Devoir de S.I. N°3 P.C.S.I.: Pour Lundi 28 Novembre 2022
Devoir de S.I. N°3 P.C.S.I.: Pour Lundi 28 Novembre 2022
Pour réduire l’empreinte carbone du secteur transport des particuliers, plusieurs constructeurs automobiles développent des
véhicules électriques avec des systèmes de récupération d’énergie au freinage. Le principe de récupération d’énergie est identique
chez tous les constructeurs mais la réalisation et les algorithmes diffèrent quelque peu. Le support utilisé comme illustration de ce
principe innovant est la Renault « Fluence Zéro Émission » commercialisée courant 2012 en Europe. Afin de respecter la
confidentialité du développement de ce véhicule, les données ont été modifiées pour les besoins de ce sujet et les cas d’usage étudiés
sont limitatifs.
Les chiffres de la Figure 1 correspondent à un point de fonctionnement moyen pour un cycle de roulage donné et ne doivent
pas être généralisés.
Objectif : Valider la pertinence d’un système de récupération d’énergie au freinage et mettre en évidence les limites d’un freinage
purement électrique.
Afin de minimiser la consommation électrique des véhicules électriques, une solution consiste à récupérer l’énergie cinétique
et/ou potentielle du véhicule lors des phases de freinage. Pour cela, on exploite la réversibilité de la chaîne d’énergie électrique en
faisant fonctionner l’actionneur électrique de la chaîne de transmission en mode générateur.
Le système de récupération d’énergie lors des freinages obéit au cahier des charges donné Tableau 1 :
On appelle séquence urbaine type, un trajet entre deux feux tricolores, en ligne droite, sur une route horizontale et composé :
- d’une phase d’accélération de 0 à 50 km/h ( durée t1 - t0 = ta )
- d’un parcours d'une distance D0 = 500 m à une vitesse constante de V0 = 50 km/h ( durée t2 - t1 )
- d’une phase de décélération ( durée t3 - t2 = tf ) avec arrêt au feu à l’instant t3 en respectant la situation de
freinage nominal évoquée dans le Tableau 1.
La décélération commandée par la levée du pied de la pédale d’accélérateur correspond au « frein moteur » d’un véhicule
thermique. Pour des raisons de confort et d’habitude de conduite, elle est choisie proche de 2 m/s2. Cette valeur est légèrement
supérieure à celle obtenue par le frein moteur d’un véhicule thermique.
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De plus, cette décélération a l’avantage d’être très reproductible, contrairement à celle
d’un véhicule thermique qui est fonction notamment de la vitesse engagée.
Sur un véhicule électrique, le compte-tours est remplacé par un compteur dédié aux
informations relatives à l’autonomie, en particulier le niveau de charge de la batterie.
Q.1 - Indiquer trois raisons incitant les usagers des véhicules électriques à décélérer sans utiliser la pédale de frein, par rapport aux
habitudes de conduite d’un véhicule thermique.
Pour simplifier, on considère que la phase d’accélération de 0 à 50 km/h se fait avec l’accélération telle que a(t) = an = 2 m/s2
Q.2 - Tracer sur un graphe l'allure de l’évolution temporelle de la vitesse Vh(t) en fonction du temps sur la séquence urbaine type.
Q.3 - Définir l' expression de la vitesse Vh(t) en fonction de an , V0 , t0 , t3 et de la variable t sur chaque intervalle de temps [ t0 , t1 ] ,
[ t1 , t2 ] et [ t2 , t3 ].
Q.4 - Donner les expressions littérales des durées t1 - t0 = ta , t2 - t1 et t3 - t2 = tf en fonction de D0 , V0 et an . Faire ensuite les trois
applications numériques.
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Q.5 - Déterminer la distance Dfr parcourue pendant le freinage nominal . Conclure au regard des critères du cahier des charges.
Donner aussi la valeur de la distance totale Dst parcourue lors de la séquence urbaine type.
Pour valider la pertinence d’un système de récupération d’énergie au freinage, on se propose d’évaluer la quantité d’énergie
fournie par la batterie puis restituée à la batterie au cours d’une séquence urbaine type.
Le véhicule étudié a une masse M = 1600 kg . La chaîne d’énergie est constituée d’une électronique de puissance, d’une
machine électrique et d’une transmission mécanique.
Compte tenu du rendement (non parfait) de la chaîne d’énergie, rendement caractérisé par le coefficient = 0,7 et compte
tenu de la résistance à l’avancement du véhicule issue des forces aérodynamiques et de la déformation des pneus, résistance
caractérisée par un coefficient de frottement f = 16 N/(m/s), toute l’énergie fournie par la batterie à l’accélération ne lui est pas
restituée à la décélération.
- que la puissance électrique fournie par la batterie à l’instant t pendant la phase d’accélération ( t [ t0 , t1 ] ) est
1
Pélec(t) = [ f Vh(t)2 + M an Vh(t) ]
- que la puissance électrique restituée à la batterie à l’instant t pendant la phase de décélération ( t [ t2 , t3 ] ) est
Pélec(t) = [ f Vh(t)2 - M an Vh(t) ]
Q.6 - Quelle est l’expression de la puissance électrique fournie par la batterie à l’instant t pendant la phase de vitesse
constante ( t [ t1 , t2 ] ) ?
b
L’énergie E fournie ou reçue par la batterie entre deux instants a et b est donnée par la relation E= a Pélec(t) dt
Q.7 - Montrer que l’énergie électrique fournie par la batterie, pendant la phase d’accélération de la séquence urbaine type, est
V02 f V0 M
donnée par l’expression Eacc = [ + ].
3 an 2
Q.8 - Donner l’expression de l’énergie électrique EV0 fournie par la batterie pendant la phase de vitesse constante V0 de la séquence
urbaine type ?
Q.9 - Montrer que l’énergie électrique restituée à la batterie, pendant la phase de décélération de la séquence urbaine type, est
f V0 M
donnée par l’expression Edec = V02 [ - ].
3 an 2
Q.10 - Donner la valeur numérique de chacune de ces trois énergies et conclure sur la pertinence de la récupération d’énergie au
freinage au regard du cahier des charges.
Dans une situation de freinage nominal, le couple de freinage électrique demandé à la machine électrique est assimilé à un
échelon afin de représenter la soudaineté des situations classiques de freinage.
Dans la phase de conception du système de récupération d’énergie au freinage, les ingénieurs réalisent des essais sur un
véhicule électrique, exploitant la réversibilité de la chaîne d’énergie de traction électrique. Au cours de ces essais, il est possible
d’acquérir la mesure de l’accélération du véhicule lorsqu’on impose une variation en échelon du couple de freinage au niveau du
moteur électrique. La courbe d’essai Figure 3 a été obtenue lors d’une décélération d’environ -2 m/s2.
Q.11 - A partir de la courbe de la Figure 3, analyser les performances du système de freinage électrique, sans commande adaptée, et
les comparer à celles du cahier des charges.
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Par ailleurs l’analyse de l’adhérence des roues avant, seules roues freinées avec le freinage électrique, montre que la
décélération est limitée à 5,5 m/s2.
Q.12 - Montrer que c’est insuffisant pour respecter la fonction FS4 du cahier des charges en déterminant la décélération ( supposée
constante ) d’un freinage sur 15 m depuis une vitesse de 50 km/h.
On montre que cette décélération peut être obtenue si les quatre roues sont freinées en même temps.
Conclusion : Le système de freinage électrique doit être complété par une commande adaptée et par des freins à disque sur les quatre
roues afin de satisfaire les exigences du cahier des charges.
Remarque : Il n’est pas possible de se dispenser des freins à disque pour deux autres raisons : la première est que la batterie peut être
pleine ; la deuxième est qu’à bas régime la capacité de freinage de la machine électrique est insuffisante.
Objectif : Analyser la structure de la chaîne d’énergie de freinage mixte électrique et friction et discuter de sa pertinence.
Afin de satisfaire aux exigences du CdCF, le véhicule comporte une chaîne de conversion d’énergie réversible et un système
classique de freinage par friction, actionné électriquement. Ce dernier équipe chacune des quatre roues du véhicule et sera simplement
désigné dans la suite par le terme « système de freinage par friction ».
Lors de la phase de traction électrique, la chaîne d’énergie électrique se met sous la forme donnée Figure 4 et, par ailleurs, la
décomposition de la fonction « Gérer l’énergie » est donnée Figure 5.
Q.13 - Compléter sur le document réponse, la structure de la chaîne d’énergie lors du freinage du véhicule électrique muni d’un
système de récupération d’énergie associé à des freins dissipatifs à disque. Pour simplifier, considérer que le véhicule se déplace sur
une route horizontale.
Conclusion : La structure de la chaîne d’énergie mettant en œuvre les deux actionneurs (machine électrique et freins à disque) étant
connue, il est maintenant nécessaire de déterminer la loi de commande permettant de satisfaire les exigences du CdCF.
En vue de respecter les performances liées au confort du conducteur et de ses passagers, il est nécessaire de mettre en place
une structure de commande qui assure la réalisation de la totalité de l’effort de freinage souhaité par le conducteur tout en optimisant
l’énergie récupérée, voir Figure 6.
Cfc(p) Cec(p)
Cfric(p)
Q.14 - A l’aide du schéma bloc de la Figure 6 et des données ci-dessus, déterminer les expressions, dans le domaine de Laplace, des
consignes de couples théoriques Cec(p) et Cfric(p) en fonction de CF .
Mais dans le cas du freinage mixte, la puissance électrique est Pélec(t) = Pmec(t) = Cec(t) r(t)
1 1
On rappelle que pour tout réel k 0 si une fonction f est définie par f(x) = ( x - ) e kx
k k
kx
alors sa dérivée f ’ est définie par f ’(x) = x e
Q.18 - Montrer que l’énergie électrique récupérée lors du freinage mixte d’une séquence urbaine type est :
. 1 tf
Edéc = CF 0 [ tf2 - tf + 2 - 2 exp( - ) ]
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Une étude mécanique du freinage montre que pour réaliser le freinage de la séquence urbaine type, il faut exercer un
couple CF = 915 N.m
Q.19 - Déterminer la valeur de l’énergie électrique récupérée lors du freinage pour les valeurs = 0 s et = 0,5 s .
L’évolution de l’énergie récupérée dans la batterie en fonction de la constante de temps du filtrage est donnée Figure 7.
Temps (s)
Figure 7 : Evolution de l’énergie récupérée en fonction de
Q.20 - Justifier l’allure de la courbe au regard de l’expression littérale obtenue à la question Q.17 et des valeurs numériques.
Q.21 - En utilisant la courbe de la Figure 7, déterminer la valeur maximale de permettant de satisfaire le cahier des charges en
terme de récupération d’énergie au freinage, dans la mesure où l’énergie consommée sans récupération est de 390 kJ.
Conclusion : Il est maintenant nécessaire de vérifier la pertinence de cette structure de commande sur la limitation des à-coups et des
vibrations pour valider les critères du cahier des charges.
7
III - Détermination d’un modèle de connaissance du véhicule et des actionneurs en phase de freinage.
Objectif : Valider un modèle de connaissance du véhicule et des actionneurs afin de l’utiliser pour prévoir le comportement du
système de freinage muni des deux actionneurs.
a - Paramétrage.
Roues arrière
freinées par
les freins à
friction
La transmission ayant un comportement élastique, elle sera modélisée par un dispositif ressort-amortisseur. Elle est donc
caractérisée par :
- un coefficient de raideur en torsion k ramené sur l’arbre des roues
- un coefficient d’amortissement en torsion ramené sur l’arbre des roues
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b - Traduction du modèle de connaissance sous la forme d’un schéma bloc.
Une étude mécanique de la transmission permet d’obtenir le modèle de connaissance défini par les deux équations ci-dessous
dans lesquelles les paramètres k et restent inconnus :
Jm m(t) = - Cme(t) + r { k [ r(t) - r m(t) ] + [ r(t) - r m(t) ] }
Jeq r(t) = - ( 1 + ) Cfri(t) - { k [ r(t) - r m(t) ] + [ r(t) - r m(t) ] } avec Jeq = 147 kg.m2
Q.22 - Compléter alors le schéma bloc de la transmission et du véhicule sur le document réponse.
Conclusion : à ce stade, les coefficients k et de la transmission restent inconnus et doivent être identifiés grâce à des essais.
Objectif : Identifier les paramètres d’un modèle de comportement proche du modèle de connaissance.
a(p)
Q.23 - Déterminer la fonction de transfert HFE(p) = , en fonction de A(p), B(p) et C(p).
Cme(p)
Q.24 - Compte tenu du schéma bloc obtenu à la question Q.22 donner l'expression des fonctions de transfert A(p), B(p) et C(p).
a(p)
Q.25 - En déduire l'expression littérale de la fonction de transfert HFE(p) = en fonction des paramètres du problème sous
Cme(p)
forme canonique, puis enfin,
exprimer cette fonction
numériquement, uniquement en
fonction de et k .
La réponse expérimentale
en accélération à un échelon
d’amplitude inconnue en couple
est rappelée Figure 9, avec un
Figure 9 : Zoom de la mesure de la décélération longitudinale du véhicule.
zoom sur le régime transitoire.
D
Figure 10 : Évolution des différents dépassements en fonction de l’amortissement pour un système du second ordre.
9
KFE
Q.26 - Dans un premier temps, en assimilant ce système à un système du second ordre du type HFE simplifiée(p) =
2 FE p p 2
1+ +
et en se servant de l’abaque de la Figure 10 , proposer des valeurs identifiées de FE et de FE puis FE FE2
en déduire les valeurs de k et de .
Objectif : Valider les coefficients identifiés par un retour sur le modèle de connaissance.
Conclusion : On dispose maintenant d’un modèle de connaissance du comportement dynamique du véhicule en phase de freinage.
Ce modèle permet de procéder à une simulation pour déterminer une commande du système de freinage.
a - Limites du filtrage.
On procède à une simulation, à l’aide du modèle dynamique et de la structure de commande rappelée Figure 12.
La dynamique du système de freinage à friction est prise en compte sous la forme d’un premier ordre de constante de
temps fri = 40 ms. On note Cmec(t) la consigne de couple imposée à la machine électrique.
Cfric(p)
En freinage nominal et pour les constantes de temps de filtrage = 0,1 s , = 0,2 s et = 0,3 s , la Figure 13 décrit :
- les décélérations simulées
- les écarts entre la décélération simulée et la courbe gabarit.
Q.28 - Quelle est la condition sur 1 permettant de respecter le cahier des charges en terme de vibrations ? En se référant à la
réponse de la question Q.21, que peut-on dire de l’effet de 1 sur les performances des fonctions de service FS2 et FS3 ?
On choisit définitivement pour la suite une constante de temps pour le filtrage 1 = 0,1 s.
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Afin de limiter les vibrations et de respecter les performances associées à la fonction de service FS3, la commande proposée
précédemment est enrichie. Dans cette commande évoluée, les actionneurs sont commandés par une régulation de la vitesse angulaire
de la machine électrique, comme le montre la structure de la Figure 14.
Les performances associées à la fonction de service FS3 sont désormais traduites en terme de spécifications dédiées à
l’asservissement :
FS3 Assurer le confort du conducteur Limitation des à-coups Premier dépassement en décélération inférieur à
et de ses passagers 50% de la valeur en régime permanent, lors d’un
freinage nominal
Limitation des vibrations Amortissement des différents modes de > 0,3
vibrations en boucle fermée
Objectif : Confirmer l’insuffisance de l’amortissement en l’absence de régulation en vitesse du moteur électrique à l’aide
des spécifications d’asservissement.
En l’absence d’asservissement en vitesse, il est possible de calculer les pôles de la fonction de transfert :
a(p)
Hsans asservissement(p) =
Cfc(p)
Les résultats de ce calcul sont : p1 = p2 = -1000 p3 = -50 p4 = -25 p5 = -10 p61 = -1,96 + 40 j p62 = -1,96 - 40 j
Q.31 - En déduire le facteur d’amortissement 6 associé aux pôles complexes conjugués p61 et p62 . Conclure quant au respect du
cahier des charges.
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b3 - Elaboration de la commande asservie en vitesse.
Afin d’amortir correctement les modes oscillants, et en optimisant la récupération d’énergie, on décide de ne compenser que
les variations de couple de décélération. La structure de cette commande est donnée Figure 14.
A partir de la commande déterminée précédemment, il est possible de calculer les pôles de la fonction de transfert :
a(p)
Havec asservissement(p) =
Cfc(p)
Les résultats de ce calcul sont : p1 = -5000 p2 = -1000 p3 = -22,6 p4 = -10 p5 = -7,8
p61 = -20 + 50j p62 = -20 - 50j p71 = -14 + 14 j p72 = -14 - 14 j
Q.32 - Vérifier que la commande ainsi réglée devrait permettre de satisfaire les exigences du cahier des charges pour la fonction de
service FS3.
V - Conclusion de l’étude.
Le graphe de la Figure 15 est l’enregistrement temporel expérimental de la décélération obtenue pour un véhicule prototype
équipé d’une structure de commande avec correcteur anti-à-coup proche de celle déterminée précédemment.
Q.33 - Vérifier que le système de récupération d’énergie au freinage satisfait les exigences du cahier des charges pour la fonction de
service FS3.
Q.34 - Proposer une synthèse de l’ensemble de la démarche utilisée pour concevoir la structure optimale du système de récupération
d’énergie au freinage sur un véhicule électrique.
K p2
Question supplémentaire : Q.35 - Le correcteur envisagé ci-dessus est de fonction de transfert C(p) = . Représenter son
( 1 + 2 p )2
diagramme de Bode pour K = 10 et 2 = 0,1 s
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Nom - Prénom : P.C.S.I.
Q.13 - Compléter sur le document réponse, la structure de la chaîne d’énergie lors du freinage du véhicule électrique muni d’un
système de récupération d’énergie associé à des freins dissipatifs à disque. Pour simplifier, considérer que le véhicule se déplace sur
une route horizontale.
Q.22 - Compléter alors le schéma bloc de la transmission et du véhicule sur le document réponse.
r(p)
m(p) r
a(p)
CCmec (p) CC (p)
meme 1 m 1
mec 1 r k p Rr p 2
+ J eq p p k
2
1 0,02 p J m p2 r 2 p r 2k
-
CC
fric(p) Cfri
C(p)
fric 1 fri
1
1 0,04 p
Transmission et véhicule