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Mes Histoires A Moi - 10

Mes histoires a moi 10
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HISTOIRE Les plus belles histoires du monde Les plus belles histoires du monde fk SOMMAIRE DU N° 10 JACQUES ET LES HARICOTS MAGIQUES. 253 Jacques échange so vache contre quelques haricots. Mais caux-ci ne sont pas des haricots ordinaires.. SIMON ET LE DIABLE... -p-260 ‘Simon le cordonnier passe un marché avec le diable. Mais qui des deux sera dupé @ LETRANGE VOYAGE DE NARAMA..... Perdue au milieu d'une violente tempéte de neige, Narama fait une rencontre insolite. ait: ALP a Cle Dire de publication: Franoise Det Dectar dy arkating*Cisonbe Lagrange. Dhrstrie des predation Morgue Male: Adaptation éitorae administration, marketing: COBRA S.A Rue des Taneatin 75013 Pas, PDS, Oi Dirccrie eos Corleone" Anne de Prémowie ste de Bait Ber Eton, Jean Lae Couaem etChisine Godin Tradition Mate‘Tese Pena Collabraton Mace Tensile omines) ‘Compoion: 200M COMPO (©1988 Marshal Cavendish Lid (©1982 ALP ct Ge pour in rangi Iie en Angler NISHN 2365-00151 eps al parton ‘AU PAYS DES FARFELUS NU: Ilse passe de dréle de choses au pays des forfelus nus. LE MANOIR DES FANTOMES......000e00e00000sP+270 Un fantéme ne sait pas comment effrayer les habitants du manoir ; il demande l'aide de ses amis. PETIT-FOU. p.276 PelitFou est ies inguiel, mais il doit retrouver la Reine Blanche. Mstentcurs: ‘rogues tes haves: P. Dennis Simon ete able Hook Cearangs voyage. R. Sater ‘Au pays K. Madison, Miligan (oman. FPilips P-FooP. Wingham Réitans: Tacques tes hares. Simon et cable: Michel [range voyage. Hear Viens ‘Au pays. Jacgocs Mule Le mancit. Hesn Virjeu eeFou Pak rgjean Murer ‘Case lise yar TRALALA Prodaction: Maral Cavendish Landes, Royaume Us ALP et ie, pou eon Frags. DACUUES et les magiques | était une fois une pauvre veuve qui vivait avec son fils unique, Jacques. Ils ne possédaient qu'une vache qui donnait heureusement beaucoup de lait. Jacques et sa mére faisaient des fromages quills vendaient au marché voisin. Un jour, leur vache cessa de donner du lait car elle était trop vieille, et bientdt il ne leur resta plus d'argent. Alors, la pauvre femme dit a son fils: «]I faut vendre la vache. Va au marché et tache d’en tirer un bon prix. » Jacques mena donc la vache au marché, mais il trainait les pieds, car il aimait bien sa vache. Tavait fait la moitié du chemin lorsqu’il rencontra un dréle de petit homme qui lui proposa d’acheter sa vache. - «Si tu me la vends, affirma le petit homme, tu seras riche. Toute ta vie ! » Er il donna a Jacques une bourse en cuir fermée par un cordon. Tout content, Jacques s'empressa d’ouvrir la bourse. Mais il n’y trouva que cing haricots ! «Ce sont des haricots magiques, expliqua le petit homme. Si tu les plantes, ils pousseront jusqu’au ciel. » Avant que Jacques ait eu le temps de répliquer, le dréle de petit homme disparut... et la vache avec lui. Jacques se dépécha de rentrer chez lui. IL lui tardait de planter les haricots... «Tu rentres déja? demanda sa mére. Alors, tu as vendu la vache? — Oui je crois que j’ai eu de la chance, répondit Jacques. Regarde! » tout |» 3 Jacques tenta de lui expliquer que ‘étaient des haricots magiques, mais elle ne voulut rien entendre. Elle jeta les haricots par la fenétre et envoya Jacques au lit sans manger. Le lendemain matin quand Jacques se réveilla, il avait grand faim; mais plus grande encore était son impatience. Ilse précipita dans le jardin, curieux de voir si ses haricots avaient poussé, mais, stupéfait, il s'arréta net. Les haricots avaient poussé et s’étaient transformés en une plante immense qui grimpait jusqu’au ciel. Jacques commenga a escalader la tige; il fit un signe d’adieu a sa mére qui le regardait toute étonnée et continua a grimper, grimper, grimper... II traversa les nuages et se retrouva sur une route. Jacques marcha pendant des heures. Enfin, il arriva devant un gigantesque chateau. Comme il avait trés faim, il frappa a la porte, pensant sue 'on pourrait lui donner 8 manger. Une femme ouvrit, c’était une géante qui se pencha pour regarder Jacques. « Pouvez-vous me donner 4 manger, s'il vous plait ? demanda-t-il. — Va-t’en, répondit la géante. Mon mari va rentrer et s'il te voit, il voudra te manger! » Mais Jacques réussit a l’apitoyer. Elle le fit entrer et lui donna du pain et du fromage. I] avait 8 peine avalé la demiére bouchée, qu’il entendit des bruits de pas dans le couloir. «C'est mon mari ! s’écria la femme du géant. Vite, cache-toi dans le four ! » La porte du four s’était 4 peine refermée, que le géant entra dans la cuisine. Il se mit aussit6t & hurler: «Heum, heum, ham, hom, Je sens l'odeur d’un petit horn Je vais lui broyer les os Pour me faire un bon gateau. — Mais non, mon chéri, dit calmement sa femme. Tu te trompes, assieds-toi, ton diner est prét. » Quand le géant eut fini de manger, il appela sa femme: «Femme, apporte-moi mes sacs d’or ! » Elle obéit et il en sortit des piéces d'or qu'il se mit 4 compter. Jacques n’en croyait pas ses yeux. Il y avait des quantités d’or ! Quand il eur fini de compter son or, le géant s’endormit comme une masse. Jacques se précipita vers la table, jeta un sac d’or sur son épaule et sortit du chateau en courant. II courut jusqu’au haricot géant, jeta le sac par terre et descendit le long de la tige. Pendant des mois, Jacques et sa mére vécurent heureux, mais ils finirent par épuiser leur trésor. Alors, Jacques décida de retourner chez les géants. Il grimpa sur la tige du haricot, traversa les nuages, suivit la route et frappa ala porte du chateau. La femme du géant lui ouvrit la porte. «Ah, Cest toi ! s’écria-t-elle. Tu sais, la demniére fois que tu es venu, mon maria perdu un sac d'or. — Vraiment ? demanda Jacques. Quel malheur ! Mais je vais vous aider a le retrouver. Je suis si petit que je peux me faufiler dans tous les recoins. » La femme du géant fit entrer Jacques et lui donna méme du pain et du fromage. Jacques faisait semblant de chercher le sac d’or quand il entendit des bruits de pas dans le couloir. [I eut tout juste le temps de se cacher dans le four. Le géant entra dans la cuisine en rugissant: «Heum, heum, ham, hom, Je sens l'odeur d'un petit homme. Je vais lui broyer les os Pour me faire un bon gdteau. — Mais non, répondit sa femme. Iln’y a personne, assieds-toi, ton diner est tout prét. » Quand le géant eut fini de manger, il appella sa femme: «Femme, apporte-moi ma poule. » Elle obéit et posa une petite poule blanche sur la table. «Petite poule blanche, dit le géant, ponds un ceuf sur cette table! » 256 Et aussitdt la poule pondit un ceuf. Mais pas n’importe quel ceuf, un ceuf en or massif ! Puis le géant s’endormit comme une masse en serrant l’ceuf dans sa main. Jacques bondit hors du four, saisit la poule par le cou et s’enfuit toutes jambes jusque chez lui. La mére de Jacques fut trés heureuse en le voyant revenir, et avec un tel trésor! Grace a la poule, ils ne seraient plus jamais pauvres. Ils vécurent ainsi plusieurs mois trés heureux. Pourtant, un beau jour, Jacques grimpa 4 nouveau le long de la tige du haricot magique. Cette fois, il n’osa pas frapper a la porte du chateau. Il entra en cachette pendant que la femme du géant étendait son linge et au lieu de se cacher dans le four, il se blottit au fond de la lessiveuse Bientét, il entendit des bruits de pasdans_ le couloir, et la porte de la cuisine s’ouvrit brusquement. Le géant entra et se mit a rugir: «Heum, heum, ham, hom, Je sens l'odeur d’un petit homme. Je vais lui broyer les os Pour me faire un bon gdteau. — Comment ? s’écria sa femme. Tu as senti l’odeur de ce galopin qui nous a volé un sac d’or et notre poule ? Je parie qu'il est caché dans le four ! » Le géant se rua sur la porte du four, mais bien entendu, il n’y avait personne & Vintérieur. «Tuas dai réver, lui dit sa femme. Je vais t’apporter ta harpe enchantée pour te faire oublier tes dréles d’idées. » 258 Elle posa une petite harpe sur la table et, fe aussitot, la harpe se mit 4 & jouer toute seule une musique douce et mélodieuse. Le géant poussa un long soupir. Sa femme poussa aussi un long soupir... et tous deux s’endormirent paisiblement. Rapide comme I’éclair, Jacques sortit de sa cachette et s’empara de la harpe. Mais au moment oit il allait passer la porte, la harpe gémit: «Maitre ! Maitre ! Au secours ! » Le géant se réveilla en sursaut, saisit sa hache et courut derriére Jacques. Jacques avait de l’avance, mais le géant courait beaucoup plus vite que lui. Ilwallait pas tarder a le rattraper... Jacques arriva a la tige du haricot peine quelques secondes avant le géant. a descendre le long de sa hache. cot. Tly eut un énorme craquement s’écroula de tout son a tige, dans le jardin. Dec es et sa mére vécurent tre c leur poule qui pondait d t avec leur harpe seule de la musique. 3 DIABLE Une nuit, alors qu’il rentrait chez lui, un inconnu l’arréta. « Tu rentres bien tard, lui dit Pinconnu. — Etalors, qu’est-ce que cela peut te faire? s’étonna Simon. ~ Je observe depuis longtemps, reprit Vinconnu. Que dirais-tu de recevoir tout Pargent qui Pest nécessaire pour l'année entiére, sans jamais avoir 4 te demander Pou il vient ? — Je n’y verrais aucun inconvénient, répondit Simon. — Trés bien, dit ’inconnu. Je vais te donner tout I'argent dont tu as besoin pour Pannée et, en plus, réaliser trois de tes voeux, si tu promets de me suivre ensuite. Vois-tu, je suis le Diable, et tues le genre @homme dont j'aime la compagnie. » Le plan du Diablen ‘effraya pas Simon : ce fameux luron pensait qu’aucun esprit malin ne pouvait étre plus fort que lui. « Marché conclu ! dit-il. A moi de formuler mes trois souhaits. —Enonce-les, déclara le Diable, et ils te seront accordés. — Je posséde un petit tabouret, dit Simon, et mon premier souhait est que celui qui s'assiéra dessus y reste collé jusqu’a ce que je l’en délivre. ~ Souhait accordé ! répondit le Diable. es pcs Simon. Je posséde un pommier, je voudrais que celui qui cueillera une pomme de cet arbre y reste fixé jusqu’a ce que je l’en délivre. — Souhait accordé ! répondit le Diable. — Et voici mon troisitme veeu, conclut Simon. J'ai une petit bourse en cuir, et je voudrais que celui qui y mettra la main y reste pris jusqu’a ce que je le délivre. — Souhait accordé ! », répondit une derniére fois le Diable Le Diable serra la main du cordonnier et sen alla dans la nuit. Le marché était conclu. Dis le lendemain, Simon trouva ses poches pleines de monnaie. Et durant toute l'année, jamais il ne manqua d’or ni argent. Le temps s'écoula si vite qu'il ne vit pas passer année, jusqu’au matin ott il entendit la voix du Diable a sa porte. « Dépéche-toi Simon | Prépare-toi A prendre la route ! cria le Diable. ~ Assieds-toi un instant, le temps que je mette un col et une cravate », dit Simon. Le Diable s'assit sur le tabouret. « Voila, je suis pret! », dit le cordonnier aprés avoir mis son col et sa cravate. Mais quand le Diable voulut partir, il ne put se lever : il était collé au tabouret. « Libére-moi de ce tabouret ! hurla-til. — Si je te délivre, prolongeras-tu notre marché d’une année ? demanda Simon. —Je le ferai s'il le faut, siffla le Diable. Mais de toute maniére, je finirai par tavoir. » Simon libéra donc le Diable du tabouret et le laissa repartir. Une deuxiéme année passa aussi vite que la premiére. Un matin, Simon apergut le Diable qui 'attendait sur le pas de sa porte. « Entre donc un instant! dit le cordonnier. — Pas question ! dit le Diable. Tu tes joué de moi Pan passé. Sors immeédiatement ct allons-nous-en !» noi de ta bourse et je prolongerai notre marché d’une année, grinca le Diable — Pas question, déclara le cordonnier. Nous avons assez joué maintenant ! Il saisit sa bourse et la porta au forgeron qui la posa sur son enclume. Frappe-le a coups de marteau, dit Simor eron, ¢a lui donnera une lecon qu'il n’oubliera pas de sire Le forgeron martela la bourse mal jes rugissements du Diable. Quanta Simon, il retourna a sa maison coeur de |'Irlande, et plus jamais il 7entendit parler du Diabl ‘Le étrange voyage de ‘NARARA GC jour-la, il faisait un froid de loup Geren Narana se mit en route. Elle venait de passer quelque temps chez sa sceur, dans les collines, et retournait auprés de son mari et de ses enfants, sur la céte. ‘Narana marchait avec des raquettes, comme c’est la coutume en Laponie parce que la neige recouvre le sol presque toute Tannée. Mais peu’ peu, le temps changea. Le froid soleil du matin se cacha et le vent se mit 4 souffler de plus en plus fort, apportant avec lui des tourbillons de neige. Narana ne savait plus du tout ot elle se trouvait. Le vent forcit encore, et Narana se trouva prise dans une véritable tempéte, si forte, que la pauvre tomba et glissa jusqu’a un petit monticule de neige. Lentement, la tempéte se calma et le ait ciel se dégagea. Mais Narana n’av aucune idée de l’endroit oi elle se trouvait. Elle avait di perdre son chemin dans la tempéte. Devant elle s’étendait une longue colline, qui se terminait par quatre petites crétes. On aurait dit les quatre doigts d'une main gigantesque... Comme la nuit commengait & tomber, Narana se blottit dans un creux entre deux crétes pour se protéger du vent, et elle réussit 4 s’endormir. Au matin, elle monta sur la colline pour tenter de retrouver son chemin. Mais quelle drdle de colline ! L’un de ses versants était recouvert d’herbes noires et pointues et l’autre laissait apparaitre des stries bleues semblables & des riviéres souterraines. 265 Plus loin, la pente remohtait autres retentit, et une voix monstrueuse fortement, et Narana peinait sur ses demanda: raquettes mais elle ne pouvait pas courir le « Qui étes-vous et que faites-vous ici risque de passer une nouvelle nuit dans le ott nul n’est jamais venu? » froid et la neige. II fallait qu'elle retrouve Narana fut d’abord trop effrayée pour son chemin! Le paysage lui apparaissaitde _parler. Elle regarda autour d’elle mais ne vit plus en plus étrange; du sol montaient des __ personne. Elle se forga a répondre d’une bruits surprenants comme elle n’en avait voix tremblante : jamais entendus. Elle était arrivée sur un. «Je... Je suis Narana. J’étais sur le { grand plateau, toujours couvert de laméme chemin de mon village, mais je me suis herbe noire et pointue. perdue dans la tempéte. Et vous, qui. { Le sommet de la colline n’était plus étes-vous ? Un fantéme? trés loin devant elle, caché par une forét trés sombre. De la-haut, peut-étre elle son village... Narana était fatiguée et affamée. Elle avait terminé ses provisions et dut se contenter de sucer une poignée de neige pour se rafraichir. Elle reprit patiemment sa marche vers la forét, mais les bruits qui venaient du sol se faisaient plus forts et Veffrayaient. C’était peut-étre un tremblement de terre qui se préparait ! Soudain, un bruit plus terrible que les 266 — Non, je suis un géant », gronda la voix, et le sol trembla 4 nouveau. «Je m’appelle Kinak et je vis dans la plaine déserte ott je peux dormir sans écraser homme, de maison ou d’arbre. — Mais, oii étes-vous? » demanda Narana qui ne voyait toujours personne. «Sous vos pieds, petite femme. Vous me marchez dessus depuis hier. Vous avez grimpé sur ma main gauche et maintenant, vous étes sur mon torse. Cest mon cceur que vous entendez battre. — Pardonnez-moi. J’espére ne pas vous avoir fait de mal », reprit Narana. Le géant rit aux éclats et, cette fois, Narana crut vraiment que c’était un tremblement de terre. «Non petite femme, vous ne m’avez méme pas égratigné. J’ai parfois des difficultés quand un troupeau de rennes me court sur le ventre mais vous, vous étes légére comme une plume. » Le géant rit 4 nouveau, et Narana tomba la téte la premiére dans mon pouce et'mon index. Puis vous étes montée sur ma main, le long de mon bras et sur mon estomac. ie su Maintenant, vous étes devant ma barbe, mais je ne vous vois plus, car si je eve la téte pour vous regarder, vous allez tomber. Voulez-vous monter sur mon visage pour que je vous voie mieux? » Narana eut peur de passer par la barbe du géant et de s'y perdre. Elle préféra longer son cou et escalader son oreille. «A présent, allez vite jusqu’a mon nez, reprit Kinak, je ne voudrais pas vous avaler par mégarde! » 267 Enfin, Narana paryint sur la joue du ant. Epuisée, elle s/assit et s’adossa contre son nez monstrueux. Mais elle dut ‘ui demander de chuchoter. Quand il parlait 4 haute voix, elle devait se boucher les oreilles. Le géant était ravi d’avoir de la visite et parla longuement avec Narana. Mais elle pensait 4 son mari et a ses enfants et elle Tinterrompit. «Kinak, dit-elle; il faut que je parte, ma famille va s‘inquiéter. — Bien, bien, reprit le géant, vous me manquerez petite femme. Je suis trés seul ici. Enfin, je pourrai au moins m’étirer, je n’ai pas bougé depuis hier, de peur de vous écraser. — Merci Kinak, vous avez été trés gentil, mais pourriez-vous me dire oi je suis? J’ai perdu mon chemin. — Ot habitez-vous, petite femme? — Danse village de Tivnu, au bord de la mer. — Ce n'est pas bien loin, je vais vous envoyer jusque la-bas. 268 hi — MY envoyer? Que voulez-vous ire? — Montez sur ma lévre inférieure et asseyez-vous en me tournant le dos. Et, quand vous serez dans votre village, ne m/oubliez pas petite femme. » Narana obéit. Kinak souffla tout doucement, aussi doucement qu'il pouvait, 4 et Narana s’envola. Elle atterrit brutalement sur un gros tas de neige, a quelques metres de son village. Au loin, elle Y entendait des bruits étranges.. Au Pays des Farfelus nus, Les gens sont rouges, blancs et bleus. On ne se mouche jamais le nez Et pas besoin de s’habiller! Rouge, blanc, bleu... c’est mieux! ‘Au Pays des Farfelus nus, Les giteaux s'achétent au 200, Les pissenlits sont au sop, Et les renards sont logés Dans des boites a souliers ! ‘Au pays des Farfelus nus, Jamais personne ne s'est perdu. ‘On ne voit que chats et chatons Portant chapeau et pantalon Faits de melons et potirons! Chee les Farfelus rouges-blancs-bleus Ilya de la place pour nous deux! Dépéchons-nous, courons chez eux! Le train part & moins deux. Vive le Pays des Farfelus! La terre des Farfelus tout nus! Laterre super des Farfelus nus!!! I | était une fois une famille de fantomes heureux qui hantaient une maison au coeur d'une sombre forét. A cause d’eux, on appelait cette maison le Manoir des Fantémes. Tout prés de 1a, il y avait une €glise et quelques maisons. C’était le village le plus calme et le plus solitaire qui soit. La famille se-composait de quatre fantémes: Maman et Papa Fantéme, Petit Fant6me et Grand-mére Grogne. Elle passait son temps a tricoter des chaussettes en toiles d’araignées, pendant que Maman Fantéme faisait des tartes. Quant & Papa Fantéme, il dormait toute la journée. A minuit, les hiboux le réveillaient. I] était temps pour lui d’aller travailler... Tl passait alors a travers les murs, montait dans son carrosse fantéme tiré par quatre chevaux et roulait vite jusqu’au carrefour. Son cocher était un squelette sans téte appelé monsieur L’Os. Papa Fantéme restait 1A toute la nuit. II poussait des cris pergants et secouait ses chaines qui faisaient un cliquetis affreux. I] effrayait tout le monde. 270 Un jour, Petit Fantéme dit 4 sa mére: «Maman, quand est-ce que je pourrai faire comme Papa? Ca doit étre si amusant de crier pour épouvanter les gens! — Tues beaucoup trop jeune, mon chéri, lui répondit Maman Fantome. Tu ne sais méme pas encore crier. Mange ta farté comme un bon petit fantéme ! » Cette nuit-la, Petit Fantéme revétu de sa longue chemise de nuit blanche s’assit en face de son miroir et s'efforga de crier comme un grand fantéme. Mais il put tout juste faire entendre un minuscule cri étouffé. «Misére ! J'ai bien peur de ne jamais devenir un fantéme convenable ! gémit-il. Je vais demander de l'aide mes amis. » Le lendemain il alla consulter Ulul, le-hibou qui logeait dans le clocher de l’église. «Hou! Hou! Je vois ton probléme, Petit Fantome, dit Ulul. Peut-étre que si je hululais, ¢a t'aiderait & crier trés fort. Je viendrai ce soir au manoir, nous essayerons! » Puis Petit Fantéme alla voir Monstrachat, l’affreux chat, qui avait bon coeur malgré sa laideur. Il lui demanda de laider. «Bien sir, dit Monstrachat, je viendrai ce soir. Mes miaulements vaideront! » Ensuite, Petit Fantéme appela Couic, la souris invisible. Personne ne l’avait jamais vue mais on savait toujours quand elle était la, car elle portait des bottes de caoutchoue qui faisaient un bruit épouvantable lorsqu’elle courait sur le plancher. «Daccord, je viendrai aussi, dit Couic, et ils vont m’entendre! J’ai le cri le plus percant du monde! » it-la, tous se retrouvérent sur le grand arbre du jardin des fant6mes. Ulul hulula bien fort, Monstrachat miaula et Couic poussa ses cris les plus aigus. Mais pauvre Petit Fantéme, qui avait ouvert grand la bouche pour hurler, n’émit qu'un ridicule petit gloussement. Pourtant ils réussirent un tel chahut Gue les voisins s’éveillérent, furieux. Le Tendemain, le propriétaire de la maison vint au Manoir des Fantémes et les chassa tous. «Cet endroit a toujours été calme ! dit-il. Ce bruit est insupportable ! Partez! » Cest ainsi que toute la famille dut quitter les lieux dans le carrosse fantéme. Mais Petit Fantéme s’était caché dans le grenier. II ne voulait pas quitter ses amis. Dans la précipitation, ses parents ne se rendirent pas compte qu'il n’était pas la «Que va devenir mon Petit Fantéme tout seul! Mon pauvre petit est encore trop jeune pour savoir crier! » gémit Maman Fantéme quand elle s’en apergut, mais ils étaient déja trés loin. Peu de temps aprés arriva monsieur Jules. Il songeait louer le manoir. «Jessaie d’y passer la nuit, dit-il au propriétaire, et si l'endroit me plait, je resterai ! » Mais il n’attendit pas le matin pour prendre sa décision : lorsqu’il s’assit dans le fauteuil, il réveilla Monstrachat qui le griffa méchamment. «Au secours! On me griffe ! » hurla monsieur Jules en sortant précipitamment. II traversa le jardin, passa la grille et on ne le revit jamais. Le lendemain, le propriétaire ls commencérent par le pincer et lui accompagna deux nouveaux clients au chatouiller les pieds. Monstrachat se cacha manoir, un vieil homme et sa femme. sous le lit et miaula. Couic se mit a sauter «Nous allons y passer la nuit, dirent-ils. _ sur ’édredon de monsieur Bedon. Mais le Si endroit nous plait, nous resterons! » gros homme continuait a ronfler bien tranquillement. I] ne s'interrompit méme pas lorsque Ulul le hibou lui fit tomber un réveil sur la téte. Mais juste au moment ot sonnait minuit a l’église du village, Couic la souris mordit le doigt de pied de la vieille Heureusement, deux autres femme. amis arrivérent a la rescousse. u «Au secours! Cétaient Boris et Clovis, les Au secours! hurlérent-ils. fréres Chauve-souris. Ils tirérent La maison est hantée! » sur la barbe de monsieur Bedon. Ils sortirent et lui emmélerent les cheveux. précipitamment en j Mais ce n’était pas encore assez chemise de nuit et ne , a“ pour arriver a le réveiller! revinrent jamais. ‘ p ’ A la fin, Petit Fantéme alla ient suivant fut é Laill fouiller dans l'armoire a pharmacie. - 1 i y ressortit par une donjon od ique sur ses c6tes. Grand-mére \it cliqueter A toute vitesse ses es A tricoter et poussait des joyeux. Maman Fantéme fantome le plus pened. ‘eum j‘aurai s-sauvé la Reine Autour de lui, les langues fourchues BI-Blanche, se dit Petit Fou, on ne sifflent: « SSSS... Qui est-ce-SSSS ? » rira plus de moi! » II galope, entre les «Oooh, gémit Petit Fou. Qu’ai-je donc serpents qui gardent Tentacula. Plussloinjilse heurte a.une montagne de cubes. « J-Je vais g-grimper la-dessus, j-i’aurai une meilleure vue...» Et de la-haut, il apercoit... été fai-faire dans cette sombre histoire! » ... Une haute et lugubre maison au toit Ya délabré et aux cheminées a moitié écroulées. «Cette m-maison est sinistre ! » N’écoutant que son courage, Petit Fou se glisse & pas de loup jusqu’a la porte entrouverte. « Qu-Quel affreux fouillis! » Tout est recouvert de toiles d’araignée. Le coeur de Petit Fou bat trés fort, tandis qu'il monte l'escalier. L’entrée est sombre et poussiéreuse. «C-Cette maison a I-I’air abandonnée... Peut-étre est-est-elle han-hantée... ? » Du bout de son épée tremblante, il écarte les toiles d’araignée accrochées aux marches branlantes. Enfin, il est en haut. "7 CRAC! Une porte s‘ouvre soudain. alors une patte pour l’attraper mais elle Tentacula, horrible araignée, apparait. _s'emméle dans sa propre toile... Elle se Elle roule de gros yeux. Petit Fou, terrifié, met a gronder de colere... Puis, fait un bond en arrigre. Tentacula avance _brusquement, elle perd I’équilibre... Petit Fou a juste le temps de s‘écarter... Tentacula dégringole, "la téte la premiére, dans l’escalier. Pareille dune grosse pelote de ficelle, elle roule jusqu’en bas! Ld, elle s‘immobilise, incapable de remuer une patte. Rassuré, Petit Fou ramasse |'épée du roi que, dans son caffolement, il a laissé tomber. «Sa-Sapristi! s‘exclame-t-il. J-J’allais oublier de ch-chercher la Reine! Ou p-peut-elle bien se trouver? » II fouille toute la maison, mais en vain... «Oh! J-J‘abandonne! » soupire-t-il. Il entend alors Whe rincements et... CRAC! Alcrthee s‘effondre sous ses pieds! Petit Fou tombe dans le vide et le noir. 279 llatterrit avec fracas sur un sol de pierre froid. Et la, il n’en croit fee ses yeux: devant ui, se trouve la Reine Blanche, ligotée dans la toile de Tentacula. «J-Je suis dé-désolé d’entrer sans fr-frapper Vo-Votre Majesté! » Et il s‘empresse de se relever pour la délivrer. «Je suis ravie de te voir, Petit Fou, dit la Reine. Que tu es courageux... » A la porte de la maison, tous les jouets La maison va enfin pouvoir revivre! Et attendent Petit Fou pour I’acclamer. en compagnie de la reine, Petit Fou, Grace 4 lui, Tentacula, I’horrible levant fiérement l’épée du roi, regagne araignée, a été vaincue. triomphalement la cour du Roi Blanc. 280 Tous ces papillons se ressemblent, mais seuls deux d’entre eux sont ciseaux différe des autres. Sauras-tu distinguer lequel ? Lun de ces q ALDO EN ARCADIE Méme s'il est trop petit pour laver les carreaux, Aldo a plus d'un tour dans son sac. LA PIERRE MARINE Une pierre vraiment magique! L'EXPLOIT DE NICOLAS I1n'a que six ans et pourtant... DANS LEN 11 DE HISTOIRES LENFANT DU SOLEIL, Le pécheur et sa ferme se désolent car ils n'ont pas d'enfants. LE VIEUX MARIN Un joli po&me ancien qui parle de quais et de bateaux. PETIT- FOU Le chateau de Petit-Fou a disparu ! LE SECRET DU PRINCE Un secret et une princesse ues ues jolie... \

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