Année académique 2021 - 2022
Licence en Droit - 3ème année
TRAVAUX DIRIGÉS DE DROIT CIVIL
Fiche n° 1 :
Thème : Le changement de créancier : la Cession de créances
Références bibliographiques (À titre indicatif)
A . TRAITES et OUVRAGES
• Andreu (L.) et Thomassin (N.), Cours de droit des obligations, LGDJ, 2017.
• Assi-Esso (A-M. H), Droit civil, Les Obligations, 1ère ed, Ed. UIBA, 2012.
• Bénabent (A.), Droit des obligations, 15ème éd., L.G.D.J., Lextenso, 2016.
• Flour (J.), Aubert (J.-L.), Savaux (E.), Droit civil, Les obligations, t. 3, Le rapport
d'obligation, 9ème éd., Sirey, 2015.
• François (J.), Traité de droit civil, Les obligations, Régime général, 4ème éd.,
Économica, 2017.
• Ghestin (J.), Billiau (M.) et Loiseau (L.), Régime des créances et des dettes, LGDJ,
2005.
• Julienne (M.), Régime général des obligations, 3ème éd., LGDJ, 2020.
• Seube (JB.), Mekki (M.), Malinvaud (Ph.), Droit des obligations, 16ème éd.,
LexisNexis, Manuel, 2021.
• Terré (F.), Simler (Ph.), Lequette (Y.), Les obligations, 11ème éd., Ed. Dalloz, Coll.
Précis, 2013.
B. JURISPRUDENCE RELATIVE AU THEME ( A titre indicatif)
L Opposabilité de la cession au débiteur cédé
■ Civ. 1ère, 19 sept. 2007, n° 06-11814, Bull., 2007, I, n° 276.
■ Civ. 1ère, 22 mars 2012, n° 11-15151, Bull., 2012, I, n° 60.
■ Civ. 1ère, 19 février 2013, n° 11-24373, inédit.
2. Sort de la créance stipulée incessible
■ Com., 21 nov. 2000, n° 97-16874, Bull. civ., IV, n° 180.
3. Opposabilité des exceptions par le débiteur cédé
■ Com., 1ère, 12 janv. 2010, n° 08-22000, Bull., 2010, IV, n° 2.
I- Révisions
1) Qu'est-ce qu'une obligation ?
2) Qu'est-ce qui différencie l'obligation naturelle de l'obligation civile ? A quelles
conditions l'obligation naturelle se transforme-t-elle en obligation civile ?
3) Qu'est-ce qu'une obligation de moyen? De résultat ?
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4) Qu'est-ce qui distingue le fait juridique de l'acte juridique ?
5) Qu'est-ce qu'un contrat ? Qu'est ce qui le différencie de la convention ?
6) Citez des types de contrats (au moins trois) et donnez des exemples.
7) Quelles sont les conditions de validité du contrat ?
II- Contrôle et approfondissement de connaissances
1) Qu'est-ce qu'une cession de créance ? Enumérez les conditions de la validité de la cession
de créance.
2) Qu'est-ce qu'une cession de dette ?
3) Le débiteur cédé est-il parti à la cession de créance ? Justifiez vos réponses
4) Quelles sont les conditions d'opposabilité de la cession de créance ?
5) Quels sont les effets attachés à la cession de créance ?
6) Citez et expliquez les garanties dues par le cédant au cessionnaire ?
7) Commentez de manière succincte les dispositions de l'article 1699 du Code civil.
III- CAS PRATIQUE
Vous résoudrez le cas pratique en traitant les différentes situations juridiques.
Le 06 janvier 2020, la société COSMOS TECH, exerçant dans le domaine de la sécurité et de
l'informatique, a vendu à la société BABI TECH, des caméras, des ordinateurs, des GPS. En
vertu des clauses contractuelles, la Société BABI TECH avait 30 jours pour payer le prix.
Le 21 janvier 2020, la société COSMOS TECH décide de céder la moitié de la créance qu'elle
détenait du fait de ce contrat à un de ses partenaires, la société PERFECT COM, à laquelle
elle devait une somme équivalente. La cession a été notifiée par un huissier à la Société BABI
TECH qui n'a pas réagi.
La société PERFECT COM décide de se faire payer et prend attache le 04 février 2020 avec la
société BABI TECH pour obtenir le paiement du montant de la cession.
Elle se heurte au refus des dirigeants de celle-ci qui invoquent le non-respect des conditions
légales de la cession et le fait qu'à leurs yeux, la qualité de créancier n'est reconnue qu'à la
société COSMOS TECH. Ils soutiennent par ailleurs qu'une partie du matériel informatique
livré par COSMOS TECH ne fonctionnait pas et que le remplacement dudit matériel de la part
du vendeur n'a pu être obtenu.
Dès lors que le matériel défectueux n'a pas été remplacé, si paiement il doit y avoir en faveur
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de PERFECT COM, il faudrait tenir compte du coût du matériel hors d'usage.
IV- COMMENTAIRE D'ARRET
Vous réaliserez la fiche d'arrêt et proposerez un plan détaillé.
Cass. com., 15 mai 2019, n° 17-27686, PB
Extrait :
La Cour :(...)
Sur le moyen unique, pris en sa première branche :
Vu les articles 32 et 122 du Code de procédure civile, ensemble les articles L. 313-27 et L.
313-29 du Code monétaire et financier ;
Attendu, selon l'arrêt attaqué, que la société Banque Thémis (la banque) a assigné la société
Bosal distribution en paiement de créances résultant de factures émises sur cette dernière par
la société ACE électronique au titre d'un contrat de vente du 5 septembre 2012, que celle-ci lui
avait cédées dans les conditions prévues à l'article L. 313-23 du Code monétaire et financier ;
qu'invoquant un défaut de livraison des matériels commandés, la société Bosal distribution a
demandé la résolution du contrat de vente et, en conséquence, le rejet de la demande de la
banque ; que celle-ci lui a opposé la fin de non-recevoir tirée de son défaut de qualité pour
défendre à la demande de résolution du contrat ;
Attendu que pour rejeter cette fin de non-recevoir, l'arrêt retient que le mécanisme de la
cession de créance induit que le cessionnaire, qui obtient la propriété de la créance, vient aux
droits et obligations du cédant, de sorte qu'il n'est nullement tiers à l'opération et que le
débiteur cédé peut lui opposer les différentes exceptions inhérentes à la créance, sans avoir à
appeler le cédant en cause, le cessionnaire pouvant toujours l'appeler en garantie ;
Qu'en statuant ainsi, alors que la cession d'une créance ne confère pas au cessionnaire qualité
pour défendre, en l'absence du cédant, à une demande de résolution du contrat dont procède
cette créance, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;
Par ces motifs, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres griefs :
Casse et annule, en toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 7 septembre 2017, entre les parties,
par la cour d'appel de Douai ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles
se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de
Rouen ; (...)