ISE Maths 2024 Corriges
ISE Maths 2024 Corriges
AVRIL 2024
CONCOURS INGÉNIEURS STATISTICIENS ÉCONOMISTES
ISE Option Mathématiques
CORRIGÉ de la 1ère COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES
(Durée de l’épreuve : 4 heures)
Le sujet est constitué de deux problèmes indépendants. Tout résultat donné dans l’énoncé
pourra être admis dans les questions suivantes. Le plus grand soin sera apporté à la rédaction et à
la présentation des résultats.
1 Problème d’analyse
Z +∞
1
Dans ce problème, nous nous intéressons à des intégrales de la forme dt
0 (1 + tα )n
où α est un réel strictement positif et n un entier naturel.
1
donc, par le critère de Riemann, un est un intégrale convergente si et seulement si n > 1,
c’est-à-dire n ≥ 2 car n est entier.
Soit n ≥ 2. On a :
Z +∞ +∞
1 1 1
un = n dt = n−1 = .
0 (1 + t) (−n + 1) (1 + t) 0
n−1
2
c) En déduire l’expression de vn+1 pour tout n ∈ N.
On montre par récurrence sur n ∈ N :
n
Y
(2k − 1)
k=1 (2n)! 1 (2n)!
vn+1 = n v1 = n n v1 = 2n v1 .
Y Y Y 2 (n!)2
(2k) (2k) (2k)
k=1 k=1 k=1
Puisque, Z +∞
1 π
v1 = 2
dt = [Arctan(t)]+∞
0 = ,
0 1+t 2
(2n)!
on en déduit pour tout n ∈ N : vn+1 = π.
22n+1 (n!)2
√
d) On rappelle la formule de Stirling : n! ∼ nn e−n 2πn.
n→+∞
Déterminer alors un équivalent de vn lorsque n → +∞.
On a, d’après la formule de Stirling,
√ √
(2n)2n e−2n 4πn π −1
vn+1 ∼ π= n 2.
n→+∞ 22n+1 n2n e−2n (2πn) 2
√ √
π 1 π −1
Ainsi, vn ∼ (n − 1)− 2 donc vn ∼ n 2.
n→+∞ 2 n→+∞ 2
4. Démontrer que :
1 1
tα−2
Z Z
1
K(α) = dt + dt.
0 1 + tα 0 1 + tα
3
La fonction ϕ : [1, +∞[ → ]0, 1] est bijective, strictement décroissante et de classe C 1
1
t 7→
t
donc on a par le théorème du changement de variable :
Z +∞ Z +∞ −α 2
1 t t (−1)
α
dt = − −α
dt
1 1+t 1 t + 1 t2
Z +∞
ϕ(t)α−2 0
=− ϕ (t)dt
1 1 + ϕ(t)α
Z 0 α−2
u
=− α
du
1 1+u
Z 1 α−2
u
= α
du.
0 1+u
Z 1 Z 1 α−2
1 t
Donc, on obtient par la relation de Chasles : K(α) = α
dt + α
dt.
0 1+t 0 1+t
n
X
On pourra appuyer le raisonnement sur l’étude de la somme (−tα )k pour t ∈ [0, 1].
k=0
n
X 1 − (−tα )n+1
On a pour tout t ∈ [0, 1], (−tα )k = .
1 + tα
k=0
Donc,
1 n
1X 1
(−tα )n+1
Z Z Z
1
dt = (−tα )k dt + dt.
0 1 + tα 0 k=0 0 1 + tα
D’une part,
n
1X n 1 n
(−1)k
Z X Z X
α k k
(−t ) dt = (−1) tαk dt =
0 k=0 0 αk + 1
k=0 k=0
Donc,
Z 1 X (−1)kn
1 1
dt = + Rn avec |Rn | ≤ .
0 1 + tα αk + 1 α(n + 1) + 1
k=0
4
6. Démontrer que pour tout entier naturel n non nul on a :
1 n
tα−2 X (−1)k−1
Z
1
dt = + Sn avec |Sn | ≤ .
0 1 + tα αk − 1 α(n + 1) − 1
k=1
n
−tα − (−tα )n+1 −tα−2 − t−2 (−tα )n+1
X
−2 α k −2
On a pour tout t ∈ [0, 1], t (−t ) = t = .
1 + tα 1 + tα
k=1
Donc,
1 1 n 1 −2
tα−2 t (−tα )n+1
Z Z X Z
dt = − t−2 (−tα )k dt − dt.
0 1 + tα 0 0 1 + tα
k=1
D’une part,
1 n n 1 n
(−1)k−1
Z X X Z X
−2 α k k−1 αk−2
− t (−t ) dt = (−1) t dt =
0 0 αk − 1
k=1 k=1 k=1
Donc,
1 n
tα−2 X (−1)k−1
Z
1
dt = + Sn avec |Sn | ≤ .
0 1 + tα αk − 1 α(n + 1) − 1
k=1
+∞
X (−1)k
K(α) = 1 + 2 .
1 − α2 k 2
k=1
5
8. Soit λ un nombre réel non nul.
On considère la fonction 2π-périodique f définie sur R et dont la restriction à [−π, π[ est
[−π, π[ −→ R
donnée par : .
t 7−→ cos(λt)
a) Déterminer les coefficients de Fourier réels de la fonction f .
Montrons tout d’abord que la fonction f est une fonction continue sur R. f est continue
sur [−π, π[. De plus, lim cos(λt) = cos(λπ) et par 2π−périodicité de f ,
t→π −
Donc f est continue en π puis en π + 2kπ pour tout entier k par 2π−périodicité. Ainsi,
f est continue sur R.
Ses coefficients de Fourier réels sont donnés par :
Z π
1 1 sin(λπ)
a0 (f ) = cos(λt) dt = [sin(λt)]π−π = ,
2π −π 2πλ λπ
et pour n ≥ 1,
1 π
Z
an (f ) = cos(λt) cos(nt)dt
π −π
Z π
1 π
Z
1
= cos((λ + n)t)dt + cos((λ − n)t)dt (par parité de la fonction cos)
π 0 π 0
1 1
= sin((λ + n)π) + sin((λ − n)π)
π(λ + n) π(λ − n)
(−1)n sin(λπ) (−1)n sin(λπ)
= +
π(λ + n) π(λ − n)
2λ sin(λπ) (−1) n
= ,
π λ2 − n2
et,
Z π
1
bn (f ) = cos(λt) sin(nt)dt = 0
π −π
f est continue et de classe C 1 par morceaux sur R donc, d’après le théorème de Dirichlet, sa
série de Fourier converge normalement donc converge simplement vers f . En particulier,
+∞
sin(λπ) X 2λ sin(λπ) (−1)n
f (0) = + cos(n × 0).
λπ π λ 2 − n2
n=1
6
D’où :
+∞
sin(λπ) X 2λ sin(λπ) (−1)n
1= + .
λπ π λ2 − n2
n=1
Or,
+∞ +∞
!
X (−1)n λπ sin(λπ) X 2λ sin(λπ) (−1)n
1 + 2λ2 2 2
= + .
λ −n sin(λπ) λπ π λ 2 − n2
n=1 n=1
+∞
X (−1)n λπ
Donc : 1 + 2λ2 = .
λ2 − n 2 sin(λπ)
n=1
π
9. Montrer que : K(α) = π .
α sin
α
On a par 7. et par 8. :
+∞
2 X (−1)k π
K(α) = 1 + = π .
α 2 1
k=1 −k 2 α sin
α2 α
7
nα − 1
12. Montrer que pour tout n ≥ 1, In+1 = In .
nα
Soit n ≥ 1. Les intégrales suivantes sont convergentes donc on a :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
1 1 tα
In+1 = dt = n dt − dt.
0 (1 + tα )n+1 0 (1 + tα ) 0 (1 + tα )n+1
Or, on a pour tout T > 0 par intégration par parties,
Z T Z T
tα 1 (−n)αtα−1
dt = − t dt
α n+1 nα 0 (1 + tα )n+1
0 (1 + t )
T Z T
1 t 1 1
=− + dt.
nα (1 + tα )n 0 nα 0 (1 + tα )n
Les
Z +∞trois termes convergent lorsque T → +∞ donc, on obtient par passage à la limite :
tα 1
α n+1 dt = 0 + nα In .
0 (1 + t )
1 nα − 1
Ainsi, In+1 = In − In = In .
nα nα
13. a) Justifier que pour tout n ≥ 1, on a In > 0.
La fonction intégrée est continue et strictement positive sur R+ donc In > 0.
1
On pose alors pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 1, zn = ln(In ) + ln(n).
α
X
b) Montrer que la série (zn+1 − zn ) est convergente.
n≥1
Soit n ≥ 1. On a :
In+1 1 n+1
zn+1 − zn = ln + ln
In α n
1 1 1
= ln 1 − + ln 1 +
nα α n
1 1 1 1
+ o n−2
=− − 2 2+ − 2
nα 2n α nα 2αn n→∞
1 + α −2
n + o n−2 .
=−
2α2 n→∞
Donc la série de terme général (zn+1 − zn )n≥1 converge par comparaison à une série
convergente à termes négatifs.
1
c) En déduire l’existence d’un réel L strictement positif tel que : In ∼ L n− α .
n→+∞
Tout d’abord, montrons que la suite (zn )n≥1 est convergente.
n−1
X
On a, pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 2 : zn − z1 = (zk+1 − zk ). Comme
X k=1
la série (zn+1 −zn ) est convergente, on en déduit que (zn )n≥1 converge vers une limite
n≥1
8
l ∈ R. Donc,
1 1
1
In = exp zn − ln(n) = ezn exp ln(n− α ) ∼ el n− α .
α n→+∞
1
En notant L = el on a bien, L > 0 et In ∼ L n− α .
n→+∞
9
1
À présent, nous allons calculer la valeur de L. Pour ce faire, posons pour tout n ≥ 1, Jn = n α In .
14. a) Montrer que pour tout réel positif t on a l’encadrement : t − t2 ≤ ln(1 + t) ≤ t.
La fonction g : R+ → R est de classe C 1 sur R+ de dérivée donnée par
t 7→ t − ln(1 + t)
0 1
g (t) = 1 − > 0 pour tout t ∈ R+ . g est donc croissante sur R+ et on a g(0) = 0
1+t
donc pour tout réel positif t, ln(1 + t) ≤ t.
1 t(2t + 1)
donnée par h0 (t) = −1+2t = ≥ 0 pour tout t ∈ R+ . h est donc croissante
1+t t+1
sur R+ et on a h(0) = 0 donc pour tout réel positif t, ln(1 + t) ≥ t − t2 .
b) On rappelle que la fonction Γ est définie sur R∗+ par :
Z +∞
∀x > 0, Γ(x) = e−t tx−1 dt.
0
1 1
Montrer que pour tout entier naturel non nul n on a : Γ ≤ Jn .
α α
Soit n ≥ 1. On a :
1
Z +∞
Jn = n α exp(−n ln(1 + tα )) dt
0
1
Z +∞
≥n α exp(−ntα ) dt (par 13.a)
0
1
+∞
u α −1
Z
1
=n α exp(−u) 1 du
0 α nα
Z +∞
1 1
= exp(−u)u α −1 du
α 0
1 1
= Γ ,
α α
où l’on a appliqué le théorème du changement de variable en posant u = ϕ(t) avec
ϕ : R∗+ → R∗+ qui est une bijection de classe C 1 .
t 7→ ntα
c) Démontrer que :
√1
1 1
e 1n nα nα
Jn ≤ Γ + +
3 n
.
α α 1 + n− 4 nα − 1
10
En premier lieu,
3 3
Z n− 4α Z n− 4α
1 1 1
n α
α n dt = n α exp (−n ln(1 + tα )) dt
0 (1 + t ) 0
3
1
Z n− 4α
≤n α exp(−ntα ) exp(nt2α ) dt (par 13.a)
0
1
Z n4
1 u2 1
= e−u e n u α −1 du,
α 0
où l’on
h a appliqué
i leh théorème
i du changement de variable en posant u = ψ(t) avec
3 1
− 4α
ψ : 0, n → 0, n 4 qui est une bijection de classe C 1 .
t 7→ ntα
h i u2 √
1 n
De plus, on a pour tout u ∈ 0, n , e ≤ e n . Par conséquent,
4 n
3 1
n− 4α n4 +∞ √1
1 √n 1 √n
Z Z Z
1 1 −u 1
−1 −u 1
−1 e 1n
n α
n dt ≤ en e u α du ≤ e n e u α du = Γ .
0 (1 + tα ) α 0 α 0 α α
Ensuite,
1
Z 1
1 1 1 1 3 nα
nα 3 α n dt ≤ n α (1 − n− 4 ) ≤
3 n
.
3 n
n− 4α (1 + t ) 1 + n− 4 1 + n− 4
Enfin,
+∞ 1
+∞ +∞
t−nα+1
Z Z
1 1 1 1 1 nα
n α
α n dt ≤ n α dt = n α = .
1 (1 + t ) 1 tnα −nα + 1 1 nα − 1
d) Démontrer que :
1 1 1
In ∼ Γ n− α .
n→+∞ α α
√1
On a tout d’abord, e n −−−−−→ 1. Ensuite, on a par la question 13.a),
n→+∞
1
nα ln(n) − 43 ln(n) 1
− 12
= exp
3 n
− n ln(1 + n ) ≤ exp −n +n
4 −−−−−→ 0.
1 + n− 4 α α n→+∞
11
Enfin,
1 1
nα n α −1
∼ −−−−−→ 0 (car α > 1).
nα − 1 n→+∞ α n→+∞
Donc, d’après le lemme des gendarmes, on obtient avec les questions 13. b) et 13. c),
1 1
Jn −−−−−→ Γ .
n→+∞ α α
En conclusion,
1 1 1
In ∼ Γ n− α .
n→+∞ α α
12
2 Problème d’algèbre
Notations
Dans ce problème, nous utiliserons les notations suivantes :
• N désigne l’ensemble des entiers naturels.
• R[X] désigne l’espace vectoriel des polynômes à coefficients réels, muni des lois + et . usuelles.
• Pour n un entier naturel, Rn [X] désigne le sous-espace vectoriel de R[X] formé par les poly-
nômes de degré inférieur ou égal à n.
2. Déterminer le noyau de ∆.
Soit P ∈ R[X]. Si deg(P ) ≥ 1, alors ∆(P ) 6= 0. Et, si deg(P ) = 0, alors ∆(P ) = 0.
Par suite, Ker(∆) = R0 [X].
13
3. Soit n ≥ 0. On note ∆n la restriction de ∆ à Rn [X]. Démontrer que ∆n est un endomorphisme
de Rn [X].
Remarquons que pour tout p ≥ 1,
p p−1
X p X p
∆(X p ) = (X + 1)p − X p = Xk − Xp = Xk.
k k
k=0 k=0
Donc ∆(X p ) est un polynôme de terme de plus haut degré égal à pX p−1 . Par conséquent,
Xn
si P (X) = ap X p est un polynôme de degré n, c’est-à-dire an 6= 0, alors ∆(P ) est un
p=0
polynôme de degré n − 1 exactement.
Ainsi, ∆n (P ) ∈ Rn [X] et ∆n est un endomorphisme de Rn [X].
∼
4. Soit F = {P ∈ R[X] | P (0) = 0}. On note, ∆ la restriction de ∆ à F et pour tout n ≥ 1, on
∼
note ∆n la restriction de ∆n à Rn [X] ∩ F .
a) Démontrer que F est un sous-espace vectoriel de R[X].
F contient le polynôme nul. De plus, si P ∈ F , Q ∈ F et λ ∈ R, alors λP (0) + Q(0) = 0
donc λP + Q ∈ F et ainsi F est un sous-espace vectoriel de R[X].
∼
b) Soit n ≥ 1. Montrer que ∆n est un isomorphisme de Rn [X] ∩ F sur Rn−1 [X].
∼ ∼
Tout d’abord, ∆n est injective sur Rn [X]∩F car Ker(∆n ) = Ker(∆) ∩ Rn [X] ∩ F = R0 [X] ∩ F
et le seul polynôme constant vérifiant P (0) = 0 est le polynôme nul.
De plus, Rn [X] ∩ F est le noyau de la forme linéaire Rn [X] → R donc c’est un
P 7→ P (0)
hyperplan de Rn [X].
∼
Ainsi, dim(Rn [X] ∩ F ) = dim(Rn [X]) − 1 = dim(Rn−1 [X]) donc ∆n est un isomorphisme
de Rn [X] ∩ F sur Rn−1 [X].
∼
c) En déduire que ∆ est un isomorphisme de F sur R[X].
∼ ∼
Tout d’abord, on a Ker(∆) = Ker(∆) ∩ F = R0 [X] ∩ F = 0R[X] donc ∆ est injective.
De plus, soit Q ∈ R[X]. En notant n = deg(Q), on a Q ∈ Rn [X] donc il existe
∼ ∼ ∼
P ∈ Rn [X] ∩ F tel que ∆n (P ) = Q. Dans ce cas, P ∈ F et ∆(P ) = Q donc ∆ est
surjective.
∼
Ainsi, ∆ est un isomorphisme de F sur R[X].
Z 1
∧
5. Soit G = P ∈ R[X] | P (t) dt = 0 . On note, ∆ la restriction de ∆ à G.
0
a) Démontrer que G est un sous-espace vectoriel de R[X].
G contient le polynôme nul. De plus, si P ∈ G, Q ∈ G et λ ∈ R, alors
Z 1 Z 1 Z 1
(λP + Q)(t) dt = λ P (t) dt + Q(t) dt = 0,
0 0 0
14
∧
b) Démontrer que ∆ est un isomorphisme de G sur R[X].
∧
Pour tout n ≥ 1, on note ∆n la restriction de ∆n à Rn [X] ∩ G. Commençons par montrer
∧
que ∆n est un isomorphisme de Rn [X] ∩ G sur Rn−1 [X].
∧ ∧
Tout d’abord, ∆n est injective sur Rn [X]∩G car Ker(∆n ) = Ker(∆) ∩ Rn [X] ∩ G = R0 [X] ∩ G
Z 1
et le seul polynôme constant vérifiant P (t) dt = 0 est le polynôme nul.
0
De plus, Rn [X] ∩ G est le noyau de la forme linéaire Rn [X] → R donc c’est
R1
P 7→ 0 P (t) dt
un hyperplan de Rn [X].
∧
Ainsi, dim(Rn [X] ∩ G) = dim(Rn [X]) − 1 = dim(Rn−1 [X]) donc ∆n est un isomorphisme
de Rn [X] ∩ G sur Rn−1 [X].
∧
À présent, montrons que ∆ est un isomorphisme de G sur R[X].
∧ ∧
On a : Ker(∆) = Ker(∆) ∩ G = R0 [X] ∩ G = 0R[X] donc ∆ est injective.
De plus, soit Q ∈ R[X]. En notant n = deg(Q), on a Q ∈ Rn [X] donc il existe
∧ ∧ ∧
P ∈ Rn [X] ∩ G tel que ∆n (P ) = Q. Dans ce cas, P ∈ G et ∆(P ) = Q donc ∆ est
surjective.
∧
Ainsi, ∆ est un isomorphisme de G sur R[X].
6. Pour P et Q deux polynômes de R[X] tels que ∆(Q) = P , on dira que P est la dérivée discrète
de Q et que Q est une primitive discrète de P .
a) Soit P ∈ R[X]. Justifier l’existence d’une primitive discrète de P .
D’après la question 3., il existe Q ∈ F tel que ∆(Q) = P donc P admet bien une
primitive discrète.
b) Soit P ∈ R[X] et Q0 une primitive discrète de P . Déterminer l’ensemble des primitives
discrètes de P .
Soit Q ∈ R[X]. On a :
car le noyau de ∆ est constitué des polynômes constants. Ainsi, l’ensemble des primitives
discrètes de P est {Q0 + c | c ∈ R}.
c) Soit P ∈ R[X] et Q une primitive discrète de P . Montrer que pour tout n ∈ N, on a :
Xn
P (k) = Q(n + 1) − Q(0).
k=0
On a ∆(Q) = P , c’est-à-dire Q(X + 1) − Q(X) = P (X). Ainsi, pour tout n ∈ N,
n
X n
X
P (k) = (Q(k + 1) − Q(k)) = Q(n + 1) − Q(0).
k=0 k=0
15
d) Soit n un entier naturel. Utiliser la formule précédente pour déterminer la valeur de
Xn
k.
k=0
X(X − 1)
Posons P (X) = X et Q(X) = . Alors Q(X + 1) − Q(X) = X = P (X) donc Q
2
est une primitive discrète de P . Ainsi,
n n
X X n(n + 1)
k= P (k) = Q(n + 1) − Q(0) = .
2
k=0 k=0
Démontrons par récurrence sur p ≥ 0 l’existence et l’unicité d’une telle suite de polynômes.
Tout d’abord, H0 = 1 est défini de manière unique. Supposons qu’il existe un rang p ≥ 0
pour lequel Hp soit défini de manière unique. On sait, d’après la question 3., que Hp admet
un unique antécédent Hp+1 par ∆ qui s’annule en 0. Alors Hp+1 existe et est unique. Donc
la suite (Hp )p≥0 est bien définie de manière unique.
8. Soit n un entier naturel. Démontrer que la famille (Hp )0≤p≤n est une base de Rn [X].
Nous avons prouvé en question 2 que pour tout polynôme P , le degré de ∆(P ) vaut deg (P ) − 1.
Par conséquent, la famille (Hp )0≤p≤n est une famille libre de Rn [X] comme famille de poly-
nômes non nuls échelonnés en degrés à n + 1 éléments. Donc c’est une base de Rn [X]
p−1
1 Y
Introduisons la suite de polynômes (Kp )p≥0 définie par K0 = 1 et Kp (X) = (X − k)
p!
k=0
pour tout p ≥ 1. Pour démontrer que Kp = Hp pour tout entier naturel p, il suffit de vérifier
que la suite de polynômes (Kp )p≥0 vérifie les trois conditions données en question 6. puisqu’il
y a unicité d’une telle famille.
Tout d’abord, K0 = 1 et on a bien Kp (0) = 0 pour tout p ≥ 1.
16
Ensuite, on a : ∆(K1 )(X) = X + 1 − X = K0 (X) et pour p ≥ 2,
∆(Kp )(X) = Kp (X + 1) − Kp (X)
p−1 p−1
1 Y 1 Y
= (X + 1 − k) − (X − k)
p! p!
k=0 k=0
p−1 p−1
1 Y 1 Y
= (X − (k − 1)) − (X − k)
p! p!
k=0 k=0
p−2 p−1
1 Y 1 Y
= (X + 1) (X − j) − (X − k) (en posant j = k − 1)
p! p!
j=0 k=0
p−2
1 Y
= (X − j) × (X + 1 − (X − (p − 1)))
p!
j=0
p−2
1 Y
= (X − j)
(p − 1)!
j=0
= Kp−1 (X).
Ainsi, Kp = Hp pour tout entier naturel p donc on a bien pour tout p ≥ 1,
p−1
1 Y
Hp (X) = (X − k).
p!
k=0
10. Démontrer que pour tout entier naturel n et tout polynôme P de Rn [X],
n
X
P (X) = ∆i (P )(0)Hi (X).
i=0
Supposons qu’il existe un rang n ≥ 0 tel que pour tout polynôme P de Rn [X], on ait
Xn
P (X) = ∆k (P )(0)Hk (X). Soit Q un polynôme de Rn+1 [X]. Alors ∆(Q) est de degré n
k=0
donc :
n
X
∆(Q)(X) = ∆k (∆(Q))(0)Hk (X).
k=0
n
X
D’après la définition des polynômes de Hilbert, on en déduit que ∆k (∆(Q))(0)Hk+1 est
k=0
une primitive discrète de ∆(Q). Donc, d’après la question 5.,
n
X n+1
X
k+1
Q(X) = Q(0) + ∆ (Q)(0)Hk+1 (X) = ∆k (Q)(0)Hk (X).
k=0 k=0
17
Nous avons démontré que pour tout entier naturel n et tout polynôme P de Rn [X],
n
X
P (X) = ∆i (P )(0)Hi (X).
i=0
18
Soit P ∈ Rn [X]. On a :
n n i
(−1)i−j i P (j) Hi (X).
X X X
P (X) = ∆i (P )(0)Hi (X) =
j
i=0 i=0 j=0
L’implication directe est vérifiée. Supposons que P (k) ∈ Z pour tout 0 ≤ k ≤ n. Soit
q ∈ Z. Alors :
n k
(−1)k−j k P (j) Hk (q).
X X
P (q) =
j
k=0 j=0
On a, par hypothèse, P (j) ∈ Z pour tout j compris entre 0 et n. De plus, pour tout
0 ≤ i ≤ n,
k−1
1 Y q! q
Hk (q) = (q − j) = = ∈ N.
k! k! (q − k)! k
j=0
Donc, P (q) ∈ Z.
12. Dans cette question, on introduit pour deux entiers naturels non nuls n et p la somme
n
X
Sn (p) = k p . Également, pour tous entiers naturels r et s on appelle nombre de Stirling la
k=0
quantité :
s
r 1X s−t s
= (−1) tr
s s! t
t=0
0
avec la convention = 1.
0
p
X p n+1
a) Montrer que pour tous entiers naturels non nuls n et p, on a : Sn (p) = i! .
i i+1
i=0
On a d’après la question 10.b), avec P (X) = X p ,
p i p
p
X X
i−j i p
X p
X = (−1) j Hi (X) = i! Hi (X).
j i
i=0 j=0 i=0
19
Ainsi,
p X n
X p
Sn (p) = i! Hi (k)
i
i=0 k=0
p
X p
= i! (Hi+1 (n + 1) − 0) (d’après 5.c))
i
i=0
i
Y
p (n + 1 − k)
X p k=0
= i! (par la question 8.)
i (i + 1)!
i=0
p
X p n+1
= i! .
i i+1
i=0
b) En déduirel’expression
de S
n (2) et deSn (3)
en fonction de l’entier naturel non nul n.
2 2 2
On trouve = 0, = 1 et = 1 donc pour tout n ≥ 1,
0 1 2
n+1 n+1 n(n + 1) n(n + 1)(n − 1) n(n + 1)(2n + 1)
Sn (2) = +2 = + = .
2 3 2 3 6
3 3 3 3
On trouve également, = 0, = 1, = 3 et = 1 donc
0 1 2 3
pour tout n ≥ 1,
n+1 n+1 n+1
Sn (3) = +6 +6
2 3 4
n(n + 1) n(n + 1)(n − 1)(n − 2)
= + n(n + 1)(n − 1) +
2 4
n2 (n + 1)2
= .
4
Soit n ≥ 1. On sait, d’après la question 4., que nX n−1 admetZ un unique antécédent Bn par
1
∆ qui appartient au sous-espace vectoriel G, c’est-à-dire que Bn (t) dt = 0.
0
20
14. a) Soit n ≥ 1. Déterminer le degré de Bn .
On a : deg(nX n−1 ) = n − 1 = deg(∆(Bn )) = deg(Bn ) − 1. Donc, deg(Bn ) = n.
b) Montrer que pour tout entier naturel n supérieur ou égal à 2, on a : Bn (1) = Bn (0).
On a d’une part, ∆(Bn )(0) = Bn (1) − Bn (0) et, d’autre part, ∆(Bn )(0) = n0n−1 = 0
car n − 1 ≥ 1. Ainsi, Bn (1) = Bn (0) pour tout n ≥ 2.
∆(d(Bn )−nBn−1 )(X) = d(nX n−1 )−n∆(Bn−1 )(X) = n(n−1)X n−2 −n(n−1)X n−2 = 0.
21
n
X n
16. a) Démontrer que pour tout entier naturel non nul n on a, ∆Bn (X) = Bn−k (X).
k
k=1
La formule de Taylor pour les polynômes donne :
p
p
X p+1
b) En déduire que pour tout entier naturel p, on a : (p + 1)X = Bk (X).
k
k=0
On applique la formule de la question précédente avec n = p + 1 ce qui donne :
p+1 p
p
X p+1 X p+1
(p + 1)X = ∆Bp+1 (X) = Bp+1−k (X) = Bj (X)
k j
k=1 j=0
22
p
1 X p+1
b) En déduire pour tous entiers non nuls n et p, Sn (p) = bk (n + 1)p+1−k .
p+1 k
k=0
La formule de Taylor donne :
p+1
X 1 k
Bp+1 (n + 1) = d (Bp+1 )(0)(n + 1)k
k!
k=0
p+1
X (p + 1)!
= Bp+1−k (0)(n + 1)k
k!(p + 1 − k)!
k=0
p+1
X p+1
= bj (n + 1)p+1−j (avec j = p + 1 − k)
j
j=0
p
X p+1
= Bp+1 (0) + bj (n + 1)p+1−j
j
j=0
23
Donc on a l’égalité entre polynômes :
p p
X p X(X − 1) . . . (X − i) 1 X p+1
i! = bk X p+1−k
i (i + 1)! p+1 k
i=0 k=0
car leur différence admet une infinité de racines (tous les entiers naturels supérieurs ou égaux
à 2.) En particulier, leurs coefficients de degré 1 sont identiques, c’est-à-dire :
p
(−1)i i!
X p
i! = bp
i (i + 1)!
i=0
et donc
p
(−1)i
X p
i! = bp
i i+1
i=1
p
car = 0.
0
p
On obtient la dernière formule en remplaçant par sa valeur :
i
p i i p i
X 1 X
i−j i p (−1) X 1 X
j i p
bp = i! (−1) j = (−1) j
i! j i+1 i+1 j
i=1 j=0 i=1 j=1
car 0p = 0 puisque p ≥ 1.
24
ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE INSTITUT SOUS-RÉGIONAL DE STATISTIQUE
DE STATISTIQUE ET D'ÉCONOMIE APPLIQUÉE ET D’ÉCONOMIE APPLIQUÉE
ENSEA – ABIDJAN ISSEA – YAOUNDÉ
AVRIL 2024
Dans toute cette épreuve, N désigne l’ensemble des entiers naturels, R l’ensemble des
nombres réels, e le nombre de Néper et Ln le logarithme népérien.
Exercice n° 1
𝑥 2 +𝑥+1
Soit f la fonction réelle définie par : 𝑓(𝑥) = .
𝑥+1
1
1
La suite peut s’écrire : 𝑢𝑛+1 = 1+𝑢 = 𝑔(𝑢𝑛 )
𝑛
On vérifie par récurrence que la suite est à termes strictement positifs.
1 − 1+√5
Si la suite converge, sa limite vérifie : 𝑙 = 1+𝑙 à savoir l= 2 .
Comme la fonction est décroissante, la suite n’est pas monotone. L’idée est d’étudier la
suite des termes de rang pair et celle de rang impair.
1+𝑣
Soit (𝑣𝑛 ) la suite des termes de rang pair. On a : 𝑣𝑛 = 2+𝑣𝑛−1 .
𝑛−1
Si 𝑢0 > 𝑙, la suite (𝑣𝑛 ) est minorée par l (on peut le vérifier par récurrence) et décroissante,
1+𝑥
elle converge vers l, qui est solution de l’équation 𝑥 = 2+𝑥 et aussi un point fixe pour g. De
même la suite des termes de rang impair est croissante et majorée par l. Les deux suites sont
− 1+√5
adjacentes et la suite (𝑢𝑛 ) converge donc vers 2 .
Le raisonnement est analogue si 𝑢0 < 𝑙. Et si 𝑢0 = 𝑙, la suite est stationnaire.
Exercice n° 2
Soit f la fonction réelle définie sur l’ensemble des nombres réels strictement positifs par :
𝐿𝑛𝑥
𝑓(𝑥) = √1+𝑥 2 .
y
0,5
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
-0,5
-1
-1,5
-2
-2,5
2
2. Trouver une primitive de la fonction g définie sur les nombres réels strictement positifs par :
𝑔(𝑥) = 𝑥 𝑓(𝑥).
√1+𝑥 2 √1+𝑥 2
Soit 𝐼 = ∫ 𝑥 𝑓(𝑥)𝑑𝑥 = [√1 + 𝑥 2 𝐿𝑛 𝑥] − ∫ 𝑑𝑥 . On pose 𝐽 = ∫ 𝑑𝑥.
𝑥 𝑥
Pour calculer J, on effectue un changement de variable : 𝑢 = √1 + 𝑥 2 . On obtient :
𝑢2 1 1 1 1 𝑢−1
𝐽=∫ 2 𝑑𝑢 = ∫(1 + ( − ) 𝑑𝑢 = 𝑢 + 𝐿𝑛( )
𝑢 −1 2 𝑢−1 𝑢+1 2 𝑢+1
,
1 √1+𝑥2 −1
On obtient comme primitive : √1 + 𝑥 2 (𝐿𝑛 𝑥 − 1) + 2 𝐿𝑛 (√ )
1+𝑥2 +1
Exercice n° 3
4−𝑎 1 −1
On considère la matrice 𝑀(𝑎) = ( −6 −1 − 𝑎 2 ), où a est un paramètre réel
2 1 1−𝑎
quelconque.
3. Déterminer la valeur de a et une base dans laquelle la matrice M(a) est semblable à la matrice
1 1 0
suivante : 𝑁(𝑎) = (0 1 0)
0 0 2
D’après ce qui précède, la matrice est semblable à une matrice triangulaire de la forme :
1−𝑎 ∗ ∗
( 0 1−𝑎 ∗ ). En comparant cette matrice avec celle recherchée, il faut a=0.
0 0 2−𝑎
Pour obtenir la matrice semblable N(a), on doit chercher un deuxième vecteur de base 𝑒2
tel que : 𝑀(𝑒2 ) = 𝑒1 + 𝑒2 , soit à résoudre le système : 3x+y-z=1 ; 2x+y=1, on peut donc
choisir 𝑒2 = (1, −1,1). Le troisième vecteur de la base sera un vecteur propre associé à l’autre
valeur propre 2-a=2. On peut prendre 𝑒3 = (1, −2,0).
3
Exercice n° 4
0 si 𝑦=0
Soit f : R 2 R définie par : 𝑓(𝑥, 𝑦) = {𝑦 2𝑛 𝑠𝑖𝑛( 𝑥 ) si 𝑦 ≠ 0 , où n est un entier naturel non
𝑦
nul.
1. Etudier la continuité de f
Pour tout le problème les difficultés se situent sur la droite y=0, et en dehors la fonction est
indéfiniment différentiable.
Le problème de la continuité se situe donc sur la droite y=0, à savoir aux points (𝑥0 , 0).
Donc 𝐿𝑖𝑚 𝑓(𝑥, 𝑦) = 0 = 𝑓(𝑥0 , 0) (car la fonction sinus est majorée par 1 en valeur
(𝑥,𝑦)→(𝑥0, 0)
absolue) et f est continue.
4. Etudier la différentiabilité de f .
Si f est différentiable en (x, 0), alors sa différentielle est nulle.
𝑓(𝑥,𝑦)
Donc f est différentiable en (𝑥0 , 0) si et seulement si 𝐿𝑖𝑚 = 0, ce qui est vérifié car
(𝑥0, 0) √(𝑥−𝑥 2 +𝑦2
0)
4
Exercice n° 5
1. On considère deux suites numériques (𝑢𝑛 ) et (𝑣𝑛 ) définies par les relations de récurrence
1
𝑢𝑛+1 = 3 (2 𝑢𝑛 + 𝑣𝑛 )
suivantes : { 1 et (𝑢0 , 𝑣0 ) ∈ 𝑅 2
𝑣𝑛+1 = 3 (𝑢𝑛 + 2𝑣𝑛 )
Etudier la convergence de ces deux suites.
On peut faire une démonstration par combinaison (b) ou en utilisant la matrice du système (a).
Il en est de même pour la deuxième question.
1 2 1 1 1 1
(a) Soit la matrice du système : 𝑀 = 3 ( ) = 3 (𝐴 + 𝐼), où 𝐴 = ( ).
1 2 1 1
1 (1+2)𝑛 −1
On a 𝐴𝑝 = 2𝑝−1 𝐴. En utilisant la formule du binôme, on obtient : 𝑀𝑛 = 3 (𝐼 + 𝐴)
2
𝑛 𝑛
3 +1 3 −1
𝑢𝑛 1 2 ) (𝑢0 )
(𝑣 ) = 𝑛 ( 𝑛 2
𝑛 3 3 − 1 3 + 1 𝑣0
𝑛
2 2
𝑢 +𝑣
En conclusion : lim 𝑢𝑛 = lim 𝑣𝑛 = 0 2 0
1
(b) On a : 𝑢𝑛 + 𝑣𝑛 = 𝑢𝑛−1 + 𝑣𝑛−1 = ⋯ = 𝑢0 + 𝑣0 et 𝑢𝑛 − 𝑣𝑛 = 3𝑛 ( 𝑢0 − 𝑣0 )
Bien sûr on obtient le même résultat.
2. On pose la même question pour les 3 suites numériques suivantes (on pourra chercher une
suite géométrique combinaison linéaire de ces trois suites) :
1
𝑢𝑛+1 = 3 (2 𝑣𝑛 + 𝑤𝑛 )
1
𝑣𝑛+1 = 3 (2 𝑤𝑛 + 𝑢𝑛 ) et (𝑢0 , 𝑣0 , 𝑤0 ) ∈ 𝑅 3
1
𝑤𝑛+1 = (2 𝑢𝑛 + 𝑣𝑛 )
{ 3
Comme les modules des deux coefficients à droite sont strictement inférieurs à 1, on en
déduit : lim(𝑢𝑛 + 𝑗 2 𝑣𝑛 + 𝑗𝑤𝑛 ) = lim(𝑢𝑛 + 𝑗𝑣𝑛 + 𝑗 2 𝑤𝑛 ) = 0. Par conséquent
𝑢0 + 𝑣0 + 𝑤0
lim 𝑢𝑛 = lim 𝑣𝑛 = lim 𝑤𝑛 =
3
5
Exercice n° 6
On note 𝑀𝑛 (𝑍) l’ensemble des matrices carrées d’ordre n à coefficients dans Z (ensemble des
entiers relatifs).
1. Soit 𝑀 ∈ 𝑀𝑛 (𝑍). Montrer que M est inversible dans 𝑀𝑛 (𝑍) si et seulement si son
déterminant est égal à plus ou moins 1.
Montrer que l’ensemble des matrices qui conservent q est un groupe multiplicatif, que l’on
notera 𝑂 (𝑞).
1 0 0
On a : 𝑞 (𝑋) = 𝑋 ′ 𝑃𝑋 avec 𝑃 = (0 1 0 ) et 𝑞 (𝑀𝑋) = (𝑀𝑋)′ 𝑃(𝑀𝑋). Par conséquent :
0 0 −1
Ainsi, il est clair que la multiplication est une opération interne et que la matrice unité
appartient à l’ensemble.
Il reste à montrer que si 𝑀 ∈ 𝑂 (𝑞), alors la matrice est inversible et son inverse appartient
aussi à 𝑂 (𝑞). On a, d’après (i), det(𝑀′ ) × det (P) × det(𝑀) = det(𝑃) ≠ 0, d’où
(det(𝑀))2 = 1 et la matrice est inversible.
D’après (i) : 𝑃 = 𝑃−1 = (𝑀′ 𝑃𝑀)−1 = 𝑀−1 𝑃(𝑀−1 )′ et la matrice inverse appartient à
l’ensemble.
2 1 2
3. Soit 𝐴 = (1 2 2).
2 2 3
On vérifie (i) : 𝐴′ 𝑃𝐴 = 𝑃
6
b) En déduire un mode de construction d’une famille de solutions de l’équation 𝑞(𝑋) = 0 (on
pourra exhiber une solution, à termes non nuls, de cette équation.
Comme 𝐴 ∈ 𝑂 (𝑞), le sous-groupe engendré par A est contenu dans 𝑂 (𝑞) et par conséquent
𝐴𝑝 ∈ 𝑂 (𝑞). On peut vérifier que : 32 + 42 − 52 = 0 donc 𝑞 (𝑋0 ) = 0 pour 𝑋0 = (3,4,5). Par
conséquent : 𝑞(𝐴𝑝 𝑋0 ) = 0. Ainsi on a un procédé de construction de solutions. Par exemple
avec 𝐴2 𝑋0 = (20,21,29); 𝐴3 𝑋0 = (119,120,169).