GROUPE EM GABON-UNIVERSITÉ
ECOLE DE SANTE DE LIBREVILLE (ESL)
BIOTHERAPIES
L3 BIOLOGIE MÉDICALE
2021-2022
Dr NGOUA MEYE MISSO Rick-Léonid
PhD : Biochimie — Pharmacologie — Oncologie
Ing : Biochimie — Biologie Moléculaire
E-mail : ngouamartel@[Link]
TABLE DES MATIERES
CHAPITRE I: GÉNÉRALITÉS ........................................................................................................................... 2
I. DEFINITION DES BIOTHERAPIES ....................................................................................................... 2
II. HISTORIQUE DU MEDICAMENT ......................................................................................................... 3
III. DEVELOPPER UNE BIOTHERAPIE ...................................................................................................... 3
IV. FORMES THERAPEUTIQUES ................................................................................................................ 4
V. BIOTHERAPIES : CLASSIFICATION .................................................................................................... 5
VI. EFFICACITE DEMONTREE DANS DE NOMBREUSES PATHOLOGIES.......................................... 7
VII. RISQUES IMMEDIATS ....................................................................................................................... 7
VIII. RISQUES INFECTIEUX ...................................................................................................................... 7
IX. THÉRAPIE GÉNIQUE ET CELLULAIRE............................................................................................... 7
CHAPITRE II: CYCLE CELLULAIRE ........................................................................................................... 13
I. DEFINITIONS ......................................................................................................................................... 13
II. PHASES DU CYCLE CELLULAIRE ..................................................................................................... 13
III. DURÉE DU CYCLE CELLULAIRE ...................................................................................................... 16
IV. CONTRÔLE DU CYCLE CELLULAIRE .............................................................................................. 16
V. CONTRÔLE DU CYCLE CELLULAIRE .............................................................................................. 17
VI. RÉGULATION DU CYCLE CELLULAIRE .......................................................................................... 18
VII. SORTIE DU CYCLE .......................................................................................................................... 22
VIII. CYCLE CELLULAIRE ET VIEILLISSEMENT ............................................................................... 22
IX. CYCLE CELLULAIRE ET CANCER .................................................................................................... 23
CONCLUSION ...................................................................................................................................................... 25
CHAPITRE III : CELLULES SOUCHES ET APPLICATIONS THERAPEUTIQUES............................. 27
I. INTRODUCTION ................................................................................................................................... 27
II. HISTOIRE DES CELLULES SOUCHES ............................................................................................... 27
III. CHRONOLOGIE ET DATES DES IMPORTANTES RECHERCHES ................................................. 27
IV. DÉFINITION ........................................................................................................................................... 28
V. TYPES DE CELLULES SOUCHES ....................................................................................................... 28
VI. CELLULES SOUCHES ET THERAPIE CELLULAIRE ....................................................................... 35
VII. THÉRAPIE CELLULAIRE ET MÉDECINE RÉGÉNÉRATRICE ................................................... 37
VIII. ASPECTS ETHIQUES, JURIDIQUES ET RELIGIEUX DE LA RECHERCHE SUR LES
CELLULES SOUCHES HUMAINES .............................................................................................................. 39
CONCLUSION ..................................................................................................................................................... 40
BIOTHERAPIES 1 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
CHAPITRE II: CYCLE CELLULAIRE
I. DEFINITIONS
Le cycle cellulaire est l’ensemble des modifications qu’une cellule subit depuis sa formation
après la division d’une cellule mère jusqu’au moment ou elle a fini de se diviser en deux cellules
filles, ayant les mêmes caractères morphologiques et physiologiques de la cellule mère.
Toutes les cellules se divisent, à l’exception des hématies, des neurones et des cellules
musculaires squelettiques.
II. PHASES DU CYCLE CELLULAIRE
Le cycle cellulaire comprend deux grandes étapes l’interphase et la mitose :
II-1. INTERPHASE :
Est la plus longue période du cycle, elle correspond à la période comprise entre la fin d’une
division et le début de la suivante.
Sa durée varie en fonction de la nature et des conditions physiologiques de la cellule.
Ex : les cellules intestinales se divisent deux fois par jour, les cellules hépatiques une à deux
fois par an.
L’interphase se décompose en trois phases successives : la phase G1, la phase S et la phase G2.
(G : initiale de Gap, intervalle).
II-1-1-PHASE G1:
La phase G1 est une phase de présynthèse au cours de laquelle
- La cellule se prépare à la réplication (synthèse d’enzymes) et accumule des réserves
pour la division cellulaire,
- Synthétise les molécules d’ARN (messagers, ribosomaux et de transfert) et les protéines
nécessaires à l’accroissement cellulaire.
- La quantité d’ADN reste stable (2n = 46 molécules d’ADN).
- La cellule procède à la réparation de son ADN.
En G1, la cellule peut :
- Reprendre un autre cycle en s’engageant dans la phase S ;
- Faire une pause en attendant des conditions favorables et réparer d’éventuelles
anomalies de l’ADN ;
- Sortir du cycle et entrer en phase G0 de quiescence ou elle reste des jours, des semaines
ou même des années sans se multiplier.
II-1-2-PHASE S:
c’est la phase de synthèse d’ADN. caractérisée par:
- la duplication de l’ADN,
- la synthèse des histones,
- les chromosomes de chaque paire doublent leur chromatide (2 chromatides reliés par le
centromère),
- La quantité d’ADN passe de 2n à 4n molécules d’ADN.
§ corrections d’éventuelles erreurs de copies de l’ADN ;
§ transcription et traduction se poursuivent (synthèse d’histones).
BIOTHERAPIES 13 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
II-1-3-PHASE G2 :
c’est la phase prémitotique, caractérisée par
- la synthèse d’un certain nombre de facteurs, en particulier les facteurs de condensation
de la chromatine.
- elle représente une phase de croissance cytoplasmique.
- La quantité d’ADN est à 4n molécules d’ADN.
§ production d’enzymes et de facteurs de régulation ;
§ transcription et traduction se poursuivent.
Cycle céllulaire. (a) Succession des phases G1, S, G2 et M et engagement éventuel dans la
phase d’arrêt G0. (b) Graphe traduisant l’évolution de l’ADN et de la masse du cytoplasme au
cours du cycle.
II-2. PHASE M : OU LA MITOSE.
- La mitose est la division d’une cellule mère en deux cellules filles identiques. L’étape
durant laquelle les chromosomes sont bien visibles.
- En conséquence, il y aura division du noyau (caryocinèse) et du cytoplasme (cytodiérèse)
o Grâce aux molécules accumulées lors de l’interphase ;
o Au cours de cette phase, l’ADN est très condensé, ce qui rend la réparation de
l’ADN et la transcription impossible ;
o Synthèse protéique très limitée.
NB : à l’issue de cette phase, chacune des 2 cellules s’engagera vers une nouvelle phase G1
La mitose se caractérise par la:
• Spiralisation des chromosomes.
• Apparition dans le cytoplasme d’un fuseau de microtubules : Fuseau mitotique.
• Disparition de l’enveloppe nucléaire.
• Distribution de l’ADN de manière égale entre les deux cellules filles.
Reconstitution du noyau des cellules filles.
La mitose dure entre 1 et 3 heures. se déroule en quatre étapes caractéristiques qui sont: la
Prophase, la Métaphase, l’Anaphase, la Télophase.
II-2-1-PROPHASE:
Elle dure 20 à 30 minutes, et est caractérisée par:
• La condensation de la chromatine en chromosomes
• Les 4 centrioles se séparent durant la prophase, formant deux centrosomes qui migrent
chacun vers un pôle de la cellule.
BIOTHERAPIES 14 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
• Le nucléole diminue de taille et disparait.
• Le cytosquelette de microtubules se réorganise pour former le fuseau mitotique, structure
bipolaire qui s’étend entre les deux centrosomes.
II-2-2-METAPHASE:
Elle dure 20 à 30 minutes, caractérisée par:
• Un rassemblement de tous les chromosomes sur la plaque équatoriale (partie moyenne de
la cellule) fixés par leurs kinétochores, à distance égale des deux pôles.
• Le chromosome métaphasique est au maximum de sa condensation, et est constitué de deux
chromatides reliés par un centromère.
II-2-3-ANAPHASE
Elle dure 5 à 8 minutes, caractérisée par:
• Clivage du centromère, les chromatides deviennent indépendants.
• Raccourcissement des microtubules kinétochoriens, et ascension polaire des chromatides
qui deviennent des chromosomes indépendants, partagés en deux lots identiques dans
chaque pôle.
• Elongation des microtubules polaires entrainant un allongement de la cellule.
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II-2-4-TÉLOPHASE:
Elle dure 20 minutes, caractérisée par:
• Arrêt de migration des chromosomes regroupés en éventail aux pôles cellulaires.
• Les chromatides commencent à se décondenser.
• Reconstitution de l’enveloppe nucléaire,
• et réapparition du nucléole.
II-2-5-CYTODIERESE
• Différenciation de l’anneau contractile, constitué de myofilaments d’actine et de myosine.
• Formation du sillon de division dans un plan perpendiculaire à l'axe du fuseau mitotique et
sépare la cellule en deux.
• Le sillon de division se resserre jusqu'à former un passage étroit entre les deux cellules filles
et qui contient le reste du fuseau mitotique.
• Contraction de l’anneau et séparation physiques des deux cellules filles.
III. DURÉE DU CYCLE CELLULAIRE
La durée du cycle est variable. Dépend essentiellement de la phase G1. Les phases S, G2 et M
sont grossièrement comparables pour tous
• les types cellulaires.
• La durée du cycle est de :
• 87 heures pour les kératinocytes de l’assise basale de l’épiderme qui assurent le
renouvellement de cet épiderme ;
• 1 heure pour les érythroblastes de la moelle osseuse hématopoïétique qui
donnent naissance aux hématies.
IV. CONTRÔLE DU CYCLE CELLULAIRE
Au terme de chaque étape du cycle, la cellule peut :
• poursuivre sa progression ;
• s’arrêter.
La progression du cycle est strictement contrôlée par :
• des facteurs de croissance ;
• des protéines kinases ;
• d’autres facteurs.
BIOTHERAPIES 16 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
V. CONTRÔLE DU CYCLE CELLULAIRE
Entre les différentes étapes, ont lieu des points de contrôle (Cheik points).
V.1-POINTS DE RESTRICTION : OU POINT DE DEPART,
Permet à la cellule de poursuivre le cycle, si la croissance cytoplasmique est achevée et que
l’environnement est favorable.
V.2-POINTS G1/S : CONTROLES EXERCES
- Conformité de la taille de la cellule avant la division ;
- Vérifier si l’ADN n’est pas endommagé ;
- Autoriser ou non la poursuite de la duplication de l’ADN
V.2-POINTS G2/M : CONTROLES EXERCES
- Intégrité de la transmission/ADN vers les cellules filles;
- Des signaux extérieurs provenant d’autres cellules contrôlent le cycle au niveau de ces
points et peuvent :
o stimuler ou inhiber la division cellulaire.
BIOTHERAPIES 17 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
VI. RÉGULATION DU CYCLE CELLULAIRE
Le franchissement des points de contrôle est sous la dépendance de trois familles de protéines :
• les cyclines,
• les Cdk (kinases cycline- dépendante)
• les protéines inhibitrices,
ces protéines vérifient:
• le patrimoine génétique.
• et les conditions nécessaires à la division (réserves, volume
cytoplasmique).
VI-1- KINASES :
Sont des enzymes qui phosphorylent (addition d’un groupement phosphate) à partir d’un
groupement hydroxyle d’une sérine ou d’une thréonine.
• Les protéines kinases du cycle : sont présentes tout au long du cycle ; ne sont activées qu’au
moment approprié et de façon cyclique puis sont désactivée.
VI-2- CYCLINES :
Sont des protéines dont la concentration varie durant le cycle : d’où leur nom. On distingue :
BIOTHERAPIES 18 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
§ les cyclines mitotiques qui agissent en G2 : se fixent à une kinase pour former le
MPF (Mitosis Promoting Factor) et sont nécessaires à l’entrée en mitose ;
§ les cyclines G1 nécessaires à l’entrée en phase S : se fixent à une kinase pour former
le SPF.
Les cyclines : sont nécessaires à l’activation des kinases cyclines dépendantes : les cdk (cyclin
dependent protein kinases).
Le cycle cellulaire est sous la dépendance d’au moins 6 complexes cyclines/cdk différentes.
VI-3- CDK ET LEURS CYCLINES
correspondantes sont régulées par :
- des facteurs de croissance qui déclenchent via des récepteurs membranaires l’entrée de
la cellule en G1 ;
- par des produits de plusieurs gènes suppresseurs de tumeurs (gènes RB et p53) qui
freinent et/ou bloquent la progression du cycle.
Le cycle cellulaire est régulé par des cdk :
- 6 familles identifiées (cdk1 à cdk6) s’associent de façon variable aux cyclines, selon le
temps de la division cellulaire.
o sont synthétisées à des temps différents du cycle cellulaire ;
o se lient à des kinases spécifiques ;
o permettent la progression du cycle ;
sont dégradées à la fin de leur activité par le protéasome
BIOTHERAPIES 19 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
Les complexes cyclines/cdk au cours de l’interphase (G1 et G2) pour préparer les phases
suivantes (S et M)
BIOTHERAPIES 20 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
VI-3-1-REGULATION PAR DES CDK : ACTIVATION
En plus de leur activation par association avec les cyclines, les Cdk peuvent être activées par
diverses protéines : des phosphatases (Cdc 25; déphosphorylations activatrices) et des kinases
(Cycline H / Cdk, et Polo K ; phosphorylations activatrices).
VI-3-2- REGULATION PAR DES CKI (CYCLINE KINASE INHIBITOR)
Les cki sont de protéines inhibitrices de l’activité des complexes cdk.
Il en existe 3 principales :
• p16 : se lie à cdk 4 de façon compétitive / cycline D.
• Son activation provoque l’arrêt du cycle en phase G1 ;
• p21 : se lie à de nombreux complexes et inhibe leur activité kinase (phosphorylation).
Puissant inhibiteur des complexes cdk.
Il est sous le contrôle de p53.
BIOTHERAPIES 21 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
p53: facteur de transcription présent dans toutes les cellules. L’augmentation de sa
concentration de la p53 (Rx ; UV ; hypoxie…) va stimuler son activité transcriptionnelle qui va
avoir 2 effets :
- blocage transitoire du cycle par activation de la transcription
- du gène p21 (réparation des dommages subis par la cellule) ;
- blocage définitif du cycle cellulaire et mort par Apoptose
- (si lésions sont très importantes).
VI-4-FACTEURS INDUCTEURS DE LA MITOSE (MPF)
Le MPF est un complexe protéique qui va déclencher la mitose.
Ce facteur n’est retrouvé qu’au cours de la mitose.
Grâce à son activité kinase, le MPF va coordonner :
- phosphorylation des lamines et désassemblage de la lamina nucléaire ;
- phosphorylation des Histone H1 et condensation de l’ADN ;
- phosphorylation des protéines à microtubules à dynamique de formation du fuseau
mitotique ;
- phosphorylation de la chaîne légère de la myosine et inhibition de l’activité ATPase,
inhibition de l’association avec l’actine.
VII. RÉPARATION DE L’ADN
Une partie de la réponse cellulaire aux dommages consiste à activer les systèmes de réparation
des lésions de l’ADN. Pour réparer les cassures induites, la cellule dispose de quatre principaux
mécanismes de réparation qui sont spécifiques des dommages notamment :
1. la réparation par excision de nucléotide (NER pour Nucléotide Excision Repair),
2. la réparation par excision de base (BER pour Base Excision Repair),
3. la réparation des mésappariements (MMR pour MisMatch Repair)
4. la réparation des cassures doubles brins qui comprend la recombinaison
homologue (RH pour Homologous Recombination) et la recombinaison non
homologue (NHEJ pour Non Homologous End Joining).
Ces systèmes sont très importants et leur dysfonctionnement entraîne un syndrome souvent
caractérisé par une instabilité génétique et une prédisposition au cancer.
VIII. SORTIE DU CYCLE
Lorsque la cellule ne perçoit pas de signaux extérieurs l’autorisant à se diviser, elle s’arrête au
point de contrôle G1 et passe en phase G0.
Phase G0 : disparition des cdk. Peut durer plusieurs années.
NB : Le point de contrôle G1 est appelé point de départ car c’est par ce point que la cellule
démarre un cycle ou entre en G0.
IX. CYCLE CELLULAIRE ET VIEILLISSEMENT
Les cellules ne peuvent exécuter qu’un nombre limité de cycle :
• restent viables ;
• mais ne se divisent plus => Sénescence réplicative.
Dans les cellules sénescentes :
• activation de p53 ;
BIOTHERAPIES 22 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
• élévation des taux de p16 et de p21 : la cellule reste bloquée en G1.
Télomères et vieillissement des cellules :
Les Télomères (extrémités des chromosomes) se raccourcissent avec l’âge des cellules.
• Télomères : séquences répétées TTAGGG ;
A chaque réplication :
• une zone terminale de l’ADN (télomères) n’est pas répliquée ;
• raccourcissement des chromosomes ;
• perte d’environ 100 pb par cycle.
Télomères et vieillissement des cellules :
Les Télomères raccourcis entraînent :
• induction de p16 ;
• activation de p53 => blocage du cycle et sénescence réplicative.
NB : certaines cellules (cellules souches et germinales chez l’adulte) expriment la Télomérase
(enzyme qui se fixe sur les extrémités des chromosomes et synthétise l’ADN).
X. CYCLE CELLULAIRE ET CANCER
Le terme cancer désigne un groupe de maladie caractérisé par une prolifération rapide de
cellules anormales qui, au-delà de leur délimitation habituelle, peuvent envahir des parties
adjacentes de l’organisme, puis essaimer dans d’autres organes. On parle alors de métastases,
celles-ci étant la principale cause de décès par cancer. Le passage d’une cellule normale à une
cellule cancéreuse passe par diverses étapes :
1. Indépendance vis-à-vis des signaux de prolifération
2. Insensibilité aux signaux antiprolifératifs, transduction du signal et activation du
cycle cellulaire
3. Résistance à l’apoptose : L'apoptose, ou mort cellulaire programmée, joue un
rôle essentiel dans la survie des organismes pluricellulaires en les débarrassant
des cellules endommagées ou infectées qui peuvent interférer avec le
fonctionnement normal. dérégulation de ce processus conduit à de nombreux
désordres pathologiques comme les maladies neurodégénératives (excès de mort
cellulaire) ou le cancer (défaut de mort cellulaire)
4. Prolifération illimité, immortalité, réactivation de la télomérase
5. Induction de l’angiogenèse, Le terme angiogenèse traduit le phénomène
d’expansion du réseau vasculaire par formation de nouveaux embranchements à
partir de vaisseaux existants. A ne pas confondre avec le terme vasculogénèse
qui correspond à la formation d’un réseau vasculaire de novo au sein d’un tissu
avascularisé
6. Invasion tissulaire et de diffusion métastasique
Les cellules normales n’ont pas de télomérases actives ;
• Érodent leurs télomères ;
• p53 induit la sénescence ;
• 1ère barrière au développement du cancer : la barrière p53 – télomérique.
la poursuite du raccourcissement des télomères (pertes de gènes et accumulation de mutations)
=> mort cellulaire massive
• 2ème barrière au développement du cancer ;
BIOTHERAPIES 23 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
• Des mutations qui inactivent p53 :
• Permettent aux cellules d’échapper à la barrière p53-télomérique ;
• les cellules tumorales surmontent ces barrières et acquièrent l’immortalité en se
multipliant sans obéir au contrôle du cycle.
BIOTHERAPIES 24 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
Mécanismes du cancer de l’initiation aux métastases (Ngoua-Meye-Misso, 2019)
CONCLUSION
Grâce à la grande précision de la régulation du cycle, le taux d’erreurs dans le déroulement du
cycle est très faible.
Cependant, l’apparition de cellules transformées dont la prolifération incontrôlée aboutit à un
cancer s'observe encore malheureusement trop fréquemment.
L’analyse moléculaire des tumeurs humaines montre que les protéines régulatrices du cycle
sont fréquemment mutées. On peut constater :
des sur-expressions de protéines qui normalement sont des stimulatrices de la prolifération :
Cyclines (Cycline D dans le cancer du sein) ou Cdk (Cdk4 par exemple)
des pertes d’expression ou des inactivations de protéines qui normalement sont des freins du
cycle (CKI, pRb).
Les molécules intervenant aux points de surveillance du cycle sont également souvent mutées :
l’inactivation par délétion ou mutation du gène de la p53 est fréquente dans de très nombreux
cancers humains (côlon, poumons, sein, cerveau, os…),
la sécurine du point de surveillance métaphase/anaphase, est mutée dans le cancer de
l’hypophyse,
l’ATM des points de surveillance G1/S et G2/M est mutée dans l’Ataxie-télangiectasie, maladie
prédisposant aux cancers.
Parmi les gènes mutés dans les cancers se trouvent les gènes suppresseurs de tumeurs (leur rôle
normal dans la cellule saine est de freiner la prolifération).
Ces gènes, lorsqu’ils sont absents ou inhibés, peuvent être à l’origine d’un cancer. (exemple :
pRb, p53)
La pRb freine la prolifération en séquestrant le facteur de transcription E2F ; quand pRb est
absente, le facteur E2F est en permanence activé, les cycles se succèdent sans arrêt, pas de
réparations d’ADN possibles…
BIOTHERAPIES 25 DR NGOUA MEYE MISSO RICK-LEONID
La perte ou l’inactivation de la pRb est très fréquente dans les cancers humains, en revanche
des mutations de la p E2F ou de Cdk2 n’ont pas été observées.
Certaines protéines virales (papillomavirus, SV40 ...) se lient à pRb et font libérer E2F, ce qui
a pour conséquence une prolifération anarchique incontrôlable.
La p53 freine la prolifération en stimulant la synthèse d’un inhibiteur (p21) de Cycline / Cdk.
Quand la p53 est non fonctionnelle la p21 est absente et le cycle n’est pas arrêté par inhibition
de Cycline / Cdk, la prolifération s’effectue sans frein.
De plus, le nombre de cellules augmente parce que sans p53 les cellules qui présentent des
anomalies et qui ne peuvent pas être réparées ne sont pas dirigées vers une mort par apoptose.
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