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Mémoire SEAAL

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère De l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

ECOLE NATIONALE POLYTECHNIQUE


DEPARTEMENT D’HYDRAULIQUE

Projet de fin d’études


Pour l’obtention du titre d’ingénieur d’Etat en hydraulique

THEME

Exploitation des inspections télévisées des réseaux


d’assainissement :
mise au point d’un outil de valorisation des résultats

Présenté par :
lle
M Kamélia Abir BOUSSAFEUR

Dirigé par :
M. Nabil KECHAR SEAAL
Mme. Mathilde Le ROUX SEAAL
Dr. Abdelmalek BERMAD ENP

Année universitaire : 2009 - 2010


Remerciements
Je tiens à remercier, en premier lieu, mon enseignant et coencadreur Abdelmalek BERMAD
de l’ENP qui m’a orientée vers la SEAAL pour mon stage de fin d’études. Ensuite, je souhaite
remercier particulièrement Jean Marc PATISSOUT qui a bien voulu m’accueillir à la
SEAAL.

Je remercie Mathilde Le ROUX de m’avoir proposé ce thème, de m’avoir suivie tout au long
de mon travail et de m’avoir aidée notamment pour la programmation en VBA. Ses remarques
et critiques durant les après-midis de travail qu’elle m’a consacrée m’ont été d’une aide pré-
cieuse. Un grand merci également à mon maître de stage, Nabil KECHAR qui a su me trans-
mettre toute son expérience du métier visite du réseau. Pour ses encouragements, sa bonne
humeur et son encadrement pour toute la partie pratique de ce travail.

Mes remerciements vont ensuite aux agents et employés de la SEAAL pour leur disponibilité
et conseils. Je cite :
Hamid HIMENE pour toutes ses explications concernant le Diagnostic Rapide.
Nabila TAIR et Hadjila NACER-BEY de l’équipe du Système d’Information Géographique.
Lyes TOUZOUTI et Amar ALIOUI de l’équipe de visite d’encrassement. Lyes CHENANE et
Mahfoud HADJADJI de l’IVP, ainsi que Rabah Rafik IGHIL MELLAH. Les agents d’ITV :
Nacer ZIANE, Djamel MEGARBA, Toufik BRAHITI et Merouane BESSOU. L’ingénieur
topographe Mohamed LOUAIFI, l’ingénieur hydraulicien Abdelkrim BOUKHARI.

Les experts qui ont bien voulu m’aider afin de mettre au point le système expert pour la nota-
tion des tronçons inspectés : Bernard BORDENAVE, Marc GALIANO, Nabil KECHAR,
Mourad OUZZANE, Mathilde Le ROUX et Malek SIAHMED.

Je remercie à nouveau Marc GALIANO pour tous les documents qu’il a mis en ma disposi-
tion et Malek SIAHMED pour la journée qu’il m’a consacrée afin de m’expliquer les étapes
de renouvellement des tronçons et l’organisation de chantier.

Je tiens également à remercier Abdesslam ZERHOUNI qui m’a fait visiter les chantiers de
renouvellement.

Je remercie également Nassima OUILEM pour la documentation concernant le DiagRap.

Je remercie aussi les personnes externes qui m’ont fait découvrir la réalisation des travaux :
Mohamed BOUKARA de l’entreprise MAHROUSA rencontré sur le chantier de Sidi Mous-
sa. SENIANI gérant de l’entreprise Hydroprof travaillant sur le chantier d’Eucalyptus.

Une pensée émue et un grand merci à Mohamed Yacine LAMOUDI pour m’avoir initiée à la
programmation en VBA sous Excel et pour toutes ses réflexions sur le sujet.

Et enfin, je remercie les membres du jury qui ont bien voulu évaluer le travail de fin d’études
présenté dans ce mémoire.

Page 2
‫انمهخص‬
‫من أجم تحسين تسييش شثكح تطهيش انمياه انمستعمهح نىاليح انجزائش يجة عهى ششكح سيال انتزود تثشنامج معهىماتي نتقييم‬
‫هي عثاسج عن أداج نذعم‬.‫ تقتشح هزه انمزكشج منهجيح نتنقيط قنىاخ هزه انشثكح نتنظيم أعمال انتشميم‬.‫تفتيش انقنىاخ تانكاميشا‬
.‫ وقائمح عهى آساء انخثشاء‬VBA Excel ‫اتخار انقشاساخ مثشمجح تـ‬

.‫ شثكح تطهيش انمياه انمستعمهح‬،‫ أداج تشخيص انعيىب‬،‫ تفتيش انقنىاخ تانكاميشا‬:‫انكهماخ انمفتاحيح‬

Résumé
Afin d’améliorer la gestion du réseau d’assainissement de la wilaya d’Alger, la Société des
Eaux et de l’Assainissement de la wilaya d’Alger (SEAAL) doit se doter d’un outil de valori-
sation des ITV. Ce mémoire propose une méthodologie pour la notation des tronçons de ce
réseau afin de hiérarchiser les travaux de réhabilitation. Il s’agit d’un outil d’aide à la décision
programmé en VBA sous Excel basé sur avis d’experts.

Mots clés : Inspection TéléVisuelle (ITV), outil de diagnostic, réseau d’assainissement.

Abstract:
In order to improve Algiers sewer networks management, the company SEAAL needs a tool
for evaluating closed circuit television sewer inspection reports. This work suggests a metho-
dology for ranking sewer mains in order to prioritize their rehabilitation. It is a decision
making tool programmed in VBA Excel based on expert judgments.

Key words: closed circuit television sewer inspection, assessment tool, sewer networks.

Page 3
Sommaire
Liste des figures ................................................................................................ 7

Liste des tableaux ............................................................................................. 8

Liste des acronymes ......................................................................................... 8

Introduction générale ....................................................................................... 9

Chapitre I Présentation de l’organisme d’accueil et du sujet de stage ........ 11


I.1 Introduction : ............................................................................................................. 11
I.2 Organisation : ............................................................................................................ 11
I.2.1 Missions : ........................................................................................................... 12
I.2.2 Chiffres clés : ..................................................................................................... 12
I.2.3 Direction Assainissement : ................................................................................. 12
I.3 Le contrat avec SUEZ Environnement : .................................................................... 14
I.3.1 Objectifs du contrat :.......................................................................................... 14
I.3.2 Contexte financier et moyens du contrat :.......................................................... 14
I.3.3 Transfert de Savoir-Faire (TSF) : ...................................................................... 14
I.4 Contexte du travail à réaliser : ................................................................................... 16
I.4.1 Objectif de l’étude : ............................................................................................ 16
I.4.2 Démarche de l’étude : ........................................................................................ 16
I.5 Conclusion : ............................................................................................................... 18

II. Chapitre II Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement


urbain.............................................................................................................. 19
II.1 Introduction : ............................................................................................................. 19
II.2 Gestion des réseaux d’assainissement: ...................................................................... 19
II.2.1 Gestion patrimoniale des réseaux d’assainissement .......................................... 19
II.2.2 Outils d’aide à la décision en assainissement : ................................................. 20
II.3 Entretien et maintenance des réseaux d’assainissement ............................................ 20
II.3.1 Connaissances sur la dégradation des tronçons ................................................ 20
II.3.2 Entretien des réseaux d’assainissement :........................................................... 22

Page 4
II.3.3 Auscultation des réseaux d’assainissement : ..................................................... 24
II.3.4 Réhabilitation des réseaux d’assainissement :................................................... 27
II.3.5 L’inspection visuelle des réseaux d’assainissement : ........................................ 31
II.3.6 Description de la norme NF EN 13508 « Condition des réseaux d'évacuation et
d'assainissement à l'extérieur des bâtiments - Partie 2 : Système de codage de
l'inspection visuelle » ....................................................................................................... 34
II.4 Conclusion ................................................................................................................. 39

III. Chapitre III Gestion du réseau d’assainissement à la SEAAL ........... 41


III.1 Introduction ............................................................................................................... 41
III.2 Patrimoine réseau d’assainissement de la wilaya d’Alger :....................................... 41
III.2.1 Système d’information géographique................................................................. 41
III.2.2 Inventaire du patrimoine .................................................................................... 42
III.3 Gestion de la visite du réseau d’assainissement de la wilaya d’Alger : .................... 43
III.3.1 Méthodologie DiagRap : .................................................................................... 43
III.3.2 Moyens de curage et d’inspection :.................................................................... 45
III.3.3 Programmation des travaux ............................................................................... 47
III.3.4 Etat actuel des rapports d’ITV : ......................................................................... 47
III.4 Conclusion ................................................................................................................. 48

IV. Chapitre IV Création d’un outil de valorisation des ITV ................... 49


IV.1 Introduction ............................................................................................................ 49
IV.2 Déroulement du stage............................................................................................. 49
IV.2.1 Opérations de terrain ......................................................................................... 49
IV.2.2 Contribution à l’amélioration de la base de données du SIG ............................ 50
IV.2.3 Elaboration de l’outil ......................................................................................... 50
IV.3 Méthodologie ......................................................................................................... 51
IV.3.1 Théorique : échantillon représentatif ................................................................. 51
IV.3.2 Réelle : éléments disponibles ............................................................................. 52
IV.4 Description de l’outil : ........................................................................................... 54
IV.4.1 Interface et données à entrer .............................................................................. 54
IV.4.2 Fonctionnement du programme ......................................................................... 57
IV.4.3 Messages d’alerte ............................................................................................... 60

Page 5
IV.5 Calage de l’outil : ................................................................................................... 60
IV.6 Conclusion ............................................................................................................. 62

Conclusion générale ....................................................................................... 63


Conclusion et analyse de la solution proposée : ................................................................... 63
Recommandations ................................................................................................................ 63
Perspectives .......................................................................................................................... 65

Bibliographie .................................................................................................. 66

Annexes ........................................................................................................... 68

Page 6
Liste des figures
Figure 1 : Délimitation territoriale des centres d'assainissement ............................................. 13
Figure 2 : Organigramme de la Direction Assainissement....................................................... 13
Figure 3 : Métiers WIKTI ........................................................................................................ 15
Figure 4 : Types de réhabilitation des réseaux d'assainissement ............................................. 27
Figure 5 : Classification des techniques de réhabilitation des ouvrages non visitables
(MOZZICONACCI 2001); (YAHIAOUI 2000) ...................................................................... 30
Figure 6 : Types d'inspections visuelles ................................................................................... 32
Figure 7 : Matériel d'inspection télévisée (en haut à gauche: caméras, en haut à droite:
fourgon, en bas à gauche : poste de pilotage, en bas à droite : poste chantier) ........................ 34
Figure 8 : Système de codage de la norme NF EN 13508-2 .................................................... 35
Figure 10 : Photo de fissures longitudinales ............................................................................ 36
Figure 9 : Exemples de références horaires.............................................................................. 36
Figure 11 : Photo d'un décentrage radial .................................................................................. 37
Figure 12 : Répartition du matériau des conduites du réseau d'assainissement ....................... 42
Figure 13 : Répartition de la forme des conduites du réseau d'assainissement ........................ 43
Figure 14 : Répartition de l'implantation des conduites du réseau d'assainissement ............... 43
Figure 15: Cycle de la gestion patrimoniale en utilisant le DiagRap ....................................... 45
Figure 16 : Hydrozoom V2 ...................................................................................................... 45
Figure 17 : Extrait d'un rapport d'ITV ...................................................................................... 51
Figure 18 : Description simplifiée de la méthode .................................................................... 52
Figure 19 : Fiche de synthèse des rapports d'ITV .................................................................... 55
Figure 20: Message d'erreur de copie ....................................................................................... 55
Figure 21 : L'onglet SORTIES de l'outil .................................................................................. 56
Figure 22: Boîte de dialogue de la demande d'intervention ..................................................... 56
Figure 23 : Boîte de dialogue du numéro de rapport ................................................................ 57
Figure 24 : Emplacement de la date d'inspection dans l'onglet ENTREES ............................. 57
Figure 25: Emplacement de l'objet d'inspection....................................................................... 58
Figure 26 : L'onglet LISTES pour le matériau et l'objet d'inspection ...................................... 58
Figure 27 : Matériau (en gris) et Diamètre (en jaune) de la conduite ...................................... 59
Figure 28 : Boîte de dialogue ERREUR .................................................................................. 60
Figure 29 : boîte de dialogue de fins de défauts non mentionnées........................................... 60
Figure 30 : Notation des tronçons par les experts (1) .............................................................. 61
Figure 31 : Notation des tronçons par les experts (2) .............................................................. 61

Page 7
Liste des tableaux
Tableau 1 : Niveaux de dégradation des tronçons .................................................................... 17
Tableau 2 : Classification des techniques de réhabilitation des ouvrages visitables................ 28
Tableau 3 : Description codée de fissures longitudinales ........................................................ 36
Tableau 4 : Description codée d'un décentrage radial .............................................................. 37
Tableau 5 : Codes identificateurs de champ ............................................................................. 37
Tableau 6 : Codes identificateurs de données d’inspection ..................................................... 38
Tableau 7 : Tableau présentant le format codé d'un rapport d'ITV .......................................... 38
Tableau 8 : Nombre de défauts par type d'observation selon la norme EN 13508-2 ............... 39
Tableau 9 : Caractéristiques des caméras et chariots d'ITV ..................................................... 46
Tableau 10: Inventaire du statut des rapports ITV en ml ......................................................... 47

Liste des acronymes


ADE : Algérienne Des Eaux
BET : Bureau d’ETudes
CARE-S : Computer Aided Rehabilitation of Sewer and Storm Water Networks
INDIGAU : INDicateurs pour la Gestion patrimoniale des réseaux d’Assainissement Urbains
ITV : Inspections TéléVisuelles
IVP : Inspection au VidéoPériscope
IWA : International Water Association
Ofwat : The Water Services Regulation Authority
ONA : Office National de l’Assainissement
RERAU : REhabilitation des Réseaux d'Assainissement Urbains
SE : SUEZ Environnement
SEAAL : Société des Eaux et de l’Assainissement d’ALger
SIG : Système d’Information Géographique
SPA : Société Par Actions
STEP : Station d’EPuration
TSF : Transfert de Savoir Faire
VBA : Visual Basic for Applications
WIKTI: Water International Knowledge Transfer Initiative

Page 8
Introduction générale
La croissance et le développement urbains sont associés à l’évolution et l’extension des in-
frastructures urbaines.
Les réseaux d’assainissement constituent un patrimoine communal non négligeable. Et c’est
justement suite à cette évolution urbaine, à la raréfaction de la ressource et la nécessité
d’assurer la protection de l’environnement qu’il devient indispensable de maintenir ce patri-
moine en bon état pour une période de service maximale.
La plupart des collecteurs sont aujourd’hui fortement dégradés. Il devient donc nécessaire de
procéder à leur réhabilitation. Nous passons, par conséquent, du temps de la construction à
l’ère de la réhabilitation. C’est ainsi que sont apparus des modèles de gestion du réseau
d’assainissement urbain un peu partout dans le monde.

En Algérie, en revanche, la notion de gestion des réseaux d’assainissement urbain n’est pas
encore très répandue. Ce n’est qu’avec l’arrivée de la Société des Eaux et de l’Assainissement
d’ALger (SEAAL) qu’on note une réelle prise de conscience.

Le manque d’informations sur le réseau algérois rend la mise en place des stratégies de ges-
tion et d’exploitation difficiles et coûteuses. De ce fait, il a été d’abord nécessaire de cons-
truire un Système d’Information Géographique (SIG) afin de synthétiser toutes les connais-
sances disponibles sur le réseau d’assainissement. Il est important que ces données soient
fiables et correspondent à la réalité du terrain. Aujourd’hui que la période de construction du
SIG arrive à terme, l’étape qui suit consiste en la pérennisation des ouvrages existants ou la
gestion patrimoniale.

La gestion patrimoniale permet d’entretenir le réseau et d’anticiper les dégradations qui tou-
cheraient éventuellement les ouvrages. Elle permet également une approche prévisionnelle à
long terme et sert de support à la politique d’investissement du gestionnaire.

Dans le domaine de la gestion patrimoniale, les inspections visuelles des réseaux


d’assainissement sont un élément essentiel d’appréciation du degré de fonctionnalité et de
performance des ouvrages. Les orientations du gestionnaire dépendent fortement de ces ins-
pections.

Le travail présenté dans ce document traite justement de cet aspect de la gestion des réseaux.
Il consiste en l’élaboration d’un outil de valorisation des Inspections TéléVisuelles (ITV). Cet
outil permet l’interprétation des rapports issus des inspections des réseaux grâce à une nota-
tion automatique des conduites.

L’étude se présente en quatre chapitres :


Le chapitre I présente l’organisme d’accueil, il définit globalement le but de l’étude et le con-
texte dans lequel elle a été réalisée.
Le chapitre II porte sur des généralités, il essaie notamment de donner des bases de gestion
patrimoniale des réseaux d’assainissement urbain. Il permet également d’approfondir la des-

Page 9
cription des inspections des réseaux et tous les éléments pertinents pour l’élaboration de
l’outil de notation.
Le chapitre III entreprend de décrire la méthodologie adoptée par la SEAAL pour la gestion
patrimoniale du réseau d’assainissement de la wilaya d’Alger.
Enfin, le chapitre IV présente la méthodologie que nous avons développée pour définir l’outil
d’aide à la décision ainsi qu’une description détaillée de l’outil élaboré.

Page 10
Chapitre I
Présentation de l’organisme d’accueil et
du sujet de stage
I.1 Introduction :
La Société des Eaux et de l’Assainissement d’Alger (SEAAL) est une société par actions
(SPA) détenue par l’Algérienne Des Eaux (ADE) et l’Office National de l’Assainissement
(ONA). Elle a pour mission la gestion des services de l’eau et de l’assainissement de la wilaya
d’Alger.
Créée le 1er mars 2006, la SEAAL est un opérateur public de droit algérien. Afin d’optimiser
cette gestion et de profiter du savoir faire étranger, SEAAL a opté pour un contrat de 5 ans et
6 mois avec SUEZ Environnement (SE), spécialiste dans le domaine. Grâce à son programme
de Transfert de Savoir-Faire (TSF), SE suit l’ensemble des métiers de SEAAL, l’objectif étant
d’aboutir à une bonne maîtrise de ceux-ci par les cadres locaux.
Présentation et organisation de la SEAAL :

I.2 Organisation :
La SEAAL regroupe plus de 4000 employés au sein des principales structures suivantes :
 Direction Générale : est chargée de la politique et des orientations générales. Elle as-
sure ainsi la coordination de l’ensemble des directions.
 Directions opérationnelles :
- Direction Exploitation Eau Potable comprenant :
 La Direction Distribution ;
 La Direction Production ;
- Direction Assainissement ;
- Direction Clientèle.

 Directions supports :
- Direction Achats et Logistique
- Direction Technique
- Direction des Investissements
- Direction du Patrimoine
- Direction Finance et Comptabilité
- Direction des Ressources Humaines
- Direction de la Communication

Les directions opérationnelles représentent le cœur du métier. Pour mener à bien leurs mis-
sions, celles-ci sont assistées des directions supports.

Page 11
Chapitre I : Présentation de l’organisme d’accueil et sujet de stage

I.2.1 Missions :
La SEAAL a pour principales missions :
- Assurer une distribution d’eau de qualité 24h/24.
- Gérer de façon pérenne les ouvrages et installations d’eau et d’assainissement.
- Améliorer la qualité du milieu naturel par l’élimination des rejets directs.
- Instaurer une gestion clientèle moderne et efficace pour améliorer la satisfaction des
clients.

I.2.2 Chiffres clés :


Eau Potable :
4 461 km de réseau
12 centres d’exploitation
245 forages en service
148 réservoirs, 706 000 m3 stockés
58 stations de pompage
2 usines de traitement d’eau superficielle (620 000 m3/jour)

Assainissement :
3 200 km de réseau
33 postes de relevage
4 stations d’épuration (2 gérées par SEAAL)

Clientèle :
494 000 clients
18 agences commerciales
25 points d’accueil

I.2.3 Direction Assainissement :


La direction de l’assainissement a pour fonction la collecte et le traitement des eaux usées de
la wilaya d’Alger.
Elle comprend trois unités :
 Deux unités territoriales (Est et Ouest) ; chacune d’elles est à son tour divisée en
centres (voir figure 1):
- Centres Exploitation Réseau
- Centres Exploitation Station d’EPuration (STEP)

Page 12
Chapitre I : Présentation de l’organisme d’accueil et sujet de stage

Figure 1 : Délimitation territoriale des centres d'assainissement

 La troisième unité renforce les précédentes grâce aux interventions des centres de:
- Curage
- Grands Travaux
- Maintenance

Et enfin, le Centre des Moyens Techniques regroupe ; le Bureau d’ETudes (BET), le SIG et la
Maintenance et Automatisme.
La figure 2 montre l’organigramme de la direction de l’assainissement.

Figure 2 : Organigramme de la Direction Assainissement

Page 13
Chapitre I : Présentation de l’organisme d’accueil et sujet de stage

I.3 Le contrat avec SUEZ Environnement :


I.3.1 Objectifs du contrat :
Le contrat de management conclu entre SEAAL et SUEZ Environnement vise à atteindre les
objectifs que se sont fixés les deux actionnaires (ADE et ONA) en se donnant les moyens
financiers appropriés tout en assurant un réel transfert de savoir-faire.

I.3.2 Contexte financier et moyens du contrat :


Les moyens mis à disposition du contrat sont les suivants :
- Un programme ambitieux d’investissement financé par l’état :
 100 milliards de dinars en 5 ans pour la mobilisation des ressources en eau et la
réhabilitation des infrastructures.
 Pour améliorer l’emploi des actifs :
35 milliards de Dinars sur 5 ans
Mobilisation de 27 experts de SE
Réalisation de missions d’assistance technique spécifiques en fonction des
besoins par des experts de SE
- L’installation d’outils modernes de gestion tels que le Centre de Télécontrôle, la mo-
dulation de pression…
- Un transfert de savoir-faire de SE grâce à une méthodologie structurée et innovante.
- La mise en place d’un centre de formation aux métiers de l’eau et de l’assainissement

I.3.3 Transfert de Savoir-Faire (TSF) :


L’accès au savoir-faire de SE et son transfert aux agents de SEAAL est un des objectifs ma-
jeurs du contrat de SEAAL.
Ce transfert de savoir-faire repose sur les principes suivants (D. d’ARRAS 2009) :
- capter les connaissances et le savoir métier là où ils existent dans le groupe
- Formaliser ce savoir en le transformant en documents consolidés et validés
- Mettre ce savoir à disposition
- Diffuser ce savoir.

Métiers WIKTI :
Le programme WIKTI (Water International Knowledge Transfer Initiative) est le référentiel
de base du TSF de SE. C’est une démarche structurée et innovante qui mesure l’évolution du
niveau de maîtrise par les équipes pour les 36 métiers exercés à la SEAAL. Ces métiers en-
globent les 4 domaines suivants (voir figure 3):
 Eau potable : 12 métiers
 Assainissement : 8 métiers
 Clientèle : 7 métiers
 Support : 9 métiers

Page 14
Chapitre I : Présentation de l’organisme d’accueil et sujet de stage

Figure 3 : Métiers WIKTI

Tous les métiers WIKTI sont documentés. Autrement dit, à chaque fonction est attribué un
kit métier. Celui-ci décrit les tâches des intervenants avec des rappels techniques pour les
orienter afin de mener à bien leurs fonctions.
Une liste de règles de base est définie dans chaque kit métier.
L’évaluation de la maîtrise d’un métier repose sur un système de notation (de 1 à 6), ci-
tons les trois principales notes :
1 : service très défaillant
3 : service de standard international, mature et autonome
6 : Niveau de leadership international

Se basant sur les règles de base, un ajustement de la notation est réalisé tous les trimestres.
Chaque métier est représenté par un référent métier qui a en charge l’établissement et le
suivi des plans d’actions pour améliorer la maîtrise du métier dont il est en charge.

Page 15
Chapitre I : Présentation de l’organisme d’accueil et sujet de stage

I.4 Contexte du travail à réaliser :


I.4.1 Objectif de l’étude :
Le travail sur les Inspections Télévisuelles des réseaux d’assainissement, présenté dans ce
document, s’inscrit dans le cadre du métier « Visite du réseau ». Ce métier a pour but de :
- veiller au bon fonctionnement des réseaux
- évaluer les opérations de curage à mettre en œuvre
- évaluer l’état du patrimoine et les opérations de réparation, de réhabilitation et de re-
nouvellement à mettre en œuvre (SUEZ Environnement 2007).
A sa dernière évaluation, le métier « Visite du réseau d’assainissement » a obtenu la note 3
sur 6.
Le bilan est donc positif, mais des axes d’améliorations ont encore été identifiés comme la
nécessité de reporter l’ensemble des résultats recueillis lors des visites et enquêtes de confor-
mité sur un Système d’Information Géographique. Ainsi, une cartographie thématique des
réseaux d’assainissement pourrait être établie donnant l’état du patrimoine réseau. D’autre
part, les rapports d’ITV sont encore assez peu valorisés car souvent trop complexes pour les
exploitants.
Il devient donc urgent pour la SEAAL de se doter d’un outil de travail permettant de :
 Valoriser les ITV
 Classer les anomalies
 Noter les ITV afin de définir des niveaux de dégradation des tronçons
 Choisir la technique de réhabilitation suite à cette notation
Le travail de fin d’études consiste donc en l’élaboration d’un outil de notation des tronçons
inspectés sous Excel en vue de la hiérarchisation des travaux de réhabilitation. Cet outil sera à
destination des exploitants tels que Chefs de centre, qui sont amenés à déclencher des travaux
sur leur périmètre.
Actuellement, les rapports d’ITV sont exploités par un seul expert qui programme des travaux
en cas de besoin. En élaborant l’outil de valorisation des ITV, ces rapports vont être exploités
de façon à regrouper l’avis de plusieurs experts et de hiérarchiser les tronçons de façon mé-
thodologique.

Cet outil a pour but de :


 Analyser les rapports d’ITV de façon automatique : il s’agit d’attribuer une note à
chaque tronçon. Cette note donne une indication sur l’état de dégradation ;
 Programmer des interventions suite à cette analyse (renouvellement, réparation, ins-
pection, curage, rehausse, coupe-racines).

I.4.2 Démarche de l’étude :


En vue de répondre aux objectifs fixés, l’approche de l’étude s’est articulée autour de quatre
parties :
- Dans un premier temps, une synthèse bibliographique sur la gestion et la maintenance
des réseaux d’assainissement est présentée. Différentes notions relatives à
l’assainissement et en rapport direct avec le thème abordé y sont mentionnées.

Page 16
Chapitre I : Présentation de l’organisme d’accueil et sujet de stage

- Dans une seconde partie, une description de la méthode adoptée par la SEAAL pour la
gestion du patrimoine réseau vient mettre en valeur l’importance et l’apport du travail
de fin d’études.
- La troisième partie présente la démarche adoptée pour l’élaboration de l’outil qui a
pour but la notation des ITV en vue de décider de l’intervention à prévoir pour la ré-
habilitation des tronçons inspectés.
Cette méthodologie a été obtenue de manière exploratoire et empirique en se basant
sur avis d’experts.
Le résultat final auquel nous devons aboutir est la détermination des niveaux de dé-
gradation de chaque tronçon inspecté. Ces niveaux de dégradation varient de 1 à 5 tels
que présentés dans le tableau suivant :

Tableau 1 : Niveaux de dégradation des tronçons


Niveau de Gravité Descriptif
1 Pas de défauts ou défauts insignifiants
2 Réseau usagé, pas d’intervention à prévoir
3 Réseau détérioré, à surveiller
4 Travaux à programmer
5 Travaux d’urgence

Le niveau 1 correspond à un réseau présentant les mêmes caractéristiques qu’un ré-


seau neuf. Le niveau 2 témoigne d’un réseau usagé sans toutefois présenter des signes
de détérioration. Il ne nécessite donc aucune intervention.
Le niveau 3 concerne les réseaux qui ne tarderont pas à présenter des dysfonctionne-
ments ; une autre inspection est à programmer.
Le niveau 4 indique une détérioration de la conduite, le réseau n’assure plus ses fonc-
tions ; des travaux de réhabilitation ou de renouvellement sont à programmer.
Le niveau 5 est un niveau 4 qui ne peut pas attendre, la conduite est dans un état catas-
trophique.
Outre ces niveaux de dégradation, d’autres interventions peuvent être programmées :
le curage, le coupe-racines et la rehausse des regards.

- Enfin, après avoir présenté le travail dans les parties précédentes, il est nécessaire
d’établir un bilan et une analyse de l’étude tout en apportant des recommandations et
perspectives de l’outil pour une exploitation optimale des rapports d’ITV.

Ce projet présente plusieurs aspects :


- le premier est l’aspect pratique puisque des visites de terrain ont été effectuées ;
- l’aspect décisionnel : il a été question de la mise en place d’un outil d’aide à la déci-
sion ;
- et enfin le volet programmation sous Visual Basic.

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Chapitre I : Présentation de l’organisme d’accueil et sujet de stage

I.5 Conclusion :
La SEAAL possède aujourd’hui tous les moyens financiers et humains pour une gestion opti-
male des réseaux d’eau et d’assainissement.
Le travail présenté dans ce document vient appuyer les efforts des intervenants du métier « vi-
site du réseau d’assainissement » qui œuvrent dans le but d’élever le niveau de service aux
standards internationaux.

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II. Chapitre II
Gestion et maintenance des réseaux
d’assainissement urbain
II.1 Introduction :
Ce chapitre a pour vocation de citer, dans un premier temps, une brève synthèse sur les diffé-
rentes méthodes de gestion en adoptant le concept de gestion patrimoniale. Il décrit ensuite les
opérations de maintenance et d’entretien des réseaux d’assainissement après avoir défini la
notion de dégradation des conduites. Par la suite, sont abordées les différentes techniques de
réhabilitation des canalisations d’assainissement urbain. Enfin, une description détaillée des
ITV et de la norme NF EN 13508 – 2 est présentée.
Le recours à des méthodes de gestion des réseaux d’assainissement urbain n’est apparu que
récemment. D’une part, parce que ces réseaux sont dans la plupart des cas constitués
d’ouvrages enterrés donc non apparents. D’autre part, la priorité est attribuée aux autres ré-
seaux urbains notamment les réseaux routiers et les systèmes d’alimentation en eau potable.
Cette optique a aujourd’hui changé. En effet, les ressources en eau traditionnelles se font rares
et l’impact environnemental des rejets devient l’objectif majeur des gestionnaires du réseau
d’assainissement urbain. C’est pourquoi, le concept d’assainissement urbain est remplacé par
celui de gestion des eaux urbaines (GRANGER 2009).
Cette prise de conscience est à présent réelle. Plusieurs approches ont été élaborées à travers
le monde. Les systèmes collectifs d’assainissement deviennent en conséquence de plus en
plus sophistiqués : par l’intégration d’outils de gestion en temps réel, par exemple
(GRANGER 2009).

II.2 Gestion des réseaux d’assainissement:


II.2.1 Gestion patrimoniale des réseaux d’assainissement
Rappelons la définition normative d’une gestion patrimoniale (FAERBER 2007) :
« La gestion patrimoniale vise à optimiser les investissements. Elle repose sur l’utilisation de
documents ou informations suivantes :
- Inventaire du patrimoine
- Durée de vie technique prévisionnelle
- Tout élément relatif à l’évolution des ouvrages. »
C’est une approche technico-économique puisqu’elle a pour objectif, avec une vision à long
terme, de pérenniser les ouvrages dans des conditions financières acceptables.
Sont apparus alors les outils d’aide à la décision en assainissement, fortement inspirés par
ceux élaborés dans le domaine routier et de l’eau potable.

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

II.2.2 Outils d’aide à la décision en assainissement :


Le patrimoine vieillissant étant considérable, il incite les gestionnaires à se tourner vers la
recherche pour développer des outils permettant de mesurer, d’estimer et de prédire l’état de
performance des ouvrages enterrés.
Nous distinguons différentes manières de faire (GRANGER 2009) :
Outils de gouvernance :
 Indicateurs de performance : ce sont des indicateurs génériques qui évaluent le
service rendu par le système d’assainissement en se basant sur des listes
d’indicateurs prédéfinies. Ils permettent de comparer plusieurs systèmes sur des
territoires différents tout en affichant une transparence dans la gestion. Des
exemples de ces indicateurs de performance sont ceux développés par :
- l’International Water Association (IWA)
- l’Ofwat (The Water Services Regulation Authority) en Angleterre et Pays
de Galles
- (Guérin-Schneider, et al. 2003); (LE GAUFFRE, et al. 2004) ; Institut de
la Gestion Déléguée ; (COUSQUER, et al. 2005), en France
Pour plus de précisions, il est conseillé de se reporter aux références citées.
 Guides méthodologiques : De nombreux travaux se sont orientés vers la réalisation
de guides de bonnes pratiques.

Outils de gestion globale :


 Les outils d’aide à la décision à l’échelle de l’ouvrage tels que CARE-S et RERAU
 Les outils d’aide à la décision à l’échelle du système de gestion des eaux urbaines :
ils portent sur le choix de techniques alternatives tels que le programme de re-
cherche européen « DayWater ».

II.3 Entretien et maintenance des réseaux d’assainissement


La gestion, la maintenance et l’entretien des réseaux d’assainissement nécessitent un mini-
mum de connaissances sur le type et la nature des interventions à opérer. Ce qui suit tente
d’expliciter certaines notions relatives au métier.

II.3.1 Connaissances sur la dégradation des tronçons


L’état de dégradation est précisément évalué par l’écart existant entre les finalités associées au
réseau et sa performance réelle (TRIANTAFILLOU 1987).

II.3.1.a Fonctions d’un réseau d’assainissement :


Les caractéristiques fonctionnelles du réseau d’assainissement sont :
- L’intégrité de la structure : qui représente la durée de vie de la canalisation et du rem-
blai de sa tranchée, qui dépendra à la fois du choix de la conduite, du mode de pose, et
enfin du matériau de fondation et de remblai.
- L’étanchéité : qui a pour but la protection du sous-sol et de la nappe aquifère en vue
de protéger les eaux souterraines et d’empêcher les eaux claires parasites d’arriver
jusqu’à la station d’épuration.

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

- La capacité hydraulique (capacité à évacuer l’effluent) : afin d’éviter les inondations


en transportant à l’aval le débit maximal correspondant à un risque calculé en terme de
probabilité d’un évènement pluvial exceptionnel (ou période de retour).
Evidemment, ces principes de bon fonctionnement sont liés ;
Prenons pour exemple la défaillance de la structure de la conduite (déstabilisation de
l’équilibre sol/conduite ou effondrement) entraînant une perte d’étanchéité, ce qui conduit à
des intrusions de remblai ou de sol encaissant (obstruction du tronçon) minimisant ainsi la
capacité hydraulique (VASCONCELOS 2005).

II.3.1.b Causes des dégradations des réseaux


La dégradation des réseaux d’assainissement est due à trois types de facteurs (FAERBER
2007) :
 Des facteurs intrinsèques
 Des facteurs internes au réseau
 Des facteurs externes au réseau

Facteurs intrinsèques :
Les facteurs intrinsèques sont ceux qui sont présents avant la mise en service de l’ouvrage. Ce
sont par exemple les défauts de conception, les défauts de pose et malfaçons pendant les tra-
vaux de réalisation de l’ouvrage.

Facteurs internes :
Les facteurs internes sont liés aux différentes fonctions du réseau. Les actions qui peuvent
affecter l’ouvrage :
 L’agressivité du sol environnant par rapport au collecteur : pH du sol, présence de
composés chimiques incompatibles avec le matériau constitutif du collecteur, action
de l’eau…
 L’action mécanique des effluents transportés telle que l’érosion au sens physique
 L’action chimique et biologique des effluents causant les phénomènes d’érosion chi-
mique, de corrosion…

Facteurs externes :
Les facteurs externes regroupent les actions de l’environnement de l’ouvrage telles que :
 Les phénomènes géophysiques : glissements de terrain, tassements, mouvements
d’eau…
 Les actions liées à l’exploitation des réseaux : curage à haute pression, coupe-
racines…
 Les actions humaines : travaux à proximité du collecteur, charges roulantes sur chaus-
sée…

II.3.1.c Types de défauts rencontrés en assainissement :


La dégradation des tronçons se traduit par l’apparence de défauts ponctuels ou continus qui
perturbent le bon fonctionnement du réseau.
Ces défauts sont de deux types :

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

- structurels
- fonctionnels
Les défauts structurels sont les défauts qui modifient la structure de la conduite. On peut ci-
ter : les fissures, déformations, ruptures, effondrements, dégradations de surface.
Les défauts fonctionnels sont ceux qui bloquent l’écoulement ou qui amoindrissent la capacité
d’évacuation des effluents tels que : l’apparition de racines, la présence d’obstacles gisant sur
le radier ou intégrés à la structure, les infiltrations et exfiltration, l’entrée de terre…

II.3.2 Entretien des réseaux d’assainissement :


Tous les éléments concernant l’entretien des réseaux d’assainissement qui suivent sont tirés
du Manuel Métier Réseaux de la Lyonnaise des Eaux de (CORDIER, et al. 2007).

II.3.2.a Types d’action :


L’entretien des réseaux d’assainissement comprend deux types d’action :
- Curage :
Opération de nettoyage ou de désobstruction, avec extraction de matière, incluant
l’utilisation de la Haute Pression.
- Chasse :
Opération de nettoyage ou de désobstruction consistant à dégager et à pousser la ma-
tière sans l’extraire.
Ceci inclut l’utilisation de la Haute Pression, ou l’utilisation de boules de curage ou de
vannes (mobiles ou fixes).
Les interventions de curage et de chasse se font de trois manières :
- Intervention curative :
Toute intervention urgente à caractère non programmé faisant suite à un dysfonction-
nement. Ces interventions peuvent être ponctuelles ou durer plusieurs jours suivant la
gravité de la situation.
- Intervention préventive :
Toute intervention programmée et non urgente. Sont comprises : les interventions sys-
tématiques faisant suite à une programmation et les interventions programmées suite à
une intervention curative.
- Intervention préparatoire :
Intervention de curage préparatoire à des travaux ou à des inspections télévisées.

Une bonne gestion de l’entretien des réseaux vise à améliorer l’équilibre entre le préventif et
le curatif. L’objectif étant de prévoir le préventif le plus juste possible pour avoir le minimum
de curatif. Afin d’optimiser cette gestion, l’entretien doit viser à réduire progressivement et à
supprimer par la suite les points sensibles du réseau. Un point est catégorisé comme point
sensible lorsqu’il a fait l’objet de plusieurs interventions dans l’année (deux interventions
dans le cas de Lyonnaise des Eaux en France).
Il est à noter que le curage des collecteurs (hydrocurage) ou les désobstructions de branche-
ments font appel à des appareils utilisant de l’eau à Haute Pression. Il s’agit de matériels
d’intervention complexes de par la technologie mise en œuvre et potentiellement dangereux.

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

II.3.2.b Moyens de prévention pour l’utilisation de matériel haute pression :


Quelles que soient les situations, certaines dispositions restent obligatoires en toutes circons-
tances. Notamment :
- Le port des équipements de protection individuels : Casque, lunettes, gants, chaussures
de sécurité, masque auto-sauveteur (pour les interventions en milieu fermé ou res-
treint), détecteur de gaz et harnais stop chute pour le travail dans les chambres à sable
ou les gros collecteurs.
- La mesure de protection collective : Radio, balisage de chantier.
- Les mesures d’hygiène personnelles et collectives : Visite médicale, vaccination, for-
mation à l’hygiène.
Un moyen de prévention déterminant reste une bonne maintenance des équipements de
combinés hydrocureurs /aspirateurs.

II.3.2.c Techniques de curage :


Il existe plusieurs techniques de curage, citons :
 Curage hydraulique :
Le curage hydraulique des canalisations est un procédé qui consiste à chasser, par projection
d’eau sous Haute Pression, les matières décantées dans une canalisation vers un regard
d’intervention où les matières seront extraites par aspiration.
Cette opération est en général effectuée dans des ouvrages de diamètre allant jusqu’à 600 mm
maximum. L’hydrocurage peut être réalisé pour des collecteurs de taille supérieure (entre 600
et 1500 mm) grâce à du matériel adapté (têtes de curage pour gros collecteurs type Cobra par
exemple).
Les équipements, de caractéristiques variables, sont les suivants :
- une cuve de stockage des matières extraites ;
- une cuve de stockage d’eau ;
- une pompe à vide ;
- et une pompe Haute Pression de caractéristiques variables.
Avec l’hydrocureuse, des buses de différentes dimensions sont utilisées suivant l’utilisation et
le diamètre du collecteur. Leur principale action se traduit par la projection d’eau à Haute
Pression.
L’utilisation de ce type de matériel requiert des conditions de sécurité maximum.
Cette technique a pour avantages :
- les combinés hydrocureurs rassemblent les fonctions de l’hydrocurage et de
l’aspiration sur un même équipement mobile ;
- la mise en œuvre est rapide.

 Curage mécanique :
Cette technique est utilisée lorsque le curage hydraulique s’avère inefficace (quantité et/ou
dureté des matières trop importantes) et/ou dans les collecteurs en eau. Elle est généralement
appliquée à des collecteurs non visitables de diamètres importants. Pour les collecteurs visi-
tables, des techniques traditionnelles de type « minières » seront utilisées.
Le curage des ouvrages par cette technique est réalisé par des godets ou des lames qui ramè-
nent les sédiments vers un point d’extraction. L’outil de curage est tracté dans la canalisation
entre deux regards par deux treuils installés en amont et en aval du tronçon.
Des renvois d’angle sont préalablement installés au fond des bouches amont et aval pour per-
mettre le guidage du câble dans l’axe de la canalisation et éviter le cisaillement du collecteur.

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

L’outil de curage est choisi selon la forme de l’ouvrage, sa section, les dimensions d’accès,
son état ainsi que la quantité de sédiments et de leur dureté.
Les sédiments ramenés dans l’axe de la bouche d’extraction sont pompés par une aspiratrice
(pour les petits collecteurs) ou extraits mécaniquement (pour les plus grands collecteurs).
Pour les très grands collecteurs l’utilisation de pompes à sable peut être envisagée.

Avantages : Cette méthode peut être employée dans tous les cas où l’hydrocurage n’est pas
utilisable (dureté et quantité des sédiments trop importantes, dimension des collecteurs, col-
lecteurs en eau).
Inconvénients :
-cette technique est lente avec de faibles rendements de l’ordre de quelques dizaines de mètres
par jour ;
-nombreuses manutentions ;
-cette technique ne s’applique que sur les tronçons de canalisations rectilignes ou légèrement
courbes ;
-occupation de la voirie d’où demande d’arrêtés de circulation.

 Chasses hydrauliques :
Il existe plusieurs techniques de chasses hydrauliques :
- pour les collecteurs visitables : les vannes mobiles et vannes fixes ;
- pour les collecteurs non-visitables : les boules de curage.
La chasse des dépôts s’effectue sans apport d’énergie externe. Il s’agit de systèmes méca-
niques qui utilisent la puissance hydraulique des eaux résiduaires afin de déplacer les matières
décantées.

II.3.3 Auscultation des réseaux d’assainissement :


L’auscultation des réseaux d’assainissement permet d’aboutir à une bonne connaissance des
causes de dégradations des collecteurs. C’est une étape importante pour le choix de la tech-
nique de réhabilitation.
Les techniques d’auscultation peuvent être regroupées en quatre familles : visuelle, géomé-
trique, géotechnique et mécanique. Font partie également de l’auscultation, des tests rensei-
gnant sur l’étanchéité, les débits, la conformité des branchements… (YAHIAOUI 2000)
Ce qui suit est une liste non exhaustive des techniques d’auscultation existantes tirées princi-
palement de deux références : (YAHIAOUI 2000) et (MOZZICONACCI 2001). Ces
techniques sont présentées de façon synthétique sans donner trop de détails qui pourraient
nous éloigner du but de cette partie du document qui est une description générale de la gestion
et maintenance des réseaux d’assainissement urbain.
 Auscultation visuelle :
L’auscultation visuelle est l’inspection de l’état intérieur des ouvrages. L’inspection
est dite visuelle lorsque les ouvrages sont visitables et télévisuelle pour les ouvrages
non visitables. Ces deux types d’inspection sont abordés plus en détail plus loin dans
ce chapitre.

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

 Auscultation géométrique :
Il existe plusieurs techniques d’auscultation géométrique, citons ;
Inclinomètre : l’inclinomètre permet de réaliser le profil en long de la canalisation. Il
mesure la pente entre deux regards d’accès grâce à un capteur embarqué sur une
caméra d’inspection.

Capteur d’orientation : le capteur d’orientation donne la vue en plan de la canalisation


en mesurant ses déviations angulaires à l’aide d’un gyroscope embarqué sur la
canalisation. Le résultat est sous forme d’une courbe donnant les déviations de la
conduite dans le plan horizontal le long de l’axe.

Sonar : le sonar permet d’effectuer un relevé géométrique des contours internes de la


paroi de la conduite et des dépôts éventuels sur des collecteurs en charge. Son principe
est le suivant : un train d’ondes acoustiques est émis vers les parois internes et
immergées de la canalisation sur lesquelles elles se réfléchissent. L’anlyse de
l’échographie permet de déterminer les caractéristiques géométriques de la section en
eau.

Gabarits : ils permettent d’apprécier la variation de section d’un collecteur et de


contrôler la faisabilité d’un tubage ou chemisage en choisissant précisément le
diamètre correspondant. Sur les collecteurs visitables, ces gabarits sont manipulés par
du personnel qualifié capable de procéder aux mesures de déformation.
Sur les collecteurs non visitables, ils sont tractés à l’aide d’un treuil. Souvent une
caméra suit l’outil afin d’évaluer la variation de l’espace entre le gabarit et la
canalisation pour une meilleure appréciation des déformations.

 Auscultation géotechnique (MOZZICONACCI 2001):


Géoradar : l’auscultation au géoradar permet de détecter les désordres suivants :
- cavités et poches d’eau
- zones d’entraînement de fines et sols décomprimés
- géométrie de l’encaissant, suivi d’interface
- présence d’armatures, contrôle des emboîtements
Elle a pour principe la propagation d’ondes électromagnétiques depuis l’intérieur et/ou
l’extérieur du collecteur. Ces ondes ont la particularité de venir se réfléchir sur les
interfaces et de disposer d’un mode de transmission propre à chaque type de matériau.

Impédance mécanique : cette technique consiste, dans un premier temps, en la création


d’un choc mécanique sur l’élément de structure à tester à l’aide d’un marteau équipé
d’un capteur de force. Ensuite, une mesure de la vibration induite est effectuée à l’aide
d’un accéléromètre.
L’opération a pour but de :
- mesurer les caractéristiques mécaniques de la structure
- d’apprécier les caractéristiques et l’état du sol environnant
- d’analyser l’interface sol/structure

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Mesures électriques en courant quasi-continu (YAHIAOUI 2000):


L’objectif de ces mesures est de :
- localiser et détecter les désordres affectant la structure et les terrains (fissures,
vides…)
- étudier le radier noyé des ouvrages et des canalisations non métalliques et non
isolantes
- étudier la variation de nature et/ou d’état des matériaux
Le principe consiste à injecter vers le sol un courant (continu ou alternatif) par deux
points de contact et à enregistrer les différences de potentiel entre deux électrodes de
mesure. Le dispositif se compose donc de quatre électrodes (émetteurs/récepteurs) et
d’un poste de mesure dont le déplacement s’effectue à l’aide d’un chariot, d’un treuil
ou d’un jonc.

 Auscultation mécanique (MOZZICONACCI 2001):


Appelée également essai par vérinage, il s’agit de contrôler la déformation des parois en
appliquant une force donnée sur des plaques de superficie connue et de mesurer les effets de
l’application de cet effort sur les parois.
 Autres tests :
Etanchéité : ce test permet de contrôler l’étanchéité d’un réseau par mise sous pression à
l’air ou à l’eau.
Le test à l’air : cette technique s’applique pour des collecteurs dont le diamètre est
compris entre 150 mm et 1500 mm. Il existe deux types de tests ; le test à basse
pression et le test à haute pression. Ces tests font l’objet de protocoles.
Le collecteur est obturé au niveau des regards de visite. Il est par la suite mis sous
pression. Deux types de mesures peuvent être réalisés :
- test à pression constante : volume d’air nécessaire pour maintenir le réseau en
pression pendant un temps déterminé par le protocole
- test à pression décroissante : temps mis par la pression pour atteindre un seuil
donné par le protocole
Le résultat est binaire ; test conforme ou non conforme.
Le test à l’eau : cette technique s’applique pour des collecteurs dont le diamètre est
compris entre 150 mm et 1600 mm. Le réseau est obturé et rempli d’eau jusqu’à ce
que l’air en soit totalement évacué. Après évacuation de l’air, le réseau est mis sous
pression, la pression est donnée par le protocole pendant une heure. Après ce délai, on
mesure la quantité d’eau qu’il a été nécessaire d’injecter pour maintenir la pression
initiale. Les résultats sont obtenus par comparaison des volumes d’eau apportés et des
tolérances définies dans le protocole.

Mesures des débits :


La vitesse de circulation de l’effluent et notamment la charge solide qu’il transporte
entraînent une usure mécanique de la conduite. Les mesures de débits donnent des
indications sur l’étanchéité du collecteur. Ces mesures peuvent concerner :
- la hauteur et la vitesse au moyen d’un capteur spécial
- les volumes transitant pendant un laps de temps

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Le test joint par joint :


Ce test permet de vérifier l’étanchéité de chaque joint d’un collecteur. A l’aide d’un
manchon et deux obturateurs, une chambre de pression est créée au niveau du joint. La
zone ainsi isolée est mise sous pression à l’air ou à l’eau. Il s’agira de vérifier la variation
de la perssion pendant la durée du test.

II.3.4 Réhabilitation des réseaux d’assainissement :

II.3.4.a Définition :
(MOZZICONACCI 2001) cite en référence à la norme européenne EN 752, la terminologie
suivante :
Réhabilitation : toutes mesures entreprises pour restaurer ou améliorer les performances d’un
réseau d’évacuation et d’assainissement existant. Elle comprend la :
- Réparation : rectification des défauts localisés.
- Rénovation : travaux incorporant tout ou partie de l’ouvrage d’évacuation ou
d’assainissement existant et grâce auxquels les performances actuelles sont amélio-
rées.
- Remplacement : construction d’un ouvrage d’évacuation et d’assainissement neuf sur
ou hors de l’emplacement d’une conduite d’évacuation et d’assainissement existante et
s’y substituant.

Réhabilitation

Réparation Rénovation Remplacement

Figure 4 : Types de réhabilitation des réseaux d'assainissement

(BUTHIER 2004) affirme que « la réhabilitation des réseaux d’assainissement consiste à réta-
blir, dans son état ou dans sa condition, un égout détérioré, afin qu’il puisse à nouveau remplir
sa fonction qui est de véhiculer des eaux usées dans certaines conditions d’écoulement, sans
qu’il y ait de fuites ou d’infiltrations. »
Donc la réhabilitation a pour but (BUTHIER 2004) :
- de restaurer la structure de l’ouvrage lorsqu’elle est déficiente (cassures, fissures longi-
tudinales, corrosion) ;
- d’assurer l’étanchéité de la conduite pour éviter les fuites d’eaux usées dans le milieu
naturel et les infiltrations d’eau de nappe (par les joints déboîtés, les fissures, etc.) ;
- de rétablir les conditions d’écoulement dans la conduite (élimination des radicelles, ra-
cines, laitance, branchements pénétrants).
Les travaux de réhabilitation peuvent être programmés suite à :
une intervention curative dans le cas de mise en évidence de dysfonctionnements au cours
de l’exploitation du réseau ;
- une intervention préventive de la gestion du patrimoine et l’analyse de risque ;

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

- après une étude de diagnostic d’une anomalie souvent récurrente sur une même conduite ;
-après inspection ou auscultation du collecteur donnant plus de précisions quant au choix
de la technique de réhabilitation.

II.3.4.b Les techniques de réhabilitation :


Il existe de nombreuses techniques de réhabilitation des conduites d’assainissement. Nous
citerons quelques unes d’entre elles mais seulement de façon sommaire. Pour cela, nous diffé-
rencieront les ouvrages visitables (diamètre ≥ 1300 mm) de ceux qui sont non visitables (dia-
mètre < 1300 mm).

Réhabilitation d’ouvrages visitables :


Le tableau suivant contient les principales techniques de réhabilitation des réseaux visitables
(YAHIAOUI 2000).
Tableau 2 : Classification des techniques de réhabilitation des ouvrages visitables
Type Méthodes
Rejointement
1 Réfection d’enduit
Travaux tradi- Réfection et reprofilage de radier
tionnels
Colmatage de fissures

Injection de traitement de terrain

2 Injection de collage

Injections Comblement des vides

Injection d’étanchement

3 Projection à la lance de béton, mortier ou résines

4 Pose de coques préfabriquées

Les travaux traditionnels :


Ce sont des réparations ponctuelles auxquelles on a recours lorsque l’ouvrage présente des
désordres limités.
Les injections :
Les coulis utilisés varient en fonction des matériaux constitutifs du sol encaissant. Ces injec-
tions sont réalisées à l’aide de manchon, d’aiguilles ou d’injecteurs (YAHIAOUI 2000).

Réhabilitation d’ouvrages non visitables :


L’organigramme suivant récapitule les différentes techniques présentes dans la littérature.
Elles sont d’abord divisées en travaux sans tranchée et avec ouverture de tranchée.
L’apparition des travaux sans tranchées résulte des nombreux inconvénients de la réalisation
de nouveaux ouvrages à ciel ouvert qui mobilisent la surface. Ceci est d’autant plus gênant
lorsque le trafic routier est perturbé.

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Les robots multifonctions permettent d’éliminer les éléments gênant l’écoulement et de répa-
rer des désordres structurels ponctuels grâce à leurs fonctions de fraisage et d’injection de
résines. Les robots découpeurs quant à eux assurent uniquement les fonctions de fraisage et
ponçage.
Les injections d’étanchement ont pour but le rétablissement de l’étanchéité des collecteurs. La
résine injectée durcit et supprime ainsi ponctuellement les infiltrations et les exfiltrations.
Les tubages sont l’introduction à l’intérieur de la conduite de nouveaux tubes de diamètre
inférieur. Cette opération peut être destructive ou non destructive.
Le chemisage permet l’introduction d’une gaine en résine. Il est dit continu lorsqu’il longe
tout le tronçon et partiel (ou manchette), lorsqu’il traite uniquement une partie du tronçon.

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Réhabilitation

Sans tranchée Avec ouverture de


tranchée

Procédés Procédés non


destructifs destructifs

Remplacement Réparation

Tubage après Injection


éclatement d’étanchement

Tubage avec Manchette (ou


microtunneliers chemisage partiel)

Robot à fonctions
multiples

Robot découpeur

Rénovation

Chemisage
continu

Poussage ou
tractation
d’éléments courts
ou longs

Tubage par
enroulement
hélicoïdal

Traction en
continu d’un tube
prédéformé

Traction en
continu d’un
tubage long

Figure 5 : Classification des techniques de réhabilitation des ouvrages non visitables


(MOZZICONACCI 2001); (YAHIAOUI 2000)

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

II.3.5 L’inspection visuelle des réseaux d’assainissement :


L’inspection visuelle des réseaux d’assainissement fait partie des différentes techniques
d’auscultation des ouvrages d’assainissement existants en vue d’établir leur évaluation ou en
terme plus approprié ; leur diagnostic. (BRUYELLE 2008b).
Permettant la visualisation de l’intérieur des ouvrages, elles ont pour objectif opérationnel de
fournir un constat d’état et de fonctionnement de celui-ci ainsi que toutes conditions sur la
géométrie des canalisations (contre-pentes, déformations, pénétrations…), afin de permettre
l’appréciation de l’état apparent de la structure et du fonctionnement de la canalisation
(BRUYELLE 2008a).
Pour obtenir de bons résultats suite à une ITV, il est nécessaire d’avoir l’équipement adéquat
à ce type d’opération et une bonne formation des agents de terrain (opérateurs). Une bonne
exploitation de ces résultats nécessite la formation des ingénieurs et des décideurs notamment
sur le choix de l’intervention à prévoir a posteriori (Ertl, et al. 2007).
Méthodes d’inspection visuelle (BRUYELLE 2008a):
-examen visuel indirect par caméra de télévision pour les réseaux non visitables et les cana-
lisations de branchement.
-examen visuel direct à partir de la surface pour les boîtes d’inspection et de branchement.
-examen visuel direct par descente d’opérateurs dans les ouvrages pour l’inspection des
regards avec prise en compte impérative des règles d’hygiène et de prévention des risques.
- examen visuel direct par descente d’opérateurs dans les ouvrages pour l’inspection des
réseaux visitables avec prise en compte impérative des règles d’hygiène et de prévention des
risques.

L’inspection visuelle est non seulement effectuée pour les réseaux existants comme cité plus
haut, ceci s’inscrit à l’état actuel dans le volet de la gestion préventive, mais aussi pour la ré-
ception de réseaux neufs (de façon systématique). On peut donc faire un classement de ré-
seaux, en premier lieu, entre existants et neufs et par la suite diviser chaque groupe en visi-
tables (diamètre ≥ 1300 mm) et non visitables (diamètre < 1300 mm) pour décider du type
d’inspection à entreprendre.

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Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Inspection Visuelle

Réseaux Réseaux
neufs existants

* ** **
Visitables Non visitables Visitables* Non visitables

Inspection
pédestre

*
diamètre ≥ 1300 mm Inspection
**diamètre < 1300 mm télévisée

Figure 6 : Types d'inspections visuelles

Réception de réseaux neufs :


Les examens préalables à la réception comprennent au minimum, en ordre chronologique
d´exécution (Bulletin officiel français 2003):
- les épreuves de compactage,
- la vérification des conditions d´écoulement,
- l´inspection visuelle ou télévisuelle,
- la vérification de conformité topographique et géométrique des ouvrages,
- les épreuves d´étanchéité,
- la vérification de remise en état des lieux.
L’inspection visuelle ou télévisuelle pour la réception de travaux neufs a pour vocation de
vérifier :
-le bon état de l’ouvrage par l’absence de défauts
-le bon alignement des tuyaux
-la bonne qualité des emboîtements et raccordements
-la régularité de la pente

Réseaux existants :
Les réseaux d’assainissement ont tendance à se détériorer avec le temps. La bonne gestion de
ces réseaux nécessite un contrôle et un suivi réguliers et de façon pérenne.

Page 32
Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Inspection pédestre : réseaux visitables


Il s’agit de l’inspection visuelle par déplacement d’un opérateur à l’intérieur d’une canalisa-
tion dont la hauteur est supérieure ou égale à 1.3 m.
L’inspection pédestre des réseaux est effectuée, d’après le kit métier visite du réseau, par 2
personnes au minimum et de 7 au maximum en respectant toutes les consignes d’hygiène et
de sécurité (cf. Entretien des réseaux). Les agents relèvent tous les défauts et anomalies in
situ pour établir plus tard une évaluation de l’état du réseau.
Ces visites doivent être effectuées par du personnel qualifié, capable d’apprécier l’état du col-
lecteur et d’établir un rapport d’inspection présentant des photographies et des commentaires
appropriés (MOZZICONACCI 2001).
Inspection télévisée : réseaux non visitables
L’inspection télévisée consiste à observer in situ l’aspect intérieur des collecteurs tout comme
l’inspection pédestre, mais cette fois-ci il s’agit de collecteurs non visitables, et cela à l’aide
d’une caméra motorisée qui avance le long des collecteurs.
L’ensemble du matériel mis en œuvre tient dans un fourgon. A l’avant, derrière le poste de
conduite, se situe le poste de pilotage de la caméra et de saisie des défauts rencontrés. A
l’arrière, on retrouve le compartiment de mise en œuvre de la caméra. L’ensemble des opéra-
tions peut être effectué par une seule personne (CORDIER, et al. 2007). Cela dit, deux agents
sont en général sollicités.
La caméra est montée sur chariot autotracté et reliée au fourgon par un câble d’alimentation
électrique et de transfert de données vidéo vers le poste de contrôle.
L’alimentation électrique est assurée par un groupe électrogène situé à l’arrière du fourgon
dans le compartiment dédié à la mise en œuvre de la caméra.
Les caméras disposent d’objectifs rotatifs balayant tous les angles d’observation, elles sont
également munies de spots lumineux.
Les roues du chariot sont modifiables en fonction du diamètre de la canalisation inspectée, de
manière à ce qu’en vision axiale, la caméra se trouve dans l’axe de cette canalisation.
Les chariots disposent de capteurs pour la réalisation de mesures : ovalisation, diamètre, taille
des défauts et la pente du réseau.
Le pupitre de commande comporte l’ensemble des dispositifs permettant de diriger
l’inspection tel que la commande de la translation du chariot (vitesse, marche avant et arrière),
commandes de rotation et basculement de la tête…

Page 33
Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Figure 7 : Matériel d'inspection télévisée (en haut à gauche: caméras, en haut à


droite: fourgon, en bas à gauche : poste de pilotage, en bas à droite : poste chantier)

II.3.6 Description de la norme NF EN 13508 « Condition des réseaux d'évacuation


et d'assainissement à l'extérieur des bâtiments - Partie 2 : Système de co-
dage de l'inspection visuelle »
La norme NF EN 13508-2 définit un système de codage de l’inspection visuelle des réseaux
d’assainissement afin de garantir la comparabilité et l’objectivité des résultats d’inspections
visuelles, décrivant l’état interne des réseaux d’assainissement (branchements et collecteurs,
regards de visite et chambres d’inspection). Cette norme fait suite à la norme EN 752-5 (Ré-
seaux d'évacuation et d'assainissement à l'extérieur des bâtiments) qui manquait de codage
uniforme pour comparer les résultats d’ITV (IBRAHIM 2008).

II.3.6.a Système de codage


Le système de codage est composé de deux parties principales : les intitulés de rubrique et
les observations individuelles tel que montré dans la figure suivante.

Page 34
Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Système de
codage

Intitulés de Observations
rubrique individuelles

Branchements et Regards de visite et Branchements et Regards de visite et


collecteurs chambres d'inspection collecteurs chambres d'inspection
Codes commençant Codes commençant Codes commençant Codes commençant
par la lettre A par la lettre C par la lettre B par la lettre D

Figure 8 : Système de codage de la norme NF EN 13508-2


Intitulés de rubrique : les intitulés de rubrique sont saisis au début de chaque inspection.
Une partie de ces intitulés est obligatoire, l’autre est facultative. Des exemples
d’intitulés exigés: identification du nœud de regard, identification du tronçon, méthode
d’inspection, texte descriptif de l’emplacement…
Observations individuelles :
Chaque observation (ou par langage abusif « défaut ») est décrite par un code principal,
composé de trois lettres, et d’informations supplémentaires qui sont la caractérisation, la
quantification, l’emplacement circonférentiel, l’assemblage et l’emplacement.
Code principal :
 La première lettre du code principal fait référence à l’élément observé (B pour une ca-
nalisation et D pour un regard)
 La seconde lettre indique la nature du défaut :
A pour un désordre structurel
B pour un désordre fonctionnel
C codes d’inventaires
D pour tous les autres codes
 Et enfin la troisième lettre indique le type d’observation (déformation, fissure…)
Caractérisation :
La caractérisation est sous forme de deux codes complémentaires, au plus, qui donnent plus
de détails sur le défaut, par exemple une fissure peut être (longitudinale, ouverte, héli-
coïdale…). La lettre Z est utilisée dans le cas d’une personnalisation (ajout par un opérateur).
Quantification : Selon le défaut, la quantification peut être une longueur, un pourcentage
d’une dimension ou d’une section… Elle est précisée dans la norme suivant chaque cas.
Emplacement circonférentiel : certains défauts nécessitent un positionnement relativement à
une référence horaire définie par l’angle que forme le défaut avec la verticale à partir du
centre de la section. Cette référence horaire se présente comme suit :

Page 35
Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

12 03 06 09

12 03 03 06 07 11

Figure 9 : Exemples de références horaires

Lorsqu’il s’agit d’un regard, le point de référence est la canalisation sortante la plus basse à
laquelle on associe la position midi ou 6 heures.
Assemblage : Si un défaut se trouve au niveau d’un assemblage entre deux tuyaux adjacents
(pour les collecteurs) ou deux éléments préfabriqués (pour les regards), le code A est utilisé.
Emplacement:
Pour les branchements et collecteurs, l’emplacement est longitudinal, il est précisé pour
chaque observation par rapport à un point de référence. Les différentes possibilités de choix
de ce point de référence sont précisées dans la norme.
En plus de l’emplacement longitudinal, les défauts continus ont un début A et une fin B.
Concernant les regards, l’emplacement représente les différentes parties constituant le regard
telles que la cunette, la banquette…
Les exemples suivants permettent d’éclaircir ce qui vient d’être cité :
Exemple 1 : Il s’agit de deux fissures fermées longitudinales à midi et 3 heures

Figure 10 : Photo de fissures longitudinales


Tableau 3 : Description codée de fissures longitudinales
Code Caractérisation Quantification Emplacement circonférentiel Assemblage
BAB B A 12
BAB B A 03

Exemple 2 : Il s’agit d’un déplacement d’assemblage (BAJ), un décentrage radial (B) en par-
ticulier

Page 36
Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Figure 11 : Photo d'un décentrage radial


Tableau 4 : Description codée d'un décentrage radial
Code Caractérisation Quantification Emplacement circonférentiel Assemblage
BAJ B A

II.3.6.b Transfert électronique de données codées


Le transfert électronique des informations codées permet le passage d’une base de données à
une autre. Un format spécifique est recommandé par la norme.
Toutes les données (intitulés de rubrique et observations) devant être mentionnées dans un
rapport d’ITV ont des codes définis. Le rapport codé comporte trois parties :
1. Informations des intitulés de fichier
2. Informations des intitulés de rubrique pour l’inspection
3. Données d’inspection
Informations des intitulés de fichier :
La première partie du rapport doit comporter des informations relatives au format des données
(voir tableau suivant).
Tableau 5 : Codes identificateurs de champ
Identification Description
#A1= Les données doivent être en caractères 8 bits conformément à l’ISO 8859
#A2= Code de langue
#A3= Séparateur de champ
#A4= Point décimal
#A5= Caractère d’encadrement d’un texte

Informations des intitulés de rubrique pour l’inspection :


Ce sont des codes de trois lettres commençant par A lorsqu’il s’agit de collecteurs et par C
s’agissant des regards. On compte cinq groupes de codes devant commencer par #B suivi d’un
nombre entier à 2 chiffres commençant par 01 pour le premier, 02 pour le suivant, etc., suivi
du signe =. Ces groupes sont les suivants :
1. Codes pour le lieu d’inspection
2. Codes relatifs aux détails d’inspection
3. Détails de la canalisation ou du regard
4. Autres informations (telles que précipitations, température…)
5. Modification des intitulés de rubrique

Données d’inspection :
Le code d’identification des données d’inspection est #C=. Il est suivi des codes de champ des
données d’inspection (voir tableau suivant).

Page 37
Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Tableau 6 : Codes identificateurs de données d’inspection


Code Description
A Code principal
B Caractérisation 1
C Caractérisation 2
D Quantification 1
E Quantification 2
F Remarques
G Emplacement circonférentiel 1
H Emplacement circonférentiel 2
I Emplacement longitudinal ou vertical
J Code de défaut continu
K Assemblage
L Champ de description de l’emplacement (pour les regards)
M Référence de photographie
N Référence de vidéo

Ce qui suit est un exemple de fichier sous Excel respectant le format décrit plus haut :
Les cinq premières lignes correspondent au format du fichier ;
#B01 pour le lieu d’inspection ;
#B02 pour les détails d’inspection ;
#B03 pour les détails de la canalisation ;
#B04 pour les autres informations (précipitations, température, régulation du débit).

Tableau 7 : Tableau présentant le format codé d'un rapport d'ITV


#A1=ISO-
8859-1:1998
#A2=fr
#A3=
#A4=.
#A5="
#B01=AAA AAB AAD AAF AAJ AAK AAL AAM
RC 01 - RC 02 RC 02 RC 02 RC 01 Lieu B A SEAAL
#B02=ABC ABE ABF ABH ABP ABA
14/02/2 EN13508-
C B 009 Opérateur C 2:2003
#B03=ACM ACA ACB ACD ACJ ACK
A A 300 AG A C
#B04=ADA ADB ADC
A A A
#C=I J A B C D E F G H K M
Regard de
0 BCD Z RC 02 contrôle
B14J400
8 BDA [Link]
31.1 BCE Z RC 01 Regard de B14J433

Page 38
Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

contrôle [Link]
#Z
#B01=AAA AAB AAD AAF AAJ AAK AAL
RC 02 - RC 03 RC 02 RC 02 RC 03 Lieu A A
#B02=ABC ABE ABF ABH ABP ABA
14/02/2 EN13508-
C B 009 Opérateur C 2:2003
#B03=ACM ACA ACB ACD ACJ ACK
A A 300 AG A C
#B04=ADA ADB ADC
A A A
#C=I J A B C D E F G H K M
Regard de
0 BCD Z RC 02 contrôle
B14K004
4 A1 BBC C 6 7 [Link]
B14K022
31.3 B1 BBC C [Link]
Regard de B14K033
32.8 BCE Z RC 03 contrôle [Link]
#Z

La norme contient au total 36 codes principaux pour les branchements et collecteurs. En


comptant les combinaisons avec les caractérisations on arrive à plus de 150 observations.
Tableau 8 : Nombre de défauts par type d'observation selon la norme EN 13508-2
Branchements /collecteurs Regards de visite / chambres
Type de codes
d’inspection
Désordres structu- 16 18
rels
Désordres fonc- 8 8
tionnels
Codes 5 11
d’inventaire
Autres codes 7 7

Total 36 44

II.4 Conclusion
La gestion patrimoniale des réseaux d’assainissement urbain ne peut s’appuyer que sur une
démarche complète intégrant l’ensemble des opérations de terrain citées dans ce chapitre à
savoir :

- Inventaire du patrimoine souvent par l’utilisation d’un SIG synthétisant toutes les don-
nées relatives au réseau d’assainissement à gérer
- L’entretien régulier du réseau et le diagnostic par ITV ou autres techniques
d’auscultation selon le dysfonctionnement
- Et enfin la réhabilitation du réseau détérioré

Page 39
Chapitre II : Gestion et maintenance des réseaux d’assainissement urbain

Finalement, la prise de décision ne repose pas uniquement sur le décideur, mais le travail
commence en amont où l’intervention de l’opérateur a toute son importance. L’agent de ter-
rain fournit la base et le support de chaque décision prise ultérieurement.

La dernière conclusion de ce chapitre concerne la norme EN 13508 – 2. La codification des


rapports d’ITV selon cette norme facilite le transfert des données. Les rapports sont ainsi uni-
formisés, des détails pertinents sont fournis pour une meilleure exploitation ultérieure.

Cette partie sert d’introduction au sujet de ce mémoire, les notions y figurant seront plus ou
moins développées dans la suite du document.

Le chapitre suivant décrit la méthodologie adoptée par la SEAAL afin de gérer son réseau
d’assainissement.

Page 40
III. Chapitre III
Gestion du réseau d’assainissement à la
SEAAL
III.1 Introduction
La SEAAL a recours à des méthodes modernes pour sa gestion du réseau d’assainissement
d’Alger. Ce chapitre présente ces méthodes et permet de passer en revue le patrimoine réseau
et ses caractéristiques.

III.2 Patrimoine réseau d’assainissement de la wilaya d’Alger :


III.2.1 Système d’information géographique
La base de données du SIG, à partir de laquelle pourra s’effectuer le tri et le traitement des
informations permettant de définir les différentes stratégies et leur coût, doit comporter une
cartographie informatisée et être alimentée par diverses sources techniques :
 Les plans de récolement suite à la réalisation de nouveaux réseaux d’assainissement.
 Les études de diagnostic, préalables à l’établissement du schéma directeur et aux opé-
rations d’investissement.
 Les données en provenance de l’exploitation (BRUYELLE 2008a) :
- Interventions ;
- contrôle préventif ;
- auto-surveillance des réseaux ;
- nettoyage des réseaux ;
- réparations de maintenance ;
- travaux d’extension et de renouvellement ;
- suivi des chantiers divers réalisés dans le périmètre d’exploitation, etc.
La cartographie informatisée d’un SIG permet la visualisation et l’édition de plans de réseaux
à différentes échelles en fonction de chaque besoin. Elle représente donc le support de com-
munication des différentes données relatives au réseau (BRUYELLE 2008a).
Les plans établis à partir des éléments fournis par les plans de récolement et de relevés de
terrain, quel que soit leur mode d’exécution, doivent être en permanence tenus à jour, soit :
- au fur et à mesure des chantiers d’extension, de renouvellement ou de modification ;
- au fur et à mesure de l’affinage de la connaissance des ouvrages existants à la suite des
diverses opérations d’exploitation.
Le SIG utilisé à la SEAAL est composé de la suite de logiciels ArcGIS® à laquelle est intégré
l’outil ImaRES® pour la consultation, la mise à jour et la gestion de détails. ImaRES repré-
sente en fait une interface de saisie des informations SIG.

Page 41
Chapitre III : Gestion du réseau d’assainissement à la SEAAL

III.2.2 Inventaire du patrimoine


La wilaya d’Alger compte 3000 km de réseau d’assainissement soit 111 585 tronçons. Il est
de type unitaire (eaux pluviales + eaux usées) dans sa globalité. Même si certaines parties ont
été conçues en réseau séparatif, les riverains se raccordent en général sur le premier réseau
trouvé. C’est ainsi qu’eaux pluviales et usées se retrouvent généralement dans les mêmes
conduites. Ce qui déstabilisera le fonctionnement des STEP si des eaux pluviales se trouvent
dans des canalisations d’eaux usées. Dans le deuxième cas de figure, i.e. si des eaux usées se
trouvent dans des conduites d’eaux pluviales ; il y aura pollution du milieu récepteur car ces
eaux ne sont pas épurées.
En ce qui concerne le matériau, les bétons prédominent. Les conduites se trouvent pour la
majorité sous chaussée et dans une moindre mesure sous voies ferrées. La dernière constata-
tion porte sur le type d’écoulement qui est à 90 % gravitaire et sur la forme des conduites qui
est majoritairement circulaire. Il est à noter qu’aucune donnée n’est disponible, jusqu’à ce
jour pour près de 1800 m. Ce qui représente moins de 0,1 % du réseau total.
On remarque que la date de pose est rarement connue. Pourtant c’est un facteur déterminant
puisqu’une inspection devient prioritaire pour la conduite la plus âgée. Ce manque de données
est essentiellement dû à l’absence de plans des anciens réseaux et le non-suivi des travaux des
réseaux récemment construits.
Le réseau est en grande partie constitué de conduites non visitables. Ce sont les conduites
dont le diamètre est inférieur à 1300 mm.
Les figures suivantes permettent une meilleure vision quant à la répartition du matériau, de la
forme et de l’implantation des conduites.

PVC Maçonnerie Tôle Ondulée Amiante


0,54% 3,38% 0,04% Ciment
0,01% Amiante Ciment
Béton
Inconnu
Béton Armé
18,78%
Fonte
Ciment Comprimé
0,02%
Fonte
Béton Armé Inconnu
16,44% Béton
Ciment 60,76% Maçonnerie
Comprimé
0,04% PVC
Tôle Ondulée

Figure 12 : Répartition du matériau des conduites du réseau d'assainissement

Page 42
Chapitre III : Gestion du réseau d’assainissement à la SEAAL

Ovoïde
4%

Inconnue
18% Circulaire
Dalot
1% Dalot
Inconnue
Ovoïde
Circulaire
77%

Figure 13 : Répartition de la forme des conduites du réseau d'assainissement

Charges
statiques
0,48%
Inconnue
12,32%

Charges statiques
Charges roulantes
Inconnue
Charges
roulantes
87,20%

Figure 14 : Répartition de l'implantation des conduites du réseau d'assainissement

Toutes ces données sont issues de la base de données du SIG. Elles ne sont pas toujours
fiables, mais elles sont mises à jour suite aux visites d’encrassement. Nous présenterons notre
contribution à l’amélioration de cette base de données dans le dernier chapitre.

III.3 Gestion de la visite du réseau d’assainissement de la wilaya


d’Alger :
III.3.1 Méthodologie DiagRap :
Le DiagRap (diagnostic rapide des réseaux d’assainissement) se veut une méthode globale
d’analyse des réseaux et a été élaborée par Lyonnaise des Eaux. C’est une réponse à un besoin
urgent exprimé par l’exploitant. Il est donc nécessaire qu’elle donne une image réaliste de
l’état du réseau (MOZZICONACCI 2001).

Page 43
Chapitre III : Gestion du réseau d’assainissement à la SEAAL

Cette méthode est constituée de deux étapes :


1ère étape : Etude du risque théorique
Cette étape consiste à affecter aux collecteurs des critères caractéristiques de leur état structu-
rel tels que : l’âge des collecteurs, type de matériau, nature du sol environnant etc.
Sur un plan d’ensemble, le tracé de ce réseau indiquant le type de la zone urbanisée associé
aux critères précédents, permet d’estimer a priori les secteurs présentant un risque structurel
théorique. Cette étape définit un plan d’actions pour l’étape suivante.
2ème étape : Inspections ponctuelles au vidéopériscope
Cette étape consiste à réaliser en parallèle de l’analyse du risque structurel théorique des ins-
pections caméra ponctuelles au niveau des regards de visite. Cette inspection permet non seu-
lement d’évaluer le taux d’encrassement mais aussi de détecter certaines anomalies et défauts
à l’intérieur des canalisations.

III.3.1.a Méthodologie DiagRap appliquée à Alger


La visite du réseau d’assainissement d’Alger suit une méthodologie qui est une variante du
programme de diagnostic rapide DiagRap® de Suez Environnement. Celui-ci a été adapté aux
besoins et contraintes d’Alger.

Deux parties distinctes sont à considérer :


- les opérations de terrain
- l’analyse de risque théorique

1) Opérations de terrain :
Avant toute opération, il est indispensable de disposer d’un SIG pour faire l’inventaire du
réseau. Il permet de le localiser et le répertorier. Des mises à jour régulières améliorent la qua-
lité des données.
A partir des données récoltées du SIG, un programme de visites d’encrassement est mis en
place. Il s’agit de déterminer les éléments suivants :
 le linéaire des tronçons en mesurant les distances entre regards ;
 le diamètre de la conduite ;
 le taux d’encrassement qui permettra de décider de la prochaine étape : si ce taux est
faible, il y a possibilité d’effectuer des Inspections au VidéoPériscope (IVP). Si la
conduite est fortement encrassée, des opérations de curage sont programmées. Et en-
fin, des inspections télévisées font suite à ces curages lorsque les IVP ne donnent pas
assez de matière pour décider de l’état structurel des conduites inspectées. Ce sont
donc des inspections ciblées pour identifier les collecteurs les plus endommagés.
 l’état des regards en repérant ceux qui sont non manœuvrables, non apparents, cas-
sés… et prévoir ainsi des travaux de rehausse.
Tous ces résultats sont ensuite compilés dans le SIG.
2) Analyse du risque théorique :
Des critères de risque sont à prendre en considération pour établir un ordre de priorité dans
les différentes interventions.
Ces critères sont les suivants :
- distance de l’exutoire vers le milieu naturel (oued ou mer) ;

Page 44
Chapitre III : Gestion du réseau d’assainissement à la SEAAL

- raccordement à une STEP ;


- lieux stratégiques ;
- urbanisation et accessibilité du réseau ;
- profondeur du réseau ;
- importance du bassin versant amont.

IVP +
SIG Analyse
de risque

ITV
ciblées
Travaux
sur zones
à risque
Figure 15: Cycle de la gestion patrimoniale en utilisant le DiagRap

III.3.1.b Moyens du DiagRap :


IVP :
La SEAAL dispose de 5 vidéopériscopes Hydrozoom V2 qui ont une portée de 15 à 20 m.
Un regard sur trois (1/3) en moyenne est inspecté. Les regards inspectés ne nécessitent pas
d’être curés au préalable si le taux d’encrassement est inférieur ou égal à 30 % ce qui repré-
sente un gain de temps et une économie importante. Une équipe peut inspecter environ 20
regards / jour.

Figure 16 : Hydrozoom V2
(source: [Link]

Le DiagRap a pour avantages une utilisation rationnelle des ITV tout en étant une méthode
simple et efficace. Il permet de définir des priorités et un suivi des actions engagées.

III.3.2 Moyens de curage et d’inspection :


Curage :
Concernant le curage, le centre Grands Curages possèdent 8 camions hydrocureurs, 4 camions
aspirateurs et 8 camions citernes intervenant sur les 4 centres d’assainissement : chaque centre

Page 45
Chapitre III : Gestion du réseau d’assainissement à la SEAAL

opérationnel dispose ensuite d’1 camion hydrocureur chacun (+ 4 anciens camions dans le
centre).
ITV :
Deux fourgons d’ITV permettent d’inspecter 680 ml / jour.
Le reste du document ne concernera que les ITV.

La SEAAL dispose de 4 couples caméra / chariot Hydrovidéo :


 Caméra TO 70 montée sur chariot HV 90 pour les canalisations de diamètres compris
entre 100 et 250 mm
 Caméra TO 70 ou TO 100 montée sur chariot HV 150 pour les canalisations de dia-
mètres compris entre 250 et 450 mm
 Caméra TO 100 montée sur chariot HV 180 pour les canalisations de diamètres com-
pris entre 500 et 1200 mm
Sachant que ces éléments ont les caractéristiques suivantes :
Tableau 9 : Caractéristiques des caméras et chariots d'ITV
Elément Caractéristiques
Caméra TO 70 Double rotation 180° et 360°, couleur, éclairage à LED
Caméra TO 100 Zoom optique X 10, Double rotation 180° et 360°, couleur, éclairage à
LED, laser pour mesure diamètre, ovalisation et défauts
Chariot HV 90 4 roues motrices, corps en bronze, coupleur articulé avant et arrière, me-
sure de pente
Chariot HV 150 4 roues motrices, directionnel, pantographe motorisé, corps en bronze,
coupleur articulé arrière, mesure de pente
Chariot HV 180 10 roues motrices, corps en acier inox, coupleur articulé arrière, mesure
de pente

Le poste de contrôle est doté du logiciel Hydroscan qui est conforme à la norme européenne
EN 13508-2.
Le logiciel intègre des bibliothèques de défauts et caractéristiques des canalisations acces-
sibles par menus automatiques. Il permet également la réalisation d’un rapport lors de
l’inspection d’un réseau, celui-ci inclut un plan de situation et un descriptif complet du réseau.
Les données de ce rapport peuvent être exportées vers un SIG. Les bases de données ainsi que
la présentation des rapports peuvent être personnalisées selon besoin.
Un code couleur, paramétrable par l’utilisateur, permet d’évaluer l’ordre de gravité de ces
anomalies. Dès la fin de l’inspection, le rapport peut être imprimé ou gravé sur CD ou DVD
avec la vidéo interactive grâce au Reader EDINSPEC.

Une demande d’intervention d’ITV est formulée suite à un :


- problème structurel suspecté (affaissement, présence d’un trou, effondrement) ;
- problème opérationnel suspecté (encrassement, obstruction partielle, débordement) ;
- problème d’infiltration suspecté ;
- acheminement réseau et détection (faciliter l’exploitation du réseau, détection de re-
gards non apparents en surface, mise à jour du SIG) ;

Page 46
Chapitre III : Gestion du réseau d’assainissement à la SEAAL

- réception d’un réseau neuf, renouvellement ou travaux de réparation (s’assurer de la


bonne exécution des travaux) ;
- inspection de routine de l’état (dans le cadre d’une opération préventive).

III.3.3 Programmation des travaux


Les travaux de réhabilitation peuvent être programmés soit de manière curative ou préventive.
A la SEAAL, des interventions curatives sont déclenchées sur réclamations (en général ce
sont les plaintes des usagers : débordements, inondations, affaissements de chaussée…) suite
à des anomalies et dysfonctionnements perturbant le bon fonctionnement du réseau. Les in-
terventions préventives, quant à elles, sont planifiées suivant un programme de gestion du
patrimoine qui consiste en des visites et inspections télévisées du réseau. Pour le moment ce
programme n’est pas clairement défini d’autant plus que l’ITV est à son premier passage, on
vise plutôt un linéaire journalier de façon à visiter le réseau dans sa totalité dans les plus brefs
délais.
Des études de diagnostic seront menées à l’avenir par le bureau d’études. Actuellement, ces
études sont sous-traitées pour les points noirs du réseau (ce sont les points présentant des dys-
fonctionnements, souvent récurrents). Les études de diagnostic s’inscrivent donc, à ce jour,
dans le cadre d’une action curative.

La réhabilitation se résume au renouvellement des conduites avec ouverture de tranchée, les


autres techniques de réhabilitation n’étant pas encore adoptées par le gestionnaire.

III.3.4 Etat actuel des rapports d’ITV :


Des rapports de suivi d’ITV sont transmis au fur et à mesure de l’avancement des inspections.
Nous avons trié ces tableaux donnant l’état d’avancement des opérations. Les résultats sont
consignés dans le tableau suivant.
Tableau 10: Inventaire du statut des rapports ITV en ml
Type d’intervention

Statut Rapport Urgence Préventif Travaux neufs Total

Non terminé* 2585.9 118271.5 30020.8 150878.2

Terminé 1422.7 6134.4 17957.9 25515

Total 4008.6 124405.9 47978.7 176393.2

(*Non terminé = en cours + non commencé + pas de rapport + Arrêt pour curage ou rehausse)

Les rapports qui peuvent être utilisés sont ceux terminés. Ils représentent un linéaire total de
25,5 km. Seulement 7,5 km concernent l’état préventif et l’état d’urgence.

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Chapitre III : Gestion du réseau d’assainissement à la SEAAL

III.4 Conclusion
Ce chapitre aboutit aux conclusions suivantes :

 La méthode de DiagRap permet d’établir un pré-diagnostic des réseaux et d’établir un


programme d’ITV ciblées. Ce qui permet un gain de temps et d’argent.
 Les ITV ne couvrent pas la totalité du réseau (3000 km). Les rapports disponibles ser-
viront de base pour l’élaboration future d’un outil d’aide à la décision pour la réhabili-
tation des tronçons les plus dégradés.

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IV. Chapitre IV
Création d’un outil de valorisation des
ITV
IV.1 Introduction
Ce chapitre permet de décrire l’outil d’aide à la décision que nous tentons de mettre en place.
Nous présenterons pour cela la démarche globale de l’outil ainsi que ses différentes étapes.
Pour une meilleure compréhension du fonctionnement de l’outil, un guide d’utilisation précé-
dera le calage de l’outil.

IV.2 Déroulement du stage


Afin de pouvoir satisfaire la demande de la SEAAL, notre travail s’est déroulé en deux par-
ties. Une formation pratique a précédé l’étape d’élaboration de l’outil.

IV.2.1 Opérations de terrain


Une formation pratique a été nécessaire pour pouvoir réaliser le travail. C’est ainsi que des
sorties sur terrain ont été effectuées. Elles se sont déroulées par ordre chronologique suivant
les étapes du diagnostic rapide.

Les visites d’encrassement :


L’objectif des visites d’encrassement était de :
- Repérer les regards à visiter à partir d’un plan fourni par le SIG.
- Reconnaître l’ensemble des ouvrages constituant le réseau d’assainissement sur ter-
rain.
- Effectuer des mesures ou parfois des estimations pour le diamètre des conduites, la
profondeur du regard et la distance entre deux regards.
- Estimer le taux d’encrassement des regards et conduite principale.
- Réaliser un reporting en remplissant la fiche de description des regards.
- Rectifier les éventuelles erreurs présentes sur les plans disponibles ou rajouter des
données manquantes afin que ces plans soient mis à jour dans le SIG.

Les inspections au vidéopériscope :


Les IVP ont permis une familiarisation avec les défauts qu’on peut rencontrer au niveau d’un
tronçon. Elles ont servies d’étape introductive pour une compréhension progressive des ITV.
La caméra fixe est placée au niveau du regard, en zoomant sur l’intérieur de la conduite, une
bonne partie des défauts est repérée. Ne permettant pas de voir tous les détails, il n’y a pas de
risque de s’embrouiller pour déterminer le type de défaut rencontré.

Les inspections télévisées :

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Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

La manipulation du chariot de la caméra et l’utilisation du logiciel s’avèrent difficiles au pre-


mier essai. Il a été indispensable de réaliser ces inspections sur chantier afin de mémoriser les
anomalies et de les différencier. Cette tâche n’est pas forcément évidente, c’est pour cette
raison que les deux premiers mois du stage ont été totalement consacrés à l’analyse des rap-
ports d’ITV et l’étude de la norme EN 13508-2. Au terme de cette période, il nous était pos-
sible de réaliser un rapport d’ITV selon la norme en mentionnant tous les détails pertinents,
ainsi que la correction de certains rapports comportant des erreurs.

IV.2.2 Contribution à l’amélioration de la base de données du SIG


Une analyse détaillée de la base de données du SIG a permis de faire un inventaire du réseau
(voir chapitre III). Ceci a d’abord nécessité la rectification des erreurs pour une meilleure qua-
lité de l’information, notamment en ce qui concerne la forme des conduites et la dimension
correspondante ainsi que l’uniformisation des codes.

IV.2.3 Elaboration de l’outil


Une fois les opérations de terrain maîtrisées, est venu le moment d’élaborer l’outil. Avant
d’entamer la méthodologie, il est d’abord nécessaire de présenter la base de notre travail c'est-
à-dire les rapports d’inspections télévisées obtenus par le logiciel Hydroscan.

La figure suivante est un extrait d’un rapport : les photos à droite correspondent aux défauts
inscrits à gauche.

Nous ne travaillons par directement sur ces rapports, nous utilisons plutôt la version codée au
format .txt (voir tableau 7).

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Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

Figure 17 : Extrait d'un rapport d'ITV

IV.3 Méthodologie
IV.3.1 Théorique : échantillon représentatif
Il a été question au départ de regrouper tous les rapports d’inspections télévisées et de choisir
un échantillon représentatif de cette population. Ensuite, effectuer une étude statistique pour
extraire un maximum de données. L’outil aurait été ainsi applicable sur l’ensemble des rap-
ports disponibles.

Nous n’avons pas pu suivre cette démarche parce que les rapports du réseau inspecté sont en
nombre insuffisant. Il suffit de se reporter à la fin du chapitre précédent pour le constater.

Nous verrons par la suite que les rapports dont nous avons besoin pour décider des niveaux de
dégradation concernent le réseau existant. Par conséquent, le réseau neuf sera écarté. Et c’est
justement ici que se pose le problème ; les rapports finis sont en majorité les résultats de ré-
ception de travaux neufs. Nous ne disposons pas d’assez de rapports d’ITV de l’ancien réseau.

Puisqu’il nous était impossible d’obtenir un échantillon représentatif du réseau ancien, nous
avons décidé de maintenir la démarche globale en nous basant sur les rapports existants. Seu-

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Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

lement il faudra prévoir une période de calage de l’outil. Les premiers résultats seront vérifiés
au fur et à mesure en apportant à chaque fois des améliorations au programme.

IV.3.2 Réelle : éléments disponibles


De façon globale, les étapes du travail sont schématisées sur la figure suivante.

ITV selon la norme NF EN 13508 - 2

Sélection de 113 observations de défauts

Notes (de 1 à 50) des


Tests logiques
défauts

Agrégation

Niveaux de dégradation de 1 à 5
+
Autres interventions

Figure 18 : Description simplifiée de la méthode

IV.3.2.a Sélection des défauts


La norme EN 13 508-2 comporte plus de 150 observations, 113 de ces défauts ont été sélec-
tionnés car jugés pouvant affecter l’état structurel et opérationnel des tronçons.

En effet, nous avons gardé tous les codes de désordres structurels sauf le code (BAN) corres-
pondant à une « conduite poreuse » car souvent difficile à percevoir et sans grande influence
sur l’état de la conduite.

Concernant les désordres fonctionnels, nous n’avons pas pris en considération les codes
(BBB) pour « dépôts adhérents » qui sont des concrétions ou de la graisse, les défauts (BBC)
ou « dépôts » et enfin les codes (BBH) correspondant à « vermine ». La présence de vermines
n’est pas un défaut en soi, elle nous renseigne plutôt sur l’atmosphère régnant dans la con-
duite en particulier l’humidité.

De tous les codes d’inventaires, nous n’avons gardé que « selle burinée – raccordement ou-
vert » et « piquage direct buriné – raccordement ouvert » correspondant respectivement à
(BCA.C.A) et (BCA.E.A) car les conduites de branchement raccordées par burinage direct
sont considérées comme des anomalies.

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Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

IV.3.2.b Attribution d’une note pour chaque défaut


A chaque défaut, est attribuée une note selon l’impact de ce défaut sur l’état de la conduite.
Cette note varie de 1 à 50 :
- 50 représente l’état le plus dégradé
- 1 représente l’état le plus neuf
- le passage d’un état i à l’état i+1 se fait par pas de 5 (on obtient les notes suivantes : 1-5-10-
15-20-25-30-35-40-45-50)
Le choix de l’intervalle [1, 50] s’est fait après analyse détaillée des différents défauts retenus
de la norme NF EN 13508-2 qui sont donnés à l’annexe 1.
La « microfissure » étant le défaut le plus insignifiant et « l’effondrement » le défaut le plus
grave, il a fallu élargir l’intervalle de notation pour avoir plus de rigueur.
Cinq experts ont été sollicités à cette étape : chaque expert a noté les défauts de la liste. Nous
avons compilé les résultats. La notation finale a donc été obtenue de la manière suivante :
a) Si on obtient 4 notes identiques : c’est cette note qui est attribuée au défaut ;
b) S’il y a présence d’une note aberrante, i.e. une note très inférieure ou très supérieure
aux autres notes, celle-ci est écartée ;
c) Une fois a) et b) respectées, on calcule la moyenne des notes ;
d) Arrondir à la note supérieure après calcul de la moyenne, si celle-ci ne respecte pas le
pas de 5.
Au final, nous avons obtenu la notation présentée à l’annexe 1.

IV.3.2.c Tests logiques


Les tests logiques concernent le réseau neuf, les travaux de curage, les travaux de rehausse et
les travaux de coupe-racines.

Le réseau neuf ne doit présenter aucun défaut, il ne s’agit plus ici de calcul d’une note. Mais
nous passons à un raisonnement binaire :
-s’il n’y a aucun défaut, le réseau est bon
-s’il y a présence de défauts, le réseau est à refaire
Le calcul de la note ne concerne donc que le réseau existant.

Les travaux de curage sont programmés s’il y a présence des codes suivants :
BBD.A : Entrée de terre – sable
BBD.B : Entrée de terre – tourbe
BBD.C : Entrée de terre – matériau fin (argile, vase)
BBD.D : Entrée de terre – gravier
BBE.A : Autres obstacles – briquetage ou élément de maçonnerie délogé, gisant sur le radier
BBE.B : Autres obstacles – fragment de conduite brisée gisant sur le radier
BBE.C : Autres obstacles – autre obstacle gisant sur le radier

Les travaux de rehausse sont programmés lorsque le regard est non apparent en surface.

Enfin, on a recours au coupe-racine lorsqu’on retrouve les codes (BBA) ou « racines »

Page 53
Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

IV.3.2.d Agrégation
Il s’agit de regrouper les résultats obtenus de la notation des défauts et des tests logiques.
Les notations des défauts vont être manipulées de façon à pouvoir délimiter des intervalles
pour chaque niveau de dégradation.
Notre proposition de départ était de calculer pour chaque tronçon les éléments suivants :
a. la densité de notes : c’est une moyenne pondérée des notes, on attribue à chaque note
un coefficient qui est le rapport de la longueur du défaut et la longueur totale du tron-
çon. avec
NT : note du tronçon
n : nombre total des défauts
Ni : note du défaut
Li : longueur du défaut
LT : longueur du tronçon
b. le nombre total des défauts
c. la note maximale
Il suffisait ensuite de faire des essais sur des rapports existants afin de déduire les valeurs ex-
trêmes de chaque niveau.
Par exemple : si NT est compris entre [x, y] on est dans le niveau 2.
x et y sont des valeurs obtenues après plusieurs essais.
Le nombre total des défauts et la note maximale sont des éléments de véto. Si par exemple la
note maximale est de 50 (ce qui correspond à un effondrement). Le niveau 5 est attribué au
tronçon quelque soit la valeur de NT et le nombre de défauts.
Il s’agit ici d’une démarche empirique qui nécessite l’analyse de plusieurs rapports d’ITV
pour pouvoir généraliser les résultats.
Comme les rapports en notre possession étaient en nombre insuffisant, il ne nous a pas été
possible de délimiter les intervalles de chaque niveau de dégradation. Nous n’avons pas pu
vérifier si cette démarche présentait des résultats satisfaisants.
Nous avons donc proposé d’autres calculs qu’on devra tester et voir s’ils pourront donner de
bons résultats. Il s’agit de la somme des notes du tronçon, cette même somme divisée par la
longueur du tronçon et par le nombre de défauts.

La somme ou moyenne qui présentera les meilleurs résultats sera retenue à la fin des tests.

IV.4 Description de l’outil :


IV.4.1 Interface et données à entrer
L’outil permet d’établir une fiche de synthèse des rapports d’ITV sur laquelle figure les notes
de tous les tronçons (voir la figure qui suit).

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Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

Figure 19 : Fiche de synthèse des rapports d'ITV


L’outil a été réalisé sous Excel développé donc sous VBA (Visual Basic for Applications). Le
fichier Excel comporte huit onglets ou « feuilles de calcul Excel » (ENTREES, SORTIES,
ERREUR, LISTES, NOTES, CALCUL, LONGUEUR, RECAP), l’utilisateur aura besoin des
trois premiers seulement:
Utilisation de l’outil :
1) Dans la feuille de calcul ENTREES, l’utilisateur doit coller le rapport d’ITV obtenu
au préalable par une exportation à partir du logiciel Hydroscan vers un fichier Excel. Il
est primordial que le « point-virgule » soit sélectionné en tant que séparateur de
champ.
Le collage doit se faire sur la première cellule (ligne 1, colonne 1). Autrement, un si-
gnal d’erreur est affiché. L’utilisateur est alors prié de refaire l’opération.

Figure 20: Message d'erreur de copie

Page 55
Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

2) Une fois le rapport collé au bon endroit, le calcul peut être lancé dans l’onglet SOR-
TIES en cliquant sur le bouton « Lancer Calcul » situé en haut, à droite sur cette
feuille.

Figure 21 : L'onglet SORTIES de l'outil

3) Il est demandé, en premier lieu, de préciser la demande d’intervention. Il suffit pour


cela de mentionner le service client, qu’il soit interne ou externe. Cette étape n’est pas
obligatoire et n’affecte en rien l’exécution du programme, elle permet uniquement une
bonne hiérarchisation des rapports.

Figure 22: Boîte de dialogue de la demande d'intervention

4) Le numéro du rapport ne pouvant pas être obtenu à partir du fichier Excel, il est de-
mandé à l’aide d’une nouvelle boîte de dialogue tel que montré dans la figure qui suit.

Page 56
Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

Figure 23 : Boîte de dialogue du numéro de rapport

IV.4.2 Fonctionnement du programme


Le programme comporte en réalité deux étapes : la première permet d’extraire de l’onglet
ENTREES les données relatives au rapport d’inspection qui sont des informations d’ordre
général.
Il s’agit de : date d’inspection : qui se situe sous la cellule comportant le code (ABF) de
l’onglet ENTREES à la ligne 9.

Figure 24 : Emplacement de la date d'inspection dans l'onglet ENTREES


L’objet de l’inspection : il est codé de A à J et Z pour la personnalisation, la liste entière fi-
gure dans la feuille LISTES. C’est grâce à celle-ci que se fera la correspondance entre ces
codes et les intitulés d’objet d’inspection. Il se situe sous la cellule comportant le code (ABP).
Ceci est montré dans les deux figures suivantes.

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Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

Figure 25: Emplacement de l'objet d'inspection

Figure 26 : L'onglet LISTES pour le matériau et l'objet d'inspection


La méthode d’inspection : précise s’il s’agit d’une inspection télévisuelle, pédestre ou au vi-
déopériscope.
La commune : qu’on retrouve sous la cellule codée (AAN).

Page 58
Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

L’adresse : ou l’emplacement qui est souvent le nom d’une rue située sous le code AAJ.
La deuxième partie du calcul est synthétisée dans le tableau « Détail par tronçon » de l’onglet
SORTIES :
La dimension et le matériau sont en réalité obtenus sans calcul et ceci de la manière suivante ;
Chaque nouveau tronçon commence par #B01, si on associe la variable k à cette ligne com-
mençant par #B01, on retrouve la dimension et le matériau de la conduite respectivement dans
les cellules (k+5, 3) et (k+5, 4). Evidemment, le matériau est codé, la liste de tous les maté-
riaux se trouve dans l’onglet LISTES (cf. Figure précédente).

Figure 27 : Matériau (en gris) et Diamètre (en jaune) de la conduite


Ce n’est qu’à ce moment que commence le vrai calcul ;
Les défauts de chaque tronçon se situent entre #C et #Z. Les cellules de la première colonne,
entre ces deux cellules, comportent un mètre linéaire qui représente la distance entre le défaut
et le point de départ. Les autres colonnes sont codées de A à N telles que précisées dans la
description de la norme au chapitre III.
Dans l’onglet CALCUL figurent tous les défauts où code principal et caractérisations sont
regroupés, par exemple une fissure (BAB) fermée (B) longitudinale (A) devient (BAB.B.A).
A chaque défaut correspond une note et une longueur qui seront utilisées pour des calculs
ultérieurs.
La note est obtenue à partir de l’onglet NOTES.

La longueur de chaque défaut est obtenue à partir de la longueur de fin de défaut à laquelle on
soustrait la longueur de début du défaut. Le début et la fin des défauts sont codés respective-
ment A1 et B1 dans la deuxième colonne pour le premier défaut, A2 et B2 pour le deuxième
défaut etc.

L’onglet RECAP contient la récapitulation de tous les calculs effectués qui sont :

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Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

-La longueur du tronçon inspectée qui correspond à l’avant-dernière cellule, juste au-dessus
de #Z.
-Le taux d’inspection qui est à 100% en l’absence du code d’une inspection abandonnée
(BDC), autrement ce taux est décrit comme étant incomplet.

Sont aussi calculés : le nombre de défauts par tronçon, la note maximale, la somme des notes
du tronçon, la somme divisée par la longueur du tronçon, la somme divisée par le nombre de
défauts et enfin la moyenne pondérée (ou densité).

IV.4.3 Messages d’alerte


En cas de présence de défauts incomplets c'est-à-dire sans caractérisation, une boîte de dia-
logue apparaît à l’écran donnant le nombre d’erreurs (voir figure 28). Si on clique sur OK,
l’onglet ERREUR est affiché où est mentionnée la liste des erreurs avec les tronçons corres-
pondants.

Figure 28 : Boîte de dialogue ERREUR

Lorsqu’ un début de défaut est mentionné sans fin – en général suite à un oubli- une boîte de
dialogue apparaît à l’écran en guise d’alerte. La longueur de 1m est attribuée par défaut.

Figure 29 : boîte de dialogue de fins de défauts non mentionnées

IV.5 Calage de l’outil :


Une séance de travail avec les experts a été organisée afin de noter des tronçons pour le calage
de l’outil une fois mis en place.

Vu le nombre insuffisant de rapports d’inspection du réseau ancien qui étaient mis à notre
disposition et selon la disponibilité des experts, seulement 22 tronçons ont été sélectionnés.

Des extraits de rapports ont été distribués dans lesquels figurent ces tronçons. A chaque dé-
faut est associé une photo telle que donnée par le logiciel Hydroscan, ceci permet de mieux
apprécier et décider de l’état de dégradation des conduites. Chaque expert disposait d’une
fiche de notation des tronçons (voir Annexe 3).

Page 60
Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

Dans un premier temps, les fiches étaient remplies individuellement. Ensuite, des échanges
sur les résultats obtenus notamment ceux qui présentaient d’importants écarts ont permis de
compiler les notes en ne négligeant aucun avis.

Les résultats obtenus pour les 22 tronçons sont représentés sur les deux graphiques qui sui-
vent. (E1, E2, E3, E4, E5) désignent les experts et la colonne « Note » est la note finale rete-
nue après échange et discussion.

4
E1
E2
Notes 3
E3

2 E4
E5
1 Note

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Tronçons

Figure 30 : Notation des tronçons par les experts (1)

4
E1
E2
Notes 3
E3

2 E4
E5
1 Note

0
12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22
Tronçons

Figure 31 : Notation des tronçons par les experts (2)

Page 61
Chapitre IV : Création d’un outil de valorisation des ITV

Nous remarquons que les notes des experts sont toutes identiques pour seulement 1 tronçon. 2
tronçons présentent 4 notes identiques. Nous observons 10 tronçons ayant 3 notes identiques ;
les 2 notes restantes sont à plus ou moins 1 pour 4 de ces tronçons. Aucun tronçon ne présente
5 notes différentes.

Au total, 13 tronçons sur 22 ont au moins 3 notes identiques. Les 9 tronçons restants ont 2
notes identiques.

Les écarts sont essentiellement dus à l’effet du zoom de la caméra, les défauts paraissent plus
grands. Il aurait été intéressant que la valeur du zoom soit mentionnée sur les photos. Parfois
les experts, reconnaissant les rapports des points sensibles, notaient les tronçons de mémoire.
Ce sont des cas particuliers où le dysfonctionnement n’apparaît pas forcément sur les rap-
ports.

IV.6 Conclusion
L’outil que nous venons de décrire, permettra à terme de hiérarchiser les tronçons selon les
travaux qu’ils nécessitent.

Pour cela des rapports d’ITV supplémentaires devront être fournis. Ces rapports doivent être
bien faits comportant le minimum d’erreurs possible. La prise de décision est entièrement
basée sur les données du rapport.

Il s’agit d’une méthode empirique qui se base sur l’avis d’experts, elle permet de diminuer de
l’aspect subjectif de l’analyse des rapports d’ITV.

L’utilisation de l’outil est simple ; un débutant en Excel peut le faire fonctionner. Ce qui
augmente le nombre d’utilisateurs potentiels.

Page 62
Conclusion générale
Conclusion et analyse de la solution proposée :
L’inspection télévisuelle fournit à l’exploitant les informations nécessaires pour connaître
l’état du réseau d’assainissement urbain. Elle permet d’identifier les anomalies et d’engager
des actions en conséquence. Ces interventions sont programmées au moment opportun. Il
s’agit de décider des travaux appropriés à entreprendre. Ceci ne se réalise concrètement qu’à
l’aide d’un outil d’aide à la décision qui permet de classer les tronçons inspectés du réseau de
façon automatique permettant ainsi de mieux gérer le budget alloué à la réhabilitation et le
renouvellement du réseau.
Notre travail de fin d’études répond à ces exigences à travers l’outil élaboré. Principalement
par manque de temps et de rapports d’ITV fiables, il n’a pas été possible de le mettre réelle-
ment en place. Néanmoins, les propositions de mise en place, la recherche des défaillances et
contraintes de l’élaboration de l’outil ainsi que la réalisation d’une bonne partie de celui-ci
constituent un grand pas en vue de sa finalisation. Notre intervention a également permis de
mettre en valeur un certain nombre d’axes d’amélioration dans le fonctionnement et
l’utilisation des ITV à SEAAL aujourd’hui.

L’outil présenté se base sur l’utilisation d’inspections télévisées codées selon la norme NF EN
13508-2. La SEAAL dispose en effets de rapports d’ITV respectant ladite norme, cela dit
nous constatons actuellement un manque de rigueur quant à la description des défauts, due
d’une part à la non-maîtrise de la langue de la part des agents de terrain et d’autre part à une
méconnaissance de la norme dans le détail. Ceci entraîne des pertes d’informations qui au-
raient pour conséquence l’obtention de résultats erronés si on se basait uniquement sur l’outil.
Il est donc impératif de faire vérifier ces résultats dans un premier temps. Une révision des
rapports en apportant les corrections et compléments nécessaires est conseillée.

Recommandations
La période de démarrage de l’utilisation de l’outil pourra se révéler laborieuse. Avant que
l’outil ne soit opérationnel, tous les problèmes de base doivent être réglés pour une bonne
acquisition de données fiables notamment en ce qui concerne la qualité des rapports d’ITV.
Les agents de terrain doivent être rigoureux quant à la réalisation des rapports d’ITV. Pour
une utilisation optimale de l’outil, ils doivent respecter les consignes suivantes :
 Il est difficile de distinguer les différents types de dégradation de surface, cela dit,
pour assurer une bonne évaluation de la gravité des défauts, il faut que les agents fassent
la différence entre les défauts de 1ère caractérisation i.e. :

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- rugosité accrue (BAF.A)
- écaillage (BAF.B)
- granulats exposés (BAF.C)
- granulats déchaussés (BAF.D)
- granulats manquants (BAF.E)
- armature visible (BAF.F)
- armature dépassant de la surface (BAF.G)
- armature corrodée (BAF.H)
- paroi manquante (BAF.I)

 Voici un extrait de la norme « Il convient de n’utiliser le champ des remarques que


lorsqu’une observation ne peut être décrite entièrement par un code. Il convient que toute
remarque soit aussi brève et descriptive que possible ».
Il est donc conseillé d’avoir recours aux remarques et données personnalisées le moins
possible. Lorsque cela est impossible, penser à utiliser un codage particulier et l’ajouter
dans le logiciel tout en veillant à mentionner toute modification pour ne pas induire en
erreur et attribuer à la norme des éléments n’y figurant pas.

 Pour la commune, utiliser le code AAN correspondant à la ville ou village selon la


norme.

 Il faut intégrer la quantification pour les observations suivantes : Branchement péné-


trant, déformation, autres obstacles et fissure. Un branchement pénétrant occupant 10 %
de la section de la conduite et un autre occupant 40 % de la section n’induisent forcé-
ment pas les mêmes conséquences.

 Actuellement, l’utilisation de l’emplacement circonférentiel ne s’effectue pas sur les


champs qui lui sont alloués.
Nous avons constaté ceci, en particulier pour les fissures. L’exemple suivant montre
l’erreur souvent commise :
Lorsque nous observons deux fissures longitudinales, une située à 03 heures et l’autre à
12 heures. Nous retrouvons sur le rapport ce qui correspond à une fissure longitudinale
de 12 heures à 03 heures. Ce qui n’a pas le même sens. Le plus correct serait, une fissure
circonférentielle ou hélicoïdale. Mais ce n’est pas le bon choix.
Ce qui devrait se faire : utiliser deux fois le code correspondant à une fissure longitudi-
nale. Le premier aura pour orientation 12 heures et le second 03 heures. Ce sont deux dé-
fauts distincts.
En version codée, la première orientation correspond à G et la seconde à H.
Nous obtenons dans notre cas des valeurs uniquement pour G.

Page 64
Perspectives
Ici, nous proposons des améliorations et un développement de l’outil proposé.

 Etapes de mise en place de l’outil :


- Installation de l’outil une fois finalisé. Prévoir un fonctionnement sous Access pour
élargir la base de données.
- Renseignement des tronçons d’après les données du SIG i.e. établir un lien direct avec
le SIG.
- Saisie des inspections en respectant la norme au détail près (voir recommandations).

 La longueur réelle du tronçon n’est pas obtenue lorsque le taux d’inspection est infé-
rieur à 100%. Il est conseillé de rajouter un code dans le logiciel hydroscan donnant la
longueur totale du tronçon en code BDB (remarque générale) par exemple ou faire une
correspondance avec le SIG afin de récupérer les longueurs de la base de données. Mais
il est préférable de vérifier avec celles obtenues sur terrain pour éviter d’éventuelles su-
restimations ou sousestimations.
 Le réseau neuf n’est pas encore intégré au fonctionnement de l’outil, prévoir des lignes
de code à cet effet à rajouter dans le programme.
 L’outil a été réalisé en se basant sur les données du réseau de la wilaya d’Alger ; il
correspond bien aux matériaux rigides et à un écoulement gravitaire. Pour cette raison, si
l’inspection concerne un matériau déformable ou un refoulement une vérification des ré-
sultats sera nécessaire.
 Il serait intéressant d’intégrer à l’outil le calcul d’une note se rapportant aux regards
afin d’obtenir une évaluation de l’état structurel du réseau dans sa totalité.
 Une fois l’outil mis en place, l’idéal serait de procéder par une approche multicritères
qui tiendrait compte non seulement des aspects techniques, mais aussi économiques,
sociaux et environnementaux. L’outil d’aide à la décision permettrait à ce moment là
pour chaque chantier, en fonction de ses particularités, de pondérer ces critères afin
d’obtenir une « note » finale qui conclurait au choix d’une technique parmi d’autres.
Cette approche systématique permettrait ainsi d’optimiser le choix de la technique de
réhabilitation. L’intérêt stratégique d’un ouvrage est important dans l’analyse multicri-
tères. Les décisions sont différentes s’il s’agit d’un collecteur principal vers une STEP
ou un ouvrage de collecte desservant une zone pavillonnaire. Plus l’intérêt stratégique
sera important, plus il faudra pousser les auscultations, afin de disposer d’un maxi-
mum d’informations avant d’établir la préconisation.

Page 65
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BUTHIER F. (2004), «Réhabilitation de canalisations d’assainissement sans tranchée.»


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Topographes.».

Page 67
Annexes
Annexe 1 : Liste des défauts notés

CODE INTITULE NOTE


BAA.A Déformation; verticale 30
BAA.B Déformation; horizontale 30
BAB.A.A Microfissure; longitudinale 15
BAB.A.B Microfissure; circonférentielle 15
BAB.A.C Microfissure; complexe 15
BAB.A.D Microfissure; hélicoïdale 15
BAB.B.A Fissure; fermée; longitudinale 25
BAB.B.B Fissure; fermée; circonférentielle 25
BAB.B.C Fissure; fermée; complexe 30
BAB.B.D Fissure; fermée; hélicoïdale 30
BAB.C.A Fissure; ouverte; longitudinale 30
BAB.C.B Fissure; ouverte; circonférentielle 35
BAB.C.C Fissure ; ouverte; complexe 35
BAB.C.D Fissure; ouverte; hélicoïdale 35
BAC.A Rupture 45
BAC.B Effondrement partiel 45
BAC.C Effondrement 50
BAD.A.A Briquetage ou éléments de maçonnerie défectueux; déplacé; autre couche
visible de briquetage ou d'éléments de maçonnerie 25

BAD.A.B Briquetage ou éléments de maçonnerie défectueux; déplacé; rien de visible


25

BAD.B.A Briquetage ou éléments de maçonnerie défectueux; pièces manquantes;


autre couche visible de briquetage ou d'éléments de maçonnerie 30

BAD.B.B Briquetage ou éléments de maçonnerie défectueux; pièces manquantes; rien 30


de visible
BAD.C.A Briquetage ou éléments de maçonnerie défectueux; affaissement de radier;
autre couche visible de briquetage ou d'éléments de maçonnerie 30

Briquetage ou éléments de maçonnerie défectueux; affaissement de radier;


rien de visible 30
BAD.C.B
BAD.D.A
Briquetage ou éléments de maçonnerie défectueux; effondrement; autre 40
couche visible de briquetage ou d'éléments de maçonnerie
BAD.D.B Briquetage ou éléments de maçonnerie défectueux; effondrement; rien de 45
visible
BAE Mortier manquant 25
BAF.A.A Rugosité accrue; abrasion
20
BAF.A.B Rugosité accrue; attaque chimique générale

Page 68
BAF.A.C Rugosité accrue; attaque chimique, biochimique due a l'acide sulfurique au
dessus du niveau d'eau
BAF.A.D Rugosité accrue; attaque chimique, par les eaux usées au dessous du niveau
d'eau
BAF.A.E Rugosité accrue; aucune cause évidente
BAF.B.A Ecaillage; abrasion
BAF.B.B Ecaillage; attaque chimique générale
BAF.B.C Ecaillage; attaque chimique, biochimique due a l'acide sulfurique au dessus
du niveau d'eau 20

BAF.B.D Ecaillage; attaque chimique, par les eaux usées au dessous du niveau d'eau
BAF.B.E Ecaillage; aucune cause évidente
BAF.C.A Granulats exposés; abrasion
BAF.C.B Granulats exposés; attaque chimique générale
BAF.C.C Granulats exposés; attaque chimique, biochimique due a l'acide sulfurique au
dessus du niveau d'eau 25
BAF.C.D Granulats exposés; attaque chimique, par les eaux usées au dessous du ni-
veau d'eau
BAF.C.E Granulats exposés; aucune cause évidente
BAF.D.A Granulats déchaussés; abrasion
BAF.D.B Granulats déchaussés; attaque chimique générale
BAF.D.C Granulats déchaussés; attaque chimique, biochimique due a l'acide sulfurique
au dessus du niveau d'eau 30
BAF.D.D Granulats déchaussés; attaque chimique, par les eaux usées au dessous du
niveau d'eau
BAF.D.E Granulats déchaussés; aucune cause évidente
BAF.E.A Granulats manquants; abrasion
BAF.E.B Granulats manquants; attaque chimique générale
BAF.E.C Granulats manquants; attaque chimique, biochimique due a l'acide sulfurique
au dessus du niveau d'eau 30
BAF.E.D Granulats manquants; attaque chimique, par les eaux usées au dessous du
niveau d'eau
BAF.E.E Granulats manquants; aucune cause évidente
BAF.F.A Armature visible; abrasion
BAF.F.B Armature visible; attaque chimique générale
BAF.F.C Armature visible; attaque chimique, biochimique due a l'acide sulfurique au
dessus du niveau d'eau 35
BAF.F.D Armature visible; attaque chimique, par les eaux usées au dessous du niveau
d'eau
BAF.F.E Armature visible; aucune cause évidente
BAF.G.A Armature dépassant de la surface; abrasion
BAF.G.B Armature dépassant de la surface; attaque chimique générale
BAF.G.C Armature dépassant de la surface; attaque chimique, biochimique due a
l'acide sulfurique au dessus du niveau d'eau 35

BAF.G.D Armature dépassant de la surface; attaque chimique, par les eaux usées au
dessous du niveau d'eau

Page 69
BAF.G.E Armature dépassant de la surface; aucune cause évidente
BAF.H.A Armature corrodée; abrasion
BAF.H.B Armature corrodée; attaque chimique générale
BAF.H.C Armature corrodée; attaque chimique, biochimique due a l'acide sulfurique
au dessus du niveau d'eau 40
BAF.H.D Armature corrodée; attaque chimique, par les eaux usées au dessous du ni-
veau d'eau
BAF.H.E Armature corrodée; aucune cause évidente
BAF.I.A Paroi manquante; abrasion
BAF.I.B Paroi manquante; attaque chimique générale
BAF.I.C Paroi manquante; attaque chimique, biochimique due a l'acide sulfurique au
dessus du niveau d'eau 45
BAF.I.D Paroi manquante; attaque chimique, par les eaux usées au dessous du niveau
d'eau
BAF.I.E Paroi manquante; aucune cause évidente
BAG Branchement pénétrant 30
BAH.A Raccordement défectueux; position du raccordement incorrecte 30
BAH.B Raccordement défectueux; vide entre la conduite de raccordement et la cana-
lisation 30

BAH.C Raccordement défectueux; vide partiel entre la conduite de raccordement et


la canalisation 30

BAH.D Raccordement défectueux; conduite de raccordement endommagée


30

BAI.A.A Anneau d'étanchéité; déplacé mais ne dépassant pas dans la canalisation


20

BAI.A.B Anneau d'étanchéité; pendant mais pas rompu, le plus bas au dessus de la
ligne médiane 30

BAI.A.C Anneau d'étanchéité; pendant mais pas rompu, le plus bas au dessous de la
ligne médiane 30

BAI.A.D Anneau d'étanchéité; rompu 30


BAJ.A Déboîtement longitudinal 35
BAJ.B Décentrage radial 35
BAJ.C Déviation angulaire 30
BAK Défaut de revêtement 25
BAL.A Réparation défectueuse; paroi manquante 45
BAL.B Réparation défectueuse; reprise bouchant un trou devenue défectueuse 40
BAM.A Défaut de soudage; longitudinal 30
BAM.B Défaut de soudage; circonférentiel 30
BAM.C Défaut de soudage; hélicoïdal 30
BAO Sol visible par le défaut 40
BAP Vide visible par le défaut 40
BBA.A Grosse racine isolée 35
BBA.B Radicelles 30
BBA.C Ensemble complexe de racines 35
BBD.A Entrée de terre; sable 40

Page 70
BBD.B Entrée de terre; tourbe 45
BBD.C Entrée de terre; matériau fin (argile, vase...) 45
BBD.D Entrée de terre; gravier 45
BBE.A Autres obstacles; briquetage ou élément de maçonnerie délogé, gisant sur le
radier 40

BBE.B Autres obstacles; fragment de conduite brisée gisant sur le radier 35


BBE.C Autres obstacles; autre objet gisant sur le radier 35
BBE.D Autres obstacles; obstacle dépassant de la paroi 35
BBE.E Autres obstacles; obstacle coincé dans l'assemblage 35
BBE.F Autres obstacles; obstacle traversant un raccordement ou une conduite de
raccordement 35

BBE.G Autres obstacles; conduites externes ou câbles insérés dans la canalisation 40


BBE.H Autres obstacles; obstacle intégré à la structure 40
BBF.A Infiltration; suintement 25
BBF.B Infiltration; goutte à goutte 25
BBF.C Infiltration; écoulement 30
BBF.D Infiltration; jaillissement 35
BBG Exfiltration 30
BCA.C.A Selle - burinée; raccordement ouvert 30
BCA.E.A Piquage direct - buriné; raccordement ouvert 30

Annexe 2 : Photos de quelques défauts obtenues par ITV

(BAC.B) Effondrement partiel (BBA.B) Radicelles

Page 71
(BCA.E) Raccordement piquage direct (BAF.F) Dégradation de surface -
buriné à 10h Armature visible de 01h à 02h

direct buriné à 10h

(BAB.B.A) Fissure fermée longitudi- (BAC.C) Effondrement


nale à 12h et 04h

direct buriné à 10h

(BBE.C) Obstacles gisant sur le radier (BAJ.B) Déplacement d’assemblage


- Décentrage radial

(BAG) Branchement pénétrant (BAF.D) Dégradation de surface –


granulats déchaussés

Page 72
Annexe 3 : Fiche de notation des tronçons

FICHE DE NOTATION DES TRONCONS


Expert :

NOTES : 1 Pas de défauts ou défauts insignifiants


2 Réseau usagé, pas d'intervention à prévoir
3 Réseau détérioré, à surveiller
4 Travaux à programmer
5 Travaux d'urgence

N° Rapport TRONCON NOTE OBSERVATIONS


Rfi 200.09 RC02 - RC03
Rfi 200.09 RC03 - RC05
Rfi 200.09 RC08 - RC09
Rfi 200.09 RC10 - RC11
Rfi 200.09 RC14 - RC15
Rfi 200.09 RC15 - RC16
Rfi 200.09 RC14 - RC18

Rfi 061.09 RC01 - RC09


Rfi 061.09 RC01 - RC02
Rfi 061.09 RC02 - RC03
Rfi 061.09 RC03 - RC04
Rfi 061.09 RC04 - RC05
Rfi 061.09 RC05 - RC06
Rfi 061.09 RC06 - RC07
Rfi 061.09 RC07 - RC08

Rfi 038.09 RC01 - RC02

Rfi 129.08 RC01 - RC02


Rfi 129.08 RC01 - RC03
Rfi 129.08 RC04 - RC05

Rfi 116.09 RC01 - RC02

Rfi 079.08 RC01 - RC02

Rfi 045.07 R1 - R2

Page 73

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