Emploi des jeunes et entrepreneuriat en RDC
Emploi des jeunes et entrepreneuriat en RDC
DE LA FRANCOPHONIE ÉCONOMIQUE
DROFE
DROFE no.7
Claude SUMATA
Professeur, Faculté des sciences économiques et de gestion
Université Pédagogique Nationale
Kinshasa/RD Congo
AVRIL 2020
Observatoire de la Francophonie économique de l’Université de
Montréal
L’OFE est constitué d’un réseau d’experts et d’expertes universitaires répartis dans
plusieurs pays francophones et ambitionne de devenir un centre de calibre international
d’études, de recherche et d’activités de liaison et de transfert sur la Francophonie
économique.
DROFE no.7
Claude Sumata
Professeur, Faculté des sciences économiques et de gestion
Université Pédagogique Nationale
Kinshasa/RD Congo
[email protected]
Avril 2020
Résumé :
L’objectif de cette étude est d’analyser l’évolution récente de l’emploi des jeunes en RDC en
valorisant le recours à l’entrepreneuriat comme une voie de sortie face à la prolifération du
chômage. L’emploi des jeunes ne constitue pas un enjeu unidimensionnel. L’analyse des
déterminants du marché du travail congolais est nécessaire pour déceler ses faiblesses et
favoriser les initiatives des jeunes dans le secteur privé. L’inadéquation du système éducatif,
l’ampleur du secteur informel et les contraintes de l’environnement macroéconomique
demeurent des défis à relever. Nous avons utilisé la modélisation économétrique pour appuyer
notre argumentation. Les causes du chômage des jeunes et du faible taux d’initiative de
création d’entreprises sont multiples. La mise en place d’une politique d’emploi
multidimensionnelle de la part du gouvernement central et des organismes internationaux
s’impose. L’amélioration consécutive du climat des affaires reste un facteur déterminant pour
favoriser l’attractivité et l’implantation des investissements étrangers en RDC. L’écart entre la
qualité de main-d’œuvre demandée par les firmes et la qualité de main-d’œuvre offerte par les
jeunes demandeurs d’emploi doit être résorbé. Aussi, dans ce cadre de la création des PME, le
microcrédit peut être une source de financement pour les jeunes start-ups.
L’auteur tient à remercier Dieumerci Zumbu et Fiston Shindano ainsi que les deux lecteurs
anonymes pour leurs contributions. Les idées exprimées dans ce rapport sont celles de l’auteur
et ne reflètent pas nécessairement celles de l’OFE ou de ses partenaires. Les erreurs et lacunes
subsistantes de même que les omissions relèvent de la seule responsabilité de l’auteur.
Observatoire de la Francophonie économique DROFE no. 7
Introduction
Les analystes sont de plus en plus confrontés à l’appréhension d’une problématique singulière
liée à la dynamique économique de nations, celle de la circonscription du bien-être collectif
face à la performance économique. Cette préoccupation suppose la prise en compte de l’équité
dans la distribution de fruits de croissance entre individus du même pays mais aussi entre
générations. D’où la nécessité d’aborder la question de l’emploi de jeunes dans le cadre du
ruissellement de la croissance.
Le secteur privé formel de l’économie de la RDC est relativement limité. En dehors des
entreprises publiques, il est principalement constitué e petites et moyennes entreprises
congolaises et d’un petit nombre de grandes entreprises appartenant à des groupes étrangers.
Plusieurs de ces grandes entreprises sont actives dans le secteur minier et des
télécommunications. Le mauvais climat des affaires a empêché le secteur privé de créer des
emplois. Les obstacles à la création d’emplois incluent des infrastructures et des services
publics insuffisants, un capital humain et un accès au financement limité, des obstacles
règlementaires, des monopoles d’entreprises, et des incertitudes quant aux droits fonciers
(Herderschee et al., 2012).
Le faible développement du secteur privé formel et le manque de compétences
professionnelles requises limitent des opportunités d’emploi pour les jeunes diplômes. En
effet, moins de cent étudiants sur neuf mille sortant chaque année du système universitaire
parviennent à trouver un travail décent (Sumata, 2014).
Ainsi la promotion de l’entrepreneuriat semble être la solution susceptible de briser le cercle
infernal entre chômage, manque de revenu et pauvreté. En effet, selon la théorie de la
croissance économique, prônée notamment par Schumpeter (1942), Aghion et al. (2004) et
Aghion et al. (2014), l’entrepreneur est l’agent principal dans la dynamique économique. En
effet, il demeure à la base des innovations, sources de croissance économique et
d’opportunités d’emploi pour de nombreux jeunes
Dans ce contexte, la question fondamentale de notre recherche est la suivante : Le recours à
l’entrepreneuriat demeure-t-il une voie de sortie pour l’essor des jeunes face à la prolifération
du chômage ? La réponse à cette question nous permet donc de définir des éléments d’une
politique d’emploi efficace et efficiente, qui par voie de conséquence pourra servir au
gouvernement comme gage d’une stratégie de réduction de chômage de jeunes.
Pour le PNUD (2017), Le marché du travail congolais demeure trop étroit et caractérisé par
des fortes inégalités envers les jeunes, les vulnérables et les femmes. Le taux de sous-emploi
excède les 50%. Et la structure de l’emploi reste dominée par le secteur informel qui
représente plus de 88% du total. Ces données révèlent que la réduction de la pauvreté et
l’amélioration des conditions de vie des congolais nécessite la mise en place d’une politique
économique porteuse de croissance forte, couplée à une politique redistributive satisfaisante
(PNUD-RDC, novembre 2017).
Notre travail sera scindé en trois parties : (i) un aperçu de la situation de l’emploi de jeunes en
RDC, (ii) une analyse économétrique sur les effets conjoints de la promotion de
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Année 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Chômage
5,12 5,06 4,85 4,72 4,90 5,1 5,55 6,55 7,13
de jeunes
Croissance
2,95 5,58 6,74 6,14 5,32 6,26 6,23 2,86 7,11
économique
Année 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Chômage
7,92 8,41 8,30 7,79 7,84 8,09 7,71 7,75 -
de jeunes
Croissance
6,87 7,09 8,48 9,47 6,92 2,40 3,71 1,49 -
économique
Source : Auteur, à partir de données Metadata 2018 de la Banque Mondiale(BM).
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Il est judicieux de mentionner que le principal défi que doit relever le système scolaire
congolais est celui de l’ajustement du niveau d’instruction acquis des apprenants aux moyens
mis en œuvre. Dans ces conditions, le problème majeur consiste à rechercher les voies et
moyens pour mesurer de la qualité de l’apprentissage et des structures mises en place dans
ces conditions. Signalons que les
résultats obtenus lors de l’évaluation du Programme d’analyse des systèmes d’éducation
(PASEC) de 2010 font état de quelques avancées significatives
en RDC par rapport aux autres pays d’Afrique francophone analysés (scores moyens en 5ème
année du primaire de 42,3 et de 45,5 sur 100 en français et mathématiques, contre 41,2 % et
40,7 % pour la moyenne des pays PASEC). Néanmoins, plus de la moitié des élèves de 5 ème
année (53 %) sont considérés en grande difficulté en lecture du français (CEA, 2017).
Tableau 2 : Evolution de dépenses publiques allouées à l’éducation (DPAE) en RDC de
2002 à 2018 (en pourcentage)
Année 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
DPAE 1 ,58 1,58 1,58 1,58 1,58 1,58 1,58 1,58 1,60
Année 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
DPAE 1,58 1,58 2,24 1,58 2,29 1,58 1,58 1,58 -
Source : Auteur, à partir de données Metadata 2018 de la Banque Mondiale (BM).
Le tableau 2 nous renseigne que l’évolution des dépenses publiques allouées à l’éducation est
restée constante, à 1,58 %, de 2002 à 2009. En 2010, elle a légèrement augmenté pour passer
à 1,6% et en 2015, elle atteint son pic de 2,29 % pour retourner à 1,58% les trois dernières
années.
Promotion de L’entrepreneuriat
L’entrepreneuriat contribue à la croissance economique et à la diversification de l’économie.
Il stimule le changement structurel et l’industrialisation qui conduisent au développement
socioéconomique. En créant leurs entreprises et en assurant la promotion de leurs activités, les
entrepreneurs créent des possibilités d’emploi. En RDC, l’esprit d’entreprise se limite
généralement à gagner suffisamment d’argent pour la survie quotidienne plutôt que le
développement d’une entreprise formelle. Ceci ne permet donc pas la création d’opportunités
d’emploi pour les jeunes diplômes.
Tableau 3 : Ratio Entrepreneurs/Population active en RDC (en pourcentage)
Année 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Ratio 1,46 1,45 1,45 1,44 1,51 1,58 1,66 1,73 1,83
Année 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Ratio 1,91 1,99 1,99 1,99 1,98 1,97 1,99 2,00 -
Source : Auteur, à partir de données Metadata 2018 de la Banque Mondiale (BM).
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Il est opportun de signaler que la part des entrepreneurs dans la population active est très
faible. En 2002, les entrepreneurs ne représentaient que 1,46 % de la population active avait
augmenté pour atteindre plus au moins 2% de la population active en 2018 (Tableau 3). Les
obstacles rencontrés par les entreprises d’Afrique subsaharienne pour mobiliser les ressources
et démarrer les activités dans de bonnes conditions demeurent considérables. La
désorganisation du circuit financier moderne et le manque de fonds disponibles obligent. En
RDC, les entrepreneurs font face à plusieurs contraintes d’ordres politique, social et
économique, notamment : la morosité du climat des affaires, la mauvaise gouvernance et
l’accès au crédit.
Les vicissitudes du climat des affaires défavorable
L’instabilité du cadre macroéconomique et la persistance de conflits armés, perturbent
l’initiative de création des entreprises. En effet, pour la plupart des entreprises congolaises ont
pour source d’approvisionnement des ressources financières en provenance de l’étranger.
Dans ce contexte, le manque de devises et la volatilité du taux de change ne permettent pas le
financement des activités dans de bonnes conditions. Par ailleurs les guerres, notamment à
l’Est du pays décourage les investisseurs étrangers à pouvoir financer l’économie congolaise.
La mauvaise gouvernance
Le processus de création d’entreprise implique une coopération accrue entre le secteur
publique et le secteur privé. La mauvaise gouvernance a un impact important sur toutes les
entreprises, mais la nature de l’impact varie selon la taille de l’entreprise. Dans ces conditions,
les petites et moyennes entreprises (PME) doivent payer une part plus importante de leurs
ventes en taxes informelles que les grandes entreprises. Ce fardeau ralentit considérablement
le taux de croissance des petites entreprises. En revanche, les grandes entreprises minières et
de télécommunications doivent faire face aux autorités fiscales et de réglementation d’une
façon bien plus formelle, ce qui augmente également le coût d’entreprendre des affaires en
RDC. Cependant, certaines entreprises ont réussi à faire face à ces défis et ont continué à
prospérer dans ce cadre (Herderschee et al., 2012).
En 2003 le coût de procédures de création d’une entreprise en RDC était de 1486,1% du RNB
par habitant, donc le congolais moyen qui voulait se lancer dans l’entrepreneuriat en 2003
devrait épargner tout son revenu pendant au moins 15 ans. De ce point de vue, le recours à
l’entrepreneuriat demeure une activité périlleuse, d’où le faible taux d’entrepreneurs dans la
population, qui du reste pour la plupart sont des investisseurs étrangers. Cette situation s’est
améliorée en 2014 où le coût de création d’une entreprise était passé à 30 % du RNB par
habitant. En 2017, le coût de création d’une entreprise a évolué à la baisse pour atteindre
28,6%.
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Année 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Coût de
création d’une
entreprise - 1486,1 1229,1 1190 1076,9 871,8 935,4 847,6 735,1
(% du RNB
par habitant)
Durée de
procédures - 166,5 133,5 133,5 133,5 132,5 132,5 126,5 84,5
(en jours)
Année 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Coût de
création d’une 551,4 284,7 200,1 30 29,3 29,3 28,6 - -
entreprise
Durée de
65,5 58,5 31,5 16,5 11,5 11,5 7 - -
procédures
Source : Auteur, à partir de données Metadata 2017 de la Banque Mondiale(BM).
Un autre problème majeur demeure la durée des procédures qui était d’environ 167 jours en
2003 dans la mesure où il fallait remplir au moins 15 procédures administratives. Par contre,
en 2017, cette durée est passée à 7 jours du fait des réformes dans la gestion des
administrations publiques et d’une politique adéquate du gouvernement, afin d’impulser la
création des entreprises.
Accès au financement
Signalons que le nombre d’entreprises ayant accès au financement bancaire demeure infime.
Le système de financement de la RDC semble biaisé du fait de la concomitance du dualisme
financier et de la répression financière. La plupart des entreprises utilisent l’autofinancement
et l’accès au crédit bancaire demeure aléatoire. Cette situation est due dans une certaine
mesure au fait que les unités de production et commerciales à petite échelle œuvrant pour la
plupart des cas dans les circuits informels. En effet, en 2006 par exemple, seulement 3,3%
avaient accès au financement bancaire, en 2009 ce taux est passé à 6,7 % et en 2013, il a
atteint 7,1 %. La finance informelle demeure la majeure source de financement de
l’entrepreneuriat en RDC (Sumata, 1993 et 2004/2005).
En effet, le développement fulgurant des activités informelles et parallèles a entraîné un recul
prépondérant des fonctions régaliennes de l’État. Dans ce contexte, les banques commerciales
et les caisses d’épargne locales ne disposent pas de marges de manœuvre substantielles pour
assurer leurs rôles d’intermédiation financière. Cette situation catastrophique demeure à la
base de l’effet d’éviction dont souffre le secteur privé en ce qui concerne l’allocation des
ressources financières. Il convient de remarquer que les PME/PMI subissent de manière
drastique les effets pervers de cette réalité compte tenu de l’importance accordée aux
entreprises publiques, notamment celles opérant au niveau du secteur minier. Le manque des
ressources financières demeure un problème crucial pour le démarrage des activités des
PME/PMI en Afrique subsaharienne.
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Observatoire de la Francophonie économique DROFE no. 7
Il est judicieux de noter que les séries concernant le Taux de chômage de jeunes, le Ratio du
Nombre d’entrepreneurs, les Dépenses Publiques Allouées à l’Education et le Taux de
croissance économique sont intégrées d’ordre 1 (stationnaire après la première différence), ce
qui rend efficace le test de Cointégration de Engle et Granger et celui de Johansen.
Spécification du Modèle
Nous allons nous inspirer de la méthode d’Okun (1962) qui établit une relation en sens
inverse entre la croissance économique et le chômage. De même, la théorie de destruction
créatrice de Schumpeter (1942) stipule que la création des emplois s’opère sous les effets
directs de l’afflux des entrepreneurs, car la création de nouvelles entreprises implique la
hausse de la demande du travail. Cependant, pour que cette demande soit satisfaisante, il faut
qu’elle rencontre une main d’œuvre disponible et qualifiée. D’où l’importance de la qualité du
système éducatif. Notre modèle est spécifié de la manière suivante :
𝑪𝑯𝑱𝒕 𝜷𝟎 𝜷𝟏 𝑬𝑵𝑻𝑹𝒕 𝜷𝟐 𝐂𝐑𝐄𝐂𝒕 𝜷𝟑 𝑫𝑷𝑨𝑬𝒕 𝜺𝒕
Nous nous intéressons dans le cas de notre analyse à la méthodologie Cointégration Engle et
Granger. Les statistiques utilisées dans le cadre de notre étude proviennent essentiellement de
données Meta data 2018 de la Banque Mondiale (BM). Les variables analysées dans ce
contexte concernent la période allant de 2002 à 2018.
Tableau 6 : Définition des variables et signes attendus
Régression avec le taux de chômage de jeunes endogène
Variables Notations Signes
Ratio du Nombre d’entrepreneurs par ENTR -
rapport à la population active
Dépenses Publiques Allouées à DPAE -
l’Education
Taux de croissance économique CREC -
Note : Tableau réalisé sur base de la théorique et des études empiriques.
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Les résultats empiriques résumés dans le tableau 7 montrent que le modèle est globalement
significatif et le coefficient d’ajustement négatif et significatif au seuil de 5 pourcent. Selon
les résultats à court et long terme, le chômage de jeunes est affecté négativement par la
croissance economique. Par contre, le Ratio du Nombre d’entrepreneurs par rapport à la
population active influence positivement le chômage de jeunes. En rapport avec nos résultats,
les dépenses publiques allouées à l’Education n’affectent pas de manière significative le
chômage de jeunes en RD Congo. Par conséquent, ces résultats suggèrent qu’en RDC pour la
période 2002-2018, la croissance economique, le nombre d’entrepreneurs constituent les
principaux déterminants du chômage de jeunes.
Il est judicieux de noter que les résultats trouvés sont conformes aux travaux de Hann, H.C.
(2006) et Benjamin et Mbaye (2012). Toutefois, ils contrastent avec les résultats de Kankwanda
et al. 2012 ; Herderschee et al., 2012 ; Sumata et Zumbu, (2018), lesquels suggèrent un lien soit
non significatif, soit significativement négatif dans le court et long terme entre le Ratio du
Nombre d’entrepreneurs par rapport à la population active et le chômage de jeunes. En droite
ligne avec le travail de Boudarbat et Ndjaba (2018), nous pouvons remarquer que la croissance
economique influence négativement de manière significative le taux de chômage de jeunes à
court et long terme à cause de la loi d Okun. En effet, l’augmentation de la production
entraîne la hausse de la demande du facteur travail, ce qui se traduit par la baisse de chômage.
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Les résultats des tests permettent de conclure que les erreurs sont homoscédastiques et
normalement distribuées. De même, il y a absence d’autocorrélation et rejet de l’hypothèse
d’omission de variables.
1
Cette période correspond à l’âge d’or des réformes économiques entreprises en RDC compte tenu de la
pérennisation de la croissance à un niveau exceptionnel. Certains analystes parlent même de l’époque des "7
glorieuses".
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Conclusion
La gestion de l’emploi notamment celui des jeunes devrait constituer une préoccupation
majeure des autorités gouvernementales congolaises compte tenu du poids de ces derniers
dans la population active. En effet, le déversement et l’afflux des jeunes sur le marché de
l’emploi s’opère à un rythme vertigineux chaque année sans tenir en compte des besoins réels
des entrepreneurs. En effet, il serait souhaitable d’adapter la demande et l’offre d’emploi afin
de réduire de manière substantielle le chômage en RDC.
De ce point de vue, le système éducatif est censé se restructurer et s’adapter à cette nouvelle
donne. Il s’agit d’assurer la compétitivité des institutions d’enseignement supérieur face aux
défis majeurs auxquels elles sont confrontées. Dans ce contexte, le recours à l’auto-emploi
demeure une voie salutaire du fait du rétrécissement du nombre d’emplois créés sur le marché
du travail. La promotion de l’entrepreneuriat constitue dès lors un passage obligé pour
favoriser l’essor d’une classe moyenne dynamique.
L’entrepreneuriat doit leur permettre de valoriser leurs potentiels dans le cadre des idées
novatrices pour élaborer des projets ambitieux pour la relance des activités économiques en
RDC. Il est opportun de rappeler que les jeunes congolais sont confrontés à l’existence d’un
chômage structurel intense qui, au demeurant, ne favorise pas leur ascension sociale à la fin de
leurs études. Par conséquent, la création d’entreprises constitue une voie de sortie salutaire
face la pérennisation de cette situation dramatique.
Cette stratégie constitue dès lors une initiative louable dans la mesure où l’environnement
économique congolais est caractérisé par l’inexistence d’un tissu d’entrepreneurs congolais
avérés face la concurrence exacerbée des expatriés au niveau des PME/PMI et/ou du « petit
commerce » opérant en violation flagrante de la législation en vigueur en la matière.
Les autorités gouvernementales sont censées favoriser le développement d’une classe
d’entrepreneurs locaux capables de saisir des opportunités d’affaires. Dans ces conditions, il
faut créer un environnement propice à l’entrepreneuriat en investissant dans les équipements
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