I)
Rappelez vous Impératif + ironie Fixe le souvenir qui paraît être
belle pensée alors que celui-ci
se révélera être le souvenir
d’une charogne infâme, pleine
de dégoût.
“beau matin d’été” GN cadre idyllique et bucolique pro-
« si » adverbe d’intensité pice, parfait pour une balade
amoureuse
Infame adjectif amplifier la vision
terrible, difficile à tolérer, provo-
“lit semé de cailloux” quant le dégoût.
suggère l’idée
d’inconfort, cette vision gâche la
belle balade.
Le cadre idyllique vient ainsi
contraster avec cet immonde ca-
davre
: “jambes” ; “suant” ; “ventre” Personnifiée La charogne
apparaît comme une femme aux
Comparaison allures érotiques
comme une femme lubrique
« cuire à point », (v. 10) Antithèse de l’agrément et du La nourriture « cuire à point »,
« les jambes en l’air » et le « dégoût (v. 10), la sensualité « les
lit », (v. 4 et 5) jambes en l’air » et le « lit »,
« une fleur s’épanouir », (v. (v. 4 et 5) et la floraison « une
14) fleur s’épanouir », (v. 14)
« ventre », (v. 8)
« plein[s] d’exhalaisons », (v. s’opposent aux images dégra-
9) dantes de la pourriture, de la
« suant les poissons » (v. 6 lubricité, des cailloux :
« ventre » (v. 8) évoque les vis-
cères « plein[s] d’exhalaisons »
(v. 9) de la femme lubrique, «
suant les poissons » (v. 6).
Mais il est aussi, traditionnelle-
ment, un lieu de fécondité, de
gestation et de transformation.
Soleil/pourriture Antithèse mêlent le haut et le bas, le beau
et le laid, le sublime et l’abject
« cuire à point » Personnification Le soleil, est devenu le cuisi-
nier chargé de « cuire à point »
dégoûte le lecteur en ame-
nant lexique de la cuisine dans
une description de cadavre.
“au centuple” hyperbole énonce le retour au cycle de la vie
et à la mort religieuse
Carcasse superbe oxymore l’opposition entre beauté et lai-
Comme une fleur deur, joignant l’horreur au su-
blime
Montre l’idée d’extraire la beauté
du Mal du cadavre pourrissant.
Une comparaison qui montre le
pouvoir transformateur et alchi-
miste de la poésie
“la puanteur” Nom commun ffre un retour à la
réalité, le vocabulaire ultra lyrique
contraste à nouveau avec la
dure réalité
II)
“mouches” “larves” Le champ lexical de la pourriture description d’un cadavre qui
«putride» (v. 17) donne une dimension hyper réa-
«épais liquide» (v. 19), «enflé» (v. liste et macabre de la scène.
23)
sortaient» (v. 18), «coulaient» (v. 19), l’abondance des verbes de mouve- révèlent une singulière vitalité du ca-
«descendait, montait» (v. 21), ment davre (donne vie au cadavre)
«s’élançait» (v. 22)
“qui coulaient comme un épais li- image rappelant le sang et accentuant la
quide” description macabre de la
charogne.
(«D’où sortaient de noirs bataillons/ La versification amplifie cette im- Amplifie cette impression de vie
de larves…») pression de vie :
Enjambement À méditer
« vague » (v. 21) « souffle Métaphores dynamiser la description
vague » (v. 23) « d’eau cou- de la charogne
rante » (v. 26) « grain qu’un Métaphore mvmt respiratoire Cette charogne est le support
vanneur d’un mouvement ryth- tout cela montait et descendait d’une vie nouvelle qui prolifère,
vie encore informe
mique », « Agite et tourne dans
souligner la modernité poétique :
son van » (v. 27-28 c’est en redonnant vie à la cha-
rogne
que Baudelaire parvient à extraire
la beauté du mal.
V. 25 “une étrange musique” V.27 Métaphore musicale Transforme la charogne en objet
“un mouvement rythmique” d’art, efface l’horreur et se tourne
vers le sublime
(Vers 32) « que l’artiste achève Comparaison/métaphore picturale La réméoration triomphe
», « Seulement par le souvenir contre l’oubli et la mort. L’ar-
» tiste ne peint pas à partir de ce
qu’il voit mais à partir de ce
qui monte du souvenir, d’où
l’alchimie.
(Vers 33 et 34) « chienne in- Métaphore Cependant, malgré cette re-
quiète », composition naissante, le mal
guette toujours, à l’image de la
« chienne inquiète ». Elle est
une image de la cupidité, de la
faim, de l’instinct inassouvi.
Oeil fâché Personnification Indique qu'elle avait un regard fu-
rieux vers le poète et sa bien-aimée
car il l’empêchait de récupérer un os,
morceau de squelette de la charogne
III)
(Vers 37) « - Et pourtant » Tiret Adverbe d’apposition Introduit une rupture par rap-
port à ce qui précède, le poète
semble entamer une morale.
Cependant, le « et » marque la
continuité : la pensée du poète
surgit comme une soudaine
agression
Vous serez futur simple de certitude le poète passe de la remémoration
à la prédiction : il passe du souve-
nir du cadavre à la décomposition
futur de la femme.
l’emploi du futur simple
accentue la fatalité, le caractère
tragique de cette destinée.
« ordure », (v. 37) « horrible CL de la pourriture Le champ lexical de la pourri-
infection », (v. 38) « moisir » ture resurgit, plus agressif en-
et « ossements », (v. 44) « ver- core que dans le début du
mine », (v. 45) poème.
« Étoile de mes yeux, soleil de ma na- Tournures laudatives qualifient la femme aimée, la
ture », (v. 39) « mon ange et ma pas- femme aimée est
sion », (v. 40) « ô la reine des grâces comparée au cadavre, les termes
», (v. 41) « ô ma beauté » (v. 42) péjoratifs, renforcent le
sentiment d’abjection et de dégoût
vis à vis de ce destin
funèbre
Oui! Ponctuation exclamative Le poète veut que sa bien-aimée
prenne conscience de sa mort et le
destin qui lui est promis
Telle vous serez Futur simple insistance sur l’inéluctable destin
Irez de la femme aimée
herbe et les floraisons grasses» (v. antithèse de la vie et de la mort herbe et les floraisons grasses» (v.
43) 43) contrastent
«ossements» au vers 44 avec les «ossements» au vers 44
Vermine/« mangera de baisers » Enjambement + métaphore Mêle l’amour à la mort
Deux dernier vers Baudelaire met en évidence la capac-
ité de la sublimation de l’art, qui seul
peut préserver la beauté de la femme