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Exequatur des Décisions de Justice

Ce résumé décrit les moyens d'exécution des décisions de justice selon l'Acte Uniforme de l'OHADA, notamment la saisie-vente, la saisie attribution et les saisies des rémunérations et véhicules. Il mentionne également certains principes comme l'information préalable du débiteur.

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Exequatur des Décisions de Justice

Ce résumé décrit les moyens d'exécution des décisions de justice selon l'Acte Uniforme de l'OHADA, notamment la saisie-vente, la saisie attribution et les saisies des rémunérations et véhicules. Il mentionne également certains principes comme l'information préalable du débiteur.

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REPUBLIQUE DU BENIN

-------------------
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
-------------------
UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI
-------------------
ECOLE DOCTORALE DES SCIENCE JURIDIQUES,
POLITIQUES ET ADMINISTRATIVES
-------------------
MASTER 2 RECHERCHE ‘‘DROIT ET INSTITUTIONS JUDICIAIRES’’
-------------------
DROIT AU PROCES EQUITABLE
-------------------

L’EXEQUATUR DES DECISIONS DE JUSTICE

REALISE PAR :

GNAHOUI Merveille

ENSEIGNANT :
Prof. OUATTARA Aboudramane

Année académique : 2020-2021

1
PLAN

INTRODUCTION ........................................................................................................................................ 4
I. Les moyens de l'exécution des décisions de justice ............................................................. 5
A. L'Application juridique de l'acte uniforme ........................................................................ 6
B- La Procédure, le Personnel Chargé de l'Exécution et les Voies d'Exécution ................ 8
II. LES OBSTACLES DE L'EXECUTION DES DECISIONS DE JUSTICE .................................. 18
A. LES OBSTACLES TEMPORAIRES ET DEFINITIFS ........................................................ 18
B. LES DIFFICULTES JURIDIQUES ET AUTRES D'EXECUTION ........................................... 20
CONCLUSION.......................................................................................................................................... 23
BIBLIOGRAPHIE ..................................................................................................................................... 24

2
SIGLES ET ABREVIATIONS

Art : Article

AL : alinéa

AU : Acte Uniforme

AUVE : Acte Uniforme portant Organisation des Procédures Simplifiées de


Recouvrement et des Voies d'Exécution

OHADA : Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires

3
INTRODUCTION

Depuis la plus haute Antiquité, les sociétés humaines ont ressenti la


nécessité de veiller à l'exécution des engagements pris lorsque le débiteur vient à
faillir. Sans cela, il ne pouvait y avoir le respect de la règle de droit, l'efficacité de
tout droit subjectif supposant une sanction éventuelle. Dans les temps anciens,
l'exécution de faisant sur la personne du débiteur qui constituait elle-même le gage
du créancier. De nos jours l'exécution sur la personne a laissé place à un autre
procédé d'exécution qui, à priori, devrait avoir toutes les faveurs de la loi serait
l'exécution en nature, c'est à dire celle permettant d'obtenir le respect exact des
engagements pris par le débiteur. Lorsque le débiteur paie volontairement sa dette,
il n'est astreint à aucune procédure. Mais quand il refuse de s'exécuter
volontairement et de se soumettre au régime découlant normalement de l'acte
juridique, il y est contraint par voies d'exécution. Les voies d'exécution ne sont pas
faites pour l'immense cohorte des débiteurs de bonne foi mais, même lorsqu'elles
n'interviennent pas directement, elles jouent un rôle préventif considérable car par
leur seule existence, elles incitent beaucoup de débiteurs, peu désireux d'avoir à
faire aux Huissiers de justice et aux saisies, à d'exécuter volontairement.

Selon le lexique des termes juridiques, l'exécution est le droit de tout


justiciable d'obtenir l'exécution effective des décisions de justice définitives, c'est
à dire passées en force de chose jugée. Dégagé par la cour européenne des droits
de l'Homme dans l'arrêt Hornsby C/ Grèce du 19 mars 1997,il constitue le
troisième et dernier volet du droit à un procès équitable,le premier étant le droit à
un juge et le deuxième le droit à un bon juge , entendu comme le droit à un juge
indépendant et impartial et qui statue selon une procédure offrant toutes les
garanties d'une bonne justice ( publicité, équité, célérité),pratiquer une mesure
conservatoire pour assurer la sauvegarde de ses droits . Sauf s'il s'agit d'une
créance hypothécaire ou privilégiée, l'exécution est poursuivie en premier lieu sur
les biens meubles et en cas d'insuffisance de ceux-ci sur les immeubles1. Une
décision est le terme général utilisé en procédure pour désigner les actes émanant
d'une juridiction collégiale ou d'un magistrat unique. Les actes juridictionnels
émanant du conseil constitutionnel ont reçu le nom de décision. Une décision de
justice est un acte par lequel le juge dit le droit et ordonné en conséquence les
mesures nécessaires pour en assurer le respect. C'est un acte d'une extrême

1 Lexique des termes juridiques

4
importance car non seulement il est revêtu d'une autorité particulière qu'est
l'autorité de la chose jugée mais a aussi la force exécutoire.

Il convient donc de s'occuper exclusivement de la petite minorité des


débiteurs celui, soit par mauvaise volonté soit par une malheureuse cohorte des
circonstances ressent obstinément de payer ce qu'ils doivent en dépit des mises
en demeures et des sommations à eux adressées ; ceux -ci seuls vont être
entraînés par leurs créanciers dans l'aventure des voies d'exécutions.

L'élément déterminant de la voie à suivre pour le recouvrement de la dette


consiste dans la possession ou non la possession par le créancier d'un titre
exécutoire car celui-ci seul permet d'accéder aux procédures exécutoires, c'est à
dire à celles permettant d'obtenir une expropriation forcée du débiteur pour payer
le créancier sur le prix de ses biens ou , dans certains cas ,une exécution directe
en nature.

A défaut il est nécessaire de recourir à une autorisation judiciaire émanant


d'un juge compétent, permettant de prendre des mesures conservatoires
destinées à sauvegarder les droits du créancier mais ne pouvant avoir un
caractère provisoire.

En effet, ce qui caractérise donc le droit des voies d'exécution c'est le


paiement forcé imposé au débiteur de mauvaise foi grâce à l'arsenal des procédés
de contrainte mis à jour par la loi, à la disposition du créancier.

<<Exécuter>> un débiteur c'est de le contraindre par la force à payer ce qu'il


doit. Le souci de la paix publique a conduit certains pays francophones de la sous-
région à une organisation pour l'harmonisation des procédures en la matière visant
certains dépassements.

Les moyens permettant l'exécution des décisions de justice soulèvent


t- ils des obstacles lors de l'exécution ?

Il est question d'aborder dans une première partie les moyens permettant
l'exécution des décisions de justice (l), ensuite dans une seconde partie les
obstacles et difficultés rencontrés lors de l'exécution des décisions de justice (II).

I. Les moyens de l'exécution des décisions de justice

5
Il est de la responsabilité de l'huissier de justice de manifester avec efficience
l'autorité même de l'Etat, autorité qui s'applique à tous les citoyens sans distinction.
C'est en cela que l'exécution des décisions de justice par les huissiers de justice
relève de la continuité de l'action de la puissance publique. Le législateur OHADA
a inclus les voies d'exécution dans le domaine d'application du traité. Il existe donc
un acte uniforme portant Organisation des Procédures Simplifiées de
Recouvrement et des Voies d' Exécution.

A. L'Application juridique de l'acte uniforme

L'adoption de l'acte uniforme a apporté des techniques nouvelles à l'exécution


des décisions. L'arsenal complet de l'acte uniforme envisage les mesures
conservatoires sur les créances sur les meubles et sur les biens mobiliers
incorporels. En ce qui concerne les mesures d'exécution : saisie-vente, saisie
attribution, saisie des véhicules terrestres à moteur et autres saisie des
rémunérations figurent à son palmarès. Il y a quelques difficultés liées aux
principes généraux, l'information préalable du débiteur liée à l'article 28 de l'acte
uniforme.

Selon les dispositions de l'article 28 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant


Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution << À défaut d'exécution volontaire ,tout créancier peut quelle que soit
la nature de sa créance dans les conditions prévues par le présent acte uniforme ,
contraindre son débiteur défaillant à exécuter des obligations à son égard où
pratiquer une mesure conservatoire pour assurer la sauvegarde de ses droits2>>.

Sauf s'il s'agit d'une créance hypothécaire ou privilégiée, l'exécution est


poursuivie en premier lieu sur les biens meubles et en cas d'insuffisance de ceux-
ci sur les immeubles. Au sens de l'acte uniforme, les voies d'exécution sont des
procédures légales permettant à un créancier impayé soit de saisir les biens de
son débiteur pour les vendre le cas échéant, et se faire payer :soit de procéder à
une saisie de créance en vue de se la faire attribuer ; soit enfin ,de se faire délivrer
ou restituer un bien mobilier corporel. Ne rentre pas donc dans le champ
d'application dudit acte uniforme une affaire relative à une demande d'expulsion
visant à remettre les parties dans les situations juridiques qui étaient les leurs
avant l'adjudication de l'immeuble litigieux. Cette décision a été rendue à propos

2Art 28 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation de Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution

6
de la compétence de la cour pour apprécier les recours en cassation formés contre
une décision rendue en matière de demande d'expulsion. A titre d’illustration nous
pouvons citer l'affaire CCJA, première chambre, arrêt n° 010/2006 du 29 juin 2006,
société d'études et de représentations en Afrique centrale dite Seracc/bureau de
recherches. L'exécution forcée de la décision par laquelle une société propriétaire
d'un fonds de commerce donné en location gérance reprend celui-ci , n'est pas
pratiquée en vertu d'une des mesures d'exécution forcée prévues par l'Acte
Uniforme de l'OHADA portant Organisation des Procédures Simplifiées de
Recouvrement et des Voies d'Exécution et ne soulève donc pas de questions
relatives à l'application de l'acte uniforme. La CCJA doit se déclarer incompétence
lorsqu'elle est saisie d'un recours formé dans le cadre de cette procédure. CCJA,
arrêt n°051/2005 du 21 juillet 2005, société Texaco côte d'ivoire dite Texaco - CI
c/société groupe dragage. L'acte uniforme subordonne le recours à l'exécution
forcée ou aux mesures conservatoires<< au défaut d'exécution volontaire >> du
débiteur c'est à dire qu'il y a exécution forcée lorsque qu'il a défaut d'exécution
volontaire du débiteur récalcitrant. Le créancier est-il tenu de mettre le débiteur en
demeure d'exécuter volontairement la condamnation et qu'elle serait la sanction
de l'inobservation d'une formalité?

Le créancier est tenu de mettre le débiteur en demeure d'exécuter


volontairement la condamnation sinon il serait soumis à sanction de l'inobservation
d'une telle formalité.

Le principe est la ‘’saisissabilité’’ de tous les biens du débiteur, seuls peuvent


procéder à l'exécution forcée et aux mesures conservatoires les huissiers de
justice chargé de l'exécution.

• Le sort des défenses à exécution provisoire, les dispositions de l'article 32


de l'AUVE dispose << A l'exception de l'adjudication des immeubles, l'exécution
forcée peut être poursuivie jusqu'à son terme en vertu d'un titre exécutoire par
provision3 .>>

Le danger de cette exécution jusqu'au terme sur un titre provisoire déséquilibre les
droits du créancier et du débiteur.

3Art 32 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation de Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution

7
• La difficulté de l'identification du juge compétent en matière de contentieux
de l'exécution.

L'article 49 de l'AUVE désigne << le Président de la juridiction compétente


pour statuer sur << tout litige ou toute demande relative à une mesure d'exécution
forcée ou à une saisie conservatoire>> pose le problème de l'identification de cette
Juridiction.

Une difficulté liée à l'application d'une mesure spécifique. Le législateur


OHADA a donc prévu des mesures conservatoires et des mesures d'exécution.

L'article 49 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation des


Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies d'Exécution dispose << La
juridiction compétente pour statuer sur tout litige ou toute demande relative à une
mesure d'exécution forcée ou à une saisie conservatoire est le président de la
juridiction statuant en matière d'urgence ou le magistrat délégué par lui 4>>. La
décision est susceptible d'appel dans un délai de quinze jours à compter de son
prononcé. Le délai d'appel comme l'exercice de cette voie de recours n'ont pas un
caractère suspensif, sauf décision contraire spécialement motivée du président de
la juridiction compétente.

B- La Procédure, le Personnel Chargé de l'Exécution et les Voies


d'Exécution

L'exécution des décisions de justice a une procédure à suivre, un personnel


qui qui s'occupe de la saisie et des règles de droit prévues par les dispositions de
l'Acte Uniforme.

S'agissant de la procédure, il y a différentes étapes comme l'obtention de la


grosse et la notification de la grosse.

Obtention de la grosse : une fois la décision rendue, le greffier audiencier


rédige, à l'aide du factum, la minute de la décision qui est signée par le président
et le greffier en chef. Selon le cas, le demandeur peut obtenir la grosse avant ou
après les formalités d’enregistrement. Il peut y avoir obtention d'une grosse avant
les formalités d'enregistrement et obtention d'une grosse après l'enregistrement,

4Art 49 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation de Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution

8
dans le premier cas la décision rendue est assortie d'une exécution provisoire ce
qui signifie qu'il y a urgence à exécuter la décision et dans le second cas le juge
qui rend sa décision ne trouve aucune urgence dans l'exécution et par conséquent
n'en fait pas cas où précise dans sa décision qu'il n'y a pas lieu à une exécution
provisoire.

Concernant la notification de la grosse, elle peut être définie comme la


formalité qui marque le point de départ de l'exécution d'une décision de justice ;
c'est l'acte officiel qui permet de porter la décision à la connaissance de l'autre
partie. Elle peut aussi en cas d'une décision rendue par défaut faire courir le délai
du recours prévu par la loi. En conséquence, la notification d'une décision se veut
être le préalable à toute exécution. De façon générale, la notification est faite par
voie d'huissier à moins que la loi n'en dispose autrement. La décision peut être
rendue contradictoirement ou à défaut. Dans le cas d'une décision rendue
contradictoirement, les délais impartis pour l'exercice des voies de recours courent
dès la date du prononcé de la décision. La notification prend dans ce cas une
forme d'instance et transparaît la volonté du demandeur de faire exécuter la
décision en cause contre son adversaire. Dans le cas d'une décision de défaut, la
notification marque le point de départ des délais impartis pour l'exercice des voies
de recours. L'acte de notification n'est pas soumis aux formalités de
l'enregistrement toute fois comporte un timbre dont le montant est fixé.

Le personnel, chargé de l'exécution est l'huissier de justice. La mission de


procéder à l'exécution forcée d'une décision de justice incombe aux huissiers de
justice ou à l'Agent d'exécution. La partie dont les droits sont reconnus par un titre
exécutoire doit s'adresser à un huissier de justice qui constitue la catégorie
d'officier Ministériel chargé d'assurer l'exécution des décisions de justice et les
autres actes ou titres exécutoires. Il est mandataire de la partie qui lui a fait recours
et ne peut agir que si celui-ci lui a donné les pouvoirs nécessaires. La remise d'une
décision ou d'un acte à l'huissier vaut pouvoir pour toute exécution pour laquelle il
n'est pas exigé de pouvoir spécial. L'huissier de justice ou l'Agent d'exécution doit
se conformer dans l'accomplissement de sa mission de veiller scrupuleusement
aux respects des conditions légales.

Faute pour le débiteur d'exécuter volontairement l'obligation dont il est tenu,


son créancier emploiera un certain nombre de moyens pour l'y contraindre. A

9
défaut d 5 'exécution spontanée, il peut contraindre le débiteur à exécuter, en
principe en nature. La contrainte par corps, qui consistait à faire emprisonner le
débiteur récalcitrant, a été supprimée sauf en matière fiscale pour le paiement des
amendes et des frais de justice. Reste l'exécution forcée sur les biens du débiteur,
grâce aux <<VOIES D' EXÉCUTION >>, procédures ayant pour objet d'assurer
l'exécution d'un engagement ou d'une décision de justice et conduisant à la saisie.
Les voies d'exécution ont connu une évolution contemporaine par des procédés
et moyens mis au point par la pratique et la jurisprudence tant au BENIN que dans
les autres pays de la sous-région. C'est le cas de l'Acte Uniforme de l'OHADA
portant Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution qui est une réforme du Droit des affaires en Afrique noire sub-
saharienne applicable depuis 1998 dans tous les pays signataires. L'étude des
voies d'exécution porte généralement sur les saisies. C'est pour cela que nous
verrons la saisie mobilière et la saisie immobilière.

La saisie mobilière, une fois que la décision de justice passe en force de


chose jugée le bénéficiaire de la grosse peut procéder à son exécution. Elle porte
sur les biens du débiteur qui se trouve entre ses mains ou celles d'un tiers. Il existe
deux espèces de voies d'exécution forcée sur les biens. Nous avons les actes
d'exécution improprement dits (la saisie conservatoire) et les actes d'exécution
proprement dits (la saisie-vente). Les actes d'exécution improprement dits : les
saisies conservatoires. L'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation des
Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies d'Exécution a institué de
nouvelles saisies conservatoires. De nouvelles règles ont été élaborées pour
mettre en branle tout cet arsenal juridique. Notons que la plupart des saisies -
conservatoires sont faites à l'aide d'une ordonnance rendue à pied de requête par
le président d'une juridiction. L'innovation de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant
Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution en matière est l'extension des cas dans lesquels la saisie-
conservatoire peut être pratiquée. Les saisies - conservatoires sont des mesures
de sûreté permettant de mettre sous-main de justice les biens meubles corporels
ou incorporels et les créances du débiteur. Elles comportent deux phases : une
phase conservatoire et une phase de réalisation.

La phase conservatoire, le but immédiat des saisies - conservatoires est de rendre


le bien du débiteur indisponible en le maintenant sous mains de justice au profit

10
du créancier. Elles sont pratiquées avec ou sans l'autorisation judiciaire en
l'absence de titre exécutoire, l'article 55 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant
Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution autorise directement la saisie dans les cas ci-après énumérés6 :

• Défaut de paiement dûment établi d'une lettre de change acceptée

• D'un billet à ordre

• D'un chèque

• D'un loyer impayé en vertu d'un contrat de bail d'immeuble écrit

La phase de réalisation, elle consiste à introduire dans un délai d'un mois,


à peine de caducité, une procédure devant la juridiction compétente afin d'obtenir
un titre exécutoire. Nous rejoignons alors le cas type de la saisie-vente. L'un des
avantages de l'Acte Uniforme de l'OHADA est l'uniformisation du délai de validité
de toutes les saisies _ conservatoires. Le livre relatif à la procédure simplifiée de
recouvrement et des voies d'exécution a prévu plusieurs types de saisies _
conservatoires.

La saisie-conservatoire de créance, elle est une voie de droit par laquelle


un créancier rend indisponible à son profit des sommes appartenant à son débiteur
et se trouvant entre les mains d'une tierce personne dans la limite de ce qui est
réclamé au débiteur. Il faut d'ores et déjà préciser que les créances visées sont en
principe celles qui ont pour objet une somme d'argent à l'exception des créances
de rémunération du travail. Il est à noter que défense est faite au tiers de disposer
des sommes réclamées dans la limite de ce qu'il doit au débiteur. S'agissant de la
saisie-conservatoire des biens meubles corporels ,elle est une procédure rapide
et simplifiée, de portée générale tendant à la mise sous le contrôle de l'autorité
judiciaire les biens meubles corporels du débiteur, lorsque le créancier justifie d'un
péril menaçant le recouvrement de sa créance. Elle peut être faite entre les mains
du débiteur ou entre les mains d'un tiers.

Elle n'aboutit pas directement à la vente des biens saisis et à leur


transformation en argent, mais opère simplement un blocage du bien meuble
jusqu'à ce que la dette reçoive exécution volontaire ou forcée.

6Art 55 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation de Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution

11
Concernant la saisie foraine , c'est une saisie-conservatoire particulière
permettant aux créanciers de faire mettre sous-main de justice des biens meubles
corporels d'un débiteur qui n'a pas un domicile fixe ou son établissement ne se
trouve pas dans le pays où réside le créancier.

Elle est surtout utilisée pour les créances détenues sur des voyageurs,
notamment par les hôteliers, fournisseurs et marchands et porte souvent sur les
bagages.

La saisie _ conservatoire des droits d'associés (Article 85 Acte Uniforme de


l'OHADA portant Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et
des Voies d’Exécution).

Elle fait partie de l'innovation de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant


Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution. La première phase de cette saisie de déroule entre le créancier
saisissant et le tiers saisi qui est, soit la personne morale émettrice soir la personne
chargée de gérer les tiers. La seconde phase de déroule entre le créancier
saisissant et le débiteur saisi.

La saisie revendication (Article 227 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant


Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution).

La saisie-revendication est une saisie aux fins de remise d'un meuble


corporel. Il s'agit ici d'obtenir l'exécution d'une obligation de faire et non d'une
obligation de payer comme dans les saisies classiques. La saisie revendication
est faite en vertu d'une ordonnance rendue à requête par le président d'une
juridiction. Elle est soumise aux conditions éditées par les mesures conservatoires
par les articles 60 et 61 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation des
Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies d'Exécution. La décision
ordonnant la saisie doit mentionner le bien qui peut être saisi ainsi que l'identité
de la personne tenue de le délivrer ou de le restituer. Cette autorisation est
opposable à tout détenteur du bien désigné.

Les conditions de fond et de forme de la saisie revendication sont celles de


toute saisie-conservatoire.

L'injonction de payer : (Article 1 er Acte Uniforme de l'OHADA portant


Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies

12
d'Exécution). L'injonction de payer fait partie des procédures simplifiées de
recouvrement permettant de poursuivre le recouvrement des petites créances
civiles ou commerciales en obtenant du juge d'instance ou de président du tribunal
de commerce la délivrance d'une ordonnance d'injonction de payer qui, à défaut
d'opposition devient exécutoire. La créance qui sous tend la décision d'injonction
de payer doit avoir une cause contractuelle ou résulter de l'émission ou de
l'acceptation de tout effet de commerce, ou d'un chèque dont la provision s'est
révélée inexistante ou insuffisante. L'innovation en la matière est l'inclusion du
chèque dans le domaine d'application de l'injonction de payer de même que
l'absence d'une limitation quant au montant.

La procédure de l'injonction de payer ne comporte pas de phase


extrajudiciaire. Une mise en demeure préalable n'est pas nécessaire. La
procédure commence par la requête du créancier. Deux hypothèses doivent être
envisagées quant à la décision de la juridiction compétente.

- Dans le premier cas l'ordonnance de rejet, les possibilités sont offertes au


créancier de recourir à la procédure de droit commun.

- Dans le cas d'une ordonnance portant injonction de payer, elle est signifiée par
l'initiative du créancier sous peine de caducité et peut se faire par acte
extrajudiciaire. Le débiteur qui se voit signifier une injonction de payer a intérêt à
réagir dans le délai qui 7 lui est imparti dans cette décision ; au-delà, il sera
désarmé et devra payer.

Injonction de délivrer ou injonction de restituer :(Article 19 de l'OHADA


portant Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution).

Elles font partie des innovations de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant


Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution et permettent aux créanciers de faire prévaloir l'exécution en nature
de leurs créances sur l'exécution en valeur. C'est la voie désormais ouverte à
l'acquéreur d'un meuble corporel que le vendeur n'a pas livré,ou au déposant qui
n'obtient pas de son dépositaire la restitution de la chose déposée pour contraindre
le débiteur à d'exécuter. Il est à noter que seuls les meubles corporels sont

7 Art 85 de l'Acte Uniforme portant Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies d'Exécution

13
concernés. La procédure est dans son ensemble identique à celle de l'injonction
de payer.

Les actes d'exécution proprement dits : La saisie_ vente (Article 91 l'Acte


Uniforme de l'OHADA portant Organisation des Procédures Simplifiées de
Recouvrement et des Voies d'Exécution)

La saisie-vente est nouvelle appellation de la saisie _ exécution classique


adoptée par l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation des Procédures
Simplifiées de Recouvrement et des Voies d'Exécution. Elle peut être définie
comme une saisie faite par un Huissier de Justice ou un Agent d'exécution sur les
biens meubles corporels en vertu d'un titre exécutoire. Cette nouvelle terminologie
présente l'avantage de faire comprendre au débiteur, qu'à défaut de règlement,
les biens seront vendus.

La saisie-vente peut être opéré 'e désormais entre les mains du débiteur ou
entre les mains d'un tiers détenteur.

Cette saisie tend à mettre sous-main de justice les biens du débiteur puis à
les faire vendre conformément aux formalités prescrites par la loi. La procédure
devant conduire de la saisie à la vente des biens du débiteur est la suivante :

• Un commandement préalable : le commandement est un exploit d'


Huissier de Justice délivré au débiteur en vertu d'un titre exécutoire et faisant
injonction à celui-ci de payer dans un délai de huit jours le montant des
condamnations.

• Le procès-verbal de saisie _ vente : c'est un acte de la saisie _ vente


dressé par un Huissier de Justice un jour ouvrable et à une heure légale dans un
lieu où se trouve les meubles à saisir.

Cet acte est établi séance tenante et contient la liste et la description


détaillée des meubles appartements au débiteur. Il contient à peine de nullité la
reproduction des dispositions pénales sanctionnant le détournement d'objets
saisis ainsi que celles des articles 115 à 119 et 143 à 146 de l'Acte Uniforme de
l'OHADA portant Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et
des Voies d'Exécution8.

14
• La vente :

L'innovation est ici totale en la matière et a un caractère humanitaire. L'Acte


Uniforme de l'OHADA portant Organisation des Procédures Simplifiées de
Recouvrement et des 9Voies d'Exécution offre au débiteur le choix entre la vente
amiable de ses biens en vente forcée. Selon les dispositions des articles 115 à
119, le débiteur saisi dispose d'un délai d'un mois, après notification de l'acte saisie,
pour procéder à la vente des biens saisis. Il doit informer l'huissier des propositions
qui lui sont faites et celui-ci est chargé de les communiquer au créancier saisissant
et le cas échéant aux créanciers opposants, qui disposent d'un délai de 15 jours
pour prendre parti.

Au cas où le débiteur ne procède pas lui-même dans les conditions ci-


dessus prescrites par la loi à la vente amiable dans ce délai, il est procédé à la
vente forcée des biens saisis. Cette vente est effectuée aux enchères publiques
par un auxiliaire de justice.

• La saisie des récoltes sur pied ; elle peut être définie comme l'acte par
lequel un créancier fait mettre sous-main de justice les fruits pendants par les leurs
racines, appartement à son débiteur, afin qu'ils soient conservés jusqu'à maturité
pour être vendus. • La saisie appréhension10: (Article 219 de l'Acte Uniforme de
l'OHADA portant Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et
des Voies d'Exécution).

Contrairement à la saisie revendication, la saisie appréhension est faite en


vertu d'un titre exécutoire. Elle est l'innovation de l'Acte Uniforme. Il s'agit d'une
procédure destinée à permettre l'exécution forcée de l'obligation de livraison et
restitution. La saisie appréhension peut être faire entre les mains de la personne
tenue de la remise soit entre les mains d'un tiers.

• La saisie des rémunérations11 :( Article 179 de l'Acte Uniforme de l'OHADA


portant Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution)

10Art 219 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation de Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution

11Art 179 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation de Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution

15
C'est une saisie qui est effectuée à la base d'un titre exécutoire. Les
opérations de saisie sont diligentées non par un huissier mais par le greffier de la
juridiction compétente.

La notification de l'acte de saisie à l'employeur, tiers saisi, entraîne pour lui


l'obligation de payer la créance cause de la saisie. L'employeur a l'obligation de
verser mensuellement le montant des sommes retenues, faute de quoi il sera
déclaré personnellement débiteur de la créance, cause de la saisie, par la
juridiction compétente. La procédure débute toujours par une tentative de
conciliation. En cas de non conciliation, il est procédé à la saisie. La demande
tendant à la conciliation préalable est formée par requête adressée à la juridiction
compétente par le créancier. L'Acte Uniforme a institué une nouvelle forme de
saisie appelée saisie attribution des créances qui n'est rien d'autre que l'ancienne
saisie arrêt encore appelé opposition.

• La saisie attribution des créances 12 (Article 153 de L'Acte Uniforme de


l'OHADA portant Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et
des Voies d'Exécution)

La saisie attribution des créances est exclusivement réservée aux


créanciers munis d'un titre exécutoire constatant une créance liquide, exigible. Les
biens du débiteur étant constitués des biens meubles et immeubles, le créancier
a la faculté de procéder soit à la saisie des biens meubles ou soit à la saisie des
biens immeubles.

S'agissant de la saisie immobilière , elle est une voie d'exécution sur les
biens immobiliers du débiteur qui a un caractère judiciaire tendant à mettre un
immeuble sous-main de justice pour faire ensuite procéder à sa vente aux
enchères publiques. La vente forcée des immeubles ne peut être poursuivie qu'en
vertu d'un titre authentique définitif ou exécutoire par provision. Mais l'adjudication
ne peut être effectuée que sur un titre définitivement exécutoire. La délivrance d'un
" Pouvoir spécial" par le créancier est obligatoire avant toute vente immobilière. La
saisie faite par un Huissier sans se pouvoir spécial est nulle. L'innovation de l'Acte
Uniforme de l'OHADA portant Organisation des Procédures Simplifiées de

12Art 153 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation de Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution

16
Recouvrement et des Voies d'Exécution consiste dans le fait que l'immeuble à
vendre doit être immatriculé.

La procédure devant conduire à la vente forcée d'un immeuble peut se


résumer en deux phases :

1° La mise de l'immeuble sous-main de justice :

La saisie se fait par la publication au bureau de conservateur de la propriété


foncière à la suite d'un commandement signifié à personne ou au domicile du
débiteur par le ministère d'un Huissier de Justice. Ce commandement est spécial
parce qu'il contient à peine de nullité l'ordre de payer donné au débiteur en vertu
d'un titre exécutoire. La reproduction des dispositions énumérées aux articles 254
et suivants l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation des Procédures
Simplifiées de Recouvrement et des Voies d'Exécution est à peine de nullité.

2° La réalisation de l'immeuble :

Elle comprend la préparation de la vente et la vente proprement dite.

- La préparation de la vente :

Elle consiste à rédiger le cahier des charges qui est déposé au Greffe du
Tribunal de Première Instance du lieu où se trouve l'immeuble et contient les
caractéristiques de l'immeuble saisi, les conditions et les dates de l'audience dite
éventuelle de la vente.

Ensuite on procède aux formalités de publicité en vue de la vente portant


d'annonces légales et par l'apposition des placards de différentes couleurs
affichées dans divers lieux et phases publiques par la loi.

- La vente :

Au jour et l'heure indiqués dans la sommation, il est procédé à la vente sur la


réquisition, même verbale de l'avocat du poursuivant ou de tout créancier inscrit.
La vente de l'immeuble a lieu aux enchères publiques à la barre de la juridiction
compétente. La vente forcée d'un immeuble peut avoir lieu en l'Etude d'un notaire
conformément aux dispositifs d'une décision de justice. L'adjudication est
prononcée par un jugement au profit soit du dernier enchérisseur plus offrant, soit
du poursuivant pour le montant de la mise à prix en cas d'inexistence d'enchères.
L’adjudication transfert le droit de propriété du saisi sur l'immeuble à l'acquéreur.

17
L'exécution en nature : l'expulsion consiste à faire évacuer une personne, au
besoin avec la force d'un lieu où elle habite sans titre ni droit .Le lexique des termes
juridiques la définie comme" l'action consistant à obliger l'occupant sans titre ou le
locataire en fin de bail d'un immeuble à quitter les lieux.

II. LES OBSTACLES DE L'EXECUTION DES DECISIONS DE JUSTICE

L'issue de tout procès laisse au moins un plaideur mécontent. La loi lui


donne la possibilité d'exprimer son mécontentement par certains moyens qu'on
appelle voies de recours. Ces voies de recours peuvent faire obstacle soir
temporairement soir définitivement à l'exécution d'une décision de justice.

C'est pourquoi nous allons étudier dans une première partie les obstacles
temporaires et définitifs et dans une seconde partie, les difficultés d’exécution.

A. LES OBSTACLES TEMPORAIRES ET DEFINITIFS

Les obstacles temporaires sont des moyens de défense qui permettent à la


partie qui perd un procès de bénéficier d'un sursis à exécution qui constituent un
obstacle temporaire à l'exécution des décisions de justice et méritent une attention
particulière de la part de l'agent d'exécution.

Les cas les plus fréquents dont les voies de recours, la défense à exécution
provisoire, les formalités relatives à l’exéquatur, et les délais de grâce feront l'objet
de notre développement.

Les voies de recours peuvent être définir comme l'ensemble des moyens
mis à la disposition des plaideurs mécontents pour leur permettre d'obtenir un
nouvel examen d'une difficulté de fait ou de droit. L'exercice des voies de recours
extraordinaires (requête civile, pourvoi en cassation et tierce opposition), ne
suspendent pas en principe, la force exécutoire d'une décision sauf dans un
certain cas très exceptionnels par exemple matière d'état des personnes, de faux
incidents, d'inscription foncière où le pourvoi en cassation est suspensif

Les Obstacles définitifs, ce sont des obstacles qui mettent fin définitivement
à l'exécution d'une décision de justice. Ils peuvent se résumer en plusieurs points
ci-dessous énumérés : le paiement de la dette, payer une dette signifie également
exécuter une obligation .Mais pour que la paiement soit valable il doit réunir quatre

18
conditions essentielles : un débiteur, un créancier, l'objet du paiement et le lieu du
paiement.

- Le paiement est normalement fait par le débiteur ou son représentant

- Il est valablement fait au créancier ou à son représentant ou à une tierce


personne désignée par la justice

- Mais sans objet le paiement sera nul. C'est pourquoi le débiteur ne peut
contraindre le créancier à recevoir autre chose que l'objet de l'obligation ; la règle
est absolue lorsqu'il s'agit d'un corps certain.

- Le lieu du paiement dépend de l'obligation qui a trait soit à un corps certain soit
à une chose du genre.

Il y a cependant des exceptions dont la plus importante concerne le


paiement des pensions alimentaires allouées en justice payables au domicile du
créancier. Outre le paiement de la dette, l’offre réelle aussi peut faire obstacle à
l'exécution d'une décision de justice. Concernant les offres réelles, le débiteur de
bonne foi à un moment donné, malgré l'action en justice du créancier veut éteindre
sa dette. Il arrive que le créancier refuse de recevoir son paiement. Le débiteur
peut lui faire des offres réelles et, au cas de refus du créancier de les accepter, il
peut consigner la somme exigible et des intérêts dus. Mais les offres réelles ne
constituent pas les seuls obstacles définitifs. La prescription extinctive fait partie
des obstacles définitifs à une décision de justice. La prescription extinctive ou
libératoire est un mode d'extinction de l'obligation par l'écoulement d'un certain
temps. Une seule condition est nécessaire à l'exercice de la prescription extinctive :
c’est l'inaction du créancier. Elle peut être opposée, en tout état de cause et par
tout intéressé. L'originalité de cette prescription consiste essentiellement dans les
délais de plus ou moins grande importance dont elle est assortie suivant le but qui
a présidé à son établissement. Le délai trentenaire prévu par l'article 2262 du code
civil et fixant le délai de prescription s'applique à tous les cas qui ne rentrent pas
dans les termes stricts d'une disposition Spécial. Il existe à côté de la prescription
trentenaire de droit commun de nombreuses prescriptions particulières prévues
par le code civil et certains textes isolés. Le point de départ du délai est le jour à
partir duquel l'action peut être exercée par le créancier. La- compensation est
aussi un obstacle définitif de l'exécution. La compensation est l'imputation
réciproque de deux dettes de deux personnes qui sont en même temps
créancières et débitrices l'une de l’autre. Elle est une cause d'extinction des

19
obligations. Elle peut se présenter sous trois formes : légale, conventionnelle et
judiciaire. La compensation légale s'opère de plein droit par la seule force de la loi,
même à l'insu des débiteurs ; les deux dettes s'éteignent réciproquement à l'instant
où elles se trouvent à la fois jusqu'à concurrence de leurs quotités respectives. Il
faut néanmoins que les deux dettes soient fongibles, liquides, exigibles
compensables et qu'aucune disposition particulière ne s'oppose à la
compensation. Toutefois il existe des exceptions légales à la compensation.
Néanmoins les parties en faveur desquelles la compensation est admise peuvent
y renoncer, même par avance.

• La compensation est facultative quand elle ne s'opère pas de plein droit


en vertu de la loi, mais par la volonté des parties.

• Elle est conventionnelle quand elle résulte d'un contrat entre les parties ;
elle exige le consentement de chacun.

• Elle est dite judiciaire lorsqu'un débiteur poursuivi en paiement a formé une
demande reconventionnelle afin d'opposer au demandeur une créance qui ne
réunit pas toutes les conditions voulues pour la compensation. La transaction est
également un obstacle à l'exécution des décisions de justice. Selon le lexique des
termes juridiques, la transaction est une convention par laquelle les parties
terminent une contestation née ou préviennent une contestation à naître. La
transaction a, entre les parties l'autorité de la chose jugée en dernier ressort. Elle
s'apparente à une décision judiciaire puisqu'elle a pour résultat de mettre fin au
litige.

B. LES DIFFICULTES JURIDIQUES ET AUTRES D'EXECUTION

Les difficultés peuvent être liées à l'obligation pour l'Etat de prêter son
concours à l'exécution des décisions de justice et celle concernant l'exécution des
décisions du ressort de l'immunité des personnes morales de droit public et des
entreprises publiques et de l'étendue de cette immunité.

Selon les dispositions de l'article 29 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant


Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution<< L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des décisions

20
et des autres titres exécutoires13 >>.La formule exécutoire vaut réquisition directe
de la force publique. La carence ou le refus de l'Etat de prêter son concours
engage sa responsabilité.

L'acte uniforme met à la charge de l'Etat une obligation de faire. En effet,


l'article 29 alinéas 1 de l’Acte Uniforme rappelle clairement que l'Etat est tenu de
prêter son concours à l'exécution des décisions et des autres titres exécutoires.
La carence de la force publique, toute décision revêtue de la formule exécutoire
ordonne dans son dispositif à la force publique de prêter main forte à l'agent
d'exécution afin de garantir sa sécurité et par voie de conséquence faciliter
l'exécution de ladite décision.

Toutefois, il est des cas où l'autorité devant prêter main forte à l'agent
d'exécution refuse d'apporter son concours à l'exécution pour cause d'intérêts
personnels, cause liée à l'insuffisance du personnel, cause politique et autres.

Cette influence constitue l'une des difficultés qui empêchent l'exécution


d'une décision. L'ingérence des autorités politico administratives en est encore une
autre.

Il n'en reste pas moins vrai que immixtion de l'administration dans


l'exécution des décisions de justice est injustifiable en droit et dangereuse en fait
dans la mesure où elle jette un discrédit sur l’autorité du juge.

Selon les dispositions de l'article 30 de l'acte uniforme << L'exécution forcée


et les mesures conservatoires ne sont pas applicables aux personnes qui
bénéficient d'une immunité d'exécution14>>.

Toutefois, les dettes certaines, liquides et exigibles des personnes morales


de droit public et les entreprises publiques, qu’elles qu'en soient la forme et la
mission, donnent lieu à compensation avec les dettes également certaines,
liquides et exigibles dont quiconque sera tenu envers les sous réserve de
réciprocité.

13Art 29 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation de Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution

14Art 30 de l'Acte Uniforme de l'OHADA portant Organisation de Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies
d'Exécution

21
Les dettes des personnes et entreprises visées à l'alinéa précédent ne
peuvent être considérés comme certaines au sens des dispositions du présent
article que si elles résultent d'une reconnaissance par elles de ces dettes ou d'un
titre ayant un caractère exécutoire sur le territoire sur le territoire de l'Etat où se
situent lesdites personnes et entreprises. Les personnes bénéficiaires de
l'immunité ,en posant le principe de l'interdiction des voies d'exécution et des
mesures conservatoires contre les personnes qui bénéficient de l'immunité
d'exécution ,la compensation aux personnes morales de droit public
conformément aux dispositions de l'article 30 , alinéa 2 ,le principe selon lequel il
ne peut y avoir d'exécution forcée et mesure conservatoire contre les personnes
qui bénéficient de l'immunité d'exécution subsiste s'il s'agit de mettre en œuvre la
compensation par le biais d'une saisie attribution de créance, mesure d'exécution
forcée

Il y a des difficultés liées à l'interprétation des décisions de justice, il est des


cas où le dispositif d'une décision de justice prête à confusion et son exécution
suivant une interprétation autre que celle du juge engage la responsabilité de
l'agent d'exécution. On fait alors recours au juge qui a rendu sa décision pour une
interprétation claire levant toute équivoque. Il y a aussi l'ignorance des textes par
les justiciables. Le taux d'analphabétisme dans la population et la
méconnaissance des textes caractérisent l'état l'inertie de certains justiciables face
aux décisions de justice. Le justiciable à qui un huissier ou un agent d'exécution
notifie une décision rendue et ayant acquis l'autorité jugée doit pouvoir d'exécuter
librement. Cette réticence à la libre exécution est aussi un facteur de sous-
développement et explique les interventions régulières des huissiers ou agents
d'exécution. Le manque d'égards aux décisions de justice et l'ignorance des textes
sont souvent à la base des préjudices tant moraux que financiers que subir le
justiciable en cas d'exécution forcée qui l'amène parfois à une révolte et par voie
de conséquence à une rébellion.

22
CONCLUSION

Les décisions de justice doivent être librement exécutées. Le droit des voies
d'exécution recouvre, selon l'acception qui en est généralement donnée, les
moyens juridiques dont dispose le créancier pour obtenir de son débiteur le
paiement de ce qui lui est dû et pour garantir sa créance par des mesures
conservatoires affectant le patrimoine de ce dernier, lorsque ce règlement tarde à
se réaliser. L'exécution des décisions de justice soulève quelques séries de
problèmes auxquels il convient d'apporter certaines solutions pour assouplir
l'intervention de l'huissier de Justice ou l'agent d'exécution. Comme approche de
solutions, il faut sensibiliser les populations sur la notion et l'importance des
décisions de justice et comment son exécution est nécessaire, organisation des
séances de vulgarisation et apporter beaucoup d'aide à l'huissier de Justice et
l'agent d'exécution afin qu'il puisse exercer en tranquillité son mission. L'Acte
Uniforme portant Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et
des Voies d'Exécution a eu le mérite de concilier les intérêts tant du créancier que
du débiteur et qui apparaît comme un moyen efficace visant à corriger certaines
imperfections, cependant comporte dans son application de grandes difficultés.

23
BIBLIOGRAPHIE
1° - OUVRAGES DE DROIT GÉNÉRAUX

-Evelyne BARBEROUSSE, Le Guide Pratique du Droit DIANA TOPEZA

-Jean DERRUPE, Droit International Privé

-DROIT JUDICIAIRE PRIVÉ (D.J.P)

2° - OUVRAGES DE DROIT SPÉCIALISES

- ANDRE JOLY, procédure civile et Voies d'Exécution

-CATALA Pierre François TERRE, procédure civile et Voies d'Exécution

-MARC DONNIER : Voies d'Exécution et Procédure de distribution

- J.P. BRANLARD : Procédure civile et Voies d'Exécution

-Manuel de Procédure civile et Voies d'Exécution

3° - CODES

- Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies


d'Exécution de 1998

- Traités et actes conformes commentés et annotés, Juriscope,(code vert OHADA)

4° - LEXIQUES ET DICTIONNAIRES

- Dictionnaire le grand Larousse illustré

- Lexique des termes juridiques édition 2018

5° - MÉMOIRE DE FIN DE FORMATION :

Exécution des décisions de justice en matière civile et commerciale

Filière : Droit des affaires et carrières juridiques

6° -ENCYCLOPÉDIES

- Encyclopédie Juridique d'AFRIQUE

- Encyclopédie des Huissiers

24
7° -DOCUMENTS

Séminaire sur le bilan de l'application de l'AHODA relatif aux Voies d'Exécution

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