0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
71 vues14 pages

Urbanisation Et Viabilité de L'activité Maraîchère: Cas D'une Ville À Statut Particulier Au Bénin (Parakou)

Transféré par

meridienmapsolutions
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
71 vues14 pages

Urbanisation Et Viabilité de L'activité Maraîchère: Cas D'une Ville À Statut Particulier Au Bénin (Parakou)

Transféré par

meridienmapsolutions
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Document generated on 01/07/2024 9:13 a.m.

[VertigO] La revue électronique en sciences de l’environnement

Urbanisation et viabilité de l’activité maraîchère : cas d’une


ville à statut particulier au Bénin (Parakou)
Guy Nouatin and François-Xavier Bachabi

Volume 10, Number 2, September 2010 Article abstract


The cities of developing countries are in complete mutation. This mutation is
L’agriculture urbaine : un outil multidimensionnel pour le characterized by an increase of their population and urbanization. These two
développement des villes et des communautés factors submit them to two major challenges. The first concerns how the
populations can get supplies of trucks and the second is relative to the land
URI: https://id.erudit.org/iderudit/045517ar problem to which urban market gardeners face. This paper studies the land
pressure the urban market gardeners are confronted with. Parakou, the third
Benin City with particular status, undertook these last years, an urbanization
See table of contents
policy in order to find accommodations for the residents and to install
adequate infrastructures for its development. The urbanization led to the
occupation of the lands used for the market gardening for other purposes,
Publisher(s) putting the market gardeners in land insecurity. The objective of the study is to
analyze the impacts of the urbanization of Parakou City on the market
Université du Québec à Montréal
gardening. We used a qualitative methodology based on an inventory of
Éditions en environnement VertigO
market gardening sites in the city and on interviews with the actors concerned
by this activity. One out of the seven recorded sites is under closure. None of
ISSN them gave a guarantee to the market gardeners for undertaking sustainable
1492-8442 (digital) investment because they don't have any secured property title. It appears also
that, nothing is made to facilitate the development of market production that
assures people food security in Parakou.
Explore this journal

Cite this article


Nouatin, G. & Bachabi, F.-X. (2010). Urbanisation et viabilité de l’activité
maraîchère : cas d’une ville à statut particulier au Bénin (Parakou). [VertigO]
La revue électronique en sciences de l’environnement, 10(2), 0–0.

Tous droits réservés © Université du Québec à Montréal et Éditions en This document is protected by copyright law. Use of the services of Érudit
environnement VertigO, 2010 (including reproduction) is subject to its terms and conditions, which can be
viewed online.
https://apropos.erudit.org/en/users/policy-on-use/

This article is disseminated and preserved by Érudit.


Érudit is a non-profit inter-university consortium of the Université de Montréal,
Université Laval, and the Université du Québec à Montréal. Its mission is to
promote and disseminate research.
https://www.erudit.org/en/
VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

URBANISATION ET VIABILITE DE L’ACTIVITE MARAICHERE :


CAS D'UNE VILLE À STATUT PARTICULIER AU BENIN
(PARAKOU)
Guy Nouatin1 et François-Xavier Bachabi2

1 2
Faculté d’Agronomie, Université de Parakou, B.P. 123 Parakou, Bénin, Courriel: [email protected], Faculté
d’Agronomie, Université de Parakou, B.P. 123 Parakou, Bénin

Résumé : Les villes des pays en développement sont en pleines mutations caractérisées par une augmentation de la
taille de la population et une urbanisation. Ces deux facteurs les soumettent à deux défis majeurs. Le premier concerne
l’approvisionnement des populations en produits alimentaires frais et le deuxième est relatif au problème foncier
auquel font face ceux qui produisent ces produits alimentaires. Ce papier se consacre à l’étude des contraintes
foncières auxquelles sont confrontés les maraichers urbains. La ville de Parakou, la troisième ville à statut particulier du
Bénin, a entrepris ces dernières années une politique d’urbanisation pour répondre à la nécessité de trouver de l’espace
pour loger les habitants et installer les infrastructures adéquates à son développement. Cela se traduit par l’occupation
des espaces utilisés pour la production maraîchère installant de ce fait les acteurs de cette activité dans une insécurité
foncière. L’objectif de l’étude est d’analyser les impacts du développement de la ville de Parakou sur les activités des
maraichers. La démarche méthodologique utilisée, essentiellement qualitative, est basée sur un recensement des sites
de production maraîchère de la ville et sur des entretiens avec les acteurs concernés par cette activité. Les résultats
obtenus ont montré que sur les sept sites maraichers recensés dont un est en cours de fermeture, aucun n’offre une
garantie d’investissements durables pour les maraichers car ils ne détiennent aucun titre de propriété sécurisée. Il
apparaît aussi que dans la ville de Parakou, rien n’est fait pour faciliter le développement de la production maraîchère
qui assure la sécurité alimentaire de sa population.
Mots-Clés : Politique d’urbanisation, production maraîchère, insécurité foncière, ville de Parakou
Abstract: The cities of developing countries are in complete mutation. This mutation is characterized by an increase of
their population and urbanization. These two factors submit them to two major challenges. The first concerns how the
populations can get supplies of trucks and the second is relative to the land problem to which urban market gardeners
face. This paper studies the land pressure the urban market gardeners are confronted with. Parakou, the third Benin
City with particular status, undertook these last years, an urbanization policy in order to find accommodations for the
residents and to install adequate infrastructures for its development. The urbanization led to the occupation of the
lands used for the market gardening for other purposes, putting the market gardeners in land insecurity. The objective
of the study is to analyze the impacts of the urbanization of Parakou City on the market gardening. We used a
qualitative methodology based on an inventory of market gardening sites in the city and on interviews with the actors
concerned by this activity. One out of the seven recorded sites is under closure. None of them gave a guarantee to the
market gardeners for undertaking sustainable investment because they don't have any secured property title. It appears
also that, nothing is made to facilitate the development of market production that assures people food security in
Parakou.
Keywords: Urbanization policy, market production, land pressure or insecure, Parakou City

Référence électronique
Introduction
Guy Nouatin et François-Xavier Bachabi, 2010, «urbanisation et viabilité
de l’activite maraichere : Cas d'une ville À statut particulier au Bénin
(Parakou) », VertigO - la revue électronique en sciences de Dans sa définition la plus large, « l’agriculture urbaine
l'environnement, Volume 10 numéro 2, [En ligne], URL :
englobe une variété d'activités agricoles qui peuvent
http://vertigo.revues.org/10038
prendre place dans les limites ou en périphérie des
VertigO, Vol10 no2 1
VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

agglomérations urbaines » (Mougeot, 1994). C’est une Approches méthodologique et théorique


activité qui contribue à améliorer la sécurité alimentaire de
plusieurs façons. En effet, en cultivant des produits Milieu d’étude et groupe cible
alimentaires à la maison ou à travers des coopératives, les
ménages pauvres peuvent réduire la charge du coût La ville de Parakou dans le département du Borgou, une
d'achat de la nourriture, disposer d'une plus grande des communes à statut particulier du Bénin et
quantité d'aliments et réduire les intervalles saisonniers représentative du Nord de la région est retenue pour
dans la production de primeurs. La production maraîchère l’étude. En effet, le titre I de la loi n°98-005 du 15 janvier
dans les villes des pays en développement comme le Bénin 1999 portant organisation des communes à statut
répond non seulement à ces mêmes objectifs mais aussi particulier en République du Bénin et précisément les
participent à l’assainissement environnemental de ces villes. articles 2 et 4 consacrent la ville de Parakou comme une
En réalité, «[…] elle aide à améliorer la qualité de l’air pour commune à statut particulier parce que remplissant
assurer une bonne respiration et absorbe l’excès d’eau lors cumulativement les trois critères qui suivent :
des tempêtes et inondations tout en offrant de la
nourriture aux urbains pauvres » (Fao et Pnue, 2005). Cette x « […] avoir une population de cent mille
agriculture certes, peut contribuer à améliorer la santé (100.000) habitants au moins;
nutritionnelle, mais elle peut aussi procurer un revenu x s’étendre de façon continue sur une distance de
d’appoint pouvant être consacré à des dépenses non dix (10) km au moins;
alimentaires, notamment l’éducation. Mais malgré son x disposer de ressources budgétaires suffisantes
importance croissante, l'agriculture en milieu urbain et pour faire face aux dépenses de fonctionnement
périurbain est toujours sujette à de nombreuses contraintes et d'investissement ».
en l’occurrence celles induites par les politiques
d’urbanisation que sont entre autres, la pression foncière et Capitale régionale du Nord Bénin, la ville de Parakou est «
l'incertitude sur les droits de propriété. […] située au centre de la République du Bénin à 407 km de
Cotonou. Elle se trouve à 9° 21’ de latitude Nord, à 2°36’ de
Le Bénin a opté, depuis 2003, pour le système de longitude Est à une altitude moyenne de 350 m et présente
décentralisation et permet ainsi à toutes ses villes, un un relief assez modeste » Maire de Parakou (2004). Les
développement local à la base. L’urbanisation se trouve données publiées par l’Institut National de la Statistique et
être une des grandes politiques de développement mises de l’Analyse Économique (INSAE) montrent que la
en œuvre par ces communes. « Elle compte parmi les fortes population de la ville de Parakou a connu une
pressions qui s’exercent sur les terres agricoles en Afrique augmentation spectaculaire. La population qui n’était que
de l’Ouest, car c’est principalement à leurs dépens qu’a lieu de 14 000 habitants en 1961 est passée à 60 000 et 103 577
l’extension rapide des centres urbains » (Broutain, 2006). En respectivement en 1979 et 2002 pour plus de 200 000
effet, l’urbanisation passe entre autres, par l’étalement habitants en 2009. Cette augmentation de la population
urbain se caractérisant par une occupation beaucoup plus entraîne forcément un accroissement des besoins et de la
extensive des terres donc une pression foncière et « a pris demande en denrées alimentaires frais. Les agriculteurs,
une dimension telle qu’elle a provoqué l’apparition de attirés par le développement de la ville de Parakou à la
malaises sociaux inédits » (Fleury et Donadieu, 1997). Cet recherche d’emplois plus rémunérateurs, trouvent à travers
article s’intéresse donc aux interactions entre l’expansion le maraîchage des opportunités pour assurer leur survie sur
de la commune de Parakou, troisième ville à statut le plan économique. Ce qui rejoint la position suivante de
particulier du Bénin, et la production maraîchère urbaine et Chevrier (2001) « L'agriculture urbaine et périurbaine revêt
périurbaine. Il étudie les conflits sociaux engendrés par des significations très différentes selon qu'on se place dans
cette politique communale et examine alors les les pays du Tiers-monde ou dans les pays développés. Dans
dynamiques des différents sites de maraîchage de la ville. Il les premiers prime son rôle économique et alimentaire;
analyse enfin l’impact socio-économique tant sur les pour les citadins démunis, elle devient un moyen vital de
producteurs que les consommateurs. subsistance. De plus, elle contribue à l’élimination des
déchets urbains ».

VertigO, Vol10 no2 2


VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

La morphologie actuelle de la ville de Parakou est en relation avec le développement de la ville et les
essentiellement caractérisée par un noyau urbain, les stratégies mises en œuvre pour y faire face.
extensions Sud, Nord et Est et les zones Ouest et Nord-
ouest abritant les activités industrielles, la gare ferroviaire, Tableau 1. Cultures et localisation des sites de
etc. « La superficie totale de la commune est estimée à 441 recherche
km2 dont 53,3% occupée par l’habitat. La densité moyenne Sites Localisation (par Cultures
d’investigation rapport à la ville)
est de 45 habitants/ha » (Maire de Parakou, 2004). Mais eme
Abattoir Quartier (2 Laitue, carotte, chou,
cette densité n’est évidemment pas uniforme sur tout le arrondissement de concombre, persil,
territoire municipal. En réalité, « elle atteint 250 Parakou) aubergine, épinard,
habitants/ha dans le noyau ancien de la ville tandis qu’elle tomate, piment, haricot
est inférieure à 30 habitants/ha dans certains quartiers vert, gombo, crincrin.
Arafat Axe routier Est (Route Laitue, carotte, chou,
périphériques ». En ce sens, l’occupation de l’espace du Nigeria) concombre, persil,
municipal est très disparate. On note une congestion au aubergine, épinard,
centre ville pendant que les zones périphériques tomate, piment, raisin,
connaissent une faible densité. Plusieurs lotissements ont gombo, crincrin.
Zongo Nord-Ouest Laitue, carotte, chou,
déjà été conduits à terme. C’est pour cela que
concombre, persil,
conformément au plan de développement communal, la aubergine, épinard,
préoccupation prioritaire issue du diagnostic participatif, tomate, piment, crincrin,
pour ce qui concerne l’habitat, est de trouver des solutions gombo, poivron.
Sinangourou Axe routier Sud (Route Laitue, carotte, chou,
pour l’ouverture de certaines voies permettant l’accès aux
de Cotonou) concombre, persil,
habitations surtout dans la périphérie. aubergine, épinard,
tomate, piment, gombo,
Sept sites de cultures maraîchères (tableau 1) ont été crincrin.
Sokonou Axe routier Nord-Est Laitue, carotte, chou,
recensés au cours de l’étude. Les maraichers de ces sites et
(Route de Perere) concombre, aubergine,
les autorités communales du service des affaires épinard, tomate, piment,
domaniales et foncières ont constitué nos cibles pour la gombo, crincrin.
recherche. Wansirou Axe routier Ouest Laitue, carotte, chou,
(Route de Djougou) concombre, persil,
aubergine, épinard,
Le choix des maraichers est basé sur leur présence sur les tomate, piment, haricot
sites. La collecte étant collecté en saison sèche, on a pu vert, crincrin, gombo.
rencontrer un grand nombre de maraichers car cette Yarakinnin
ere
Quartier (1 Commune Laitue, carotte, chou,
activité est plus pratiquée pendant cette période. de Parakou) concombre, aubergine,
épinard, tomate, piment,
gombo, crincrin.
Démarche et outils
Les analyses des données collectées sont fondées sur
« La méthode anthropologique centrée sur les acteurs » l’analyse des discours recueillis auprès des différents
(Long, 1989, 1994, Long and Long, 1992) a été utilisée tout acteurs. L’analyse des discours a été centrée autour des
au long de la recherche, pour suivre les acteurs et découvrir thèmes suivants : perceptions des acteurs sur la nécessité
les difficultés quotidiennes dans la mise en œuvre de leurs de l’urbanisation, les conséquences de l’urbanisation sur le
activités afin de déceler celles imputables à l’urbanisation. maraîchage,
En plus des observations sur le terrain et de la revue de
littérature, les interviews individuelles non structurées et L’acteur social et l’approche par les capabilités collectives
semi structurées ont été utilisées dans la collecte de
données. Ces interviews sont conduites avec des guides L’approche par les capabilités créée par Amartya Sen dans
d’entretien conçus pour l’étude. Ils ont permis de collecter les années 1980 n’est pas, selon Reboud (2006 et 2009), «
les données qualitatives sur les thèmes suivants : une théorie mais bien une approche, qui permet de
l’identification des acteurs clés concernés par le maraîchage mesurer le bien-être individuel, pas seulement à l’aune de
dans la ville de Parakou, les rôles que chacun d’eux jouent, l’utilité, mais de la liberté des individus ». Elle est basée sur
les contraintes auxquelles les maraichers sont confrontés
VertigO, Vol10 no2 3
VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

l’acteur social qui est selon Dubois (2009), « un individu Résultats et discussion
raisonnable et responsable, inséré dans un réseau social et
tenant compte de son lien social pour atteindre un objectif Le maraîchage dans la ville de Parakou
commun ou partagé ». L’acteur social est donc différent de
l’agent économique, car il dépasse ses choix rationnels par La production maraîchère fait partie des activités agricoles
sa raisonabilité et sa responsabilité. Dubois et al. (2008), exercées dans la ville de Parakou dans les zones humides
dans leur ouvrage Repenser l’action collective : Une (bassins des cours d’eau et bas-fonds). La pratique de cette
approche par les capabilités, mentionne que « la capabilité activité répond à une logique de lutte contre le chômage et
comprend la capacité de réalisation effective et d’approvisionnement de la ville en légumes frais et à
d’accomplissement potentiel d’un agent. Elle rassemble moindres coûts. La production des légumes à l’intérieur de
donc les fonctionnements (ce qu’une personne est la ville joue un rôle important dans la réduction de leurs
actuellement capable de faire et d’être) et le potentiel (ce coûts de transport et par conséquent de leurs prix de
qu’une personne pourrait faire et être dans un contexte revient. Les consommateurs ont directement accès aux
différent avec de meilleures opportunités)». Plusieurs produits maraichers dont ils ont besoin sur les sites de
critiques ont été formulées à cette théorie et portent sur les production ou sur les marchés.
difficultés à mesurer une telle liberté. On peut mesurer les
capacités, mais comment mesurer la capacité à réaliser ? De Plusieurs acteurs ou groupes d’acteurs interviennent dans
plus cette approche ne porte que sur l’individuel, elle ne le la production maraîchère dans la ville de Parakou. Les
permet pas de faire le lien entre l’identité et le social. Enfin, principaux acteurs sont : les maraichers, la mairie, la
elle n’explique pas comment créer une dynamique d’un Direction Départementale de l’Habitat et de l’Urbanisme
individu à l’autre. Le concept de « capabilités collectives » (Ddhu), le Centre Communal pour Promotion Agricole et
est donc né lors de la conférence de la HDCA (Human les cabinets chargés du lotissement (publics et privés). Les
Development and Capability Association) tenue à Paris en rôles joués par ces acteurs varient d’un acteur à un autre.
2005, autour d’un questionnement : le lien entre l’individuel
et le social dans l’approche par les capabilités. On peut Les maraichers
donc combiner les capabilités individuelles et les capabilités
sociales, qui naissent de l’interaction, pour obtenir le Les maraichers s’occupent de la production et de la
concept de capabilité collective qui n’est rien d’autre que commercialisation des légumes. Ils s’installent le long des
l’agencéité ou la capacité d’entreprendre des acteurs. bas-fonds et autres affluents du fleuve Okpara, à cause de
Nouatin (2003), s’inspirant des définitions données par la disponibilité de l’eau en ces endroits, pour exercer leur
Long (1989), Long & Long (1992) et de Friis-Hansen & activité. Le nombre de citadins s’adonnant à cette activité
Boesen (2001) le considère comme « la capacité des acteurs est difficile à obtenir à cause caractère très changeant de
à trouver de solutions à leurs problèmes, c’est-à-dire des leur statut (tantôt permanent, tantôt occasionnel) et du peu
acteurs qui sont capables de décider et d’agir ». C’est donc d’intérêt accordé à cette activité aussi bien par les autorités
la capacité à agir comme un acteur social pour certaines de la mairie que les services d’appui-conseil pourtant bien
fins sociales, c'est-à-dire à définir des buts et agir de façon présents dans la ville. Sur la base des estimations faites au
cohérente pour les atteindre, de façon individuelle ou en cours de la collecte des données, il existe environ 300
interaction avec d’autres. maraichers exploitant les différents sites de la ville. Les
maraichers présents dans la ville de Parakou ont des
L’utilisation de cet outil a permis de savoir si l’insécurité trajectoires de vie différentes. Selon les personnes
foncière qui menace l’activité maraîchère urbaine n’est pas rencontrées sur les sites maraichers, la plupart des
imputable à l’expansion rapide des villes. Par ailleurs, il a personnes s’adonnant à la culture des légumes sont
permis de voir le rôle des différents acteurs à divers niveaux presque toutes des produits de l’exode rural attirées par les
dans les difficultés et contraintes subies par cette activité et mirages de la ville. Elles n’ont que le travail de la terre
d’analyser les stratégies mises en œuvre par les autorités comme qualification. L’agriculture urbaine est donc le
communales pour aider les maraichers urbains à faire face secteur d’activité dans lequel ils peuvent s’insérer juste
aux problèmes fonciers afférents à leurs activités après leur arrivée sans beaucoup de difficulté. Les premiers
génératrices de revenus. avaient vu les bas-fonds inoccupés et non exploités s’y sont
installés et ont commencé par produire les denrées
VertigO, Vol10 no2 4
VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

alimentaires pour leur autoconsommation et vendaient le Ce récit montre que la pratique du maraîchage dans la ville
surplus. Ceux qui sont arrivés par suite n’ont plus trouvé est une activité dont elle a besoin en ce sens qu’elle
des espaces verts libres et ont servi d’abord comme l’approvisionne en légumes et est une solution pour le
manœuvres pour les premiers avant de chercher à travailler chômage de ses habitants. Malgré ce rôle important,
pour eux-mêmes. Plusieurs catégories de maraichers sont l’évolution de la ville se fait au détriment des espaces
présentes sur les sites maraichers de la ville de Parakou. maraîchers qui représentent le principal facteur de
production de l’activité. En l’absence de mesures de
La première catégorie est composée des maraichers qui sécurisation des espaces maraîchers, ceux dont la survie
tirent l’essentiel de leurs revenus de cette activité. Il s’agit passe par la pratique de cette activité sont obligés de
des personnes qui pratiquent le maraîchage depuis de mettre en œuvre leur capabilité ou leur agencéité
longues années et n’ont plus d’autres activités. Ils individuelle ou collective. Ils développent des plusieurs
considèrent le maraîchage comme leur vie. Ils produisent stratégies (intensification, choix de spéculations selon les
aussi bien les légumes exotiques (laitue, chou, carotte, saisons, organisation en association, etc.) pour se maintenir
haricots verts, concombre, persil, aubergine etc.) que les en tant que acteur du secteur du maraîchage de la ville de
légumes locaux (épinard, piment, tomate, gombo, crincrin, Parakou. Pour ces acteurs, le maraîchage est devenu une
etc.). Les propos suivants de A. D. illustrent son parcours en occupation à part entière qui nourrit son homme comme
tant que maraicher : J’ai commencé par travailler sur ce site les autres activités génératrices de revenus. Le choix du
de Sinagourou depuis mon enfance. Je suivais mon père maraîchage par ces personnes est fait envers et contre tout
pour arriver tous les jours sur le site qui était à l’époque un (la volonté de travailler pour soi-même).
vaste de domaine de plus de 3 hectares. À l’âge de 17 ans
mon père m’a octroyé une partie de son terrain et je suis La deuxième catégorie est composée de ceux pour qui le
devenu autonome. Après sa mort il y a huit ans, j’ai hérité maraîchage est une activité qui procure un revenu
de ses terres que j’exploite actuellement. Le principal d’appoint et de ce fait est exercée comme une activité
problème qui se pose à nous les maraichers de Parakou secondaire. Les personnes qui s’adonnent au maraîchage à
c’est l’espace. Les espaces que nous occupons se réduisent temps partiel le font pour diverses raisons. Pour certains, il
chaque année et se transforment progressivement en s’agit de trouver de quoi subvenir à ses besoins en
maisons à l’usage d’habitation, en routes, etc. La superficie attendant de trouver un autre boulot. La déclaration
actuelle du site maraicher de Sinagourou n’est que 0,5 suivante de S. B. sur sa présence sur le site maraicher de
hectare du fait des maisons, des hangars pour le marché et Wansirou illustre bien son parcours :
du collecteur pour drainer les eaux pluviales. Plusieurs
personnes qui travaillaient ici ont été obligées de quitter. Il C’est mon frère qui m’a proposé de venir le rejoindre à
ne reste plus que trois personnes sur le site. Ceux qui sont Parakou pour travailler dans l’usine d’égrenage de coton.
restés n’ont que le maraîchage comme activité. Pour J’ai fait plus six mois à la charge de mon frère sans pouvoir
continuer d’exercer ce que j’ai appris, je suis obligé de être embauché comme ouvrier dans l’usine. Pour mettre fin
beaucoup réfléchir. Nous avons recours systématique à à la situation de dépendance dans laquelle j’étais, j’ai été
l’utilisation des engrais organiques et minéraux pour obligé de commencer le travailler pour les maraîchers du
améliorer nos rendements. Par le passé, on produisait avec site comme manœuvre. C’était ce que je savais faire le
les engrais organiques uniquement et on laisser les terres mieux parmi les offres d’emplois que je recevais. Après une
en jachère à chaque qu’elles deviennent infertiles. Pendant année passée sur le site, j’ai demandé et obtenu un
les saisons pluvieuses, périodes de surproduction qui fait domaine que j’exploite pour mon propre compte. Ce que
chuter les prix de vente de légumes locaux, je me concentre me procure cette activité ne me permet pas de couvrir mes
sur la production des légumes exotiques. Pendant les charges. Mon frère m’a alors proposé d’utiliser sa moto
saisons sèches, je réduis la superficie des légumes pour en moto-taxi dans la ville pendant les périodes où il
exotiques au profit des légumes locaux (la tomate et le ne va pas travailler. Ainsi, je passe une partie de mon temps
piment surtout). Enfin, nous avons créé une association à conduire la moto-taxi et l’autre à produire les légumes.
pour défendre auprès des autorités de la mairie nos droits J’ai vraiment envie de consacrer uniquement au
surtout celui d’exercer notre activité. maraîchage, mais n’ayant pas la possibilité d’étendre mon
exploitation faute d’espace, je m’adonne aux deux activités
pour l’instant.
VertigO, Vol10 no2 5
VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

l’environnement et de l’urbanisme. Il appuie la mairie à


On rencontre aussi dans cette catégorie des artisans travers une assistance conseil sur la faisabilité des
(menuisier, maçon, peintres, électriciens, etc.) qui opérations de lotissement, l’instruction des dossiers de
pratiquent le maraîchage surtout pour l’autoconsommation demande d’établissement de plans de lotissement et
et pour s’occuper pendant les périodes de soudure dans diffuse les informations sur les règles et procédures de
leurs secteurs d’activités. I. G., électricien bâtiment raconte : lotissement en vigueur au Bénin. L’Institut National
J’ai toujours produis des légumes pour la consommation de Géographique (Ign) quant à apporte de l’assistance conseil
ma famille et je ne vends que le surplus, car je trouve que sur la faisabilité et la réalisation des travaux
acheter les légumes reviennent trop cher. Mon domicile est topographiques, se charge de l’exécution des travaux
situé à proximité du site Araf et j’ai négocié avec ceux qui y d’identification de parcelles et assure le contrôle et la
travaillent pour exploiter une petite portion de terre. Je vérification des documents d’état des lieux. Les cabinets
travaille sur le site à chaque fois que j’ai le temps, surtout privés La mairie de la ville de Parakou est le deuxième
lorsque je ne suis pas sollicité. Je passe tout mon temps à acteur dont le rôle est important après les maraichers. Elle
produire des légumes à la fois pour l’alimentation de mon intervient dans le secteur du maraîchage par l’intermédiaire
ménage et pour la vente. Les recettes me permettent de de ses services techniques. Il s’agit de la voirie et du service
satisfaire mes besoins financiers en attendant qu’on me des affaires domaniales qui s’occupent de l’assainissement
fasse appel sur un chantier. Il y a beaucoup de personnes de la ville et des projets d’urbanisme et la gestion des
qui font la même que moi car personne ne sait quand la procédures de lotissement qui est selon Mehu (1996), « une
mairie va nous demander de déguerpir. Il y a 20 ans, la opération d’urbanisme qui consiste à diviser un terrain, une
préfecture avait renvoyé tous les maraîchers du site de propriété foncière en plusieurs parcelles destinées à la
Sinangourou où je travaillais. J’ai dû aller m’inscrire dans un construction de bâtiments à usage d’habitation, de bureau,
centre d’apprentissage et c’est ainsi que je suis devenu commercial, artisanal ou industriel ». La maire joue un rôle
électricien. Je n’aimerais plus subir la même chose. de premier plan dans la gestion foncière et donc
responsable des procédures de lotissements et de la
Ces deux discours montrent que la solution pour les délivrance des permis d’habiter et des certificats
migrants ruraux ou pour les artisans de Parakou passe par administratifs.
le maraîchage grâce auquel ils arrivent à vivre et à faire
vivre leurs familles. Le maraîchage joue un rôle important Selon les informations recueillies sur le terrain, la mairie
dans la vie de ces personnes qui leur procurent une partie élabore un projet d’urbanisme qu’elle envoie à la Ddhu
de leurs revenus et des denrées alimentaires. Il ressort de pour étude et avis. Le projet lui est renvoyé pour la prise en
ces récits que l’instabilité foncière est le principal problème compte des observations. La mairie a l’obligation de
qui limite les maraîchers dans le développement de leur prendre en compte les observations en vue d’améliorer le
activité. projet. Ce dernier doit alors être publié avant sa mise en
exécution par l’Ign et les cabinets privés de lotissement.
Les autres acteurs Lorsque le projet concerne un site maraicher, les
maraichers sont informés que le domaine est déclaré
Les autres acteurs, organisations ou institutions qui d’utilité publique et un délai leur est donné pour déguerpir.
interviennent dans le secteur du maraîchage à Parakou La plupart des maraichers rencontrés estiment qu’ils sont
peuvent être regroupés en deux catégories. La première obligés d’évacuer le site et abandonner l’activité, la maire
catégorie est composée des acteurs qui fournissent de ne pense ni à leur dédommagement ni à leur réinstallation
l’appui-conseil et les intrants aux maraichers. Il s’agit du sur autre site. D’après les autorités de la mairie (service des
service public de vulgarisation désigné sous le nom de affaires domaniales), il est important de souligner qu’on
Centre Régional pour la Promotion Agricole. Ce centre réalise des études d’impacts au cours desquelles un
apporte une assistance technique et fournit les intrants recensement des maraichers des différents sites concernés
adaptés pour l’amélioration des productions agricoles. La est effectué et des dédommagements éventuels sont faits à
deuxième catégorie est celle des acteurs qui interviennent ceux qui sont impactés par le projet.
aux différentes étapes des projets d’urbanisation de la ville La production maraîchère dans la ville de Parakou est une
que sont la Ddhu, Ign, les cabinets privés et la mairie. La activité qui est tributaire des projets d’urbanisme que la
Ddhu est un service déconcentré du ministère de mairie peut initier à tout instant. Les maraichers de Parakou
VertigO, Vol10 no2 6
VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

sont aussi, entre autre, soumis à l’incertitude du foncier par les habitants, rattrapé les espaces agricoles en sa
comme le montre Fao (2005) qui affirme que « l’incertitude périphérie ».
sur les doits de propriété conduit les maraichers à se
tourner vers d’autres sources de revenus. Malgré son Dispositions communales prises pour la viabilité de
importance croissante, l'agriculture en milieu urbain et l’activité maraîchère dans la commune de Parakou
périurbain et toujours sujette à de nombreuses contraintes,
notamment le manque de terres adaptées, l'incertitude sur Plusieurs programmes et projets sont prévus dans le Plan
les droits de propriété, l'accès insuffisant à une eau de Développement Communal de la ville de Parakou. Ils
d'irrigation de qualité, l'insuffisance du savoir-faire et la visent à atteindre les objectifs de son développement tout
faiblesse des investissements ». en tenant de la planification spatiale prévue dans le plan
directeur de l’urbanisme. Au nombre de ces projets figure
L’urbanisation dans la commune de Parakou le projet 4 du programme 2, relatif à l’aménagement des
bas-fonds, à la promotion des cultures de contre saison
La ville de Parakou dispose d’un Plan Directeur notamment les cultures maraîchères et à la création des
d’Urbanisme (Pdu) pour l’horizon 2009 après le premier comités de gestion des bas-fonds. En tenant compte des
conçu en 1985. Le développement de la ville s’inscrit dans indicateurs que sont :« Au moins 18 ha de bas-fonds sont
ce cadre. Ce plan est actualisé chaque dix an. Celui qui mis en valeur d’ici à 2007 ; la production des cultures
existe aujourd’hui est en cours d’actualisation pour prendre maraîchères a augmenté de 150%, d’ici à 2007 et au moins
en compte les évolutions de la ville. Le Pdu, outil 6 comités gestion sont fonctionnels, d’ici à fin 2005 »
d’organisation et de planification spatiale, vise un triple (Mairie de Parakou, 2004). Il ressort des observations faites
objectif à savoir le renforcement des fonctions urbaines, la sur les sites et des entretiens réalisées que l’application de
planification de la croissance spatiale et la programmation ce projet, pourtant reluisant aussi bien pour les maraichers
des infrastructures et équipements. La mairie de Parakou que pour la commune, n’a pas été effective. Car en effet, il
considère qu’elle dispose comme outils de gestion urbaine, n’est observable sur aucun des sites, des aménagements
d’un plan de développement communal, d’un registre concrets de bas-fonds respectant les principes d’une
foncier urbain, d’un programme pluriannuel de urbanisation mais plutôt une installation sans rigueur des
développement et d’investissement et d’un système maraichers sur des sites autrefois exploités par leurs
d’information géographique. Au plan organisationnel, il parents. D’autres part, même si les données statistiques du
existe une direction de la prospective et du développement Centre Régional pour la Promotion Agricole Borgou-Alibori,
local et une direction des services techniques dont les font état d’une augmentation de la production maraîchère
missions principales sont la planification, la mise en œuvre entre 2003 et 2007, celle-ci résulte d’une extension voire
et le suivi des services urbains offerts à la population. une multiplication des sites de production et non d’une
intensification en investissements ou autres. En effet, un
La mise en œuvre du Pdu est concrétisée entre autres par coup d’œil sur ces données permet de déceler qu’elles
plusieurs programmes de lotissement et l’installation des prennent en compte aussi bien les productions dans les
équipements et infrastructures de base. Il s’agit à travers villages à la périphérie de Parakou que celles des sites au
ces plans d’améliorer les conditions de vie de la population centre de la ville. De plus, elles tiennent plus compte des
de la ville. Toutes les personnes approchées au cours de la légumes locaux que les légumes exotiques qui sont plus
collecte des données ont toutes reconnu la nécessité de produits à l’intérieur de la ville (les données sur les
l’urbanisation de la ville du fait de ses avantages. productions maraîchères sur les sites recensés à l’intérieur
Néanmoins, les maraîchers ont affirmé que la mise en de la ville n’étant pas disponibles).
œuvre du plan directeur de la ville surtout dans son volet
lotissement débouche de plus en plus sur la transformation Ces dispositions prévues par la mairie pour viabiliser
des espaces maraichers en zones constructibles. Auriole et l’activité maraîchère dans la ville contraste avec la réalité.
Aboudou (2006) ont abouti aux mêmes constats dans leur En effet, aucun des bas-fonds n’a été aménagé et on assiste
étude à la périphérie de la ville en soutenant que : « La ville à une réduction voire une disparition des sites et autres
de Parakou a, à travers les projets de mise en place des espaces maraîchers. La construction d’un collecteur d’eau
infrastructures d’envergure publique qui sont de ruissellement dans la ville réduit sérieusement les
consommateurs d’espace et la construction de résidence superficies des sites maraichers de Sinagourou, de Zongo
VertigO, Vol10 no2 7
VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

et de l’Abattoir. La proximité du grand marché Azerkè avec sont priés de prendre les dispositions nécessaires pour le
l’installation des commerçants contribue aussi a réduit la libérer. Le cas du site de Sinagourou qui est réduit de
superficie du site de Sinagourou (il n’y a aujourd’hui plus moitié du fait du collecteur d’eau en cours de construction
que quatre personnes sur le site sur la cinquantaine il y a 10 actuellement entrainant le départ de plusieurs maraichers
ans). Le site de Zongo appartient aujourd’hui à des privés et leur reconversion dans d’autres secteurs d’activités. Un
car ayant fait l’objet de lotissement. ancien maraicher de site explique la situation en ces
termes :
Modes d’accès à la terre et conflits sociaux liés à
l’urbanisation dans la commune de Parakou « J’ai commencé par travailler sur site du
vivant de mon père. Ce dernier est mort il y a
L’urbanisation de la ville de Parakou n’est pas sans cinq ans et j’ai hérité de son domaine sur le
conséquences sociales sur les populations tant agricoles site. En 2009, les autorités de la mairie sont
qu’urbaines. Plusieurs conflits recensés à partir de nos venues nous rencontrer pour nous demander
entretiens et observations sur le terrain touchent de libérer le domaine avant de l’année. J’ai
particulièrement les maraichers de cette commune à cause été obligé, après la récolte de mes produits,
des différents modes de faire valoir utilisés. de quitter le site. Je suis devenu
provisoirement conducteur de taxi-moto en
Modes de faire-valoir des maraichers des sites maraîchères attendant de trouver un autre site où je peux
de la commune de Parakou exercer le métier que j’ai appris ».

Il ressort des divers entretiens que les modalités de l’accès Le don


à la terre sont multiples ; on dénombre quatre modes
d’accès à la terre à savoir l’héritage, le don, l’emprunt et le La forme que prend le don chez la plupart de ces acteurs
gardiennage des terres. est en fait une cession à durée indéterminée. C’est un mode
par lequel, un détenteur coutumier de terre cède une partie
L’héritage de sa parcelle à un descendant, un proche, un ami ou un
parent pour une exploitation à durée illimitée. C’aussi sur
C’est un mode d’acquisition de père en fils rencontré sur les quatre sites sur lesquels les maraichers affirment
quatre des sept sites recensés (Arafat, Abattoir, Yarakinnin acquérir la terre par héritage que d’autres soutiennent avoir
et Sinagourou) dans la ville de Parakou. Ces sites sont accès à la terre par don. Les maraichers qui se considèrent
considérés par la mairie de Parakou comme des exutoires comme des propriétaires sur sites sont ceux qui
naturels de l’eau et ne sont pas encore pris en compte par « donnent » la terre. Le constat fait sur le terrain montre
un projet de lotissement. C’est donc ce qui a facilité que le groupe des maraichers qui ont déclaré avoir obtenu
l’installation des maraichers sur sites sans aucune formalité les terres qu’ils exploitent par don est composé :
préalable. Les premiers installés se considèrent comme les
propriétaires des lieux. Ce sont les enfants de ces x des enfants des propriétaires qui veulent
personnes qui affirment avoir hérité ces domaines de leurs travailler pour leur propre compte;
parents. Comme l’a déclaré un maraicher du site de x de nouveaux migrants à la recherche de jobs
Sinagourou : « la terre appartient aux premiers occupants dans la ville qui s’adonnent au maraîchage en
et comme mon père en est un, donc la terre sur laquelle je entendant de trouver un emploi qu’ils
travaille m’appartient, je l’ai héritée ». considèrent comme décent;
x des personnes qui pratiquent le maraîchage à
En réalité, c’est d’une occupation de fait qu’il s’agit dans la temps partiel, c'est-à-dire comme activité
mesure où aucun des maraichers exploitant ces sites ne secondaire.
disposent d’aucun élément à exhiber comme titre de
propriété. Ils ne disposent que d’un droit usage sur ces L’accès à la terre par don est un mode faire-valoir qui
sites et non un droit de propriété, droit qui disparaît n’accorde pas un droit d’usage sécurisé aux maraichers à
lorsque la mairie décide d’y implanter une infrastructure. Le cause de la situation d’incertitude dans laquelle se trouvent
domaine est déclaré d’utilité publique et les maraichers les propriétaires. Il suffit que ces derniers soient eux-
VertigO, Vol10 no2 8
VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

mêmes menacés de déguerpissement ou que les terres Ce mode de faire-valoir n’assure pas lui non plus toute la
qu’ils exploitent deviennent infertiles ou qu’ils cherchent à sécurité nécessaire pour la pérennisation du maraîchage
élargir leurs activités pour que l’exploitant soit invité à dans la ville de Parakou.
céder la terre. Ce qui est considéré comme don par les
maraichers n’est en réalité qu’un emprunt gratuit illimité. Conflits sociaux liés à l’urbanisation de la ville de Parakou

Le prêt Avec l’urbanisation, les différents modes d’acquisition sont


remis en cause créant ainsi des conflits sociaux et mettant
Le prêt est aussi un mode de faire-valoir des terres qui se du coup les maraichers dans une insécurité foncière.
rencontre sur l’ensemble des sept sites maraichers. Les Plusieurs conflits ont été recensés mais ceux concernant les
observations de terrain ont permis de distinguer deux cas. maraichers sont les principaux retenus. Il s’agit des conflits
Le premier concerne les personnes physiques ou morales liés au lotissement, aux expropriations et à la contestation
qui ont acquis des domaines avec des endroits humides et de droit de propriété.
qui ont décidé de les remettre à exploiter par des
maraichers en quête de terre. Il s’agit des sites de Zongo Conflits liés au lotissement
qui a été loti et appartient à des privés, le site de Sokounon
qui est la propriété privée de Caritas et le site de Wansirou Le lotissement est « un instrument très puissant de
est un domaine de l’Asecna. Les maraîchers exerçant sur le conversion (ou de la régularisation de la conversion)
site de Zongo ont affirmé que ce sont les propriétaires qui d’espaces ruraux "coutumiers" en espaces urbains
leur ont prêté les terres soit gratuitement soit contre "immatriculés", producteur de " morceaux de ville" »
paiement d’une rente. Le cas s’observe sur les autres sites (Aboudou et al. 2003) et contribuant fortement à la
où les premiers qui les ont occupés de fait octroient des marchandisation du foncier. Avec la décentralisation, le
portions de terres à ceux qui s’adonnent à temps partiel au lotissement est devenu une prérogative des communes et
maraîchage. un enjeu central de mobilisation de ressources locales dans
l’économie politique communale. Les études de cas
Le gardiennage des terres réalisées à Parakou (Aboudou et al. 2003 ; Akobi, 2003)
montrent bien à quel point ces procédures sont entachées
C’est un mode d’accès qui permet aux gardiens de jouir d’irrégularités et sont souvent réalisées dans une grande
temporairement d’un droit minimum d’usage en attendant opacité.
que le propriétaire soit près à y investir. Il s’agit des
parcelles attribuées ou recassées après les opérations de « […] En ce sens, elles ne se contentent pas
lotissement qui appartiennent des personnes physiques et de « régulariser » des processus
morales et qui disposent d’un minimum d’installations d’urbanisation, elles les transforment, allant
(puits non tarissable surtout) pour les cultures maraîchères. plutôt dans le sens des rapports de force
Le fait de confier les terres ou de les faire garder par des existants et générant des conflits multiples
personnes est une stratégie des propriétaires pour les dont les principaux types sont les suivants :
sécuriser en attendant de les mettre en valeur. Le terrain problème de délimitation des propriétés et
étant exploité en permanence, il est difficile qu’on assiste à d’identification des ayants droit, erreur
des remises en cause de titre de propriété. Les maraichers d’immatriculation des parcelles dans l’étape
rencontrés sur ces terres affirment que les clauses qui les d’état des lieux, attributions illégales,
lient aux propriétaires ne font jamais l’objet d’un contrat taxations indues, manipulations diverses (par
signé. Ils sont souvent privés de libérer les lieux chaque fois les notaires, les géomètres, les services
que les propriétaires veulent installer un bâtiment sur le administratifs) qui peuvent profiter de la
terrain ou lorsqu’une offre plus intéressante de mise en méconnaissance des populations vis-à-vis
valeur leur est faite. Ces offres concernent le plus souvent des procédures légales » (Aboudou et al.
l’ouverture de garage pour l’entretien des véhicules à 2003).
quatre roues.
Les maraichers sont sujets à ces différents types de
problèmes. Dans la pratique, les lotissements s’apparentent
VertigO, Vol10 no2 9
VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

souvent à des morcellements sans infrastructure. Or les Impacts socio économiques de la politique d’urbanisation
lotissements constituent selon Le Meur (2005) « des sur les producteurs et les consommateurs
ressources potentielles très importantes pour les nouvelles
municipalités », du fait du processus de vente de parcelles Impacts de l’urbanisation sur les producteurs
qu’il induit et aussi en raison de la rationalisation et la
formalisation du parcellaire urbain qu’il représente, qui Avec le lotissement, les maraichers urbains sont en fait
devrait faciliter le recouvrement de l’impôt foncier (avec le menacés par les autorités communales dans les cas où les
concours du registre foncier urbain). A Parakou, par lotissements prévoient le passage de nouvelles
parcelle lotie le propriétaire doit payer officiellement infrastructures routières modernes et par les nouveaux
90 000 f cfa (environ 94 euro) pour être recassé avant propriétaires qui menacent de retirer les terres qui servent
d’avoir l’autorisation de construire. Il faut aussi noter que la de parcelles de cultures maraîchères. Cela se traduit par la
mairie de Parakou perçoit des impôts locaux directs sur le diminution non seulement des superficies emblavées pour
foncier bâti et le foncier non bâti. Il est donc plus ces cultures au cours des dernières années d’après les
intéressant, du moins financièrement, pour la mairie de lotir données statistiques du Centre Régional pour la Promotion
les espaces que de laisser les maraîchers les exploiter. Agricole, mais aussi par la réduction du nombre de
maraichers sur les sites et la disparition progressive de
Conflits liés aux expropriations certains sites.

Ces types de conflits opposent l’administration à la Dans le cas d’espèce, seuls trois sites sur les sept recensés
population rurale et dans ce cas les maraichers. En effet, « continuent à livrer des produits frais aux populations toute
pour des besoins de constitution de réserves l’année. Il s’agit des sites de Wansirou, de l’Abattoir et de
administratives (mobilisation de 500 ha pour l’Université de Sokonou. En effet, sur les autres sites, notamment celui de
Parakou, 4010 ha pour l’aéroport de Tourou…) ou de Sinangourou, le nombre de maraichers a considérablement
réalisation d’un projet socio économique (construction de diminué passant de 46 producteurs à 17. Il en résulte une
routes, ouverture de voies), l’administration a recours à reconversion de certains maraichers dans d’autres activités
cette pratique » (Adéléké, 2007). Ce conflit prend aussi une génératrices de revenus autrefois considérées comme
dimension intra-villageoise. C’est le cas de l’autorité secondaires. Il s’agit de la poterie, le commerce, l’artisanat,
traditionnelle locale (rois, notables…) qui exerce ses etc.
prérogatives d’administrateur du foncier sur ses sujets afin
de se trouver des terres à mettre à la disposition des Les conflits concernant les expropriations et la contestation
patrons urbains, politiciens, administration, élites des droits de propriété réduisent également l’accès des
bourgeoises, etc. Dans ce sens, il ressort des interviews maraichers aux terres de production maraîchère. En effet,
avec des personnes ressources de la municipalité que «ces conflits conduisent les deux parties à des procédures
même les bas-fonds et les zones marécageuses sont juridiques très souvent entachées de fautes et de
sollicités dans le but de promouvoir des projets privés manipulations du fait d’une mauvaise information foncière»
d’investissement. (Le Meur, 2005) de la part des plus vulnérables que sont les
maraichers. Certains acteurs perdent ainsi leur travail et se
Conflits liés à la contestation de droit de propriété retrouvent au chômage augmentant ainsi le nombre
d’urbains pauvres. Il ressort des entretiens réalisés que les
Ces conflits proviennent des remises en cause des cessions autorités de la ville de Parakou n’accordent pas une grande
de terre sans clarification des termes de la cession. En effet, importance aux maraichers qui pourtant jouent un grand
avec la marchandisation, les cadets remettent en cause les rôle dans la ville par l’offre de fruits et légumes frais.
terres autrefois cédées par les ainés sous prétexte que ces Aucune mesure de protection n’est prévue pour assurer la
cessions ont été mal négociées. Selon les enquêtés, les durabilité de leur activité car il n’y a pas de programme de
contestataires préconisent donc la récupération d’une la ville pour sécuriser les maraichers et les sites maraichers
partie des parcelles et parfois, dans les cas extrêmes, de la sont appelés à disparaître. Les maraichers sont obligés de
totalité des parcelles. signer des contrats verbaux avec les propriétaires de ces
sites. Ces contrats sont rapidement remis en cause par ces
derniers lorsqu’ils trouvent des opportunités plus rentables.
VertigO, Vol10 no2 10
VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

Généralement, la majorité des maraichers est soumise aux Conséquence sur l’environnement
caprices et à la volonté des propriétaires terriens qui
peuvent à tout moment remettre en cause les contrats. L’agriculture urbaine ne résoudra pas à elle seule les
problèmes écologiques des villes en croissance, « mais elle
Cette insécurité foncière à laquelle est sujet ce groupe participe très certainement et de diverses façons à la
d’acteurs l’oblige à réduire les investissements sur les sites protection de l’environnement » (Mougeot, 2006). Par
et ne se contenter que des arrosages manuels. En effet, les exemple, dans de nombreuses villes, les agriculteurs
maraichers sont obligés de recourir au forage de petits urbains surtout les maraichers font un usage productif de
trous pour arroser les plantes car il n’est pas possible pour nombreux déchets organiques en les transformant en un
eux de procéder aux aménagements des cours d’eau sur les terreau capable d’amender les sols et se servent des eaux
sites. La diversification des cultures prend aussi un coup usées pour irriguer les cultures. De même, en cultivant
entraînant la rareté et la cherté des produits frais. En effet, chaque parcelle d’espace libre, les maraichers urbains
face à cette situation de conflits, les grands investissements contribuent à l’écologisation de la ville, à la réduction de la
comme la production de semences pour certaines cultures, pollution et à l’amélioration de la qualité de l’air. Le seul fait
l’acquisition de motopompe pour l’irrigation ne sont plus que le transport de ces denrées alimentaires vers la ville se
assez rentables. Le maraîchage urbain dans la commune de fait sans des camions, supposés induire une pollution,
Parakou se trouve ainsi très vulnérable malgré la place contribue à la durabilité et a une incidence positive sur
importante qu’elle occupe dans la constitution des revenus l’environnement. C’est dans ce sens que Nelson (1996)
des producteurs. affirme que :

Répercussions sur les consommateurs « […] l’agriculture urbaine aide à réduire


l’empreinte écologique de la ville, même
Avec la croissance rapide des villes, l'agriculture urbaine et lorsque la ville poursuit sa croissance. Un
périurbaine joue un rôle de plus en plus important dans environnement plus propre entraîne une
l'alimentation des citadins car « cette agriculture fournit amélioration globale de la santé de la
déjà de la nourriture à environ 700 millions de citadins, soit population urbaine. Une ville plus saine est
le quart de la population urbaine mondiale » (Fao et Pnue, une ville où l’on vit mieux. Et en ce qui
2005). « D'ici à 2030, la quasi totalité de la croissance de la concerne tout particulièrement les citadins
population sera concentrée dans les zones urbaines des pauvres, la disponibilité de légumes et
pays en développement » (ONU-HABITAT, 2004). Alors que d’autres aliments frais, et la possibilité
le taux de pauvreté dans la plupart des villes est en d’accroître son revenu, peuvent se traduire en
augmentation, « un nombre croissant de citadins éprouvent un meilleur état de santé, voire la possibilité
donc des difficultés pour accéder à la nourriture dont ils de rompre avec le cycle de la pauvreté ».
ont besoin » (Kourous, 2008). En effet, dans de nombreux
pays en développement, les pauvres des villes dépensent Le maraîchage se fait à Parakou dans les exutoires
60 % ou plus de leurs revenus pour l'alimentation. C’est naturelles de l’eau qui ne bénéficient d’une attention de la
pour cela qu’en augmentant la diversité et la qualité des par de voirie. Ces endroits sont donc insalubres et rendent
aliments consommés, l'agriculture urbaine et périurbaine la ville sale. Ils constituent des refuses pour les animaux de
peut améliorer significativement les régimes alimentaires tout genre et des gîtes favorables pour le développement
urbains. La vulnérabilité du maraîchage urbain dans la des vecteurs des maladies nuisibles à la santé des habitants
commune de Parakou, n’est donc pas sans conséquences de la ville. L’aménagement et l’exploitation de ces sites par
sur les consommateurs de ces produits. En réalité, les les maraichers. Ainsi la disparition progressive de ces sites
produits maraichers font partie intégrante des habitudes maraichers ne constitue pas la solution surtout dans le
alimentaires des populations locales. Ces produits frais sont contexte de réchauffement climatique qui caractérise la
en fait ceux qui participent à la régulation de la santé des terre et qui rend plus vulnérable les pays en
populations qui sont menacées par les nouvelles maladies développement et donc leurs communes.
telles que le diabète et l’hypertension artérielle.

VertigO, Vol10 no2 11


VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

Conclusion Broutain, C., 2006, Agriculture périurbaine et enjeux fonciers : études de


cas au Sénégal et au Bénin. Grain de sel nº 36-septembre-
novembre 2006.
Nombre d’urbanistes et de gouvernements municipaux Dubois J.-L., A.-S. Brouillet, P. Bakhshi et C. Duray-Soundron (dir.), 2008,
voient en la production urbaine une insulte à l’esthétique Repenser l’action collective. Une approche par les capabilités,
de la ville (Mougeot, 2006). Cette attitude est souvent un Paris, L’Harmattan - Réseau IMPACT, 277 p.
Dubois, J.-L., 2009, Dépasser les capabilités : l’approche par les «
reliquat de l’époque coloniale, époque à laquelle les
capabilités collectives ». In L’approche par les « capabilités »
européens s’étaient efforcés de reproduire un milieu urbain d’Amartya Sen : intérêts, limites et perspectives pour les politiques
convenant davantage aux climats nordiques; une de développement. « Les Jeudis du développement », AFD, 26
réglementation d’inspiration européenne qui est d’ailleurs mars 2009
FAO et PNUE, 2005, Journée mondiale de l'environnement : des villes plus
encore en vigueur aujourd’hui. Or les observations faites
vertes. Salle de presse 3 juin 2005, Rome.
pour cette recherche montrent que les productions Fleury A. et P. Donadieu, 1997, De l'agriculture péri-urbaine à l'agriculture
maraîchères ressemblent à des jardins verts qui devraient urbaine. Le Courrier de l'environnement de l'INRA n°31, Août
être plus considérées. Pour cela, les municipalités ont pour 1997.
Kourous, G., 2008, Agriculture urbaine et sécurité alimentaire. Relations
rôle d’atténuer les conflits et mieux les gérer. Ceci passe,
médias, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
selon Broutain (2006), par l’utilisation de technologies l’agriculture (FAO).
informatiques des systèmes d’information géographique Le Meur, P.-Y., 2005, L’information foncière au Bénin : production,
dans le cadre des politiques d’urbanisation. Ces stockage, utilisation. Pôle AAD / Programme GRN, rapport de
mission FAO/GRET, février/mars 2005.
technologies leur permettent l’analyse et la cartographie de
Long, N., 1989, Conclusion: Theoretical Reflexions on Actor, Structure and
l’expansion urbaine afin de prévoir de nouveaux sites de Interface. In: N. Long (ed.) Encounters at the Interface. A
maraîchage et chercher à promouvoir le développement de Perspective on Social Discontinuities in Rural Development pp.
la production plutôt que de contribuer à son déclin. 221-243. Wageningen: Wageningen Agricultural University, the
Netherlands.
L’activité maraîchère doit donc, sans perdre son identité
Long, N. et A. Long (eds), 1992, Battlefields of knowledge: the interlocking
sociale, associer dans certains cas et substituer dans of theory and practice in social research and development.
d’autres, à sa fonction strictement agro-alimentaire de London: Routledge.
nouvelles missions urbaines afin de remplir plusieurs Long, N., 1994, Paradigmes perdus et paradigmes… retrouvés ? Pour une
sociologie de développement orientée vers les acteurs. Pp. : 11-3.
fonctions (lucrative, alimentaire, esthétique et
In APAD n°7, 1994.
environnementale). Pour cela, les autorités communales Mehu, 1996, Quinze (15) questions – réponses pour comprendre le
peuvent aider les maraichers à investir dans cette activité et lotissement au Bénin. Cotonou, Direction de l’Urbanisme.
faire des sites maraichers à la fois des places vertes pour la Mougeot, L. J. A., 1994, Urban Food Production: Evolution, Official Support
and significance (with special reference to Africa). Cities Feeding
commune et des champs lucratifs pour les producteurs car
People Series, report no. 8, IDRC, Canada. Disponible dans Urban
la commune de Parakou manque de façon cruciale de Agriculture Notes. [En ligne] URL :
places aménagées. http://www.cityfarmer.org/lucTOC26.html, consulté le 21
décembre 2009
Mougeot, L. J. A.,2006, Cultiver de meilleures villes : agriculture urbaine et
Bibliographie :
développement durable. Publié par le Centre de recherches pour
le développement international. [En ligne] URL :
Aboudou, R., C. Joecker et U. Nica, 2003, La gestion des espaces agricoles http://www.crdi.ca/[email protected], consulté le 19 décembre 2009)
à la périphérie des centres urbains ouest africains. Le cas de Nelson, T., 1996, Closing the nutrient loop. Worldwatch, 9(6), 10–17
Parakou au Bénin. Programme INCO ECOCITE, LARES & IfEAS, Nouatin, G., 2003, Dynamiques de la participation au Bénin : Rôles et
Document de travail n°21 de l’Institut d’anthropologie et d’études stratégies de différents groupes d’intérêts des processus de
africaines, Mayence : Université Johannes Gutenberg. recherche agricole. Thèse de doctorat Humboldt Universität zu
Adéléké, S. Léa, 2007, Dynamiques socio-foncières à la périphérie d’une Berlin. Margraf Publishers.
ville en pleine expansion : Le cas de Parakou. Thèse d’Ingénieur Organisation des Nations Unies (ONU), 2004, World urbanization
Agronome, Faculté d’Agronomie, Parakou. prospects : the 2003 revision population database. New York, N.Y.
Akobi, I., 2003, La marchandisation dans le processus de la transformation (é.-U.), ONU. [En ligne] URL : http://esa.un.org/unup, consulté le 19
des terres agricoles en parcelles d’habitation : le cas de Komi Guéa décembre 2009
à la périphérie de Parakou. Rapport de recherche, programme Maire de Parakou, 2004, Plan de développement municipal de Parakou :
INCO ECOCITE, Parakou : LARES. période 2005-2009. Réalisé par le Cabinet IREDA, l’UE /
Auriole L. et R. Aboudou, 2006, Impacts de la croissance urbaine sur les PRODECOM et la Mairie de Parakou.
filières agricoles de l’Afrique de l’Ouest : cas de l’igname à Reboud, V., 2006, A. Sen : Un économiste du développement ? Paris : AFD
Parakou, Bénin, Ifeas, Lares, document de travail, Ecocité n°13, Reboud, V., 2009, l’approche par les capabilités et ses apports pour le
www.ecocite.org. Développement. In L’approche par les « capabilités » d’Amartya
Sen : intérêts, limites et perspectives pour les politiques de

VertigO, Vol10 no2 12


VertigO – La revue en sciences de l'environnement, volume 10 numéro 2, septembre 2010

développement. « Les Jeudis du développement », AFD, 26 mars


2009.
Serhau, S.A., 2000, Revue permanente du secteur urbain au Bénin, 2ème
éd., juin 2000.

VertigO, Vol10 no2 13

Vous aimerez peut-être aussi