Le surbooking, ou surréservation, est une pratique courante et controversée utilisée par les
compagnies aériennes du monde entier. À première vue, vendre plus de billets que le nombre de
sièges disponibles dans un avion peut sembler contre-intuitif. Cependant, cette stratégie est
profondément ancrée dans les modèles économiques des compagnies aériennes et repose sur des
considérations logistiques, financières et comportementales complexes. En effet, le surbooking
permet aux compagnies de maximiser leurs revenus et d'atténuer les pertes financières causées par
les annulations et les absences de dernière minute. Toutefois, cette pratique peut également entraîner
des désagréments pour les passagers, allant des retards aux refus d'embarquement.
Ainsi, il est pertinent de se demander : comment les compagnies aériennes peuvent-elles justifier et
gérer efficacement la pratique du surbooking tout en minimisant les impacts négatifs sur les
passagers ? Cette problématique nous invite à examiner les motivations économiques derrière le
surbooking, les stratégies de gestion des compagnies aériennes pour limiter les désagréments, ainsi
que les implications éthiques et légales de cette pratique. Comprendre cette dynamique est essentiel
pour saisir les enjeux et les mécanismes de l'industrie aérienne moderne.
Partie 1 : Raisons et Objectifs du Surbooking
1. Maximisation des revenus
Les compagnies aériennes opèrent dans un marché hautement compétitif où chaque siège vide
représente une perte de revenus. En vendant plus de billets que de places disponibles, elles
cherchent à maximiser leur taux de remplissage. Cette stratégie leur permet de compenser les
revenus perdus à cause des sièges non occupés.
2. Gestion des annulations et des absences de dernière minute
Les annulations de dernière minute et les no-shows (passagers ne se présentant pas) sont courants.
En surréservant leurs vols, les compagnies aériennes peuvent anticiper ces absences. En moyenne,
un certain pourcentage de passagers ne se présente pas à l'embarquement, ce qui justifie la vente de
billets supplémentaires.
Partie 2 : Utilisation de la Loi Binomiale dans le Surbooking
1. Introduction à la loi binomiale
La loi binomiale est une loi de probabilité qui décrit le nombre de succès dans une série d'essais
indépendants et identiques. Dans notre contexte, chaque passager ayant réservé un billet représente
un essai avec deux résultats possibles : se présenter à l'embarquement (succès) ou ne pas se
présenter (échec).
2. Modélisation du comportement des passagers
Chaque réservation est un essai avec une probabilité 𝑝 p que le passager ne se présente pas et une
probabilité 1−𝑝 1−p qu'il se présente. Supposons que la compagnie aérienne vende 𝑛 n billets.
Nous pouvons utiliser la loi binomiale pour modéliser le nombre de passagers qui ne se
présenteront pas.
3. Calcul des probabilités avec la loi binomiale
La probabilité qu'exactement 𝑘 k passagers ne se présentent pas se calcule avec la formule de la loi
binomiale : 𝑃(𝑋=𝑘)=(𝑛𝑘)⋅𝑝𝑘⋅(1−𝑝)𝑛−𝑘 P(X=k)=(kn)⋅pk⋅(1−p)n−k où (𝑛𝑘) (kn) est le coefficient
binomial.
Partie 3 : Exemple Pratique
1. Hypothèses de l'exemple
Imaginons une compagnie aérienne avec 𝑆 S sièges disponibles et 𝑆+𝑚 S+m billets vendus.
Supposons que la probabilité qu'un passager ne se présente pas soit 𝑝 p . Par exemple, si
𝑆=100 S=100 , 𝑚=10 m=10 et 𝑝=0.1 p=0.1 .
2. Calcul de la probabilité de non-présentation de k passagers
Nous utilisons la formule pour calculer la probabilité que différents nombres de passagers 𝑘 k ne se
présentent pas. Cela nous permet de déterminer la probabilité qu'il y ait suffisamment de sièges
pour tous les passagers présents.
3. Analyse des résultats
Nous analysons les résultats pour comprendre la probabilité d'avoir un nombre de no-shows
suffisant pour éviter les refus d'embarquement. Cela nous aide à évaluer les risques et à prendre des
décisions éclairées.
Partie 4 : Gestion du Risque et Décisions Stratégiques
1. Évaluation du risque
Les compagnies aériennes doivent évaluer le risque de refus d'embarquement par rapport aux
bénéfices du surbooking. Les coûts associés aux refus incluent des compensations financières,
l'hébergement et la réaffectation sur d'autres vols.
2. Stratégies de minimisation des impacts
Pour minimiser l'impact du surbooking, les compagnies aériennes peuvent offrir des compensations
pour encourager les passagers volontaires à céder leur siège, et réaffecter rapidement les passagers
affectés.
3. Exemple de simulation
Les simulations permettent aux compagnies aériennes de tester différents scénarios de surbooking
et d'optimiser leurs politiques. Elles peuvent ajuster leurs stratégies en temps réel en fonction des
tendances actuelles des réservations.