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-Les concours de MISS prisent l’apparence de la femme.

Exemple : Une taille élégante est recherché, les filles minces sont prisées, le maquillage est
félicité, etc
élégante de la femme est d’un goût prononcé au concours de MISS Exemple :
Les filles d’un déhanchement fade sont exclues, etc.
-Le concours de MISS est aussi taillé sur des critères comme celui de la voix.
Exemple : Toutes les voix ne sont pas bonnes à attendre, et le concours de MISS prime les
femmes ayant une certaine canduer dans la voix, etc.

Expression du point de vue personnel


Le candidat peut faire sien l’avis relevé dans le constat. Il peut rejeter cet avis. Il peut encore
avoir un avis nuancé.

Quelques idées pour l’avis nuancé


Certes, on peut lire dans l’organisation des concours de MISS une volonté de célébration de la
beauté féminine mais elle a des paramètres indécents.
- Le concours de MISS réduit la femme à un simple objet.
Exemple : Le souci de paraître lui fait vilipender sa vraie beauté et l’assimile à un objet de
mannequinat.
- La pratique vilipende la femme et l’expose à des déviances comportementales.
Exemple : Scène impudique au cours des défilés, la dépravation des mœurs à travers
l’habillement.
- Le concours de MISS réduirait la femme à un type d’esthétique physique car ce
concours lui ferait croire qu’elle n’aurait de valeur que par son aspect.
Exemple : Une candidate au concours de MISS peut privilégier la beauté corporelle au
détriment d’autres qualités.

Sujet 2 : Commentaire composé (Texte


Réponses aux consignes
1- Analyse du texte (6pts) a- Idée
générale du texte. (2pts)
Emporté par la beauté de Blanche de la fraîcheur, Hans de la lumière la célèbre et lui propose
une aventure amoureuse.
NB : Accepter toute autre proposition ou formulation pertinente.
b- Centres d’intérêt possibles. (2pts)
• L’éloquence et la flatterie de Hans de la lumière.
• La célébration de la beauté de Blanche de la fraîcheur.
• Le coup de foudre de la beauté de Blanche de la fraîcheur sur Hans de la lumière.
• Le sentiment intense et immédiat d’attraction de Hans de la lumière.
• L’emprise des propos de Hans de la lumière sur Blanche de la fraîcheur.
• La séduction de Hans de la lumière par la beauté de Blanche de la fraîcheur.  La
posture romantique de Hans de la lumière.
NB : Accepter toute autre proposition ou formulation pertinente.
c) Deux procédés liés à chacun des centres d’intérêt et ’idée que chaque procédé suggère.
(2pts)
Premier centre d’intérêt : L’éloquence et la flatterie de Hans de la lumière.
• La phrase complexe « Vous avez un beau prénom qui mérite d’être décoré »
• vise à attendrir Blanche de la fraîcheur, à la préparer psychologiquement à
• l’acceptation des avances de Hans de la lumière.
• La comparaison « comme la lune » dans le propos « sans vous mentir, vous êtes
belle comme la lune » est aussi utilisée pour flatter la femme et la porter aux anges.
Second centre d’intérêt : L’emprise des propos de Hans de la lumière sur Blanche de
la fraîcheur.
• L’interrogation « pardon Monsieur, comment on vous appelle ? » donne à lire que la
femme est emportée et a accordé d’intérêt au propos de l’homme.
• L’exclamation « Monsieur Hans, vous avez l’air triste là ! » montre que la femme
• provoque l’homme et se propose au jeu de ce dernier.
2- Rédaction du devoir. (10pts) Idées
possibles
• -En réponse à la salutation de Blanche de la fraîcheur, Hans de la lumière formule
une
• réponse
érotique.
Illustration : « Bonsoir belle créature ».
• -Hans de la lumière complimente Blanche de la fraîcheur et lui adresse des propos
flatteurs.
Illustrations : « Vous avez un beau prénom qui mérite d’être décoré. Sans vous
mentir, vous êtes belle comme la lune ».
• Après des signes d’acquiescement de la femme, Hans de la lumière renforce sa
position.
Illustrations : « Blanche, votre beauté dépasse celle de la Vierge Marie. Vous êtes
incontestablement un oiseau rare des buissons touffus. Votre beauté, je la loue haut et
fort ».
• Hans de la lumière fait entendre à la femme que sa beauté le foudroie.
Illustrations : « A la vue de ta démarche câline, de tes seins compressés, de tes lèvres
angéliques, de tes fesses à la balance excédentaire, le sang de mon organisme a perdu
le code de sa circulation ! »
• Blanche de la fraîcheur est intéressée par les propos de Hans de la lumière.
Illustrations : « Pardon Monsieur, comment on vous appelle ? »
• Blanche de la fraîcheur entretient l’échange et provoque le délire de Hans de la
lumière.
Illustrations : « Monsieur Hans, vous avez l’air triste là ! » -Blanche
de la fraîcheur provoque davantage l’homme. Illustrations : « Et
pourquoi cette posture d’oiseau mouillé ? » -Blanche de la
fraîcheur s’avoue enfin gagnée et empotée.
Illustrations : « Je la veux bien ! Dis vrai ! »
Sujet 3 : Dissertation (Texte 3)
Dans le texte 3, Seydou Badian fait dire au personnage Birama : « Depuis que le
monde est monde, les mariages ont été mal faits ». Tu discutes ce propos.

Compréhension du sujet
A travers cette citation, on dresse un réquisitoire contre le système de
mariage rétrograde mis en place par la tradition. Dans le sujet en effet, Birama fait savoir
qu’aucune logique ne gouverne les mariages depuis que le monde existe.
Mieux, les mariages manquent de prestige et d’honneur.
Le candidat est invité à expliciter ce point de vue et en relever les
insuffisances.

Réponses aux consignes


1- Le problème posé dans ce sujet. (2pts) -La mauvaise
organisation des mariages.
-La critique du mariage traditionnel rétrograde.
-La dénonciation du mariage traditionnel indécent.
NB : Accepter toute autre proposition ou formulation pertinente.
2- Le plan du corps du devoir. (4pts)
La thèse de l’auteur
Reformulation de la thèse/pensée : La mauvaise organisation a caractérisé les
mariages depuis la création du monde. (0,5 pt)
Justifications et illustrations (01,5 pt)
Argument 1 : Le souci de la sauvegarde de l’honneur pousse les traditionnalistes à
marier les filles dans la fleur de l’âge.
Exemple : Les honneurs liés à la virginité de la femme.
Argument 2 : La sauvegarde des liens familiaux contraint les traditionalistes à arranger
des mariages entre des proches, contre leur gré.
Exemple : Mariage forcé entre cousins ou tout autre type de parent.
Argument 3 : La non reconnaissance du droit de la femme à entreprendre un mariage
aveugle les traditionalistes qui gâche certains projets de mariage.
Exemple : Imposition de conjoint à la jeune femme au mépris de toute norme de
liberté (l’exemple de Kany face à ses parents dans Sous l’orage de Seydou Badian). Etc.
Transition
Antithèse/limites de la thèse
Formulation de la réserve : Depuis les vieux temps, une organisation digne du nom
accompagne quand même les mariages. (0,5 pt)
Justifications et illustrations (01 pt)
Argument 1 : La tradition a institué des normes valorisant les mariages.
Exemple : L’institution de la dot accompagnée de tous les honneurs.
Argument 2 : La tradition a des valeurs qui accompagnent les conjoints dans le
choix de leur partenaire.
Exemple : La consultation de la destinée avant l’officialisation des relations de
mariage par les systèmes de divination.
Etc.

Synthèse : La tradition est bien organisée et a prévu des systèmes d’accompagnement


pour la réussite des mariages, mais ce sont les hommes véreux qui piétinent parfois les
normes établies. (0,5 pt)
3- Rédaction du devoir. (10pts)
Le candidat rédige son devoir en s’appuyant sur son plan.
BAC BLANC
Situation d’évaluation
Le développement de la cité, de la nation demande la participation de tout le
monde (hommes, femmes et jeunes). Mais il y a une léthargie qui s’observe dans le rang
des femmes à cause, non seulement des difficultés quotidiennes de survie et du poids de
la tradition mais aussi de la fuite de responsabilité de certaines.
Ce corpus t’est proposé pour te permettre d’appréhender ce phénomène.

Tu es invité (e) à le lire attentivement puis à répondre aux consignes liées à chaque
exercice.
Corpus de textes :
Texte 1 : Les femmes d’Afrique, Tanella BONI, Que vivent les femmes d’Afrique ? Paris, Ed.
du Panama, 2008, pp : 197-200.
Texte 2 : Lupenga MPHANDE, « Pourquoi la vieille femme boite ?
»
Texte 3 : Le combat pour la place de la femme, Mariama Bâ, Une si longue lettre, Les
Nouvelles Éditions Africaines, Dakar-Abidjan-Lomé, 1987, pp : 90-91.

Texte 1 : Les femmes d’Afrique.

Le niveau d’instruction d’une femme ne lui permet pas d’échapper à sa condition. Il


peut l’aider à se frayer des chemins que d’autres moins instruites, auront du mal
à emprunter. Si le savoir conduit à ouvrir les yeux sur soi, sur les autres, la société, le
monde, s’agissant de l’émancipation des femmes africaines, il est nécessaire mais pas
suffisant.
[... ].
Les maux dont souffrent les femmes d’Afrique ne se réduisent donc pas à ceux qui
périodiquement, défraient la chronique : excision,polygamie, sévices
corporels, harcèlement, viol, repassage de seins, prostitution ; d’autres prennent place,
sans bruit, dans des paroles et gestes qui passent inaperçus ou presque.
Par la voix, la main, l’esprit ou tout autre instrument à leur portée comme le pilon
métamorphosé en plume, les Africaines ne brisent pas seulement les portes du silence et
de l’ombre où elles peuvent étouffer, marquées qu’elles sont par le poids des traditions et
de la modernité mal assimilée.
Dans le cercle des grands rêves politiques comme ceux de l’unité de l’Afrique ou du
panafricanisme, les femmes ont joué aussi des rôles d’épouses, de mères de filles, de
sœurs, de camarades. Elles ont accompagné les héros de la libération de l’Afrique. Elles
ont veillé sur l’action et sur le bien-être des hommes. En 1949, quand elles marchent sur
la prison de
Grand-Bassam, en Côte-d’Ivoire, c’est pour soutenir et « libérer leurs hommes ». Tout se
passe comme si elles étaient appelées à servir des causes communes : familiales,
patriotiques, étatiques, continentales, raciales, religieuses, en tant que complément ou
moitié silencieuse des hommes. Comme le dit Fatou Sow : « les Africaines se perçoivent
comme partie intégrante de leur société, de leur culture et se doivent de partager les
charges et responsabilités politiques. Impliquées comme membres actifs des partis au
pouvoir ou de l’opposition, elles ont rarement remis en question le pouvoir masculin (et
patriarcal) incarné par le père de l’indépendance, Jomo Kenyatta, Sékou Touré, Léopold
Sédar Senghor, Félix Houphouët-Boigny et tant d’autres ».
Dans le même temps, on pourrait s’interroger sur la place des femmes en tant que
sujets de leurs pensées, de leurs savoirs, de leurs rêves et de leurs actions. Car il suffit que
l’une d’elles ouvre la bouche et parle en son nom propre pour que la sentence tombe,
sans appel. Comme si une femme ne devait jamais se mêler que de ce qui la regarde. Mais
qu’est- ce qui en ce début de XX le siècle, ne la regarde vraiment pas ? Être née fille et
rester femme, quel fardeau dira-t-on ! Seulement, elles n’ont même pas de temps de
penser à leur propre sort, tant elles sont occupées. Les Africaines qui ont envie de
s’émanciper de la domination masculine sont traitées de garces, de femmes de pouvoir,
de folles et de tout autre nom aussi peu élogieux.
Aujourd’hui, elles se donnent le droit de sortir des espaces réservés, des corsets qu’elles
portent en silence et en secret, afin de mieux les analyser. Qui donc aurait peur d’écouter
le récit d’une vie de femme ?
Quelques lignes d’évolution sont donc à suivre, car les Africaines ne restent pas
éternellement recluses sur ces territoires que sont la cuisine ou ce lieu qui semble les
définir : la maternité. Des exemples montrent que, du domaine de la guerre à celui de
l’exercice du pouvoir politique, dans l’Histoire, elles n’ont pas été absentes. Elles ont
certes souvent accompagné les hommes, mais s’agissant des problèmes de survie
quotidienne, elles sont prêtes à braver tous les obstacles, franchir toutes les barrières :
elles « attachent leurs pagnes ».
Cette aptitude des femmes à aller de l’avant dans une Afrique abonnée aux
catastrophes et aux malheurs, par la faute de toutes sortes de mains visibles ou occultes
ou parce que les responsabilités ne sont jamais prises quand il faut et là où il faut donne
quelques raisons d’espérer. Aujourd’hui, de nombreuses Africaines instruites ou non, ne
se contentent pas de prodiguer des conseils aux hommes dans l’ombre ou sur l’oreiller,
elles se donnent le droit de penser par elles-mêmes de concevoir, d’imaginer des
solutions, de prendre des initiatives, d’agir, même quand elles sont analphabètes. Elles
savent de quels côtés se trouvent leurs intérêts et aussi leurs droits. La guerre
interminable dans les ménages ne les effraie pas, parce qu’elles apprennent non pas à
être au service d’un homme quel qu’il soit, mais à assumer pleinement cette sorte
d’autonomie qui intéresse peu les experts en développement car elle ne se chiffre pas :
la respiration.

Tanella BONI, Que vivent les femmes d’Afrique ? Paris, Ed du Panama, 2008, pp
197-200.

Texte 2 : Pourquoi la vielle femme boite ?


Sais-tu pourquoi la vieille femme chante ?

Elle a soixante ans et six petits-enfants à nourrir

Ses fils et leurs femmes sont dans le Sud à la mine d'or

Chaque jour elle trait la chèvre et vend le lait

Pour acheter du savon et laver les enfants

Elle leur donne à manger et attache la chèvre

Le soir auprès du feu elle leur conte les histoires d'autrefois

Je sais pourquoi la vieille femme chante

Sais-tu quand la vieille femme s'endort ?

Elle se repose dans l'ombre, la nuit elle pense

Au lendemain : donner à manger aux enfants et faire paitre la chèvre

Sarcler le jardin et arroser les plants de fève


Réparer le chaume du toit et préparer la
grange Piler le mil et le maïs, vanner, allumer le
feu...
Je ne sais pas quand la vieille femme s'endort.

Sais-tu pourquoi la vieille femme boite ?

Elle va chercher l’eau le matin au puits qui est si loin


Chercher le bois avec sa hache à la forêt qui est si
loin Elle va au champ chercher des feuilles de
courge Laissant la chèvre à l'attache près du puits
Elle rentre vite à la maison préparer le repas des enfants

Je sais pourquoi la vieille femme boite.


Lupenga MPHANDE, « Pourquoi la vieille femme boite ? » in Bernard MAGNIER,
Poésie d'Afrique au sud du Sahara, 1945- 1995, Paris
Unesco, 1995, p. 160.

Texte 3 : Le combat pour la place de la femme.

J’entraînais Daouda Dieng dans ma fougue. Il était un homme de droiture et se


battait, chaque fois que la situation l’exigeait, pour plus de justice sociale. Le goût de la
parade et du luxe ne l’avait point poussé à la politique. Mais l’amour de son prochain, la
fureur du redresseur de torts et d’injustices.

« A qui t’adresses-tu, Ramatoulaye ? Tu as les échos de mes interventions à


l’Assemblée nationale où je suis traité de « féministe ». Je ne suis pas d’ailleurs seul à
insister pour changer les règles du jeu et lui inoculer un souffle nouveau. La femme ne
doit plus être l’accessoire qui orne, l’’objet que l’on déplace, la compagne qu’on flatte ou
calme avec des promesses. La femme est la racine première, fondamentale de la nation
où se greffe tout apport, d’où part aussi la floraison. Il faut inciter la femme à s’intéresser
davantage au sort de son pays. Même toi qui rouspètes, tu as préféré ton mari, ta classe,
les enfants à la chose publique. Si des hommes seuls militent dans les partis, pourquoi
songeraient-ils aux femmes
? La réaction est humaine de se donner une large portion quand on partage le gâteau.

« Ne sois pas égoïste dans ta réaction. Embrasse le sort de tous les citoyens de ton
pays. Aucun n’est bien loti même pas nous que l’on juge nantis, bien solides
financièrement alors que toutes nos économies passent à l’entretien d’une clientèle
électorale avide qui croit nous avoir promis. Ce n’est pas simple de développer un pays.
Plus on est responsable, plus on le sent : la misère vous serre le cœur et vous n’avez pas
de prise sur elle. Il s’agit de toutes les misères matérielles et morales. Un mieux-être
nécessite routes, maisons décentes, puits, dispensaires, médicaments, semences. Je suis
de ceux qui ont prôné la rotation dans les régions de la célébration de la fête de
l’indépendance. L’initiative est heureuse, qui permet des investissements et des
transformations régionaux
».

Mariama Bâ, Une si longue lettre, Les Nouvelles Éditions Africaines Dakar, 1987, pp 90-91
Consignes
I- Compétence de lecture
1- Précise le thème commun aux textes du corpus.
2- Dis ce qui fait la spécificité de chaque texte et justifie ta réponse par un
passage prélevé de chaque texte.
II- Travaux d’écriture
NB : Le candidat traitera l’un des trois sujets au choix.
Sujet 1 : Contraction de texte (texte 1)

Consignes :

1- Relève du 5e paragraphe la locution conjonctive utilisée et donne sa


valeur.
2- Fais la structure du texte et donne un titre à chaque partie. 3- Résumé :
Ce texte comporte environ 752 mots. Résume-le au quart (1/4) de son volume soit
188 mots avec une marge de 10% en moins ou en plus. Indique à la fin de ton résumé le
nombre exact de mots utilisés.
4- Discussion
Parlant de la femme dans certaines familles africaines, Tanella BONI affirme : « Les
Africaines qui ont envie de s’émanciper de la domination masculine sont traitées de
garces, de femmes de pouvoir, de folles et de tout autre nom aussi peu élogieux ».
Partages-tu cette opinion ?
Sujet 2 : Commentaire composé (texte 2)
Tâche : Fais de ce texte un commentaire composé que tu organiseras à ton gré. Tu peux par
exemple, montrer comment le poète met en exergue le sort d'une vieille femme
confrontée aux difficultés de la vie.
Consignes
1- Analyse le texte
a) Dégage l’idée générale du texte.
b) Propose deux centres d’intérêt que tu développeras dans ton commentaire.
c) Relève du texte deux procédés formels liés à chaque centre d’intérêt puis dis
l’idée que chacun d’eux suggère.
2- Rédige ton devoir.

Sujet 3 : Dissertation (texte


3)
Mariam Bâ affirme par le personnage de Daouda Dieng : « La femme ne doit plus être
l’accessoire qui orne, l’objet que l’on déplace, la compagne qu’on flatte ou calme avec des
promesses. »
Commente ce propos au regard du rôle que jouent les femmes dans la société.
Consignes

1- Indique le problème que pose le sujet.


2- Construis le plan détaillé du corps du devoir.
3- Rédige ton devoir.
Corrigé type

Compétence de lecture : (4pts)


1- Le thème commun aux trois textes est la femme. (1pt)
2- Les trois auteurs n’ont pas abordé le thème de la même façon.
Texte1 : L’auteur du texte1, Tanella BONI présente la situation des femmes africaines en
montrant qu’elles ploient sous la tradition mais qu’un éveil s’observe déjà dans leurs
rangs. (0,5pt)

Illustrations : « Le niveau d’instruction d’une femme ne lui permet pas d’échapper à sa


condition »
« Les Africaines qui ont envie de s’émanciper de la domination masculine sont
traitées de garces, de femmes de pouvoir, de folles et tout autre nom aussi peu
élogieux »
« Aujourd’hui, de nombreuses Africaines, instruites ou non, ne se contentent pas
de prodiguer des conseils aux hommes dans l’ombre ou sur l’oreiller, elles se donnent
le droit de penser par elles-mêmes, de concevoir, d’imaginer des solutions, de
prendre des initiatives, d’agir, même quand elles sont analphabètes. » (0,5pt)
Texte 2 : L’auteur de ce texte montre les conditions de vie misérables d’une vieille
femme pauvre. (0,5pt)
- « Chaque jour elle trait la chèvre et vend le lait Pour acheter du savon et laver les
enfants »
- « Elle se repose dans l’ombre, la nuit elle pense
Au lendemain : donner à manger aux enfants et faire paître la chèvre. » (0,5pt)
Texte 3 : L’auteur présente la place et le rôle de la femme émancipée dans la société.
(0,5pt)
« La femme ne doit plus être l’accessoire qui orne, l’’objet que l’on déplace, la
compagne qu’on flatte ou calme avec des promesses. »
« Il faut inciter la femme à s’intéresser davantage au sort de son pays. » (0,5pt)
Sujet 1 : Contraction de texte

ème
1- La locution conjonctive du 5 paragraphe est ‘‘comme si’’. Elle marque
l’hypothèse une situation hypothétique. (2pts)
2- La structure du texte. (2pts)

ère
1 partie : P1, P2, P3
Titre : Le statut de la femme traditionnelle africaine.
ère
2 partie : P4, P5, P6
Titre : La femme africaine et les exigences traditionnelles.
ère
3 partie : P7, P8
Titre : L’éveil des femmes africaines.
3- Résumé : Les idées essentielles (5pts)
- Le savoir n’exempte pas la femme de son statut. Elle vit sous le poids de la tradition
et est victime des maux qui l’accablent.
- Les femmes africaines se sont illustrées en jouant de grands rôles au côté de
certains hommes.Malgré cela, elles sont confrontées à de sérieux problèmes qui les
empêchent de s’ouvrir à d’autres horizons.
- Aujourd’hui, elles se démarquent et montrent de quoi elles sont capables malgré
leur niveau d’instruction. Elles parviennent à s’imposer.
4- Discussion (7pts)
I- Explication / Justification a-
Explication
Tanella BONI à travers cette déclaration montre que la tradition n’a jamais voulu d’une
femme émancipée, d’une femme qui va raisonner. Elle veut d’une femme au foyer qui va
s’occuper de son mari, de ses enfants et des travaux domestiques. Cette femme
traditionnelle doit être docile, soumise et ne doit jamais contredire son mari et sa
bellefamille.
b- Justification
- La femme traditionnelle et sa place dans la société.
- Femme soumise, respectueuse
Exemples : Assitan dans Les bouts de bois de Dieu de Sembene OUSMANE.
Maman Téné dans S ous l ’orage de Seydou BADIAN. Transition
II- Antithèse

Mais avec l’évolution du monde, la femme aussi a droit à la liberté d’expression, la


liberté d’association et de religion. Elle est présente dans les instances de prise de
décision et participe activement au développement de la nation. Par conséquent, elle ne
doit plus être reléguée au second plan. Elle doit être émancipée. L’importance de la
femme émancipée/engagée
- La lutte / la participation à l’évolution de sa cité, de son pays. Exemple
: Les femmes ministres, députées, maires.
- La femme ayant une liberté d’expression et d’association.
Exemple : Tioumbé dans L’harmatt an de Sembène OUSMANE.
- La lutte des femmes au côté des hommes.
Exemple: Penda, Maïmouna l’aveugle dans Les bouts de bois de Dieu de Sembène
OUSMANE et
Maïmouna dans Maïmouna d’Abdoulaye Sadji.
Sujet 2 : Commentaire composé (texte2)

Analyse du texte
a) Idée générale : 2pts
Les conditions de vie difficiles d’une vieille femme.
b) Centres d’intérêt possibles : (2pts) - Les efforts de
survie quotidienne.
- Une vie sans repos.
- Une condition féminine pitoyable.
- Une vie sans joie.
. c) Deux procédés formels liés à chaque centre d’intérêt et ce que chacun d’eux
suggère. 2pts
CI 1 : Les efforts de survie quotidienne.
- L’utilisation de la conjonction de coordination « et » qui relie les verbes d’action «
sarcler…et arroser/Réparer…et préparer/Piler…et vanner » montre que la vieille
femme coordonne beaucoup d’activités pour nourrir les enfants dont elle a la
charge.
- L’expression temporelle « chaque jour » qui introduit la série des verbes de la
première strophe et le présent de l’indicatif utilisé à travers tout le texte suggèrent
le caractère cyclique et immuable des actions que la vieille accomplit au quotidien
pour subvenir aux besoins des enfants. CI 2 : Une vie sans repos.
- Les interrogations « Sais-tu quand la vieille femme s’endort ? » et « Sais-tu
pourquoi la vieille chante ? » soulignent le caractère illusoire du repos et de la
détente de la vieille femme qui ne se repose pas (« La nuit elle pense/Au
lendemain ») et qui ne chante pas par plaisir mais pour subvenir aux besoins
psycho-affectifs de ses enfants.
- L’emploi de l’indicateur de distance « loin » renforcé par l’adverbe d’intensité « si »
dans les vers « au puits qui est si loin », « à la forêt qui est si loin » traduit la très
grande distance à parcourir par la vieille femme avec obligation de retour rapide au
bercail. C’est pourquoi le poète assure connaître la cause de l’infirmité de la
vieille : « Je sais pourquoi la vieille femme boîte » Rédaction du commentaire (10
pts)

Sujet 3 : Dissertation
1- Le sujet pose le problème de l’émancipation de la femme /
La remise en cause du statut de la femme traditionnelle.
(2pts)
2- Plan du corps du devoir. (4pts) I- Explication du sujet

À travers les propos de Daouda Dieng, les hommes et toutes les femmes sont nés
égaux et ont les mêmes droits. Elles ne doivent plus être dominées par les hommes.
Ainsi, elles ont également leur mot à dire dans tout ce qui concerne la gestion du pays.
Autrement dit, elles ne doivent plus être reléguées au second plan. Il faut les sortir de
leur tanière, leur tendre la main en cessant de les chosifier.
II- Justification

Argument 1 : La femme, un élément essentiel dans le bien-être de la famille : travaux


domestiques, éducation des enfants, …
Exemple : La mère de Toundi dans Une vie de boy de Ferdinand Oyono
Argument 2 : La femme, une compagne de lutte aux côtés des hommes pour
leur bien être. Exemple : La marche des femmes dans Les bouts de bois de
Dieu de Sembène Ousmane.
Argument 3 : Participation de la femme au développement économique et politique

de la nation. Exemples :

- Les femmes commerçantes qui participent à la hausse de l’économie de leur pays


par leurs activités.
- Les femmes nommées à la tête de certaines structures (organismes internationaux
ou autres structures), attachées de presse, les femmes élues conseillères, maires,
députées, présidentes, chefs de cabinet, ministres.

3- Rédaction (10pts)
BAC BLANC
SITUATION D’EVALUATION

Le discours de La Baule (20 juin 1990) a vendu la démocratie aux


Africains comme la recette inédite pour le développement du continent.
Pourtant depuis, notamment après les Conférences nationales, les pays
africains ne semblent pas plus guéris : les guerres et autres instabilités
secouent le continent et ses nombreuses institutions. Cette insécurité politique
t’interpelle et tu voudrais en savoir davantage.
Voici un corpus de trois textes qui aborde ce sujet. Tu le lis pour

répondre aux questions. Corpus :

Texte 1 : Adrien Huannou, La littérature africaine en 20 thèmes et 1275


citations, Cotonou, Plumes Soleil, 2021, pp.165-167.
Texte 2 : Jean Pliya, Les tresseurs de corde, Paris, Hâtier International,
(1987), 2002, p.7. Texte 3 : Courrier international, n°1738 du 22 au 28 février
2024, p.8.

Texte 1 : La démocratie et la littérature africaine


La démocratie demeure un des défis majeurs de l’Afrique. Elle est aussi un des
thèmes de la littérature africaine depuis les conférences nationales des années 1990.
La démocratie implique, d’une part, le partage des pouvoirs entre le législatif, la
judiciaire et l’exécutif et, d’autre part, des libertés individuelles et collectives, la même
justice, les mêmes droits et les mêmes devoirs pour chacun et pour tous. La
démocratie exclut toute forme de totalitarisme. Dans un régime démocratique, la
gestion des biens de la collectivité se fait par l’exécutif pour le bien de la collectivité,
de façon à offrir à chacun des chances égales. La sauvegarde de la démocratie
suppose le pluralisme politique, l’alternance au pouvoir, la séparation des pouvoirs,
ainsi que des institutions de contrôle de l’exercice du pouvoir (des contre-pouvoirs).
Le manque ou l’absence de démocratie a marqué la vie politique en Afrique post
ou plutôt néocoloniale, et ce jusqu’aux conférences nationales des années 1990. L’on
a assisté alors à une nouvelle forme de colonisation caractérisée par la confiscation du
pouvoir et des richesses nationales par une minorité ; ce mal est dénoncé avec
vigueur dans L’enfer, c’est Orfée de Martial Malinda.
Pouvoir personnel et despotique, népotisme, gestion clanique des affaires publiques ont
été, en effet, quelques-uns des traits des gouvernements pendant cette période. Le parti
unique a été le terreau qui a permis à ces nouveaux pouvoirs de fleurir dans toutes les
parties de l’Afrique au sud du Sahara. On comprend qu’il ait inspiré maintes œuvres
littéraires, notamment des romans parmi lesquels on peut citer : Les soleils des
indépendances d’Ahmadou Kourouma, Le cercle des tropiques d’Alioum Fantouré, Les
tresseurs de corde de Jean Pliya, En attendant le vote des bêtes sauvages d’Ahmadou
Kourouma.
Prenant prétexte des monarchies héréditaires de l’Afrique précoloniale, un autre
personnage de Fleur du désert soutient que la démocratie à l’occidentale ne peut
s’appliquer dans l’Afrique d’aujourd’hui et que le pouvoir doit y être héréditaire. Les dérives
très graves observées ici et là sur le continent dans les pratiques démocratiques semblent
lui donner raison.
L’efficacité de l’action politique a été et est compromise par l’ un des plus grands
fléaux de l’ Afrique qu’ est la guerre civile qui sévit partout sur le continent, provoquée le
plus souvent par les politiciens dont Véronique Tadjo dit dans L’Ombre d’Imana - Voyages
jusqu’au bout du Rwanda qu’ils ne disent jamais la vérité. Dans le roman africain
d’aujourd’hui, la guerre civile est l’une des dimensions du thème général de la politique. De
la guerre civile traitent, par exemple, Véronique Tadjo dans le roman qui vient d’être cité,
Boubacar Boris Diop dans Murambi – Le Livre des ossements, Florent Couao-Zotti dans Un
enfant dans la guerre (ou Charly en guerre), Ahmadou Kourouma dans Allah n’est pas
obligé et dans Quand on refuse, on dit non, Flore Hazoumé dans Au coin de la rue, la vie
m’attendait.
La guerre civile est, à n’en pas douter, un des symptômes de la crise de la démocratie
en Afrique. Elle apparaît, en effet, dans Au coin de la rue, la vie m’attendait et d’autres
œuvres comme une sorte de maladie infantile du processus d’édification de la démocratie
en Afrique, une douloureuse « parenthèse de sang » dont se délectent des politiciens.
Et pourtant, il faut bien que l’Afrique s’adapte aux exigences de la démocratie et la
mette en œuvre le plus honnêtement possible, car, seule la démocratie peut redonner
l’espoir aux oubliés de la société, et permettre de construire le nouvel ordre économique et
social qu’ils attendent et qui leur garantisse « le droit à l’éducation, à la santé, à l’eau
potable, à un environnement sain…, à la vie. »

Mais de quelle démocratie l’Afrique a-t-elle besoin ?

Adrien Huannou, La littérature africaine en 20 thèmes et


1275 citations, Cotonou, Plumes Soleil, 2021, pp.165-167. Texte 2 : Trabi, le fanatique.

En prenant ses fonctions, Trabi jura d’agir en défenseur des intérêts du peuple et se
mit à l’œuvre en fonçant comme une locomotive. Il voulait tout contrôler, menait son
personnel avec poigne, s’emportait contre les opposants et les indolents, repoussait ceux
qui lui conseillaient la modération, se dépensa tellement qu’il fut au bord de la dépression
nerveuse. Il affirmait à tout propos que l’actuel régime est le meilleur et qu’il ne connaîtra
pas de déclin, puisque son guide philosophique, le victorisme, préconise une méthode
d’action qui conduit infailliblement à la victoire. Aussi Trabi et ses amis ambitionnent-ils de
bâtir une Société inédite, sous la ferme direction du Président Fioga dont les militants
crient le nom sur les ondes, dans les rues, les écoles et les marchés, et accrochent le
portrait dans les bureaux et même dans les salons.
Trabi s’est engagé dans le victorisme depuis l’Université. Il s’y était préparé avec une
douzaine de compagnons, dans des cellules organisées comme des sociétés secrètes. Au
Bokéli, ils établirent progressivement un réseau clandestin, s’infiltrèrent dans les
institutions clés, creusant, ainsi que des termites, des galeries meurtrières.

Jean Pliya, Les tresseurs de corde, Paris, Editions Hâtier


International, (1987, 1re édition), 2002, p.7. Texte 3 : Les « rêves » de Macky Sall contrariés.

Désaveu, camouflet pour le pouvoir, tsunami politique… Ainsi la presse sénégalaise


qualifie-t-elle le bouleversement né de la décision du Conseil constitutionnel, dans la soirée
du 15 février, d’annuler le report de la présidentielle. Les sages “cassent tout”, affichent à la
une Sud Quotidien et Walf, soucieux de marquer une rupture définitive après la crise
politique engendrée par le report du scrutin annoncé par Macky Sall le 3 février.
Après douze ans au pouvoir, le président avait décidé de jouer les prolongations à la
veille du démarrage de la campagne électorale, prétextant un conflit entre l’Assemblée
nationale et le Conseil constitutionnel qui aurait entaché le processus de validation des
candidatures à la magistrature suprême.

« Le Conseil constitutionnel dit non au report », rapporte Seneplus. Le site


d’information affiche la décision de cette institution, qui déclare, lapidaire : « Les requêtes
sont recevables. » Les magistrats ont estimé que la loi ajournant la présidentielle était «
contraire à la Constitution » et ont annulé le décret qui, selon eux, manquait de fondement
légal, résume le quotidien pro gouvernemental Le Soleil.

« Véritable camouflet pour le pouvoir en place, cette décision des sept sages
réhabilite un processus électoral meurtri », estime Sud Quotidien. Le terme de « camouflet
» est repris dans ses colonnes par l’enseignant-chercheur en sciences politiques Jean-
Charles Biagui : « Le Conseil constitutionnel n’est non seulement pas allé [dans le sens du
pouvoir], mais semble même balayer toutes [ses] accusations », sifflant la fin de la «
récréation ».

Courrier international, n°1738 du 22 au 28 février 2024,


Paris, p.8.

CONSIGNES
I- QUESTION SUR LA COMPÉTENCE DE LECTURE

Les trois textes du corpus abordent le thème de la politique. Tu dis ce qui fait la spécificité
de chaque texte. Tu justifies ta réponse par un court passage prélevé de chaque texte. II-
TRAVAUX D’ÉCRITURE (16 pts)
NB : Le candidat traite l’un des trois (3) sujets proposés.
SUJET 1 : CONTRACTION DE TEXTE (Texte 1)
Consignes

1- Tu indiques la valeur logique de l’articulateur « pourtant » situé au début de


l’avantdernier paragraphe. Tu trouves un autre articulateur de sens équivalent. (2 pts) 2- Tu
dégages la structure du texte et tu donnes un titre à chaque partie. (2 pts)
3- Résumé (5 pts)
Ce texte comporte environ 610 mots. Tu le résumes au quart de son volume soit 152 mots.
Une marge de 10 % en plus ou en moins est tolérée. Tu indiqueras, à la fin de ton résumé,
le nombre exact de mots utilisés.

4- Discussion (7 pts)
Dans le texte 1, le Professeur Emérite Adrien Huannou déclare : « La démocratie exclut
toute forme de totalitarisme. » Tu expliques et tu discutes cette opinion.

SUJET 2 : COMMENTAIRE COMPOSE (Texte 2)


Tâche : Tu fais de ce texte un commentaire composé. Tu montres, par exemple, comment le
portrait de Trabi traduit un zélotisme (ou un fanatisme) à peine voilé.
Consigne
1- Analyse du texte :
a- Tu dégages l’idée générale du texte. (2 pts)
b- Tu fais ressortir, du texte 2, deux centres d’intérêt que tu développeras dans ton
commentaire composé. (2 pts)
c- Tu relèves deux procédés formels liés à chaque centre d’intérêt puis tu précises
l’effet produit par chacun d’eux. (2 pts)
d- Rédaction :
Tu rédiges entièrement ton commentaire composé (10 pts).

SUJET 3 : DISSERTATION (Texte 3)


La revue de presse sénégalaise opérée par le Courrier International rapporte ceci :
« Après douze ans au pouvoir, le président avait décidé de jouer les prolongations à
la veille du démarrage de la campagne électorale, prétextant un conflit entre l’Assemblée
nationale et le Conseil constitutionnel qui aurait entaché le processus de validation des
candidatures à la magistrature suprême ». Donne ton opinion sur la longévité au pouvoir.
Consignes
1. Tu dégages le problème posé dans le sujet. (2 pts)
2. Tu proposes un plan de production. (4 pts)
3. Tu rédiges entièrement ta production. (10 pts)

CORRECTION
I- QUESTIONS SUR LA COMPÉTENCE DE LECTURE [4 PTS]

Les trois textes du corpus abordent le thème de la politique. Mais chacun d’eux, de façon
spécifique. L’auteur du texte 1 expose les problèmes de la démocratie en Afrique. Il réfléchit
sur le type de démocratie favorable à l’épanouissement politique en Afrique. (1pt)
Justification (0,50pt)

Passages possibles

- « Le manque ou l’absence de démocratie a marqué la vie politique en Afrique post


ou plutôt néocoloniale, et ce jusqu’aux conférences nationales des années 1990. »
- « L’efficacité de l’action politique a été et est compromise par l’un des plus grands
fléaux de l’Afrique qu’est la guerre civile qui sévit partout sur le continent »
- « il faut bien que l’Afrique s’adapte aux exigences de la démocratie et la mette en
œuvre le plus honnêtement possible »
- « seule la démocratie peut redonner l’espoir aux oubliés de la société, et permettre
de construire le nouvel ordre économique et social »

L’auteur du texte 2, pour sa part, présente le fanatisme d’un personnage acquis à un


nouveau régime politique : le victorisme. (0,50pt)
Justification (0,50pt)
Passages possibles
- « Il affirmait à tout propos que l’actuel régime est le meilleur et qu’il ne connaîtra
pas de déclin, puisque son guide philosophique, le victorisme… »
- « Trabi s’est engagé dans le victorisme depuis l’Université. »
- « Aussi Trabi et ses amis ambitionnent-ils de bâtir une Société inédite, sous la ferme
direction du Président Fioga dont les militants crient le nom sur les ondes, dans les
rues, les écoles et les marchés, et accrochent le portrait dans les bureaux et même
dans les salons. »
Quant à l’auteur du texte 3, il rapporte les tentatives malheureuses et anti-démocratiques
du président sénégalais Macky Sall pour briguer un troisième mandat. (1pt)

Justification (0,50pt)

Passages possibles

- « Après douze ans au pouvoir, le président avait décidé de jouer les prolongations à
la veille du démarrage de la campagne électorale »
- « Les magistrats ont estimé que la loi ajournant la présidentielle était « contraire à
la Constitution » et ont annulé le décret qui, selon eux, manquait de fondement
légal »
- « Véritable camouflet pour le pouvoir en place, cette décision des sept sages
réhabilite un processus électoral meurtri »
III- TRAVAUX D’ÉCRITURE [16 POINTS]
SUJET 1 : CONTRACTION DE TEXTE (Texte 1)
1. La valeur logique de l’articulateur « pourtant » situé au début de l’avant-dernier
paragraphe est l’opposition/concession. (1pt)
Proposition d’un articulateur logique de sens équivalent : cependant, néanmoins,
toutefois. (1pt)

NB : Accepter tout autre articulateur logique pertinent.

2. Structure du texte et titre de chaque partie. (2 pts)


- Première partie : (P1et P2) : « La démocratie demeure… (des contre pouvoirs) ».
Titre : Les principes démocratiques

- Deuxième partie : (P3 à P7) : « Le manque ou l’absence… des politiciens. » Titre : Les
causes des dérives démocratiques en Afrique

- Troisième partie : (P8 et P9) : « Et pourtant, … Afrique a-t-elle besoin ? » Titre : Une
nouvelle démocratie pour l’Afrique ?
NB : Accepter tout autre découpage et titre pertinents.
3. Résumé
(5 pts)
Idées essentielles

- La démocratie repose sur des principes indiscutables pour l’épanouissement d’une


nation.
- Malheureusement, l’Afrique peine depuis son indépendance à se conformer aux
principes démocratiques.
- La démocratie africaine est rongée par plusieurs maux de divers ordres.
- Les causes de cette situation désastreuse relèvent entre autres de la conception
africaine du pouvoir, des guerres civiles comme les présentent les œuvres de fictions
africaines.
- Or, la démocratie demeure le seul régime politique digne d’offrir la stabilité
socioéconomique à l’Afrique.
4. Discussion (7 pts) Compréhension
du sujet
Selon le propos de l’auteur, la démocratie ne s’accommode guère de la dictature.
Le candidat est invité à expliquer et à discuter cette opinion.

1- Explication de la citation

La démocratie est un système de gouvernance idéale qui prône la liberté


des citoyens. Elle ne saurait donc cautionner des formes d’oppression ou des
comportements liberticides.
- La démocratie promeut l’égalité des citoyens, le partage du pouvoir, la reddition des
comptes.

- La démocratie garantit l’épanouissement socio-économique des peuples (USA, Suisse,


France)
2- Discussion

a. Sous prétexte d’imposer le respect des normes démocratiques, certains pays


sèment le chaos (guerre d’Irak, d’Afghanistan, Libye…)

b. Des régimes démocratiques installent la terreur (confiscation de tous les


pouvoirs, suppression de la presse voire assassinat des journalistes ou des
hommes politiques, mutilation des populations).
c. Les présidents démocratiquement élus oppriment leurs populations (bavures
policières ou militaires, arrestation abusive, fermeture des réseaux sociaux…)

SUJET 2 : COMMENTAIRE COMPOSÉ (Texte 2)


1. Analyse du texte (6pts)
a. Idée générale (2pts)
Le texte évoque l’engagement et le zèle de Trabi pour la réussite du victorisme.
b. Centres d’intérêt possibles (2pts)
- Le portrait politique de Trabi
- Le portrait d’un partisan
- Le fanatisme politique de Trabi
- Une satire sociopolitique - Un citoyen zélé - Etc.
c. Deux procédés formels pour chaque centre d’intérêt et les idées suggérées.
(0,5 pt x 4 = 2pts)

1er centre d’intérêt : Le portrait politique de Trabi


- L’usage du verbe performatif « jura » souligne la profession de foi de
Trabi pour le victorisme, la sacralité de son militantisme.

- La comparaison « se mit à l’œuvre en fonçant comme une locomotive


» donne à voir le comportement mécanique et fougueux de Trabi.

- L’hyperbole « se dépensa tellement qu’il fut au bord de la dépression


nerveuse » met en évidence les retombées négatives du zèle de Trabi
sur sa santé.

- L’emploi du présent de vérité générale « préconise » met en évidence


le caractère universel du victorisme aux yeux de Trabi.

- L’adverbe « infailliblement » suggère la profondeur de l’engagement


de Trabi qui érige le victorisme au rang divin, en un système parfait.
ème
2 centre d’intérêt : Une satire sociopolitique
- L’énumération « les militants crient le nom sur les ondes, dans les
rues, les écoles et les marchés, et accrochent le portrait dans les
bureaux et même dans les salons » montre les effets
d’endoctrinement des partisans du victorisme.

- L’emploi du passé simple dans la gradation ascendante « Au Bokéli, ils


établirent progressivement un réseau clandestin, s’infiltrèrent dans les
institutions clés » suggère la minutieuse détermination des partisans
zélés.
- La majuscule et le singulier de « Société inédite » subit une
fragmentation voire une réification plurielle dans la comparaison «
dans des cellules organisées comme des sociétés secrètes » ;
- laquelle chosification connote une bassesse apparentant le
militantisme à un cercle occulte, une organisation aux intentions
obscures et malveillantes.
- La postposition de l’adjectif « meurtrières » dans la comparaison
zoologique « creusant, ainsi que des termites, des galeries
meurtrières. » souligne la posture nuisible des partisans du victorisme.

2. Rédaction du commentaire composé (10 pts)


Le candidat rédige son devoir en exploitant les centres d’intérêt préalablement retenus.
SUJET 3 : DISSERTATION (Texte 3)

Compréhension du sujet

Selon La revue de presse sénégalaise, le président Macky Sall cherche les moyens de
briguer un autre mandat auquel il n’a pas droit.
Le candidat est invité à opiner sur la longévité au pouvoir.
1) Problème posé par le sujet. (2pts)
Le sujet pose le problème du refus de l’alternance au pouvoir ou encore de la volonté des
chefs d’Etats (africains) de s’éterniser au pouvoir. NB : Accepter toute autre formulation
pertinente.
2) Plan de production du corps du devoir. (4pts)
I- Explication du sujet
Les principes démocratiques exigent une alternance au pouvoir et limitent généralement le
nombre de mandats pour un président à deux. Pourtant, certains présidents, en fin de
règne, usent de subterfuges pour d’autres mandats en sapant les fondements de la
Constitution.
- la démocratie impose un nombre de mandat à respecter
- l’alternance au pouvoir garantit une meilleure gouvernance.
II- Opinion du candidat
Trois possibilités s’offrent à lui :
- Il approuve la longévité au pouvoir et se justifie.
- Il désapprouve la longévité au pouvoir et se justifie.
- Il a un avis mitigé et se justifie. Quelques pistes de réflexion :
- La longévité au pouvoir permet l’achèvement des projets entamés. Des pays prospèrent
sous des monarques (Royaume-Uni, Brunei) ou avec un seul parti au pouvoir (Chine).

- La longévité au pouvoir garantit une meilleure connaissance du peuple et ses aspirations


(USA sous Roosevelt, 1933-1945).

- L’efficacité d’un dirigeant peut le maintenir longtemps au pouvoir (de Gaulle).


- L’amour d’un leader ou l’absence d’un meilleur leader peut faire revenir certains anciens
présidents ou l’un des membres de leurs familles (Bénin, Brésil, Mali, RDC, Tchad, USA...)
- La longévité au pouvoir est antidémocratique (Mobutu du Zaïre)
- La longévité au pouvoir nuit au développement d’une nation (Les Bongo au Gabon)
- La longévité au pouvoir reste inutile pour réaliser de grandes révolutions (Mandela en
Afrique du Sud)
- Les promoteurs de la longévité au pouvoir favorisent la dictature, des lois iniques, des
oppressions (assassinat de Sankara au Burkina ou Lumumba au Congo).

- La longévité au pouvoir est peu perméable aux idées nouvelles (l’empereur Jean-Bedel
Bokossa en Centrafrique).

- La pièce de théâtre Le gong a bégayé d’Apollinaire Agbazahou, la nouvelle « J’y suis, j’y
reste » du recueil Le mortier rouge d’Eustache Prudencio ou la nouvelle « Kadara, l’exilé
spirituel » du recueil L’affaire Bissi. Il y a mieux que la neige… de Daté Atavito
BarnabéAkayi traitent prioritairement (ou partiellement) des questions relatives à la
politique et à l’alternance (ou non) au pouvoir.

- « Nous sommes tous d’accord (au Bénin) que la quête d’un second mandat est un facteur
de mauvaise gouvernance. Nous sommes tous d’accord que ça développe un clientélisme
absolu. Nous sommes tous d’accord que dès le premier jour de prise de fonction du
président élu, quand on [lui] offre l’opportunité d’être président à nouveau, au bout de
cinq ans, ses premières actions, ses premières décisions et toutes ses actions et ses
décisions sont conditionnées par cela, par la chance qu’il doit préserver à être réélu au
terme de son mandat. Et il est très difficile aujourd’hui de concilier l’intérêt d’être réélu à
la volonté de bien faire, de bien gouverner, quel que soit parfois le côté impopulaire que
ça peut générer. » (Patrice Talon, A bâtons rompus, ORTB, 1er aout 2016) NB : Illustrations
à l’initiative du candidat.

3. Rédaction du devoir. (10pts)


Le candidat rédige son devoir en fonction du plan élaboré
BAC BLANC
Situation d’évaluation
Toute société doit son ascension puis son respect à des personnes intègres et dignes. Mais la
situation semble se dégrader en matière de respect des normes dans presque tous les
domaines : l’éducation, le sportif, l’économie, la politique, etc.
Voici un corpus de textes qui t’est proposé pour appréhender le fait. Lis chacun des
textes puis réponds aux consignes.

28
Corpus de textes :
Texte 1 : Bergedor HADJIHOU, « Mariage de forçat » in Fraternité N° 4147 du 1er juillet 2016, p.
3.
Texte 2 : Jérôme CARLOS, Tricherie, quand tu nous tiens, Chronique, in La NouvelleTribuneN°
3318 du vendredi 22 juillet 2016, p. 2.
Texte 3 : Hospice ALLADAYE,Détention au Bénin, in Le Matinal N° 4880 du vendredi 22 juillet
2016, p. 11.
Texte 1 : Mariage de forçat
Bientôt, la majorité des Béninois finiront par marier précocement tous leurs enfants filles.
N’exagérons rien, mais que cette affirmation vous fasse sauter de votre siège ou pas, il s’agit
bien là d’une triste évidence. C’est à cette allure que vont les choses. Et comme il est de
coutume, les institutions internationales nous jettent les chiffres au visage tel un paquet de
honte putréfiant qui donne des haut-le-cœur. Selon le Fonds des Nations Unis pour
l’enfance, au Bénin, trois filles sur dix se marient avant dix-huit ans. Pareil pour une fille sur
dix âgées de moins de quinze ans.
Deux excuses fondent essentiellement cette pratique : la tradition et la pauvreté. Si l’on
reconnaît qu’ « une excessive pauvreté est nuisible à l’exercice de la vertu », il est dans mon
esprit, que l’exercice de la vertu ne devrait être subordonné dans certaines circonstances, à
aucune autre condition. L’indigence doit-elle servir d’alibi à ces parents qui prennent pour
chair à canon leurs filles parce qu’ils craignent de trépasser du cri de leurs boyaux ? Et les
complices de ce crime ignoble qui se disent s’amouracher d’enfants dont ils en sont des
papis ? Nous traînons beaucoup de maux, mais ne traînons pas celui-là. Nous mourons de
faim, du manque de pain tandis que d’autres en ont suffisamment au point de nous
entraîner dans leurs folies, restons dignes. N’allons pas vendre notre âme au diable jusqu’à
être des fossoyeurs de l’avenir d’une génération.
N’allons surtout pas commettre ce forfait sous couvert de l’endogène. Je suis de la
tradition, seulement de celle-là qui nous élève et grandit notre race. Celle qui nous
enseigne par contre de continuer à donner en mariage des filles dont les seins ont à peine
vu le jour enclave plutôt dans le couloir sinueux de la déshumanisation. Elle prend en
proportion, le contrepied de toutes les politiques qu’on nous chante à cor et à cri en faveur
de l’éducation de la fille censée porter demain l’espoir de toute une gente.
Le secours pourrait venir de l’État. Malheureusement, il dort du sommeil de l’injustice, lui
plus que quiconque, a les moyens de protéger ses fils envers et contre tout, même contre
les devers glissants des us et coutumes. Que fait la force publique pour arracher à leurs
bourreaux, les mineures battues et mutilées lorsqu’elles s’opposent à l’entreprise criminelle
de leurs géniteurs ? Rien pour extirper ces enfants du pourrissoir. Rien en tout cas, en
termes de déploiement de moyens et de personnel policier qui puisse décourager les
auteurs. Il faut qu’on l’interroge tout comme l’ambassadrice de l’Unicef Angélique KIDJO «
comment veux-tu sauver les gens de ton pays, quand tu as en face de toi des personnes qui
sont plus armées que la police ? ». La place d’une fille de onze ans est sur l’escarpolette et
non sur la corde raide dans un couple qui n’en est véritablement pas un. Et si le
gouvernement ne se donne pas la possibilité d’agir, nous devons chacun puisé dans les

29
tréfonds de l’humanisme qui nous habite pour nous éloigner autant que faire se peut de
cette vile pratique.
Bergedor HADJIHOU, « Mariage de forçat », in Fraternité N° 4147 du 1er juillet 2016, p. 3.

Texte 2 : Tricherie, quand tu nous tiens !


Il n’est point de peuple tricheur. Mais il y a des tricheurs au sein de tous les peuples de la
terre. Par rapport à quoi, c’est faire injure aux Béninois que de laisser dire que le Bénin est
un pays de tricheurs. Pourtant, il est rigoureusement juste et vrai de soutenir que la
tricherie est le sport le plus en vogue au Bénin. Un sport dans lequel les Béninois excellent.
Un sport qui touche toutes les sphères d’activités. Un sport qui fédère en une Sainte
Alliance de la triche des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions.
Commençons, à dessein, par le sport. Nous nous sommes attirés, il n’y a guère longtemps,
les foudres des instances faîtières du football continental et mondial. Nous nous sommes
fait épingler comme de vulgaires faussaires. Nous avons triché, en effet, sur l’âge de nos
cadets en falsifiant leurs papiers et autres documents d’identité. Il ne s’agit pas d’un acte
isolé. C’est le prolongement logique de ce que nous savons déjà bien faire ailleurs. Avec des
matches arrangés. Avec des résultats truqués. Avec le football, notre football, baigne dans
des eaux sales. Il comptera longtemps encore avec des arbitres incompétents, des
dirigeants bidon, des encadreurs incapables…
Poursuivons avec l’école. Les résultats aux divers examens de l’année scolaire 20152016 ont
été catastrophiques. On aurait cru qu’un tsunami a balayé l’école béninoise : toiture des
salles de classe emportée, maîtres, apprenants, parents d’élèves et autorités académiques
foudroyés. Pour une fois que nous nous sommes efforcés de mettre un peu d’ordre et de
rigueur dans notre système de contrôle des connaissances, le système a révélé ses limites.
Jusqu’ici, nous avons menti, à la nation. Menti sur le niveau des apprenants. Menti sur la
qualité des prestations des enseignants. Menti sur la qualité des programmes. Menti sur le
profil des hommes et des femmes formés et libérés sur le marché du travail. Nous nous
sommes vautrés dans le mensonge. Nous nous sommes installés dans la tricherie.
Aujourd’hui, l’École béninoise est nue, comme un ver de terre.
Jérôme CARLOS, Chronique, « Tricherie, quand tu nous tiens ! »inLa NouvelleTribuneN°
3318 du vendredi 22 juillet 2016, p. 2.

Texte 3 : Détention au Bénin


Ils ont appris à épouser la souffrance. Les détenus du Bénin ont trouvé au cœur de la
douleur, une motivation réelle de contentement. « Avec le temps, on s’habitue à l’horreur
», affirme Maxime, un détenu de la prison civile de Cotonou. Il vient de finir banalement
deux ans pour une infraction, pour laquelle il affirme n’être mêlé ni de près ni de loin. (…)
Cette situation entre-temps appelée détention préventive abusive et muée en détention
provisoire sous le nouveau code, est appliquée à l’usure et au mépris du détenu. Il existe
même la race de détenus dits oubliés des centres de détention. La situation est
préoccupante, l’état des lieux n’est guère reluisant. Le rapport 2015 de l’observatoire de la
justice au Bénin a mis le doigt sur ce qu’il convient désormais d’appeler la plaie de la
détention. Les conclusions de l’enquête réalisée par l’observatoire ont permis de noter dans
30
les centres de détention, des situations de détention provisoire excessive par rapport aux
infractions. Le rapport note également dans les prisons, des détenus oubliés en prison
parce que leurs dossiers n’auraient pas été retrouvés, des détenus oubliés en prison parce
que n’ayant pas été interrogés par un juge depuis plusieurs années, des détenus n’ayant pas
en mains leurs titres de détention pour n’avoir pas pu payer les sous réclamés par les
autorités pénitentiaires. (…)
Les solutions proposées sont diverses mais la plus importante, c’est déjà le respect du
nouveau code de procédure pénale. Pour l’avocat Charles BADOU, la question de
l’engorgement sera sensiblement résolue rien qu’avec le respect strict de cette nouvelle
disposition. Au-delà de cette exigence légale, tout l’appareil judiciaire devra être réorganisé
avec un accent plus accru sur les textes mais aussi, un moyen plus accru aux acteurs du
secteur. Selon un homme politique, ancien détenu, « Aucune nation ne peut se développer
sans la justice, parce qu’il y a beaucoup d’innocents qui sont là-bas. Pour la petite histoire,
le bâtiment dans lequel nous, les privilégiés en prison, étions était collé au bâtiment des
femmes. Tous les matins (que les femmes m’en excusent), ces femmes ne font que maudire
le pays en faisant leurs toilettes intimes. Nous, les hommes, on les écoutait. Les enfants
étaient à 300 dans des bâtiments qui devraient prendre 50. Vous voulez que le pays se
développe comment ? Sans la justice, quelle que soit la volonté, ça n’avancera pas. Tous
ceux-là ont une âme qui réclame justice. Le Bénin a ratifié la peine de mort. Ceux qui sont
condamnés à la peine de mort sont gardés exactement comme s’ils étaient dans le couloir
de la mort. Ils n’ont pas le droit à la cour publique. Ils sont dans un petit couloir alors que
nous avions ratifié cette convention. Il faut que ça change. »

Hospice ALLADAYE, « Détention au Bénin », in Le Matinal N° 4880 du vendredi 22 juillet


2016, p. 11.

Consignes
Questions sur la compétence de lecture (4pts)
Les trois textes du corpus abordent le thème du non-respect des normes. Dis ce qui fait la
convergence de ces textes dans l’approche de ce thème. Justifie ta réponse en citant un
court extrait de chaque texte.
I- Travaux d’écriture (16pts)
NB : Tu traiteras, au choix, l’un des trois sujets proposés.
Sujet 1 : Contraction de texte (texte 1)
Consignes
1- Donne la valeur des guillemets utilisés dans le deuxième paragraphe. (2pts)
2- Présente la structure du texte puis donne un titre à chaque partie.(2pts)
3- Ce texte comporte 515 mots. Résume-le en 129 mots. Une marge de 10% en moins
ou en plus est tolérée. Indique le nombre exact de mots utilisés à la fin de ton
résumé. (5pts)
4- Discussion (7pts)
Pour Bergedor HADJIHOU, «l’exercice de la vertu ne devrait être subordonné dans
certaines circonstances, à aucune autre condition.». Explique et discute ces propos.
31
Sujet 2 : Commentaire composé (Texte 2)
Tâche : Fais de ce texte un commentaire composé que tu organiseras à ton gré. Tu peux par
exemple montrer comment l’auteur dénonce avec verve la tricherie. Consigne

1- Analyse du texte.
a- Dégage l’idée générale du texte. (2pts). b- Formule deux (2) centres d’intérêt que
tu développeras. (2pts). c- Dégage pour chaque centre d’intérêt deux (2) procédés
formels puis dis ce que chacun d’eux suggère. (2pts).
2- Rédige ton commentaire composé (introduction, corps du devoir et conclusion).
Sujet 3 : Dissertation (Texte 3)
Hospice ALLADAYE rapporte les propos d’un homme politique, ancien détenu : « Aucune
nation ne peut se développer sans la justice ».
Explique et commente.
Consigne

• Dégage le problème posé par le sujet. (02 pt).


• Construis le plan du corps du devoir. (4 pts).  Rédige ton devoir.
(10 pts).

CORRIGE-TYPE
I- Questions sur la compétence de lecture (4pts)
Les trois textes sont convergents en ce qu'ils montrent que le non-respect des normes est
préjudiciable à l'image de la nation et au bien-être des citoyens. (01 pt)
En effet :
Bergedor HADJIOU, l'auteur du texte 1, dénonce le mariage prématuré des filles, une
pratique qui ternit l'image de la nation : « ... les institutions internationales nous jettent les
chiffres au visage tel un paquet de honte putréfiant qui donne des haut-le-cœur.» /«.. nous
devons (...) nous éloigner autant que faire se peut de cette vile pratique ». (0,5 +0,5 = 01
pt)
Jérôme CARLOS, dans le texte 2, montre comment toute la société béninoise est gangrenée
par la tricherie, une pratique qui n'épargne aucun secteur d'activité et déshonore la nation:
« Nous nous sommes fait épingler comme de vulgaires faussaires » (0,5 +0,5 = 01 pt)
Quant à Hospice ALLADAYE, dans le texte 3, il stigmatise le non-respect du code de
procédure pénale par la justice béninoise, ce qui impacte négativement les conditions de
détention des prisonniers dans les maisons d'arrêt. Pour l'avocat Charles BADOU en effet, «
la question de l'engorgement sera sensiblement résolue rien qu'avec le respect strict de
cette nouvelle disposition ». (0,5 +0,5 = 01 pt) NB: Accepter toute autre illustration
pertinente.
II- Travaux d'écriture (16pts)

32
Sujet 1: Contraction de texte (texte 1) Réponses
aux consignes
1- Les guillemets utilisés dans le deuxième paragraphe servent à citer une idée non
partagée, à laquelle l'auteur n'adhère pas, « une excessive pauvreté est nuisible à
l'exercice de la vertu »>. (02 pts)
2- La structure du texte (2pts)
1ère partie : P1 et 2 « Bientôt, la majorité... l'avenir d'une génération ».
Titre : La pauvreté et la tradition: prétendues causes du mariage précoce des filles.
2 partie : P3 et 4 « N'allons surtout pas commettre ce forfait... vile pratique. »
Titre : Nécessité de proscrire le mariage précoce, même si l'Etat fuit ses responsabilités.
NB: Accepter toute proposition pertinente
3- Résumé (5pts)
Idées essentielles du texte
- Beaucoup de personnes vont opter sous peu pour le mariage prématuré de leurs filles. La
tradition et la pauvreté sont les raisons arguées, mais elles ne sauraient justifier cette
bassesse.
- Cette pratique (le mariage prématuré) déshumanise, détruit les filles et est en déphasage
avec l'appel insistant à les scolariser afin qu'elles soient une relève de qualité pour la
nation.
 L'État qui dispose de la puissance publique semble indifférent au sort de ces filles qui
souffrent le martyr sous les toits conjugaux.
- Les citoyens, ayant encore le sens de l'humain, doivent pallier l'inaction étatique et se
battre pour mettre fin à cette pratique aberrante.
4- Discussion (7pts)
Pour Bergedor HADJIHOU, « l'exercice de la vertu ne devrait être subordonné [...] à aucune
autre condition.».
Explique et discute ces propos.
Compréhension du sujet
Pour l'auteur, il ne doit y avoir aucun préalable à la pratique du bien. Dans toutes les
circonstances de la vie, l'homme doit être porté naturellement à exercer la vertu et à
s'éloigner du mal.
Le/la candidat-e est invité(e) à justifier la pertinence de la réflexion et en souligner les
limites.
III- Plan du corps du devoir
I- L'exercice de la vertu, un acte inconditionnel

33
- La pratique de la vertu dans toutes les circonstances (favorables ou défavorables) est une
exigence divine, c'est la condition première de la vraie réalisation de l'homme. Illustration à
l'initiative du candidat
- L'exercice de la vertu dans tous les domaines, quelle que soit la situation, élève et érige
en modèle.
Illustration à l'initiative du candidat

Etc.
II- Quelques entraves à l'exercice de la vertu
- La vertu n'est pas une donnée universelle, elle est relative
Illustration: à l'initiative du candidat
- L'instinct de survie peut parfois pousser à commettre des actes non vertueux.
Illustration: la faim atroce, la torture, la guerre, etc.
- Un minimum de confort est nécessaire à l'exercice de la vertu.
- Illustration: à l'initiative du candidat
Sujet 2: Commentaire composé (Texte 2)
Tâche: Fais de ce texte un commentaire composé que tu organiseras à ton gré. Tu peux par
exemple montrer comment l'auteur dénonce avec verve la tricherie.
Réponses aux consignes
1- Analyse du texte. (06 pts) a- L'idée
générale du texte (02 pts)
Il s'agit de la tricherie qu'organisent les Béninois non seulement dans le domaine sportif
mais aussi celui de l'éducation.
Il s'agit de la récrimination de Jérôme CARLOS concernant la tricherie des Béninois.
b- Centres d'intérêt possibles (02 pts)
- La complicité des autorités dans la tricherie
- La ruse des autorités
- La révolte de Jérôme CARLOS
- Réquisitoire de l'auteur face à la tricherie -Les conséquences de la tricherie
- La désolation de Jérôme CARLOS c- Deux (2) procédés formels puis ce que chacun
d'eux suggère. (02 pts) Développement de CI
→ La révolte de Jérôme CARLOS
«le Bénin est un pays de tricheurs » : affirmation à valeur hyperbolique pour montrer
l'amertume face à cette supercherie qui embrase tout le pays.
« il est rigoureusement juste et vrai de soutenir que la tricherie est le sport le plus en
vogue au Bénin. » L’emploi de l'adverbe" rigoureusement" suivi des adjectifs qualificatifs
34
"juste et vrai" à valeur péjorative traduit la honte que ressent l'auteur. Il l'enrichit dans
l'expression" la tricherie est le sport le plus en vogue" avec une insistance pour justifier le
caractère déshonorant de cette pratique.
Réquisitoire de l'auteur face à la tricherie
L'emploi du refrain "Un sport" suivi des verbes" touche"; " fédère" dans une gradation
ascendante traduit la tristesse de l'auteur qui n'hésite pas à emballer tout le monde sans
condition.
L'usage du verbe "mentir" conjugué au passé composé dans une répétition doublée
d'énumération justifie que cette pratique est ancrée dans le quotidien : « Jusqu'ici, nous
avons menti, à la nation. Menti sur le niveau des apprenants. Menti sur la qualité, des
prestations des enseignants. Menti sur la qualité des programmes. Menti sur le profil des
hommes et des femmes formés et libérés sur le marché du travail. »
3- Rédaction de l'introduction, du corps du devoir et de la conclusion (10 pts)
Sujet 3: Dissertation (Texte 3)
Hospice ALLADAYE rapporte les propos d'un homme politique, ancien détenu : « Aucune
nation ne peut se développer sans la justice ».
Explique et commente.
Réponses aux consignes
1- Le problème posé : L'importance de la justice dans le processus de développement
d'une nation. (02 pts)
2- Plan du corps du devoir (04 pts)
Explication/commentaire de la réflexion
A- Une justice impartiale, un atout pour le progrès de la nation
- La place prépondérante de la justice dans l'essor d'un pays, dans tous les domaines.
- La justice comme pilier central d'un développement durable, gage de bien-être pour
les populations.
Attributions/Rôles du pouvoir judiciaire :
Veiller à l'application des lois régissant le fonctionnement de l'Etat Illustration: à l'initiative
du candidat
Régler les différends entre les citoyens; entre l'Etat et les citoyens
Illustration à l'initiative du candidat
Sanctionner les écarts par rapport aux normes et rétablir les droits hypothéqués
Illustration: à l'initiative du candidat
Instaurer la confiance chez les investisseurs aussi bien nationaux qu'étrangers Illustration: à
l'initiative du candidat Etc.
Conclusion ou transition: La vraie justice, impartiale, accompagne le développement,
garantit l'équité, instaure la confiance chez les citoyens, condition nécessaire pour un

35
investissement porteur d'épanouissement. Mais dans certains pays, la partialité de la justice
en fait un frein au développement.
B- La justice partiale, un handicap à l'essor des nations Les
inconvénients du mauvais fonctionnement de la justice:
Le clientélisme (une interprétation partiale des textes; une justice pour les riches/ une
justice corrompue)
Illustration à l'initiative du candidat
La fuite des cerveaux et des investisseurs attitrés ou potentiels
Illustration à l'initiative du candidat Etc.
NB: Le candidat est libre de développer le A et/ou le B.
3- Rédaction de l'introduction, du corps du devoir et de la conclusion (10 pts)

36
BAC BLANC

Situation d’évaluation

Engagement, autonomie de réflexion et créativité caractérisent de plus en plus les


jeunes. Cependant, de nombreuses études prouvent que les déviances enregistrées dans
cette couche de la société prennent des proportions inquiétantes. Tu t’interroges sur cette
situation préoccupante et tu voudrais en savoir davantage. Voici un corpus de trois textes qui
aborde ce sujet. Lis-le pour répondre aux questions proposées.
Corpus
Texte 1 : Hugues Morell Meliki TSANTSA, Volume 21, September 2016, pp. 73-85.
Texte 2 : Alphonse Montcho, L’ombre du zombie (roman), Porto-Novo (Bénin), Légende,
2022, pp. 83-86.
Texte 3 : Faciliter l’accès à l’espace public, Revue internationale Cahiers de l’action , N°
32, Février, 2011, pp.83 à 94.

Texte 1 : Violence et exclusion des jeunes de l’espace public


L’espace public camerounais est multifonctionnel. Il sert à des fins économiques (Meliki
2015), politiques et sociales (Goffman 1973). En délaissant d’abord son acception

37
communicationnelle, pour l’envisager dans sa conception physique et géographique, cet
espace est une partie du territoire destinée à être partagée par toute la population. Il ne
peut donc être soumis à un régime de la propriété privée (Tessier 1999: 406). Pourtant, les
faits contredisent cette approche. […] Dans un contexte de chômage massif, l’espace public
central représente, pour les jeunes, le canal majeur de négociation de leurs conditions de
survie (Osita 2009), notamment par des activités commerciales qu’ils y pratiquent. […]
Dans cet environnement, les « jeunes gens disposent sur les trottoirs, sur les aires
réservées au stationnement des voitures ou sur la chaussée-même des articles […]. D’autres
jeunes vont et viennent au milieu de la foule, le panier de produits posé sur la tête»
(Kengne Fodouop 1991: 24). L’espace central, fréquenté par les nantis, présente un
avantage certain pour les jeunes qui y sont indésirables aux yeux d’un pouvoir qui les
assimile à des vandales et des délinquants…. Ainsi, les multiples activités commerciales
exercées par les jeunes sur les principales artères de la capitale s’inscrivent, pour les
autorités, dans un registre de problème urbain. Il s’agit de conduites rétrogrades qui
donnent du crédit au diagnostic général d’une ville africaine faite ville-poubelle, ville
désordonnée, ville en crise (Chenal et al. 2009, Ela 1983).
Les pouvoirs publics, pour qui ces activités constituent un problème, procèdent par
la violence physique et censitaire, sur le champ de la régulation de cet espace. Face aux
mesures répressives contre l’exploitation de l’espace central, l’un des modèles adoptés par
les jeunes est le commerce itinérant. Le procédé consiste en une exhibition de produits dans
un plateau ou une petite caisse en bois aux automobilistes et passagers pris dans les
embouteillages. Sont proposés, des gammes de produits tels que des friandises (bonbons,
barres de chocolat, biscuits), des produits du terroir (racines, poudres et fruits à effets
tonifiants ou aphrodisiaques), des cigarettes, duwhisky en sachet, des mouchoirs jetables,
des baumes contre les douleurs et parfois des bêtes de compagnie.
Un jeune ressortissant de l’Ouest dont les parents sont aussi commerçants dans la ville,
Hilaire, 23 ans, a plus de 3 années d’activités commerciales à son actif. Il explicite leur mode
opératoire: « On est en poste vers 9 h. Je commence mon attaque à partir des feux [de
signalisation] du ministère [des Relations extérieures] et je marche entre les voitures jusqu’à la
Province, le plateau sur la tête et d’autres trucs en main. Toute la journée on est là entre les
voitures. C’est un boulot qui casse; il faut être solide. »
Les jeunes ont conscience des effets néfastes qu’une activité commerciale incontrôlée sur
l’espace public pourrait avoir comme répercussions sur l’ordre, la circulation automobile et
piétonne. De même, savent-ils que l’autorité s’appuie sur une labellisation négative de
leurs activités pour légitimer sa répression. Dès lors, le choix d’un procédé commercial
itinérant participe d’une ruse pratique qui extirpe l’activité du jeune des catégories
langagières officielles incriminantes. Car, il échappe au délit d’«encombrement humain» de
l’espace public. Il n’y a aucun préjudice à l’ordre public, ce faisant ces jeunes ne peuvent plus
être appréhendés sous les schèmes de vandales, d’irresponsables et de voyous. Par
ailleurs, ce modèle permet aussi d’être à même de réagir de manière ponctuelle face à toute
«descente punitive» de la Communauté urbaine. […]
Ainsi, quoique la jeunesse se heurte à une politique structurelle
d’exclusion de l’exploitation de l’espace public central et qu’elle essaie de négocier,
collectivement, une politique alternative de gestion à travers ses pratiques, il reste
38
qu’elle est traversée par des problèmes internes liés aux mythes simplificateurs de la
société.
Hugues Morell Meliki TSANTSA, Volume 21, September 2016, pp. 73-85.
Texte 2 :
Cococodji-Fandji, banlieue agrafée au bas-ventre de Cotonou City. Cadre où pullulaient,
comme des cancrelats, miséreux, voleurs, badauds, bandits, voyous, péripatéticiennes, et les
autres démons de la gent à moralité déliquescente, avait été un jour inoubliable, le théâtre de
ce qui devint, au fil des ans, une légende, grâce à ses armes redoutables : les raconte-tard, les
colporteurs professionnels de faits divers.
Ici, revinrent un malheureux jour, les Frères Adidas…Trois drôles de
personnages dont la célébrité mal famée faisait vols, viols, bruits, grincements de dents, cris,
pleurs, saignées, meurtres. Leur palmarès était aussi galonné de vices que la toge de Egun
Tchango : vols agressions à mains armées, meurtres et autres dérives inimaginables. Partout
où passaient les Frères Adidas, ils semaient la terreur. Trois invétérés preneurs de Sotoni, le
sec local. Trois redoutables sanguinaires à la gâchette impulsive. Trois « cas sociaux », trois
plaies dont les tailles respectives rappelaient fort bien le trio de bandes blanches de la marque
Adidas. Grand, moyen, court. Le trio le plus maudit du siècle. Ils prirent d'assaut
CococodjiFandji pour revisiter leurs vieilles habitudes, réinstaurer leur droit de cité, faire
fureur. Les Frères Adidas. En tête de liste. Positionné sur la plus haute marche du podium.
Médaille d'or aux jeux brutaux, spécialité flinguerie et abattage : Noubi Yoyô, l'aîné de la
fratrie, le plus instruit de la bande. La peau d'une noirceur de basalte, Silhouette taillée au
gabarit de margouillat. Visage au relief concave, picoré par une paire d'yeux de hibou grand-
duc qui s'y perdaient comme des cratères. Au-dessus desquels débordaient des broussailles de
sourcils. Il avait le nez debout au milieu de son faciès comme un monticule de terre, desservi
par un réseau de galeries sinueuses. Deux grottes béantes en lieu et place de narines. Ses
oreilles, fixées au vent, fermaient des guillemets à hauteur de ses joues pingres. Des lèvres
fournies en épaisseur de cuir de bœuf, teintes d'un rouge gras, situaient sur son penchant
pour la liqueur locale.[…] Quiconque avait remis en cause son titre ou son autorité l'avait payé
au prix fort, en monnaie de singe. Toutes les victimes têtues ayant opposé résistance à ses
agressions à main armée, qui avaient refusé de lui remettre ce qu'il leur réclamait, s'en
sortaient certifiées manchots à vie.
Alphonse Montcho, L’ombre du zombie (roman), Bénin, Légende, 2022, pp. 83-86.

Texte 3: Des espaces publics à l’espace public : un enjeu de politique de jeunesse Les
espaces publics, selon Moreau C., incarnent le brassage des populations.

Ils constituent même des garants de la cohésion sociale dans la mesure où ils
appartiennent a priori à tous, sans distinction. Pourtant, l’usage qu’en ont les jeunes suscite
nombre d’interrogations de la part des habitants et des professionnels. Perçus comme un lieu
d’oisiveté, incarnant l’immobilisme social et les mauvaises pratiques, les espaces publics
cristallisent sur eux toutes les inquiétudes relatives aux jeunes des quartiers.
Pourtant, un espace public n’est pas que cela. Il peut accueillir le temps d’une soirée ou une
petite heure perdue ici et là des jeunes complètement différents socialement, même si

39
certains espaces sont investis par quelques groupes de jeunes bien identifiés. Ainsi, peuvent
se croiser un instant aussi bien des étudiants que des dealers, des travailleurs précaires que
des jeunes artisans, des désaffiliés que des collégiens… Les groupes se font et se défont à
l’infini. En cela, les espaces publics sont aussi des lieux de socialisation et de
citoyenneté pour les jeunes.
Les espaces publics représentent également des lieux de rencontre entre les « grands » et
les « petits » dans le quartier. Les enfants utilisent également les espaces publics comme lieux
de vie où ils jouent, discutent, mangent, se reposent, s’ennuient… Le manque d’affection et de
distraction au sein de la famille incite les enfants à choisir et valoriser la rue très tôt. Loin du
contrôle parental, ils forment des petits groupes de copains allant de deux à une demi-
douzaine d’individus, puis plus tard des groupes plus grands pouvant atteindre une vingtaine
d’individus.
C’est dans la rue, dans les places centrales ou dans les halls d’immeuble, que les enfants
découvrent leurs aînés et leurs pratiques. Ces derniers leur attribuent des surnoms, les
mettent à l’épreuve, les conseillent et les utilisent pour de petites corvées comme aller leur
acheter un paquet de cigarettes au tabac du coin. En échange de leur coopération et de leur
obéissance, les « petits » se voient récompensés par des gestes affectueux, des bonbons, des
balades en scooter…
Autre élément largement associé aux espaces publics par le sens commun : les
comportements à risque et déviants. Il s’agit dans la plupart des cas de conduites addictives
(consommation de drogues et d’alcool…) et de conduites routières à risque (vitesse excessive
en voiture ou scooter…)
Pour beaucoup de professionnels en lien avec les jeunes, les comportements à risque
s’inscrivent dans la spirale de l’échec : éducation parentale défaillante, échec scolaire et
absence de perspectives face à la crise. Toujours est-il, estiment ces professionnels, que
lorsque la précarité touche les jeunes, la reconnaissance sociale va passer par le sport ou les
comportements à risque. Ces derniers peuvent être une manière d’exister, de se sentir
appartenir à un groupe.
« Faciliter l’accès à l’espace public », Cahiers de l’action, vol. 32, no. 2, 2011, pp. 83-94.

CONSIGNES
I- QUESTION SUR LA COMPÉTENCE DE LECTURE [4 PTS]
La thématique des trois textes est relative à la jeunesse. Dis ce qui distingue le texte 1 du texte
2. Tu justifies ta réponse par un court passage de chaque texte.

II- Travaux d’écriture (16pts)


NB : Le candidat traite l’un des trois (3) sujets proposés
Sujet 1 : Contraction de texte (Texte 1) Consigne
1- Tu indiques la valeur logique de « Dès lors » employé dans le paragraphe 5. Propose un
terme équivalent à cette expression. (2pts)
2- Tu dégages la structure du texte et tu donnes un titre à chaque partie. (2pts)
3- Résumé (5pts)

40
Le texte comporte environ 620 mots. Tu le résumes au quart de sa longueur soit en 155
mots, dans une expression personnelle et correcte. Une marge de 10% en plus ou en moins
est tolérée. Tu mentionnes à la fin de ton résumé le nombre exact de mots utilisés.
4- Discussion

Parlant des vendeurs ambulants, l’auteur déclare : « Les jeunes ont conscience des effets
néfastes qu’une activité commerciale incontrôlée sur l’espace public pourrait avoir comme
répercussions sur l’ordre, la circulation automobile et piétonne. » Es-tu de son avis ?
SUJET 2 : COMMENTAIRE COMPOSE (Texte 2)
Tâche : Tu fais de ce texte un commentaire composé. Tu montres,
par exemple, le désir de l’auteur à faire ressortir l’harmonie
entre la laideur physique du personnage avec ses actes.
Consigne :
1- Analyse du texte :
a- Tu dégages l’idée générale du texte. (2 pts)
b- Tu fais ressortir, du texte 2, deux centres d’intérêt que tu développeras dans ton
commentaire composé. (2 pts)
c- Tu relèves deux procédés formels liés à chaque centre d’intérêt que tu interpréteras. (2
pts)
2- Rédaction :
Tu rédiges entièrement ton commentaire composé (10 pts).
SUJET 3 : DISSERTATION (Texte 3)
L’auteur, dans le texte déclare : « Pour beaucoup de professionnels en lien avec les jeunes, les
comportements à risque s’inscrivent dans la spirale de l’échec : éducation parentale
défaillante, échec scolaire et absence de perspectives face à la crise.». Explique et
commente ce point de vue. Consignes
1. Tu dégages le problème posé dans le sujet. (2 pts)
2. Tu proposes un plan de production. (4 pts)
3. Tu rédiges entièrement ta production. (10 pts)

CORRIGE-TYPE (BAC BLANC)

I- QUESTION SUR LA COMPÉTENCE DE LECTURE [4 PTS]


Les trois textes se rejoignent par leur thématique consacrée à la jeunesse. Le texte 1 se
distingue cependant du texte 2. Si l’auteur du texte 1 explique les difficultés auxquelles sont
confrontés les jeunes qui entreprennent des activités dans les espaces publiques comme le
montre le passage suivant :« L’espace central, fréquenté par les nantis, présente un
avantage certain pour les jeunes qui y sont indésirables aux yeux d’un pouvoir qui les
assimile à des vandales et des délinquants »,l’auteur du texte 2, en ce qui le
concerne,raconte les comportements déplorables des divorcés sociaux qui défient les lois
de la société en instaurant un climat d’insécurité dans une banlieue de Cotonou :
Cococodji-Fandji. C’est ce qu’illustre l’extrait suivant :« Le trio le plus maudit du siècle. Ils

41
prirent d'assaut CococodjiFandji pour revisiter leurs vieilles habitudes, réinstaurer leur droit
de cité, faire fureur. » NB : Accepter tout autre passage pertinent.

Sujet 1 : Contraction de texte (Texte 1) Consigne


1- La valeur logique de « Dès lors » employé dans le paragraphe 5 : la
conséquence/ la déduction…Proposition de termes équivalents à cette expression :
donc, alors, ainsi, à partir de ce moment, en conséquence, par conséquent, de ce fait… .
(2pts)
2- Structure du texte et proposition de titre à chaque partie. (2pts)
Première partie : P1+ P2 : « L’espace public camerounais… ville en crise (Chenal et al. 2009, Ela
1983). »
Titre : Espaces publics au Cameroun et activités commerciales illégales des jeunes. Deuxième
partie : P3 + P4+ P5+ P6: « Les pouvoirs publics,...mythes simplificateurs de la société. »
Titre : Occupation des espaces publics: entre répression des pouvoirs publics et opiniâtreté
des jeunes.
NB: Accepter toute autre structuration pertinente.

3- Idées essentielles pour le résumé (5pts)


- Au Cameroun, les espaces publics ont un rôle aussi bien socio-économique que politique et
sont géographiquement conçus pour une utilisation commune et non personnelle.
- Cependant, ces espaces font l'objet d'activités commerciales informelles entreprises par de
jeunes chômeurs, au mépris des autorités politiques.
- Par conséquent, ils prennent d'assaut les abords des voies avec des articles variés à vendre,
faisant de ces villes africaines, une parfaite caractéristique de celles des pays en crise.
- Malgré leur conscience des risques de répression pour troubles à l'ordre de la circulation,
ils déploient diverses stratégies pour échapper au délit d'« encombrement humain »
réprimés par les autorités urbaines. C'est ainsi que persiste cet envahissement commercial
des espaces publics par la jeunesse exposée en permanence à des difficultés. 4-
Discussion
1- Compréhension
Selon l’auteur, les jeunes vendeurs ambulants sont conscients des inconvénients de leurs
activités illégales et des risques auxquels ils s’exposent.
2- Explication
- Exposés au chômage, les jeunes se livrent à des activités illégales (vente de
carburant de la contrebande, de divers articles dans les feux…)
- Les activités des jeunes perturbent la circulation (les ventes itinérantes des
vendeurs), créent des embouteillages, engendrant parfois des accidents de
circulation. 3- Discussion
- Ces jeunes aident tout de même les usagers de la route (ventes itinérantes à la
sauvette, nettoyage de vitres des voitures, etc.).
- Ces activités informelles constituent, pour ces jeunes, un moyen de lutte contre
le chômage et les vices.
SUJET 2 : COMMENTAIRE COMPOSE

42
Analyse Du Texte

1. Idée générale : Le narrateur raconte les actes répréhensibles de trois


divorcés sociaux instaurant leur droit de cité à Cococodji-Fandji.
2. Les centres d’intérêt possibles
- Cococodji-Fandji, nid des divorcés sociaux ;
- L’insécurité à Cococodji-Fandji ;
- Le portrait du mal ;
- Noubi-Yoyô, l’incarnation du mal :
- Les caractères du vice ;
- Un espace d’effroi ;
- Des personnages de moralités douteuses
- Un trio redoutable ;
- Le portrait répugnant de Noubi Yoyo ; - Les trois frères sanguinaires ; - Le grand
banditisme.
- Etc.
NB : Accepter toute autre proposition pertinence.

3. Procédés formels et interprétations


Centres Idées Procédés formels Interprétations
d’intérêt secondaires
Un espace Espace Comparaison doublée Cet espace est doublement
d’effroi d’insécurité d’énumération « Cadre où invivable car il ressemble à un
pullulaient, comme des dépotoir malsain (cancrelats,
cancrelats, miséreux, voleurs, usage péjoratif) et est le nid
badauds, voyous, … » des vices. Ce qui laisse sa
population dans la peur
permanente et l’insécurité
ambiante.
La phrase nominale Le substantif « banlieue » est
« Cococodji-Fandji, banlieue la preuve d’un espace dont la
population ne jouit pas de

agrafée au bas-ventre de bonnes conditions sociales et


Cotonou » qui incite à l’insécurité.

Refuge des L’emploi de l’imparfait de C’est la preuve d’un vieux


divorcés l’indicatif « pullulaient » dans refuge de hors-la-loi assez
sociaux (cadre où pullulaient…) considérable. Il n’est pas
circonstanciel mais permanent.

43
L’indicateur de lieu « ici » suivi Ils renseignent sur cet espace
du verbe « revinrent » au d’insécurité, havre de paix du
passé simple trio, qui s’y sentent à l’aise et
qui reviennent dicter leur loi.
Le portrait L’anaphore « Trois invétérés… Cette anaphore insiste sur les
d’un malfrat Trois redoutables…Trois cas actes que posent ces frères
sociaux…Trois plaies… » dans une synergie d’action
pour le mal. Elle insiste
également sur le fait qu’ils
Métaphore + hyperbole « La sèment la terreur et sont
peau d’une noirceur de craints de tous.
basalte »
+
Métaphore doublée de
comparaison « Visage au
relief concave picoré par une pour illustrer davantage la
paire d’yeux de hibou laideur du personnage en
grandduc qui s’y perdait question.
comme des cratères. »

Le champ lexical de la cruauté


« flinguerie, abattage,
brutaux, victimes têtues, témoigne de la barbarie et de
agressions, manchots à vie » l’atrocité des différents actes
de « l’ainé de la fratrie »

La métaphore « une paire


d’yeux de hibou » met en relief l’aspect du visage
du malfrat qui sème l’effroi,
l’inquiétude, l’étrangeté du
personnage. Par
ce physique, il sort du commun
et incarne une peur panique
avant même que ce dernier
n’entre en action.

44
Phrase déclarative : « Toutes Cette phrase représente un
les victimes têtues ayant personnage sanguinaire, sans
opposé résistance à ses état d’âme et très cruel. Il a
agressions à main armée, qui perdu toute notion de
avaient refusé de lui remettre sensibilité et d’humanité. C’est
ce qu’il leur réclamait, s’en un personnage sans cœur et
sortaient certifiés manchots à dépendant des produits
vie » psychoactifs.
Hyperbole « Médaille d’or aux Cette exagération est
jeux brutaux, spécialité l’expression du mal excessif qui
flinguerie et abattage » caractérise le personnage. Il est
le prototype du de la grande
délinquance.

SUJET 3 : La dissertation
I- Compréhension du sujet :
Selon les spécialistes des questions des adolescents, les déviances observées chez les jeunes
dans les espaces publics relèvent tant de l’irresponsabilité/de l’absence d’accompagnement
des acteurs éducatifs que du manque de vision des jeunes eux-mêmes.
Le / la candidat(e) est invité (e) à expliquer ce point de vue de l’auteur et à le justifier en
se fondant sur sa culture générale. 1- Problème posé (2pts)
Le sujet aborde les principales causes qui expliquent les déviances comportementales
observées chez les jeunes.

2- Eléments du plan du corps du devoir (4pts)


I- Explication du point de vue de l’auteur
L’absence de prise en charge des jeunes par les adultes (parents, enseignants,
psychologues, nutritionnistes…) a d’énormes conséquences sur leurs comportements dans la
société. Les jeunes, loin de l’environnement familial, défient les lois sociales et développent des
comportements déviants (toxicomanie, sexualité ou fugue, délinquance, pratiques sportives à
risque, comportement suicidaire (conduite de motos.)
II- Justification du point de vue de l’auteur
Le défaut d’accompagnement des adultes est source de vices et de comportements déviants
(cybercriminalité, pratiques sexuelles précoces et obscènes, braquage…)
Le décrochage scolaire compromet davantage le comportement des jeunes.
- Incapacité des jeunes à s'auto-employer de façon décente ;
- crise d’identité- déception-…

45
Ex : Victor Hugo dans les quatre vents de l'esprit écrit à ce propos : « Quatre-vingt-dix sur cent
qui sont au bagne/ Ne sont jamais allés à l'école [...]/C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé
le crime. »
L’absence de repère ou de modèle justifie le manque de discernement et l’absence de vision
chez ces jeunes

• enrôlement dans les réseaux de braquages, de transactions ou de


consommation de stupéfiants.
• pratiques de sports à risque (course à moto, boxes, jeux de hasard) 3-
Rédaction de la dissertation (10pts)

46
BAC BLANC
Situation d’évaluation
Depuis le 11 septembre 2001, le monde connaît le retour en force du phénomène du
terrorisme. Tu as constaté que le Bénin en est touché depuis peu et tu t’interroges.
Voici un corpus de textes qui aborde le phénomène sous divers angles. Tu es invité(e)
à le lire attentivement et à répondre aux questions posées.

CORPUS DE TEXTES
Texte 1 : « Les origines », Jérôme Calauzènes, Le terrorisme depuis 1945, (PDF, extrait),
ressources internet, consulté le 1er mai 2018.
Texte 2 : « L’enfer de Dante », Sud-Ouest/AFP, « Carnage et jeux pervers au Bataclan, récits de
trois heures d’horreur », (extrait), 31 décembre 2015, www.sud-ouest.fr.
Texte 3 :« Faire face au terrorisme », Mahmoud El Khadir, Le terrorisme, les causes et les
remèdes, Mémoire de Licence, Université Mohammed I – Faculté de Droit, 2005, ressources
internet : Mémoire Online Texte 1 :
La notion de terrorisme est une idée ancienne. […] Le mot terroriste apparaît en
France en 1794 dans les dictionnaires. Il désigne la propagation de la terreur (…) par
l’emploi spectaculaire de la guillotine et du fusil, avec l’objectif identifié de terroriser, c’est-
à-dire de paralyser par la peur les ennemis et opposants éventuels. C’est donc une pratique
qui répond à un objectif délibéré dans un contexte bien précis, celui de la patrie en danger

47
pendant la Révolution Française. Il s’agit en outre d’un terrorisme d’Etat exercé contre son
peuple. Il y existe donc une composante idéologique et on perpétue un massacre pour
convaincre. Pourtant, la notion évolue assez rapidement et prend son sens actuel. Le
terrorisme est alors la violence mise en place par des groupes plus ou moins organisés et
clandestins qui luttent contre l’Etat par la terreur à des fins essentiellement politiques.
L’histoire du terrorisme de 1945 à nos jours montre comment ces actes se sont
multipliés et se sont diversifiés. D’une volonté de lutte presque désespérée contre un
ennemi plus fort, dans le cadre de combats pour la libération et l’émancipation jusqu’à la
fin des années 1960, le terrorisme s’est ensuite inscrit dans la Guerre Froide, étant repris,
sans en être l’apanage exclusif, par des groupes d’extrême gauche. A partir de 1989 et du
déclin de l’idéal communiste, ce moyen de lutte a été particulièrement le fait de groupes
islamistes mais pas uniquement. On assiste en tout cas aujourd’hui à une banalisation du
terrorisme qui pourrait rappeler l’une des définitions d’Hannah Arendt à propos du
totalitarisme : « la banalisation du mal ».
Il s’agit en outre de remarquer que plusieurs facteurs favorisent aujourd’hui la
diffusion du terrorisme. La médiatisation de tous ces actes renforce paradoxalement leur
portée et donc leur intérêt, voire leur rentabilité. C’est justement la diffusion internationale
des images d’occidentaux captifs qui fait monter les enchères des rançons en s’appuyant
sur une opinion publique très encline à l’émotion. La possibilité de se procurer plus
facilement des armes (en particulier par l’intermédiaire des réseaux mafieux), de fabriquer
des bombes, voire de savoir piloter des avions, notamment via internet, en constitue
également un encouragement.
On pourrait également ajouter que le terrorisme appelle le terrorisme. La question
du Proche-Orient, on a pu le remarquer, a été un véritable laboratoire qui a permis de
diffuser cette violence qui n’est plus circonscrite à cette zone, y compris lorsqu’il s’agit de
cette cause. Les attentats de Munich l’ont par exemple bien montré. Les réussites
spectaculaires des attentats du 11 septembre 2001 ont ainsi fait des émules, au- delà de la
croyance en l’accession à un paradis pour les martyrs d’Allah. Les frustrations liées à la
pauvreté, ajoutées à un analphabétisme toujours présent dans certaines régions,
constituent enfin un terreau très favorable au développement de fanatismes de toutes
sortes.
Enfin, la question se pose des réponses au terrorisme. Il semble aujourd’hui
impossible de l’éradiquer, en dépit du fait que certains se sont éteints ou ont été vaincus (à
l’instar du terrorisme régionaliste en Europe). La lutte contre le terrorisme, dans les
démocraties, n’entraînerait-elle pas une perte de substance de la démocratie elle-même ?
La mise en place du PatriotAct aux Etats-Unis, en réponse aux attentats sur le World Trade
Center, pourrait en effet être vue comme une forme de restriction des libertés. Le
renforcement des contrôles et de mesures diverses, consécutifs à des attentats importants,
justifiés pourtant par une volonté légitime d’améliorer la sécurité des civils, remettrait en
cause, dans une certaine mesure, l’âme-même de la démocratie libérale. On le voit lorsque,
face à la peur engendrée par des actions spectaculaires, se développe un terrorisme
concurrent, en lutte contre d’autres formes de terrorisme et qui court-circuite les Etats. On
le voit aussi lorsqu’une partie de la population des pays démocratiques, toujours animée

48
par la peur, se radicalise à son tour sur le plan politique et en appelle à des solutions plus
tranchées. Qu’elle vienne des Etats ou d’une partie de la population, la restriction des
libertés ou la recherche de solutions plus radicales voire autoritaires constituent bien plutôt
le questionnement – et le risque – posé par le terrorisme à la démocratie : celui de sa
potentielle remise en cause et de sa mutation en régime autoritaire, justifiée par la peur et
au nom de la sécurité de tous.
Jérôme Calauzènes, Le terrorisme depuis 1945, ressources internet, (PDF).

Texte 2 :
(Le 13 novembre 2015, trois terroristes entrent dans la salle de spectacle du Bataclan où le
groupe américain Eagles of DeathMetal tenait un concert.)
21heures 40environ, au cœur de Paris. Une Polo(1) noire immatriculée en Belgique
s’arrête devant la façade colorée de la célèbre salle de spectacles, Le Bataclan. Trois
hommes en sortent, armes de guerre à la main, ceintures explosives, visages découverts :
Foued Mohamed-Aggad, Omar Mostefaï, Samy Amimour. L’un d’eux envoie, à 21heures 42,
un SMS vers un numéro belge : "On est parti, on commence". Dans le portable retrouvé
dans une poubelle plus tard, quatre plans de la salle.
Boulevard Voltaire, un passant parvient de justesse à se jeter derrière une voiture
pour éviter les tirs. Les premières victimes s’écroulent sur le trottoir. Le chef des vigiles,
"Didi", se rue à l’intérieur. Le concert des Eagles of DeathMetal bat son plein, 1 500
personnes. Les rockeurs du désert californien attaquent le riff (2) de "Kiss the devil",
Embrasse le diable,(3) quand retentissent des détonations. Le bassiste, Matthew Mc
Junkins, voit des éclairs déchirer l’obscurité : les assaillants sont entrés.
Une poignée de secondes, le groupe continue à jouer. Flottement. Des spectateurs
croient à des pétards. Des corps s’effondrent, l’odeur de poudre envahit l’air. Hurlements
dans la foule. La musique s’arrête, le groupe quitte la scène. Des dizaines de spectateurs
fuient par des issues de secours ouvertes par les vigiles, d’autres par le toit. D’autres encore
se cachent où ils le peuvent : placards, faux plafonds… Dehors, l’un des jihadistes guette,
ouvre le feu, avant de s’engouffrer dans la salle.
Dans la fosse, un mouvement de foule : tous à terre comme des dominos. Les lumières
se rallument. L’un des tueurs tirait en souriant, calmement. Le sang coulait par terre et des
corps qui tombaient comme des mouches. Les jihadistes délivrent leur message dans un
français sans accent : « C’est pour nos frères en Syrie et en Irak. Ce que vous vivez, nos
femmes et nos enfants vivent ça tous les jours. C’est la faute de François Hollande ».
Sidération et douleur éclatent. Des blessés crient, d’autres tentent de se dissimuler sous
des corps. Une femme supplie les tueurs d’arrêter. L’un d’eux prévient :
« –Le premier qui bouge, je le tue !
Bam. Bam.
– Je t’avais dit de pas bouger.
Puis ils s’amusent :
–Levez-vous, ceux qui veulent partir, partez. »
Tous ceux qui se sont levés se sont fait tirer dessus. Le manège recommence plusieurs
fois. Ça les faisait rire.

49
Sud-Ouest/AFP, « Carnage et jeux pervers au Bataclan, récits de trois heures d’horreur »,
31 décembre 2015, www.sud-Ouest.fr
(1) Marque de voiture (2) Courte phrase musicale introductive(3) Un titre de leur album

Texte 3 :
Au lendemain du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont déclaré une guerre sans
limite contre le terrorisme qui a commencé par le bombardement de l'Afghanistan, tout en
provoquant les milliers de morts civils innocents. On invoque le fait que l'Afghanistan abrite
des terroristes. La riposte américaine a, certes, permis la victoire militaire de l'Alliance du
Nord et la chute du régime de Taliban, mais, est-ce pour autant que l'objectif initial
d'atteindre Oussama Ben Laden et d'éradiquer le terrorisme sera atteint ? Le doute
demeure et pour longtemps encore peut-être. Car même si Oussama Ben Laden est atteint
physiquement, directement ou indirectement, le terrorisme ne risque pas de disparaître,
parce que, d'une part, les tentatives de vengeance de ses fidèles ne manqueront pas, et
d'autre part, parce que « les Oussama Ben Laden » pullulent et n'attendent que le moment
où ils pourront frapper. Ainsi qu'a pu le dire M. Nelson Mandela, « toute action (militaire)
serait aussi impopulaire que celle que des terroristes ».
La guerre au terrorisme s'est poursuivie, ainsi par la guerre, dite « préventive »
contre l'Iraq (printemps 2003) qui avait des objectifs où, au-delà des hypothétiques armes
de destruction massive, le renversement de Saddam Hussein et l'avènement de la
démocratie dans la région, figuraient également les liens supposés entre ce dernier et
Alqaïda.
Pourtant, le terrorisme n'a pas cessé pour autant, comme le montrent entre autre les
attentats contre les bureaux de l'ONU à Baghdad (19 août 2003) ou ceux de Madrid (11
mars 2004), par exemple. Au lieu d'arrêter ce phénomène, comme c'est prétendu, cette
guerre va lui donner une impulsion. Alors, quel est le bilan de cette guerre ? Un homme de
terrain comme Hans Blix, l'ex-chef des inspecteurs de l'ONU en Iraq, note que la guerre
américaine a « donné une impulsion au terrorisme au lieu de l'arrêter ». Le diplomate
suédois a pleinement raison. Surtout quand il ajoute « il est clair, désormais, que le
terrorisme ne doit pas être affronté uniquement avec des mesures répressives mais aussi
avec la compréhension de ses causes plus profondes.
La lutte contre le terrorisme exige nécessairement la compréhension de ses causes
profondes d'abord, ensuite trouver les remèdes obligatoires à ces « maladies », car «
prévenir vaut mieux que guérir ». Autrement, la lutte contre le terrorisme doit, pour être
efficace, se placer sur le terrain de la lutte contre les causes du terrorisme. Cela n'a rien à
voir avec l'idéologie, c'est une simple question de justice. Si l’on n’applique pas ses
principes, les choses ne s'amélioreront plus et on n'aboutira pas à une paix durable.
Mahmoud EL KHADIR, « Le terrorisme, les causes et les remèdes » (Extrait),
Université Mohammed I - Faculté de Droit - Licence 2005

CONSIGNES
I- QUESTIONS SUR LA COMPETENCE DE LECTURE

50
Le corpus de texte aborde le thème du terrorisme. Avec des passages justificatifs à l’appui,
souligne l’aspect du thème mis en exergue par chaque texte. II- COMPETENCE D’ECRITURE
(Tu traiteras l’un des sujets au choix.)

SUJET 1 : CONTRACTION DE TEXTE (Texte 1)


1. Précise la nature et le rôle du premier mot qui ouvre le dernier paragraphe du texte.
2. Propose une structure du texte et donne un titre pertinent à chaque partie.
3. Résumé
Ce texte comporte environ 900 mots. Résume-le en 180 de son volume avec une marge
de 10% en plus ou en moins tolérée. Tu indiqueras, à la fin de ton résumé, le nombre exact
de mots utilisés.
4. Discussion
Parlant de la lutte contre le terrorisme, Jérôme Calauzènes affirme : « Il semble
aujourd’hui impossible de l’éradiquer. » Partages-tu ce point de vue.

SUJET 2 : COMMENTAIRE COMPOSE (Texte 2)


Tâche
Faites de ce texte un commentaire composé que vous organiserez à votre gré. Vous pouvez
montrer, par exemple, comment un concert tourne en tragédie.
Consignes
1- Analyse du texte a- Dégage
l’idée générale du texte.
b- Propose deux centres d’intérêt que tu développeras dans ton commentaire
composé.
c- Relève deux procédés formels liés à chacun de ces centres d’intérêt et donne l’idée
que chaque procédé suggère.
2- Rédige entièrement ton commentaire.
SUJET 3 : DISSERTATION (Texte 2)
Pour Mahmoud EL KHADIR : « La lutte contre le terrorisme exige nécessairement la
compréhension de ses causes profondes d'abord (…). Autrement, la lutte contre le
terrorisme doit, pour être efficace, se placer sur le terrain de la lutte contre les causes du
terrorisme (...)»
Après avoir exposé les causes du terrorisme dans le monde, montre en quoi l’auteur
a raison de penser que la lutte armée contre le terrorisme est inefficace.
Consignes
1- Dégage le problème que soulève le sujet.
2- Construis le plan de ton corps du devoir.
3- Rédige entièrement le devoir.
Corrigé type
Compétence de lecture
La particularité de chaque texte du corpus :

51
Texte 1 : Dans ce texte, Jérôme Calauzènes explique la notion de terrorisme, en faisant un
rappel historique de l’évolution du phénomène. Il souligne que la lutte contre le
phénomène pousse les pays occidentaux à prendre des mesures anti-démocratiques. (1pt)
Justification (0,5pt)
- « Il désigne la propagation de la terreur (…) par l’emploi spectaculaire de la guillotine et
du fusil, avec l’objectif identifié de terroriser, c’est-à-dire de paralyser par la peur les
ennemis et opposants éventuels. »
- « L’histoire du terrorisme de 1945 à nos jours montre comment ces actes se sont
multipliés et se sont diversifiés. »
- « La lutte contre le terrorisme, dans les démocraties, n’entraînerait-elle pas une perte de
substance de la démocratie elle-même ? »
Texte 2 : Dans ce texte, l’auteur une attaque sanglante d’un groupe terroriste lors d’un
concert.(0,5pt)
Justification (0,5pt)
- « Trois hommes en sortent, armes de guerre à la main, ceintures explosives, visages
découverts : Foued Mohamed-Aggad, Omar Mostefaï, Samy Amimour. »
- « Des corps s’effondrent, l’odeur de poudre envahit l’air. Hurlements dans la foule. »

Texte 3 : Mahmoud EL KHADIRdémontre l’inefficacité de la lutte armée contre le terrorisme


en s’appuyant sur les différentes guerres contre le terrorisme menées jusque-là depuis les
attentats du 11 septembre 2001.(1pt)
Justification (0,5pt)
- « Pourtant, le terrorisme n'a pas cessé pour autant, comme le montrent entre autre les
attentats contre les bureaux de l'ONU à Baghdad (19 août 2003) ou ceux de Madrid (11
mars
2004), par exemple. »
- « Car même si Oussama Ben Laden est atteint physiquement, directement ou
indirectement, le terrorisme ne risque pas de disparaître. »
- « La lutte contre le terrorisme exige nécessairement la compréhension de ses causes
profondes d'abord, ensuite trouver les remèdes obligatoires à ces « maladies »
NB : L’idéal est que la réponse soit présentée en paragraphe(s).

II- TRAVAUX D’ECRITURE


SUJET N°1 : CONTRACTION DE TEXTE (Texte 1)
1- Analyse du texte (4pts)
a- Le premier mot qui ouvre le dernier paragraphe du texte est enfin. C’est un adverbe,
il a permis à l’auteur d’introduire la dernière étape de la réflexion en abordant les
conséquences du terrorisme.». (1 pt)
b- Propose une structure du texte et donne un titre pertinent à chaque partie. (02pts)
1ère partie : P1 : « La notion de terrorisme… à des fins essentiellement politiques. »
Titre : Définition du terrorisme / Le concept de terrorisme
52
2ème partie : P2 + P3 + P4 : « L’histoire du terrorisme… de fanatismes de toutes. »
Titre : Manifestations et causes du terrorisme depuis 1945
3ème partie : P5 : « Enfin, la question se pose… au nom de la sécurité de toutes sortes. »
Titre : L’impact des approches de solutions au terrorisme sur la démocratie dans les pays
occidentaux.
2- Résumé (5pts)
- Le concept de terrorisme remonte loin et peut être entendu comme le recours à la
violence et la terreur contre l’Etat ou contre des individus.
- De 1945 à nos jours, les actes terroristes ont pris de l’ampleur et se sont diversifiés. - Ces
actes terroristes se sont inscrits dans le cadre des mouvements de libération des peuples,
puis dans la logique de la Guerre Froide et des mouvements d’extrême gauche. -
Aujourd’hui, la propagation du terrorisme se justifie par la médiatisation excessive, les
croyances religieuses mais aussi les problèmes socio-économiques : pauvreté,
analphabétisme.
- Enfin, concernant la lutte contre le terrorisme, il semble impossible de l’éradiquer
aujourd’hui. De plus, cette lutte semble affecter les principes démocratiques des pays qui
s’y engagent, notamment occidentaux. Car la peur terrorisme pousse les Etats à des
mesures anti-démocratiques et liberticides. 3- Discussion (7pts) Piste d’analyse :
Compréhension du propos : Pour l’auteur, lutter contre le terrorisme au point de le faire
disparaître n’est plus possible.
I- Lutte contre le terrorisme : Une impossible éradication
1- L’impossibilité de l’éradication du terrorisme peut s’expliquer par le fait de son ampleur
et son enracinement dans le monde.
2- La structuration du phénomène du terrorisme avec des groupes qui se spécialisent par
zone et même par pays
(Ex : Al-Qaïda frappe partout, l’Etat islamique fait pareil ; AQMI qui sévit au Nord de
l’Afrique, Boko Haram qui intervient en Afrique de l’Ouest.)
II- L’éradication du terrorisme : Possibilité au bout d’une longue et efficace lutte.
1- Eviter la logique de la lutte armée contre les terroristes qui ne font énerver et
conforter les terroristes dans leurs actions.
2- S’attaquer aux causes réelles qui favorisent le développement du terrorisme.
(Ex. : pauvreté, chômage, sous-développement ; injustices sociales et communautaires.)
3- S’engager dans une réelle politique internationale de coopération entre les pays sans
discrimination entre pays occidentaux et pays arabes.
SUJET N°2 : COMMENTAIRE COMPOSE (Texte 2)
Résultats attendus d-
Analyse le texte (6pts)

a- L’idée générale du texte : Le texte raconte l’attaque terroriste sanglante au cours d’un
concert. (2pts)
53
b- Deux centres d’intérêt :
er
1 CI (formulation possible) : La cruauté des djihadistes / L’attitude des terroristes
2ème CI (formulation possible) : La souffrance des spectateurs / La terreur des spectateurs /
L’attitude des spectateurs (2pts) c- Relève deux procédés formels liés à chacun de ces
centres d’intérêt et donne l’idée que chaque procédé suggère. (3ps)
Centres Sous-idées Procédés formels
d’intérêt
- Le champ lexical« armes de
guerre à la main, ceintures explosives »
La cruauté des djihadistes /

ajoutées au contenu du SMS « On est


L’attitude des terroristes

- La parti, on commence »traduit que les


préméditation terroristes s’étaient bien apprêtés pour
(préparation et commettre leur acte.
détermination) - L’adjectif qualificatif du groupe
- Le carnage nominal « visages découverts » suggère
que les terroristes assumaient leur acte
- La
et ne s’en cachaient pas.
perversité des
- Le comparaison doublée de
djihadistes
métaphore « Le sang coulait par terre et
des corps qui tombaient comme des
mouches. » traduit la tuerie, le carnage.
- L’adverbe « calmement » et le
gérondif « en souriant »
traduisent la froideur et
la méchanceté/cruauté des terroristes.

- L’indication narrative « Ça les faisait rire »


montre la perversité des terroristes qui
semblent tirer du plaisir en s’amusant avec la
vie des autres.
- Le sauve-qui- - La comparaison « tous à terre comme
peut des dominos » traduit le mouvement de
La souffrance des spectateurs

- La panique panique des spectateurs.


La réaction des spectateurs
La terreur des spectateurs

- La débandade - Les indications descriptives du narrateur


- La : « Des (…) spectateurs fuient par des issues de
souffrance secours », « d’autres par le toit », « d’autres
spectateurs encore se cachent où ils le peuvent : placards,
faux plafonds » suggèrent la débandade et le
sauve-qui-peut dans le rang des spectateurs.
- Lexique de la souffrance : « hurlements
dans la foule ; des blessés crient ; le sang
des coulait par terre »

54
3- Rédaction du commentaire (10pts)
Rédiger un devoir qui expose les centres d’intérêt retenus et leurs illustrations à partir des
procédés formels.
SUJET N°3 : DISSERTATION (Texte 3)
Résultats attendus
1- Le sujet aborde le problème de la lutte contre le terrorisme / Le sujet pose le
problème de l’inefficacité de la lutte armée contre le terrorisme. (2pts)
2- Proposition de plan pour le corps du devoir (4pts)
 Explication du propos
Pour Mohamed EL KHADIR, la lutte contre le terrorisme telle quelle se mène aujourd’hui ne
peut être efficace. C’est-à-dire que le choix de la lutte armée contre le terrorisme ne
contribuera pas, à la longue, à la disparition du phénomène. Pour l’auteur, la meilleure
façon de lutter contre le terrorisme c’est de chercher à comprendre et lutter contre les
causes qui favorisent le développement du terrorisme.
I- Les causes du terrorisme
1- Les problèmes socio-économiques : chômage, pauvreté, analphabétisme, mauvaise
distribution des richesses du pays, l’accaparement des ressources…
2- Le fanatisme et l’intolérance religieux (ce qu’on note souvent chez les terroristes
musulmans)
3- L’ingérence des Etats-Unis et de l’Occident dans les affaires de certains pays (du
Proche et Moyen Orient, par exemple)
II- La lutte armée contre le terrorisme : un choix inefficace (L’inefficacité de la lutte
armée contre le terrorisme)
1- Les actes terroristes se sont multipliés dans le monde.
2- Apparition de nouveaux groupes terroristes plus violents.
3- Renforcement des terroristes dans leur logique avec les victimes innocentes
qu’entrainent les guerres contre les terroristes.
OU
Pour une meilleure lutte contre le terrorisme : prendre le mal à la racine.
1- Travailler à engager les pays sur une véritable lutte contre le sous-développement et
ses maux.
2- Promouvoir la bonne gouvernance des Etats et le respect de l’Etat de droit.
3- Instaurer une meilleure coopération mondiale entre Etats sans ingérence et
arrogance.

3- Rédaction du devoir (introduction, corps du devoir, conclusion). (10pts)

55
56
(Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets proposés.)

Situation d’évaluation
Quel sens revêt le concept de père ? Tous les pères ont-ils conscience de leur
responsabilité sociale, ou se contentent-ils d’être procréateurs ? Vu la dégradation
progressive mais considérable de l’institution familiale à laquelle on assiste
aujourd’hui au sein de nos sociétés, ces interrogations méritent d’être posées.
Quelques réflexions te sont proposées à ce sujet à travers le corpus de textes ci-après.
Tu es invité (e) à le lire et à répondre aux consignes. Tu t’appuieras sur les
connaissances suivantes : l’argumentation, les genres littéraires, la typologie des
textes, les registres littéraires, etc.

57
Corpus
Texte1 : « Les saints devoirs de père »,Jean-Jacques Rousseau, Emile ou
l’éducation, Paris, éd. Flammarion, 2009 (1762), pp. 64-65.
Texte2 :« Toujours en voyage », Ahmadou Kourouma, Allah n’est pas
obligé,Paris, Seuil, 2000, pp. 90-92.
Texte3 : Francis Bebey,Trois Petits Cireurs, Ed. CLE, Yaoundé.

Texte 1 : Les saints devoirs de père.


Un père, quand il engendre et nourrit des enfants, ne fait en cela que le tiers de sa
tâche. Il doit des hommes à son espèce, il doit à la société des hommes sociables, il
doit des citoyens à l’Etat. Tout homme qui peut payer cette triple dette et ne le fait pas
est coupable, et plus coupable peut-être quand il la paye à demi. Celui qui ne peut
remplir les devoirs de père n’a point le droit de le devenir. Il n’y a ni pauvreté, ni
travaux, ni respect humain qui le dispensent de nourrir ses enfants et de les élever lui-
même. Lecteurs, vous pouvez m’en croire. Je prédis à quiconque à des entrailles et
néglige de si saints devoirs, qu’il versera longtemps sur sa faute des larmes amères, et
n’en sera jamais consolé. Mais que fait cet homme riche, ce père de famille si affairé,
et forcé, selon lui, de laisser ses enfants à l’abandon ? Il paye un autre homme pour
remplir ces soins qui lui sont à charge. Ame vénale ! crois-tu donner à ton enfant un
autre père avec de l’argent ? Ne t’y trompe point ; ce n’est pas même un maître que tu
lui donnes, c’est un valet. Il en formera bientôt un second.
On raisonne beaucoup sur les qualités d’un bon gouverneur [c’est-à-dire une
personne chargée de garder, d’éduquer des enfants à domicile]. La première que j’en
exigerais, et celle-là seule en suppose beaucoup d’autres, c’est de n’être point un
homme à vendre. Il y a des métiers si nobles, qu’on ne peut les faire pour de l’argent
sans se montrer indigne de les faire ; tel est celui de l’homme de guerre ; tel est celui
de l’instituteur. Qui donc élèvera mon enfant ? Je te l’ai dit, toi-même. Je ne le peux.
Tu ne le peux ?... Fais-toi donc un ami. Je ne vois pas d’autre ressource.
Un gouverneur ! ô quelle âme sublime ! … En vérité, pour faire un homme, il faut
être ou père ou plus qu’homme soi-même. Voilà la fonction que vous confiez
tranquillement à des mercenaires.
Plus on y pense, plus on aperçoit de nouvelles difficultés. Il faudrait que le
gouverneur eût été élevé pour son élève, que ses domestiques eussent été élevés pour
leur maître, que tous ceux qui l’approchent eussent reçu les impressions qu’ils
doivent lui communiquer ; il faudrait, d’éducation en éducation, remonter jusqu’on ne
sait où. Comment se peut-il qu’un enfant soit bien élevé par qui n’a pas été bien élevé
lui-même ? Ce rare mortel est-il introuvable ? Je l’ignore. En ces temps
d’avilissement, qui sait à quel point de vertu peut atteindre encore une âme humaine ?
[…] Ce que je crois voir d’avance est qu’un père qui sentirait tout le prix d’un bon
gouverneur prendrait le parti de s’en passer ; car il mettrait plus de peine à l’acquérir
58
qu’à le devenir lui-même. Veut-il donc se faire un ami ? Qu’il élève son fils pour
l’être ; le voilà dispensé de le chercher ailleurs ; et la nature, et la nature a déjà fait la
moitié de l’ouvrage.
Jean-Jacques Rousseau, Emile ou l’éducation, Paris, éd. Flammarion, 2009
(1762), pp. 64-65.

Texte 2 : Toujours en voyage.


Le père de Sarah s’appelait Bouaké ; il était marin. Il voyageait et voyageait, ne
faisait que ça et on se demandait comment il a pu avoir le temps de fabriquer Sarah
dans le ventre de sa mère. Sa mère, elle vendait du poisson pourri sur le grand marché
de Monrovia et, de temps en temps s’occupait de sa fille. Sarah avait cinq ans lorsque
sa mère fut fauchée et tuée par un automobiliste soûl. Son père, ne sachant que faire
d’une fille, la confia à une cousine du village qui la plaça chez Madame Kokoui.
Madame Kokoui était commerçante et mère de cinq enfants. Elle fit de Sarah une
bonne et une vendeuse de bananes. Chaque matin, après la vaisselle et la lessive, elle
allait vendre des bananes dans les rues de Monrovia et rentrait à six heures pile pour
mettre la marmite au feu et laver le bébé. Madame Kokoui était sévère et très
pointilleuse sur les comptes et stricte sur l’heure du retour. […]
Un matin, un petit voyou, un enfant de la rue, faucha une main de bananes et s’enfuit
à toutes jambes. Sarah courut après le petit voyou sans l’attraper. Quand, à la maison,
elle raconta ce qui lui était arrivé, Madame Kokoui ne fut pas contente, alors là pas du
tout. Elle gueula et accusa Sarah d’avoir bien vendu les bananes, d’avoir acheté des
friandises avec le pognon. Sarah eut beau dire que c’était le petit voyou, Madame
Kokoui ne décoléra pas et ne voulut rien entendre. Elle la chicota fort, l’enferma et la
priva de souper. Elle menaça : « La prochaine fois, je te frapperai plus fort et je
t’enfermerai pendant un jour sans repas. »
La prochaine fois eut lieu le lendemain. Sarah, comme tous les matins, sortit sa
charge de bananes. Le même petit voyou vint avec une bande de copains, piqua une
main de bananes et s’enfuit. Sarah se lança à sa poursuite. C’est ce qu’attendaient ses
petits copains aussi voyous quel lui. Quand Sarah s’éloigna ils firent main basse sur
toutes les bananes. […]
Sarah était malheureuse. Elle pleura toute la journée mais, quand elle vit le soleil
décliner […], elle prit la décision de mendier. De mendier pour se faire de l’argent
pour faire le compte de Madame Kokoui. Mais malheureusement les automobilistes
ne furent pas très généreux et n’eut pas suffisamment d’argent pour faire le compte
Madame Kokoui. La nuit, elle eut une place parmi les ballots d’une véranda de la
boutique de Farah. […] Elle ne pouvait plus rentrer à la maison, Madame Kokoui la
tuerait. Elle continua à mendier et commença à s’habituer à la situation, à se trouver
mieux que chez Madame Kokoui. Même à avoir un lieu où faire sa toilette, un autre
pour cacher ses économies, le lieu pour dormir restant la véranda de la boutique de
Farah au milieu des ballots de bagages.
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Ce lieu avaitété remarqué par un monsieur qui vint un jour la trouver là. Il se
présenta, gentil et compatissant. […] Il offrit des bonbons, d’autres friandises à Sarah.
Sarah le suivit de bonne foi vers les halles, loin de toute habitation. Là, il déclara à
Sarah qu’il allait lui faire l’amour en douceur sans lui faire de mal. Sarah eut peur, se
mit à courir et à crier. Le monsieur plus rapide et fort attrapa Sarah, la renversa, la
maîtrisa au sol et la viola. Il alla si fort que Sarah fut laissée comme morte.
On l’amena à l’hôpital où elle se réveilla et on lui demanda qui étaient ses parents.
Elle parla de son père, mais pas de Madame Kokoui. On chercha son père mais ne le
trouva pas. Il était en voyage ; toujours en voyage. […] Plus tard, Sarah dut se
prostituer […] pour ne pas crever de faim.
Ahmadou Kourouma, Allah n’est pas obligé, Paris, Seuil, 2000.
Texte 3 : Mamou, le petit cireur.
Un monsieur sortit de l’hôtel et trouva devant la porte l’habituel trio de la brosse et
du cirage […].
Il s’arrêta, regarda ses souliers, et décida qu’effectivement ; il y avait quelque
chose à faire par là. Il sourit aux trois jeunes, avec l’air embarrassé du client qui ne
sait trop quel produit choisir. Les trois cireurs avaient le même regard sympathique,
d’autant plus facile à remarquer qu’ils étaient à peu près de la même taille. L’œil
malicieux était le signe particulier de chacun des trois visages d’ébène. La bouche
souriait et suppliait simultanément, de la même façon, chez chacun d’eux.
« […] C’est mon patron à moi. C’est moi qui vais lui cirer ses chaussures, c’est
pas vrai, chef ?
- C’est vrai, c’est vrai, répondit l’homme. De toute façon, vous allez avoir
chacun votre jour. Aujourd’hui, ce sera toi. […] Mais dis-moi d’abord :
comment t’appelles-tu ?
- Mamou, moi c’est Mamou. Lui, c’est Nyassa, et lui, c’est Abdel.
- Bien Mamou. Aujourd’hui, ce sera toi. […]
« Mamou, tu ne vas pas à l’école ?
- Non, patron.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas, patron, c’est trop difficile.
- Qu’est-ce qui est trop difficile ?
- L’école, patron. C’est difficile, et puis, je suis déjà grand.
- Pas si grand que cela, quel âge as-tu ?
- Oh, patron, c’est difficile.
- As-tu un père, Mamou ?
- Tout le monde à un père, patron. Chez moi, on dit toujours qu’un enfant sans
père, ça n’existe pas.
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- Oui, je sais, je sais. Mais, ton père à toi, est-ce qu’il existe, je veux dire, est-ce
qu’il est vivant ?
- Oui, patron.
- Il travaille ?
- Non, patron.
- Pourquoi ?
- Parce que moi je travaille, patron…
- Comment ? […] Pourquoi est-ce que c’est toi qui travailles, tandis que ton père
ne fait rien ?
- Il fait, patron, il fait quelque chose.
- Ah bon ? Et qu’est-ce qu’il fait donc ?
- Il fait des cordes.
- Des cordes ? Des cordes pour quoi faire ? Et pourquoi dis-tu qu’il ne travaille
pas ?
- Patron, je veux dire que mon père, il ne sort pas de la maison pour aller au
travail.
Il travaille à la maison, mais ce n’est pas du vrai travail.
- Et pourquoi ne sort-il pas de la maison pour aller au travail ?
- Parce qu’il ne peut pas, patron.
- Il ne peut pas ?
- Non, patron, il est aveugle. Et moi, je lui ai dit : « Tu ne vas pas sortir pour
mendier ; moi, j’irai travailler. »
Voilà pourquoi Mamou n’avait pas pu aller à l’école, et à quinze ans il menait
déjà la lutte, non seulement pour sa propre existence, mais aussi pour celle de son
père, de sa mère, et, bien entendu, de toutes les personnes qui faisaient partie de leur
famille, de près ou de loin.
Francis Bebey,Trois Petits Cireurs, Ed. CLE, Yaoundé.

CONSIGNES

I/- QUESTIONS SUR LA COMPETENCE DE LECTURE (4 PTS)


1- Précise le thème commun aux trois textes. (1 pt)
2- Indique le type et le genre littéraire de chaque texte. (1 pt x 3)

II/- TRAVAUX D’ECRITURE


(Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets proposés.)
SUJET N°1 : CONTRACTION DE TEXTE (TEXTE1)
Consignes

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1- Relève et reformule la thèse de l’auteur. (2 pts)
2- Fais la structure du texte et donne un titre à chaque partie. (2 pts)
3- Résumé (5 pts)
Ce texte comporte555 mots. Résume-le en 110 mots. Une marge de 10 % en plus ou
en moins est tolérée. Tu indiqueras, à la fin du résumé, le nombre exact de mots
utilisés. 4- Discussion (7 pts)
Rousseau affirme : « Celui qui ne peut remplir les devoirs de père n’a point le droit
de le devenir. Il n’y a ni pauvreté, ni travaux, ni respect humain qui le dispensent de
nourrir ses enfants et de les élever lui-même. »
Discute cette assertion de l’auteur.

SUJET N°2 : COMMENTAIRE COMPOSE (TEXTE2)


Tâche
Fais de ce texte un commentaire composé. Montre par exemple la maltraitance dont
est victime la petite Sarah. Consignes
1- Analyse le texte. (6 pts)
a) Formule l’idée générale du texte en une phrase verbale claire et simple. (2pts)
b) Propose deux centres d’intérêt que tu développeras dans ton commentaire
composé.
(2pts)
c) Relève deux procédés formels liés à chacun de ces centres d’intérêt et donne l’idée
que chaque procédé suggère. (2pts)
2- Rédige ton devoir. (10 pts)

SUJET N°3 : DISSERTATION (TEXTE3)


L’un des personnages de Francis Bebey, dans le texte 3, estime que son père ne peut
sortir pour travailler parce qu’il est aveugle.
Penses-tu que dans la société, on peut être dispensé de travailler à cause d’un
handicap comme la cécité et autres.
Consignes
1- Dégage le problème que pose le sujet. (2 pts)
2- Construis le plan du corps du devoir. (4 pts)
3- Rédige ton devoir. (10 pts)

Corrigé-type de l’épreuve de français

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I- QUESTIONS SUR LA COMPETENCE DE LECTURE
1- Le thème commun aux textes : les devoirs du père, la responsabilité paternelle, les
responsabilités du père, l’éducation de l’enfant. (1 pt)
2- Type et genre littéraire de chaque texte. (1 pt x 3)
Texte n°1 : type : argumentatif genre littéraire : essai
Texte n°2 : type : narratif genre littéraire : narratif / roman
Texte n°3 : type : narratif genre littéraire : narratif / roman
II- TRAVAUX D’ECRITURE
SUJET N°1.- CONTRACTION DE TEXTE (TEXTE 1)
Réponses aux consignes
1- Idée générale du texte (2 pts)
Le texte présente les devoirs d’un père envers son enfant et met l’accent sur la
nécessité pour le père de les accomplir lui-même.
2- Structure du texte (2 pts)
1ère partie : Paragraphe 1 « Un père quand il engendre … et n’en sera jamais consolé »
Titre : Les devoirs paternels
2ème partie : Paragraphes 2 à 5 « Mais que fait cet homme riche … n’a pas été bien
élevé lui-même ? »
Titre : Le rejet de l’éducation des enfants par des gouverneurs
3ème partie : Paragraphe 6 « Ce rare mortel … fait la moitié de l’ouvrage »
Titre : Nécessité pour le père d’éduquer lui-même ses enfants
NB : accepter tout autre découpage logique, pourvu que le titre soit en
adéquation avec la structure proposée.
3- Proposition de résumé (5 pts)
En dehors de la procréation et de la satisfaction des besoins des enfants, le père a
également le devoir, à travers l’éducation, de faire d’eux des hommes sociables et des
citoyens modèles. Ces devoirs sont si importants que celui qui ne peut les assumer
devrait s’abstenir d’être père. Rien ne doit empêcher le père d’éduquer lui-même ses
enfants, au point qu’il fasse recours, moyennant argent, à un gouverneur. La première

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qualité du gouverneur doit d’abord être l’intégrité, puis l’idéal serait qu’il soit lui-
même bien éduqué.
A considérer tout cela, il serait plus simple pour un père d’éduquer lui-même son
enfant.
(Le résumé comporte 114 mots)
4- Discussion
Rousseau affirme, « Celui qui ne peut remplir les devoirs de père n’a point le droit de
le devenir. Il n’y a ni pauvreté, ni travaux, ni respect humain qui le dispensent de
nourrir ses enfants et de les élever lui-même. »
Discute cette assertion de l’auteur.
Compréhension du sujet
Pour Rousseau, seul celui qui a les moyens d’être père doit l’être. Aucune situation
ne peut servir d’excuse à un père qui n’a pas la capacité de nourrir ses enfants ni le
temps pour les éduquer lui-même. Le sujet pose le problème des conditions à remplir
pour être père en mettant l’accent sur les moyens financiers et sur la disponibilité
dont il faut jouir pour être père.
Il est attendu du candidat qu’il discute cette affirmation. Il doit donc adopter le plan
dialectique, thèse – antithèse – synthèse. Le corps du devoir aura donc trois parties.
Plan du corps du devoir
I- Importance et rôle du père dans l’éducation de ses enfants (thèse)
II- Quelques cas pouvant empêcher le père de jouer convenablement son rôle
(antithèse)
III- Intervention des deux parents pour une bonne éducation des enfants (synthèse)
Proposition de plan détaillé (Quelques idées à titre indicatif)
I- Importance et rôle du père dans l’éducation de ses enfants (thèse)
1- Le chômeur qui enceinte une fille sait qu’il doit chercher un boulot pour subvenir
aux besoins de sa famille. Le pauvre sait qu’il doit chercher d’autres cordes à son arc
pour assurer une vie décente à sa famille.
Exemple : Ebinto, le héros du roman Les frasques d’Ebinto, écrit par Amadou KONE,
a dû arrêter ses études pour se trouver un job quand il a enceinté Monique.

64
2- La présence du père est importante dans l’éducation des enfants du fait de
l’autorité et de la sécurité qu’il incarne.
Exemple : Dans L’enfant noir de Laye CAMARA, le narrateur a présenté son père
comme un être qui incarne l’autorité et la sécurité à la fois (confère l’histoire du
serpent qui était sur le point de piquer le narrateur, et celle où le père du narrateur est
allé frapper le directeur de son école).

3- Le père doit se rendre disponible pour ses enfants. Cela lui permet de mieux les
connaître et de mieux comprendre certains de leurs comportements.

Exemple : C’est à défaut de passer du temps avec son enfant Alain dans le roman
Petit Jo, enfant des rues de Evelyne Mpoudi Ngollé, que François Sango (le père
d’Alain) a échoué dans l’éducation de son enfant. Et Alain est devenu un délinquant.

II- Quelques cas pouvant empêcher le père de jouer convenablement son rôle
(antithèse) 1- Certaines circonstances de la vie peuvent amener l’homme,
malgré sa bonne volonté, à faillir à certains de ses devoirs paternels. En cas
d’accident cérébral, l’homme qui devient un malade mental n’est plus doté du sens
de discernement et se trouve par conséquent incapable de subvenir aux besoins de
sa famille, parce que ne pouvant plus travailler.
Exemple : Les travailleurs qui subissent des accidents du genre sont purement et
simplement remplacés à leur poste.
2- Certains métiers d’aujourd’hui prennent toute la disponibilité des parents et
ne leur permettent pas de s’occuper à plein temps de leurs enfants.
Exemple : Les enseignants ou les fonctionnaires qui sont mutés loin de leur famille,
les infirmiers ou les médecins qui font des gardes, ainsi que les soldats qui vont en
mission dans d’autres pays passent beaucoup de temps loin de leurs enfants, et dans
ces conditions, sont incapables de remplir convenablement tous leurs devoirs de père.

III- Intervention des deux parents pour une bonne éducation des enfants
(synthèse) Le rôle du père est d’une importance capitale dans l’éducation des
enfants mais ce serait une erreur de lui laisser toute la charge. D’ordinaire c’est à la
mère qu’est dévolue l’éducation des enfants. Et même si le père doit subvenir aux
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besoins matériels de la famille, même si sa présence auprès des enfants est
importante, il ne peut faire tout ce que la mère doit faire dans l’éducation des
enfants. Et sans la mère, le père non plus ne peut pas grande chose s’il est tout seul
face à l’éducation des enfants.
NB : l’introduction et la conclusion doivent être rédigées selon les normes.
SUJET N° 2.- COMMENTAIRE COMPOSE (TEXTE 2)
1- a) Idée générale (2 pts)
Le texte présente la maltraitance de Sarah qui l’a conduite à une vie de prostituée.
b) Centres d’intérêt possibles (2 pts)
- l’irresponsabilité des parents de Sarah
- les souffrances de Sarah
c) Deux indices textuels par centre d’intérêt (2 pts)

Centre d’intérêt n°1 : l’irresponsabilité des parents de Sarah


· « voyageait et voyageait » → cette répétition montre que le père donnait la priorité à
ses activités professionnelles au détriment de ses responsabilités paternelles. A la fin
du texte, nous lisons « en voyage ; toujours en voyage ».
· « fabriquer Sarah dans le ventre de sa mère » → métaphore qui traduit à quel point
le père de Sarah méprise l’être humain, c’est comme si c’est la femme qui a besoin de
l’enfant et qu’il a eu pitié d’elle en le lui faisant et qu’après cela, il avait fini de jouer
sa partition.
- L’irresponsabilité de la mère de Sarah
· « de temps en temps, s’occupait de sa fille→ cette expression suggère que pour la
mère non plus, l’enfant n’était pas important, de sorte que c’est lorsqu’elle était libre
qu’elle s’occupait de son enfant.
Centre d’intérêt n°2 : les souffrances de Sarah
- les souffrances infligées par sa tutrice
·« elle la chicota fort, l’enferma et la priva de souper » → gradation ascendante qui
montre à quel point Sarah était maltraité par sa tutrice.
· « crever de faim » → hyperbole traduisant l’intensité de la souffrance de
Sarah - les conséquences de la maltraitance de Sarah.

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· « elle prit la décision de mendier » → c’est la peur de la réaction de madame
Kokoui qui a poussé Sarah à la mendicité.
· « Le monsieur plus rapide et fort attrapa Sarah, la renversa, la maîtrisa au sol et la
viola » → c’est la cruauté de madame Kokoui qui est la cause de ce viol dont Sarah a
été victime. · « Sarah dut se prostituer » → l’utilisation du mot « dut » (verbe «
devoir ») fait comprendre que c’est à contre cœur et faute d’autre solution que Sarah
se livre à la prostitution.
2- Rédaction du devoir (10 pts)
Le candidat rédige son devoir selon le plan détaillé qu’il a fait.

SUJET N° 3 : DISSERTATION (TEXTE 3)


L’un des personnages de Francis Bebey, dans le texte 3, estime que son père ne
peut sortir pour travailler parce qu’il est aveugle.
Penses-tu que dans la société, on peut être dispensé de travailler à cause d’un
handicap comme la cécité et autres.
1- Problème (2 pts)
Le sujet pose le problème des raisons pour lesquelles un homme peut ne pas
travailler.
(Certains candidats formuleront la réponse avec une phrase interrogative. Le
professeur appréciera ces réponses)
2- Plan (4 pts)
I- Nécessité pour l’homme de travailler malgré son handicap.
→ un aveugle peut chanter (le couple aveugle du Mali, Amadou et Mariam), un
sourd peut effectuer un travail manuel (la photographie), un paralysé peut effectuer
un travail de l’esprit…
II- Quelques cas d’incapacité de travail pour l’homme.
→ certaines circonstances de la vie peuvent rendre l’homme inactif au point de ne
pouvoir travailler : paralysie totale des membres inférieurs et supérieurs, handicap
mental comme les mongols
III- Conciliation des handicaps et des obligations professionnelles (synthèse)
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→ trouver une solution originale pour permettre un accès aisé des handicapés au
travail
3- Rédaction du devoir (10 pts)
Le candidat rédige son devoir selon le plan qu’il a fait.

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Critères d’évaluation du résumé(5 pts)

- fidélité au texte
1,5 pt
- la clarté dans l’expression
1 pt
- la concision dans la reformulation des idées
1,5 pt
- le respect des règles orthographiques, grammaticales 1 pt

Critères d’évaluation de la discussion, de la dissertation et du


commentaire composé

· INTRODUCTION 3 pts

- Pertinence de l’idée générale 1 pt


- Qualité de la transition 1 pt
- Pertinence de l’annonce plan du développement 1 pt
· CORPS DU DEVOIR 5 pts

- Pertinence du commentaire 1,5 pt


- Richesse et pertinence des illustrations 1,5 pt
- Cohérence de l’argumentation 1 pt - Qualité
linguistique et rédactionnelle 1 pt
· CONCLUSION 2 pts

- Qualité de la synthèse 1 pt -
Pertinence de l’ouverture 1 pt
N B.- Pour la discussion, l’introduction est notée sur 1,5 pt, le corps
du devoir sur 4 pts, la conclusion sur 1,5

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