Intégration et Théorie des Cardinaux
Intégration et Théorie des Cardinaux
Filière SMA/Semestre 5
Module : Intégration
1 Rappels 5
1.2.1 Cardinaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.2 Dénombrabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2 Intégrale de Lebesgue 13
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3
4 TABLE DES MATIÈRES
2.7 Espaces Lp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.8 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
Rappels
Définition 1.1.1 : Soit f une fonction définie de l’intervalle [a, b] dans IK.
On dit que f est une fonction en escaliers s’il existe un entier naturel n non nul, des
constantes réelles ao = a < a1 < · · · < an−1 < an = b et α1 , · · · , αn ∈ IK tels que pour
tout entier i tel que 1 ≤ i ≤ n et pour tout x ∈ ]ai−1 , ai [, on a f (x) = αi .
Remarque 1.1.1 :
5
6 CHAPITRE 1. RAPPELS
2. Désignons par E ([a, b], IK) l’ensemble des fonctions en escaliers de [a, b] dans
IK. L’application
est une forme linéaire. Elle est de surcroı̂t continue sur E ([a, b], IK) muni de la
norme de la convergence uniforme. En effet
Z b
f (x)dx ≤ (b − a) sup |f (x)| .
a x∈[a,b]
Définition 1.1.3 : Soit f : [a, b] → IK une fonction quelconque. On dit que f est
intégrable au sens de Riemann si
Désignons par I([a, b], IK) l’ensemble des fonctions, définies sur [a, b] à valeurs dans IK,
qui sont intégrables au sens de Riemann.
1
Remarque 1.1.2 : Si nous prenons dans (1.1) ε égal à , alors il existe une suite de
Z b ! n
fonctions en escaliers (φn )n telle que la suite φn soit de Cauchy, donc conver-
a n
gente vers une limite (indépendante du choix de la suite (φn )n ).
1. On a
I(f ) = sup {I(ϕ)/ ϕ ∈ E([a, b], IR) et ϕ ≤ f }
= inf {I(ψ)/ ψ ∈ E([a, b], IR) et f ≤ ψ} .
Proposition 1.1.4 : Soit (fn )n une suite de fonctions d’éléments de I([a, b], IK). Si
(fn )n converge uniformément vers f , alors
Z b Z b
f ∈ I([a, b], IK) et f = lim fn .
a n a
(c) Les fonctions réglées (c’est-à-dire les limites uniformes de suites de fonctions
en escaliers).
Soit f ∈ I([a, b], IK). Il est clair que, pour tout x ∈ [a, b], la fonction f est Riemann-
intégrable sur [a, x]. Définissons, sur [a, b], la fonction F par
Z x
x ∈ [a, b] 7−→ F (x) = f.
a
2. Si f est continue à droite en c ∈ [a, b[ (resp. à gauche en c ∈]a, b]), alors F est
dérivable à droite (resp. à gauche) en c et
0 0
Fd (c) = f (c) (resp. Fg (c) = f (c)).
Corollaire 1.1.1 : Si f est continue sur [a, b], alors F est dérivable sur [a, b] et pour
0
tout x ∈ [a, b], on a F (x) = f (x). Dans ce cas, on dit que F est une primitive de f .
Proposition 1.1.6 (Changement de variable) : Soient ϕ ∈ C 1 ([α, β], IR) et f ∈ C(ϕ([α, β]), IK).
Alors
Z β Z ϕ(β)
0
f (ϕ(u))ϕ (u)du = f (x)dx
α ϕ(α)
Pour les intégrales dépendants d’un paramètre, nous avons la proposition suivante
f : J × [a, b] −→ IK
(t, x) 7−→ f (t, x)
1.2.1 Cardinaux
Définition 1.2.1 : On dit que deux ensembles X et Y sont équipotents s’il existe une
bijection entre eux. Et l’on écrit card(X) = card(Y ).
Remarque 1.2.1 :
Proposition 1.2.1 : S’il existe une injection de X dans Y et une injection de Y dans
X alors il existe une bijection entre X et Y . Donc card(X) = card(Y ).
Théorème 1.2.1 La relation ≤ est une relation d’ordre total sur les cardinaux.
Si X et Y sont deux ensembles quelconques, ils se trouvent toujours dans une et une
seule des situations suivantes :
card(X) < card(Y ) ou bien card(X) = card(Y ) ou bien card(X) > card(Y )
1.2.2 Dénombrabilité
Proposition 1.2.2 :
−∞ ≤ x ≤ +∞ ∀x ∈ IR
(ii) IR est muni de la loi (+) commutative qui prolonge celle de IR et telle que
x + (+∞) = +∞ , x + (−∞) = −∞ ∀x ∈ IR
(+∞) + (+∞) = +∞ et (+∞) + (−∞) ou (+∞) + (−∞) ne sont pas déf inis
(iii) IR est muni de la loi (.) commutative qui prolonge celle de IR et telle que
]a, b[ , [−∞, b[ , ]a, +∞] et toute réunion d0 ensembles de ces types (a, b ∈ IR)
Définition 1.3.1 : Soit (xn )n une suite d’éléments de IR. On définit la limite supérieure
de la suite (xn )n par
et on définit la limite inférieure de la suite (xn )n par lim inf f xn = lim inf xn =
n
sup(inf xk ) ∈ IR
n≥0 k≥n
f (lim sup xn ) = lim sup f (xn ) et f (lim inf xn ) = lim inf f (xn ) si f est croissante
f (lim sup xn ) = lim inf f (xn ) et f (lim inf xn ) = lim sup f (xn ) si f est décroissante
lim inf (−xn ) = − lim sup xn et lim sup (−xn ) = − lim inf xn
(b) Pour deux suites (xn )n et (yn )n d’éléments de IR+ , simultanément majorées dans
[0, +∞[ ou bien simultanément minorées dans ]0, +∞]. Alors
Intégrale de Lebesgue
2.1 Introduction
Dans ce manuel, nous nous proposons d’exposer les principaux résultats de la théorie
de l’intégrale de Lebesgue. Ceci nous permettera de travailler sur une classe de fonc-
tions beaucoup plus riche que la classe des fonctions Riemann-intégrables. Grâce à la
notion de mesure (qui sera définie par la suite), nous définirons la notion d’intégrale
de Lebesgue sur des espaces beaucoup plus généraux que R, R2 ou R3 .
Nous rappelons que toute fonction continue, continue par morceaux ou réglée est
Riemann-intégrable sur l’intervalle [a, b]. Toutefois le comportement des fonctions Riemann-
intégrables vis-à-vis des limites pose problème. En effet la limite f d’une suite (fn )n
de fonctions Riemann-intégrables sur [a, b] n’est pas forcément Riemann-intégrable sur
13
14 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
[a, b]. C’est le cas par exemple de la suite (fn )n>0 telle que
1
0 si 0 ≤ x ≤
fn (x) = 1 n
1
si < x ≤ 1.
x n
Une illustration est donnée par la suite (fn )n>0 telle que
0 si x = 0
1
fn (x) = n si 0 < x <
n
1
0 si
≤ x ≤ 1.
n
Z 1 Z 1
On a lim fn (x)dx = 1 et lim fn (x)dx = 0. Bien entendu, si la suite (fn )n
n→+∞ 0 0 n→+∞
converge uniformément vers f , alors celle-ci est Riemann-intégrable sur [0, 1] et
Z 1 Z 1
lim fn (x)dx = f (x)dx.
n→+∞ 0 0
Cependant, pour les intégrales impropres, le résultat précédent est faux. (cf. les exer-
cices 2.8.1 et 2.8.2)
Définition 2.2.1 Soit X un ensemble non vide et P(X) l’ensemble des parties de
X. On appelle tribu (ou σ-algèbre) sur X, un ensemble A ⊂ P(X) qui possède les
propriétés suivantes :
2.2. ENSEMBLES MESURABLES. MESURES. 15
i) ∅ ∈ A ;
ii) Si A ∈ A, alors Ac ∈ A
3. Si A, B ∈ A alors A\B = A ∩ B c ∈ A.
Définition 2.2.2 On appelle espace mesurable tout couple (X, A) où X est un en-
semble et A est une tribu sur X. Les éléments de A sont appelés ensembles mesurables.
1) a ± ∞ = ±∞ pour tout a ∈ R ;
3) 0 . (±∞) est égal à 0 (nous verrons que l’intégrale d’une fonction infinie sur
un ensemble de mesure nulle est nulle et l’intégrale d’une fonction nulle sur un
ensemble de mesure infinie est nulle) ;
Définition 2.2.4 Soit (X, A) un espace mesurable. Une mesure positive sur (X, A)
est une application µ : A −→ R+ = R+ ∪ {+∞} telle que
1. µ(∅) = 0 ;
1. Soient A, B ∈ A. Si A ⊂ B, alors
µ(A) ≤ µ(B).
5. Si (Bn )n≥1 est une suite décroissante d’éléments de A telle que µ (B1 ) < +∞
alors Ñ é
+∞
\
µ Bn = lim µ (Bn ) .
n→+∞
n=1
Démonstration :
2. Si µ(A) < +∞, on peut le soustraire des deux membres de (2.1), d’où le résultat.
3. Considérons
Ñ é
n−1
[
T1 = A1 et Tn = An \ Ak pour n ≥ 2.
k=1
• Tn ∈ A et Tn ⊂ An pour tout n ∈ N∗ ;
+∞
[ +∞
[
• Les Tn sont deux à deux disjoints et Tn = An .
n=1 n=1
Par conséquent Ñ é Ñ é
+∞
[ +∞
[
µ An = µ Tn
n=1 n=1
+∞
X
= µ (Tn )
n=1
+∞
X
≤ µ (An ) .
n=1
4. Posons
E1 = A1 et En = An \An−1 pour tout n ≥ 2.
n
[ +∞
[ +∞
[
An = Ek et An = En .
k=1 n=1 n=1
Ñ é
+∞
[
= µ En
n=1
Ñ é
+∞
[
= µ An .
n=1
Ñ é
+∞
[ +∞
\
Or En = B1 \ Bn , donc
n=1 n=1
Ñ é
+∞
\
µ (B1 ) − µ Bn = lim (µ (B1 ) − µ (Bn )) .
n→+∞
n=1
Notons que s’il n’y a pas d’ambiguı̈té, nous dirons que l’ensemble est négligeable au
lieu de µ−négligeable.
Proposition 2.2.2 Soient (X, A, µ) un espace mesuré et (Sn )n≥1 une suite d’ensembles
+∞
[
négligeables. Alors S = Sn est négligeable.
n=1
Démonstration :
+∞
[
On a S = Sn ∈ A avec µ (Sn ) = 0 pour tout n ≥ 1. La proposition 2.2.1 entraı̂ne
n=1
+∞
X
0 ≤ µ(S) ≤ µ (Sn ) = 0.
n=1
Définition 2.2.6 On dira qu’une propriété P est vraie µ-presque partout (µ − pp) si
l’ensemble sur lequel P est fausse est contenu dans un ensemble µ-négligeable.
20 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Définition 2.2.7 Soit (X, A, µ) un espace mesuré. La mesure µ est dite complète si
tout sous-ensemble d’un ensemble négligeable est mesurable.
Théorème 2.2.1 Il existe une tribu L sur Rn et une mesure λ sur (Rn , L) uniques
telles que :
Ñ é
n
Y n
Y
• λ ]ai , bi [ = (bi − ai ) .
i=1 i=1
• L ⊃ B (Rn ) avec inclusion stricte.
• λ complète.
L est appelée la tribu de Lebesgue sur Rn et λ est dite mesure de Lebesgue sur Rn .
• La mesure de Lebesgue admet bien d’autres ensembles négligeables que les en-
n
Y
sembles dénombrables. Par exemple, la frontière du pavé ]ai , bi [ est négligeable
i=1
dans Rn sans être dénombrable.
2.3. FONCTIONS MESURABLES 21
{x ∈ X : f (x) > α} .
• [f ≥ α] = {x ∈ X : f (x) ≥ α} ;
• [f ≤ α] = {x ∈ X : f (x) ≤ α} ;
• [f = α] = {x ∈ X : f (x) = α}.
(b) ∀ α ∈ R, Bα = {x ∈ X : f (x) ≤ α} ∈ A.
(c) ∀ α ∈ R, Cα = {x ∈ X : f (x) ≥ α} ∈ A.
Démonstration :
Il est clair que (a) ⇐⇒ (b) car Aα et Bα sont complémentaires.
f = Re(f ) + iIm(f )
1. χ∅ = 0 ;
2. χX = 1 ;
3. χA∩B = χA.χB ;
4. χA∪B = χA + χB − χA∩B ;
5. χA = 1 − χA .
c
Démonstration :
Soit α ∈ R, on a
X si α < 0
Aα = {x ∈ X : χA (x) > α} = A si 0 ≤ α < 1
∅ si α ≥ 1.
Proposition 2.3.2 On considère l’espace mesurable (Rn , L) où L est la tribu de Le-
besgue et f : Rn −→ R. Si f est continue alors f est L-mesurable.
Démonstration :
Pour tout α ∈ R, l’intervalle ]α, +∞[ est un ouvert de R. L’ensemble Aα = f −1 (]α, +∞[)
est donc un ouvert de Rn car f est continue. Il en résulte que Aα ∈ B (Rn ) et par
conséquent Aα ∈ L. La fonction f est donc L-mesurable.
Remarque 2.3.2 Il existe des fonctions mesurables qui ne sont pas continues. C’est
le cas par exemple de la fonction caractéristique de l’intervalle ]0, 1[ avec X = R et
A = L.
3. Pour tout β ∈ R, βf ;
4. | f |, f 2 et f × g.
Démonstration :
Pour simplifier la démonstration on se limite aux fonctions à valeurs dans R. Soit
α ∈ R.
et
[min (f, g) > α] = [f > α] ∩ [g > α]
[βf > α]
est A-mesurable.
i. Si α ≥ 0, alors
• Pour f 2 , on a
i. Si α ≥ 0, alors
î ó î √ ó
f 2 (x) > α = |f (x)| > α .
Proposition 2.3.4 Soient (X, A) un espace mesurable et (fn )n≥0 une suite de fonc-
tions A-mesurables définies sur X et à valeurs dans R. Alors f = sup fn , g = inf fn ,
n n
∗ ∗
f = limninf fn et g = lim sup fn sont A-mesurables.
n
Démonstration :
Pour la fonction g, on a pour tout α ∈ R
+∞
\
[g(x) ≥ α] = [fn (x) ≥ α] .
n=1
De façon analogue
+∞
[
[f (x) > α] = [fn (x) > α] .
n=1
Puisque toutes les fonctions fn sont mesurables, alors f et g sont mesurables.
On rappelle d’autre part que
Corollaire 2.3.1 Soient (X, A) un espace mesurable et (fn )n≥0 une suite de fonctions
mesurables définies sur X et à valeurs dans R. Si la suite (fn )n converge simplement
vers f sur X alors f est une fonction mesurable.
Démonstration :
Pour tout x ∈ X, on a f (x) = lim fn (x) = lim sup fn (x). Donc f est mesurable.
n n
Définition 2.3.4 Soit (X, A) un espace mesurable. Une fonction e définie sur X est
dite étagée (ou simple) s’il existe un nombre fini d’ensembles mesurables A1 , A2 , . . . , An
et n réels α1 , α2 , . . . , αn tels que
n
αi χAi .
X
e= (2.2)
i=1
On notera que l’écriture (2.2) n’est pas unique. Une fonction étagée est donc une
fonction mesurable finie et qui ne prend qu’un nombre fini de valeurs.
Notons que la somme, le produit et le module de fonctions étagées sont étagées. Le
théorème d’approximation suivant montre l’importance des fonctions étagées
26 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
i) 0 ≤ e1 ≤ e2 ≤ . . . ≤ f ,
Autrement dit, toute fonction positive mesurable est limite simple d’une suite croissante
de fonctions étagées positives.
Démonstration :
1
i) Pour n ∈ N, découpons l’intervalle [0, n] en n2n intervalles de longueur .
2n
Considérons les ensembles
ñ ô
k k+1
≤ f (x) < si 0 ≤ k < n2n
n 2n
2
In,k =
[f (x) ≥ n] si k = n2n .
Les ensembles In,k sont mesurables car f l’est. Les ensembles In,k sont deux à
n2n
[
deux disjoints et X = In,k . Posons
k=0
k
si x ∈ In,k avec 0 ≤ k < n2n
n
en (x) = 2
n
si x ∈ In,k avec k = n2n .
n2n
k
χIn,k (x). La fonction en est donc
X
On voit que en ≥ 0 et que en (x) = n
k=0 2
étagée et par construction en ≤ f , pour tout n ≥ 1. Il reste à prouver que (en )n
est une suite croissante. Soit x ∈ X.
k k+1
1er cas : Il existe k, 0 ≤ k < n2n tel que n ≤ f (x) < . Ceci donne
2 2n
k 2k 2k + 2
en (x) = n
et n+1 ≤ f (x) < n+1 .
2 2 2
2k 2k + 1
• Si n+1
≤ f (x) < n+1 alors
2 2
2k
en+1 (x) = = en (x) ;
2n+1
2.3. FONCTIONS MESURABLES 27
2k + 1 2k + 2
• Si n+1
≤ f (x) < n+1 alors
2 2
2k + 1 k 1
en+1 (x) = n+1
= n + n+1 > en (x).
2 2 2
• Si f (x) ≥ n + 1 alors
D’autre part, il existe k 0 tel que k 0 ≤ 2n+1 f (x) < k 0 + 1, c’est à dire
k0 k0 + 1
≤ f (x) < avec k 0 < (n + 1)2n+1 .
2n+1 2n+1
Il en découle que
k0
en+1 (x) = n+1 .
2
L’inégalité k 0 + 1 > n2n+1 ou encore k 0 ≥ n2n+1 implique alors en+1 (x) ≥
n = en (x).
Finalement (en )n est une suite croissante et pour tout entier naturel non nul
n, nous avons en ≤ f .
1
f (x) < n0 et < ε.
2n0
D’autre part
k0 k0 + 1
∀n ≥ n0 , ∃k 0 tel que ≤ f (x) < .
2n 2n
28 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
k0
en (x) = n .
2
1 1
∀n ≥ n0 , |en (x) − f (x)| < n
≤ n0 < ε.
2 2
Nous concluons que pour tout x ∈ X, la suite (en (x))n converge vers f (x).
Toutes les fonctions utilisées dans la suite de ce cours seront supposées mesurables. On
définira l’intégrale de Lebesgue uniquement pour les fonctions mesurables.
On considère (X, A, µ) un espace mesuré. Commençons par considérer le cas d’une
fonction positive étagée.
n
αi χAi une fonction étagée positive sur X. On appelle
X
Définition 2.4.1 Soit e =
i=1
intégrale de e sur X par rapport à la mesure µ, le nombre positif (éventuellement +∞)
Z n
X
noté e dµ égal à αi µ(Ai ).
X i=1
(On admettra que la valeur de cette intégrale est indépendante de la représentation de
e)
Z
Définition 2.4.2 On dit que e est µ-intégrable sur X par rapport à µ si e dµ est
X
finie.
2.4. INTÉGRALE DE FONCTIONS POSITIVES 29
2. αf dµ = α f dµ ;
X ZX Z
3. Si f ≤ g, alors f dµ ≤ gdµ.
X X
Nous sommes à présent en mesure de définir l’intégrale d’une fonction mesurable posi-
tive en s’appuyant sur le théorème 2.3.1.
(La borne supérieure est prise sur toutes les fonctions étagées positives qui minorent
la fonction f )
30 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Si E ∈ A, on pose
Z Z
f dµ = f χE dµ.
E X
Théorème 2.4.1 Soit (fn )n une suite croissante de fonctions mesurables positives qui
converge simplement vers une fonction f . Alors
Z Z
lim fn dµ = f dµ.
n→+∞ X X
Démonstration :
Si (An )n≥0 est une suite croissante d’ensembles mesurables alors
Ñ é
[
µ An = lim µ (An ) .
n→+∞
n≥0
Lemme 2.4.1 Soit e une fonction étagée positive et (Bn )n une suite croissante d’en-
[
sembles mesurables avec X = Bn . Alors on a
n
Z Z
lim e dµ = e dµ.
n→+∞ Bn X
Démonstration :
m Z m
αi χAi , donc
X X
On a e = e dµ = αi µ (Ai ∩ Bn ).
i=1 Bn i=1 [
La suite (Ai ∩ Bn )n est croissante et Ai = (Ai ∩ Bn ) d’où
n
Par conséquent
Z m
X Z
lim edµ = αi µ (Ai ) = edµ.
n→+∞ Bn X
i=1
Démontrons à présent le théorème 2.4.1 :
La fonction f est mesurable comme limite simple d’une suite de fonctions mesurables.
D’une part, on a Z Z
fn ≤ f =⇒ fn dµ ≤ f dµ
X Z X Z (2.3)
=⇒ lim fn dµ ≤ f dµ.
n→+∞ X X
D’autre part, soit e une fonction étagée positive telle que 0 ≤ e ≤ f et soit ε ∈]0, 1[.
On pose
Bn = {x ∈ X/ fn (x) ≥ (1 − ε)e(x)} .
[
L’ensemble Bn est mesurable et la suite (Bn )n est croissante. De plus on a X = Bn .
n
En effet pour x ∈ X, la suite (fn (x))n converge vers f (x) :
donc x ∈ Bn0 ;
d’où x ∈ Bn0 .
32 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Z
≥ (1 − ε) edµ.
X
et par suite
Z Z
lim fn dµ ≥ f dµ. (2.4)
n→+∞ X X
Remarque 2.4.3 Nous savons que toute fonction positive mesurable de X dans R+
est limite simple croissante de fonctions étagées positives. La proposition 2.4.1 et le
théorème 2.4.1 permettent de démontrer les propriétés suivantes de l’intégrale d’une
fonction mesurable positive.
Démonstration :
Soit la fonction gn = inf fm . La suite (gn )n est croissante, pour tout n la fonction gn
m≥n
est positive mesurable et
lim
n
gn = sup gn = limninf fn .
n
η : A −→ R+
Z
A 7−→ η(A) = f dµ
A
Démonstration :
• Z
η (∅) = f dµ
∅
Z
= f χ∅ dµ
X
Z
= 0dµ = 0 ;
X
34 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
• Soit (An )n≥1 une suite d’ensembles mesurables deux à deux disjoints. Montrons
que !
[ X
η An = η (An ) .
n n
+∞ n
f χ Ak = f χ [
[ X
Posons A = An et fn = n . On constate que (fn )n est
n=1 k=1 Ak
k=1
Z
= f dµ
A
n Z
X
= lim
n
f dµ
k=1 Ak
+∞
X Z
= f dµ,
n=1 An
Démonstration :
® ´
1 1
⇐=) Soit En = x ∈ X/ f (x) ≥ . L’ensemble En est mesurable et on a f ≥ χEn .
n n
Donc
1
Z
f dµ ≥ µ(En ),
X n
ce qui prouve que µ(En ) = 0. On a
+∞
[
{x ∈ X/ f (x) > 0} = En .
n=1
2.5. FONCTIONS INTÉGRABLES 35
Cet ensemble mesurable est donc négligeable comme réunion dénombrable d’en-
sembles négligeables.
=⇒) Posons E = {x ∈ X/ f (x) > 0}. Il existe un ensemble N négligeable tel que
E ⊂ N . Or E ∈ A, donc µ(E) = 0. Considérons la suite de fonctions de terme
général fn = nχE . Nous avons
Z
fn dµ = nµ(E) = 0.
X
Z
≤ lim inf fn dµ
X n
Z
≤ lim inf fn dµ = 0.
n X
Par conséquent
Z
f dµ = 0.
X
1. f = f + − f − ,
2. |f | = f + + f − ,
1
3. f + = |f |χ[f 6=−∞] + f χ[f 6=−∞] ,
2
1
4. f − = |f |χ[f 6=+∞] − f χ[f 6=+∞] .
2
Définition 2.5.1 Soit f : X −→ R mesurable. On dit que f est intégrable sur X par
rapport à µ, si f + et f − le sont. L’intégrale de f est alors définie par
Z Z Z
f dµ = f + dµ − f − dµ.
X X X
Si E ∈ A et f intégrable, on définit :
Z Z Z Z
f dµ = f χE dµ = f + dµ − f − dµ.
E X E E
Démonstration :
Z Z
= f + dµ + f − dµ < +∞.
X X
Z
⇐=) On a f mesurable et |f |dµ < +∞. Les fonctions positives f + et f − sont
X Z
+ −
mesurables et vérifient f ≤ |f | et f ≤ |f |. On en déduit que f + dµ < +∞
Z X
et f − dµ < +∞, donc f est intégrable.
X
2.5. FONCTIONS INTÉGRABLES 37
Cette proposition est fausse pour l’intégrale de Riemann. En effet la fonction f définie
par
−1 si x ∈ Q
f (x) =
+1 si x ∈
/Q
Pour les démonstrations des propositions 2.5.2 et 2.5.3 cf. les solutions respectives des
exercices 2.8.35 et 2.8.34.
Démonstration :
\
Posons E = {x ∈ X : |f (x)| = +∞}. Nous avons E = En où
n∈N∗
En = {x ∈ X : |f (x)| ≥ n} .
1
Z
µ(E) ≤ µ (En ) ≤ |f |dµ, ∀n ≥ 1.
n X
Z
Comme |f |dµ < +∞ on en déduit que
X
µ(E) = 0.
38 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Ainsi, lorsqu’on fait du calcul intégral, on peut se limiter aux fonctions à valeurs dans
R ou dans C. Dans toute la suite, nous désignerons par L1R (X, A, µ), L1 (X) ou tout
simplement L1 l’ensemble des fonctions f : X −→ R intégrables sur X par rapport à
la mesure µ. Notons que pour toute fonction f ∈ L1
Z Z
f dµ ≤ |f |dµ.
X X
Démonstration :
Puisque f est mesurable alors |f | est aussi mesurable. Considérons l’ensemble
Z
≤ gdµ
Nc
Z
≤ gdµ.
X
Nous avons déjà vu une justification du passage à la limite sous le signe somme pour
une suite monotone (voir théorème 2.4.1). Le théorème fondamental suivant donne une
autre justification
|fn | ≤ g. (2.5)
Alors
• Pour tout n, fn ∈ L1 et f ∈ L1 ;
Z
• lim |fn − f | dµ = 0 ;
n→+∞ X
Z Z
• lim fn dµ = f dµ.
n→+∞ X X
Démonstration :
• La fonction f est mesurable car c’est une limite simple de fonctions mesurables ;
ϕn = 2g − |fn − f | .
On a 2g = lim
n
ϕn = limninf ϕn . L’application du lemme 2.4.2 conduit à
Z Z
2gdµ ≤ limninf ϕn dµ
X Z X Ç Z å
≤ 2gdµ + lim inf − |fn − f | dµ .
X n X
40 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
On en déduit que
Z Z
lim sup |fn − f | dµ ≤ 0 ou encore lim |fn − f | dµ = 0.
n X n X
L’inégalité
Z Z Z
fn dµ − f dµ ≤ |fn − f | dµ
X X X
permet de conclure.
|fn | ≤ g pp
Alors
• Pour tout n, fn ∈ L1 et f ∈ L1 ;
Z
• lim |fn − f | dµ = 0 ;
n→+∞ X
Z Z
• lim fn dµ = f dµ.
n→+∞ X X
Terminons ce paragraphe par des résultats relatifs aux fonctions à valeurs complexes.
f = Re(f ) + iIm(f ).
Il est important de noter que le théorème de Lebesgue reste valable pour les fonctions
à valeurs dans C.
f : I × X −→ R
(t, x) 7−→ f (t, x).
Alors, pour tout t ∈ I, la fonction x 7−→ f (t, x) est intégrable et la fonction F définie
Z
par F (t) = f (t, x)dµ(x) est continue en t0 .
X
La notation dµ(x) signifie que la mesure porte sur l’ensemble dont la variable est x.
Démonstration :
L’inégalité |f (t, x)| ≤ g(x) p.p. entraı̂ne que la fonction
x 7−→ f (t, x) ∈ L1 .
égale à F (t0 ).
Pour tout n, posons hn (x) = f (tn , x) et h(x) = f (t0 , x). Les fonctions hn et h sont
mesurables, |hn | ≤ g p.p. et (hn )n converge vers h presque partout. L’application du
théorème de convergence dominée 2.5.2 implique que hn et h sont intégrables et
Z
F (t0 ) = f (t0 , x) dµ(x)
X
Z
= h(x)dµ(x)
X
Z
= lim hn (x)dµ(x)
n X
Z
= lim f (tn , x) dµ(x)
n X
= lim F (tn ) .
n
∂f
(t, x) ≤ g(x) pp
∂t
∂f
Alors, pour tout t ∈ I, la fonction x 7−→ (t, x) est intégrable, la fonction F définie
Z ∂t
par F (t) = f (t, x)dµ(x) est dérivable et on a
X
∂f
Z
F 0 (t) = (t, x)dµ(x).
X ∂t
Remarque 2.6.1 Ces deux théorèmes restent valables pour les fonctions f (t, x) à va-
leurs dans C.
2.6. CALCUL INTÉGRAL 43
Remarque 2.6.2 On voit que dans le cas des intégrales propres, l’intégrale de Le-
besgue est beaucoup plus générale que l’intégrale de Riemann. L’égalité (2.6) montre,
toutefois, que l’on peut utiliser les techniques classiques (développement en somme,
intégration par parties ou changements de variables, etc.) pour calculer l’intégrale de
Lebesgue d’une fonction Riemann-intégrable.
Remarque 2.6.4 L’aspect pratique à retenir est que l’on peut calculer une intégrale
double en choisissant l’ordre d’intégrabilité que l’on veut, pourvu que l’une au moins
des intégrales itérées en module existe.
L’existence des deux intégrales
Z Z Z Z
dx f (x, y)dy et dy f (x, y)dx
E F F E
Théorème 2.6.6 Une fonction f est intégrable sur X si et seulement si f (φ(y)) det Jφ (y)
est intégrable sur Y et on a
Z Z
f (x)dx = f (φ(y)) det Jφ (y) dy.
X Y
Soit
φ : R −→ R
1
7−→ x = y
y
a
la fonction bijective de classe C et dont la réciproque , également de classe C 1 , est
1
1
Z Z
f (ax)dx = f (y)dy.
R |a| R
2.7 Espaces Lp
Soit (X, A, µ) un espace mesuré. L’ensemble L1 = L1R (X, A, µ) ou L1C (X, A, µ) est un
espace vectoriel sur R ou C.
Pour f ∈ L1 , on pose
Z
kf k1 = |f |dµ.
X
kf k1 = 0 ⇐⇒ f = 0 pp
C’est une semi norme sur L1 car pour tout f, g ∈ L1 et α ∈ R ou C, nous avons
1. kf + gk1 ≤ kf k1 + kgk1 ,
2. kαf k1 = |α|kf k1 .
46 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
f Rg ⇐⇒ f = g pp.
L1 = L1 (X, A, µ) = L1 /R.
C’est l’espace vectoriel quotient, des classes d’équivalence des fonctions de L1 modulo
l’égalité pp
n o
L1 = f˙ : f ∈ L1 .
k.k1 : L1 7−→ R+
Z
f −→ kf k1 = |f |dµ
X
• L1 est considéré comme un espace de fonctions (on ne distingue pas deux fonc-
tions égales pp).
k.kp : Lp −→ R+
ÇZ å1
p
p
f 7−→ kf kp = |f | dµ
X
f g ∈ L1 et kf gk1 ≤ kf kp kgkq .
Théorème 2.7.1 Pour 1 ≤ p < +∞, Lp est un espace de Banach (espace vectoriel
normé complet).
2.8 Exercices
Exercice 2.8.1 Soit (fn )n≥1 la suite de fonctions définie sur [1, +∞[ par
0 si x > n
fn (x) = 1
si 1 ≤ x ≤ n
x
48 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
1. Montrer que (fn )n≥1 converge uniformément vers la fonction f telle que f (x) =
1
.
x
2. Vérifier que l’intégrale impropre de la fonction f n’est pas convergente.
Exercice 2.8.2 Soit (fn )n≥1 la suite de fonctions définie sur [1, +∞[ par
0 si x > n
fn (x) = 1
si 1 ≤ x ≤ n
n
1. Montrer que (fn )n≥1 converge uniformément vers la fonction nulle.
Z +∞ Z +∞
2. Vérifier que lim fn (x)dx 6= lim fn (x)dx.
n→+∞ 1 1 n→+∞
1. χA∩B = χA × χB ;
2. χA∪B = χA + χB − χA∩B ;
3. χE−A = 1 − χA .
A = E ⊂ Y / f −1 (E) ∈ B
¶ ©
0 0
¶ ©
1. Vérifier que A = E ∈ F / E c ∈ F est une tribu sur X.
0
F = σ(F).
Exercice 2.8.7 Soient C une tribu sur un ensemble X, µ une mesure positive de C
dans R+ , A ∈ C et
µA : C −→ R+
B 7−→ µA (B) = µ(A ∩ B).
Montrer que µA est une mesure sur C.
Exercice 2.8.8 Soient X un ensemble, B une tribu sur X, µ une mesure positive sur
X, A et B deux éléments de B tels que A ⊂ B et
Exercice 2.8.9 Soient (X, A, µ) un espace mesuré tel que µ(X) = 1, A, B et C trois
ensembles mesurables tels que A ∩ B ⊂ C.
3. Vérifier que
(a) µ(A ∪ B) ≤ 1.
(d) µ (C c ) ≤ µ (Ac ) + µ (B c ).
(Ac , B c et C c désignent respectivement les complémentaires dans X de A,
B et C)
50 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Exercice 2.8.10 Soient (X, A, µ) un espace mesuré et (An )n une suite d’ensembles
\ [
mesurables. On pose A = Ak .
n≥0 k≥n
+∞
X
1. Montrer que si la série µ (An ) converge, alors µ(A) = 0.
n=0
2. On suppose que µ(X) est finie et qu’il existe s > 0 tel que pour tout n ∈ N,
µ (An ) ≥ s.
(b) Montrer, à l’aide d’un contre exemple, que si µ(X) = +∞ alors il se peut
que µ(A) < s.
Exercice 2.8.11 Soit (X, A, µ) un espace mesuré. Montrer que toute fonction constante
sur X est mesurable.
1. Montrer que toute fonction f : R −→ R nulle presque partout (pp) est mesurable.
f = 0 pp =⇒ f = 0.
Exercice 2.8.13 Soit (X, A, µ) un espace mesuré où µ est une mesure complète. On
considère une suite (fn )n de fonctions mesurables qui converge p.p. vers une fonction
f . Montrer que f est mesurable.
E ∈ B ⇔ χE est mesurable.
f = χC − χA\C .
2.8. EXERCICES 51
1. Calculer f (x) si x ∈ C.
5. Déterminer |f |.
Exercice 2.8.16 Soit f une fonction mesurable positive définie sur un espace mesuré
(X, A, µ) telle que
Z
f dµ = 0.
X
1. Soit n ≥ 1 ;
® ´
1
(a) Vérifier que En = x ∈ X, f (x) ≥ est mesurable.
n
1
(b) Montrer que f ≥ χEn .
n
(c) En déduire que µ (En ) = 0.
3. En déduire que f = 0 pp
Exercice 2.8.17 On suppose que R est muni d’une tribu B et d’une mesure positive µ.
Soit f une fonction mesurable réelle de la variable réelle telle que pour tout mesurable
K de mesure finie, on a
Z
|f |dµ < +∞.
K
Supposons
1
Z
∃ε > 0/ ∀n ∈ N : ∃An ∈ B tel que µ (An ) < et |f |dµ ≥ ε. (2.9)
2n An
[
Pour tout n ∈ N, posons Bn = Aj .
j≥n
!
1 \
1. Montrer que µ (Bn ) ≤ et que µ Bn = 0.
2n−1 n
52 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Z
2. En déduire que ε ≤ |f |dµ < +∞.
Bn
Z
3. Montrer que \ |f |dµ ≥ ε.
Bn
n
4. En déduire que l’hypothèse (2.9) est fausse et conclure.
Exercice 2.8.18 Soient a > 0 et (X, A, µ) un espace mesuré tel que µ(X) < +∞. Soit
f
f : X −→ R une application mesurable. Montrer que la fonction est intégrable.
a + |f |
Exercice 2.8.19 Soient (Ω, B, µ) un espace mesuré et f une fonction intégrable. Mon-
trer que pour tout a > 0, l’ensemble
{ω ∈ Ω : |f (ω)| > a}
ï
πò
Exercice 2.8.20 Soit(fn )n∈N la suite de fonctions positives définies sur 0, par
2
fn (x) = 1 − e−n cos x .
Exercice 2.8.21 Soient (E, B, µ) un espace mesuré et (fn )n une suite croissante de
fonctions intégrables définies sur E et à valeurs dans R+ .
1. On pose, pour p ∈ N,
Montrer que
p lim µ(An (p)) ≤ M.
n→+∞
µ(A) = 0. (2.11)
(a) Vérifier que (gn )n est une suite croissante et bornée sur E.
1. Soit (Bn )n>0 une suite quelconque d’ensembles mesurables deux à deux disjoints.
+∞
X
(a) Montrer que χ +∞
[ = χ Bn .
Bn n=1
n=1
(b) Pour tout n > 0, posons fn = f χBn .
Ñ é
Xn
i. Vérifier que la suite fi est croissante.
i=1 n
ii. En déduire que
Z +∞
X +∞
X Z
fn dµ = fn dµ.
Ω n=1 n=1 Ω
2. Soit l’application
ν : F −→ R+
Z
A 7−→ f dµ.
A
n
X
(b) Soient (Ai )1≤i≤n une partition de Ω et g = αi χAi une fonction étagée et
i=1
positive. Etablir l’inégalité
Z Z
gdλ ≤ gdµ.
Ω Ω
n
X
(b) Soient (Ai )1≤i≤n une partition de Ω et g = αi χAi une fonction étagée,
Z i=1Z
mesurable telle que gdµ < +∞. Montrer que gdλ < +∞.
Ω Ω
(Traiter d’abord le cas où f est supposée positive puis celui où f est de signe
quelconque.)
Exercice 2.8.25 Soient (X, A, µ) un espace mesuré tel que µ(X) = 1 et f une fonc-
tion mesurable positive définie sur X. Montrer que
ÇZ å2 Z
f dµ ≤ f 2 dµ.
X X
Exercice 2.8.26 Soit (E, B, µ) un espace probabilisé (c’est-à-dire que µ(E) = 1).
Soient f et g deux fonctions mesurables positives telles que f × g ≥ a > 0 p.p. Montrer
que ÇZ å ÇZ å
f dµ × gdµ ≥ a.
E E
1
Z
µ ({x ∈ X, f (x) ≥ α}) ≤ f dµ.
α X
Exercice 2.8.29 Soient (X, A, µ) un espace mesuré et (fn )n≥1 une suite croissante
de fonctions mesurables sur X et à valeurs dans R+ . On suppose que la suite (fn )
converge presque partout vers une fonction mesurable f . Montrer que
Z Z
lim fn dµ = f dµ.
n→+∞ X X
Exercice 2.8.31 Soient (X, A, µ) un espace mesuré tel que µ(X) est finie et f :
X −→ R+ une fonction intégrable. Pour tout n ∈ N, on pose
An = {x ∈ X/ n ≤ f (x) < n + 1}
et
Bn = {x ∈ X/ f (x) ≥ n} .
1. Montrer que
+∞
X +∞
X
nµ (An ) = µ (Bn ) .
n=0 n=1
+∞
X
2. Montrer que la série µ (Bn ) est convergente.
n=1
Exercice 2.8.32 Soient (X, A, µ) un espace mesuré et pour tout entier naturel non
nul n, fn : X −→ R+ une fonction mesurable. Montrer que
Z +∞
X +∞
X Z
fn dµ = fn dµ.
X n=1 n=1 X
2.8. EXERCICES 57
µd : P(N) −→ R+
définie par
card(A) si A est f ini
µd (A) =
+∞ si A est inf ini
1. Vérifier que µd est une mesure appelée (mesure de dénombrement).
{x ∈ X/ f (x) 6= 0}
Exercice 2.8.38 Soient l’espace mesuré (R, L, λ) et la suite de fonctions (fn )n telle
que
3
n2 x
fn (x) = , x ∈ [0, 1] et n ∈ N.
1 + n2 x2
1. Etudier la convergence simple et uniforme de la suite (fn ) sur [0, 1].
2. Comparer
Z 1 Z 1
lim fn (x)dx et lim fn (x)dx.
n→+∞ 0 0 n→+∞
calculer
Z √n !n
x2
lim 1− dx.
n→+∞ 0 n
Exercice 2.8.40 Soient (X, A, µ) un espace mesuré et (fn )n une suite de fonctions
positives et intégrables qui converge simplement vers une fonction f intégrable. Pour
tout n ∈ N, on suppose que
Z Z
fn dµ = f dµ.
X X
Z n
dx
Exercice 2.8.43 Calculer lim .
n→+∞ 0 1 + x + · · · + xn
2.8. EXERCICES 59
Exercice 2.8.45 Soient (X, A, µ) un espace mesuré et (fn )n≥0 une suite décroissante
de fonctions mesurables sur X et à valeurs dans R+ dont la limite simple est une
fonction f . En supposant que f0 est intégrable, montrer que
Z Z
lim fn dµ = f dµ.
n→+∞ X X
x ãn x
Z nÅ
Exercice 2.8.46 Déterminer lim 1− e 2 dx.
n→+∞ 0 n
nx sin xe−x
Z +∞
Exercice 2.8.47 Calculer lim dx.
n→+∞ 0 1 + n 2 x2
Exercice 2.8.48 On considère la suite (fn )n≥1 de fonctions définies sur [0, 1] par
ñ ô
3 1
n x si x ∈ 0,
2
ñ nô
fn (x) = 1 1
√ si x ∈ ,1 .
x n
3. A-t-on
Z 1 Z 1
lim fn (x)dx = lim fn (x)dx ?
n→+∞ 0 0 n→+∞
Exercice 2.8.49 Soient (X, A, µ) un espace mesuré et (fn )n≥0 une suite de fonctions
intégrables telle que
+∞
X
• fn est absolument convergente sur X,
n=1
+∞
XZ
• |fn (x)| dµ est convergente dans R.
n=1 X
+∞
X
1. Montrer que fn est intégrable et que
n=1
Z +∞
X +∞
X Z
fn (x)dµ = fn (x)dµ.
X n=1 n=1 X
60 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
x ãn 2
Z nÅ
Exercice 2.8.50 Déterminer lim 1− x dx.
n→+∞ 0 n
Z 1
ln x
Exercice 2.8.51 Calculer I = dx.
0 1−x
1
kfn k∞ = .
n
• Y ∈ A car f −1 (Y ) = X ∈ B.
• Soit E ∈ A. On a f −1 (E) ∈ B et
f −1 (Y − E) = X − f −1 (E) ∈ B.
• Soient (En )n une suite d’éléments de A. Pour tout entier n, f −1 (En ) ∈ B. Donc
[
En ∈ A car
n
!
−1
[ [ −1
f En = f (E n) ∈ B.
n n
Solution de l’exercice 2.8.7 : Vérifions que µA est une mesure positive sur C.
2. Soit (Bn )n une suite d’événements deux à deux disjoints. Les événements A∩Bn
sont deux à deux disjoints. Nous avons
! !
[ [
µA Bn = µ A∩ Bn
n n
!
[
= µ (A ∩ Bn )
n
X
= µ (A ∩ Bn )
n
X
= µA (Bn ) .
n
D’autre part
µ(B ∩ C) = µ ((A ∪ (B − A)) ∩ C)
= µ ((A ∩ C) ∪ ((B − A) ∩ C))
= µ(A ∩ C) + µ ((B − A) ∩ C)
≤ µ(A ∩ C) + µ (B − A)
≤ µ(A ∩ C) + µ(B) − µ(A)
≤ µ(A ∩ C).
Finalement µ(A ∩ C) = µ(B ∩ C).
(a) x ∈ A et x ∈ B, alors
(b) x ∈ A et x 6∈ B, alors
(c) x 6∈ A et x ∈ B, alors
(d) x 6∈ A et x 6∈ B, alors
Dans tous les cas, nous avons χA∪B (x) = χA (x) + χB (x) − χA∩B (x), d’où
χA∪B = χA + χB − χA∩B .
En résumé, nous avons pour tout x ∈ E, χE\A (x) = 1 − χA (x). Par conséquent
χE\A = 1 − χA .
(d) A ∩ B ⊂ C =⇒ C c ⊂ Ac ∪ B c . Donc
µ (C c ) ≤ µ (Ac ) + µ (C c ) .
1. Si x ∈ C, alors f (x) = 1.
5. Nous avons
1 si x ∈ A
|f | =
0 si x 6∈ A.
Nous constatons que |f | = χA .
6. Puisque A est mesurable, alors |f | est mesurable. (cf. l’exercice 2.8.14)
2. Nous avons
Z Z Z
|f |dµ = [ |f |dµ ≥ |f |dµ ≥ ε.
Bn Aj An
j≥n
Z
De plus Bn est de mesure finie, donc |f |dµ < +∞.
Bn
Z
3. Comme |f |dµ < +∞, alors
B1
Z Z
|f |dµ ≥ ε =⇒ \ |f |dµ ≥ ε.
Bn Bn
n
\
4. La conclusion de la question 3. est fausse car Bn est de mesure nulle. Donc
n
1
Z
∀ε > 0, ∃n ∈ N/ ∀A ∈ B : µ(A) < n =⇒ |f |dµ ≤ ε.
2 A
f
Solution de l’exercice 2.8.18 : L’application est le rapport de deux appli-
a + |f |
f
cations mesurables, donc elle est mesurable. De plus, ≤ 1. Il vient alors
a + |f |
f
Z
dµ ≤ µ(X) < +∞,
X a + |f |
f
ce que prouve que est intégrable.
a + |f |
1
Z
µ(E) ≤ |f |dµ < +∞.
a Ω
ï
πò
2. Soient x ∈ 0, et n ∈ N. Nous avons
2
π
0 si x =
f (x) = 2
π
1 si x 6= .
2
4. La suite (fn )n est croissante et positive. D’après le théorème 2.4.1, nous avons
π Z π
2 fn (x)dx = 2 lim fn (x)dx = π .
Z
lim
n→+∞ 0 0 n→+∞ 2
n+1
[
An+1 (p) = Bi (p).
i=1
n
[
Par conséquent, An (p) = Bi (p), pour tout n ∈ N∗ .
i=1
68 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
n
[ +∞
[
ii. Nous avons An (p) = Bi (p). Donc An (p) ⊂ Bi (p) et par suite
i=1 i=1
+∞
[ +∞
[
Ai (p) ⊂ Bi (p).
i=1 i=1
+∞
[
D’autre part, si x ∈ Bi (p), alors il existe i0 ∈ N∗ tel que x ∈ Bi0 (p).
i=1
+∞
[
Il en découle que x ∈ Ai0 (p) ⊂ Ai (p).
i=1
iii. Soient deux entiers naturels i et j tels que i < j. Supposons que Bi (p) Bj (p)
T
Donc (Bn (p))n est une suite d’ensembles mesurables deux à deux dis-
joints.
v. De même Ñ é
+∞
[
µ (A(p)) = µ Ai (p)
Ñ i=1 é
+∞
[
= µ Bi (p)
i=1
+∞
X
= µ (Bi (p))
i=1
n
X
= lim µ (Bi (p))
n→∞
i=1
Ñ é
n
[
= lim µ Bi (p)
n→∞
i=1
M
(c) Pour tout p ∈ N∗ , nous avons A ⊂ A(p). Donc µ(A) ≤ pour tout p ∈ IN∗ .
p
Par conséquent µ(A) = 0.
(d) Si x ∈ A, alors pour tout p > 0, il existe n ∈ N∗ tel que fn (x) ≥ p. Donc la
suite (fn )n est non bornée sur A. Cependant, elle est bornée sur l’ensemble
Ac .
(c) Sur Ac , la suite (fn )n est convergente vers f . Puisque A est négligeable, alors
la suite (fn )n est convergente vers f pp
Z
(d) Nous avons f dµ ≤ M , donc f est intégrable. De plus la suite (fn )n
E
converge p.p. vers f et pour tout n ∈ N∗ ,
|fn | ≤ f pp
2. Pour tout n > 0, la fonction fn est mesurable et |fn | ≤ g où g est la fonction
intégrable définie sur R par
1 si x ∈ [0, A]
g(x) =
0 si x 6∈ [0, A].
1. Soit (Bn )n>0 une suite quelconque d’ensembles mesurables deux à deux disjoints.
+∞
[
(a) Si x 6∈ Bn , alors pour tout entier non nul n. Donc
n=1
χBn (x) = 0
et par conséquent
+∞
X
χ +∞
[ (x) = χBn (x) = 0.
Bn n=1
n=1
+∞
[
Si x ∈ Bn , alors il existe un unique entier non nul i tel que x ∈ Bi et
n=1
x 6∈ Bj pour tout j 6= i. Donc
+∞
X
χ +∞
[ (x) = χBn (x) = 1.
Bn n=1
n=1
+∞
X
Finalement χ +∞
[ = χBn .
Bn n=1
n=1
Ñ é
Xn
i. La suite fi est croissante car
i=1 n
n+1
X n
X
fi − fi = fn+1 ≥ 0.
i=1 i=1
Z +∞
X +∞
X Z
ii. L’égalité fn dµ = fn dµ est une application immédiate du
Ω n=1 n=1 Ω
théorème 2.4.1.
2. Soit l’application
ν : F −→ R+
Z
A 7−→ f dµ.
A
• ν(∅) = 0 ;
• Si (Ai )i est une suite d’ensembles mesurables deux à deux disjoints, alors
Ñ é
+∞
[ Z
ν Ai = f dµ
i=1 ∪Ai
Z
= f χ∪Ai dµ
Ω
Z +∞
X
= f χAi dµ
Ω i=1
+∞
XZ
= f χAi dµ
i=1 Ω
+∞
XZ
= f dµ
i=1 Ai
+∞
X
= ν (Ai ) .
i=1
72 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
n
X
(b) Soit g = αi χAi une fonction étagée, mesurable et positive.
i=1
Z n
Z X
gdν = αi χAi dν
Ω Ω i=1
n
X Z
= αi χAi dν
i=1 Ω
Xn Z
= αi dν
i=1 Ai
Xn
= αi ν (Ai )
i=1
Xn Z
= αi f dµ
i=1 Ai
n
Z X
= αi χAi f dµ
Ω
Z i=1
= gf dµ.
Ω
On a Z Z
χA dλ = dλ
Ω A
= λ(A)
≤ µ(A)
Z
≤ dµ
ZA
≤ χA dµ.
Ω
2.8. EXERCICES 73
n
X
(b) Soient (Ai )1≤i≤n une partition de Ω et g = αi χAi une fonction étagée et
i=1
positive. Nous avons
Z n
Z X
gdλ = αi χAi dλ
Ω Ω i=1
n
X Z
= αi χAi dλ
i=1 Ω
Xn Z
≤ αi χAi dµ
i=1 Ω
Z
≤ gdµ.
Ω
(c) Soit f une fonction mesurable positive. Il existe une suite croissante (gn )n
de fonctions étagées positives qui converge simplement vers f . Nous avons
Z Z
gn dλ ≤ gn dµ.
Ω Ω
n
X
(b) Soient (Ai )1≤i≤n une partition de Ω et g = αi χAi une fonction étagée,
Z i=1
mesurable telle que gdµ < +∞. En utilisant le résultat des questions 1b
Ω
et 2a, nous obtenons
Z
gdλ < +∞.
Ω
Z
(c) Si f est positive, alors f dλ < +∞ car
Ω
Z Z
f dλ ≤ f dµ.
Ω Ω
Z
+ −
Si f est de signe quelconque, alors f = f − f . Puisque f dµ < +∞,
Z Z Z Ω
alors f + dµ < +∞ et f − dµ < +∞. Par conséquent +
f dλ < +∞ et
Z Ω ZΩ Z Z Ω
Z
f − dλ < +∞. De plus f + dµ = f + dλ et f − dµ = f − dλ. Enfin il
Ω Ω Ω Ω Ω
vient
Z Z
f dµ = f dλ.
Ω Ω
Solution de l’exercice 2.8.25 : Soient (X, A, µ) un espace mesuré tel que µ(X) = 1
et f une fonction mesurable positive définie sur X. Par l’inégalité de Hölder, nous
obtenons Z Z
f dµ = f × 1dµ
X
ÇXZ å1
2 1
2
≤ f dµ (µ(X)) 2
X
ÇZ å1
2
2
≤ f dµ .
X
D’où ÇZ å ÇZ å
f dµ × gdµ ≥ a.
E E
F2 ⊂ σ(F1 )
2.8. EXERCICES 75
et par suite
σ(F2 ) ⊂ σ(F1 ).
σ(F1 ) ⊂ σ(F2 ).
σ(F1 ) = σ(F2 ).
2. D’une part, σ(F) contient F et est stable par réunion et intersection dénombrable.
0 0
Par conséquent σ(F) ⊃ F . D’autre part F ⊂ A ⊂ F .
La famille A est donc une tribu sur X qui contient F. Donc elle contient
également σ(F), ce qui prouve que
0
σ(F) ⊂ F .
76 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
De l’inclusion An ⊂ Bn , on tire
f : X −→ R
x 7−→ β.
Soient α ∈ R et Aα = {x ∈ X/ f (x) > α}. On a
X si β ∈ R et α < β;
∅ si β ∈ R et α ≥ β;
Aα =
X si β = +∞;
∅ si β = −∞.
E = {x ∈ R/ f (x) 6= 0} .
Aα = Cα ∪ Dα
où
Cα = {x ∈ E/ f (x) > α} et Dα = {x ∈ E c / f (x) > α} .
L’ensemble Cα est mesurable car c’est un sous ensemble d’un ensemble négligeable.
L’ensemble Dα = E c ou ∅ selon que α < 0 ou α ≥ 0. Par suite Dα ∈ L et donc
Aα = Cα ∪ Dα ∈ L. La fonction f est alors mesurable.
E = {x ∈ R/ f (x) 6= 0}
]x0 − h, x0 + h[⊂ E.
Solution de l’exercice 2.8.13 : Soit (X, A, µ) un espace mesuré où µ est une mesure
complète. L’ensemble
est négligeable.
On a f = f χE +f χE c . La fonction f χE est nulle p.p. donc mesurable (généralisation de
78 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
l’exercice 2.8.12 aux espaces mesurables muni d’une mesure complète). D’autre part,
pour tout x ∈ X, on a
fn (x)χE c (x) −→ f (x)χE c (x).
La fonction f χE c est mesurable comme limite simple d’une suite de fonctions mesu-
rables (cf. le corollaire 2.3.1). Donc la fonction f est mesurable comme somme de deux
fonctions mesurables.
Eα = {x ∈ X/ f (x) ≥ α} .
Par suite
Z Z Z
fn dµ = fn dµ = fn χN c dµ
X Nc X
2.8. EXERCICES 79
et
Z Z Z
f dµ = f dµ = f χN c dµ.
X Nc X
La suite (An )n est croissante au sens de l’inclusion. Il est clair que (fn )n , telle
que fn = f χAn , est une suite croissante de fonctions positives mesurables qui
converge simplement vers f . Le théorème de la convergence monotone 2.4.1
permet d’affirmer que
Z Z
lim fn dµ = f dµ
n→+∞ X X
Z
= lim f dµ.
n→+∞ An
2. Pour n ∈ N∗ , posons
En = {x ∈ X : f (x) ≥ n} .
80 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Z
On constate que f χEn ≥ nχEn et par suite f dµ ≥ nµ(En ). On va montrer
En
que
Z Z Z
lim f dµ = 0 ou encore lim f dµ = f dµ.
n→+∞ En n→+∞ E c X
n
(a) Si f (x0 ) est fini, alors gn (x0 ) = f (x0 ) pour n assez grand et donc (fn (x0 ))n
converge vers f (x0 ) .
(b) Si f (x0 ) = +∞, alors gn (x0 ) = 0 et dans ce cas (gn (x0 ))n ne converge pas
vers f (x0 ).
E = {x ∈ X/ f (x) = +∞}
\
est négligeable. L’ensemble E = En est mesurable et pour tout n ≥ 1,
n≥1
1
Z
µ(E) ≤ µ (En ). Puisque µ (En ) ≤ f dµ, alors µ(E) = 0. Donc la suite (fn )n
n X
converge presque partout vers f . Par l’exercice 2.8.29, nous avons
Z Z
lim gn dµ = f dµ.
n→+∞ X X
Z
Il en découle que lim f dµ = 0 et par suite
n→+∞ En
lim nµ (En ) = 0.
n→+∞
Ä ä Ä ä Ä ä
µ Ap = µ Bp − µ Bp+1 .
2.8. EXERCICES 81
On en déduit que
n
X Ä ä n
X Ä ä
Sn = pµ Bp − pµ Bp+1
p=0 p=0
Xn Ä ä Xn Ä ä
= pµ Bp − (p + 1 − 1)µ Bp+1
p=0 p=0
Xn Ä ä Xn Ä ä n
X Ä ä
= pµ Bp − (p + 1)µ Bp+1 + µ Bp+1
p=0 p=0 p=0
Xn Ä ä n+1
X Ä ä n+1
X Ä ä
= pµ Bp − pµ Bp + µ Bp
p=0 p=1 p=1
n+1
X Ä ä
= −(n + 1)µ (Bn+1 ) + µ Bp .
p=1
n+1
X Ä ä
En posant Tn = µ Bp , on a Tn = Sn + (n + 1)µ (Bn+1 ). D’après l’exercice
p=1
2.8.30, on a lim nµ (Bn ) = 0. Il en résulte que lim Tn = lim Sn , c’est-à-
n→+∞ n→+∞ n→+∞
dire
+∞
X +∞
X
nµ (An ) = µ (Bn ) .
n=0 n=1
Z
2. La suite (An )n≥0 est une partition de X. Comme l’application A 7−→ f dµ est
A
une mesure, alors on a
Z +∞
X Z
f dµ = f dµ < +∞.
X n=0 An
Z
Par ailleurs nχAn ≤ f χAn et donc nµ (An ) ≤ f dµ. Il en résulte que la série
An
+∞
X +∞
X
nµ (An ) est convergente et par conséquent µ (Bn ) est convergente.
n=0 n=1
n
X
Solution de l’exercice 2.8.32 : On pose Sn = fp . Il est clair que, pour tout
p=1
n ∈ N∗ , Sn est positive et mesurable. De plus la suite (Sn )n converge simplement vers
+∞
X
fn . Par le théorème de la convergence monotone 2.4.1 nous obtenons
n=1
Z Z
lim Sn dµ = lim Sn dµ.
n→+∞ X X n→+∞
Finalement
Z +∞
X +∞
X Z
fn dµ = fn dµ.
X n=1 n=1 X
82 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
{n ∈ N/ f (n) > α}
est une partie de P(N). Donc la fonction f est mesurable. Considérons la suite de
fonctions (fn )n où fn : N −→ R+ est définie par
fn = f (n)χ{n} .
et par conséquent
Z
fn dµd = +∞ = f (n).
N
+∞
X n
X
Vérifions que f = fn . Pour tout n ∈ N, considérons la fonction φn = f (p)χ{p} .
n=0 p=0
La suite (φn )n converge simplement vers f . En effet, pour tout q ∈ N, il existe n ∈ N
+∞
X
tel que φn (q) = f (q) et par conséquent f = fn .
n=0
D’après l’exercice 2.8.32, on a
Z +∞
X Z +∞
X
f dµd = fn dµd = f (n).
N n=0 N n=0
{x ∈ X/ f (x)χN (x) 6= 0} ⊂ N.
On en déduit que
Z Z
f χN dµ = f dµ = 0.
X N
2.8. EXERCICES 83
2. Puisque f est intégrable alors les deux fonctions positives f + et f − sont aussi
Z Z
intégrables. On a donc f + dµ = f − dµ = 0, et par conséquent
N N
Z Z Z
f dµ = f + dµ − f − dµ = 0.
N N N
Les ensembles
2. La réciproque est fausse. En effet, si on se place dans l’espace mesuré (R, L, λ),
l’application
f : R −→ R
x 7−→ 1
n’est pas intégrable et
[
E = {x ∈ X/ f (x) 6= 0} = R = ] − n, n[.
n≥1
On a
1
1 xt 2 (3 − x2 t2 )
φ0x (t)
= .
2 (1 + t2 x2 )2
√
3
La fonction φx atteint un maximum en t = . Par conséquent, pour tout
x
x ∈]0, 1], on a Ñ√ é 3
3 34 1
|fn (x)| ≤ φx = √ = g(x).
x 4 x
La fonction g est intégrable sur [0, 1] et l’inégalité y est satisfaite p.p. L’appli-
cation du théorème 2.5.2 de Lebesgue dominé donne
Z 1 Z 1
lim fn (x)dx = lim fn (x)dx = 0.
n→+∞ 0 0 n→+∞
Calculons
lim In .
n→+∞
Ainsi la suite (fn )n converge simplement vers la fonction f définie, pour tout x ∈ X,
2
par f (x) = e−x .
√
D’autre part, pour tout x ∈]0, n[, on a
x2 x2
1− ≤ e− n .
n
86 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Par conséquent
x2 x2
!
2
ln 1 − ≤− ce qui prouve que fn (x) ≤ e−x .
n n
Finalement Z
lim In = lim fn (x)dx
n→+∞ n→+∞ X
Z
= lim fn (x)dx
X n→+∞
Z
2
= e−x dx
X
√
π
= .
2
Les fonctions gn+ sont mesurables, positives et tendent vers 0 simplement. De plus
Comme
Z Z Z
|fn − f | dµ = gn+ dµ + gn− dµ,
X X X
2.8. EXERCICES 87
alors
Z
lim |fn − f | dµ = 0.
n→+∞ X
2. F = {x ∈ X/ f (x) = 1},
On a un = an + bn + cn où
Z Z Z
an = f n χE dµ, bn = f n χF dµ et cn = f n χG dµ.
X X X
En conclusion
µ(F ) si µ(G) = 0
lim un =
n→+∞ +∞ si µ(G) 6= 0.
88 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
√ +∞
xn
(−1)n
X
cos x = .
n=0 (2n)!
+∞
√ e−x xn
Donc f (x) = e−x cos x = (−1)n
X
.
n=0 (2n)!
N
e−x xn
(−1)n
X
Pour tout N ∈ N, posons SN (x) = . Il est clair que SN est mesurable.
n=0 (2n)!
De plus la suite (SN )N converge simplement vers f et
N x
xn
Ç å
X −x −
|SN (x)| ≤ e ≤ e 2.
n=0 2n n!
+∞
(−1)n
Z +∞
xn e−x dx
X
=
n=0 (2n)! 0
+∞
X (−1)n
= n!.
n=0 (2n)!
La fonction fn est mesurable, positive sur X et la suite (fn )n converge simplement vers
f définie sur X par
1 − x si 0 < x < 1
f (x) =
0 si x ≥ 1.
1
|fn (x)| ≤ .
1 + x2
2.8. EXERCICES 89
La fonction fn est continue donc mesurable et vérifie |fn | ≤ 1. De plus la suite (fn )n
converge simplement vers la fonction nulle. Par le théorème 2.5.1 de convergence do-
minée, on obtient
Z 1
lim fn (x)dx = 0.
n→+∞ 0
gn = f0 − fn .
Par conséquent
Z Z Z Z
f0 dµ − lim
n
fn dµ = f0 dµ − f dµ,
X X X X
x ãn x
Å
fn (x) = 1 − e 2 χ]0,n[ .
n
x
−
Pour tout n ≥ 1, la fonction fn est mesurable et vérifie |fn (x)| ≤ e 2 sur X. La suite
x
−
(fn )n converge simplement vers la fonction intégrable égale pour tout x ∈ X à e 2.
nxe−x sin x
fn (x) = .
1 + n 2 x2
1. Convergence simple :
2. On constate que pour tout n, fn est continue sur [0, 1] mais f ne l’est pas, donc
la convergence n’est pas uniforme sur [0, 1].
Z
= lim Sn dµ
n→+∞ X
+∞
X Z
= fn dµ.
n=1 X
92 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Donc
|f | ≤ ϕ.
???????????
sin x
2. Pour x ∈]0, +∞[, posons f (x) = . Nous avons
ex − 1
sin x
f (x) =
ex (1 − e−x )
+∞
= e−x sin (x) e−nx
X
n=0
+∞
e−nx sin (x).
X
=
n=1
La fonction f s’écrit
+∞
fn où fn (x) = e−nx sin x.
X
f=
n=1
Puisque |fn (x)| ≤ e−nx , alors fn est intégrable sur ]0, +∞[. De plus
+∞ +∞ än
e−x
X X Ä
|fn (x)| ≤
n=1 n=1
+∞
X
qui est une série géométrique convergente. Donc fn (x) est absolument conver-
n=1
gente.
D’autre part et pour tout n ≥ 1,
Z +∞
An = |fn (x)| dx
0
Z 1 Z +∞
≤ xe−nx dx + e−nx dx
0 1
1 e−n
≤ −
n2 n2
1
≤ .
n2
Donc la série de terme général An est convergente. De la question 1. et par une
2.8. EXERCICES 93
+∞
X 1
= 2
.
n=1 1 + n
x ãn 2
Å Z
fn (x) = 1 − x χ]0,n[ (x) et In = fn (x)dx.
n X
+∞
X
Les fonctions fn telles que fn (x) = −xn ln x sont mesurables et positives. La série fn
n=0
s’intègre terme à terme. Par conséquent
+∞ Z 1
−xn ln (x)dx.
X
−I =
n=0 0
Finalement
+∞
X 1
I = −
n=0 (1 + n)2
π2
= − .
6
94 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Solution de l’exercice 2.8.52 : Posons X =]0, +∞[ et I =]0, +∞[. Soient α > 0,
Iα =]α, +∞[⊂ I et f la fonction définie pour tout (t, x) ∈ I × X par
2
e−tx
f (t, x) = .
1 + x2
1. La fonction x 7−→ f (t, x) est mesurable et intégrable sur X car, pour tout x ∈ X,
1
|f (t, x)| ≤ .
1 + x2
∂f
2. Pour tout x ∈ X, t 7−→ (t, x) existe et nous avons
∂t
∂f x2 −tx2
(t, x) = − e .
∂t 1 + x2
∂f 2
(t, x) ≤ e−αx ∈ L1 (X).
∂t
Par le théorème 2.6.2, nous affirmons que F est dérivable sur I et que
x2 −tx2
Z +∞
F 0 (t) = − e dx.
0 1 + x2
Solution de l’exercice 2.8.53 : La fonction F est dérivable sur R et nous avons pour
tout t ∈ R
Z t
2 2
F 0 (t) = 2e−t e−x dx.
0
1. La fonction g est intégrable car pour tout x ∈ [0, 1], nous avons
1
|g(t, x)| ≤ .
1 + x2
∂g
2. Pour tout x ∈ [0, 1], (t, x) existe et nous avons
∂t
∂g
(t, x) = 2|t|e−t (1+x ) .
2 2
gx (t) =
∂t
1
t 0 » +∞
2(1 + x2 )
gx 0 % h(x) & 0
√ −1 1
La fonction h, définie par h(x) = 2e 2 √ est continue, Lebesgue-intégrable sur
1 + x2
[0, 1] et
∂g
(t, x) ≤ h(x).
∂t
Nous avons pour tout t ∈ R
Z 1
0 −t2 2 x2
G (t) = −2te e−t dx.
0
F 0 (t) + G0 (t) = 0.
Z 1
dx
=
0 1 + x2
π
= .
4
En faisant tendre t vers +∞, nous obtenons
π 2
• lim G(t) = 0 car |G(t)| ≤ e−t ;
t→+∞ 4
96 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
å2
+∞
ÇZ
−x2
• lim F (t) = e dx .
t→+∞ 0
Finalement √
Z +∞
−x2 π
e dx = .
0 2
Solution de l’exercice 2.8.54 : Il suffit de montrer que F est dérivable sur ]β, +∞[
où β > a. Posons
Puisque |g(t, x)| ≤ e−ax f (x) , alors la fonction x 7−→ g(t, x) est intégrable sur ]0, +∞[.
∂g
D’autre part (t, x) = −xe−tx f (x) existe et
∂t
∂g
(t, x) = −xe−tx f (x)
∂t
1. La fonction y 7−→ f (x, y) est continue sur [−1, 1]. De plus elle est impaire, donc
Z
f (x, y)dy = 0.
[−1,1]
Par suite
Z Z Z Z
dx f (x, y)dy = dy f (x, y)dx = 0.
[−1,1] [−1,1] [−1,1] [−1,1]
2.9. EXERCICES NON CORRIGÉS 97
Montrer que f est continue presque partout sur R, mais qu’il n’existe pas de fonction
continue sur R égale à f presque partout.
1. (a) Montrer que pour tout x ∈ R, la fonction y 7−→ f (x, y) est Lebesgue-intégrable
sur R et calculer son intégrale
Z
I(x) = f (x, y)dy.
R
2. (a) Montrer que pour tout y ∈ R, la fonction x 7−→ f (x, y) est Lebesgue-intégrable
sur R et calculer son intégrale
Z
J(y) = f (x, y)dx.
R
Exercice 2.9.4 Soit Ω un ensemble, F ⊂ P(Ω) est appelé famille σ-additive si elle
satisfait aux axiomes suivants :
(i) Ω ∈ F ;
A, B ∈ F
(ii) =⇒ A ∪ B ∈ F ;
A∩B = ∅
A, B ∈ F
(iii) =⇒ A − B ∈ F ;
B⊂A
+∞
[
(iv) si (An )n est une suite croissante de F, An ∈ F.
n=1
1. Montrer que toute famille de parties de Ω, C, est incluse dans une plus petite
famille σ-additive nommée Cσ . (On dira que Cσ est engendrée par C.)
2. Montrer que si C ⊂ P(Ω) est stable pour l’intersection finie, alors Cσ est la tribu
engendrée par C. (Pour cela on montrera que
{A ∈ Cσ ; A ∩ B ∈ Cσ , ∀B ∈ C} = Cσ ,
2.9. EXERCICES NON CORRIGÉS 99
puis que
{A ∈ Cσ ; A ∩ B ∈ Cσ , ∀B ∈ Cσ } = Cσ .)
Exercice 2.9.5 Soit (E, B, µ) un espace mesuré tel que µ possède la propriété sui-
vante
∀A ∈ B tel que µ(A) = +∞, il existe B ∈ B tel que B ⊂ A avec 0 < µ(B) < ∞.
Montrer que, tout A ∈ B, tel que µ(A) = +∞ contient un ensemble σ-fini de mesure
infinie.
(On considèrera α = {sup(B), B ⊂ A, µ(B) < ∞} et une suite convenable d’éléments
Bn .)
Exercice 2.9.6 Soient (X, T , µ) un espace mesuré tel que µ(X) = 1, t ∈ R et f ∈ L1C .
2. Montrer que
|1 + tf | − 1
Z Z
lim dµ = Re(f )dµ.
t→0 X t X
Z
3. En déduire que si pour tout z ∈ C on a |1 + zf |dµ ≥ 1, alors
X
Z
f dµ = 0.
X
Exercice 2.9.7 Soit (E, B, µ) un espace mesuré où µ est une mesure positive. On dit
que A ∈ B est intégrable si µ(A) < +∞.
inf µ (An ) = m.
n
¶ ©
Montrer que B = x/ x est dans une infinité de Aj est intégrable et µ(B) ≥ m.
Exercice 2.9.8 Indiquer parmi les fonctions suivantes celles qui appartiennent soit à
L1 , soit à L2 , soit à L1 ∩ L2 :
Ä ä
Ä ä exp −x2 1
exp −x2 , √ et √ 2 .
x x +1
Montrer que
Z
1. lim n→∞
inf fn (x)dx = 0 ;
[0,1]
1
Z
2. lim n→∞
inf fn (x)dx = .
[0,1] 2
2.9. EXERCICES NON CORRIGÉS 101
f : [0, 1] −→ IR
1 si x ∈ [0, 1] \Q
l
x 7−→ f (x) =
0 sinon.
1. Soit g une fonction en escalier telle que pour tout x ∈ [0, 1],
g(x) ≤ f (x).
g(α) = ci ≤ f (α) = 0.
De même, si h est une fonction en escalier qui vérifie h ≥ f sur [0, 1], il existe
une subdivision 0 = b0 < b1 < · · · < bk = 1 de l’intervalle [0, 1] telle que h soit
constante, égale à di , sur chaque intervalle ]bi , bi+1 [.
Soit β ∈ ]bi , bi+1 [ \Q.
l On a
h(β) = di ≥ f (β) = 1.
102 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Finalement
1
®Z ´
B = inf h(x)dx/ h ≥ f et h en escalier ≥ 1.
0
1. Vérifier que toute application de E vers IR+ (IR ou C) est mesurable sur (E, A).
2. Montrer que la donnée d’une application de E vers IR+ (IR ou C) est équivalent
à la donnée de n valeurs y1 , y2 , . . . , yn de IR+ (IR ou C).
µ({xi }) = αi .
5. Indiquer comment on peut voir un achat de produits par un client dans un su-
permarché comme étant un calcul d’intégrale.
µ : P(E) −→ IR+
n
X Ä ä
A 7−→ µ(A) = αj χA xj .
j=1
L’ensemble des mesures définies sur P(E) est en bijection avec IRn+ .
4. Soit µ une mesure finie sur A (donc les αi = µ({xi }) sont tous finis).
(a) Puisque toutes les applications sont mesurables, alors une application f sur
[¶ ©
E est intégrable si et seulement si |f | l’est aussi. Comme E = xj , alors
j
Z n Z
X
|f |dµ = |f |dµ.
E j=1 {xj }
Z Z Ä ä Ä ä Ä ä
Or |f |dµ = f xj dµ = f xj µ {xj } car |f | est constante
{xj } {xj }
Ä ä ¶ ©
égale à f xj sur xj .
Z n
X Ä ä Ä ä
Finalement |f |dµ = f xj µ {xj } . Donc
E j=1
Ä ä Ä ä
f est intégrable ⇐⇒ f xj µ {xj } 6= +∞ pour tout j
Ä ä
(c’est-à-dire que f prend des valeurs finies pour les xj tels que µ {xj } 6= 0).
(b) Les applications de E dans IR ou C prennent des valeurs finies. Elles sont
intégrables pour une mesure finie. Donc
Ceci signifie que deux applications f et g ne sont pas égales p.p si et seulement
si fN c 6= gN c .
Par suite l’ensemble L1IR des classes des fonctions intégrables est en bijection
c
avec IRN lui même en bijection avec IRm (avec m = card(N c )). On a aussi
et
L1IR = LpIR ' IRm avec m < n.
Exercice 2.9.12 Soient T une application de (Ω, F) vers (E, B) mesurable et µ une
mesure positive sur F.
ν : B −→ IR+
Ä ä
B 7−→ µ T −1 (B)
106 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
Dans la suite, la mesure ν est notée T (µ) et est appelée mesure image de µ par
T.
(a) Pour tout B ∈ B, T −1 (B) ∈ F. Puisque µ est une mesure sur F, alors ν est
bien définie.
Ä ä
(b) De plus ν(∅) = µ T −1 (∅) = µ(∅) = 0.
(c) Enfin, si (An )n est une suite d’ensembles deux à deux disjoints, on a
! Ñ !é
[
T −1
[
ν An = µ An
n n
!
−1
[
= µ T (An ) .
n
2. Montrons que
Z Z
hdν = h ◦ T dµ.
E Ω
χA ◦ T (ω) = 1 ⇔ T (ω) ∈ A
⇔ ω ∈ T −1 (A)
⇔ χT −1 (A) (ω) = 1.
χA ◦ T = χT −1 (A) .
Finalement Z Z
hdν = χA dν
E E
= ν(A)
Ä ä
= µ T −1 (A)
Z
= χT −1 (A) dµ
ZΩ
= χA ◦ T dµ.
Ω
De ce qui précède, on tire
Z Z
hdν = h ◦ T dµ.
E Ω
(b) Si h est une fonction étagée, alors il existe des ensembles mesurables (Ai )ni=1
et des constantes (ai )ni=1 tels que
n
X
h= ai χ A i .
i=0
On a Z n
Z X
hdν = ai χAi dν
E E i=0
n
X Z
= ai χAi dν
i=0 E
Xn Z
= ai χAi ◦ T dµ
i=0 Ω
n
Z X
= ai χAi ◦ T dµ
Ω
Z i=0
= h ◦ T dµ.
Ω
108 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
(c) Si la fonction h est mesurable et positive, on sait qu’il existe une suite crois-
sante de fonctions étagées (hn )n telle que
h = sup hn .
n
On a Z Z
hdν = sup hn dν
E n ZE
= sup hn ◦ T dµ
Zn Ω
= h ◦ T dµ.
Ω
Finalement
Z Z
hdν = h ◦ T dµ.
E Ω
(a) On a
f : T −→ C
2.9. EXERCICES NON CORRIGÉS 109
On définit :
µ : T −→ IR+
µ(E) ≥ |f (E)|.
2. Soient (En )n≥0 une famille d’éléments de T deux à deux disjoints et (Ak )k≥0
∞
[
une famille d’éléments de T qui forment une partition de En .
n=0
(a) Montrer que
D’autre part Ö è
[
f (E) = f En
n∈IN
∞
X
= f (En )
n=0
∞
X
= f (E) + f (En )
n=1
Ö è
[
= f (E) + f En
∗
n∈IN
= f (E) + f (∅).
Il vient alors que
µ(∅) = sup{0} = 0.
= En
2.9. EXERCICES NON CORRIGÉS 111
0 0
et pour tout k et k tel que k 6= k , on a
= Ak .
(b) On sait que pour n fixé, (Ak ∩ En )k est une partition de En . D’après la
définition de µ, on a
∞
X
|f (Ak ∩ En )| ≤ µ (En ) . (2.14)
k=0
∞ X
X ∞ ∞
X
(2.14) =⇒ |f (Ak ∩ En )| ≤ µ (En )
n=0 Ñ
k=0 én=0
X∞ X∞ ∞
X
=⇒ |f (Ak ∩ En )| ≤ µ (En ) .
k=0 n=0 n=0
Comme
∞
X ∞
X
f (Ak ∩ En ) ≤ |f (Ak ∩ En )| ,
n=0 n=0
alors Ñ é
∞
X ∞
X ∞
X
f (Ak ∩ En ) ≤ µ (En ) .
k=0 n=0 n=0
(c) L’inégalité démontrée ci-dessus (voir la question 2b) est vérifiée pour toute
+∞
[
partition (Ak )k≥0 de En . Nous en déduisons par définition de µ que
k=0
+∞
X +∞
[
sup |f (Ak )| / (Ak )k ⊂ T et partition de En
k=0 k=0
+∞
X
≤ µ (En ) .
n=0
3. Soit (tn )n une suite de nombres réels telle que pour tout n ∈ IN, on a
tn < µ (En ) .
Soit n ∈ IN. Par définition de µ (En ), il existe une partition (Ank )k≥0 , de En ,
d’éléments de T telle que
+∞
X
tn < |f (Ak )| ≤ µ (En ) .
k=0
+∞
[
Vérifions que la famille (Ank )k,n est bien une partition dénombrable de En .
n=0
(a) La famille est dénombrable car IN2 est dénombrable ;
(c) Finalement les ensembles Ank sont deux à deux disjoints. En effet soit (k, n) 6=
(h, m)
Ank ∩ Am
h ⊂ En ∩ Em = ∅.
2.9. EXERCICES NON CORRIGÉS 113
Ank ∩ Am n n
h = Ak ∩ Ah = ∅
La définition de µ donne
Ñ é
+∞
X +∞
[
|f (Ak )| ≤ µ En .
k,n=0 n=0
1er cas : Supposons que pour tout entier n, µ (En ) < +∞.
Soit ε > 0 et posons
ε
tn = µ (En ) − .
2n
La suite (tn )n est bien réelle et vérifie pour tout n ≥ 0, tn < µ (En ).
L’inégalité Ñ é
+∞ +∞
X Å
εã [
µ (En ) − n ≤ µ En
n=0 2 n=0
entraı̂ne Ñ é
+∞
X +∞
[
µ (En ) − 2ε ≤ µ En .
n=0 n=0
2ième cas : Supposons qu’il existe un entier no ≥ 0 tel que µ (Eno ) = +∞.
D’après la question (3) et pour tout tno < +∞, on a
Ñ é
+∞
X +∞
[
tno ≤ tn ≤ µ En .
n=0 n=0
Ñ é
+∞
[
Donc +∞ ≤ µ En , et par suite
n=0
Ñ é
+∞
X +∞
[
+∞ = µ (En ) ≤ µ En .
n=0 n=0
5. D’après la première question µ(∅) = 0. D’autre part et pour toute suite (En )n
d’ensembles deux à deux disjoints, nous avons établi dans ce qui précède que
Ñ é
+∞
[ +∞
X
µ En = µ (En ) .
n=0 n=0
Exercice 2.9.14 Soient (fn )n et (gn )n deux suites de fonctions mesurables définies de
Ä ä Ä ä
IR, BIR , λ vers IR, BIR , λ telles que
i) Pour tout n, |fn | ≤ gn ;
ii) La suite (fn )n converge simplement vers une fonction f ;
iii) La suite (gn )n converge simplement vers une fonction g ;
iv) La fonction g est intégrable et
Z Z
lim gn dλ = gdλ.
n→+∞ IR IR
Ä ä Ä ä
1. Montrer que la suite fn+ n
(resp. fn− n ) converge simplement vers la fonction
f + (resp. f − ).
|fn | + fn |fn | − fn
On rappelle que fn+ = et fn− = .
2 2
2.9. EXERCICES NON CORRIGÉS 115
3. Justifier l’inégalité
Z Ä ä Z Ä ä
g − f + dλ ≤ lim gn − fn+ dλ.
IR IR
4. Vérifier que
Z Ä ä Z Z
lim gn − fn+ dλ ≤ lim gn dλ − lim fn+ dλ.
IR IR IR
5. En déduire que
Z Z
lim fn+ dλ ≤ f + dλ.
IR IR
6. Justifier l’inégalité
Z Z
+
f dλ ≤ lim fn+ dλ.
IR IR
7. Montrer que
Z Z
lim fn+ dλ = f + dλ.
n→+∞ IR IR
8. En déduire que
Z Z
lim f dλ. fn dλ =
IR n→+∞ IR
Indication : pour deux suites réelles (an )n et (bn )n on a
1. Soit x ∈ IR.
|fn (x)| + fn (x)
lim fn+ (x) = lim
n→+∞ n→+∞ 2
|f (x)| + f (x)
=
2
= f + (x).
On montre de même que lim fn− (x) = f − (x).
n→+∞
2. De |fn | ≤ gn , on tire
La fonction f est mesurable car elle est la limite de fonctions mesurables. Elle
est intégrable d’après l’inégalité (2.16).
116 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
3. Pour tout entier n, on a fn+ ≤ |fn | ≤ gn . Il s’en suit que la fonction mesurable
gn − fn+ est positive. D’après le lemme de Fatou, on a
Z Z Ä ä Z Ä ä
+
(g − f )dλ = lim gn − fn+ dλ ≤ lim gn − fn+ dλ.
IR IR IR
4. Les fonctions positives gn sont intégrables à partir d’un certain rang car
Z Z
lim gn dλ = gdλ < +∞.
n IR IR
Par conséquent les fonctions fn sont également intégrables à partir d’un certain
rang car |fn | ≤ gn et on a
Z ÇZ Z å
Ä ä
lim gn − fn+ dλ = lim gn dλ − fn+ dλ
IR IR IR
ÇZ å Ç Z å
≤ lim gn dλ + lim − fn+ dλ
IR IR
ÇZ å ÇZ å
≤ gdλ − lim fn+ dλ .
IR IR
Ä ä
6. La suite de fonctions mesurables fn+ n
étant positive, l’application du lemme
de Fatou donne
Z Z Z
limfn+ dλ = +
f dλ ≤ lim fn+ dλ.
IR IR IR
7. Combinant (3) à (4), nous obtenons
Z Z Z
lim fn+ dλ ≤ +
f dλ ≤ lim fn+ dλ
IR IR IR
Nous en déduisons
Z Z Z
lim fn+ dλ = f + dλ = lim fn+ dλ
IR IR IR
qui peut encore s’écrire
Z Z
lim fn+ dλ = f + dλ
n→+∞ IR IR
8. De manière analogue à ce qui précède, nous pouvons montrer que
Z Z
lim fn− dλ = f − dλ.
n→+∞ IR IR
Tenant compte des résultats établis ci-dessus, nous obtenons
Z ÇZ Z å
lim fn dλ = lim fn+ dλ − fn− dλ
n→+∞ IR n→+∞ IR IR
Z Z
= f + dλ − f − dλ
IR IR
Z
= f dλ.
IR
En guise de conclusion, nous avons
Z Z
lim fn dλ = f dλ.
n→+∞ IR IR
Exercice 2.9.15 Soient f et g deux fonctions définies de IRn à valeurs dans IR. On
pose
h(x, y) = f (y − x)g(x).
Soit y ∈ IRn . Dans le cas où la fonction hy : x −→ h(x, y) est intégrable, on pose :
Z Z
(f ∗ g)(y) = hy (x, y)dx = f (y − x)g(x)dx.
118 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
f ∗ g = g ∗ f.
kf ∗ gk1 ≤ kf k1 × kgk1 .
kf ∗ gk∞ ≤ kf k∞ × kgk1 .
Z −∞ Z −∞
= ... hy (y − t)(−1)n d t1 . . . d tn
+∞ +∞
d’écrire
Z
(f ∗ g)(y) = hy (x)dx
IRn
Z
= ä hy (φ(t)) × |J (φ) (t)| d t
IRn
Ä
φ−1
Z
= Ä n
ä hy (φ(t)) × |(−1)n | d t
φ−1 IR
Z
= ä hy (y − t)d t
IRn
Ä
φ−1
Z
= f (t)g(y − t)d t
IRn
= (g ∗ f )(y).
Finalement
(f ∗ g)(y) = (g ∗ f )(y).
2. On suppose que f, g ∈ L1 .
Z Ç Z å
= |g(x)| |f (y − x)|dy dx
IRn IRn
Z Ç Z å
= |g(x)| |f (u)|du dx
IRn IRn
Z Z
= |g(x)|dx. × |f (u)|du
IRn IRn
khk1 ≤ kgk1 × kf k1 .
(b) Puisque la fonction (x, y) 7−→ h(x, y) est intégrable sur (IRn )2 , alors d’après
le théorème de Fubini, la fonction
Z
y 7−→ h(x, y)dx
IRn
f ∗ g ∈ L1 (IRn ).
2.9. EXERCICES NON CORRIGÉS 121
De plus
Z
kf ∗ gk1 = |(f ∗ g)(y)|dy
IRn
Z Z
= h(x, y)dx dy
IRn IRn
Z ÇZ å
≤ |h(x, y)|dx dy
IRn IRn
≤ kf k1 × kgk1 .
Z
≤ |f (y − x)g(x)|dx
IRn
Z
≤ |f (u)g(y − u)|du
IRn
Z
≤ kf k∞ |g(y − u)|du
IRn
Z
≤ kf k∞ × |g(y − u)|du
IRn
Z
≤ kf k∞ × |g(z)|dz
IRn
≤ kf k∞ × kgk1 .
kf ∗ gk∞ ≤ kf k∞ × kgk1 .
Exercice 2.9.16 Soient ((an , bn ))n≥1 une suite d’éléments de IR2 \ {(0, 0)}, α et β
deux réels tels que α < β.
β−α
Z β
lim fn (x)dx = .
n→+∞ α 2
alors
Ä ä
lim a2n + b2n = 0.
n→+∞
Raisonner par l’absurde en supposant qu’il existe une constante c > 0 et une
ÄÄ ää
sous suite ank , bnk k≥1
telle que pour tout entier k > ge1, on a a2nk + b2nk ≥ c
et démontrer que
Z β
lim fnk (x)dx = 0.
k→+∞ α
1. Soit
(an cos nx + bn sin nx)2
fn (x) = .
(a2n + b2n )
On a
a2n + b2n − (an cos nx + bn sin nx)2
Ä ä
Ä ä Ä ä
= a2n 1 − cos2 nx + b2n 1 − sin2 nx − 2an bn cos nx. sin nx
= a2n sin2 nx + b2n cos2 nx − 2an bn cos nx sin nx
= (an sin nx − bn cos nx)2 ≥ 0.
2.9. EXERCICES NON CORRIGÉS 123
On en déduit que
Z β "Z
1 β Ä ä
fn (x)dx = a2n cos2 nx + b2n sin2 nx
α (an + b2n )
2 α
Z β #
+ 2an bn cos nx sin nxdx
α
1 − cos 2nx
Z β Z β
1 1 + cos 2nx
= a2 dx + b2n dx
(an + b2n ) n
2 α 2 α 2
Z β !
+an bn sin 2nxdx
α
"
β−α
Ç å
1 2 1
= a n + (sin 2nβ − sin 2nα)
(a2n + b2n ) 2 4n
β−α
Ç å
1
+b2n − (sin 2nβ − sin 2nα)
2 4n
ô
an b n
+ (cos 2nα − cos 2nβ)
2n
a2n
"
β−α 1
= + (sin 2nβ − sin 2nα)
2 4n a2n + b2n
b2n
− (sin 2nβ − sin 2nα)
a2n + b2n
#
2an bn
+ 2 (cos 2nα − cos 2nβ)
an + b2n
1 a2n − b2n
!
β−α
= + (sin 2nβ − sin 2nα)
2 4n a2n + b2n
!
2an bn
+ 2 (cos 2nα − cos 2nβ) .
an + b2n
2.9. EXERCICES NON CORRIGÉS 125
Comme
a2n − b2n
• 2 ≤1
an + b2n
2an bn
• ≤1
a2n + b2n
• |sin 2nβ − sin 2nα| ≤ 2
• |cos 2nα − cos 2nβ| ≤ 2,
a2n − b2n
! !
2an bn
alors (sin 2nβ − sin 2nα) + (cos 2nα − cos 2nβ) est bornée.
a2n + b2n a2n + b2n
Par conséquent
β−α
Z β
lim fn (x)dx = .
n→+∞ α 2
2. Supposons que lim (an cos nx + bn sin nx) = 0 et qu’il existe une constante
n→+∞
Ä ä
c > 0 et une sous suite ank , bnk k≥1
telles que pour tout k ≥ 1, on a
a2nk + b2nk ≥ c.
Donc
lim gk = 0.
k
126 CHAPITRE 2. INTÉGRALE DE LEBESGUE
β−α
Z β
lim fnk (x)dx = 6= 0.
k α 2
Finalement
Ä ä
lim (an cos nx + bn sin nx) = 0 =⇒ lim a2n + b2n = 0.
n→+∞ n→+∞
Bibliographie
[8] Vo-Khac Khoan. Distributions, analyse de Fourier, opérateurs aux dérivées par-
tielles, tomes 1 et 2. Vuibert, 1970.
127
128 BIBLIOGRAPHIE