ONCOLOGIE
PLAN
• GENERALITES
• CELLULES CANCEREUSES ET TISSUS CANCEREUX
• HISTOIRE NATURELLE DU CANCER
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GENRALITES
CONTENU
• Définition d'une tumeur
• Composition d'une tumeur
• Classification des tumeurs
• Nomenclature des tumeurs
• Évaluation du pronostic des cancers
• Méthodes diagnostiques des tumeurs
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OBJECTIFS
• Connaître la définition, la composition et la classification des
tumeurs.
• Connaître les principaux paramètres permettant d'évaluer le
pronostic des tumeurs.
• Connaître les techniques histologiques et moléculaires utiles au
diagnostic des tumeurs.
• Maîtriser les stratégies permettant de réaliser le diagnostic d'une
tumeur
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GENERALITES
• La classification des tumeurs est fondée sur leur organe ou tissu
d'origine, leur type histologique, et leur degré de malignité.
• Le diagnostic est fondé sur l'histologie, mais fait de plus en plus
souvent appel à des techniques complémentaires telles que
l'immunohistochimie, la cytogénétique et la biologie moléculaire.
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DEFINITION
• Le terme «Tumeur» désignait autrefois toute augmentation
localisée de volume déformant un organe ou une partie du
corps.
• Tumeur englobait des lésions différentes, notamment :
• des collections liquidiennes collectées dans une cavité préformée ;
• des tuméfactions d'origine inflammatoire ;
• des hypertrophies tissulaires d'origine dystrophique (goitre);
• des lésions liées à des désordres d'origine embryologique
(dysembryoplasies).
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DEFINITION
• La définition actuelle est plus restrictive et repose sur la notion
d'homéostasie des tissus
• Le terme de tumeur (synonyme : «néoplasme» ou «néoplasie»)
désigne actuellement une prolifération cellulaire excessive
aboutissant à une masse tissulaire ressemblant plus ou moins au
tissu normal homologue (adulte ou embryonnaire), ayant
tendance à persister et à croître, témoignant de son autonomie
biologique.
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DEFINITION
Selon Willis tumeur signifie, « une masse anormale de tissu dont la
croissance est excessive et incoordonnée, dépasse et persiste de la
même manière excessive après la suppression des stimuli qui
l'avaient provoquée ».
Caractères d’une tumeur
1. Prolifération cellulaire excessive: notion de clonalité (poly oligo ou
monoclonale)
2. Masse tissulaire ressemblant plus ou moins à un tissu normal:
différenciation tumorale
3. Tendance à persister et à croître: autonomie biologique
4. Succession d'événements génétiques: acquisition des nouvelles
propriétés
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COMPOSITION D’UNE TUMEUR
Le tissu tumoral est constitué :
• De cellules tumorales : cellules prolifératives anormales;
• D'un tissu de soutien (= stroma tumoral) fait de cellules et de
substance extra-cellulaire dans laquelle est située la
vascularisation tumorale.
NB: Les cellules du stroma ne présentent pas les anomalies
génétiques des cellules tumorales
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Types histologiques des tumeurs
• Les différentes composantes de chaque tumeur (cellules tumorales et stroma) peuvent
présenter des aspects morphologiques particuliers qui peuvent être regroupés par types
histologiques.
• Les tumeurs sont ainsi classées en fonction de critères histologiques communs, définis
par les classifications internationales, éditées par l'Organisation mondiale de la santé
(OMS), et remises à jour régulièrement.
• La reconnaissance de ces critères et le classement de la tumeur dans le type adéquat
sont la base du diagnostic anatomopathologique de toute tumeur.
• En pratique, les tumeurs sont classées en fonction de l'organe dont elles dérivent (ex :
sein, foie, rein, os), puis en fonction de leur type histologique.
• Le type histologique correspond à la cellule normale dont la tumeur semble dériver.
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Différenciation tumorale
• La différentiation d'une tumeur est sa tendance à ressembler à un
tissu normal ou embryonnaire.
• La tumeur est dite :
• Bien différenciée, lorsqu'elle ressemble nettement et de
façon homogène au tissu normal ;
• Peu différenciée lorsque la ressemblance est lointaine ou
focale ;
• Indifférenciée, ou Anaplasique (ex : carcinome indifférencié
défini comme une tumeur à différenciation épithéliale dont il est
impossible de préciser la différenciation glandulaire ou
malpighienne)
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CLASSIFICATION DES TUMEURS
• Tient compte des aspects macroscopiques et histologiques
• Se base sur des critères:
• Critères biologiques et cliniques
• Critères quantitatifs
• Critères qualitatifs ou histogénétiques
• Ainsi, on a des tumeurs bénignes et des tumeurs malignes
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CARACTERES TUMEUR BENIGNE TUMEUR MALIGNE
Macroscopiques • Bien circonscrite, bien limitées ( parfois même • Mal limitée: non encapsulée
entourées par une capsule). • Détruit et envahit l'organe dans
• Cette limitation explique la facilité de l'exérèse lequel elle a pris naissance, ainsi
chirurgicale et la possibilité d'une exérèse limitée à que les organes de voisinage.
la seule tumeur • Contours irréguliers
• Foyers de nécrose et
d'hémorragie habituels.
Histologiques • Tumeur différenciée • Cellules présentant
• Les cellules ont une morphologie normale et ne habituellement des caractères
présentent aucun caractère de malignité anormaux (caractères
• Pas d'envahissement des tissus voisins (est plus cytologiques de malignité).
expansive) • Tissu tumoral plus ou moins
différencié.
• Envahissement habituel du tissu
voisin
Evolutifs • Développent local • Dissémination à distance
• Croissance est lente • Croissance habituelle rapide.
• Pas de récidive après ablation chirurgicale (exérèse • Notion des métastases.
complète) • Tendance à la récidive
• Ces tumeurs ne métastasent jamais • Sans traitement, évolue vers la
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• Evolution généralement favorable.
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mort. 14
Limites de la distinction bénin/malin
• Faciles
• Exception où les critères morphologiques ne correspondent pas à l'évolution
• Le continuum entre certaines tumeurs bénignes et tumeurs malignes est appelé «progression tumorale» et
correspond à l'acquisition progressive par la tumeur d'un phénotype de malignité, d'anomalies
chromosomiques et géniques en nombre croissant.
• On distingue:
• Tumeurs d'agressivité locale caractères histologiques bénins contrastant avec une infiltration des
tissus avoisinants et une tendance à la récidive en raison des difficultés de l'exérèse (ex : les
fibromatoses).
• Tumeurs à malignité locale caractères histologiques et macroscopiques sont malins mais dont
l'agressivité est locale. Le pronostic est plus favorable que ne le laisserait supposer le caractère infiltrant
de la tumeur (ex : carcinome basocellulaire de la peau).
• Les critères macroscopiques et microscopiques d'une tumeur ne permettent parfois pas d'en affirmer la
nature bénigne ou maligne (ex : tumeurs endocrines bien différenciées). Dans certains cas, cette nature
maligne ne peut être affirmée que par la survenue de métastases (ex : phéochromocytome): Tumeur occulte
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Critères biologiques et cliniques
• Tumeur bénigne
• Néoplasme bénin
• Tumeur maligne
• Néoplasme malin ou Cancer
• Tumeurs à malignité mitigée
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Critères quantitatifs
• Tumeurs simples: un seul type tissulaire
• Tumeurs mixtes: deux types tissulaires
• Tératome: plusieurs types tissulaires
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Critères qualitatifs ou histogénétiques
• Tumeurs épithéliales
• Tumeurs conjonctives
• Tumeurs des tissus hématopoïétiques
• Tumeurs du tissu germinal et annexes embryonnaire
• Tumeurs du blastème embryonnaire
• Tumeurs dérivant d’autres tissus/ mésothélium, tissu méningé
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NOMENCLATURE DES TUMEURS
• La nomenclature des tumeurs suit une terminologie précise
• Un nom de tumeur se compose généralement d'une racine et d'un
suffixe, et peut être associé à un adjectif.
• La racine définit la différenciation:
• Adéno désigne une tumeur glandulaire,
• Rhabdomyo une tumeur musculaire striée,
• Léiomyo une tumeur musculaire lisse).
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NOMENCLATURE DES TUMEURS
• Le suffixe :
• Ome est utilisé pour nommer les tumeurs bénignes: (adénome,
rhabdomyome, leiomyome). Il existe cependant des exceptions (ex : les
lymphomes et les mélanomes sont des tumeurs malignes)
• Carcinome désigne une tumeur maligne épithéliale:
adénocarcinome
• Sarcome désigne une tumeur maligne non épithéliale
rhabdomyosarcome
• Matose désigne la présence de tumeurs multiples ou diffuses
adénomatose
• Blastome désigne une tumeur embryonnaire: néphroblastome
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ÉVALUATION DU PRONOSTIC DES CANCERS
• La classification des tumeurs en fonction de l'organe d'origine et
de leur type histologique fournit des informations importantes
pour évaluer leur pronostic.
• Toutefois, d'autres paramètres permettent de préciser le potentiel
évolutif. Il s'agit
• Du degré de différenciation (GRADE)
• Du degré d'extension (STADE) de la tumeur,
• Et dans certains cas de MARQUEURS MOLÉCULAIRES/PRONOSTICS.
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GRADE
• Le grade d'un cancer se fonde sur des critères histologiques tels
• le degré de différenciation tumorale,
• l'activité mitotique,
• le degré d'atypies cyto-nucléaires ou l'extension de la nécrose.
• Il est défini différemment pour chaque type de tumeur
• Ex: le score de Scarff-Bloom-Richardson (SBR) des
adénocarcinomes mammaires: prend en compte trois variables
➢La différenciation glandulaire
➢Les atypies cyto-nucléaires
➢Le nombre de mitoses/ champ (10 champs au fort grossissement)
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STADE
• Le stade (ou degré d'extension) des cancers se fonde sur
• la taille de la tumeur primitive et/ou son extension aux tissus et
organes de voisinage (T),
• l'importance de la dissémination aux ganglions lymphatiques
régionaux (N) et
• la présence ou l'absence de métastases (M)
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STADE
• Le stade (ou degré d'extension) des cancers se fonde sur
• (T),
• (N) et
• (M)
• C’est le système de stadification TNM, actuellement le plus communément utilisé
dans le monde
• Chacune de ces trois lettres est suivie d'un chiffre variant de 0 (absent) à 4 au
maximum, ou d'un X en cas d'impossibilité d'évaluation. Plus le chiffre est élevé, plus
le cancer s’est propagé
• Ces chiffres peuvent être suivi d’une lettre: c si l’évaluation du stade est clinique et p si
elle est faite par un pathologiste
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STADE
• Après une résection chirurgicale, le stade d'une tumeur doit être complété
par une évaluation de la qualité de la résection, qui est exprimée par la lettre
r, suivie des chiffres 0 (exérèse complète), 1 (envahissement microscopique
des limites) ou 2 (envahissement macroscopique des limites).
• Si l'évaluation du stade est faite après un traitement (ex : radio- ou
chimiothérapie), le score TNM est précédé de la lettre y.
• Les classifications du stade TNM sont actualisées régulièrement
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• - Tis: il s'agit d'un cancer in situ donc un carcinome intra-
épithélial, n'ayant pas encore infiltré le stroma.
• - T0: tumeur non décelable cliniquement
• - T1 = tumeur présente cliniquement, mais elle mesure moins de 2
cm de diamètre.
• - T2 = la tumeur mesure entre 2 et 5 cm de diamètre.
• - T3 = la tumeur mesure plus de 5 cm de diamètre.
• - T4 = quelque soit sa taille, la tumeur infiltre les structures
voisines.
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• - N0 = pas de ganglion atteint
• - N1 = les ganglions supposés atteints sont situés du même côté
que la tumeur et sont mobiles par rapport au tissu profond;
• - N2 = l'atteinte ganglionnaire est bilatérale;
• - N3 = les ganglions envahis sont fixés aux plans profonds et ne
sont plus mobiles
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• - M0= pas de métastases;
• - M1 = présence d’au moins une métastase
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Exercice
• ypT0N1a
• pT0N1M1
• cT4N0M0
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MARQUEURS PRONOSTICS
• Le développement de nouvelles techniques, telles
l'immunohistochimie, la cytométrie en flux, l'hybridation in situ en
fluorescence (FISH), la biologie moléculaire, a permis de
découvrir la valeur pronostique de certaines molécules, dont
l'anomalie d'expression ou les altérations sont détectables au
sein des tumeurs.
• Il y en a plusieurs
• Ces marqueurs permettent soit de préciser le pronostic
spontané, soit de prévoir une réponse à un traitement
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MÉTHODES DIAGNOSTIQUES DES TUMEURS
• L'étude anatomopathologique a pour but de préciser :
1. la nature histologique de la tumeur;
2. son agressivité potentielle ;
3. son pronostic ;
4. sa capacité à répondre à des traitements de plus en plus
spécifiques
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MÉTHODES DIAGNOSTIQUES DES TUMEURS
• Diagnostic morphologique
• Cyto- ou histologique nécessite de disposer d'échantillons:
• de bonne qualité,
• représentatifs de la tumeur et
• n'ayant pas subi d'altérations pendant leur prélèvement ou leur transport.
• Les différents modes de prélèvements sont connus
• L’examen des coupes histologiques colorés à l’HE ou l’HES constitue la base
du diagnostic anatomopathologique (typage histologique, grade, stade,
limites).
• De nombreuses techniques complémentaires, morphologiques ou non,
peuvent être utilisées pour confirmer ou préciser le diagnostic.
• D'autres colorations permettant la mise en évidence de particularités des
cellules tumorales
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MÉTHODES DIAGNOSTIQUES DES TUMEURS
• Diagnostic morphologique
• L’immunohistochimie avec des anticorps mono-ou polyclonaux est
fréquemment utilisée en pathologie tumorale.
• L'utilisation de combinaisons d'anticorps dont le choix est orienté par l'étude
histologique permet de préciser dans la plupart des cas la nature des
tumeurs peu différenciées et l'origine primitive des métastases
• Des anticorps permettent de déterminer la nature des filaments intermédiaires du
cytosquelette des cellules (CK pour T épithélial, vimentine: T conjonctif, desmine: T
musculaire
• Les marqueurs de surface sont aussi spécifiques de types cellulaires (CD20: LB, EMA:
cellule épithéliale, NCAM: cellules nerveuses ou neuroendo
• Des marqueurs cytoplasmiques correspondant à des produits de sécrétion ou des
molécules fonctionnelles sont aussi exploités ( mucine: adénocarcinome
• Des anticorps dirigés contre des molécules ayant une valeur pronostique ou
thérapeutique sont de plus en plus utilisés ( K sein avec quantification des récepteurs
hormonaux)
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MÉTHODES DIAGNOSTIQUES DES TUMEURS
• Pathologie moléculaire
• Les techniques de pathologie moléculaire sont utilisées pour
mettre en évidence des altérations moléculaires survenues dans
les cellules tumorales.
• Elles peuvent être réalisées sur coupe histologique (ex :
hybridation in situ) ou après extraction de l'un des constituants
moléculaire du tissu.
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MÉTHODES DIAGNOSTIQUES DES TUMEURS
• Pathologie moléculaire
• Les techniques de pathologie moléculaire ont une valeur diagnostique
et pronostique dans certaines tumeurs malignes, et peuvent
également aider à prévoir la réponse à une thérapie ciblée
(théranostique), à dépister la maladie résiduelle après traitement ou à
diagnostiquer une prédisposition héréditaire à développer un cancer.
• Réarrangements chromosomiques ; assez fréquentes dans les
lymphomes et les sarcomes. It(8 ; 14) des lymphomes de Burkitt
• Autres altérations chromosomiques: d'anomalies de nombre
(hyperploïdie, aneuploïdie), ou de structure (l'isochromosome 17q
dans les médulloblastomes).
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MÉTHODES DIAGNOSTIQUES DES TUMEURS
• Pathologie moléculaire
• Amplifications géniques peuvent avoir une valeur pronostique (ex :
mauvais pronostic des neuroblastomes ayant une amplification
de c-myc).
• L'instabilité génétique liée à un défaut de réparation de l'ADN, qui
peut être d'origine héréditaire (syndrome de Lynch) ou acquis
(formes sporadiques).
• Mutations d'un gène
• Clonalité d'une tumeur
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MÉTHODES DIAGNOSTIQUES DES TUMEURS
• Stratégie de diagnostic
• L'objectif de la prise en charge médicale d'un patient cancéreux
est de le traiter le mieux possible, et au moindre coût.
• Dans la grande majorité des cas, un diagnostic
anatomopathologique, avec au minimum un typage de la tumeur,
est nécessaire avant le traitement.
• Toutefois, ceci nécessite le plus souvent un geste invasif qu'il faut
mettre en balance avec les risques et l'intérêt pour le patient.
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MÉTHODES DIAGNOSTIQUES DES TUMEURS
• Stratégie de diagnostic
• Types de prélèvements: cytologique, biopsie par voie
endoscopique, biopsie d’organes profond, prélèvements
chirurgicaux
• Le choix du type de prélèvement est discuté en fonction notamment
• du patient (état général, antécédents, urgence, souhaits),
• des hypothèses diagnostiques et
• des possibilités thérapeutiques.
• La collaboration au sein de l’équipe médicale
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CELLULES CANCEREUSES ET TISSUS CANCEREUX
16/04/2024 KKV 39
CONTENU
• Bases moléculaires du cancer
• Modifications fonctionnelles et morphologiques
• Stroma tumoral
• Cancer et angiogenèse
• Immunité anti-tumorale
16/04/2024 KKV 40
• La maladie cancéreuse se caractérise par l'envahissement progressif
de l'organe d'origine, puis de l'organisme entier, par des cellules
devenues peu sensibles ou insensibles aux mécanismes
d'homéostasie tissulaire et ayant acquis une capacité de
prolifération indéfinie (immortalisation)
• Notion de clonalité: cellule dérive d’un clone mais modifications
peuvent donner naissance à un sous-clone (modifications dans le
noyau, dans le cytoplasme et sur la membrane cellulaire)
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Bases moléculaires du cancer
• Les altérations successives du génome cellulaire ont pour
conséquence la cancérogenèse = Processus de conversion
d'une cellule normale en une cellule néoplasique (rupture
permanente de l'équilibre entre les signaux intracellulaires)
• activation de voies stimulatrices;
• suppression de voies inhibitrices.
• La coexistence de plusieurs événements est nécessaire à la
transformation cancéreuse
• Implication des facteurs favorisants la cancérogenèse d’une part
et d’autre part, les facteurs inhibant la cancérogenèse
16/04/2024 KKV 42
Bases moléculaires du cancer
• Différents agents de l'environnement conduisent au
développement d'un cancer
• Agents initiateurs : ils induisent une lésion définitive de l'ADN
(mutation, cassure, …). Ex radiations, virus, …
• Agents promoteurs : ils favorisent l'expression d'une lésion
génétique, préalablement induite par un agent initiateur.
Ex: schistosomiase et cancer de la vessie
16/04/2024 KKV 43
Bases moléculaires du cancer
• Les trois familles de gènes impliquées dans la cancérogenèse
• oncogènes : tout gène auquel une anomalie qualitative ou quantitative
confère la propriété de transformer une cellule normale en cellule
maligne. Ils dérivent des proto-oncogènes qui sont des gènes
normaux impliqués dans la croissance et la différenciation cellulaire
normale. Ex: c-myc, cycline D
• Gènes suppresseurs ou anti-oncogènes sont des inhibiteurs de la
croissance cellulaire. Ex: Rb, TP53
• Les deux codent pour des protéines qui interviennent dans les grandes
fonctions cellulaires : signalisation, prolifération, différenciation, cycle,
apoptose
• Gènes de maintien de l'intégrité (care takers) codent pour un
complexe multifonctionnel capable de surveiller l'intégrité du génome
ex: MSH2, MSH6.
16/04/2024 KKV 44
Bases moléculaires du cancer
• Facteurs favorisant la cancérogenèse
• Facteurs héréditaires: facteurs génétiques qui déterminent la
susceptibilité individuelle à développer un cancer ou responsables de
prédispositions familiales aux cancers. La transmission peut être
dominante ou récessive, et la pénétrance variable. (Rb, BRCA1,…)
• Facteurs environnementaux:
• Facteurs physiques: Les radiations ionisantes favorisent les mutations et les
cassures chromosomiques, les UV, les Rx
• Facteurs chimiques: nombreux (tabac, alcool, aflatoxine, benzènes,…)
• Facteurs biologiques: bactériens (H Pylori), parasitaires (Schistosoma H), viraux
(EBV, HBV, HCV, HHV8, HTLV1, HIV, plus nombreux)
16/04/2024 KKV 45
Bases moléculaires du cancer
• Progression tumorale et cycle cellulaire
• La progression du cycle cellulaire est finement régulée par des
«points de contrôle ou checkpoint», qui permettent notamment
une régulation de la vitesse de prolifération et un maintien de
l'intégrité du génome cellulaire.
• On a le DDCP, RCP, MCP
16/04/2024 KKV 46
Bases moléculaires du cancer
• Progression tumorale et cycle cellulaire
Le cycle cellulaire comprend 2 étapes :
•1. La mitose avec ses 4 phases et
•2. l'interphase au cours de laquelle se produit la duplication de l'ADN.
Cette dernière comprend 3 phases + G0:
G0 = phase de repos (cellule hors cycle);
1° G1:phase de croissance et préparation de la réplication.
2° S: phase de synthèse et de duplication d'ADN;
3° G2: phase de croissance et de préparation de la mitose
16/04/2024 KKV 47
P53
16/04/2024 KKV 48
Bases moléculaires du cancer
• Progression tumorale et cycle cellulaire
• Dans beaucoup de tumeurs, ces points de contrôle sont altérés.
• En cas de cancer, les signaux extra-cellulaires ou intracellulaires
reçus par la cellule vont être capables d'activer les complexes
cycline/cdk ou d'altérer l'activité des inhibiteurs (p21, p15, p16).
Le résultat sera la levée du verrou Rb et l'entrée de la cellule en
cycle
16/04/2024 KKV 49
Bases moléculaires du cancer
• Progression tumorale et apoptose
• La cellule cancéreuse devient résistante à l'apoptose.
L'apoptose est impliquée dans le contrôle de l'homéostasie
cellulaire, et est sous le contrôle de nombreux gènes :
• En cas de lésion de l'ADN, le gène P53 est activé, permettant, par
l'intermédiaire de p21, l'arrêt du cycle cellulaire et la réparation des
lésions de l'ADN ou l'activation de l'apoptose.
16/04/2024 KKV 50
Bases moléculaires du cancer
• Progression tumorale et immortalité
• la cellule cancéreuse a une prolifération illimitée
• Dans la plupart des cellules tumorales, il existe un maintien des
télomères au cours des réplications successives.
• Ceci est dû à la surexpression des télomérases, qui sont les
enzymes capables d'ajouter des séquences répétées à l'extrémité
des chromosomes.
16/04/2024 KKV 51
Modifications fonctionnelles et morphologiques
• Fiche signalétique de la cellule cancéreuse
• 1. indépendance vis-à-vis des signaux de prolifération (facteurs de
croissance) provenant de l'environnement;
• 2. insensibilité aux signaux anti-prolifératifs;
• 3. résistance à l'apoptose ;
• 4. prolifération illimitée (perte de la sénescence);
• 5. capacité à induire l'angiogénèse ;
• 6. capacité d'invasion tissulaire et diffusion métastatique
NB: aucune des anomalies pris à part pose le Dg de cancer
16/04/2024 KKV 52
Modifications fonctionnelles et morphologiques
• Modification du noyau
• Mitose (anormale, nombre augmenté)
• Interphase (anisocaryose, multinucléation, hyperchromatisme
• Modification du cytoplasme
• Cytosquelette: sa mise en évidence par IHC permet de préciser l’origine
tissulaire
• Système sécrétoire (visible, augmentation d’une pr-, apparition de
nouvelles substances)
• Membre
• Modifications morphologiques ou fonctionnelles
16/04/2024 KKV 53
Stroma tumoral
• Est caractérisé par tout ce qui est présent au sein d'une tumeur et
n'est pas une cellule tumorale.
• Comprend le tissu conjonctif, les vaisseaux, les leucocytes et la
matrice extra-cellulaire
• Sert de charpente à la tumeur et assure ses apports nutritifs.
• Est sous la dépendance du tissu tumoral dont les cellules
peuvent, par exemple, élaborer des substances qui vont favoriser
la pousse des vaisseaux
16/04/2024 KKV 54
Cancer et angiogenèse
• La néovascularisation issue de l'angiogenèse tumorale présente
un état d'activation cellulaire maximum pour une efficacité de
perfusion médiocre
• Faire la différence entre La vasculogenèse (prolifération
vasculaire due à la différenciation de cellules précurseurs,
communes) et angiogenèse (prolifération vasculaire due au
bourgeonnement vasculaire à partir de vaisseaux préexistants,
puis à l'installation d'un réseau et à sa différenciation en différents
secteurs fonctionnels )
16/04/2024 KKV 55
Immunité anti-tumorale
• Comme les protéines normales, les protéines produites par les cellules
cancéreuses sont présentées associées aux molécules HLA (human
leucocyte antigenes).
• Cela permet leur connaissance par les lymphocytes T.
• Certains des antigènes tumoraux sont spécifiques de la cellule cancéreuse,
d'autres sont exprimés par les cellules normales, mais à des niveaux
moindres. Il semble cependant que la réponse immunitaire T cytotoxique soit
souvent insuffisamment efficace.
16/04/2024 KKV 56
Histoire naturelle du cancer
16/04/2024 KKV 57
Contenu
• États précancéreux et phase initiale du cancer
• Phase locale du cancer : l'invasion
• Phase générale du cancer : la métastase
16/04/2024 KKV 58
Objectifs
• Connaître et savoir décrire à l'aide d'exemples les principales
phases de l'histoire naturelle du cancer : phase précancéreuse
(prédispositions, dysplasie), phase locale (micro-invasion,
extensions loco-régionales), phase générale (métastatique).
• Connaître les principes de la classification TNM des tumeurs
16/04/2024 KKV 59
Généralités
• L'histoire naturelle d'un cancer peut être divisée schématiquement en
plusieurs étapes :
• la transformation cancéreuse d'une cellule ;
• l'expansion clonale de la cellule cancéreuse ;
• la croissance de la masse tumorale qui devient cliniquement détectable
et l'invasion locale avec envahissement loco-régional par le tissu
cancéreux ;
• la dissémination des cellules cancéreuses à distance du foyer tumoral
initial et la formation de foyers tumoraux secondaires = les métastases.
16/04/2024 KKV 60
États précancéreux et phase initiale du cancer
• Cancer du tissu épithélial
• Deux états essentiels: dysplasies et carcinome in situ (Cis)
• Les lésions précancéreuses (dysplasies)
• anomalies histopathologiques détectables avant l'apparition d'un cancer
• Peuvent être observées au cours d’un état inflammatoire chronique
(gastrite HP), une infection virale (col), une TB (adénome colique)
• Présentent des anomalies d’architecture tissulaire et cytologique
conduisant à l’établissement du grade par le pathologiste pour évaluer le
pronostic (actuellement: dysplasie de bas grade et dysplasie de haut
grade de malignité)
16/04/2024 KKV 61
États précancéreux et phase initiale du cancer
• Carcinome in situ (Cis)
• Prolifération de cellules épithéliales cancéreuses qui ne franchit pas la
membrane basale de l'épithélium, et donc n'envahit pas le tissu
conjonctif.
• Cis = carcinome non invasif
• Superposable parfois à la dysplasie de haut grade
• Exception pour ADK colorectaux envahissant la muqueuse sans
dépasser la musculaire muqueuse, et tumeurs urothéliales n'infiltrant
pas la musculeuse
• Peut demeurer plusieurs années non invasives
• Le schéma évolutif {dysplasie → CIS → carcinome invasif} est très
fréquent, mais pas applicable à tous les carcinomes
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Phase locale du cancer : l'invasion
• Aspects fondamentaux
• Processus complexe et actif nécessitant la présence d’un stroma
tumoral
• Plusieurs mécanismes interviennent
• 1. interaction des cellules cancéreuses avec les composants de la
matrice extra-cellulaire et notamment les membranes basales
(modulation d'expression des molécules d'adhésion et diminution des
jonctions intercellulaires)
• 2. dégradation du tissu conjonctif: membrane basale et MEC ( rôle des
protéases)
• 3. mobilisation des cellules cancéreuses (pseudopodes)
• 4. rôle de l'hypoxie et de la nécrose tumorale.
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Phase locale du cancer : l'invasion
• Aspects pratiques/ conséquences loco-régionales
• Importance diagnostique, notion de carcinome micro-invasif
• Phase d'élaboration du stroma tumoral
• Pouvoir de dissémination à distance (notion des métastases).
• L'invasion est un signe de malignité important, qui a souvent plus
de valeur que les «atypies» morphologiques des cellules pour faire
le diagnostic anatomopathologique de cancer
• Invasion locale : voies préférentielles, notion de «degré
d'infiltration»
• Intérêt classification TNM
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Phase générale du cancer : la métastase
• Définition :Tumeur secondaire dont la croissance est autonome,
indépendante de celle de la tumeur primitive
• Étapes:
• • détachement cellulaire et l'invasion de la matrice extra-cellulaire ;
• • intravasation : passage dans la circulation ;
• • survie dans la circulation par la formation des emboles
• • extravasation;
• • survie et prolifération dans un site étranger.
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Phase générale du cancer : la métastase
• Voies
• Voie lymphatique (Carcinomes)
• Voie sanguine (Sarcomes)
• Essaimage direct par cavité naturelles (Tumeur de Krukenberg)
• Passage naturel
• Infiltration ou de proche en proche
• Inoculation ou iatrogène
• Facteurs influant
• Voies de dissémination
• Terrain (organe récepteur)
• Hormones
• Inflammation
• Traumatisme
• Traitement
• État psycho
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Méthode de diagnostique
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• C’est une approche multidisciplinaire
• Méthodes physiques et d’imagerie (orientation)
• Méthode biochimique (fiable mais pas de stade)
• Méthode morphologique (incontournable)
• Cytologie
• Histologie
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Complications
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Locales
• Destruction des organes voisins
• Compression d'organes voisins (Hémorragies, Hémoptysies,
Hématémèse, Méléna, Hématurie, Métrorragies)
• Perforation
• Ulcération d'organes
• Obstruction des organes cavitaires
• Infections
• Inflammation
• Compression nerveuse (Paresthésie, Parésie, Paralysie, Algies)
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Générales
• Secondaires le plus souvent (Production des protéines
anormales, Complications locales, Compétition entre le tissu
néoplasique et le tissu normal (nutrition)
• AEG
• Anémie
• F°
• Augmentation VS
• Sécrétion accrue d’hormones
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Complications para néoplasiques
• Troubles associés au cancer mais spécifiques à d'autres maladies
non néoplasiques
• Acanthosis nigricans= Hyperplasie de la peau avec Hyperpigmentation
• Cancer du tube digestif
• Ichtyose: dyskératose de survenue brusque: Peau dure prenant l'aspect
des écailles de poissons
• LH, LNH, [Link] ET MAMMAIRE
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Traitement
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• La thérapie anti-tumorale recourt à une variété large de méthodes
et d'éléments. Cette thérapie est fonction surtout de la sensibilité
de la tumeur à une méthode thérapeutique donnée. De façon
schématique on distingue:
• a) Traitement chirurgical
• C'est le traitement préférentiel des tumeurs bénignes. Il est
aussi appliqué pour certaines tumeurs malignes et peut même
donner de meilleurs résultats (survie de plus de 10 ans) sans qu'il
y ait récidive. Il consiste à l'exérèse de la tumeur. Cela peut être
aussi une véritable amputation
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b) La chimiothérapie
• C'est le traitement par des substances médicamenteuses
antitumorales. Il s'agit surtout d'antimitotiques et
antimétaboliques. Le traitement devra tenir compte de la
sensibilité de la tumeur à la substance chimique. Il existe des
protocoles appropriés pour les différentes tumeurs.
• c) L'hormonothérapie
• Il s'agit d'administrer des hormones à un malade dont le
cancer est hormonodépendant ou hormonosensible.
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• d) La radiothérapie.
• Certains cancers sont traités grâce aux irradiations de
substances radioactives (cobalt) qui détruisent les cellules
néoplasiques. De telles tumeurs sont dites radiosensibles (
lymphomes, carcinome du sein...)
• e) L'immunothérapie
• Elle est utilisée de deux manières: soit pour augmenter
l’immunogénicité des cellules tumorales, soit pour vacciner
contre un antigène tumoral, soit encore de stimuler la réponse
antitumorale.
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• Dans l'immunothérapie active, des antigènes tumoraux (cellules
tumorales irradiées et traitées à la neuraminidase) sont administrés
aux malades dans le but d'augmenter la réponse immunologique de
l'hôte contre la tumeur (vaccination antitumorale). Il s'agit d'une
immunisation spécifique. L'immunisation non spécifique peut
s'observer par l'administration des produits microbiens ou non
(vaccins BCG, extraits thymiques, fractions de globules rouges). On
obtient dans ce cas une production d'un nombre important d'anticorps
parmi lesquels il y aura des anticorps spécifiques contre la tumeur.
• Dans l'immunothérapie passive, le traitement des tumeurs se fait
soit par des anticorps soit par des interférons, ou encore par des
lymphocytes sensibilisés (provenant d'autres malades cancéreux
préalablement greffés avec une tumeur du receveur).
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Tumeurs communes
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