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Cognitive TD

Ce document présente un cours de psychologie cognitive sur la perception visuelle. Il aborde des notions telles que le système visuel, la rétine, le cortex visuel, les illusions visuelles et la perception en 3 dimensions.

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Antonia Echeverri
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1

Initiation pratique à la
~ psychologie cognitive ~

TD

Lundi
10h50 - 12h50

Carole Ferrel

50% de la note : 6ème semaine, question rédactionnelle, 1h


50% de la note : QCM d’1h

2 absences maximales

Livres

Psychologie cognitive, Habib, M., Lavergne, L. & Caparos, S (2018)

L’homme cognitif, Weil-Barais, A. et coll (1993)


2

__________________________________________________________________________

SOMMAIRE

__________________________________________________________________________

(I)
3-4
23 janvier
~
Perception visuelle : illusions et perception 3D, pt 1

__________________________________________________________________________

(II)
6 février
5-8
~
Perception visuelle : illusions et perceptions 3D, pt 2

__________________________________________________________________________

(III)
20 février
9 - 14
~
Reconnaissance des objets

__________________________________________________________________________

(IV)
13 mars
15 - 18
~
Reconnaissance des visages

__________________________________________________________________________

(V)
27 mars
19 - 26
~
Grands paradigmes expérimentaux

__________________________________________________________________________
3

Cours N°1
Perception visuelle : illusions et perception 3D, pt 1
input - boîte noire - output

Nos comportements sont “stimulus free” : ce que font les gens dépend de ce qu’ils croient, désirent, et de la
manière dont ils interprètent les paroles, les objets ou encore l’environnement.

On ne peut pas uniquement comprendre le comportement humain à partir des propriétés objectives du monde ;
il faut aussi prendre en compte la manière dont le monde est perçu et représenté dans l’esprit.

input - représentations - output

I - Définition de la psychologie cognitive

Le but de la psychologie cognitive est de comprendre l’acquisition, l’organisation et l’utilisation de nos


connaissances. Elle repose sur un modèle de traitement de l’information : la perception peut se décomposer en
plusieurs étapes, chacune correspondant à une opération de traitement spécifique.
 Ex avec le chihuahau <3

La cognition est mobilisée dans de nombreuses activités (Lemaire (1999)

o Les sensations
o La perception (des objets, des formes, des couleurs)
o Mémoire
o Le raisonnement et la résolution de problèmes
o Le langage et la compréhension
o L’attention

II - Le système visuel

Cornée : par lequel la lumière passe.


Pathologie -> Catarax (épaississement de la cornée, ou
alors une membrane se met sur l’oeil)

Pupille : se dilate en fonction de la lumière


-> les émotions influencent le diamètre de la pupille
Enregistrement de la dilatation des pupilles pour
découvrir les gagnants

Cristalin : avec l’astigmatie et la myopie, il fonctionne


moins bien et perd en élasticité

Rétine : Dégénérescence maculaire : c’est une perte de


la rétine irréversible

Cristalin
4

III - La rétine

La rétine capte la lumière !

Elle est composée de photorécepteurs

La lumière traverse l’oeil jusqu’à la rétine.


Là, elle stimule les cellules en profondeur :

les cônes
les bâtonnets

Ces cellules sont dites “sensorielles”

Elles émettent un signal nerveux qui


est transmis de cellules en cellules
jusqu’au nerf optique.

Le nerf optique transforme les


informations en informations nerveuses.

C’est un petit fil.

Nerf optique : point aveugle

Nous sommes des prédateurs car nous avons une petite vision centrale et une grande vision périphérique.
-> à l’inverse, les mouches et les chevaux sont capables de voir derrière eux, car ce sont des proies.

IV - De l’oeil au cortex visuel

Dans le cerveau, les deux nerfs optiques se rejoignent au niveau du chiasma optique.

Là, les fibres provenant du côté gauche de chaque œil partent vers le corps genouillé latéral gauche.
Inversement, les fibres provenant du côté droit de chaque œil partent vers le corp genouillé latéral droit.

La partie gauche de l’oeil se projette à gauche, et la partie


droite se projette à droite.

Mais, la partie gauche de l’oeil reçoit les informations de


l’hémichamp droit, puisqu’il y a un prisme qui inverse.

Hémichamp : désigne la partie d'un espace perceptif


correspondant au champ récepteur d'un organe latéralisé.

Eminégligence : anomalie due à une lésion de l’un des


hémisphères cérébraux et qui conduit la personne atteinte
à négliger, “oublier” la moitié de l’espace qui l’entoure.
Ex : s’habiller à moitié, faire des tartes à moitié

Ça projette aussi sur la partie gauche ou droite du cerveau.

Le lobe qui est à gauche reçoit les informations de la partie


droite de mon environnement (photo en annexe 1)
5

Cours N°2
Perception visuelle : illusions et perception 3D, pt 2

I - De l’oeil au cortex visuel

Les informations sont ensuite transmises vers le cortex visuel composé de différentes aires :

- Le cortex visuel primaire V1 (qui récupère l’info),

- Le cortex visuel V2 (textures, couleurs)

- Les aires V3 et V4 (forme)

- Et la V5 (mouvement)

-> Création d’une image précise et nette.

II - Incertitude et ambiguïté du monde

Notre vision du monde est incertaine : les sources principales d’ambigüité sont

- Le manque d’information sur l’image qui se forme dans notre rétine

- Le manque d’information est en partie dû au fait que l’image qui se forme sur notre rétine est en 2D
(largeur, hauteur), alors que le monde réel est en 3D (largeur, hauteur, profondeur)

Pourquoi privilégions-nous l’image d’un cube en 3D ?

Le cube est une figure géométrique simple, la plus simple pour notre système
visuel qui privilégie dans le monde toutes les représentations les plus simples
(Sinha et Adelson, 1993)

Notre cerveau a plusieurs façons d’interpréter le monde grâce à ses divers outils, qu’on appelle “redondances”.
Un autre moyen pour notre cerveau de compenser l’ambigüité d’une image est de s’appuyer sur l’organisation
de l’environnement, en particulier le fait qu’il y a beaucoup de redondances dans l’information à traiter
(Barlow, 1961).

Par exemple, notre langage est redondant : beaucoup de mots ont une orthographe qui nous permet de les
identifier après seulement quelques lettres.

III - Les illusions visuelles

Une illusion visuelle est la dissociation entre la réalité physique et la perception subjective d’un objet ou d’un
évènement. Avec l’illusion visuelle, nous percevons quelque-chose qui n’existe pas, ou ne voyons pas
quelque-chose qui est présent.

De nombreux facteurs, dont le contraste, les couleurs, les ombres et le mouvement des yeux créent des effets
qui influencent ce que nous “voyons”.
6

3 grandes catégories d’illusions

Kitaoka
1 - Illusion du mouvement

Motifs statistiques provoquant une illusion du


mouvement (créée par A. Kitaoka, professeur de
psychologie à l’Université de Tokyo).

Les “serpents” donnent l’impression de tourner, alors


que seuls nos yeux bougent.

SI l’on fixe notre regard sur l’un des points noirs présents
au centre de chaque serpent, le mouvement ralentit puis
s’arrête.

Ce qu’il se passe

Les mouvements oculaires sont nécessaires pour que cette illusion fonctionne. Ces mouvements oculaires
activent les mêmes régions cérébrales que celles impliquées dans la perception d’un mouvement réel.

Explication

Les différences de luminosité sur les bords de l’image peuvent “tromper” les neurones qui détectent le
mouvement et le contraste, et ainsi les activer artificiellement.
-> C’est la configuration du contraste entre le bord et le centre de chaque serpent qui piège le système visuel
en lui faisant croire qu’il y a du mouvement là où il n’y en a pas.

Adelson
2 - illusion de contraste

Ce “piège” visuel résulte du fait que le cerveau ne perçoit pas directement les
couleurs et la luminosité des objets, mais les compare à celles des éléments
qui les entourent.

Ici, le carré du haut apparaît plus foncé car il est entouré d’un fond clair, et
inversement pour le carré du bas.

Explication
La perception visuelle élémentaire :

- Ne concerne pas la simple présence / absence d’une lumière diffuse et uniforme


- La présence de plusieurs régions dans l’espace avec des luminances différentes (des contrastes de
lumière)

Le cerveau possède une grande aptitude à détecter les contrastes de luminance.


Phénomène de “renforcement des contrastes” : la différence est en quelque sorte accentuée avec un contraste
subjectif plus important que le contraste physique réel, d’où l’illusion.
7

Gregory
3 - illusion de distorsion de forme

L’effet de distorsion est dû au positionnement des carrés


noirs et blancs, légèrement décalés d’une ligne à l’autre.

De plus, chaque carré est entouré d’une légère bordure


grise, intermédiaire entre le gris et le noir.

Explication

Des neurones différents réagissent aux différentes teintes (blanc, noir, gris), de sorte que le gris ait l’air plus
clair à côté des carrés sombres, et plus foncé à côté des carrés clairs.

Le cerveau interprète donc cela comme une ligne irrégulière.

IV - La perception de la 3D

Les images rétiniennes sont en 2D, c’est donc au cerveau de “reconstruire” la 3D, et ce à partir de différents
indices. Il existe des indices :

Monoculaires Binoculaires

-> c’est la plupart de notre vision -> ils nécessitent les deux yeux
3D, et si l’on perd un oeil, on simultanément
voit toujours

-> ils font intervenir


indifférement l’oeil G ou l’oeil D

-> ils sont parfois appelés


indices picturaux

(a) - Les indices monoculaires


8

1 - l’occultation

o Les objets situés devant masquent ceux qui sont derrière.


- ex avec les grottes de Lascaux

2 - la perspective

o Point de fuite : des lignes parallèles vues en profondeur se rejoignent au même point
o Taille apparente : des objets de même taille réelle ont des images d’autant plus petites qu’ils
sont éloignés
o Écart à la ligne d’horizon : plus les objets sont éloignés de l’observateur, plus leur image est
proche de la ligne horizontale représentant l’horizon
o Gradient de texture : l’image d’une texture est d’autant plus resserrée que la texture est
éloignée de l’observateur

3 - ombres et lumières

o La position d’une ombre par rapport à l’objet qui en est la cause indique la forme de l’objet.
Pour percevoir les ombres, le système visuel infère la position de la source lumineuse.

4 - parallaxe du mouvement

o Lorsqu’on se déplace transversalement, les positions apparentes des objets se modifient.


Certains objets sont démasqués et d’autres vont être cachés.

5 - l’accommodation

o Si les objets sont rapprochés, la lentille de l’oeil (le cristallin) va se bomber automatiquement
pour maintenir la netteté de l’image sur la rétine. La contraction des muscles qui commandent
le cristallin est un indice de la distance de l’objet.

(b) - les indices binoculaires

 La convergence des yeux


-> pour observer un objet rapproché, les axes visuels des 2 yeux convergent vers cet objet.

Mécanisme de convergence

Stéréopsie : les petites différences entre l’image vue par l’oeil gauche et par l’oeil droit, qui sont espacés de
quelques centimètres, permettent d’apporter du relief à l’image : c’est la vision stéréoscopique.
9

Cours N°3
Reconnaissance des objets

3 niveaux de reconnaissance (C. Bonnet)

Reconnaître un objet, c’est l’identifier, discriminer ses caractéristiques spécifiques, le rattacher à une catégorie
d’objets, et pouvoir le nommer.

Niveau sensoriel Niveau perceptif Niveau cognitif

Hautes/basses fréquences Figure/fond Représentation/signification

Reconnaissance de
l’objet

I - Niveau sensoriel : hautes/basses fréquences, analyse locale/globale

Le système visuel possède des “filtres” pour décoder une image. L’analyse d’une scène visuelle peut se faire à
différentes échelles de résolution spatiale.

Fréquences spatiales élevées : image précise -> analyse locale


Fréquences spatiales basses : image floue -> analyse globale

Analyse globale / locale d’une scène


10

Image de haute fréquence = analyse locale Image de basse fréquence = analyse globale
(ce que voient majoritairement les cônes) (ce que voient majoritairement les bâtonnets)

C’est donc l’intégration de toute la gamme des fréquences spatiales perçues qui nous permet de distinguer une
image complète, nette.

Mais chaque individu possède sa propre capacité à reconnaître les images, soit grâce aux données globales
(basses fréquences = l’ensemble de la figure), soit aux données locales (hautes fréquences = les détails, par ex :
les angles, les contours) d’une figure.

Les figures de Navon (1977)

Les participants sont plus rapides à traiter la forme globale que locale.

II - La théorie de la Gestalt

“Le tout est différent de la somme des parties”

L’individu structure et organise lui-même son environnement, de sorte que la perception ne peut plus se
rapporter à une somme des sensations élémentaires.

Forme : organisation structurale définie à partir des éléments de l’image et de leurs relations

Objet : se définit par rapport à sa fonction et donc dépendant de nos connaissances antérieures

Les psychologues Gestaltistes ont élaboré un certain nombre de lois qui expliquent la façon dont on se
représente le monde.

 Les 5 Lois de ségrégation figure/fond (ou Lois de Rubin)


 6 Lois de l’organisation perceptive : regroupe les règles qui “imposent” de percevoir les éléments
comme un tout/comme une forme

(a) - Loi de la ségrégation figure / fond

Désigne le fait de regrouper plusieurs éléments en une unité plus grande qui existe en soi. C’est ce qui permet
de donner du sens à l’environnement. Pour ce faire, il faut être capable de ségréger la figure du fond.
11

Le vase de Rubin (1915)

Il est un bon exemple de la C’est une figure réversible (on peut


ségrégation figure/fond. passer d’une interprétation à l’autre,
mais jamais avoir les 2 en même temps)

Rubin a décrit plusieurs caractéristiques du stimulus pouvant influencer la ségrégation figure/fond :

La symétrie L’orientation

un élément symétrique est perçu les orientations verticales et horizontales


comme une figure sont perçues comme figure

La taille

un élément petit est perçu comme figure

La convexité La signification de l’image

une figure est + souvent complexe qu’un fond une figure représente quelque-chose
12

(b) - Lois de l’organisation perceptive

La loi de la bonne forme

Loi principale dont les 6 autres découlent : les éléments visuels tendent à être perçus d’abord
(automatiquement) comme une forme qui se veut simple, symétrique, stable, en somme une bonne forme.

Loi de proximité Loi de la similitude

des éléments proches dans l’espace des éléments identiques sont regroupés
sont regroupés en un percept commun en un percept commun

Loi de continuité Loi de la fermeture (ou clôture)

les éléments sont identifiés de façon à une forme fermée est plus facilement perçue
présenter le moins de points anguleux qu’une forme ouverte

Loi du destin commun Loi de la signification (ou de la similarité)

des éléments qui se déplacent dans un les éléments sont regroupés pour
mouvement commun sont regroupés constituer les formes qui semblent les
en un percept commun plus familières ou significatives

III - Catégorisation et reconnaissance

(a) - Reconnaissance des formes

Nous sommes capables de reconnaître une multitude de formes, très facilement, sans effort, même lorsque ces
formes sont...

- Incomplètes
- Partiellement cachées
- Sous des angles de vue divers
- Avec peu de luminosité

Reconnaître = donner un nom, un sens, à une forme. C’est-à-dire décider qu’un objet appartient à une catégorie
sémantique donnée.
13

(b) - Concept et catégorie

Concept : représentation mentale générale, abstraite, d’une catégorie. C’est une unité conceptuelle
fondamentale qui ne représente pas d’objet en particulier. Elle permet de catégoriser des objets.

Catégorie : toutes les unités, tous les exemplaires du monde réel reliés à un concept.

Exemples

Le concept d’habitat (abstrait) La catégorie “habitat”

= endroit où l’on vit, où l’on est protégé du = maison, appartement, niche, terrier...
monde extérieur, avec des murs, un toit, qui tous les exemplaires qui répondent à
nous tient chaud en hiver, etc.... la définition dans le monde réel.

(c) - Pourquoi catégoriser ?

Parce-que cela réduit la complexité de notre environnement :

 En facilitant l’identification
-> il n’est pas nécessaire d’utiliser un mot différent pour chaque nouvel objet.
 En facilitant l’organisation des informations
-> cela facilite la mémorisation et le raisonnement, notamment en permettant le groupement des informations.
 En simplifiant les attentes, comportements et prédictions
-> on peut inférer les caractéristiques du nouvel objet à l’aide des caractéristiques de la catégorie.

Cela permet une simplification des attentes et une sélection des comportements appropriés = augmentation
de la performance dans la majorité des situations (ex. réponse de fuite devant un prédateur).

En somme, cela offre une réduction de la complexité du monde et une augmentation de notre efficacité lors de
nos interactions avec ce qui nous entoure.

III - La reconnaissance

Comment nous reconnaissons-nous ?


Il existe plusieurs théories :

1 - La théorie d’ajustement au gabarit


2 - La théorie du prototype
3 - La théorie des Géons

(a) - Théorie d’ajustement au gabarit

Le gabarit désigne la forme globale de l’objet.


Comparaison du stimulus entrant avec des codes en mémoire appelés gabarits : une comparaison s’effectue
avec des gabarits jusqu’à ce que le plus proche soit trouvé : ce processus de reconnaissance est un processus de
comparaison. L’identification résulte d’une bonne superposition entre l’image de l’objet et un gabarit en
mémoire.

La reconnaissance de l’objet consiste à comparer le nouvel objet avec un certain nombre d’exemplaires (réels)
en mémoire.
14

Il existe deux principales critiques à l’encontre de cette théorie

La première estime que ce système est très inflexible : son bon fonctionnement suppose que l’on ait en mémoire
tous les gabarits que nous sommes susceptibles de rencontrer.

La seconde le qualifie “d’inefficace” : combien de comparaisons sont nécessaires avant que le bon gabarit ne soit
trouvé ?

-> ce n’est probablement pas le système utilisé en priorité par le système cognitif.

(b) - Prototype

Le prototype est la “moyenne” des membres de la catégorie : c’est une représentation abstraite, inexistante.
Il se développe avec l’exposition aux objets de la catégorie. La catégorie procède par la comparaison du nouvel
objet avec un prototype : si la similarité entre le nouvel objet et le prototype dépasse un certain seuil, l’objet
est reconnu comme faisant partie de la catégorie.

C’est un modèle défendu par plusieurs auteurs comme Eleanor Rosh ou Michael Posner, et qui cumule de
nombreuses preuves empiriques.

(c) - Les géons de Biederman

Ils sont relatifs à la reconnaissance par composants distinctifs.

La théorie des géons stipule que les attributs élémentaires visuels sont regroupés en composantes élémentaires
3D, les géons. À partir d’un nombre fini de géons (36), il serait possible de représenter n’importe quel objet de
l’environnement.

En somme, il est possible que le système cognitif utilise une ou plusieurs


de ces stratégies, selon les conditions et les situations.
15

Cours N°4
Reconnaissance des visages

I - Une caractéristique de la perception : l’attention

Facteurs externes qui attirent notre attention :

 Intensité (par exemple, la pollution lumineuse des magasins en ville : + l’objet est intense, + on le perçoit)
 Couleur (le rouge et les couleurs chaudes attirent + notre attention)
 Taille (un panneau de grande taille intéresserait + notre oeil)
 Contraste (+ l’objet est contrasté, + on le perçoit)
 Nouveauté (un objet nouveau nous interpellera plus, comme avec les vêtements et leurs nouvelles
collections)
 Répétition (on peut parler de la musique, et du fait qu’elle est souvent de plus en plus agréable et
plaisante avec le nombre d’écoute croissant)
 Mouvement (s’il est en mouvement, on le perçoit mieux, par exemple avec les publicités en vidéo)
 Ambiguïté (+ un objet est nouveau, complexe et ambigu, + il attirera notre attention)
 Position sociale (quelqu’un avec une position sociale élevée est mieux perçu, ont tient + compte de ce
qu’il dit)

Facteurs internes qui attirent notre attention :

 Les expériences et la connaissance (par exemple, savoir reconnaître et identifier un type de plante,
d’insecte, ou alors l’expérience motrice liée à un sport)
 Les attentes (comme avec le test Pigmalion, qui crée un cercle vertueux de comportements positifs et
bienveillants envers autrui, et avant tout, envers soi-même. La constante macabre est également un bon
exemple.)
 La motivation (+ on est motivés, + on perçoit un objet)
 Les sentiments
 La culture (en fonction de notre culture (occidentale versus tribus non occidentalisées d’Amérique du Sud,
certaines illusions d’optique ne sont pas perçues ; donc, la culture influence notre perception)

II - Analyse méthodologique

Variable dépendante : variable mesurée.


-> temps de réaction, moyenne, nombre de mots, réponses fausses...

Variable indépendante : variable manipulée.


-> celle dont l’effet nous intéresse. Plusieurs modalités sont comparées entre elles.

Hypothèse : prédiction d’un lien entre deux variables : effets de la VI sur la VD. La valeur de la VD sera différente
en fonction des modalités de la VI.

III - Paradigme expérimental : l’illusion des visages composites

Lorsque les deux parties de visages sont alignées, les parties supérieures apparaissent différentes alors qu’elles
sont toutes identiques. L’illusion perceptive disparait lorsqu’on décale les moitiés supérieures et inférieures ou
lorsque les visages sont présentés à l’envers.

(a) - P. Thompson (1980)

Il voulait tester si les yeux et la bouche sont des indices importants pour déterminer l’expression d’un visage.
Deux visages à l’envers : yeux et bouches à l’endroit ou à l’envers (VI).
16

-> L’expression change-t-elle ?


-> Le visage est-il traité comme la somme des parties ou comme un tout ?
-> Traitement local (analytique) ou global (holistique) ?

(b) - Un traitement global des visages

Théorie de la Gestalt : le tout est différent de la somme des parties


Les visages sont une bonne illustration de la théorie de la Gestalt.

Visage à l’endroit
-> traité de façon configurale, comme un tout, de façon automatique et difficilement répressible

Visage à l’envers
-> le traitement analytique est facilité au détriment du traitement global
-> l’attention peut être portée sur une seule partie

Petite expérience

Consigne
“Vous allez voir simultanément deux visages à l’écran. Il s’agit de visages composites, créées artificiellement en
prenant le haut du visage d’une personne et le bas du visage d’une autre personne. Votre tâche consiste à dire si
oui ou non les deux parties du haut des visages (front) sont identiques (peut importe le bas - menton). Vous
écrirez donc oui ou non en regard de chaque numéro sur votre feuille de réponse. Attention, les visages
n’apparaissent qu’une seconde”

Étude sur la reconnaissance des visages

Résultats personnels : 5 à l’envers, 8 à l’endroit


Résultats globaux : moyenne de reconnaissance 4,77 à l’envers, 7,09 à l’endroit
17

Variable mesurée
Nombre de visages reconnus correctement comme étant identiques

Variable manipulée
Le sens de présentation du visage

Hypothèse opérationnelle
Le nombre de bonnes réponses au test est plus élevé lorsque les visages
sont présentés à l’envers plutôt qu’à l’endroit.

5 7,09
VD
4
nombre de visages
reconnus comme 3 4,77
étant identiques
correctement 2

VI Visages à l’endroit Visages à l’envers

Moyenne des résultats à l’étude de reconnaissance des visages en fonction du sens de présentation

Résultats globaux : moyennes des bonnes réponses au test de reconnaissance des visages : 4,77 lorsqu’ils sont
présentés à l’envers, 7,09 à l’endroit

Correction

En moyenne, le nombre de réponses


correctes à la tâche de jugement de
similarité des hauts de visages est moins
élevé lorsque les visages sont présentés à
l’endroit qu’à l’envers.

-> L’hypothèse est confirmée


18

(c) - Modèle de Bruce et Young (1986)

Ce modèle fonctionnel est séquentiel, dérivé de la reconnaissance des formes et des mots.

Encodage structural
(analyse perceptive),
propriétés invariantes

Unité de reconnaissance
des visages / comparaisons
Catégorisation
connu / inconnu
Représentations sémantiques
spécifiques de l’identité
“Nœuds sur l’identité”

“Lou-Ann”
Code du nom

IV - Le cas de la prosopagnosie

(a) - La prosopagnosie aperceptive

La prosopagnosie aperceptive est un trouble du traitement du visage qui résulte en l’incapacité à reconnaître
l’objet visage. Le percept du visage ne peut être produit.

Un patient peut déclarer, par exemple, que tous les visages ressemblent à des ovales blancs et plats avec des
yeux sombres. Il est incapable de déterminer le sexe, l’âge ou l’identité de la personne.

C’est un déficit de l’encodage structural des visages.

(b) - La prosopagnosie associative

La prosopagnosie associative est un trouble du traitement du visage qui résulte en l’incapacité à reconnaître les
visages familiers (de gens célèbres, des amis, de la famille, voire son propre reflet).

Ces patients savent quand ils sont entrain de regarder un visage, mais ne savent pas à qui il appartient, et, pour
identifier la personne, ils doivent utiliser d’autres indices tels que la voix, la silhouette, les vêtements..

Elle toucherait 2% de la population dans ses formes les moins graves.


Elle est généralement associée à un daltonisme et à des déficits du champ visuel, mais ceux-ci ne sont pas
responsables de la prosopagnosie.

La reconnaissance des autres objets n’est pas toujours affectée : la prosopagnosie correspond à un trouble de la
représentation des identités, et serait liée à une lésion du gyrus fusiforme.
19

Cours N°5
Grands paradigmes expérimentaux

I - La méthode OHERIC

Observer des faits et formuler une question

Formuler une hypothèse pouvant répondre à la question

Mettre en place une expérience pour répondre à la question

Analyser les données et dégager un résultat

Interpréter le résultat afin de valider ou invalider l’hypothèse

Formuler un retour sur l’ensemble de la démarche

(a) - John Ridley Stroop (1897 - 1973)

Après l’obtention de son doctorat au George Peabody College, il délaisse la psychologie pour devenir professeur
en études bibliques. Presque 100 ans plus tard, son travail de thèse a une influence retentissante en psychologie
cognitive. L’effet Stroop est massivement utilisé et étudié en psychologie cognitive.

(b) - Article original (1935)

Observation

Observation de l’époque : nommer une couleur prend plus de temps que lire le nom d’une couleur.

Mais que se passe-t-il si on présente les 2 types d’information simultanément ?

Hypothèse

H1 : On devrait observer des phénomènes d’interférence (comme un accroissement des temps de réactions par
rapport à des stimuli qui ne combinent pas ces deux informations)
(THEORIQUES)
H2 : Un entraînement à se focaliser sur l’information pertinente pourrait permettre de diminuer ces effets
d’interférence (mise en place d’un processus d’inhibition)

Expérience 1

Lisez le plus rapidement possible le mot.


VI = couleur du mot (présente vs absente)
20

Résultat

Il n’y a pas d’effet de la couleur.

Expérience 2

Nommez le plus rapidement possible la couleur de l’objet.


VI = catégorie de stimuli (forme vs mot)

Résultat

Résultats de l’expérience 2 : sur 100 essais au total, il faut 47 secondes de plus (en temps cumulé) pour nommer
les couleurs de mots sur les couleurs des formes (soit 74,3%).

Qualitatif = histogramme
Quantitatif = courbe

Interprétation/Conclusion

Extraits de la discussion :

“ Les associations qui sont formées au cours du développement entre les mots et la réponse de lecture sont plus
efficaces que celles formées entre les stimuli de couleur et la réponse de dénomination.”

“Ces associations étant le produit d’un entraînement, il est raisonnable de conclure que la différence de vitesse à
lire des noms de couleurs et à nommer des couleurs s’explique par la différence d’entrainement dans les deux
activités.”

“Le mot est associé à la réponse spécifique “lire”, tandis que le stimulus de couleur est associé à diverses
réponses : “admirer”, “nommer”, “atteindre”, “éviter”, etc.”

“Ce nouveau protocole de recherche ouvre une voie pour étudier les effets d’interférence et d’inhibition”.

(c) - De nos jours : le test Stroop

Le tests Stroop est un test neuropsychologique des capacités d’inhibition pour les adultes.
Il est utilisé pour évaluer l’attention sélective (capacité de sélection d’informations pertinentes en présence de
distracteurs chez l’enfant et l’adolescent de 8 à 15 ans).
21

Versions développées pour tester les capacités d’inhibition de l’enfant

Quelle est la couleur réelle du fruit ? À quel animal appartient le corps ?

(présentation prototypique)

Le Stroop émotionnel en recherche fondamentale

Quelle est la couleur du mot ? Le mot est-il positif ou négatif ?

Autres types d’effet Stroop

Quel est le chiffre le plus élevé ? Quel est l’animal le plus grand ?

Pour l’animal, on voit d’abord l’image avant de penser au prototype que l’on connaît.

II - La recherche visuelle (et l’effet pop-out)

(a) - Modèle attentionnel de Treisman

Niveau pré-attentif Traitement focalisé

Fonctionnement en parallèle Fonctionnement en séquentiel


Ne consomme pas de ressources Consomme beaucoup de ressources
attentionnelles attentionnelles
Difficile à interrompre Facilement interrompu
Peut être exécuté simultanément Ne peut pas être exécuté simultanément
avec une activité contrôlée avec une autre activité contrôlée
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(b) - Modèle d’intégration des traits : Treisman et Gelade (1980)

Condition disjonction Condition conjonction

La cible est définie par une seule propriété La cible est définie par une combinaison
élémentaire sur une seule dimension de 2 propriétés élémentaires, 2 dimensions
différentes

Résultats

Exemple
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III - Le paradigme d’orientation attentionnelle (de Posner)

(a) - Modèle de Posner (1980)

Attention exogène Attention endogène

Préparer l’organisme à réagir à Rôle Identifier la nature de


une information nouvelle l’événement détecté

Automatique Contrôlé
Difficilement inhibée Caractéristiques Peut être interrompue
Brève Dure plus longtemps

Il faut comparer les résultats valides Aux résultats neutres !


et invalides....

(b) - Les indices sociaux

L’attention conjointe : elle se développe vers l’âge de 6 mois et serait un processus de base de
l’acquisition de la théorie de l’esprit (Baron Cohen, 1994)

Le pointage : le suivi du pointage du doigt apparaît vers l’âge de 1 an et aurait un rôle fondamental
dans l’acquisition du vocabulaire (Bruner, 1983)

L’indiçage spatial provoqué par les indices sociaux serait aussi difficile à inhiber que celui provoqué
par un indice exogène (Frischen et al., 2007).
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(b) - Indiçage spatial chez les enfants avec TDAH (Marotta et al., 2010)

IV - L’écoute dichotique

(a) - Le paradigme d’écoute dichotique (Cherry, 1953)

L’écoute dichotique est utilisé dans le cadre des études sur la perception auditive, l’attention, le langage.
Elle consiste à placer un participant en situation d’écoute au moyen d’un casque stéréo dans lequel on diffuse
des signaux sonores qui peuvent être différents d’une oreille à l’autre.

Comment comprend-on ce que dit une personne lorsqu’une autre parle en même temps ?

 Différentes voix ?
 Gestuelles ?
 Différentes intonations ?
 Différents accents ?
 Probabilité de transition (sujet, dynamique, syntaxe ?)

Grâce au paradigme d’écoute dichotique, il est possible d’éliminer tous les facteurs, sauf le dernier.

(b) - L’effet Cocktail Party (John Cherry, 1953)

Capacité à diriger son attention pour suivre un discours ou une conversation dans une ambiance bruyante, par
exemple lors d’une réception ou d’un cocktail, tout en restant conscient des autres signaux sonores.

L’attention est un filtre qui permet au système de sélectionner l’information pertinente (cible) parmi des
informations non pertinentes (distracteurs).
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(c) - Sélection hâtive ou tardive ?

-> Cette question a été initialement testée avec la tâche d’écoute


dichotique :

Le participant doit répéter le message qu’il entend dans une


oreille et ignorer le message qui est présenté dans l’autre oreille.

Le test du filtrage permet de vérifier ce que le participant sait du


contenu de l’oreille à ignorer.

Que sait le participant sur le message


bloqué par le filtre ?

-> Le participant détecte le changement


dans le genre au niveau de la voix.

-> Mais il ne détecte pas un changement


dans la langue du message (analyse
sémantique), et ne peut pas identifier les
mots du message ignoré, même s’il y
avait répétition 35 fois du même mot.

V - Résumé - sélection

La sélectivité est un besoin.

La tâche d’écoute dichotique est une méthode qui permet d’étudier quelle information est sélectionnée.
Les résultats des premières études ont démontré une sélection hâtive, sur la base des caractéristiques physique
de l’information.

(a) - Théorie du filtre de Broadbent (1954)


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Nous avons accès en parallèle au registre sensoriel.


Le filtre est sur la base des caractéristiques physiques.
Balancer le clapet requiert temps et effort.

(b) - Limites de la sélection hâtive

Mais, plusieurs travaux montrent que certaines informations dans le message non sélectionné peuvent être
reconnues.

Pour l’effet Cocktail party, certains stimuli peuvent être traités en dépit du fait que l’on doit prêter attention à
une autre conversation.

Notre attention peut même être involontairement capturée par des stimuli négatifs (ex : notre nom) présents
dans le fond sonore.

Von Wright et al. (1975)


Étape 1 de conditionnement : quand un mot est présenté, un choc électrique l’accompagne
Étape 2 : une fois reconditionné, le participant anticipe le choc dès qu’il entend le mot (réponse galvanique)
Étape 3 : dans une tâche d’écoute dichotique, la réponse conditionnée est observée même quand le mot est
présenté à l’oreille à laquelle le participant ne porte pas attention.

Treisman (1964) : “l’effet breakthrough” est obtenu quand la filature du message passe d’un canal à l’autre
(souvent relié au contexte sémantique).

(c) - Modèle de l’atténuation (Treisman)

L’input non sélectionné n’est pas complètement rejeté, il est atténué.


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Points intéressants à retenir :

 La boîte noire
 La constante macabre
 Cognition incarnée
 Enaction
 Le système visuel (schéma)
 La rétine (schéma)
 De l’oeil au cortex visuel
 Loi de la ségrégation des objets
 Loi de la bonne forme
 Les indices monoculaires
 Les indices binoculaires
 La gestalt théorie
 Les 5 Lois de ségrégation figure/fond
 6 Lois de l’organisation perceptive
 Théorie d’ajustement au gabarit
 Prototypes
 Les géons de Birderman
 Théorie de l’esprit
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