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Performance de Dessalement à Fouka

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UNIVERSITE SAAD DAHLAB - BLIDA1-

Faculté de Technologie

Département des Sciences de l’Eau et Environnement

MEMOIRE DE MASTER
Filière : Hydraulique

Spécialité : Ressources Hydrauliques

Thème :

Etude des performances de la station de dessalement d’eau de mer


de FOUKA Wilaya de TIPAZA

Présenté par

REZIM Fatiha et TACHETAOUI Kheira

Devant le jury composé de :

M. A. BENAZIZA Professeur, U. de Blida Président

M. A. GUENDOUZ Professeur, U. de Blida Examinateur

M. M. BESSENASSE Professeur, U. de Blida Promoteur

Promotion 2019/2020
Remerciements
En premier lieu, nous tenons tout d’abord à remercier Dieu pour
nos avoir donné la force et le courage pour pouvoir réaliser ce
travail.
Au terme de ce travail. Il nos somme agréable d’exprimer notre
sincères remerciements et notre profonde gratitude à Mr
[Link] de nos avoir encadré. Nous lui exprime
notre reconnaissance pour ses précieux conseils qui nos ont guidé
dans l’élaboration de ce mémoire de fin d’études.
Nous adressons nos remerciements aux tous les membres de la
station de dessalement d’eaux de mer de Fouka et spécialement à
Mr [Link].
Nous adressons également nos sincères remerciements aux membres
de jury qui ont accepté d’examiner notre travail
Nous remercions également, l’ensemble des Enseignants de
département de science de l’eau et environnement qui ont participé à
notre succès durant tout notre cursus.
Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à nos
familles, pour leurs soutiens et leurs encouragements durant nos
études.
Et tous ceux qui ont aidé, de prés ou de loin, à réaliser ce travail.
Dédicaces
Je dédie ce modeste travail,
En commençant par le plus important, à mes parents qui se
sont sacrifiés pour mes frères et moi, afin de nous donner la
meilleure éducation possible « merci maman, merci papa ».
A mes frères et mes sœurs et ma tante qui m’encourager très
fortes.
A tous les anges de notre maison : Abderrahmane ;
Mohammed ; Monsif ; Khadîdja ; Abdelbasset. Sans oublier
Bouchra ; Imane ; Sadik ; Fatima ; Idriss ; Nedjm eddine et
iliyas.
A mon mari qui ma donner un grand soutien morale pour
finir ce travail. Et bien sur pour ma belle mère et toute ma belle
famille.
A mon binôme Fatiha.
A tous mes amis durant tous mon cycle d’étude et
précisément : ilaf ; Bouchra ; Ahlem ; Chahra ; Noura ; Sara
……..etc.
Et a la fin a tous ce qui allumer un bouger dans la route de
la reconnaissance et tous ce qui j’ai l’honneur de son lecture de mon
travail et de prendre des informations a partir de lui.

Kheira
Dédicaces
Je dédie ce modeste travail,
En commençant par le plus important, à mes parents qui se
sont sacrifiés pour mes frères et moi, afin de nous donner la
meilleure éducation possible « merci maman, merci papa ».
A mes frères et mes sœurs et mon ancle et sa femme qui
m’encourager très fortes.
A tous les anges de notre maison : Bahae dinne ; Wissal ;
Raghad ; Alae ; Abderazek et Sohaibe.
A mon binôme Kheira.
A tous mes amis durant tous mon cycle d’étude et
précisément : Fatima; Sarah ; Nesrine ; Sara ……..etc.
Et a la fin a tous ce qui allumer un bouger dans la route de
la reconnaissance et tous ce qui j’ai l’honneur de son lecture de mon
travail et de prendre des informations a partir de lui.

Fatiha
:
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. ‫زا‬ ‫ ا‬،‫ح‬ ‫ا‬، ‫اد‬ ، ، : !" ‫ت ا‬ ‫ا‬

RESUME :
Face au problème majeur de manque d'eau, le dessalement constitue une option stratégique
pour l’Algérie qui a lancé une véritable industrie du dessalement des eaux de mer, avec la
mise en service des 13 grandes stations de dessalement, on arrive à mobiliser de 2,260
millions de m/J.
Toutefois, la construction d’usines de dessalement est inévitablement associée à une
catastrophe environnementale causée par le vaste déversement de la saumure et des réactifs
chimiques utilisés dans le dessalement.
L’objectif de ce présent travail est d’étudier les performances de la station de dessalement par
osmose inverse, située dans la ville de Fouka W. Tipaza et d’examiner l’impact de cette usine
sur l'environnement marin.
Mots clés : dessalement ; station ; réactifs chimiques ; osmose inverse.

SUMMARY :
The major problem of lack of water, desalination constitutes a strategic option for Alegria
which launched a true industry of the desalination of sea waters, with an output of
2.260million m3 /j.
How ever, the construction of desalination plants is inevitably associated an environmental
catastrophe caused by the vast discharge of the brine and the chemical reagents used in
desalination.
The objetive of this present work is to study the performances of the station of desalination by
opposite osmosis, located in the industrial park of skikda and to examine the impact of this
factory on the marine environment.
Key words : desalination ; chemical reagents ; the brine ; opposite osmosis.
Liste des tableaux :

Chapitre I : Ressources en eau en Algérie

Tableau I.01: Répartition des eaux de surface en Algérie……………………………..04

Tableau I.02: Répartition spatiale des eaux souterraines du Nord du pays…………..05

Tableau I-03 : consommation d’eau dans les industries de transformation…………..07

Tableau I.05 : Stations exploitées par SONELGAZ…………………………………….09

Tableau I.06: Stations exploitées par SONATRACH……………………………….......10

Chapitre II : Généralités sur le dessalement

Tableau II.01 : La salinité de l’eau de mer et d’océan………………………………….14

Tableau II.02 : Répartition de la production de l’eau dessalée (l’eau de mer)…………15

Chapitre VI : Présentation de la zone d’étude

Tableau IV.01 : Capacité de la station…………………………………………………39

Tableau IV.02: Causes et conséquences de différents types d’encrassement………...52

Tableau IV.03: Résumé des caractéristiques des pompes……………………………..55

Chapitre V : Etude des performances de la station de dessalement de Fouka


Tableau V.01 : Résultats des analyses de la température……………………………..71
Tableau V.02 : Résultats des analyses de Ph…………………………………………..72
Tableau V.03 : Résultats des analyses de la conductivité……………………………..74
Tableau V.04 : Résultats des analyses de TDS…………………………………………75
Tableau V.05: Résultats des analyses de la turbidité…………………………………..77
Tableau V.06 : Résultats des analyses de SDI…………………………………………78

Tableau V.07 : Résultats des analyses de la dureté calcique…………………………..80


Tableau V.08 : Résultats des analyses de la dureté totale……………………………..81
Tableau V.09 : Résultats des analyses des chlorures…………………………………..83
Tableau V.10 : Résultats des analyses de l’alcalinité…………………………………..84
Liste des figures :

Chapitre I : Ressources en eau en Algérie

Figure I.01 : Les bassins hydrographiques de l’Algérie du Nord……………………..…03

Chapitre II : Généralités sur le dessalement

Figure II.01: Les différents procédés de dessalement…………………………………….16

Figure II .2: Principe de distillation à simple effet……………………………………….17

Figure II .3: Distillation à multiples effets………………………………………………..18

Figure II.04 : Distillation par longs tubes verticaux………………………………………18

Figure II .5: Principe de fonctionnement d'un système par détentes successives (MSF)…19

Figure II .6: Principe de dessalement par l’électrodialyse………………………….……..20


+
Figure II.07 : Remplacement des cations par H …………………………………………..22

Figure II.08 : La déminéralisation………………………………………………………….23

Chapitre III : Méthode utilisée par la station (Osmose Inverse)

Figure III-01: Principe de l'osmose et de l'osmose inverse……………………………..….25

Figure III-02: membrane d’osmose inverse………………………………………………..26

Figure III-03: Mécanisme de transfère de matière………………………………………….27

Figure III-04: Éléments constitutifs d'une unité d'osmose inverse………………………….28

Figure III.05 : Schéma d’une membrane sélective………………………………………….28

Figures III.06 : Module plan…………………………………………………………………31

Figures III.07 : Schéma de principe d’un module tubulaire…………………………………32

Figure III.08 : Module à enroulement spiral…………………………………………………33

Figure III.09: Modules à fibres creuses………………………………………………………33

Figure III.10 : Schéma de récupération directe de l’énergie………………………………..34

Figure III.11 : Schéma de récupération indirecte de l’énergie……………………………...35

Chapitre IV : Présentation de la zone d’étude

Figure IV.01 : Photo de la station de Fouka…………………………………………………39

Figure IV.02 : les étapes de dessalement…………………………………………………….40


Figure IV.03 : Tour de captage……………………………………………………………...40

Figure IV.04 : La conduite en PEHD………………………………………………………..42

Figure IV.05 : Le dégrilleurs et la station de pompage……………………………………..43

Figure IV.06 : Les prises des produits chimiques……………………………………………44

Figure IV.07 : Les filtres gravitaires…………………………………………………………46

Figure IV.08 : L'unité des filtres à cartouches……………………………………………....48

Figure IV.09 : Unité d’osmose inverse………………………………………………………50

Figure IV.10 : Système de récupération d'énergie…………………………………………..51

Figure IV.11 : Silos de la chaux……………………………………………………………..54

Figure IV.12 : CO2 fabriqué sur site………………………………………………………..54

Figure IV-13 : Station de pompage d'eau traitée…………………………………………....55

Chapitre V : Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

Figure V.01 : Quelque signe de corrosion au sien de la station………………………………60

Figure V. 02 : La congélation des tuyaux……………………………………………….……64

Figure V.03: Fuite dans le système de production de CO2………………………………..…64

Figure V.04 : La nouvelle conduite d’eau de service……………………………………..….64

Figure V.05 : Le réservoir de traitement des effluents………………………………………..65

Figure V.06 : Le thermomètre………………………………………………………..………66

Figure V.07 : Le pH mètre……………………………………………………………………66

Figure V.08 : Le conductimètre…………………………………………………………..…..67

Figure V.09 : Le turbidimètre…………………………………………………….………….68

Figure V.10: Variation de la température en fonction de la période d’analyse……………...71

Figure V.11: Variation de pH en fonction de la période d’analyse…………………………..73

Figure V.12: Variation de la conductivité en fonction de la période d’analyse………………74

Figure V.13 : Variation de TDS en fonction de la période d’analyse………………...………75


Figure V.14: Variation de la turbidité en fonction de la période d’analyse…………………..77

Figure V.15: Variation de la dureté en fonction de la période d’analyse…………………….79

Figure V.16: Variation de la dureté calcique en fonction de la semaine……………..………80

Figure V.17 : Variation de la dureté en fonction de la période d’analyse……………………82

Figure V.18 : Variation de la dureté en fonction de la période d’analyse……………………83

Figure V.19 : Variation de TAC en fonction de la période d’analyse………………………..85

Figure V.20 : La comparaison de l’eau traitée à la norme……………………………………86

Chapitre VI : Impact environnementale du dessalement

Figure VI .01: la conduite de saumure vers la mer…………………………………………89

Figure VI.02 : Etat initial du milieu (pas de rejet de saumure)…………………………….93

Figure VI.03:Etat du milieu après implantation de l'usine de dessalement (rejet de saumure)94


Sommaire :
INTRODUCTION GENERALE……………………………………………………….…01

Chapitre I

Ressources en eau en Algérie

I-1 : INTRODUCTION .............................................................................………………....03


I-2 : Disponibilités en eau en Algérie ……………..……………………………..………...03
I .2.1- Les ressources en eau de surface ………………………………………….……04
I.2.2- Les ressource en eaux souterraines …………………..…………………………04
a)Dans le Nord du pays....................................................................................…....04
b) Dans le Sud du pays ……..…………………….……………………………….05
I.2.3 : Les eaux de mer et les eaux saumâtres …………………………………………05

I-3 : Relation entre ressources et besoins en eau ……………………………………..….06

I-3-1 : Usages domestiques …………………………………………..………………….06


I-3-2-Usages agricoles ……………………………………………………….…………..07
I-3-3-Usages industriels …………………………………………………………………07

I.4 : L’expérience Algérienne en matière de dessalement ………………………………..08

I.4.1- Les stations installées par la Compagnie «SONELGAZ»……………….………08


I.4.2- Stations installées par la Compagnie «SONATRACH» ………………….……..09
I.4.3- Stations installées par d’autres Compagnies……………………………….….…11
I.4.4- Station expérimentale du Centre de Développement des Energies Renouvelables
CDER………………………………………………………………………………..11

I.5- Conclusion ………………………………………………………………………..…….12


Chapitre II

Généralités sur le dessalement

II-1 : Introduction ………………………………………………………………….………13

II-2 : Définition de dessalement ………………….………………………………………..13

II-3 : Les eaux de dessalement……………………………………………………………..13

1. Les eaux de mer ………………….…………………….…………………………..13


2. Les eaux saumâtres ………………………………………………………….……..14

II-4 : Histoire du dessalement………………………..………………………….…………14

II-5 : Méthodes de dessalements ……………………...…………………………………...15

II.5.1- Procédés thermique ………………………………………………………..….16

II.5.1.1- La distillation ……………………………………………………….…16


II-5-1-2 : La congélation…………………………………………………….…..19

II-5-2 : Les procèdes membranaires ………………………………………………..…20

II-5-2-1 : l’osmose inverse………………………………………..…………..…..20


II-5-2-2 : L’électrodialyse…………………………………………………...……20

II.5.3 : Les procédés chimiques……………………………………..………….……….21

II.5.3-1 : L’échange d’ions…….………………………………………….……..21

II.6 : Choix d'un procédé de dessalement………………………………………………….23

II.6.1 : Critères économiques………………………………………..…………..23


II.6.2 : Critères techniques…….……………………………..………………….23

I.7- Conclusion……………….………………………………………..……………………..24
Chapitre III

Méthodes utilisée par la station (Osmose Inverse)

III.1- Introduction……………………………………………………………….…………..25

III-2 : Définition de la méthode d’Osmose inverse……………………….……………….25

III-3 : Domaines d’utilisation de l’osmose inverse………………………….…………….26

III-4 : Description d’une filière de traitement des eaux par osmose inverse…………….26

III-4-1 : Osmose inverse Procédé de choix……………………..……………………26

III-4-2 : Mécanisme de transfert de matière ………………………………………27

III-4-3 : Schéma général d’une installation d’osmose inverse……………………27

III.4-4 : Les membranes d’osmose inverse et leurs types……………….…………28

III-4-4-1 : Membranes organiques……………………………………………29

III.4.4.2 : Membranes minérales ou inorganiques……………..…………….30

III.4.4.3 : Membranes composites……………………………………………..30

III.4-5 : Les Modules et leurs types…………………..…………………………….31

III-4-6 : La pompe haute pression…………………………………………………..33

III.4-7 : Le système de récupération d’énergie………..……………………..…….34

III.4-8 : Le post traitement…………………………………………………………..35

III-4-9 : Choix des paramètres de fonctionnement……...…………………………35

III-4-10 : Qualité de l’eau traitée par osmose inverse ………………………….....36

III.5 : Les avantages et les inconvénients de l’osmose inverse………………………...…36


• Les avantages………………………………………………………………………..36
• Les inconvénients………………………………………………………………...…37

III.12- Conclusion…………………………………………………………………………..37
Chapitre IV

Présentation de la zone d’étude

IV.1- Introduction…………………..…………………………………………38

IV.2- Localisation de la station……………………………………………….38

IV.3- Capacité de la station et le mode de fonctionnement…………………39

IV-4 : Installation et processus………………...……………………………..39

IV.5- Description détaillée de l'usine……………………………………...…40


IV.5.1- La prise d’eau…………………………………………………………………40
IV.5.1.1- Critères de conception des conduites de prise d’eau………………40
IV.5.1.2- Conception de la prise d’eau……………………………………….40

IV.5.1.3- Critères de conception Conduite de prise d’eau…………………...41

IV.5.1.4- Station de pompage d'eau brute …………………………………..42

IV.5.1.5- Critères de conception des dégrilleurs……………………………..42

IV.5.2- Le prétraitement d'eau de mer……………………………………………….43

IV.5.2.1- La pré-chloration…………………………………………………….43

IV.5.2.2- Coagulant et polymère……………………………………………….43

IV.5.2.3- L’acide sulfurique……………………………………………………44

IV.5.2.3- Filtres bicouches gravitaires………………………………………..44

IV.5.2.4- Lavage des filtres……………………………………………………46

IV.5.2.5- Filtres à cartouches (microfiltre)…………………………………..47

IV.5.2.6- Le métabisulfite de sodium où Bisulfite sodium………………….49

IV.5.3- Le traitement………………….……………………………………………..49

IV.5.3.1- Filières d’osmose inverse…………………………………………49


IV.5.3.2- Configuration du système d’osmose inverse et taux de récupération

IV.5.3.3- Dimensionnement des pompes hautes pression…………………...50

IV.5.3.4- Système de récupération d’énergie…………………………..……51

IV.5.3.5- Procédure d’arrêt des filières (rinçage)……………………….…..51

IV.5.4- Le post-traitement (la reminéralisation)………………………………….53

IV.5.5- Station de pompage d'eau traitée………………………………………….54

IV.5.6- Laboratoire…………………………………………………………..……..55

IV.5.7- Salle de contrôle…………………………………………………………….56

IV.6- Conclusion………………………..……………………………………..56

Chapitre V

Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V.1- Introduction…………………………………………………………….57

V.2- Diagnostic des ouvrages de la station………..………………………..57

V.2.1- La suppression de la chloration…………………………………………….57

V-2-1-1 Le rôle du chlore…………………………………………………….57

V.2.2.2- Les inconvénients de la suppression de la pré-chloration……….57

V.2.2- La suppression d’un bassin de coagulation-floculation………………….58

V.2.2.1- Le rôle d’un bassin de coagulation-floculation………………..….58

V.2.2.2- Les inconvénients de la suppression d’un bassin de coagulation-

Floculation……………………………………………………..…….59

V.2.3- La suppression d’ouvrage de décantation……………………………….59

V.2.3.1- Le Principe de la décantation…………………………………….59


V.2.3.2- Les inconvénients de la suppression du décanteur……………….59

V.2.3- Les problèmes rencontrés dans la station………………………………….60

V.2.3.1- La corrosion…………………………………………………………60

V.2.3.2- Le colmatage des membranes d’osmose inverse………...………..61

V.[Link]- L’entartrage…………….………………………………….61

V.[Link]- Le colmatage abiotique et microbiologique……….....…..62

V.2.3.3- Problèmes dans le système de fabrication de CO2 ………………...63

V.2.3.4- Problème du système d’eau de service…………………………….64

V.2.3.5- Problèmes des rejets de la station…………………………………65

V.3- Etude de performance de la station de dessalement d’eau de mer de


Fouka………………………………..…………………………………………65

V.3.1- Définition et principe de meure des paramètres de qualité………………65

V- 4 : Résultat des analyses physico-chimiques et leur discussion…..…….71

V. 3.1. Température……………………………………………………………….71

V.3. 2. Le PH………………………………………………………………………..72

V.3. 3. La conductivité et la TDS ………………………………………………….74

V.3.4. La turbidité …………………………………………………………………77

V.3.5. Le SDI5 et SDI15 ……………………………………..………………………….78

………………………………………………………..80
V.3.6. La dureté calcique Ca2+

V.3.7. Le titre hydrométrique (TH)………………………………………………..81

V.3. 8. Les chlorures ……………………………………………………………….83

V.3.9. TAC …………………………………………………………………………84


V.4. Conclusion……………………………………………………………….87

Chapitre VI

Impact environnementale du dessalement

VI-1 : INTRODUCTION……………………………………………………88

VI.2- Origine et type des rejets…….………………………………………..88


VI.2.1- Rejets atmosphériques ……………………………………………………………88

VI.2.2- Les rejets chimiques ………………………………………………………………88

VI.2.3- La saumure concentrée…………………………………………………………….89

VI.3 : IMPACTS DES REJETS DE DESSALEMENT………………….89

VI-3-1 : Effets dus aux produits de la corrosion …………………………………90

VI-3-2 : Effets dus aux additifs antitartres ……………………………………….90

VI-3-3 : Effets des additifs antisalissure ………………………………………….91

VI-3-4 : Effets des additifs antimousses …………………………………………..91


VI-3-5 : Impact de bruit……………………………………………………………91

VI-3-6 : La consommation énergétique par rapport aux autres alternatives de

ressources en eau potable…………………………………………………..91

VI-3-7 : Effets dus au prélèvement d’eau de mer………………………………...91

VI-3-9 : Impacts des rejets de saumures sur l’écosystème marin………………..92

VI-3-8 : Effets potentiels des rejets de saumures concentrées …………………..92

VI-4 : ELIMINATION DE LA SAUMURE………………………………94


VI-5 : TECHNIQUES POUR MINIMISER LES IMPACTS DU
DESSALEMENT SUR L’ENVIRONNEMENT …………………………95

VI.6- Conclusion……………………………………………………………..96
Introduction générale

INTRODUCTION GENERALE :

Une eau pure est une eau de haute qualité garantissant une bonne santé. La qualité de
l’eau doit impérativement être conformée aux normes de potabilité au niveau bactériologique
et physiologiques.

L’eau est indispensable a tous les êtres vivants, il est possible de jeuner sans danger
considérables, mais on ne peut être privé d’eau plus de 48 heures sans risque. Plus, les besoins
industriels et agricoles de l’eau qui sont très important.

L’Algérie a vécu plus d’une décennie de sécheresse, les ressources conventionnelles en


eau étaient insuffisantes pour subvenir aux besoins de la population, ceux qui a incité les
autorités algériennes à chercher d’autres ressources pour garantir l’alimentation en eau
potable de cette population. La solution la plus adaptée et qui ne dépend pas des aléas
climatiques, était le dessalement d’eau de mer.

L’expérience algérienne en matière de dessalement des eaux est étroitement liée au


développement de l’industrie et sidérurgique. Le recours au dessalement en vu d’un usage
destine exclusivement à l’alimentation de la population en eau potable est quasi-
inexistant.eg6rienne en mati6re de

L’apport en eau par des moyens non conventionnels a été pendant ces dernières années
par le développement de nouvelles techniques de dessalement des eaux de mer basés sur les
procédés thermiques ou les procédés non thermiques ou membranaires et sont devenus un
enjeu économique pour pallier au problème de la disponibilité des ressources en eau et le
stress hydriques, comme en Algérie. On citera notamment la distillation, l’osmose inverse, la
congélation et l’électrodialyse. Cependant, les deux technologies utilisées actuellement, à
l’échelle industrielle, sont celles basées sur la distillation et l’osmose inverse.

Le procédé de traitement des eaux par membrane d’osmose inverse est une des
techniques de filtration membranaire. Il est utilisé en dessalement des eaux saumâtres, des
eaux de mer et également pour la réutilisation des eaux usées urbaines et industrielles.
L’objectif principal de cette technologie est l‘élimination des sels et des substances
organiques présentes dans les eaux ainsi qu’une partie des bactéries et des virus. En

Edition 2020
1
Introduction générale

dessalement des eaux de mer, l’osmose inverse reste en compétition avec les procédés
thermiques (multi flash ou multi effet). Le choix entre ces deux technologies dépend
essentiellement des coûts énergétiques (électricité et vapeur), de la qualité de l’eau brute à
traiter ou de l’eau dessalée à obtenir.

Face aux aléas climatiques observés ces dernières années, et pour répondre aux besoins
de la population qui atteindra 50 millions dans les vingt prochaines années, le gouvernement
algérien a mis en place à court et moyen terme une véritable industrie de dessalement des
eaux de mer et de déminéralisation des eaux saumâtres, comme moyen de mobilisation d’eau
complémentaire, pour faire face aux différents plans de développement : AEP, industrie et
agriculture.
À travers ce travail nous allons étudier la performance de la station de dessalement des
eaux de mer par osmose inverse de FOUKA (Wilaya de Tipaza) ainsi l’impact de la station
sur l’environnement, et proposer par la suite des solutions adéquates aux problèmes
rencontrés.

Edition 2020
2
Chapitre I

Ressources en eau en Algérie


Chapitre I Ressources en eau en Algérie

I-1 : INTRODUCTION :
Le pays est divisé en 5 bassins hydrographiques (figure I.01) regroupant les 17 bassins
versant. Les ressources en eau ne sont pas réparties équitablement, que ce soit au niveau de
leur répartition géographique, de leur quantité ou de leur nature (eaux de surface ou
souterraine) (29).

Figure I.01 : Les bassins hydrographiques de l’Algérie du Nord (29)

La pluviométrie est le paramètre le plus important dans l’évaluation des ressources en


eau, Elle varie de plus de 2000 mm/an sur les hauts reliefs en bordure de la mer
méditerranéenne, à moins de 100 mm/an au nord du Sahara. Les moyennes annuelles des
précipitations suivent une zonalité générale Nord-Sud, qui définit les zones climatiques.
Cependant, on note des également écarts notables entre l’Est et l’Ouest du pays.

I-2 : Disponibilités en eau en Algérie :


L’Algérie comptera en 2014, à la fin du programme quinquennal 2010-2014 environ 80
barrages avec une capacité globale de stockage de 9 milliards de mètres cubes .Toute porte à
croire qu’avec une telle capacité, l’équation de l’eau potable sera définitivement résolue en
Algérie.
Le nombre de barrages a connu ces dix dernières années une augmentation de plus de 50%.
Concrètement, en 1999, l’Algérie comptait 44 barrages en exploitation avec une capacité
globale de remplissage estimée à 3,3 milliards de mètres cubes. Aujourd’hui, il existe 65

Edition 2020
3
Chapitre I Ressources en eau en Algérie

barrages en exploitation sur tout le territoire national avec une capacité de remplissage de 7,5
milliards de mètres cubes. [4]

I .2.1- Les ressources en eau de surface :

Les écoulements de surface avaient été estimés pendant la période coloniale à 15


milliards de m³ pour les bassins tributaires de la Méditerranée (123000 km²), c'est-à-dire sans
tenir compte des bassins qui dépendent des chotts. Dans les dernières études menées dans le
cadre du Plan National de l’eau par l’Agence Nationale des Ressources Hydriques (ANRH) et
de la Direction des Grands Aménagements Hydrauliques (DGAIH) et qui intègrent des années
de sécheresse, les ressources en eau de surface sont évaluées à 12.4 milliards de m³ répartis
par bassin hydrographique selon le tableau suivant :
Tableau I.01: Répartition des eaux de surface en Algérie. [2]
Bassin Oranaise Chelif Algérois Constantinois Sud Total
Hydraulique Chatt Zahrez Soummam Seybouse
Chargui Hodna Méllegue
Ressources 1025 1840 4380 4500 600 12.34
pot (hm³/an)

Pourcentage 8.7 15.7 37.3 38.3 0.48 100


(%)

En 2014 Le secteur des ressources en eau en Algérie dispose de 84 barrages avec une
capacité de stockage de 8,9 milliards de mètres cubes. Pour l’heure, l’Algérie dispose de 70
barrages de grande et moyenne envergure, avec une capacité de 7 milliards de mètres cubes
[2].

I.2.2- Les ressource en eaux souterraines :


a)Dans le Nord du pays :
Les eaux souterraines ont été évaluées par les services techniques de l’ANRH et la
DGAIH dans le cadre du Plan nationale de l’eau à environ 1,9 milliard de m3. Ces ressources
qui sont relativement plus faciles à mobiliser, sont aujourd’hui exploitées à plus de 90%;
beaucoup de nappes sont même dans un état de surexploitation critique. Actuellement, on

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4
Chapitre I Ressources en eau en Algérie

estime à plus de 12.000 forages, 9.000 sources et 100.000 puits qui sollicitent les nappes pour
les besoins de l’agriculture et l’alimentation en eau potable et industrielle. [2]

La répartition par région hydrographique des eaux souterraines du Nord se présente


comme suit:
Tableau I.02: Répartition spatiale des eaux souterraines du Nord du pays. [2]
Bassin Oranise Chelif Algérois Constantinois Total
Hydraulique Chatt Zahrez Soummam Seybouse
Chargui Hodna Méllegue
Ressources 375 231 745 543 1894
pot (hm³/an)

Pourcentage 19.7 12.2 39.2 28.9 100


(%)

b) Dans le Sud du pays :


Le sud algérien correspond à une zone désertique d’environ 2.156.000 km², soit 85% du
territoire global du pays, avec une population qui dépasse les trois (03) millions d’habitants.
Les précipitations sont rares dans cette région où les pluies torrentielles provoquent des crues
violentes et dévastatrices. Le charriage est considérable et l’érosion des berges participe au
transport solide dans les cours d’eau avec un débit appréciable.
Ainsi, au niveau de ce grand espace, l’essentiel des ressources en eau est localisé dans
deux grands systèmes aquifères : la nappe du Continental Intercalaire (ou Albienne), qui est
un grand réservoir d’eau fossile s'étendant sur tout le Sahara septentrional, et la nappe du
Complexe Terminal, qui est un aquifère peu profond. [2]

I.2.3 : Les eaux de mer et les eaux saumâtres :


La caractéristique la plus importante des eaux de mer est leur salinité, c'est-à-dire leur
teneur globale en sels (chlorures de sodium et de magnésium, sulfates, carbonates). La salinité
peut être très différente dans le cas des mers fermées ou peu ouvertes sur les masses
océanique. (26)
On appelle eau saumâtre une eau saline non potable de salinité inférieure à celle de
l'eau de mer. En fin la plupart des eaux saumâtres ont une salinité comprise entre 1 et 10 g de

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Chapitre I Ressources en eau en Algérie

sels par litre. Elles se présentent soit, sous forme d’eaux de surface, soit sous forme mais
d’eaux souterraines qui se sont chargées en sels en dissolvant certains sels présents dans les
sols qu'elles ont traversés. (26)
A la suite d'une sécheresse chronique vécue par l'Algérie depuis plus de deux
décennies et la demande en eau croissante, les pouvoirs publics ont décidé de s'orienter vers
une politique de mobilisation des ressources en eau non conventionnelles, à savoir le
dessalement d'eau de mer, des eaux saumâtres et le recyclage des eaux usées afin de pouvoir
compenser le déficit en eau enregistré.
Avec un littoral de 1200 Km, la ressource est pratiquement inépuisable ; La population
ainsi que les industries grandes consommatrices d'eau se trouvent à proximité de la mer, ce
qui réduit davantage les prix de revient du m3 d'eau dessalée; Le domaine de dessalement de
l'eau de mer a connu ces dernières années une avancée technologique remarquable grâce au
développement des différents procédés; La disponibilité de la ressource énergétique ou la
combinaison de sa production; Le coût du m3 d'eau dessalée est en nette régression alors que
le coût du m3 d'eau conventionnelle est en nette progression.
Ce sont les avantages qui ont rendu le recours à la ressource non conventionnelle de plus
en plus favorable. (13)

I-3 : Relation entre ressources et besoins en eau :

On peut aussi avoir des inégalités au niveau d’un pays, en Algérie, par exemple, 75% des
ressources renouvelables sont concentrées sur 6% du territoire ; Les besoins en eau sont très
variables suivant les pays. Il y a les pays en voie de développement peu industrialisés, la
consommation n’excède pas 40 l /jour /habitant, tous usages compris. Mais, il y a des états
industrialisés où la consommation journalière atteint plusieurs milliers de litres par personne
en additionnant les besoins domestiques, industriels et agricoles.

I-3-1 : Usages domestiques :


Les usages domestiques concernent les diverses activités de lavage, d’évacuation des
déchets, d’hygiène personnelle, d’arrosage des jardins a travers le monde, la consommation
journalière pour les besoins domestiques est très variable suivant les pays. Elle est de 600 l
aux Etats-Unis, 250 à 300 l en Europe, 30 l en Afrique (5 l à Madagascar). D’une manière
générale, la consommation d’eau potable par habitant est en augmentation dans la plupart des

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Chapitre I Ressources en eau en Algérie

pays, à l’exception notoire de l’Egypte où la rareté physique de l’eau est déjà un problème
préoccupant.

I-3-2-Usages agricoles :
A l’échelle de la planète, les usages agricoles représentent prés des trois quarts des
consommations d’eau. L’eau constitue en effet un facteur limitant de la production végétale,
elle est présente en abondance dans les tissus végétaux (jusqu’à 95% de leur poids). Elle
maintient leur turgescence et assure le transport et les échanges de matières dissoutes à
l’intérieur des plantes. L’eau est également partiellement métabolisée puisqu’elle est, avec le
gaz carbonique, l’une des matières premières des réactions de photosynthèse :
6CO2+6H2O → C6H12O6+6O2
Enfin, les plantes transpirent c'est-à-dire qu’elles cèdent à l’atmosphère de l’eau sous forme
de vapeur : c’est l’évapotranspiration qui est d’autant plus importante que le pouvoir
évaporant de l’atmosphère sera plus élevé, On admet que la fabrication d’un kg de matière
sèche végétale nécessite environ entre 300 l d’eau en climat humide et 1000 l en climat semi-
aride. [5].

I-3-3-Usages industriels :
Dans l’industrie, l’eau est employée comme solvant, comme diluant ou comme vecteur de
dispersion des polluants les plus divers. Les industries de transformation sont de grosses
consommatrices d’eau, comme le montre le tableau suivant :
Tableau I-03 : consommation d’eau dans les industries de transformation (01).
Industrie Eau nécessaire

Raffinage d’1 t de pétrole 10t d’eau

Distillation d’1 t d’alcool 100t d’eau

Fabrication d’1 t de pâte papier 250t d’eau

Fabrication d’1 t d’acier 270t d’eau

Fabrication d’1 t de fibres synthétiques 5000t d’eau

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Chapitre I Ressources en eau en Algérie

I.4 : L’expérience Algérienne en matière de dessalement :

L’Algérie a déployé des efforts importants pour améliorer ses ressources hydriques et la
disponibilité de l’eau, depuis son indépendance. Autant pour son l’industrie, l’agriculture que
pour l’alimentation en eau potable des zones urbaines et rurales du pays. Les efforts de la
jeune Algérie souveraine ont rapidement focalisé sur la rénovation du réseau de distribution
existant, le drainage des eaux de pluie vers les barrages et l’exploitation des nappes
phréatiques à un moment où l’option du dessalement n’est encore qu’à ses premiers
balbutiements. Dès les premières années de l’indépendance, l’expérience de l’Algérie en
matière de dessalement se limite à la réalisation d’unités de déminéralisation des eaux
souterraines à très fort taux de salinité, pour des besoins liés à l’industrie pétrolière et la
sidérurgie seulement.
Selon une étude du centre de développement des énergies renouvelables, en 1964, trois petites
unités de 8m3/j chacune ont été installées dans le complexe de gaz liquéfié d’Arzew, suivies
en 1969 d’une unité monobloc de 4560 m3/j. (14)
Les premières installations destinées à fournir de l’eau potable pour la consommation
humaine ont été réalisées pour la première fois dans les bases pétrolières du grand sud.
D’autres installations ont été mises en exploitation pour les besoins en eau de haute pureté,
employée dans des complexes de production d’électricité (Cap Djinet à l’est d’Alger) et
l’industrie de liquéfaction (Arzew et Skikda).
En 1980, a été inaugurée l’unité de dessalement de Mostaganem par osmose inverse d’une
capacité de 57600 m3/j, classée alors comme la plus importante au monde.

I.4.1- Les stations installées par la Compagnie «SONELGAZ»:


Pour des besoins de production d’énergie électrique et compte tenu de l’insuffisance et de la
qualité des eaux distribuées dans les réseaux d’AEP, SONELGAZ a doté chacune de ces
nouvelles centrales à vapeur, d’unité de dessalement d’eau de mer pour produire de l’eau
nécessaire à l’appoint des chaudières (Tableau I.05).

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Chapitre I Ressources en eau en Algérie

Tableau I.05 : Stations exploitées par SONELGAZ. [1]

I.4.2- Stations installées par la Compagnie «SONATRACH» :


La plus grande expérience dans le domaine du dessalement, ainsi que le plus grand
nombre de stations installées revient à la Compagnie «SONATRACH», 31 centrales ont été
construites pendant 18 ans : de 1964 à 1982. C’est l’équivalent de 107.401 m3/j produits par
les différentes techniques et dont la qualité de l’eau d’alimentation a été très diversifiée (eau
de mer, eau chargée de barrage, eau saumâtre souterraine comme illustre le tableau I.06.

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Chapitre I Ressources en eau en Algérie

Tableau I.06: Stations exploitées par SONATRACH. [1]

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Chapitre I Ressources en eau en Algérie

I.4.3- Stations installées par d’autres Compagnies:


Des petites stations sont aussi construites pour répondre aux besoins de certaines
industries :
La compagnie Tongo (Rouïba): procédé par échange d’ions, avec une capacité de
1500m3/j.
La brasserie Bovaroise (Annaba): procédé par Osmose Inverse, avec une capacité de
3500 m3/j. [1]
I.4.4- Station expérimentale du Centre de Développement des Energies Renouvelables
CDER :
C’est la Station expérimentale de Hassi- khebbi (1975), d’une capacité de 20,4 m3/j dont
le procédé est l’osmose inverse, et fonctionnant à l’énergie solaire. Cette station est destinée
au dessalement des eaux saumâtres souterraines pour l’alimentation en eau potable la localité
de Hassi Khebbi comptant 800 Habitants. (14)

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Chapitre I Ressources en eau en Algérie

I.5- Conclusion :
Dans ce chapitre on constate qu’il y a vraiment un manque d’eau en Algérie qui n’est
pas dû seulement aux facteurs climatologiques mais aussi aux facteurs humains, car la
mauvaise gestion du potentiel hydrique en Algérie aggrave la situation. Pour cela il faut des
solutions radicales qui résistent à la multitude des facteurs réduisant notre autosuffisance en
eau.
Face à ce problème majeur de raréfaction des ressources en eau, le dessalement constitue
une option stratégique pour notre pays. Dans cette optique le gouvernement algérien a lancé, à
partir de 2001, une véritable industrie du dessalement des eaux de mer et des eaux saumâtres,
qui illustre les efforts du gouvernement Algérien dans le programme du développement
durable.

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Chapitre II

Généralités sur le dessalement


Chapitre II Généralités sur le dessalement

II-1 : Introduction :

La nécessité de dessaler l’eau de mer se fait de plus en plus pressante dans de nombreuses
parties du monde. En Méditerranée, les besoins en eau présents et futurs accusent une
croissance effective.

L’Algérie a vécu plus d’une décennie la sécheresse, les ressources conventionnelles en eau
étaient insuffisantes pour subvenir aux besoins de la population, ceux qui a incité les autorités
algériennes à chercher d’autres ressources pour garantir l’alimentation en eau potable de cette
population. La solution la plus adaptée et qui ne dépond pas des aléas climatiques, était le
dessalement d’eau de mer. Aux 13 usines de productions déjà opérationnelles, le pays
souhaite en rajouter 43 autres d’ici 2019 et doubler les capacités journalières actuelles qui
s’élèvent à 1,04 million de m3 pour répondre aux besoins domestiques nationaux. (14)

II-2 : Définition de dessalement :

Le dessalement de l'eau (également appelé dessalage ou désalinisation) est un


processus qui permet d'obtenir de l’eau douce (potable ou, plus rarement en raison du coût,
utilisable pour l'irrigation) à partir d'une eau saumâtre ou salée (eau de mer notamment). En
dépit du nom, il s'agit rarement de retirer les sels de l’eau, mais plutôt, à l'inverse, d'extraire
de l'eau douce, il est plus simple et plus économique de rechercher des sources d'eau douce à
traiter (eaux de surface, telles que lac et rivière, ou eau souterraine), que de dessaler l'eau de
mer [2].

1. Les eaux de mer :


La caractéristique la plus importante des eaux de mer est leur salinité, c'est-à-dire leur
teneur globale en sels (chlorures de sodium et de magnésium, sulfates, carbonates).
La salinité des mers ouvertes sur les masses océaniques (Atlantique, Manche, Mer du Nord,
pacifique) est de l’ordre est de 35 g.L-1, cette valeur est considérée comme la salinité standard
de l’eau de mer. Des variations plus ou moins importantes autour de cette valeur moyenne
existent en fonction du bilan précipitation-évaporation.

La salinité peut être très différente dans le cas des mers fermées ou peu ouvertes sur les
masses océanique (voir le tableau II.01). (02)

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Chapitre II Généralités sur le dessalement

Tableau II.01 : La salinité de l’eau de mer et d’océan. (02)

Mer ou océan Salinité (mg/l)


Mer Baltique 7000

Mer Caspienne 13500

Mer Noir 20000

Mer Adriatique 25000

Océan Pacifique 33600

Océan Atlantique 33800

Mer Méditerranée 39000

Golfe Arabique 43000

Mer Rouge 43000

Mer Morte 270000

2. Les eaux saumâtres :

On appelle eau saumâtre une eau saline non potable de salinité inférieure à celle de l'eau
de mer. En fin la plupart des eaux saumâtres ont une salinité comprise entre 1 et 10 g de sels
par litre. Elles se présentent soit, sous forme d’eaux de surface, soit sous forme mais d’eaux
souterraines qui se sont chargées en sels en dissolvant certains sels présents dans les sols
qu'elles ont traversés. Leur composition dépend donc de la nature des sols traversés et de la
vitesse de circulation dans ces sols. Les principaux sels dissous sont le CaCO3, le CaSO4, le
MgCO3 et le Na Cl. (02)

II-4 : Histoire du dessalement :

Depuis des temps anciens on avait constaté qu’en portant à ébullition de l’eau saline
on obtenait, par condensation de la vapeur, de l’eau douce.
La première application industrielle de l’évaporation-condensation a été faite à bord des
navires à vapeur vers 1880. Bien que ce soit en 1920 que la première usine de dessalement par
voie thermique fut installée à terre (Jeddah – Arabie Saoudite), ce n’est qu’à partir de 1960
que des usines de grande capacité voient le jour, principalement au Moyen-Orient.

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Chapitre II Généralités sur le dessalement

Les usines de dessalement d’eau de mer utilisant le principe de l’osmose inverse


apparaissent à la fin des années 1970. Elles sont tout d’abord adaptées aux faibles capacité de
production, pour devenir petit à petit compétitives par rapport à la distillation, et ceci même
pour les grandes capacités, du fait principalement de la diminution du prix des membranes et
de leurs besoins en énergie électrique .

Actuellement, est d’après l’inventaire mondial de l’association internationale de


dessalement (IDA), il existe plus de 15000 unité de dessalement dans le monde produisant
enivrent 56 million de m3/j, dans 120 pays.

Les pays de moyen orient, est principalement ceux du Golf-Persique, atteignent 12


million de m3/j : l’Arabie Saoudite dispose de 23.6% du totale elle est suivie par les Etats
Unis avec 16.16%, les émirats arabes Unis avec 16.3% et le Koweït 6.4%.

Tableau. II.2: Répartition de la production de l’eau dessalée (l’eau de mer) (32).

II-5 : Méthodes de dessalements :

Les méthodes actuelles de dessalement des eaux sont classées en trois catégories, selon le
principe appliqué :
• Les procédés thermiques ;

• Les procédés membranaires ;

• Les procédés chimiques.

Edition 2020
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Chapitre II Généralités sur le dessalement

Figure II.01: Les différents procédés de dessalement.

L’eau de mer chauffée émet une vapeur d’eau pure qu’il suffit de condenser pour obtenir
de l’eau douce. Ce principe de dessalement très simple est utilisé depuis longtemps.

• Distillation à simple effet :

C’est le premier procédé qui a été employé depuis longtemps sur les navires, où les moteurs
Diesel émettent une quantité significative de chaleur récupérable. Son principe est simple : il
reproduit le cycle naturel de l’eau. Dans une enceinte fermée, un serpentin de réchauffage
porte à ébullition l’eau de mer. La vapeur produite se condense au contact d’un deuxième
serpentin alimenté par l’eau de mer froide. Un éjecteur (ou une pompe) évacue les gaz
incondensables. Un groupe électropompe soutire l’eau condensée ; un deuxième l’eau de mer
concentrée ou la saumure.

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Chapitre II Généralités sur le dessalement

Figure II .2: Principe de distillation à simple effet (16)

• Distillation à effets multiples (Multi Effet Distillation : MED) :

La distillation à multiples effets se base sur la recherche d'une récupération aussi poussée
que possible de la chaleur libérée par la condensation et par une évaporation sous pression
réduite.

La distillation à multiples effets c’est une installation constituée par la juxtaposition de n


cellules fonctionnant selon le principe de l’effet simple (Figure II.02). Le fluide de
réchauffage porte à l’ébullition l’eau de mer admise dans la première cellule, qui est aussi la
cellule où règne la température la plus haute. La vapeur émise par l’ébullition de l’eau de mer
est transférée dans la cellule voisine, où on maintient une pression légèrement inférieure. La
température d’ébullition diminuant avec la pression, on vaporise l’eau de mer présente dans la
deuxième cellule. C’est le deuxième effet. On peut évidemment répéter l’opération plusieurs
fois, la limite basse étant donnée par la température de l’eau de mer froide (Figure II.03).

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17
Chapitre II Généralités sur le dessalement

Figure II .3: Distillation à multiples effets (16)

Distillation par longs tubes verticaux :

L’eau de mer admise en A bout en descendant par les


tubes B et la vapeur sert de source de chaleur pour l’étage
suivant. Seul le premier est alimenté en vapeur spécialement
produite. La vapeur en C se condense sur les tubes et l’eau
douce est collectée en D. Comme la montre la figure ci-
après.

Figure II.04 : Distillation par longs tubes verticaux (03)

Distillation par longs tubes horizontaux :

Appelés aussi HTME dans la littérature anglo-saxonne (Horizontal Tube multiple Effet)
dont le développent industriel date seulement d’une vingtaine d’années, constitués
essentiellement de faisceaux tubulaires horizontaux chauffés intérieurement par de la vapeur
et arrosés extérieurement par l’eau de mer.

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Chapitre II Généralités sur le dessalement

• Distillation par détentes successives ou multi flash (MSF):

Le procédé Flash est relativement ancien, la première unité est installée en 1928 en
URSS mais a reconnu un essor notamment dans les pays du Golfe à partir des années 1960
3
par l’installation d’une unité de 4500 m au Koweït en [Link] procédé était développé à la
suite des difficultés rencontrées dans la distillation à multiples effets par l’entartrage des
surfaces d’échange d’ions. Il consiste à maintenir l’eau sous pression pendant toute la durée
de chauffage, elle est introduite dans une enceinte où règne une pression réduite, il en résulte
une vaporisation instantanée par détente appelée Flash, cette vapeur va se condenser, le
phénomène se reproduit ensuite dans un deuxième étage où règne une pression plus faible ; la
vaporisation de l’eau est réalisée par détentes successives de températures excessives jusqu’à
Tmax et de pressions de plus en plus réduites. On peut trouver jusqu'à 40 étages successifs dans

une unité MSF industrielle.

Figure II .5: Principe de fonctionnement d'un système par détentes successives (MSF) (33)

II-5-1-2 : La congélation :
La congélation de l’eau de mer fournit des cristaux de glace exempte de sel, le dessalement
par congélation nécessite trois étapes :
Congélation partielle de l’eau de mer ;
Séparation des cristaux de glace pure avec la saumure ;
Fusion des cristaux de glace.
Lorsqu’on refroidit une eau de mer jusqu’à environ (-2°C), il y a une formation de cristaux de
glace qui sont constitués d’eau douce. L’eau de mer étant alors plus concentrée, elle résiste
mieux à la congélation, si on fait baisser l’avantage la température, la production de glace

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19
Chapitre II Généralités sur le dessalement

augmente, aux environs de la température (-9°C), de surface de sodium déca-hydraté à


tendance à participer pour produite de l’eau au- dessous de cette température. (21)

II-5-2 : Les procèdes membranaires :

II-5-2-1 : l’osmose inverse :


Ce procédé fait l’objet de notre étude, OI est un procédé de séparation des sels dissous, la
matière organique, les virus et bactéries de l’eau au moyen de membranes semi- perméables
sous l‘action de la pression (54 à 80 bar pour le traitement de l’eau de mer).
II-5-2-2 : L’électrodialyse :
L’électrodialyse consiste à transférer des ions de sels dissous à travers des membranes qui
ne laisse pas passer l’eau épurée, le mouvement des ions est provoqué par un champ
électrique, l’électrode négative (cathode) attire les cations, tandis que les anions se déplacent
vers l’électrode positive (anode) (figure II .6).
Les installations sont formées d’empilements compartimentés de membranes alternativement
anionique et cationique, un compartiment sur deux renferme des saumures concentrées et un
sur deux du permet épuré.

Figure II .6: Principe de dessalement par l’électrodialyse (12)

• Les membranes d’électrodialyse :


Les membranes utilisées en électrodialyse sont des membranes échangeuses d’ions qui se
présentent sous la forme de feuilles dont l’épaisseur est comprise entre 0.1 et 0.8mm. Du
point de vue propriétés on distingue deux types de membranes :

Edition 2020
20
Chapitre II Généralités sur le dessalement

Les membranes échangeuse de cations qui sont perméables uniquement aux


cations et dont le groupement fonctionnel est en général un groupement acide
sulfonique (SO3-).
Les membranes échangeuse d’anions qui sont perméables uniquement aux
anions et dont le groupement fonctionnel est en général un groupement
ammonium quaternaire (NR3+). (21)

II.5.3 : Les procédés chimiques :

II.5.3-1 : L’échange d’ions :

L’‘échange d’ions est un procédé dans lequel les ions d’une certaine charge contenus dans
une solution (par exemple des cations) sont éliminés de cette solution par adsorption sur un
matériau solide (l’échangeur d’ions), pour être remplacés par une quantité équivalente
d’autres ions de même charge émis par le solide. Les ions de charge opposée ne sont pas
affectés.

+
Si on remplace tous les cations dissous dans l'eau par des ions H et tous les anions par des

ions OH , ceux-ci vont se recombiner pour former de nouvelles molécules d'eau. Pour y
parvenir, il faut avoir une résine échangeuse de cations sous la forme H et une résine
échangeuse d'anions sous la forme OH. Tous les cations et anions de l'eau seront échangés, et
le résultat net est une “disparition” complète des contaminants ionisés. La réaction d'échange
de cations sera :

++ +
2 R'H + Ca R2Ca + 2 H

+ +
R'H + Na R'Na + H

Dans ces équations, R' représente la résine échangeuse de cations. L'échange est illustré dans
+
la figure II.07. La résine est initialement sous forme hydrogène (H ).

Edition 2020
21
Chapitre II Généralités sur le dessalement

+
Figure II.07 : Remplacement des cations par H . (04)

De la même façon, une résine échangeuse d'anions sous forme OH peut éliminer tous les
anions :
– –
R’’OH + Cl R’’Cl + OH

= –
2 R’’OH + SO4 R’’2SO4 + 2 OH

Où R’’ représente la résine échangeuse d'anions. Tous les anions sont remplacés par des ions

hydroxyde (OH ). À la fin du processus d'échange, les billes de résine ont fixé tous les cations
+ –
et anions présents dans l'eau et les ont remplacés par des ions H et OH ions. Les résines sont
presque entièrement saturées (figure II.08).
+ –
Ces ions H et OH se recombinent instantanément pour créer de nouvelles molécules d'eau :
+ –
H + OH HOH H2 O

Les contaminants ionisés ont été fixés sur les deux résines (Na, Ca et Mg sur l'échangeur de
cations, Cl, SO4et HCO3 sur l'échangeur d'anions) et l'eau a été complètement déminéralisée et

sa salinité est réduite à presque rien.

Edition 2020
22
Chapitre II Généralités sur le dessalement

Figure II.08 : La déminéralisation. (04)

+ –
Les billes de résine sont saturées des ions H et OH ont été relâchés dans l'eau.

II.6 : Choix d'un procédé de dessalement :

Les facteurs à prendre en compte dans le choix d'un procédé de dessalement sont de deux
Ordres:

Technique.

Economique.

II.6.1 : Critères économiques :

Coût de l’énergie : dépend de sa nature (énergie renouvelable, gaz, fuel), et de sa


disponibilité locale (pays importateur, ou producteur…..).

Coût des produits chimiques : selon qu'ils sont disponibles localement, ou importantes.

Fluctuation des monnaies : particulièrement pour les unités d'osmose inverse,


provenant de maniérée quasi-exclusive des USA, et dont le coût dépend donc de la
fluctuation du Dollar.

II.6.2 : Critères techniques :

Salinité de l'eau à traiter : elle varie de 7g/kg dans la mer Baltique à 270g/kg dans la
mer morte. En générale, les procèdes de distillation permet de traiter des eaux de
fortes concentration, et les procèdes à membranes sont généralement appliqués aux
eaux saumâtres.

Edition 2020
23
Chapitre II Généralités sur le dessalement

Composition chimique de l'eau à traiter (particulièrement dans le cas des eaux


saumâtres (teneur en sulfate, en carbonates).

Caractéristiques physiques de l'eau (turbidité, matières en suspension,….) déterminent


le type de prétraitement à utiliser, particulièrement dans les procédés à membranes,
vue la fragilité de celle-ci.

Salinité de l'eau produite : selon l'usage qui en sera fait, elle peut varier de 300 à 500
ppm pour l'approvisionnement en eau potable à 15-30 ppm pour l'alimentation en eau
industrielle.

Capacité nécessaire : la taille de l'installation peut aller de quelques m/jours à quelques


centaines de milliers de m/jours.

Source d'énergie disponible : gaz, pétrole, électricité, énergie renouvelable, énergie


nucléaire, énergie récupérée….

Degré d'automatisation et de contrôle : la mise en place de mesure et/ou


d'enregistrement du PH, de la sélectivité de l'eau produite, de la température…, peut
augmenter sensiblement les prix d'investissement des unités. (32)

I.7- Conclusion :
Le dessalement d’eau de mer est devenu ces dernières années une alternative éminente
pour parer à la crise de l’eau potable dans le monde. Les améliorations faites ces dernières
décennies ont fait des procédés de dessalement des techniques remarquablement viables et
efficaces, dans la production d’une eau pure à des prix raisonnables.

À l’instar des procédés thermiques qui étaient la seule option perpétuelle pour dessaler
l’eau de mer pendant plusieurs années, le procédé MSF et le procédé MED sont des
technologies utilisées à une échelle commerciale et elles ont montré leur efficacité et leur
compétitivité.
Néanmoins, avec l’avènement des technologies membranaires, l’osmose inverse commence à
gagner de la place sur le marché du dessalement.

Edition 2020
24
Chapitre III

Méthodes utilisée par la

station (Osmose Inverse)


Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

III.1- Introduction :
A l’heure actuelle, la qualité d’eau produite mondialement par osmose inverse est
supérieure à celle produite par distillation. Entre 1990 et 2001, la part de marché de l’osmose
inverse a augmenté de 40 à 53%. L’intérêt de l’osmose inverse est le coût de l’eau produite
-3 -3
qui est à peu près de 0,5 – 0,7 $US.m , alors qu’il se situe entre 1,0 – 1,4 $US.m pour le
procédé thermique (Van der Bruggen et Vandecasteele, 2002), grâce à la consommation
énergétique moindre du procédé. De plus, en ce qui concerne l’aspect environnemental, les
émissions de pollutions atmosphériques (SOx et NOx) sont également réduites en osmose
inverse du fait de cette plus faible consommation d’énergie par rapport au dessalement
thermique. (35)
C’est pourquoi, les spécialistes du dessalement s’accordent à dire que l’osmose inverse
devrait continuer à s’imposer sur le marché avec des prévisions à 2020 de 70 % pour l’osmose
inverse contre 20 % pour le dessalement thermique et 10 % pour les autres procédés.

III-2 : Définition de la méthode d’Osmose inverse :

• L'osmose : est un principe naturel. Si deux solutions aqueuses ayant une concentration
saline différente, sont séparées par une membrane, l'eau passe spontanément de la
solution la moins concentrée en sel à la plus concentrée.
• L’osmose inverse : est basée sur le principe opposé. Elle consiste à appliquer à cette
eau salée une pression importante supérieure à la pression osmotique. qui nécessite
une consommation énergétique élevée, pour la faire passer à travers une membrane.
Au terme de l’opération, seules les molécules d’eau traversent la membrane,
fournissant ainsi de l’eau douce (figure III-01).

Figure III-01: Principe de l'osmose et de l'osmose inverse (12)

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Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

III-3 : Domaines d’utilisation de l’osmose inverse :


La technologie de l’osmose inverse dont la taille des pores est de 0,1 à 1,5 nm
s’applique dans les cas suivants :
Dessalement des eaux de mer et des eaux saumâtres ;
Récupération d’eau d’effluents colorés ;
Récupération d’eau d’effluents d’usine de blanchiment ultrafiltrés et d’eau blanche
ultra filtrée ;
Production d’eau ultra pure pour utilisation dans des procédés sensibles (pharmacie,
tannerie, papeterie…) ;
Récupération d’eau d’effluents miniers ;
Concentration et purification d’effluents acides ou alcalins contaminés. (13)

III-4 : Description d’une filière de traitement des eaux par osmose inverse :
III-4-1 : Osmose inverse Procédé de choix.
L’osmose inverse progresse sur le marché de dessalement pour les raisons suivante:
Amélioration des performances des membranes d’osmose inverse (augmentation de la
surface, réjection, perméabilité, matériaux…)
Amélioration des performances des technologies de récupération d’énergie.
Mise en œuvre plus facile
Effet de tailles des projets
Baisse des prix des équipements et des membranes.
éprouvé et maîtrisable techniquement
Modulable et flexible eu égard la demande en eau (21)

Figure III-02: membrane d’osmose inverse (12)

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Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

III-4-2 : Mécanisme de transfert de matière :


Plusieurs théories ont été avancées pour décrire les transferts de matière à travers les
membranes semi-perméables et expliquer le mécanisme de sélectivité (figure III-03) :
Le modèle de type « solubilisation - diffusion » où le soluté et le solvant se dissolvent
dans la membrane et y diffusent.
Le modèle basé sur la notion de « capillaires » qui s’applique pour les membranes de
microfiltration et moins l’ultrafiltration.

Figure III-03: Mécanisme de transfère de matière (21).

III-4-3 : Schéma général d’une installation d’osmose inverse


Les principaux constituants d’une installation d’osmose inverse sont les suivant (figure III-04)
:
Le poste de prétraitement ;
Module avec la membrane ;
La pompe haute pression ;
Un système de récupération d’énergie.

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27
Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

Figure III-04: Éléments constitutifs d'une unité d'osmose inverse (19)

III.4-4 : Les membranes d’osmose inverse et leurs types:

Il existe une grande diversité de membrane, Elles sont classées en familles, selon leur
nature chimique, leur structure et leur forme physique liée à leur mode de fabrication.

Une membrane est une interface physique, de faible épaisseur, qui contrôle le transfert
d’espèces chimique entre les deux milieux qu’elle sépare. Cette interface put être homogène
au niveau moléculaire, uniforme en composition et structure, ou elle peut être chimiquement
et physiquement hétérogène.

Figure III.05 : Schéma d’une membrane sélective. (17)

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Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

Les membranes peuvent être classées suivant le critère adopté en plusieurs catégories.

• La structure des matériaux permet de distinguer trois types de membranes :


Isotropes, où les propriétés structurelles sont constantes sur toute l'épaisseur de
la cartouche ;
Anisotropes, où les propriétés structurelles varient sur l'épaisseur de la
cartouche, de la surface vers l’intérieur de la membrane ;
Liquides.

• Selon la nature des matériaux constitutifs des membranes on parle également de :

III-4-4-1 : Membranes organiques :


Fabriquées à partir de polymères organiques tels que l'acétate de cellulose, de
polyamides, poly sulfones…etc.

Membranes en acétate de cellulose : Ce sont des matériaux possédant de


bonnes propriétés de perméabilité mais qui souffrent sensibilité à l’hydrolyse
chimique leur utilisation est limitée à une gamme de Ph de 3 à 7 et à des
applications pour le quelles la température n’excède pas 50°C. (17)

Membrane en polyamides : Parmi les polymères les plus utilisés on


rencontre, entre autres, les poly sulfones, polyamides aromatique, poly imides,
polythersulfones, polycarbonates, ainsi que des polymères fluorés. Les
membranes polymériques, possédant des résistances chimiques et thermique
supérieures aux membranes cellulosique. (23)

Membrane en poly sulfone : Caractérisées par un groupement -SO2-


relativement stable relié à deux noyaux benzéniques.
Membrane en matériaux acryliques :
Poly (acide acrylique).

Poly acrylonitrile (pan).

Membranes en matériaux fluorés :

Poly (fluorure de vénylidéne) ou PVDF,

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Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

Poly (tétrafluoroéthylène) ou PTFE.

III.4.4.2 : Membranes minérales ou inorganiques :

Différents matériaux minéraux peuvent être utilisés pour la fabrication ces membranes.
Si les céramiques composent la majorité de membranes minérales, on trouve également du
carbone poreux, des métaux ou du verre. Bien souvent, il s’agit de membranes composites où
le matériau composant le support est différent.

Ces membranes sont d’une manière générale plus résistante mécaniquement,


chimiquement et thermiquement, que leurs concurrentes organiques. Les membranes
céramique ne sont par ailleurs pas sensibles aux agents oxydants ce qui facilite grandement
leur nettoyage par voie chimique. Enfin, elles peuvent être stérilisées à la vapeur sans
altération de leur structure.

III.4.4.3 : Membranes composites :

Elles sont caractérisées par une structure asymétrique dont la peau est beaucoup plus
fine que celle des membranes classiques non composites et par une superposition de plusieurs
couches différenciées soit par leur nature chimique, soit par leur état physique. Elles peuvent
être organiques (superposition de polymères organiques différents), organo-minérales ou
minérales (association de carbone ou d'alumine comme support et de métaux tels la zircone,
l'alumine et le titane).

♣ Les critères de choix d’une membrane:

Les qualités recherchées pour une membrane eau de mer sont les suivantes.

Un rejet de sel élevé : Par le choix des membranes capable de rejeter 99 % des
sels, actuellement, les fabricants proposent des membranes affichant des rejets
de sel entre 99,0 % et 99,8 %. Le rejet de sel est défini dans des conditions
dites « standard », selon les fabricants : teneur en NaCl, pression de travail,
température, pH, conversion.

La meilleure résistance à la compaction : La membrane est soumise à de


fortes pressions plus de 50 bars qui accélèrent le phénomène de compaction.

La meilleure stabilité chimique: Aujourd’hui, une bonne membrane accepte


en fonctionnement continu une eau dont le pH se situe entre 3 et 10. Cette

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30
Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

fourchette est largement suffisante car le pH de l’eau de mer prétraitée est de


l’ordre de 7. On s’intéressera plus à la fourchette de pH acceptable pendant le
lavage ; plus large est cette fourchette, plus grande est la liste des solutions de
lavage compatibles et finalement, l’exploitant disposera de moyens plus
rapides pour laver les membranes.

III.4-5 : Les Modules et leurs types :

Les membranes les plus répandues sont assemblées sous forme de modules regroupant
généralement plusieurs membranes. Actuellement, quatre principaux types de modules sont
commercialisés, il s’agit des modules spiraux (les plus utilisés), les modules tubulaires et les
modules fibres creuses.

Modules plans : Ils sont constitués d’un empilement de plaques chacune équipée sur
ses deux faces d’une grille de drainage faisant office d’espace filtrant, et d’une feuille
poreuse soutenant la membrane. (17)

Figures III.06 : Module plan. (24)

Modules tubulaires : Ils sont constitués d’un tube poreux sur lequel la membrane est
fixée, le liquide à traiter, pompé à une extrémité du tube, est forcé au travers de celui-ci
et de la membrane. Le retentât est recueilli à l’autre extrémité du tube tandis que le

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Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

perméat qui sourd à la surface extérieure de la membrane est récolté dans un tube
extérieur concentrique.

Figures III.07 : Schéma de principe d’un module tubulaire. (17)

Module spiralé : C’est une membrane plane qui est enroulée sur elle-même autour
d'un tube poreux qui recueille le filtrat. On obtient ainsi un cylindre multi couches où le
perméat s'écoule selon un chemin spiralé vers le tube poreux tandis que l'alimentation
circule axialement dans les canaux. On retrouve souvent dans les installations d'osmose
inverse des modules spiralés.

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Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

Figure III.08 : Module à enroulement spiral. (26)


Module à fibres creuses : Dans ce cas la membrane est sous forme de tube très fins
(diamètre intérieur de 0,005 mm à 1mm).ces tubes dont le nombre peut varier entre 50
et plus de 1000 sont contenus dans une cartouche.

Le produit à traiter est introduit à une extrémité de la cartouche et réparti dans les fibres
creuses à l’aide d’un distributeur. Le retentât est collecté à l’autre extrémité et le
perméat est recueilli dans la cartouche.

Figure III.09: Modules à fibres creuses. (17)

III-4-6 : La pompe haute pression :


Le cœur du système d’osmose inverse est la pompe haute pression d’alimentation des
membranes, elle joue un rôle très important car elle est liée directement à la consommation
d’énergie par son rendement. De ce fait, il convient d'effectuer les bons choix par une parfaite

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Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

connaissance des équipements existants sur le marché et de leurs spécificités au niveau de leur
principe de fonctionnement, de leur conception, des gammes de débit et de pression, des
rendements, de la métallurgie et des caractéristiques dimensionnelles.

III.4-7 : Le système de récupération d’énergie :

Dans le système d’osmose inverse le concentrât est rejeté sous haute pression arrivant
jusqu’à 65 bars, c'est pourquoi il est important de récupérer de l'énergie du débit de concentrât
; il existe actuellement deux systèmes de récupération de l'énergie hydraulique :

Récupération indirecte : La puissance hydraulique du concentrât sert à soulager le


moteur de la pompe haute pression et ceci par l’intermédiaire d’une turbine.

Figure III.10 : Schéma de récupération directe de l’énergie. (34)

Récupération directe : La puissance hydraulique est transférée directement dans le


circuit d’alimentation, Le flux du concentrât provenant des membranes est dirigé à
travers l'échangeur de pression, où il transfert directement de l'énergie à une partie du
flux d'alimentation avec un maximum d'efficacité, pour cela il existe une pompe de
surpression destinée à compenser les pertes de charge induites dans les échangeurs de
pression comme le montre la figure suivante :

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34
Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

Figure III.11 : Schéma de récupération indirecte de l’énergie. (34)

III.4-8 : Le post traitement :

L’eau de mer étant constituée à 85 % de chlorure de sodium, il convient de reminéraliser


le perméat pour porter son TH calcique et son TAC à des valeurs proches de 8°F. De plus les
membranes d’OI étant perméables aux gaz, le CO2 issu de la dissociation des bicarbonates se

retrouve dans le perméat, ce qui oblige à corriger son pH. L’eau doit enfin subir une
désinfection par injection de chlore, dont le résiduel permettra de la protéger lors de son
transport et de son stockage. (07)
III-4-9 : Choix des paramètres de fonctionnement :
Choix du taux de conversion : Le taux de conversion Y est le rapport entre la quantité
d’eau douce produite et la quantité d’eau de mer
Y= Débit perméat /Débit d’alimentation
-du point de vue économique, on a en effet intérêt à adopter un taux de conversion le
plus élevé possible, de manière la quantité d’eau brute entrant dans l’installation, d’où
des investissements plus faibles et une consommation d’énergie réduite
-un taux de conversion élevé a pour conséquence une concentration du circuit saumure
plus importante d’où des risques de précipitation des sels peu solubles et une
augmentation de la salinité de l’eau produite
Choix de la pression : Comme pour tout procédé de séparation, le choix de la pression
de fonctionnement doit faire l’objet d’une optimisation entre le cout de la
consommation énergétique et le cout lié à la surface de membranes , en effet , lorsque
la pression augmente la consommation d’énergie devient plus importante, par contre
pour une production donnée, la surface de membranes nécessaire devient plus faible .
La pression de fonctionnement doit être supérieure à la pression osmotique

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Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

la sélectivité d’une membrane d’OI augmentant avec la pression on pourra dans


certain cas être amenée à choisir la pression en fonction de la sélectivité souhaitée
pour la membrane
lorsque la pression est très élevée se pose des problèmes de tenue mécanique des
membranes (compactage), ainsi que des modules .actuellement la pression maximale
se situent aux environs de 70 – 80 bars
Choix de la température : Pour une pression donnée le compactage d’une membrane
est d’autant plus important que la température est élevée le débit d’eau à travers la
membrane augmente avec la température par suite de la diminution de la viscosité,
cette augmentation est environ 3% par degré Celsius
Consommation de l’énergie : Le procédé d’osmose inverse ne faisant pas intervenir
de changement de phase, doit présenter une consommation d’énergie plus faible que
l’autre procédé de séparation telle que la distillation.

III-4-10 : Qualité de l’eau traitée par osmose inverse :


L’eau obtenue par traitement sur membranes d’osmose inverse est exempte de toute particule
solide et de tout colloïde
l’eau sortante de l’osmoseur est complètement déminéralisée, sont ainsi éliminés
totalement ou en quasi- totalité, nitrates, amiante, herbicides, calcaire, mercure, plomb,
et autres métaux lourds ainsi que tout ce qui est dissous, dans les conditions standard
d’évaluation des performances ,des performances ,le pouvoir de rendons des
membranes polyamide d’OI ;
l’eau traitée par l’OI et une eau apyrogène, puisque les endotoxines pyrogènes, de
masse molaire très élevée sont en totalité retenues par les membranes, dans la pratique
cette théorie est presque toujours vérifiée ;
les expériences montre que l’eau traité par l’OI est presque toujours une eau stérile, il
impossible de garantir de façon absolue une telle stérilité. (21) et (30)

III.5 : Les avantages et les inconvénients de l’osmose inverse :


• Les avantages :

Obtention d’une eau très pure après osmose inverse.

L’eau osmosée est antioxydant, alors que l’eau en bouteille est plus oxydée du fait du
délai souvent trop long entre la mise en bouteille et la consommation.

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36
Chapitre III Méthode utilisé par la station (Osmose Inverse)

Le pH légèrement acide de 6,6, idéal pour la digestion, l’assimilation des aliments.

Le procédé d’OI ne demande pour sa mise en marche ou son arrêt que quelques
secondes.

L’OI peut être schématisée par une pompe à haute pression et un ou plusieurs
modules (simplicité de représentation).

Faible consommation d’énergie, comparée à d’autres procédés.

• Les inconvénients :

Nécessité d’un prétraitement de l’eau brute ;

Le remplacement des membranes d’OI représente 5% du coût du traitement.

La séparation membranaire possède un talon d’Achille c’est le « le colmatage » qui


est responsable dans trois quart des cas du vieillissement de la membrane.

La capacité unitaire d’un module d’OI ne dépasse pas 20 m3/j d’eau douce à partir de

l’eau de mer, et donc une installation de grande capacité sera constituée de plusieurs
modules, ce qui entraîne une complexité de l’installation et un coût élevé.

Impact négatif du rejet de la saumure sur l’environnement. (32)

III.12- Conclusion :
Dans ce chapitre on a détaillé le procédé d’Osmose Inverse car, actuellement c’est le procédé
le plus utilisé notamment dans le bassin méditerranéen, aussi bien pour le dessalement des
eaux saumâtres que des eaux de mer. C’est aussi la technique retenue par l’Algérie pour ses
grandes stations de dessalement, dont celle de Fouka (Wilaya de Tipaza), qui fait l’objet de
notre étude.

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Chapitre IV

Présentation de la zone

d’étude
Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

IV.1- Introduction :
La station de dessalement d’eau de mer de Fouka a été Réalisée par l'entreprise "Myah
Tipasa" qui représente un groupement d'entreprises constitué d'AEC (Algerian Energy
Company) et de la canadienne "SNC Lavallin"
Cette station est destinée à couvrir les besoins en eau potable de la partie Est de la wilaya de
Tipasa et d'une partie de la wilaya d'Alger. Elle utilise la technique d'osmose inverse pour
dessaler l'eau de mer. Sa capacité journalière de dessalement est de 120 000 m3, dont 60 000
m3 destinés à Alger, touchera les communes limitrophes de la wilaya de Tipasa, à savoir
Zeralda, Mahelma, Staouéli et AïnBenian et 60 000 m3 seront réservés à la wilaya de Tipasa
pour alimenter en eau potable les communes de Douaouda, Fouka, Bou Ismail, Ain Tagourait,
Attatba et Chaiba.
IV.2- Localisation de la station :
Le site de l’usine de dessalement d’eau de mer de Fouka est localisé dans la wilaya de Tipasa,
à 20 km du chef-lieu de wilaya et à environ 35 km à l’Ouest d’Alger. L’usine est située à
l’entrée de Fouka et à la sortie de la ville de Douaouda marine. Elle est sillonnée par la route
nationale RN°11 en provenance d’Alger et en direction vers Chlef ; et relié à Koléa par le
chemin de wilaya N°110 et à Bou-Ismail par le chemin de wilaya N°126.
La commune de Fouka s’étend sur une superficie de 1273 ha et se situe au Nord- Est de la
ville de Tipaza. Elle est limitée :
Au Nord : la mer Méditerranée ;
Au Sud : la commune de Koléa ;
A l’Est : la commune de Douaouda ;
A l’Ouest : la commune de Bou Ismail ;
L’usine de dessalement s’étend sur une superficie de 4 hectares, et présente une longueur de
300 m et une largeur variant de 70-150 m (voire figure n°1).
Signalons aussi que l’oued Mazafran se situe à environ 4 km du côté Est du site de la station
de dessalement.

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Figure IV.01 : Photo de la station de Fouka. [5]

IV.3- Capacité de la station et le mode de fonctionnement :


Le mode de fonctionnement de la station de dessalement est l’Osmose Inverse (OI), elle est
composée de six (6) unités (OI) d’une capacité unitaire de 20 000 m3/jour chacune (Il n’y a
pas d’unités en réserve).
La capacité de la station de traitement est de 120 000 m3/jour basée sur un approvisionnement
en eau brute d’environ 273 697 m3/jour, la production est étalée sur une période de 24 h/jour
soit 5 000 m3/heure. Il est possible de faire fonctionner l’usine afin de produire les gammes
de débits journaliers suivantes :
Tableau IV.01 : Capacité de la station.
Nombre d’unité Débit (m/jour) %de débit nominal
d’osmose inverse
En service
1 20 000 17%
2 40 000 33%
3 60 000 50%
4 80 000 67%
5 100 000 83%
6 120 000 100%

IV-4 : Installation et processus :


Les différentes installations dans l’usine de dessalement de Fouka sont :
1. une prise d’eau de mer;
2. un poste de prétraitement;
3. l’unité d’osmose inverse;
4. un poste de nettoyage en place CIP (cleaning in place);
5. un poste de traitement et de re-meniralisation;

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

6. un laboratoire d'analyse;
7. une station de contrôle.

Figure IV.02 : les étapes de dessalement.

IV.5- Description détaillée de l'usine :


IV.5.1- La prise d’eau :
IV.5.1.1- Critères de conception des conduites de prise d’eau :
Les têtes des prises d’eau sont en béton armé. Elles reposent sur le fond marin stable et
aucune fondation particulière n’est nécessaire.
Les grilles d’entrée de la prise d’eau sont à environ 6 m du fond marin pour éviter
l’entraînement de particules du fond marin remises en suspension par l’action des courants et
pour éviter une mise à l’air lors des houles extrêmes.
La vitesse d’entrée de la prise d’eau est limitée à 0,1 m/s afin d’éviter l’aspiration des solides
en suspension et des débris. Des barreaux de 20 mm espacés de 100 mm sont prévus pour
minimiser l’introduction de gros débris dans la prise d’eau. Ces barreaux sont montés sous la
forme de grillages.

Figure IV.03 : Tour de captage. (34)

IV.5.1.2- Conception de la prise d’eau: (09)


Basées sur deux (2) prises (chacune des deux (2) conduites de prise est munie d’une tête
indépendante), les dimensions de chacune seront les suivantes :
Débit d’eau brute instantané 11 404 m3/h
Débit par prise 5 702 m3/h
Vitesse d’entrée au débit moyen 0,1 m/s
Barreaux 20 mm espacés à 100 mm c/c

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Facteur d’encombrement 80 %
Surface requise d’entrée 39,6 m2
Longueur de grille 20.0 m
Hauteur de grille 2.0 m retenu
IV.5.1.3- Critères de conception Conduite de prise d’eau :
Les critères de conception pour les conduites de prise d’eau sont les suivantes :
deux conduites avec un diamètre DN1600 mm sont prévues (2 X 100%).
en condition normale, chaque conduite passe 100 % du débit;
La conception des conduites d’amenée est aussi basée sur les principes suivants :
Les conduites sont en PEHD.
Le puits de pompage d’eau brute et les pompes sont conçus pour permettre le
fonctionnement des prises d’eau lors de l’entretien d’une conduite.
La longueur et l’emplacement des prises d’eau sont à environ 845 m de longueur et à
15 m de profondeur d’eau.
Les conduites d’adduction sont posées en pente constante à un niveau de radier
croissant en direction de la berge afin d’éviter l’accumulation d’air ou de gaz.
Des regards d’inspection sont prévus à tous les 300 m environ afin de permettre une
inspection visuelle.
La vitesse dans les conduites est comprise entre 1,0 et 2,0 m/s pour limiter la
formation des dépôts et réduire l’incrustation de moules.
Un coefficient de friction C = 150 a été retenu pour les calculs. Des vérifications sont
également réalisées pour un C = 130, soit la condition selon laquelle des algues se
développeraient à l’intérieur des conduites en polyéthylène. Notons que la perte de
capacité en raison de prolifération de moules zébrées à l’intérieur des conduites n’est
pas prévue, car la vitesse à l’intérieur des conduites est supérieure à 1,0 m/s. En effet,
la littérature indique que les moules ne peuvent se fixer à cette vitesse.
Les conduites seront déposées sur le fond marin. Cependant, les 300 premiers mètres
de conduite à partir de la station de pompage seront enfouis sous le fond marin pour
protéger les conduites et assurer leur stabilité contre l’effet des vagues. Cette longueur
correspond à une hauteur d’eau entre 5 et 6 m au-dessus des conduites, (Contrat EPC,
Construction d’une usine de dessalement d’eau de mer de Fouka, 2005). (07)

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Figure IV.04 : La conduite en PEHD. (32)

IV.5.1.4- Station de pompage d'eau brute :


La station de pompage d’eau brute sert à relever les eaux jusqu’aux filtres à sable.
Trois (3) dégrilleurs verticaux sont placés à l’entrée de la station pour la protection des
pompes. Des vannes murales permettront l’isolation du puits de pompage pour l’entretien.
Des vannes d’isolement sont également prévues de chaque côté des dégrilleurs pour isoler
chacun d’eux pour entretien. Les pompes de type centrifuge verticales, sont soigneusement
choisies pour résister à la forte agressivité de l’eau de mer.
La station de pompage est constituée de 7 pompes, 6 en service et une de réserve, d’une
capacité de 1974 m3/h chacune (soit un total de 11 844 m3/h > 11 404 m3/h pour absorber le
débit supplémentaire pendant la maturation des filtres à sable). (07)
IV.5.1.5- Critères de conception des dégrilleurs :
Débit (m3/h) =11 404
Epaisseur des barreaux (mm) =10
Epaisseur entre les barreaux (mm) = 50
Vitesse à travers les barreaux (m/s) =1.0
Section équivalente à travers les barreaux (%) =83% (09)

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Figure IV.05 : Le dégrilleurs et la station de pompage. (32)

IV.5.2- Le prétraitement d'eau de mer :


Le dessalement par osmose inverse nécessite d'abord un prétraitement très poussé de l'eau de
mer pour éviter le dépôt de matières en suspension sur les membranes qui conduirait très
rapidement à une diminution des débits produits. Ces dernières sont également très sensibles
au colmatage par matières colloïdales et les micro-organismes, raison pour laquelle le
prétraitement doit garantir une eau dessalée compatible avec les exigences du fabricant des
membranes. Ainsi l’eau de mer aspirée doit subir un prétraitement par pré chloration,
coagulation, acidification, etc.…
IV.5.2.1- La pré-chloration :
La pré-chloration de l’eau de mer est assurée par l’un des produits suivants : le chlore gazeux
; l’hypochlorite de calcium où l’hypochlorite de sodium, ce dernier est utilisée comme
traitement de choc de l’eau brute à l’entrée de la station, pour limiter la formation de biofilm
dans les conduites de la prise d’eau et les filtres mais surtout pour contrôler le colmatage
biologique (biofouling) des membranes.
NaOCl + H2O HOCl + NaOH
Toutefois la plupart des membranes utilisées actuellement en OI ne tolèrent pas le chlore ;
pour les protéger une solution de bisulfite de sodium est ajoutée.
IV.5.2.2- Coagulant et polymère :
Avec un débit 110 l/hr et une concentration entre 3 et 5 ppm, le chlorure Ferrique est ajouté à
l’eau brute en amont des filtres pour agir en tant que coagulant et agglomérer les particules
fines. Un polymère pourrait être injecté lorsque l’eau brute sera très turbide. (09)

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

IV.5.2.3- L’acide sulfurique :


L'injection d'acide sulfurique entre 21et 50 ppm à l’entée des filtres, avec un débit de 350 l/hr.
(09)
A pour objectifs de :
Ajuster le pH ;
Garantir l’effet bactéricide du chlore ;
Optimiser la performance du coagulant ;
Eviter la précipitation de CaCO3 à l’intérieur des membranes.

Figure IV.06 : Les prises des produits chimiques. (32)

IV.5.2.3- Filtres bicouches gravitaires :


Au niveau de la filtration gravitaire on utilise des filtres bicouches qui fonctionnent à un
niveau et débit constant et ils ont opté pour une installation des filtres bicouches.
Dans les filtres bicouches, la couche supérieure est faite d’un matériel épais et de faible
densité (anthracite dans notre cas). C’est dans cette première couche que la majorité des
particules est retenue. La couche inférieure inclut un matériel fin et plus épais, constituant un
traitement d’affinage. (34)
Les caractéristiques des filtres ouverts sont :
Nombre d’unités en service : 18
Nombre d’unités en maturation ou lavage : 2
Type de filtre : Filtre ouvert
Largeur: 5 m
Longueur: 15,5 m
Hauteur de couche : 1 000 mm
Surface de filtration: 77,5 m2

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Surface totale: 1 395 m2


Temps de rétention sur couche pour coagulation: 15 min
Volume requis : 159 m3
Hauteur d’eau : 2,1 m
Perte de charge minimale: 0,32 m
Perte de charge maximale admise: 2 m
- Les Couches filtrantes :
Anthracite
Hauteur de couche 400 mm
Taille effective 1,5 mm
Coefficient d’uniformité 1,3
Volume par filtre 31 m³
Volume total 620 m³
Densité apparente 0,74
Poids par filtre 23 t
Poids total 459 t
Sable de silex
Hauteur de couche 600 mm
Taille effective 0,66 mm
Coefficient d’uniformité 1,57
Volume par filtre 47 m³
Volume total 930 m³
Densité apparente 1,50
Poids par filtre 70 t
Poids total 1 395 t
Gravier (ou membrane filtrante)
Hauteur de couche 100 mm
Taille effective 2 mm
Coefficient d’uniformité 1,45
Volume de sable par filtre 8 m³
Volume total 155 m³
Poids de sable par filtre 12 t
Poids total 233 t

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Sachant que les crépines sont remplacées par des faux fonds en plastique renforcé et les
bassins de filtration ont été couvert avec des dalles en plastique afin d'évité le développement
des algues.

Figure IV.07 : Les filtres gravitaires. (32)

IV.5.2.4- Lavage des filtres :


Le lavage des filtres se fait automatiquement à l’air et à l’eau, pour le lavage des filtres, un
réservoir de saumure de 750 m3 est prévu. Ce réservoir a une capacité suffisante pour réaliser
un lavage de filtres.
Le lavage des filtres se fait avec de la saumure. Le remplissage du réservoir de saumure se fait
grâce à une conduite d’un diamètre de 1 000 mm en GRP provenant du rejet des unités
d’osmose.
Le lavage des filtres avec saumure est recommandé pour les raisons suivantes :
La saumure est un sous-produit qui, dans ce cas, est réutilisée.
Le lavage avec saumure permet une diminution des besoins en eau filtrée et donc une
économie énergétique dans le pompage d’eau de mer.
Le lavage avec saumure permet un choc osmotique aidant au contrôle de la croissance
bactérienne.
La nouveauté dans cette station c’est que dans le système de lavage, les crépines ont été
remplacées par des faux fonds en plastique renforcé.
Fréquence de lavage des filtres
La fréquence de lavage des filtres est en fonction des matières en suspension (MES)
contenues dans l’eau brute.
Les filtres sont conçus en fonction d’une charge massique de 2 kg/m2.
Pour une turbidité de 1,5 NTU (MES = 7,5 mg/l), le lavage s’effectue également aux
24 heures.

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

En fonction de MES de l’ordre de 10 à 20 mg/l, les lavages s’effectueront


respectivement aux 18 et 10 heures.
Le réservoir d’eau filtrée a un volume de 950 m3, il est prévu pour stocker les eaux filtrées
avant leur pompage vers les filtres à cartouches. Le réservoir est séparé en deux
compartiments pour en permettre l’entretien (34).
IV.5.2.5- Filtres à cartouches (microfiltre):
Afin de filtrer les petites particules pouvant s’échapper des filtres à sable et protéger ainsi les
membranes contre un encrassement, des filtres à cartouches capables de filtrer des particules
jusqu’à 5 microns sont installés en amont des unités d’osmose.
Le colmatage des cartouches est contrôlé par :
1. La diminution de débit à la sortie.
2. L’augmentation de la pression.
3. Le changement de la couleur des cartouches (du blanc vers le marron).
4. La mesure du SDI en amont et en aval du microfiltre.
Dans ce cas la cartouche du filtre doit être remplacée. La fréquence de remplacement est
estimée à environ 4 fois l’an.
Les caractéristiques des filtres à cartouches sont les suivantes :
Nombre de vaisseaux 9 + 1R
Nombre de filtres par vaisseau 360
Nombre total de filtres 3 600
Débit total maximum 11 412 m3/h
Débit par vaisseau 1 268 m3/h
Salinité 38 000 mg/l
Densité d’eau 1 030 kg/m3
Température de l’eau 15 – 27 °C
Solides totaux en suspension < 4 mg/l
Niveau de filtration 5 µm -1µm Nominal
Pression à l’entrée 4 bars
Perte de charge
Minimum 0,5 bar
Moyen 1,0 bar
Maximum 1,5 bars
Filtre
Diamètre du filtre 1 700 mm

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Longitude cylindrique 2 000 mm


Pression de design 7 bars
Composition des filtres Ebonited Carbon Steel
Débit par vaisseau 1 268 m³/h
Cartouches
Type Double open ended
Longueur unitaire des cartouches 1 500 mm (6 cartouches)
Diamètre par cartouche 63 mm
Débit par cartouche 3,52 m³/h – 58,7 l/min
Débit [Link]é par cartouche 100 l/min
Débit par 10" de cartouche 587 l/h
Débit recommandé par 10" de cartouche 600 l/h/10"
Composition des cartouches Polypropylène

Figure IV.08 : L'unité des filtres à cartouches. (32)

Les paramètres suivants sont mesurés une dernière fois avant l’arrivée de l’eau aux
membranes :
Turbidité
pH avec alarme de bas et haute niveaux
Température avec alarme de bas et haute niveaux
Potentiel redox avec alarme de bas et haute niveaux
Chlore libre résiduel avec alarme de bas et haute niveaux

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Indice d’encrassement (SDI) (mesures manuelles périodiques)


IV.5.2.6- Le métabisulfite de sodium où Bisulfite sodium :
Compte tenu de la grande sensibilité au chlore, des membranes en polyamide, utilisées dans la
station, il est indispensable d’assurer une déchloration de l’eau de mer avant son entrée dans
les modules. Pour éliminer le chlore résiduel, le bisulfite de sodium d’une concentration entre
4 et10 ppm, est injecté à un débit de 200 l/hr.
Na2S2O5 + H2O -> 2NaHSO3
2NaHSO3 + 2HOCl -> H2SO4 + 2 HCl + Na2SO4
IV.5.3- Le traitement :
IV.5.3.1- Filières d’osmose inverse :
Après le prétraitement, l’eau est pompée avec des pompes haute pression jusqu’aux modules
d’osmose inverse. Six (6) filières d’osmose sont installées (voire figure n°9). Les filières
d’osmose sont raccordées à un collecteur commun alimenté par les six (6) pompes haute
pression.
Les paramètres de conception adoptés pour les unités d’osmose inverse sont résumés ici :
Nombre de racks en opération 6
Nombre de racks en stand-by 0
Taux de conversion ≈45 % Total
Production par racks 842 m3/h 121 284 m3/jour
Débit d’alimentation par racks 1 870 m3/h 269 280 m3/jour
Débit de rejet 1 029 m3/h 148 133 m3/jour
Fluide Eau de mer
Salinité 38 000 mg/l
Nombre total de membranes 9 072
Espace libre 10 %
Caractéristiques des membranes :
Configuration Spiralée
Matériel Polyamide
Matériel du tube Fibre de verre et époxy
Dimensions D=20cm, longueur=100cm
Pression maximale 70 bar
pH d’opération 2 – 11
Température maximale d’opération 45°
Débit nominal 27,7 m3/jour

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Réjection de sel 99,6 %


Variation de débit admissible ± 10 %

Figure IV.09 : Unité d’osmose inverse. (32)

IV.5.3.2- Configuration du système d’osmose inverse et taux de récupération :


La station d’osmose inverse nécessite seulement une (1) passe afin d’atteindre le taux de
solides dissous requis. Le taux de récupération est estimé à 45 %.
La station d’osmose est dotée des équipements suivants :
Six (6) pompes hautes pression, six (6) dispositifs de récupération d’énergie et six (6)
pompes Booster.
Six (6) trains d’osmose inverse 1ère passe;
Un système de nettoyage et de flushing.
Dans les conditions nominales du fonctionnement, la production est assurée par les six (6)
filières.
IV.5.3.3- Dimensionnement des pompes hautes pression :
Les pompes HP sont dimensionnées de façon à pouvoir fournir une pression de 67 bars
requises par les membranes à 15 °C et pour une salinité de 38 000mg/l. (09)
Pompe à haute pression
Nombre d’unités en opération 6
Nombre d’unités en réserve 0
Variateur de vitesse NON
Fluide Eau de mer
Densité 1 030 kg/m3
Débit de perméat 842 m3/h

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Perte de leakage19 m3/h


Débit de pompe 860 m3/h
Puissance du moteur adoptée 2000 kW
IV.5.3.4- Système de récupération d’énergie :
La récupération d’énergie de saumure produite pendant le procédé d’osmose se fait grâce à
des échangeurs de pression.
Système de récupération d’énergie
Nombre d’unités en service 6
Nombre d’unités en stand-by0

Figure IV.10 : Système de récupération d'énergie. (32)

IV.5.3.5- Procédure d’arrêt des filières (rinçage) :


La procédure suivante sera suivie pour arrêter une filière.
• Inversion
Aussitôt qu’une des filières d’osmose inverse s’arrête, le phénomène naturel d’osmose prend
sa place. Ceci signifie que l’écoulement à travers les membranes est inversé et que l’eau
traitée migre du côté du perméat vers le côté du concentrât.
Si le volume d’eau nécessaire à cette opération n’est pas disponible, les membranes pourraient
être alors asséchées et endommagées.
Pour éviter le phénomène, il faudra évacuer les volumes de saumure à l’intérieur des tubes du
système de flushinget de lavage.
• Rinçage (flushing)
Pour minimiser la corrosion des équipements (pompes, vannes, tuyaux) exposés à de l’eau
salée stagnante et pour éviter les risques d’écrasement des membranes en présence de
saumure stagnante, la saumure doit être évacuée des filières lorsqu’elles sont à l’arrêt. Ceci

Edition 2020
51
Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

est réalisé par le système de flushinget de lavage. Du perméat est pompé des réservoirs de
flushingjusqu’à la filière d’osmose inverse.
• Arrêt prolongé
Pour des arrêts prolongés qui excèdent 2 à 3 semaines, il est recommandé de conditionner les
membranes d’osmose inverse en les remplissant d’un biocide afin d’éviter la contamination et
l’encrassement biologique.
• Procédure de lavage des unités de RO
Avec le temps, l’encrassement des membranes réduira le débit à travers celles-ci. Cet
encrassement peut être causé par la présence de matière colloïdale, précipitation de fer,
croissance biologique, etc.
Afin de bien contrôler cette situation et redonner les propriétés perdues aux membranes, elles
doivent être nettoyées selon une cédule déterminée.
Peu importe la qualité de l’eau après prétraitement, un nettoyage périodique des membranes
est requis pour redonner la performance maximale aux membranes. Le tableau suivant résume
les différents types d’encrassement et leur effet sur la performance de l’unité d’osmose
inverse.
Tableau IV.02: Causes et conséquences de différents types d’encrassement. (34)
Types et
conséquence
Type débit Passage des sels Chute de pression
d’encrassement
Faible baisse Augmentation de Augmentation lente
Caco3 autres sels (<10%) 10 à 25% A modéré
10à40%
Baisse rapide Augmentation Augmentation
Oxydes de métaux <24h rapide rapide
et silicates Importante <24h <24h
d’hydroxydes 20à40% Et importante :2fois Importante : 2*Dpo
Limite :<15% Limite :<1.5bar
Baisse lent : Augmentation lente Augmentation lente
semaine très Jours Jours/semaines
Coloides organiques importante Importante Très importante
et inorganiques 50% 2 fois 2à4 fois
Limite :<15% Limite :<105bar

Baisse rapide Augmentation


Et très importante : Variable rapide :
Bio encrassement 50% <24h
Importante : 2*Dpo
Limite :< 1.5bar

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52
Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Il n’est pas possible de déterminer, à priori, le type ou la fréquence de l’encrassement.

Trois (3) types de nettoyage sont généralement réalisés :


nettoyage à l’acide à cause de l’encrassement avec des sels et des métaux;
nettoyage aux détergents dans le cas d’encrassement par colloïdes et matières
biologiques;
nettoyage aux biocides dans le cas d’encrassement par bactéries, par levures ou par
fongus.
De façon générale, il est recommandé d’effectuer un nettoyage préventif. Un nettoyage doit
être entrepris lorsque :
le débit du perméat a baissé de 10 à 15 % sous le débit nominal à pression normale;
la pression différentielle entre la pression d’entrée et du concentrât augmente de 30 %;
le passage de sels augmente de 10 à 15 %.
Les rejets résultant du nettoyage des membranes sont dirigés vers le réservoir de traitement
des effluents pour neutralisation avant rejet. (09)
IV.5.4- Le post-traitement (la reminéralisation):
Le post-traitement est conçu pour rendre le perméat des unités d’osmose (une eau
relativement agressive de faible salinité, de très faible dureté et d’alcalinité) moins agressif et
plus approprié à la distribution dans le réseau municipal.
Le perméat d’osmose est traité (post-traitement) avant d’être distribué aux consommateurs.
L'usine de Fouka est équipée de dispositifs de correction de la dureté et de l’alcalinité pour
stabiliser la nature relativement agressive de l’eau dessalée produite et lui conférer un goût
plus satisfaisant. Un dispositif additionnel de désinfection par chloration est également inclus
pour prévenir tout risque de développements bactériens dans les réservoirs et les systèmes de
distribution. [4].
Le système de reminéralisation se fait avec la chaux (CaOH2) et le CO2.
Une désinfection est réalisée avant distribution, un chlore résiduel de 0,5 mg/l est
prévu au point de livraison.

Edition 2020
53
Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Figure IV.11 : Silos de la chaux. (32)

Figure IV.12 : CO2 fabriqué sur site. (32)

IV.5.5- Station de pompage d'eau traitée :


• le système de stockage d’eau est constitué d’un bac de stockage d’une capacité de 3
600 m3 en béton armé.
• La station de pompage d’eau traitée permet de refouler l’eau commerciale jusqu’au
point de livraison.
• Les six pompes (6 +1R) de la station de pompage fonctionnent avec un débit fixe et/ou
variable afin de garantir les fluctuations de débit et de pression.

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Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

Figure IV-13 : Station de pompage d'eau traitée. (32)

Le tableau suivant résume les caractéristiques des pompes.


Tableau IV.03: Résumé des caractéristiques des pompes. [4]
Description Ligne1

Nombre de pompes 6+1


Débit des pompes 833.3
Pression des pompes (bar) 24
Puissance élictriquemoteur (kw) 750

IV.5.6- Laboratoire :
Les équipements de laboratoire permettent la mesure des paramètres suivants :
Calcium, Magnesium, Sodium, Potassium, Ammonium, Barium, Strontium,
Aluminium, Fer et Manganèse;
chlorures, sulfates, phosphate, nitrates, bicarbonate, carbonate, fluor, silice, bore et
CO2 libre;
fer total en ions et mg équivalent;
pH;
dureté totale, dureté calcique;
alcalinité
solides totaux dissous;
coliformes totaux, coliformes fécaux, streptocoques;
conductivité;
indice de Langelier;

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55
Chapitre IV Présentation de la zone d’étude

indexStiff Davis;
SDI (automatique et manuel);
Turbidité.
IV.5.7- Salle de contrôle :
La salle de contrôle est munie de deux ordinateurs. L’opération de l’usine est suivie via un
système SCADA installé dans les ordinateurs. L’opérateur a accès aux données d’opération
telles que: l’état des équipements (ON-OFF-FAILURE) et des valeurs analogiques des
différent éléments de l’usine. L’opérateur aura la possibilité de fonctionner/arrêter les pompes
via les ordinateurs, [4].

IV.6- Conclusion :
Dans ce chapitre on a détaillé le fonctionnement normale de la station de dessalement d’eau
de mer de Fouka afin faire un diagnostic des différentes étapes : prétraitement, unité d’osmose
inverse, et poste traitement et relever tous les dysfonctionnements et en fin proposer des
solutions pour pallier à ces problèmes.

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Chapitre V

Etude des performances de la

station de dessalement de

Fouka
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V.1- Introduction :
Dans ce chapitre, on va étudier la performance de la station de dessalement d’eau de mer de
Fouka et pour cela on doit faire un diagnostic des différentes étapes : prétraitement, unité
d’osmose inverse, et poste traitement pour relever tous les dysfonctionnements, et on a pris
aussi des prélèvements et analyser les échantillons : d’eau brute, d’eau douce produite et de
saumure afin de s’assurer du bon fonctionnement des différentes phases de traitement.
Enfin on va exploiter les résultats des analyses pour mettre en évidence l’impact de la
saumure et des autres rejets sur l’écosystème marin et proposer des solutions pour pallier à ces
problèmes.
V.2- Diagnostic des ouvrages de la station :
Pour conserver l’efficacité et la durée de vie d’une installation d’osmose inverse, un
prétraitement est nécessaire. Les coûts de nettoyage et les temps d’arrêt sont des paramètres à
prendre en compte dans la mise en œuvre des installations de dessalement. Pour réaliser un
traitement fiable et ininterrompu de l’eau de mer alimentant les installations de dessalement,
une approche particulière doit être utilisée et qui dépend beaucoup de la qualité de l’eau à
traiter (l’origine, composition, etc.…). Pour cela on va faire un diagnostic complet de la
station suivant la chaine de production d’eau afin de relever tous les problèmes rencontrés, les
identifier et proposer des solutions à ces problèmes pour augmenter de durée de vie de
l’installation.
V.2.1- La suppression de la chloration :
La station de dessalement d’eau de mer de Fouka n’utilise le chlore qu’une à deux fois par an
comme un traitement de choc. Or, selon les instructions d’exploitation de l’usine, la
préchloration doit se faire deux fois par jour avec une dose de 10ppm et un temps de contact
de 30 minutes. Donc il y a presque une suppression de la chloration du prétraitement.
V-2-1-1 Le rôle du chlore :
D’une manière générale, le chlore est l’un des désinfectants les plus utilisés pour la
désinfection de l’eau. Il peut être appliqué pour la désactivation de la plupart des organismes
et micro-organismes vivants. Dans les processus industriels qui utilisent de l’eau de mer, le
chlore (sous la forme d’hypochlorite) est injecté dans les circuits, afin de limiter la
prolifération de ces organismes et micro-organismes.
V.2.2.2- Les inconvénients de la suppression de la pré-chloration:
La Pré chloration peut avoir plusieurs objectifs :
l’élimination de la couleur, des odeurs et du gout ;

Edition 2020
57
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

l’élimination du fer et du manganèse en les transformant en hydroxydes insolubles ;


L’oxydation des matières organiques dissoutes;
Amélioration de la qualité microbiologique ;
contrôle de la prolifération des algues,
La suppression du chlore à l’entrée de la station peut avoir comme conséquences :
La formation de biofilm à la surface du filtre à sable car c’est le premier ouvrage qui
reçoit l’eau de mer, qui contient divers micro-organismes, bactéries, protozoaires qui
contribuent à la formation de ce biofilm en cas d’absence de la chloration.
Le colmatage biologique dans les membranes ;
La prolifération des algues qui va affecter la qualité de l’eau ;
La chloration systématique de l'eau est un des procédés les plus utilisés pour protéger
les circuits de l’usine des fixations de moules et d'autres encrassements d'origine
biologique (FIQUET, 1977). Dans le cas où il n y a pas la chloration, les différents
ouvrages vont être colmatés par les moules ce qui diminue les diamètres des conduites
de prise d’eau et augmente les pertes de charge, ce qui influe sur la quantité d’eau.
Cette chute de performance quantitative et qualitative va influencer sur toute l’usine et elle
peut conduire à la fermeture de la station s’il aura un risque pour les membranes.
Les études sur la chloration de l'eau de mer ont montré que celle-ci ne pouvait être assimilée à
celle des eaux douces. La différence provient de la présence de bromures dans l'eau de mer
(65 mg/l pour une salinité de 35 mg/l) qui sont rapidement oxydés lors de la chloration en
brome libre.
V.2.2- La suppression d’un bassin de coagulation-floculation :
Les eaux de mer brutes peuvent connaître une forte variation de leur composition (matière
organique, algues) en fonction de paramètres géographiques, saisonniers (température,
luminosité), ou encore de la pollution locale (par exemple, aux hydrocarbures). Afin de
limiter la vitesse d’encrassement et le colmatage des membranes d’osmose inverse, la chaîne
de prétraitement doit être renforcée par des ouvrages de clarification (coagulation-floculation-
Décantation).
Dans la station d’eau de mer de Fouka on a opté pour une filtration de contact, ce qui peut
influencer négativement sur la performance de la station.
V.2.2.1- Le rôle d’un bassin de coagulation-floculation :
La coagulation et la floculation sont des traitements qui visent à optimiser l’élimination des
particules en suspension par les procédés de décantation et de filtration. Ces traitements
favorisent l’agrégation des particules colloïdales en larges et denses agrégats. Ils se déroulent

Edition 2020
58
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

en deux étapes principales à savoir la déstabilisation des particules et la collision des


particules déstabilisées pour former des agrégats volumineux. La déstabilisation et
l’agrégation sont des phénomènes physicochimiques. La séparation par décantation et
filtration mettent en jeu des phénomènes essentiellement physiques.
V.2.2.2- Les inconvénients de la suppression d’un bassin de coagulation-floculation :
Dans la station de dessalement ils font injection du coagulant et du floculant lors de la prise
d’eau c’est-à-dire a partir de la crépine des conduites de prise, ce qui implique qu’il n y a pas
vraiment un calcul de temps de contacte des produit chimique avec l’eau de mer car l’eau
pompé arrive directement au filtre à sable sans passer par un bassin de coagulation et de
floculation ce qui influe négativement sur la qualité des floques formés donc sur la qualité
d’eau filtrée car si l’étape de coagulation, floculation n’était pas optimale, il aura des
particules qui vont s’échapper même au filtre à sable et qui vont atteindre le filtre à cartouche
et le colmate rapidement, et dans le cas d’une forte turbidité il aura un risque d’abord sur le
filtre à sable qui va se colmater car il reçoit directement toute les impuretés d’eau de mer sans
aucun ouvrage en amont pour le protéger et dans ce cas on peut aller jusqu’à l’arrêt de la
station pour protéger les ouvrages de l’installation.
V.2.3- La suppression d’ouvrage de décantation :
La décantation est une technique de séparation des matières en suspension et des colloïdes
rassemblés en floc, après l'étape de coagulation-floculation.
V.2.3.1- Le Principe de la décantation:
Lors de la décantation, les particules, dont la densité est supérieure à l'eau, vont avoir
tendance à s'accumuler au fond du décanteur sous l'effet de la pesanteur. Les particules seront
éliminées du fond du bassin périodiquement. L'eau clarifiée se situant à la surface du
décanteur est ensuite redirigé vers le filtre à sable.
V.2.3.2- Les inconvénients de la suppression du décanteur :
Le bassin de décantation permet de réduire la turbidité d’eau de mer par l’élimination des
flocs ainsi formés par l’étape de coagulation, floculation.
En absence du décanteur les flocs formés vont atteindre le filtre à sable ce qui favorise son
colmatage et réduit ses performances.
Le renforcement du prétraitement est indispensable puisque la qualité d’eau de mer est
variable et la turbidité peut atteindre des valeurs très importantes ; comme ça était le cas en
Mai 2012 où la forte turbidité d’eau de mer a eu des conséquences néfastes sur les membranes
et sur les performances de la station, d’une manière générale. Ce qui a conduit à l’arrêt total
de la station.

Edition 2020
59
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V.2.3- Les problèmes rencontrés dans la station:


On rencontre plusieurs problèmes dans le dessalement de l’eau de mer, les problèmes
rencontrés au sein de la station de mer de Fouka sont:
V.2.3.1- La corrosion :
La corrosion est la dégradation d’une substance, en particulier un métal ou un alliage,
provoquée par l’action chimique d’un liquide ou d’un gaz sur la substance. Le terme corrosion
s’applique plus particulièrement à l’action graduelle d’agents naturels, tels que l’air ou l’eau
salée sur les métaux.
Au niveau de la station de Fouka on observe la corrosion dans le système d’injection des
produits chimique dans la prise d’eau, dans l’anti-bélier, dans les tuyaux d’eau filtrée et de
rétro lavage des filtres, dans l’unité d’osmose inverse et dans les silos de stockage des
produits chimiques, les premières causes de la corrosion sont les fuites et le climat humide de
la région, seul les armoires électriques échappent à ce problème car ce sont des installations
sensibles, qui se trouve dans des chambre isolées avec un système qui garde une température
constante sur toute l’année ce qui est impossible de faire avec tous les ouvrages de la station.
Les principales conséquences de la corrosion sont :
• Rupture des conduites
• Augmentation de la rugosité
• Fuites d’eau
• Pollution de l’eau produite par des agents extérieurs.

Figure V.01 : Quelque signe de corrosion au sien de la station.

Edition 2020
60
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V.2.3.2- Le colmatage des membranes d’osmose inverse:


Le colmatage est généralement le problème majeur des installations membranaires. En effet, il
entraine une perte des performances des membranes due au dépôt de substances à la surface, à
l’entrée ou à l’intérieur des pores, un très large spectre d’espèces peut contribuer au
colmatage, comme des macromolécules organiques, des substances organiques et
inorganiques dissoutes, des particules colloïdales, des particules en suspension et des
microorganismes.
Les dépôts qui sont à l'origine du colmatage (fouling) des surfaces d'échange peuvent être
classés en trois catégories :
les dépôts minéraux qui correspondent au phénomène d’entartrage.
les dépôts organiques (colmatage microbiologique) tels que les matières en
suspension, les acides humiques, les micro-organismes ainsi que les produits excrétés
par les micro-organismes (polysaccharides).
les dépôts colloïdaux (colmatage abiotique) tels que la silice et les hydroxydes de fer,
de manganèse d'aluminium...
En général, un dépôt est constitué par un mélange de ces différents types auxquels il faut
rajouter les produits de corrosion, ainsi que les précipités résultants des réactifs ajoutés
(antitartres, floculant)...etc. Selon la possibilité d’enlevage de ce dépôt on considère deux type
de colmatage : le colmatage réversible et irréversible.
La partie du colmatage qui peut être enlevée par lavage est appelée « colmatage réversible ».
Le colmatage qui correspond à la perte « définitive » d’une partie de la perméabilité est
généralement appelé « colmatage irréversible ». A priori, ce type de colmatage est
essentiellement dû à une forte adsorption de substances qui ont une grande affinité pour la
membrane. À noter que le caractère réversible du colmatage est très relatif aux moyens qui
sont mis en œuvre pour laver les membranes (le nettoyage des membranes).
V.[Link]- L’entartrage :
L’entartage est un dépôt de sels minéraux qui a tendance à se former sur les surfaces
d’échanges. A cause des ions présents dans les eaux salines (calcium, magnésium,
bicarbonates et sulfate). Ces dépôts sont constitués principalement par du carbonate de
calcium (CaCO3) ; de l’hydroxyde de magnésium (Mg(OH)2) et de sulfate de calcium
(CaSO4)….etc. Par la diversité de leurs origines, les dépôts de tarte ont des conséquences
considérables sur le fonctionnement des installations de dessalement :
Réduction de la section de passage ;

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61
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

Dégradation des états de surface ;


Par leur très forte adhérence, les tartres mènent à une constance de débit; -
Augmentation des pertes de charge pour un débit constant ;
Obturation des conduites du fait de la diminution de son diamètre par les dépôts de
tartre.
V.[Link]- Le colmatage abiotique et microbiologique :
Il existe deux principales catégories de colmatage : le colmatage microbiologique et le
colmatage abiotique. Dans le cas d’un colmatage microbiologique, des microorganismes
peuvent s’attacher, croître à la surface des membranes et produire suffisamment de substances
polymériques extracellulaires pour faciliter le développement d’un biofilm à la surface des
membranes. En plus des microorganismes il y a de nombreux éléments colmatant présents
dans les eaux naturelles telles que les particules, les colloïdes, les substances organiques
dissoutes et les substances inorganiques peu solubles. Ces agents colmatant sont associés au
colmatage abiotique qui peut se manifester de deux façons : par le dépôt de matière à
l’intérieur des pores de la membrane et par le dépôt de matière à sa surface.
• Les conséquences du colmatage :
Le colmatage des membranes de dessalement dans ces deux formes microbiologique et
abiotique génère plusieurs modifications du fonctionnement du système :
Le colmatage perturbe l'écoulement le long de la membrane de dessalement, engendre
une augmentation de la couche de polarisation à la surface de la membrane. Cette
couche de polarisation, zone où les composés retenus par la membrane s'accumulent,
engendre une augmentation de la concentration et donc de la pression osmotique à la
surface de la membrane et engendre donc une diminution de la pression efficace à la
filtration, d'où une baisse de la production. L'augmentation de la couche de
polarisation engendre aussi des concentrations en sels plus importantes au voisinage
de la membrane de dessalement, et donc une augmentation du risque de précipitation
des sels présents en sursaturation. Cela engendre soit une précipitation de sels, donc un
colmatage plus rapide des membranes de dessalement, soit une surconsommation de
réactifs mis en oeuvre pour éviter ou bien retarder cette précipitation.
Le colmatage engendre aussi une augmentation de la perte de charge entre
l'alimentation et le rejet de concentrât, perte de charge qui entraîne une diminution de
la pression disponible pour la filtration, d'où une perte de production à pression
constante. Au-delà d'une certaine valeur de perte de charge, la résistance des

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62
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

matériaux constitutifs de l'élément membranaire étant dépassée, il peut y avoir des


dommages mécaniques irréversibles de l'élément membranaire.
Dans le cas de la station de dessalement d’eau de mer de Fouka le colmatage des membranes
en mois de Mai 2015 entraine la séparation entre les membranes dans un même tube de
pression ce qui est engendré par l’augmentation de la salinité d’eau produit. Ce problème
induit a un arrêt d’une unité d’osmose inverse pendant une semaine pour le nettoyage et la
réparation de ces fuites interne dans l’unité.
• Facteurs influençant le colmatage des membranes :
Il est important de bien connaître les facteurs influençant le colmatage afin de développer des
stratégies visant à minimiser ce phénomène et ainsi réduire les coûts d’opération et augmenter
la durée de vie des membranes. Ces facteurs sont :
les caractéristiques de la membrane.
les conditions d’opération du procédé membranaire : Ces conditions sont la vitesse de
pénétration, le taux de récupération global, la vitesse d’écoulement tangentielle et la
pression d’opération.
les caractéristiques de l’eau à traiter : le colmatage est aussi dépendant de la nature de
l’eau à traiter et de la concentration de ses principaux constituants. En général, plus
une eau est chargée en particules et plus elle aura tendance à colmater les membranes.
Le pouvoir colmatant des particules en suspension d’une eau s’exprime en « Silt Density
Index » (SDI).
V.2.3.3- Problèmes dans le système de fabrication de CO2 :
L’eau déminéralisée est une eau agressive qui doit être reminéralisée pour satisfaire aux
critères de potabilité, A cette fin, l’usine est équipée d’un système de reminéralisassions qui
comprend une injection de CO2 (gaz carbonique) produit in-situ à partir de gaz naturel. Le
système de production le CO2 consiste à bruler le gaz et de joué sur l’état de ce gaz,
premièrement il va passer dans un dispositif pour éliminer toutes les impuretés après dans un
autre dispositif pour passer de l’état gazeux a l’état liquide et évacuer toute la vapeur d’eau
après dans un autre diapositif qui va le transformer en liquide dense (forme de neige), dans le
dernier dispositif et à cause de la différence de température à l’intérieur du bâtiment il y a une
fuite d’eau utilisée pour le refroidissement et les tuyaux de ce dispositif son congelé (couvert
d’une couche épaisse de CO2 en forme de neige car ce dernier se transforme en glace dès qu’il
rencontre l’air) ce qui influence sur la performance du système et augmente la probabilité
d’endommagement des tuyaux et par la suite l’arrêt du système.

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63
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

Figure V. 02 : La congélation des tuyaux Figure V.03: Fuite dans le système de


production de CO2

V.2.3.4- Problème du système d’eau de service :


Le système d’eau de service permet de ramener l’eau potable pour le mélange des produits
chimiques (la chaux, l’hypochlorite de sodium, le bisulfite de sodium…etc.), la conduite qui
doit ramener l’eau se situe à une profondeur de 1,5m ce qui provoque un problème de
localisation de fuite et de réparation, et à cause de l’importance de ces produits dans le
fonctionnement de la station : dans le prétraitement, l’osmose inverse et dans la désinfection
d’eau potable, ils ont changé la profondeur de la conduite presque sur sol pour faciliter la
recherche et la réparation en cas de fuite.

Figure V.04 : La nouvelle conduite d’eau de service.

Edition 2020
64
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V.2.3.5- Problèmes des rejets de la station :


Tous les rejets de la station sont évacués vers un réservoir d’effluent, où on effectue
l’ajustement du PH afin qu’il soit compatible avec l’eau de mer mais même avec l’ajustement
du PH, la salinité et la composition chimique de l’effluent qui regroupe tous les rejets et les
produits chimiques utilisés représentent un danger pour l’environnement marin de la région de
Fouka.

Figure V.05 : Le réservoir de traitement des effluents.

V.3- Etude de performance de la station de dessalement d’eau de mer de


Fouka :
Pour pouvoir étudier la performance de l’importe quelle étape il faut faire une comparaison
entre les analyse d’eau à l’entrée du l’ouvrage et à la sortie en comparant à chaque fois les
valeurs mesuré à la norme donné par l’organisation mondial de la santé (OMS).
Les données des résultats des analyses du dessalement de l’eau de mer pondant 5 jour , ils
sont effectués au niveau de laboratoire de la station de dessalement d’eau de mer de Fouka.
V.3.1- Définition et principe de meure des paramètres de qualité :
Avant de commencer l’étude on va définir chaque paramètre des paramètres utilisé dans les
analyses d’eau.
• La température :
La température joue un rôle très important dans le traitement des eaux. Sa variation peut
affecter les caractéristiques physico-chimiques de l’eau.

Edition 2020
65
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

Figure V.06 : Le thermomètre


Principe :
La température est meurée par un thermomètre digital (HANNA INCTRUMENT) et les
valeurs obtenues sont etimée en C°.
• Le PH:
Le pH correspond à la concentration d’ions hydrogène. Il mesure l’acidité ou la basicité d’une
eau. Le pH interfère avec d’autres paramètres de la qualité dans les complexes réactions
chimiques : dureté, alcalinité, turbidité, conductivité c’est pour ça c’est un paramètre très
important donnant une idée sur l’équilibre de l’eau ainsi que sur la qualité de l’eau produite, il
doit être étroitement surveillé aux cours de toute opération de dessalement.

Figure V.07 : Le pH mètre


Principe :
La meure du potentiel chimique d’hydrogène consiste à plonger une électrode de PH reliée à
un PH mètre dans un bécher contenant l’eau à analyser.
• La conductivité:
Elle mesure la capacité de l’eau à conduire le courant électrique. La conductivité permet
d’apprécier le degré de minéralisation de l’eau dans la mesure où la plupart des matières

Edition 2020
66
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

dissoutes dans l’eau se trouvent sous forme d’ions chargés électriquement. La conductivité
varie proportionnellement avec les fluctuations de la température, elle s’exprime en Us/cm.
Principe : La mesure de la conductivité est effectuée grâce à deux électrodes de platine
séparées l’une de l’autre de 1 cm, le tout est recouvert de noir de platine formant ainsi une
cellule. Cette dernière est plongée dans le bêcher contenant l’eau à analyer.

Figure V.08 : Le conductimètre

• Le TDS:
Les solides dans l'eau se trouvent soit en solution ou en suspension, et se distinguent par le
passage de l'échantillon de l'eau à travers un filtre de fibres de verre. Par définition, les
matières en suspension sont retenues sur le dessus du filtre, et les solides dissous passent à
travers le filtre avec de l'eau. Lorsque la partie filtrée de l'échantillon d'eau est placée dans une
coupelle, puis évaporé, les solides dissous dans l'eau restent comme résidu dans la capsule
d'évaporation. Cette matière est appelée matières totales dissoutes ou TDS.
Principe :
La conductivité est un paramètre qui a une relation directe avec la minéralisation elle-même
en relation direct avec le TDS et la salinité de l’eau, alors elle peut entraîner selon le cas un
gout salé, une accélération de la corrosion à des dépôts dans les canalisations.
TDS=k* Conductivité (µs/cm) à 25°C.
Où le coefficient k dépend du type d’eau (permeat, eau de mer, concentrât) :
K=0.55 pour du permeat.
K = 0.70 pour l’eau de mer.
K=0.75 pour le concentrât.
• La turbidité :
La turbidité donne une idée sur la teneur en matière colloïdale d’origine organique ou
minérale, liée à la transparence. Elle s’exprime en Nephemetric Tturbidity Unit, (NTU).

Edition 2020
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Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

Figure V.09 : Le turbidimètre

Principe :
Pour tout échantillon d’eau, la mesure de la lumière diffusée et de la lumière transmise permet
la détection de matières non dissoutes.
• Standard Density Index (SDI):
C'est le pouvoir colmatant d'un liquide ou indice de colmatage, plus connu sous son
abréviation de SDI, est considéré comme l’indicateur le plus classique dans le domaine de la
filtration membranaire.
Principe :
Détermination de l'encrassement d'une membrane de porosité 0,45 µm et de 47 mm de
diamètre par filtration de l'eau au travers de cette membrane à une pression de 2,1 bars.
Filtration de l'eau en continue avec mesures à différents intervalles de temps et de volumes.

Mode de calcul :

Le pouvoir encrassant est donné par la relation :

P (%) = 100 × (1 - t0 / t)

Calculer P avec t = t15 :

Si P > 80 % avec t = t15, refaire le calcul avec t = t10.

Si P > 80 % avec t = t10, refaire le calcul avec t = t5.

L'indice de colmatage est donné par la relation :

IC = P (%) / T

T = temps total de la mesure : 5, 10 ou 15 min selon le temps retenu.

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Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

Valeures repères:
0à3 Eau non colmatante peut être utilisée directement sans traitement spécifique

3à6 Eau peu colmatante nécessite l'utilisation d'un traitement physique: Préfiltres

6 à 20 Eau très colmatante Traitement d'eau plus poussé obligatoire.

• Ion Calcium (Ca2+) :


Le calcium est un élément principal dans le squelette (99%). Le calcium, élément essentiel de
la dureté de l’eau, est un métal alcalino-terreux extrêmement répandu dans la nature et en
particulier dans les roches calcaires sous forme de carbonates. Ses sels se rencontrent dans
presque toutes les eaux naturelles.
-Concentration en calcium en mg /l = V x 8.016.
- Concentration en calcium en mg /l CaCO3 = V x 20.04.

Remarque : en détermine le magnésium avec cette équation.

TH = Ca2+ + Mg2+ → Mg2+= TH - Ca2+ (mg /l)

• Le titre hydrotimétrique (TH):


Il mesure la concentration en ions alcalino-terreux, le calcium et magnésium essentiellement,
le titre hydrotimétrique de l'eau permet de quantifier une notion qualitative : la dureté de l'eau.
Principe :

On fait agir en milieu neutre, pH= 6.7 ou 7, une solution à titrer de nitrate d’argent sur une
prise d'essai connue de solution titrée de chlorure de sodium.

La réaction se fait en présence de chromate de potassium (indicateur colorée)

En premier lieu l’ions d’argent réagit avec l’ion chlorure pour former le précipite blanc
« AgCl », ensuite ion argent réagit avec l’ion CrO42- (chromate) pour former le précipite
rouge brique Ag2CrO4 qui indique la fin de dosage.

Calcul simplifié :

Concentration en chlorure en mg/l = (V- 0,2)x 7,0906.


Concentration en chlorure en mg /l CaCO3 = (V- 0,2)x 10.
• Le titre alcalimétrique complet (TAC):
C’est la grandeur utilisée pour mesurer le taux d’hydroxydes, de carbonates et de bicarbonates
d’une eau. Il exprime l’alcalinité totale de l’eau.

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69
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

Principe :
Les alcalino- terreux présents dans l’eau sont amenés à former un complexe du type chélate
par le sel disodique de l’acide éthylène diaminotétracétique. La disparition des dernières
traces d’éléments libres à doser est décelée par le virage d’un indicateur spécifique.

Calcul simplifié : TH en mg / l CaCO3 = V x 20.

• Le titre alcalimétrique (TAC) et (TA) :


C’est la grandeur utilisée pour mesurer le taux d’hydroxydes, de carbonates et de bicarbonates
d’une eau. Il exprime l’alcalinité totale de l’eau.
Principe :

La première détermination sert à calculer le Titre Alcalimétrique (TA) la seconde à calculer


le Titre Alcalimétrique Complet (TAC), ils sont basés sur la neutralisation d’un certain
volume d’eau par un acide minérale dilué, en présence d’un indicateur coloré.

Calcul simplifié : T.A en mg/l CaCO3 = V1 x 10.

T.A.C en mg /l CaCO3 = V2x 10.

• Indice de Langelier de saturation (LSI) :


La méthode la plus simple pour le calcul de l’agressivité de l’eau est la « méthode de
Langelier ». Il a établi un indice, appelé « indice de saturation ou indice de Langelier ».
L’eau est agressive si cet indice est négatif, elle est calcifiante si l’indice est positif et elle est
à l’équilibre calcocarbonique si l’indice de saturation est nul.
Principe :

L’index de Langelier est un moyen puissant pour calculer la balance de l’eau et pour définir si
une eau est corrosive ou incrustante.

Si IL > 0, l’eau est incrustante.

Si IL < 0, l’eau est considérée comme agressive et hautement irritante.

Une tolérance de ±0.4 est normalement acceptable.

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Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V- 3 : Résultat des analyses physico-chimiques et leur discussion :


V. 3.1. Température :

Tableau V.01 : Résultats des analyses de la température

Température (C°)
Paramètre de Eau brut Entré OI Perméat Eau traité Normes
prélèvement
S1 16,96 18,30 18,80 20,40 >25
S2 16,50 19,30 17,00 20,50
S3 16,17 19,40 18,80 20,30
S4 15,57 17,70 18,50 19,80
S5 15,83 19,10 19,80 21,80
S6 15,91 19,50 19,60 21,40
S7 16,16 21,10 21,40 22,10
S8 15,30 21,40 21,70 22,30
S9 16,80 21,40 21,60 22,50
S10 17,30 21,40 21,60 22,00
S11 17,16 21,50 21,70 22,00
S12 17,50 21,50 21,70 21,26

30.00
Température (C°) Eau
Température (C°)

25.00 brut
Température (C°) Entré
OI
20.00 Température (C°)
Perméat
15.00 Température (C°)
Concentra
10.00 Température (C°) Eau
traité
5.00 Température (C°)
Normes
0.00
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12
S: Semaine
Figure V.10: Variation de la température en fonction de la période d’analyse

Discussion

Pour ces températures on observe une légère variation (augmentation), en passant de l’eau
de mer jusqu’à l’eau traitée et cela peut être expliqué par l’agitation des particules d’eau de
processus du dessalement, mais cette augmentation reste toujours conforme à la norme de
l’OMS.

Edition 2020
71
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

D’après la figure N°31, la température de l’eau brute (eau de mer) présente une variation
allant de 15,30 C° à 17,50 C°, et l’eau qui entrée à l’osmose inverse à une température varie
entre 17,70C° et 21,50C°, et pour la température de l’eau de perméat présent une variation
allant de 17C° à 21,70 C°, et l’eau traitée à une température qui varie entre 19,80C° à
22,50C°.

• L’eau brute à une température variable selon la saison. Selon Dégrement (2005) ces
variations, sont une conséquence directe du changement climatique d’une part et d’autre part
pour la mer méditerranée.
• Dans notre étude la température relevée pour l’eau traitée répond aux normes(OMS), et
légère hausse par apport à l’eau de perméat. Il est important de souligne que la température de
l’eau à une influence sur les propriétés physiques, chimiques et microbiologiques, aussi toutes
variation de la température de l’eau entraine une modification de comportement des
traitements physico-chimiques à s’avoir la chloration, la filtration et osmose inverse.

V.3. 2. Le PH :

Tableau V.02 : Résultats des analyses de Ph

pH
Paramètre de Eau Entré OI Perméat Concentra Eau traité Normes
prélèvement brut
S1 8,10 8,09 7,12 7,83 8,13 7 à 8,5
S2 8,05 8,04 7,17 7,76 8,04
S3 8,07 7,98 7,99 7,86 8,43
S4 8,17 8,10 7,80 7,91 8,37
S5 8,11 8,05 7,93 7,76 8,38
S6 7,87 8,15 7,73 7,81 8,29
S7 8,01 8,10 7,51 7,83 8,13
S8 7,97 8,00 7,07 7,79 8,31
S9 7,78 8,09 7,12 7,83 8,06
S10 8,10 8,10 7,80 7,87 8,38
S11 8,17 8,00 7,79 7,80 8,33
S12 8,10 8,04 7,90 7,88 8,04

Edition 2020
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Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

10.00 pH Eau brut


8.00 pH Entré OI
6.00 pH Perméat
Le pH

4.00 pH Concentra

2.00 pH Eau traité


pH Normes
0.00
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12
S: Semaine

Figure V.11: Variation de pH en fonction de la période d’analyse


Discussion

Le pH est un paramètre très important donnant une idée sur l’équilibre de l’eau ainsi que sur
la qualité de l’eau produite, il doit être étroitement surveillé aux cours de toute opération de
traitement.

Selon la figure N°32, nous remarquons que la variation des valeurs du pH se situe entre
7,78 à 8,17 pour l’eau brute. Dans le pH est légèrement basique.

Le pH de l’eau entrée osmose inverse reste presque dans les mêmes valeurs de pH de l’eau
de mer (7,18 à 8,17), et cela peut être expliqué cette stabilité par l’absence d’une étape
d’injection des produits chimiques de nature acide (Fecl3, cl2, H2So4), qui abaisse le pH.

Après passage de cette eau de mer à traverse les membranes d’osmose inverse, on a obtenu
un perméat avec des valeurs allant de 7,12 à 7,[Link] qui traduit une baisse de pH dû à la
rétention des sels par la membrane.

D’après, Zerluth et Gienger(2006).La valeur de pH de l’eau osmosée est très faible, et


cela est dû, rappelant que le pH correspond à une concentration en ion H3O+.

Pour l’eau traité, nous remarquons que les valeurs de pH augment (8,04 à 8,43) par apport à
l’eau de perméat, cette augmentation du pH est due à l’ajout de la chaux et du Co2 lors de
reminéralisation.

Toutes les valeurs mesurées pour l’eau traitée répondent aux normes (OMS) relatif à la
qualité.

Edition 2020
73
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V.3. 3. La conductivité et la TDS :

V.3. 3.1. La conductivité :

Tableau V.03 : Résultats des analyses de la conductivité

Paramètre de Conductivité (µs/cm)


prélèvement Entré Perméat Concentra Eau Normes
OI traité
S1 54700 281 91200 754 2800µs/cm a
S2 55600 267 80300 761 20C°
S3 56000 334 89100 742
S4 56000 268 77000 736
S5 55800 332 93700 755
S6 55700 305 92500 701
S7 56000 474 93000 616
S8 55700 338 92200 579
S9 54550 327 92200 427
S10 56000 299 91500 697
S11 55900 340 88500 760
S12 54800 287 91000 680

100000 3000
2850
90000 2700
2550
80000 2400
2250
70000 2100

Conductivité (µs/cm)
1950
Conductivité (µs/cm)

60000 1800
1650
50000 1500
1350
40000 1200
1050
30000 900
750
20000 600
450
10000 300
150
0 0
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12 S: Semaine
Conductivité (ms/cm) Entré OI Conductivité (ms/cm) Perméat
Conductivité (ms/cm) Concentra Conductivité (ms/cm) Eau traité
Conductivité (ms/cm) Normes

Figure V.12: Variation de la conductivité en fonction de la période d’analyse

Edition 2020
74
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V.3. 3.2. TDS :

Tableau V.04 : Résultats des analyses de TDS

paramètre de TDS (mg/l)


prélèvement Entrée OI Eau perméat Concentra Eau traité Norme
(mg/l) (mg/l) (mg/l) (mg/l)

S1 39380 154,55 65660 414,7 150 à 500


S2 40032 146,85 57816 418,55
S3 40320 183,7 64152 402,1
S4 40320 143,49 55440 404,8
S5 40176 182,6 67460 415,25
S6 40104 167,75 66600 385,55
S7 40392 255 66960 385,55
S8 40104 185,9 66384 318,45
S9 39276 179,85 66384 234,85
S10 40320 164,45 65880 383,35
S11 40248 187 63720 418
S12 39456 157,85 65520 374

80000 600
TDS (mg/l)

TDS (mg/l)
70000
500
60000
400
50000
40000 300
30000
200
20000
100
10000
0 0
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12

TDS (mg/l) Entrée OI (mg/l) S: Semaine


TDS (mg/l) Eau permeat (mg/l)
TDS (mg/l) Concentrat (mg/l)
TDS (mg/l) Eau traité (mg/l)

Figure V.13 : Variation de TDS en fonction de la période d’analyse


Discussion

La conductivité est un paramètre qui a une relation avec le TDS de l’eau. Il est tout à fait
normal que les valeurs de la conductivité et le TDS se l’eau brute soient supérieure vu la
teneur élevé de sel.

Edition 2020
75
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

Selon Rodier et al. (2005), une eau de minéralisation élevée possède une conductivité
supérieure à 1000 µs/cm.

Une eau de mer est une eau très minéralisée dû à la présence d’une quantité trop importante
des sels d’où l’impossibilité de consommer cette eau.

Le passage de cette eau de mer par l’unité d’osmose inverse, permet l’élimination de plus
de 97% des sels.

Donc la conductivité et le TDS, vont aussi considérablement diminuer initialement l’eau


brute, avait une conductivité de 54550 à 56000µs/cm, et un TDS entre 39276 à 40392 mg/l.

La membrane d’osmose inverse qui a retenu les sels a permis de ramener la conductivité à
des valeurs inférieure à 475 µs/cm, et un TDS inférieure à 260mg/l, ce qui est traduit une eau
à faible minéralisation, et ce qui est permet aussi de souligner la performance des membranes
concernant l’élimination des sels.

Nous remarquons que la conductivité et le TDS sont plus élevées dans le concentra, ce qui
est sont du probablement à la rétention des différents sels par les membranes d’osmose
inverse, ce qui influe directement sur la conductivité et la minéralisation de ces effluents.

Les résultats des analyses de l’eau traitée, montre une variation entre 427 et 761 µs/cm, et
pour la quantité totale des sels minéraux dissous, montrant une variation entre 234,85 et
418,55mg/l.

Aussi, nous observons une augmentation lors du processus de reminéralisation. Il est à


souligné que l’eau osmosée ne possède pas toutes les qualités requissent, pour être une eau
potable.

Donc, elle doit subir des étroitement complémentaires (chaux et Co2), qui consistent à
augmenter la conductivité, TDS jusqu’au niveau les rendant conformes aux normes (OMS).

Edition 2020
76
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V.3.4. La turbidité :

Tableau V.05: Résultats des analyses de la turbidité

Turbidité (NTU)
paramètre de Eau brut Entré Perméat Concentra Eau traité Normes
prélèvement OI
S1 0,61 0,14 0,12 0,22 0,30 ≈0
S2 0,42 0,14 0,13 0,11 0,30
S3 0,33 0,11 0,11 0,28 0,49
S4 0,37 0,17 0,14 0,23 0,33
S5 0,55 0,13 0,13 0,22 0,24
S6 0,42 0,12 0,10 0,19 0,42
S7 0,42 0,15 0,12 0,10 0,24
S8 0,70 0,11 0,14 0,23 0,23
S9 0,42 0,13 0,08 0,10 0,33
S10 0,33 0,11 0,10 0,19 0,24
S11 0,40 0,11 0,11 0,20 0,40
S12 0,33 0,14 0,12 0,11 0,42

0.80 Turbidité (NTU) Eau


0.70 brut
Turbidité (NTU)

0.60
Turbidité (NTU) Entré
OI
0.50 Turbidité (NTU)
0.40 Perméat
Turbidité (NTU)
0.30
Concentra
0.20 Turbidité (NTU) Eau
0.10 traité
0.00
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12
S : Semaine

Figure V.14: Variation de la turbidité en fonction de la période d’analyse


Discussion

Selon Rodier(2005), la turbidité est liée au contenu en matières solides non dissout dans
l’eau. C’est à due la turbidité donne une idée sur la quantité des particules colloïdales et la
matière en suspension.

D’après les résultats d’analyses, nous remarquons que les valeurs de la turbidité de l’eau
brute est variée de 0,32 NTU à 0,55 NTU, à une exception, la turbidité de l’échantillon de la

Edition 2020
77
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

S5, qui à attient la valeur de 2,9 NTU. En raison de mouvement de la mer et au changement
climatique, qui transportent une grande quantité de la matière en suspension(MES).

Pour assurer la protection des membranes contre le colmatage, une valeur de turbidité
inférieure à 1NTU, est obligatoire et doit être respecté.

Dans notre analyse, nous observons que les valeurs de la turbidité de l’eau brute sont faible
.Ceci est due à la prise de l’eau brute qui se trouve à 845 m de la station, et a une profondeur
de 10m.

Le passage de l’eau brute par les différents étapes de prétraitement (injection du coagulant,
filtration sur filtre a cartouche a permet de ramener la turbidité à des valeurs inférieure à
0,17NTU, et donc il y a respect de la valeur de turbidité obligatoire avant le passage de l’eau à
l’unité d’osmose inverse.

Les résultats d’analyses de concentra (l’eau de rejet), sont plus ou moins identique, ci ceux
de l’eau de mer dans l’intervalle 0,1 NTU à 0,57NTU, sa turbidité est très important, qu’on
peut interpréter par la présence de MES, des microorganismes échappés, des micro-filtres
retenus par les osmoseurs et ceux qui ont proliférés et multipliés sur les membranes d’OI.

Pour ce qui est de la turbidité de l’eau traité, nous remarquons une certaine stabilité de la
turbidité.

Les valeurs mesurées tournent autour de 0,23 NTU à 0,49 NTU. Avec le prétraitement, il y
aura surement une diminution de la turbidité, mais avec l’ajout de lait de chaux, la turbidité
aura tendance à augmenter légèrement, car si le pH augment la solubilité des sels diminue.

En somme, toutes les valeurs indiquent une eau de bonne qualité, puisqu’elles répondent
aux normes (OMS).

V.3.5. Le SDI5 et SDI15 :

Tableau V.06 : Résultats des analyses de SDI

Le SDI5 et SDI15
paramètre de SDI5 de l'eau de SDI15 de Norme (OMS) de SDI15
prélèvement mer l'eau filtré
S1 12,8 1,14 <3
S2 10,2 1,02
S3 10,5 1,07
S4 7,2 1,07

Edition 2020
78
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

S5 12,2 0,91
S6 12,6 1,04
S7 13,6 0,88
S8 11,7 1,07
S9 9,5 1,11
S10 11,41 1,14
S11 12,55 1,04
S12 13,84 1,01

15 Le SDI5 et SDI15 SDI5


SDI5 et SDI15

14
13 de l'eau de mer
12
11
10
9 Le SDI5 et SDI15
8 SDI15 de l'eau filtré
7
6
5
4 Le SDI5 et SDI15
3
2 Norme (OMS) de
1
0 SDI15
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12
S: Semaine

Figure V.15: Variation de la dureté en fonction de la période d’analyse


Discussion

Le SDI est appliqué comme paramètre pour déterminer le potentiel d’encrassement de l’eau
brute.

Il y a une relative entre la turbidité et le SDI5, le calcul du SDI d’eau de mer permet de
choisir et de déterminer le mode de prétraitement (injection coagulant, floculant, filtration sur
filtre à sable et filtre à cartouche) et le SDI15 est déterminé pour l’eau filtrée afin d’établir un
suivie des performances des prétraitements adapté.

Les résultats des analyses d’eau de mer à établit que les variations de SDI5 allant de 7,22 à
5,23, liée à la variation de la qualité d’eau brute.

Le SDI5 le plus élevée est obtenue pour la S5, date qui correspond également à la turbidité
la plus élevée.

Les prétraitements de cette station de dessalement ont permis de ramener le SDI15 à une
valeur inférieure à 3 est exigé pour assurer la protection des membranes contre l’encrassement

Edition 2020
79
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

rapide, étant donné que toutes les valeurs sont inferieure à ce seuil, donc cela traduit aussi les
performances des prétraitements.

V.3.6. La dureté calcique Ca2+

Tableau V.07 : Résultats des analyses de la dureté calcique

paramètre Ca2+ (mg/l CaCO3)


de
prélèvement Entrée OI (mg/l Eau perméat Eau traité Norme(OMS)
CaCO3) (mg/l CaCO3) (mg/l
CaCO3)
S1 1202,4 0 56,1 75
S2 1102,2 6,012 53,35
S3 1202,4 2,004 54,1
S4 801,6 2,004 52,1
S5 901,8 7,014 58,12
S6 1102,2 4,008 52,1
S7 1102,2 4,008 52,1
S8 1102,4 0 46,09
S9 901,8 2,004 58,11
S10 1104,8 6,012 56,11
S11 1200,2 7,014 54,1
S12 1202,4 4,008 58,1

1300
1250 Ca2+(mg/l CaCO3)
1200
La dureté calcique en (mg/l

1150 Entrée OI (mg/l


1100
1050 CaCO3)
1000 Ca2+(mg/l CaCO3)
950
900 Eau permeat (mg/l
850
800 CaCO3)
CaCo3)

750 Ca2+(mg/l CaCO3)


700
650 Eau traité (mg/l
600
550 CaCO3)
500 Ca2+(mg/l CaCO3)
450
400 Norme(OMS)
350
300
250
200
150
100
50
0
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12 S: Semaine

Figure V.16: Variation de la dureté calcique en fonction de la semaine


Discussion

Selon le graphe bleu, l’eau entrée d’osmose inverse à une concentration en Ca2+ qui varie de
901,8 à 1202,4 mg/l CaCo3, cela signifié que cette eau est trop dure.

Edition 2020
80
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

Après le passage de cette eau à traverse les membranes d’OI, on a obtenue des valeurs qui
évoluent dans un intervalle de 2 à 7,018 mg/l CaCo3, cela traduit que les membranes d’OI ont
atteint une performance d’élimination de 99,9% de Ca2+ d’une part et d’une autre part une eau
pauvre en calcium, qui risque de causer des maladies chez les consommateurs.

Donc il est nécessaire de augmentes cette valeur pour respecter les normes. Est pour cela on
passe l’eau de perméat par une étape de reminéralisation avec l’ajoute de la chaux qui est
donne des valeurs convenable de calcium allant de 46,09 à 58,116 mg/l CaCo3.

Selon Zerluth et Gienger (2006), dite que une eau de bonne qualité en terme de
minéralisation globale, les concentrations en calcium allant de 100 à 200 mg/l CaCo3.

Ce qui n’est pas obtenu dans nos analyses de l’eau traitée, qui se voient pauvre en se
reportant à la norme. Cela confirme encore le non équilibre de l’eau reminéralisé par la chaux.

V.3.7. Le titre hydrométrique (TH) :

Tableau V.08 : Résultats des analyses de la dureté totale

TH (mg/L CaCo3)
paramètre de Entré OI Perméat Eau traité Normes(OMS)
prélèvement
S1 7000 10 93 100
S2 7000 14 89
S3 3750 12 92
S4 6600 12 92
S5 6600 10 88
S6 6700 10 94
S7 7200 12 76
S8 7000 8 92
S9 6400 14 82
S10 6750 10 89
S11 6600 12 77
S12 7000 14 87

Edition 2020
81
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

7750

TH (mg/l CaCo3)
7500
7250 TH(mg/L
7000 CaCo3) Entré
6750
6500 OI
6250
6000 TH(mg/L
5750
5500 CaCo3) Perméat
5250
5000
4750 TH(mg/L
4500
4250 CaCo3) Eau
4000
3750 traité
3500 TH(mg/L
3250
3000 CaCo3)
2750
2500 Normes(OMS)
2250
2000
1750
1500
1250
1000
750
500
250
0
S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12 S: Semaine

Figure V.17 : Variation de la dureté en fonction de la période d’analyse


Discussion

Selon la Figure N° 38, la dureté totale de l’eau de mer présent des valeurs élevée allant de
3750 à 7200 mg/l CaCo3, qui se traduit la présence des cations (magnésium, calcium).

D’après Michel et Roger. (1999), les deux cations qui sont le magnésium et le calcium,
sont très répandus dans l’eau de mer avec une prédominance pour les ions magnésium. La
valeur levée de TH dans l’eau de mer s’explique par sa correspondance à la présence des sels
de calcium et magnésium

Les résultats d’analyses montrent que la dureté de l’eau de perméat présent une variation
allant de 8 à 14 mg/l CaCo3, cette dureté traduit une eau très douce qui risque de causer des
problèmes de corrosion dans les réseaux de distribution d’eau potable, si elle est distribuée tel
quelle est, cette eau ne peut pas formée une couche protectrice de tartre, car cette couche se
forme à TH≤100.

Le passage de cette eau par la reminéralisation, permet d’obtenir une eau traitée avec des
valeurs de calcium allant de 76 à 94 mg/lCaCo3.

Edition 2020
82
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V.3. 8. Les chlorures :

Tableau V.09 : Résultats des analyses des chlorures

paramètre Cl-(mg/l)
de Entrée OI Eau permeat Eau traité Norme(OMS)
prélèvement (mg/l) (mg/l) (mg/l)

S1 21545,13 97,14 239,66 200-600


S2 21400,61 106,35 293,66
S3 21002,16 99,26 247,46
S4 20900,66 101,39 249,58
S5 21700,95 101,39 251
S6 21030,47 93,59 227,6
S7 20908,68 125 207,75
S8 21697,85 109,904 182,93
S9 20988,18 133 130,11
S10 21839,05 168 210,23
S11 21530,5 134 205,14
S12 20554,18 120,35 198,2
23000
22000
21000
20000
19000 Cl-(mg/l ) Entrée
18000
OI (mg/l )
Chlorure (mg/l)

17000
16000
15000
14000 Cl-(mg/l ) Eau
13000
12000 permeat (mg/l )
11000
10000
9000
8000 Cl-(mg/l ) Eau
7000
6000 traité (mg/l )
5000
4000
3000
2000 Cl-(mg/l )
1000 Norme(OMS)
0
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12
S:Semaine

Figure V.18 : Variation de la dureté en fonction de la période d’analyse


Discussion

Les chlorures font paries des sels le plus important rentrant dans la composition chimique
de l’eau de mer, cet ion est responsable du gout salé dans cette eau.

D’après le graphe d’eau de mer, nous remarquons que la concentration en chlorure est
élevée, allant de 20900,66 à 21839,05 mg/l. tant que cet ion est liée aux cations majeurs

Edition 2020
83
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

(calcium, magnésium et sodium), ces derniers combinés sont eux qui confèrent à l’eau de mer
sa salinité.

Après le passage de cette eau à traverse les membranes d’OI, le perméat obtenu à des
concentrations en cl- inférieure à 168mg/l.

La très faible présence de chlorure dans l’eau osmosé est favorisée par la performance des
membranes d’OI.

D’après les résultats d’analyses, nous remarquons que la concentration en chlorure d’eau du
perméat varie de 93,59 à 168mg/l. à partir de la 1ére analyse jusqu'à la 6éme analyse, les
variations son pratiquement stable entre 93,59 à 101,39mg/l. Mais après la 6éme analyse, les
concentrations augmente jusqu'à 168mg/l, ce qui traduit un début de polarisation des
membranes d’OI ;

Le passage de cette eau par le post de reminéralisation permet d’obtenir une eau traitée
avec de chlorure allant de 130,11 à 251mg/l. Ces résultats qui respectent la norme (OMS).
Sauf pour le 2éme et 5émeanalyse qui dépassent 250mg/l en chlorure peuvent procurer à l’eau
une saveur désagréable et en entrainer un problème de corrosion dans le réseau de
distribution.

V.3.9. TAC :

Tableau V.10 : Résultats des analyses de l’alcalinité

paramètre TAC (mg/l CaCO3)


de Entrée OI Eau perméat Concentra Eau traité Norme
prélèvement (mg/l (mg/l (mg/l (mg/l
CaCO3) CaCO3) CaCO3) CaCO3)
S1 600 5 800 57 ˃ 60
S2 650 5 800 55
S3 800 5 900 59
S4 1000 6,5 900 55
S5 900 6,5 900 56
S6 550 4 900 58
S7 800 5 1000 57
S8 700 4,5 750 58
S9 1000 6 1000 62
S10 900 6,5 850 56
S11 850 5,5 950 58
S12 750 4,5 800 56

Edition 2020
84
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

1050
1000 TAC (mg/l CaCO3)
950
900 Entrée OI (mg/l
850
TAC (MG/L CACO3)

CaCO3)
800
750 TAC (mg/l CaCO3)
700 Eau permeat (mg/l
650
600 CaCO3)
550 TAC (mg/l CaCO3)
500
450 Concentrat (mg/l
400
350 CaCO3)
300 TAC (mg/l CaCO3)
250
200 Eau traité (mg/l
150 CaCO3)
100
50
0
S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12 S:Semaine

Figure V.19 : Variation de TAC en fonction de la période d’analyse


Discussion

D’après la figure N°40, nous observons une forte alcalinité de l’eau entrée osmose inverse,
allant de 550 à 1000 mg/l CaCo3 qui est caractérisé par la présence d’une forte teneur des ions
de bicarbonates, carbonates et hydroxydes.

Selon les résultats d’analyses de l’alcalinité de l’eau de perméat, nous remarquons une
variation allant de 4 à 6,5 mg/lCaCo3, cette alcalinité traduit une eau agressive qui provoquera
la corrosion des canalisations de distribution d’eau potable, ce qui explique le passage de cette
eau par le poste de re- minéralisation (ajout de chaux et de CO2), a donné des valeurs de TAC
de l’eau traitée allant de 55 à 62mg/lCaCo3.

Donc l’eau reminéralisée présente un TAC faible par apport a une norme qui exige un
minimum de 60 mg/l CaCo3, car les eaux douces doivent être reminéralisées de manière à leur
conférer un pouvoir tampon évitant les variations brutales de pH d’une part et d’une autre part
elles doivent permettre la formation de la couche protectrice vis-à-vis de la corrosion des
canalisations de fer pour cela le TAC doit être >60mg/l CaCo3.

Mais selon l’industrie ces valeurs restent dans la limite fixée par le contrat d’achat.

Edition 2020
85
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

• Comparaison entre l’eau traitée et la norme :

Tableau V.16 : La comparaison de l’eau traitée à la norme.


Paramètre Unité L’eau traitée La norme
Température C° 21.34 25
Ph 8.24 8.5
Conductivité µs/cm 684 800
Turbidité NTU 0.32 1
Ca2+ mg/l CaCO3 54.20 200
TH mg/l CaCO3 87.58 100
Cl- mg/l CaCO3 220.27 200
TAC mg/l CaCO3 57.25 60
TDS mg/l 379.59 1000

Figure V.20 : La comparaison de l’eau traitée à la norme.

Edition 2020
86
Chapitre V Etude des performances de la station de dessalement de Fouka

V.4. Conclusion:
Dans ce chapitre on a relevé tous les disfonctionnements au sein de la station de dessalement
de Fouka ainsi on a étudié la performance du prétraitement et du traitement par l’évolution
des paramètres pendant 03 mois (juillet, Aout, septembre) en comparant ces valeurs à la
norme fixée par l’OMS et enfin on a comparé l’eau traitée à la norme pour vérifier sa
conformité aux normes de potabilité.

Edition 2020
87
Chapitre VI

Impact environnementale du

dessalement
Chapitre VI Impact Environnementale du dessalement

VI-1 : INTRODUCTION :

Le dessalement de l’eau de mer constitue une solution compétitive pour pallier à la


rareté de cette ressource. Les techniques de dessalement ont connus une amélioration continue
permettant pour atteindre des coûts raisonnables et des débits plus importants. La maîtrise de
l’énergie est un paramètre important dans le rendement de l’installation par la récupération de
l’énergie et l’utilisation des formes d’énergie disponibles, non polluantes et très économiques
comme le solaire thermique (08).
Les paramètres évalués pour l’eau saumure rejetée en mer ont montrés des valeurs très
élevées par rapport à la norme ce qui influe négativement sur l’environnement marin. Les
rejets de saumures fortement chargées ont pour conséquence la variation de la composition
chimique de l’eau de mer qui altère l’équilibre des éco systèmes et l’environnement marin. La
diminution de la concentration en oxygène dissous d’après les résultats de cette étude a une
conséquence sur la vie des espèces marines. (10)

VI.2- Origine et type des rejets :

VI.2.1- Rejets atmosphériques :

Les techniques utilisées pour le dessalement de l’eau sont très consommatrices en


énergie, même si la tendance est à la baisse, notamment grâce au développement des
technologies innovantes. Or, cette énergie est le plus souvent fournie par des combustibles
fossiles qui présentent pour l'environnement l'inconvénient d'émettre des polluants
atmosphériques, notamment du dioxyde de carbone (CO2), des oxydes de soufre et d'azote et
des particules solides. Il a ainsi été estimé que le système de production espagnol rejetait 680
grammes de CO2 par mètre cube d'eau dessalée, ce qui, pour une production de plusieurs
millions de mètres cubes par jour se traduirait par l'émission dans l'atmosphère de plusieurs
milliers de tonnes de CO2 par jour. Cette contribution à l'effet de serre est loin d'être
négligeable dans le contexte actuel de lutte contre le réchauffement climatique. (32)

VI.2.2- Les rejets chimiques :

Toutes les usines de dessalement utilisent des produits chimiques pour le prétraitement
de l’eau d’alimentation ainsi que le post-traitement de l’eau produite. La plupart des produits
sont utilisés avant tout comme floculant, coagulant, antitartre et anticorrosion, et ils finissent
par modifier la composition de la saumure concentrée. La présence de certains métaux, qui

EDITION 2020
88
Chapitre VI Impact Environnementale du dessalement

sont des produits de la corrosion du circuit, influent aussi sur la composition de la saumure
concentrée. [1]

VI.2.3- La saumure concentrée :

Une concentration élevée en sels des eaux rejetées et des fluctuations du degré de salinité
peuvent être, à proximité de l’émissaire, une cause de mortalité parmi les organismes qui y
sont sensibles. De plus, les rejets provenant des usines de dessalement ont une densité plus
élevée que celle de l’eau de mer et peuvent se déposer au fond de la mer et avoir
éventuellement des effets préjudiciables pour les communautés benthiques.

Figure VI .01: la conduite de saumure vers la mer [8]

VI.3 : IMPACTS DES REJETS DE DESSALEMENT :

Parmi les impacts dus à une usine de dessalement, il y a ceux qui se limitent à la phase
de construction et ceux qui sont liés à la phase d’exploitation. Les impacts commencent avec
la transformation de l’occupation du sol, puis continuent avec des conséquences visuelles et
des nuisances sonores pour s’étendre à des émissions dans l’atmosphère et des rejets dans
l’eau ainsi qu’à des dommages potentiels pour le milieu récepteur.
Les activités de construction et d’exploitation peuvent se traduire par une série d’impacts sur
les zones littorales, affectant notamment la qualité de l’air, la qualité de l’eau, la flore et la
faune marines, la perturbation d’écosystèmes importants (dunes de sable, herbiers marins et
autres habitats vulnérables par suite de l’emplacement choisi pour le trajet des canalisations),
le dragage et l’élimination des déblais qui en résultent, le bruit.

EDITION 2020
89
Chapitre VI Impact Environnementale du dessalement

Toute une série de produits chimiques et d’additifs servent en effet, lors du dessalement, à
prévenir ou combattre l’entartrage ou la prolifération de microorganismes dans les circuits,
faute de quoi la bonne marche de l’exploitation serait entravée. (21) et (27)

VI-3-1 : Effets dus aux produits de la corrosion :


Sont rejetés par les unités de dessalement et peuvent constituer une menace pour les
organismes d’estuaire en raison de leur toxicité. Nous avons :
Les traces de métaux :
Le Ni, Mo, Fe, Cr, Zn, provenant de la dissolution de tuyauterie et système de condensateur
de refroidissement et autres dépendants des alliages présents dans la ligne du process.
Ces métaux provoquent des stresses au niveau des communautés aquatiques et leurs effets
seront plus marqués au niveau des habitats benthiques soumis à un enrichissement plus élevé
de métaux trace. (16)
Le Cuivre :
A forte concentration, le Cuivre est très toxique et joue le rôle d’inhibiteur d’enzymes au
niveau de l’organisme et peut entraîner le décès d’un nombre important d’espèces
susceptibles. Pour le phytoplancton, le Cuivre inhibe la photosynthèse, limite l’absorption et
l’assimilation du nitrate et l’adsorption du silicate. Au niveau des poissons d’estuaire, des
changements apparaissent dans la physiologie de l’organisme, la reproduction et le
développement. (28)
Le Fer :
Le Fer est contenu dans certains additifs entrants dans le processus de dessalement. En
présence d’une forte salinité peut conduire à un accroissement de la turbidité qui risquera de
perturber la photosynthèse. (Rashad, 2007)
VI-3-2 : Effets dus aux additifs antitartres :
Les produits utilisés contre l’entartrage sont les phosphates polymères. Dans une zone marine
oligotrophe comme la mer méditerranée, le rejet de ces produits peut avoir des effets
drastiques tels que des efflorescences algales, des proliférations d’algues macroscopiques, etc.
Ces dernières années, les agents antitartre les plus largement utilisés ont été les polymères de
l’acide maléique pour empêcher l’apparition d’effets eutrophisants (16)
VI-3-3 : Effets des additifs antisalissure :
Si le chlore est un agent antisalissure à large spectre, il présente aussi des effets étendus sur le
milieu marin quand il est rejeté avec la saumure. Il occasionne des effets biologiques par son
action stérilisante intrinsèque et des effets chimiques en halogénant les constituants

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Chapitre VI Impact Environnementale du dessalement

organiques de l’eau de mer (28) .D’autres agents antisalissures comme les sels de cuivre
entraînent des rejets de cuivre dans la saumure, et ce métal, même à de très faibles
concentrations (moins de 1ppm), peut avoir des incidences sur l’environnement par suite de
son accumulation (16)
VI-3-4 : Effets des additifs antimousses :
Les agents antimousses sont des détergents. Les détergents ont des effets nocifs sur les
organismes en altérant le système membranaire intracellulaire. Les effets sur l’écosystème
marin n’ont pas été étudiés mais pourraient être négligeables. (16)
VI-3-5 : Impact de bruit :
Une usine de dessalement par filtration membranaire est plus bruyante, et la majeure partie de
ce bruit provienne des pompes haute pression et des turbines de récupération d’énergie qui
présente un danger pour les travailleurs de la station. (27)
VI-3-6 : La consommation énergétique par rapport aux autres alternatives de ressources
en eau potable
La consommation énergétique importante des usines de dessalement est l’un des principaux
inconvénients de cette source alternative d’eau potable. Cette consommation est due, d’une
part, au pompage à haute pression (deux tiers du total) et, d’autre part, au reste des rejets et
impacts des usines de dessalement pompages de l’usine : pompage d’eau de mer, lavage des
filtres et membranes, pompes vide cave, ponts roulants, éclairage, etc.), qui constituent l’autre
tiers.
Au cours des dernières années, il y a eu une diminution de la consommation spécifique grâce
au remplacement progressif de la distillation par l’osmose inverse, ainsi qu’au système de
récupération de l’énergie des saumures. (21)
VI-3-7 : Effets dus au prélèvement d’eau de mer :
Les usines de dessalement de l’eau de mer ont des dispositifs d’admission situés au large qui
leur permettent de prélever de grosses quantités d’eau à proximité de certains habitats marins.
Par exemple, des tambours tamiseurs sont souvent disposés entre le dispositif d’apport et les
pompes d’alimentation afin d’empêcher des débris flottants, des organismes marins
volumineux et autres matières de pénétrer dans le circuit de pré- traitement de l’usine de
dessalement.
Le prélèvement représente deux sources potentielles d’impact, à savoir le heurt du poisson sur
les tambours et l’introduction de biotes dans le circuit d’eau d’alimentation qui représente une
menace importante pour le phytoplancton et le zooplancton , pour conséquences des
dommages physiques comme l’écaillage et des troubles tels qu’une désorientation. Ce

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Chapitre VI Impact Environnementale du dessalement

phénomène entraîne une augmentation de la mortalité par maladie et une vulnérabilité accrue
à la prédation. (25)
VI-3-8 : Effets potentiels des rejets de saumures concentrées :
Une variation de la salinité et/ou de la température due au rejet de saumure retentit aussi sur
les habitudes migratoires du poisson le long des côtes. Si certaines espèces de poissons
ressentent une variation de la salinité ou de la température, elles peuvent éviter la zone du
panache et s’éloigner au large. Il s’ensuit que le poisson peut être forcé de nager sur une plus
longue distance, de quitter la zone de plus grande disponibilité alimentaire et devenir
davantage exposé aux prédateurs. Les impacts de ces modalités nouvelles sont incertains car
notre connaissance de la migration du poisson le long des côtes reste limitée et que l’on ne
sait pas avec certitude quelle est la taille du panache susceptible d’occasionner ces effets. (19)
La température d’effluent a une influence importante sur les propriétés physiques de l’eau de
mer et peut détériorer sa qualité .La solubilité d’oxygène diminue avec l’augmentation de la
température, cette température élevée de l’eau accélère la respiration de bactéries et peut
promouvoir l’anoxie ou l’hypoxie contribuant à l’élimination de la vie aquatique, en
particulier durent l’été. (18) et (33)
VI-3-9 : Impacts des rejets de saumures sur l’écosystème marin :
En ce qui concerne l’impact des saumures, il faut souligner que la salinité des saumures est
comprise entre 68 et 90 g/l. Cette différence de salinité avec l’eau de mer explique les rejets et
impacts des usines de dessalement, comportement du rejet hypersalin, la masse d’eau très
dense forme une couche sur le fond marin et se déplace suivant les lignes de pente maximale.
Le degré de stratification est tellement élevé que la dilution de cette masse d’eau avec la
couche d’eau supérieure de salinité ambiante est très difficile, même avec un certain degré
d’exposition hydrodynamique.
Le concentrât contient également les résidus des produits chimiques ayant servi aux
prétraitements. Ils entraînent en particulier une acidification de l’eau (pH compris entre 6 et
6.5) ce qui a un impact sur la matière biologique, et en particulier sur les coraux. Si l’on
utilise du métabisulfite de sodium pour la déchloration de l’eau d’alimentation ou en tant que
traitement biocide, ce produit a un impact sur le phytoplancton en particulier. (15)
Les effets de ces rejets sur le milieu marin, comme l’ont démontré de nombreuses études, sont
les suivants :
• Anoxie au niveau des fonds marins : la colonne d’eau se trouve divisée en deux : l’eau de
mer constitue la couche supérieure et la saumure la couche inférieure. Dans des conditions de
calme du milieu récepteur, avec un faible renouvellement des algues, la présence d’espèces

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Chapitre VI Impact Environnementale du dessalement

benthoniques, consommatrices d’oxygène, peut conduire à des périodes d’anoxie du fond


marin. (18)
• Diminution de la lumière : la présence d’un fluide hypersalin modifie le coefficient de
réflexion de la lumière filtrée, provoquant la formation d’un brouillard qui rend difficile le
passage de la lumière, affectant ainsi la photosynthèse des espèces marines végétales.
• Affection des espèces marines: on a détecté des réductions significatives dans les
communautés des échinodermes (utilisés comme bio indicateurs pour leur sensibilité) près de
la zone de rejet. (18)
• Affection des fanerogames marines : la mer méditerranée est la zone du monde où le plus
grand nombre d’études a été réalisé à ce sujet. On a détecté des effets négatifs sur les
fanerogames marines. Notamment, en ce qui concerne la Posidonia océanique, on a détecté
une augmentation de la mortalité des individus, apparition de nécrose sur les tissus et plus
grande chute des feuilles. (27)

Figure VI.02 : Etat initial du milieu (pas de rejet de saumure) [3]

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Chapitre VI Impact Environnementale du dessalement

FigureVI.03:Etat du milieu après implantation de l'usine de dessalement (rejet de saumure) [3]

VI-4 : ELIMINATION DE LA SAUMURE :


L'élimination de la saumure est un vrai problème environnemental devant être pris en
considération et étudié lors de l'implantation d'une unité de dessalement. Dans la plupart des
cas, la manière la plus facile de se débarrasser du débit important de saumure (70 à 55% du
débit d'alimentation) est de le décharger dans la mer grâce à une conduite. La concentration en
saumure varie de 50 à 75 g/l et a une densité beaucoup plus élevée que l'eau de mer. De ce
fait, la saumure tombe sur le sol sous-marin proche de la sortie de la conduite (effet panache)
et forme ainsi une couche très salée pouvant engendrer des impacts négatifs sur la faune et la
flore maritime ainsi que d'éventuelles activités humaines.
Les conditions de la mer : courant marin, vagues, eau calme ou agitée influe immédiatement
sur la concentration des saumures au contact de la mer. (25)
Il existe deuxs concepts identifiés réalistes pour l'élimination de la saumure:
• Mélange:
Afin d'éviter l'effet panache, il est avantageux de placer la sortie de la conduite au niveau d'un
courant fort, optimisant ainsi le mélange de la saumure et de l'eau de mer.
• Dilution :
La dilution de ces saumures dépend instantanément de leur dispersion dans le cas d’une mer
agitée et de leur localisation dans le cas d’une mer calme. Comme par exemple, les saumures
prennent beaucoup de temps pour se dilués quand la mer est calme. Ce qui influe directement
sur le milieu aquatique.

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Chapitre VI Impact Environnementale du dessalement

Lorsqu'une limite maximale de décharge doit être respectée (ex. France: 10% au-delà de la
salinité de la mer), une solution est de diluer la saumure avec une autre source d'eau en amont
tel que:
Eau fraiche naturelle (rivière) si l'installation est située près d'un delta.
Effluent d'eau usée rejeté dans la mer
L'eau de mer venant de la pompe d'alimentation, ce qui nécessite une capacité de prise
d'eau de mer plus important.

VI-5 : TECHNIQUES POUR MINIMISER LES IMPACTS DU


DESSALEMENT SUR L’ENVIRONNEMENT :
Les saumures fortement salines en contact avec la mer descendrait au fond de la mer et
prolongeraient sur un rayon de centaines de mètres présentent une source continue et
cumulative de pollution, qui aurait comme conséquence des détriments continus sur la vie
aquatique à proximité (zone hyper saline). Pour réduire au minimum ces effets nuisibles des
usines de dessalement de l’eau de mer ils proposent des remèdes pour débarrasser le surplus
des saumures concentrées. (05), (11) (20), (27), (31), (33)
Il est souhaitable de placer le point de décharge de saumure loin de la plage et des
endroits rocheux qui sont riches en organismes à partir d’un émissaire sous marin, ou
par incorporation des diffuseurs sur les tubes de décharges pour améliorer la dilution
des saumures.
Utilisation de l’eau déchargée de la centrale électrique pour la dilution des saumures
concentrées (un taux élevé de dilution pourra réduire la tendance de dessalement au
fond).
Diriger les saumures vers une usine de production de sel. Cette solution présentera
beaucoup d’avantages environnementaux et économiques.
La décharge zéro au moyen d’un procédé d’évaporation des produits concentrés qui
perme d’obtenir des résidus secs. Cette issue nécessitera une forte augmentation du
capital d’investissement et de la consommation d’énergie.
Utilisation des énergies renouvelables (solaires) pour fonctionner les usines de
dessalement et essaient de produire un déversement nul de saumure dans la mer (usine
de dessalement environnemental).
La réalisation d’une cartographie sous-marine des habitats écologiques à protéger dans
toute la région. Cette information doit être autant décisive que les contraintes sociales

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Chapitre VI Impact Environnementale du dessalement

ou économiques, au moment de choisir la parcelle où on situera l’usine de


dessalement.
Le choix adéquat du type de rejet, soit direct sur la côte soit par le biais d’un émissaire
sous-marin : il faut tenir compte de l’importance de la vitesse et de l’angle de sortie du
jet ou des diffuseurs d’eau, de la bathymétrie du fond marin, du régime des houles et
courants marins, etc.
Le rejet simultané de saumures avec les eaux de refroidissement d’une centrale
thermique ou avec l’effluent d’une usine de traitement d’eaux résiduelles est une
solution intéressante à adopter, dans la mesure du possible. (25) et (27)
Rejet bien étudié aux endroits des embouchures des cours d’eau pour avoir une
dilution et un équilibre naturel des différentes concentrations ambiantes naturelles.

VI.6- Conclusion :
Dans ce chapitre on a évoqué les différents types du rejet et leur impact sur l’environnement.
La comparaison de la qualité physico-chimique de la saumure et de l’eau de mer a montré
l’augmentation de la salinité engendrée par le déversement de la saumure.
Pour le cas de la station de Fouka des efforts ont été consentis pour la protection de
l’environnement, ainsi avant le rejet, la saumure est neutralisée et son pH ajusté à celui de
l’eau de mer. D’autre part, l’installation d’un émissaire par diffusion pour assurer une
meilleure dilution de la saumure et limiter les impacts de la station sur l’environnement.

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Conclusion générale

CONCLUSION GENERALE :

Cette étude, bien que limitée dans le temps, nous a permis de réaliser certains objectifs
concernant le fonctionnement de la station de dessalement d’eau de mer de Fouka wilaya de
Tipaza en particulier sur la performance du procédé de dessalement par osmose inverse.

Dans cette étude on a donné une fiche bibliographique sur le dessalement et leurs
procèdes en générale et plus précisément la méthode d’osmose inverse que fait l’objet de
notre étude.

Ensuite on a fait un diagnostic des différentes étapes : prétraitement, unité d’osmose


inverse, et poste traitement et relever tous les dysfonctionnements.

Mais malheureusement ; a cause de la situation pour l’instant on ne peut pas adapter


le stage au sein de station ; alors on a juste récupère les résultats des échantillons de 3 mois et
faire une comparaison entre les résultats des eaux traiter par apport la norme.

En fin on a relève les impacts de dessalement et précisément la méthode d’osmose


inverse et la station de fouka sur l’environnement et essayé de proposer des solutions
adéquates aux problèmes rencontrées.

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Références bibliographiques

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Web graphie
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Annexes

Annexe N°1 : Diagramme générale de la station de dessalement de Fouka

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