femme est à la merci de la sacrée coutume
auxquelles d’autres femmes participent en faveur de l’homme et de ses institutions.
En ce travail, nous allons présenter l’image de la femme du Sénégal telle quelle est vue par
Mariama Bâ dans Une si longue lettre, selon la tradition africaine et la religion musulmane.
A travers Ramatoulaye, son personnage principal et la technique épistolaire choisis
sciemment pour plaider la cause de la femme, l’auteur nous conduit dans sa conception
romanesque. Elle nous y montre la considération générale accordée à la femme dans tous
les domaines de la vie au Sénégal.

I/Contexte et justification :
En tout et pour tout, la femme – jeune ou mature soit-elle, est vouée au silence en dépit de
la gravité de ses peines. Ses droits sont taillés à la hauteur de la volonté de l’homme. Il en
est même en amour. On le verra avec le cas des foyers de Ramatoulaye et de celui de
Aïssatou, deux amies de très longue date dont les maris s’étaient engagés en de nouvelles
aventures amoureuses contre toute attente de leurs épouses respectives. Ni la coutume ni la
religion musulmane n’ont, ici, réservé aucun droit à ces deux femmes même au sujet de ce
qui les concerne très intimement chacune. Binetou et La petite Nabou, les co-épouses qui
leurs avaient été adjointes au nom de ces sacrées institutions ne purent elles aussi que fléchir
contre leur propre liberté devant ces susdites institutions.
Ainsi, en l’univers romanesque d’Une si longue lettre la parole ou l’action de la femme
opposée à la sacro-sainte volonté de l’homme, de la coutume et de la religion est une atteinte
à l’honneur- un tel acte serait donc une transgression de la loi.
Ici, l’homme s’érigeant en norme, la femme devient le faux. La femme c’est l’autre,
enveloppé en une altérité aux stéréotypes limitatifs et dépréciatifs comme nous le démontre
Mariama Bâ dans Une si longue lettre.

1/ Interdiction de la femme à l’école :


Au fait, l’univers romanesque de Mariama Bâ dans Une si longue lettre est un univers plein
de haram, interdits. Ces derniers frappent surtout la femme. Parmi ces interdits, on citera la
modernité sous toutes ses formes. Le cas de l’école occidentale est très frappant.
Au regard d’Une si longue lettre la femme sénégalaise malheureusement n’a pas tellement
accès à l’école. Si elle peut y accéder c’est à peine même. Celle qui à peine et comme par
chance la commence en est vite retirée sans même terminer son cycle. Comme une offrande
ou un sacrifice, elle se voit très vite et simplement forcée d’embrasser un mari, puis trop tôt
devenir mère d’enfant en un nombre dont le choix dépend du mari ou de la belle-famille.
Au nom de la sacrée coutume, l’intangible coutume, ni le rapport d’âge entre les deux
partenaires forcés, ni le choix de la fille et moins encore son point de vue ne sont pas pris
en compte par les parents. Seules priment des visées matérielles de la famille de la fille
comme on le verra un peu plus loin avec les cas de Binetou et de la petite Nabou. En plus le
plus loin qu’une femme puisse aller en instruction la rend plus marginale. Ce qui est un vrai
manque de liberté.
“L’école transforme nos filles en diablesses, qui détournent les hommes du droit chemin.
“(p30).

2/Manque de liberté en amour :


Pour illustrer le manque de liberté en amour pour les filles sénégalaises, le cas de
Ramatoulaye devant son fiancé Modou, nous est ici d’une portée exemplative. Ramatoulaye,
avait comme vrai fiancé Modou. Par contre la mère de la fille préférait Daouda Dieng, un
homme trop âgé mais nanti. Mais grâce à la lumière reçue à l’école, Ramatoulaye était libre
de faire son propre choix et de le respecter en dépit de la proposition et des réels motifs de
sa mère. Elle nous le dit clairement :
“Libérée donc des tabous qui frustrent, apte à l’analyse, pourquoi devrais-je suivre l’index
de ma mère pointé sur Daouda Dieng, célibataire encore, mais trop âgé pour mes dix-huit
hivernages.” (p.28).
Mais pourquoi la mère pointait de doigt cet homme plus âgé que Ramatoulaye, une fille de
18 ans ? Cette proposition était tout simplement fondée sur des motifs personnels vraiment
éloignés de tout sentiment d’amour. Daouda Dieng fut un homme :
“Exerçant la profession de Médecin Africain à la Polyclinique, il était nanti […]. Sa villa,
[…], était le lieu de rencontre de l’élite jeune. Rien n’y manquait […]” (p.28).
On voit très bien l’aspect économique primer dans le choix de la mère. Si Ramatoulaye ne
put s’incliner devant ce choix fondé sur des motifs différents de ses propres sentiments, ceci
est très compréhensible. Le vrai amour étant l’expression de sentiments libres entre deux
personnes nulles ne devrait se marier sous une quelconque condition, imposée par les
parents faut-il. Ainsi, pour Ramatoulaye rien ne l’avait privée de cet étudiant, son vrai choix
d’amour en dépit de ses conditions de vie :
“Je préférais l’homme à l’éternel kaki. Notre mariage se fit sans dot, sans faste, sous les
regards désapprobateurs de mon père, devant l’indignation douloureuse de ma mère frustrée,
sous les sarcasmes de mes sœurs surprises, dans notre ville muette d’étonnement.” (p.29).

II/Condition de la femme
La femme, dans Une si longue lettre de Mariama Bâ est vue comme un objet. D’un côté
objet de sa propre famille et de l’autre côté, objet de sa belle-famille.
Pour la famille elle est destinée au mariage. Ce dernier constitue une source de production
de la famille de la dame. De ce fait, elle est souvent mariée à un homme ayant plus de
moyens, à un homme nanti et pire encore à un homme plus âgé qu’elle. Ici, le rapport d’âge
entre les deux et moins encore le choix des partenaires ne sont pas mis en compte. Quoiqu’il
en soit, rien ne peut arrêter le processus. Ce fut le cas des Binetou et de la petite Nabou.
Aucune autre institution en dehors de la coutume n’a pu enfreindre le mariage. Toute
institution contraire à la volonté de la coutume se définit comme dangereuse à la coutume.
De plus, de par sa nature d’ouverture d’esprit et de source de lumière, pour une fille, l’école
est la malvenue en la société sénégalaise en particulier et africaine en général. En Une si
longue lettre, on l’a vu avec les cas similaires de deux petites filles dont Binetou et Daba.
Retirées précocement de l’école elles ont été vendues aux nantis par les membres respectifs
de leurs familles. Grâce à l’école, la femme deviendrait facilement l’égale de l’homme et
même son rival. Ceci constituerait un danger à la supériorité de l’homme, gérant des
institutions coutumières. En principe, l’homme la voudrait soumise à lui et à toute personne-
femme soit-elle-qui le représente. Une femme soumise ne serait-elle pas la femme idéale ?
Mais dans l’ensemble l’image de la femme reste sombre dans Une si longue lettre. Ce texte
démontre comment et combien la liberté de la femme est confisquée par l’homme au nom
de la sacrée coutume et aussi de la sacrée religion islamique. La femme est donc à la croisée
de deux feux. C’est pour cette raison qu’à travers ce texte l’auteur dénonce les tares de
l’homme dans sa gestion masculine dictatoriale et égoïste de la société sénégalaise en
particulier, et africaine en général. Le texte est une lutte pour la libération et la liberté de la
femme de la tutelle masculine et de son oppression sous toutes les formes.

CONCLUSION :
Pour Une si longue lettre, la femme, jeune ou âgée soit-elle, est non seulement le fondement
de tout foyer mais aussi et pardessus tout, le foyer de toute nation. Pour cette raison et tant
d’autres précitées, la femme devrait bénéficier de sa liberté pour non seulement son seul
épanouissement, mais aussi et surtout pour l’intérêt supérieur de la nation toute entière. Une
nation ou une société où les droits de la femme sont confisqués par telle ou telle autre
institution, est une nation vouée à la destruction, une nation dont l’avenir est hypothéqué.
Car l’homme, supérieur puisse-t-il se considérer, ne peut à lui seul construire une nation
sans femme. De même une femme ne le peut sans homme. D’où cette complémentarité qui
devrait être protégée. Cette complémentarité est un atout absolu à conserver en faisant
bénéficier chacun de ses droits les plus légitimes.

Merci de votre aimable attention !

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