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Loi #1980 1 Du 22 Janvier 1980

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r r=>:

Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980


AB':5 :tE> N° Ki ,~., -. 1 .\L!PM/SGG/SL
RÉPUS LI ~UE
UN PEUeLE - UN
DU
BUT
SÉN ÉGAL
- UNE FOI
'2Jahar, le
197: f
Je pr&JiJenl Je ta RépubACjue

)j/tJ
Monsieur le Président,

Je vous fais parvenir, ci-joint, un


décret ordonnant la présentation à l'Assemblée nationale d'un
projet dé lOi~rOgeant ét r~mplaçant les articles 203, 205,
206, 208, 210, 12 à 217, 219, 221 et le 7ème alinéa de l'ar-
ticle 222 du code du Travail, complétant l'article 51 et ajou-~
tant un article 227 bis audit code.

Je vous prie de bien vouloir soumettre


ce projet à la délibération de l'~ss~mblée nationale.

Veuillez agréer, Monsieur le Président,


l'assurance de ma haute considération.

01
Monsieur Amadou Cissé Dia
Président de l'Assemblée nationals b~2E.2.!.9_~~S~!_2;~~b2~
-:- D A K A R -:-
---------

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

'- REPUBLIQUe: DU SE;NEGAL


-:
Un Peuple - Un But - Une Foi N° 79- 1017/PM/SGMSL

lL:JECRET

Ordonnant la présentation à l'Assemblée narlona-


ie d'un projet de loi abrogeant et r-emptaçant les
ar-ttctes 203, 205, 206, 208, 210, 212 à 217.
21~.· 221 e.~.e 7ème alinéa de lIarticl&·a28 qy
code du travail, comptétant l'article 51 et ajou-
tarit un article 227 bis audit srticle.
----_ ....•....••..•....•.

LE PRESIDENT DELA REPUBLIQUE,

VU la Constitution,

,D E ç B ,5 T E

Article Premier .- Le projet de lot dont ie texte est annexé au présent déqret,
sera présenté à l'Assemblée nationale par le ministre d'Etat (..ha~gé de la Justice,
Garde des Sceaux, qui est chargé dlen exposer- les motifs et dlen sootenir lil dis-
cussion.

Article 3.- Le ministre d'Etat chargé de la Jus'ica, Garde des Sceaux et le mini
tre de fllnft,rmation et des Télécommunications, hargé ~es Relations avec' res As-
semblées, sont chargés chacun, en ce qu ' le concer-ne c ~ l'exécution du présent
décret. "

Fait à Dakar, le31 Octobre 1979


,
il
; i,
1 :
i;i r
1/ Ir/
V 1_
Léopold Sédar SENGt-OR
Par

Le ministre d'Etat chargé de la Justice


Garde des Sceallx.

le Ministre de l'Information et des


Télécommunications, chargé des Relations
avec les Assemblées.

J\ ~-f\(\
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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

~--'-"",,"-

REPUBLIQUE DU SENEGAL 25.10.79


Un Peuple - Un But - Une foi

MINISTERE DE LA JUSTICE

PROJET DE LOI
abrogeant et remplaçant les articles 203, 205
206, 208, 210, 213 à 217, 219, 221 et le 7ème
alinéa de l'article 228 du Code du travail~
complétant l'article 51 et ajoutant un article
227 bis audit Code.

----------------
EXPOSE DES MOTIfS

Les tribunaux du travail fonctionnent au Sénégal depuis


1953. Créés en 1952, avant l'indépendance, par le Code du travail
applicable aux territoires d'outre-mer, ils ont été conservés, sans
grandes modifications, par le Code du travail sénégalais dont le
Titre VIII, dans son chapitre premier, reprend, presque littéralement,
la plupart des dispositions des articles 180 à 208 de la loi française
nV 52-1322 du 15 décembre 1952.

Vingt cinq années d'expérience ont permis de constater que


l'institution était opportune mais que, pour l'adapter avec plus
d'exactitude aux réalités sénégalaises, il était nécessaire de lui
apporter certains correctifs.

.../ ...

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 2 -

L'objet du présent projet de loi eet de réaliser cette


réfonte nécessaire en tenant compte de cinq préoccupations :

- Tirer les conséquences de l'intégration des tribunaux


du travail dans l'organisation judiciaire;

- Renforcer la représentati\ité professionnelle des


assesseurs ;
- Eviter l'exploitation des travailleurs par des mandataires
abusi fs
- Améliorer le déroulement de la procédure ;
- Plafonner le quantum des dommages intérêts pour rupture
abusive du contrat de travail.

l - L'Insertion des tribunaux du travail dans l'organisation


judiciaire

Lors de la mise en place de l'institution? il a été prévu


que chaque tribunal du travail est créé par un décret qui fixe son
siège et son ressort territorial. A ce jour1 il a été institué un
tribunal du travail à chaque chef-lieu de région1 l'implantation de
ces juridictions venant ainsi s'insérer dans l'organisation adminis-
trative. Il était donc opportun de poser en principe qu'au chef-lieu
de région il existe un tribunal du travail ayant pour ressort le
territoire de la région: c'est l'objet de l'article 203 du projet.

La loi nO 77-88 du 10 AoOt 1977 a modifié le statut de la


magistrature pour insérer les emplois de président du tribunal du
traavail dans les degrés de la hiérarchie judiciaire .

• • • / • <0 •

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 3 -

Les présidents
seront des
.
et les juges titulaires
magistrats gradés et expérimentés.
des juridictions du travail,
Afin de donner plein
effet à cette réforme, il convenait de supprimer la possibilité de
faire présider le tribunal du travail par un fonctionnaire~ possibi-
lité dont il n'a d'ailleurs jamais été fait usage au Sénégal. Le
projet donne à cet égard une nouvelle rédaction aux articles 205 et
208 en y enlevant toute indication visant l'hypothèse d'un président
non magistrat.

Une modification est enfin proposée pour l'alinéa 6 de


l'article 205, afin de préciser que le Secrétaire du tribunal du
travail est un greffier désigné par arrêté du ministre de la Justice~
alors que la rédaction actuelle prévoit que ces fonctions sont assurées
par un agent administratif ncmmé par arrêté conjoint des ministres
•... _,- - _ .._-
chargés de la Justice et du Travail. Le Secrétariat du Tribunal du
Travail étant un véritable greffe, il paraissait en effet préférable
que cette charge soit assumée par un agent spécialisé.

II - Les assesseurs.-

La présence d'assesseurs issus du milieu professionnel


siégeant aux côtés d'un président magistrat est la caractéristique
principale des juridictions du travail.

Employeurs ou travailleurs, ils peuvent apporter leur


connaissance des usages particuliers à une activité professionnelle
déterminée et s'appuyer sur leur expérience de la vie des entreprises.
Il est donc important que chaque litige soit déféré devant une juri-
diction comportant des assesseurs qui proviennent du secteur concerné.

Le Code du travail prévoit seulement que le tribunal du


travail peut être divisé en sections professionnelles. Dans la ré-
daction proposée pour l'alinéa second de l'article 205, le projet
précise que chaque affaire doit, impérativement, être dévolue à la
section qu'elle concerne. Les dispositions à prendre lorsque les
assesseurs d'une section se trouvent empêchés de siéger, sont prévues
au cinquième alinéa de l'article 206.

. '" ./ ....
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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 4 -

Il a été constaté que la fonction d'assesseur était parfois


assurée par des personnalités qui n'avaient plus qu'un lointain
contact avec la profession.

Pour que les assesseurs soient toujours imprégnés des réa-


lités professionnelles, il est prévu de préciser à l'alinéa 2 de
l'article 206 qu'ils doivent lIsxercer effectivement ou avoir exercé
pendant au moins dix années l'activité professionnelle qui motive
leur désignationB•

Le Code du travail prévoit que le mandat des assesseurs est


d'une année. Dans la pratique ce délai s'est avéré trop court pour
que les nouvelles désignations puissent intervenir utilement. ce qui
entraine des perturbations dans le fonctionnement des juridictions.
Il est prévu d'indiquer à l'alinéa 3 de l'article 206 que la durée
du mandat est de deux ans et que même après son expiration les as-
sesseurs anciens peuvent rester en fonction jusqu'à la désignation
des nouveaux assesseurs.

Deux propositions, moins importantes, concernent encore les


assesseurs

- ils doivent savoir lire et écrire le français


(article 205, alinéa 4) 9

- ils prêtent serment devant le président du tribunal du


travail et non plus devant celui du tribunal de première instance
(article 208).

III - Les mandataires. -

Les avocats ont le monopole de la représentation des parties


devant toutes les juridictions autres que les justices de paix. Par
dérogation à ce monopole, il a toujours été admis que les parties

00./.00

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 5 -

pouvaient être assistées et représentées par un mandataire devant les


juridictions du travail. Ce mandataire peut être? soit un travailleur
ou un employeur de la même branche d'activité, soit un membre du
syndicat auquel la partie est affiliée.

Il a été constaté que certains mandataires, d'une activité


syndicale impréciseï se comportaient comme des agents d'affaires et
faisant une profession de l'exercice de leur mandat, sans hésiter
à en abuser au point, notamment? de provoquer les pro8ès et d'acca-
parer une part importante des sommes allouées aux travailleurs.

Pour empêcher cette pratique le projet propose de stipuler


tout d'abord à l'alinéa 1er de l'article 214 que lorsque le mandataire
choisi est un syndicaliste, il doit être le représentant de la cen-
trale syndicale à laquelle le mandat est affilié.

Un article 214 bis exige en outre

- que la centrale syndicale dont se réclame la partie autorise


le représentant à assurer le mandat qui lui est confié

- que le représentant autorisé par la centrale syndicale


exerce lui même une activité professionnelle rémunérée dans la
branche considérée, ou l'ait exercée pendant au moins cinq années.

Dans le cas où aucun représentant de centrale syndicale ne


peut remp11r ces conditions impératives, la partie peut, exeption-
nellement? choisir un représentant de sa fédération qui est alors
dispensé de l'obligation d'activité professionnelle chaque fédération
ne pouvant ~abiliter qu'un seul représentant devant chaque juridiction
du travail. Il est prévu par l'article 214 ter que le président du
tribunal doit refuser l'agrément à tout mandataire s:~dical qui ne
répondrait pas à ces conditions.

l'agrément doit également être refusé à ceux qui ne savent


pas lire et écrire le français, ou qui ont été condamnés pour faits

OfJO/OfJO

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 6 -

contraires à la probité~ ou qui ont fait l'objet d'une interdiction


de représentation prononcée parce qu'ils ont commis des faits in-
compatibles avec l'accomplissement loyal de leurs fonctions.

Devant l'indélicatesse de certains mandataires qui se


faisaient remettre les sommes allouées aux travailleurs sans~ pour
autant~ les reverser intégralement à leur mandant,il avait déjà été
précisé par un article 230 bis que les fonds provenant de l'exécution
des jugements des tribunaux du trevail, devaient être remis en mains-
propres au travailleur ou être versés à celui-ci devant l'inspecteur
du travail. Il a pourtant été constaté que parfois le mandataire in-
délicat, après avoir fait commettre un huissier pour l'exécution du
jugement, recevait lui·-même, des mains de l'officier ministériel, les
sommes ainsi recouvrées. Il est proposé d'ajouter un quatrième alinéa
à l'article 210 pour stipuler que toute somme ou bien quelconque
provenant de l'exécution forcée~ ne vaut paiement libératoire que si
la remise en est effectuée, en mains-propres, au bénéficiaire.

IV - L'amélioration de la procédure. -

Pour accélérer le déroulement de la procédure il est prévu


de donner au président agissant seul, le soin de procéder à la ten-
tative de conciliation et à la mise en état du dossier alors qu'ac-
tuellement ces phases du procès 8e déroulent avec l'assistance des
assesseurs. Ce n'est que lorsque l'affaire lui semble en état d'être
jugée que le président renvoie la cause devant la juridiction et cite
les parties pour la première audience ùtile, les assesseurs n'inter-
venant plus qu'à ce stade de la procédure.

Recommandées par le groupe d'étude des réformes du système


judiciaire, ces dispositions ont paru respectueuses des intérêts des
parties, tout en présentant un caractère de commodité .

• • • / 0 0 0

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 7 -

Assistées de leur conseil ou de leur mandataire dès la ten-


tative de conciliation~ les parties peuvent toujours, en effet, faire
les observations et déposer les conclusions qui leur semblent utiles,
et la mise en état du dossier. peut s'opérer avec beaucoup moins de
formalisme sans être dominée par le calendrier des audiences publiques
de la section. En outre? lorsque l'affaire en état est présentée à
l'audience, le tribunal du travail, composé du président et des asses-
seurs, peut toujours ordonner les mesures complémentaires d'infor-
mation que les parties pourraient solliciter ou que les assesseurs
estimeraient opportunes.

Le projet inscrit ces propositions dans les articles 2199 220,


221 et 221 bis.

Une autre des mesures tendant à l'amélioration de la procédure


consiste à obliger le demandeur à grouper en une seule instance tous
les chefs de réclamation qu'il peut avoir à formuler à propos d'un
différend individuel donné, On a voulu éviter qu'il soit possible
d'engager autant de procèa distincts qu'il y a de chefs de ~emande.
La gratuité de la procédure incite en ces matières certains plaideurs
à multiplier les instances à propos d'un unique différend. Il en
résulte un abus d'actions évident à l'encontre de l'adversaire. En
outre, il est de l'intérêt du demandeur que tous les aspects d'une
même affaire soient examinés en même temps. Le projet insère donc dans
le Code du travail un article 227 bis qui fixe la règle de l'unicité
de ln demande, avec certains aménagements. Dans la nouvelle rédaction
proposée pour les articles 213 et 219, il est précisé que cette règle
est rappelée aux parties dans le texte des citations et lors de la
tentative de conciliation.

On peut noter encore, dans les retouches apportées à la pro-


cédure de première instance l'allongement de 2 à 5 jours du délai
imparti au président~ à compter du dépôt de la requête, pour faire
déli vrer la ci tation en conciliation (article 2 i.S alinéa 'ler ) 0

.0./.00

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 8 -

L'actuelle rédaction du 7ème alinéa de l'article 228 stipule que


l'appel est jugé sur pièces mais, que les parties peuvent demander
à être entendues. En principe, la cour doit donc se contenter des
pièces du dossier sans pouvoir ordonner une mesure d'information com-
plémentaire d'enquête, d'expertise ou de comparution personnelle des
parties. Il a paru nécessaire de compléter cet alinéa en précisant,
ce qui est la règle habituelle, que la cour dispose des mêmes pouvoirs
que le premier juge.

v - Le plafonnement des dommages intérêts pour rupture abusive


du contrat de travail.-

La rupture abusive du contrat de travail peut donner lieu


à dommages intérêts. Différent sur ce point du Code du travail français?
le Code du travail stipule qu'il incombe à l'employeur de prouver
l'existence d'un motif légitime de licenciement. En plus des sommes
qui lui sont dues à titre de salaire? d'indemnité représentative de
congés payés et, le cas échéant, d'indemnité de licenciement, le tra-
vailleur peut aussi prétendre à des dommages intérêts qui ne repré-
sentent pas un salaire, mais le dédommagement du préjudice causé par
un licenciement dont le juste motif n'est pas établi.

L'article 51, alinéa 5, paragraphe b, du Code du travail


précise qu'en cas de licenciement abusif, le montant des dommages
intérêts se calcule en tenant compte des usages, de la nature des
services engagés, de l'ancienneté, de l'~ge du travailleur et des
droits acquis à quelque titre que ce soit.

Bien que l'évaluation du préjudice causé par le licenciement


abusif dépende des circonstances de chaque cas~ le législateur avait
ainsi tracé des critères d'appréciation.

. .. / ...

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 9 -

Un sondage récent a révélé que si, d'une manière générale,


le quantum des dommages intérêts variait autour d'un mois de salaire
par année d'ancienneté, ce quantum pouvait, exceptionnellement, attein-
dre plus d'une année de salaire dans des cas où le travailleur n'était
dans l'entreprise que depuis quelques années.

Il en résulte tout d'abord une disparité difficilement jus-


tifiable dans le réglement apporté à des situations analogues.

En outre, en se développant inconsidérément, cette situation


peut devenir qravement préjudiciable à l'éo-rd des travailleurs eux-
mêmes, par ses conséquences sur le marché de l'emploi.

Il est donc apparu nécessaire de plafonner le quantum des


dommages intérêts sans toutefois le tarifer, de manière à laisser
possible une adaptation du dédommagement à chaque cas d'espèce.

Par référence à la jurisprudence moyenne; le projet propose


de compléter l'article 51 du Code du travail par des dispositions
précisant que l~ montant des dommages intérêts ne peut pas dépasser
un mois de salaire par année d'ancienneté~ avec un maximum de douze
mois.

L'article 4 du projet de loi précise enfin que les disposi-


tions nouvelles sont immédiatement applicables, même en ce qui con-
cerne les instances engagées qui sont encore pendantes. C'est une
règle habituelle en matière procédurale.

Pour éviter cependant que les mandataires constitués dans


ces affaires se trouvent empêchés de poursuivre leur mission par
l'application soudaine des nouveaux articles 214, 214 bis et 214 ter,
il est toutefois indiqué qu'ils pourront continuer d'assister ou re-
présenter les parties jusqu'à l'achèvement des instances en cours.

Les dispositions proposées devraient avoir pour effet de


renforcer le caractère professionnel des juridictions du travail,
d'accélérer le processus judiciaire et d'accroitre la protection des
intérêts des justiciables./-

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

--- REDUBLI0TTE ru SENEGAL


/) B 131'3

ASSEHBLEE NATIONALE

VO L E rIS LAT U R F

DEUXIEPE SESSION ORDINAIRE DE I979

[Link]

fait

au nom de 1iINTERco~n'ISSION constituée nar


les. commissions du TRAVAIL et de la LEGISLATION

sur

le Projet de LOI n° 39/79 abrogeant et re~n1açant les


articles 203, 205, 206, 208_ 210, 212 ~ 2I7, 219, 221 et
le 7è~e alinéa de l'article 222 du code du Travail,
complètant l'article SI et ajoutant un article 227 his
dudit code.

Dar

Mr. Abdoulaye NIANG


Rapporteur

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

Vonsieur le Pr€sident~

Ves chers collèvues?

L'intercommission constituée nar les commissions du


Travail et de la Lépislation s'est réunie le 20 décembre 1979
pour examiner le nroiet rlp loi 39/79 abroreant et remplçant
certains articles du Code du travail, comnlêtant son article
SI et lui ajoutant un article 227 bis .

Après nlus de vinet cino années de pratique. il était


normal et OPDortun,oue
.
le rouverneFoent envisareât,d'entrerrendre/

une refonte de certaines dispositions du code du travails pour


les adapter au contexte s·€négalais actuel, au niveau atteint
par notre dévelopnement économique et social et pour marquer
notre volonté de réaliser les équilibres nécessaires entre les
divers groupes et leurs intérêts divers, dans le cadre de
notre choix pour un ty~e dp société socialiste et démocratioue .

Créés nar
. le Code du travail avant l'indénendance,
. ep
I952 précisément, les tribunaux du travail fonctionnent en fait
depuis 1953 comme pardien5 vigilants et ferme; des ranpo r t s t i ssés
dans le cadre de l'entreprise, entre l'employeur et 11emplovp.~
soucieux sans doute de protéger les travailleurs~en veillant
sur le respect de leurs droitsy mais aussi attentifs à la ~ro-
motion des entreprises oui participent aU développement économi-
que de notre pays .

./ ..

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

En introduisant le pr~sent projet de loi~ le


pouvernement a voulu répondre à cino nréoccunations

Tirer les conséouences de l'intégration des tribunaux


du travail dans l'organisation judiciaire,

- Renforcer la repr~sentativit€ professionnelle des assesspurs,

- Eviter l'exnloitation des travailleurs par des mandatairps


abusifs~

- Améliorer le déroulement de la procédure ,

- Plafonner le Quantum des dommages et intérêts pour rupture


abusive du contrat de travail .

Le ~inistre d'Etat chargé de la Justice, Garde des


Sceaux~ a développé avec beaucoup de clarté t et de pertinence,
l'économie du projet de loi~ devant votre interc0mmission .

- 1 ) S'agissant de l'insertion des tribunaux du travail


dans l'orpanisation judiciaire, l'article 203 du
projet pose le princi~e de l'installation, au chef-lieu de
chaque région d'un tribunal du travail ayant pour ressort le
territoire de la région, mettant ainsi en harmonie, organisation
administrative et organisation judiciaire .

Les fonctions de président du tribunal du travail


ont été insérées dans les degrés de la hiérarchie judiciaire,
président et ju~es titulaires étant désormais des magistrats .

./ .

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

Le projet de loi supprime ainsi la nossibilité dont il n'a


jamais été fait usage au S~négal. de faire nrésider le tribunal
du travail nar un fonctionnaire .
L

.
Dans le même souci de reulacer les .juridictions du
travail dans la pyramide judiciaire, le ~ecr~taire du tribunal
sera un greffier nommé par arrêté du Pinistre de la Justice
et non plus par un agent administratif désigné par arrêté
conjoint des ministres de la Justice et du Travail 0

- 2 ) La caractéristique princinale du tribunal du travail


est la pr~sence9 ~ côté du président qui est un naFis-
trat, d'assesseurs issus du milieu professionnel, dont la connais-
sance des usaffes particuliers ~ une profession et l?expérience
de la vie des entreprises, constituent un apport précieux pour
fonder la conviction des juges 0

Le projet prévoit que pour remplir leur mission avec


le maximum d'efficacité les assesseurs doivent:

exercer effectivement ou avoir exercé pendant au moins


dix années l'activité professionnelle oui motive leur
désignation,

- remplir un mandat de deux ans (et non ulus d'une année)


à l'exuiration duouel ils peuvent rester en fonction
jUSQU'~ la désignation de nouveaux assesseurs ,

- savoir lire et écrire le français ,

./ ..

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- --
Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- prêter serment devant le président du tribunal du


travail et non plus devant celui du tribunal de
première instance 0

Enfin, pour aue leur compétence serve réellement la


Justice~ le projet précise que chaque affaire doit impératjv~~ent:
être dévolue à la Section professionnelle au'elle concerne,
où siègeRt des assesseurs issus du secteur concerné .

- 3 ) Après avoir renforcé la représentativité professicn-


nelle des assesseurs, le nroiet de loi a voulu
également protéger les travailleurs contre les mandataires
abusifs qui se comportaient en réalité comme de véribales arents
d'affaires.

Les mandataires Qui assistent les narties devant les


juridictions du travail, exercent leur mandat par dérogation
ou monopole, détenu par les avocats, de la représentation des
parties devant toutes les juridictions autres que les justices
de paix .

Ces mandataires peuvent être soit des travailleurs,


soit des employeurs, de la même branche d'activité, soit un .,"
membre du Syndicat auouel la partie est affiliée. Pour lutter
contre les abus constatés jusqu'ici, le projet précise que
lorsque le mandataire choisi est un syndicaliste, il doit être
le représentant de la centrale syndicale à laquelle le mandant
est affilié .

./ ..

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

Un article 214 his exipB. comme précaution supulf-


mentaire

- aue la centrale syndicale dont se réclame la partie,


autorise le représentant ~ exercer le mandat qui lui est conf~~;

- oue le reDr~sentant ainsi autorisé par la centrale


syndicale exerce lui-même une activité professionnelle rémuné-
rée dans la branche considérée ou l'ait exercée pendant PU ~Qins
cinq années .

A défaut d'un repr~sentant remplissant ces c0nditjon~,


la partie peut choisir un représentant de sa fédération Qui
est alors dispensé de l'obligation d'activité professionnelle.

Le président du tribunal du travail doit refuser


l'agrément ~ tout mandataire syndical oui ne remplirait pas
ces conditions, ou oui ne saurait ni lire, ni écrire le françp~s,
ou qui aurait été condamné pour faits contraires à la probité,
ou frappé d'interdiction de représentation pour agissement
incompatible avec l'accomplissement loyal de ces fonctions.

Enfin, pour mettre un terme au détournement des S0ITu!'es


allouées aux travailleurs â la suite de l'exécution des jup0nents
des tribunaux du travail, le projet ajoute un Quatrième alin~2
à l'article 210 oui stipule que toute somme ou bien que l conr-ue
provenant de l'exécution forcée d'un jugement ne vaut paie~€nt
libératoire Due si la remise en est effectuée, en mains prODYPS
au bénéficiaire

. ..
/
f

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 4) Quant ~ la nroc6durc, le projet vise à un


accél€rer le d~roulen!ent. Le pT~sident du
tribunal? agissant seul,peut désormais rroc€der ~ la tenta-
tive de conciliation et ~ la mise en état du dossier; les
assesseurs n'ipterviennent que lors0ue le président renvoie
la cause devant la juridiction et cite les narties pour la
première instance utile. La mise en ~tat du dossier s'opère
ainsi avec teaucoup poins de formalisme et le tribunal du
travail peut toujours ordonner les mesures compl€mentaires
d'information 0ue les parties pourraient solliciter ou
que les assesseurs jugeraient opportunes .

Par ailleurs, le prejet fixe la règle de llunicit~


de la demande, oblipeant le demandeur ~ grouP0r en une seule
instance tous les chefs de r~clamation relatifs ~ un différend
individuel donné . Ce principe am61iore la proc€dure en suppri-
J _~ . ,

mant les instances [Link] gratuité de la nrocédure


favorise la tendance à inte~ter plusieurs procès q propos
d'un diff€rend uniQuA. Il faut également noter llallongement
de deux à cino jours, du délai imparti au président, ~ co~ntcr
du d~epoAt d e la rcoue~c,
~~ ~.
pour raIre ~~1'Ivrer _8
~~e. l' CItatIon
. CD

conciliation .

Il faut enfin signaler que l'an?el est jug€ sur fleces,


ma i s la cour dispose des mêmes nouvo i rs Que le premier j ug'e •
Elle peut proc~der ~ toute audition utile, ordonner une ~csure
d'information compl~mentaire d'enquête, d'expertise ou de
comnarution personnelle des parties .

./ ...

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 5 ) l,a derni~re préoccupation du gouvernement dans ces


modifications du Code du travail, concerne le
plafonnement des dommages et intérêts pour runture abusive du
contrat de travail .

En plus des sommes qui lui sont dues à titre de salaire,


d'indemnité représentative de congés payés et, le cas échéant,
d'indemnité de licenciements le travailleur peut prétendre à des
dommages et intérêts pour
-
rupture
--
abusive de son contrat de
travail. Le Code du travail stipule Qu'il incombe à l'employeur
de Drouver l'existence d'un motif légitime de licenciement.

Le montant des dommages et intér~ts se calcule en


tenant compte des usages, de la nature des services engagfs ,
de l'ancienneté, de l'âge du travailleur et des droits acquis.
Un sondage récent a montré que le quantum des dommages et
intérêts variait autour d'un mois de salaire par année d'8n-
cienneté; il pouvait exceptionnellement atteindre plus d1une
année de salaire et dans des cas, oü le travailleur ne comptnit
que quelques années de service dans l'entreprise. Si elle
devait se développer de façon inconsidérée,cette situation pourra~
devenir préjudiciable aux travailleurs eux-mêmes, par ses consé-
quences sur la vie de l'entreprise et sur le marché de l'emploi.

Pour mettre un terme à cette tendance, qui risquerait


de porter des coups sérieux à la promotion de l'entreprise et
constituer ainsi des entraves à notre développement éconorrioue,
le projet fait nlafonner le montant des dommages et intérêts à
un an de salaire, conformément du reste à la jurisprudence ~oyenne

./ ...

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

Le ~rojet de loi 39/79 stipule dans son article 4,


que les dispositions nouvelles sont immédiatement applicat18~,
mêMe en ce oui concerne les instances engagées oui sont encore
pendantes~ les mandataires constitués pouvant cependant 9 rcuY-
suivre leur mandat jusqu'à l'§chêvement des procês .

~1onsLeur le Prés ident,

Mes chers collègues,

Au cours du débat général Qui a suivi l'exDosé des


notifs, l'intercommission constituée par les co~~issions du
Travail et de la Législation a accueilli avec satisfaction cette
initiative du gouvernement de reprendre en les adaptant certaines
dispositions du Code du travail. Elle s'est félicitée des an{-
liorations proposées en ce qui concerne le choix des assesseurs
et des mandataires et les modifications relatives à la prcc(dl!re.

Pour les membres de votre Ln t ercomm i ss [Link] , cela t radu i t


l'intérêt sans cesse croissant que le gouvernement porte à la
classe ouvrière sénégala~se qui, du reste, a ét6 fermement
d~fendue9 au cours de ce débat, par les députés issus de la
Confédération nationale des travailleurs du S~négal (C.N.T.S.) .

C'est dans cet ordre d'idées oue ces commissaires ont


attiré l'attention du pouvernement sur le comportement de cer-
tains expatriés et ~ême de certains sénégalais qui ne respecte'nt

1
•1 e.•

....,...

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

s
pqS la 10i et le rêgle~Gnt dans le domaine du travail et de
l'emploi .Ils ont deDand~ ~ l'exécutif de nnursujvre avec fGr~et6
la répression de tous ceux qui violent notre l6uislation dll
travail 0

Poursui v an t le d i a Lo guc avec le ?(lUVf~rne:r'1(.~t


J 'T')tre
interc0smission a warnué son inquiètude devant ]e~ dispositinns
de l'article SI relatives au pl~fonne~pnt des drm~~res et
intérêts pour rupture abusive du contrat de tr2vail 0

A l'unanimit€, llintercommissinn a reict~ cette idfe


oui , selon elle, présentait un danger certain Dour les t rava i l.>
leurs et surtout pour les Dlus ~nciens nui? anr~s 20 ~ 2S ans
d t anc
anc [Link] ê
ë no re ~<'d"d
[Link] tt ne po ur r a i erit nr t.e
..,
un 2 omma g ement p l'
ë
'\
us IP'nor-".'
,>

tant Que celui suscentihle dr~tre accnrd6 ~ un travailleur oui "


ne justifierait aue 12 ann~es de présence dans li?ntreprise
Ces vieux travailleurs, licenciés abusivewent, su~ir~ient un
préjudice d'autant plus irnortant' Du'ils auraient plus de diffi-
cultés à retrouver un emploi; du f ait , no t [Link] t de Le ur êpe .

Les dispositions de !iarticle SI nouve~u, ne canstituent-


elles pas une menace ner~anent8 pour les d@l~?u~s du versonnel
.t
,
1

et une arme den?ereuse entre IGS mains des chefs ~'entrepriS8s


j

l,
priv~es. des directeurs Je Snci~t6s d'~connmic ~ixte ot des
directeurs d'ftablisse~ents oublics ?
,.~
,

Aussis votre intercommission a-t-elle salu~ le d{pôt ; ,1


d'un projet d'amende~ent ~ DRY les députés [Link]. Sopui
K0NATE. Madia DIOP, P~adou Sculcye SAP et Bassirou GUEYE tendant'
,t
1

à suppriEcr le p18fonne~ent des do~mares et intérêts , ~


./ ..
f•
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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

10

Pour sa part, le '1inistre d'Etat charré de la Justice,


Garde des Sceaux, a de nouveau insisté SlIr les soucis du pou-
vernement de voir la loi' définir avec clart€ des rêgles
raisonnables de dédommagement . Les craintes formul€es §taient
selon lui? fondées, le plus souvent, sur des hypothèses d1fc01e.
En se réfèrant à la pratique judiciaire et aux statistiques,
on se rendrait vite comute que les sommes payées aux travailleurs
par les tribunaux du travail, n/étaient pas loin, en mati~re de
dommages et intérêts, aux douze mois de salaire nropos~s par le
texte 0

Cependant, sensihle à cette unanimité de l'intercoIT'Tli:::;-


sion autour de l'amende~ent, le Ministre d'Etat charg§ de l~
Justice, a estir.léqU'tentre l'Assemblée nationale et le gouver-
nement~ le dialofue constructif est toujours possible, C?est
pourquoi il a donné son accord â la substance de liamenderrent
manifestant Rinsi sa volonté de comprendre les préo~cupati,ns
légitimes des renrésentants du peuple, en général, des tY~v~il-
leurs sénégalais en particulier .

Ainsi l'alinéa 7 nouveau de l'article SI ne comprendra


plus le dernier membre de phrase : " sans pouvoir dépasser un
an de salaire en tout état de cause " .

Par ailleurs l'intercommission et le gouvernement sont


tombés d'accord sur deux autres amendements:

214 bis, le terme "fédération71


- à l'article sera
remplacé par celui de"Syndicat professionnel", oui est le
terme consacré nar les lois et règlements en vipueur et not2~~pnt
par le Code du Travail

. /.

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

11

- ~ l'article 4 du projet de loi, il sera insér€


un 3lin6a 2 ainsi conçu

Ii Toutefois les dispositions des alinéas 7 à 9 nouveauy de


l'article SI du Code du travail ne seront pas applicables dans
les instances encore ~end2ntes oü il aura été fait droit ~ une
demande de dommages et intérêts pour licenciement abusif l'

Cet amendement, introduit par les déuutés Samba Y61a


DIOP et Bassirou GlJEYE, vise les procédures oui sont entre
deux juridictions, en l'occurence , entre

le tribunal du travail ayant agi en première instance,


d'une part et
la chambre sociale de la Cour d'Appel ou la C2SS;:1t}OI":-

d'autre part.

Les nouvelles disnositions ne seront donc appliou0es


qu! aux procédures non encore entamées . Cet amendecient
a été accepté par le vouvernement car, pour des raisons mor~10s, il
ne faudrait pas donner l'impression aue cet article 4 du projpt
de loi vi3e ~ hloquer des procédures déjà enpagées devant les
juridictions compétentes .

.t .

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

17

~onsicur le Prrsident,

~es chers collêpucs.

Au terme de ce débat marqu6 du Sceau de 12 p~rtici~atj~n


responsable~ votre intercommission a adont§ 10 projet de loi
39/79 car elle a estimé nue les Bodificatjons nroryos§es ~t
amendées auront pour ef~et de renforcer le carRctère urofession-
nel des juridictions du trav~il, d!accel~rer le processus judi-
ciaire et d'accroître ln protection des int(rêts des justicia-
rIes 0

Elle vous ~emande de l'a~oDter ~ votre tour slil ne


soulève" à votre nivl?8u, é[Link].c
objection.

I(

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~----------------------------~
Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

-
REPUBLIQUE DU SENEGAL JI B13::r3
Un Peuple - Un But - Une Foi
lLa:JO
ASSE~œLEE NATIONALE abrogeant et remp1aç[Link] les articles
203, 205, 206, 208; 210, 213 à 216,

N0 1 219, 221, l'alin~a preMier de l'ar-


ticle 226 et le 7ène alinéa de l'ar-
ticle 228 du code du travail, COR-

plétant l'[Link] 51 et ajoutant ~~


article 227 bis audit code.

L'ASSEr-tVLEENATIONALE

après en avoir ctélib~ré, a adopté, en sa s~ance du


Vendredi 11 Janvier 1980, la loi dent la teneur suit

Article premier - Les articles 203, 205, 206, 208, 210, 213 à 216,
219, 221, l'alinéa premier de l'a.rtic1e 226 et le 7ème alinaa de
l'article 228 du code du travail sont abrogés et remplacés par les
dispositions suivantes :

" Article 203 "

Les tribunaux du travail siègent au chef-lieu de cha-


que région, Leur ressort est le territoire :[Link] région.

Lorsque le~ structures du marché du travail le justi-


fient, chaque tribunal du travail peut-~tre, par d~cret, subdivisé
en sections professionnelles.

" Article 20.5 "

Le tribunal du travail est composé

10) du président ou en cas d'emp~che~ent de celui-ci, d'un juge GU


tribunal du travail, désigné par ordonnance du préSident de la
juridiction. En ca~ d'absence ou ~'emp~chement de tous les ma-
gistrats du tribunal du travail, la préSidence est assurée par
le pr~sident du tribunal de p~emière instance ou par le nagistrat
du siège délégué par lui,

20) de deux assesseurs employeurs et de deux assesseurs travailleurs


pris panai ceux figurant sur les listes établies en confornité
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d@ 1\article 206,
.1
Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

~
- 2 -

POU! chaque affaire1 le président désigne autant que possible


les assesseurs employeurs et travailleurs appartenant à la catégorie
intéressée. Lorsque le tribunal du travail est subdivisé en sections
professionnelles, les assesseurs sont pris parmi ceux désignés au
titre de la section concernée par le secteur professionnel dont re-
lèvent les parties en cause.

Les assesseurs titulaires sont remplacés, en cas d'empêche8ent


par des assesseurs suppléants dont le nombre est égal à celui des
titulaires.

Si l'un des assesseurs fait défaut1 le plus jeune membre de


la catégorie en surnombre ne siège pas.

lorsque le tribunal du travail est subdivisé en sections


professionnelles et qu'i~ s'avère impossible de composer une section
en raison de l'empêchement prolongé de tous les assesseurs, employeurs
ou travailleurs, le président de la juridiction, par ordonnance motivée
peut décider que les assesseurs d'une autre section seront habilit8s
à siéger dans la section empêchée de se réunir. l'ordonnance n'est
susceptible d'aucune voie de recours.

Un greffier désigné par arrêté du ministre de la justice,


est attaché au tribunal en qualité de secrétaire.

" Article 206 "

Les assesseurs et leurs suppléants sont nommés par arrêté


du ministre du travail9sur proposition du Directeur général du tra-
vail et de la sécurité sociale. Ils sont choisis sur des listes pré-
sentées par les organisations syndicales les pl~s représentatives ou~
en cas de carence de celles-ci par les inspecteurs du travail et de
la sé~urité sociale, et comportant un nombre de noms double de celui
des postés à pourvoir.

les assesseurs et leurs suppléants doivent exercer effective-


ment l'activité professionnelle qui motive leur désignation ou avoir
exercé celle-ci pendant au moins dix ans.

00./0.0

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 3 -

Le mandat des assesseurs~ titulaires ou suppléants a une


durée de deux années, il est renouvelable. Toutefois, lorsque la
durée du mandat est expirée, les assesseurs titulaires ou suppléants
restent en fonctions jusqu'à la nomination des nouveaux assesseurs.

Les assesseurs ou leurs suppléants doivent savoir lire et


écrire le français. Ils doivent en outre justifier de la possession
de leurs droits civils et n'avoir subi aucune des condamnations qui,
aux termes des lois électorales en vigueur,entralnent la radiation
des listes électorales.

Sont déchus de leur mandat, les assesseurs qui ne remplissent


pas toutes les conditions ci-dessus;

" Article 208 "

Les assesseurs titulaires et suppléants prêtent, devant le


président du tribunal du trav~il où ils sont appelés à siéger, le
serment suivant :

HJe jure de remplir mes devoirs d'assesseur avec zèle et


intégrité et de garder le secret des délibérations, même après la
cessation de mes fonctions".

" Article 210 "

La procédure devant les tribunaux du travail est gratuite.

En outre, le travailleur bénéficie d'office de l'assistance


judiciaire pour l'exécution des jugements rendus à son profit:
lorsque le jugement est exécutoire et que le travailleur gagnant ne
peut obtenir l'exécution amiable de la décision intervenue, il de-
mande au président de faire apposer la formule exécutoire sur la copie
qui lui a été délivrée et de commettre un huissier pour poursuivre
l'exécution forcée aux frais de l'employeur.

0.0/000

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 4 -

Les décisions en dernier ressort sont notifiées à personne


ou à domicile, soit par huissier ou agent administratif commis à la
demande de la partie la plus diligente soit par le secrétaire ou le
greffier directement contre récépissé ou sous lettre recommandée
avec accusé de réception.

Toute somme ou bien quelconque provenant de l'exécution forcée


d'un procès-verbal de conciliation ou d'une décision d'une juridiction
du travail au profit d'un travailleur ne peuvent être remis qu'en
mains propres au bénéficiaire; lorsqu'il n'e2t pas représenté par un
avocat. Il est fait éventuellement application des dispositions de
l'article 230 bis. La remise faite en violation de ces dispositions
n'est pas libératoire pO!Jr la parti3 condamnée et engage la respon-
sabilité pécuniaire de l'huissier ou de l'agent d'exécution.

" Article 213 "

Dans les cinq jou~s à dater de la réception de la demande1


dimanche et jours fériés non compris, le président cite les parties
à comparaître devant lui, en conciliation, dans un délai qui ne peut
excéder douze jours, majoré, s'il y a lieu, des délais de distance
fixés dans les conditions p~éY.:es à l'article 230.

La citation doit con~enir les ncm et profession du demandeur,


l'indication de l'objet de la demande, l'heure et le jour de la com-
parution. Elle porte la rep~~ducticn ces dispositions de l'article
227 bis. Lorsque la citnticn est faite par voie télégraphique, il
est seulement donné référe~ce· à l'artic:.e précité.

La citation est faite 3 p9rscnre ou domicile par voie d'agent


administratif spécialemerlt commis à cst 3ffet. Elle peut valablement
être faite par lettre recommandée avec accusé de réception. En cas
d'urgence elle peut être faite par voi! télégraphique.

" Article 214 Il

les parties sont tenues c.e se:endre au jour et à l'heure


fixés devant le président du tril ~~al. Elles peuvent se faire assister

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 5 -

ou représenter soit par un travailleur ou un employeur appartenant


à la même branche d'activité9 soit par un avocat9 soit encore par
un représentant des centrales syndicales auxquelles elles sont affi-
liées. Les employeurs peuvent, en outre, être représentés par un
directeur ou un employé de l'entreprise ou de l'établissement.

Sauf en ce qui concerne les avocats1 le mandataire des parties


doit, pour chaque affaire, être constitué par écrit et agréé par le
président du tribunal.

Le mandat donné sans réserve pour un différend déterminé9 s'il


n'est révoqué9 de même que l'agrément, s'il n'est retiré, demeurent
valables pour l'exercice des voies de recours ordinaires devant lu
Cour d'appel et le juge des référés, ainsi que pour l'exécution des
décisions à l'exclusion de la perception du montant des condamnationsc

Lorsqu'un mandataire est constitué au cours d'une procédure


il doit être agréé par le président du tribunal saisi.

11 Article 215 "

Si au jour fixé par la convocation, le demandeur ne comparaît


pas et ne justifie pas diun cas de force majeure, la cause est rayée
du rOle i elle ne peut être reprise qu'une seule fois et selon les
formes imparties pour la demande primitive, à peine de déchéance.

Si le défendeur ne comparait pas, et si le demandeur maintient


sa demande, il est procédé comme en cas de non conciliation.

" Article 216 "

L'audience est publique, sauf au stade de la conciliation? sa


police est assurée sous l'autorité et la responsabilité du président.

" Article 219 I!

Lorsque les parties comparaissent devant le président du


tribunal du travail, il est procédé à une tentative de conciliation .

. ../ ...
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- -- --- -- ------ ----
Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 6 -

Le président leur rappelle les dispositions de l'article 227


bis et il est fait mention de cet avertissement9 par le secrétaire,
sur le registre des délibérations du tribunal. En cas d'accord9 un
procès-verbal, rédigé séance tenante sur le registre des délibérations
du tribuna19 consacre le réglement à l'amiable du litige.

Un extrait du procès-verbal de conciliation9 signé du Prési-


dent et du Secrétaire9 vaut titre exécutoire.

" Article 221 "

En cas de non conciliation, ou pour la partie contestée de


la demande, le président déclare ouverte la phase contentieuse de la
procédure et avertit les parties de la date de l'audience9 s'il estime
que l'affaire peut être jugée en l'état.

S'il échet, le président met le dossier en état. A cette fin9


il ordonne9 même d'office, toute expertise9 toute enquête, toute
production de document et9 plus généralement, toute mesure d'infor-
mation utile.

Quand il esti~~ ;;;8 llaffaire est en état d'être jugée9 le


président du tribunal ~8nvoi8 la cause devant la juridiction et cite
les parties pour la p~Gmiè~e audience utile.

Dans les cas urgents, le président peut, à tous les stades


de la procédurs9 ordonnar par provision telles mesures nécessaires,
notamment pour emp0cller que les objets qui donnent lieu à une récla-
mation ne soient enlevés~ ou déplacés ou détériorés.

fi Art icI e 2 26 a l i Ilé a pre mie r "

Le tribunal statue en premier et dernier ressort, sauf du


chef de la compétence y lorsque le chiffre de la demande n'excède pas
cent cinquante mille fJ snes. Au GGSSUS de cent cinquante mille francs,
les jugements sont susr:eptibles d;appel devant la Cour d'appel .

• OGl/.e.
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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

-7 -

Il Article 228 alinéa 7 "

L'appel est jugé sur pièces. Toutefois les parties peu-


vent demander à être entendues ; en ce cas la représentation des par-
ties obéit aux règles fixGes par les articles 214, 214 bis et 214 ter
du présent code. La Cour dispose des mêmes pouvoirs que ceux qui sont
reconnus au preMier juge. Elle peut, not~~ent, procéder à toute au-
dition utile ou comparution personnelle des parties.

Article 2 - L'article 51 du code du travail est co~plété par les


trois alinéas suivants :

Il Article 51 alinéa 7. 8 et 9 nouveau Il

Il Le montant des dommages et intérêts pour rupture abu-


sive du contrat du travail ne pourra jamais être supérieur à W1 mois
de salaire par année de service.

Le salaire est calculé sur la base GU salaire mensuel


moyen perçu pendant les douze derniers mois, ou sur le salaire perçu
depuis l'entrée dans l'entreprise si l'embauche du travailleur remon-
te à moins d'wL an.

Pour le calcul du temps de service de référence, il


est tenu compte [Link] :fractions d'année"

Article 3 - Il est inséré au chapitre premier du Titre VIII du coèe


du travail les articles 214 bis, 214 ter, 221 bis, 221 ter et 227 bis
ainsi conçus :

Il Article 214 bis Il

Pour représenter ou assister régulièrement une partie,


le représentant d'une centrale syndicale doit justifier:

./

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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 8 -

- que la centrale syndicale dont se réclame la partie


l'autorise à assurer l'assistance et la représentation devant les ju-
ridictions du travail ;

,
- qu'il exerce lui-D~me effective~ent une activit8 rs-
munérée dans la branche d' act LvL té considérée ou qu "il l'a exercée
pendant au moins cinq années.

lorsqu'il n'existe pas de représentant d'une centrale


syndicale pouvant re~plir les deux conditions ci-dessus én~~éré8s, la
partie peut, exceptionnellement choisir pour wanriataire un représen-
tant de son syndicat professionnel qui est alors dispensé èe l'obli-
gation d'activité professionnelle effective.

La liste de ces derniers représentants est établie par


les syndicats professionnels à raison d'un seul mand a t a i.r-e par syrxcacet
professionnel et par juridiction du travail. Par l'entrenise et après
approbation des centrales syn6icales intéressées, elle est adressée
par chaque syndicat professionnel au ministre du travail qui la trEns-
::netau :ninistre de la justice. Ce dernier fait conne.ître aux chefs de
juridictions concernés le nom du représentfu,t désigné par chaque syn-
dicat professionnel. Cette èésignation est valable pour une période
de deux: années.

Il Article 214 ter Il

l'agrément doit être refusé par ordonnance motivée:

- A ceux qui ne savent pas lire et écrire le français

Aux représentants des centrales syndicales qui ne pré-


sentent pas les justifications indiquées à ltaiinéa prenier de l'arti-
cle précédent

- A tout représentant de syndicat professio~~el autre


que celui désigné conformément aux dispositions de l'alinéa 2 de
l'article précédent;

A ceux qui ont été condamnés pénalenent pour des


faits contraires à la probité ;

.1
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Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980

- 9 -

- Aux mandataires qui ont fait l'objet d'une interdiction


de représenter les parties en justice pour outrage à la juridiction
du travail ou à l'un de ses membres ou à l'inspecteur du travail,
pour entrave au déroulement des débats~ pour délaissement des inté-
rêts du m-an~t ou pour perception de fonds pour le compte du travail-
leur en infraction aux dispositions de l'article 230 bis.

Sous réserve de l'incapacité découlant de la perte des droits


civiques, l'interdiction est prononcée pour une durée qui n'excède
pas un an, par la juridiction devant laquelle le fait a été constaté7
ou par le tribunal du travail dans le ressort duquel il a été commis,
ou~ s'il y a poursuites pénales, par la juridiction répressive, d'of-
fice eu sur les réquisitions du ministère public.

La juridiction saisie peut ne formuler qu'un avertissement

Las débats ont lieu en chamb~e du conseil

Les décisions de refus d'agrément prononcées par le président


du tribunal ou d'interdiction prononcées par le tribunal, sont sus-
ceptibles d'appel dans les formes et délais prévus à l'article 228.

L'agrément peut être retiré dans les mêmes formes et condi-


tions lorsque l'une des condamnations justifiant le refus diagrément,
ou l'un des faits justifiant l'interdiction de représenter les parties,
se produit en cours de procédure.

" Article 221 bis "

Le président donne connaissance aux assesseurs de l'objet du


litige ainsi que des arguments des parties eti plus généralement, de
tous les éléments du dossier. Il dirige les débats.

Le tribunal peut, par jugement motivé, ordonner~ même d'of-


fice, toute enquête~ descente sur les lieux, comparution personnelle
des parties, ainsi que tout constat ou expertise •

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.../ ...
Cf loi n° 1980/01 du 22 janvier 1980
..

- 11

10

Il peut déléguer le président pour exécuter les enqy,ê-


tes ou les descentes sur les lieux ordonnées par lui-r::1êmeou pLr le
président.

Il Article 221 ter Il

Les agents des services du travail et de la sécurité


sociale ne peuvent être comwis en qualité d'experts par les tribill~n~~[
du travail.

Il Article 227 bis Il

Toutes les ëemandes dérivant du contrat de tr2:.vail entre


les mêmes parties doivent faire l'objet 0.'une seule instance, à pein~
d.'être d cLa.r-é ee non
é recevables, à moins que le d ema nd eur- ne justifie
que les causes de nouveaux chefs de de~andes ne sont nées à son prof~t,
ou n' ont été cormues de lui, que pos térieurement à l' introduction c~e
la deoande primitive.

Sont toutefois recevables les nouveaux chefs de cieuande,


tant que le triblli~al du travail ne se sera pas prononcé, en premier
ou en dernier res~ort, sur les chefs de la demande prioitive. Il or-
dO!ll1era la jonction èes instances et statuera sur elles par un seul
et même jugement.

4!ticle 4 - Les dispositi ns de la présente loi sont ir,médiatement


applicables, mêm e en ce qui concerne Lcs pX'oo~èlure9 pelld~tes devant
les juridictions è:u travail à la da t e de son entrée en vigueur.

Il Toutefois, les dispositions des alinéas 7 à 9 nou-


'veaux de l'article 51 du Code du Travail ne seront pas applicables
Il dans les instances encores pendantes où il aura été fait droit
Il à une d emarid e d.e d ommag e s et Ln t r-ê t pour
é licenciement abusif Il

./

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