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Lignes directrices pour l'assurance-dépôts

Ce document présente des lignes directrices pour la mise en place de régimes d'assurance-dépôts efficaces. Il aborde des questions contextuelles, les objectifs, la conception, la structure et le financement de tels régimes. Le but est d'aider les pays à concevoir des régimes qui protègent les déposants sans augmenter l'aléa moral ou réduire la discipline de marché.

Transféré par

Hervé MUKADI
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Thèmes abordés

  • réponses aux crises,
  • régimes de primes différentiel…,
  • droit de priorité des déposant…,
  • aléa moral,
  • économie émergente,
  • réclamations et recouvrements,
  • protection des petits épargnan…,
  • plafonds d'indemnisation,
  • évaluation des systèmes de rec…,
  • systèmes de comptabilité
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Lignes directrices pour l'assurance-dépôts

Ce document présente des lignes directrices pour la mise en place de régimes d'assurance-dépôts efficaces. Il aborde des questions contextuelles, les objectifs, la conception, la structure et le financement de tels régimes. Le but est d'aider les pays à concevoir des régimes qui protègent les déposants sans augmenter l'aléa moral ou réduire la discipline de marché.

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  • réponses aux crises,
  • régimes de primes différentiel…,
  • droit de priorité des déposant…,
  • aléa moral,
  • économie émergente,
  • réclamations et recouvrements,
  • protection des petits épargnan…,
  • plafonds d'indemnisation,
  • évaluation des systèmes de rec…,
  • systèmes de comptabilité

F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E

Lignes d'orientation pour l'établissement de régimes d'assurance-dépôts efficaces

Le 7 septembre 2001

Traduit en français par la Société d’assurance-dépôts du Canada.


F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E

Lignes d'orientation pour l'établissement de régimes d'assurance-dépôts efficaces

Le 7 septembre 2001

© Forum pour la stabilité financière 2001. Tous droits réservés. La reproduction ou


la traduction de courts extraits est autorisée, à condition de citer la source.
La présente traduction du document original anglais n’engage en rien le FSF.
Préface
Forum pour la stabilité financière
À sa réunion de mars 2000 à Singapour, le FSF a approuvé le rapport d’un groupe d’étude et a convenu que,
puisque plusieurs pays envisageaient la mise en place d’un régime d’assurance-dépôts, il serait souhaitable
d’établir certaines lignes d’orientation internationales. Les membres du FSF ont fait remarquer que l’élabo-
ration de telles lignes d’orientation devrait reposer sur un processus de consultation pouvant rejoindre toutes
les parties s’intéressant à l’assurance-dépôts afin d’avoir l’assurance que ces lignes d’orientation tiennent compte
du plus vaste ensemble de circonstances, de scénarios et de structures, et qu’elles soient aussi compatibles
avec ceux-ci.

Le FSF a demandé à Jean Pierre Sabourin, président et chef de la direction de la Société d’assurance-dépôts
du Canada, de présider un groupe de travail chargé d’élaborer un ensemble de lignes d’orientation qui
favoriserait l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces. Le rapport final du Groupe de travail
sur l’assurance-dépôts a été soumis au FSF qui l’a entériné à Londres, le 7 septembre 2001.

Le rapport du FSF repose sur trois constatations générales. Tout d’abord, un régime d’assurance-dépôts
explicite à couverture limitée est préférable à un mécanisme de protection implicite dans la mesure où il définit
clairement les obligations des déposants et des créanciers, et où il limite la portée des décisions discrétion-
naires qui peuvent donner lieu à des actions arbitraires. Ensuite, un régime d’assurance-dépôts doit être conçu
et mis en œuvre adéquatement et être bien compris du public pour être crédible et ne pas générer d’aléa moral.
Enfin, pour être efficace, un régime d’assurance-dépôts doit être intégré à un filet de sécurité financier bien
conçu et reposer sur de solides cadres de réglementation et de surveillance prudentielles, sur un mécanisme
d’application de lois efficaces ainsi que sur un système comptable et un régime d’information sains.

Le rapport propose une méthode générale à l’intention des pays qui envisagent de mettre en place ou de
réformer un régime d’assurance-dépôts explicite à couverture limitée. Il examine d’abord les questions
contextuelles relatives aux différentes formules de protection des déposants qui sont mises en place dans
différents pays, et recense les questions dont il faut tenir compte au moment d’adopter ou de réformer un
régime d’assurance-dépôts. Il décrit ensuite les particularités d’un régime qui contribuent à son efficacité et
à sa crédibilité, et, finalement, il présente les questions et facteurs clés qui sont liés aux différentes méthodes
de résolution des faillites bancaires, au remboursement des déposants et aux réclamations et recouvrements.

Le FSF a la ferme conviction que le présent rapport, fruit d’une approche des plus pragmatiques, saura remplir
son rôle auprès des décideurs qui veulent concevoir un régime d’assurance-dépôts visant à favoriser la
stabilité financière et la protection des petits déposants sans pour autant augmenter l’aléa moral ou réduire
la discipline de marché.

Le président du FSF,

Andrew Crockett
Table des matières
I Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1

II Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

III Questions contextuelles relatives aux régimes d’assurance-dépôts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7


1. Rôle du secteur bancaire et du filet de sécurité financier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2. Formules de protection des déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3. Aléa moral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

IV Mise en place et maintien d’un régime d’assurance-dépôts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11


1. Objectifs de politique générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2. Analyse de la situation et considérations sur la mise en œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
(a) Facteurs économiques, condition et structure du système bancaire, attitudes
et attentes du public . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
(b) Condition du régime légal, des cadres de réglementation et de surveillance
prudentielles, du système comptable et du régime d’information . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3. Passage d’un régime de protection globale à un régime d’assurance-dépôts . . . . . . . . . . . 14
4. Processus d’auto-évaluation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

V Conception et structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1. Mandat, pouvoirs et structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
(a) Mandat et pouvoirs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
(b) Cadre de fonctionnement et questions d’ordre opérationnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
(c) Gouvernement d’entreprise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
(d) Ressources humaines et immunité légale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2. Rapports entre les divers intervenants dans la stabilité financière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3. Adhésion au régime et couverture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
(a) Adhésion au régime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
(i) Participation obligatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
(ii) Octroi du statut de membre aux banques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
(iii) Banques étrangères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
(iv) Institutions financières para-bancaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
(v) Banques d’État . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
(b) Couverture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
(i) Étendue et plafonds . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
(ii) Coassurance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
(iii) Ajustement des plafonds d’indemnisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
(iv) Dépôts en monnaie étrangère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

i
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Table des matières

4. Financement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
(a) Financement ex ante ou ex post . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
(b) Établissement et taille d’une caisse d’assurance-dépôts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
(c) Régime de primes uniformes ou régime de primes différentielles indexées
sur le risque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
5. Information du public . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

VI Interventions, remboursements, réclamations et recouvrements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29


1. Interventions du secteur privé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2. Interventions auprès des banques en difficulté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
(a) Options . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
(i) Liquidation et remboursement des dépôts assurés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
(ii) Acquisition et prise en charge (ventes) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
(iii) Aide au redressement d’une banque en exploitation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
(b) Coûts et autres facteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3. Remboursement des déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
(a) Conditions propices à un remboursement efficace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
(b) Évaluation du montant assurable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
(c) Méthodes de remboursement des déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
(d) Paiements versés aux déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4. Réclamations et recouvrements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
(a) Questions d’ordre général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
(b) Stratégies de gestion et de cession de l’actif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
(c) Méthodes de mise en marché . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
(d) Réclamations et litiges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
5. Classement des déposants, nantissement et droits de compensation . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
(a) Classement des déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
(b) Nantissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
(c) Droits de compensation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37

VII Points clés des lignes d’orientation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

Annexes etGlossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
Annexe I : Membres du Groupe de travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
Annexe II : Démarche suivie pour l’élaboration des documents de travail . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Annexe III : Organismes qui ont appuyé le Groupe de travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

ii
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
I Synthèse
Synthèse
L e Groupe de travail sur l’assurance-dépôts, issu du Forum pour la
stabilité financière, a élaboré des lignes d’orientation sur l’assurance-dépôts à l’intention
des pays qui envisagent de mettre en place ou de réformer un régime d’assurance-dépôts
explicite à couverture limitée (appelé ci-après dans le présent rapport « régime d’assurance-
dépôts ». Ces lignes d’orientation ont été établies dans le cadre de la production d’une série
de documents de travail et d’un processus de consultation auprès d’une centaine de pays.
Le Groupe de travail s’est appuyé largement sur l’expérience pratique de ses membres et
d’autres pays pour élaborer les lignes d’orientation. Ainsi, non seulement ces lignes
tiennent-elles compte d’un vaste ensemble de circonstances, de scénarios et de
structures propres à un pays, mais elles sont aussi compatibles avec ceux-ci.

Un régime d’assurance-dépôts vise notamment à objectifs de politique générale, les décideurs doivent
favoriser la stabilité du système financier d’un pays évaluer une grande variété de circonstances et de
et à protéger les petits épargnants contre la perte facteurs susceptibles d’influer sur la conception du
de leurs dépôts en cas de faillite bancaire. Diverses régime. Ce processus d’auto-évaluation est désigné
solutions permettent d’atteindre ces objectifs. tout au long du présent rapport sous le terme
d’analyse de la situation. Parmi les circonstances
Un régime d’assurance-dépôts est préférable à un et facteurs à prendre en compte figurent l’état de
mécanisme de protection implicite dans la mesure l’économie, les politiques monétaire et budgétaire
où il définit clairement les obligations faites aux en vigueur, la condition et la structure du système
autorités envers les déposants et où il limite la portée bancaire, les attitudes et les attentes du public, la
des décisions discrétionnaires qui peuvent donner solidité des cadres de réglementation et de surveil-
lieu à des actions arbitraires. Pour en garantir la lance prudentielles, le cadre légal et la qualité du
crédibilité, toutefois, et pour prévenir les distorsions système comptable et du régime d’information. Il
souvent génératrices de l’aléa moral, un tel régime faut reconnaître que, dans bien des cas, les éléments
doit être conçu et mis en œuvre adéquatement, et de la conjoncture du pays ne sont pas idéals. C’est
être bien compris du public. Un régime d’assurance- pourquoi il est important de cerner les écarts qui
dépôts doit être intégré à un filet de sécurité existent entre les conditions en cours et les situations
financier bien conçu et reposer sur de solides cadres plus idéales et d’évaluer en profondeur les options
de réglementation et de surveillance prudentielles, possibles, puisque l’établissement d’un régime
sur un mécanisme d’application de lois efficaces d’assurance-dépôts n’est pas un remède contre les
ainsi que sur un système comptable et un régime déficiences majeures.
d’information sains.
Les pays en voie de passer d’un régime de protection
L’établissement d’un régime d’assurance-dépôts ou globale à un régime d’assurance-dépôts devraient
la réforme d’un régime en place nécessite dans un procéder à la même analyse de la situation que
premier temps de formuler les objectifs de politique les pays en voie de remplacer un régime de protec-
générale à atteindre et de veiller à ce que leur portée tion implicite. Le passage de la protection globale
soit très bien comprise. Au moment de définir les à la couverture limitée devrait s’opérer le plus

2
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Synthèse

rapidement possible, suivant le contexte financier établis ainsi que l’incidence possible de la couverture
du pays, puisqu’il devient plus difficile de s’ajuster offerte sur l’aléa moral. Les plafonds de la protection
à mesure que la période de transition se prolonge. peuvent ensuite fixés à la lumière des données
La sensibilisation du public ajoute particulièrement pertinentes recueillies auprès des banques.
à l’harmonie de la transition.
Les régimes d’assurance-dépôts doivent pouvoir
Une fois le processus d’auto-évaluation terminé, disposer des liquidités suffisantes pour rembourser
les décideurs devraient concentrer leur attention sur les déposants dans de brefs délais. Il est essentiel de
les particularités techniques du régime d’assurance- tenir le public bien informé des caractéristiques du
dépôts. Ils devraient se pencher en premier sur le régime ainsi que des avantages et limites de celui-ci
mandat, les pouvoirs et le cadre de fonctionnement afin d’en préserver et d’en renforcer la crédibilité.
de l’assureur-dépôts. Bien qu’il n’existe pas de com-
binaison unique « mandat, pouvoirs et structures » Les divers intervenants au sein du filet de sécurité
qui s’adapte à tous les contextes, ces éléments financier ont la possibilité de recourir à plusieurs
devraient néanmoins être définis clairement, être méthodes de règlement des faillites bancaires ou
bien compris et cadrer avec les objectifs de politique de redressement des banques risquant de faire
générale. Et il faudrait intégrer au régime une faillite. Ces méthodes sont la liquidation suivie du
structure de responsabilisation et un mécanisme remboursement des dépôts assurés, les opérations
de surveillance. De plus, il est essentiel d’aborder d’acquisition et de prise en charge, et l’aide au
expressément les question liées aux relations entre redressement d’une banque en exploitation. Les
les intervenants dans la stabilité financière en stratégies de gestion et de cession de l’actif
définissant clairement les mandats, les modalités devraient faire valoir leur bien-fondé économique
d’un partage efficace de l’information, les règles de et s’appuyer principalement sur des considérations
confidentialité de l’information et le mécanisme commerciales.
de coordination étroite des activités particulières
Enfin, le Groupe de travail recommande d’instituer
à l’assureur-dépôts.
un processus d’amélioration continue pour évaluer
Les décideurs devraient s’intéresser ensuite aux la mesure dans laquelle le régime d’assurance-
questions d’adhésion au régime et de couverture. dépôts atteint ses objectifs. Un pays pourra ainsi
L’admissibilité devrait faire l’objet de règles expli- s’assurer que son régime cadre en permanence avec
cites et transparentes, et la participation au régime la conjoncture socio-économique et les enseigne-
devrait en général être obligatoire. Au moment de ments tirés de l’expérience, et qu’il sera mieux à
déterminer l’étendue et les plafonds de la protection même de composer avec l’évolution des défis.
offerte, les décideurs devraient examiner l’impor-
tance relative de différents instruments de dépôt
par rapport aux objectifs de politique générale

3
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
II Introduction
Introduction
C réé en 1999, le Forum pour la stabilité financière (FSF) a pour
mission de contribuer à la stabilité financière à l’échelle internationale, d’améliorer
le fonctionnement des marchés et de réduire le risque systémique. Reconnaissant le rôle
de plus en plus important et bénéfique que l’assurance-dépôts joue au sein du filet de
sécurité financier, le FSF a créé le Groupe d’étude sur l’assurance-dépôts qu’il a chargé
d’évaluer la nécessité et la faisabilité de lignes d’orientation internationales en matière
d’assurance-dépôts. Le Groupe d’étude a présenté son rapport au FSF en mars 2000.
Pour donner suite aux conclusions de ce rapport, le FSF a invité M. Jean Pierre Sabourin,
président et chef de la direction de la Société d’assurance-dépôts du Canada, à constituer
le Groupe de travail sur l’assurance-dépôts (le Groupe de travail) en vue d’élaborer
des lignes d’orientation en la matière dans le cadre d’un rapport final qui serait
présenté au FSF au plus tard en septembre 2001.1

Le Groupe de travail a reçu pour mandat d’établir des de travail ont rencontré plus de 400 personnes
lignes d’orientation en matière d’assurance-dépôts provenant d’une centaine de pays, et celles-ci ont
à l’intention des pays qui envisagent d’instaurer un été tenues pleinement informées sur les diverses
régime d’assurance-dépôts ou de réformer le régime questions traitées dans les lignes d’orientation.
en place. Le mandat précisait que l’élaboration des
lignes d’orientation devait faire appel à un processus Le présent rapport se divise en sept sections. Les
de consultation auprès des pays s’intéressant à sections I et II constituent respectivement la syn-
l’assurance-dépôts, de sorte qu’elles tiennent compte thèse et l’introduction du rapport. La section III
du plus vaste ensemble de circonstances et de analyse les questions contextuelles relatives aux
structures et qu’elles puissent s’y adapter. formules de protection offerte aux déposants. La
section IV définit les questions et processus dont
Tout au long de son mandat, le Groupe de travail il faut obligatoirement tenir compte au moment
s’est engagé dans une vaste gamme d’activités : d’instaurer ou de réformer un régime d’assurance-
la publication d’une série de plans d’activités et de dépôts. La section V décrit les particularités tech-
documents de travail portant sur des questions niques d’un régime qui contribuent à son efficacité
déterminées2, l’organisation de séances d’informa- et à sa crédibilité. La section VI présente les questions
tion, de séminaires et de conférences, l’utilisation et facteurs clés qui sont liés aux différentes méthodes
d’un site Web pour échanger réflexions et connais- de règlement, au remboursement des déposants et
sances ainsi que la production du présent rapport. aux réclamations et recouvrements. Quant à la
Les documents de travail traitent des questions qui section VII, elle résume les lignes d’orientation.
revêtent une importance capitale dans l’établisse-
ment d’un régime d’assurance-dépôts explicite à
couverture limitée ou dans la réforme d’un régime
de ce genre déjà en place. Les membres du Groupe

6
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
III Questions contextuelles
Questions contextuelles
relatives aux
relatives aux régimes
régimes
d’assurance-dépôts
d’assurance-dépôts

1 Rôle du secteur bancaire et du filet de sécurité financier . . . . . . . 8

2 Formules de protection des déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

3 Aléa moral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
L a présente section examine les questions dont les décideurs
devraient tenir compte au moment d’adopter ou de réformer un régime d’assurance-
dépôts. Le premier volet porte sur le rôle du secteur bancaire et du filet de sécurité
financier. Le second examine les formules de protection des déposants qui sont mises
en place dans différents pays. Le dernier s’intéresse aux mesures que les intervenants
dans la stabilité financière peuvent prendre pour atténuer l’aléa moral.

directement au contexte global du pays. Dans cer-


1 tains pays, par exemple, toutes les fonctions du
filet de sécurité financier sont attribuées à la banque
Rôle du secteur bancaire et centrale, tandis que, dans d’autres, la respons-
du filet de sécurité financier abilité des diverses fonctions est répartie entre des
entités distinctes.
Les institutions financières qui acceptent des dépôts
du public (désignées ci-après « banques ») jouent
une action importante sur la scène économique :
elles participent au système de paiements, elles
servent d’intermédiaires entre les déposants et les
emprunteurs, elles font fonction d’agents de trans-
2
mission de politique monétaire. Pour les banques,
Formules de protection des
prendre et accepter des risques sont des activités déposants
inhérentes à leur secteur. Les banques sont, par
nature, vulnérables aux problèmes de liquidités et Les décideurs ont le choix entre plusieurs formules
de solvabilité, entre autres, parce qu’elles transfor- de protection des déposants. Certains pays offrent
ment les dépôts liquides à court terme en prêts et une protection implicite qui transparaît lorsque le
placements de seconde liquidité à long terme. Elles public, dont les déposants et peut-être aussi les
consentent des prêts à une grande variété d’emprun- autres créanciers, s’attend à recevoir une certaine
teurs dont le profil des risques n’est pas toujours forme de protection contre une faillite bancaire.
facilement reconnaissable. En général, cette attente procède d’une pratique
antérieure du gouvernement ou d’une déclaration
Trois facteurs clés amènent les pays à établir des filets des autorités concernées. Par définition, la protec-
de sécurité financiers : l’importance des banques tion implicite n’est jamais spécifiée officiellement.
au sein de l’économie, le danger que courent les Aucune règle légale ne régit l’admissibilité du passif
déposants de subir des pertes par suite d’une fail- des banques, les plafonds de la protection offerte et
lite bancaire, la nécessité d’atténuer les risques de la méthode de remboursement. Par nature, la pro-
contagion. Un filet de sécurité financier est générale- tection implicite laisse planer l’incertitude quant
ment composé de cadres de réglementation et de au traitement à accorder aux déposants, créanciers
surveillance prudentielles, d’un prêteur de dernier et autres intéressés dans les cas de faillite bancaire.
recours et d’un mécanisme d’assurance-dépôts. La Le financement est discrétionnaire et dépend sou-
répartition des pouvoirs et responsabilités entre les vent de la capacité du gouvernement à se procurer
divers intervenants dans la stabilité financière est des fonds publics. Bien que l’incertitude puisse,
une question de politique générale qui se rattache dans une certaine mesure, amener des déposants à

8
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
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Questions contextuelles relatives aux régimes d’assurance-dépôts

resserrer leur surveillance des banques, elle peut l’« aléa moral » se pose lorsque les banques ou les
déstabiliser le système lorsque les faillites bancaires bénéficiaires de la protection sont incités à prendre
se produisent. des risques exagérés. Ce comportement peut se
manifester, par exemple, lorsque les déposants et
En général, un régime d’assurance-dépôts est les autres créanciers sont protégés, ou pensent qu’ils
expressément constitué en vertu de dispositions le sont, contre les pertes ou bien lorsqu’ils croient
législatives ou d’autres instruments juridiques, et que les autorités interviendront pour empêcher toute
s’accompagne de règles régissant les limites de faillite bancaire. Dans ces cas, les déposants se sentent
protection, les types d’instruments couverts, les moins incités à obtenir l’information nécessaire
méthodes de calcul des réclamations faites par les pour exercer une surveillance des banques. Par
déposants, le mode de financement et d’autres conséquent, en l’absence de prescriptions régle-
questions connexes. Un régime d’assurance-dépôts mentaires ou d’autres restrictions, les banques
est préférable à un mécanisme de protection fragiles peuvent attirer des dépôts pour financer des
implicite dans la mesure où il définit clairement les entreprises à risque élevé à un coût inférieur à ce
obligations faites aux autorités envers les déposants qu’elles paieraient normalement.
et où il limite la portée des décisions discrétionnaires
qui peuvent donner lieu à des actions arbitraires. Pour atténuer l’aléa moral, on peut recourir à
Un régime d’assurance-dépôts peut aussi servir diverses incitations propres à favoriser un bon
de mécanisme de règlement ordonné des faillites gouvernement d’entreprise et une saine gestion des
bancaires. risques au sein d’une banque, une discipline de
marché efficace et de solides cadres de réglementa-
L’instauration d’un régime d’assurance-dépôts tion et de surveillance prudentielles et d’application
pourra produire des résultats plus positifs dans un des lois. Ces éléments impliquent des compromis
pays doté d’un système bancaire sain. Le régime et produisent de meilleurs résultats lorsque leur
d’assurance-dépôts, intégré à un filet de sécurité action est conjuguée.
financier bien conçu, peut accroître réellement la
stabilité du système financier d’un pays. Pour en Un bon gouvernement d’entreprise et une saine
garantir la crédibilité, un tel régime doit être conçu gestion des risques au sein d’une banque contribuent
et mis en œuvre adéquatement, et être bien compris à harmoniser les stratégies d’entreprise avec des
du public. Il doit aussi reposer sur de solides cadres activités sûres et solides, et peuvent ainsi constituer
de réglementation et de surveillance prudentielles, les premiers moyens de défense contre une prise de
un système comptable et un régime d’information risques excessifs. Un bon gouvernement d’entre-
sains et un mécanisme d’application de lois efficaces. prise et une saine gestion des risques intègrent des
Le régime d’assurance-dépôts peut s’attaquer à un normes, processus et systèmes visant à assurer une
nombre limité de faillites bancaires simultanées, direction et une surveillance efficaces de la part
mais il n’est pas destiné à résoudre tout seul une des administrateurs et des cadres supérieurs, des
crise bancaire systémique. contrôles et des vérifications internes adéquats,
des pratiques de gestion des risques, l’évaluation du
rendement de la banque, l’harmonisation du régime

3 de rémunération avec les objectifs commerciaux


de la banque ainsi que des pratiques de gestion du
Aléa moral capital et des liquidités.

Un filet de sécurité financier bien conçu est censé L’aléa moral peut être réduit grâce à la discipline
contribuer à la stabilité d’un système financier, de marché qu’exercent les actionnaires ainsi que les
bien qu’il puisse, s’il est mal aménagé, accroître les créanciers et les déposants importants qui sont
risques, notamment l’aléa moral. Le problème de susceptibles de subir des pertes par suite d’une

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Questions contextuelles relatives aux régimes d’assurance-dépôts

faillite bancaire. Pour préserver une bonne discipline banques en difficulté et se montrer disposé à intenter
de marché, toutefois, ces différents groupes doivent des poursuites, lorsque les circonstances le justifient,
posséder les connaissances nécessaires pour évaluer contre les administrateurs et d’autres parties en
les risques auxquels ils sont exposés. L’information cas d’irrégularité.
utile devrait être facilement accessible et être
généralement comprise par le public. Un système Bon nombre des méthodes de réduction de l’aléa
comptable et un régime d’information solides moral ne sont applicables que dans un contexte
doivent être mis en place, et la santé de chaque particulier. Par exemple, il peut être difficile de
banque doit susciter en permanence l’attention concevoir et de mettre en œuvre un barème de
des agences d’évaluation du crédit, des analystes de primes différentielles ou fondées sur le risque au
marché, des commentateurs financiers et d’autres sein d’un nouveau régime et dans une économie
spécialistes. émergente ou en transition. Les autorités de sur-
veillance et l’assureur-dépôts ne peuvent recourir à
Les pays sont nombreux à recourir largement à la l’intervention précoce, aux mesures de redresse-
discipline exercée par les autorités de réglementa- ment rapide et, s’il le faut, à la fermeture d’une
tion et de surveillance prudentielles pour réduire banque que s’ils sont investis de l’autorisation
l’aléa moral et contrôler la prise de risques excessifs. légale nécessaire, ont accès à toute l’information
La réglementation est une discipline qui peut utile sur le profil de risque de la banque, disposent
s’exercer par des règlements justes et applicables sur des ressources financières suffisantes et sont
la constitution des nouvelles banques, des normes incités à prendre des mesures efficaces. Imposer
minimales de fonds propres, les compétences des aux propriétaires, administrateurs et gestionnaires
administrateurs et des gestionnaires, des pratiques de la banque l’obligation d’assumer une respons-
commerciales saines, des critères d’aptitude imposés abilité personnelle et prévoir des sanctions peuvent
aux actionnaires contrôlants, des normes de gestion renforcer les incitations à réfréner la prise de
des risques, des contrôles internes solides et des risques excessifs. Pour qu’elles soient efficaces,
vérifications externes. Quant à la surveillance, cette toutefois, ces mesures doivent pouvoir s’appuyer
discipline peut s’exercer de façon à s’assurer de sur un système judiciaire qui permette d’intenter
la solidité, de la fiabilité et de la conformité des des poursuites, en cas d’actions répréhensibles.
banques et à garantir la prise de mesures correctrices
dès que le problème apparaît, y compris, s’il le faut, Les décideurs devraient examiner les circonstances
la fermeture d’une banque. et les facteurs susceptibles d’influer sur l’efficacité
de mesures particulières destinées à atténuer l’aléa
Il est possible de réduire l’aléa moral en intégrant au
moral, sur la résolution et la capacité à les mettre
régime d’assurance-dépôts certaines particularités
en œuvre, et sur la progression d’un programme de
techniques : par exemple, imposer des limites de
réforme visant à combler les lacunes qui peuvent
couverture, exclure certaines catégories de déposants
nuire à l’efficacité de ces mesures.
de la protection offerte, mettre en place des mécan-
ismes de coassurance, établir un barème de primes
différentielles ou fondées sur le risque, minimiser
les risques de perte par la fermeture rapide des

10
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
IV Mise en
Mise en place
place et
et maintien
maintien d’un
régime d’assurance-dépôts
régime d’assurance-dépôts
d’un

1 Objectifs de politique générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

2 Analyse de la situation et considérations sur la mise en œuvre . . 13


(a) Facteurs économiques, condition et structure du système bancaire,
attitudes et attentes du public . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
(b) Condition du régime légal, des cadres de réglementation et de
surveillance prudentielles, du système comptable et du régime
d’information . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

3 Passage d’un régime de protection globale à un régime


d’assurance-dépôts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

4 Processus d’auto-évaluation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
L a présente section porte sur les questions de politique générale et
les processus connexes qui doivent être pris en compte au moment d’adopter ou de
réformer un régime d’assurance-dépôts. On s’intéressera d’abord aux objectifs de politique
générale d’un régime d’assurance-dépôts. Ensuite, on examinera de près l’analyse de la
situation qu’il est recommandé aux décideurs d’effectuer pour orienter leur démarche.
Puis on se penchera sur un certain nombre de questions particulières au passage
d’un régime de protection globale à un régime d’assurance-dépôts. La dernière
partie est consacrée à un processus itératif d’auto-évaluation en six étapes.

régime à favoriser la stabilité du système financier.


1 La crédibilité et l’efficacité du régime sont large-
ment subordonnées aux attitudes et aux attentes
Objectifs de politique du public.
générale L’assurance-dépôts protège les déposants assurés
La conception d’un régime d’assurance-dépôts contre les répercussions d’une faillite bancaire, mais
consiste dans un premier temps à formuler les elle n’est pas destinée à protéger les banques contre
objectifs de politique générale à atteindre de façon la faillite. Elle libère les déposants assurés des tâches
qu’ils soient bien compris. Les régimes d’assurance- difficiles que constituent la surveillance et l’évalu-
dépôts ont pour objectifs principaux de favoriser ation de la situation des banques et de la qualité de
la stabilité du système financier et de protéger les leurs actifs. L’assurance-dépôts contribue dans un
dépôts des petits épargnants. Bien qu’il appartienne même temps à préserver la confiance du public, de
à l’État de définir ces objectifs, le secteur privé peut sorte que les petits épargnants ou bien les déposants
certes contribuer à leur réalisation. La méthode qui ont de la difficulté à évaluer la situation finan-
d’exploitation d’un régime d’assurance-dépôts varie cière d’une banque soient moins susceptibles de
suivant une multitude de facteurs qui sont propres retirer inopinément leurs dépôts.
à chaque pays et aux systèmes gouvernemental et
Il est essentiel d’établir un processus d’amélioration
financier de celui-ci.
continue qui serve à déterminer dans quelle mesure
Le régime d’assurance-dépôts bien conçu et bien le régime d’assurance-dépôts atteint ses objectifs et
compris contribue à la stabilité du système financier exécute son mandat. De plus, il serait utile de revoir
d’un pays en préservant la confiance du public et, périodiquement le mandat, les pouvoirs et les
de ce fait, en le dissuadant de retirer ses dépôts composantes du régime afin d’en évaluer le carac-
assurés des banques. Il incombe aux décideurs de tère adéquat. Les pays peuvent ainsi s’assurer que
faire en sorte que les autorités et le public tiennent leur mécanisme d’assurance-dépôts cadre en per-
toutes les composantes du régime pour crédibles. manence avec la conjoncture socio-économique et
L’étendue et les plafonds de la protection offerte, les enseignements tirés de l’expérience, et que les
le délai de remboursement des dépôts assurés et intervenants dans la stabilité financière sont mieux
la crédibilité de la garantie sous-jacente sont à même de composer avec les défis éventuels.
autant de facteurs qui influeront sur la capacité du

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Mise en place et maintien d’un régime d’assurance-dépôts

2
crédit et des risques, ainsi que de l’importance de
tous les problèmes constatés. En tel cas, il faudrait
déterminer si ces problèmes se limitent à certaines
Analyse de la situation et banques ou s’ils sont systémiques de nature.
considérations sur la mise Il conviendrait également d’analyser la structure
en œuvre du système bancaire, étant donné que la conception
d’un régime d’assurance-dépôts est fonction du
En corrélation avec la formulation des objectifs nombre et du type de banques ainsi que de leurs
de politique générale, les décideurs devraient caractéristiques. Les décideurs peuvent également
procéder à une analyse de la situation pour orienter être appelés à examiner la compétitivité, la concen-
le processus décisionnel. Divers facteurs et conditions tration et le degré de participation et d’influence
devraient être pris en considération, entre autres, de l’État. La concentration revêt de plus en plus
le niveau d’activité économique, les politiques d’importance pour les régimes d’assurance-dépôts,
monétaire et budgétaire en vigueur, la condition et compte tenu de la mondialisation des marchés
la structure du système bancaire, les attitudes et financiers et de la consolidation du secteur financier.
les attentes du public, le cadre légal, les cadres de Dans un système concentré, par exemple, il peut
réglementation et de surveillance prudentielles, le être difficile pour un régime d’assurance-dépôts de
système comptable et le régime d’information. composer avec la faillite d’une grande banque
Dans le cas où les conditions et facteurs ne sont pas pourvue d’une organisation complexe ou encore de
idéals, il importe de cerner les écarts qui existent pourvoir aux engagements d’une telle institution.
et d’évaluer en profondeur les options possibles,
puisque l’établissement d’un régime d’assurance- Lorsque les décisions en matière de crédit et d’affec-
dépôts n’est pas un remède contre les déficiences tation des ressources sont prises essentiellement
majeures. Si des mesures s’imposent, elles peuvent par l’État, ce dernier est considéré comme respon-
être prises avant l’adoption ou la réforme du régime sable des résultats de ces opérations. Dans un tel
ou bien simultanément. régime on estime généralement que les dépôts
sont totalement garantis par l’État.
a) Facteurs économiques, condition et
structure du système bancaire, Il est conseillé de procéder à une analyse des atti-
attitudes et attentes du public tudes et des attentes du public avant d’adopter ou de
réformer un régime d’assurance-dépôts. Il faudra
Il est plus difficile d’établir un régime d’assurance- s’occuper de sensibiliser davantage le public si
dépôts lorsque les questions fondamentales touchant des lacunes importantes sont constatées entre les
à la stabilité du système financier n’ont pas été attentes et le régime ou la réforme envisagés.
examinées. Les décideurs devraient procéder à une L’information du public contribue de façon notable
analyse de certains facteurs et circonstances tels à accroître la crédibilité et l’efficacité d’un régime
que le niveau d’activité économique, les politiques d’assurance-dépôts.
monétaire et budgétaire en vigueur, l’inflation et
les conditions des marchés financiers. Ces facteurs, b) Condition du régime légal, des cadres
qui exercent une action sur le système bancaire, de réglementation et de surveillance
influeront sur l’efficacité du régime d’assurance-
prudentielles, du système comptable et
dépôts. Une analyse de la situation implique égale-
du régime d’information
ment une évaluation de la solidité du système
bancaire et, tout particulièrement, de la qualité des Il est important que les décideurs évaluent la
politiques et pratiques que les banques adoptent condition du régime légal, des cadres de réglemen-
en matière de gestion du capital, des liquidités, du tation et de surveillance prudentielles, du système

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Mise en place et maintien d’un régime d’assurance-dépôts

comptable et du régime d’information. Plus ces et probantes de l’information, y compris l’évalua-


structures sont robustes, plus les approches con- tion de l’actif, la mesure des engagements de crédit,
ceptuelles offertes aux décideurs sont variées. le provisionnement des pertes sur prêts, la mesure
des prêts non productifs, l’enregistrement des
Il est absolument essentiel qu’un régime légal pertes non réalisées, les engagements hors bilan,
sain soit habilité à exécuter les lois. Un régime l’adéquation des fonds propres ainsi que les bénéfices
d’assurance-dépôts ne saurait être efficace en et la rentabilité de la banque. Dans bon nombre de
l’absence de lois pertinentes ou d’un régime légal pays, l’adoption de normes et de pratiques compt-
cohérent. L’analyse de la situation devrait s’intéresser ables saines et prudentes ainsi que de méthodes
au premier chef à l’étendue des pouvoirs d’exécution, de vérification de la conformité aux principes et
à la qualité de l’appareil judiciaire et à l’efficacité règles comptables généralement acceptés favorise
des procédures de recours dont disposent les le resserrement de la discipline de marché.
créanciers. Elle devrait tenir compte également des
facteurs suivants : la capacité du régime légal à Un régime d’information exhaustif accroît aussi
soutenir les interventions précoces et les mesures l’efficacité d’un régime d’assurance-dépôts dans la
de redressement rapides, la capacité de fermer mesure où les banques sont tenues de produire des
rapidement les banques en difficulté et les procédures renseignements financiers opportuns, détaillés et
de liquidation transparente et ordonnée des actifs utiles qui permettent aux intervenants du marché
et de règlement des réclamations des créanciers. d’évaluer le rendement d’une banque.

L’efficacité d’un régime d’assurance-dépôts est


également subordonnée à la solidité des cadres de
réglementation et de surveillance prudentielles.
Seules les banques viables devraient pouvoir fonc-
3
tionner à l’intérieur de ces cadres vigoureux. Les Passage d’un régime de
banques devraient être dotées de tous les capitaux protection globale à un
adéquats et adopter des pratiques saines et pru- régime d’assurance-dépôts
dentes en matière de gestion des risques, de régie et
d’autres activités. Parmi les autres caractéristiques Certains pays ont instauré un régime à garantie
importantes, mentionnons un régime efficace de globale explicite durant une crise financière afin de
délivrance des permis ou des chartes aux nouvelles protéger pleinement tous les déposants et créanciers.
banques, la conduite d’examens périodiques et Une telle protection peut s’avérer inévitable dans les
exhaustifs et l’évaluation du profil de risque de situations financières extrêmement difficiles où il
chaque banque. importe de préserver la confiance dans le système
bancaire, tant au pays qu’à l’étranger. Toutefois,
L’implantation de solides systèmes de comptabilité la protection globale, si elle maintenue trop long-
et de communication financière est indispensable temps, peut avoir des conséquences défavorables,
à l’efficacité d’un régime d’assurance-dépôts. notamment un accroissement de l’aléa moral.
L’information exacte, fiable et opportune produite Dans le cas où un pays décide de passer d’un régime
par ces systèmes peut servir aux gestionnaires, de protection globale à un régime d’assurance-
aux déposants, aux intervenants du marché et aux dépôts, la durée de la transition devrait être adaptée
autorités à prendre des décisions au sujet du profil au contexte global du pays.
de risque d’une banque, accroissant ainsi la disci-
pline de marché et la discipline exercée par les Le pays envisageant de passer d’un régime de
autorités de réglementation et de surveillance. Un protection globale à un régime d’assurance-dépôts
système comptable sain réunit les caractéristiques devrait procéder au même type d’analyse de la
fondamentales suivantes : des évaluations exactes situation que le pays en voie de remplacer un

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Mise en place et maintien d’un régime d’assurance-dépôts

régime de protection implicite. De plus, les pays en directeurs des banques d’être formés dans un envi-
voie de remplacer un régime de protection globale ronnement de gestion des risques et donne aux
devront examiner trois questions particulières. déposants le temps de s’acclimater au nouveau
régime. L’un des principaux inconvénients qui en
La première question — susceptible de devenir une résulte, toutefois, c’est le fait que la période de
préoccupation publique — découle du fait que la transition, jugée trop longue par certains, suscite
protection des déposants et des autres créanciers chez les déposants et les créanciers des doutes quant
se trouve réduite. C’est pourquoi les décideurs à la volonté du gouvernement de supprimer la
devraient porter une attention particulière aux protection globale. Entre outre, plus la protection
attitudes et aux attentes du public. Qui plus est, les globale demeure en place, plus elle est susceptible
pays exposés à une forte mobilité des capitaux d’intensifier l’aléa moral.
et/ou dotés d’une politique d’intégration régionale
devraient être attentifs aux effets de divers niveaux
de protection offerts par différents pays et d’autres
politiques connexes.
4
La deuxième question à laquelle les décideurs Processus d’auto-évaluation
devraient s’intéresser réside dans la capacité du
système bancaire à financer un nouveau régime Le Groupe de travail a recommandé au cours de
d’assurance-dépôts. Quant à la troisième question, ses séances d’information que les décideurs aient
il s’agit de la durée de la transition. Dans certains recours à un processus d’auto-évaluation itératif
pays, la transition accélérée a été menée avec pour concevoir, mettre en œuvre, modifier et évaluer
succès dès la fin de la crise. Ce sont des pays qui continuellement un régime d’assurance-dépôts.
ont vite rétabli la santé de leur système bancaire et Le processus en six étapes décrit ci-après permet
qui étaient déjà pourvus de solides cadres de régle- aux décideurs d’amorcer leur démarche au moyen
mentation et de surveillance prudentielles, d’un de principes généraux, puis de modifier au besoin
cadre légal efficace et d’un système comptable et d’un les particularités techniques qui répondent aux
régime d’information sains. Lorsqu’ils adoptent besoins précis de leur pays.
l’approche accélérée, les décideurs devraient prévoir
une période d’instauration progressive, entre
autres, pour continuer de protéger les dépôts dont
l’échéance s’étend au delà de la date d’expiration
d’une protection globale.

Dans d’autres pays, la mise en œuvre d’un régime de


protection globale s’est intégrée à un programme
global de restructuration des banques en période
d’accalmie, qui avait pour objectif d’améliorer les
cadres de réglementation et de surveillance pru-
dentielles, le régime légal, le système comptable et
le régime d’information. Cette stratégie influe tant
sur la période pendant laquelle la protection globale
doit être maintenue que sur la durée de la transition.
La suppression graduelle de la protection globale
permet aux banques de s’adapter aux nouvelles
normes prudentielles. Elle permet également aux

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Mise en place et maintien d’un régime d’assurance-dépôts

Figure 1 : (Processus d’auto-évaluation)

Étape 2 Étape 4
Analyse de situation Planification stratégique

Étape 3
Validation Étape 1
Objectifs de
politiques générale

Étape 5
Mise en œuvre

Étape 6
Processus continu d’évaluation et de validation

1. Définition des objectifs de politique générale. L’analyse Le passage d’un régime de protection globale à un régime
consiste dans un premier temps à formuler les objectifs de à couverture limitée implique nécessairement de prendre
politique générale précis à atteindre. Cet exercice évalue les les précautions utiles pour éviter de causer toute perturba-
composantes de la conjoncture globale au sein de laquelle tion au système bancaire. Les décideurs doivent disposer
évolue le pays concerné. L’énoncé de principe explique le de plans d’urgence pour parer à toutes les conditions
mandat et le rôle que l’assureur-dépôts devra exercer au sein défavorables. Il est crucial de faire comprendre au public la
du filet de sécurité financier et expose les caractéristiques logique des changements prévus et les délais d’exécution.
fondamentales et les éléments importants du régime.
5. Mise en œuvre et acceptation. La mise en œuvre et les autres
2. Analyse de la situation des composantes de la conjoncture changements nécessaires doivent s’appuyer sur des disposi-
globale. La deuxième étape consiste à examiner les fac- tifs de suivi des progrès et d’identification des améliorations
teurs économiques, les politiques monétaire et budgétaire utiles à apporter. Il s’agit à cette étape de rendre le régime
en vigueur, la condition et la structure du système bancaire, opérationnel et de s’occuper des questions liées à la transition.
les attitudes et attentes du public, la qualité du régime Il faudra, par exemple, mettre en place le gouvernement
légal, des cadres de réglementation et de surveillance d’entreprise adéquat (l’organe directeur, la haute direction,
prudentielles, du système comptable et du régime d’infor- les contrôles internes et la structure de responsabilisation).
mation. L’analyse expose les points forts et les points Il faudra aussi régler au début les questions de budgétisation,
faibles du système, cerne les avantages et les risques parti- de financement et d’accès à l’information, y compris les
culiers à celui-ci, puis précise les changements qu’il serait modalités de partage de l’information.
souhaitable d’apporter pour la mise en place d’un régime
6. Processus continu d’évaluation et de validation. Il faudra
d’assurance-dépôts.
procéder à une évaluation et à une validation continues
3. Validation. On procède à l’examen et à la validation des pour assurer l’efficacité du régime d’assurance-dépôts
objectifs de politique générale proposés, des caractéris- et, au besoin, apporter les changements nécessaires. Ce
tiques fondamentales et des éléments importants. S’il y a processus d’amélioration continue devra intégrer les nou-
lieu, les changements nécessaires sont apportés. velles réalités du système financier et les enseignements
tirés tant dans le pays qu’à l’étranger. Le régime d’assurance-
4. Planification stratégique. La validation est suivie de la plan-
dépôts devra être passé en revue en temps utile. Les analyses
ification stratégique. Le plan élaboré présente les objectifs
comparatives réalisées à l’aide de principes de base, de lignes
à atteindre et leur degré de priorité, le calendrier de mise
de conduite et de pratiques exemplaires soutiendront le
en œuvre, les chemins critiques, les stratégies de commu-
processus d’amélioration continue.
nication et les processus de consultation. Le plan détaille
les méthodes utilisées pour rendre le régime d’assurance-
dépôts opérationnel et énonce les modalités de la transition.

16
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
V Conception et
Conception et structure
structure

1 Mandat, pouvoirs et structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18


(a) Mandat et pouvoirs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
(b) Cadre de fonctionnement et questions d’ordre opérationnel . . . . . . . . . . . 19
(c) Gouvernement d’entreprise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
(d) Ressources humaines et immunité légale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

2 Rapports entre les divers intervenants dans la stabilité


financière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

3 Adhésion au régime et couverture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21


(a) Adhésion au régime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
(b) Couverture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

4 Financement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
(a) Financement ex ante ou ex post . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
(b) Établissement en taille d’une caisse d’assurance-dépôts . . . . . . . . . . . . . 26
(c) Régime de primes uniformes ou régimes de primes différentielles
indexées sur le risque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

5 Information du public . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
L a présente section porte sur les particularités techniques et la
structure d’un régime d’assurance-dépôts. Une fois l’analyse de la situation complétée
dans le cadre du processus d’auto-évaluation, les décideurs devraient s’intéresser aux
questions concernant le mandat, les pouvoirs et la structure du régime d’assurance-dépôts.
Compte tenu de l’interdépendance du régime et des autres fonctions du filet de sécurité
financier, il est essentiel d’examiner les relations qui existent entre les divers intervenants
dans la stabilité financière. Ce n’est qu’après avoir étudié ces questions que l’on se
penchera sur les particularités techniques telles que l’adhésion au régime, la couverture,
le mode de financement et l’information du public. La dernière partie de la
présente section traite des opérations transfrontière.

1
de surveillance prudentielles et ne sont investis
d’aucun pouvoir d’intervention. Le régime de simple
indemnisation doit quand même détenir certains
Mandat, pouvoirs et pouvoirs appropriés et avoir accès à l’information
structure relative aux dépôts et aux sources de financement
adéquates afin de procéder efficacement et en temps
a) Mandat et pouvoirs utile au remboursement des déposants en cas de
faillite bancaire.
Un mandat est un ensemble de directives officielles
ou un énoncé de mission. Il n’existe pas de mandat L’assureur-dépôts chargé de minimiser les risques
unique ni d’ensemble de mandats qui soient appro- est investi d’un mandat relativement vaste et, par
priés à tous les assureurs-dépôts. On constate parmi conséquent, de pouvoirs plus étendus lui permettant,
les régimes implantés dans le monde un spectre entre autres, de contrôler l’adhésion au régime et
entier de formules qui varient du régime à vocation l’annulation des polices d’assurance, d’évaluer et de
étroite, comme le système de simple indemnisation gérer ses propres risques, de procéder ou de faire
(« paybox »), au régime investi de pouvoirs et de procéder à l’examen des activités des banques. Les
responsabilités plus vastes, comme celui qui est régimes de ce genre peuvent être également habilités
chargé de minimiser les risques. Une grande variété à fournir une aide financière aux banques défail-
de combinaisons s’intercale entre ces deux pôles. lantes de sorte à minimiser les risques de perte pour
Quel que soit le mandat privilégié, il importe de le l’assureur-dépôts. Certains régimes chargés de la
faire cadrer avec les objectifs définis et les pouvoirs minimisation des risques détiennent le pouvoir
et responsabilités confiés à l’assureur-dépôts. d’établir des règlements, d’exécuter la loi et de
procéder au règlement des faillites.
En règle générale, les systèmes de simple indemni-
sation se bornent avant tout à rembourser les dépôts Définir expressément le mandat d’un assureur-
assurés d’une banque qui a été fermée. C’est dépôts (dans un texte de loi, un énoncé de principe
pourquoi ils ne sont normalement pas chargés de officiel, une entente ou un contrat particulier)
responsabilités en matière de réglementation et permet de clarifier le rôle de l’assurance-dépôts au

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sein du filet de sécurité financier. La clarté du accordé à ce dernier par rapport aux autres organ-
mandat renforce la stabilité du système financier, ismes qui jouent un rôle au sein du filet de sécurité
favorise un bon gouvernement d’entreprise et accroît financier.
la responsabilisation.
L’organe directeur du régime d’assurance-dépôts
De manière générale, l’assureur-dépôts devrait devrait regrouper des personnes dotées des connais-
détenir tous les pouvoirs nécessaires à l’exercice de sances utiles, qui comprennent bien les activités de
son mandat. Tous les assureurs-dépôts doivent être l’organisme et son cadre de fonctionnement et qui
habilités à passer des contrats, à établir les exigences sont investies de pouvoirs de décision. L’assureur-
utiles et à obtenir l’information exacte et opportune dépôts devrait pouvoir prendre en considération le
afin de pouvoir s’acquitter rapidement de leurs point de vue des autres intervenants dans la stabilité
responsabilités envers les déposants. financière et faire appel aux parties intéressées
avisées. Les membres de l’organe directeur et les
b) Cadre de fonctionnement et questions gestionnaires de l’assureur-dépôts devraient répondre
d’ordre opérationnel à des critères d’aptitude et être à l’abri des conflits
d’intérêts.
Quelle que soit l’étendue du mandat de l’assureur-
dépôts, un certain nombre de questions particulières Les systèmes et pratiques de régie devraient être
au cadre de fonctionnement et à l’exploitation du élaborés à partir de sains procédés de planification
régime doivent être prises en compte. Une des pre- stratégique et de gestion du risque ainsi que de
mières tâches à remplir consiste à déterminer si la contrôles internes et de systèmes de vérification
fonction d’assurance-dépôts devrait être confiée à efficaces. La structure, la surveillance et la responsa-
un organisme déjà en place ou s’il convient de créer bilisation de l’organe directeur devraient être trans-
une personne morale distincte. parents. Il est recommandé d’établir des règles qui
définissent le gouvernement d’entreprise.
Confier la fonction d’assurance-dépôts à une per-
sonne morale déjà établie (par exemple, ajouter un
d) Ressources humaines et
service à une banque centrale) permet à l’assureur-
immunité légale
dépôts de tirer avantage des ressources humaines
et des compétences que possède cet organisme. La capacité de recruter et de garder du personnel
Cette approche comporte toutefois des incon- qualifié représente un défi de taille pour la plupart
vénients, le principal étant les difficultés que ce des assureurs-dépôts. En fait, le manque de res-
grand organisme pourra avoir à séparer ses autres sources humaines spécialisées, aptes à s’attaquer aux
responsabilités et intérêts de ceux qui sont rattachés problèmes complexes et en mutation constante
à la fonction d’assurance-dépôts. Peu importe que qui accompagnent les situations de crise financière
l’assureur-dépôts soit un organisme distinct, il est a, dans certains cas, accru la facture acquittée par
primordial de délimiter clairement les respons- les gouvernements et les assureurs-dépôts.
abilités et obligations de rendre compte de chaque
fonction du filet de sécurité financier. L’assureur-dépôts peut mener diverses démarches
pour s’assurer de disposer du personnel qualifié dont
c) Gouvernement d’entreprise il a besoin pour atteindre ses objectifs opérationnels.
Il peut, entre autres, recourir à des ressources à
Le gouvernement d’entreprise d’un régime plein temps, compter sur les ressources des autres
d’assurance-dépôts peut revêtir diverses formes. intervenants dans la stabilité financière et faire
La formule retenue devrait correspondre au mandat appel à des fournisseurs de services.
de l’assureur-dépôts et au degré d’autonomie

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Il faudrait reconnaître l’importance de l’immunité réduire au minimum les exigences imposées aux
légale et accorder aux employés la protection juri- banques en matière de rapport, il est important
dique contre les poursuites en justice susceptibles de coordonner étroitement la collecte et le partage
de résulter des activités qu’ils ont exercées en toute des renseignements. Selon l’étendue de son mandat,
bonne foi. Le défaut d’accorder cette protection l’assureur-dépôts devra peut-être suppléer l’infor-
aux employés peut les dissuader d’exercer leurs mation obtenue des autorités de surveillance par
responsabilités avec la plus grande vigilance, parti- l’information recueillie directement auprès des
culièrement lorsque le mandat de l’assureur met banques.
l’accent sur la détection et l’intervention précoces
et la fermeture rapide des banques en difficulté. Les besoins en information de l’assureur-dépôts
varient considérablement suivant le mandat et les
pouvoirs dont il est investi. Tous les assureurs-dépôts
doivent disposer des renseignements utiles qui leur
2 permettent de rembourser les déposants lorsque
cela est nécessaire, y compris l’information sur le
Rapports entre les divers montant des dépôts assurés de tous les titulaires.
intervenants dans la stabilité Ils devraient avoir facilement accès à l’information
particulière aux portefeuilles de dépôts des banques,
financière y compris le montant des dépôts assurés et leur
Les décideurs devraient s’intéresser aux rapports total, de sorte que les besoins en ressources et en
entre l’assureur-dépôts et les autres intervenants financement puissent être planifiés en consé-
dans la stabilité financière ainsi qu’à la coordina- quence. Il pourra donc être nécessaire d’établir des
tion des activités des diverses parties. Il est essentiel lignes directrices pour que les banques tiennent et
d’établir un mécanisme de coordination étroite à conservent les registres appropriés.
l’intérieur des structures institutionnelles et un
L’assureur-dépôts chargé de minimiser les risques
mécanisme de partage de l’information entre les
doit obligatoirement avoir accès à des renseigne-
divers intervenants.
ments exacts et opportuns pour qu’il puisse évaluer
Dans le cas où un organisme unique remplit toutes la situation financière de chaque banque et du
les fonctions du filet de sécurité financier, le règle- secteur bancaire en général. Il doit aussi prévoir les
ment habile des difficultés qui peuvent porter difficultés financières de chaque banque et s’y
atteinte aux relations entre les divers services con- attaquer efficacement dès leur apparition. L’assureur-
cernés sera fonction de la clarté des mandats et de dépôts a également besoin de renseignements sur
l’équilibre du régime de responsabilisation. la valeur de l’actif d’une banque et sur le délai
Toutefois, lorsque les fonctions sont attribuées à d’exécution prévu du processus de liquidation,
des organismes distincts, les questions concernant puisque la valeur de l’actif d’une banque est en
le partage de l’information, la répartition des pou- partie fonction du temps nécessaire à sa liquidation.
voirs et responsabilités et la coordination des
interventions entre les différentes fonctions sont Bien qu’un réseau informel de partage de l’infor-
plus complexes et doivent être envisagées d’une mation et de coordination puisse bien fonctionner,
façon claire et explicite. il est nettement préférable d’établir des mécanismes
dans le cadre d’ententes explicites, étant donné la
L’organisme de surveillance est généralement la nature délicate de l’information bancaire et le besoin
première source d’information sur les banques. impérieux d’en préserver la confidentialité. La
Pour s’assurer que l’assureur-dépôts dispose de difficulté à perpétuer des voies de communication
l’information nécessaire, tout en cherchant à ouverte accentue l’utilité d’officialiser ces mécanismes

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par la voie de dispositions législatives, de protocoles Par contre, lorsque les déposants se préoccupent
d’entente, d’accords juridiques ou bien d’une com- moins de l’assurance-dépôts ou qu’ils ne savent pas
binaison de ces moyens. Ces mécanismes peuvent que cette protection est limitée à certaines banques,
également servir de structure de coordination pour les plus grandes d’entre elles peuvent choisir de s’y
l’ensemble des activités des divers intervenants soustraire. En outre, dans le cas d’un régime à partic-
dans la stabilité financière. Ces derniers devraient ipation libre, les banques solides peuvent renoncer
tous être assujettis à des règles de confidentialité. à y adhérer si le coût des faillites est élevé, ce qui
peut faire obstacle à la solvabilité et à l’efficacité du
régime d’assurance-dépôts.

3 (ii) Octroi du statut de membre aux banques


La question de l’attribution du statut de membre aux
Adhésion au régime et banques se présente dans deux types de circonstances
couverture qui pourront être envisagées dans des perspectives
différentes : lorsqu’un régime d’assurance-dépôts est
La présente sous-section porte sur des particularités
créé et lorsque le régime en place octroie le statut
techniques de l’assurance-dépôts, tels les critères
de membre aux nouvelles banques.
d’adhésion à un système d’assurance-dépôts, les
types d’instruments financiers devant être couverts Dans le cas de la création d’un régime d’assurance-
et les plafonds de la protection. Divers facteurs dépôts, les décideurs doivent réussir à minimiser les
devraient être pris en considération au moment de risques courus par l’assureur-dépôts tout en cher-
déterminer quelles institutions financières devraient chant à rassembler le plus d’adhérents possible. Ils
adhérer à un régime d’assurance-dépôts. Il importe disposent en général de deux options : l’octroi auto-
notamment de savoir si elles sont assujetties à de matique du statut de membre ou l’obligation pour
solides cadres de réglementation et de surveil- les banques de soumettre une demande d’adhésion.
lance prudentielles. L’admissibilité au régime
devrait être soumise à des règles explicites, et la L’octroi du statut de membre à toutes les banques
participation devrait être obligatoire. De plus, il est peut être la solution la plus simple à court terme.
essentiel de définir clairement dans un texte de loi Cependant, l’assureur-dépôts peut ensuite se trouver
ou dans un contrat particulier ce qui constitue un aux prises avec une difficulté particulière : devoir
dépôt assurable. accepter des banques qui présentent un risque fin-
ancier immédiat ou qui rendent d’une façon ou d’une
a) Adhésion au régime autre le régime d’assurance-dépôts vulnérable.

(i) Participation obligatoire L’autre solution à envisager serait d’obliger les


banques à soumettre une demande d’adhésion au
De façon générale, la participation au régime devrait
régime. Dans ce cas, l’assureur-dépôts dispose de
être obligatoire afin de prévenir l’antisélection.
la latitude nécessaire pour maîtriser les risques
Il peut arriver, toutefois, que les banques s’engagent
qu’il assume en établissant des critères d’adhésion.
fermement à souscrire à un régime de protection
Ce peut être aussi un moyen efficace pour intensifier
des dépôts et qu’elles souhaitent dans l’ensemble y
la conformité à des exigences et des normes pru-
participer sans qu’il soit nécessaire d’imposer une
dentielles. Il serait alors important d’exécuter un
obligation légale. Cette situation peut se produire
plan de transition adéquat qui définit les critères,
lorsque la sensibilisation des déposants à l’assurance-
le processus et le délai d’adhésion. Les critères
dépôts et l’intérêt qu’ils portent à la question incitent
devraient être transparents.
sérieusement les banques à adhérer à un régime.

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Diverses procédures d’attribution du statut de de créer des distorsions de concurrence parmi dif-
membre sont recensées parmi les régimes d’assur- férentes catégories d’institutions qui offrent des
ance-dépôts déjà établis. Dans certains pays, la produits semblables, la volonté de renforcer la
délivrance des licences ou des chartes aux nouvelles stabilité du système financier en comptant toutes
banques et l’octroi du statut d’adhérent au régime les institutions qui acceptent des dépôts ou des
sont des fonctions distinctes qui sont confiées à des produits assimilables à des dépôts, et le désir de sou-
intervenants différents dans la stabilité financière. mettre toutes ces institutions à une réglementation
Dans d’autres pays, les autorités compétentes au et une surveillance prudentielles.
sein du filet de sécurité approuvent conjointement
l’adhésion des nouveaux membres, ou encore l’adhé- De nombreux cas, toutefois, sont recensés où les
sion au régime est automatique au moment de institutions financières para-bancaires sont exclues
l’attribution de la charte ou de la licence d’une du régime. On invoque le plus souvent comme
banque. Quelle que soit la procédure retenue, il raisons que ces institutions n’influent peut-être pas
importe de mettre en place les mécanismes adéquats aussi directement que les banques sur la stabilité
pour s’assurer que les demandes d’adhésion sont financière d’un pays, qu’elles sont peut-être assujetties
traitées avec efficacité, dans les meilleurs délais, et que à des normes différentes de réglementation et de
les banques admissibles répondent à des normes surveillance et qu’elles sont soumises au contrôle
prudentielles et à des critères d’adhésion minimums. d’autorités de tutelle différentes. Les décideurs
peuvent alors choisir d’établir un mécanisme de
(iii) Banques étrangères protection distinct pour couvrir les dépôts des
institutions financières para-bancaires.
Bien que les principales institutions membres des
régimes d’assurance-dépôts soient habituellement
(v) Banques d’État
des banques de constitution nationale ou des banques
à charte, certains pays obligent les filiales et les suc- Du point de vue de l’assurance-dépôts, les banques
cursales de banques étrangères à adhérer également. d’État soulèvent des questions uniques. Elles béné-
Cette exigence s’appuie sur plusieurs arguments : ficient généralement d’une garantie implicite ou
la stabilité du système financier du pays, la capacité d’une garantie intégrale de l’État qui peut donner à
de fournir un minimum de protection à tous les penser que leur adhésion à un régime d’assurance-
déposants, l’idée que les banques étrangères, tirant dépôts est superflue. Il n’en demeure pas moins
avantage d’un système financier stable dans leur pays que plusieurs pays optent pour leur adhésion au
devraient, dans le cours normal de leurs activités régime pour diverses raisons, entre autres, faciliter
dans un pays hôte, adhérer au régime d’assurance- la privatisation, préserver l’équité concurrentielle
dépôts de ce dernier, le désir de minimiser la com- face aux banques du secteur privé en ce qui con-
pétitivité en plaçant les banques étrangères et les cerne le niveau de protection offerte et les primes
banques nationales sur un pied d’égalité, et la à verser, mettre en place un mécanisme qui soumet
diversification qu’entraîne l’ouverture de l’adhésion ces banques aux mêmes normes de réglementation et
au régime à d’autres banques et l’expansion de la de surveillance prudentielles que les autres banques,
base de financement. diversifier les risques auxquels s’expose l’assureur-
dépôts et élargir sa base de financement.
(iv) Institutions financières para-bancaires
Les décideurs adoptent différentes approches à b) Couverture
l’égard des institutions financières para-bancaires
(i) Étendue et plafonds
qui offrent des dépôts et des produits assimilables à
des dépôts. Parmi les motifs invoqués pour justifier Les décideurs devraient définir clairement dans
l’ouverture de l’adhésion du régime à des membres un texte de loi ou dans un contrat particulier ce
autres que les banques, on retrouve le désir d’éviter qui constitue un dépôt assurable. Pour ce faire, ils

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devraient évaluer l’importance relative de différents la protection limitée du fait qu’un déposant peut
instruments de dépôt, y compris des dépôts en facilement contourner la limite en ouvrant dans
monnaie étrangère et les dépôts de non-résidents, une même banque plusieurs comptes dont le total
par rapport aux objectifs de politique générale du est égal ou inférieur au plafond assuré. Fixer la
régime. Une fois que les dépôts utiles sont bien limite de protection uniquement en fonction du
choisis, on pourra déterminer les catégories de déposant permet à l’assureur d’éviter le piège,
dépôts et de déposants à exclure. mais cette formule suscite des besoins d’informa-
tion plus importants du fait que tous les comptes
Un grand nombre de régimes d’assurance-dépôts de dépôt appartenant au même titulaire doivent
excluent les dépôts dont les titulaires sont jugés être identifiés et regroupés pour l’application de
en mesure de vérifier la situation financière d’une l’assurance-dépôts.
banque et d’exercer une discipline de marché. Ce
sont, par exemple, les dépôts détenus par des banques, Les plafonds d’indemnisation peuvent être aussi
des organismes d’État ou des gestionnaires profes- appliqués pour chaque banque ou pour l’ensemble
sionnels de placements — tels les fonds communs des banques adhérentes. Il est possible que cette
de placement — et les dépôts détenus par des dernière formule aiguillonne la discipline de marché,
administrateurs et des agents de banque. Dans mais les déposants pourront être touchés par
certains cas, les dépôts dont les titulaires sont plusieurs faillites bancaires même s’ils ont cherché à
responsables de la santé financière d’une banque sont répartir leurs risques entre les banques adhérentes.
exclus de la catégorie des dépôts remboursables. La Cette méthode peut donc accroître les possibilités de
même règle s’applique parfois aux dépôts à rende- retraits massifs. L’application de l’assurance-dépôts
ment très élevé, ou bien le remboursement de ces à l’échelle de l’ensemble des banques adhérentes
dépôts peut être limité au principal dû, assorti implique de recueillir des données détaillées sur tous
d’un faible taux d’intérêt. Dans bon nombre de les titulaires de compte dans toutes les banques.
pays, le régime exclut les dépôts au porteur parce Cette formule de protection est extrêmement difficile
qu’il est difficile d’identifier le titulaire du compte à administrer et très coûteuse puisqu’elle nécessite,
et de faire respecter les limites de protection. en plus de la masse d’informations sur la propriété
des instruments de dépôt, un système regroupant
Une fois arrêtée la définition d’un dépôt assurable, les comptes des déposants de différentes banques
on peut fixer les plafonds de la protection. À cette lorsque celles-ci font faillite. Elle requiert égale-
fin, les décideurs pourront examiner les renseigne- ment que la limite de protection soit assortie d’un
ments pertinents, telles les données statistiques facteur temps, par exemple qu’elle soit applicable
répartissant selon leur taille les dépôts détenus par pour chaque année civile. Il faudrait en outre mettre
les banques, et ainsi disposer de valeurs de mesure en place un mécanisme de suivi des rembourse-
objectives, comme la fraction de dépôts couverts, ments consentis aux déposants pour déterminer le
pour déterminer si tel plafond de protection est moment où chaque déposant a atteint le seuil de
adéquat. Le niveau retenu, quel qu’il soit, doit être la protection offerte. Cette méthode est rarement
crédible, cadrer avec les autres particularités tech- retenue non seulement parce qu’elle est complexe,
niques du régime et répondre aux objectifs de mais aussi parce qu’elle risque d’ébranler la confiance
politique générale assignés à ce dernier. Les décideurs des déposants.
devraient examiner le rapport entre les plafonds
de la protection et l’aléa moral. Comme il est important de fixer judicieusement
les limites de protection et de contribuer à la sta-
Les plafonds d’indemnisation peuvent être fixés bilité du système financier tout en maintenant les
suivant différentes formules, les plus courantes étant exigences en matière d’information à un niveau
celles qui s’appliquent par dépôt ou par déposant. raisonnable, il est préférable d’adopter la formule
La formule par dépôt peut être incompatible avec « par déposant et par banque ».

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(ii) Coassurance les déposants les retiennent bien ; d’autre part, fixer
des plafonds adéquats qui permettent d’atteindre
La mise en application d’un mécanisme de coas-
les objectifs du régime. Ce problème est particulière-
surance, dans le cadre duquel seule une proportion
ment sérieux dans les pays aux prises avec un taux
convenue des dépôts est assurée, contribue à favoriser
d’inflation élevé.
la discipline de marché et à réduire quelque peu le
coût de l’assurance-dépôts. Dans les pays dotés d’un Les ajustements aux seuils de protection peuvent
régime à couverture limitée, les déposants devraient être apportés selon les besoins du moment ou
être sensibilisés au fait qu’ils peuvent subir des pertes de façon systématique, suivant une formule d’index-
si, en cas de faillite bancaire, le total de leurs dépôts ation automatique ou périodique. Il importe de
dépasse le seuil fixé. Un régime de coassurance déterminer avec soin la périodicité et les montants
incitera les déposants à être plus vigilants parce des ajustements indexés systématiquement. Il
qu’ils peuvent subir des pertes lorsque le total de faudrait éviter de réviser ces facteurs trop souvent
leurs dépôts est inférieur à la limite de protection. ou de fixer des chiffres non arrondis pour ne pas
Toutefois, même dans le cadre d’un régime de semer la confusion chez le public. Par contre, le
coassurance, les personnes dont le solde des dépôts régime d’assurance-dépôts pourrait ne pas réussir
est minime peuvent négliger d’exercer une disci- à atteindre ses objectifs de politique générale si les
pline de marché à cause du manque d’incitations seuils de protection étaient peu souvent ajustés.
financières ou à défaut d’être suffisamment avertis,
ou bien parce qu’il leur en coûterait plus que ce (iv) Dépôts en monnaie étrangère
qu’ils récolteraient. En ce cas, tous les déposants La décision de protéger les dépôts en devises est
supportent le coût d’une faillite bancaire sans fortement tributaire de la dépendance d’un pays à
accroître la discipline de marché. De plus, pour que l’égard des capitaux en devises. Il serait peu utile de
le mécanisme de coassurance soit efficace, il importe mettre en place un régime qui ne couvrirait pas les
d’informer amplement le public sur la situation dépôts en devises si leur pourcentage est important.
financière des banques.
S’il est décidé d’appliquer l’assurance-dépôts aux
L’un des inconvénients de la coassurance, c’est que dépôts en devises, il faudra déterminer si, en cas de
cette formule peut amener les déposants à se retirer faillite bancaire, ces dépôts seront remboursés en
du système bancaire. On peut remédier à cette situ- monnaie locale ou étrangère. Cette décision est
ation en appliquant la coassurance au solde des importante parce qu’elle influera sur la délimitation
dépôts en sus d’un certain seuil, de sorte à les pro- de la participation au risque de change. Si les dépôts
téger intégralement contre le risque de perte tout en sont remboursés en monnaie étrangère, il se peut
continuant à inciter les déposants qui détiennent que l’assureur doive assumer ce risque en cas de
des soldes imposants à surveiller sur les banques. faillite bancaire. Si les dépôts en devises sont con-
vertis en monnaie locale avant le remboursement
(iii) Ajustement des plafonds d’indemnisation
des déposants, le risque est transféré aux déposants.
L’inflation, la croissance du revenu réel, la mise sur Si les dépôts sont remboursés en monnaie locale, il
le marché de nouveaux instruments financiers et faudrait établir à l’avance une règle transparente
l’incidence de ces facteurs sur la composition et la pour déterminer la date à laquelle sera retenu le
taille des dépôts sont autant de facteurs susceptibles taux de change qui servira à calculer le montant à
de commander l’ajustement des plafonds d’indem- rembourser. À tout le moins, le régime prévoyant
nisation. Il y a toutefois lieu de faire un compromis le remboursement des déposants en monnaie
entre deux objectifs essentiels : d’une part, main- étrangère doit avoir accès à des avoirs étrangers ou
tenir constants les plafonds de l’assurance-dépôts d’autres sources de financement en devises suffisants
pendant une période suffisamment longue pour que pour que cet engagement soit crédible.

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Pour limiter le risque de change, les décideurs décideurs devraient étudier l’incidence des taux de
devraient veiller à ce que les banques soient dotées prime sur la santé financière du secteur bancaire et
de systèmes efficaces de gestion du risque de change établir l’assiette de calcul qui sera appliquée à un
et de mesures de contrôle adéquates. De plus, taux de prime donné. On peut choisir notamment
l’assureur-dépôts devrait établir de saines politiques le total des dépôts assurés ou le total du passif-
et procédures qui lui permettent de gérer avec pru- dépôts détenu par une banque. Bien qu’il soit plus
dence le moindre risque de change auquel il est facile d’administrer un système fondé sur le total
exposé. Pour ce faire, l’assureur-dépôts pourrait du passif-dépôts, des questions d’équité peuvent se
tirer avantage des compétences et de l’expérience poser dans la mesure où les banques qui misent
des banques. beaucoup plus sur les dépôts non assurés pour
pourvoir à leur financement pourraient être tenues
d’acquitter une part disproportionnée des primes.

4 a) Financement ex ante ou ex post


Financement Le financement ex ante, qui correspond à la capi-
Un solide mécanisme de financement s’avère indis- talisation d’une réserve ou d’une caisse, permet de
pensable pour assurer l’efficacité d’un régime niveler les primes versées par les banques sur
d’assurance-dépôts et préserver la confiance du l’ensemble du cycle économique. Comme toutes les
public. Un régime d’assurance-dépôts devrait pouvoir banques participent à la constitution et à l’alimen-
recourir à tous les mécanismes de financement tation d’une réserve ou d’une caisse, les banques
nécessaires pour garantir le prompt rembourse- qui feront faillite auront contribué à éponger le
ment des dépôts assurés après une faillite bancaire. coût de leur faillite. Les sources de financement
L’insuffisance des ressources financières peut occa- ex ante peuvent être complétées par des moyens
sionner des retards dans le règlement des faillites tels que les cotisations ou primes ex post imposées
bancaires, entraîner des augmentations importantes aux banques adhérentes, les autorisations de crédit de
des coûts et nuire à la crédibilité du régime. Les modes l’État et les garanties fournies par l’État. Le régime
de financement sont nombreux : crédits gouverne- ex ante peut priver le système bancaire d’une partie
mentaux, cotisations ou primes perçues des banques de ses capitaux, les fonds affectés au paiement des
adhérentes, emprunts sur les marchés financiers, primes d’assurance-dépôts ne pouvant être utilisés
combinaison quelconque de ces moyens, etc. à d’autres fins. Dans le cas où les décideurs optent
pour le financement ex ante, l’assureur-dépôts
Les primes ou cotisations peuvent être imposées devrait veiller à ce que les fonds soient bien gérés
suivant une méthode ex ante ou ex post. Outre le et à ce qu’ils soient rapidement accessibles à mesure
mode de financement du régime d’assurance-dépôts, que les pertes surviennent. Pour ce faire, il peut
les décideurs devraient examiner d’autres questions mettre en œuvre des politiques et méthodes d’inves-
clés. Ils devraient entre autres définir les procédures tissement adéquates et établir des contrôles internes
d’évaluation et de perception des cotisations, et de efficaces et de solides systèmes d’information et
vérification de l’exactitude des données à l’appui, de déclaration.
et déterminer s’il est indiqué de créer des caisses
d’assurance-dépôts distinctes pour des catégories Le régime ex post exige des banques adhérentes
différentes d’institutions de dépôt. qu’elles versent des primes ou cotisations seulement
après qu’une faillite bancaire s’est produite. De plus,
Les banques adhérentes devraient absorber le coût l’appel des fonds nécessaires risque fort d’intervenir
de l’assurance-dépôts puisque ce sont elles et leurs pendant un ralentissement économique. Le
clients qui bénéficient directement de la mise en financement ex post peut favoriser la surveillance
place d’un régime efficace d’assurance-dépôts. Les que les banques exercent les unes sur les autres,

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Conception et structure

puisque chaque banque trouve son intérêt à faire La seconde méthode consiste à établir un barème
en sorte de ne pas devoir participer au coût de la de tarification destiné à maintenir un coefficient ou
faillite d’une banque adhérente. Cette incitation peut une plage cible de capitalisation. On pourrait ainsi
se révéler particulièrement efficace au sein des sys- fixer le taux de prime et le réviser au fil du temps
tèmes bancaires où le nombre des grandes banques compte tenu d’un coefficient particulier (par
est minime. Les cotisations ou primes n’étant cal- exemple, la proportion de la caisse d’assurance-
culées et encaissées qu’après la faillite, il peut devenir dépôts au total des dépôts assurés). Cette méthode
plus difficile de rembourser rapidement les déposants contribue à réduire les risques de perte auxquels
assurés si aucune autre source de financement n’est s’expose l’assureur-dépôts. En principe, le coefficient
accessible à ce moment. De plus, les banques qui font cible de capitalisation devrait suffire à réduire
faillite n’auront pas participé aux frais associés à le risque d’insolvabilité de la caisse à un niveau
leur faillite. minimum acceptable, bien que, dans la pratique,
l’estimation des probabilités de sinistre soit très
Les faillites se produisent souvent durant une période compliquée. Les décideurs des pays où l’économie
de ralentissement économique, ce qui peut parfois est couplée à un système financier très volatil
contraindre à faire preuve de tolérance compte tenu devraient en tenir compte au moment de déterminer
de l’affaiblissement de la capacité de paiement du leurs besoins de financement.
système bancaire. Dans certains cas, l’assureur-
dépôts peut remédier à cette situation s’il a accès à Le fait d’utiliser une méthode assortie d’un coeffi-
d’autres ressources, comme l’aide de l’État, au cient cible de capitalisation pourrait conduire à
moyen d’instruments de financement temporaires, l’établissement d’un régime ex post de fait, une fois
de garanties ou de crédits de sûreté. Les coûts associés que la caisse d’assurance-dépôts atteint un niveau
à cette aide financière devraient être recouvrés lors donné. Il peut résulter de cette méthode que les
des évaluations futures des primes ou cotisations banques versant des primes peu élevées durant
payables par les banques. une conjoncture économique favorable se voient
imposer des primes plus élevées durant une période
Dans la pratique, le mode de financement des régimes de ralentissement économique.
d’assurance-dépôts résulte souvent d’une combi-
naison des bases ex ante et ex post. Les avantages On peut réunir de bons arguments en faveur de la
et les inconvénients de chacune des deux bases création et du financement d’une seule caisse ou
s’appliquent généralement au régime hybride de bien de la création et du financement de caisses
financement. distinctes pour différentes catégories d’institutions
financières qui acceptent des dépôts du public.
b) Établissement et taille d’une S’ils optent pour des caisses distinctes, les décideurs
caisse d’assurance-dépôts devraient s’assurer que les distinctions faites entre les
institutions et les différentes caisses ne contribuent
En principe, il y a deux méthodes pour établir une pas à créer des distorsions de concurrence.
caisse d’assurance-dépôts. On peut d’abord imposer
aux banques un taux de prime constant sur une
c) Régime de primes uniformes ou
longue période. La caisse d’assurance-dépôts peut
régime de primes différentielles
ainsi fluctuer en fonction des sinistres sans que cela
indexées sur le risque
nécessite une révision automatique des taux de
prime. L’assureur qui adopte cette méthode pourrait Les décideurs doivent choisir entre un régime de
devoir compter sur l’aide de l’État ou tout autre sou- primes uniformes et un régime de primes diffé-
tien financier à des moments où la caisse ne dispose rentielles indexées sur les profils de risque des
pas des liquidités nécessaires pour rembourser banques. Le principal avantage d’un régime de primes
les déposants. uniformes est la relative facilité avec laquelle il

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
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Conception et structure

permet de calculer et d’administrer les primes à se pencher sur une question délicate importante :
percevoir. Dans le cadre d’un tel régime, cependant, devrait-on autoriser la communication de l’infor-
les banques à faible risque se trouvent à payer une mation concernant le profil de risque de chaque
partie de la protection dont bénéficient les banques banque ou restreindre l’accès à ces renseignements
à risque élevé. pour des raisons de confidentialité ou autres ?

La plupart des nouveaux régimes d’assurance-


dépôts adoptent au départ un système de primes
uniformes, étant donné les problèmes inhérents
à la conception et à la mise en œuvre d’un régime
5
de primes différentielles fondées sur le risque. Information du public
Toutefois, parce que les primes à taux uniforme ne
Il est essentiel d’informer le public sur les avantages
reflètent pas l’importance du risque qu’une banque
et les restrictions d’un régime d’assurance-dépôts
fait peser sur le régime d’assurance-dépôts, les
pour que celui-ci soit efficace. L’expérience montre
banques peuvent accroître le profil de risque de
que les caractéristiques d’un régime doivent être
leurs portefeuilles sans avoir à engager des frais
régulièrement communiquées au public afin d’en
d’assurance-dépôts supplémentaires. Aussi les primes
préserver et d’en renforcer la crédibilité.
uniformes peuvent-elles être perçues par certaines
banques comme un encouragement à prendre des Un programme de sensibilisation du public, lorsqu’il
risques excessifs, à moins qu’un mécanisme ne soit est bien conçu, permet d’atteindre plusieurs objectifs,
en place pour imposer des sanctions pécuniaires. dont la diffusion de l’information qui favorise et
facilite la connaissance du régime d’assurance-dépôts
Les systèmes de tarification en fonction du risque
et de ses principales caractéristiques. Un tel pro-
peuvent atténuer les critiques de ce genre et encour-
gramme peut aussi aider à développer ou à rétablir
ager les banques adhérentes à pratiquer une gestion
la confiance du public dans le secteur bancaire et à
du risque plus prudente. Lorsque l’information
diffuser l’information vitale en cas de faillite, telle
nécessaire à la mise en œuvre d’un régime de primes
la procédure à suivre pour présenter une demande
différentielles fondées sur le risque est disponible,
d’indemnisation et obtenir un remboursement.
il est préférable d’indexer les primes sur le risque
qu’une banque représente pour l’assureur-dépôts. Il est essentiel d’identifier les publics-cibles au
moment de concevoir le programme de sensibi-
La quantification des risques est une tâche complexe
lisation. Les employés des banques, surtout ceux
compte tenu du fait que l’intermédiation financière
du secteur des opérations et des points de service,
est, par nature, fortement axée sur l’information.
sont d’importants vecteurs d’information sur
Les régimes de primes différentielles établies en
l’assurance-dépôts.
fonction des risques suscitent des difficultés particu-
lières, entre autres : trouver les méthodes adéquates Il importe de sélectionner avec soin les stratégies
et acceptables qui permettent de distinguer les de sorte qu’elles cadrent bien avec les objectifs du
risques des banques ; recueillir des renseignements programme de sensibilisation du public. Par exemple,
opportuns et fiables ; assurer la transparence des on élaborera minutieusement un programme visant
critères de tarification ; évaluer les effets déstabilisa- à répondre aux questions que soulèvent les faillites
teurs que l’imposition de primes élevées pourrait avant qu’une véritable faillite ne survienne. Un
avoir sur la situation des banques déjà en difficulté. programme bien conçu permet d’amortir les effets
De plus, l’administration des systèmes de tarification perturbateurs possibles des faillites bancaires et
en fonction du risque requiert des ressources contribue à préserver la confiance dans la stabilité
compétentes particulières. Les décideurs devraient du système financier.

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Conception et structure

Dans les pays où la confiance du public dans le cation visant particulièrement à assurer l’exécution
système bancaire est élevée et où la sensibilisation des objectifs énoncés tout en maintenant la confiance
au régime d’assurance-dépôts en place est très faible, du public.
il convient d’élaborer des stratégies de communi-

Opérations transfrontière
L’acceptation de dépôts constitue généralement une couverts par le régime d’assurance du pays d’origine de
activité commerciale intérieure, bien que l’importance des la banque, par le régime du pays hôte où la succursale
opérations transfrontière s’accroisse dans bon nombre est située, par une combinaison des deux régimes, ou
de pays. Ces opérations jouent déjà un rôle important bien ils ne font l’objet d’aucune protection. Dans le cas
dans la création et la conception du régime d’assurance- où les dépôts sont protégés par les deux régimes, le
dépôts de certains pays. C’est le cas, par exemple, des régime du pays d’origine peut offrir la couverture de base
systèmes bancaires où les succursales de banques et le régime du pays hôte fournit les garanties annexes.
étrangères sont largement implantées. Dans les sys-
tèmes bancaires affaiblis (particulièrement ceux qui se Les banques étrangères peuvent exposer l’assureur-
remettent d’une crise), il peut s’avérer nécessaire de dépôts à des risques qu’il peut difficilement atténuer.
prendre en compte le déplacement d’un flux important Elles peuvent par ailleurs compliquer la procédure de
de dépôts vers d’autres pays au moment d’établir ou recouvrement dans le cas d’une faillite, étant donné que
de réformer un régime d’assurance-dépôts. Dans les les actifs se trouvant à l’étranger peuvent être visés par
régions où les économies sont étroitement liées ou les la législation en matière de faillite et d’insolvabilité d’un
régions étroitement intégrées, comme au sein de l’Union autre pays.
européenne (UE), il faudra prêter attention aux circon- Les succursales de banques étrangères qui participent
stances qui leur sont particulières. Les normes minimales au régime d’assurance-dépôts du pays hôte devraient
d’assurance-dépôts sont harmonisées au sein des normalement se conformer aux critères d’adhésion de
pays de l’UE, et c’est au pays d’origine qu’incombe la ce régime, lequel pourrait également les assujettir au
responsabilité de fournir l’assurance-dépôts. cadre de surveillance en place. Lorsque le régime du
Ce sont généralement les lois, règlements et autres pays hôte fournit des garanties annexes, il faudrait
dispositions en vigueur dans le pays où une banque est éviter les remboursements multiples de déposants
constituée en personne morale ou établie en vertu d’une assurés. L’assurance-dépôts offerte par le régime du
charte qui s’appliquent aux banques, à leurs clients et pays d’origine devrait être prise en compte dans le calcul
aux assureurs-dépôts. Toutefois, dans le cas où la banque des primes et cotisations.
exploite des succursales dans d’autres pays ou fournit De façon générale, tous les intervenants, tant au sein
des services à des clients à l’étranger, les lois et règle- du filet de sécurité financier du pays d’origine qu’au
ments d’autres pays peuvent s’appliquer. Suivant le sein de ceux d’autres pays, devraient être assujettis
volume des activités exercées, il peut être très impor- aux mêmes règles de confidentialité strictes. Dans la
tant que le pays d’origine et le pays hôte mettent en mesure où le caractère confidentiel de l’information
œuvre des politiques régissant des questions telles que la reçue est préservé, toute l’information utile devrait être
couverture offerte et la cession des actifs pour assurer échangée entre les assureurs-dépôts de différentes
le bon fonctionnement des régimes d’assurance-dépôts autorités et peut-être aussi entre les assureurs-dépôts
et l’exécution des objectifs de politique générale. et les intervenants au sein du filet de sécurité financier
Les dépôts qu’une banque accepte des résidents de d’autres pays, lorsque les circonstances le justifient.
pays où elle n’est pas implantée (c’est-à-dire où elle ne Quoi qu’il en soit, les assureurs-dépôts devraient avoir
compte ni succursale ni filiale) sont normalement cou- accès à toute l’information dont ils ont besoin pour
verts par le régime d’assurance-dépôts auquel la s’acquitter de leur mandat et rembourser rapidement
banque adhère dans son pays d’origine. Les dépôts faits les déposants.
aux succursales d’une banque à l’étranger peuvent être

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
VI Interventions,remboursements,
Interventions,
réclamations et
réclamations
remboursements,
et recouvrements
recouvrements

1 Interventions du secteur privé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

2 Interventions auprès des banques en difficulté . . . . . . . . . . . . . . . 31


(a) Options . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
(b) Coûts et autres facteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

3 Remboursement des déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32


(a) Conditions propices à un remboursement efficace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
(b) Évaluation du montant assurable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
(c) Méthodes de remboursement des déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
(d) Paiements versés aux déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

4 Réclamations et recouvrements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
(a) Questions d’ordre général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
(b) Stratégies de gestion et de cession de l’actif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
(c) Méthodes de mise en marché . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
(d) Réclamations et litiges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

5 Classement des déposants, nantissement et droits


de compensation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
(a) Classement des déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
(b) Nantissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
(c) Droits de compensation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
L a résolution des faillites bancaires au moyen de stratégies rapides
et fructueuses rehausse le niveau de confiance dans un régime d’assurance-dépôts,
contribue à maîtriser les coûts et permet de préserver les autres intervenants dans
la stabilité financière, le gouvernement, le public, le secteur bancaire et l’économie
des effets négatifs pouvant s’exercer sur eux. Il est essentiel d’établir une collaboration
entre les divers agents du filet de sécurité financier, tant avant qu’après une faillite,
pour que ces résultats puissent être atteints.

Il est crucial de déterminer le moment où une Les décideurs devront se pencher sur les conflits
banque éprouve de sérieuses difficultés financières. susceptibles d’intervenir entre ces objectifs, puis
Ce constat devrait être dressé à l’aide de critères définir les compromis à faire.
explicites et transparents par un agent du filet de
sécurité financier qui est investi du pouvoir d’agir.
Bien que des moyens d’action rapides et décisifs
s’imposent pour réduire le coût d’une faillite
bancaire, il importe de prêter une attention toute
1
particulière aux questions de confidentialité de Interventions du
sorte à protéger le mécanisme d’échange d’informa- secteur privé
tions entre les divers intervenants dans la stabilité
financière. La liquidation de l’activité commerciale Avant d’être acculée à la faillite, la banque en difficulté
et des affaires internes d’une banque implique de aura normalement fait l’objet de diverses mesures
suivre une procédure en plusieurs étapes précises : de redressement, tels des programmes de restruc-
la résolution de la faillite bancaire ou la disposition turation qui se comparent en gros à des opérations
de la banque en cause, le remboursement des d’intervention du fait qu’ils impliquent une fusion
déposants assurés, la liquidation des actifs de la avec une banque saine ou une acquisition par une
banque, le règlement des réclamations en conformité telle entité. Ces initiatives, souvent décrites comme
avec les lois applicables et le règlement de tout litige des interventions du secteur privé, n’occasionnent
en cours ou en suspens. aucune dépense à l’assureur-dépôts.

Du point de vue de l’assurance-dépôts, un processus Les interventions du secteur privé doivent survenir
efficace de résolution des faillites est doté des objectifs le plus tôt possible pendant que les acquéreurs
suivants : permettre à l’assureur-dépôts de s’acquitter sont disposés à prendre le contrôle de la banque en
de ses obligations ; assurer le remboursement rapide difficulté. Elles requièrent que des banques saines
et exact des déposants ; minimiser les coûts associés soient dotées des ressources financières et des compé-
au règlement des cas de faillite bancaire et les désor- tences en gestion nécessaires pour être combinées à
ganisations du marché ; optimiser les sommes des banques affaiblies et continuer de se conformer
récupérées sur la réalisation de l’actif ; régler les aux normes de réglementation et de surveillance.
réclamations authentiques en temps utile et de En dernier lieu, les autorités compétentes doivent
façon équitable ; renforcer la discipline par des pour- être prêtes à fermer une banque en difficulté si
suites contre les cas de négligence ou d’autres fautes. l’intervention du secteur privé échoue, sans quoi

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Interventions, remboursements, réclamations et recouvrements

les obligataires et les actionnaires de la banque (ii) Acquisition et prise en charge (ventes)
pourraient être peu incités à faire les concessions L’opération d’acquisition et de prise en charge est
financières nécessaires à la réussite de l’opération. la méthode de règlement par laquelle une banque
saine ou un groupe d’investisseurs prend en charge
une partie ou la totalité des obligations de la banque
2 en faillite, et acquiert une partie ou la totalité des
éléments d’actif de celle-ci. De manière générale,
Interventions auprès des l’acheteur se porte acquéreur des prêts productifs
banques en difficulté et d’autres titres de placement de bonne qualité.
Les actifs qui ne sont pas vendus à l’acquéreur dans
Une résolution peut se définir comme une opération le cadre d’une résolution sont confiés au séquestre/
de disposition d’une banque en faillite qui est dirigée liquidateur, qui s’occupera de leur cession. De toute
par l’un des intervenants dans la stabilité finan- évidence, les acquéreurs doivent disposer des
cière et qui consiste généralement à rembourser les ressources suffisantes pour absorber l’acquisition,
déposants assurés tout en minimisant les coûts que du capital adéquat pour supporter les coûts de
devra supporter l’assureur-dépôts. la nouvelle banque ainsi que d’un personnel de
direction compétent.
a) Options
Il existe des variantes de la méthode d’acquisition
Il existe trois types de résolution de base : la liqui- et de prise en charge, notamment la « banque de
dation et le remboursement des dépôts assurés ; transition » ou d’autres formules provisoires qui ont
l’acquisition et la prise en charge (ventes) ; l’aide au été utilisées principalement pour gérer les faillites
redressement d’une banque en exploitation. Le choix de grandes banques dotées d’une organisation
des résolutions peut être tributaire dans une large complexe. Suivant ces formules, l’organisme respon-
mesure des lois sur la faillite, l’insolvabilité et d’autres sable au sein du filet de sécurité financier prend en
matières, puisque ces lois varient considérablement charge la banque faillie, ou en prend le contrôle, et
d’un pays à l’autre et peuvent parfois rendre difficile l’exploite pendant un certain temps. Cette démarche
l’application de certaines méthodes de règlement. vise à empêcher que la situation de la banque ne se
Étant donné l’importance particulière que revêtent dégrade davantage, à donner aux autorités plus de
les banques et les faillites bancaires, il pourrait être temps pour trouver une solution permanente et à
utile pour les décideurs de déterminer si la législa- permettre aux acquéreurs potentiels d’examiner plus
tion régissant la faillite et l’insolvabilité facilite la en profondeur la qualité des actifs de la banque.
fermeture ordonnée des banques en difficulté. Toutefois, si elle demeure trop longtemps sous la
tutelle des autorités, la banque peut perdre de sa
(i) Liquidation et remboursement des valeur et attirer les dépôts des consommateurs au
dépôts assurés détriment des autres banques. De même, les autorités
Le remboursement des dépôts assurés se produit pourraient être tentées de différer indûment une
lorsqu’un projet d’acquisition ou de fusion n’inté- solution permanente. Il peut donc être souhaitable
resse pas les acquéreurs et les partenaires d’une de limiter la durée de cet arrangement.
fusion potentiels. La banque en faillite est fermée et
les actifs et les créances non assurées sont transférés (iii) Aide au redressement d’une banque
à un séquestre/liquidateur, qui s’occupera de leur en exploitation
liquidation et de leur règlement. Le remboursement Une aide financière peut être consentie à une
des créances peut s’effectuer par l’indemnisation banque en exploitation menacée par la faillite. En
directe des déposants ou par le virement de leurs pareil cas, l’assureur-dépôts peut invoquer un droit
dépôts assurés à une autre banque. de propriété sur la banque, et il faudra peut-être

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Interventions, remboursements, réclamations et recouvrements

faire appel à des capitaux supplémentaires de où les faillites bancaires occasionnelles sont con-
sources extérieures et remplacer les cadres et les sidérées comme un événement normal et où les
administrateurs de la banque. En général, les activités de la banque en faillite ne représentent pas
déposants non assurés et certains autres créanciers une proportion importante du secteur bancaire.
sont entièrement protégés, bien que les obligataires
et les actionnaires puissent être tenus d’absorber des Des dispositions spéciales peuvent être prévues
pertes importantes.3 L’aide au redressement d’une pour les grandes banques dotées d’une organisation
banque en exploitation est normalement accordée complexe qui sont considérées comme particulière-
lorsque les autorités compétentes jugent que sa ment importantes du point de vue de la stabilité
fermeture pourrait sérieusement compromettre la du système financier, ou encore pour les banques
stabilité du système financier. dont la fermeture perturberait sérieusement les
services bancaires sur certains marchés ou dans
Certains pays considèrent comme indésirables certaines régions. Ces banques ont souvent fait
certaines caractéristiques de l’aide au redressement l’objet de méthodes de règlement qui ne visent pas
d’une banque en exploitation. Les obligataires et principalement à minimiser les coûts associés au
les actionnaires peuvent, tout en subissant des pertes, règlement des cas de faillite bancaire. En pareilles
bénéficier d’un dédommagement ou d’avantages circonstances, une attention devrait être portée à
auxquels ils n’auraient pas droit en d’autres la méthode de répartition de ces coûts.
circonstances. Selon le système juridique en place,
les opérations réalisées une fois la banque fermée
peuvent présenter également d’autres avantages.
Par exemple, les autorités compétentes peuvent
avoir le droit d’abroger certains contrats sans
3
encourir de sanction. D’autre part, les petites Remboursement des
banques, n’étant généralement pas admissibles à déposants
l’aide au redressement d’une banque en exploitation,
peuvent se juger victimes d’iniquité. Deux étapes du processus de remboursement sont
cruciales : déterminer qui a droit à un rembourse-
b) Coûts et autres facteurs ment et faire respecter les limites de la protection.
L’importance de ces étapes pour l’efficacité de
Le choix de la méthode de règlement adéquate diverses méthodes de règlement se manifeste par-
dépend de divers facteurs, dont les exigences régle- ticulièrement dans le cas d’une liquidation où les
mentaires et les mandats conférés par la loi. Dans déposants doivent être remboursés jusqu’à concur-
les cas où l’assureur-dépôts doit nécessairement rence des plafonds assurés. Dans d’autres opérations
recourir aux solutions de moindre coût, il doit d’intervention, il faut également calculer la portion
démontrer que la méthode retenue est la moins assurée des comptes individuels, et déterminer si
coûteuse de toutes les autres méthodes possibles. ces opérations doivent être établies suivant une règle
Par contre, l’application d’une règle moins stricte de moindre coût ou si les acquéreurs des banques
en matière de coûts pourrait exiger que l’option faillies ne prennent en charge que les dépôts assurés.
choisie soit moins coûteuse qu’une opération de Il faut aussi déterminer la portion assurée des
liquidation et de remboursement des dépôts assurés. comptes individuels lorsque les lois applicables
Les calculs effectués en vertu d’une telle règle accordent un droit de priorité aux déposants assurés.
impliquent que la résolution d’une faillite bancaire
n’aura pas de répercussions sur le coût de la réso- Il importe d’établir des systèmes et processus pour
lution ultérieure d’autres banques en faillite. C’est procéder à l’examen préparatoire du passif-dépôts
ce qui se produira très probablement dans les pays détenu par les banques en difficulté. Pour ce faire,

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Interventions, remboursements, réclamations et recouvrements

il faudra élaborer des pratiques et méthodes admin- d’attente, le traitement des dépôts et autres effets
istratives et évaluer de façon continue la qualité et en circulation et la résolution des questions de
la sécurité des registres de dépôts bancaires. compensation et de règlement.

a) Conditions propices à un Tel qu’il sera mentionné plus loin dans la présente
section, les règles de compensation et de nan-
remboursement efficace
tissement doivent être appliquées au moment de
L’assureur-dépôts doit communiquer aux déposants déterminer le montant assuré. Si les fonctions
la date à laquelle sera amorcé le remboursement, de remboursement des dépôts et de gestion des
les modalités du processus ainsi que les limites réclamations/liquidation sont administrées de façon
de couverture applicables. Si le remboursement distincte, il faut que les différents organismes com-
n’a pas lieu immédiatement après la fermeture de pétents appliquent les règles de compensation et de
la banque, les déposants devraient être informés nantissement en étroite collaboration.
du délai dans lequel le processus se déroulera.
L’assureur-dépôts devrait connaître dès que possible c) Méthodes de remboursement
la date de fermeture de la banque. Obtenir l’accès des déposants
aux données utiles sur les dépôts avant la fermeture
de la banque contribue à amoindrir le risque de Les pratiques et méthodes administratives de
manipulation des registres, à abréger le délai d’exécu- l’assureur-dépôts devraient préciser la marche à
tion du processus de remboursement et à préserver suivre pour garantir l’exactitude du processus de
la confiance du public. L’assureur-dépôts doit décider remboursement. Il est important de déterminer si
de maintenir à l’interne les ressources adéquates la vérification et le rapprochement des comptes
ou d’impartir la fonction à des entrepreneurs chargés peuvent être réalisés suivant les propres registres
de traiter les demandes de remboursement au fur de la banque ou si le déposant est tenu de présenter
et à mesure. une demande de remboursement de sorte à prouver
son droit de propriété sur le compte. Dans certains
b) Évaluation du montant assurable cas, l’obligation de présenter une telle demande
peut être peu pratique pour les déposants et
L’assureur-dépôts doit évaluer le montant de retarder tout le processus, mais cette méthode
chaque compte de dépôt au moment de la fermeture peut se révéler nécessaire si la qualité des registres
et déterminer si les soldes des comptes n’excèdent bancaires est douteuse ou laisse à désirer, ou encore
pas la couverture offerte par le régime d’assurance- si les lois protégeant le secret bancaire interdisent
dépôts. En procédant à ce calcul, l’assureur-dépôts l’identification intégrale des déposants et de leurs
doit appliquer les lois régissant le droit de pro- comptes.
priété et la capacité juridique en ce qui a trait à la
couverture des comptes uniques, des comptes Il importe d’autre part de déterminer s’il convient
joints, des comptes d’affaires, des comptes de de rembourser les déposants dans de brefs délais
retraite et des comptes fiduciaires. Dans certains ou une fois seulement que les données sur les
pays, la couverture de l’assurance-dépôts s’applique comptes auront été vérifiées en profondeur. Il
à l’ensemble des comptes de dépôt détenus par un serait raisonnable de procéder au paiement après
même déposant, tandis que, dans d’autres, les avoir fait de son mieux pour garantir l’exactitude et
comptes de dépôt détenus en vertu de droits et l’intégrité du processus. Dans certaines situations,
de capacités différents sont assurés séparément. la solution pourrait être de verser des paiements
Le processus de remboursement comporte d’autres partiels aux déposants assurés en attendant que
étapes importantes : le rapprochement des comptes toutes les étapes nécessaires à l’intégrité du processus
de remboursement soient terminées. La dernière

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Interventions, remboursements, réclamations et recouvrements

disposition avant le remboursement consiste à et la liquidation de ses actifs et le règlement des


dresser les états de rapprochement qui préciseront réclamations authentiques. La capacité d’exécuter
le montant à verser aux déposants et le montant ces opérations avec efficacité est une composante
réclamé au séquestre/liquidateur. Le processus de essentielle du filet de sécurité financier d’un pays.
remboursement devrait faire l’objet d’une évalua- Les pouvoirs conférés à l’entité responsable en
tion ex post de sorte à faire ressortir les leçons à matière de réclamations et de recouvrements
tirer de l’expérience acquise. devraient émaner des lois applicables et prévoir le
contrôle des avoirs de la banque en faillite, les
d) Paiements versés aux déposants droits et privilèges afférents aux contrats, le pou-
voir d’admettre ou de rejeter des réclamations, le
Le remboursement comme tel peut être mis en pouvoir de faire exécuter ou de rejeter certaines
marche une fois que les registres de dépôts, les obligations contractuelles et le pouvoir de contester
réclamations et les droits sont rapprochés. Le les transactions, transferts et virements frauduleux.
processus pourra être simplifié si une autre banque En même temps, les responsabilités fiduciaires
consent à effectuer les paiements. Si cette option imposées à l’entité peuvent restreindre sa capacité
n’est pas possible, l’assureur-dépôts doit choisir un de s’acquitter d’autres responsabilités.4
mode de paiement : par exemple, faire le paiement
en espèces ou sous une autre forme, mettre les
b) Stratégies de gestion et de
chèques à la poste, virer les fonds à une autre banque
cession de l’actif
désignée par le déposant, émettre une carte de débit
ou un mandat postal. Les stratégies de gestion et de cession de l’actif
devraient faire valoir leur bien-fondé économique
Les voies de communication ouverte telles que et s’appuyer principalement sur des considérations
les communiqués, les médias d’information, les commerciales, compte tenu des facteurs suivants :
annonces, les affiches et Internet sont cruciales pour la qualité de l’actif, la capacité d’absorption et la
préserver la confiance du public dans le régime conjoncture des marchés, la disponibilité des com-
d’assurance-dépôts. Le public devrait recevoir pétences particulières à la gestion et à la cession
l’information pratique et précise sur les modalités de l’actif, les prescriptions juridiques en matière
et délais de remboursement de leurs dépôts. Les de cession de l’actif et les objectifs de politique
communications directes par courrier et par télé- générale. L’optimisation des recouvrements peut
phone sont utiles pour répondre aux questions des être incompatible avec d’autres objectifs, pour
déposants et donner suite à leurs plaintes. des motifs conjoncturels par exemple, ou avec
certaines démarches destinées à renforcer les règles
de conduite.
4 La vente des actifs productifs peut s’effectuer dans
Réclamations et le cadre du règlement global ou dans les meilleurs
délais par la suite, s’ils sont négociables et que les
recouvrements chances d’augmenter leur valeur de réalisation sont
a) Questions d’ordre général minces ou inexistantes. Cette solution est avantageuse
en ce sens qu’elle permet de remettre rapidement
Après la fermeture d’une banque en difficulté, l’entité les actifs sur le marché et, partant, de distribuer
responsable devient effectivement propriétaire des plus tôt à l’assureur-dépôts les fonds recouvrés, de
éléments d’actif et du passif de cette institution. minimiser les frais de possession pendant que les
Deux autres opérations devront être réalisées pour actifs sont détenus par le séquestre/liquidateur,
mener à bien la dissolution de la banque : la gestion et de réduire au minimum l’intervention de l’État.

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Interventions, remboursements, réclamations et recouvrements

Il peut y avoir lieu de recourir aux services de ges- Certaines méthodes peuvent contribuer à l’aug-
tionnaires spécialisés pour la vente ou la liquidation mentation des sommes recouvrées : le financement
de certains actifs sur une période donnée, en vue par le vendeur, la procédure de reprise d’actifs suivant
d’optimiser les recouvrements et de réduire les coûts. laquelle l’acheteur a la possibilité de retourner
Il peut être utile aussi de négocier avec les emprun- certains actifs dans un délai donné en vue de se faire
teurs en ce qui concerne la cession des actifs difficiles rembourser, et les garanties restreintes contre les
à vendre. Pour ce qui est des actifs qui ne se vendent pertes. En règle générale, les garanties entraînent
pas immédiatement, il est très important de préserver une hausse des prix du marché en conséquence de
leur valeur à l’aide de processus efficaces de gestion, la réduction des risques assumés par l’acheteur,
en vue de minimiser les coûts supportés par le mais elles font naître un passif éventuel, que l’on
système financier. pourra atténuer en en limitant la durée et la
valeur totale.
Pour être efficace, la gestion de l’actif devrait avoir
recours à des outils de validation des hypothèses d) Réclamations et litiges
sur lesquelles sont fondées les évaluations de
l’actif et les plans de cession. Il convient de cerner, Les réclamations déposées par la banque faillie ou par
d’évaluer et de gérer les risques liés aux fluctua- le séquestre/liquidateur contre les administrateurs,
tions du marché, les stratégies particulières à la dirigeants, vérificateurs ou autres parties à la faillite
cession de l’actif, les questions ayant spécifiquement bancaire, ou bien les actions intentées par cette
trait à l’actif et les questions de droit, et d’adopter banque ou par le séquestre/liquidateur contre l’une
toutes les mesures d’atténuation, de protection ou de ou l’autre de ces parties, constituent des actifs d’une
redressement nécessaires à leur égard. Le recours aux importance éventuelle. Ces réclamations peuvent
analyses de la valeur actualisée des flux de trésorerie donner lieu au recouvrement de sommes consid-
et à d’autres techniques d’évaluation appropriées érables et contribuer à favoriser la discipline au sein
s’impose pour déterminer les écarts temporaires du secteur bancaire. C’est pourquoi, avant de pour-
dans les recouvrements et les dépenses et les dif- suivre les démarches, il faudrait examiner de près
férences de risque entre les catégories d’actifs. Il toutes les réclamations possibles afin de déterminer
peut être utile aussi de tenir compte des écarts dans leur bien-fondé et leur potentiel de recouvrement.
la valeur attribuée par les acquéreurs potentiels,
qui résultent des écarts dans les plans et les coûts Il est important de recenser les réclamations et de
de financement. distribuer le produit de la liquidation des actifs
suivant des critères d’équité et de rentabilité et en
conformité avec les lois applicables. Cette tâche
c) Méthodes de mise en marché
implique d’informer les requérants éventuels sur
La transparence et l’accès à l’information sont les le processus de remboursement, d’étudier et de
facteurs clés de la mise en marché des actifs d’une régler les réclamations déposées, de distribuer les
banque qui a fait faillite. La qualité de l’information dividendes aux requérants admissibles et de trans-
peut avoir une incidence énorme sur le prix. L’infor- férer les dividendes non réclamées aux autorités
mation devrait donc être accessible, complète et compétentes. Les réclamations comprennent celles
bien organisée. de l’assureur-dépôts, des déposants non assurés et
d’autres créanciers ordinaires. Sont visés égale-
Il est possible, en principe, d’appliquer une grande ment les actions en justice intentées contre la banque
variété de méthodes de cession des actifs d’une faillie et le coût de toute aide financière qui aura
banque faillie : vente des éléments d’actif individuels, été accordée par les intervenants dans la stabilité
vente aux enchères, soumissions cachetées, vente financière. Les poursuites intentées par les créanciers,
en lot, titrisation, sociétés de gestion d’actifs, actionnaires ou autres requérants et demandeurs
partenariats à capitaux propres, etc. contre la banque faillie ou le séquestre/liquidateur

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Interventions, remboursements, réclamations et recouvrements

peuvent occasionner des dépenses et des retards intégralement avant que les autres réclamations non
importants. À cet égard, il peut être souhaitable d’exa- garanties ne puissent être acquittées. Cependant,
miner régulièrement les réclamations afin d’évaluer l’ordre de préférence conféré aux déposants ne
le degré d’exposition au risque et d’envisager les diminue pas nécessairement les pertes des dépo-
solutions de rechange possibles. sants non assurés ou de l’assureur-dépôts. Les
créanciers des rangs inférieurs ont intérêt à se pro-
téger en appliquant certaines mesures : nantir leurs

5 réclamations, abréger les échéances, exercer leur droit


de retirer leur argent avant l’échéance ou imposer
des frais supplémentaires ou des pénalités. Ces
Classement des déposants, mesures peuvent faire contrepoids au classement
nantissement et droits de préférentiel.
compensation Si les déposants non assurés estiment, en raison du
Les modalités de distribution des fonds recouvrés droit de priorité qui leur est assigné, qu’ils ne
sont subordonnées dans une très large mesure à subiront pas de pertes, ils peuvent être moins
des facteurs particuliers : les dispositions légales incités à exercer une discipline de marché. De leur
régissant le classement des déposants et des autres côté, les agents du filet de sécurité financier peuvent
créanciers ; le nantissement des obligations de la être moins empressés d’intervenir rapidement
banque ; la mesure dans laquelle les montants qu’un pour régler la situation des banques en difficulté.
créancier doit à une banque sont compensés par Les effets nets sont fonction des particularités des
les réclamations du créancier. Les règles appliquées créanciers non titulaires de dépôts, de leur capacité
varient d’un pays à l’autre, compte tenu des dif- à limiter leur exposition au risque par les moyens
férences dans les systèmes juridiques, les traditions dont ils disposent et de leur empressement à
et les objectifs de politique générale, et elles ne exercer une discipline de marché, des dispositions
peuvent généralement pas être modifiées par le légales applicables à ces questions, ainsi que de
régime d’assurance-dépôts. Ces règles peuvent avoir la mise en place d’un gouvernement d’entreprise
une incidence importante sur la charge financière et d’une structure de responsabilisation solides au
de l’assureur-dépôts et sur le comportement des sein de l’intervenant responsable dans la stabilité
intervenants dans la stabilité financière, les déposants financière.
et les autres créanciers.
b) Nantissement
a) Classement des déposants Les décideurs devraient être sensibilisés également
Les décideurs devraient être sensibilisés aux con- aux effets du nantissement. Dans certains pays, les
séquences que la législation en vigueur régissant déposants, l’assureur-dépôts et les autres créancier
les droits de priorité des déposants peut avoir sur ordinaires n’ont part qu’aux actifs non grevés de la
les coûts associés au règlement des faillites et sur la banque faillie, et leurs recouvrements sont réduits
motivation des déposants ou des autres créanciers par le nantissement des créances des autres parties.
à exercer une discipline de marché. Si les déposants Le nantissement peut toutefois présenter certains
sont classés au même rang que les autres créanciers avantages compensatoires en ce qui concerne le
ordinaires, ils toucheront une proportion des système de paiements et les objectifs de politique
sommes recouvrées sur les actifs liquidés. Si les générale. Le nantissement des passifs d’une
déposants et l’assureur-dépôts se voient accorder banque peut, lorsqu’il est trop étendu, accroître les
un droit de priorité quelconque sur les sommes frais de l’assureur-dépôts et affecter sa capacité de
recouvrées, leurs réclamations doivent être réglées soutenir financièrement une banque en difficulté,

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Interventions, remboursements, réclamations et recouvrements

compte tenu de la non-disponibilité de certains Certains pays attachent une importance particulière
actifs. À l’instar de l’ordre de préférence attribué à la compensation, tandis que d’autres considèrent
aux déposants, le nantissement peut inciter davan- qu’elle peut donner lieu à un traitement inégal.
tage les créanciers ordinaires à effectuer des retraits Lorsque la compensation est autorisée, il est recom-
prématurés, à abréger les échéances ou à imposer mandé de clarifier certaines questions, dont celle
des frais supplémentaires en vue d’atténuer les de savoir si la compensation devrait s’appliquer à
pertes escomptées. tous les prêts ou uniquement aux prêts exigibles
ou en souffrance. L’affectation d’un prêt productif
c) Droits de compensation en compensation d’une dette pourrait transformer
en prêt à vue le crédit consenti à une entreprise
Le terme de « compensation » s’applique aux situ- viable. Pour cette raison, nombreux sont les pays à
ations où la réclamation d’un créancier (par exemple, limiter la compensation aux prêts en souffrance.
un dépôt) dans le dossier d’une banque insolvable Même lorsque la compensation est autorisée, les
est retranchée sur une réclamation de la banque limites de son application peuvent soulever des
(par exemple, un prêt) contre le créancier. Dans les questions. La compensation d’obligations par des
cas où une compensation est possible ou imposée, prêts en règle peut diminuer la valeur réalisable
les créanciers qui sont en même temps débiteurs d’un portefeuille de prêts. La coordination des
de la banque en faillite peuvent accroître leurs règles de compensation avec le remboursement
recouvrements, alors que les recouvrements d’autres des déposants assurés soulève aussi des questions.
créanciers sont diminués. Il faudra entre autres déterminer si l’assurance-
La compensation peut abaisser les frais d’adminis- dépôts doit être calculée en fonction du montant brut
tration en réduisant le nombre des créanciers et des du dépôt ou du montant net après compensation.
débiteurs individuels. La compensation des obliga- En dernier lieu, l’ordre de priorité des réclama-
tions qui existent entre des membres du système tions détenues dans une faillite bancaire peut influer
de paiements amoindrit le risque de crédit auquel sur la compensation. Pour régler ces questions, il y
sont exposés les autres participants en cas de faillite a généralement lieu de faire des compromis entre
de l’un ou de plusieurs membres, réduisant ainsi la les différents objectifs de politique générale et de
possibilité d’une contagion. Selon le pays où elles façonner des solutions particulières aux besoins
sont établies, les banques qui font affaire sur le du pays.
marché des instruments dérivés peuvent être en
mesure d’effectuer des transactions (par exemple,
un échange financier) qui pourraient ne pas être
possibles (ou qui pourraient l’être uniquement à
des conditions moins favorables) s’il n’y avait pas
compensation de positions.

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
VII Points clés
Points clés des
des lignes
d’orientation
d’orientation
lignes

1 Questions contextuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2 Aléa moral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3 Objectifs de politique générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4 Analyse de la situation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
5 Passage d’un régime de protection globale à un régime d’assurance-dépôts . . 42
6 Processus d’auto-évaluation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
7 Mandat et pouvoirs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
8 Cadre de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
9 Gouvernement d’entreprise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
10 Ressources humaines et immunité légale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
11 Rapports entre les divers intervenants dans la stabilité financière . . . . . . 44
12 Adhésion au régime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
13 Couverture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
14 Financement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
15 Information du public . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
16 Opérations transfrontière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
17 Résolution des faillites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
18 Remboursement des déposants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
19 Réclamations et recouvrements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
20 Classement des déposants, nantissement et droits de compensation . . . . . 49
L e Groupe de travail a été chargé d’élaborer des lignes d’orientation
à l’intention des pays qui envisagent de mettre en place un régime d’assurance-dépôts
explicite à couverture limitée ou de réformer un régime de ce genre déjà en place.
Les points clés présentés ci-après résument les principales conclusions et propositions
que le Groupe de travail a établies pour aider les décideurs à concevoir, mettre en œuvre
et évaluer continuellement un régime d’assurance-dépôts. Non seulement ces lignes
d’orientation tiennent-elles compte d’un vaste ensemble de circonstances, de scénarios
et de structures, mais elles sont aussi compatibles avec ceux-ci.

1 2
Questions contextuelles Aléa moral
a) Les décideurs ont le choix entre plusieurs a) Un filet de sécurité financier bien conçu est
formules de protection des déposants. Un censé contribuer à la stabilité du système
régime d’assurance-dépôts explicite à cou- financier, bien qu’il puisse, s’il est mal aménagé,
verture limitée (« un régime d’assurance- accroître les risques, notamment l’aléa moral.
dépôts » est préférable à un mécanisme de Un bon gouvernement d’entreprise et une
protection implicite dans la mesure où il saine gestion des risques au sein d’une banque,
définit clairement les obligations faites aux une discipline de marché efficace et de solides
autorités envers les déposants et où il limite cadres de réglementation et de surveillance
la portée des décisions discrétionnaires qui prudentielles et d’application des lois peuvent
peuvent donner lieu à des actions arbitraires. atténuer l’aléa moral. Ces éléments produisent
Toutefois, pour en garantir la crédibilité, un de meilleurs résultats lorsque leur action est
tel régime doit être conçu et mis en œuvre conjuguée. (page 9)
adéquatement, et être bien compris du public.
Il doit aussi reposer sur de solides cadres de b) Un bon gouvernement d’entreprise et une
réglementation et de surveillance prudentielles, saine gestion des risques au sein d’une banque
un système comptable et un régime d’infor- contribuent à harmoniser les stratégies d’entre-
mation sains et un mécanisme d’application prise avec des activités sûres et solides, et
de lois efficaces. (pages 8-9) peuvent ainsi constituer les premiers moyens
de défense contre une prise de risques excessifs.
b) Le régime d’assurance-dépôts peut s’attaquer Un bon gouvernement d’entreprise et une
à un nombre limité de faillites bancaires saine gestion des risques intègrent des normes,
simultanées, mais il n’est pas destiné à résoudre processus et systèmes visant à assurer une
tout seul une crise bancaire systémique. direction et une surveillance efficaces de
(page 9) la part des administrateurs et des cadres
supérieurs, des contrôles et des vérifications
internes adéquats, des pratiques de gestion
des risques, l’évaluation du rendement de la

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Points clés des lignes d’orientation

banque, l’harmonisation du régime de


rémunération avec les objectifs commerciaux
de la banque ainsi que des pratiques de
3
gestion du capital et des liquidités. Pour Objectifs de politique
préserver une bonne discipline de marché, générale
il faut mettre en place un système comptable
et un régime d’information solides, et la santé a) La conception d’un régime d’assurance-dépôts
de chaque banque doit susciter en permanence consiste dans un premier temps à formuler
l’attention des agences d’évaluation du crédit, les objectifs de politique générale à atteindre
des analystes de marché, des commentateurs de façon qu’ils soient bien compris. Les
financiers et d’autres spécialistes. La réglemen- régimes d’assurance-dépôts ont pour objectifs
tation est une discipline qui peut s’exercer par principaux de favoriser la stabilité du système
des règlements applicables sur la constitution financier et de protéger les dépôts des petits
des nouvelles banques, l’imposition de normes épargnants. La méthode d’exploitation d’un
minimales de fonds propres, les compétences régime d’assurance-dépôts varie suivant une
des administrateurs et des gestionnaires, multitude de facteurs qui sont propres à
des pratiques commerciales saines, des chaque pays et aux systèmes gouvernemental
critères d’aptitude imposés aux actionnaires et financier de celui-ci. (page 12)
contrôlants, des normes de gestion des risques,
des contrôles internes solides et des vérifica- b) Il est essentiel d’établir un processus d’amélio-
tions externes. Quant à la surveillance, cette ration continue qui serve à déterminer dans
discipline peut s’exercer de façon à s’assurer de quelle mesure le régime d’assurance-dépôts
la solidité, de la fiabilité et de la conformité atteint ses objectifs et exécute son mandat.
des banques et à garantir la prise de mesures (page 12)
correctrices dès que le problème apparaît, y
compris, s’il le faut, la fermeture d’une
banque. (pages 9-10)

c) Il est également possible de réduire l’aléa


moral en intégrant au régime d’assurance-
4
dépôts certaines particularités techniques : par Analyse de la situation
exemple, imposer des limites de couverture,
exclure certaines catégories de déposants de a) Les décideurs devraient procéder à une analyse
la protection offerte, mettre en place des de la situation lorsqu’ils adoptent ou réforment
mécanismes de coassurance, établir un barème un régime d’assurance-dépôts. Cette analyse
de primes différentielles ou fondées sur le devrait porter sur divers facteurs : entre autres,
risque, minimiser les risques de perte par la le niveau d’activité économique, les poli-
fermeture rapide des banques en difficulté et tiques monétaire et budgétaire en vigueur, la
se montrer disposé à intenter des poursuites, condition et la structure du système bancaire,
lorsque les circonstances le justifient, contre les attitudes et les attentes du public, le cadre
les administrateurs et d’autres parties en cas légal, les cadres de réglementation et de sur-
d’irrégularité. (page 10) veillance prudentielles, le système comptable
et le régime d’information. (page 13)

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Points clés des lignes d’orientation

b) Dans le cas où les conditions et facteurs ne devrait être adaptée au contexte global du
sont pas idéals, il importe de cerner les écarts pays. Le pays envisageant une telle transition
qui existent et d’évaluer en profondeur les devrait procéder au même type d’analyse de
options possibles, puisque l’établissement la situation que le pays en voie de remplacer
d’un régime d’assurance-dépôts n’est pas un un régime de protection implicite par un
remède contre les déficiences majeures. Si régime d’assurance-dépôts. De plus, trois
des mesures s’imposent, elles peuvent être questions devront être examinées. Il faudra
prises avant l’adoption ou la réforme du d’abord trouver le moyen d’apaiser les
régime ou bien simultanément. (page 13) craintes du public parce que la protection des
déposants et des autres créanciers se trouve
c) Un régime d’assurance-dépôts ne saurait être réduite. La deuxième question à laquelle les
efficace en l’absence de lois pertinentes ou décideurs devraient s’intéresser réside dans
d’un régime légal cohérent. (page 14) la capacité du système bancaire à financer
un nouveau régime d’assurance-dépôts.
d) L’efficacité d’un régime d’assurance-dépôts
Quant à la troisième question, il s’agit de la
est également subordonnée à la solidité des
durée de la transition. (page 15)
cadres de réglementation et de surveillance
prudentielles. Seules les banques viables
devraient pouvoir fonctionner à l’intérieur
de ces cadres vigoureux. Les banques devraient
être dotées de tous les capitaux adéquats et
6
adopter des pratiques saines et prudentes en Processus d’auto-évaluation
matière de gestion des risques, de régie et
d’autres activités. (page 14) Les décideurs devraient avoir recours à un
processus d’auto-évaluation itératif pour
concevoir, mettre en œuvre, modifier et évaluer
continuellement un régime d’assurance-
5 dépôts. (pages 15-16)

Passage d’un régime de


protection globale à un
régime d’assurance-dépôts 7
Mandat et pouvoirs
a) Au moment de remplacer un régime de pro-
tection globale, les décideurs devraient porter a) Il n’existe pas de mandat unique ni d’ensemble
une attention particulière aux attitudes et aux de mandats qui soient appropriés à tous les
attentes du public. Les pays exposés à une assureurs-dépôts. On constate parmi les
forte mobilité des capitaux et/ou dotés d’une régimes implantés dans le monde un spectre
politique d’intégration régionale devraient entier de formules qui varient du régime à
être attentifs aux effets de divers niveaux vocation étroite, comme le système de simple
de protection offerts par différents pays et indemnisation (« paybox »), au régime investi
d’autres politiques connexes. (page 15) de pouvoirs et de responsabilités plus vastes,
comme celui qui est chargé de minimiser les
b) Dans le cas où un pays décide de passer d’un risques. Une grande variété de combinaisons
régime de protection globale à un régime s’intercale entre ces deux pôles. Quel que
d’assurance-dépôts, la durée de la transition soit le mandat privilégié, il importe de le

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
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Points clés des lignes d’orientation

faire cadrer avec les objectifs définis et


les pouvoirs et responsabilités confiés à
l’assureur-dépôts. (page 18)
9
Gouvernement d’entreprise
b) Définir expressément le mandat d’un assureur-
dépôts (dans un texte de loi, un énoncé de a) La formule de gouvernement d’entreprise
principe officiel, une entente ou un contrat retenue devrait correspondre au mandat de
particulier) permet de clarifier le rôle de l’assureur-dépôts et au degré d’autonomie
l’assurance-dépôts au sein du filet de sécurité accordé à ce dernier par rapport aux autres
financier. La clarté du mandat renforce la organismes qui jouent un rôle au sein du filet
stabilité du système financier, favorise un de sécurité financier. L’organe directeur du
bon gouvernement d’entreprise et accroît la régime d’assurance-dépôts devrait regrouper
responsabilisation. (pages 18-19) des personnes dotées des connaissances
utiles, qui comprennent bien les activités de
c) De manière générale, l’assureur-dépôts l’organisme et son cadre de fonctionnement
devrait détenir tous les pouvoirs nécessaires à et qui sont investies de pouvoirs de décision.
l’exercice de son mandat. Tous les assureurs- L’assureur-dépôts devrait pouvoir prendre
dépôts doivent être habilités à passer des en considération le point de vue des autres
contrats, à établir les exigences utiles et à intervenants dans la stabilité financière et
obtenir l’information exacte et opportune faire appel aux parties intéressées avisées.
afin de pouvoir s’acquitter rapidement de Les membres de l’organe directeur et les ges-
leurs responsabilités envers les déposants. tionnaires de l’assureur-dépôts devraient
(page 19) répondre à des critères d’aptitude et être à
l’abri des conflits d’intérêts. (page 19)

8 b) Les systèmes et pratiques de régie devraient


être élaborés à partir de sains procédés de
planification stratégique et de gestion du
Cadre de fonctionnement risque ainsi que de contrôles internes et de
Les décideurs doivent déterminer si la fonction systèmes de vérification efficaces. La structure,
d’assurance-dépôts devrait être confiée à un la surveillance et la responsabilisation de
organisme déjà en place ou s’il convient de l’organe directeur devraient être transparents.
créer une personne morale distincte. Quel Il est donc recommandé d’établir des règles
que soit le cadre de fonctionnement du qui définissent le gouvernement d’entreprise.
régime d’assurance-dépôts, il est primordial (page 19)
de délimiter clairement les responsabilités
et obligations de rendre compte de chaque
fonction du filet de sécurité financier.
(page 19)
10
Ressources humaines et
immunité légale
a) La capacité de recruter et de garder du per-
sonnel qualifié représente un défi de taille pour
la plupart des assureurs-dépôts. Plusieurs

43
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Points clés des lignes d’orientation

moyens peuvent permettre à ces derniers b) Les besoins en information de l’assureur-


d’atteindre cet objectif : entre autres, recourir dépôts varient considérablement suivant le
à des ressources à plein temps, compter sur mandat et les pouvoirs dont il est investi. Il est
les ressources des autres intervenants dans cependant essentiel dans tous les cas d’établir
la stabilité financière et faire appel à des un mécanisme de coordination étroite et un
fournisseurs de services. (page 19) mécanisme de partage de l’information entre
les divers intervenants au sein du filet de
b) Il faudrait reconnaître l’importance de l’im- sécurité financier. Ces derniers devraient tous
munité légale et accorder aux employés du être assujettis à des règles de confidentialité.
régime d’assurance-dépôts la protection (pages 20-21)
juridique contre les poursuites en justice
susceptibles de résulter des activités qu’ils c) Il est grandement souhaitable d’officialiser
ont exercées en toute bonne foi. Le défaut le partage de l’information par la voie de dis-
d’accorder cette protection aux employés peut positions législatives, de protocoles d’entente,
les dissuader d’exercer leurs responsabilités d’accords juridiques ou bien d’une combi-
avec la plus grande vigilance, particulière- naison de ces moyens. Ce mécanisme peut
ment lorsque le mandat de l’assureur met également servir de structure de coordination
l’accent sur la détection et l’intervention pour l’ensemble des activités des divers
précoces et la fermeture rapide des banques intervenants dans la stabilité financière.
en difficulté. (page 20) (pages 20-21)

11 12
Rapports entre les divers
Adhésion au régime
intervenants dans la stabilité
financière a) Les banques adhérentes à un régime d’assurance-
dépôts devraient être assujetties à de solides
a) Dans le cas où un organisme unique remplit cadres de réglementation et de surveillance
toutes les fonctions du filet de sécurité fin- prudentielles. (page 21)
ancier, le règlement habile des difficultés qui
peuvent porter atteinte aux relations entre b) De façon générale, la participation au régime
les divers services concernés sera fonction de la devrait être obligatoire afin de prévenir
clarté des mandats et de l’équilibre du régime l’antisélection. (page 21)
de responsabilisation. Toutefois, lorsque les
c) Les décideurs devraient déterminer s’il con-
fonctions sont attribuées à des organismes
vient d’octroyer automatiquement le statut
distincts, les questions concernant le partage
de membre aux banques admissibles ou s’il
de l’information, la répartition des pouvoirs
faut obliger les banques à soumettre une
et responsabilités et la coordination des inter-
demande d’adhésion. Dans ce dernier cas,
ventions entre les différentes fonctions sont
l’assureur-dépôts dispose d’une certaine lat-
plus complexes et doivent être envisagées
itude pour maîtriser les risques qu’il assume
d’une façon claire et explicite. (page 20)
en établissant des critères d’adhésion. Ce peut
être aussi un moyen efficace pour intensifier

44
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Points clés des lignes d’orientation

la conformité à des exigences et des normes étrangère et les dépôts de non-résidents, par
prudentielles. Il serait alors important d’exé- rapport aux objectifs de politique générale
cuter un plan de transition adéquat qui définit du régime. (pages 22-23)
les critères, le processus et le délai d’adhésion.
Les critères devraient être transparents. b) Les décideurs peuvent fixer les plafonds de la
(page 21) protection en examinant les renseignements
pertinents, telles les données statistiques
d) Il importe de mettre en place les mécanismes répartissant selon leur taille les dépôts détenus
adéquats pour s’assurer que les demandes par les banques. Le niveau de protection
d’adhésion sont traitées avec efficacité, dans retenu, quel qu’il soit, doit être crédible,
les meilleurs délais, et que les banques admis- cadrer avec les autres particularités tech-
sibles répondent à des normes prudentielles niques du régime et répondre aux objectifs
et à des critères d’adhésion minimums. de politique générale assignés à ce dernier.
(page 22) (page 23)

e) Diverses procédures d’attribution du statut c) Comme il est important de fixer judicieuse-


de membre aux institutions financières ont ment les limites de protection et de contribuer
été recensées. Bien que les banques de con- à la stabilité du système financier tout en main-
stitution nationale soient habituellement les tenant les exigences en matière d’information
principales institutions membres des à un niveau raisonnable, il est préférable
régimes d’assurance-dépôts, certains pays d’adopter la formule « par déposant et par
admettent aussi les banques étrangères et banque ». (page 23)
leurs succursales, les institutions financières
para-bancaires et les banques d’État. Divers d) La mise en application d’un mécanisme de
motifs peuvent être invoqués pour justifier coassurance contribue à favoriser la discipline
l’ouverture de l’adhésion du régime à ces de marché et à réduire quelque peu le coût
entités : renforcer la stabilité du système fin- de l’assurance-dépôts. La coassurance, si elle
ancier, préserver l’équité concurrentielle, est adoptée, devrait s’appliquer au delà d’un
diversifier les risques auxquels s’expose l’as- seuil convenu. Ainsi, les personnes dont le
sureur-dépôts et soumettre à une réglemen- solde des dépôts est minime seront entière-
tation et à une surveillance prudentielles les ment protégées contre les risques de perte,
institutions financières para-bancaires qui tandis que les déposants qui détiennent des
acceptent des dépôts et des produits assimi- soldes importants seront incités à surveiller
lables à des dépôts. (page 22) la situation financière des banques. Pour que
le mécanisme de coassurance soit efficace, il
importe d’informer amplement le public à
cet égard. (page 24)
13 e) Il peut être nécessaire d’ajuster périodique-
Couverture ment les plafonds d’indemnisation compte
tenu de l’inflation, de la croissance du revenu
a) Les décideurs devraient définir clairement réel, de la mise sur le marché de nouveaux
dans un texte de loi ou dans un contrat par- instruments financiers et de l’incidence de
ticulier ce qui constitue un dépôt assurable. ces facteurs sur la composition et la taille des
Pour ce faire, ils devraient évaluer l’impor- dépôts. (page 24)
tance relative de différents instruments de
dépôt, y compris des dépôts en monnaie

45
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Points clés des lignes d’orientation

f) La décision de protéger les dépôts en devises c) Les décideurs devraient établir l’assiette de
est fortement tributaire de la dépendance calcul qui sera appliquée à un taux de prime
d’un pays à l’égard des capitaux en devises. Il donné. (page 25)
serait peu utile de mettre en place un régime
qui ne couvrirait pas les dépôts en devises si d) L’assureur-dépôts devrait veiller à ce que les
leur pourcentage est important. Il est essentiel fonds soient bien gérés et à ce qu’ils soient
de déterminer si, en cas de faillite bancaire, rapidement accessibles à mesure que les pertes
ces dépôts seront remboursés en monnaie surviennent. Pour ce faire, il peut mettre en
locale ou étrangère. Les décideurs devraient œuvre des politiques et méthodes d’investisse-
veiller à ce que les banques soient dotées de ment adéquates et établir des contrôles internes
systèmes efficaces de gestion du risque de efficaces et de solides systèmes d’information
change et de mesures de contrôle adéquates. et de déclaration. (page 25)
De plus, l’assureur-dépôts devrait établir de
e) Dans la pratique, le mode de financement des
saines politiques et procédures qui lui per-
régimes d’assurance-dépôts résulte souvent
mettent de gérer avec prudence le moindre
d’une combinaison des bases ex ante et ex post.
risque de change auquel il est exposé. Pour
Les avantages et les inconvénients de chacune
ce faire, l’assureur-dépôts pourrait tirer
des deux bases s’appliquent généralement au
avantage des compétences et de l’expérience
régime hybride de financement. (page 26)
des banques. (pages 24-25)
f) En principe, il y a deux méthodes pour établir
une caisse d’assurance-dépôts. On peut soit

14 imposer aux banques un taux de prime con-


stant sur une longue période ou établir un
Financement barème de tarification destiné à maintenir un
coefficient ou une plage cible de capitalisation.
a) Un solide mécanisme de financement s’avère Si l’on opte pour la deuxième méthode, le
indispensable pour assurer l’efficacité d’un coefficient cible de capitalisation devrait
régime d’assurance-dépôts et préserver la suffire à réduire le risque d’insolvabilité de la
confiance du public. Un régime d’assurance- caisse à un niveau minimum acceptable,
dépôts devrait pouvoir recourir à tous les bien que, dans la pratique, l’estimation des
mécanismes de financement nécessaires pour probabilités de sinistre soit très compliquée.
garantir le prompt remboursement des dépôts (page 26)
assurés. L’insuffisance des ressources finan-
cières peut occasionner des retards dans le g) On peut réunir de bons arguments en faveur
règlement des faillites bancaires, entraîner de la création et du financement d’une seule
des augmentations importantes des coûts et caisse ou bien de la création et du finance-
nuire à la crédibilité du régime. (page 25) ment de caisses distinctes pour différentes
catégories d’institutions financières qui
b) Les banques adhérentes devraient absorber acceptent des dépôts du public. S’ils optent
le coût de l’assurance-dépôts puisque ce sont pour des caisses distinctes, les décideurs
elles et leurs clients qui bénéficient directe- devraient s’assurer que les distinctions faites
ment de la mise en place d’un régime efficace entre les institutions et les différentes caisses
d’assurance-dépôts. Toutefois, les décideurs ne contribuent pas à créer des distorsions de
devraient étudier l’incidence des taux de prime concurrence. (page 26)
sur la santé financière du secteur bancaire.
(page 25)

46
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Points clés des lignes d’orientation

h) Les décideurs doivent choisir entre un régime b) Dans la mesure où le caractère confidentiel
de primes uniformes et un régime de primes de l’information reçue est préservé, toute
différentielles indexées sur les profils de risque l’information utile devrait être échangée entre
des banques. La méthode et les critères de les assureurs-dépôts de différentes autorités
tarification utilisés dans le cadre d’un régime et peut-être aussi entre les assureurs-dépôts
de primes différentielles indexées sur le risque et les intervenants au sein du filet de sécurité
devraient être transparents pour tous les financier d’autres pays, lorsque les circon-
participants. De mêmes, les décideurs qui stances le justifient. Quoi qu’il en soit, les
adoptent un tel régime devraient s’assurer assureurs-dépôts devraient avoir accès à
que les ressources compétentes nécessaires toute l’information dont ils ont besoin pour
sont en place pour administrer le système. s’acquitter de leur mandat et rembourser
Ils devraient également examiner de près les rapidement les déposants. (page 28)
avantages et les inconvénients que compor-
tent la non-divulgation, pour des raisons de
confidentialité, des renseignements concer-
nant le profil de risque de chaque banque.
(pages 26-27)
17
Résolution des faillites
a) Il est essentiel d’établir une collaboration entre

15 les divers agents du filet de sécurité financier,


tant avant qu’après une faillite, pour que la
situation des banques en difficulté soit prise
Information du public en main de façon efficace et en temps utile.
Il est essentiel d’informer le public sur les (page 30)
avantages et les restrictions d’un régime
b) Il est crucial de déterminer le moment où
d’assurance-dépôts pour que celui-ci soit
une banque éprouve de sérieuses difficultés
efficace. L’expérience montre que les caractéris-
financières. Ce constat devrait être dressé à
tiques d’un régime doivent être régulièrement
l’aide de critères explicites et transparents par
communiquées au public afin d’en préserver
un agent du filet de sécurité financier qui est
et d’en renforcer la crédibilité. (page 27)
investi du pouvoir d’agir. Bien que des moyens
d’action rapides et décisifs s’imposent pour
réduire le coût d’une faillite bancaire, il
16 importe de prêter une attention toute parti-
culière aux questions de confidentialité de
Opérations transfrontière sorte à protéger le mécanisme d’échange
d’informations entre les divers intervenants
a) Lorsque le régime du pays hôte fournit des dans la stabilité financière. (page 30)
garanties annexes, il faudrait éviter les rem-
boursements multiples de déposants assurés. c) Un processus efficace de résolution des fail-
L’assurance-dépôts offerte par le régime du lites devrait être doté des objectifs suivants :
pays d’origine devrait être prise en compte permettre à l’assureur-dépôts de s’acquitter
dans le calcul des primes et cotisations. de ses obligations ; assurer le remboursement
(page 28) rapide et exact des déposants ; minimiser les
coûts associés au règlement des cas de faillite

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Points clés des lignes d’orientation

bancaire et les désorganisations du marché ; des registres, à abréger le délai d’exécution


optimiser les sommes récupérées sur la réal- du processus de remboursement et à préserver
isation de l’actif ; régler les réclamations la confiance du public. (page 33)
authentiques en temps utile et de façon
équitable ; renforcer la discipline par des c) Le processus de remboursement devrait faire
poursuites contre les cas de négligence ou l’objet d’une évaluation ex post de sorte à faire
d’autres fautes. (page 30) ressortir les leçons à tirer de l’expérience
acquise. (page 34)
d) Il existe trois types de résolution de base : la
liquidation et le remboursement des dépôts
assurés ; l’acquisition et la prise en charge
(ventes) ; l’aide au redressement d’une banque 19
en exploitation. Le choix des résolutions peut Réclamations et
être tributaire dans une large mesure des lois
sur la faillite, l’insolvabilité et d’autres matières, recouvrements
puisque ces lois varient considérablement a) Les pouvoirs conférés à l’entité responsable
d’un pays à l’autre et peuvent parfois rendre en matière de réclamations et de recouvre-
difficile l’application de certaines méthodes de ments devraient émaner des lois applicables
règlement. Étant donné l’importance partic- et prévoir le contrôle des avoirs de la banque
ulière que revêtent les banques et les faillites en faillite, les droits et privilèges afférents
bancaires, il pourrait être utile pour les aux contrats, le pouvoir d’admettre ou de
décideurs de déterminer si la législation rejeter des réclamations, le pouvoir de faire
régissant la faillite et l’insolvabilité facilite la exécuter ou de rejeter certaines obligations
fermeture ordonnée des banques en difficulté. contractuelles et le pouvoir de contester les
(page 31) transactions, transferts et virements fraud-
uleux. (pages 34)

18 b) Les stratégies de gestion et de cession de


l’actif devraient faire valoir leur bien-fondé
économique et s’appuyer principalement
Remboursement des sur des considérations commerciales, compte
déposants tenu des facteurs suivants : la qualité de l’actif,
la capacité d’absorption et la conjoncture
a) Il importe d’établir des systèmes et proces- des marchés, la disponibilité des compétences
sus pour procéder à l’examen préparatoire particulières à la gestion et à la cession de
du passif-dépôts détenu par les banques en l’actif, les prescriptions juridiques en matière
difficulté. Pour ce faire, il faudra élaborer des de cession de l’actif et les objectifs de politique
pratiques et méthodes administratives et générale. (page 34)
évaluer de façon continue la qualité et la
sécurité des registres de dépôts bancaires. c) La transparence et l’accès à l’information
(pages 32-33) sont les facteurs clés de la mise en marché
des actifs d’une banque qui a fait faillite. Il
b) L’assureur-dépôts devrait connaître dès que est possible, en principe, d’appliquer une
possible la date de fermeture de la banque. grande variété de méthodes de cession des
Obtenir l’accès aux données utiles sur les actifs d’une banque faillie : vente des éléments
dépôts avant la fermeture de la banque con- d’actif individuels, vente aux enchères,
tribue à amoindrir le risque de manipulation

48
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Points clés des lignes d’orientation

soumissions cachetées, vente en lot, titrisa- b) Les décideurs devraient être sensibilisés aux
tion, sociétés de gestion d’actifs, partenariats effets du nantissement. Le nantissement des
à capitaux propres, etc. (page 35) passifs d’une banque peut, lorsqu’il est trop
étendu, avoir des répercussions sur les frais
d) Les réclamations déposées par la banque de l’assureur-dépôts et affecter sa capacité
faillie ou par le séquestre/liquidateur contre de soutenir financièrement une banque en
les administrateurs, dirigeants, vérificateurs difficulté. (pages 36-37)
ou autres parties à la faillite bancaire, ou bien
les actions intentées par cette banque ou par c) Certains pays attachent une importance parti-
le séquestre/liquidateur contre l’une ou l’autre culière à la compensation, tandis que d’autres
de ces parties, constituent des actifs d’une considèrent qu’elle peut donner lieu à un
importance éventuelle. Ces réclamations traitement inégal. Lorsque la compensation
peuvent donner lieu au recouvrement de est autorisée, il est recommandé de clarifier
sommes considérables et contribuer à favoriser certaines questions, dont celle de savoir si la
la discipline au sein du secteur bancaire. compensation devrait s’appliquer à tous les
C’est pourquoi, avant de poursuivre les prêts ou uniquement aux prêts exigibles ou
démarches, il faudrait examiner de près en souffrance. L’ordre de priorité des récla-
toutes les réclamations possibles afin de mations détenues dans une faillite bancaire
déterminer leur bien-fondé et leur potentiel peut influer sur la compensation. Pour
de recouvrement. (page 35) régler ces questions, il y a généralement lieu
de faire des compromis entre les différents
objectifs de politique générale et de façonner

20 des solutions particulières aux besoins du


pays. (page 37)

Classement des déposants,


nantissement et droits de
compensation
a) Les décideurs devraient être sensibilisés aux
conséquences que la législation en vigueur
régissant les droits de priorité des déposants
peut avoir sur les coûts associés au règle-
ment des faillites et sur la motivation des
déposants ou des autres créanciers à exercer
une discipline de marché. (page 36)

49
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
Annexes et
Annexes et Glossaire
Glossaire

I Membres du Groupe de travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

II Démarche suivi pour l’élaboration des documents de travail . . . 53

III Organismes qui ont appuyé le Groupe de travail . . . . . . . . . . . . . 56

Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Annexe I
Membres du Groupe de travail
Président
M. Jean Pierre Sabourin, Président et chef de la direction
Société d’assurance-dépôts du Canada

Allemagne : Ministère fédéral des Finances Argentine : Seguro de Depósitos Sociedad Anónima
M. Udo Franke, conseiller ministériel M. José Carlos Jaime, président
M. Dietrich Jahn, conseiller ministériel (jusqu’en 2000) M. Adolfo César Diz, membre du conseil
M. Martin Lagos, conseiller
Canada : Société d’assurance-dépôts du Canada (SADC)
M. Ronald N. Robertson, président du conseil Chili : Banco Central de Chile
M. Guy L. Saint-Pierre, premier vice-président, assurance et M. Rodrigo Cifuentes, économiste principal
évaluation des risques M. Carlos Budnevich Le-Fort, directeur de l’analyse financière
M. Wayne Acton, premier vice-président, exploitations régionales (jusqu’en février 2001)
M. David Walker, directeur, politiques et économique
France : Secrétariat général de la Commission bancaire
États-Unis d’Amérique : Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) Mme Sylvie Mathérat, chef du service des études bancaires
Mme Donna A. Tanoue, présidente (jusqu’en juillet 2001) M. Olivier Jaudoin, adjoint au chef du service des études bancaires
M. George Hanc, directeur associé
M. Christie Sciacca, directeur associé Italie : Banca d’Italia
M. Giovanni Carosio, administrateur général, surveillance des
Hongrie : Fonds national d’assurance-dépôts de la Hongrie établissements de crédit
M. Dániel Jánossy, directeur général M. Alessio De Vincenzo, économiste, service de la surveillance
M. András Fekete-Gyor, directeur général adjoint bancaire et financière
Jamaïque : Jamaica Deposit Insurance Corporation Japon : Agence des services financiers, Société d’assurance-dépôts du
M. Winston K. Carr, chef de la direction Japon, ministère des Finances
M. Masaru Honma, directeur exécutif, service des affaires générales, SAD
Mexique : Instituto para la Protección al Ahorro Bancario M. Masamichi Kono, directeur, division des affaires internationales,
M. Carlos Isoard, membre du conseil d’administration Bureau de la planification et de la coordination, ASF
M. Julio César Mendez, secrétaire général et chef de la direction [Link] Kanzaki, Bureau international, ministère des Finances
[Link] Corta, secrétaire général et chef de la direction (jusqu’en juin 2000)
(jusqu’en septembre 2000) M. Noriaki Oka, conseiller en chef, service des affaires générales, SAD
Mme Ingrid Cerwinka, directrice générale adjointe (jusqu’en
novembre 2000) Banque mondiale
M. Gerard Caprio, directeur, département des politiques financières,
Philippines : Philippine Deposit Insurance Corporation et chef, recherches dans le secteur financier
M. Norberto C. Nazareno, président et chef de la direction M. Giovanni Majnoni, conseiller, département des stratégies et
M. Ricardo M. Tan, vice-président exécutif politiques du secteur financier
Mme Rosalinda U. Casiguran, vice-présidente principale aux affaires
juridiques et conseillère juridique en chef Fonds monétaire international
Mme Virginia P. Castillo, vice-présidente principale M. David S. Hoelscher, chef de division
Mme Rescina S. Bhagwani, vice-présidente M. Charles A. Enoch, directeur adjoint (jusqu’en avril 2000)
M. Michael Taylor, économiste principal
Division des problèmes bancaires systémiques

Membres du Secrétariat : Société d’assurance-dépôts du Canada Forum pour la stabilité financière


Mme M. Claudia Morrow, secrétaire de la Société M. Pierre Cailleteau
Secrétaire du Groupe de travail
M. John Raymond LaBrosse, directeur, affaires internationales
Directeur exécutif du Groupe de travail
Mme Jacqueline (Jackie) Chartrand, soutien administratif et
technique au Groupe de travail

Comité de recherche :
M. George Hanc, chef (FDIC) Mme Christine Blair (FDIC)
M. David Walker (SADC) Mme Rose Kushmeider (FDIC)
Mme Detta Voesar (FDIC) M. Greg Cowper (SADC)

52
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
Annexe II
Démarche suivi pour l’élaboration
des documents de travail

1. Plan de recherche Le processus comportait deux volets : une réunion


de deux jours du Groupe de travail, suivie d’une
Le Groupe de travail a établi un plan de recherche sur séance d’information accueillie par l’un des pays
les diverses questions qui sont traitées dans les membres, et une conférence de deux jours portant
lignes d’orientation sur l’assurance-dépôts. Ce docu- sur des questions visées par les lignes d’orientation.
ment a été publié sur notre site à l’adresse suivante : Les séances d’information et les conférences ont été
[Link] Les seize questions soutenues financièrement et sur d’autres plans par
cernées ont été confiées à des sous-groupes, et chacun les pays membres du Groupe du travail, par d’autres
de ces sous-groupes était coordonné par un membre organismes et, dans certains cas, par l’Institut pour la
du Groupe de travail et bénéficiait de l’aide d’un stabilité financière (ISF). Le Groupe de travail a colla-
membre du comité de recherche. boré également avec plusieurs banques régionales
de développement.
2. Séances d’information et
Le site Web du Groupe de travail donne accès au
conférences
texte de ces exposés et présentations et à celui des
Le Groupe de travail a tenu des réunions en Suisse, observations formulées par de nombreux inter-
aux États-Unis d’Amérique, au Mexique, en Hongrie, venants, aux vidéos de chaque conférence, ainsi
en Malaisie, en Argentine, en Italie et au Chili. Il a qu’aux plans d’activités et aux documents de travail
organisé un programme d’échanges et d’activités à du Groupe de travail. Tout au long de son mandat,
l’intention des personnes s’intéressant à l’assurance- le Groupe de travail a transmis des messages élec-
dépôts qui ont pu tirer profit de l’expérience d’autres troniques à plus de 600 personnes et son site Web
parties. Le Groupe de travail a rencontré plus de a reçu plus de 40 000 visites.
400 représentants d’une centaine de pays. En plus
des présentations des membres du Groupe de tra-
vail, plus de 90 exposés ont été faits, dans le cadre
de conférences et de séminaires, par des personnes
qui n’étaient pas associées de près au groupe.

53
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Annexe II

Séances d’information, conférences et séminaires


Endroit Organisme hôte Date
Bâle, Suisse Institut pour la stabilité financière (ISF) et Mai 2000
Federal Deposit Insurance Corporation
Washington (D.C.), États-Unis Banque mondiale Juin et octobre 2000
Banque interaméricaine de développement (BID) Juillet 2000
Cancun, Mexique Instituto para la Protección al Ahorro Bancario (IPAB) Octobre 2000
Budapest, Hongrie Fonds national d’assurance-dépôts de la Hongrie Novembre 2000
(FNAD), Banque européenne pour la reconstruction et
le développement et ISF
Chicago (IL), États-Unis Banque de réserve fédérale de Chicago Décembre 2000
Kuala Lumpur, Malaisie Philippines Deposit Insurance Corporation, ISF et Janvier 2001
South East Asian Central Banks (SEACEN)
Berlin, Allemagne Ministère fédéral des Finances, Allemagne Mars 2001
Paris, France Organisation de Coopération et de Développement Mars 2001
Économiques (OCDE)
Buenos Aires, Argentine Seguro de Depósitos Sociedad Anónima (SEDESA) Mars 2001
Rome, Italie Banca d’Italia Avril 2001
Lusaka, Zambie Marché commun de l’Afrique australe et orientale Avril 2001
(COMESA)

3. Plans d’activités Les documents de travail ont également été publiés


en vue de susciter les commentaires des parties
Chaque sous-groupe possédait son propre plan
intéressées. Ils sont regroupés dans le Volume II du
d’activités (publié sur le site Web [Link]/
présent rapport et sont téléchargeables à l’adresse
international), qui définissait ses objectifs, ses lignes
Web suivante : [Link]/international.
de conduite et les moyens utilisés pour susciter une
rétroaction. La démarche adoptée s’est exécutée
principalement au moyen du site Web, des séances
5. Rapport final — Lignes
d’information et des conférences. d’orientation sur
l’assurance-dépôts
4. Documents de travail Les activités du Groupe de travail se sont traduites
Le Groupe de travail a élaboré dans un esprit non finalement par le présent rapport au Forum pour
normatif ses documents de travail sur les diverses la stabilité financière. Ce rapport rassemble les
questions abordées dans les lignes d’orientation. questions qui ont fait l’objet des documents de
Ces documents, qui s’appuient sur des travaux de travail et les points de vue formulés au cours des
recherche universitaire, examinent les éléments séances d’information ou transmis par le site Web.
pertinents des régimes d’assurance-dépôts efficaces
Le diagramme ci-après illustre le processus
tout en évaluant les compromis et les consé-
appliqué :
quences qui accompagnent chacune des solutions
d’assurance-dépôts.

54
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Annexe II

Plans d’activités et
documents de travail

Consultations

Site Web Séances d’information Conférences/Séminaires

Lignes d’orientation sur


l’assurance-dépôts

55
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
Annexe III
O rganismes qui ont appuyé le Group de travail

Séances d’information, séminaires et conférences

Ambassade du Canada à Rome, Italie Haut-Commissariat du Canada en Malaisie

Banca d’Italia Instituto para la Protección al Ahorro


Bancario, Mexique
Banque asiatique de développement
Institut pour la stabilité financière
Banque de réserve fédérale de Chicago
Marché commun de l’Afrique australe et
Banque des règlements internationaux orientale

Banque européenne pour la reconstruction Ministère fédéral des Finances, Allemagne


et le développement
Organisation de Coopération et de
Banque interaméricaine de développement Développement Économiques

Banque mondiale Philippine Deposit Insurance Corporation

Bureau canadien de l’éducation internationale Seguro de Depósitos Sociedad Anónima,


Argentine
Federal Deposit Insurance Corporation
Société d’assurance-dépôts du Canada
Fonds national d’assurance-dépôts
de la Hongrie South East Asian Central Banks

56
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Annexe III

Pays participants aux séances d’information et aux conférences/séminaires


De Bâle – Suisse (mai 2000) à Lusaka – Zambie (avril 2001)
Afrique du Sud Finlande Namibie
Albanie France Nouvelle-Zélande
Algérie Gibraltar Norvège
Allemagne Grèce Oman, Sultanat d’
Antilles néerlandaises Guernesey Ouganda
Arabie saoudite Haïti Ouzbékistan
Argentine Hongkong, RAS Panama
Arménie Hongrie Paraguay
Autriche Inde Pérou
Azerbaïdjan Indonésie Philippines
Bahamas Iran Pologne
Bahreïn Irlande Portugal
Barbade Islande République slovaque
Belgique Île de Man République tchèque
Bolivie Israël Roumanie
Bosnie-Herzégovine Italie Royaume-Uni
Botswana Jamaïque Rwanda
Brésil Japon Singapour
Bulgarie Jersey Slovénie
Burundi Jordanie Soudan
Cambodge Kazakhstan Sri Lanka
Canada Kenya Suède
Chili Kirghizistan Suisse
Chine Koweït Swaziland
Chypre Lettonie Tadjikistan
Colombie Liban Taïwan
Commission européenne Lituanie Tanzanie
Congo Luxembourg Thaïlande
Corée Macao, RAS Trinité-et-Tobago
Côte d’Ivoire Macédoine, République de Tunisie
Croatie Madagascar Turkménistan
Danemark Malawi Turquie
Égypte Malaysia Ukraine
El Salvador Malte Uruguay
Érythrée Maroc Venezuela
Espagne Maurice Vietnam
Estonie Mexique Yougoslavie
États-Unis d’Amérique Moldova, République de Zambie
Éthiopie Mongolie Zimbabwe
Fédération de Russie Mozambique

57
Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
Glossaire

abstention — Prolongation accordée à certaines banque de transition — Banque créée et exploitée


banques en difficulté du délai dans lequel elles temporairement en vue d’acquérir l’actif et
doivent se conformer aux exigences réglemen- le passif d’une institution faillie jusqu’au
taires minimales. règlement définitif du dossier.

acquisition et prise en charge (ventes) — banque étrangère — Une filiale de banque étrangère
Méthode de règlement par laquelle une banque est constituée à titre de personne morale distincte
solide ou un groupe d’investisseurs prend en dans le pays hôte. Une succursale de banque
charge une partie ou la totalité des obligations, et étrangère, par contre, est le prolongement de
acquiert une partie ou la totalité des éléments la banque étrangère comme telle dans un pays
d’actif de la banque faillie. hôte. Les succursales et les filiales de banques
étrangères peuvent être soumises à des règles
aide au redressement d’une banque en exploitation
différentes et à la surveillance d’autorités de
— Méthode de règlement par laquelle une
tutelle différentes par un pays hôte.
banque assurée qui est menacée de faillite se
voit consentir une aide sous forme de prêt direct, coassurance — Régime en vertu duquel l’assureur
de fusion assistée ou d’acquisition d’éléments prend en charge une quote-part prédéterminée
d’actif. de la valeur assurée des dépôts, le seuil devant
être inférieur à 100 % de leur valeur.
aléa moral — Incitation à prendre des risques
supplémentaires qui est souvent inhérente aux compensation — Vise les situations où la réclama-
contrats d’assurance et qui découle de la pro- tion d’un créancier dans le dossier d’une banque
tection contre les pertes garantie aux parties insolvable (par exemple, un dépôt) est retranchée
du contrat. sur une réclamation de la banque contre le
créancier (par exemple, un prêt).
analyse de la situation — Examen que les
décideurs conduisent en vue d’évaluer divers compensation de position — Opération par
facteurs tels que l’état de l’économie, les poli- laquelle l’encours de prêts contractés auprès
tiques monétaire et budgétaire en vigueur, la d’une institution faillie est retranché sur la
situation et la structure du système bancaire, valeur des dépôts assurés d’un titulaire de
les attitudes et les attentes du public, la condition compte, ou par laquelle le montant des dépôts
du régime légal, les cadres de réglementation dépassant la limite de protection est retranché
et de surveillance prudentielles, le système sur l’encours de prêts d’un titulaire de compte.
comptable et le régime d’information.
compte d’attente — Compte destiné à enregistrer
antisélection — Tendance des banques à risque élevé une opération à titre provisoire jusqu’à ce que
à souscrire à l’assurance-dépôts et des banques l’on obtienne une meilleure information per-
à faible risque à se soustraire de l’assurance- mettant d’en effectuer la compensation exacte.
dépôts lorsque la participation au régime est Par exemple, les dividendes et intérêts sont
libre. « virés » sur un compte en fiducie à la date à
laquelle ils sont dus, même si l’argent des
assurance-dépôts à couverture limitée — Garantie
déposants et des agents payeurs n’est pas
que le principal des dépôts protégés et les
totalement reçu à temps.
intérêts courus seront remboursés jusqu’à
concurrence d’un plafond fixe.

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Glossaire

contagion — Propagation à d’autres institutions garantie globale — Déclaration par laquelle le


financières des effets d’un retrait massif de gouvernement atteste que tous les dépôts et
dépôts chez une banque. peut-être les autres instruments financiers
seront protégés.
discipline de marché — Situation où les déposants
ou les créanciers, après avoir évalué la nature gouvernement d’entreprise — Ensemble des
des risques que présente une banque, décident processus, structures et informations servant
de confier leur argent à cette dernière ou de à orienter et à surveiller la gestion d’une
l’en retirer. organisation.

discipline exercée par les autorités de réglemen- information — Fait, état ou description commu-
tation — Conditions régissant la constitution niqué clairement et publiquement.
des nouvelles banques, les compétences des
mandat — Ensemble de directives officielles ou
administrateurs et des gestionnaires d’une
énoncé de mission d’une entreprise.
institution, les activités commerciales, les
changements d’autorité de contrôle, les normes nantissement — Acquisition par un créancier
de gestion des risques, les contrôles internes et d’une obligation hypothécaire, d’une garantie,
les vérifications externes. d’une charge ou d’une autre forme de sûreté
constituée sur un ou plusieurs éléments d’actif
discipline exercée par les autorités de surveillance
d’un débiteur.
— Exige la surveillance de la solidité, fiabilité
et conformité des banques ainsi que la prise point de référence — Standard ou principe direc-
de mesures correctrices rapides, y compris la teur sur lequel sont fondées les comparaisons
fermeture d’une banque, au besoin. entre éléments ou processus.
droit de priorité des déposants — Traitement prime différentielle/prime différentielle fondée
préférentiel accordé aux déposants de sorte que sur le risque — Somme qu’une banque doit
leurs réclamations soient entièrement payées verser suivant son profil de risque.
avant celles des autres créanciers.
recouvrement — Sommes récupérées sur le produit
filet de sécurité financier — Ensemble regroupant net de la réalisation de l’actif d’une banque.
généralement la fonction d’assurance des dépôts,
la réglementation et la surveillance pruden- retrait massif — Perte rapide de dépôts précipitée
tielles ainsi que la fonction de prêteur de dernier par la crainte chez le public qu’une banque ne
recours. soit sur le point de faire faillite et que les
déposants ne perdent leur argent.
financement ex ante — Capitalisation de liquidités
destinées à couvrir les réclamations d’assurance- risque systémique — Risque ayant des répercussions
dépôts pour le cas où une banque adhérente sur la solidité du système financier en général
ferait faillite. et susceptible d’influer défavorablement sur
la stabilité financière et l’ensemble de la
financement ex post — Imposition d’une contri- conjoncture économique.
bution après la faillite d’une banque adhérente
en vue de couvrir les réclamations d’assurance- séquestre – Personne morale habilitée à réduire
dépôts. progressivement les opérations d’une banque
devenue insolvable.
fonction de prêteur de dernier recours —
Prestation de capitaux liquides au système
financier par une banque centrale.

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
• F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E •
Glossaire

solution de moindre coût — Procédure en vertu de


laquelle l’assureur-dépôts ou une autre personne
morale désignée doit mettre en œuvre l’option
jugée la moins coûteuse pour le régime, y
compris la liquidation de la banque faillie.

système de simple indemnisation (« paybox ») —


Régime dont l’assureur-dépôts est investi de
pouvoirs limités au paiement des réclamation
des déposants.

système visant à minimiser les risques — Régime


dont l’assureur-dépôts est habilité à réduire les
risques auxquels il est exposé. Il est investi,
entre autres, des pouvoirs de contrôler l’adhésion
au régime et l’annulation des polices d’assurance,
d’évaluer et de gérer ses propres risques, et de
procéder ou de faire procéder à l’examen des
activités des banques.

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
Notes de référence

1 Le Groupe de travail était composé de représentants 2 Le lecteur soucieux d’examiner plus en profondeur
de l’Allemagne, de l’Argentine, du Canada, du Chili, les questions traitées dans le présent rapport est
des États-Unis d’Amérique, de la France, de la invité à consulter les documents de travail.
Hongrie, de l’Italie, de la Jamaïque, du Japon, du
Mexique, des Philippines, de la Banque mondiale et 3 Dans certains pays, l’assureur-dépôts peut s’exposer
du Fonds monétaire internationale (voir annexe I). à d’importants risques de responsabilité face à des
La démarche que le Groupe de travail a adoptée créanciers insatisfaits.
pour élaborer les documents de travail sur les ques-
tions traitées dans les lignes d’orientation, et les 4 Les rôles que les assureurs-dépôts et les autres
techniques qu’il a utilisées pour mener à bien les agents du filet de sécurité financier jouent dans la
activités d’information sont décrites à l’annexe II. gestion des réclamations et des recouvrements varient
L’annexe III dresse la liste des organisations et des considérablement d’un pays à l’autre. Lorsque les
pays qui ont participé aux séances d’information, remboursements de dépôts assurés sont effectués à
aux séminaires et aux conférences. Un glossaire l’étape de la liquidation d’une banque, l’assureur-
définissant les termes utilisés dans le présent rap- dépôts est généralement subrogé dans les droits
port se trouve à la fin du document. Le Volume II, des déposants assurés, et c’est lui qui s’occupe très
distinct du présent rapport et téléchargeable à souvent de présenter et de gérer de près la demande
l’adresse Web ([Link]/international), comprend d’indemnisation. Dans certains cas, l’assureur-
le plan de recherche, les documents de travail portant dépôts joue un rôle important dans la minimisation
sur les seize questions visées par les lignes d’orienta- des risques ou le processus de recouvrement à titre,
tion, les références bibliographiques et d’autres par exemple, de prêteur, de créancier ou même de
renseignements sur les activités d’information. séquestre. Dans d’autres cas, ces fonctions sont
attribuées à d’autres entités.

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Lignes d’orientation pour l’établissement de régimes d’assurance-dépôts efficaces
F O R U M P O U R L A S TA B I L I T É F I N A N C I È R E

Lignes d'orientation pour l'établissement de régimes d'assurance-dépôts efficaces


Le 7 septembre 2001

Common questions

Alimenté par l’IA

La transition nécessite de rassurer le public face à la diminution de la protection en expliquant les bénéfices de l'assurance-dépôts. L'importance de la durée de la transition doit être soulignée, et les décisions doivent prendre en compte la capacité du système bancaire à soutenir le régime .

Les défis incluent la transparence et l'accès à l'information, l'optimisation des sommes récupérées, et la conformité aux prescriptions juridiques. Il est crucial de choisir des méthodes de cession adéquates et de s'assurer de l'alignement des stratégies de cession avec les objectifs de politique générale .

Les facteurs contextuels incluent le niveau d'activité économique, les politiques monétaire et budgétaire, la condition et la structure du système bancaire, et les attentes du public. Ces éléments doivent être analysés pour aligner le régime avec le contexte socio-économique .

Les régimes d'assurance-dépôts contribuent à la stabilité financière en protégeant les déposants assurés contre les répercussions d'une faillite bancaire, ce qui préserve la confiance du public . En libérant les déposants de la tâche de surveiller la situation financière des banques, l'assurance-dépôts diminue le risque de retraits massifs de dépôts, ce qui peut atténuer le risque systémique .

Les conférences et échanges permettent le partage des meilleures pratiques, la diffusion des lignes directrices, et l'apprentissage mutuel. Ils aident à informer et éduquer des parties prenantes globales sur l'assurance-dépôts, facilitant l'adoption et la réforme des régimes nationaux .

La crédibilité des régimes d'assurance-dépôts préserve la confiance des petits épargnants et empêche les retraits de panique. Elle est évaluée par l'efficacité du régime à atteindre ses objectifs, nécessitant des processus de révision continue des mandats et pouvoirs, et une évaluation de son adéquation avec les conditions socio-économiques .

Les lignes d'orientation fournissent un cadre non normatif pour instaurer des régimes efficaces en intégrant les leçons de l'expérience internationale. Elles recommandent des analyses contextuelles, une définition claire des mandats, et un engagement envers l'amélioration continue, tout en restant adaptable aux spécificités locales .

Un cadre légal solide garantit la cohérence et l'efficacité des régimes d'assurance-dépôts. Il assure la viabilité des banques, en imposant des pratiques prudentes en gestion de risques et capitalisation, et facilite les résolutions bancaires, minimisant ainsi les risques et les coûts en cas de faillite .

Les processus de résolution incluent la liquidation, l'acquisition et la prise en charge, ainsi que l'aide au redressement. La liquidation et le remboursement des dépôts assurés sont directs mais peuvent nuire à la confiance. L'acquisition et la prise en charge offrent une continuité mais nécessitent des ressources importantes de l'acheteur. L'aide au redressement peut stabiliser temporairement une banque mais risque d'attirer les dépôts indûment ou de retarder une solution durable .

Un régime d'assurance-dépôts explicite réduit l'aléa moral en limitant la couverture et en excluant certaines catégories de déposants. Des mécanismes comme la coassurance, des primes différentielles basées sur le risque, et la fermeture rapide des banques défaillantes peuvent également atténuer ce risque .

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