Intro
« Contrôler la gestion d'une entreprise, c'est maîtriser sa conduite en s'efforçant de
prévoir les événements pour s'y préparer avec son équipe et s'adapter à une
situation évolutive » (MALO et MATHE, 2000, P.9). Toute entreprise a besoin de
maîtriser son activité et d'accorder son évolution aux influences de l'environnement.
Les entreprises industrielles sont confrontées aujourd'hui à la nécessité d'adapter
leur système de gestion et de pilotage au rythme de l'évolution rapide de la
technologie et des nouvelles techniques de l'information et de la communication. Le
système d'information prend dès lors au sein de l'entreprise une place
prépondérante. Il sert à connaître l'environnement (communication avec les
partenaires) et les ressources internes (personnel) afin de déterminer la stratégie et
les objectifs adéquats. Il est dès lors un outil d'aide à une meilleure prise de décision.
Dans le contexte camerounais, beaucoup d'entreprises, pour faire face à la
concurrence de plus en plus rude et mondiale, ne tardent plus à se doter des
systèmes d'information les plus performants. Outils de décision et de pilotage en
temps réel, les progiciels de gestion intégrés sont aujourd'hui à l'origine des gains
spectaculaires et des avantages concurrentiels incontestables. C'est ainsi que depuis
2009, la SABC soucieuse de conforter sa production et de maîtriser sa gestion et son
environnement, s'est dotée d'un système intégré de gestion : MOVEX M3 du groupe
LAWSON. Dans l'objectif d'accroître sa part de marché et de défier toute concurrence
à travers des économies d'échelle (maîtrise des coûts, économies d'échelle, contrôle
de la production, ajustement de la qualité - prix, etc.), la mise en place de la
comptabilité industrielle s'avère indispensable.
C'est ainsi que, dans le cadre de notre stage académique en vue de l'obtention de la
Licence en Administration des Entreprises (LIADE ) à l'Université Catholique d'Afrique
Centrale, les portes de la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC), nous
ont été ouvertes. C'est au Siège Social en la Direction du Contrôle de Gestion et
Budget (DCGB) de ladite entité que nous avons effectué notre stage. Nous étions très
intéressés par les prouesses de l'outil de pilotage qu'est la comptabilité industrielle.
Ce qui nous a poussé à choisir comme thème de notre rapport de stage : La
comptabilité industrielle, un outil de contrôle et de pilotage: cas de la SABC.
D'emblée, il faut signaler que le système est dans sa phase d'implantation et
d'expérimentation. Notre analyse visera davantage sa mise en œuvre plutôt que ses
résultats. C'est ainsi que dans notre travail, articulé autour de trois parties, nous
présenterons généralement d'abord la SABC (Première partie), nous nous
pencherons ensuite sur la comptabilité industrielle de sa mise en place à son
utilisation comme outil d'analyse (Deuxième partie) ; nous terminerons enfin par une
analyse critique en mettant en exergue notre appréciation du stage (Troisième
partie).
SABC
Créée à Douala le 3 février 1948 à Douala, la Société Anonyme des Brasseries du
Cameroun (SABC) est les 2 contribuables de l’Etat après le secteur pétrolier et le
leader de l’industrie brassicole au Cameroun. Spécialisée au départ dans la
production et la commercialisation des boissons hygiéniques la SABC a diversifié son
activité et contrôle aujourd’hui un groupe comprenant cinq usines (bières, boissons
gazeuses, boisson énergisante, alcool-mix) ; une verrerie (Socaver) ; une exploitation
d’eau minérale naturelle (SEMC Tangui).
C’est à Douai, dans le Nord de la France, que l’histoire commence. Au début du XXe
siècle, il y’a là-bas une brasserie locale et familiale, « La Nationale », tenue par les
Butruille. La « Nationale » n’échappe pas aux bombardements de la seconde guerre
mondiale. Georges Butruille, troisième du nom (1913 – 1992), fils de Paul Butruille,
HEC, avocat, résistant durant l’occupation, rentre à la fin de la guerre. Décidé à
sauvegarder l’affaire de la famille de brasseurs dont il est l’héritier, Georges Butruille
met le cap sur le Cameroun dès la fin de la guerre.
Un bateau transporte en effet tout ce qu’il reste de « La Nationale ». Une fois au
Cameroun, Georges Butruille rencontre Jacques Robert Lalo, une connaissance déjà
installée à Douala. Ensemble, ils repensent son projet d’installation d’une brasserie
dans le pays. Avant de repartir pour Douai, Georges Butruille donne mandat à
Jacques Robert Lalo, pour le suivi du projet.
Avec les fonds familiaux, 60 millions de F CFA de capital, le fils Butruille concrétise
son projet. Lors de la 1ère Assemblée générale constitutive des actionnaires, le 26
janvier 1948, 195 actionnaires s’arrachent les soixante mille actions de mille francs
composant le capital comme des petits pains. La Société Anonyme des Brasseries du
Cameroun est née, avec un capital de 60 000 000 F CFA. Les cinq plus gros
actionnaires sont :
Société du Port de ROSARIO : 11 900 actions nominatives
Les Brasseries et Glacières d’Indochine : 6 975 actions au porteur
Raphaël & Compagnie, société en nom collectif : 3 700 actions au porteur
Société Chérifienne de participation : 3 500 actions nominatives
Brasseries Butruille : 3 160 actions (2 100 au porteur et 1 060 nominatives)
A l’époque, Georges vient de temps en temps inspecté le travail fait sur place par les
frères Lalo, Jacques et Pierre, premiers directeurs de la jeune entreprise basée à
Douala. A l’époque, ce qui tient lieu d’entreprise installe ses bureaux sur la véranda
de la maison de Jacques Lalo, rue des manguiers, à Koumassi. Une paillote. Les
premiers recrutements sont effectués. A peine quelques gaillards pour chercher du
terrain, acheter des bouteilles, fournir la logistique, etc… La première bière fabriquée
au Cameroun arrive bientôt, la Bull Beer. Les Brasseries et Glacières d’Indochine, qui
quittent cette partie du monde, s’installent donc en Afrique où elles deviennent, Les
Brasseries et Glacières Internationales (BGI).
En 1990, le groupe Castel rachète BGI. L’entreprise qui avait commencé sous la
paillote est, depuis, devenue un mastodonte.
SOCAVER
50 ans déjà que la Société Camerounaise de Verrerie, créée le 28 juin 1966 à
Douala, existe. Unique verrerie de la Communauté Economique et Monétaire de
l'Afrique Centrale (CEMAC), Socaver a soufflé sa première bouteille le 1er juillet 1970
et s’est donnée une mission : mettre à la disposition de sa clientèle des produits
d’une qualité irréprochable, respectant les normes et standards internationaux. Pour
y parvenir, notre système de management répond de façon globale et de manière
satisfaisante aux exigences des référentiels ISO 9001/2008 et FSSC 22 000.
Spécialisée dans la fabrication du verre creux, Socaver dispose de deux fours qui
produisent annuellement 55 000 tonnes de verre fondu, grâce à une installation
complètement automatisée.
Socaver commercialise près de 100 marques de produits comprenant :
Des bouteilles décorées et non décorées
Des flacons
Des pots et bocaux
Pour les 10 prochaines années, notre ambition est de poursuivre la modernisation de
notre outil de production, tout en renforçant notre capacité de production. Ce beau
programme, conjugué à l’amélioration permanente de la performance de nos
équipes, nous permettra de consolider notre position de leader.