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Bassin Zou

L'étude a établi une carte des fractures et évalué le potentiel en eau souterraine dans le bassin du Zou au Bénin. Trois familles de directions de fractures principales ont été identifiées. La densité moyenne de fractures est de 2,4 km/km2. Plus de 60% des forages situés à moins de 200m d'une fracture identifiée sont positifs. L'analyse spatiale a permis de caractériser le potentiel en eau souterraine dans différentes zones du bassin.

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L'étude a établi une carte des fractures et évalué le potentiel en eau souterraine dans le bassin du Zou au Bénin. Trois familles de directions de fractures principales ont été identifiées. La densité moyenne de fractures est de 2,4 km/km2. Plus de 60% des forages situés à moins de 200m d'une fracture identifiée sont positifs. L'analyse spatiale a permis de caractériser le potentiel en eau souterraine dans différentes zones du bassin.

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European Scientific Journal September 2019 edition Vol.15, No.

27 ISSN: 1857 – 7881 (Print) e - ISSN 1857- 7431

Analyse Spatiale du Potentiel en eau


Souterraine dans le Bassin du Zou au
Sud du Benin (Afrique de L'ouest)

Francis Enagnon Oussou, M.A.


Laboratoire d'Hydrologie Appliquée, Institut National de l'Eau (INE),
Université d'Abomey-Calavi, Bénin
Joseph Oloukoi, PhD
African Regional Institute for Geospatial Information Science and
Technology (AFRIGIST), Obafemi Awolowo University Campus,
ILE-IFE, Nigeria
Nicaise Yalo, Pr.
Moussa Boukari, Pr.
Laboratoire d'Hydrologie Appliquée, Institut National de l'Eau (INE),
Université d'Abomey-Calavi, Bénin

Doi:10.19044/esj.2019.v15n27p402 URL:http://dx.doi.org/10.19044/esj.2019.v15n27p402

Résumé
Dans le socle granito-gneissique du bassin du Zou, l'accès à l'eau
potable est principalement assuré par les aquifères de fractures. Dans l'optique
de faciliter l'implantation des forages, cette étude d'une part a établi la carte de
fractures et d'autre part évalué le potentiel en eau souterraine dans cette partie
du Bénin. D'abord les filtres directionnels Sobel sont utilisés pour extraire une
représentation du réseau de fractures. De ces données, trois familles de
directions majoritaires sont identifiées : N180-N30, N90-N110 et N60-N70.
D'autres minoritaires notamment N130-N140 affectent aussi ces formations
cristalline et cristallophyllienne. Les longueurs de fractures se concentrent
dans un intervalle de 1 à 2 km (65 %) et les extrêmes inférieurs à 1 km et
supérieurs à 2 km donnent respectivement 12,7 % et 22 %. Cet ensemble de
direction révèle une densité de fractures moyenne de 2,4 km/km2 avec des
zones telles que le Sud de Iroukou de faible valeur (0,8 km/km2) et Dassa de
forte densité (5,2 ± 0,9 km/km2). Ces résultats sont utiles à l'implantation car
plus de 60 % des forages situés à moins de 200 m d'une fracture identifiée est
positif. De plus, d'autres cartes telles que l'épaisseur d'altération, la lithologie,
le drainage, la hauteur de pluies et la pente sont confrontées à la densité de
fractures à l'aide de l'analyse multicritère de décision. Selon la contribution de
chaque carte à la disponibilité des eaux souterraines, les poids sont

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respectivement : 0,158 ; 0,074 ; 0,126 ; 0,302 ; 0,065 et 0,275. Il ressort de


l’analyse spatiale que le bassin est caractérisé par un potentiel très faible (9,2
%) à faible (18 %) vers Djidja, Gangan et Glazoué, modéré (24,7 %) dans les
environs de Zoudji et Yagbo et bon (27,5 %) à très bon (20,6 %) vers Savalou.
Le potentiel en eau de ces blocs d'aquifères peut varier de façon significative
même à l'échelle locale. Malgré les contraintes, ces ressources sont essentielles
à l'atteinte de l'Objectif de Développement Durable 6 dans le bassin, bien
entendu après une étude approfondie des aquifères afin de garantir
l’approvisionnement en eau potable des populations et la pérennité des
forages.

Mots-clés: Bassin du Zou, Fractures, Potentiel en eau souterraine, Analyse


spatiale, Approvisionnement en eau potable

Spatial Analysis of Groundwater Potential in


Zou Basin (South Benin,West Africa)

Francis Enagnon Oussou, M.A.


Laboratoire d'Hydrologie Appliquée, Institut National de l'Eau (INE),
Université d'Abomey-Calavi, Bénin
Joseph Oloukoi, PhD
African Regional Institute for Geospatial Information Science and
Technology (AFRIGIST), Obafemi Awolowo University Campus,
ILE-IFE, Nigeria
Nicaise Yalo, Pr.
Moussa Boukari, Pr.
Laboratoire d'Hydrologie Appliquée, Institut National de l'Eau (INE),
Université d'Abomey-Calavi, Bénin

Abstract
In the granite-gneiss basement of the Zou basin, drinking water access
is mainly provided by fracture aquifers. In order to facilitate the borehole
drilling, this study, on one hand, established the fracture map and on the other
hand evaluated the groundwater potential in this part of Benin. First, Sobel
directional filters are used to extract a representation of the fracture network.
From these data, three majority directions are identified: N180-N30, N90-
N110 and N60-N70. Other minority groups, in particular, N130-N140, also
affect these crystalline and crystallophyllian formations. The fracture lengths

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are concentrated in a range of 1 to 2 km (65 %) and the extreme values lower


than 1 km and greater than 2 km are respectively 12.7 % and 22 %. This set of
direction reveals an average fracture density of 2.4 km.km-2 with areas such as
the South of Iroukou having low values (0.8 ± 0.9 km.km-2) and high values
in Dassa (5.2 ± 0.9 km.km-2). These results are useful for drilling because more
than 60% of boreholes located within 200 m of an identified fracture is
positive. In addition, other maps such as alteration thickness, lithology,
drainage, rainfall, and slope are confronted with fracture density using multi-
criteria decision analysis. Based on the contribution of each map to
groundwater availability, the weights are 0.158, 0.074, 0.126, 0.302, 0.065 and
0.275, respectively. It turns out after spatial analysis that the basin is
characterized by a very low (9.2 %) to low (18 %) potential towards Djidja,
Gangan and Glazoué, moderate (24.7 %) in the Zoudji and Yagbo and good
(27.5 %) to very good (20.6 %) around Savalou. The water potential of these
blocks of aquifers can change significantly even at the local scale. Despite the
constraints, these resources are essential to achieving the Sustainable
Development Goal 6 in the basin, of course after a thorough study of the
aquifers in order to guarantee drinking water supply of the populations and the
durability of the boreholes.

Keywords: Zou basin, Fractures, Groundwater potential, Spatial analysis,


Drinking water supply

Introduction
L'eau souterraine est une ressource naturelle vitale pour un
approvisionnement en eau potable sûr et économique en milieu urbain et rural
(Magesh et al., 2012). En effet au Bénin et particulièrement dans le bassin du
Zou, le respect de l'article 6 de la Loi n° 2010-44 portant gestion de l'eau est
assuré grâce à l'exploitation des réservoirs souterrains à l'exception des zones
hydrogéologiques difficiles (Boukari, 1998). Selon les conclusions du
document de Vision Eau pour le Bénin à l'horizon 2025, moins de 18 % des
ressources en eaux souterraines seront sollicité pour couvrir la demande en eau
des populations dans les différentes branches d'activités (Vision Eau Bénin
2025, 1998). La satisfaction de cette demande estimée à 927 000 m3 d'eau par
jour en milieu urbain et rural pour l'approvisionnement en eau potable à
l'horizon 2025 exige forcement une analyse succincte du potentiel en eau
souterraine. Aussi, il s'agit de travailler à réduire considérablement le taux de
forages négatifs. En vue d'atteindre cette ambition, l'étude de la disponibilité
de la ressource s'avère importante (Sreedhar et al., 2009 ; Abdalla, 2012).
À l'instar de plusieurs travaux tels que Kanohin et al. (2012) ; Magesh et
al. (2012) ; Ndatuwong et Yadav (2014) ; Oikonomidis et al. (2015), l'étude
du potentiel en eau souterraine tient compte des facteurs géologiques,

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hydrologiques et climatiques. Les aquifères particulièrement intéressants pour


l'approvisionnement en eau dans ces zones se situent dans les couches altérées
et fissurées/fracturées des roches cristallines ou cristallophylliennes (Castany,
1982 ; Banton et Bangoy, 1997). Il fut reconnu depuis des années que même
dans les régions géologiquement bien connues, les images satellitaires
apportent des données nouvelles, non seulement en faisant apparaitre de
grandes unités lithologiques, mais aussi en montrant des failles et des fractures
qui ne sont pas connues (Chorowicz, 1984). La télédétection apparaît comme
un outil puissant de prospection pouvant contribuer de façon significative aux
projets géologiques et au développement soutenable car beaucoup
d'informations identifiées par les satellites se sont indirectement révélées très
utiles (Colloque de Géologie Africaine, 2006 ; Meijerink, 2007). Les travaux
de Becker (2006) ont montré que plusieurs capteurs tels que ETM+,
RADARSAT-1, ASTER, GRACE et autres rapportent des données
potentiellement utilisables pour l'investigation des eaux souterraines.
Par ailleurs, des écrits élucident l'état des lieux des ressources en eau
au centre Bénin en particulier dans le bassin du Zou (Boukari, 1998 ; Vissin,
1998 ; Boko, 2004 ; Awoyé, 2007 ; Bossa, 2007 ; Kodja et al., 2012 ; Sintondji
et al., 2013 ; etc.). Cependant une analyse de la disponibilité des eaux
souterraines actualise l'état des lieux et met l'accent sur l'aptitude
hydrogéologique du bassin. Dans le cadre de l'analyse du potentiel en eau
souterraine, le nombre de facteurs utilisés, les seuils considérés pour la
reclassification et la pondération ne sont pas standards. Une adaptation est
généralement faite en considérant les conditions climatique et géologique du
milieu étudié. Ainsi, cette étude utilise la densité de linéament, l'épaisseur
d'altération, la lithologie, la pluviométrie, le drainage et la topographie pour
évaluer la répartition spatiale de la disponibilité en eau souterraine du bassin
du Zou.

Materiel et methodes
Milieu d'étude
Le bassin du Zou est situé entre les latitudes 7° et 8°33' Nord et les
longitudes 1°35' et 2°30' Est. D'une superficie d'environ 8491 km2, il déborde
légèrement dans le territoire togolais (2,24 %) au Centre-Ouest du Bénin
(Figure 1). Il couvre entièrement et en partie quatre communes (Bantè,
Glazoué, Savalou, Dassa) des Collines et six communes du Zou (Djidja, Za-
Kpota, Bohicon, Covè, Zagnanado, Ouinhi).

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Figure 1. Situation géographique du bassin versant du Zou.

Le climat dans cette zone du centre Bénin est intermédiaire entre le


climat sub-équatorial de la côte et le climat soudano sahélien du Nord Bénin
(Houssou, 1998). Il constitue pour l'essentiel une zone où s'estompent les
influences de la mousson du sud-ouest et de l'alizé continental appelé
harmattan du nord-est. La moyenne de la pluviométrie annuelle sur 30 ans
avoisine 1139 mm (Figure 2). Le mois de juillet est le plus arrosé (172 mm
environ) tandis que la hauteur de pluies peut descendre jusqu'à 18 mm en
décembre. Le maximum de température est enregistré en février avec une
moyenne de 29,8 °C et le minimum en août (25 °C en moyenne). Le capteur
OLI-TIRS à bord du Landsat 8 a mesuré le 28 décembre 2014 une température
moyenne de 24 °C pour un écart type de 1,3 °C.

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Figure 2. Diagramme pluviométrique (Station de Bohicon de 1985 à 2015)

Alidou et al., (1975), Boukari (1982) et autres ont montré la


complexité géologique de cette zone du Bénin, tant à l'échelle locale que
régionale. Il s'agit en effet d'ensembles lithologiques et structuraux ayant subi
plusieurs phases de déformation, de métamorphisme et de magmatisme
(Figure 3). Le bassin versant du Zou s'étend sur une surface modelée par des
roches très anciennes datant du précambrien (le socle granito-gneissique). Sur
ce modelé de socle d'altitude moyenne variant entre 29 et 284 m,
s'individualise une série d'affleurement rocheux (inselbergs) ou chaînes de
collines, isolées et dénudées : c'est surtout le cas des collines de Savalou et de
Dassa (Okioh, 1972).

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Figure 3. Carte géologique du bassin du Zou –


Source : carte géologique du Bénin au 1/200 000 (OBEMINES). Projection UTM 31.
Ellipsoïde CLARKE 1880

Données
Deux scènes de path 192 et row 54-55, de résolution 30 m en mode
multi-spectral et 15 m en mode panchromatique, ont été téléchargées sur le
site américain http://glcf.umd.edu/data/. Ces données sont acquises le 28
décembre 2014 par le capteur OLI-TIRS à bord du Landsat 8. Les images ont
permis d'identifier les linéaments de la zone d'étude. L'image Shuttle Radar
Topography Mission (SRTM) de résolution 30 m a été téléchargée sur le site
américain http://www.earthdata.nasa.gov. Le Modèle Numérique de Terrain
fait référence à des fichiers matriciels fournis par deux agences américaines
que sont la NASA et la NGA (ex-NIMA). La mission SRTM (Shuttle Radar
Topography Mission), lancée en 2000 a recueilli des données altimétriques sur
une grande partie de la Terre par interférométrie d’images RSO (Rabus et al.,

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2003; Jarvis et al., 2004). L'image a été utilisée pour calculer la pente afin de
restituer la topographie de la zone d'étude et analyser son influence sur la
disponibilité de l'eau souterraine. Quatre feuilles topographiques au 1/200000
(NB31-XX, NB31-XXI, NC31-II et NC31-III) couvrent entièrement le bassin
et ont servi à l'extraction des informations du fond de carte pour la production
des cartes thématiques. Les cours d'eau extraits ont été utilisés pour calculer
le drainage. La carte géologique au 1/200000 de la zone a été géoréférencée et
digitalisée pour extraire les limites des roches (lithologies) et les failles. Les
données de pluie des stations (Bantè, Tchetti, Savalou, Savè, Bohicon, Pobè,
Abomey, Agouna, Dassa, Zagnanado, Gouka, Pira et Aklankpa) de la zone
d'étude ont été utilisées pour réaliser la carte des isohyètes. Enfin les données
d'épaisseur d'altération mesurées sur plus de 500 forages obtenus à partir de la
Base de Donnée Intégrée (BDI) de la Direction Générale de l'Eau (DG-Eau)
ont contribué à une estimation de la distribution spatiale à l'échelle du bassin
et la validation de la carte du potentiel en eau.

Méthodes
Il est considéré comme linéament tout alignement récupérable sur les
photographies aériennes ou sur les images satellitaires. Les traces considérées
sont assimilables soit à des limites géologiques, ruptures de pente,
modifications dans le tracé d'un cours d'eau ou d'une structure quelconque,
variations de faciès et les zones fracturées (Biémi, 1992 ; Meijerink, 2007 ;
Bruning et al., 2009). Dans les projets de prospection d'eau souterraine en
région de socle, la recherche et l'analyse des linéaments structuraux
représentent une option principale. Plusieurs études (Boussari, 1975 ; Boukari,
1982 ; Jourda, 1987 et Kouassi et al., 2013) effectuées dans les socles cristallin
et cristallophyllien de l'Afrique de l'Ouest ont prouvé que les zones
productives se localisent généralement aux environs de ces accidents
géologiques. Les images de Télédétection fournissent une vue synoptique de
grande zone et offre d'importantes possibilités d'analyse. Ainsi, les images
Landsat OLI-TIRS obtenues ont subi les opérations telles que l'amélioration
du contraste, le pan-sharpening et l'analyse en composante principale.
L'opération de Pan-charpenning signifie l'utilisation d'une image
panchromatique (bande unique) pour améliorer une image multispectrale.
Cette opération a permis d'accéder à un niveau de détail meilleur du point de
vue spatial et radiométrique. L'analyse en composante principale est une
transformation orthogonale d'image. L'information contenue dans les 10
bandes du Landsat/OLI-TIRS est regroupée dans un nombre restreint de
néobandes (composante principale 1).
Le filtrage d'image est une modification des fréquences spatiales
(contrastes locales) où l'on transforme la valeur radiométrique d'un pixel
considéré par rapport à ses voisins. C'est une opération qui utilise la matrice

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de convolution pour rehaussement certains détails spécifiques d'une image. Le


concept de convolution indique une application qui exprime une combinaison
des tons de gris d'un pixel en rapport avec ceux de ces voisins. Le but du
filtrage d'image est essentiellement de supprimer les bruits, atténuer ou
accentuer les fréquences spatiales en occurrence les hautes fréquences telles
que les linéaments en vue de rendre plus nets les thèmes ou les composantes
de deux ou plusieurs thèmes contigus pour une bonne interprétation visuelle
de l'image. Les segments sont assimilables soit à des limites géologiques,
ruptures de pente, modifications dans le tracé d'un cours d'eau ou d'une
structure quelconque, variations de faciès et quelquefois aussi les zones
fracturées (Meijerink, 2007 ; Bruning et al., 2009). Le filtre de SOBEL met en
relief les fortes transitions de réflectance et les hautes fréquences spatiales
généralement associées aux fractures (Biémi, 1992, Alhassane et al., 2018;
Assoma et al., 2018 et Kouassi et al., 2019). Des études ayant des objectifs
similaires (Youan Ta et al. 2008 ; Kouame, 2009 et Kouassi, et al., 2018) ont
utilisé le filtre SOBEL soit pour l'analyse structurale soit pour la prospection
des eaux souterraines. Dans le cadre de nos recherches, les fractures sont
extraites en appliquant le filtre proposé par Kamagaté et al. (2011) à la
composante principale 1 (Tableau 1).
Tableau 1. Matrices de convolution 7 X 7 (Kamagaté et al., 2011).
Sobel N-S Sobel E-O
0 1 1 1 1 1 2 1 2 1 1 1 1 0
-1 0 2 2 2 3 1 1 3 2 2 2 0 1
-1 -2 0 3 4 2 1 1 2 4 3 0 -2 -1
-1 -2 -3 0 3 2 1 1 2 3 0 -3 -2 -1
-1 -2 -4 -3 0 2 1 1 2 0 -3 -4 -2 -1
-1 -3 -2 -2 -2 0 1 1 0 -2 -2 -2 -3 -1
-2 -1 -1 -1 -1 -1 1 1 -1 -1 -1 -1 -1 -2

Sobel NO-SE Sobel NE-SO


-1 -1 -1 0 1 1 1 1 1 1 2 1 1 1
-1 -1 -2 0 2 1 1 1 1 2 3 2 1 1
-1 -2 -3 0 3 2 1 1 2 3 4 3 2 1
-2 -3 -4 0 4 3 2 0 0 0 0 0 0 0
-1 -2 -3 0 3 2 1 -1 -2 -3 -4 -3 -2 -1
-1 -1 -2 0 2 1 1 -1 -1 -2 -3 -2 -1 -1
-1 -1 -1 0 1 1 1 -1 -1 -1 -2 -1 -1 -1

Les 4 matrices 7 x 7 sont choisies selon que leur efficacité a été


prouvée par Kamagate et al. (2011). Les zones de faiblesse contenues dans le
bassin sont ainsi récupérées sous forme de linéaments utile à l’implantation
des forages.
L'extraction des linéaments à partir des images filtrées est possible
manuellement, mais elle reste subjective et sujette à des erreurs de
numérisation. La méthode automatique rend l'opération plus facile, même si

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elle peut être parfois affectée par des biais liés aux techniques précédemment
utilisées. Pour l'extraction, nous avons utilisé le module LINE du logiciel PCI
Geomatics, en appliquant les valeurs par défaut des paramètres du module
d'extraction. Les documents obtenus sont ensuite affichés sur des images à
haute résolution (par exemple les images Google Earth) pour vérification et
nettoyage.
Le fonctionnement des aquifères de socle conjugue deux fonctions,
que sont souvent le rôle de réservoir assuré principalement par les produits de
l'altération de la roche en place, développée depuis le niveau du sol jusqu'à
parfois plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Les épaisseurs d'altération
mesurées après réalisation des forages sont interpolées par la méthode de
krigeage. Notons que l'objectif visé dans cette spatialisation est d'avoir une
idée sur la zonation ou la tendance généralisée des épaisseurs rencontrées dans
le bassin. Une reclassification de la couche raster issue de l'interpolation est
effectuée et ensuite pondérée (Tableau 2 et 3).
La nature lithologique des formations géologiques conditionne très
fortement la disponibilité en eau. Le bassin du Zou est partagé entre le Bassin
Sédimentaire Côtier (BSC) du Bénin et le socle. Le sédimentaire forme quatre
grands aquifères continus que sont le Turonien-Coniacien, le Paléocène, le
Continental Terminal et le Quaternaire (Tableau 2). L’état hydrodynamique
représenté par la transmissivité (L2/T) de trois aquifères est consigné dans le
tableau ci-après :
Tableau 2. Valeur moyenne de transmissivité (Le Barbe et al., 1993 et BURGEAP-BRGM,
1994)
Formation aquifère Transmissivité moyenne
Turonien-Coniacien 4.10-2 à 10-2 m2/s
Paléocène 10-3 à 10-4 m2/s
Quaternaire 10-3 et 3.10-2 m2/s

Un aquifère du socle est par contre discontinu, c'est-à-dire lié à la


fracture qui elle-même est continue de façon locale. L’aquifère qui peut être
captée se trouve dans la partie fracturée de la roche saine et/ou dans la couche
d'altération. L’état hydrodynamique de chaque formation est pondéré en vue
de les ranger dans un ordre de potentialité en eau. La pondération proposée
par Magesh et al. (2012) est modifiée et adaptée aux réalités du secteur d'étude
(Tableau 2 et 3).
La pente est calculée dans l’environnement QGIS en pourcentage. Le
résultat obtenu subit une reclassification en tenant comptes des intervalles
fixés dans le tableau 3. Le drainage de surface est la suppression ordonnée des
excès d'eau à la surface du sol grâce au réseau hydrographique. Le drainage
d'un bassin met en relief le mètre linéaire du cours d'eau par unité de surface.
Après calcul de la densité, la reclassification et la pondération sont effectuées
afin de cibler les aires favorables à l’accumulation des eaux de surface. Les

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intervalles proposés varient d'une étude à une autre et sont adaptés selon les
conditions climatiques et géologiques spécifiques du milieu d'étude (Sreedhar
et al., 2009 ; Abdalla, 2012 ; Kanohin et al., 2012 ; Magesh et al., 2012 ;
Ndatuwong et Yadav, 2014 ; Oikonomidis et al., 2015) (Tableau 3). La carte
d'égale valeur de pluie (isohyète) est obtenue à partir des hauteurs de pluies
enregistrées au niveau des stations (Bantè, Tchetti, Savalou, Savè, Bohicon,
Pobe, Abomey, Agouna, Dassa, Zagnanado, Gouka, Pira et Aklankpa).
Tableau 3. Classification et rang des facteurs.
Facteur Reclassification Rang
0 - 0,6 1
Densité de 0,6 - 1,2 3
fractures 1,2 – 1,8 5
(km/km2) 1,8 – 2,4 9
> 2,4 13
0 - 10 1
Épaisseur du 10 - 20 3
recouvrement 20 - 30 5
(m) 30 - 40 9
> 40 13
Granite, gneiss, migmatite,
basalte, quartz, amphibolite,
1
pegmatite, porphyroïde et
monzodiorite
Argiles, marnes, sables et
calcaire du Maestrichtien ; 3
Lithologie marbre
Faciès argilo-marneux et
calcaire 9
de l'Éo-Paléocène
Alluvions (sables et graviers) 13
Faciès sableux
25
du Turonien-Coniacien
0,00 - 0,05 1
Densité de 0,05 - 0,10 3
drainage 0,10 - 0,15 5
(km/km2) 0,15 - 0,20 9
> 0,20 13
< 1080 3
Précipitations 1080 - 1100 5
annuelles 1100 - 1120 7
moyennes (mm) 1120 - 1140 9
> 1140 13
<2 13
Pente (en
2-6 9
pourcentage)
>6 3

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A l’aide de l'Analyse Multicritère Critère (AMC) de décision (Saaty,


1971 ; Chevarie et Periche, 2001), les poids sont calculés en faisant une
comparaison deux à deux des paramètres (Tableau 4). La matrice issue de
l'analyse permet de calculer les vecteurs propres et valeurs propres. Les
vecteurs propres sont les poids appliqués à chaque paramètre pour avoir la
carte finale.
Tableau 4. Calcul du poids affecté à chaque paramètre.
Disponibilité en
Lin Rec Lit Dr P S Poids
eau souterraine
Lin 1 3 5 3 1/2 3 0,275
Rec 1/3 1 3 2 1/3 3 0,158
Lit 1/5 1/3 1 1/3 1/3 2 0,074
Dr 1/3 1/2 3 1 1/2 2 0,126
P 2 3 3 2 1 3 0,302
S 1/3 1/3 1/2 1/2 1/3 1 0,065
Somme 4,20 8,17 15,50 8,83 3,00 14,00
Lin : linéament. Rec : recouvrement ou épaisseur d'altération. Lit : lithologie.
Dr : drainage. P : pluviométrie. S : pente.

Le ratio de cohérence obtenu est 0,08 < 10 %. La valeur étant inférieure


au seuil fixé (10 %), la matrice de départ est validée.
La somme des produits des six cartes reclassifiées (Ci) par les poids
respectifs (Pi) donne une carte synthétique qui retrace le potentiel en eau
souterraine du bassin :
PES =  Pi  Ci
où PES est le Potentiel en Eau Souterraine, Pi le Poids affecté à une carte
Ci et Ci les cartes représentant les paramètres utilisés.
PES =  (Lin, Rec, Lit, Dr, P, S)
Lin : Linéament, Rec : Recouvrement ou épaisseur d'altération, Lit :
Lithologie, Dr : Drainage, P : Pluviométrie, S : Pente

Resultats
La figure 4 présente la carte de fractures obtenue après les divers
rehaussements et l'application des filtres Sobel. Le nombre de segment
identifiés avoisine 5136 pour une longueur moyenne de 1,6 km et un écart type
de 0,9 km. En outre 12,7 % des longueurs de fractures est inférieur à 1 km, 65
% compris entre 1 et 2 km et 22 % supérieur à 2 km. L'indice du plus proche
voisin est 0,67 signifiant que les fractures identifiées sont agrégées. Le score
z (-110) et la valeur p (inférieure à 0,01) montrent que dans le bassin
l'agrégation est statistiquement significative jusqu'à un niveau de confiance de
99 %. C'est la preuve que la distribution des fractures n'est pas aléatoire. Le
réseau de fracture extrait est ainsi le résultat des actions géologique (accident
tectonique) et autres exogènes. Les principales familles de fractures identifiées

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sont N180-N30 (25,8 %), N90-N110 (17,3 %) et N60-N70 (11,1 %). Ces
directions majoritaires donnent lieu aux plus importants réseaux d'écoulement
souterrain dans le bassin. D'autres directions minoritaires non négligeables
notamment N130-N140 (9,6 %) entretiennent également les débits des forages
dans le bassin.

Figure 4. Carte des fractures identifiées versus débit des forages.

La densité de linéament dans le bassin varie entre 0,8 et 5,2 km/km2


avec une moyenne de 2,4 km/km2 et un écart type de 0,9 km/km2 (Figure 5).
La zone de chevauchement, l'emprise des cours d'eau ainsi que certaines
localités des communes de Savalou, Dassa, Bante et Glazoué affichent de forte
densité. Les zones de Lalo, Sowe et environs, au sud de Gbadagba, Gocha,
Bantè et au Sud de Djagbalo présentent de faible densité de fractures. La partie
du bassin correspondant au BSC affiche également une densité bien
évidemment moindre puisqu'il s'agit des roches sédimentaires.

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Figure 5. Carte de la densité des linéaments (à gauche) et carte reclassifiée (à droite).

Les valeurs oscillent entre 0 m, au niveau des affleurements, et 65 m,


au nord du plateau d'Abomey, dans la partie socle du bassin. L'épaisseur
moyenne est de 20,5 m ( 8,3 m). Dans le bassin, l'aquifère du Turonien-
Coniacien prend le poids le plus élevé (25), ensuite viennent les alluvions du
Quaternaire (13), les faciès argilo-marneux de l'Éo-Paléocène (9) et les argiles,
marnes, sables et calcaire du Maestrichtien (3).
Plus de 60% du secteur d’étude a une pente comprise entre 2% et 6%.
Les valeurs les plus élevées (supérieure à 6%) correspondent aux zones
géomorphologiques accidentées comme Savalou, Dassa, Gbadagba et leurs
environs. Le drainage estimé après calcul affiche un minimum de 0,1 km/km2
vers l'ouest (Dassa, Savalou et au nord-ouest de Glazoué), vers l'est (de Lekpa
à Kitikpli) et sur le plateau d'Abomey. Le maximum atteint 0,3 km/km2 vers
Gocha, Lougba-Kotakpa et Djagbalo au nord et à l'est de Lalo situés dans
l'emprise des cours d'eau. La moyenne spatiale est estimée à 0,13 km/km2 pour
un écart type de 0,048 km/km2 (Figure 6). La moyenne spatiale de la
pluviométrie est 1116 mm avec un écart type de 23 mm. Le minimum 1028
mm est enregistré à l'ouest, aux environs de Kitikpli et Gangan, et au nord-est,
vers Yagbo et Sowingnandji. Le maximum 1179 mm se localise vers Savalou
et Dassa, à l'est, et vers Bantè, au nord.

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Figure 6. Cartes : pluviosité annuelle moyenne (à gauche) et densité de drainage (à droite)

La validation de la matrice à l'aide du ratio de cohérence a permis de


retenir les poids ci-après : 30,2 % (hauteur de pluies), 27,5 % (densité de
fractures), 15,8 % (épaisseur d'altération), 12,6 % (densité de drainage), 7,4 %
(lithologie) et 6,5 % (pente). La synthèse des six paramètres dépeint la
répartition spatiale du potentiel en eau souterraine du bassin. Ainsi, 27,2 % de
la superficie totale du bassin affiche un potentiel très faible à faible. Les zones
ayant un potentiel très faible (9,2 %) sont localisées vers Djidja, Gangan et les
environs de Glazoué (Figure 7). Il s'agit des zones à faible hauteur de pluies,
faible densité de fractures et ayant une épaisseur d'altérites faible à moyenne.
L'aire occupée par le potentiel en eau souterraine bon à très bon atteint 48,2 %.
Les communes de Savalou, Dassa et Bantè affichent de bon potentiel en eau
souterraine (27,5 %) ; cependant la fréquence des forages négatifs révèlent le
caractère discontinu et aléatoire de la productivité hydrodynamique des
aquifères. Toutefois les paramètres géologique (fractures, recouvrement),
climatique (pluie) et topographique (drainage, pente) exploités dans cette
étude, offrent un cadre favorable à l'identification des eaux souterraines. Les

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localités de Yagbo et Konkondji appartiennent à la zone modérée qui occupe


24,7 % du secteur d'étude.

Figure 7. Carte du potentiel en eau souterraine

Les forages existant dans le bassin sont principalement des ouvrages


d'hydrauliques villageoises tels que les forages équipés de pompe à motricité
humaine (FPM), les postes d'eau autonomes (PEA) et les adductions d'eau

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villageoises (AEV). En moyenne, l'intervalle de 40 m à 60 m de profondeur


suffit dans la plupart des zones pour obtenir un débit acceptable (plus de 500
forages). Cependant les réservoirs affichent deux conditions extrêmes. Soit le
forage est profond (autour de 80 m) et le débit n'augmente pas avec la
profondeur (productivité limitée) : dans ce cas le forage prend généralement
fin dans une fracture sèche ou faiblement productive. Soit le forage est moins
profond (autour de 30 m) et productif : le forage capte un réseau dense de
fracture.
Le débit final d'un forage positif est subjectif car l’implantation dépend
surtout de la demande en eau et de la position géographique de
l’agglomération à desservir. La distribution spatiale indique que plus de 93 %
des forages sont situés à moins de 1 km d'une agglomération. Sauf dans le cas
d'un piézomètre, l'opérateur généralement arrête la foration selon que le débit
escompté est atteint. Un forage est par contre déclaré négatif quand tout espoir
d'avoir le débit minimal requis est perdu révélant les limites hydrogéologiques
de l'aquifère. Dans ce contexte, l'ouvrage représente un indicateur fiable pour
l'appréciation du potentiel en eau souterraine (Figure 8).
La superposition de la Base de Donnée Intégrée (BDI) de la Direction
Générale des Ressources en Eau (DGRE) avec la carte du potentiel en eau
souterraine indique que 75 ouvrages sur 180 négatifs ciblés se localisent dans
une zone de potentiel très faible à faible (Figure 7). Par ailleurs, dans les zones
à potentiel en eau souterraine moyen, 46 forages négatifs sont identifiés et 59
dans les zones caractérisées par un potentiel bon à très bon. Cette tendance
baissière d'échec vers les zones à forts potentiels valide le résultat de la figure
7.

Figure 8. Profondeur de forage négatif et épaisseur d’altération versus potentiel en eau


souterraine.
Discussion
La disponibilité et la bonne qualité des eaux souterraines rendent la
ressource relativement propice à l'AEP des populations. Particulièrement dans

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le bassin du Zou, les réservoirs d'eau souterraine sont séparés en aquifère de


socle occupant la majeure partie du bassin et du sédimentaire situé au Sud.
Dans les études traitant de l'analyse de la disponibilité des eaux souterraines,
la nature de l'aquifère et les conditions hydro-climatiques rentrent en ligne de
compte pour apprécier la pérennité des aquifères. Le réseau de fractures
identifiées dans ce travail a révélé trois importantes directions : les
orientations N180-N30 (25,8 %), N90-N110 (17,3 %) et N60-N70 (11,1 %).
La première famille se traduit par les fractures de la faille de Kandi (Guirauld
et Alidou, 1981) connue sous le nom de la faille de Kidal-Takellout (Ball
et Caby, 1984) au Mali et sous formes de fractures de direction N0 ayant
affecté et sectionné les filons doléritiques du Sud-Ouest de la Côte d'Ivoire
(Faillat, 1986 cité par Biémi, 1992). De plus, les travaux de Boukari (1982)
ont reconnu à l'Est du secteur d'étude à l'aide des photographies aériennes des
directions principales NNE-SSW et ESE-WNW. La seconde famille est
connue depuis l'orogenèse panafricaine (N90-N100) et la dernière assimilable
aux fractures du couloir tectonique de grande envergure qui l'aurait précédé
(Biémi, 1992). La direction minoritaire N130-N140 (9,6 %) est remarquable
parmi les orientations identifiées. La reconnaissance des réseaux de fracture
dense maximise la chance d'obtenir de bons débits. La carte de densité de
fractures est un matériel de choix lors des campagnes hydrauliques en milieu
de socle. La densité de fracture reconnue dans ce cas oscille entre 0,8 et 5,2
km/km² avec une moyenne de 2,4 km/km² et un écart type de 0,9 km/km². Les
zones à fortes densité peuvent souvent être recouvertes d'épaisse couche
d'altération et entretenir de très bons écoulements souterrains. De ce point de
vue, on constate que près de plus de 60 % de forages situés à moins de 200 m
d'un linéament identifié est positif.
La densité de fractures contribue au calcul de la carte de potentiel à
27,5 %, l'épaisseur d'altération à 15,8 % et la lithologie à 0,074. La couche
d'altération compte tenu de la nature de la roche saine sous-jacente renforce la
disponibilité de l'eau si elle est importante. Le drainage (12,6 %), la
topographie (6,5 %) et la pluviométrie (30,2 %) conditionnent aussi le
potentiel en eau du bassin. A l'instar des travaux (Sreedhar et al., 2009 ;
Abdalla, 2012 ; Kanohin et al., 2012 ; Magesh et al., 2012 ; Ndatuwong et
Yadav, 2014 ; Oikonomidis et al., 2015) effectués un peu partout dans le
monde, l'analyse multicritère de Saaty (1971) est validée avec un ratio de
cohérence inférieur à 10 % et appliquée aux six couches. Cet environnement
de comparaison et de pondération a permis de dépeindre l'état des lieux de la
disponibilité des ressources en eau souterraine dans un bassin. Ainsi, l'état des
lieux du bassin indique un potentiel très faible de 9,2 % vers Djidja, au Nord
de Gangan et au Nord-Ouest de Yagbo, faible (18 %), modéré (24,7 %), bon
(27,5 %) et très bon (20,6 %) dans les environs de Savalou, Dassa, Akassa et
au Nord-Ouest de Bantè. La carte hydrogéologique du Bénin au 1/500 000

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réalisée par l'entreprise Allemande Ingenieur-Gesellschaft fur Internationale


Planungsaufgaben mbH (IGIP) a révélé que la potentialité des eaux
souterraines est médiocre à moyenne dans le secteur. Ce résultat obtenu depuis
2012 bien qu'étant de petite échelle corrobore également la présente étude
dans la mesure où plus de 50 % de la superficie du bassin affiche une
potentialité très faible à moyenne.

Conclusion
En définitive, l'analyse du potentiel en eau souterraine fait appel à nombre
de paramètres étudiés selon le contexte hydrogéologique. La technique
d'analyse multicritère de décision (ratio de cohérence inférieur 10 %) rend à la
carte finale une crédibilité indéniable. Dans le bassin du Zou, les aquifères
affichent un potentiel très faible de 9,2 %, faible (18 %), modéré (24,7 %), bon
(27,5 %) et très bon (20,6 %). L'apport des fractures de direction majoritaire
(N180-N30, N90-N110 et N60-N70) et de l'altération accroit
considérablement le potentiel par endroit. Les directions minoritaires
notamment la famille N130-N140 (9,6 %) joue un rôle de découpage en bloc
de ces aquifères de fractures. Ces résultats indiquent combien le bassin exige
d'attention en cas d'implantation future de forages. Dans une perspective de
mieux implanter les ouvrages à venir, une analyse détaillée de la ressource à
des échelles plus grandes s'avère nécessaire afin de garantir un bon débit lors
des campagnes d'hydraulique villageoise.

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