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Creux de tension et coupures brèves

Le document définit les creux de tension et les coupures brèves, et explique leurs causes et conséquences sur divers équipements. Il présente également des méthodes pour atténuer et éliminer les perturbations sur les réseaux.

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Creux de tension et coupures brèves

Le document définit les creux de tension et les coupures brèves, et explique leurs causes et conséquences sur divers équipements. Il présente également des méthodes pour atténuer et éliminer les perturbations sur les réseaux.

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DOCUMENTATION
02/10/2008

Qualité de la tension
Creux et coupures brèves
par Roger OTT
Ingénieur senior, EDF Recherche et développement

avec la collaboration de France de CHATEAUVIEUX (RTE)

1. Définitions.................................................................................................. D 4 262 - 2
2. Origine......................................................................................................... — 2
2.1 Réseau du distributeur ................................................................................ — 2
2.2 Réseau de l’utilisateur ................................................................................. — 3
3. Caractérisation ......................................................................................... — 4
4. Mesures....................................................................................................... — 4
5. Conséquences ........................................................................................... — 4
5.1 Différentes perceptions ............................................................................... — 4
5.2 Matériels existants....................................................................................... — 5
5.2.1 Contacteurs ......................................................................................... — 5
5.2.2 Moteurs ............................................................................................... — 5
5.2.3 Équipements à vitesse variable......................................................... — 6
5.2.4 Automates et systèmes informatiques ............................................. — 7
5.2.5 Éclairage .............................................................................................. — 7
6. Atténuation et élimination.................................................................... — 8
6.1 Réduction du nombre et de l’amplitude des perturbations ..................... — 8
6.1.1 Sur les réseaux du distributeur ......................................................... — 8
6.1.2 Sur les réseaux de l’utilisateur : cas particulier des creux de
tension ................................................................................................. — 9
6.2 Réduction des conséquences ..................................................................... — 9
6.2.1 Applications informatiques................................................................ — 9
6.2.2 Applications industrielles................................................................... — 10

’énergie électrique est distribuée aux clients sous forme de tension


L constituant un système triphasé sinusoïdal de fréquence 50 Hz. Un des para-
mètres caractéristiques de ce système est l’amplitude de la tension. Or, on peut
parfois observer en un point donné du réseau d’énergie électrique, pendant un
faible intervalle de temps, soit une baisse brutale de l’amplitude, soit une dis-
parition totale de la tension. Ces perturbations sont appelées creux de tension
et coupures brèves.

Cet article fait partie d’un ensemble consacré à la qualité de la tension dans les réseaux. Les
autres articles traitent des sujets suivants :
— D 4 261 - Introduction ;
— D 4 263 - Fluctuations et flicker ;
— D 4 264 - Harmoniques ;
— Doc. D 4 265 - Pour en savoir plus.

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QUALITÉ DE LA TENSION ________________________________________________________________________________________________________________

1. Définitions Les causes externes sont les conditions atmosphériques (dans


plus de 70 % des cas pour un réseau aérien), les amorçages avec
des corps étrangers (végétation, animaux, percussions de véhi-
Il n’existe pas à l’heure actuelle de définition universelle du cules, travaux de terrassement, etc.).
creux de tension et de la coupure brève. Les valeurs de l’amplitude Les causes internes correspondent principalement à des défail-
et de la durée varient suivant les différentes normes existantes ou lances de matériel (lignes, câbles, transformateurs, etc.).
en projet.
Les défauts sont de différents types :
Les creux de tension sont caractérisés par l’amplitude résiduelle
et par leur durée. — suivant le nombre de phases atteintes : entre une phase et la
Nota : la caractérisation d’un creux de tension par sa profondeur se heurte à une terre, entre deux ou trois phases ;
difficulté : quelle valeur prendre en référence ? Par contre, la tension résiduelle est parfai- — suivant leur durée : autoextincteurs (défauts qui s’éliminent
tement définie (en volts par exemple).
d’eux-mêmes), fugitifs (défauts qui s’éliminent après ouverture des
disjoncteurs) ou permanents (défauts durables qui nécessitent une
Un creux de tension est une diminution brusque (§ 4) de la mise hors tension définitive de l’ouvrage et une intervention locale
tension de fourniture U f à une valeur inférieure à une valeur de avant remise en service de l’ouvrage).
seuil (comprise entre 10 et 90 % de la tension contractuelle U c ), Les causes, le nombre et le type de défauts varient suivant le
suivie de son rétablissement après un court instant. La durée type de réseau (aérien ou souterrain, urbain ou rural) et suivant le
d’un creux de tension est prise conventionnellement supérieure niveau de tension (moyenne ou basse tension) (tableau 1).
à 10 ms (les phénomènes de durée inférieure sont considérés
comme des phénomènes transitoires) et usuellement inférieure Un défaut d’isolement provoque un court-circuit où s’écoule un
à 3 min. courant important. Les variations brutales de courant sur un
ouvrage du réseau électrique entraînent des variations brutales (ou
à-coups) de tension sur tout le reste du réseau.
Les coupures brèves, pendant lesquelles l’amplitude de la
tension résiduelle est nulle, sont caractérisées par leur durée. Afin de limiter la durée de ces courants de défaut et la gêne qui
en résulte, une solution souvent adoptée par les distributeurs
consiste à mettre temporairement hors tension l’ouvrage en
Il y a coupure lorsque les valeurs efficaces des trois tensions défaut. Cette mise hors tension est effectuée en déclenchant le ou
composées sont inférieures à une valeur de seuil (quelques les disjoncteurs qui relient l’ouvrage en défaut au reste du réseau.
pour-cent, usuellement) de la tension contractuelle U c pendant
une durée supérieure ou égale à 1 s. On distingue : Dans le cas des réseaux aériens, les défauts sont en grande
— les coupures brèves, de durée comprise entre 1 s et majorité, fugitifs. Un automatisme de réenclenchement automa-
3 min ; tique assure la remise en service le plus rapidement possible.
— les coupures longues, de durée supérieure ou égale à Par contre, les défauts sur les réseaux souterrains sont presque
3 min. toujours permanents, aucun réenclenchement automatique n’est
tenté.
Nota 1 : la tension de fourniture U f est la valeur que le distributeur délivre au point de
livraison au client, à un instant donné. ■ Les réseaux de transport et de répartition fonctionnent en régime
Nota 2 : la tension contractuelle Uc constitue la référence des engagements du distribu- « bouclé » et ont le neutre mis à la terre. Le principe de détection des
teur. Sa valeur est fixée dans les conditions particulières du contrat de fourniture. Elle peut défauts est basé essentiellement sur la mesure de l’impédance,
différer de la tension nominale Un du réseau. donc de distance, ce qui permet d’assurer une sélectivité de déclen-
chement des disjoncteurs en fonction de la forme et de la localisa-
tion du défaut.

2. Origine Le système de protection, complexe, vise :


— pour chaque forme et position de défaut, à limiter le nombre
de disjoncteurs à ouvrir. Notons que pour les réseaux à très haute
Les creux de tension et les coupures brèves sont causés par des tension, les défauts étant essentiellement entre une phase et la
phénomènes aléatoires. Ces phénomènes concernent soit le terre, les ouvertures de disjoncteurs sont limitées à la phase atteinte
réseau du distributeur, soit le réseau de l’utilisateur. par le défaut ;
— à tenter, chaque fois que cela est possible, une remise auto-
matique en service afin de limiter l’impact sur la clientèle des cou-
2.1 Réseau du distributeur pures pouvant résulter des déclenchements.
Des défauts d’isolement qui affectent les réseaux de transport, La figure 1 montre l’évolution de la tension d’alimentation d’un
de répartition ou de distribution sont provoqués par des causes client raccordé en A lors de l’élimination d’un défaut sur la portion
externes ou internes au réseau du distributeur. de ligne comprise entre les disjoncteurs D1 et D2. (0)

Tableau 1 – Principales caractéristiques des défauts enregistrés aux différents niveaux de tension
Type Principales causes Occurrence des défauts Occurrence des défauts
Principaux types
de réseau des défauts HTB HTA
Conditions climatiques Monophasés
Aérien Amorçages avec des corps Peu fréquents Fréquents
extérieurs Fugitifs

Avaries de matériels Monophasés


Souterrain Impacts avec des engins Rares Peu fréquents
de terrassement Permanents

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________________________________________________________________________________________________________________ QUALITÉ DE LA TENSION

400 kV

Poste HTA
225 kV
Défaut R R

Client A Client B

R réenclencheur

A D1 90/63 kV D2

20 % 80 %
Longueur de la ligne T0 T1 T2 T3 T4 T5 T6 T7

U
Tension au point A

T0 T1 T2 T3 T4 T5 T6 T7
0
t (s) T0 apparition du défaut
80 à 300 ms 5 à 10 s
T1 ouverture du disjoncteur en tête de départ 200 ms plus tard
T2 fermeture du disjoncteur en tête de départ 300 ms plus tard
300 à 800 ms
T3 ouverture du disjoncteur en tête de départ 500 ms plus tard
O1 O2 F2 O2 T4 fermeture du disjoncteur en tête de départ 15 à 30 s plus tard
O1 ouverture du disjoncteur D1 T5 ouverture du disjoncteur en tête de départ 500 ms plus tard
O2 ouverture du disjoncteur D2 T6 fermeture du disjoncteur en tête de départ 15 à 30 s plus tard
F2 fermeture du disjoncteur D2 T7 ouverture définitive du disjoncteur en tête de départ 500 ms plus tard

Figure 1 – Séquence d’élimination d’un défaut permanent Figure 2 – Séquence d’élimination d’un défaut sur un réseau HTA
sur un réseau HTB (> 50 kV) (1 à 50 kV)

■ Les réseaux de distribution fonctionnent « en antenne » et ont le 2.2 Réseau de l’utilisateur


neutre aujourd’hui mis à la terre par l’intermédiaire d’une impé-
dance de limitation du courant de défaut. Le principe de détection
des défauts est basé essentiellement sur la mesure du courant. De Les creux de tension peuvent être causés non seulement par des
plus, le nombre de défauts atteignant plusieurs phases étant relati- défauts d’isolement survenant sur une partie de l’installation, mais
vement important, les déclenchements sont toujours triphasés. La aussi par des phénomènes qui se produisent sur le réseau de l’uti-
reprise automatique du service utilise un dispositif de réenclen- lisateur. Ils sont dus à des appels de courants importants, par
chement triphasé. Après un premier déclenchement, trois tentatives exemple, démarrage direct de gros moteurs, enclenchement de
de réenclenchement sont effectuées : la première, au terme d’une charges importantes, enclenchement de charges particulières
temporisation courte (quelques centaines de millisecondes) et les (transformateurs, condensateurs, etc.).
deux suivantes avec des temporisations plus longues (plusieurs
dizaines de secondes). En tout, trois tentatives de réenclenchement Ces courants qui circulent dans les impédances du réseau pro-
automatique sont effectuées avant de conclure à une cause perma- voquent des à-coups de tension et vont perturber l’installation de
nente de défaut. l’utilisateur lui-même ou celle d’un utilisateur voisin situé sur le
même départ ou dépendant du même jeu de barres.
En conséquence, pendant un cycle d’élimination d’un défaut, un
utilisateur raccordé en moyenne tension (MT) sur un départ voisin Ainsi, on a mesuré, sur certains appareils dont la puissance
du départ aérien en défaut peut ressentir quatre creux de tension maximale était de l’ordre de quelques kilovoltampères et qui
successifs, tandis que celui raccordé directement sur le départ en étaient utilisés dans des ensembles informatiques, des courants de
défaut est soumis d’abord à un creux de tension, puis trois démarrage dont l’intensité de pointe pendant la première demi-
coupures brèves et enfin une coupure longue (figure 2). période atteignait dix à vingt fois celle de leur valeur assignée.

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3. Caractérisation 4. Mesures
La connaissance du nombre et des caractéristiques de creux de Il importe que les mesures faites par différents appareils soient
tension et de coupures en un point du réseau est nécessaire pour reproductibles, dans les limites de leur précision. C’est pour cela
deux raisons principales : que la normalisation électrotechnique internationale (Commission
électrotechnique internationale : CEI) étudie une norme définissant
— dans des installations existantes, afin de déterminer les
les méthodes de mesure des paramètres de l’onde de tension : il
meilleures solutions techniques et économiques aptes à résoudre
s’agit de la norme CEI 61000-4-30. Dans son état d’avancement
les problèmes posés ;
courant 2002, cette norme a été votée positivement comme
— pour des installations futures, afin de définir le type de maté-
« avant-projet de norme ». Elle sera amendée et soumise au vote
riel ou les adaptations nécessaires pour éviter les incidents de fonc-
final comme norme internationale fin 2002. Elle sera ensuite sou-
tionnement ultérieurs.
mise au Comité européen de normalisation (CEN) pour devenir une
Il faut remarquer que l’estimation de ces caractéristiques est par- norme européenne. La détection des creux de tension est faite à
ticulièrement difficile du fait de : partir de la mesure de la tension efficace définie sur une période
— la nature aléatoire des causes qui les produisent (conditions du signal (soit sur 20 ms pour le 50 Hz). Cette mesure est rafraîchie
climatiques) ; toutes les demi-périodes (soit toutes les 10 ms pour le 50 Hz).
— la structure des réseaux susceptible d’être modifiée. Par
exemple, l’alimentation en antenne ou en boucle d’un utilisateur
conduit à deux objectifs contradictoires : les coupures ou les creux
de tension sont favorisés dans l’un ou l’autre des cas. 5. Conséquences
Ce n’est qu’avec une connaissance de ces caractéristiques et de
celles de l’installation, qu’une étude économique de modification
des installations d’un client pourra être engagée. 5.1 Différentes perceptions
■ Creux et coupures brèves
Il n’y a perturbation sur un réseau que si le fonctionnement
L’amplitude du creux de tension est conditionnée par la structure d’un récepteur en service sur ce réseau est affecté par cette per-
du réseau, notamment la puissance de court-circuit et la distance turbation.
entre le point de défaut et le point où est situé l’utilisateur sur le
réseau. Ainsi, plus la puissance de court-circuit en amont de l’uti- Les creux et les coupures de tension (comme d’ailleurs toutes les
lisateur est élevée ou plus le défaut est éloigné du point de raccor- autres perturbations) ne sont pas perçus de façon objective car
dement de l’utilisateur, moins l’amplitude du creux de tension c’est toujours à travers le fonctionnement d’un appareil qu’on les
ressenti est importante, ou plus la profondeur est faible (figure 3). apprécie. De plus, la perception des creux et des coupures dépend
La durée du creux de tension est conditionnée par le temps de également de ses caractéristiques : ainsi, pour certains équipe-
maintien du défaut (§ 2.2). Cette durée dépend du temps de ments, une coupure de quelques minutes est sans effet tandis que
détection, des temporisations éventuelles mises en œuvre pour pour des durées supérieures, des effets mesurables se produisent.
assurer la sélectivité des déclenchements et du temps d’ouverture Par ailleurs, les fabricants de matériel doivent résoudre le double
des disjoncteurs. problème suivant :
— produire à un coût le plus faible possible (au moins égal sinon
■ Coupures longues inférieur à celui des concurrents) ;
En cas de défaut permanent sur un ouvrage, après avoir épuisé — avoir des conditions de fonctionnement aussi parfaites que
toutes les éventuelles tentatives de réenclenchement automatique possible, même en présence de perturbations d’un niveau « accep-
(§ 2.1), le dernier déclenchement n’est pas suivi de réenclenche- table ».
ment et est donc triphasé. On l’appelle « déclenchement triphasé Le marché entraîne donc une certaine autorégulation de l’immu-
définitif ». Une coupure est alors perçue chez les utilisateurs rac- nité des matériels face aux perturbations usuellement rencontrées
cordés en antenne. sur les réseaux. Mais, dans une économie de marché, la régulation
La durée d’une coupure est le temps pendant lequel le disjonc- des échanges commerciaux est « contractuelle », ce qui implique
teur est ouvert. nécessairement que des limites soient spécifiées. Un système de
normalisation a donc été mis en place afin d’obtenir la régulation
recherchée. Ainsi, des normes internationales et européennes
([D 4 261], § 4) définissent :
— des limites classifiées en niveaux à la fois pour les niveaux de
perturbation et pour les niveaux d’immunité des matériels ;
U — pour les produits, les performances attendues vis-à-vis de
chaque perturbation.
Tension
déclarée Ainsi, pour une fonction et une perturbation données, on obtient
Profondeur du des produits tout à fait différents (donc de coûts différents) selon
creux de tension le niveau de performance souhaité. La performance des produits
Amplitude du face aux perturbations se décline en quatre niveaux :
creux de tension 1. les produits fonctionnent conformément à leur destination,
Durée même en présence de perturbation ;
Durée du creux de tension 2. les produits ont un fonctionnement perturbé pendant les per-
turbations, mais retrouvent leur fonctionnement normal dès la fin
des perturbations ;
Variation de la valeur efficace de la tension
3. le produit doit être remis en service après une perturbation ;
4. des dégradations, qui nécessitent des réparations, peuvent se
Figure 3 – Caractérisation du creux de tension produire après une perturbation.

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________________________________________________________________________________________________________________ QUALITÉ DE LA TENSION

Ces niveaux de performance doivent être sélectionnés dès la


conception d’un système ou d’une installation. La probabilité
C
d’occurrence doit être considérée : un risque peut être accepté à
condition que sa probabilité d’apparition ne soit pas trop élevée. Cm1
De même, le risque doit être pondéré par les conséquences sur le Cm0 = Cr0
processus alimenté : leur coût (financier et social) doit être consi- Cr1
déré. Cr
C m1
' C m0
'
Cm

5.2 Matériels existants Cm


'

Si les principes exposés ci-avant sont adaptés aux installations


N1 N0 N
en cours de conception, il convient cependant d’examiner égale-
ment l’existant. Les principaux éléments constitutifs d’une installa-
tion, sensibles aux creux de tension et aux coupures brèves, sont
Figure 4 – Allure du couple moteur lors d’un creux de tension
les contacteurs, les moteurs synchrones ou asynchrones, les varia-
teurs de vitesse, les automates ainsi que l’éclairage.

— à tension constante, le couple résistant de la machine entraî-


5.2.1 Contacteurs née croît ;
— à couple résistant constant, la tension d’alimentation du
Ces appareils, alimentés en courant alternatif ou en courant moteur diminue.
continu, s’ouvrent lorsque leur circuit de commande est soumis à Si, lors d’une variation brutale de l’amplitude de la tension d’ali-
des creux de tension dont l’amplitude atteint 50 % de la tension mentation, le décalage dépasse une valeur d’environ 90o « élec-
assignée pour une alimentation en alternatif ou 25 % de la tension trique », le moteur perd le synchronisme. Il y a surintensité très
assignée pour une alimentation en continu. Un creux de tension importante et danger si les protections ne se déclenchent pas rapi-
sur le circuit d’alimentation du contacteur est ainsi transformé en dement.
coupure de l’appareil commandé.
Les conditions de perte de synchronisme dépendent principa-
Des systèmes pour retarder leur ouverture ou pour procéder à lement des caractéristiques du moteur, de celles de l’excitation et
leur refermeture au retour de tension peuvent être mis en place. de l’inertie des parties tournantes entraînées ; une augmentation
de l’inertie a un effet favorable sur la stabilité.
5.2.2 Moteurs Les moteurs synchrones peuvent en général supporter des creux
de tension de profondeur inférieure à 50 % de la tension assignée.
Avant d’exposer succinctement les causes possibles de décro- En cas de décrochage, le moteur s’arrête et il faut reprendre tout
chage des moteurs synchrones ou asynchrones, on rappellera que, le processus de démarrage, ce qui est assez complexe.
selon leur importance, ils sont équipés de dispositifs auxiliaires L’emploi des moteurs synchrones est assez exceptionnel et les
susceptibles de comporter tout ou partie des principaux éléments conditions de décrochage doivent faire l’objet d’une étude au cas
suivants : par cas.
— appareils de manœuvre (contacteur ou disjoncteur) ;
— système de graissage et de ventilation (contacteur et moteur) ; 5.2.2.2 Moteur asynchrone
— protections (relais à minimum de tension et à maximum de
courant, temporisés ou non, appareil de mesure de la température) ; Pour les moteurs asynchrones, un creux de tension pose éga-
— système de démarrage (automatique ou non) ; lement un problème de stabilité, qui se caractérise par un pro-
— dispositifs d’excitation (y compris son système de protection blème d’équilibre de couples.
et de contrôle, pour les machines synchrones). Cela est illustré sur la figure 4 où sont tracées, en fonction de la
Il est évident que, lors de l’apparition de creux de tension sur le vitesse de rotation N, les trois courbes représentant :
réseau d’alimentation, le déclenchement intempestif de circuits — le couple moteur Cm correspondant à la tension nominale Vn ;
auxiliaires (contacteur mal réglé) ou le fonctionnement de sys- — le couple moteur C m ′ correspondant à une tension V ′ inférieure
tèmes de protection dont le réglage est incorrect entraînent à la tension nominale Vn ;
immédiatement l’arrêt du moteur principal.
— un exemple classique de couple résistant Cr de la machine
Lors d’un creux de tension sur le circuit d’alimentation d’un entraînée.
moteur, il y a risque de décrochage dû à l’insuffisance de la tension
d’alimentation en puissance du moteur. Il est alors nécessaire, Le fonctionnement du moteur se situe initialement au point Cm0 ,
pour l’analyse des risques, de considérer séparément le cas du intersection de la caractéristique Cr du couple résistant et de la
moteur synchrone et celui du moteur asynchrone. caractéristique Cm du couple moteur.
Lors de l’apparition d’un creux de tension, le couple moteur
5.2.2.1 Moteur synchrone passe brusquement de la valeur Cm0 à C m1 ′ du fait que le couple
moteur est proportionnel au carré de l’amplitude des tensions
Les courants circulant dans les enroulements polyphasés du alternatives d’alimentation (un creux de 30 % engendre une dimi-
stator induisent un champ tournant. Le champ statorique engendre nution du couple de 50 %). Or, ce point n’est pas un point
avec le champ rotorique (dont les enroulements sont alimentés en d’équilibre. Il y a perte de vitesse et le moteur ralentit jusqu’à une
courant continu), un couple mécanique d’entraînement du rotor. Ce vitesse bien inférieure à N 0 . Il se peut même que, pendant le
couple n’existe que si le rotor tourne à la même vitesse que le creux, le moteur ne trouve pas de vitesse d’équilibre ; il y a alors
champ statorique : on dit alors que le rotor tourne « à la vitesse de décrochage du moteur et il s’arrête.
synchronisme ». Lors du rétablissement de la tension (cas où le moteur n’a pas
Le décalage entre l’axe du champ d’induction tournant et l’axe décroché pendant le creux de tension), le couple reprend brusque-
du rotor augmente lorsque : ment la valeur Cm1 alors que le couple résistant a une valeur Cr1 .

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Le moteur ne pourra accélérer et reprendre sa vitesse de rotation et il n’y a plus de tension résiduelle induite au stator. Ces moteurs
normale que si le couple Cm1 est supérieur à Cr1 , ce qui est géné- sont, à cause de leur construction, moins aptes que les moteurs à
ralement le cas. Sinon, le moteur n’atteindra pas sa vitesse nomi- cage à supporter transitoirement des courants forts. Les risques
nale et il y aura déclenchement des protections du moteur. mentionnés précédemment pour une remise sous tension en pré-
La différence entre couple moteur et couple résistant doit être sence d’une tension résiduelle, sont complétés par des risques de
suffisante pour que la reprise du régime s’effectue dans une durée destruction des enroulements du rotor (bobinage, bagues, balais).
suffisamment courte afin d’éviter les suréchauffements inadmis- ■ Influence des condensateurs de compensation d’énergie réactive
sibles.
Le relativement faible facteur de puissance des moteurs asyn-
Pour les coupures brèves, le fonctionnement est différent. En chrones peut conduire, pour des raisons économiques, à installer
effet, le moteur est mis hors tension. Il est donc déconnecté de son des batteries de condensateurs destinées à compenser l’énergie
alimentation. Cependant, la tension à ses bornes ne s’éteint pas réactive appelée.
immédiatement. Il subsiste aux bornes du moteur une tension
alternative initialement d’amplitude élevée, proche de la tension Lorsque la valeur de la puissance réactive de compensation est
nominale, et dont l’amplitude et la fréquence décroissent dans le trop élevée par rapport à la puissance du moteur, à la disparition
temps. de la tension d’alimentation, il peut se produire une excitation du
moteur par la batterie de condensateurs et le moteur se comporte
Cette tension est due à l’amortissement du champ rotorique qui alors comme une génératrice asynchrone. Des tensions supérieu-
s’éteint avec une constante de temps élevée (effet de la cage res à 500 V ont pu être constatées pour des moteurs à 380 V à la
d’amortissement) et qui induit donc aux bornes des enroulements suite d’une coupure brève. Cette tension est en pratique limitée par
du stator, une tension résiduelle tant que le rotor continue de la saturation du circuit magnétique des moteurs, mais elle est en
tourner. mesure d’endommager les bobinages des moteurs ainsi que tous
L’évolution de la tension résiduelle dépend de la vitesse de les autres appareils raccordés au même circuit. De plus, elle pré-
rotation du moteur, donc de la charge. Plus la charge a une inertie sente un danger pour les personnes car la seule mise en rotation
faible ou un couple résistant élevé, plus la tension résiduelle d’un moteur surcompensé provoque la mise sous tension d’une
s’éteint rapidement. partie des circuits.
Au retour de la tension, un déphasage, voire une opposition de Nota : ce phénomène apparaît même après une coupure prolongée car le seul flux
rémanent du rotor suffit pour qu’un moteur se comporte en génératrice (cas des ascen-
phases entre les tensions du réseau d’alimentation et les tensions seurs en particulier).
résiduelles, entraîne des surintensités extrêmement importantes
(dix à douze fois la valeur du courant nominal). Cette surintensité
peut avoir des conséquences sur le moteur (essentiellement, 5.2.3 Équipements à vitesse variable
efforts électrodynamiques et contraintes sur l’arbre du moteur, sur
l’accouplement de la machine entraînée, sur les circuits magné- ■ Variateurs de vitesse pour moteurs asynchrones
tiques, etc.), sur la machine entraînée (endommagement des Un creux de tension monophasé ou biphasé sur l’alimentation
pièces de transmission, casse de la machine, etc.) et sur le réseau d’un variateur de vitesse pour moteurs asynchrones (figure 5a)
d’alimentation (incidents sur les contacteurs, les appareils de peut entraîner :
mesure, etc.).
— le fonctionnement du redresseur sur deux bras au lieu de trois,
Fort heureusement, l’expérience montre que de telles avaries d’où des surintensités dans le redresseur ;
sont peu fréquentes. — des fluctuations de la tension continue Vdc qui sont à l’origine
Quelques chiffres sont disponibles pour quantifier les risques de de l’augmentation du taux de courant harmonique appelé sur le
surintensité. réseau ;
— une diminution du couple moyen qui peut entraîner un décro-
Les courants de réaccélération peuvent atteindre des valeurs
chement de la machine asynchrone alimentée et donc un arrêt total
importantes lorsque la charge est constituée de machines
de l’entraînement ;
asynchrones :
— dans le cas où la machine aurait décroché, une surintensité
— 3 In pour les perturbations d’une durée de 400 à 500 ms ; importante qui apparaît au retour de la tension normale d’alimen-
— 4 à 6 In pour les perturbations d’une durée de 600 à 700 ms, tation.
avec In l’intensité nominale.
Ces phénomènes peuvent entraîner le fonctionnement des dis-
Les tensions résiduelles s’annulent typiquement entre 300 et positifs de protection contre les surintensités et provoquer l’arrêt
500 ms pour des machines d’environ 10 kW et en quelques du système.
secondes pour des puissances de l’ordre de la centaine de kilo-
watts. En règle générale, on peut redémarrer automatiquement les Lors d’une coupure brève triphasée de la tension d’alimentation,
moteurs ayant une puissance inférieure à 50 kW dès le retour de la le variateur de vitesse n’est plus alimenté et la machine tend à
tension. s’arrêter. Pendant la période de ralentissement, le moteur fournit
une tension résiduelle. Une réalimentation non contrôlée de
Dans les petites machines, l’entrefer étant relativement impor- l’onduleur peut entraîner des surintensités très importantes. Le rac-
tant, la réactance de la machine augmente et donc la valeur du cordement de l’onduleur est aléatoire car les organes de protection
courant de redémarrage diminue. peuvent ne pas protéger complètement la machine, qui risque
Dans des cas extrêmes, le déclenchement est suivi d’un réen- alors d’être endommagée.
clenchement différé, analogue à la procédure de démarrage nor- De plus, quand des batteries de condensateurs sont enclen-
mal. chées, des transitoires de courant peuvent provoquer le déclenche-
■ Cas particulier des moteurs asynchrones à rotor bobiné ment du variateur lorsque le bus continu du variateur forme un
circuit résonnant avec le réseau.
Le phénomène décrit ci-avant suppose que le rotor soit toujours
en court-circuit pour que le courant résiduel subsiste. Cela est tou- Pour éviter de tels problèmes, les variateurs se mettent généra-
jours le cas pour les moteurs à cage, mais ne l’est pas pour les lement en défaut et se déconnectent donc pour toute chute de
moteurs à rotor bobiné à bagues mis en court-circuit par un tension d’amplitude supérieure à 15 %.
contacteur extérieur. La disparition de la tension résiduelle dépend Lorsque la nature de la charge le permet, une autre technique
du comportement de celui-ci sur une coupure de tension : s’il est plus sophistiquée consiste, au moment de la réalimentation de
maintenu fermé, la tension résiduelle évolue de manière analogue l’onduleur, à le piloter à partir des tensions résiduelles afin de mini-
à celle du moteur à cage ; s’il est ouvert, le courant rotor est annulé miser la valeur des courants de redémarrage.

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Redresseur à diodes Onduleur Redresseur à thyristors

L L
Machine
Machine à courant
asynchrone continu
Réseau

Réseau
C Vdc

Charge
Charge

a pour machine asynchrone b pour machine à courant continu

Figure 5 – Équipement à vitesse variable

■ Variateurs de vitesse pour moteurs à courant continu


Lors d’un creux de tension monophasé ou biphasé sur l’alimen-

Amplitude de la tension (%)


tation d’un convertisseur à vitesse variable pour moteurs à courant
continu (figure 5b), diverses situations sont possibles : 500
— si la profondeur et la durée du creux de tension sont faibles,
le fonctionnement n’est pas affecté ;
200
— si la profondeur et/ou la durée sont plus importantes, deux cas
se présentent :
• le convertisseur fonctionne en redresseur : il y a une chute de 140
la tension continue, le couple et la vitesse du moteur décrois-
sent,
120
• le convertisseur fonctionne en onduleur (fonctionnement
possible sur l’inertie de la ligne d’arbre entraînée et à cause de 110
la commutation forcée des thyristors) : les problèmes peuvent 100
être très sérieux avec dégradation du moteur et du conver- 1 ms 0,5 ~ 0,5 s 3s 10 s 60 s
90 3 ms 20 ms
tisseur. Il y a soit risque de ratés de commutation, auquel cas
80
le moteur voit à ses bornes une tension sinusoïdale de forte
amplitude, soit risque de réamorçage des thyristors et de mise 70
en court-circuit du moteur à courant continu.
En effet, lors d’un creux de tension, il y a chute de la tension du 50
côté continu. Un système classique de régulation de la tension ou
du courant continu aura tendance, en fonctionnement en onduleur,
à augmenter l’angle de retard à l’allumage des thyristors sans se
soucier de l’état du réseau. Le mode de commande classique a
donc tendance à amplifier naturellement le phénomène. 10
0
0 0,5 ~ 20 ms 30 ~ 3s 1 min
5.2.4 Automates et systèmes informatiques
Durée de l'événement
Sans dispositions particulières, les systèmes informatiques et les
automates du commerce sont sensibles à des coupures de durées
supérieures à quatre ou cinq périodes et ainsi qu’à des creux de Figure 6 – Courbe ITIC de sensibilité des équipements informatiques
tension de faible profondeur mais de durée plus importante. aux creux et aux coupures de tension
Les fabricants américains ont publié à ce sujet une courbe don-
nant les limites de sensibilité des équipements informatiques. Il
s’agit de la courbe ITIC (Information Technology Industry Council) 5.2.5 Éclairage
(figure 6).
Certains ordinateurs sont dotés d’une protection contre les creux D’une façon générale, toute coupure ou tout creux de tension a
et les coupures de tension. Cette protection a généralement pour une influence sur l’éclairage. C’est d’ailleurs cette extrême sensibi-
objet, dès qu’une valeur de seuil de la tension d’alimentation est lité aux variations de tension qui est à l’origine du flicker [D 4 263].
franchie, de permettre la sauvegarde des données essentielles per- Les appareils d’éclairage reprennent leur fonctionnement normal
mettant le redémarrage de la machine dans de bonnes conditions lorsque la tension d’alimentation est revenue dans les limites de
ou d’assurer une sécurité (blocage des commandes par exemple). variations acceptables. Cependant, il importe de signaler le
Enfin, quand la sécurité des installations le requiert, l’alimentation comportement des lampes à décharges qui ne reprennent un fonc-
peut être secourue ou, à l’aide d’un convertisseur interne, alimen- tionnement normal qu’après une durée pouvant aller jusqu’à plu-
tée par une source de tension continue à partir de batteries. sieurs minutes. Ce phénomène est lié au temps nécessaire au
Dans tous les cas, il importe d’examiner, lors de la conception refroidissement de l’ampoule, pour que les conditions de réamor-
d’une installation, d’un système, les conséquences de la perte de çage soient réunies.
fonction des équipements informatiques, ainsi que les conditions Notons que cette question, quoique apparemment sans grande
de leur redémarrage lorsque la tension du réseau est rétablie. technicité, doit être cependant considérée avec la plus grande

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attention car des défauts d’éclairage, même momentanés, peuvent L’utilisation des départs en câble souterrain peut être mise à pro-
être à l’origine d’accidents de personnes, de moments de panique fit pour exploiter les jeux de barres en jeux de barres spécialisés,
dans des réunions publiques. lorsque la structure du poste source le permet. Ainsi, tous les
départs souterrains sont raccordés à un même jeu de barres et les
Exemple : lors d’une finale de coupe de France de football, le Stade
départs en lignes aériennes à un autre jeu de barres. La partie de
du Mans a perdu le match par forfait en raison d’une interruption pro-
réseau constituée par des câbles souterrains aura un taux de cou-
longée de l’éclairage.
pures « longues » bien plus faible que celui de la partie constituée
par les lignes aériennes.
Par ailleurs, des actions spécifiques au niveau de tension peu-
vent être mises en œuvre.
6. Atténuation et élimination
■ Sur le réseau HTB
Les solutions techniques qui doivent être engagées permettront La mise en place de câbles de garde au-dessus des lignes per-
de : met de diminuer considérablement le nombre d’impacts directs de
— diminuer le nombre et l’amplitude des perturbations, ce qui foudre sur les conducteurs, donc les défauts. En 2002, toutes les
implique à la fois le distributeur et l’utilisateur ; lignes neuves (400, 225, 90, 63 kV) en sont équipées. Sur les lignes
HTB anciennes, il est pratiquement exclu d’ajouter des câbles de
— maîtriser ensuite les conséquences sur les matériels et les garde du fait de la résistance mécanique insuffisante des supports.
processus :
• par une bonne conception des réseaux industriels ainsi que L’amélioration des prises de terre des supports permet de dimi-
par une bonne maintenance, nuer les surtensions dues à l’écoulement à la terre du courant de
• par une bonne conception et un réglage adéquat du foudre, ce qui diminue le nombre de défauts dus à l’amorçage « en
contrôle-commande des processus, retour » (amorçage entre la structure du pylône et un ou plusieurs
• par l’installation d’alimentations de secours. conducteurs).
L’utilisation d’isolateurs « spéciaux » (isolateurs possédant une
ligne de fuite plus grande que celle strictement nécessaire pour le
6.1 Réduction du nombre niveau de tension considéré) permet de limiter les risques de
contournement dus à la pollution des chaînes d’isolateurs.
et de l’amplitude des perturbations La construction de stations de lavage sous tension des isola-
teurs dans certains cas de pollution marine (cas particulier de
6.1.1 Sur les réseaux du distributeur lignes à 400 kV près de la Manche) est également utilisée.
Nota : cette technique a été créée au Japon et y est largement utilisée.

Les dispositifs qui sont mis en place sur le réseau du distribu- ■ Sur le réseau HTA
teur visent à améliorer le niveau de qualité du réseau. Cepen- La mise en place de dispositifs du type parafoudre, depuis la fin
dant, le niveau « zéro défaut » ne pourra jamais être atteint, des années 1980, en remplacement des éclateurs à cornes associés
malgré tous les efforts techniques et financiers du distributeur, aux chaînes d’isolateurs, est maintenant quasiment terminée en
du fait d’événements extérieurs imprévisibles et inévitables tels France. Les parafoudres retrouvent leur capacité d’isolement (de
que la foudre. tenue diélectrique) après écoulement d’un courant de foudre. Leur
emploi permet de transformer en coupures brèves, la moitié des
Les principaux moyens mis en place sur le réseau du distributeur coupures qui seraient longues avec l’emploi d’éclateurs.
concernent le réseau aérien, source de nombreux défauts fugitifs. La mise en place du nouveau régime du neutre (bobine de
Ils permettent soit de réduire le nombre de défauts qui affectent les compensation entre le neutre et la terre) en remplacement de
ouvrages, soit de diminuer la durée des creux de tension et des l’impédance de limitation, permet de limiter le courant de défaut à
coupures. des fins de sécurité vis-à-vis du public et favorise l’extinction de
l’arc de façon plus certaine et plus rapide. En conséquence, le nom-
6.1.1.1 Réduction du nombre de défauts bre de coupures brèves est réduit, le nombre de défauts fugitifs et
semi-permanents monophasés diminuant.
Un premier moyen consiste à améliorer l’isolation du réseau.
D’importantes campagnes d’élagage des arbres avoisinant les
lignes aériennes (couloir dit de servitudes) sont régulièrement réa- 6.1.1.2 Réduction de la durée des défauts
lisées.
La réduction de la durée des défauts oblige à améliorer le
De plus, une politique d’auscultation systématique des réseaux système de protection.
pour détecter les défauts latents (analyse de la forme des défauts
fugitifs) a été mise en place. ■ Sur le réseau HTB
Indiquons l’importante politique des travaux sous tension qui Le remplacement des protections électromécaniques par des
permettent d’améliorer très sensiblement la continuité de la four- protections électroniques permet une détection et donc une élimi-
niture d’électricité. nation plus rapide des défauts. Dans un poste, le changement de
Enfin, le remplacement par câble souterrain de tronçons de type de protections est généralement le motif de rénovation des
lignes aériennes (90, 63, 20 kV) est également pratiqué. postes anciens. Le remplacement n’améliore la situation que si
Les câbles souterrains ne sont pas sensibles aux phénomènes cela est fait sur tous les postes d’une zone.
atmosphériques. Ils sont exclusivement le siège de défauts perma- La mise en place d’un réenclencheur rapide permet de réduire la
nents qui nécessitent une lourde intervention extérieure pour leur durée des coupures. Ce dispositif ne peut être installé sur un
réparation. Les utilisateurs raccordés par un câble subissent moins départ qu’après prise en compte des moteurs de forte puissance
d’interruptions que s’ils étaient raccordés par une ligne aérienne, (100 kVA environ) qui peuvent s’y trouver. Un retour trop rapide de
mais, généralement, le temps de coupure est plus long. La décision la tension après une coupure peut se faire dans des conditions de
de remplacement des lignes aériennes par des câbles souterrains phase telles que des ruptures d’accouplement, voire de ligne
est essentiellement liée aux contraintes d’environnement. d’arbre, sont à craindre (§ 5.2.2.2).

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6.2.1 Applications informatiques


T T
Lorsque la caractéristique des creux de tension et des coupures
est au-delà de la courbe ITIC (§ 5.2.4, figure 6) ou lorsque les équi-
pements informatiques ont une immunité en deçà de cette même
courbe, il faut, si le niveau de performance fonctionnelle le

monophasé
requiert, mettre en place un dispositif à réserve d’énergie qui ali-

Défaut
mente l’ensemble de l’installation pour couvrir l’absence momen-
tanée de tension. La réserve d’énergie doit être suffisante pour
R 300 A effectuer a minima les opérations nécessaires de sauvegarde, pour
S S
a b c a b c permettre à des groupes électrogènes de prendre le relais de l’ali-
R
mentation ou pour basculer sur une deuxième alimentation.
Il s’agit des alimentations sans interruption (ASI ou UPS : unin-
terruptable power supply ) : ASI statiques, ASI dynamiques, ou de
groupes à volant d’inertie (figure 8).
Absence de défaut Shuntage d'un défaut
■ ASI statiques (onduleurs)
D disjoncteur shunt
Ils sont constitués (figure 9a ) :
R résistance de mise à la terre du neutre
— d’un redresseur qui transforme la tension alternative en ten-
T bobinage MT du transformateur du poste source sion continue ;
— d’une batterie (réserve d’énergie) ;
Figure 7 – Disjoncteur shunt — d’un onduleur recréant une tension sinusoïdale presque pure.
En fonctionnement normal, la charge est constamment alimen-
tée par le redresseur et l’onduleur, assurant une régulation perma-
■ Sur le réseau HTA nente de la tension et de la fréquence de sortie. La batterie n’est
pas sollicitée mais reste simplement en charge.
La mise en place d’un disjoncteur shunt de façon systématique
pour les ouvrages aériens a permis d’éliminer les défauts mono- En cas de creux de tension ou de coupure sur le réseau d’alimen-
phasés sans provoquer de coupures pour les utilisateurs (figure 7). tation, la batterie garantit l’alimentation de la charge sans délai de
Ce dispositif est installé dans les postes sources dont le neutre est commutation.
mis à la terre par une résistance. Le disjoncteur shunt est raccordé À partir d’une puissance de quelques kilovoltampères, un circuit
à la source du réseau qu’il protège (jeu de barres du poste). Il est by-pass permet d’utiliser l’énergie du réseau en cas de défaut ou
normalement ouvert. En cas de défaut monophasé, il met la phase de surcharge de l’onduleur (afin, par exemple, de permettre la
en défaut à la terre, permettant ainsi à l’arc de s’éteindre. détection puis l’élimination d’un éventuel court-circuit situé en
Les tensions entre phases sont peu affectées. Notons que la aval, sur le réseau secouru).
valeur de la tension entre phase et terre des phases non mises à Leur gamme de puissance s’étend de quelques kilovoltampères
la terre est égale à la valeur de la tension composée, ce qui à plusieurs mégavoltampères. Les valeurs les plus élevées se ren-
implique d’avoir une bonne tenue diélectrique de celle-ci. contrent dans des centres spécialisés regroupant des serveurs
La mise en place d’un disjoncteur réenclencheur en réseau (DRR) Internet, tous les services étant intégrés : ce sont des « hôtels
au début d’une dérivation, permet d’éliminer les défauts qui appa- Internet ». Dans le cas de grandes puissances, plusieurs dispositifs
raissent sur celle-ci sans perturber les utilisateurs alimentés en tête peuvent être mis en parallèle pour augmenter la puissance ou pour
de départ. La séquence de fonctionnement est du type de l’auto- assurer un meilleur niveau de fiabilité. L’autonomie, qui dépend de
matisme de réenclenchement (§ 2.1). la batterie, est en général de 10 à 15 min, un ou plusieurs groupes
électrogènes pouvant prendre les relais si la coupure est de durée
La manœuvre des interrupteurs aériens télécommandés (IAT), supérieure et si le niveau de performance le requiert.
soit depuis un poste de commande central, soit depuis un véhicule
de service dans lequel est « embarqué » le matériel de télé- Ils représentent 95 % des dispositifs à réserve d’énergie installés
commande et de radio, soit depuis le domicile des « agents chez les utilisateurs.
d’astreinte », permet de réduire la durée des coupures longues. Nota : pour mémoire, deux autres types de fonctionnement d’ASI statique existent,
plutôt réservés à des applications monopostes ou de faibles puissances (quelques
kilovoltampères) : attente passive et interaction avec le réseau.
6.1.2 Sur les réseaux de l’utilisateur : ■ ASI dynamiques
cas particulier des creux de tension Dans ce cas, un alternateur fournit la tension de sortie.
Dans le cas où les creux de tension ont pour origine l’installation Il existe deux types d’ASI dynamiques suivant le mode de stoc-
du client, plusieurs solutions permettent de limiter la perturbation : kage de l’énergie.
— alimenter le plus en amont possible les charges perturbatrices ● Batterie (figure 9b)
de manière à bénéficier de la plus grande puissance de court- Un mutateur et un ensemble moteur (primaire)/alternateur
circuit ; (secondaire) fournissent la tension de sortie. En régime normal,
— séparer les charges perturbatrices des charges sensibles en les l’énergie transite par le redresseur, le mutateur et l’ensemble
alimentant par des départs différents à partir du transformateur moteur/alternateur. En régime perturbé, la batterie garantit l’ali-
général ; mentation. L’autonomie dépend de la capacité de la batterie (en
— mettre en place un système de démarrage ou un compen- général, entre 10 et 15 min).
sateur d’énergie réactive afin de compenser le courant appelé par
● Accumulateur d’énergie cinétique (figure 9c )
les moteurs au moment de leur démarrage.
Ce dispositif est constitué d’un système d’inductances, d’un
générateur synchrone et d’un accumulateur d’énergie cinétique.
6.2 Réduction des conséquences En régime normal, l’alimentation se fait par le réseau via le filtre
composé de l’association de l’inductance et de la machine syn-
Sur le réseau de l’utilisateur, les remèdes qui sont proposés dif- chrone. De l’énergie est stockée sous forme cinétique (rotor accu-
férent selon les applications. mulateur ou volant d’inertie tournant à vitesse élevée monté sur

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1 kVA 10 kVA 100 kVA 150 kVA 500 kVA 1 MVA 1,5 MVA Puissance unitaire
100 %

ASI statique off-line

100 %

ASI statique line


line-interactive
interactive

80 % 20 %

ASI statique off-line


on-line

100 % Groupe à volant d'inertie

90 % 10 %

ASI dynamique

80 % 20 %

Groupe no-break

proportion alimentant des applications informatiques Il y a possibilité de mettre en parallèle les ASI statiques
on-line, les ASI dynamiques et les groupes no-break
afin d'augmenter la puissance installée.
proportion alimentant des applications industrielles

Figure 8 – Répartition en puissance des dispositifs à réserve d’énergie

l’arbre d’une machine synchrone pouvant agir en génératrice). du réseau (double alimentation), soit par la mise en œuvre d’un
Lorsqu’un creux de tension ou une coupure brève se produit sur le groupe électrogène. En revanche, le temps de la permutation de
circuit d’alimentation, cette énergie cinétique permet d’alimenter la source ou du démarrage du groupe doit, si nécessaire, être couvert
charge pendant une période allant de quelques secondes à environ par un ASI.
1 min.
Leur gamme de puissance unitaire s’étend d’une centaine de
kilovoltampères à 1,5 MVA ; il y a également possibilité de mettre
6.2.2 Applications industrielles
les dispositifs en parallèle. Les contacteurs et les relais de commande de moteurs sont
Lorsqu’un moteur Diesel est associé à ces dispositifs, on obtient souvent alimentés soit par une tension entre phase et neutre, soit
ce que l’on appelle des groupes no-break (figure 9d ). Ceux-ci per- par une tension entre phases. Un creux de tension affectant cette
mettent de compenser aussi bien les creux de tension et les cou- tension fait donc retomber contacteurs et relais, ce qui arrête le
pures brèves que les coupures longues. L’énergie stockée dans la moteur, alors que fréquemment les deux autres tensions aux
batterie ou dans la réserve cinétique garantit l’alimentation jusqu’à bornes du moteur conservent une valeur suffisante qui aurait per-
ce que le moteur démarre. mis au moteur de continuer à tourner sans modification impor-
tante du couple ou de la vitesse. Une solution, autre que celle de
■ Groupes à volant d’inertie la temporisation, consiste à alimenter relais et contacteur par
Ces dispositifs ont été longtemps utilisés, mais tendent mainte- combinaison des trois tensions triphasées.
nant à disparaître au profit des ASI. La réserve d’énergie est Il arrive que les coupures brèves ou les coupures de plus longue
constituée par un volant d’inertie en fonte (figure 9e ) sur une ligne durée soient aggravées par le simple fait que l’installation du client
d’arbre d’un moteur existant ou d’un groupe moteur-alternateur. n’a pas été prévue pour redémarrer automatiquement. Des
En cas de coupure ou de creux de tension, le volant d’inertie main- protections à manque de tension fonctionnant trop rapidement
tient en rotation l’alternateur ou la machine synchrone (fonction- empêchent, par exemple, le redémarrage des machines. Il suffit
nant alors en génératrice), donc l’alimentation. Pratiquement, dans alors soit de temporiser convenablement les contacteurs de
les cas usuellement rencontrés, des durées de 0,3 à 1 s peuvent commande des machines lorsque le démarrage est possible sous
être couvertes. la pleine tension, soit de prévoir un dispositif automatique ne per-
Leur puissance unitaire se situe entre quelques voltampères et mettant le réenclenchement des contacteurs qu’après avoir remis
quelques centaines de kilovoltampères. les circuits auxiliaires des machines en position initiale de démar-
rage. Dans tous les cas, il convient de s’assurer au préalable que
■ Deuxième source d’alimentation le courant total appelé par les machines démarrant simultanément
Pour se prémunir des coupures longues, on peut utiliser une ne provoquera pas un nouveau creux de tension préjudiciable à
deuxième source constituée soit par une autre alimentation issue l’installation ou un déclenchement du disjoncteur général par

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Il faut bien évidemment examiner si cette solution est accep-


table, du point de vue économique et technique, par rapport aux
Contacteur statique autres solutions préconisées.
Circuit by-pass
Il y a lieu de distinguer deux fonctions dans le cas d’une instal-
lation industrielle :
— le contrôle-commande ainsi que son alimentation ;
Réseau Utilisation
— l’alimentation en puissance du process.
Le contrôle-commande d’un process doit assurer sa fonction,
Batterie même en cas de creux de tension ou de coupures. Pour cela, il
faut :
a ASI statique double conversion
— concevoir ou modifier le circuit d’alimentation auxiliaire afin
qu’il soit indépendant des circuits d’alimentation en puissance du
Circuit by-pass process ;
— si nécessaire, l’alimenter par un dispositif à réserve d’énergie
afin qu’il continue à fonctionner correctement pendant et après la
M perturbation.
Réseau A Utilisation Enfin, le contrôle-commande doit assurer le contrôle des
Redresseur Mutateur Ensemble contraintes électriques ou mécaniques du process (tension aux
moteur/alternateur bornes des moteurs, vitesse de rotation, pression, etc.) pour
Batterie commander, dans des conditions de sécurité acceptables pour le
matériel et les personnes, soit une relance à la volée des moteurs,
b ASI dynamique avec batterie soit un redémarrage automatique temporisé, éventuellement avec
séquencement d’actions diverses.
Pour la partie puissance, le type de désensibilisation est fonction
Circuit by-pass
de la capacité électrique et mécanique du process à redémarrer
plus ou moins rapidement. Trois niveaux de désensibilisation peu-
vent être envisagés :
Réseau Utilisation — l’immunité totale : l’ensemble de l’alimentation est sauve-
Inductance gardé ;
— la reprise au vol : après un ralentissement des machines pen-
Rotor externe Générateur synchrone dant la perturbation, la production est relancée. La reprise au vol
est généralement recherchée pour des applications où la puissance
Rotor interne des moteurs est limitée et lorsque le nombre de moteurs est res-
treint. Elle n’est acceptable que pour des durées de perturbation
Rotor accumulateur
inférieures à 1 s et à condition que la sécurité des personnes et des
c ASI dynamique avec accumulateur d'énergie cinétique installations le permette ;
— l’arrêt propre : pour respecter des contraintes mécaniques ou
de sécurité, les machines sont arrêtées dans une séquence et dans
Circuit by-pass un état donnés qui préservent l’outil de production. Un redémarrage
Ensemble automatique peut avoir lieu à condition que la sécurité des personnes
moteur/ alternateur et des installations le permette.
M
■ Moteurs asynchrones
Réseau A Utilisation
Redresseur Mutateur Les solutions préconisées en fonction des caractéristiques des
Embrayage
mécanique creux de tension et des coupures brèves sont indiquées dans le
Batterie tableau 2.
Moteur thermique
● Maintien des contacteurs
d groupe no-break Il s’agit de maintenir les contacteurs en position fermée et
d’empêcher ainsi la déconnexion du moteur du réseau. Il faut
Volant d'inertie maintenir l’alimentation de la bobine d’enclenchement de l’une des
façons suivantes :
M Exc — alimentation secourue par une source à réserve d’énergie ;
Réseau Utilisation
— pour les bobines alimentées sous une tension continue, mise
Régulation Générateur en place d’un condensateur qui retarde l’ouverture des bobines.
synchrone
La puissance maximale des moteurs pour laquelle le maintien de
e groupe à volant d'inertie contacteurs est envisageable est de 80 kW selon l’usage, la durée
de coupure et la vitesse du moteur. Les charges de faible inertie
(pompes, mélangeurs, etc.) se prêtent mieux à cette méthode de
Figure 9 – Dispositifs à réserve d’énergie
désensibilisation que les machines de forte inertie (ventilateurs,
compresseurs centrifuges).
Dans le cas de l’entraînement de machines fragiles (certains mul-
surintensité. S’il en est ainsi, il est indispensable d’effectuer auto- tiplicateurs, certains compresseurs, etc.), il faut s’assurer que la
matiquement un démarrage séquentiel des différentes machines solution n’entraîne pas d’à-coups susceptibles d’endommager la
de l’usine. machine entraînée.

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Tableau 2 – Possibilité générale de désensibilisation aux perturbations des moteurs asynchrones


Niveau Creux de tension Creux de tension
Coupure brève < 1 s Coupure brève > 1 s
de désensibilisation de profondeur < 30 % de profondeur > 30 %

Immunité totale Dispositifs à réserve d’énergie

Maintien des contacteurs Puissance < 80 kW :


Équipements Si ralentissement admis, maintien de contacteurs
non sensibles équipements non Puissance > 80 kW : Rattrapage au vol possible
Reprise au vol si les ralentissements sensibles éventuellement pour les inerties élevées
jusqu’à 50 % ouverture de contacteurs
sont admis et réenclenchement
par surdimensionnement
du moteur temporisé

Arrêt propre Ouverture, puis fermeture temporisée du contacteur


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Tableau 3 – Possibilité générale de désensibilisation aux perturbations des variateurs de vitesse


pour machines asynchrones
Niveau Creux de tension Creux de tension
Coupure brève < 1 s Coupure brève > 1 s
de désensibilisation de profondeur < 30 % de profondeur > 30 %

Bus continu commun pour plusieurs moteurs Dispositif à réserve


Immunité totale Équipements non avec commande spécifique sur creux/coupures d’énergie de forte puis-
sensibles, si les ralentisse- Dispositifs à réserve d’énergie sance ou groupe no-break
ments sont admis, jusqu’à
– 20 %, voire – 30 % Activation du rattrapage au vol pour les variateurs qui en sont équipés ou adjonction
Reprise au vol de la fonction ou changement du variateur
ou moins
selon les spécifications
Arrêt propre Ordre d’arrêt puis redémarrage du variateur

● Réenclenchement temporisé génératrice transite par le bus continu pour alimenter les machines
Si le maintien des contacteurs n’est pas réalisable, il faut pro- fonctionnant en moteur, ce qui rend l’installation moins sensible
céder à un arrêt suivi d’un réenclenchement temporisé après écou- aux creux de tension (figure 10). Après une certaine durée de
lement du temps nécessaire à l’extinction du flux du moteur. Cette creux de tension, l’énergie disponible ne permet plus de conserver
procédure consiste à : un fonctionnement normal, le contrôle commun à l’ensemble mul-
timoteur-variateurs assure une baisse coordonnée de la vitesse
— détecter rapidement l’apparition d’une coupure brève ; linéaire des machines du début de la perturbation jusqu’au redé-
— déclencher l’alimentation du moteur afin d’éviter les risques marrage des moteurs après le retour de l’alimentation. L’installa-
éventuels liés aux renvois de tension ; tion est alors immunisée contre les creux de tension, sans risque
— remettre le moteur sous tension, lorsque la tension du réseau de dégradation de matériel ou d’arrêt de production.
est revenue et que la tension résiduelle du moteur est inférieure à
une valeur de seuil admissible (afin d’éviter tout couplage avec une
tension résiduelle qui ne serait pas en phase avec celle du réseau).
Cette fonction peut être réalisée par un démarreur électronique, si Machines
les conditions du moteur ont conduit à adopter ce mode de Onduleurs asynchrones
démarrage.
Si la temporisation n’est pas acceptable, il convient alors de pré-

Bus continu
voir un automatisme pour arrêter le process proprement puis pour
le redémarrer automatiquement.
Réseau
Mode générateur
■ Variateurs de vitesse pour machines asynchrones triphasé
Le niveau de désensibilisation et les solutions préconisées en
fonction des caractéristiques des creux de tension et des coupures
brèves sont indiquées dans le tableau 3.
Pour les applications multimoteurs, l’utilisation d’un bus continu Échange
commun constitue la meilleure solution, en particulier pour les Mode moteur
d'énergie
applications « très sensibles ». Elle peut également permettre l’ins-
tallation d’une réserve d’énergie par batterie. Dans ce dispositif, si
certaines machines travaillent en génératrice pour le freinage,
d’autres en moteur — comme pour la fabrication ou l’enroulement
de matériaux tendus (papier, textile, bandes et films divers, tréfile-
rie, imprimerie, etc.) —, l’énergie fournie par celles fonctionnant en Figure 10 – Bus continu commun

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D 4 262 − 12 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique

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DOCUMENTATION
02/10/2008

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