SUJET I : L’art nous permet-il d’échapper à la réalité ?
I. COMPRÉHENSION
1. explication des - L’art : La production de la beauté par les œuvres d’un être conscient (A.
concepts Lalande) ; la production artistique ; l’œuvre d’art.
- nous permet-il : nous autorise-t-il à ; nous donne-t-il la possibilité de,
nous rend-il capable de.
- échapper à : se soustraire à ; se dérober à, s’affranchir de ; transcender
- la réalité : le réel, le monde physique ; les choses ; le concret.
2. Reformulation L’œuvre d’art nous autorise-t-elle à nous soustraire au réel ?
L’art nous rend-il capables de transcender le concret ?
3. Problème Fonction de l’art
Rapport entre l’art et la réalité
Rôle de l’art
4. Problématique - D’ordinaire, on pense que l’art est le reflet de la réalité.
- Or, à l’analyse, l’art se dérobe au réel.
- L’art est-il alors pour nous, ce qui reproduit le réel ou ce qui le
transcende ?
II. PLAN DÉTAILLÉ A. L’art comme de l’homme rapprochement à la réalité :
L’art reproduit le réel, le concret. Ainsi, la réalisation d’un tableau ou
d’une statue représente une œuvre par laquelle l’artiste nous rapproche de la
réalité. Selon Platon,
« Peindre ou sculpter selon Platon,c’est imiter les êtres de la nature. »
L’œuvre de l’artiste est le reflet de la beauté d’un paysage comme une
cascade ou un fruitier. A cet effet, Ingres écrit : « Dessine, peins, imite, fût-ce de
la nature morte, l’art n’est jamais plus parfait que lorsqu’on peut le prendre pour
la nature elle-même. »
L’artiste, à l’instar du musicien, est un observateur attentif des
évènements concrets de la vie quotidienne ; il est un traducteur parfait du vécu
sociopolitique, économique et culturel des peuples. C’est le cas de Bob Marley
dont la musique ne s’écarte pas des aspirations et du combat des opprimés.
Transition Eu égard à ce qui précède, l’art reproduit la réalité. Mais ne dit-on pas que toute
production artistique suppose une rupture avec la réalité ?
B. L’art comme une rupture avec la réalité : l’art est le fruit du génie de
l’artiste.
- L’art est l’expression du génie de l’artiste. L’artiste crée son monde. Il
invente par son imagination. Ainsi, Kant écrit : « Les beaux-arts ne sont
possibles que comme produits du génie. »
- Par ses productions, l’artiste prend congé des réalités sensibles. Dans cet
ordre d’idées, l’art est une innovation. André Malraux dit : « Notre art est la
création d’un monde étranger au réel ; il n’en est pas l’expression »,
- L’art relève de l’inspiration ; c’est en cela qu’il échappe à la réalité.
BAC-II JUIN 2019 | ENSEIGNEMENT GENERAL SOUS-COMMISSION DE PHILOSOPHIE 1
D’après Platon, l’artiste (le poète par exemple) ne crée que lorsqu’il a reçu le don
d’inspiration.
Transition De cette argumentation, on retient que l’art rompt avec la réalité. Cependant
l’artiste peut-il créer ex-nihilo ?
C. L’art comme une transfiguration de la réalité.
- L’art, c’est la transfiguration de la réalité. En d’autres termes, l’art est le
produit de la transformation que l’artiste fait subir à la réalité pour revêtir
celle-ci d’une beauté nouvelle. Avner Ziss écrit : « L’art n’apparaît pas
simplement comme le reflet du réel, mais aussi comme une création, une
mode particulier de l’activité pratique et spirituelle des hommes. »
- L’artiste est celui qui dépasse la réalité ; il peut rendre ce qui est horrible
et laid attrayant et agréable. Boileau pour cela dit :
« Il n’est pas de serpent, ni de monstre odieux
Qui par l’art imité ne puisse plaire aux yeux »
III Ŕ CONCLUSION Quoique la contemplation de l’œuvre d’art donne l’impression que celle-ci est la
copie de la réalité, le dessein de l’artiste est, par un effort de transfiguration, de
s’exercer constamment à la transcender. Ainsi, l’art permet d’échapper à la
réalité.
SUJET II : Est-ce de la nature, de la société ou de l’Etat, qu’un individu tient ses
I. COMPRÉHENSION droits ?
1. Explication des
concepts - Est-ce de la nature : Est-ce des penchants égoïstes, de la force, de la
violence, de la puissance
- de la société : est-ce de la communauté, du corps social, du groupe
humain
- de l’Etat : est-ce de la puissance étatique, de l’autorité politique
- un individu : un citoyen, un être humain
- tient : tire, doit
- ses droits : ses prérogatives, ce qui est exigible, ensemble des lois
2. Reformulation Est-ce de la nature, du corps social ou de l’autorité politique que le citoyen tire
ses droits ?
3. Problème Source/Origine/Fondements du droit
4. Problématique On pense généralement que le citoyen tire ses droits de la nature
Or, on constate que les droits de l’individu relèvent de la société et de l’Etat.
Quelle est alors la véritable source du droit ?
II. PLAN DÉTAILLÉ A. La nature perçue comme la source du droit.
- L’individu, doté de la puissance physique ou qui dispose des moyens de
la violence armée, jouit des droits. Max Stirner déclare : « J’ai le droit de faire
tout ce que j’ai la puissance de faire. »
- La corruption des juges ou des magistrats, inhérente à la nature humaine,
vice auquel l’individu a recours, permet de gagner un procès ou de bénéficier de
l’indulgence de la justice. Dans son poème « Les animaux malades de la peste »,
Jean de la Fontaine a pu remarquer que celui qui a les moyens peut jouir du droit.
- L’individu qui appartient à la classe dominante tire ses droits de ceux
qu’instaure celle-ci. Ces droits ne sont que ceux qu’expriment ses caprices et ses
intérêts égoïstes. Dans La question juive, Karl Marx fustige cette attitude : « les
droits de l’homme (…) ne sont rien d’autre que les droits du membre de la
société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste. »
BAC-II JUIN 2019 | ENSEIGNEMENT GENERAL SOUS-COMMISSION DE PHILOSOPHIE 2
B. La société comme la source du droit
- Pour les juristes, l’origine du droit réside dans la coutume. Blaise Pascal
écrit : « La coutume fait toute l’équité par cette seule raison qu’elle est reçue. »
- La morale et la justice dont jouit le citoyen s’inscrivent dans les lois que
la société a édictées. David Hume affirme : « Les règles de l’éthique et de la
justice dépendent entièrement de l’état particulier ou de la condition où les
hommes sont placés. »
- Les droits de l’individu proviennent de son aisance socioéconomique.
Selon Engels, dans son ouvrage La question du logement, « les hommes oublient
que leur droit a pour origine les conditions de vie économique. »
C. L’Etat comme la source du droit
- L’Etat doit être tel qu’il ne prive pas les citoyens de leurs droits
fondamentaux (la liberté, le droit à la vie, à l’éducation, le droit à la sécurité, à la
santé…..), E. Kant écrit « Les droits de l’homme doivent être tenus pour sacrés,
quelque grands sacrifices que cela puisse coûter au pouvoir qui gouverne. »
- L’Etat se définit comme une institution de défense des intérêts de
protection du bien et du droit de tout le monde. Bakounine écrit : « Qu’est-ce que
l’Etat ? C’est, nous répondent les métaphysiciens et les docteurs en droit, la
chose publique : les intérêts, le bien collectif et le droit de tout le monde. »
Au terme de notre réflexion, l’homme tire ses droits de la nature. Pour jouir
III. CONCLUSION efficacement de ceux-ci, ils doivent émaner de la société et de l’Etat.
COMMENTAIRE PHILOSOPHIQUE
SUJET III
I. PRESENTATION
1. Auteurs P. DUCAT et J. MONTENOT
2. Ouvrage Philosophie le manuel, p. 573
3. Thème Rapport entre la liberté et le déterminisme.
4. Question implicite L’homme est-il libre ou déterminé ?
La liberté relève-t-il de l’imaginaire ou de la réalité ?
5. Thèse de l’auteur L’homme n’est pas libre mais déterminé.
La liberté de l’homme ne relève pas de la réalité mais plutôt de l’imaginaire, car
sa vie est scellée par le destin.
II. CORPS DU DEVOIR
1. Structure du texte
Sens de la liberté « Dans bien des situations, la liberté humaine paraît relever davantage de
l’imaginaire que de la réalité. L’homme est-il créature de son avenir ou bien
celui-ci est-il déterminé par avance ? Le sentiment d’absence de liberté
s’exprime notamment dans la croyance au destin. Ainsi, chez les Grecs,
l’opposition entre liberté et déterminisme prend d’abord la forme d’une
confrontation avec le destin.
- La liberté de l’homme est plus imaginaire que réelle
- La liberté humaine, en l’occurrence, l’avenir de l’homme, est scellée par le destin
- Les Grecs s’appuient sur le destin pour parler de l’opposition entre la liberté et le
déterminisme
Dans la mesure où la lutte que mène l’homme pour échapper à son destin se
L’homme comme le révèle vaine, toute liberté s’avère en fin de compte illusoire et la condition de
produit du
déterminisme l’homme tragique. Loin de faire ce qu’il veut ou ce qu’il a décidé, l’homme est le
BAC-II JUIN 2019 | ENSEIGNEMENT GENERAL SOUS-COMMISSION DE PHILOSOPHIE 3
jouet de dieux capricieux qui déterminent sa destinée de façon arbitraire et au gré
de leurs disputes : « En tout point, la volonté des immortels est obscure pour les
hommes » dit le poète Archiloque.
L’oracle a prédit qu’Œdipe tuerait son père, Laïos, et épouserait sa mère, Jocaste,
et tout ce que le héros tente pour l’éviter ne fait que contribuer à l’enchaînement
fatal des événements. Ici, le tragique réside dans le fait que c’est en cherchant à
échapper à son destin que l’homme l’accomplit.
- La liberté de l’homme est illusoire en ce sens que les efforts fournis par celui-ci pour
échapper au déterminisme sont vains
- L’homme ne fait pas ce qu’il veut, mais il fait la volonté de Dieu
- Selon Archiloque, les hommes n’ont pas une connaissance claire de ce qu’ils désirent.
- En voulant aller contre son destin, Œdipe l’accomplit contre son gré en tuant son père et
en épousant sa mère comme l’avait prédit l’Oracle.
2. Intérêt philosophique
a. Mérites de l’auteur Les auteurs de ce texte ont montré que la liberté est illusoire parce qu’elle est
soumise au destin. L’homme ne peut pas échapper à son destin en ce sens que
celui-ci est une fatalité.
ADJUVANTS - Selon Spinoza, « les hommes se trompent en ce qu’ils pensent être
libres. »
- Dans le même ordre d’idées, Nietzsche fait remarquer que « le libre
arbitre ne veut proprement rien dire d’autre que ne pas sentir ses
nouvelles chaînes. »
b. Insuffisances La liberté humaine existe réellement. Il n‘y a aucun déterminisme qui pèse sur
l’homme au point de lui ôter sa liberté.
- D’après J. P. Sartre, « Il n’y a pas de déterminisme, l’homme est libre,
CONTEMPTEURS l’homme est liberté.»
- L’homme est un être qui définit son existence. C’est lui-même qui se fait.
Il est l’artisan de son avenir, il le construit. Ainsi, Maalouf écrit dans Les
identités meurtrières : « L’avenir n’est écrit nulle part, l’avenir sera ce
que nous en ferons. »
III. CONCLUSION
L’existence du destin semble menacer la liberté humaine d’extinction. Malgré
cela, il appartient à l’homme de surmonter le déterminisme pour se réaliser.
SUJET I : « Je ne puis connaître sans savoir que je connais, désirer sans savoir que je
désire, sentir sans savoir que je sens. »
Que pensez-vous de cette affirmation de HAMILTON ?
I. COMPRÉHENSION
a. Explication des - Je ne puis connaître sans savoir que je connais : je sais que je connais ; j’ai
concepts conscience de ma connaissance.
- désirer sans savoir que je désire : j’ai conscience de ce que je désire ; j’ai une
connaissance claire de ce que je veux.
- sentir sans savoir que je sens : j’ai conscience de mes sentiments.
- Que pensez-vous de cette affirmation de …… : Quelles réflexions vous suggère
cette assertion de ……
b. Reformulation Quelles réflexions vous suggère cette assertion de Hamilton selon laquelle l’homme a
une conscience claire de sa connaissance, de ses désirs et de ses sentiments ?
c. Problème La connaissance de soi
La conscience de soi
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d. Problématique - On pense, à l’instar de Hamilton, que l’homme a une conscience claire de ses
pensées et de ses actes.
- Or, l’analyse révèle que l’homme n’est pas transparent à lui-même.
- L’homme est-il toujours conscient de ses états et de ses actes ?
III. PLAN DÉTAILLÉ A. Explication de la pensée de Hamilton : l’homme comme un sujet
transparent à lui-même.
- L’homme a une conscience claire de ce qu’il est, de tout ce qui se passe en et
autour de lui grâce à la conscience.
- Par la conscience, l’homme a une connaissance claire de ses désirs
- L’homme, grâce à la conscience, a une nette saisie de ses sentiments
B. Evaluation de la pensée de Hamilton
1. Les mérites : La connaissance de l’homme par la conscience
Hamilton montre que l’homme se connaît par la conscience. Il écrit : « La conscience
est la racine de toute connaissance. »
- Socrate : « Homme, connais-toi toi-même. »
- Hamilton a pu montrer que l’homme a une conscience lucide, transparente de
ses désirs et de ses sentiments.
- Jouffroy écrit : « Nous sommes nécessairement informés de tout ce qui se
passe au-dedans de nous dans le sanctuaire impénétrable de nos pensées, de nos
sensations et de nos déterminations. »
2. Les limites ou insuffisances de la pensée de Hamilton
- La connaissance de soi par soi est illusoire. La conscience est, par
conséquent, lacunaire. En ce sens, Leibniz soutient que tout ce qui se passe en nous
ne se reflète pas obligatoirement ou forcément dans notre conscience. Freud trouve
que « les données de la conscience sont extrêmement lacunaires. »
- La conscience intime comprend des points de vue différents et peut, dès fois,
être partielle ou déformée. Exemple des sentiments. Nous savons ce que nous
croyons éprouver, mais non pas ce qui nous émeut effectivement. Spinoza disait
que « les hommes sont conscients de leurs actions et ignorants des causes par où ils
sont déterminés »
- La conscience est incapable de retenir tous les souvenirs, de révéler le sens
profond des actes manqués, des erreurs grossières. En tant qu’un être conscient,
l’homme peut se tromper.
- L’homme est irréductible à la conscience claire de lui-même ; il est sous
l’influence de l’inconscient. Aussi dira Hegel : « L’homme n’est pas tout à fait clair,
ni tout à fait obscur à lui-même. »
III. CONCLUSION Au terme de cette réflexion, on peut admettre, avec Hamilton, que l’homme est
conscient de lui-même. Mais il faut reconnaître en cette idée des lacunes, car
l’homme est aussi sous l’influence de l’inconscient.
SUJET II : Le travail nous affranchit-il du besoin ou nous permet-il d’en créer d’autres ?
I. COMPRÉHENSION
1. Explication des - Travail : activité consciente et utile en vue de la transformation de la nature et de
concepts soi
- nous affranchit-il : nous libère-t-il
- besoins : exigences de la vie, nécessités existentielles, désirs
- nous permet-il : nous conduit-il, nous amène-t-il
- d’en créer d’autres : d’avoir d’autres désirs
2. Reformulation Le travail satisfait-il les nécessités de la vie ou nous conduit-il à en avoir d’autres ?
Le travail est-il un moyen de satisfaction des exigences de la vie ou ce par quoi
d’autres besoins se créent ?
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Valeur du travail/Fonction du travail/ Rôle du travail1
3. Problème
Le travail, dans son institution2, répond à la satisfaction des besoins de la vie.
4. Problématique Or, dans son exercice, le travail génère d’autres besoins.
Le travail subvient-il alors à nos besoins ou est-il ce par quoi de nouveaux besoins
naissent ?
A- Le travail comme la satisfaction des besoins vitaux
II. PLAN DÉTAILLÉ - Le travail répond à la satisfaction des besoins de subsistance, notamment, le
besoin de se nourrir. Ainsi, dans la Bible (Pv. 12, 11.), il est écrit : « Qui cultive sa
terre sera rassasié de pain.»
- La nécessité de se vêtir est ce qui motive l’homme à s’adonner au travail.
C’est donc par l’exercice du travail que l’homme trouve les moyens de lutter contre
le froid, de se couvrir.
Selon E. Kant le travail permet « l’invention des moyens de se couvrir ».
- La nature est inhospitalière à l’homme. Celui-ci travaille pour dompter cette
nature et la rendre habitable. R. Descartes, dans Discours de la méthode, disait que,
par la science et la technique « l’homme est maître et possesseur de la nature »
B- Le travail comme une activité créatrice de nouveaux besoins
Le travail génère des moyens qui créent d’autres besoins
- Le travail crée le désir d’acquérir davantage de biens matériels. En effet, à
mesure que le niveau de rémunération du travailleur progresse, les besoins de ce
dernier augmentent. C’est pourquoi H. Marcuse dit que le monde du travail est à
l’origine d’une société de consommation « dans laquelle de nouveaux besoins sont
perpétuellement et artificiellement créés. »
- Dans la mesure où le travail use la force de l’individu, il crée, pour celui-ci,
un autre besoin, celui de se livrer à des activités de loisir pour se distraire et se
reconstituer. Dans cette perspective, Michel Lacroix affirme que « les activités de
loisir sont des moyens de réalisation de soi ».
- Le travail, en donnant la satisfaction aux besoins, crée le besoin de s’affirmer,
de se réaliser et de faire reconnaître son statut social. Jules Vuillemin affirme : « Je
travaille donc je suis »
III. CONCLUSION En somme, le travail est, de prime abord, l’activité par laquelle l’homme satisfait ses
besoins vitaux. Néanmoins, il apparaît que le travail est la source d’autres besoins qui
assiègent l’individu. Ainsi, le travail affranchit l’individu des exigences de la vie
autant qu’il l’asservit à d’autres besoins.
SUJET III
I. PRESENTATION
1. Auteur Claude Bernard
2. Ouvrage Introduction à l’étude de la médecine expérimentale
3. Thème Rapport entre l’observation et l’expérimentation
Méthode/Démarche expérimentale
4. Question implicite - Peut-on séparer l’observation de l’expérimentation ?
- En quoi consiste la méthode expérimentale ?
5. Thèse de l’auteur - On ne peut pas séparer l’observation de l’expérimentation car, c’est de
leur solidarité que naît la connaissance scientifique.
- La méthode expérimentale consiste à allier l’observation et
II. CORPS DU DEVOIR l’expérimentation pour produire la connaissance scientifique.
1
On peut aussi parler de l’importance du travail mais c’est secondaire ;
2
On peut aussi dire : l’institution du travail………..
BAC-II JUIN 2019 | ENSEIGNEMENT GENERAL SOUS-COMMISSION DE PHILOSOPHIE 6
1- Structure du texte
« L’observateur et l’expérimentateur répondraient donc à des phases
La différence entre différentes de la recherche expérimentale. L’observateur ne raisonne plus, il
l’observateur et
constate ; l’expérimentateur, au contraire, raisonne et se fonde sur les faits
l’expérimentateur
acquis pour en imaginer et en provoquer rationnellement d’autres.
- L’observateur ne se confond pas avec l’expérimentateur
- L’observateur recueille passivement les données de l’expérience sensible
- L’expérimentateur raisonne et produit l’idée à soumettre à l’expérimentation :
il est dynamique
L’indissociabilité entre
Mais, si l’on peut, dans la théorie et d’une manière abstraite, distinguer
l’observateur et
l’expérimentateur l’observateur de l’expérimentateur, il semble impossible dans la pratique de
les séparer, puisque nous voyons que nécessairement le même investigateur
est alternativement observateur et expérimentateur.
On voit donc que tous les termes de la méthode expérimentale sont solidaires
les uns des autres.
- Si théoriquement on peut distinguer l’observateur de l’expérimentateur, il faut
reconnaître, dans la démarche expérimentale, que les deux sont inséparables. Il est
donc clair que l’expérimentateur ne peut se passer de l’observation.
La valeur de l’hypothèse
dans la constitution de la Les faits sont les matériaux nécessaires ; mais c’est leur mise en œuvre par le
connaissance scientifique raisonnement expérimental, c’est-à-dire la théorie, qui constitue et édifie
véritablement la science. L’idée formulée par les faits représente la science.
L’hypothèse expérimentale n’est que l’idée scientifique, préconçue ou
anticipée. La théorie n’est que l’idée scientifique contrôlée par l’expérience.
Le raisonnement ne sert qu’à donner une forme à nos idées, de sorte que tout
se ramène primitivement et finalement à une idée. C’est l’idée qui constitue,
ainsi que nous allons le voir, le point de départ ou le primum movens de tout
raisonnement scientifique, et c’est elle qui en est également le but dans
l’aspiration de l’esprit vers l’inconnu. »
- Dans l’activité scientifique, on part des faits mais il faut formuler une hypothèse à
partir de ces matériaux. C’est ce qui constitue le socle de la connaissance
scientifique. Il faut noter que l’hypothèse n’est pas encore une vérité scientifique ;
c’est pourquoi il faut la soumettre au contrôle expérimental.
- L’idée est primordiale dans la constitution de la connaissance scientifique car elle est
2- Intérêt philosophique
« le point de départ de tout raisonnement scientifique. »
Mérites de l’auteur
Claude Bernard a le mérite de souligner le caractère indissociable de l’observation et
de l’expérimentation dans la démarche expérimentale. Il a aussi le mérite d’insister
sur la valeur de l’hypothèse, laquelle doit être contrôlée par l’expérience.
Claude BERNARD déclarait : « Le savant complet est celui qui embrasse à la fois la
théorie et la pratique expérimentale. »
ADJUVANTS - Henri Poincaré : « Isolées, la théorie serait vide et l’expérience
myope ; toutes deux seraient inutiles et sans intérêt. »
- G. Canguilhem : « C’est au confluent du sensible et de l’intelligible
que se trouve la réalité du fait scientifique. »
- G. Bachelard : « L’histoire de la science n’est qu’une alternative, sans
cesse renouvelée, d’empirisme et de rationalisme. »
- H. Bergson : « La méthode scientifique, telle que les modernes
l’entendent, comprend trois procédés : l’observation, l’hypothèse et
l’expérimentation. »
III. CONCLUSION Il est vrai que, pour atteindre la vérité scientifique, il faut nécessairement élaborer une
hypothèse. Mais cette hypothèse doit être contrôlée par l’expérimentation. Le savant
véritable est, comme le soutient Claude Bernard, celui qui combine la théorie et
l’expérience.
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