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12 personnages
11 filles / 1 garçon
45 minutes
Niveau : Collège

UN PETIT WEEK-END
TOUT POURRI

de Patrick Mermaz

« Un petit week-end tout pourri » de Patrick Mermaz - Copyright France – 15/12/2017 1


Résumé : Un groupe de copines part faire son premier week-end trappeur dans la forêt. Elles
n’y connaissent rien en camping, ne savent pas comment vivre dans les bois et ne sont jamais
sortis de leur quartier. Attention, c’est le début d’un petit week-end tout pourri qui commence !

Personnages :
Gabriella, collégienne.
Emma, collégienne.
Louise, collégienne.
Jessica, collégienne.
Léna, collégienne.
Emy, collégienne.
Marion, collégienne.
Chloé, collégienne.
Camille, collégienne.
Nina, collégienne.
Jade, collégienne.
Jules, collégien.

Décors : Une place devant un collège et la forêt.

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Tableau 1 : Le collège
Scène 1 : Gabriella / Emma / Marion
Une petite place vide devant un collège. Il pleut. Trois adolescentes (Gabriella, Emma et Marion)
discutent sous leur parapluie.
EMMA (frigorifiée) : Ça va pas bientôt finir ce foutu temps de chien !?
MARION (agacée) : C’est la fin du monde ou quoi !?... Deux jours de suite qu’il pleut sans s’arrêter.
GABRIELLA (dépitée) : Si ça continue comme ça, on va finir par venir au collège en barque.
MARION : Ou à la nage.
EMMA : Même pas en rêve.
GABRIELLA : Tu parles d’un mois de mai !
EMMA : J’te parie que la semaine prochaine, on crève de chaud.
GABRIELLA : Si ça c’est pas du dérèglement climatique faut qu’on m’explique ce que c’est.
EMMA : Ça y est miss écolo est de retour.
MARION : Bon, c’est quand qu’ils l’ouvrent leur fichue grille !? J’ai les pieds trempés.
EMMA : Et en plus, ça caille grave !
GABRIELLA : Si avec tout ça, on se choppe pas la crève, c’est un miracle.
Scène 2 : Gabriella / Emma / Marion / Jules
Arrive Jules avec un parapluie tout déformé.
JULES : Salut !
EMMA (à Jules en voyant son parapluie) : Super ton parapluie !
JULES : M’en parle pas, c’est une vraie galère. C’est mon père qu’a trouvé un sac dans la rue avec
vingt parapluies tout neufs. Je ne sais pas où ils ont fabriqué ça, mais c’est de la vraie merde. Dès que
tu l’ouvres, ou bien il se casse en deux ou bien t’as les baleines qui se barrent… Pourquoi vous rentrez
pas ?
GABRIELLA (ironique) : Tu vois pas qu’on profite du beau temps.
EMMA (ironique) : J’ai même amené ma serviette de bain pour bronzer.
MARION (ironique) : Tiens, passe-moi la crème, je voudrais pas attraper des coups de soleil.
JULES : Non, sérieux.
MARION : Mais on n’en sait rien ! Peut-être que leur grille est pétée.
GABRIELLA : Ou que la CPE s’est noyée.
EMMA : Au fait Jules, t’oublies pas les tartes pour mon anniversaire de samedi.
JULES : Vu que tu me le rappelles dix fois par jour, je risque pas de l’oublier.

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MARION : T’es vraiment le roi de la pâtisserie, toi.
GABRIELLA : Peut-être, mais à cause de lui j’ai pris un kilo en une semaine. Faut dire qu’avec mes
allergies, y’a que ses gâteaux que je peux manger. Et en plus, ils sont bios.
EMMA : Où c’est que tu as appris à cuisiner comme ça ?
JULES : Nulle part. Mais chez nous, on aime bien manger, c’est tout.
Scène 3 : Gabriella / Emma / Marion / Jules / Jessica
Entre Jessica concentrée par la lecture des sms de son portable et complètement trempée.
EMMA : Eh Jessica !
JESSICA (concentrée) : Quoi ?
EMMA : Il pleut.
JESSICA (concentrée) : M’en fout.
EMMA : Ok.
JULES (à Emma et Marion) : Je vous parie qu’elle a téléchargé une appli « Parapluie » sur son
téléphone.
EMMA : Vachement efficace.
GABRIELLA (à Jessica) : Eh ! Fais gaffe Jessica, tu vas marcher dans une flaque !
JESSICA (concentrée) : Même pas vrai.
Jessica marche dans une flaque d’eau, s’arrête et regarde ses pieds.
JESSICA : Ah si !
MARION (à Jessica) : T’as pas peur de niquer ton portable ?
JESSICA (montrant son portable) : Coque étanche… Pas si conne que ça la Jessica.
EMMA (à Jessica) : Et tes pompes, elles sont étanches aussi ?
JESSICA : Qu’est-ce que ça peut te foutre, t’as des actions chez Adidas ?
JULES (à Jessica) : Ça t’arrive d’être aimable de temps en temps ?
JESSICA : Oui, mais seulement avec mes amis.
GABRIELLA : Jessica, je sais pas si t’as remarqué, mais t’as pas d’amis.
JESSICA : Alors, faut pas s’étonner que je sois pas aimable.
JULES (montrant au loin) : Eh les filles ! Regardez là-bas.
GABRIELLA : Houa ! La touche ! Mdr.
EMMA : Comment elles vont se taper l’affiche, c’est deux-là.
JESSICA : J’avoue… Allez, une petite photo pour rigoler sur Facebook.

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Scène 4 : Gabriella / Emma / Marion / Jules / Jessica / Emy / Louise
Emy entre avec un air renfrogné et contrarié. Elle porte un grand poncho de pluie très large de
couleur jaune fluo. Elle est suivie par Louise, chaussée de bottes en plastique avec des grenouilles et
qui tient à la main un parapluie avec des oreilles de Mickey
EMY (menaçante) : Vous cinq, vous vous la fermez, ok !?... Le premier qui rigole, je lui en colle une.
GABRIELLA (en regardant Emy) : Au fait, vous savez qu’il y a un nouveau Pokemon qui vient de
sortir ?...
EMMA & MARION : Ben non.
GABRIELLA : Et vous savez comment ils l’ont appelé ?... (En regardant Emy) Gros-Kachu.
EMY : Toi, si je t’attrape, je te fais manger ton parapluie !
Emy se met à courir après Gabriella.
GABRIELLA : Au secours ! Le fantôme de Gros-Kachu me poursuit.
Gabriella et Emy sortent en courant pendant que Jessica filme la scène avec son portable.
MARION : Salut Louise.
LOUISE : Salut.
EMMA : Alors, ce stage à Disneyland Paris, ça c’est bien passé ?
LOUISE : J’ai jamais fait de stage à Disneyland. Pourquoi tu me dis ça ?
EMMA : Je sais pas, comme ça, je croyais.
MARION : C’est rapport aux oreilles.
LOUISE : Qu’est-ce qu’elles ont mes oreilles ? qu'elle a ma robe?

MARION : Pas les tiennes patate, celles de ton parapluie.


LOUISE : Ah ça ! C’est le parapluie de ma petite sœur. C’est le seul qui restait à la maison.
JULES : Et tes bottes ?
LOUISE : Quoi mes bottes ?
EMMA : Tu veux lancer une nouvelle mode ?
LOUISE : Vous les trouvez pas belles ?
MARION : Ah si ! Elles sont géniales…
EMMA : Elle a raison, ça flashe, ça pète, c’est super !
JULES : Surtout si t’es en grande section de maternelle.
MARION : Parce que là, au collège, ça fait surtout pitié.
LOUISE : C’est parce que vous n’y connaissez rien en fringues.
JULES : Ouais, t’as raison, ça doit être ça.

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EMMA : Non, mais c’est pas de ta faute si tu as des goûts de chiotte.
MARION : On ne peut pas être bonne partout.
LOUISE : Quand je serai devenue une grande styliste, vous rigolerez moins.
JULES : Non, moi je pense que si un jour tu deviens styliste, c’est nous qu’avons pas fini de rigoler.
LOUISE : C’est ça, moque toi.
Scène 5 : Gabriella / Emma / Marion / Jules / Jessica / Emy / Louise / Jade / Chloé
Jade et Chloé entrent. Elles ont un parapluie très laid pour deux. Chloé est enrhumée et n’arrête pas
d’éternuer et de se moucher.
CHLOÉ (très enrhumée) : Atchoum !!! Atchoum !!!
JADE : Vas-y fait gaffe ! T’es dégueu comme meuf ! Tu m’as mis de la morve dans les cheveux !
CHLOÉ (s’essuyant le nez et énervée) : Oh, l’autre ! Je t’ai pas obligée à venir sous mon parapluie
et à me coller ! T’as qu’à t’en acheter un !
Retour de Gabriella et d’Emy.
JADE : J’aime pas les parapluies ! C’est moche !... Les parapluies, c’est un truc de vieux ! T’as
toujours l’air con quand tu te trimbales avec ça !
JESSICA (fort) : Je suis d’accord !
EMY (montrant son poncho) : Et tu crois qu’avec un machin comme ça, t’as pas l’air con ?
JADE : Non, mais toi, avec ou sans, ça change pas grand-chose de toute façon.
EMY : Qu’est-ce qu’y a, c’est ma fête aujourd’hui ou quoi ?
LOUISE : C’est la pluie qui vous rend d’humeur clasheuse ?
MARION : Ça promet pour le week-end camping dans la forêt.
JADE : Ouais, ben si il fait ce temps-là, autant aller planter notre tente directement à la piscine
municipale. Ça reviendra au même.
EMMA : Vous en faites pas, ils ont dit à la météo que le week-end prochain serait super ensoleillé.
JADE : Et depuis quand tu crois ce qu’ils disent à la météo ?
EMMA : Depuis que je suis devenue optimiste, mademoiselle la chieuse. Ça fait un mois qu’on
prépare tout pour passer tous ensemble les deux jours les plus délires de l’année et vous, vous faites
les chochottes parce que vous avez deux gouttes qui vous tombent sur la tête. Excusez-moi, mais ça
commence sérieusement à me gonfler !
JADE : Parce que pour toi, ce qui tombe, t’appelles ça deux gouttes ?
GABRIELLA : Laisse tomber Jade.
CHLOÉ (très enrhumée) : Atchoum !!! Atchoum !!! De toute façon, si j’ai encore la crève après-
demain, vous le ferez sans moi votre camping.

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JESSICA (ironique) : Quel dommage de devoir se passer de quelqu’un d’aussi passionnant que toi.
JADE : Oh ferme-la Jessica !
Scène 6 : Gabriella / Emma / Marion / Jules / Jessica / Emy / Louise / Jade / Chloé / Camille /
Léna / Nina
Arrivées de Camille, Léna et Nina avec deux parapluies pour trois. Nina étant plus petite que les deux
autres, n’arrivent pas à se protéger de la pluie. Nina porte un k-way avec une capuche bien serrée
au niveau du visage. Pourtant, elle arrive trempée comme une souche.
NINA (énervée) : J’ai la poisse ou quoi !?... Y’avait qu’une seule flaque d’eau sur la route, une seule !
Et il a fallu que je passe juste à côté au moment où le bus arrivait… Quand je pense que côté fringues,
j’avais tout préparé, tout testé, tout anticipé. Pas une goutte ne pouvait passer au travers de ce que
j’avais mis ce matin. Résultat : je suis aussi trempée que si j’avais sauté toute habillée dans une rivière.
(À Léna et Camille) Et vous, avec vos petits parapluies tout péteux, pas une petite éclaboussure.
LENA : T’as raison, t’as surement la poisse. Et la poisse c’est contagieux. Alors, t’es gentille, tu vas
t’égoutter ailleurs que sur mes pompes.
NINA (énervée) : Ouais, t’as raison, ça vaut mieux. D’autant que je sais pas ce que vous vous êtes
foutues sur la tête, mais ça daube.
CAMILLE : Oh l’autre ! Ça daube. Un parfum à cent cinquante euros.
LENA (à Camille, ironique) : C’est toujours comme ça avec les crevardes.
NINA (énervée) : Oh ! J’suis pas une crevarde, t’entend !
Nina prend le parapluie de Léna et le jette par terre. Camille vient se mettre entre Nina et Léna.
CAMILLE : On se calme les filles !
NINA (énervée) : C’est elle qu’a commencé, moi j’l’ai pas traitée !
CAMILLE : Allez, on se détend.
NINA (énervée) : Elle a qu’à me causer mieux !
LENA : Si t’es pas contente, tu dégages de là, bouffonne !
NINA (énervée) : Moi bouffonne ! Tu vas voir, je vais te remaquiller que même ta mère elle va pas
te reconnaître !
Nina tente de frapper Léna mais marche sur le pied de Camille.
CAMILLE (criant de douleur) : Aïe !! Mais t’es conne ou quoi !? Tu m’as explosé le pied !...
Merde ! Regarde ma chaussure, tu l’as complètement dégueulassée !
NINA : Désolée.
CAMILLE : Mais, vous pouvez pas vous entendre un peu toutes les deux ! Ça fait depuis le début de
l’année que vous arrêtez pas de vous engueuler. Vous commencez sérieusement à me saoûler grave !
Vous me faites chier, salut !!!
Camille sort vers le collège. Tous les autres se dirigent vers l’entrée.

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JADE : Ah ça ouvre ! C’est pas trop tôt !
CHLOÉ (très enrhumée) : J’espère qu’ils ont réparé le chauffage dans la classe de techno parce
qu’avec la crève que j’ai,… Atchoum !
JADE : T’es gentille Chloé, va foutre tes microbes ailleurs, s’te-plait.
Jade et Chloé sortent.
EMY : Quelqu’un peut me payer un chocolat chaud ?
LENA : Pas d’argent.
GABRIELLA : Pas le temps.
JESSICA : Pas envie.
EMY : Eh Juju, t’as pas un euro ?
JULES : D’abord, tu m’appelles pas Juju, ok ? Et puis, rend-moi d’abord les cinq euros que tu me
dois.
EMY : Allez, soyez sympa !
Emy, Jessica et Jules sortent.
GABRIELLA : Quand je pense qu’en histoire-géo, on étudie les régions désertiques. Moi, ça me
déprime.
EMMA : C’est pas mieux que nous. Tu sais sur quoi on travaille en français ?
GABRIELLA : Non.
EMMA : Sur l’arche de Noé et le déluge.
LOUISE : Au moins, c’est d’actualité.
GABRIELLA (agacée) : C’est peut-être d’actualité mais tout le monde s’en fout royalement du
réchauffement climatique !
LOUISE : Bon, ça vous ennuie pas trop si on discute du réchauffement climatique au chaud et à
l’abri ?
Louise, Gabriella et Emma sortent.
LENA : Vous avez révisé le devoir de math ?
MARION : Mais c’est pas aujourd’hui le devoir de math.
LENA : C’est quand alors ?
NINA : Demain.
LENA (à Nina) : Tu pourras me filer un coup de main.
NINA : Combien tu me donnes ?
LENA : Vas-y, laisse tomber.

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Nina, Marion et Léna sortent.
Noir.
Tableau 2 : La forêt
Scène 1 : Emma / Louise / Marion / Jules
Lumières. Emma, Louise, Marion et Jules marchent dans la forêt d’un pas dynamique avec chacun
leur sac à dos. Le sac à dos de Louise est un sac à dos Dora l’exploratrice. Ils s’arrêtent pour faire
une pause. Le sac de Jules est deux fois plus gros que celui des filles. Marion pose son sac par terre,
l’ouvre et en sort une gourde.
EMMA : On a vraiment du pot qu’il fasse beau.
MARION (après avoir bu) : On va bien se marrer vous allez voir.
JULES (tapotant son sac) : Et on va bouffer comme des rois.
MARION : Attend, y’a quand même pas que de la bouffe dans ton sac ?
JULES : Ben si, pourquoi ? Tu ne crois pas sérieusement que je viens faire du camping avec vous
seulement pour votre conversation. Déjà que dormir par terre dans un sac de couchage, c’est limite
mais si en plus faut que je me tape du taboulé et des chips tout le week-end, non merci… Moi, je veux
me faire un petit week-end camping-menu cinq étoiles de la mort qui tue !
EMMA : Ok, mais me demande pas de porter ton sac.
LOUISE (essayant de soulever le sac de Jules) : Mais t’es malade, il pèse au moins une tonne !
JULES : Ça doit être le jambon de Bayonne et les boites de cassoulet qui pèsent lourds comme ça.
EMMA : Dis donc Louise, t’avais rien d’autre comme sac à dos ?
LOUISE : Pourquoi, qu’est-ce que tu lui reproches ?
EMMA : Rien, rien, il est… (Ironique) mignon.
JULES : Ma petite sœur qu’est au cp, elle a le même.
MARION : Mais à part un paquet de mouchoirs, t’as de la place pour mettre quoi dedans ?
LOUISE : J’ai ma brosse à dents, mon dentifrice, mon livre de coloriages et ma lampe torche.
MARION : Et c’est tout ?
LOUISE : Pourquoi, j’ai oublié quelque chose ?
MARION : Oui, ton doudou et tes crayons de couleur.
LOUISE : Oh mince ! T’as raison, je les ai laissés chez moi.
JULES (ironique) : C’est ballot !
MARION (se retournant) : Bon, qu’est-ce qu’elles font les autres ?
LOUISE : On pourrait peut-être les attendre un peu, non ?
EMMA : Si on veut arriver avant la nuit, on n’a pas de temps à perdre.

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LOUISE : Tu rigoles ! Il est onze heures du matin. Et il ne fera pas nuit avant vingt-et-une heure.
MARION : On va quand même pas mettre dix heures pour faire cinq kilomètres !
JULES : Cinq cents mètres à l’heure, même les escargots vont plus vite.
EMMA : Peut-être, mais avec la bande de cassos qu’on a derrière nous, faut s’attendre à tout.
LOUISE : Ça leur fait pas de mal de sortir un peu de leur canapé.
MARION : Pourvu qu’on n’ait pas fait une connerie en organisant ce week-end.
LOUISE : Ça, y a que dimanche soir qu’on le saura… Allez, en route !
Emma, Louise, Marion et Jules reprennent leur sac et sortent.
Scène 2 : Gabriella / Chloé / Emy / Léna
Gabriella, Chloé, Emy et Léna marchent dans la forêt avec chacun son sac à dos, sauf Léna qui tire
une valise à roulettes.
EMY (essoufflée) : Allez, une petite pause. J’en peux plus.
GABRIELLA : Déjà, mais ça fait à peine dix minutes qu’on marche.
EMY : Tant que ça ! Tu m’étonnes que je sois fatiguée.
GABRIELLA : Tu sais pourquoi t’es déjà crevée, parce que tu manques de fer dans le sang. Faut
dire aussi avec toutes les saletés que tu bouffes.
EMY : Vas-y, casse-toi ! C’est toi qui me fatigues avec ta bio connerie !
LENA (regardant autour d’elle) : Y’a quand même beaucoup d’arbres ici.
GABRIELLA (ironique) : C’est vrai, mais en même temps, c’est un peu le principe d’une forêt.
LENA : Ouais mais quand même, ils abusent… Y’en a de trop… (Montrant du doigt différentes
directions) T’en a là, là et là… Y’avait une promo chez Truffaut ou quoi ?
CHLOÉ : T’as raison, moi tous ces arbres alignés comme ça, ça m’angoisse plutôt qu’autre chose.
T’imagines tous les trucs chelous qui peuvent se planquer derrière un arbre.
LENA : Pourquoi tu crois que les films d’horreur ils se passent dans la forêt, à ton avis ?
EMY : Et puis c’est quoi cette odeur bizarre. J’ai l’impression d’être dans les chiottes de mes grands-
parents.
GABRIELLA : Mais t’es bête ou quoi !? C’est les sapins qui donnent cette odeur. C’est naturel.
EMY : Et pourquoi ils ont une odeur de chiottes les sapins ?
GABRIELLA (à Léna) : Elle est grave dis donc. Dis-moi Léna, je peux te poser une petite question ?
LENA : Vas-y.
GABRIELLA : Pourquoi t’es venue avec une valise à roulettes dans la forêt ?
LENA : Ben, pour mettre mes vêtements dedans tiens ! Tu fais quoi avec une valise toi ?

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GABRIELLA : Non, je veux dire pourquoi tu t’es pas pris un sac à dos ?
LENA : Pour avoir des vêtements tout chiffonnés, non merci.
EMY (regardant ses pieds) : C’est quand même pas très pratique les tongs dans la forêt. Elles arrêtent
pas de se barrer.
CHLOÉ : Tu pouvais pas mettre autre chose ?
EMY : Ben quoi, c’est ce que je mets quand je me promène au centre commercial.
CHLOÉ : Et c’est quoi le rapport entre le centre commercial et la forêt ?
EMY : Ben, c’est pas chez moi.
GABRIELLA (à Léna et Chloé) : Là les filles, y a une logique qui m’échappe.
CHLOÉ (criant et montrant du doigt) : Là-bas ! Y’a quelque chose qu’a bougé !
GABRIELLA : Où ça ?
CHLOÉ (montrant du doigt) : Là, je te dis ! Regarde !
GABRIELLA : Je vois rien.
CHLOÉ (montrant du doigt) : Mais si, là, le machin qui tombe de l’arbre !
GABRIELLA (ironique) : Ça tu vois, ça s’appelle une feuille.
CHLOÉ : Ça m’a foutu la trouille ce truc, je te raconte pas.
EMY : Ouais, t’as raison, nous racontes pas.
LENA : Ils font chier devant, ils pourraient nous attendre quand même !
CHLOÉ : D’ailleurs, où ils sont, je les vois plus.
LENA : T’imagines s’ils se sont fait attaquer par un serial killer.
CHLOÉ : Vas-y, déconnes pas avec ça !... (Fort) Emma, Louise ! Vous êtes là !? Jules !
LENA (regardant partout autour d’elle) : Eh ! Crie pas si fort, tu vas nous faire repérer !
CHLOÉ (inquiète) : Ça commence à me foutre les jetons tout ça.
LENA (angoissée) : Je crois qu’on est perdu.
CHLOÉ (terrorisée) : Non, j’ai pas envie de mourir ici ! Je suis trop jeune !
EMY (montrant une direction) : Bon, ben va mourir là-bas et nous fais plus chier.
GABRIELLA (à Chloé et Léna) : Bon, les filles on se calme.
EMY : Elles commencent à me gaver grave les deux flippées.
GABRIELLA (montrant devant elle) : Tient, ils sont là-bas, je les vois. Allez, on y va.
EMY (regardant une de ses chaussettes) : Oh non, merde !
GABRIELLA : Qu’est-ce qui t’arrive ?

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EMY (montrant sa chaussette) : Regarde ça, j’ai fait un trou dans ma chaussette.
GABRIELLA (poussant Emy) : Vas-y, avance.
EMY : Eh, tu me touches pas ! J’y vais pas, j’ai pas envie de m’taper l’affiche… Partez sans moi, je
vais changer de chaussettes.
Gabriella, Chloé et Léna sortent. Emy s’assoit par terre, ouvre son sac et en sort une paire de
chaussettes colorées.
Scène 3 : Emy / Jessica / Jade / Nina / Camille
Jessica, Jade et Nina marchent dans la forêt. Jade et Nina ont un sac à dos. Jessica ne porte rien et
cherche du réseau avec son portable.
JADE (à Emy) : Qu’est-ce qu’il leur arrive à celles-là, elles ont bouffé un TGV ou quoi ?
EMY : Y’a Léna et Chloé qui se sont fait agresser par une feuille.
NINA : Je savais bien que ça craindé dans le coin.
JADE (ironique) : Ça craindé ?
NINA : Ouais, c’est ça que je dis ! C’est tout pourri la rêfot et puis ça pue.
EMY : Il paraît que c’est normal. En fait tu vois, la forêt c’est comme des grandes chiottes toutes
vertes.
NINA (regardant autour d’elle) : C’est chelou ton truc ! Et tu fais comment pour tirer la chasse
d’eau ?
EMY (regardant autour d’elle) : Ah ouais, c’est vrai, t’as raison ! Comment on fait ?
JESSICA : En plus, y’a même pas de portes.
EMY : Oh la vache ! Comment on va faire ? On va quand même pas se retenir tout le week-end.
JADE : C’est quoi cette discussion débile ?
JESSICA (à Emy) : Dis donc Emy, tu veux lancer la mode des chaussettes trouées ?
EMY : Vas-y, tais-toi.
Camille entre en portant deux sacs à dos.
CAMILLE : Eh ! Attendez-moi… (À Jessica) La vache ! Il est super lourd ton sac, dis-donc. Qu’est-
ce qu’il y a dedans ?
JESSICA : Ben des cailloux pourquoi ?
CAMILLE : Ça va pas la tête de me faire porter des cailloux !
JESSICA : Je fais ce que je veux, c’est mon sac !
JADE : Et pourquoi t’as mis des cailloux dans ton sac ? C’est débile.
JESSICA : Juste pour t’emmerder un petit peu.
NINA : C’est n’importe quoi ! Et ton duvet, ta trousse de toilette, ils sont où ?

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JESSICA : J’ai une copine qu’est livreuse chez Pizza Hut. Elle me doit un petit service. Je lui ai
demandé de me ramener mes affaires ce soir en même temps que quelques pizzas… C’est pas une
trop bonne idée ça, les pizzas ?
NINA : Et elle viendra comment ta copine ?
JESSICA : Ben en scooter, tiens !
CAMILLE : En scooter ? Dans la forêt ? La nuit ?... À dix kilomètres d’ici ?... Eh ben ma vieille, si
tu la revois un jour, t’auras de la chance.
JADE (à Camille) : Et au fait, comment ça se fait que c’est toi qui portes le sac de Jessica ?
JESSICA : Ça, c’est notre petit secret à toute les deux… (Regardant son portable) En tout cas, on
doit être tombé sur le coin le plus paumé de la planète, y’a pas un poil de réseau. Ça, j’avais pas prévu,
ça craint.
JADE : J’en connais une qui va dormir à la belle étoile ce soir.
JESSICA : T’inquiète pas pour moi, si y’a un problème, y’a une solution.
CAMILLE : Et si y a pas de solutions ?
JESSICA : Ben dans ces cas-là, y’a plus de problèmes.
EMY (finissant de mettre ses chaussettes) : Trop fort le raisonnement.
JESSICA (montrant son front) : Eh oui, y’a pas marqué pouf là.
EMY (méfiante) : C’est pour qui que tu dis ça ?
JESSICA : Laisse tomber, tu pourrais pas comprendre.
EMY : Tu crois que je suis trop débile pour ça ?
JESSICA : Tu sais que c’est très courageux de ta part de te lancer dans l’autocritique.
EMY : Ça veut dire quoi, ça encore ?
JADE (agacée) : Ça veut dire qui faudrait qu’on se grouille de rattraper les autres si on veut pas finir
comme le mec dans le film,… vous savez celui qu’est tout seul sur Mars.
NINA : Le con qui sait pas comment rentrer sur Terre ?
JADE : Ouais celui-là.
NINA : Et alors ?
JADE (excédée) : Bon, rien, c’est pas grave. Lève-toi et avance.
EMY : Ce qu’elle veut dire, c’est qu’ici t’es un peu comme quelqu’un qui serait coincé sur la planète
Mars dans des super grandes chiottes sans porte, sans chasse d’eau et sans PQ. Tu comprends ?
NINA : Encore moins.
CAMILLE : En fait, notre week-end il ressemble un peu à Koh-Lanta.
JADE : Ouais, mais avec vous trois, ça ressemblerait plutôt à Connes dans le Tas.

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Jade sort.
EMY : Eh ben dis donc, ça clash dur aujourd’hui.
CAMILLE : Je ne sais pas pourquoi, mais je ne l’aime pas beaucoup celle-là.
NINA : Ça doit être le parfum qu’elle se met. Tu m’étonnes que les feuilles des arbres elles tombent
quand elle passe.
JESSICA : Moi, je vous le dis, si y a pas de réseau, je me casse.
CAMILLE (regardant les pieds d’Emy) : J’aime bien tes chaussettes.
EMY : Je te les prêterai ce soir si tu veux.
Jessica, Nina, Emy et Camille sortent. Noir.
Tableau 3 : Site du camping
Scène 1 : Emma / Louise / Marion / Jules
Emma, Louise, Marion et Jules entrent. Emma pose son sac à dos.
EMMA : Voilà, on y est !
LOUISE : Cool !
MARION : Ça va, y’a de la place.
EMMA (montrant différents endroits) : Le ruisseau est là-bas et y’a une petite grotte de ce côté-ci.
LOUISE : On a combien de tentes à monter déjà ?
EMMA : On est douze. On doit normalement avoir six tentes.
JULES : Qui c’est qui va dormir avec moi ?
EMMA : Oups ! Première boulette du week-end.
JULES : Pas grave, je dormirai à la belle étoile ou dans la grotte.
MARION : On va commencer à monter les trois premières tentes en les attendant.
Emma, Jules et Marion vont chercher leur tente dans leur sac à dos et commencent à les monter.
Scène 2 : Emma / Louise / Marion / Jules / Gabriella / Chloé / Léna
Gabriella, Chloé et Léna entrent. Léna s’arrête pour inspecter sa valise.
LENA : Mince, j’ai une roulette qui s’est barrée. Tu m’étonnes que j’avais du mal à tirer ma valise.
CHLOÉ : C’est pour ça que le chemin est tout labouré, je me disais aussi.
GABRIELLA (regardant autour d’elle) : C’est là qu’on va passer le week-end ?
MARION : C’est chouette, non ?
GABRIELLA : Superbe ! J’espère seulement qu’on ne bouleversera pas trop l’écosystème de cet
endroit et qu’on ne le transformera pas en décharge sauvage.

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MARION : On fera gaffe, t’en fais pas.
GABRIELLA (montrant le sac à dos de Marion) : Tu sais que la bouteille en plastique que t’as dans
ton sac mettra quatre cents ans à se décomposer si tu l’oublies ?
MARION : Mais puisqu’on te dit qu’on fera gaffe.
GABRIELLA : Et ta canette de Coca là-bas mettra deux cents ans à disparaître.
EMMA : C’est bon, maintenant tu nous lâches ! On a tout prévu pour éviter de polluer.
GABRIELLA (en regardant Jules) : J’ai bien peur qu’il soit déjà trop tard.
JULES : Pourquoi tu dis ça ?
GABRIELLA : Tu viens de faire tomber un mouchoir par terre.
JULES : Et merde !
Jules va ramasser son mouchoir.
CHLOÉ : Et ben, ça promet.
Emma sort un rouleau de sacs poubelle de son sac à dos.
EMMA : Regarde, ça devrait suffire pour le week-end, non ?
GABRIELLA : Et quand ils seront remplis, tu les mets où ?... Parce que si je calcule bien, nous
devrions produire à nous tous pour les deux jours environ dix kilos de déchets… Tu vois, c’est un peu
le problème du camping sauvage, rien n’est aménagé et les éboueurs ne viennent pas jusqu’ici. Donc
en conclusion, il va falloir qu’on se coltine tes dix kilos d’ordures ménagères pour les ramener en
ville.
JULES : Et sinon, tu connais des blagues ? Des trucs qui vont nous faire rire ?... Non parce que vu
comme c’est parti, j’ai l’impression qu’avec toi on va plutôt se taper le week-end le plus chiant et le
plus pourri de l’année.
GABRIELLA : C’est pas parce qu’on s’amuse qu’on doit automatiquement devenir irresponsable.
CHLOÉ : Avec toi, c’est sûr que ça risque pas d’arriver.
LOUISE : Au fait, c’est vous qui avez les deux autres tentes ?
CHLOÉ : Non, c’est pas nous.
GABRIELLA : De toute façon, moi je dors à la belle étoile. Pas question que je dorme sous une tente
fabriquée avec des matières synthétiques.
CHLOÉ (à Emma) : Mais c’est qui l’abrutie qu’a eu l’idée de l’inviter ?
EMMA : C’est toi, je crois.
Gabriella ouvre son sac et en sort une petite pelle pliable.
CHLOÉ : Qu’est-ce que tu veux faire avec ça ?
GABRIELLA : Creuser un trou pour faire des chiottes.

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JULES : Ah le romantisme ! Toujours le romantisme… C’est beau.
EMMA : Jules !
JULES : Quoi ?
EMMA : Ta gueule !
Gabriella sort, la pelle sur l’épaule.
Scène 3 : Emma / Louise / Marion / Jules / Chloé / Léna / Emy / Jessica / Jade / Nina / Camille
Emy, Jessica, Jade, Nina et Camille entrent. Camille ne porte plus que son sac à dos.
EMY : Mais c’est le bout du monde ici ! On doit avoir un sacré paquet d’heures de décalage.
JADE (regardant sa montre) : Houlà ! C’est vrai t’as raison, on a perdu au moins une...
EMY : Une heure !?
JADE : Une minute.
EMY : Tant que ça ! Eh ben, va me falloir du temps pour que je récupère… Moi, les longs voyages,
ça me crève.
LOUISE : T’es vraiment qu’une petite nature, toi. Une petite balade en forêt et y’a plus personne.
EMY : Une petite balade !? Tu rigoles ! Ça fait plus d’une heure qu’on marche. J’ai les tongs qui
vont prendre feu si ça continue.
NINA : Fourre-les dans ta bouche tes tongs et fous-nous la paix !
EMY : Ok, j’ai compris ! Je sens qu’on va passer un super week-end.
Emy s’en va bouder dans un coin.
NINA : Bon c’est bien gentil tout ça, mais elle est où ma chambre ?
JULES : T’es assise dessus.
NINA (grimaçant) : Super drôle !
JULES : Rassure-moi, t’as déjà fait du camping ?
NINA (mentant) : Ouais, plein de fois.
JULES : Donc, tu sais qu’au camping on dort sous une tente (montrant une des tentes) comme celle-
ci.
NINA : Ok, c’est cool ! Moi, je prends la bleue. À plus.
Nina se dirige vers la tente bleue, met ses affaires dedans et s’enferme.
JESSICA (cherchant autour d’elle) : Camille ! Qu’est-ce que tu as foutu de mon sac ? Il est où ?
CAMILLE : Tu me prends pour une conne ou quoi ? Tu croyais quand même pas que j’allais me
trimbaler un sac de cailloux en plus du mien.

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JESSICA (horrifiée) : Mais putain Camille, c’était une blague. Une blague ! (affligée) C’était pas des
cailloux qu’il y avait dans mon sac.
CAMILLE : C’était quoi alors ?
JESSICA : Mes fringues et la moitié de la bouffe du week-end.
CAMILLE : Oups ! Désolée.
JESSICA (la singeant) : Oups ! Désolée... (Enervée) Vas-y Camille, tu dégages ! Tu fais ce que tu
veux, mais tu nous récupères le sac à dos.
CAMILLE : Tu rigoles ! Tu crois quand même pas que je vais me retaper cinq kilomètres parce que
mademoiselle a peur de manquer de culottes pendant le week-end.
JESSICA : Mais je te parle pas de mes culottes, pauvre tache ! Mais de petits déjeuners, tu piges !?
De petits déjeuners !!! Qui c’est demain matin qui va nous faire la tronche parce qu’elle a pas ses
corn-flakes préférés ? Qui c’est demain matin qui va râler parce y’a pas de confiture ? Qui c’est
demain matin qui va nous gonfler parce qu’on n’a même pas de quoi se faire un chocolat chaud ?...
Hein ?... Alors, tu te démerdes, mais tu nous retrouves le sac !
JULES : À mon avis, c’est rappé. En une heure, les bestioles du coin ont dû se faire une sacrée fiesta
avec nos croissants.
JESSICA : C’est bizarre, le week-end a à peine commencé et il me gonfle déjà.
CHLOÉ (inquiète) : Attends, t’as bien parlé de bestioles ?... Quels genres de bestioles ? Pas des
grosses j’espère ?
JESSICA : Non t’inquiète, juste la dizaine de loups qui traînent dans les bois.
CHLOÉ (horrifiée) : Des loups !... Maman, je veux rentrer chez moi.
JADE (montrant Jessica) : Mais tu vois pas qu’elle se fiche de toi.
CAMILLE : Y’a bien longtemps qu’il n’y a plus de loups dans les forêts françaises.
LOUISE : Et au fait, c’est qui qu’a les deux autres tentes ?
CAMILLE : Ah, c’est pas moi !
JADE : Ni moi.
MARION (inquiète) : Nina !
Nina ouvre sa tente et en sort la tête.
NINA : Quoi !?
MARION (inquiète) : Ta combien de tentes dans ton sac à dos ?
NINA : Aucune. Moi, on m’avait seulement demandé de trouver des sardines. J’ai trouvé des sardines.
EMMA : Et toi Emy
EMY (rigolant) : Moi ma tente, elle est avec mon oncle…
Silence de mort.

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EMY (amère) : C’est bon, vous êtes pas obligés de rigoler.
LOUISE (affligée) : C’est pas vrai. Vous êtes en train de me dire qu’on va passer deux nuits ici avec
seulement trois tentes pour douze.
CAMILLE : Quatre par tente, ça va être chaud.
LENA : C’est sûr qu’on aura pas froid.
LOUISE : Attendez ! Déjà Jules, il dort dans la grotte et Gabriella, elle se la joue dodo au clair de
Lune. Ça en fait plus que dix à caser.
LENA : Moi, je vous préviens, je ronfle.
EMY : Et moi, je pète.
JADE : Moi, je pue des pieds et je vous emmerde.
EMMA : C’est tout ?
CAMILLE : Moi, faut que je sois près de l’entrée because je me lève trois fois par nuit pour aller
aux toilettes.
NINA : Et moi, il parait que je parle en dormant.
JULES : Tu vois, moi je sais pas pourquoi, mais je suis subitement vachement content de dormir dans
une grotte.
EMMA : Je crois que moi aussi je vais aussi dormir dans la grotte.
LOUISE : Idem pour moi.
Scène 4 : Emma / Louise / Marion / Jules / Chloé / Léna / Emy / Jessica / Jade / Nina / Camille
/ Gabriella
Gabriella revient avec sa pelle.
GABRIELLA : Il faudrait peut-être penser à fixer un peu mieux les tentes au cas où il y aurait du
vent cette nuit.
MARION : T’as raison. Vas-y Nina, fait péter les sardines.
NINA : J’en ai pris dix-huit, ça devrait suffire.
MARION : Pour trois tentes, largement.
Nina sort son sac à dos de la tente, l’ouvre et en sort trois boites de sardines à l’huile.
NINA (tendant les boites à Marion) : J’ai pris des filets, il parait que c’est meilleur.
MARION (regardant les boites) : Nina ! Qu’est-ce que c’est que ça ?
NINA : Ben, des sardines, ça se voit pas ?
MARION (au bord de la crise de nerf) : Je crois que je vais aller me promener dans les bois et pleurer
un petit peu, je suis sûre que ça me fera beaucoup de bien.
NINA : Ben quoi, qu’est-ce qui y’a ?

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GABRIELLA : Les sardines en camping, ce sont des petits piquets en métal qui servent à fixer une
tente au sol.
NINA : Fallait me le dire aussi que c’était pas des poissons, moi je savais pas.
LOUISE : Y’a plus qu’à espérer qu’il n’y ait pas trop de vent cette nuit.
CHLOÉ : Sinon ?
LOUISE : Sinon, on va tous devoir dormir à la belle étoile.
JESSICA : Ça va être sympa des sardines au petit-déjeuner.
JADE : Si on arrive à les ouvrir. Jules ? T’as quelque chose pour ouvrir ça ?
JULES : Négatif. Faut une sorte de clé spéciale et je ne l’ai pas prise.
JADE : Merci Nina, tu peux ranger tes sardines et t’en faire un oreiller.
JESSICA : Bon ? Y’a d’autres conneries qui nous attendent ou bien on a tout fait ?
MARION : Va savoir… Allez, on s’installe et ensuite, on fait le point.
JADE : Sur quoi ?
MARION : Sur ce qu’on a et surtout sur ce qu’on a… oublié.
JESSICA : J’ai comme le pressentiment qu’on n’est pas au bout de nos surprises.
Tout le monde se met à ranger ses affaires. Marion, Emma, Louise, Gabriella et Jules prennent leur
sac et sortent. Léna, Camille et Jade vont dans un coin.
Scène 5 : Camille / Léna / Jade / Chloé / Emy / Jessica / Nina
Léna ouvre sa valise et en sort un matelas gonflable qu’elle commence à gonfler à la bouche.
CAMILLE (à Léna et Jade) : On se met dans la même tente les filles ?
LENA (gonflant son matelas) : Ok.
JADE (désignant le matelas) : Dis-moi Léna, qu’est-ce que tu comptes faire avec ça ?
LENA : Ben dormir dessus tiens !
JADE : Dans ce cas-là, regarde d’abord ton matelas et ensuite, va regarder la tente.
CAMILLE : Si tu veux dormir toute seule, c’est jouable. Mais si tu veux qu’on dorme ensemble,
faudra choisir : c’est nous ou le matelas.
LENA : Vous avez été voir dans la grotte s’il y avait de la place ?
JADE : Ça va, t’es pas gênée !
CAMILLE : Laisse tomber. De toute manière, il est trop grand ton matelas. Gonflé, il rentrera même
pas dans la tente.
LENA : Mince !... Bon, c’est pas grave. Je vais d’abord mettre ma valise dans la tente et après on
verra ce qu’il nous restera comme place.

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Léna prend sa valise et la met dans la tente.
CAMILLE : Alors ?
LENA : Faudra que vous laissiez vos sacs à dos dehors.
JADE : Tu m’étonnes.
LENA : Et il va falloir aussi que vous dormiez avec vos sacs parce qu’avec ma valise et moi, y’a plus
de place.
CAMILLE : Dis-donc Léna, tu crois pas que tu abuses un peu ?
LENA : Faut bien trouver des solutions, non ? Ce n’est quand même pas de ma faute si vous avez
emmené des tentes de nains.
JADE (énervée) : Léna, tu te casses de cette tente et tu vas dormir dans ta valise de merde !
LENA : Attention, on sait où ça peut nous mener ce genre de commentaires ! Ça commence par de
l’agressivité verbale et ça finit par de la violence physique.
JADE : Retiens-moi Camille ou y va bientôt y avoir de la purée de connasse.
JESSICA : Ne te retiens pas Jade. Au moins ça nous fera de quoi bouffer demain matin au petit
déjeuner.
CAMILLE : Jessica, on t’a rien demandé.
JESSICA : Comme d’hab !... (Montrant la tente du milieu) Bon, moi je prends cette tente-là au
milieu. Elle a l’air moins crade que les deux autres… Chloé ! Tu veux bien aller vérifier qu’il n’y a
pas de serpents dedans.
CHLOÉ (apeurée) : Mais non… Mais moi j’ai pas envie de… Pourquoi y’aurait… Vas-y toi.
EMY : Mais tu peux pas lui foutre la paix !?
JESSICA : J’aime bien fiche la trouille, ça m’amuse. (À Chloé) Mais non, y’a pas de serpents ! C’était
pour rigoler... Ici, y’a juste que des saletés de moustiques qui te filent des boutons gros comme ça,
des dizaines d’horribles araignées poilues qui te montent dessus, des gros scarabées qu’arrêtent pas
de te pincer les fesses, des tribus de hiboux qui chantent toute la nuit, des hordes de sangliers qui
viennent la nuit te labourer la forêt, des renards qui viennent te pisser sur ta tente et des musaraignes
qui se feront un plaisir de venir dormir sous tes aisselles.
CHLOÉ (paniquant) : J’veux rentrer tout de suite ! Tout de suite !!!
NINA : C’est malin. Elle va encore nous faire un caca nerveux.
JESSICA : Ben quoi !? Je ne lui ai même pas encore parlé des loups garous et des zombies qui
traînent dans le coin.
Chloé s’évanouit. Camille, Léna, Emy et Nina se regroupent autour d’elle.
CAMILLE : Merde ! Chloé fait un malaise.
JADE (criant au loin) : Marion ! Louise ! Y’a Chloé qui vient de s’évanouir !

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LENA (lui soutenant la tête) : Nina, remonte-lui les pieds ! Camille, ouvre-lui la bouche ! Emy,
desserre-lui sa ceinture !
NINA : T’as fait médecine ou quoi, toi ?
LENA : Non, mais j’ai vu toute la série « Docteur House ».
CAMILLE : Ouais ben moi, j’ai vu tout « Game of thrones », c’est pas pour ça que je sais me servir
d’une épée.
JESSICA : Si vous voulez, je peux lui donner des claques.
EMY : Dégage Jessica ! Dé-ga-ge !
Scène 6 : Emma / Louise / Marion / Jules / Chloé / Léna / Emy / Jessica / Jade / Nina / Camille
/ Gabriella
Marion, Emma, Louise, Gabriella et Jules entrent en courant. Marion tient à la main une trousse de
secours.
MARION : Poussez-vous !...
Marion pose sa trousse par terre et s’agenouille près de Chloé.
MARION : Chloé, tu m’entends ?... Chloé, réveille-toi !
CHLOÉ : Hein !... Qu’est-ce qui se passe ?... Les soldes ont déjà commencé ?
MARION : Léna, regarde dans la trousse à pharmacie. Normalement, y a des pastilles au miel. (À
Chloé) Un peu de sucre ça te fera du bien.
Léna ouvre la trousse à pharmacie et regarde à l’intérieur.
LENA : Marion ! Y’a un petit problème avec ta trousse à pharmacie… (Sortant des billes) Y’a que
des billes.
MARION : Tu rigoles ?
Marion prend la trousse et regarde à l’intérieur.
MARION : Maël !...
NINA : C’est qui celui-là ?
MARION : C’est mon petit frère. Il a remplacé les médicaments par des billes.
CHLOÉ (suppliante) : Je veux rentrer chez moi Marion, s’il-te-plaît. Je veux pas être mordue par un
loup-garou.
LOUISE : Allez Chloé, ça va aller. Tu vas aller te reposer dans la tente…
CHLOÉ (paniquant) : Non ! Je veux pas aller dans la tente !! C’est plein de serpents et d’araignées !!!
Chloé s’enfuit en courant.
GABRIELLA : Chloé ! Reviens ! (Aux autres) C’est qui la débile mentale qui lui a raconté ça ?
Tout le monde regarde Jessica.

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JESSICA : Petite erreur d’appréciation, désolée.
JADE : Grosse connerie d’abrutie finie, surtout.
JESSICA : Merci, c’est gentil.
EMMA : Gabriella, viens avec moi, on va la chercher, la ramener et surtout la calmer.
Gabriella et Emma sortent.
Scène 7 : Louise / Marion / Jules / Léna / Emy / Jessica / Jade / Nina / Camille
MARION : Bon les amis, on va préparer le repas en attendant le retour des filles.
CAMILLE : Ça tombe bien, je commence à avoir la dalle.
EMY : Moi pareil.
LOUISE : Si on veut se faire un feu, faudrait quelqu’un pour ramener du bois sec.
NINA : Je m’en charge.
JULES : Emy, va me chercher une casserole dans la grotte, s’il te plaît et tu la remplis d’eau.
LENA : Qu’est-ce qu’on mange ?
JULES : Pour ce midi, je vais vous faire des spaghettis à la carbonara.
LENA : Cool !
JADE : Ça, ça me plaît.
CAMILLE : J’adore les pâtes !
JADE : Je m’occupe des assiettes et des couverts. Ils sont dans mon sac.
LENA (désignant Camille) : Nous, on se charge des gobelets et des boissons.
JESSICA : Et moi, je fais quoi ?
JULES : Trouve-nous des allumettes et un ouvre-boite. Ils doivent être dans un des sacs de la grotte.
Jessica va pour sortir.
JULES (fort à Jessica) : Et ramène aussi le pâté et les chips !… N’oublie pas le pain de mie !... Et si
tu peux, le sel et la mayo !
JESSICA : C’est tout !?... Esclavagiste, va !
LOUISE : Bon, ben, au boulot tout le monde.
Nina, Emy, Jade, Léna, Jessica et Camille sortent.
LOUISE : Alors, vos impressions sur ce début de week-end camping ?
JULES : Désastreux.
MARION : Infernal.
LOUISE : Nul à chier quoi !

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MARION : Ça pourrait être pire, personne n’est encore blessé.
JULES : Et la forêt n’est toujours pas en train de brûler.
LOUISE : C’est bien, vous êtes optimistes.
Scène 8 : Louise / Marion / Jules / Gabriella / Emma / Chloé / Jessica
Gabriella et Emma reviennent avec Chloé. Cette dernière semble complètement terrifiée.
CHLOÉ (gémissante à Gabriella et Emma) : S’il-vous-plaît, je veux rentrer à la maison. Pitié !…
GABRIELLA : Mais ce n’est pas possible Chloé, on vient d’arriver.
CHLOÉ (hurlant et agrippant Gabriella) : J’m’en fiche ! J’ai peur, tu comprends !!! J’ai peur des
arbres, j’ai peur des insectes, j’ai peur des monstres, j’ai peur des sérials killers, j’ai peur de la météo,
j’ai peur de la saleté, j’ai peur de tout !!!... Je veux retourner dans ma salle de bain et m’enfermer
dedans tout le restant de ma vie !!!! C’est ça que je veux moi !!!!
GABRIELLA : D’accord, d’accord !
JULES : Chloé, calme-toi et écoute-moi. Je te propose un truc. On mange d’abord et pendant le repas,
on réfléchit à un moyen de te ramener en ville. Ok ?
CHLOÉ : Promis !?
JULES : Promis, juré, craché ! Si je mens, je vais en enfer.
MARION : Ça, ça sera difficile, vu qu’on y est déjà.
Jessica revient avec deux sacs en plastique contenant deux paquets de chips, des boîtes de pâté, du
sel, de la mayonnaise et du pain de mie.
JESSICA : Au fait, vous saviez que tout près d’ici des archéologues avaient trouvé les restes d’un
cimetière mérovingien ? Cool, non ?
CHLOÉ (horrifiée) : Un cimetière !?... Des squelettes… Des morts-vivants !!!... Au secours !!!
Chloé, effrayée, s’enfuit en courant. Tout le monde regarde Jessica.
JESSICA : Ben quoi, qu’est-ce que j’ai dit encore ?
LOUISE : Là pour le coup, je crois c’est foutu. On vient de perdre définitivement Chloé.
EMMA : À mon avis, à la vitesse où elle va, elle est déjà rendue à New-York.
JULES : Sacré sportive celle-là ! Déjà deux joggings dans la forêt en même pas une demi-heure.
Respect !
LOUISE : Bon, on rigole, on rigole, mais on fait quoi avec Chloé ?
MARION (regardant sa montre) : Attendez !... Si je calcule bien sa vitesse et étant donné son sens
de l’orientation et que la forêt forme un cercle, normalement Chloé devrait arriver (Montrant une
direction opposée à la sortie de Chloé) par-là dans exactement… deux secondes.
Au loin, on entend crier. Chloé entre à l’endroit indiqué par Marion.

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CHLOÉ (en criant) : Aaaaaah ! Au secours !!!... À l’aide !!!... (Apercevant ses amies) S’il-vous-plaît
aidez-moi ! Appelez la police, les pompiers, l’armée, mes amies sont en dangers !! Elles vont se…
(Reprenant conscience) Ben, qu’est-ce que vous faites là ?... (Montrant du doigt différents endroits)
Vous… Le… C’était pas…
Chloé s’évanouit une nouvelle fois. Louise et Marion vont pour aider Chloé.
GABRIELLA (exaspérée) : Non, personne n’y touche ! Elle est bien où elle est. Là, au moins, on
n’a plus besoin de courir après.
JULES : Bon, ben moi je vais chercher les spaghettis, les lardons et la crème.
Jules sort.
Scène 9 : Louise / Marion / Gabriella / Emma / Chloé / Jessica / Nina / Emy /Jade / Léna /
Camille
Nina, Emy, Jade, Léna et Camille reviennent. Nina tient à la main deux morceaux de bois. Emy revient
avec une grande casserole vide et une bouteille d’eau. Jade ramène des assiettes en plastique et un
sac de couverts en miettes. Léna et Camille transportent les jus de fruits, les canettes de Coca, une
boîte à œufs et les gobelets en plastiques. Tout le monde s’affaire à préparer le repas. Léna récupère
par terre les boîtes de sardines de Nina.
NINA (montrant ses deux branches) : Vous pensez que ça suffira ?
GABRIELLA : Nina ? T’as déjà fait un feu de camp ?
NINA : Non, pourquoi ?
GABRIELLA : Si tu veux allumer correctement un feu, il te faut d’abord du papier journal, des
brindilles, du petit bois et ensuite quand ta braise est bien rouge, tu y rajoutes tes buches.
NINA : Tout ça !
GABRIELLA : Et le bois, sec si possible.
NINA : Bonjour la galère !
JESSICA : Au fait, j’ai pas trouvé les allumettes.
MARION : Léna, tu les as mises où, les allumettes ?
LENA : Qu’est-ce que j’en sais, moi ! On n’a jamais dit que j’étais chargée des allumettes.
MARION : Je vous ai remis à toutes une liste d’achats à faire avant de partir. (Cherchant dans ses
poches) Où est-ce que je l’ai mise ?... (Trouvant la liste) Ah, la voilà ! (la dépliant et la lisant) Alors,
Léna, Léna, Léna… Ah ben non, t’avais pas les allumettes.
LENA : Tu vois ! C’était qui alors ?
MARION (lisant la liste et gênée) : Mince ! C’était moi… Les filles, je suis désolée, j’ai oublié les
allumettes.
GABRIELLA : Un briquet par hasard ? (Personne ne répond) Une loupe ?... Des silex ?... (Personne
ne répond) Bon, ben c’est cool, on mange froid.

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CAMILLE : J’en connais un qui va être content.
JADE : Merde !
LOUISE : Quoi encore ?
JADE : On dirait qu’il y’a quelqu’un qui s’est assis sur mon sac à dos.
LOUISE : Et alors ?
JADE (montrant son sac de couteaux et de fourchettes en plastique) : On va devoir manger avec nos
doigts. (Sortant une fourchette cassée du sac) Y’a pas une seule fourchette qui a survécu au massacre.
Et c’est pas mieux pour les couteaux.
GABRIELLA : En parlant de couteaux, je n’ai pas trouvé ceux en métal.
CAMILLE : C’est normal, ma mère m’a interdit de les prendre. Elle avait peur qu’on se blesse avec.
EMMA : De mieux en mieux. C’est tout ?
JESSICA (montrant une boite de pâté) : Si on veut manger du pâté à midi, va falloir trouver un ouvre-
boîte.
LENA (montrant une boite de sardines) : Idem pour les sardines de Nina.
LOUISE : Marion ? La liste.
MARION (lisant sa liste) : Ouvre-boîte : Camille.
CAMILLE : Quoi ? Ça va pas la tête ! Ça risque pas d’être moi, je sais même pas à quoi ça ressemble
un ouvre-boîte.
NINA : J’ai comme l’impression qu’à midi ça va être chips et pain de mie.
JESSICA : Wouahou ! Quel festin !
LENA (sortant une boîte d’œufs) : J’ai quand même pensé à faire des œufs durs avant de partir. Une
boite de douze.
EMMA : Sauvé par Léna !
EMY : Et ma casserole, j’en fais quoi ?
NINA : Tu te la mets sur la tête, ça te fera une casquette.
EMY : Mdr !
CAMILLE : Bon, moi, j’ai soif ! Fais péter le Coca et les jus de fruit.
LENA (distribuant des gobelets) : Faites passer les gobelets.
Toutes les filles prennent un gobelet, se servent une boisson et vont s’asseoir dans un coin. Emy
retourne sa casserole et s’assoit dessus. Chloé se réveille.
CHLOÉ : Quelqu’un peut me dire ce que je fais là ?... Et puis d’abord, vous êtes qui, vous ?
CAMILLE : Super, il ne nous manquait plus qu’une amnésique.
LENA (lui tendant un gobelet) : Tiens Chloé, bois un coup ça te remettra les idées en place.

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Scène 10 : Louise / Marion / Gabriella / Emma / Chloé / Jessica / Nina / Emy /Jade / Léna /
Camille / Jules
Jules revient avec ses paquets de spaghettis, ses boîtes de lardons et sa crème.
JULES : Et alors le feu ! Qu’est-ce que vous foutez ? Faudrait peut-être l’allumer.
EMMA : Qui c’est qui lui annonce les bonnes nouvelles ?
LENA : On n’a pas d’allumettes.
JULES (inquiet) : Vous déconnez, j’espère ?
MARION (gênée) : Non, c’est ma faute, j’ai oublié d’en acheter… Désolée.
JULES (abattu) : Mes pâtes à la carbonara !
JADE : On n’a pas non plus d’ouvre-boîte.
JULES (détruit) : Mon cassoulet !
LOUISE : Et les couteaux en métal sont restés chez Camille.
JULES (anéanti) : Mon jambon de Bayonne !
EMY (prévenante) : Allez, assied-toi. Prend un verre de jus de fruit et une chips, ça ira mieux après,
tu vas voir.
CAMILLE (serviable) : Tu veux que je t’épluche un petit œuf dur ?
Camille prend un œuf dans la boite et casse la coquille sur son genou. Problème, l’œuf n’est pas dur
et elle s’en met plein le pantalon.
CAMILLE (regardant le désastre sur son pantalon) : Léna !!!
LENA (regardant sa boite à œufs) : Merde ! Je me suis trompé de boîte ! J’ai pris les frais.
JULES (affligé) : Je suis en train de vivre le pire week-end de ma vie.
JESSICA : Faut pas se plaindre, il pourrait pleuvoir.
Au même moment, on entend le tonnerre gronder, des éclairs illuminer la forêt et une pluie battante
s’abattre subitement sur le camp.
GABRIELLA (hurlant) : Tout le monde dans la grotte !!!
EMMA : Sauvez ce que vous pouvez !
Panique générale. Tout le monde prend quelque chose et sort en courant. Noir.
Scène 11 : Louise / Marion / Gabriella / Emma / Chloé / Jessica / Nina / Emy /Jade / Léna /
Camille / Jules
Lumière. Après la tempête, le groupe entre en faisant le constat des dégâts. Il manque une des trois
tentes. Certaines filles ont enfilé un sac poubelle troué pour se protéger de la pluie.
JESSICA : J’ai chronométré, il a plu pendant plus de cinq heures sans s’arrêter.
NINA : Je croyais que la météo avait annoncé un week-end beau et ensoleillé.

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LENA : Faut croire que non. En tout cas, pas à cet endroit de la forêt.
JADE (après avoir regardé dans les deux tentes) : Regardez-moi ça. Presque tous les sacs de
couchage sont trempés.
CHLOÉ (montrant une chaussure) : Y’a de l’eau dans mes chaussures.
CAMILLE : Tout le PQ est mouillé.
GABRIELLA (montrant un roman dégoulinant) : Vous savez ce que c’est ça ?... Un roman fleuve.
EMY (regardant autour d’elle) : On dirait qu’une des tentes est partie faire une ballade dans la forêt.
JULES (montrant le ciel) : Je la vois, elle est là-haut dans l’arbre.
CHLOÉ : Ça va être chaud pour la récupérer.
CAMILLE : Ça y’est, t’es plus amnésique, toi ?
CHLOÉ : T’es qui toi d’abord ?
EMMA : Qu’est-ce qu’on fait à votre avis, on se casse d’ici ?
GABRIELLA : Difficile, il va faire nuit dans moins d’une heure. Le temps de tout remballer, il fera
nuit noire.
MARION : On a des lampes torches, non ?
LOUISE : Oui, on en a six, toutes neuves.
NINA : C’est bon alors. On range et on rentre chez nous.
LOUISE : Sauf que Nina n’a pas acheté les bonnes piles qui vont dedans.
GABRIELLA : Mais c’est pas possible ! Y’a que des bras cassés dans cette équipe !
NINA (énervée) : Ça va, c’est bon. Tout le monde peut se tromper.
GABRIELLA (agacée) : C’est vrai t’as raison. Mais pour certaines, c’est plus facile que pour
d’autres.
NINA : Je comprends que dalle de ce que tu racontes.
LOUISE : Laisse tomber Nina, je te ferai un beau dessin tout facile à comprendre en rentrant à la
maison.
JULES : On va devoir tous passer la nuit dans la grotte.
CAMILLE : On peut essayer d’éponger l’intérieur des tentes.
JADE (ironique) : Avec quoi ? La mousse des arbres ?
CAMILLE : Non, avec une éponge. Figure-toi que j’en ai amené deux pour faire la vaisselle.
JESSICA : Eh ben voilà ! Tu vois que tu peux être utile quand tu veux.
CAMILLE : Je me demande si c’est vraiment un compliment.
EMY : J’ai faim !

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NINA : Mange ta main !
EMY : Ferme ta bouche !
NINA : Va te faire… !
EMY (agressive) : Qu’est-ce t’as ? T’en veux une dans ta tronche !?
LENA (énervée) : Ça suffit vous deux !! Vous croyez pas qu’on a suffisamment de problèmes comme
ça !?
CAMILLE : C’est vrai, elle a raison. Plutôt que de vous taper dessus, vous feriez mieux de nous
aider à ranger.
EMY : Rien à foutre ! Je me casse ! Je rentre toute seule.
JADE : Dis pas de conneries ! T’es à peine capable de faire la différence entre ta main gauche et ta
main droite. Alors, pour rentrer toute seule en ville, je te raconte pas…
EMY : Vas-y, dis que je suis conne aussi !
JADE : Non, ça serait un compliment.
EMY : Allez vous faire voir !
Emy sort furieuse du côté de la grotte.
Scène 12 : Louise / Marion / Gabriella / Emma / Chloé / Jessica / Nina / Jade / Léna / Camille /
Jules
LENA : Je ne suis pas psychologue, mais à mon avis tu l’as vexé.
JADE : Pour une fois t’as raison, t’es pas psy.
LENA : Ok, d’accord.
JULES : Ça vous ennuie si on fait le point sur ce qui nous reste à manger pour ce soir avant que la
nuit tombe ?
JESSICA : Et à part la bouffe, y’a autre chose qui t’intéresse dans la vie ?
CHLOÉ : Mais arrêtez de clasher putain, c’est bon !
JESSICA : Toi miss chocottes, on t’a rien demandé !
MARION : Ferme ta gueule Jessica ! Tu lui parles pas comme ça !
JESSICA : Je lui parle comme je veux et je t’emmerde !
JADE : Quelle sale conne, celle-là !
JESSICA : Fais gaffe ! La sale conne, elle va te faire bouffer ton sac à dos !
NINA : Avec quoi !? T’as vu comment t’es gaulée ?
JESSICA (furieuse) : Putain, je vais toutes me les faire !
Jessica prend n’importe quel objet qui lui tombe sous la main et le jette sur Nina, Jade, Marion et
Chloé. Ces quatre dernières font de même et jettent quelque chose sur Jessica. Camille se rangeant

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du côté de Jessica, ramasse aussi un objet et le lance sur Nina, Jade, Marion et Chloé. Emy revient
en courant et vient se mettre du côté de Jessica et Camille. Au même moment, les cinq autres tentent
en vain de ramener un peu de calme dans cette pagaille générale.
Scène 13 : Louise / Marion / Gabriella / Emma / Chloé / Jessica / Nina / Emy /Jade / Léna /
Camille / Jules
Subitement, on entend au loin des jappements de chiens, des sirènes de police, des ordres donnés au
mégaphone et le bruit d’un hélicoptère qui tourne au-dessus de la forêt.
GABRIELLA & EMMA (hurlant) : Stop !... Stop !!!... Arrêtez !!... Ecoutez !!
Tout le monde se fige et écoute.
CHLOÉ : C’est quoi encore ça ?
EMY : Je sais pas. Peut-être qu’ils tournent le prochain Star Wars dans la forêt.
EMMA : C’est quand l’ouverture de la chasse ?
JADE : La chasse ? En hélicoptère ?
CAMILLE : Je crois que c’est pour moi qu’ils viennent.
JULES : C’est des copains à toi ?
CAMILLE : C’est les flics.
TOUS : Les flics !!!
CHLOÉ : Et pourquoi les flics te recherchent ?
EMMA : T’as tué quelqu’un ou quoi ?
CAMILLE : Je ne suis pas rentré chez moi depuis trois jours.
LENA : T’es pas en train de nous dire que t’as fait une fugue, quand même ?
CAMILLE : Eh si ! Ça fait deux nuits que je dors chez Jessica.
VOIX OFF GENDARMERIE : Ici le capitaine Picard de la gendarmerie ! Votre campement est
cerné ! Vous n’avez aucune chance de vous échapper… Veuillez relâcher votre otage !
MARION : Les cons, ils croient qu’on t’a enlevée.
CHLOÉ (paniquée) : On est là ! On est là ! Tirez pas ! On se rend !
Chloé part en courant.
VOIX OFF GENDARMERIE : Levez les mains en l’air !
Tout le monde lève les bras en l’air.
LOUISE : C’était très chouette ce petit week-end entre copines.
EMMA : T’as raison, faudra qu’on s’en refasse un autre un de ses quatre.
JULES : Bravo les filles ! Pour une première, c’est une réussite.

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EMY : Vous croyez qu’on pourra monter dans l’hélico ?
NINA : Enfin, ce soir on est chez nous au sec et au chaud.
LENA : Attends, le week-end est pas terminé.
Noir.

FIN

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