,.
,quule" noire
---....,pe autour de• cornes
ns s'en vont dans le no ir
Un tr~s beau soir d'a ut or nn e
Betas quand its arrivent
C'est deja le printemps
•••••••••••••••
i • • • • • • • ))
LE ST YL E« RI VE GA UC HE »
De cette epoque si riche t _du m
tuel de Saint-Germain est ort1 un ili eu . intellec-
« rive gauche» ainsi aP le pa sty!~·. le styl~
rc
au to ur des annees 1950 da ns les e qu 11 a fle un
caves de Saint-Germai et du "q ua ca ba re !s et les
rive gauche de la Sei . De ces ca rti er lat1n .s~r la
ba
sont morts, comme le plus·celebre re ts .plusJeurs
ou le Quod Libet*. Mais d' au tre La Ro se Rouge
bien vivants co m s so nt to uj ou rs
L'echelle de Jacob, ·La -Ga-
lerie* 55, La-. Con rescarpe*, Le Po
L'ecluse*. 11s co in-uent a,. de fe nd rt du ~Salut*,
d' ·e ch an so n ·se au service de re la. tra di tio n*
-~la ·Poesie~ ~C'est
la u'o nt fait urs premieres ar m
1
es
gr nds no m s e la chanson. _fran~a -plusieµrs des
ise co m rii e Le o
Fe e, Ja cq s Do ua i, Ge or ge s Br
B~ _l, An· Sylvestre, Cl au de N'asou se ns , Ja cq ue s
G ·llSJb.o g, Ba rb ar a OU Je an Fe rt ga ro : Se rg e
at
. ·.~ Sj¼'le. (( rive gauche)) a pl l etre·
fo1s"Tfop 1ntellectt1:el. En fa it ch jllge~ qu el qu e-
ez- le s· cl ia nt eu rs
les plus in t6 re ss an ts, il re pr en d
le m ei lle ur ·.de. la
!j4
dition fran~aise et se marie avec le courant* po-
~llsons de tr!taire. Jacques D~uai r~presente- bien ce mou-
>le et gen,
'11* .·
.. p ...-,ent; dans
ve~• •
son ·repertoire
d J.. •
se melent des chan~
l'o·rte
sons folklor1q-ues, es poesies d' Aragon, de Pre-
ert, de Des~os, des cha·~sons de _Leo Ferre et
vJusieurs qu'1l ~ompose lur•meme ; 11 _espere ainsi
irnener le p~blic colllpre~dre et a aimfr la poe-
sie comme 11 espere pousser les poetes a se servir
de '1a chanson comme d'un moyen pour toucher
ceUX qui ne li_ront jamais de poesie. n apparait
ainsi comme u~-nouveau «troubadour»* d_q, XXe
., Ie. ·
s1ec - ._ · -
Catherine Sauvage appartient a-la menie famille.
La poesie tient ·aussi la:. place la ;plus importante
dans son repertoire ; elle s'est faite par exemple Ia
meilleure interprete ·des c4,ansons _de Bertold:
Brecht mises en musique par Kurt Weill.
Sa voix forte et ~profonde, presque dure, est en
tellec- accord avec le style ur1 _peu sombre des chansons
• style qu'elle interprete. _
fleuri 11 faudrait citer* dans ce courant ~ien d'~ut~es
~t Jes noms comme ceux de Cora Vauca1re, Michele
:!ur Ia Arnaud oti-d Marc Oger~t, qui -sont peut-etre
I
•
1eurs moins connus mais sont quand, . meme ceux d'in-
ouge terpretes de ;:::.nd talent.
ours
.Ga- a
II faut fai une place part-dans ce tableau de
,ut*, a
la chanson e cette epoque Leo Ferre. Com
0n* !ous les vr s artistes, ii est difficile de l'~....cner
:'est a ~Il cour t OU a une ecole. En fait, • Uil style
des qui n'app ient qu'a lui : auteur* -~-positeur, in-
, terprete, 'est a la fois un m: • • chanteur et un
~o
1es grand po te*.
·ge Pourt nt sa carriere a pas ete facile. Lui aussi
comme ce a chante pres la guerre dans les caba-
le- rets de aint-Ge ain. Les.cheveux longs, le visa-
lrs ge de uelqu' qui ne mange _pas toujours a sa
Ia faim,.i ress ble aces poetes qu'tlchante:
35
« Ce son t de droles de types* qui vivent
de leu r plu me
Ou qui ne vivent pas c'est selon* la
.
sa1son. >>
Ses chansons, il les lance com me un cri* II ne
cherche pas a plaire, il ne salue pas le pub.lic;
semble chanter presque a con tre- cre ur. 11 les por il
aussi comme un dra pea u, un dra pea u rou ge te
noir, celui des anarchistes* : et
(( J'suis un typ e apar t
Un ' gra in' d'an ana r. »
· L'reuvre* de Leo Fer re est tres rich e: plu s d'u
centaine* de cha nso ns don t il ecr it le plu s sou ne
ven t
les paroles et la mu siqu e. ~Iles so par fois
styles tres differents.. ma is sou s c cun e on de
sen t
la forte personnalite* du poe te. y a au mo ins
deux Leo Fer re. Let end re ·d'a b d, cel ui qui cha Et l
te l'amour,'1es amis, la Jolie om e* qui -do nne n- le poi
la rue un air de fete, le Cam ade des oon s et ma u-
a dur
• •
vatSJOU rs: ecras
ligio
1 « Je n'sais plu s mb ien ~a fait d'm ois • • ble s
Qu 'on s'est re con tre toi et moi
/ Et dep uis to s deu x on se balade* ... » Par ·
. Mais dans la _te resse de Leo Ferre il y a tou- pa
Jour~ une not e tr1s : • se
« Les oses de l'amour p
Ne • ent pas a
Si t'en vas et
, mort vaincra toujours la fleur de ra.ge so
est son ouvrage un
Malgre l'amour d'i
Qui meurt toujours ... » le
(Si tu t'en vas) •
1n
La jeunesse passe vite et avec elle l 'T'
36 e .I. emps du
~ent
l.tne r,go* et des am our s. Et_ quelquefois on vou dra
ta it
la
.
ouvoir mareher en arr1ere , , rev1vr. e son
l . >> rornrne i1 le cha nte dans Monsieur mon passe pas :
se*
ne << Mo nsi eur mo n pas se
il V: oulez-vous passer
fe-t J'a i com me une envie
D'o ubl ier ma vie
Si j'avais afaire
Ma vie al'envers
C'est vous mo n passe
Qu i m'verriez r'pass·er. »
Et poe rta nt l'oti espere tou jou rs : peut-etre
« Par ee qu' on n'a pas tro uve
Le bon heu r qu' on ava itre ve. »
Et puis ii y a Leo Fer re: le violent, l'anarchiste
le poCte d~ la revolte*, -elui qui refuse* le mond~
dur des riches (La, m (fla* ), de la machine
ecrase.l'homme (Le te 'J)S du plastique*), de la qui
ligion, de !'ar gen t ; qui defend les parivres, les re-
bles, les petites ge~s, ui. pei nt les bas-fonds* fai-
Paris (Paris-Canaille*, ana me *). de
Da ns le mo nd e mo ern e, le poe te sent qu' il n'a
pas sa place, il ne pro uit pa s; ii n~ vend rien.
seules arm es son t lap esie et.l 'hu mo ur, un hum Ses
parfois dro le, plu s so ven t du r et froid. Ainsi, our
bien
avant que ce soi t d enu a: la mode*, Uo Fe
ete UR cha nte ur en age (La gueuse*, '
em ps
son t diffici les , Ni ·eu ni ma itre). ' . erre
par~e
une langue popul ire, un ar po6t1que pleu~
d'images et de vie u chaq . .,. __ ot frappe, meme s1
A
- le sens n'e st pas tou ur- ~c ile comprendre.
Mais il y a chez ui ausSI un . chanteur plus
iatellectuel celui qui a mis en mus1que les gra~ds
noms de I~ poesie fran~aise: _Ruteb~uf, Verlaine,
Baudelaire. Rimbaud. •D a 1nt~rp~t~ Le P0 nt
Mi rab eau • de Gu· ApolltQture et surtout _
37
le chanteur hurnoris ~que* Henri Salviido r,
par qui il compose plus1eurs rocks* amusant s
our
»rouse du dent1ste· *, .,,,a
r •
pince *, M 01• Jpre
., {rn
1
ere
Iusieurs oesies d'Aragon (E!t-ce ainsi que /es
vf
hommes vent, Elsa, L,etrangere, Je, c_hante po~r
P ....arche ii pied),
(a ,,. a une 6poque ou cette danse
• pas encore connue en F r_ance.
Iarnericaine* n ,,~ta1t
passer /e temps). II y a entre la ~oes1e de Louis
Aragon et Ia musique de Leo Ferre une rencontre ,A.ujourd'h~1 ~a Jeu~esse r~trouve Bons Vian,
heureuse que l'on ne trouve pas souvent dans son ~uvre ecnte ma1s auss~ s~s chanson s ; un
l'histoire de la chanson. chanteur comme Serge Reggiaru a mis plusieur s
n a mis en musique aussi des chansons de Jean- poemes de Viandan sson repertoir e.
Roger Caussimon qui sont parmi les grands succes
de son repertoire (Comme a Ostende*, Mon cama- _LE DESER TEUR*
rade Monsieur William, Le Temps du tango). de Boris Vian
Uo Ferre a traverse toutes les modes ; il conti- Monsieu r le Presiden t ( 1)
nue a chanter dans le style qui est le sien; et une
partie de la jeunesse d'aujour d'huvse reconnait J e vous fais une lettre
dans sa revolte comme la jeuness~ du Saint-Ger- Que vous lirez peut-etre
main des annees d'apres-guerre. Si vousave zletemp s
II est difficile de faire revi le Saint-Ge rmain J e viens de recevoir
de l'epoque sans parler aus • oe Boris Vian. C'est Mes papiefs militaires-(2)
certainement l'une des per nnalites les plus inte- Pour pfirtir ala guerre
ressantes et les plus riche de ce petit monde d'ar- Avant' ercredi soir.
tistes. Pourtant il ne • t a la chanson que plus Mons· ur le Presiden t
tard dans les annees 1950. C'etait d'abord un Jene eux pas la faire
grand ec ·vain*, un oete, un auteur de pieces* J e ne is pas sur terre
de theft e. Son g t* pour la musique le porta pour uerdesp auvres s
d'abor vers le j z* ; II joua lui-meme dans les C'es pas pour vo acher (3)
caves Saint- ermain et fit beaucou p pour faire Il fa t que je
conna re et ai er le jazz en France. s dise
M deci • ( 4) est prise
Ce ten 1 5 qu'il commen ce a interpret er dans J ' vais deserter ( 5)
les c are de la rive gauche les chanson s qu'il
avai ec • es. Ce sont le plus souvent des chan-
·e mendier ai ( 6) ma vie
sons ' n humour a moitie drole, a moitie me-
Surles routes de France \
chant, toujours curieux (J'suis snob*, Les joyeux De Bretagn e en Provenc e (7)
bouchers, La java* des bombes atomiques*). On
Et je dirai aux gens :
ne peut pas dire que le succes fut tres grand
l'epoque . Une seule chanson fut connue du grand
a
(I) Chef d'un pays
public, Le Deserteur; encore fit-elle quelque bruit, (2) Papien qu•a un soldal al'anmc.
(3) Mettre en colue.
car il y avait toujours des gens dans la salle pour (4) Cequcl'onad6cide.
a
vouJoir defendre l'armee coups de poing s'il le (5) Ne puvouloirallcrl
(6> Demander de ru
(7)
fallait. Il eut un peu plus de succes, interpre te • •
39
38
Refu sez (8) d'obe ir,,
Refu sez de la faire
N'all ez pas a la guerr e
Refusez de parti r.
S'il faut donn er son sang
Allez dono er le votre
.\ Yous etes,bon apotr e (9)
Mon sieur le Presi dent
Si vous me pours uivez (IO)
Pre~ enez VOS gend arme s ( 11)
Qu1e je n'aur ai pas d'arm es
Et'qu'ils pour ront tirer .
.,#
(8) Refuser: ne pas vouloir; repondre «non>> acc que quclqu•un dcmande.
(9) Celui qui defend une religion, qui desire la faire partager aux autrcs.
( 10) Poursuivrc: courir derriere quelqu'u n pour le prcndre. pour le faire passer dcvant
tribunal. un
(11) Soldats qui sont charges de la police dans l'armec.