Aller au contenu
EVAL
EVAL
MENU
EVAL
Les critères d’évaluation
Un des propos de l’évaluation est d’anticiper, suivre et analyser les effets d’un programme (projet,
mesure, politique publique, etc.) et de porter un jugement. Ce jugement s’articule autour d’une palette
de critères.
Les critères du CAD (Comité d’Aide au Développement de l’OCDE)
Cinq critères (pertinence, efficacité, efficience, impact, pérennité) sélectionnés par le CAD-OCDE se sont
imposés à partir de 1991 comme références dans le domaine de l’évaluation des programmes de
développement. Ces critères sont sources d’inspiration et un point de départ potentiel (parmi d’autres)
pour la formulation des questions évaluatives.
Ces critères ont été revus et intègrent désormais, depuis fin 2019, un 6ème et double critère : la
cohérence (interne et externe).
Sources :
Une application réfléchie des critères d’évaluation, OCDE, juin 2023
Applying Evaluation Criteria Thoughtfully, OECD Publishing, 2021
Des critères améliorés pour des évaluations meilleures, critères d’évaluation révisés et actualisés, réseau
du CAD de l’OCDE sur l’évaluation du développement, 2020
Principes du CAD pour l’évaluation de l’aide au développement et Evaluer la coopération pour le
développement – récapitulatif des normes et standards de référence – Partie 2 pour la version
antérieure.
Six critères de référence pour un cadre d’analyse global
Pertinence
Cohérence
Efficacité
Efficience
Impact
Durabilité (viabilité, pérennité)
Ci-dessous, une brève présentation de ces six critères d’évaluation pour ce premier cadre de référence :
1. La pertinence
Mesure selon laquelle les objectifs de l’action correspondent aux attentes des usagers/bénéficiaires et
aux besoins du territoire. La pertinence concerne la valeur ajoutée du projet. Sa mise en oeuvre est-elle
motivée?
La pertinence d’un projet repose principalement sur la qualité de sa phase de conception. Elle concerne
la mesure dans laquelle les objectifs envisagés par le projet répondent correctement aux problèmes
identifiés ou aux besoins réels. La pertinence doit être évaluée tout au long du cycle du projet.
Dans l’hypothèse où des changements se produiraient tant au niveau des problèmes initialement
identifiés, que du contexte (physique, politique, économique, social, environnemental ou institutionnel),
une mise au point ou une nouvelle orientation devrait être donnée. La pertinence concerne l’adéquation
du projet avec les problèmes à résoudre à divers moments clés : lors de la conception de l’intervention
puis lors de ses évaluations intermédiaires, finale et ex-post.
2. La cohérence
La cohérence externe/complémentarité
A mesurer en lien avec le critère de pertinence. Si le projet répond effectivement à un besoin, combien
de structures sont-elles attelées à y répondre ? Les structures sont-elles complémentaires ou en
situation de concurrence ?
La cohérence interne
Quelle adéquation entre le projet et l’objet de l’organisation qui le porte ? Quelle adéquation entre les
valeurs affichées en externe et le mode de gouvernance effectif, en interne, de la structure ?
3. L’efficacité
L’efficacité décrit la réalisation des objectifs. C’est la comparaison entre les objectifs fixés au départ et
les résultats atteints : d’où l’enjeu d’avoir des objectifs clairs au départ. L’intérêt est de mesurer des
écarts et de pouvoir les analyser.
4. L’efficience
L’efficience concerne l’utilisation rationnelle des moyens à disposition et vise à analyser si les objectifs
ont été atteints à moindre coût (financier, humain et organisationnel).
Le critère d’efficience mesure la relation entre les différentes activités, les ressources disponibles, et les
résultats prévus. Cette mesure doit être quantitative, qualitative et doit également porter sur la gestion
du temps et du budget. La question centrale que pose le critère d’efficience est « le projet a-t-il été mis
en oeuvre de manière optimale ? » Il pose la question de la solution économique la plus avantageuse. Il
s’agit donc de voir si des résultats auraient pu être obtenus par d’autres moyens, à un coût moins élevé
et dans les mêmes délais.
5. L’impact
L’étude de l’impact mesure les retombées de l’action à moyen et long terme, c’est l’appréciation de tous
les effets, du projet sur son environnement, effets aussi bien positifs que négatifs, prévus ou imprévus,
sur le plan économique, social, politique ou écologique. C’est l’ensemble des changements significatifs
et durables dans la vie et l’environnement des personnes et des groupes ayant un lien de causalité
direct ou indirect avec le projet.
L’impact porte sur les relations entre le but (ou l’objectif spécifique) et les objectifs globaux du projet.
En d’autres termes, l’impact mesure si les bénéfices reçus par les destinataires ciblés ont eu un effet
global plus large sur un plus grand nombre de personnes dans le secteur, la région ou le pays dans son
ensemble. Cette analyse devra être aussi bien quantitative que qualitative.
6. La durabilité (pérennité, viabilité)
Le sixième critère, la durabilité (ou encore pérennité ou viabilité), vise à savoir si les effets du
programme perdureront après son arrêt. C’est l’analyse des chances que les effets positifs de l’action se
poursuivent lorsqu’une aide ou un appui extérieur aura pris fin. La viabilité, permet de déterminer si les
résultats positifs du projet (au niveau de son objectif spécifique) sont susceptibles de perdurer,
s’apprécier ou se déprécier dans le temps. Viabilité financière mais aussi opportunité de reproduire ou
généraliser le programme à plus grande échelle.
Au-delà de l’aspect financier, l’analyse de la durabilité incorpore la prise en compte des capacités
économiques, sociales, environnementales et institutionnelles des systèmes nécessaires à
l’appropriation et continuité de l’action. La durabilité s’anticipe ainsi dès la phase d’écriture. Dans un
cadre d’urgence climatique, ce critère prend une toute autre dimension et s’appréhende également
dans le sens de soutenabilité.
Dépasser les critères du CAD
Dès la création du centre de ressources EVAL, nous recommandions d’intégrer systématiquement ces 6
critères, cohérence interne inclue, comme premier cadre global d’analyse. De la même manière, nous
recommandons de systématiquement dépasser ce cadre de référence afin d’intégrer des critères
complémentaires ou spécifiques et bien sûr des critères transversaux (environnement, genre, sociaux).
Récapitulons :
pertinence, cohérence, efficacité, efficience, impact, durabilité, couverture, intensité, appropriation,
qualité du partenariat, progression
Les critères d’évaluation
L’analyse des sources des données
Quelle que soit la méthode de collecte, l’analyse de ces critères s’effectue à partir de DONNÉES. Il est
ainsi indispensable d’avoir à tout moment un regard sur la SOURCE de ces données.
➡ voir les techniques de recueil de données
Quels usagers/bénéficiaires ont été interrogés ?
ceux qui ont participé activement ?
ceux qui participé partiellement ?
ceux qui ont refusé de participer ?
les exclus (ceux qui n’ont pas eu l’opportunité de participer ?)
➡ voir les biais et points de vigilance
Les jeux de critères
Ces 6 indicateurs constituent un « jeu » ou une « palette » de critères : l’intérêt étant toujours d’utiliser
ces critères en « lot », de les croiser et les faire interagir. Eviter de se concentrer sur un critère unique au
risque de passer à coté de l’image complète. Ceux-ci ne prennent sens que si utilisés de manière
interactive. Certes, une limite récurrente sera pour certaines évaluations de survoler chaque critère sans
en approfondir aucun. De rester à la surface. Balayés méthodiquement, ils serviront cependant comme
autant de faisceaux potentiels, supports de réflexion, de hiérarchisation puis de sélection des questions
évaluatives.
Evaluation de politiques publiques
Comme évoqué en introduction, les critères du CAD/OCDE ont été proposés initialement pour
l’évaluation de projets et programmes de développement.
Chacun de ces projets/programmes de développement s’incorpore au sein de politiques publiques.
Ainsi, à un échelon supérieur, un enjeu consiste à faire émerger et constituer des jeux de critères à
l’échelle de politiques publiques.
Une limite récurrente a souvent été d’évaluer une politique publique à travers le seul prisme
efficacité/efficience : analyser si une politique avait atteint ses objectifs et à quel coût.
Plus récemment, de se concentrer et limiter à débusquer des impacts voire, encore plus modestement,
de ne considérer que les résultats. Attention ainsi à ne pas confondre critère et ornière. Critère et
oeillère.
Dès la phase de conception, l’accent pourrait être mis sur de multiples critères : la pertinence, la
cohérence, l’inclusion, la couverture souhaitée, l’intensité nécessaire, la faisabilité du tout ou encore la
plus-value institutionnelle,…
En phase opérationnelle, sur la coordination, la qualité des partenariats, l’acceptation, l’appropriation, la
réactivité ou encore les capacités de gestion. A ce stade, orienter l’impact ou le piloter revêt un intérêt
supérieur à le mesurer.
Ainsi, de rigoureuses évaluations d’impact trouvent tout leur sens à l’échelle de politiques publiques à
partir du moment où elles s’insèrent dans des structures où des compétences de base en suivi
évaluation sont déjà acquises et non totalement balbutiantes. C’est à dire disposant déjà d’un cadre de
référence à minima ; opérant dans des systèmes de suivi évaluation organisationnels ou intégrés.
➡ voir les différents types de systèmes de suivi évaluation
Si ce n’est pas le cas, rattacher les efforts en suivi évaluation sur les volets opérationnels (formations,
mise en place de tableau de bords quantitatif et qualitatifs basiques, séminaires de suivi évaluation
apprentissage,…) permet une progression instantanée en matière de conception et de mise en oeuvre
de politiques publiques. La préconisation étant ici bien sûr de fonctionner avec des systèmes intégrés.
Par défaut cependant et en terme de priorité, de débuter la conception des systèmes à l’échelon local.
Evaluation de systèmes politiques
A un échelon encore supérieur, pour évaluer la finalité d’un système politique, d’autres jeux de critères
seront ainsi à apprécier. Jacques Lesourne propose par exemple en 1976, un jeu de six critères afin
d’évaluer les systèmes politiques :
la sécurité
l’efficacité
l’égalité
la liberté
la participation
l’adaptablilité
Voir :
Les systèmes du destin, Jacques Lesourne, Dalloz, 1976
L’analyse systémique
Ressources connexes
Définitions de l’efficacité et termes connexes, Evaluation en pratique, GREVAL, 2018
Pour aller plus loin
Les critères complémentaires
Les critères transversaux
Les indicateurs quantitatifs
Tableau de bord prospectif
Glossaire
Groupe d’échanges de pratiques
Date de première diffusion : 2010
Dernière actualisation : avril 2024
Accueil
Qu’est-ce que l’évaluation?
Sommaire : les étapes de mise en place d’un SSE
Apprentissage
Ressources
Formations
Politique de confidentialité
Plan du site
Contact
Rechercher
Centre de ressources en évaluation eval.fr
Renforcement des compétences en évaluation
cc 2010-2024
Accueil
ouvrir le sous-menu
Qu’est-ce que l’évaluation?
ouvrir le sous-menu
Un outil multidimensionnel
Plus de définitions
ouvrir le sous-menu
Les différents types d’évaluation
ouvrir le sous-menu
Les critères d’évaluation
ouvrir le sous-menu
Glossaire
Bref historique de l’évaluation
ouvrir le sous-menu
Principes directeurs et cadre déontologique
Le Suivi
ouvrir le sous-menu
Ressources
ouvrir le sous-menu
Méthodes et outils
ouvrir le sous-menu
Formations
ouvrir le sous-menu
Concevoir un système de suivi évaluation
ouvrir le sous-menu
Apprentissage
ouvrir le sous-menu
Accompagnement
ouvrir le sous-menu
Plan du site
Contact
Français
ouvrir le sous-menu
Twitter
Linkedin
WordPress
Flickr
EVAL Fièrement propulsé par WordPress