0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
40 vues5 pages

Olympe de Gouges : Lutte pour les droits des femmes

L'autrice encourage les femmes à se battre pour leurs droits en les appelant à la prise de conscience et à l'action contre les inégalités dont elles sont victimes, et en leur donnant espoir dans la possibilité de leur émancipation si elles font preuve de courage et de détermination.

Transféré par

pwmb65kdk2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
40 vues5 pages

Olympe de Gouges : Lutte pour les droits des femmes

L'autrice encourage les femmes à se battre pour leurs droits en les appelant à la prise de conscience et à l'action contre les inégalités dont elles sont victimes, et en leur donnant espoir dans la possibilité de leur émancipation si elles font preuve de courage et de détermination.

Transféré par

pwmb65kdk2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Choix du projet de lecture ( voir propositions données en cours)

Il serait plus pertinent de choisir la proposition suivante : « Comment l’autrice encourage-t-elle les
femmes à se battre pour leurs droits ? » En effet, l’intérêt du passage réside dans les moyens stylistiques
utilisés par l’autrice pour faire réagir les femmes : l’analyse pourra ainsi mettre en évidence les
apostrophes et les questions rhétoriques qui exhortent celles-ci à sortir de leur passivité et de leur
aveuglement afin de faire émerger une nouvelle société, plus conforme aux idéaux des Lumières et aux
acquis de la Révolution.

La seconde proposition de projet de lecture, « Pourquoi les inégalités entre les hommes et les femmes
subsistent-elles, selon l’autrice ? » est moins judicieuse puisqu’elle demande une explication sur les
raisons des inégalités entre les hommes et les femmes dans un contexte historique qui aurait dû
permettre des avancées de justice plus grandes. Cette problématique appelle donc des éléments de
réponse qui dépassent le cadre exclusif du texte. Dans un commentaire de texte, on doit avant tout
chercher à expliquer comment l’auteur ou l’autrice fait passer un message ou fait ressentir des émotions
à son lectorat, c’est-à-dire par quels moyens stylistiques.
COURS

Introduction :

La déclaration des Droits de la femme et de la Citoyenne est un texte juridique rédigé par
Olympe de Gouges en 1791. Ce texte revendique la pleine assimilation des femmes d’un point de
vue juridique, politique, mais aussi social. Calqué sur le modèle de la ddhc(26 aout 1789), ce
document est le premier à évoquer l’égalité juridique, légale et sociale des femmes par rapport aux
hommes. Olympe de Gouges le rédige parce qu’elle est déçue de l‘attitude des hommes envers les
femmes après la Révolution dans laquelle elles ont tenu un rôle primordial. Se sentant délaissée en
tant que femme dans la ddhc, elle en proposera une réécriture qui intégrera la femme. Après une
adresse à la reine, une harangue aux hommes, le préambule et les 17 articles elle rédige un
postambule, c’est à dire une note qui vient conclure la déclaration. Le texte étudié se situe au début
de ce postambule.
Lecture
Projet de lecture
Pour analyser ce texte nous nous demanderons comment l’autrice encourage ici les femmes à se
battre pour leurs droits.
Mouvements :
Pour répondre à ce projet de lecture, nous analyserons le texte en trois mouvements (annoncer les
mouvements)

Développement :
1er mouvement : (l1à7 : L’appel véhément en faveur d’une prise de conscience)
Le texte s’ouvre sur une apostrophe au singulier, « Femme », ce qui permet à l’auteure
d’interpeller sa destinataire et de la singulariser. Par ce procédé, O. de Gouges donne de la vigueur
à son adresse. L’emploi de l’impératif présent, « réveille-toi », « reconnais-toi », place le texte sous
le signe de l’injonction, Olympe de Gouges invite à l’action et montre l’urgence de se battre pour les
droits des femmes. L’allégorisation de la raison, « tocsin de la raison », couplé à la métaphore
sonore « se fait entendre » et à l'hyperbole "tout l'univers" permet à Olympe de Gouges de présenter
ce moment comme un tournant majeur dans la lutte. Elle cherche à éveiller les consciences à la
lutte et à l’action urgente. La Raison est ici la messagère, la porteuse de cette lutte qui s’apprête à
commencer. La négation « n’est plus » et l’usage du passé composé « a dissipé » marquent une
rupture temporelle, et insiste sur l’opportunité du moment. C’est maintenant qu’il faut agir pour
mettre fin à l’injustice dont sont victimes les femmes. Dans ce texte, nous pouvons aussi
remarquer que les idéaux des Lumières sont fortement présents, par exemple grâce à toute une
métaphore filée des signes de pouvoir, puisqu’on évoque le « tocsin de la raison », le « puissant
empire de la nature » ou encore « le flambeau de la vérité ». En convoquant ces métaphores, O.
de Gouges légitime ses revendications, et celles de toutes les femmes. Nous pouvons aussi
observer le champ lexical de l’obscurantisme et de l’injustice, « fanatisme », « superstition », «
mensonges », « sottises », « usurpation » qui sont les valeurs contre lesquelles les Lumières mais
aussi O. de Gouges s’érigent. Il y a chez l’autrice une réelle intention de tourner le dos à ces valeurs
qui vont à l’encontre des revendications des femmes. De plus, O. de Gouge convoque le champ
lexical de l’esclavage, « l’homme esclave », « briser ses fers », « devenu livre », « devenu injuste
». En convoquant ce champ lexical fortement connoté, O. de Gouges insiste sur l’égoïsme des
hommes qui refusent l’émancipation des femmes. Le parallélisme « devenu libre » // « devenu
injuste » accentue cette idée qu’une fois libres, les hommes n’ont pas partagé leur liberté avec les
femmes. Au contraire, ils se sont approprié cette liberté, tout en laissant les femmes dans leur
condition injuste. Ils n’ont pas étendu leur émancipation aux femmes.
Transition : L’ouverture du postambule se présente comme une incitation à l’action des femmes.
Le style court et concis provoque une sensation vive, destinée à produire un choc vers les
destinataires. L’enjeu pour l’autrice est de faire prendre conscience aux femmes de l’urgence de la
nécessité d’agir.

2ème mouvement (l.7 à 17 : l’accusation destinée à condamner les inégalités)


Par la suite, l’autrice interpelle ses destinataires, et non plus sa destinataire. L’apostrophe
emphatique « Ô femmes ! femmes » qui est maintenant au pluriel indique que l’ampleur est plus
grande, elle s’adresse à toutes les femmes. Ainsi, l’appel devient plus concret. O. de Gouges pose
une question rhétorique « quand cesserez-vous d’être aveugles ? », à forte connotation
provocatrice. En effet, par l’usage d’un vocabulaire et d’un ton péjoratif, l’autrice rend les femmes
presque responsables de leur condition servile. Le but est de faire prendre conscience aux femmes
de l’injustice dont elles sont victimes. Par la suite, l’autrice enchaine une suite de questions et de
réponses, le discours s’anime et un dialogue fictif se met en place entre O. de Gouges et les
femmes. Les connotations positives s’effacent au profil des termes péjoratifs, comme on peut le voir
grâce à l’antithèse « avantages » / « mépris », « dédain ». Cette antithèse souligne la dépossession
subie par les femmes. Le champ lexical du pouvoir est toujours aussi présent, « régné sur la
faiblesse », « empire détruit ». La négation restrictive « ne…que » et la question rhétorique « que
vous reste-t-il donc ? » montrent que les femmes se sont bercées d’illusions. Elles ont tout perdu,
sauf « la conviction des injustices des hommes ». Cette phrase répond à la question rhétorique,
et elle met en relief la déception. En effet, cette certitude, que les hommes sont injustes, est un
moyen de dire qu’il ne reste rien aux femmes. L’ironie se fait aussi sentir dans ce texte, notamment
grâce au groupe nominal « le bon mot du législateur des noces de Cana », qui cible le caractère
fondateur de la République qui tend à placer les femmes en position inférieure par rapport aux
hommes. Par la métaphore « morale longtemps accrochée aux branches de la politique », O. de
Gouges compare la morale à un animal ou à une plante, et dénonce la persistance de la morale
biblique dans la vie politique de la France, qui était un État non laïc. Cependant, O. de Gouges
souffle aux femmes la réponse qu’elles doivent avoir : « tout, auriez-vous à répondre ».

Transition : Olympe de Gouges essaye de détruire progressivement les réticences que peuvent
avoir les femmes à regarder leur propre condition et à prendre conscience de celle-ci. L’autrice
pousse les femmes à faire face aux usurpations donc elles sont les victimes.

3ème mouvement ( l 18 ,à 25 : un espoir pour l’émancipation féminine)


Le troisième mouvement s’ouvre sur une hypothèse : « s’ils s’obstinaient […] principes ».
Par cette proposition subordonnée circonstancielle d’hypothèse, Olympe de Gouges met en garde
contre les potentiels obstacles auxquels pourraient avoir recours les hommes face à la démarche
des femmes afin de les faire battre en retraite. Cependant, elle les incite à ne pas perdre de vue
leur objectif, car « quelles que soient les barrières qu’[on leur oppose] », il faut persister dans la
lutte. Le style d’O. de Gouges mime l’amplification du mouvement des femmes et de leur
détermination à revendiquer leur droit, comme en témoigne l’usage de l’impératif présent « opposez
», « réunissez-vous », « déployez ». Ce rythme ternaire mime le mouvement des femmes. Durant
toute la fin de l’extrait, O. de Gouges oppose un vocabulaire péjoratif pour qualifier les hommes,
« s’obstinaient » « faiblesse », « inconséquence », « orgueilleux », « vaines prétentions de
supériorité », à un vocabulaire mélioratif pour désigner les femmes, « courageusement », « force »,
« étendards », « énergie ». Par ce lexique encourageant pour les femmes, l’autrice invite les
combattantes à adopter un courage et une détermination forte pour faire face à l’entêtement des
hommes qui ne cessent de bafouer leurs droits. De plus, nous retrouvons le champ lexical de la
sagesse et de la pensée, donnant un caractère philosophique au texte : « principes », « raison », «
philosophique », « caractère ». L’autrice présente l’arme principale dont doivent se munir les
femmes pour mener à bien leur combat : l’intelligence, la réflexion. Enfin, un des arguments forts
d’O. de Gouges est le suivant : elle explique aux femmes qu’il n’appartient qu’à elle de décider si
elles veulent ou non obtenir l’égalité entre les sexes. L’antithèse « pouvoir » / « vouloir », la tournure
impersonnelle « il est en votre pouvoir » et la négation restrictive « ne…que » vont dans ce sens.
En effet, l’autrice donne aux femmes la clé essentielle pour entamer leur combat. La clé est à
présent entre leurs mains, il est de leur ressort de décider si oui ou non elles veulent obtenir l’égalité.
Pour obtenir cette égalité, O. de Gouges les invite à se soulever et revendiquer leurs droits.

Conclusion : Pour affirmer le droit des femmes à des conditions plus égalitaires, Olympe de
Gouges dresse d’abord un bilan négatif des acquis de la Révolution : sur un ton polémique, elle
incite les femmes à un sursaut salvateur qui puisse les libérer du joug de l’obscurantisme et de
l’oppression masculine. Puis, en reprochant aux femmes leur faiblesse et leur inaction, l’autrice les
exhorte à une juste révolte, fondée sur une égalité naturelle qui doit être acceptée. Enfin, le grand
idéal des Lumières, fondé sur la primauté de la raison et les valeurs de liberté et d’égalité prônées
par la Révolution, ne pourra être pleinement acquis que par la mobilisation des femmes, seul
tremplin possible vers leur émancipation et leur reconnaissance.

Ouverture : comparaison possible avec soit le texte de Diderot qui montre le sort peu enviable des
femmes. Soit avec le texte de Laclos qui se rapproche le plus par la forme et les idées de celui
d'Olympe de Gouges.

Vous aimerez peut-être aussi