0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
45 vues4 pages

Olympe de Gouges : Critique des Femmes sous l'Ancien Régime

Olympe de Gouges critique le comportement des femmes sous l'Ancien Régime qui devaient utiliser leurs charmes pour obtenir de l'argent. Elle décrit ensuite leur condition de dépendance et montre qu'elles étaient considérées comme des objets. L'auteure cherche à convaincre ses lectrices de réclamer leurs droits en utilisant des exemples visant à susciter de l'empathie.

Transféré par

pwmb65kdk2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
45 vues4 pages

Olympe de Gouges : Critique des Femmes sous l'Ancien Régime

Olympe de Gouges critique le comportement des femmes sous l'Ancien Régime qui devaient utiliser leurs charmes pour obtenir de l'argent. Elle décrit ensuite leur condition de dépendance et montre qu'elles étaient considérées comme des objets. L'auteure cherche à convaincre ses lectrices de réclamer leurs droits en utilisant des exemples visant à susciter de l'empathie.

Transféré par

pwmb65kdk2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Olympe de Gouges texte 3

Introduction :
 Rappel des circonstances d'écriture et des généralités sur la Ddfc
 Contextualisation immédiate :
L'extrait soumis à notre étude se trouve dans le postambule : après l'exhortation
adressée aux femmes afin qu'elles sortent de leur aveuglement et se battent pour leurs
droits, Olympe de Gouges a expliqué dans le paragraphe qui précède notre extrait que " les
femmes ont fait plus de mal que de bien" dans l'histoire. En effet, privées de droits et
d'actions politiques, elles ont eu recours à la ruse pour jouer un rôle dans la société,
notamment en s'appuyant sur leur pouvoir de séduction pour influencer les hommes
politiques. Dans l'extrait soumis à notre étude, Olympe de Gouges s'attaque à un
comportement des femmes de l'Ancien Régime : la manière dont elles acquièrent de
l'argent. L'auteure propose ainsi un regard très moralisateur sur le comportement des
femmes présenté comme vicieux.
Lecture

Projet de lecture : Comment Olympe de Gouges à partir de la condamnation des femmes


de l’Ancien Régime incite-t-elle ses contemporaines à se laisser guider par la raison ?

Premier mouvement du texte : du début à "corrompu" : bilan du comportement


coupable des femmes sous l'ancien régime.

● Olympe de Gouges commence par dresser un état des lieux peu glorieux
Dès la première phrase de l’extrait, l'auteure critique l’omniprésence des vices dans la société
d’Ancien Régime.
Au début du passage, Olympe de Gouges donne une image dépréciative de l’Ancien Régime, dans
la mesure où elle emploie les termes « vicieux » et « vices qui sont relatifs aux défauts de ce mode de
gouvernement, et où elle utilise aussi le terme « coupable ». Tous ces mots sont connotés
négativement. En outre, elle précise que rien n’est épargné par les travers de l’Ancien Régime, en
répétant le pronom indéfini « tout » dans « tout était vicieux, tout était coupable ». Selon Olympe de
Gouges, « tout était vicieux » sous l’Ancien Régime car les femmes n’avaient pas d’autre choix pour
accéder à la fortune que de se servir de leurs charmes.
La première interrogation a en réalité une portée argumentative : l’auteure utilise ici l’interrogation
pour un acte de langage affirmatif. Elle répond d’ailleurs elle-même à la question en apportant une
solution, à la fin de l’extrait étudié.
● Elle précise ensuite les qualités requises de la part d’une femme à
l'époque
Les qualités requises pour une femme étaient d’être « belle » et «aimable ».
La femme était uniquement considérée à travers ses atouts physiques et psychologiques dont elle
pouvait, devait, tirer profit. La femme est bien sous-estimée et non reconnue à sa juste valeur comme
le souligne la négation restrictive « ne…que ».
On notera que dans ce passage Gouges ne parle pas forcément de prostitution, du moins tel qu’on
l’entend aujourd’hui, mais plutôt de « femmes entretenues », de femmes entretenant des liaisons avec
des amants riches et profitant de leur richesse comme l’indique la métaphore.
● De plus elle montrera que si la femme ne se conforme pas à ce qu’on attend d’elle,
elle est mal vue
Le champ lexical de l’argent est dominant dans les premières lignes, avec les termes « fortunes », «
richesses », « or » qui sont employés par Olympe de Gouges pour mettre en évidence le rapport
particulier que la femme doit entretenir avec l’argent. À l’époque il était de bon ton, pour une
femme, de profiter de ses atouts physiques et psychologiques dans le but de se faire entretenir par
un homme et ainsi se faire respecter. Ce comportement était légitime à tel point que c’est ce qui
était attendu. Une femme qui n’agissait pas ainsi était alors mal vue puisqu’elle « n’était plus
considérée que comme une mauvaise tête ». La négation restrictive souligne l’image négative de la
femme. L’auteure précise bien que si la femme « n’en profitait pas elle avait un caractère bizarre, ou
une philosophie peu commune, qui la portait aux mépris des richesses ». Olympe de Gouges souligne
également l’idée que le respect envers une femme était proportionnel à sa relation avec les
hommes et l’argent comme le montre l’emploi du superlatif : « la plus indécente se faisait respecter
avec de l’or. »
L’expression « commerce des femmes » (l. 8) est elle-même ambigüe : à cette époque le « commerce
» désigne en premier lieu les relations humaines (sociales, amicales, affectives) et l’expression est
donc à comprendre avant tout comme « les relations affectives, charnelles avec des femmes », le fait
de « fréquenter » des femmes, avec l’ambiguïté que ce terme a encore aujourd’hui. L’argent est bien
au centre des préoccupations, comme le fait que la femme devienne finalement une simple
marchandise. Olympe de Gouges parle ici de « commerce des femmes » et « d’industrie », pour
renforcer l’idée, défendue précédemment, que les femmes sont finalement considérées comme des
objets.
L’auteure modalise son discours en utilisant en particulier un lexique dépréciatif. Elle revient
plusieurs fois sur les vices, à travers un champ lexical omniprésent : « tout était vicieux, tout était
coupable » (l. 1), « vices » (l. 3), « vice » (l. 26), « perdue » (l. 10) et « corrompus » (l. 11). Elle porte
ainsi un regard moralisateur sur le comportement des femmes sous l’Ancien Régime et montre son
espoir pour cette nouvelle ère introduite par la Révolution.

Deuxième mouvement, de "Cependant" à " ses droits" : description de la condition des femmes
à l'époque de l'auteur avec plusieurs exemples

● Olympe de Gouges présente tout d'abord la situation des femmes comme une fatalité
Le connecteur « Cependant » (l. 11) crée une rupture et introduit le deuxième mouvement du texte,
autour de la condition des femmes à l’époque de l'auteure : prenant différentes situations comme
exemples, elle montre que les femmes sont dépendantes de leur beauté et que la vieillesse les conduit
à être rejetées par les hommes.
Le second mouvement du texte est lui aussi introduit par une question rhétorique. Là encore,
l’acte de langage est affirmatif : l’auteure insinue que la raison ne peut pas dissimuler cet état de fait,
c’est-à-dire l’impossibilité pour les femmes de gagner de l’argent autrement qu’en utilisant leurs
charmes.
Les femmes sont comparées explicitement à des esclaves, comme le souligne la
comparaison « la femme que l’homme achète, comme l’esclave sur les côtes d’Afrique ». Cette
comparaison dépréciative souligne que la femme est dépendante de l’homme comme l’esclave
l’est de son maître. La femme a paradoxalement besoin de l’homme, comme l’esclave de son
maître. L’auteure va même jusqu’à montrer que sans le maître et sans l’homme, l’esclave et la femme
seraient perdus.
De plus, le champ lexical de l’esclavage est formé par les mots « achète », « esclave », répété trois
fois et « maître » repris deux fois.
● L'auteure cherche ensuite à démontrer que sans l'homme la femme est perdue
Elle a besoin de lui, surtout lorsque ses « charmes » ne pourront plus être un atout pour elle. Il vaut
donc mieux qu’elle reste avec son « maître » si elle ne veut pas être malheureuse. Olympe de Gouges
énonce subtilement cette idée en employant le mot « esclave » en lieu et place du mot « femme ». En
effet, elle met en place des substitutions en utilisant le nom commun « charmes », normalement
relatif aux femmes, pour parler de l’esclave et évoque le sort de ce dernier en posant une question
rhétorique : « que devient cette infortunée ?» : le substantif « infortunée » a la marque du féminin et
est précédé du déterminant démonstratif féminin « cette ». L’auteure parle donc bien de la femme
et non de l’esclave mais elle agit ainsi pour insister sur l’analogie de leur situation.
Selon l'auteure, les femmes sont toujours menacées car lorsqu’elles vieillissent et qu’elles perdent
leurs charmes, elles deviennent « le jouet du mépris ». Leur fortune est donc conditionnée à leur
apparence. Pour Olympe de Gouges, les femmes, surtout lorsqu’elles ne sont pas protégées par le
mariage, sont vouées à être abandonnées par les hommes lorsqu’elles ont vieilli. Olympe de Gouges
offre une image très dépréciative de la femme, qui est finalement considérée comme une chose.
L’idée est sous-entendue depuis le début de l’extrait, dans la mesure où l’auteure emploie une
réification, figure de style consistant à abaisser un être humain au rang d’objet. À la ligne 16, cette
idée est explicitée par l’emploi du mot « jouet ». De plus, l’auteure écrit « jouet du mépris » pour
insister sur la non-considération des femmes à leur juste valeur. Les hommes ne font finalement que
les sous-estimer voire les mésestimer. La femme qui n’est pas parvenue à tirer profit de ses charmes,
et donc à faire fortune, reste incomprise comme le souligne le constat amer des lignes 17-18 : « elle
est pauvre et vieille, dit-on, pourquoi n’a-t-elle pas su faire fortune ? ».
Si l'auteure n’emploie jamais le « je », on trouve néanmoins une trace de sa présence dans le « on »
dans l’expression « on le sait ». Le pronom personnel de la troisième personne du singulier prend
ici une valeur globalisante, en englobant à la fois le lectorat et l’auteure : son emploi permet à celle-ci
de créer une proximité avec ses lecteurs et ses lectrices, en se présentant comme faisant partie de la
même communauté de savoir.
● Olympe de Gouges illustre alors son propos par des exemples qui visent à faire
ressentir de l’empathie à ses lecteurs
Par ailleurs, la présence de l'auteure apparaît sur un plan plus structurel, dans la mesure où elle
organise son discours. La phrase « D’autres exemples encore plus touchants s’offrent à la raison » (l.
18-19) a ainsi une valeur de transition qui renforce la visée argumentative de l’extrait. Notons au
passage l'antithèse raison/touchants
L’auteure cherche à persuader son lecteur en employant le registre pathétique. En effet, il est ici
question d’une « jeune personne sans expérience », donc innocente, qui sera séduite par un
homme qui en tirera profit. Olympe de Gouges veut que le lecteur ait pitié pour cette jeune femme,
c’est pourquoi elle emploie l’adjectif « touchants ».

Mais le lexique péjoratif lui permet également de critiquer le comportement des hommes envers les
femmes : dans son exemple, elle désigne l’homme comme « ingrat » (l. 20) et son attitude comme «
inhumaine » (l. 22).
À la ligne 168, Olympe de Gouges introduit une énumération d’exemples « encore plus touchants »
(l. 18) afin de susciter l’empathie et la compassion envers les femmes abandonnées par leurs conjoints
lorsqu’elles vieillissent. Ces exemples sont présentés sous la forme de quatre systèmes
hypothétiques, présentant différentes situations :
« si elle a des enfants »
« s’il est riche »
« si quelque engagement le lie à ses devoirs »
et « s’il est marié » (l. 25).
À chacune de ces situations, la principale propose une situation défavorable à la femme : « il
l’abandonnera de même » (l. 22), « il se croira dispensé de partager sa fortune avec ses nobles
victimes » (l. 23), « il en violera la puissance » (l. 24) et enfin « tout autre engagement perd ses droits
» (l. 25). Les propositions subordonnées circonstancielles de condition sont toutes introduites
par la conjonction de subordination « si », qui permet à l’auteure d’énumérer des situations
hypothétiques pour lesquelles le résultat sera toujours désavantageux pour la jeune femme.
Systématiquement, l’homme se comportera mal envers la femme. Cette idée est mise en valeur par les
verbes connotés négativement « abandonnera », « se croira dispensé » et « violera ».

L’énumération permet de mettre en évidence l’absence d’échappatoires pour les femmes,


condamnées à se retrouver abandonnées quelle que soit la situation envisagée : d’un point de vue
argumentatif, ces hypothèses finales créent donc une atmosphère pathétique, qui appelle à la
compassion des lecteurs et des lectrices.
Olympe de Gouges met en évidence la nature du rapport que les femmes entretiennent avec les
hommes : celui-ci est basé sur leurs qualités physiques et psychologiques, qui sont des critères
rémunérateurs. Une femme qui sait profiter de ses atouts aura accès à l’argent d’un homme ; il est
donc bien question d’entretenir une femme, dans le sens de la payer pour ces qualités.
Le champ lexical dépréciatif est celui de l’abandon et du manque, avec l’emploi des termes
suivants : « laissera », « abandonnera », « dispensé de » et « perd ». Ce champ lexical dévalorisant est
renforcé par les mots connotés négativement « ingrat » et « inhumaine », qui qualifient l’homme, et le
substantif « victimes » qui désigne les femmes. L’idée qui prédomine est celle de l’attitude vicieuse
des hommes, qui vont profiter de l’innocence de certaines femmes pour ensuite les abandonner ou
manquer à leurs devoirs.

Troisième mouvement, de "Quelles lois" à la fin: Olympe de Gouges envisage une


solution sous la forme de lois.
Le connecteur « donc » (l. 26) introduit le dernier mouvement du texte.
Une question rhétorique introduit le dernier mouvement du texte : il s’agit d’une fausse question
car l'auteure y répond immédiatement en proposant une solution sous la forme d’une phrase
nominale pour régler ce problème : une loi qui imposerait un partage des fortunes et des fonctions
dans l’administration publique : l'auteure propose en effet une répartition égale de la fortune et des
emplois entre les femmes et les hommes, qui viendrait mettre un terme à la difficulté des femmes à
gagner de l’argent autrement qu’en s’appuyant sur leur beauté.

Conclusion:
Faire le bilan du texte : À vous de travailler
Ouverture:
Tout comme Olympe de Gouges, le député révolutionnaire Guyomar rapproche la condition des
femmes et des esclaves afin de dénoncer l'absence de justification pour les inégalités dont ils sont
victimes. Ainsi dans le Partisan de l'égalité politique entre les individus écrit en 1793, il affirme : "
Ou je me trompe lourdement, ou une peau blanche, noire, ne caractérise pas plus l'exclusion à la
souveraineté dans l'espèce humaine, qu'un sexe mâle ou féminin."

Vous aimerez peut-être aussi