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48 rue de Milan, 63370 Lempdes - 2023
SEVEN
7
Ecrit par
MARKOBI
Mise en page
THOMAS RIBOULET
Relecture et correction
AGNES COLAS
SOMMAIRE
I/ UN PEU DE THÉORIE
ILLUSION DE L’INFINI /07
COMMENT ARRIVER À CE RÉSULTAT ? /08
TRANSITION ÉCLAIR /12
REPLI STRATÉGIQUE /13
ANTICIPER LE TRÈS LONG TERME /16
HOMME/ FEMME /17
4
II/ STRATÉGIES ET MÉTHODES
CLANDESTINES POUR ARRIVER
AU SEPT
LA PERSONNE NE DIT PAS SEPT /23
LE DUO NE FAIT PAS SEPT /24
PRINCIPE DE LA MOYENNE DU DUO /25
LA MÉTHODE DU CHAHUT /26
L’INCONNU QUI N’A RIEN DEMANDÉ /29
EXEMPLE DE MENTALITÉ À SUIVRE /31
MÉTHODE ALTERNATIVE DU CHEF /32
D’ORCHESTRE
INVENTEZ UNE RAISON /33
5
UN PEU DE
THÉORIE
La méthode de base, plutôt connue, consiste à demander à un
spectateur de nommer un chiffre entre 1 et 10, dans le but de
l’utiliser pour un effet magique. En théorie, le spectateur a plus
de chances de dire le chiffre 7.
Statistiquement, lorsque l’on demande à quelqu’un de nommer
un chiffre entre 1 et 10, du moins dans le monde occidental (au
pôle nord les modalités ne seront pas nécessairement les mêmes!),
le chiffre qui ressort majoritairement est le 7. Probablement parce
que l’esprit tend inconsciemment à chercher la difficulté, donc à
choisir un « grand chiffre » ) à l’échelle de 10 (un petit chiffre n’est
pas assez compliqué, challengeant, du moins dans notre esprit,
au moment de la réflexion).
Le spectateur ne veut pas paraître trop « lisse » (en disant 5 ou 10
par exemple, qui sont des chiffres très « classiques », « carrés ») :
ce côté « pervers » de l’esprit nous arrange, puisque le choix est
spontané et semble libre de toute influence lorsque la personne
ne connaît pas cette statistique.
Ce type de fonctionnement de l’esprit est à appréhender avec la
plus grande attention, car il s’étend bien au-delà de statistiques
connues comme celle présentement étudiée... Et on peut, si l’on
comprend correctement ces notions, prédire bien des choses
en improvisation, en utilisant le matériel comportemental et
psychologique que nous fournit le spectateur lui-même.
6
ILLUSION
DE L’INFINI
Comme diraient les matheux, une chance sur dix n’est
statistiquement pas impressionnante car c’est une chance
probable. Tout du moins si l’on y réfléchit bien.
Notre but, c’est d’annuler cette réflexion : Le spectateur ne doit
pas ressentir l’impression d’avoir eu une chance sur dix, mais
d’avoir annoncé sa pensée LIBREMENT, une pensée qui, dans
son esprit, ne s’arrête pas à un simple chiffre. Autrement dit,
ne nous arrêtons pas à des mathématiques, à des probabilités :
nous sommes dans son cerveau. L’illusion est d’avoir décelé une
chance sur l’infini de pénétrer dans ses pensées.
Nous verrons plus tard que, bien amené, le même impact sur
l’esprit du spectateur peut être atteint avec une chance sur
quatre, ou même sur deux …
(Toutes proportions gardées bien évidemment)
7
COMMENT PARVENIR
À CE RÉSULTAT ?
En faisant un effet qui ne marche, en apparence, QU’AVEC le
chiffre 7. Du point du vue du spectateur, nous n’avons qu’une
et une seule sortie : ainsi, il est difficile pour lui de se dire que
nous avons simplement tenté notre chance (ce qui en réalité
est le cas : bien qu’il y ait des manières de se rapprocher très
efficacement des 75 % d’efficacité, si ce n’est 80 %). Cet effet doit
être également magique, visuel, matériel, impossible en tant que
phénomène physique.
Si vous écrivez une prédiction devant le spectateur, que vous
lui demandez un chiffre et que vous révélez votre prédiction
exacte : 7, vous ne créez pas cette dualité mentale/physique, qui
empêchera le spectateur de réfléchir au côté statistique.
Or, pour obtenir une puissance magique, le chiffre 7 doit être
le moyen. Vous n’empêcherez pas les spectateurs de penser ce
qu’ils veulent : l’important est de mettre toutes les chances de
votre côté pour avoir le maximum d’impact, et effacer vos traces
analysables le plus proprement possible (le plus souvent en n’en
donnant aucune).
Très important : le chiffre 7 doit être le choix qui PERMET un
effet et en aucun cas, sa finalité. Le spectateur analyse la finalité,
et non le moyen. Si vous forcez un duplicata, et que vous le faites
apparaître dans l’étui (où vous l’aviez mis auparavant), l’analyse
se porte sur le « comment physique », et non pas sur le « comment
du choix ». Dani Da Ortiz propose souvent des méthodes qui
marchent avec cette technique. « L’attention du spectateur est alors
sur B, et non plus sur A (qui est le secret) ... »
Nous sommes à mille lieues du véritable secret (ici l’énonciation
8
prédite du 7, ou dans l’exemple, le duplicata forcé), et tout cela ne
fonctionne qu’avec une qualité de présentation et de nonchalance
efficace.
En bref, il faut creuser un océan entre le moyen et le but, entre la
méthode et l’effet.
De plus, Ne pas terminer sur un effet avec le 7 augmente les
chances de ne pas éveiller chez le spectateur l’éventualité de
cette statistique. Si votre magie est de qualité et qu’elle ne semble
pas mathématique ou calculée, cette éventualité n’apparaîtra
même pas dans l’esprit du spectateur. Pour la simple raison
que le questionnement du spectateur ne sera pas de savoir
comment vous avez prévu qu’il allait dire 7, mais comment vous
avez réalisé votre effet (transformation, multiplication... etc.).
Autrement dit, votre magie ne doit pas être uniquement mentale,
ou mathématique, mais aussi (et surtout) matérielle (je n’emploie
pas le mot « visuel » car il pourrait être interprété comme quelque
chose qui survient soudainement (le côté flash de la magie), ce
qui n’est pas nécessairement le cas.
« Matériel » signifie uniquement que cela se produit avec la
matière, que ce soit flash ou non). Transformation, apparition,
transposition, disparition, sont les exemples phares de cet aspect
«matériel». Si vous faites apparaître 7 éléphants, le spectateur
ne se demandera pas comment vous avez deviné le chiffre, mais
plutôt comment diable ces éléphants sont apparus.
Il convient, bien sûr, de ne pas lui révéler cette statistique.
>> NI À LA FIN, NI PENDANT. <<
9
Cela dit, vous aurez souvent affaire à des gens qui vous
mentionneront l’éventualité de cette statistique, ou alors
l’affirmeront comme un fait avéré (ce qui est fondamentalement
vrai). Il vous appartient alors de démentir ce fait par votre attitude.
Paraître étonné de ces assertions est une méthode que j’utilise
avant de changer de sujet ou de démentir par tous les moyens
possibles : un tour qui simulerait des statistiques différentes, ou
quoi que ce soit d’autre démontrant l’absurdité de l’assertion
du spectateur... C’est une façon de lui faire comprendre qu’il a
emprunté la mauvaise direction.
Évidemment, cela doit se faire avec subtilité, sans montrer au
spectateur qu’on cherche absolument à le contredire. Il faut être
naturel et jouer le rôle de quelqu’un qui dirait la vérité.
Quelques exemples pour illustrer :
Spectateur : « Ah mais le 7, ça doit être le chiffre le plus annoncé »
1
Plusieurs réponses possibles du magicien :
Magicien : « Vous auriez dit quoi ? » (le spectateur
annonce un autre chiffre)
Par la méthode de votre choix, comme un filage, vous
transformez le 7 en son chiffre (en gardant le même
2
signe, pour des raisons de cohérence et d’esthétique,
vers lesquelles nous reviendrons ultérieurement)
Magicien : « on m’a dit la même chose tout à l’heure
pour le 9, hier c’était le 4, Ha Ha ! Vous êtes amusant ! »
10
3 Magicien : « Ah bon ? Faudra que je songe à le noter,
4
ça ! »
Magicien : « Vous pensez ? En tout cas, le 7, lui,
s’en fiche, il est parti quelque part, savez-vous où ?»
(Le spectateur mentionne un endroit, et vous
improvisez un effet de téléportation à l’endroit
5
annoncé. Ainsi, vous éloignez son interrogation)
Magicien : « Je ne sais pas, je ne l’ai plus, il est parti
dans ma poche...» (carte à la poche)
Magicien : « C’est ce que m’a dit le morse qui est dans
vos cheveux » (vous sortez un morse en plastique,
ou n’importe quoi depuis ses cheveux). C’est un
effet qui éloigne le spectateur de son interrogation.
6
Etc..., ce ne sont que des exemples. Libre à vous de trouver
d’autres portes de sortie.
11
TRANSITION
ECLAIR
Après vos réponses face aux interrogations du spectateur, vous
pouvez :
• Soit ignorer le spectateur qui vous ennuie avec ses questions
(attention toutefois à ne pas lui faire remarquer que c’est
volontaire) si vous êtes dans un groupe
• Soit changer de sujet, et surtout, totalement changer de
registre. Enchaînez immédiatement sur une thématique
différente. Par exemple, demandez à quelqu’un s’il a un
chewing-gum, faites tomber votre téléphone, enlevez votre
T-shirt, faites un effet de pièces, montrez le canard laqué
que vous avez laissé pourrir dans votre poche intérieure de
veste... Ou, comme j’ai l’habitude de le faire : continuez sur
votre lancée, en IGNORANT COMPLÈTEMENT CE QU’IL
VIENT DE SE PASSER.
Vous êtes le roi, peu importe ce que vous faites, vous êtes au
centre des attentions et c’est ce qui est le plus important dans
le groupe, aussi stupides soient vos actions. Vous êtes le maître
à bord, et personne ne peut vous dire quoi faire et comment le
faire. Si vous voulez ignorer l’interrogation du spectateur, coupez
la parole, éclatez de rire. Faites-le toujours dans l’idée de changer
d’atmosphère intellectuelle.
Bien sûr, tout ce que je décris ne doit pas être dit sous la forme d’un
défi et vous devez toujours rester poli sans avoir l’air d’esquiver
le sujet (cela ne veut pas dire « rester normal » : je ne pense pas
que l’on puisse faire de l’improvisation tout en étant parfaitement
normal). Votre action et vos propos doivent être naturels et servis
12
de préférence par une attitude extravagante. PERSONNE ne doit
soupçonner votre tentative d’esquive. Les spectateurs doivent
vous suivre, et non vous guider où ils le souhaitent. Mais encore
une fois, cet état d’esprit ne fonctionnera que si vous avez l’air de
découvrir les choses en même temps qu’eux.
REPLI
STRATEGIQUE
Cependant, certains facteurs comme le défi exprimé par le
spectateur (à éviter), le côté rationnel exubérant de celui-ci, ou
son envie de ruiner le tour, font qu’il est parfois malheureusement
préférable d’avouer la statistique, en expliquant qu’effectivement,
le 7 (ou la statistique utilisée) est ce qui ressort le plus souvent.
Ceci est un repli uniquement stratégique.
À quoi sert-il ?
Il permet d’affirmer nonchalamment une évidence, comme une
mignardise sans intérêt particulier, une parenthèse dans votre
démonstration, ou encore un petit grain de sable dans votre
Sahara de compétences.
Vous êtes en train de nourrir le spectateur de ce qu’il désire,
pour qu’il soit rassasié durant le reste de votre prestation. Les
spectateurs ont besoin de savoir ou d’avoir raison. Même si vous
mettiez une grande importance à votre effet, le spectateur n’en
retiendrait que votre attitude. Avouez l’air de rien que le chiffre
7 est couramment annoncé et le spectateur aura une information
sans grande importance. Vous venez de lui avouer une curiosité,
une chose intéressante, mais en aucun cas, vous n’avez révélé
votre magie. Du moins, pas à ses yeux...
13
Dans le cas de ce repli, vous devez faire passer l’effet que
vous venez de réaliser avec le chiffre 7 comme quelque chose
de délibérément expérimental, même si ce n’était pas prévu ni
envisagé tel quel. Vous pouvez même changer de discours pour
vous protéger. Si au début, vous aviez présenté un effet comme
un tour, précisez à la fin que ce n’était qu’une expérience. Au
besoin, dites que vous avez fait semblant de réaliser un tour
pour que les statistiques opèrent. AVOUEZ que ce n’était pas
de la magie, mais simplement une expérience, où la condition
première était de faire croire à un réel tour de magie.
La tension qui aurait pu naître entre le spectateur et votre magie
sera transposée entre le spectateur et … autre chose.
Vous venez de nourrir le spectateur, de lui donner ce qu’il veut,
et s’il pose d’autres questions, ce ne sera pas avec la même
gourmandise. Vous couvrez vos arrières. Ce concept avait été
développé également dans des notes de conférence de Dominique
Duvivier (faire un tour nul pour nourrir le désir de découverte
du spectateur, afin qu’il soit rassasié lors du tour « killer »). Dans
notre cas, ce n’est pas un tour nul, mais un fait sans grande
importante, une anecdote quelconque que nous lui donnons. Le
secret du chiffre 7 a une très forte importance. Je dis « nul » en
parlant de l’importance que VOUS allez donner à ce secret dans
ce cas de figure. Le spectateur ne retiendra que celle-ci.
Si vous avez du mal avec ce concept, regardez les routines d’Open
Traveller, on y développe le concept d’empalmage comme
anecdote, alors que c’est une des méthodes les plus importantes en
cartomagie. Cela ne nous empêche pas d’en utiliser par la suite...
Puisque si l’on avoue un concept en anecdote NON magique,
la méthode fonctionnera à nouveau quand vous remettrez
votre costume de magicien. De même, un tutoriel de
magie sur YouTube révélant la levée double ne
dispensera pas le spectateur, quand vous en
effectuerez une, de passer totalement à
côté et de se faire avoir… Le matériel
est la technique, mais ça n’est que
le matériel.
14
Le reste est votre talent, et le talent a assez de ressources pour
ne pas laisser les yeux du spectateur sur la technique, surtout en
improvisation, où vous-même ne savez pas toujours la direction
que vous prenez...
Pour être plus clair : l’attitude à ne PAS avoir est d’être déboussolé
en montrant que vous aviez toute votre force magique, votre
meilleur effet, dans cette prédiction. Les spectateurs n’auront pas
le sentiment d’avoir découvert votre supercherie, mais d’avoir
découvert TOUTE votre magie. Ce qui est très mauvais, pour ne
pas dire catastrophique. (Cela dit, en bon improvisateur, on peut
se sortir de toutes les situations, mais il n’empêche que cela
reste désagréable).
Si cela vient à arriver, ne montrez pas le
désagrément causé.
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ANTICIPER LE
TRÈS LONG TERME
(JUSQU’À LA MORT DU SPECTATEUR)
Mon texte devient macabre tout à coup...
Il faut anticiper (effacer les traces), laver (effacer les traces qui ont
déjà été analysées, et tuer cette analyse), servir (mettre tout votre
talent à l’œuvre pendant vos actions), et réfléchir pendant vos
effets à leur digestion à court, moyen et très long terme. Lorsque
je réalise mes performances, je pense à ce que le spectateur va se
dire dans cinq ou dix ans, et tente de lui façonner ses réflexions
du futur, avec presque plus d’importance que ce que je lui offre
dans le présent.
Vous défendez, honorez et servez TOUTE votre magie avec votre
attitude de chaque instant.
Si vous n’apportez pas d’importance à ce concept, votre effet
pourra marcher et sera analysé par le spectateur le soir lorsqu’il
rentrera chez lui (juste après s’être relaxé avec sa belle ou devant un
bon Netflix !) . Et je ne plaisante qu’à moitié : votre magie doit être
un sujet de fascination et non pas un sujet de rigolade.
Si vous faites ce qu’il faut, soit le spectateur retiendra LA MAGIE,
et non la méthode (donc le chiffre 7 passera à la trappe), soit il se posera
la question, mais cela restera un doute éternel (et le doute permet
la magie). Cela dit, le doute n’est pas optimal, Juan Tamariz ne
placerait pas ce résultat au premier rang de son tableau au début
de son écrit sur le Chemin Magique. Mais je fonctionne ici en degré
de gravité : le doute est mieux qu’une demi-évidence. Et l’absence
de questionnement est meilleure que le doute, nous sommes
d’accord. Mais dans l’improvisation, nous cherchons à maîtriser
au maximum notre univers, tout en ayant le devoir d’accepter que
la réalité ne puisse pas servir tous nos intérêts à 100 %
16
HOMME/FEMME
Spontanément, ceux qui obéiront le plus facilement à cette
statistique seront les individus de sexe féminin.
Sans doute parce qu’à froid, les femmes cherchent plus à valoriser
l’autre, à être bien intentionnées, à ouvrir leur cœur, à mettre à
distance leur animosité, à oublier leur égo devant le talent, pour
l’accueillir sobrement.
Je ne parle évidemment que de tendances habituelles, certaines
seront quinze fois pire que votre horrible spectateur masculin, et je
sais de quoi je parle...
Néanmoins, j’ai un ratio de réussite à peu près égal chez les
hommes et les femmes : ce qui s’explique à mon sens par la part
de féminité que recèle chaque homme, et de sa façon de la libérer.
L’homme, et plus particulièrement le mâle alpha, ressent le besoin
inconscient d’assurer la sécurité et la survie du groupe. Il lui faut
tester cet inconnu (que vous incarnez), le mettre à l’épreuve, et le
laisser psychologiquement inférieur à lui, donc au groupe, pour
qu’il ne puisse pas avoir d’ascendant.
Cet ascendant sera combattu par le spectateur homme1 :
(Raisons du spectateur entre parenthèses à chaque fois à la suite des tirets)
• S’il a entendu parler de vous et qu’il veut paraître moins bête
que ses copains devant vous. (Égo)
• Si vous êtes trop confiant (peur que vous rabaissiez le groupe)
• Si vous avez l’air de savoir ce que vous faites (envie de vous
mettre en difficulté)
• Si les choses semblent prévues et attendues (désir du spectateur
d’être anticonformiste)
1 - Je rappelle que je parle de tendances, pour ne pas m’attribuer les foudres des fervents défen-
seurs de l’égalité homme/femme.
17
• Si vous ne connaissez personne (ascendance sociale du mâle
protecteur du groupe)
• Si l’homme a envie d’impressionner des femmes du groupe
(mâle protecteur, peur d’être moins cool que vous, et désir de protéger
et montrer aux femmes du groupe qu’il est la sécurité, et qu’il peut
vous anéantir en quelques secondes, s’il le faut)
• Si l’homme a le choix (désir d’être libre), par exemple si vous lui
demandez de « CHOISIR », plutôt que de « dire »
• Si l’homme ne veut pas se ridiculiser devant ses amis. (Peur du
ridicule)
• S’il a une place sociale à défendre (peur sociale)
Ces situations mettent en danger les estimes des membres du
groupe, la sécurité des filles éventuellement présentes dans le
groupe (au sens profond, et vis à vis de la sélection naturelle, sans pour
autant que ce soit factuellement vrai).
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L’HOSTILITÉ
S’ENVOLERA
• Si vous avez l’air perdu : « salut.... Je ne sais pas, vous aimez une
carte ? »
• Si vous êtes là pour demander un avis, « pour le tour que vous
voulez montrer en spectacle » (je ne le recommande pas, je n’aime
pas ce concept, mais certains l’utilisent)
• Si vous faites de la MAGIE, et non juste un tour. Focalisez
l’attention du spectateur… sur rien. Surtout pas sur l’effet
que vous allez faire.
• Si vous proposez de « dire/ lâcher/ relâcher » une pensée/ Et
non de « choisir avec attention »
>> VERBE DIRE ET NON PAS CHOISIR <<
• Si vous focalisez l’attention du spectateur sur l’instant présent
en lui occupant l’esprit : « j’aime bien vos chaussures... vous
pouvez me dire un chiffre entre un et dix ? »
• Si verbalement, vous donnez toute la liberté nécessaire à
éviter chaque seconde le moindre focus du spectateur sur
l’envie de vous avoir.
• Si vous êtes naturel, mais pas juste naturel... un simple coup
de vent vous ferait bouger. Vous n’êtes pas rigide, assis sur
19
le socle en acier dur de votre magie (ressenti de lourdeur du
spectateur lui donnant envie de vous défier).
Pour les deux derniers exemples : En d’autres termes, vous
ROMPEZ l’activité mentale du spectateur qui lui permettrait
de faire fonctionner son cerveau analytique (cela ne veut pas dire
embrouiller, le spectateur n’a pas à calculer ni à réfléchir).
Dans ces cas de figure, on déboutonne le pantalon de l’hostilité
et le spectateur homme redécouvre sa part d’innocence féminine
(en d’autres termes, vous n’entrez pas en conflit avec le spectateur
homme mais vous le mettez en confiance pour qu’il redécouvre sa part
de féminité), ce qui nous ramène à un ratio 50/50, une probabilité
égale des deux côtés..
Je ne dis pas cela de façon machiste, ce n’est qu’un constat. Il faut
savoir que les femmes fonctionnent selon le même tableau que
les hommes pour ce chiffre. Je dis simplement que les hommes
ont plus de barrières, auxquelles il faut davantage faire attention
avant de se lancer dans le questionnement.
ATTENTION QUAND MÊME...
Laissez toujours votre instinct guider vos décisions et choix
d’effets. Il apparaît plus incertain qu’un médaillé Fields de
mathématiques ou un expert-comptable vous mentionne le
chiffre 7 si vous lui proposez cette échelle de choix (entre 1 et
10)...
Ce dont je parle fonctionne dans des conditions standards,
ou des conditions compliquées si toutefois votre attitude est
extraordinairement calibrée. Cela dit, restez sur vos gardes, et si
vous ne le sentez pas, ce n’est pas le bon plan...
20
LE GROUPE RECÈLE
D’AUTRES SECRETS ET
FACETTES QUE NOUS
POUVONS EXPLOITER....
21
STRATÉGIES
ET MÉTHODES
CLANDESTINES
POUR ARRIVER
AU CHIFFRE 7
22
LA PERSONNE NE
DIT PAS 7
Demandez-lui d’un air suspect si elle ne veut pas changer. Si elle
change en 7, sortez le champagne !
Si elle ne change pas, vous pouvez insister tout en restant
décontracté, en lui demandant si elle est sûre de ne pas changer
(amusant vous me direz). Si elle ne change toujours pas, poursuivez
et changez de direction.
L’air suspect est important, il induit le changement. Dani Da Ortiz
ferait un oui de la tête en posant la question pour augmenter les
chances de l’affirmative.
A l’inverse, quand vous obtiendrez votre chiffre 7, vous pourrez
demander à la personne si elle veut changer, avec une attitude
neutre qui ne lui donne pas envie de le faire.
Si la personne choisie annonce un chiffre plus petit que 7 et qu’elle
a une meilleure amie, copine, copain... ou tout autre personne à
ses côtés, demandez alors à celle-ci de vous dire un autre chiffre.
Si l’addition des deux fait 7, c’est génial, et même presque plus
magique.
Si le duo ne fait pas 7 au total, demandez à un des membres du
groupe s’il veut changer. Si le changement donne un total de 7
après addition, sortez le champagne ! S’il le faut, demandez aux
deux membres du groupe de changer en même temps. Avec
l’expérience, vos mathématiques intuitives vous guideront vers ce
type de décision.
23
SI LE DUO NE FAIT
PAS 7 (ET QUE VOUS TENEZ À
VOTRE 7 ET S’IL Y A UN AUTRE DUO
PRÉSENT À LA TABLE)
Pendant votre procédure, en face du duo qui n’a pas fait un total
de 7, dites naturellement, et avec conviction, comme si c’était
votre cœur et non pas votre cerveau qui parlait, qu’il serait triste
que le couple qui n’a pas encore participé se voit encore mis à
l’écart. Changez avec spontanéité de duo. Trouvez un prétexte,
n’importe lequel. Il peut être réel (les deux sont habillés pareils....
Les deux sont frère et sœur... les deux sont nés la même année, ce
sont les plus jeunes, les plus vieux...), ou totalement absurde et
culotté : « Ah, j’oubliais que ça ne marche pas avec les filles, tiens, les
gaillards, dites-moi un chiffre... »
À chaque fois, prenez soin d’annoncer précisément cette raison
qui doit apparaître comme une évidence, ou tout du moins,
comme quelque chose de non-procédural.
Je partage ici une idée, et non une méthode. À vous de trouver,
mais vous comprenez le mécanisme du choix : il faut s’en sortir,
en s’amusant et en amusant les autres, SANS faire de clownerie,
ou de sortie délibérément stupide. C’est stupide, mais magique,
et non stupide et nul !
24
PRINCIPE DE
MOYENNE DU DUO
Si vous avez un 8 et un 6, faites la moyenne des deux, prétextez
que c’est pour ne pas faire de favoritisme. Ne laissez deviner
par votre attitude aucune procédure ou méthode. VOUS
DÉCOUVREZ les chiffres en même temps que les spectateurs.
25
LA MÉTHODE DU
CHAHUT
(QUE J’UTILISE SOUVENT)
La personne que vous avez interrogée ne vous dit pas 7.
IMMÉDIATEMENT, et sans aucune hésitation, demandez à
chacun des membres du groupe de dire un chiffre différent, sans
y apporter d’importance. C’est le chahut. Insistez, tout le monde
annonce un chiffre en même temps... écoutez assidument et
repérez le ou les 7 qui sont dits dans le public :
• S’il y a une majorité de 7 ; prétextez une majorité. (« ah ben
désolé, c’est la majorité qui prime »)
• Si vous repérez un 7 : tentez le forçage que j’ai inventé et que
je vous décris ci-après.
26
MA MÉTHODE USUELLE
Le chahut a été réalisé, chacun a annoncé un chiffre,
et vous n’avez en apparence pas tout retenu. Tendez
le bras et pointez votre doigt en direction du groupe.
Demandez au groupe d’annoncer « STOP ». Faites tourner
votre doigt autour du groupe de façon qu’il s’arrête en
pointant la personne ayant annoncé 7. Gérez votre timing
efficacement. J’avais trouvé cette méthode en improvisant,
dans une situation où j’avais réellement besoin d’un 7
pour mon effet. Depuis, elle m’est restée fidèle.
28
L’INCONNU
QUI N’A RIEN
DEMANDÉ
Vous avez tenté en demandant à une ou plusieurs personnes un
chiffre entre 1 et 10, et vous n’avez pas obtenu le fameux chiffre 7.
Dans la foulée, vous voyez quelqu’un qui débarque et qui jette
un œil sur ce qui se passe dans votre groupe. Mieux encore, vous
voyez une personne qui marche sans être dans le groupe, et que
vous arrêtez.
Prétextez devant votre groupe que ce serait encore plus
INCROYABLE si vous choisissiez quelqu’un qui n’est pas
au courant de ce qu’il se passe. Faites oublier que vous avez
demandé aux spectateurs et changez spontanément de cible, avec
une attitude qui ne laisse pas présager de procédure de forçage.
Si le spectateur inconnu, qui n’a rien demandé, annonce le chiffre
7, sortez le champagne !
Et il a de grandes chances de le dire : pour sa part, il sera à l’étape
0 de l’influence sociale. De plus, vous le conditionnez à parler
rapidement, car il a la contrainte sociale de répondre à une
demande devant un groupe d’inconnus. Qui a envie d’être lourd
dans ces moments-là ? Sa pensée peut être résumée par « qui..
euh? Moi ? Euhhhh... 7 ! »
Pour vous, c’est du rattrapage, mais l’effet en devient encore plus
incroyable par son côté improvisé et impromptu. Vous jouez
avec la nature, vous jouez avec la vie, et non pas avec vos cartes.
Toute cette procédure doit se dérouler très rapidement, et avec
un langage un peu haché, ponctué (toutes proportions gardées)
de «hum », de « ah tiens », de « au fait », de « tiens, tenez... »,
29
qui montre la spontanéité de quelqu’un qui vit le moment en
même temps que son public, qui est surpris par la personne qui
débarque. A ce propos, vous devez vraiment sembler surpris. Ne
préparez pas cette sortie à l’avance, mais ayez le réflexe de la
prendre quand vous en avez besoin.
REMARQUE : SI VOUS APPRENEZ VOTRE PROCÉDURE PAR
CŒUR, VOUS SEREZ SÛR D’ÉCHOUER.
Cette sortie devrait théoriquement diminuer le côté improvisé
perçu par les spectateurs. Mais en pratique, cela l’augmente,
car bien qu’on vous a vu demander un chiffre à beaucoup de
personnes (les spectateurs pourraient donc facilement déduire que
vous essayez simplement d’arriver à ce que vous voulez), la vitesse,
la spontanéité, la fraîcheur et votre attitude créent une situation
improbable avec un choix qui semble incontrôlable.
À noter : votre procédure est rationnellement « bidon ». Le secret
est dans votre attitude. D’ailleurs, c’est souvent le cas en magie.
Pensez aux tours automatiques (même s’ils ne demandent pas les
mêmes qualités), dans le principe, ils ne sont protégés que par
votre présentation.
30
EXEMPLE DE
MENTALITÉ À
SUIVRE ET D’IDÉE
SUR LE CHAMP
Je n’ai jamais mis en situation ce qui va suivre, mais pour insister
sur la dynamique improvisée, voici un exemple auquel j’ai pensé
en écrivant ces lignes :
Vous avez repéré la couleur rouge des chaussures du spectateur
ayant annoncé 7 dans le chahut. Ne baissez pas les yeux, faites
comme si vous n’avez jamais regardé en bas. Demandez à voix
haute qui a des chaussures rouges.
Les gens regardent, montrent la personne, ou bien elle se désigne
elle-même. Dans tous les cas, adoptez l’attitude de quelqu’un qui
découvre cette personne. Une attitude qui se décrit comme un :
« bon... ok » Vous demandez à cette personne à quel chiffre elle
pense.
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MÉTHODE
ALTERNATIVE
DU CHEF
D’ORCHESTRE
Dans le cas où deux personnes annoncent deux chiffres dont le
total fait 7, alors, au lieu de faire un forçage avec un doigt, prenez
vos deux mains, pointez chaque fois deux personne avec vos
deux index, un peu comme un chef d’orchestre, et demandez au
groupe de dire stop : essayez de calibrer votre timing pour forcer
le stop au moment où vous aurez par exemple un doigt sur le 4,
et un doigt sur le 3 (7 au total).
On peut appliquer ce même principe
pour la méthode de la moyenne :
pointez alors le 6 et le 8, qui font 7 en
moyenne.
INVENTEZ UNE
RAISON
Vous avez utilisé la méthode du chahut et les gens se sont accordés
pour dire qu’ils prendront le chiffre de Stéphane ou Nathalie (un
chiffre différent de 7) :
• Si c’est la fille du groupe qui a dit 7 pendant le chahut, prétextez
que malheureusement, c’est la priorité aux femmes... que vous
n’avez pas le choix, que vous n’êtes pas l’auteur de la règle,
mais la VICTIME. Bien que vous maîtrisiez tout, ne laissez
percevoir AUCUNE maîtrise. Vous vous faites avoir par la
vie et ses codes, c’est l’impression que vous devez donner !
• Si c’est le plus jeune du groupe, précisez que l’univers prend
l’avis du plus jeune... « malheureusement »
• Si c’est le plus vieux, précisez la même chose à l’inverse.
• S’il n’y a aucune raison sensée, inventez-en une ! Ne respectez
aucune convention !
• « Désolé, dans mon livre de magie, il était écrit que les barbus ont la
priorité dans les choix de chiffre... » (pointez le barbu) Pareil pour
n’importe quelle caractéristique. Vous avez compris l’idée.
Évidemment, tout cela doit être servi par un personnage et une
attitude cohérente.
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SEVEN
7
MON LIVRE ARRIVE BIENTÔT
CHEZ LES 3 MONKEYS...