Introduction à l'Analyse Numérique
Introduction à l'Analyse Numérique
Et Science de La Matière
Département de Mathématiques
Polycopie de Cours
Option : Analyse
Par
Intitulé
Septembre 2016
Table des matières
Introduction 1
3 Interpolation numérique 39
3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.1.1 Position du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.2 Interpolation polynômiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
1
TABLE DES MATIÈRES 1
3.2.1 Problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.2.2 Interpolation de LAGRANGE . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.2.3 Interpolation dans la base de Newton . . . . . . . . . . . . 45
3.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.3.1 Réponses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4 Intégration numérique 51
4.1 Méthode du rectangle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.2 Méthode du trapèze . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.3 Méthode de Simpson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.4 Formule des Trapèzes composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.5 Formule de Simpson composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
4.6.1 Réponses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
1
TABLE DES MATIÈRES 2
Le présent polycopié est organisé en six chapitres. Pour une revue relative-
ment exhausive, on pourra consulter les ouvrages mis en bibliographie en …n de
ce polycopié.
A la …n de chaque chapitre nous avons proposé des [Link] quelques
corrigés.
Chapitre 1
Résolution numérique de
systèmes d’équations
1.1 Introduction
ou encore 8
>
> a11 x1 + a12 x2 + :::a1n xn = b1
>
>
< a x + a x + :::a x = b
21 1 22 2 2n n 2 0
(1.1 )
>
> ::::
>
>
: a x + a x + :::a x = b
n1 1 n2 2 nn n n
A:x = b (1.2)
avec 0 1 0 1 0 1
a11 a12 ::: a1n x1 b1
B C B C B C
B a21 a22 ::: a2n C B x2 C B b2 C
A=B
B
C;
C x=B
B
C;
C b=B
B
C:
C
@ ::: ::: ::: ::: A @ ::: A @ ::: A
an1 an2 ::: ann xn bn
3
1. Résolution numérique de systèmes d’équations 4
x = A 1b (1.3)
Méthode de Cramer
Étape 1 :
- On transforme A en une matrice dont les termes sous diagonaux de la
première colonne sont nuls.
a21
- Pour éliminer le terme a21 on multiplie la ligne l1 par
a11
(1) a21
l2 l2 + l1
a11
on obtient ainsi
(1) a21
a2j = a2j a1j
a11
(1) a21
b2 = b2 b1
a11
a31
- Pour éliminer le terme a31 on multiplie l1 par
a11
(1) a31
l3 l3 + l1
a11
on obtient ainsi
(1) a31
a3j = a3j a1j
a11
:
(1) a31
b3 = b3 b1
a11
- D’une manière générale pour éliminer tout les termes ai1 on utilise la transfor-
mation
(1) ai1
li li + l1
a11
(1) ai1
aij = aij aij
a11
(1) ai1
bi = bi b1
a11
- A la …n de la première étape le système d’équations aura la forme suivante :
0 1
a11 a12 a13 :::: a1n b1
B (1) C
B 0 a(1) 22
(1)
a23
(1)
a2n b2 C
B . .. .. . . . .. C
B . . .. C
@ . . . . A
(1) (1) (1) (1)
0 an2 an3 ::: ann bn
Étape 2 :
Nous éliminons ensuite les termes sous-diagonaux de la seconde colonne.
1. Résolution numérique de systèmes d’équations 7
Étape k :
A la keme étape; nous éliminons les termes sous-diagonaux de la kieme colonne
(k 1)
!
(k) (k 1) ak+1;k (k 1)
lk+1 lk+1 (k 1)
lk ;
akk
1. Résolution numérique de systèmes d’équations 8
on obtient ainsi
8 !
> (k 1)
>
> (k) (k 1) a k+1;k (k 1)
>
> a = ak+1;k akk = 0
> k+1;k
> (k 1)
akk !
>
> ! (k 1)
ak+1;k
>
> (k 1) (k) (k 1) (k 1)
>
< a(k) (k 1) a k+1;k (k 1) ak+1j = ak+1;j (k 1)
ak;j
k+1;k+1 = ak+1;k+1 (k 1)
ak;k+1 akk !
a , (k 1)
>
> kk ak+1;k
>
> ::::::::::::::::::::::::::
(k) (k 1)
bk+1 = bk+1 b1
>
> ! (k 1)
>
> (k 1) akk
>
> (k) (k 1) ak+1;k (k 1)
>
: ak+1;n+1 = ak+1;j
> (k 1)
akk
ak;n+1
(k)
Remarque Les opérations précédentes supposent que les termes akk appelés
pivots sont non nuls.
2 3
2 1 2 10
6 7
4 0 1 6 4 5
0 0 1 1
la solution du système est
x3 = 1; x2 = 2; x1 = 3
Remarque
3
- La méthode de Gauss nécessite 2n3 opérations pour un système de taille n:
- Dans la méthode de Gauss si un pivot est nul on permutera l’équation
correspondante avec l’une de ses suivantes ( permutation de 2 lignes ), donc
pour i = k + 1; n, de manière à mettre un pivot non nul en position k:
Si une telle permutation est impossible la matrice est alors singulière.
(k)
aik
- Si le pivot de valeur proche de zéro c’est-à-dire pivot petit, les quantités (k)
akk
deviennent plus grandes que 1 et ampli…erons les erreurs de troncature ; dans
ce cas il y peut y avoir perte de précision, et on opte pour la modi…cation de
l’algorithme de Gauss, d’où les méthodes suivantes :
Pivot total On intervertit les lignes et les colonnes de façon à placer en pivot
le terme de coe¢ cient le plus élevé de la matrice : C’est la méthode du pivot
total, à la k-ieme étape, le pivot est l’élément
(k)
ai;j = max a(k)
p;q :
p;q=k;::::;n
0 1 0 1 0 1
1 3 3 x1 0
B C B C B C
Exemple 1.2.2 A = @ 1 1 0 A, x = @ x2 A b = @ 1 A,
3 2 6 x3 11
k = 1 : max(1; 1; 3) = 3 on permute, par exemple, les lignes 1 et 3 on obtient
0 .. 1 0 .. 1
3 2 6 . 11 3 2 6 . 11
B .. C B . C
B 1 1 0 C B
. 1 A!@ 0 3
1
2 .. 38 C
@ A
1 3 3 .. 0 7
0 3 1 .. 3 . 11
.
1. Résolution numérique de systèmes d’équations 10
Il s’ensuit que :
8
>
> x3 = 1
>
> 8
>
> >
< < x3 = 1
Ax = b , x2 = 73 311 x3 , x2 = 2
>
> >
:
>
> x1 = 3
>
>
: 1
x1 = 3 (11 2x2 6x3 )
8
>
< x1 + 3x2 + 3x3 = 2
Exemple 1.2.3 Soit le système 2x1 + 2x2 + 5x3 = 7
>
:
3x1 + 2x2 + 6x3 = 12
Posons : 0 1
.
1 3 3 .. 2
. B .. C
A..b = B @ 2 2 5 . 7 C
A
..
3 2 6 . 12
(1)
k = 1 : max ai;j ; i = 1; 2; 3 j = 1; 2; 3 = 6: La ligne du pivot total sera
alors L3 : En permutant les lignes 1 et 3 on obtient :
0 .. 1
3 2 6 . 12
B C
B 2 2 5 ... 7 C
@ A
..
1 3 3 . 2
La colonne du pivot total est la colonne 3, et on permute les colonnes 1 et 3 :
0 .. 1 0 .. 1
6 2 3 . 12 6 2 3 . 12
B . C B C
B 5 2 2 .. 7 C ! B 0 1 1 .. C
@ A @ 3 2
. 3 A
.. .
3 3 1 . 2 0 2 21 .. 8
(2)
k = 2 : max ai;j ; i = 2; 3 j = 2; 3 = 2:
La ligne du pivot total est alors L3 : Et donc on permute les lignes 2 et 3 :
0 .. 1 0 .. 1
6 2 3 . 12 6 2 3 . 12
B . C B . C
B 0 2 1 .
. 8 C B
! @ 0 2 1 .. 8 C
@ 2 A 2 A
. .
0 13 21 .. 3 0 0 125 .. 35
1. Résolution numérique de systèmes d’équations 11
8
>
> 6x3 + 2x2 + 3x1 = 12
>
> 8
>
> > x3 = 1
< <
1
2x2 2 x1 = 8 , x2 = 3
>
> >
:
>
> x1 = 4
>
>
: 5
12 1
x = 35
A=LU
Ly=b
U x=y
0 1 0 10 1
2 1 2 L11 0 0 1 U12 U13
B C B CB C
@ 6 4 0 A = @ L21 L22 0 A @ 0 1 U23 A =
8 5 1 L31 L32 L33 0 0 1
0 1
L11 L11 U12 L11 U13
B C
@ L21 L22 + L21 U12 L21 U13 + L22 U23 A
L31 L32 + L31 U12 L33 + L31 U13 + L32 U23
8 8 8
>
< L11 = 2 >
< L11 U12 = 1 >
< L11 U13 = 2
) (1) L21 = 6 (2) L22 + L21 U12 = 4 (3) L21 U13 + L22 U23 = 0
>
: >
: >
:
L31 = 8 L32 + L31 U12 = 5 L33 + L31 U13 + L32 U23 = 1
8
>
< L11 = 2
L21 = 6
>
:
L31 = 8
8
> 1
>
> L11 U12 = 1 ) U12 =
>
> 2
>
>
<
(2) , L22 + L21 U12 = 4 ) L22 = 1
>
>
>
>
>
>
>
: L +L U =5)L =1
32 31 12 32
8
>
> L11 U13 = 2 ) U13 = 1
>
>
>
>
<
(3) , L21 U13 + L22 U23 = 0 ) U23 = 6
>
>
>
>
>
>
:
L33 + L31 U13 + L32 U23 = 1 ) L33 = 1
1. Résolution numérique de systèmes d’équations 13
0 1 0 1
1
2 0 0 1
1
B C B 2 C
L=@ 6 1 0 A; U =B
@ 0 1 6
C
A
8 1 1 0 0 1
8 8
>
< 2y1 = 10 >
< y1 = 5
Ly = b ) 6y1 + y2 = 26 ) y2 = 4
>
: >
:
8y1 + y2 y3 = 35 y3 = 1
8
> 1
>
> x1 + x2 + x3 = 5
>
> 2
>
>
<
Ux = y ) x2 6x3 = 4
>
>
>
>
>
>
>
: x =1 3
8
> 1
>
> x1 + x2 + x3 = 5
>
> 2 8
>
> >
< < x1 = 3
> x2 6x3 = 4 ) > x2 = 2
>
> :
>
> x3 = 1
>
>
: x3 = 1
A x = b:
A=M N:
(M N) x = b ) M x = N x + b
1 1
x = M N x+M b
x(1) = M 1
N x(0) + M 1
b
x(2) = M 1
N x(1) + M 1
b
:::::::::::::::::::::::::::
x(k+1) = M 1
N x(k) + M 1
b:
Cette suite d’égalités peut être représentée par la relation itérative suivante :
x(k+1) = T x(k) + V;
1 1
avec T = M N ;V =M b
position de la matrice A
Soit A la matrice 0 1
a11 a12 ::: a1n
B C
B a21 a22 ::: a2n C
A=B
B
C
C
@ ::: ::: ::: ::: A
an1 an2 ::: ann
1. Résolution numérique de systèmes d’équations 15
A=M N =D (L + U ) ::::::(D = M )
D x = (L + U ) x + b:
1
x=D (L + U ) x + D 1 b:
x(k+1) = D 1
(L + U ) x(k) + D 1 b:
1. Résolution numérique de systèmes d’équations 16
Dans la méthode de Jacobi alors, pour une donnée x(0) ; on calcule x(k+1) selon
la formule
(k+1) bi X aij
xi = xk ; avec aii 6= 0; i = 1; :::; n: (1.5)
aii j=1 aii j
j6=i
La méthode de Jacobi suppose des pivots aii non nuls sinon un simple échange
de ligne su¢ t à résoudre le problème(pour avoir D inversible).
A=M N = (D L) U
(D L) x = U x + b
(k+1) bi X
i 1
aij Xn
aij k
xi = xk+1
j xj ; i = 1; :::; n: (1.6)
aii j=1
aii j=i+1
a ii
1. Résolution numérique de systèmes d’équations 17
Critère d’arrêt
Etude de convergence
Cette dé…nition signi…e que le terme diagonal aii de la matrice A est net-
tement dominant puisque sa valeur absolue est plus grande que la somme des
valeurs absolues de tous les autres termes de la ligne
1.4 Exercices
Exercice 1 Soit le système d’équations linéaires suivant
8
>
< 3x1 2x2 + x3 = 2
(S) 2x1 + x2 + x3 = 0
>
:
4x1 3x2 + 2x3 = 4
1) Ecrire la forme matricielle Ax = b de ce système et le résoudre à l’aide de
la méthode de Gauss.
2) Calculer le déterminant de la matrice A:
3) Factoriser la matrice A du système en produit LU , puis résoudre ce sys-
tème.
Exercice 2 Résoudre le système d’équations linéaires suivant
8
>
< 3x1 + x2 x3 = 2
x1 + 5x2 + 2x3 = 17
>
:
2x1 x2 6x3 = 18
par la méthode de Jacobi, ensuite par la méthode de Gauss-Seidel avec x(0) =
(0; 0; 0)T :
Exercice 3 Soit le systèmes d’équations linéaires suivant
8
>
< 2x1 x2 + x3 = 1
x1 + 2x2 x3 = 2
>
:
x1 x2 + 2x3 = 3
1.4.1 Réponses
Exercice 1
1) Le système (S) sous sa forme matricielle
2 32 3 2 3
3 2 1 x1 2
6 76 7 6 7
42 1 15 4x2 5 = 405
4 3 2 x3 4
2 3 2 3 2 3
3 2 1 x1 2
6 7 6 7 6 7
avec la matrice A = 42 1 15 ; x = 4x2 5 et b = 405 :
4 3 2 x3 4
det A = 5 alors le système (S) a une solution admet une solution unique.
2 . 3 2 . 3
3 2 1 .. 2 3 2 1 .. 2
6 . 7 2 4 6 7
62 1 1 .. 07 L L et L L 60 7 1 ... 47
4 5 2
3
1 3
3 4
1
3 3 35
.. 1 2 .. 4
4 3 2 . 4 0 3 3
. 3
2 . 3
3 2 1 .. 2
1 6 .. 7 8 2 2
L3 + L2 6
40 7 1
. 4 7 =) x = ; x =
5 3 2 et x1 =
7 3 3 3 5 5 5
.. 24
0 0 15 21
. 21
3)
2 32 3
L11 0 0 1 U12 U13
6 76 7
A = L U = 4L21 L22 0 5 40 1 U23 5
L31 L32 L33 0 0 1
2 3 2 3
L11 L11 U12 L11 U13 3 2 1
6 7 6 7
= 4L21 L21 U12 + L22 L21 U13 + L22 U23 5 = 42 1 15
L31 L31 U12 + L32 L31 U13 + L32 U23 + L33 4 3 2
ce qui donne L11 = 3; L11 U12 = 2 =) U12 = 23 ; L21 = 2
et L21 U12 + L22 = 1 =) L22 = 73 ;
L31 = 4 et L31 U12 + L32 = 3 =) L32 = 13 :
L11 U13 = 1 =) U13 = 31 et L21 U13 + L22 U23 = 1 =) U23 = 17 :
L31 U13 + L32 U23 + L33 = 2 =) L33 = 57 :
2 32 2 1
3
3 0 0 1 3 3
6 76 7
A = LU = 42 37 0 5 40 1 17 5
1 5
4 3 7
0 0 1
8
>
< 3y1 = 2
Ly = b =) 2y1 + 37 y2 = 0
>
:
4y1 13 y2 + 75 = 4
ce qui donne y1 = 23 ; y2 = 74 ; y3 = 85 .
Ensuite, on résoud U X = Y
2 2 1
32 3 2 2
3
1 3 3
x1 3
6 17 6 7 6 47
40 1 7 5 4x2 5 = 4 75
8
0 0 1 x3 5
Il s’ensuit que
0 1
1 B X
3
C
81 i 3;
(k)
xi = Bb i aij xj
(k 1) C
aii @ A;
j=1
i6=j
où 8 (k) (k 1) (k 1)
>
< x1 = 13 (2 x2 + x3 )
(k) (k 1) (k 1)
x = 51 (17 x1 2x3 )
> (k)2
: 1 (k 1) (k 1)
x3 = 6 ( 18 2x1 + x2 ):
A l’aide d’un calcul simple et en faisant varier k = 0; ::::; 7 ( 7 itérations)
(7) (7) (7)
on déduit que la (x1 ; x2 ; x3 )T converge vers la solution exacte (1; 2; 3)T :
Pour la méthode de Gauss-Seidel on pose
A = (D L) U)
Ax = b =) (D L) x = U x + b
1 1
x = (D L) U x + (D L) b
Il s’ensuit que
!
(k) 1 X
i 1
(k)
X (k 1)
81 i 3; xi = bi aij xj aij xj
aii j=1 j=1+1
où 8 (k) (k) (k 1)
>
< x1 = 31 (2 x2 + x3 )
(k) (k) (k 1)
x2 = 15 (17 x1 2x3 )
>
: (k) 1 (k) (k)
x3 = 6 ( 18 2x1 + x2 ):
Au bout de 6 itérations en faisant k = 0; ; 6 on trouve x(6) = (0; 9914; 2; 0057; 2; 9962)T
qui converge vers la solution exacte (1; 2; 3)T :
Exercice 4 2 3 21 3
1 1
0 4 2 4
0 0
6 17 6 1 7
HJ = D 1 (L + U ) = 4 35 0 5 5 avec D 1
= 4 0 5
05
1 1
3 3
0 0 0 13
et kHJ k1 = 45 < 1 méthode de Jacobi converge.
1. Résolution numérique de systèmes d’équations 23
Posons
21
32 3
4
0 0 4
1 6 1 7 677
c = D b = 40 5 05 4 5 5
0 0 13 1
x = HJ x + c:
On sait que
(k) kHkk
x x x(1) x(0) :
1 kHk
Puisque x(k) = HJ x(k 1)
+ D 1 b =) x(1) x(0) = HJ c
et
4 k+1 7
(k) kHJ kk+1 kck 5 5 2
x x = 10 =) k = 29:
1 1 kHJ k 1 45
De même on a HGS = (D L) 1 U et x(k) = HGS x(k 1) + c avec
2 3 21 3
4 0 0 4
0 0
6 7 6 7
D L = 43 5 05 et (D L) 1 = 4 203 15 0 5
1 1 1
1 1 3 30 5 3
2 3
0 41 21
6 3 1 7 3
Alors HGS = 40 20 10 5
et kHGS k1 = < 1 GS est CV.
1 2
4
0 30 15
2 3
1
1 647
c = (D L) b = 4 5 5 et kck1 = 1;
2
5
k+1
kHGS k kck 3 k+1 1
x x(k) 1 1 kHGS k
= 4 1 34
10 2
=) k = 20:
Chapitre 2
Le calcul des valeurs et vecteurs propres est indispensable dans plusieurs ap-
plications. Notamment, dans la théorie de la stabilité des systèmes dynamiques,
en physique, mécanique, chimie....
Nous commençons par donner quelques rappels et dé…nitions qui seront utiles
par la suite.
24
2. Calcul numérique des valeurs propres d’une matrice 25
Normes matricielles
Dé…nition 2.1.1 Une norme matricielle sur l’espace vectoriel Mn des matrices
carrées d’ordre n; est une application de Mn vers R+ qui véri…e pour tous A; B 2
Mn ; 2 R (ou C)
kAk = 0 , A = 0
k Ak = j j kAk
kA + Bk kAk + kBk
kA Bk kAk kBk
Dé…nition 2.1.2 ( Norme matricielle subordonnée) Soit k:k une norme vec-
torielle, on appelle norme matricielle subordonnée (à cette norme vectorielle )
2. Calcul numérique des valeurs propres d’une matrice 26
Avi = i vi :
Remarque 2.1.1 Une valeur propre est dite simple si sa multiplicité algébrique
est 1: Sinon, c’est une valeur propre multiple.
Proposition 2.1.1 Soit A une matrice carrée d’odre n, on a les propriétés sui-
vantes :
1- Les multiplicités véri…ent les relations :
X
r X
r
pour 1 i r : gi mi ; mi = n et gi n:
i=1 i=1
X
r
2- La matrice A est diagonalisable si et seulement si gi = n:
i=1
3- Si toutes les valeurs propres i 2 C; 1 i n; sont simples (i.e. mi =
gi = 1 et r = n), alors la matrice est diagonalisable (dans C).
4- La matrice A n’est pas diagonalisable si et seulement si il existe au moins
une valeur propre i telle que mi > gi 1:
Dans ce cas, on dit que la matrice respectivement la valeur propre est défec-
tive.
Proposition 2.1.2 Soit P une matrice carrée d’odre n inversible. On dit que
B = P 1 AP et A sont des matrices semblables. Alors A et B ont les mêmes
valeurs propres et v est un vecteur propre de A si et seulement si P 1 v est un
vecteur propre de B:
Exemple 2.1.1
0 1 0 10 10 1
1 0 0 1 0 0 1 0 1 1 0 0 0 1 0 0
B C B CB CB C
B 0 1 1 0 C B 1 0 0 0 CB 0 1 0 0 CB 0 0 1 0 C
A = BB 0 0
C=B
C B
CB
CB
CB
CB
C
C
@ 1 0 A @ 0 1 0 0 A@ 0 0 1 1 A@ 1 0 0 0 A
1 0 0 1 0 0 0 1 0 0 1 1 0 0 0 1
= U T U t:
y (k) (k)
y (k) = Ax(k 1)
; x(k) = (k)
et e = (x(k) )t Ax(k)
ky k2
Analysons les propriétés de la suite x(k) k2N : Une simple récurrence sur
l’indice k donne
(k) Ak x(0)
8k 2 N; x = (2.1)
kAk x(0) k2
et l’on voit la présence des puissances de la matrice A ce qui justi…e le nom
de cette méthode. l’ensemble fv1 ; :::; vn gde vecteurs propres de A forment une
base, alors le vecteur x(0) peut se décomposer de la façon suivante :
X
n
x(0) = i vi
i=1
k
notons que Avi = i vi ) Ak vi = i vi et l’on obtient, en supposant le coe¢ cient
1 6= 0 et pour tout k 2 N
X
n
Ak x(0) = i (A
k
vi ) (2.2)
i=1
(2.1)
X
n
k
= i i vi
i=1
(2.2)
!
k k
k 2 n
= 1 1 v1 + v2 + : : : + n vn
1 1
!
X
n
i i
k
k
= 1 1 v1 + vi :
i=2 1 1
Comme j 1 j > j i j ; 8i 6= 1, on a i
1
< 1 pour 2 i n; la composante
le long de v1 du vecteur x(k) augmente en module avec l’entier k, par contre les
composantes suivant les autres directions vi , i = 2; : : : ; n, diminuent. Les vecteurs
fvi gi=1;::::;n sont tels que kvi k2 = 1; il s’ensuit que
X
n
i i
k X
n
i i
k
2
k X
n
i 2
k
vi =C ; (2.3)
i=2 1 1 i=2 1 1 1 i=2 1 1
2
2. Calcul numérique des valeurs propres d’une matrice 30
où la suite de vecteurs (rk )k 2 a pour limite le vecteur nul quand k ! +1: Par
conséquent, le vecteur x(k) devient peu à peu colinéaire avec le vecteur propre
v1 associé à la valeur propre dominante 1 quand k ! +1 d’autant plus rapi-
dement que 12 est petit. La suite 8k 2 N; (x(k) )t Ax(k) = (k) ; converge donc
vers la valeur propre 1 :
Algorithme 2
Méthode de la puissance inverse
x(0) 2 Rn donné, k = 0
répéter
y (k+1) = (A In ) 1 x(k)
(k+1)
x(k+1) = yy(k+1)
k k
(k+1)
e = (x ) Ax(k)
(k) t
k =k+1
jusqu’à [test d’arrêt]
Remarque
On calcule une décomposition LU de la matrice A In a…n de résoudre le
système
(A In ) y (k+1) = x(k) :
0 1
3 0 0
B C
Exemple 2.3.1 Soit A = @ 17 13 7 A ; avec spec(A) = f 1 = 6; 2 = 3; 3 = 1g
16 14 8
. En appliquant la méthode de la puissance avec
0 1 0 1
0:0938417 0:0002303
0 1 B C B C
1 B C B C
B C B C B C
(0)
x = @ 1 A on obtient x =B
(1)
B 0:7194529 C; x
C
(10)
= B 0:7070492
B
C
C
B C B C
1 @ A @ A
0:6881724 0:7071643
(1)
et e = 4:1986301; e(10) = 6:0036631:
Ak+1 = Jkt Ak Jk ;
L’angle véri…e
aii ajj
cot g(2 ) = =
2aij
De cette relation on peut déduire les valeurs de c et s grâce à l’équation
s
t= = tg ; t2 + 2 t 1 = 0:
c
e
L’algorithme 5 suivant remplace la matrice A par une matrice A
telle que e
aij = e
aji = 0:
Algorithme 3
Rotation de Jacobi pour annuler les éléments de coordonnées fi; jg
Si jaij j > alors
aii ajj
= 2aij
signe( )
t= p
j j+ 1+ 2
1
c = p1+t2 et s = cte
Ae = G(i; j; )t AG(i; j; ):
Algorithme 4
Algorithme de Jacobi pour valeurs et vecteurs propres d’une matrice symé-
trique
Seuil > 0 donné, J = In ; k = 0
répéter
Choisir fi; jg et en déduire Jk = G(i; j; ) par l’algorithme 3
J = J Jk
k =k+1
jusqu’à max1 k<l n jakl j < :
Ceci permet d’avoir une bonne vitesse de convergence. Cependant, pour n assez
2
grand, la recherche du maximum parmi les n 2 n éléments en dehors de la diago-
nale prends du temps. En pratique on parcourt A simplement ligne par ligne par
exemple .
0 1
2 1 3
B C
Exemple 2.4.1 Soit A = @ 1 6 3 A et l’on …xe = 10 5 :
3 3 0
On a
spec(A) = f 7:7155084; 0:5472851; 4:2627936g
0 1
0:8112422 0 0:5847103
B C
Pour J0 = @ 0 1 0 A;
0:5847103 0 0:8112422
0 1
4:2627928 0:0029793 0:0000130
B C
A5 = J4t A4 J4 = @ 0:0029793 7:7155077 6:94 10 18 A :
0:0000130 1:2210 16 0:5472851
0 1
0:7766476 0:2219207 0:5895504
B C
En plus J = J1 J2 J3 J4 = @ 0:1060891 0:8764440 0:4696712 A :
0:6209376 0:4273139 0:6571448
2. Calcul numérique des valeurs propres d’une matrice 35
2.5 Exercices
Exercice1 Soit la matrice :
2 3
1 2 0
6 7
A = 42 1 05
0 0 1
Déterminer sa plus grande valeurs propre ainsi que le vecteur propre associé
par la méthode de la puissance itérée.
2.5.1 Réponses
Exercice1
1) Résumons un peu la méthode :
En pratique, on se donne un vecteur initial x(0) (de norme égale à 1 ou
quelconque),
et on calcule les x(k) par la relation x(k+1) = A x(k) :
De plus, on préfère ramener à 1 la valeur de l’une des composantes de ces
vecteurs ( par exemple la 1ere ):
La composante correspondante du vecteur itéré suivant donne le rapport à
la valeur précédente et tend vers la valeur propre de plus grand module.
A présent on veut trouver les valeurs propres suivantes, on applique la mé-
thode de défalation qui consiste a créer la matrice
T
v1 x(1)
A1 = A 1 T
(x(1) ) v1
2 3
1
6 7
On se donne un vecteur initial x(0) = 405 à partir duquel on construit la
0
suite de vecteurs :
x(1) = A x(0) ; x(2) = A x(1) ; ::::; reporté dans le tableau ci-dessous
13 14 121 365
1 5 5 13 41 121
::::
(k)
x 1 1 1 1 1 1 1
0 2 45 14
13
40
41
122
121
364
365
:::::
0 0 0 0 0 0 0
Les composantes de chaque vecteur de ce tableau ont été divisées par la première
composante correspondant à chaque vecteur. 2 3
1
(k) 6 7
La suite des vecteurs x tend vers le vecteur v1 = 415 et que la suite des
0
valeurs de converge vers la valeur 1 = 3:
La matrice A considérée étant symétrique, le vecteur
2 3propre de sa transposée,
1
(1) 6 7
correspondant à la valeur propre 1 sera x = v1 = 415 :
0
2 1 1
3
T 2 2
0
v1 (x(1) ) 6 1 1 7
Construisons la matrice A1 qui est telle que A1 = A 1 T =4 2 2
0 5:
(x(1) ) v1
0 0 1
2 3
1
6 7
On se donne à nouveau un vecteur x(0) = 405 et on procède de la même
0
manière qu’avec la matrice A :
1
2
-1 -1 ....
(k)
x 1 1 1 1
0 -1 -1 -1 ....
0 0 0 0
3 2
1
6 7
On voit que cette suite de vecteurs converge vers le vecteur propre : v2 = 4 15
0
et que la valeur propre qui lui correspond est 2 = 1:
2. Calcul numérique des valeurs propres d’une matrice 37
d’où 2 3
3 0 0
6 7
A1 = G12 AG12 = 40 1 05
0 0 1
matrice diagonale. Les valeurs propres de A1 ; et par conséquent de A sont les
éléments de la diagonale : 1 = 3 et 2 = 3 = 1:
Quand aux vecteurs propres, puisque le calcul s’est opéré en une seule étape,
ils sont données directement par les colonnes de la matrice G:
On a donc :
2 3 2 3 2 3 2 3
1 1 0 1
6 7 6 7 6 7 6 7
V1 = G12 405 = 415 ; V2 = G12 415 = 4 15
0 0 0 0
et 2 3 2 3
0 0
6 7 6 7
V3 = G12 405 = 405 :
1 1
2. Calcul numérique des valeurs propres d’une matrice 38
Exercice2 " #
1
En partant du vecteur initial x(0) = ; l’algorithme de la puissance
0
x(k) = Ax(k 1) fournit les valeurs suivantes
k 0 1 2 3 4 5 6 7
x(k) 1 2 5 14 41 122 365 1094
0 1 4 13 40 121 364 1093
2:928 2:975 2:991 2:9973
(k)
x
Le rapport de 2 composantes homologues successives ( (ki 1) ) est donné dans la
xi
dernière ligne, dans la dernière colonne,
il converge vers la valeur 3, qui serait la plus grande des valeurs propres.
" #
1
Le vecteur x(k) semble tendre vers une limite proportionnelle au vecteur
1
qui serait le vecteur propre v1 associé à la valeur propre 1 = 3:
Remarque : Comme il est expliqué dans l’algorithme, il vaut mieux norma-
(k)
liser x(k) = xx(k) dés qu’il est calculé avec l’inconvénient que le calcul est très
k k
lourd à la main.
Je vous donne des résultats caculés à l’aide de Scilab
k 0 1 2 :::: 5 6
v (k) 1 0:8944272 0:7808688 :::: 0:7100107 0:7080761
0 0:4472136 0:6246950 :::: 0:7041909 0:7061361
Interpolation numérique
3.1 Généralités
3.1.1 Position du problème
Soit une fonction f dé…nie sur un intervalle [a; b] de R et dont la valeur
numérique n’est connue qu’en (n + 1) points de [a; b] ; soit fx0 ; x1 ; ::::; xn g cet
ensemble de points tels que xi 2 [a; b] ; 8i 2 f0; :::::; ng et f (xi ) la valeur de la
fonction f en un point xi :
Principe L’interpolation est une méthode qui permet d’obtenir une valeur
approchée (x) de la fonction f (x) en un point x 2 [a; b] et ceci de telle sorte
que la condition suivante soit véri…ée :
39
3. Interpolation numérique 40
0 0 ( i)
(xi ) = f (xi ); (xi ) = f (xi ); :::; (xi ) = f ( i ) (xi ) c’est le problème de
l’interpolation d’Hermite.
Pn (xi ) = f (xi ); i = 0; n;
1 x0 Y 1
1 = = (xi xj ) = (x1 x0 ):
1 x1 i>j
j=0
Y
n
n = (xi xj )
i>j
j=0
et est par conséquent non nul si les points xi sont tous distincts.
Conclusion n 6= 0 car les points xi ; i = 0; n; sont distincts. Donc
le système (S) admet une solution unique (a0 a1 : : : an )t : Ainsi le polynôme
d’interpolation Pn de degré n de la fonction f existe et est unique si les points
d’interpolation sont tous distincts i.e : 9! Pn tel que Pn (xi ) = f (xi ); 8i = 0; n:
Exemple 3.2.1 Calculons le polynôme passant par les points (0; 1); (1; 2); (2; 9) et (3; 28):
Etant donné ces 4 points le polynôme recherché est tout au plus de degré 3. Ces
coe¢ cients ai sont solution de
0 10 1 0 1
1 0 0 0 a0 1
B CB C B C
B 1 1 1 1 C B a1 C B 2 C
B CB C B C
B1 2 4 8 C Ba C = B 9 C
@ A @ 2A @ A
1 3 9 27 a3 28
Li (xj ) = 0; 8i 6= j :
Y
n
Li (x) = K(x x0 ) : : : (x xi 1 )(x xi+1 ) : : : (x xn ) = k (x xj ) ;
i6=j
j=0
Y
n
D’autre part Li (xi ) = 1; d’où k (xi xj ) = 1
i6=j
j=0
Y
n
(x xj )
i6=j
j=0
Y
n
(x xj )
1
)k= Y
n : Finalement, on trouve Li (x)0 i n = Y
n := (xi xj )
:
(xi xj ) (xi xj ) i6=j
j=0
i6=j i6=j
j=0 j=0
À titre d’illustration, on représente sur la …gure (3.1) les graphes sur l’inter-
valle [ 1; 1] des polynômes de Lagrange qu’on note li ; i = 0; 4 associés aux
noeuds 1; 21 ; 0; 21 et 1:
FIG.3.1-
3. Interpolation numérique 44
Erreur d’interpolation
f (n+1) ( ) Y
n
f (x) Pn (x) = en (x) = (x xj ) ; ou Pn (x) est le polynôme d’interpolation de f:
(n + 1)! j=0
Mn+1 Y
n
jen (x)j (x xj ) ; x 2 [a; b] :
(n + 1)! j=0
f [x0 ; x1 ] f [x1 ; x2 ]
f [x0 ; x1 ; x2 ] =
x0 x2
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::
f [x0 ; x1 ; ::; xn 1 ] f [x1 ; x2 ; ::; xn ]
f [x0 ; x1 ; ::; xn 1 ; xn ] = ;
x0 xn
3. Interpolation numérique 46
xi f (xi ) f [xi ; xi+1 ] f [xi ; xi+1 ; xi+2 ] f [xi ; xi+1 ; xi+2 ; xi+3 ] f [xi ; xi+1 ; xi+2 ; xi+3 ; xi+4 ]
x0 f [x0 ]
x1 f [x1 ] f [x0 ; x1 ]
x2 f [x2 ] f [x1 ; x2 ] f [x0 ; x1 ; x2 ]
x3 f [x3 ] f [x2 ; x3 ] f [x1 ; x2 ; x3 ] f [x0 ; x1 ; x2 ; x3 ]
x4 f [x4 ] f [x3 ; x4 ] f [x2 ; x3 ; x4 ] f [x1 ; x2 ; x3 ; x4 ] f [x0 ; x1 ; x2 ; x3 ; x4 ]
On verra dans ce qui suit que seules les valeurs encadrées, sur la diagonale
principale de la table, interviennent dans l’expression du polynôme d’interpola-
tion.
Formule de Newton
Cette forme est appelée forme de Newton d’interpolation pour les di¤érences
divisées.
Remarque
1- La formule (3.1) est la forme la plus utilisée pour calculer le polynôme
d’interpolation, car elle nécessite le moins de calcul pour obtenir numériquement
ses coe¢ cients.
2- Dans la formule (3:1) posons x = xn : On obtient alors :
Pn (xn ) = f [x0 ]+f [x0 ; x1 ] (xn x0 )+::::+f [x0 ; x1 ; ::; xn 1 ; xn ] (xn x0 ) :::: (xn xn 1 ) :
Cette formule est connue sous le nom de " l’identité des di¤érences divisées".
3- Considérons encore la forme (3:1) du polynôme d’interpolation. Le poly-
nôme Pn (x) peut s’écrire aussi sous la forme suivante :
Pn (x) = a0 + a1 x + : : : + an xn : (3.2)
f [x0 ; x1 ; ::; xn 1 ; xn ] = an :
xi f (xi ) f [xi ; xi+1 ] f [xi ; xi+1 ; xi+2 ] f [xi ; xi+1 ; xi+2 ; xi+3 ]
0 0
2
2
1
4
2
0 2
8
3 2
2
1 0 3 2
3.3 Exercices
Exercice 1
Construire le polynôme d’interpolation de Lagrange de la fonction
f (x) = sin( x) sur les points x0 = 0; x1 = 16 ; x2 = 12 : En déduire une
valeur approchée de sin 5 et calculer l’erreur d’interpolation au point x = 15
Exercice 2
p
Avec quelle précision peut-on calculer 80 à l’aide de la formule de Lagrange
p
pour la fonction f (x) = x si on considère les points x0 = 64; x1 = 81;
et x2 = 100:
Exercice 3
On considère la fonction dé…nie sur l’intervalle [0; 0:4] par la table de valeurs :
Exercice 4
1) Calculer les di¤érences divisées relatives au tableau suivant
i 1 2 3 4
xi 0 1 2 4
yi 1 1 2 5
2) Déterminer le polynôme de Newton relatif au tableau de la question 1.
Exercice 5
p
On considère la fonction f (x) = x
1) Calculer les di¤érences divisées de f liées aux points x0 = 7; x1 = 9;
x2 = 11; x3 = 13; x4 = 15:
2) Déterminer une approximation de f (8) à l’aide du polynôme de Newton.
3) Calculer l’erreur exacte en se basant respectivement sur le polynôme de
Newton p1 (x); p2 (x) et p3 (x):ensuite comparer les résultats avec l’estimation de
l’erreur donnée par la formule de Newton suivante
(en (x) ' f [x0 ; x1 ; ::; xn 1 ; xn ; xn+1 ] (x x0 )(x x1 )::::(x xn )).
3.3.1 Réponses
Exercice 1
P2 (x) = f (x0 )L0 (x) + f (x1 )L1 (x) + f (x2 )L2 (x); avec
1 1
(x )(x )
L0 (x) = 6
1
2
1 =1 8x + 12x2 ;
(0 6
)(0 2
)
1
(x 0)(x )
L1 (x) = 2
= 9x 18x2 ;
( 16 0)( 61 1
2
)
1
(x 0)(x )
L2 (x) = 6
= x + 6x2 :
( 12 0)( 21 1
6
)
D’où, P2 (x) = 72 x 3x2 ; x 2 0; 21 :
La valeur approchée de sin 5 : sin 5 ' P2 ( 15 ) (car sin 5
= f ( 15 )):par
7 3
conséquent sin 5 ' 10 25
= 0; 58:
L’erreur d’interpolation au point x = 15 : on sait que
1 M3 1 1 1
e2 x0 x1 x2
5 3! 5 5 5
1 3 1
où M3 = maxx2[0; 1 ] f (3) (x) = maxx2[0; 1 ] j 3
cos xj = 3
; e2 5 6 500
=
2 2
1; 0335:10 2 :
3. Interpolation numérique 50
Exercice 2
Pour qu’on puisse trouver la précision demandée, on utilise l’estimation de
l’erreur de l’interpolation suivante
Mn+1 Y
n
jf (x) Pn (x)j (x xi ) ;
(n + 1)! i=0
Intégration numérique
Principe
En général, il peut être di¢ cile, voir impossible de trouver la valeur exacte
d’une intégrale
Zb
f (x)dx :
a
Zb Zb
E(f ) = f (x)dx fe(x) dx
a a
satisfait
Zb Zb
E(f ) = f (x) fe(x) dx f (x) fe(x) dx (b a) max f (x) fe(x) :
x2[a;b]
a a
51
4. Intégration numérique 52
L’approximation fe doit être facilement intégrable, ce qui est le cas si, par
exemple fe est un polynôme.
Un choix naturel consiste à prendre fe le polynôme d’interpolation de La-
grange de f sur un ensemble de n + 1 noeuds distincts xi ; i = 0; n on aura
0 1
Zb Zb Xn Z b
Yn
x xj
I = f (x)dx ' Ie = fe(x)dx = @f (xi Li (x) dxA où Li (x) =
i=0
x
j=0 i
xj
a a a
i6=j
qui est une somme pondérée des valeurs de f aux points xi : on dit que ces points
sont les noeuds de la formule de quadrature et que les nombres i 2 R sont les
coe¢ cients ou encore les poids.
Zb Zb Zb
I= f (x)dx ' fe(x)dx = f (a) dx = (b a)f (a)
a a a
Zb Zb
jEj = f (x) fe(x) dx = f (x) f (a) dx
a a
Zb
0 (b a)2 0 (b a)2
= (x a) f ( )dx = f( ) M1 ;
2 2
a
0
avec M1 = maxx2[a;b] f (x) :
4. Intégration numérique 53
Z1
Exemple 4.3.1 Approximons l’intégrale I = log (1 + x) dx par la méthode de
0
Simpson puis calculons l’erreur d’intégration. On a :
1 0 1
I = f (0) + 4f ( ) + f (1)
6 2
1 3
= 0 + 4 log( ) + log 2
6 2
= 0:38583
L’erreur d’intégration :
M4 6
jEj (b a)5 ; ou M4 = max f (4) (x) = =6
2880 [0;1] (1 + x)4
6
d0 ou jEj = 0; 2 10 2
2880
Z1
- La valeur exacte de I = log (1 + x) dx = 0:38629
0
- La valeur approchée de I par la méthode du trapèze :
b a 1
I' [f (a) + f (b)] = [0 + log 2] = 0:34657
2 2
L’erreur d’intégration :
a)3
(b 00 1
jEj M2 ; M2 = max f (x) = max 2 = 1
12 [0;1] [0;1] (1 + x)
1
) jEj = 0:8 10 1
12
Conclusion : La méthode de Simpson est plus précise que la méthode du trapèze.
c’est-à-dire
Zb
hX
n
f (x)dx ' [f (xi 1 ) + f (xi )]
2 i=1
a
ce qui donne
Zb
b a f (x0 ) f (xn )
f (x)dx ' + f (x1 ) + :::: + f (xn 1 ) + :
n 2 2
a
(xi xi 1 )3 00
Ei = f ( i) ; i 2 [xi 1 ; xi ]
12
X
n
d’autre part : Ei = E i.e :
i=1
h3 X 00 h3 X 00
n n
h3 n M2 00
E = f ( i ) ) jEj f ( i) ; ou M2 = max f (x)
12 i=1 12 i=1 12 [a;b]
(b a)3
) jEj M2 :
12n2
Z1
Exemple 4.4.1 Approximons l’intégrale I = log (1 + x) dx par la méthode
0
du Trapèze composée avec n = 3 et estimons l’erreur d’intégration associée.
On a :
1
0 f (0) 1 2 f (1)
I ' +f +f +
3 2 3 3 2
1 1 2 1
) I' log 1 + + log 1 + + log 2
3 3 3 2
I ' 0; 38169:
L’erreur d’intégration :
(10)3 00
jEj M2 ; ou M2 = max f (x) = 1:
108 [0;1]
1
) jEj = 0; 92 10 2 :
108
4. Intégration numérique 57
h X
n 1
= (f (x2i ) + f (x2i+1 ) + f (x2i+2 ))
6 i=0
!
h X
n 1 X
n 1
= f (a) + f (b) + f (x2k ) + 4 f (x2i+1 )
6 i=1 i=0
!
h X
n 1 X
n 1
1
= f (a) + f (b) + f (a + ih) + 4 f a + (i + )h :
6 i=1 i=0
2
4
Erreur Si f 2 C ([a; b]) alors l’erreur de quadrature est majorée par
X
n 1
h5 b a 4
E[a;b] = E[x2i ;x2i+2 ] n max f (4) (x) = h max f (4) (x) :
i=0
2880 [a;b] 2880 [a;b]
4.6 Exercices
Exercice 1
Z3
dx
Calculer à 0.01 près l’intégrale I = 1+x
par la méthode des trapèzes géné-
1
ralisée et comparer le résultat avec la valeur exacte.
Exercice 2
Trouver le nombre n de subdivisions nécessaires de l’intervalle d’intégration
[ ; ] ; pour évaluer à 0:5 10 3 près, grâce à la méthode de Simpson,
Z
l’intégrale cos x dx
Exercice 3
Calculer une valeur approchée de l’intégrale dé…nie
Z1
p
I= 1 + x dx
0
6
par la formule de Simpson à 10 près, puis comparer le résultat trouvé avec
la valeur exacte de l’intégrale.
4.6.1 Réponses
Exercice 1
On sait que
(b a)3 b a 2
jET j 2
M2 = h M2 0; 01
12n 12n2
0; 01 12
h2 ; avec M2 = max f " (x)
M2 (b a) [1;3]
1 2
f (x) = x+1 ; f " (x) = (1+x) 3 fonction décroissante son max est atteind pour la
2 0;01 12
valeur 1 et h 2 0;25
= 0; 24 =) h 0; 48:
On prendra h = 0; 4 par suite n = b h a = 0;4 2
= 5:
x0 = 1 ! f0 = 0; 5; x1 = 1; 4 ! f1 = 0; 416; x2 = 1; 8 ! f2 = 0; 357;
x3 = 2; 2 ! f3 = 0; 312; x4 = 2; 6 ! f4 = 0; 277;
et x5 ="3 ! f5 = 0; 25: #
X
n 1
f0 +fn
I = h 2
+ fi = 0; 4 0;5+0;25
2
+ 0; 416 + 0; 357 + 0; 312 + 0; 277 =
i=1
0; 694:
4. Intégration numérique 59
Z3
IT = 0; 694 0; 01. La valeur exacte dx
1+x
= [ln(1 + x)]31 = 0; 693:
1
Exercice 2
Le pas d’intégration est h = b na = 2
n
: D0 autre part l’erreur théorique de la
méthode de Simpson est donnée par
4
b a 4 (4) 2 2
E(h) = h f ( )= cos ; avec 2 [a; b] :
180 180 n
Par conséquent
4
2 2
jE(h)j :
180 n
16 4
Ainsi pour que jE(h)j 0; 5 10 3 , il su¢ t que n véri…e 90 n4
0; 5 10 3
5.1 Introduction
Les équations di¤érentielles, souvent obtenues lors de la modélisation des
phénomènes physiques, peuvent être diviser en deux grandes familles :
Les équations di¤érentielles ordinaires et les équations aux dérivées partielles.
Dans ce dernier cas les équations sont caractériséés par le fait que la variable
dépendante (ou les variables dépendantes) est (ou sont) fonction de plusieurs
variables indépendantes.
L’autre catégorie d’équations di¤érentielles sont les équations di¤érentielles
ordinaires qui sont caractérisées par le fait que la variable dépendante (ou les
variables dépendantes) ne dépend (ou ne dépendent) que d’une seule variable
indépendante et que sa dérivée soit alors, une dérivée totale.
Un exemple de ce genre d’équations est l’équation qui gouverne l’évolution,
en fonction du temps t; de la vitesse v d’une masse m dans le champ de gravité
terrestre g en chute amortie par un coe¢ cient d’amortissement k :
dv k
=g v;
dt m
ou bien encore, l’équation de la position angulaire d’un pendule, de longueur
60
5. Résolution numérique des équations di¤érentielles ordinaires 61
d2 g
+ sin = 0:
dt2 l
Il existe d’autres modèles basés sur des équations di¤érentielles ordinaires qui
sont extrêmement courants tel que :
En cinétique chimique, dynamique des populations et en météorologie.
Quand ces équations sont linéaires ou qu’elles peuvent raisonnablement être
rendues linéaires, souvent des solutions analytiques peuvent être obtenues pour
ces équations.
Toutefois, quand ces équations sont complexes ou non linéaires, les méthodes
analytiques échouent et une approche numérique s’avère être une solution. L’ob-
jectif de ce chapitre est de présenter quelques méthiodes numériques pour la
résolution des équations di¤érentielles ordinaires.
5.2 Préliminaires
Soit une équation di¤érentielle de forme générale
0 00
F (y; y ; y ; :::; y (n) ; t) = 0; t 2 [t0 ; T ]: (5.1)
et
0 0
un = y (n) = '(y; y ; ; y (n 1)
; t) = '(u1 ; :::; un ; t);
d’où en convenant des notations suivantes :
u1 (t) u2
u2 (t) ..
.
U (t) = .. ; (t; U ) = ; U; 2 Rn :
. un
un (t) '(U; t)
Théorème(Cauchy-Lipshitz)
On suppose que la fonction f véri…e les conditions suivantes :
- f est continue par rapport à ses deux variables
-f (t; y(t)) est Lipschitzienne en y uniformément par rapport à t; c’est-à-dire :
9 L > 0 tel que jf (t; y) f (t; z)j L jy zj 8t 2 [t0 ; T ]; 8y; z 2 R:
Alors dans ce cas le problème (5.3) admet une solution unique passant par yo
pour t = t0 :
FIG. 5.1
yn+1 = yn + hn (tn ; yn ); 0 n N
On peut donc suivre la droite passant par (t0 ; y0 ) et de pente f (t0 ; y0 ) l’équation
de cette droite, notée d0 (t); est :
En t = t1 ; on a :
En d’autres termes, d0 (t1 ) est proche de la solution analytique y(t1 ), c’est à dire
et construire la droite :
jy(ti ) yi j
yn+1 = yn + hf (tn ; yn )
h2 @f (tn ; yn ) @f (tn ; yn )
+ ( + f (tn ; yn ))
2 @t @y
avec tn+1 = tn + h
Dans cet algorithme, on a remplacé la solution analytique y(tn ) par son approxi-
mation yn dans (5:5). On en conclut que les erreurs se propagent d’une itération
à une autre.
Exemple 5.4.1 Soit l’équation di¤érentielle déja résolu par la méthode d’Euler :
0
y (t) = y(t) + t + 1 y(0) = 1
5. Résolution numérique des équations di¤érentielles ordinaires 69
Dans ce cas :
f (t; y) = y(t) + t + 1
et
@f @f
= 1 et = 1
@t @y
On aura :
h2
yn+1 = yn + hf ( y(t) + t + 1) + (1 + ( 1)( y(t) + t + 1))
2
La première itération de la méthode de Taylor d’ordre 2 donne (avec h = 0:1)
(0:1)2
y1 = 1 + 0:1( 1 + 0 + 1) + (1 + ( 1)( 1 + 0 + 1)) = 1:005
2
Une deuxième itération donne
(0:1)2
y2 = 1:005 + 0:1( 1:005 + 0:1 + 1) (1 + ( 1)( 1:005 + 0:1 + 1))
2
= 1:019025
On voit immédiatement que les expressions (5:2) et (5:4) sont du même ordre.
Pour déterminer les coe¢ cients ai , il su¢ t de comparer ces deux expressions
terme à terme
coe¢ cients respectifs de f (tn ; y(tn )) :
h = (a1 + a2 )h
@f (tn ;y(tn ))
coe¢ cients respectifs de @t
:
h2
= a2 a3 h2
2
@f (tn ;y(tn ))
coe¢ cients respectifs de @y
:
h2
f (tn ; y(tn )) = a2 a4 h2 :
2
On obtient ainsi un système non linéaire de 3 équations comprenant 4 incon-
nues : 8
>
< 1= (a1 + a2 )
1
= a2 a3 (5.9)
> 2
: f (tn ;y(tn ))
2
= a2 a4
le système (5.9) est insoluble car il y a moins d’équation que d’inconnues. D’où
les variantes de la méthode de Runge-kutta d’ordre 2. Voici deux variantes les
plus couramment utilisées.
yb = yn + hf (tn ; yn )
h
yn+1 = yn + f (tn ; yn ) + f (tn+1 ; yb)
2
tn+1 = tn + h
5. Résolution numérique des équations di¤érentielles ordinaires 72
En remplaçant ces valeurs des coe¢ cients ai dans l’équation (5.7) on obtient
l’algorithme suivant :
k1 = hf (tn ; yn )
h k1
yn+1 = yn + h(f (tn + ; yn + ))
2 2
tn+1 = tn + h:
Remarque 5.4.5 On constate que la fonction f (t; y) est évaluée au point milieu
de l’intervalle [tn ; tn+1 ] ; d’où le nom de la méthode.
k1 = hf (tn ; yn )
h k1
k2 = hf (tn + ; yn + )
2 2
h k2
k3 = hf (tn + ; yn + )
2 2
k4 = hf (tn + h; yn + k3 )
1
yn+1 = yn + (k1 + 2k2 + 2k3 + k4 )
6
tn+1 = tn + h:
5.5 Exercices
Exercice 1
Soit le problème de Cauchy
( 0
y =y+t
(1)
y(0) = 1
5. Résolution numérique des équations di¤érentielles ordinaires 73
5.5.1 Réponses
Exercice 1
Par l’algorithme d’Euler 0 n 9 et h = 0; 1 : on trouve y(1) ' 3; 187 et la
solution exacte de l’équation (1) est donnée par l’équation y(t) = 2 exp(t) t 1.
Ce qui donne y(1) ' 3; 437:L’approximation calculée est donc très grossière.
Exercice 2
p
La solution exacte étant y = 2x + 1: On considère l’intervalle [t0 ; t1 ] avec
t0 = 0; t1 = t0 + h = 0; 2 et h = 0; 2:
Méthode de Runge-Kutta d’ordre 2 : yb = y0 + h f (t0 ; y0 )
avec f (t0 ; y0 ) = y0 2ty00 = 1 donc yb = 1; 2:
f (t1 ; y0 + h f (t0 ; y0 )) = f (0:2; 1:2) = 1; 2 2 1;20;2 = 0; 866667:
y1 = y0 + h2 (f (t0 ; y0 ) + f (t1 ; yb)) = 1 + 0;2
2
(1 + 0; 866667) = 1; 1866667:
Ainsi y(0; 2) ' y1 = 1; 1866667. La valeur exacte étant
p
y(0; 2) = 1; 4 = 1; 183216:
L’erreur commise est jy(0; 2) y1 j = 0; 003451 < 0; 5 10 2 :
D’où y(0; 2) = 1; 19 0; 01; ainsi y1 approche y(0; 2) avec 3 chi¤res signi…catifs
exacts.
Chapitre 6
6.1 Introduction
Beaucoup de problèmes réels se ramènent à la résolution d’une équation de
la forme
f (x) = 0: (6.1)
74
6. Résolution des équations non linéaires 75
telle que
lim xn = x^ où f (^
x) = 0:
n!+1
Ordre de convergence
Dé…nition 6.2.2 On dit qu’une méthode convergente est d’ordre p 1 s’il existe
une constante telle que : j^
x xk+1 j x xk jp ou encore
j^
jxk+1 x^j
lim = :
k!+1 jxk x^jp
xn+1 = (xn )
(en e¤et f (x) = 0 peut être ramenée à la forme x (x) il su¢ t de poser
(x) = x + f (x)) or :
(xn x)2 " (xk x)k (k)
(xn ) = (x) + (xn x) (x) + (x) + : : : + (x) : : :
2! k!
donc
X
1
(x xn )i (i)
x xn+1 = (x)
i=1
i!
ainsi si :
(i)
(x) = 0; 8i = 1; 2; :::; (p 1)
le processus itératif est d’ordre p:
xn+1 = (xn )
Critère d’arrêt
Il est important de disposer d’un critère pratique pour interrompre le proces-
sus itératif d’approximation de x^ au bout d’un certain nombre …ni d’opérations.
Nous présentons quelques tests d’arrêt :
On utilise les méthodes suivantes pour séparer les racines d’une équation.
6. Résolution des équations non linéaires 77
Utilisons le résultat(précédent :
f (x) = 0 a au moins une racine dans [a; b] ;
- Si f (a):f (b) < 0
f (x) = 0 a une seule dans [a; b] si f 0 (x) 6= 0 dans ]a; b[ :
(
f (x) = 0 n’a pas de racine dans [a; b] ;
- Si f (a):f (b) > 0
ou f (x) = 0 a un nombre pair de racines dans [a; b]
La fonction f est continue sur l’intervalle [a; b] ; véri…e f (a):f (b) < 0,
alors, d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe au moins un point
b 2 ]a; b[ tel que f (b
x x) = 0.
Le priincipe est le suivant : posons a1 = a; b1 = b; on note la valeur initiale
x1 = a1 +b
2
1
milieu de l’intervalle [a1 ; b1 ], et on évalue f en ce point.
b et le problème est résolu:
a) Si f (x1 ) = 0; le point x1 est la solution x
b 2 ]a1 ; x1 [ et on posera a2 = a1 et b2 = x1
b) Si f (a1 ):f (x1 ) < 0; alors on a x
b 2 ]x1; b1 [ et on posera a2 = x1 et b2 = b1
c) Si f (b1 ):f (x1 ) < 0; alors on a x
Dans les deux derniers cas, on réitère le processus en partant de la valeur :
x2 = a2 +b
2
2
et ainsi de suite..:
Ce procédé permet de construire de manière récurrente la suite
a1 + b 1 a2 + b 2 an + b n
x1 = ; x2 = ; ::::; xn = ; ::::::
2 2 2
b de l’équation f (x) = 0:
qui converge vers la racine x
L0 L0
jxm bj
x Lm ") m
" ) log log (") ) log (L0 ) log (2m ) log (")
2 2m
) log (2m ) log (L0 ) log (") ) m log (2) log (L0 ) log (")
L0
log
log (L0 ) log (") "
)m )m
log (2) log (2)
Notons que cette inégalité est générale elle ne dépend pas du choix de la
fonction f:
6. Résolution des équations non linéaires 79
Figure 6.1
6. Résolution des équations non linéaires 80
Etude de convergence
Proposition 6.4.1 Soit f une fonction réelle continue sur [a; b], véri…ant
et soit x^ 2 ]a; b[ l’unique solution de l’équation f (x) = 0. Alors, la suite (xn )n2N
construite par la méthode de dichotomie converge vers x^ et on a l’estimation
b a
8n 2 N; j^
x xn j
2n
Ordre de convergence
Plus précisemment,
f (xn ) f (xn 1 )
f 0 (xn ) =
xn xn 1
et l’équation de la sécante aux points xn 1 et xn est :
(f (xn ) f (xn 1 ))
y = f (xn ) + (x xn )
(xn xn 1 )
Critère d’arrêt
Le processus s’achève dès que l’on ait jxn+1 xn j "; " tolérance …xée.
Convergence
Théorème 6.4.1 Sioit f est une fonction de classe C 2 (I); I étant un voisinage
de x^, l’unique racine de f dans I: Alors, ilexiste un > 0 tel que si x0 ; x1 sont
choisis pdans l’intervalle ]^
x b à l’ordre
; x^ + [ alors la suite (xk ) converge vers x
(1+ 5)
p = 2 ' 1; 618 (le nombre d’or).
Nous donnos une brève preuve du théorème : nous aurons besoin, d’abord,
du lemme suivant :
6. Résolution des équations non linéaires 84
ak+1 ak ak 1
rk+1 rk + rk 1
Il est facile de prouver que rk est majorée par le terme général de la suite
fk+1 = fk + fk 1 ; f0 = r0 ; f1 = 1 (suite de Fibonacci), suite dont le terme
général vaut
1
fk = a pk + b k :
p
Le résultat en découle et d’où la preuve du théorème.
Cette méthode que nous allons étudier utilise le fait que le problème f (x) = 0
peut se ramener au problème équivalent g(x) x = 0 pour lequel on a le résultat
suivant
Naturellement une telle suite n’est pas forcemment convergente. Par contre,
si elle converge, c’est-à-dire si la suite xk a une limte que nous notons x ; et si g
est continue, alors cette limite est nécessairement un point …xe de g puisque
Etude de convergence
alors
- g est continue
- g a un et un seul point …xe x 2 [a; b]
- la suite xk+1 = g(xk ) converge vers x pour tout choix de x0 2 [a; b] :
Preuve
Continuité La condition de contraction stricte entraîne que g est continue
puisque, si on prend une suite (yk )k2N 2 [a; b] qui converge vers un élément
x de [a; b] ; alors nous avons jg(x) g(yn )j K jx yn j
et par suite limk!1 g(yk ) = g(x):
Existence Prouvons l’existence d’un point …xe de g:
La fonction f (x) = g(x) x est continue dans [a; b] et, grâce à la condition
de stabilité, on a f (a) = g(a) a 0 et f (b) = g(b) b 0: En appliquant le
théorème des valeurs intermédiaires, on en déduit que f a au moins une racine
dans [a; b] ; i.e.g a au moins un point …xe dans [a; b] :
6. Résolution des équations non linéaires 86
Théorème 6.4.4 Soit g une fonction continue sur l’intervalle [a; b] qui véri…e
Alors g admet un point …xe unique dans [a; b] et la suite xk converge vers x pour
tout x0 2 [a; b] : De plus, nous avons
xk+1 x 0
lim = g (x ):
k!+1 xk x
6. Résolution des équations non linéaires 87
Preuve
La dernière hypothèse implique que g est contractante stricte, c’est une consé-
quence du théorème des accroissement …nis. En e¤et, pour tout x; y de [a; b] ; il
existe un c 2 [a; b] tel que
0
g(x) g(y) = g (c) (x y);
il en découle que
jg(x) g(y)j < jx yj :
Les hypothèses du théorème 6.4.3 sont satisfaites, nous sommes assurés de l’exis-
tence et de l’unicité du point …xe x de g ainsi que la convergence de la suite
xk :
Pour établir le résultat de vitesse de convergence, En vertu du théorème
des accroissement …nis il existe, pour tout entier naturel k, un réel ck tel que
xk < ck < x et on a
0
xk+1 x = g(xk ) g(x ) = g (ck ) (xk x ):
La suite xk converge vers x ainsi ck converge vers x et puis que g est C 1 ([a; b]);
il s’ensuit de la dernière inégalité
xk+1 x 0 0
lim = lim g (ck ) = g (x ):
k!+1 xk x k!+1
Critère d’arrêt
Pour k; n 2 N; n > k :
et par récurrence
2 k n
jxk xn j jxk 1 xn 1 j jxk 2 xn 2 j ::: jx0 xn k j jb aj :
6. Résolution des équations non linéaires 88
n n "
jb aj ") ) n log ( ) log (") log (b a)
jb aj
log (") log (b a)
)n :
log ( )
Remarque 6.4.2 Pour évaluer l’erreur de la n-ième approximation xn on peut
utiliser
la formule : jx xn j jxn xn 1 j ".
6.5 Exercices
Exercice 1
A l’aide de la méthode de dichotomie, résoudre l’équation x3 + 2x 7=0
avec deux décimales exactes.
Exercice 2
Calculer la racine de l’équation x3 2x2 5 = 0
par la méthode de Newton avec une précision de 5 C.S.E.
Une fois la racine obtenue, calculer jen j et enen 1 :
Obtenir expérimentalement le taux de convergence de la méthode.
Exercice 3
Trouver la racine positive comprise dans l’intervalle ]1; 1:7[ de l’équation :
x4 2x 4=0
avec une précision de deux décimales exactes, en utilisant la méthode de la
sécante.
Exercice 4
Utiliser la méthode du point …xe pour trouver la racine de l’équation
x3 x 1=0
comprise dans l’intervalle ]1; 2[ ; avec deux décimales exactes.
6. Résolution des équations non linéaires 89
6.5.1 Réponses
Exercice 1
L’intervalle de séparation des racines exactes peut être trouver en construi-
sant les courbes représentatives des fonctions y1 = x3 et y2 = 2x + 7
(f (x) = y1 y2 ) et chercher ensuite le point d’intersection de ces deux courbes.
Vous trouvez que le seul point d’intersection se trouve dans ]1; 2[ vous pouvez
prendre a = 1 et b = 2:
f (1) = 4 < 0; f (2) = 5 > 0 d’après le théorème des valeurs intermédiaires
il y a existence de la solution de l’équation donnée dans ]1; 2[, on notera cette
b
solution x::
Calculons le nombre d’itérations pour avoir la précision " = 0:5 10 2 :
1
log b " a log
0:5 10 2
On sait que k log 2
= log 2
' 7; 6, on prendra k = 8:
1+2 3
Soit x1 = 2 = 2 = 1:5 avec f (x1 ) = 0:625 < 0; ainsi la racine cherchée se
trouve dans ]1:5; 2[ :
On prend x2 = 1:5+2 2
b cherchée
= 1:75 avec f (x2 ) = 1:313 > 0 d’où la racine x:
est dans ]1:5; 1:75[ :
On prend x3 = 1:5+1:75 2
= 1:625 avec f (x3 ) = 0:296 > 0 d’où la racine x: b
cherchée est dans ]1:5; 1:625[ :
On prend x4 = 1:5+1:625 2
= 1:5625 avec f (x4 ) = 0:176 < 0 d’où la racine x: b
cherchée est dans ]1:5625; 1:625[ :
On prend x5 = 1:562+1:625 2
= 1:594 avec f (x5 ) > 0 d’où la racine x:b cherchée
est dans ]1:5625; 1:594[ :
On prend x6 = 1:562+1:594 2
= 1:578 avec f (x6 ) > 0 d’où la racine x:b cherchée
est dans ]1:5625; 1:578[ :
On prend x7 = 1:562+1:578 2
= 1:57 avec f (x7 ) > 0 d’où la racine x: b cherchée
est dans ]1:5625; 1:57[ :
On prend x8 = 1:562+1:57 2
= 1:566 avec f (x8 ) < 0 d’où la racine x: b cherchée
est dans ]1:566; 1:57[ :
On voit que la racine cherchée calculée avec deux décimales exactes est
x = 1:57 [Link]
Exercice 2
On a f (0) = 5 et f (10) = 795 par le théorème des V.I la racine x: b de
l’équation donnée se trouve dans ]0; 10[ :
Réduisant l’intervalle obtenu, étant donné que f (3) = 4 > 0;
d’après le T.V.I 9 x: b 2 ]0; 3[ tel que f (x:)b = 0:
6. Résolution des équations non linéaires 90
Il faut noter que dans cet intervalle toutes les conditions de la méthode de
Newton sont réunies.
Nous pouvons adopter comme approximation initiale x0 = 3:
La suite est générée par la formule de Newton xn+1 = xn ff0(x n)
(xn )
:
Ainsi on obtient x1 = 2:73333:
La précision est de 5 C.S.E alors le dernier C.S.E est du rang -4 et donc
" = 0:5 10 4 ; puis on travaille avec 5 décimales on obtient
x1 = 2:73334; x2 = 2:69163; x3 = 2:69064; x4 = 2:69064;
on s’arrête là car jx4 x3 j = 7:43988 10 6 < ":Donc x: b = x4 :
en en
en e2n en 1 e2n 1
x0 0:30936 0:957 10 2 = =
1 2
x1 0:4269 10 0:18224:10 0:13799 0:446
x2 0:98 10 3 0:96 10 6 0:22996 10 1
0:5377
x3 0 0 0 0
x4 0 0 = =
b
x:j
On a en ! 0:98 10 3 ' 0 et e2en ! 0:5377, on a bien lim jxjxk+1 x:j 2 = C < +1:
n 1 k b
On conclut que la convergence est quadratique.
Bibliographie
91
BIBLIOGRAPHIE 92