0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
31 vues6 pages

Sans Titre 9

Transféré par

worou
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
31 vues6 pages

Sans Titre 9

Transféré par

worou
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Les habitations sont presque

entièrement réalisées à partir


des différentes parties d’une
plante native à croissance
rapide, le ravenala ou arbre
du voyageur, emblème de
Madagascar.

ÉTUDE DE CAS

RECONSTRUCTION POST-CYCLONE
DANS UNE ZONE DIFFICILE D’ACCÈS, MADAGASCAR
En février 2012, Madagascar a été frappé par le Le ravenala est utilisé pour le
cyclone Giovanna puis par la tempête Irina touchant plancher (tronc), les murs (tiges) et
332 000 personnes et causant de nombreux dégâts. Après la couverture du toit (feuilles).
un mois, moins de 15 % des ménages sinistrés avaient été en Ces matériaux permettent la
construction rapide et à moindre
mesure de réhabiliter leur logement à un niveau acceptable.
coût de maisons et d’abris
temporaires en cas de cyclones,
Ce constat a mené Catholic Relief Services (CRS) à démarrer et constituent une source de
un projet de reconstruction dans une zone difficile d’accès, revenus pour les communautés
villageoises.
selon un processus mené par la communauté autorisant une
gestion à distance. L’hypothèse était que, en s’appuyant sur
les ressources et les capacités locales, et en particulier sur
la population (participants au projet et autorités locales), et Cette conception a intégré les pratiques de construction
en apportant une assistance technique appropriée, il serait locales tout en proposant des améliorations pour une
possible d’obtenir des résultats de qualité à moindre coût meilleure résistance aux aléas. Les artisans locaux ont été
et de renforcer l’appropriation et la durabilité des résultats. formés et des comités locaux ont été mis en place superviser
Le processus de conception a impliqué les bénéficiaires et la construction. Résultat : une unité d’habitation pouvait être
les artisans locaux afin de s’assurer que les maisons soient construite en cinq jours seulement.
culturellement acceptables et adaptées à l’environnement. Ce processus a été un véritable succès. Il a permis à
598 familles d’obtenir un habitat sûr en l’espace de 3 mois.
Toutes les constructions utilisaient des matériaux locaux,
principalement dérivés d’une plante à la forme d’un palmier
(voir ci-contre) et d’autres espèces de bois locaux. Les
participants et les autorités ont apprécié la qualité des
constructions. Le coût très abordable des unités d’habitation
de 12 m² qui monte à 120 € (matériaux et main-d’œuvre)
a permis une réplicabilité des solutions : un mois après le
projet, huit autres familles avaient déjà reconstruit leur
maison en suivant les recommandations techniques du
projet. Cette même approche a été ensuite adaptée pour
des programmes de reconstruction en 2017 puis en 2019.

L’utilisation de ravenala réduit la pression exercée sur la forêt (arbres


à croissance lente). Cependant, les arbres et plantes les plus adaptés
à la construction se font de plus en plus rares et des stratégies de
meilleure gestion de la forêt devraient aussi être développées.

57
4 PROJETS ET PRATIQUES REMARQUABLES EN AFRIQUE

Promouvoir une architecture éco-responsable


en phase avec les besoins locaux

ÉTUDE DE CAS

PROMOTION D’UNE ARCHITECTURE DE TERRE


DE QUALITÉ ET ACCESSIBLE À BUSHENYI, OUGANDA
En Ouganda, la couverture forestière diminue rapidement. Deux pistes de travail ont été identifiées :
Cela est en grande partie dû au secteur de la construction • L’amélioration des systèmes constructifs existants
qui utilise le bois en structure (poteaux et charpente) et pour (torchis) pour réduire l’utilisation du bois et accroître la
la cuisson des briques cuites. Le prix du bois de construction durabilité ;
est devenu inabordable, ce qui fait que la qualité de l’habitat • La promotion et l’amélioration de techniques constructives
se dégrade alors que le recours à la brique cuite progresse, plus récentes (adobe) ou entièrement nouvelles (BTC) en
et avec lui le processus de déforestation. substitution partielle ou totale de la brique cuite.

Afin de lutter contre ce processus, le gouvernement local Entre 1999 et 2004, un réseau de compétences a été
du district de Bushenyi a proposé d’utiliser la construction constitué en s’appuyant sur :
d’infrastructures scolaires pour faire la démonstration des • La construction de bâtiments démonstrateurs ;
possibilités d’amélioration de l’habitat des populations • Le développement de mallettes pédagogiques, utilisables
locales tout en étant plus éco-responsables. Ceci a été par les lycées professionnels ;
réalisé dans le cadre d’un partenariat rassemblant des • Le développement de supports promotionnels ;
compétences complémentaires : l’Université de Makerere, • Des campagnes de sensibilisation pour les décideurs
deux écoles techniques et une ONG ougandaise. locaux, nationaux et internationaux.

58
Chantier associant
différents matériaux
locaux
(briques cuites
et BTM)

Le projet a mis l’accent sur la formation sur chantier qui


a bénéficié à la fois aux artisans et techniciens locaux,
et aux étudiants, enseignants et formateurs des écoles
techniques et de l’Université de Makerere. Cela a aussi
débouché sur l’introduction d’un module de formation sur
les architectures de terre et l’habitat économique dans le Cet effort de rétro-ingénierie des cultures constructives
programme d’enseignement du département d’architecture locales a été bien perçu par les communautés. Il a permis
de l’Université de Makerere. d’accélérer la construction d’infrastructures scolaires dans
le district, et une appropriation des solutions d’amélioration
Pour les bâtiments publics, des solutions de qualité, de l’habitat a pu être constatée chez les populations. Pour
accessibles et durables ont été développées ramenant les avoir un impact plus significatif et durable, il serait utile de
coûts de construction à une fourchette de 45 et 55 €/m² compléter ces premiers résultats par des mécanismes de
(contre 60 à 70 €/m² pour les technologies conventionnelles). suivi et, si possible, d’appui financier aux ménages les plus
Une partie importante du coût revient à la main-d’œuvre en difficulté.
(artisans et ouvriers locaux) : entre 25 % et 35 % de
l’investissement total contre 10 % à 20 % pour les solutions
conventionnelles. Enfin, la réduction de l’utilisation de briques Brique
Adobe BTC
cuite
cuites permet d’économiser jusqu’à 14 m3 de bois par salle
de classe. Coût de construction 3 290 € 2 600 € 2 780 €

Investissement en main 263 € 660 € 570 €


Concernant l’habitat, les maisons en adobe utilisent une d’œuvre (MO) (8 %) (25%) (20%)
moindre quantité de bois. Celles en « torchis amélioré » Part investie dans la localité 364 € 920 € 730 €
offrent une meilleure image et consomment deux fois moins (MO et matériaux locaux) (11 %) (35%) (26 %)
de bois que les pratiques habituelles. Les améliorations
Volume de bois utilisé 16 m3 6 m3 2 m3
proposées nécessitent un investissement supplémentaire,
mais raisonnable et ce coût additionnel est rapidement
Comparaison des coûts et volumes de bois utilisés pour 1 salle de
rentabilisé avec l’allongement de la durée de vie du bâti qui classe (48 m² utile). Solutions de qualité équivalente (standard ougan-
est, au minimum, doublé. dais : 60 ans). données 2004

Bâtiments de démonstration
en BTC et BTM et briques
cuites à Kigari (district de
Bushenyi)

59
Favoriser un approvisionnement
durable et responsable

ÉTUDE DE CAS

UNE APPROCHE INTÉGRÉE DE VALORISATION ET FORMALISATION


DE LA FILIÈRE BOIS ARTISANALE EN AFRIQUE CENTRALE

En Afrique centrale, les marchés intérieurs et régionaux revenus importants en milieu rural et urbain. Par exemple, au
du bois d’œuvre sont en plein essor. La croissance Cameroun le sciage artisanal crée 45 000 emplois directs et
démographique rapide, l’urbanisation et le développement dégage plus de 20 milliards FCFA (Cerutti, Lescuyer 2011).
économique de la région sont à l’origine de la hausse de Mais ces emplois sont précaires et les exploitants artisanaux
la demande interne des sciages, qui dans de nombreux ont des revenus irréguliers tout en étant vulnérables à la
pays est déjà plus importante en volume que l’exploitation corruption et aux abus des autorités.
industrielle pour les marchés d’exportation.
Cette informalité permet difficilement une croissance
Cependant ce marché est majoritairement alimenté par solide de l’activité pour les entrepreneurs et contribue très
une filière informelle. La demande domestique est alors peu aux recettes publiques. Cette situation alimente aussi
approvisionnée par des exploitants artisanaux qui, bien la dégradation des forêts. Pourtant l’utilisation durable
qu’organisés, opèrent principalement en dehors des des ressources forestières peut constituer un moteur de
cadres légaux. Le secteur génère des emplois et des développement durable en Afrique centrale.

60
4 PROJETS ET PRATIQUES REMARQUABLES EN AFRIQUE

Dans quelques pays d’Afrique centrale,


le volume de bois vendu sur les
marchés intérieurs est supérieur aux
exportations.
Marché au bois de Yaoundé,
Cameroun

Une transformation du marché intérieur Les pays cibles


Pour remédier à cette situation, le Centre de recherche Le projet se déploiera au Cameroun et en République
forestière internationale, le CIFOR, a lancé le projet Démocratique du Congo (RDC), où le volume de sciage
« Promouvoir et formaliser l’exploitation artisanale du bois artisanal est estimé respectivement à près de 2,1 millions
d’œuvre en Afrique centrale (PROFEAAC) » qui sera mis et 3,4 millions de mètres cubes (équivalent bois rond)
en œuvre d’ici la fin de 2023. L’objectif est de réduire par an. Il se déroulera dans le cadre de partenariats forts
la dégradation du couvert forestier du domaine rural en avec les institutions gouvernementales concernées ainsi
Afrique centrale. Financé principalement par le Fonds qu’avec divers partenaires techniques internationaux et
Français pour l’Environnement Mondial, il propose une nationaux (CIRAD, IRD, Tropenbos RDC et Ilexa-Bois).
approche intégrée de formalisation et de développement
de l’exploitation artisanale du bois d’œuvre, allant de la
Bien que le Cameroun et la RDC aient des marchés intérieurs
gestion de la ressource ligneuse aux demandes de sciages
de bois d’œuvre très importants, leurs systèmes de
dans les marchés domestiques. gouvernance et les caractéristiques de la demande appellent
des solutions différenciées.
En premier lieu, le projet vise à renforcer les capacités des Au Cameroun, le projet a choisi deux sites pilotes dans l’Est
et le Centre qui approvisionnent les marchés de Yaoundé.
exploitants artisanaux pour conduire une activité légale
L’objectif sera de promouvoir des Permis d’exploitation
en obtenant un permis ou titre, ainsi que développer du bois d’œuvre (PEBO), une disposition prévue dans la loi
leurs compétences commerciales et financières pour forestière de 19A94 et en cours de révision, qui permettrait
améliorer leurs conditions de vie. Il s’agit aussi de aux opérateurs artisanaux d’exploiter et de commercialiser
valoriser l’exploitation artisanale dans les stratégies de un volume de bois correspondant à leurs moyens techniques
et financiers.
développement des entités territoriales décentralisées afin
En RDC, le projet se focalisera dans la province de la Tshopo
d’améliorer la gouvernance à long terme. et les marchés qu’elle approvisionne, surtout Kisangani.
Dans ce pays, deux options de titre seront expérimentées,
Afin de soutenir la formalisation du point de vue des le Permis de Coupe Artisanale (PCA) pour une exploitation
individuelle et la Concession Forestière des Communautés
consommateurs, le projet mettra en place des stratégies de
Locales (CFCL) dans le cadre de la foresterie communautaire.
communication et plaidoyer auprès des consommateurs
particuliers et des secteurs public et privé, en particulier
sur les marchés urbains.

Finalement, dans le but de minimiser la contribution de


l’exploitation artisanale à la dégradation des forêts, le projet
vise à élaborer des méthodes à faible coût d’estimation
et de suivi des impacts environnementaux, ainsi que
promouvoir des mesures locales de régénération et de
reboisement des espèces ligneuses et d’agroforesterie.

61
4 PROJETS ET PRATIQUES REMARQUABLES EN AFRIQUE

L’approche itérative : un indispensable corolaire


au diagnostic de territoire

ÉTUDE DE CAS

DÉVELOPPEMENT RURAL
DE MAYAHI AU NIGER
Le Niger possède de nombreuses zones affectées par des
phénomènes de désertification. Pour lutter contre l’exode
rural qui en résulte, le projet de développement rural de
Mayahi, porté par la FAO (Organisation des Nations Unies
pour l’Alimentation et l’Agriculture) et mené à la fin des
années 90, visait l’amélioration des conditions de vie des
populations par :
• la restauration d’un équilibre agroécologique durable,
• l’augmentation de la production agricole et animale, et
• la diversification des activités économiques créatrices
d’emplois durables.

Au sein du volet construction de ce projet, la première


préoccupation était la réalisation de diverses infrastructures
agricoles, de commerce, d’éducation et de santé, mais il
était aussi proposé de contribuer de manière plus générale à
l’amélioration de l’habitat.

Pour cela, un diagnostic de territoire initial a été mené de façon


participative révélant une diversité de besoins, de pratiques
et d’usages tout en permettant d’identifier le potentiel des
ressources locales (matériaux et compétences) en lien
avec les défis environnementaux. Cela impliquait la prise
en compte des spécificités de chaque lieu, que ce soit en
termes de types d’infrastructure que de solutions techniques
adaptées ou encore de renforcement des compétences.

En réponse, un processus itératif a été mis en place, basé sur


la construction d’une diversité de bâtiments démonstrateurs.
Leur réalisation a fait l’objet de retours réflexifs menés avec
les diverses parties prenantes et portant sur l’acceptabilité
des solutions proposées, leur adaptation aux besoins et
aux capacités locales, et également la possibilité de mise

62

Vous aimerez peut-être aussi