0 évaluation0% ont trouvé ce document utile (0 vote) 528 vues32 pagesMes Histoires A Moi - 10
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HISTOIRE
Les plus belles histoires du mondeLes plus belles histoires du monde
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SOMMAIRE DU N° 10
JACQUES ET LES HARICOTS
MAGIQUES. 253
Jacques échange so vache contre
quelques haricots. Mais caux-ci ne
sont pas des haricots ordinaires..
SIMON ET LE
DIABLE... -p-260
‘Simon le cordonnier passe un
marché avec le diable. Mais qui
des deux sera dupé @
LETRANGE VOYAGE DE
NARAMA.....
Perdue au milieu d'une violente
tempéte de neige, Narama fait
une rencontre insolite.
ait: ALP a Cle
Dire de publication: Franoise Det
Dectar dy arkating*Cisonbe Lagrange.
Dhrstrie des predation Morgue Male:
Adaptation éitorae administration, marketing:
COBRA S.A Rue des Taneatin 75013 Pas,
PDS, Oi
Dirccrie eos
Corleone" Anne de Prémowie
ste de Bait Ber
Eton, Jean Lae Couaem etChisine Godin
Tradition Mate‘Tese Pena
Collabraton Mace Tensile omines)
‘Compoion: 200M COMPO
(©1988 Marshal Cavendish Lid
(©1982 ALP ct Ge pour in rangi
Iie en Angler
NISHN 2365-00151
eps al parton
‘AU PAYS DES FARFELUS
NU:
Ilse passe de dréle de choses au
pays des forfelus nus.
LE MANOIR DES
FANTOMES......000e00e00000sP+270
Un fantéme ne sait pas comment
effrayer les habitants du manoir ;
il demande l'aide de ses amis.
PETIT-FOU. p.276
PelitFou est ies inguiel, mais il
doit retrouver la Reine Blanche.
Mstentcurs:
‘rogues tes haves: P. Dennis
Simon ete able Hook
Cearangs voyage. R. Sater
‘Au pays K. Madison, Miligan
(oman. FPilips
P-FooP. Wingham
Réitans:
Tacques tes hares.
Simon et cable: Michel
[range voyage. Hear Viens
‘Au pays. Jacgocs Mule
Le mancit. Hesn Virjeu
eeFou Pak rgjean
Murer
‘Case lise yar TRALALA
Prodaction: Maral Cavendish
Landes, Royaume Us
ALP et ie, pou eon
Frags.DACUUES
et les magiques
| était une fois une pauvre veuve qui
vivait avec son fils unique, Jacques.
Ils ne possédaient qu'une vache qui
donnait heureusement beaucoup de lait.
Jacques et sa mére faisaient des fromages
quills vendaient au marché voisin.
Un jour, leur vache cessa de donner
du lait car elle était trop vieille, et bientdt
il ne leur resta plus d'argent. Alors, la
pauvre femme dit a son fils:
«]I faut vendre la vache. Va au
marché et tache d’en tirer un bon prix. »
Jacques mena donc la vache au
marché, mais il trainait les pieds, car il
aimait bien sa vache.
Tavait fait la moitié du chemin
lorsqu’il rencontra un dréle de petit homme
qui lui proposa d’acheter sa vache.
- «Si tu me la vends, affirma le petit
homme, tu seras riche. Toute ta vie ! »
Er il donna a Jacques une bourse en
cuir fermée par un cordon. Tout content,
Jacques s'empressa d’ouvrir la bourse. Mais
il n’y trouva que cing haricots !
«Ce sont des haricots magiques,
expliqua le petit homme. Si tu les plantes,
ils pousseront jusqu’au ciel. »
Avant que Jacques ait eu le temps de
répliquer, le dréle de petit homme
disparut... et la vache avec lui.
Jacques se dépécha de rentrer chez lui.
IL lui tardait de planter les haricots...
«Tu rentres déja? demanda sa mére.
Alors, tu as vendu la vache?
— Oui je crois que j’ai eu de la
chance, répondit Jacques. Regarde! »tout |» 3
Jacques tenta de lui expliquer que
‘étaient des haricots magiques, mais elle
ne voulut rien entendre. Elle jeta les
haricots par la fenétre et envoya Jacques
au lit sans manger.
Le lendemain matin quand
Jacques se réveilla, il avait grand
faim; mais plus grande encore
était son impatience.
Ilse précipita
dans le jardin,
curieux de voir
si ses haricots
avaient poussé,
mais, stupéfait,
il s'arréta net.
Les haricots avaient
poussé et s’étaient
transformés en une
plante immense qui
grimpait jusqu’au ciel.
Jacques commenga a escalader
la tige; il fit un signe d’adieu a sa mére
qui le regardait toute étonnée et continua
a grimper, grimper, grimper... II traversa
les nuages et se retrouva sur une route.Jacques marcha pendant des
heures. Enfin, il arriva devant un
gigantesque chateau. Comme il avait
trés faim, il frappa a la porte, pensant
sue 'on pourrait lui donner 8 manger.
Une femme ouvrit, c’était une géante
qui se pencha pour regarder Jacques.
« Pouvez-vous me donner 4 manger,
s'il vous plait ? demanda-t-il.
— Va-t’en, répondit la géante.
Mon mari va rentrer et s'il te voit, il voudra
te manger! »
Mais Jacques réussit a l’apitoyer.
Elle le fit entrer et lui donna du pain et
du fromage. I] avait 8 peine avalé la
demiére bouchée, qu’il entendit des
bruits de pas dans le couloir.
«C'est mon mari ! s’écria la femme
du géant. Vite, cache-toi dans le four ! »
La porte du four s’était 4 peine
refermée, que le géant entra dans la
cuisine. Il se mit aussit6t & hurler:
«Heum, heum, ham, hom,
Je sens l'odeur d’un petit horn
Je vais lui broyer les os
Pour me faire un bon gateau.
— Mais non, mon chéri, dit
calmement sa femme. Tu te trompes,
assieds-toi, ton diner est prét. »
Quand le géant eut fini de manger,
il appela sa femme:
«Femme, apporte-moi mes sacs d’or ! »
Elle obéit et il en sortit des piéces d'or
qu'il se mit 4 compter. Jacques n’en croyait
pas ses yeux. Il y avait des quantités d’or !Quand il eur fini de compter son or,
le géant s’endormit comme une masse.
Jacques se précipita vers la table, jeta
un sac d’or sur son épaule et sortit du
chateau en courant. II courut jusqu’au
haricot géant, jeta le sac par terre et
descendit le long de la tige.
Pendant des mois, Jacques et sa mére
vécurent heureux, mais ils finirent par
épuiser leur trésor. Alors, Jacques décida
de retourner chez les géants.
Il grimpa sur la tige du haricot,
traversa les nuages, suivit la route et frappa
ala porte du chateau.
La femme du géant lui ouvrit la porte.
«Ah, Cest toi ! s’écria-t-elle. Tu sais,
la demniére fois que tu es venu, mon maria
perdu un sac d'or.
— Vraiment ? demanda Jacques.
Quel malheur ! Mais je vais vous aider a le
retrouver. Je suis si petit que je peux me
faufiler dans tous les recoins. »
La femme du géant fit entrer Jacques
et lui donna méme du pain et du fromage.
Jacques faisait semblant de chercher le
sac d’or quand il entendit des bruits de pas
dans le couloir. [I eut tout juste le temps de
se cacher dans le four. Le géant entra dans
la cuisine en rugissant:
«Heum, heum, ham, hom,
Je sens l'odeur d'un petit homme.
Je vais lui broyer les os
Pour me faire un bon gdteau.
— Mais non, répondit sa femme.
Iln’y a personne, assieds-toi, ton diner est
tout prét. »
Quand le géant eut fini de manger,
il appella sa femme:
«Femme, apporte-moi ma poule. »
Elle obéit et posa une petite poule
blanche sur la table.
«Petite poule blanche, dit le géant,
ponds un ceuf sur cette table! »
256
Et aussitdt la poule pondit un ceuf.
Mais pas n’importe quel ceuf, un ceuf en or
massif ! Puis le géant s’endormit comme
une masse en serrant l’ceuf dans sa main.
Jacques bondit hors du four, saisit la
poule par le cou et s’enfuit toutes jambes
jusque chez lui.
La mére de Jacques fut trés heureuse
en le voyant revenir, et avec un tel trésor!
Grace a la poule, ils ne seraient plus jamais
pauvres.
Ils vécurent ainsi plusieurs mois trés
heureux. Pourtant, un beau jour, Jacques
grimpa 4 nouveau le long de la tige du
haricot magique. Cette fois, il n’osa pas
frapper a la porte du chateau. Il entra en
cachette pendant que la femme du géant
étendait son linge et au lieu de se cacher
dans le four, il se blottit au fond de la
lessiveuseBientét, il entendit
des bruits de pasdans_
le couloir, et la porte
de la cuisine s’ouvrit
brusquement. Le géant
entra et se mit a rugir:
«Heum, heum, ham, hom,
Je sens l'odeur d’un petit homme.
Je vais lui broyer les os
Pour me faire un bon gdteau.
— Comment ? s’écria sa femme.
Tu as senti l’odeur de ce galopin qui nous
a volé un sac d’or et notre poule ? Je parie
qu'il est caché dans le four ! »
Le géant se rua sur la porte du four,
mais bien entendu, il n’y avait personne &
Vintérieur.
«Tuas dai réver, lui dit sa femme.
Je vais t’apporter ta harpe enchantée pour
te faire oublier tes dréles d’idées. »
258
Elle posa une petite
harpe sur la table et,
fe aussitot, la harpe se mit
4 & jouer toute seule une
musique douce et mélodieuse.
Le géant poussa un long soupir.
Sa femme poussa aussi un long soupir...
et tous deux s’endormirent paisiblement.
Rapide comme I’éclair, Jacques sortit
de sa cachette et s’empara de la harpe.
Mais au moment oit il allait passer la porte,
la harpe gémit:
«Maitre ! Maitre ! Au secours ! »
Le géant se réveilla en sursaut, saisit sa
hache et courut derriére Jacques.
Jacques avait de l’avance, mais le
géant courait beaucoup plus vite que lui.
Ilwallait pas tarder a le rattraper...
Jacques arriva a la tige du haricot
peine quelques secondes avant le géant.a descendre le long de
sa hache.
cot.
Tly eut un énorme craquement
s’écroula de tout son
a tige, dans le jardin.
Dec es et sa mére
vécurent tre c leur poule qui
pondait d t avec leur harpe
seule de la musique.3 DIABLEUne nuit, alors qu’il rentrait chez lui,
un inconnu l’arréta.
« Tu rentres bien tard, lui dit
Pinconnu.
— Etalors, qu’est-ce que cela peut te
faire? s’étonna Simon.
~ Je observe depuis longtemps, reprit
Vinconnu. Que dirais-tu de recevoir tout
Pargent qui Pest nécessaire pour l'année
entiére, sans jamais avoir 4 te demander
Pou il vient ?
— Je n’y verrais aucun inconvénient,
répondit Simon.
— Trés bien, dit ’inconnu. Je vais te
donner tout I'argent dont tu as besoin pour
Pannée et, en plus, réaliser trois de tes
voeux, si tu promets de me suivre ensuite.
Vois-tu, je suis le Diable, et tues le genre
@homme dont j'aime la compagnie. »
Le plan du Diablen ‘effraya pas
Simon : ce fameux luron pensait qu’aucun
esprit malin ne pouvait étre plus fort que
lui.
« Marché conclu ! dit-il. A moi de
formuler mes trois souhaits.
—Enonce-les, déclara le Diable, et ils te
seront accordés.
— Je posséde un petit tabouret, dit
Simon, et mon premier souhait est que
celui qui s'assiéra dessus y reste collé
jusqu’a ce que je l’en délivre.
~ Souhait accordé ! répondit le Diable.
es pcs
Simon. Je posséde un pommier, je voudrais
que celui qui cueillera une pomme de cet
arbre y reste fixé jusqu’a ce que je l’en
délivre.
— Souhait accordé ! répondit le Diable.
— Et voici mon troisitme veeu, conclut
Simon. J'ai une petit bourse en cuir, et je
voudrais que celui qui y mettra la main y
reste pris jusqu’a ce que je le délivre.
— Souhait accordé ! », répondit une
derniére fois le Diable
Le Diable serra la main du cordonnier
et sen alla dans la nuit. Le marché était
conclu.
Dis le lendemain, Simon trouva ses
poches pleines de monnaie. Et durant
toute l'année, jamais il ne manqua d’or ni
argent. Le temps s'écoula si vite qu'il ne
vit pas passer année, jusqu’au matin ott il
entendit la voix du Diable a sa porte.« Dépéche-toi Simon | Prépare-toi A
prendre la route ! cria le Diable.
~ Assieds-toi un instant, le temps que je
mette un col et une cravate », dit Simon.
Le Diable s'assit sur le tabouret.
« Voila, je suis pret! », dit le
cordonnier aprés avoir mis son col et sa
cravate.
Mais quand le Diable voulut partir, il
ne put se lever : il était collé au tabouret.
« Libére-moi de ce tabouret ! hurla-til.
— Si je te délivre, prolongeras-tu notre
marché d’une année ? demanda Simon.
—Je le ferai s'il le faut, siffla le Diable.
Mais de toute maniére, je finirai par
tavoir. »
Simon libéra donc le Diable du
tabouret et le laissa repartir.
Une deuxiéme année passa aussi vite
que la premiére. Un matin, Simon apergut
le Diable qui 'attendait sur le pas de sa
porte.
« Entre donc un instant! dit le
cordonnier.
— Pas question ! dit le Diable. Tu tes
joué de moi Pan passé. Sors
immeédiatement ct allons-nous-en !»noi de ta bourse et je
prolongerai notre marché d’une année,
grinca le Diable
— Pas question, déclara le cordonnier.
Nous avons assez joué maintenant !
Il saisit sa bourse et la porta au forgeron
qui la posa sur son enclume.
Frappe-le a coups de marteau, dit Simor
eron, ¢a lui donnera une
lecon qu'il n’oubliera pas de sire
Le forgeron martela la bourse mal
jes rugissements du Diable.
Quanta Simon, il retourna a sa maison
coeur de |'Irlande, et plus jamais il
7entendit parler du Diabl‘Le étrange
voyage de
‘NARARA
GC jour-la, il faisait un froid de loup
Geren Narana se mit en route. Elle
venait de passer quelque temps chez sa
sceur, dans les collines, et retournait auprés
de son mari et de ses enfants, sur la céte.
‘Narana marchait avec des raquettes,
comme c’est la coutume en Laponie parce
que la neige recouvre le sol presque toute
Tannée. Mais peu’ peu, le temps changea.
Le froid soleil du matin se cacha et le vent
se mit 4 souffler de plus en plus fort,
apportant avec lui des tourbillons de neige.
Narana ne savait plus du tout ot elle se
trouvait. Le vent forcit encore, et Narana
se trouva prise dans une véritable tempéte,
si forte, que la pauvre tomba et glissa
jusqu’a un petit monticule de neige.
Lentement, la tempéte se calma et le
ait
ciel se dégagea. Mais Narana n’av
aucune idée de l’endroit oi elle se trouvait.
Elle avait di perdre son chemin dans la
tempéte. Devant elle s’étendait une longue
colline, qui se terminait par quatre petites
crétes. On aurait dit les quatre doigts d'une
main gigantesque...
Comme la nuit commengait &
tomber, Narana se blottit dans un creux
entre deux crétes pour se protéger du vent,
et elle réussit 4 s’endormir.
Au matin, elle monta sur la colline
pour tenter de retrouver son chemin. Mais
quelle drdle de colline ! L’un de ses versants
était recouvert d’herbes noires et pointues
et l’autre laissait apparaitre des stries
bleues semblables & des riviéres
souterraines.
265Plus loin, la pente remohtait autres retentit, et une voix monstrueuse
fortement, et Narana peinait sur ses demanda:
raquettes mais elle ne pouvait pas courir le « Qui étes-vous et que faites-vous ici
risque de passer une nouvelle nuit dans le ott nul n’est jamais venu? »
froid et la neige. II fallait qu'elle retrouve Narana fut d’abord trop effrayée pour
son chemin! Le paysage lui apparaissaitde _parler. Elle regarda autour d’elle mais ne vit
plus en plus étrange; du sol montaient des __ personne. Elle se forga a répondre d’une
bruits surprenants comme elle n’en avait voix tremblante :
jamais entendus. Elle était arrivée sur un. «Je... Je suis Narana. J’étais sur le {
grand plateau, toujours couvert de laméme chemin de mon village, mais je me suis
herbe noire et pointue. perdue dans la tempéte. Et vous, qui. {
Le sommet de la colline n’était plus étes-vous ? Un fantéme?
trés loin devant elle, caché par une forét
trés sombre. De la-haut, peut-étre
elle son village...
Narana était fatiguée et affamée.
Elle avait terminé ses provisions et dut se
contenter de sucer une poignée de neige
pour se rafraichir. Elle reprit patiemment sa
marche vers la forét, mais les bruits qui
venaient du sol se faisaient plus forts et
Veffrayaient. C’était peut-étre un
tremblement de terre qui se préparait !
Soudain, un bruit plus terrible que les
266— Non, je suis un géant », gronda
la voix, et le sol trembla 4 nouveau.
«Je m’appelle Kinak et je vis dans la plaine
déserte ott je peux dormir sans écraser
homme, de maison ou d’arbre.
— Mais, oii étes-vous? » demanda
Narana qui ne voyait toujours personne.
«Sous vos pieds, petite femme.
Vous me marchez dessus depuis hier.
Vous avez grimpé sur ma main gauche et
maintenant, vous étes sur mon torse.
Cest mon cceur que vous entendez battre.
— Pardonnez-moi. J’espére ne pas
vous avoir fait de mal », reprit Narana.
Le géant rit aux éclats et, cette fois,
Narana crut vraiment que c’était un
tremblement de terre.
«Non petite femme, vous ne m’avez
méme pas égratigné. J’ai parfois des
difficultés quand un troupeau de rennes me
court sur le ventre mais vous, vous étes
légére comme une plume. »
Le géant rit 4 nouveau, et Narana
tomba la téte la premiére dans
mon pouce et'mon index. Puis vous
étes montée sur ma main, le long de
mon bras et sur mon estomac.
ie su
Maintenant, vous étes devant ma barbe,
mais je ne vous vois plus, car si je eve
la téte pour vous regarder, vous allez
tomber. Voulez-vous monter sur mon
visage pour que je vous voie mieux? »
Narana eut peur de passer par la barbe
du géant et de s'y perdre. Elle préféra longer
son cou et escalader son oreille.
«A présent, allez vite jusqu’a mon
nez, reprit Kinak, je ne voudrais pas vous
avaler par mégarde! »
267Enfin, Narana
paryint sur la joue du
ant. Epuisée, elle s/assit
et s’adossa contre son nez
monstrueux. Mais elle dut
‘ui demander de chuchoter.
Quand il parlait 4 haute voix,
elle devait se boucher les oreilles.
Le géant était ravi d’avoir de la visite
et parla longuement avec Narana. Mais elle
pensait 4 son mari et a ses enfants et elle
Tinterrompit.
«Kinak, dit-elle; il faut que je parte,
ma famille va s‘inquiéter.
— Bien, bien, reprit le géant, vous
me manquerez petite femme. Je suis trés
seul ici. Enfin, je pourrai au moins m’étirer,
je n’ai pas bougé depuis hier, de peur de
vous écraser.
— Merci Kinak, vous avez été trés
gentil, mais pourriez-vous me dire oi je
suis? J’ai perdu mon chemin.
— Ot habitez-vous, petite femme?
— Danse village de Tivnu, au bord
de la mer.
— Ce n'est pas bien loin, je vais vous
envoyer jusque la-bas.
268
hi — MY envoyer? Que voulez-vous
ire?
— Montez sur ma lévre inférieure et
asseyez-vous en me tournant le dos. Et,
quand vous serez dans votre village, ne
m/oubliez pas petite femme. »
Narana obéit. Kinak souffla tout
doucement, aussi doucement qu'il pouvait, 4
et Narana s’envola.
Elle atterrit brutalement sur
un gros tas de neige, a quelques metres
de son village. Au loin, elle Y
entendait des bruits étranges..Au Pays des Farfelus nus,
Les gens sont rouges, blancs et bleus.
On ne se mouche jamais le nez
Et pas besoin de s’habiller!
Rouge, blanc, bleu... c’est mieux!
‘Au Pays des Farfelus nus,
Les giteaux s'achétent au 200,
Les pissenlits sont au sop,
Et les renards sont logés
Dans des boites a souliers !
‘Au pays des Farfelus nus,
Jamais personne ne s'est perdu.
‘On ne voit que chats et chatons
Portant chapeau et pantalon
Faits de melons et potirons!
Chee les Farfelus rouges-blancs-bleus
Ilya de la place pour nous deux!
Dépéchons-nous, courons chez eux!
Le train part & moins deux.
Vive le Pays des Farfelus!
La terre des Farfelus tout nus!
Laterre super des Farfelus nus!!!I | était une fois une famille de fantomes
heureux qui hantaient une maison au
coeur d'une sombre forét. A cause d’eux,
on appelait cette maison le Manoir des
Fantémes. Tout prés de 1a, il y avait une
€glise et quelques maisons. C’était le village
le plus calme et le plus solitaire qui soit.
La famille se-composait de quatre
fantémes: Maman et Papa Fantéme, Petit
Fant6me et Grand-mére Grogne. Elle
passait son temps a tricoter des chaussettes
en toiles d’araignées, pendant que Maman
Fantéme faisait des tartes. Quant & Papa
Fantéme, il dormait toute la journée. A
minuit, les hiboux le réveillaient. I] était
temps pour lui d’aller travailler...
Tl passait alors a travers les murs,
montait dans son carrosse fantéme tiré
par quatre chevaux et roulait vite
jusqu’au carrefour. Son cocher était
un squelette sans téte appelé
monsieur L’Os. Papa Fantéme
restait 1A toute la nuit. II poussait
des cris pergants et secouait ses
chaines qui faisaient un cliquetis
affreux. I] effrayait tout le monde.
270
Un jour, Petit Fantéme dit 4 sa mére:
«Maman, quand est-ce que je pourrai
faire comme Papa? Ca doit étre si amusant
de crier pour épouvanter les gens!
— Tues beaucoup trop jeune,
mon chéri, lui répondit Maman
Fantome. Tu ne sais méme pas
encore crier. Mange ta
farté comme un bon
petit fantéme ! »Cette nuit-la, Petit Fantéme revétu de
sa longue chemise de nuit blanche s’assit en
face de son miroir et s'efforga de crier comme
un grand fantéme. Mais il put tout juste
faire entendre un minuscule cri étouffé.
«Misére ! J'ai bien peur de ne jamais
devenir un fantéme convenable ! gémit-il.
Je vais demander de l'aide mes amis. »
Le lendemain il alla consulter Ulul,
le-hibou qui logeait dans le clocher de l’église.
«Hou! Hou! Je vois ton probléme,
Petit Fantome, dit Ulul. Peut-étre que si je
hululais, ¢a t'aiderait & crier trés fort. Je
viendrai ce soir au manoir, nous essayerons! »
Puis Petit Fantéme alla voir
Monstrachat, l’affreux chat, qui avait bon
coeur malgré sa laideur. Il lui demanda
de laider.
«Bien sir, dit Monstrachat,
je viendrai ce soir. Mes miaulements
vaideront! »
Ensuite, Petit Fantéme appela Couic,
la souris invisible. Personne ne l’avait
jamais vue mais on savait toujours quand
elle était la, car elle portait des bottes de
caoutchoue qui faisaient un bruit épouvantable
lorsqu’elle courait sur le plancher.
«Daccord, je viendrai aussi, dit Couic,
et ils vont m’entendre! J’ai le cri le plus
percant du monde! »
it-la, tous se retrouvérent sur
le grand arbre du jardin des fant6mes.
Ulul hulula bien fort, Monstrachat miaula
et Couic poussa ses cris les plus aigus. Mais
pauvre Petit Fantéme, qui avait ouvert
grand la bouche pour hurler, n’émit qu'un
ridicule petit
gloussement.Pourtant ils réussirent un tel chahut
Gue les voisins s’éveillérent, furieux. Le
Tendemain, le propriétaire de la maison vint
au Manoir des Fantémes et les chassa tous.
«Cet endroit a toujours été calme !
dit-il. Ce bruit est insupportable ! Partez! »
Cest ainsi que toute la famille dut
quitter les lieux dans le carrosse fantéme.
Mais Petit Fantéme s’était caché dans le
grenier. II ne voulait pas quitter ses amis.
Dans la précipitation, ses parents ne se
rendirent pas compte qu'il n’était pas la
«Que va devenir mon Petit Fantéme
tout seul! Mon pauvre petit est encore trop
jeune pour savoir crier! » gémit Maman
Fantéme quand elle s’en apergut, mais ils
étaient déja trés loin.
Peu de temps aprés arriva monsieur
Jules. Il songeait louer le manoir.
«Jessaie d’y passer la nuit, dit-il au
propriétaire, et si l'endroit me plait, je
resterai ! »
Mais il n’attendit pas le matin pour
prendre sa décision : lorsqu’il s’assit dans le
fauteuil, il réveilla Monstrachat qui le griffa
méchamment.
«Au secours! On me griffe ! » hurla
monsieur Jules en sortant précipitamment. II
traversa le jardin, passa la grille et on ne le
revit jamais.Le lendemain, le propriétaire ls commencérent par le pincer et lui
accompagna deux nouveaux clients au chatouiller les pieds. Monstrachat se cacha
manoir, un vieil homme et sa femme. sous le lit et miaula. Couic se mit a sauter
«Nous allons y passer la nuit, dirent-ils. _ sur ’édredon de monsieur Bedon. Mais le
Si endroit nous plait, nous resterons! » gros homme continuait a ronfler bien
tranquillement. I] ne s'interrompit méme
pas lorsque Ulul le hibou lui fit
tomber un réveil sur la téte.
Mais juste au moment ot
sonnait minuit a l’église
du village, Couic la souris mordit
le doigt de pied de la vieille Heureusement, deux autres
femme. amis arrivérent a la rescousse.
u «Au secours! Cétaient Boris et Clovis, les
Au secours! hurlérent-ils. fréres Chauve-souris. Ils tirérent
La maison est hantée! » sur la barbe de monsieur Bedon.
Ils sortirent et lui emmélerent les cheveux.
précipitamment en j Mais ce n’était pas encore assez
chemise de nuit et ne , a“ pour arriver a le réveiller!
revinrent jamais. ‘ p ’ A la fin, Petit Fantéme alla
ient suivant fut é Laill fouiller dans l'armoire a pharmacie.
- 1 i yressortit par une
donjon od
ique sur ses c6tes. Grand-mére
\it cliqueter A toute vitesse ses
es A tricoter et poussait des
joyeux. Maman Fantéme
fantome le plus pened.‘eum j‘aurai s-sauvé la Reine
Autour de lui, les langues fourchues
BI-Blanche, se dit Petit Fou, on ne sifflent: « SSSS... Qui est-ce-SSSS ? »
rira plus de moi! » II galope, entre les «Oooh, gémit Petit Fou. Qu’ai-je donc
serpents qui gardent Tentacula.
Plussloinjilse heurte a.une
montagne de cubes. « J-Je vais
g-grimper la-dessus, j-i’aurai
une meilleure vue...» Et de
la-haut, il apercoit...
été fai-faire dans cette sombre histoire! »
... Une haute et lugubre maison au toit
Ya délabré et aux cheminées a moitié écroulées.
«Cette m-maison est sinistre ! »N’écoutant que son courage, Petit Fou se
glisse & pas de loup jusqu’a la porte
entrouverte. « Qu-Quel affreux fouillis! »
Tout est recouvert de toiles d’araignée.
Le coeur de Petit Fou bat trés fort, tandis
qu'il monte l'escalier.
L’entrée est sombre et poussiéreuse.
«C-Cette maison a I-I’air abandonnée...
Peut-étre est-est-elle han-hantée... ? »
Du bout de son épée tremblante, il écarte
les toiles d’araignée accrochées aux
marches branlantes. Enfin, il est en haut.
"7CRAC! Une porte s‘ouvre soudain. alors une patte pour l’attraper mais elle
Tentacula, horrible araignée, apparait. _s'emméle dans sa propre toile... Elle se
Elle roule de gros yeux. Petit Fou, terrifié, met a gronder de colere... Puis,
fait un bond en arrigre. Tentacula avance _brusquement, elle perd I’équilibre...Petit Fou a juste le
temps de s‘écarter...
Tentacula dégringole,
"la téte la premiére,
dans l’escalier. Pareille
dune grosse pelote de
ficelle, elle roule
jusqu’en bas! Ld, elle
s‘immobilise, incapable
de remuer une patte.
Rassuré, Petit Fou
ramasse |'épée du roi
que, dans son
caffolement, il a laissé
tomber. «Sa-Sapristi!
s‘exclame-t-il. J-J’allais
oublier de ch-chercher
la Reine! Ou p-peut-elle
bien se trouver? »
II fouille toute la maison, mais en
vain... «Oh! J-J‘abandonne! »
soupire-t-il. Il entend alors
Whe rincements et...
CRAC! Alcrthee s‘effondre
sous ses pieds! Petit Fou tombe
dans le vide et le noir.
279llatterrit avec fracas
sur un sol de pierre
froid. Et la, il n’en croit
fee ses yeux: devant
ui, se trouve la Reine
Blanche, ligotée dans
la toile de Tentacula.
«J-Je suis dé-désolé
d’entrer sans fr-frapper
Vo-Votre Majesté! »
Et il s‘empresse de se
relever pour la délivrer.
«Je suis ravie de te
voir, Petit Fou, dit la
Reine. Que tu es
courageux... »
A la porte de la maison, tous les jouets La maison va enfin pouvoir revivre! Et
attendent Petit Fou pour I’acclamer. en compagnie de la reine, Petit Fou,
Grace 4 lui, Tentacula, I’horrible levant fiérement l’épée du roi, regagne
araignée, a été vaincue. triomphalement la cour du Roi Blanc.
280Tous ces papillons se ressemblent,
mais seuls deux d’entre eux sont
ciseaux différe des autres. Sauras-tu distinguer lequel ?
Lun de ces qALDO EN ARCADIE
Méme s'il est trop petit pour
laver les carreaux, Aldo
a plus d'un tour dans son sac.
LA PIERRE MARINE
Une pierre vraiment
magique!
L'EXPLOIT DE NICOLAS
I1n'a que six ans et pourtant...
DANS LEN 11 DE
HISTOIRES
LENFANT DU SOLEIL,
Le pécheur et sa ferme se désolent
car ils n'ont pas d'enfants.
LE VIEUX MARIN
Un joli po&me ancien qui parle de
quais et de bateaux.
PETIT- FOU
Le chateau de Petit-Fou a disparu !
LE SECRET DU PRINCE
Un secret et une princesse
ues ues jolie...
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