Séquence 5
Humanisme et Renaissance (15ème-16ème siècle)
Chapitre 1 : L’Humanisme, un nouvel état d’esprit
I- Définir l’Humanisme
Les humanistes mettent l’Homme en valeur mais sont pour autant
très exigeant envers les êtres humains. Ils veulent être de plus en
plus instruits et savants. Ce sont des croyants, ils sont chrétiens. Ils
affirment que l’Homme est la principale création de Dieu et que
l’Homme est nécessaire à Dieu. Ils pensent que l’Homme est au
centre de l’univers. La curiosité doit abriter chaque être humain. Les
Humanistes pensent que l’être humain, parce qu’il est humain, est
capable d’acquérir toutes les connaissances dans tous les domaines.
Ils partent du principe que tous les humains partent avec les mêmes
capacités. Les humanistes étaient fascinés par l’Antiquité,
notamment l’Antiquité grecque et romaine.
L’humaniste hollandais Erasme disait : « On ne naît pas Homme, on le
devient ».
II- La diffusion de l’Humanisme
L’Humanisme est né en Italie au XIVe siècle avec Masaccio, Boccace
car il y avait une proximité entre l’Italie et l’Antiquité grecque et
latine. L’Italie était le pays le plus riche du monde divisé en plusieurs
cités en concurrence.
Cependant, l’Humanisme et l’art de la renaissance se sont rependus
dans d’autre pays comme la France à cause des guerres d’Italie. A la
fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, les rois de France ont
tentés à plusieurs reprises de conquérir l’Italie. A l’occasion de ces
guerres, les français ont été éblouis et émerveillés par la beauté des
villes italiennes, par le raffinement de ce pays. De retour en France,
les français voulurent faire de même en France. Des artistes italiens
ont donc été invités en France pour travailler et pour former des
élèves. Rosso et Primatice ont donc conçus des châteaux tel que le
palais du Louvre et les quais de la Seine.
Le papier est une invention chinoise arrivée en Europe au XIIIe siècle.
L’imprimerie a été inventée vers 1450 par l’imprimeur allemand
Gutenberg. Il n’a fait que perfectionner des techniques qui existaient
déjà avant lui. Cela a permis de multiplier le nombre de livre. Le livre
le plus imprimé à cette époque fut la bible.
Chapitre 2 : L’Humanisme bouleverse le Christianisme
I- Une Eglise en proie au doute
Dès le XIVe siècle, l’Eglise a été remise en cause.
- Les chrétiens sont touchés par des calamités comme la guerre
de 100 ans entre la France et l’Angleterre, les famines ainsi que
la peste « noire » qui arrive en 1348 suite à l’arrivée d’un
bateau où les marins sont contaminés ce qui tua 12 millions de
personnes sur 20 millions en Europe. Même après 1348, cette
épidémie revient tous les 15-20 ans mais tue de moins en moins
de personne car les gens commencent à être immunisés. Toutes
ces calamités sont traduites par une colère de Dieu que l’Eglise
semble incapable d’apaiser malgré ses prières. Il y a donc un
climat de doute.
- Les abus de l’Eglise sont mal ressentis par les gens de l’époque
(richesse, mauvaise vie des prêtres et leur ignorance).
Cette inquiétude devient un doute à cause des travaux des
Humanistes : Saint Jérôme avait traduit la vulgate (version officielle
de la bible) au VIe siècle du grec au latin. Or, les Humanistes se sont
rendu compte en retraduisant la vulgate que Saint Jérôme avait fait
pleins d’erreurs. Aux yeux des chrétiens, cela explique la surdité de
Dieu à leurs prières.
L’imprimerie permet donc de lire directement la bible sans passer par
les prêtres. C’est ainsi que de nombreux fidèles constatèrent le
décalage entre la bible et la vie de l’Eglise, le comportement des
prêtres.
Les Humanistes veulent une religion tolérante et recentrée sur la
bible.
II- Martin Luther et la réforme protestante
Martin Luther (1483-1546), moine allemand, fonde une nouvelle
religion chrétienne, fondée sur la bible.
Il était tourmenté par le Salut : comment aller au paradis ?
L’Eglise catholique dit que le Salut s’obtient par la foi et accomplir
davantage de bonnes actions que de mauvaises. Martin Luther
affirme que le Salut s’obtient par la foi et non par les œuvres que
nous réalisons : un croyant rentrera au paradis quelque soient ses
œuvres. Il dit qu’un croyant sera automatiquement conduit à faire
des bonnes actions.
Les principes de cette religion (protestante) sont les suivants :
- Le Salut par la foi
- L’eucharistie est une simple commémoration du dernier repas
de Jésus non pas une transformation du pain en corps de Jésus
ni du vin en sang de Jésus
- L’égalité entre les croyants donc pas de hiérarchie (pas de
papes ni d’évêques, le pasteur est juste un croyant plus cultivé
que les autres)
- Il n’y a pas d’intermédiaire entre Dieu et les Hommes (ils n’ont
pas de saints à vénérer)
Il y a une rupture avec l’Eglise en 1517. En effet, en 1517, Martin
Luther publie les 95 thèses : les 95 sujets de désaccord qu’il a avec
l’Eglise catholique et les fait imprimer.
Dans le catholicisme, il y a un intermédiaire entre le paradis et
l’enfer : le purgatoire (pour expier ses pêchers).
Au 16e siècle, l’Eglise vendait des indulgences (des remises de
peines de … années sur le temps passé au purgatoire).
Martin Luther n’est donc pas d’accord avec les indulgences, il dit
que seule la grâce de Dieu peut sauver un Homme.
Avec l’affaire des indulgences, il est convoqué à Rome au tribunal
de l’Inquisition. Il ne se rend pas à cette convocation car il sait ce
qui l’attend (être brulé vif).
En 1521, il fonde officiellement la religion réformée qui rencontre
un succès considérable dans la moitié nord de l’Europe. Il a
l’intelligence de s’adresser aux rois et aux princes directement.
Les chrétiens sont soulagés par les dogmes du protestantisme.
Exemple avec la France : La France a failli devenir protestante (au
milieu du 16e siècle, ¼ des français s’étaient convertis). La France
était gouvernée par François 1er (1514-1547) qui refusa de se
convertir au protestantisme.
1534 : affaire des placards d’Amboise : Le roi se réveille et voit
sous ses yeux une affiche de propagande avec une invitation à se
convertir au protestantisme.
III- Réaction catholique
Au début du XVIe siècle, la France était dirigée par les Valois (par
François 1er). Bien que l’affaire des placards d’Amboise ne lui avait
pas plu, il réussit à maintenir la paix entre les deux religions de
France.
Face à la montée de la religion protestante, l’Eglise catholique réunit
un Concile dans la ville de Trente (de 1545 à 1661). L’Eglise réaffirme
ses dogmes. Aucune concession n’est faite aux protestants. Elle fait
tout de même un effort sérieux sur la formation des prêtres.
A la mort de François 1er, Henri II (1547-1559) prend le pouvoir et
réussit tout comme son père à maintenir la paix entre catholiques et
protestants. Or, Henri II décède prématurément.
De 1562 à 1598, il y a eu 8 guerres civiles entre catholiques et
protestants qui déchirent la France.
La régence du royaume est donc assurée par Catherine de Médicis.
François II succède à Henri II mais meurt à 16 ans.
Son frère cadet, Charles IX lui succède et devient roi de France en
1560 jusqu’en 1574.
Le 24 août 1572, lors de la Saint-Barthélemy, la sœur du roi doit se
marier avec Henri de Navarre (chef des protestants). Ce mariage doit
se dérouler à Paris où toute la noblesse y est invitée. Alors que le
mariage doit être célébré, des extrémistes catholiques massacrent les
protestants. Ces massacres se répandent dans tout le royaume.
Henri III devient alors roi de 1574 à 1589. Durant son règne, il essaya
de réconcilier catholiques et protestants. Il fut assassiné en 1589 par
un catholique extrémiste mais n’avait pas d’enfant.
C’est alors Henri de Navarre qui prend le pouvoir sous le nom de
Henri IV. Il est le fondateur de la dynastie des Bourbons. Henri IV va
finir par se convertir à la religion catholique pour se faire accepter et
pouvoir rentrer dans sa capitale. En 1598, Henri IV publie l’édit de
Nantes. Il accorde aux français la liberté de culte. Il se fait assassiner
le 14 mai 1610 par Ravaillac.
Chapitre 3 : L’art de la Renaissance
I- La Fresque du Jugement dernier
Une fresque est une peinture qui est réalisé sur un enduit recouvrant
un mur.
La Fresque du Jugement Dernier a été réalisée par Michel Ange
Buonarotti (1475-1564). Elle se trouve à Rome dans la chapelle
Sixtine au Vatican. Elle a été peinte de 1534 à 1536. Ces dimensions
sont de 21 mètres (hauteur) sur 13 mètres (largeur). Ce fut un très
long travail préparatoire. Cette œuvre a été réalisée par ces élèves et
Michel Ange a fait les plans et les détails les plus complexes (mains,
visages…).
Après deux ans de travail préparatoire, la réalisation de cette œuvre
va débuter en 1534.
On y voit au centre Jésus, à sa droite nous pouvons voir une femme
voilée (la vierge Marie). Autour de lui, il y a un demi-cercle qui
l’entoure (ce sont les saints et les martyrs). Il y a par exemple Saint-
Barthélémie, Saint-Laurent…
Dans chacune des alvéoles sont représentées les symboles de la
crucifixion de Jésus. Par exemple dans celle de gauche : la couronne
d’épine, la croix, un jeu de dés… Et dans celle de droite : la lance
(avec laquelle il a été tué), une colonne de marbre (où il a été
attachée et fouetté).
En bas de l’œuvre, nous voyons des personnes allant en Enfer. Un
peu au-dessus d’eux, il y a des anges sur des nuages tenant deux
livres : un avec les noms des humains destinés au Paradis et un avec
les noms de ceux destinés à l’Enfer.
Cette œuvre nous montre que Michel Ange reste catholique et ne
devient pas protestant. Il montre aux protestants, par le biais de
cette œuvre, que les catholiques placent au centre de leur religion
Jésus non pas comme le disent les protestants.
Il y a eu une invention technique pour les peintres de la Renaissance :
la peinture à huile, qui donne aux œuvres un côté beaucoup plus
lumineux. La Fresque du Jugement Dernier est très lumineuse mais se
ternit avec le temps, c’est pour cela que la chapelle Sixtine est
aujourd’hui fermée au public afin que l’œuvre se dégrade moins
rapidement.
II- La Renaissance flamande
L’art de la renaissance flamande est un peu différent de celui italien
mais tout aussi spectaculaire. Les tableaux italiens sont beaucoup
plus lumineux que ceux flamands.
Les peintres flamands s’intéressent beaucoup moins que les Italiens à
l’Antiquité grecque.
Le peintre flamand Van Eycls a réalisé en 1434 le tableau : « Les
époux Arnolfini ».