Analyse de la calorimétrie DSC
Analyse de la calorimétrie DSC
: P1205 V1
Analyse calorimétrique
Date de publication :
10 décembre 2010 différentielle à balayage
Date de dernière validation :
13 septembre 2019
(DSC)
Résumé Cet article décrit tout d'abord les principes de la DSC (calorimétrie différentielle
à balayage) et les différentes techniques expérimentales (DSC et méthodes couplées). Il
se consacre ensuite à la bonne pratique expérimentale et souligne l'importance de la
ligne de base et de la calibration des appareils. Les facteurs influant sur les résultats sont
détaillés, aussi bien pour l'aspect des courbes enregistrées que pour les sources d'erreur.
Il poursuit avec la présentation de nombreuses applications de la DSC, avant d'aborder la
mesure de la capacité thermique massique isobare.
Abstract This article commences with a description of the DSC principals (differential
scanning calorimetry) and the different experimental techniques (DSC and coupled
methods). It then deals with good experimental practice and highlights the importance of
the baseline and equipment calibration. Factors impacting results are detailed concerning
the aspect of curves measured and error sources. Numerous DSC applications are
presented and the measurement of isobaric mass heat capacity dealt with.
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[email protected]
Par téléphone :
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Analyse calorimétrique
différentielle à balayage (DSC)
par Jean GRENET
Professeur émérite
Laboratoire LECAP EA 4528, Institute for material research FED 4114, université de Rouen
et Bernard LEGENDRE
Professeur émérite
Parution : décembre 2010 - Dernière validation : septembre 2019 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200043801 - universite de montpellier // 194.57.207.221
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Notations et symboles
Régulation température
Symbole Unité (1) Définition
1. DSC : principes, matériels, Nota : pour les questions concernant la mesure de la température et les capteurs
correspondants, le lecteur pourra consulter les articles [R 2 515] [R 2 516] [R 2 525]
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∆T = Te – Tr
Représentation théorique
T
Tr Te Σ
T
Td Tf
∆T = Te – Tr ou ∆Φ
Exo
t T
Le coefficient K est déterminé par étalonnage à partir de la 1.4 Calorimétrie à flux de chaleur
fusion de corps purs (métaux en général). Le coefficient K qui
inclut les problèmes de géométrie, de symétrie, de conductibilité Si les deux côtés d’une plaque d’épaisseur et de surface S
thermique, de constante de temps... est réfractaire à tout calcul sont maintenus à des températures Te et Ti , le flux de chaleur
théorique. Malgré un étalonnage soigné, l’ATD conduit à des (en W) traversant la plaque de « Ti » vers « Te » est donné par :
mesures calorimétriques peu fiables, entachées d’erreurs variées
difficiles à contrôler. Φ = (Ti − Te ) /R
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dQ
Φ =
dt
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Tfe Re Te Tr Rr Tfr
Tfe − Te Tfr − Tr
Φe = Φr =
Re Rr
a première approximation
a source Netzsch b source TA Instruments
Ce Cr
S FRS 5 R
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Φe Te Re T0 Rr Tr Φr
T0 − Te dT T0 − Tr dT METTLER TOLEDO
Φe = − Ce e Φr = − Cr r
Re dt Rr dt
avec ∆T = Te – Tr différence des températures échantillon/ Dans ces appareils à flux de chaleur, c’est la différence des
référence, flux ∆Φ = Φe – Φr qui est enregistrée en fonction du temps ou
de la température. Ce signal est parfois appelé « flux de
∆T0 = T0 – Te différence des températures T0/échantillon.
chaleur » et noté « Φ » dans la suite de ce dossier.
La formule précédente fait apparaître quatre flux : le premier est
dû à la différence des températures entre l’échantillon et la réfé-
rence lors des évènements thermiques se produisant dans 1.5.2 DSC à compensation de puissance
l’échantillon (ce terme peut être considéré comme le flux
principal), les trois autres flux peuvent être attribués au manque de Deux microfours (figure 9a) sont placés dans un bloc maintenu
symétrie de l’appareillage, respectivement et dans l’ordre à la à température constante (selon les besoins, le refroidissement de
différence entre les résistances thermiques, à la différence entre ce bloc est assuré par eau, fluide frigorifique ou encore cryogé-
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Te Tr
Pe Pr
1,2
1.5.3 Têtes de mesure spécifiques
1,0 Exo
■ Haute température
Limitées à la gamme – 180-600 oC environ, les têtes de mesure 0,8
courantes de DSC ne permettent pas d’analyses qualitatives et
quantitatives des réactions à températures élevées. Si d’un point 0,6
de vue qualitatif, ce domaine était couvert par l’ATD (mise en
évidence des transitions et des températures) ce n’était pas le cas
0,4
pour des mesures énergétiques de qualité.
Pour répondre à une demande croissante, certains constructeurs 0,2
proposent actuellement des têtes de mesure à flux de chaleur
permettant ce type de mesure. La difficulté réside dans la
0,0
réduction des effets de rayonnement devant ceux de conduction.
La figure 10 montre le porte-échantillon avec les écrans antirayon- 200 400 600 800 1 000 1 200 1 400 1 600
nement. Température (oC)
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DSC
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Fibre optique
ATG
Hublot
Monochromateur Obturateur e r
DSC
1 2 3 4
Flux de chaleur normalisé (W/g)
D F D F
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DSC ATG
Exo
b géométrie horizontale
(source Mettler)
DSC
a géométrie verticale
(source Setaram)
DTG (%/min)
–6 –4
photo-initiée
– 0,8 –6
–8
1.6 Techniques couplées – 1,2
–8
– 10 TG
– 10
1.6.1 DSC et ATG
– 12 – 1,6
– 12
Peut-être la plus fréquente des techniques couplées, la DSC
couplée à l’analyse thermogravimétrique (et surtout le signal 25 50 75 100 125 150 175 200 225 250
dérivé d’ATG) permet d’étudier simultanément les évènements Température (oC)
thermiques et l’évolution de la masse d’échantillons soumis aux
mêmes conditions environnementales (température, atmos- Figure 17 – Déshydratation et fusion d’un sel dihydraté mises
phère...). La majorité des constructeurs proposent des appareils en évidence par DSC-ATG couplées (source Setaram)
allant dans ce sens. La géométrie de l’appareil peut être verticale
ou horizontale (figure 16).
1.6.2 DSC et microscopie Figure 18 – Platine DSC pour microscope (source Linkam)
Les solutions actuellement adoptées consistent à placer un
montage relativement peu épais contenant une tête DSC à flux de
chaleur sur la platine d’un microscope (figure 18). Ce type de Exemple : la figure 19 montre la fusion de la fraction stéarique
couplage permet par exemple de mettre en parallèle évènement d’une huile de palme (vitesse de chauffage 10 oC/min). Les deux micro-
thermique et modification optique (cristallisation, fusion, transition graphies prises à 20 oC lors du refroidissement (courbe a : 0,5 oC/min,
de phase...). Dans certains cas, le dispositif peut être mis sous vide courbe b : 50 oC/min ; courbes de refroidissement non représentées)
et permettre d’étudier l’aspect cinétique et thermique de la lyophi- permettent d’attribuer le décalage observé lors de la fusion de la frac-
lisation. tion stéarique de l’huile à la différence de taille des cristaux.
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7 000
2Lβ′
50 µm β′
Flux de chaleur normalisé (W/g) b 38 Å
6 000
b 50 oC/min
5 000
Temps (min)
4 000
I (ua)
a
a 0,5 oC/min
0,1 W/g
3 000
50 µm 2 000
Exo
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– 70 – 50 – 30 – 10 10 30 50 70 1 000
α
Température (oC)
0
0,1 0,2 0,3 0,4 1,2 1,4 1,6 1,8 2 0 2 000 4 000
Figure 19 – Décalage observé lors de la fusion de la fraction
stéarique d’une huile de palme 2Lα q (Å–1) Exo
(source laboratoire PBS-LECAP, thèse A. Vuillequez) 45 Å
De gauche à droite : DRX aux petits angles, DRX aux grands angles, DSC
1.6.3 DSC et spectroscopie Raman
Figure 20 – Enregistrements de spectres en DRX couplée
Il a été récemment proposé sur le marché un couplage DSC/spec- à la DSC obtenus à partir de matière grasse anhydre de lait à 4 oC
troscopie Raman en utilisant un DSC à compensation de puissance (d’après M. Ollivon [3])
et un spectromètre Raman dispersif. Le faisceau est amené sur
l’échantillon par un passage dans le couvercle du four du DSC, les
capsules sont ouvertes. La position de la sonde est réglable dans les 10 oC/min 100 oC/min
Endo
60
sur le matériau lors d’un balayage en température. L’analyse peut
être pratiquée aussi bien sous balayage classique de température
que sous le mode step-scan™. Des vitesses élevées de chauffage ou
de refroidissement peuvent être utilisées (la durée d’un balayage 40
Raman étant comprise entre 1 et 4 s).
Forme I
L’analyse permet une meilleure compréhension des formes
20
polymorphiques des matériaux (intérêt pour des matériaux à
usage thérapeutique par exemple), la possibilité d’étudier des
changements dans la morphologie de la cristallisation pour des
polymères par exemple. 0
1.6.4 DSC et diffraction des rayons X 165 170 175 180 185 190 195 200 205 210
Température (oC)
Dans ce cas, le dispositif calorimétrique est placé sur le trajet
Remarque : dans cette figure les endothermes sont dirigés vers le haut
d’un faisceau de rayons X. Deux détecteurs (petits et grands
angles) permettent de récolter les rayons diffractés par l’échan-
Figure 21 – Mise en évidence de la cristallisation
tillon simultanément à l’analyse calorimétrique. L’analyse de la carbomazépine par DSC à grande vitesse de balayage
permettant une mise en parallèle des figures de diffraction et des (source Perkin Elmer, HyperDSC®)
courbes de DSC est particulièrement intéressante dans l’étude des
changements de phase (figure 20) [3].
1.7.2 DSC à grande vitesse de balayage
Les spectres observés (figure 20) simultanément par diffraction
de rayons X aux grands et petits angles lors de la cristallisation de Ce type de DSC est un des objectifs de notre siècle. La raison
la matière grasse indiquent la présence de cristaux sous forme essentielle n’est pas de réaliser un plus grand nombre d’analyses
3Lα(72 Å) se transformant au cours du temps ou au cours du chauf- dans la même durée mais dans le fait de « sauter » une transition
fage (pour des raisons de clarté, les spectres X sont décalés vers le de phase dans un système polyphasé (figure 21), ce qui permet de
haut en fonction du temps), en variété de types 2Lβ′ et 2Lα . se placer dans des conditions métastables.
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0,8 vitesse : 150 oC/min pide pour étudier des cinétiques de transitions à une échelle de
vitesse : 50 oC/min
temps inférieure à la milliseconde. Pour des échantillons de taille
microscopique (≈ 1 à 100 µm), les vitesses de chauffage et/ou de
vitesse : 10 oC/min
0,6 refroidissement contrôlées (voir par exemple [4]) peuvent atteindre
Endo
105 oC/min.
0,4
0,2
2. Conduite des expériences
La forme générale du signal ainsi que les transitions qui peuvent
0 être associées ont été décrites précédemment (§ 1.3). L’objet de
cette partie est de décrire la bonne conduite expérimentale.
–15 –10 –5 0 5 10 15 20 25 30
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Température (oC)
2.1 Lignes de base
Figure 22 – Mise en évidence de la transition vitreuse
du polypropylène grâce à l’accroissement de la vitesse
de chauffage (d’après Perkin Elmer) 2.1.1 Ligne de base instrumentale
Dans la majorité des analyses, les phénomènes étudiés sont
repérés et/ou calculés par rapport à une analyse à vide (courbe
Flux de chaleur (mW)
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t ou T t ou T
c d 2.2 Calibrages
Figure 24 – Ligne de base expérimentale D’une façon générale le calibrage en température est assuré à
partir de la température de transition de phase de matériaux
standards (le plus souvent la fusion). Le calibrage en énergie peut
c) dans le cas où le matériau ne présente pas de changement être assuré de différentes façons : enthalpie de fusion de
important de Cp , la ligne de base virtuelle est bien décrite par la matériaux standards, capacité thermique massique à pression
droite qui joint le début et la fin de la réaction ; constante ou encore par effet Joule.
d) le phénomène thermique présente deux pics superposés, la
ligne de base 1 est correcte pour l’intégration du premier pic et la ■ Calibrage en température et enthalpie : métaux
ligne 2 pour l’intégration de l’ensemble des deux pics. Le tableau 1 regroupe de façon non exhaustive des matériaux
La chaleur de réaction ou de transition sera déterminée par le usuels de calibrage (pour des températures comprises entre – 38
calcul de la surface du pic située entre le signal calorifique et la et 660 oC), leur usage respectif, le phénomène physique en jeu
ligne de base virtuelle. ainsi que l’origine des échantillons. Pour une analyse plus
détaillée, le lecteur pourra se reporter à l’article de G. Della
De nombreux facteurs jouent sur les mesures du flux thermique Gatta [5].
et par conséquent sur la ligne de base :
– la conductivité thermique et le contact thermique D’une façon générale les matériaux de référence doivent être
(par exemple : passage solide-liquide) ; stables et homogènes ; les valeurs indiquées doivent être
– la façon dont le creuset transfère la chaleur (par exemple : certifiées. Une liste de ces matériaux peut être obtenue auprès
déformation du creuset sous l’action de la pression) ; d’instituts de mesure et de standardisation tels que :
– le changement de vitesse d’analyse (par exemple : paliers – National Institute of Standards and Technology NIST (US) ;
isothermes en début, milieu ou fin d’analyse) ; – Physikalisch-Technische Bundesanstalt PTB (D) ;
– la masse et la nature de l’échantillon (par exemple : granulo- – Laboratory of the Government Chemist LGC (GB).
métrie d’une poudre, film, liquide) ;
Nota : les adresses internet de ces instituts se trouvent dans le « Pour en savoir plus ».
– l’histoire thermique (par exemple : changement de structure).
Ces facteurs seront d’autant plus influents s’ils changent en Pour les températures élevées, les matériaux usuels de calibrage
cours d’analyse : par exemple dans une sublimation ou une évapo- sont donnés dans le tableau 2 [6].
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0
sels comme le bromure de potassium, le chlorure de sodium, etc.
■ Calibrage en température et enthalpie : produits organiques –1
Compte tenu des pressions de vapeur assez faibles, les mesures
avec des matériaux organiques peuvent présenter certaines diffi- –2
cultés et se révéler peu précises. Néanmoins ce sont pratiquement
les seuls matériaux disponibles pour les basses températures. Les
valeurs regroupées dans le tableau 3 le sont à titre indicatif. –3
Exo
■ Calibrage en capacité thermique massique
–4
Il est recommandé d’utiliser l’alumine α (saphir) dont la capacité
thermique est connue avec une grande précision dans un large
intervalle de température (de quelques dizaines de kelvins à plus –5
de 2 000 K). Le cuivre peut être utilisé pour des températures 152 154 156 158 160 162 164 166 168
inférieures à 50 oC. Température (oC)
Masse de l’échantillon :
1 mg 10 mg
2.3 Facteurs d’influence et causes 2 mg 15 mg
d’erreurs 5 mg
À vitesse de chauffage constante (10 oC/min), l’aspect du pic
■ Masse de fusion de l’indium varie avec la masse de l’échantillon
Aussi bien dans la phase de mesure que dans la phase Gaz de balayage : azote
d’étalonnage, la masse de l’échantillon intervient dans les
transferts thermiques et ce d’autant plus que l’échantillon conduit Figure 25 – Influence de la masse de l’échantillon
sur le pic de fusion de l’indium
mal la chaleur (cas des polymères par rapport aux métaux). Par
suite la forme du signal détecté varie avec la masse. Comme le
montre la figure 25, plus la masse est élevée, plus le pic s’étale en
température, diminue en amplitude et plus la pente du signal au
Flux de chaleur normalisé (W/g)
début de la réaction est faible. Il est à noter que même avec des 1
échantillons très conducteurs de la chaleur, le début du pic varie
avec la masse. En conclusion, aussi bien pendant les phases de
calibrage que d’analyse, les échantillons doivent être pesés avec 0
précision en utilisant des balances dont l’étalonnage est vérifié
régulièrement. –1
■ Vitesse de chauffage
Cette dépendance peut être illustrée au moyen du pic de fusion –2
de l’indium (figure 26). Pendant cette réaction où la température
du matériau reste constante, à masse égale d’échantillon, ni le –3
début du pic, ni la pente du signal au début du pic ne changent
Exo
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coût très élevé, l’usage de l’hélium est plutôt réservé aux mesures d’équilibre. Il convient donc d’éviter au maximum les variations
à basse température (T < 273 K). des conditions environnementales : température et humidité du
Dans quelques cas (T > 1 100 K), moyennant de grandes précau- laboratoire entre deux étalonnages et pendant la durée de la
tions, l’argon peut être utilisé. Le coefficient de conductivité est campagne d’analyse.
voisin de celui de l’azote. L’inconvénient principal réside dans le
contrôle du débit dans la cellule (l’argon étant plus dense que ■ Thermique : position, conductivité, émissivité
l’air).
De nombreux facteurs expérimentaux jouent directement sur
Moins sensible aux problèmes de débit et pour des raisons de le comportement thermique. Si l’influence de certains peut être
coût, l’azote est le plus utilisé. Il faut néanmoins veiller à utiliser de limitée, pour d’autres, cela sera plus difficile. Ainsi, est-il
l’azote le plus sec possible. recommandé de soigner la position de l’échantillon dans le
creuset, la position du creuset sur la plate-forme, de maintenir un
■ Creusets ou capsules bon contact thermique creuset/plate-forme en ne déformant pas le
Les paramètres thermiques (masse, conductibilité...) des fond du creuset. Les systèmes robotisés actuellement sur le
capsules ou creusets vont jouer sur la qualité du signal calorimé- marché présentent l’avantage de placer toujours le creuset dans la
trique. Selon les besoins de l’analyse, les capsules, les couvercles même position. Il sera plus difficile d’intervenir sur des facteurs
peuvent être de nature très différente. D’excellente conductibilité propres aux échantillons comme la granulométrie, la nature
thermique et de faible coût, les capsules en alliage d’aluminium (solide/liquide), la mouillabilité..., facteurs susceptibles de modifier
sont les plus courantes, on trouve aussi des creusets en cuivre, la conductivité, l’émissivité...
graphite, or, platine, inox ; dans les cas les plus fréquents, les
couvercles sont sertis mais on peut aussi avoir des fermetures
hermétiques (pressions de quelques bars) avec joints d’étanchéité.
Des capsules de différents volumes sont également disponibles.
Figure 27 – Influence de la fermeture du creuset sur l’ébullition Les méthodes de mesure des Cp sont données dans le
de l’eau (d’après Mettler) paragraphe 4 et le dossier [P 1 206].
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Exo
cristallographique à la température de 150,9 oC et une fusion à 0,5
237,7 oC. Les deux pics correspondent à des phénomènes
invariants. On constate que les variations d’enthalpie sont très 0,0
différentes, ainsi que la forme des pics. Cette différence est due à
– 0,5
la cinétique des réactions ; une transition solide-solide est lente
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Pression (MPa)
Tc = 357,1 oC 370 350
Exo
Vc = 1 K/min P = 5,0758 T – 2094,9
22 365 300
360
21 250
355
200
350 Forme II
20
345 150
Forme I P = 2,0534 T – 1049,6
19 340 100
335 50
Liquide
0
2 450 2 700 2 950 3 200 3 450 3 700 3 950
380 430 480 530 580
Temps (s)
Température (K)
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dans certains cas d’observer des transitions de phases d’équilibre, la forme A va recristalliser. La monotropie est donc un
solide/solide [le cas le plus spectaculaire étant celui de la carbama- cas d’irréversibilité.
zépine (cf. figure 21)] et aussi d’observer l’apparition de liquide et Application à l’analyse : une étude thermodynamique des
les recristallisations. Cette liste n’est pas exhaustive et on peut courbes ∆H = f (T ) montre que l’enthalpie de fusion de la forme
aussi signaler l’infrarouge utilisé par certains expérimentateurs haute température dans le cas d’une énantiotropie est plus faible
afin de mettre en évidence des phénomènes de polymorphisme, que l’enthalpie de fusion métastable de la forme basse tempéra-
d’où l’intérêt des méthodes couplées (cf. § 1.6). ture. Dans le cas d’une monotropie, l’enthalpie de fusion de la
forme stable est plus grande que celle de la forme métastable et il
3.2.2 Phénomènes énantiotropiques n’y a pas de transition de phase. Cela constitue une des règles de
et monotropiques Burger.
Outre le contrôle des principes actifs, la connaissance des
Les diagrammes d’état de ces deux cas sont représentés sur la phénomènes de polymorphisme peut être utilisée dans les
figure 33. méthodes de préparation. S’il est plus facile de faire cristalliser
Énantiotropie : pour une pression donnée (1 atm), il existe une une forme métastable (solvant non toxique, peu coûteux...), c’est
forme basse température qui se transforme en forme haute tempé- cette dernière qui est préparée puis transformée en forme stable
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rature à la température TP , et fondant à la température Tfus . C’est par traitement thermique, fusion et refroidissement lent.
le cas de la caféine dont la courbe est donnée sur la figure 32 : au Phénomènes hors équilibre : un exemple caractéristique est la
refroidissement, si celui-ci est réalisé dans des conditions progestérone. Si on chauffe la forme stable, on observe un pic à la
d’équilibre c’est-à-dire avec une vitesse lente de refroidissement (à température de 129 oC qui correspond à la fusion. Si le liquide est
définir expérimentalement), la forme haute température cristallise, refroidi lentement (0,5 K/min) la forme stable recristallise et fond à
puis à plus basse température elle se transforme en phase basse la même température. Par contre, si le liquide est refroidi rapide-
température ; le phénomène est réversible. Rappelons que les ment (50 K/min), c’est une forme métastable qui cristallise, sa tem-
températures de transition de phase au cours de la descente en pérature de fusion étant à 122 oC. Lorsque le refroidissement est
température sont toujours inférieures à celles observées au cours réalisé avec une vitesse intermédiaire de 20 K/min, les deux
de la montée. Si la vitesse de chauffe est trop rapide, la transition formes vont cristalliser et leurs températures de fusions respec-
entre les formes basse et haute température n’a pas le temps de se tives seront de 122 oC et 128 oC. Cela s’explique à l’aide de la
faire et, dans ce cas, la forme basse température fond de façon théorie de la germination et croissance et des courbes G = f (T )
métastable à la température Tfusm . Le liquide est alors dans un pour chaque phase. La température de solidification est liée à la
état métastable, il est susceptible de se solidifier sous la forme vitesse de refroidissement : plus la vitesse est rapide, plus la
haute température et de fondre ensuite à la température de fusion température de solidification est basse. Lorsque la vitesse est très
Tfus . Au cours du refroidissement, dans des conditions d’équilibre rapide, il n’y a pas de recristallisation et le liquide donne un verre.
la forme A va recristalliser. L’énantiotropie est un cas de réversi- Lors du refroidissement, il y a compétition entre deux réactions :
bilité. liquide → forme I et liquide → forme II. La réaction qui sera
prépondérante sera celle dont l’enthalpie libre d’activation sera la
Monotropie : le domaine de stabilité thermodynamique de la
plus faible ; nous avons montré [10] qu’en fonction de la tempéra-
forme B se situe à partir d’une pression supérieure à 1 atm. Pour
ture de solidification, il y avait inversion des enthalpies libres
une pression de 1 atm, la forme A est dans un état thermodynami-
d’activation. Ces études ne peuvent être menées à bien qu’à l’aide
quement stable et sa température de fusion est à TfusionA .
de DSC pouvant travailler à différentes vitesses, dont certaines très
Si pour une pression de 1 atm, on est en présence de la forme B, rapides et donc hors équilibre, et grâce à la possibilité de pouvoir
celle-ci est dans un état métastable, sa température de fusion est à mesurer les Cp en fonction de la température des différentes
TfusmB . Après fusion lors du refroidissement dans des conditions formes cristallographiques et de la phase liquide.
P P
B
A L
B
A
1 atm L
1 atm
a énantiotropie b monotropie
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Exo 0,5
Exo 0,1
3.4 Transition vitreuse
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Flux de chaleur
verres séléniés et tellurés) le chauffage après un temps de vieillis-
6
sement présente l’aspect 2. La courbe est marquée par un pic de
relaxation. La différence entre la courbe 2 et la courbe 1 (sans 5
relaxation) permet de déterminer l’enthalpie de relaxation. Ce 4
0,2 mW
a
Endo
3
phénomène est appelé recouvrance enthalpique.
2
1
Équivalent cp
mesuré sur la courbe expérimentale à partir de l’extrapolation des
lignes de base. Plusieurs définitions sont possibles pour la tempé- 1 2 3 4 6
0,4 J/g · K
rature de transition. De plus, cette dernière dépend de la vitesse de b
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Le signal représenté sur la figure 36 « flux de Figure 37 – Influence de la vitesse de chauffage sur la transition
chaleur/masse/vitesse de chauffage » s’exprime en J/g · K et a les vitreuse (source : laboratoire LECAP, thèse M. Boukined)
dimensions d’une capacité thermique massique. Cependant, seul
le saut ∆cp a une signification physique. La courbe montre aussi
une faible recouvrance enthalpique. Six températures de transition
sont définies sur la courbe :
Équivalent cp (J/g · K)
Ti
Température 3.4.4 Influence du vieillissement physique.
Recouvrance enthalpique
Température (K)
La figure 38 montre l’influence du vieillissement isotherme sur
Figure 36 – Illustration de la transition vitreuse d’un polymère la transition vitreuse (température, recouvrance enthalpique) du
lors d’une montée en température PEN (polymère amorphe).
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Φnormalisé
Liquide
T1 ∆H(t)
Liquide
2 t1 t t2
surfondu Temps
T2
Verre
T3
Exo
T4
Ligne de base
1
Temps
Cristal
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Bien que souvent, il ne soit pas fait de distinction entre les solides 3.6.1 Cristallisation isotherme
amorphes (solide sans forme) et les verres, ils diffèrent en ce qui
L’intégration du flux de chaleur Φ (t ) en fonction du temps
concerne les modes d’obtention et leur recristallisation (ou cristalli-
pendant le palier isotherme de cristallisation fournit les variations
sation froide, ou encore cristallisation depuis l’état solide lors d’un
de l’enthalpie de cristallisation ∆H (t ). La difficulté expérimentale
chauffage). L’amorphisation peut être obtenue par broyage mécani-
principale réside dans la façon d’atteindre le palier isotherme de
que d’un système cristallisé (plus le temps de broyage est long,
cristallisation (montée ou descente en température) qui doit agir
plus l’amorphisation est parfaite), par trempe de vapeur sur des
le moins possible sur la cristallisation (voir figure 40). Les expé-
parois froides. La recristallisation d’un amorphe lors du chauffage
riences sont répétées à différentes températures. Sur la figure 40,
se fera par autodiffusion et se présentera sous la forme d’un phéno-
il est clair que pour la température T1 , la cristallisation du
mène exothermique. Cependant, le produit ne passera pas par un
matériau démarre avant que le palier ne soit atteint. Il s’ensuit qu’il
état liquide surfondu et donc ne présentera pas de transition
sera difficile d’exploiter une telle courbe. La courbe de cristallisa-
vitreuse contrairement aux verres obtenus par refroidissement
tion à T2 est à la limite exploitable. Les courbes à T3 et T4 font
depuis l’état fondu. Contrairement à l’habitude, il conviendrait de
apparaître un temps d’induction.
ne pas utiliser le terme « de phase amorphe ou vitreuse » car l’état
amorphe ou vitreux n’est pas une phase au sens thermodynamique À l’instant t, la fraction cristallisée est donnée par :
défini par Gibbs. Lors du réchauffement, au-dessus de la zone de
t
transition vitreuse, le matériau se trouve dans l’état de liquide sur-
refroidi (ou surfondu). Cet état étant métastable par rapport au α (t ) =
∫0Φ (t ′) dt ′ (7)
∞
solide cristallisé, on observe alors en DSC un pic exothermique
dont la position de l’extremum dépend de la vitesse de chauffage
∫0 Φ (t ′) dt ′
(figure 39, trajet 1). Ce pic correspond à la cristallisation « froide » En pratique l’intégration a lieu entre t1 (début de cristallisation)
du matériau (par opposition à la cristallisation observable lors d’un et t2 (fin de cristallisation).
refroidissement depuis l’état liquide). La poursuite du chauffage La courbe α (t ) (figure 41) a l’allure d’une sigmoïde (avec ou
verra la fusion de la fraction cristallisée du matériau. sans période d’induction) ; la limite est 1 ou 100 % selon le
Il n’est pas toujours aisé d’observer l’ensemble de ces phéno- système d’unité choisi.
mènes. Dans certains cas (verres métalliques...), la vitesse de
cristallisation est si grande que le matériau cristallise dès la transi-
tion vitreuse abordée. Les vitesses de chauffage extrêmement éle-
vées nécessaires pour séparer les deux phénomènes commencent α (t)
à peine à être abordées. Dans d’autres cas, le désordre structurel 1
du matériau est tel qu’il ne peut cristalliser (cas des polymères
amorphes) ; dans ce cas (figure 39, trajet 2) la cristallisation froide
et la fusion ne peuvent être observées sur la courbe H (T ).
Parmi les polymères, les polymères thermoplastiques peuvent Figure 41 – Courbe de la fraction cristallisée d’un polymère
cristalliser aussi bien depuis l’état fondu (en refroidissement) que en fonction du temps
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Exo
α
∫ Φ (T ′) dT ′
(T ) = 0∞ (8) Tc
∆fusH
∫0 Φ (T ′) dT ′ T
Nota : exotherme vers le haut
Là aussi, l’intégration peut n’avoir lieu qu’entre les températures
de début et de fin de cristallisation. Figure 43 – Cas d’un échantillon cristallisant pendant le chauffage
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Remarques :
– si ∆cristH = ∆cristH0 alors χini = 0 (matériau totalement
Exo
amorphe) ;
∆fusH
– si ∆cristH = 0, le matériau ne cristallise pas pendant le
chauffage et l’on a :
Nota : exotherme vers le bas T
∆ H
χ ini = fus
Figure 42 – Cas d’un échantillon ne cristallisant pas pendant ∆ fus H 0
le chauffage
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d) Présence de charges : une autre difficulté peut survenir dans Dans l’exemple de la figure 44, la fusion du polyéthylène qui
le cas d’un matériau chargé car la DSC fournit un signal s’étend sur plus de 50 oC ne permet pas d’utiliser la méthode de la
proportionnel à la masse de matière réagissant et non à celle de plus grande pente pour déterminer la température de fusion comme
l’échantillon. En faisant abstraction des relations charge/poly- dans le cas de l’indium. Seule la température de l’extremum du pic
mère/cristallisation, cet effet de masse ne sera visible que sur est clairement définie. La valeur corrigée tient compte des constantes
l’amplitude du signal (affaiblissement, détection plus difficile...) et de temps du transfert thermique estimées sur le pic de l’indium.
non sur les formules précédentes.
Pour l’indium : T p′ = 156, 8 o C ; T d′ = 156, 6 o C , soit une correc-
Il est donc nécessaire de rapporter les signaux expérimentaux tion de – 0,2 oC.
tels que ∆cristH, ∆fusH à la masse réelle de polymère en jeu et non
Pour le PE, Tp = 131,1 oC et Tp corrigée = 130,9 oC.
à celle de l’échantillon.
Le lecteur pourra consulter la norme ISO 11357-3 (voir « Pour en
savoir plus »). 3.8 Réticulation d’une résine
thermodurcissable
3.7 Fusion des polymères semi-cristallins Initialement liquides ou en poudre, les résines thermodurcis-
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Exo 0,2
Flux de chaleur (mW)
Tp corrigée
Td Tf T'd T'f
∆H (T)
Exo 5
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Exo 0,2
80
60
201,6 oC
40
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20
0
0 50 100 150 200 250
Temps (min)
Températures de réticulation : 50 100 150 200 250
1 : 120 oC, 2 : 115 oC, 3 : 110 oC, Température (oC)
4 : 105 oC, 5 : 100 oC
Matériau urée/formaldéhyde a vitesse de chauffage : 5 oC/min, la température
Gaz de balayage : hélium de dégradation est déterminée par l’intersection
des deux tangentes
a taux isothermes de conversion
Temps de conversion (min)
90 %
1 2
1 000
80 %
70 %
500 60 %
Temps d’induction
50 %
0
Exo 10
3.9 Mesure du temps d’induction déterminer le seuil d’oxydation. Deux déterminations sont
à l’oxygène pratiquées couramment : sous oxygène en mode balayage, on
détermine la température à partir de laquelle l’oxydation du
La stabilité à l’oxydation est une propriété finale importante matériau se manifeste (figure 47a) et en mode isotherme, on
pour un grand nombre de matériaux. L’oxydation étant un mesure l’Oxydation Induction Time (figure 47b). La norme
processus exothermique, la calorimétrie à balayage permet de ISO 11357-6 décrit ces méthodes.
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3.10 Étude des diagrammes d’équilibre composé A ; il est aussi possible d’utiliser la pente d’un des
entre phases : binaires, ternaires... produits étalons (In, Sn...).
Sur la figure 49, on observe à la température de 388,9 oC un pic
La DSC est une des méthodes incontournables pour l’étude des correspondant à une réaction invariante (péritectique). Le sommet
diagrammes d’équilibre entre phases. Elle permet de mesurer les du pic à la température de 426,3 oC correspond au passage d’un
températures des réactions invariantes et de déterminer la domaine triphasé à un domaine biphasé, et le sommet du pic à
composition des points caractéristiques. 520,8 oC correspond au passage du domaine biphasé à un
domaine monophasé (liquide dans ce cas), c’est la température du
Soit la réaction de type eutectique : liquidus de cet alliage. La courbe isoplèthe à laquelle appartient
cet alliage est représentée en haut à gauche.
Le ↔ (A) + (B) (10)
pur.
Les limites entre les domaines, par exemple la courbe de
liquidus entre le point de fusion du composé A et la composition
eutectique ε (figure 48) [11] pourront être déterminées par DSC.
Dans le domaine diphasé comprenant le liquide et la phase
solide A, pour une composition globale donnée, lorsque la tempé- ε
rature augmente, la composition du liquide s’enrichit en composé
A et la quantité de liquide augmente. De ce fait, la capacité
thermique va varier en fonction de la température. Cela va se
traduire par une variation de la ligne de base entre la température
de la réaction eutectique et la température du liquidus. Ensuite,
A B
lorsque tout est liquide, on observe un retour à la ligne de base. La
température du liquidus se mesure en prenant le sommet de la Figure 48 – Diagramme binaire présentant un eutectique :
courbe et en le corrigeant de la pente correspondant à la fusion du aspect des courbes d’analyse thermique [11]
Flux de chaleur (mW)
T(K)
1 400
22,5
1 300
20
1 200
L
44Sb
1 000
15 α
900
12,5
800
L + (Sb) v8 v7
10 700 L + (Sb) + AuSb2
600
7,5 AuSb2 + α
AuSb2 + α + ζ
500
AuSb2 + ζ
5
L + (Sb) + AuSb2
2,5 300
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9
426,3 oC
L + (Sb)
0 x(Au)
520,8 oC
– 2,5
L
–5 388,9 oC
360 380 400 420 440 460 480 500 520 Température (oC)
Figure 49 – Courbe d’analyse thermique d’un alliage ternaire Ag0,1Au0,2Sb0,7 (source : laboratoire Matériaux et Santé, université Paris 11, thèse : E. Zoro)
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3.11 Détermination de la pureté Dans cette expression, N2 est la fraction molaire des impuretés
dans le liquide, alors que c’est la fraction molaire X 20 des
Il est possible de déterminer la pureté d’un élément ou d’un impuretés dans le solide qui est recherchée. En appelant F la
composé à fusion congruente par la mesure de la température de fraction du solide fondue à l’instant t (ou à la température T ), ces
fusion si les impuretés contenues dans cet élément ou ce composé deux quantités sont reliées par :
ne donnent pas de solution solide entraînant une réaction de type
péritectique ou une solution solide continue. Il est souvent dit
qu’une impureté abaisse la température de fusion d’un élément ou X 20 = N2 F (17)
d’un composé, ce n’est pas toujours le cas. Cette méthode de
détermination de la pureté est très pratique, mais doit être mise en
X 20 ∆H T0 −Tfus
place avec beaucoup de précautions. Dans certains cas, elle n’est Soit = (18)
pas applicable car, comme nous allons le voir, le calcul fait F R T0Tfus
intervenir des hypothèses simplificatrices. Cette méthode n’est
donc applicable que si les impuretés abaissent la température de
fusion du produit Tfus . La température Tfus sera celle pour laquelle RT0Tfus X 20
= T0 − Tfus (19)
la totalité du produit sera fondu. F ∆H
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0 5 1/F 10 15 20
3 123,3
Température (oC)
2,5
123,2
2,0
Linéarisation de 1/F
122,9
0,5
Exo
121,05 oC 124,97 oC
0 122,8
115 117 119 121 123 125 127 129
Témperature (oC)
variation de 1/F en fonction de T
linéarisation de la courbe 1/F
Figure 50 – Détermination de la pureté d’un échantillon d’acide benzoïque (source : laboratoire Matériaux et Santé, université Paris 11)
4. Mesure de la capacité
thermique massique
Φ
isobare
En adoptant une procédure expérimentale spécifique, la calori- βCp
métrie différentielle à balayage permet de déterminer la capacité
thermique massique à pression constante (isobare) cp .
En effet, pour un échantillon de masse m : t1 t2 t
1 ∂H isotherme T1 isotherme T2
cp = (21) chauffage
m ∂T p
Figure 51 – Echanges de chaleur entre un échantillon et l’extérieur
Par suite, pour un échantillon de masse m, pendant un balayage lors du programme de température indiqué sur l’axe horizontal
en température à vitesse constante β et à pression constante, le
flux thermique Φ a pour expression :
chaleur), lors d’une expérience l’appareil n’enregistre pas les
dQ d H dT
Φ = = = m cp = m cp β = β Cp (22) échanges de chaleur échantillon/extérieur (comme montré
dt dt dt figure 51) mais enregistre la différence entre les échanges thermi-
ques respectifs de la plate-forme échantillon (ou du four échan-
La figure 51 illustre de façon schématique l’échange de chaleur
tillon) avec l’extérieur et de la plate-forme référence (ou du four
entre un échantillon de masse m et l’extérieur (équation (22)) ; le
référence) avec l’extérieur :
flux de chaleur est nul pendant les deux phases isothermes aux
températures T1 et T2. Il est égal à βCp pendant la phase de chauf- ∆P = Pe − Pr pour les systèmes à compe ensation de puissance
fage. (23)
ou ∆Φ = Φe − Φr pour les systèmes à fllux de chaleur
La difficulté d’une détermination précise de la capacité thermi-
que Cp = mcp d’un matériau par DSC vient du dispositif expérimen- chacun des flux Φ éch (ou Péch ), Φréf (ou Préf ) étant mesuré par rap-
tal lui-même. En effet, par définition et quel que soit le principe port à une ligne base appareil Φldb inconnue et pas nécessairement
expérimental utilisé (à compensation de puissance ou à flux de nulle sur l'intervalle de température utilisé .
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ne change pas entre les deux expériences, la quantité isotherme T1 chauffage isotherme T2
∆Φ2 – ∆Φ1 = Φ éch – Φ vide correspond aux échanges de chaleur de
l’échantillon proprement dit.
Figure 52 – Chauffage à vitesse constante entre les instants t1 et t2
Procédure en balayage (figure 52) (températures respectives T1 et T2) précédé d’un palier isotherme à
Une mesure très précise de cp doit adopter la protocole suivant ; la température T1, suivi d’un palier isotherme à la température T2
sur un intervalle de température limité (de l’ordre de 50 à 100 oC),
avec une vitesse de chauffage β pas trop élevée pour éviter les
déséquilibres thermiques en début et fin de chauffage : inférieure d’au moins 30 oC à celle de fin de l’intervalle précédent
i) On enregistre la différence Yv des flux avec les capsules pour assurer un recouvrement correct des résultats.
« échantillon » et « référence » vides munies de leurs couvercles Cette procédure donne d’excellents résultats et doit être recom-
respectifs. mencée à chaque analyse. Elle est très longue, aussi les utilisa-
ii) On calibre l’expérience avec du saphir (masse ms) comme teurs ont tendance à « sauter » les étapes i) et ii) à partir de la
matériau. Pour cela, avec grande précaution on replace la capsule deuxième analyse en ne pratiquant que l’analyse de l’échantillon.
échantillon contenant un disque de saphir et son couvercle dans la Ce gain de temps se fait bien sûr au détriment de la précision obte-
même position sur le plot (ou dans le four) échantillon. Avec le nue sur la valeur de cpe [13]).
même programme de température, on enregistre le signal Ys.
De nombreux facteurs peuvent perturber la qualité de la mesure
et doivent être traités avec attention.
Y −Y
c ps exp = s b (25) Il convient de maintenir constant le flux du gaz de balayage tout
ms β
au long de l’expérience ainsi que les autres conditions environne-
En fonction de la température, on compare alors les valeurs de mentales (température, pression, humidité).
la capacité thermique massique expérimentale cpsexp du saphir Il faut appairer les masses mcap.éch et mcap.réf des ensembles
aux valeurs théoriques cpsthe et on détermine le coefficient de cali- capsules/couvercles échantillon et référence à mieux que 0,1 mg
brage K(T) [12] : (norme ISO 11357-4) selon la référence [13], 0,01 mg est la limite à
ne pas dépasser. En effet, en cas de déséquilibre le flux de chaleur
K (T ) = c ps the(T )/c ps exp (T ) (26) sera augmenté de la quantité (positive ou négative selon le désé-
quilibre).
Bien que K(T) dépende de la température, sur un intervalle de
température restreint on utilise généralement un coefficient moyen β(mcap.éch – mcap.réf ) cpcapsule
K. Cette simplification se fait néanmoins au détriment de la préci-
sion de la mesure.
Ce point est très délicat et très gênant dans le cas d’expériences
iii) Enfin, en conservant les mêmes capsule et couvercle où l’on doit changer l’échantillon car d’une part il est difficile
« échantillon » on remplace le saphir par l'échantillon inconnu de d’obtenir l’appairage de façon très répétitive et d’autre part tout
masse m. En positionnant le plus précisément possible l'ensemble changement de capsule demande de recommencer la procédure à
capsule/couvercle/échantillon sur le plot (ou dans le four) on pro- l’étape i).
cédera à l'analyse « courbe Ye » du matériau inconnu pour déter-
miner la capacité thermique massique cpe de l'échantillon. Certains logiciels récents permettent de compenser par calcul de
petites différences de masse aussi bien pour les balayages {Ye ; Yv}
que pour les balayages {Ys ; Yv}.
Ye (T ) − Yb (T )
c pe (T ) = K (27) Il faut veiller à ce que le fond des capsules ne soit pas déformé
me β
avant, pendant ou après la préparation de l’échantillon afin d’assu-
rer le meilleur contact thermique possible entre la capsule et le
La procédure décrite ci-dessus demande deux phases isother- plot ou four support.
mes de stabilisation avant et après la phase de chauffage. L’objec-
tif des isothermes est d’ajuster les grandeurs Ys – Yb = βCpsexp et Pour conserver une excellente précision, il convient d’ajuster au
Ye – Yb = βCpe à zéro car lors d’un palier isotherme β = 0 , créant par mieux les masses thermiques de l’échantillon inconnu et du saphir
là l’origine expérimentale. utilisé pour le calibrage.
La température T1 de l’isotherme de départ doit être inférieure Remarque 1 : Au lieu de la procédure en balayage (éventuelle-
de 30 oC au moins aux températures pour lesquelles les résultats ment répétée sur plusieurs intervalles de température), on peut uti-
sont demandés. liser une méthode pas à pas.
Dans le cas où l’intervalle de température est étendu, ce dernier Dans cette procédure, l’intervalle de température concerné est
doit être divisé en sous intervalles sur lesquels on utilise la même divisé en petits intervalles (de 5 à 10 oC) et la procédure balayage
procédure, la température de début d’un intervalle devant être précédente est pratiquée dans chacun de ces petits intervalles.
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Φ = dQ/dt
Y
T2
Ye2
T1 Ye1
∆Q
t1 t2 t
t
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P
O
U
Analyse calorimétrique R
différentielle à balayage (DSC)
E
N
par Jean GRENET
Professeur émérite
Laboratoire LECAP EA 4528, Institute for material research FED 4114, université de Rouen S
Bernard LEGENDRE
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et
Professeur émérite
Laboratoire Matériaux et Santé, EA no 401, faculté de pharmacie Paris 11
A
V
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12 - 2010
Normes et standards
La norme internationale ISO (International Standardisation Organisation) La Calorimétrie Différentielle à Balayage pour les plastiques relève de la
est recommandée sans être obligatoire. norme ISO 11357 (également norme EN et NF). Elle est divisée en plusieurs
parties :
La norme européenne (EN) est obligatoire. Elle remplace la norme
nationale équivalente. ISO 11357-1 2016 Principes généraux
La norme française (NF) s’applique en l’absence d’autres normes ISO 11357-2 2013 Détermination de la température de transition
européennes ou internationales. vitreuse
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O
U ISO 11357-3 2018 Détermination de la température et de l’enthalpie
de fusion et de cristallisation
ISO 11357-7 2015 Détermination de la cinétique de cristallisation
R
ISO 11357-4 2014 Détermination de la capacité thermique mas-
sique lyse thermomécanique (ATM ou TMA) à la norme ISO 11359 et l’analyse
mécanique dynamique (AMD ou DMA) à la norme ISO 6721.
ISO 11357-5 2013 Détermination des températures et temps carac-
téristiques de la courbe de réaction, de l’enthal-
pie de réaction et du degré de transformation De plus, de nombreuses normes françaises et européennes régissent des
essais spécifiques : par exemple, la détermination du taux de caoutchouc et
ISO 11357-6 2018 Détermination du temps d’induction à l’oxyda- de noir de carbone (NF T45 114) ou encore, la détermination de la capacité
N Annuaire
Associations Association Française de Calorimétrie et d’Analyse Thermique
S
http://www.afcat.org Constructeurs Adresses
International Conference for Thermal Analysis and Calorimetry BAHR Thermoanalyse http://www.baehr-thermo.de
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http://www.ictac.org
O
http://www.nist.gov PERKIN – ELMER http://www.PerkinElmer.fr
Physikalisch-Technische Bundesanstalt : PTB (D)
http://www.ptb.de RIGAKU http://www.rigaku.com
R
SETARAM http://www.setaram.com
Fournisseurs d’appareils DSC en France et en Europe
La plus complète possible à l’instant « t » de son écriture, la liste SHIMADZU http://www.shimadzu.com
ci-dessous ne se veut pas exhaustive. Elle a pour vocation d’aider le lecteur
qui, de toute façon, devra l’actualiser à l’instant « t + ∆t ». Pour ces raisons, TA Instruments http://www.tainst.com
seuls les sites web des constructeurs sont indiqués.
P
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