Logique et Raisonnements Mathématiques
Logique et Raisonnements Mathématiques
Logique
Assertions (Propositions)
Dénition 1.
Tout énoncé mathématique qui a un sens qui est soit vrai, soit faux, est une
proposition (ou assertion). Une proposition est notée : P, Q, R, S, . . . etc
On désigne par V la valeur de vérité d'une proposition vraie et par F la valeur
de vérité d'une proposition fausse.
Une table de vérité est une table qui indique si une proposition P , construite
à partir d'autres propositions Q, R, S, . . . est vraie ou fausse suivant les valeur
de vérité de Q, R, S, . . .
Une proposition peut s'exprimer en langage courant ou en symboles mathéma-
tiques (on introduira les plus fréquents dans ce chapitre, d'autres viendront au
fur et à mesure des besoins).
Exemple 2 .
1- P : 2 + 3 = 4. La proposition P est fausse.
√ √
2- Q : 3− 2 = 1. La proposition Q est fausse.
√ √
3- R : 3+ 2 > 1. La proposition R est vraie.
1
Dénition 3.
La conjonction de deux propositions P et Q notée (P et Q) est vraie si les
deux propositions P et Q sont vraies. Table de vérité de (P et Q)
P Q P et Q
V V V
V F F
F V F
F F F
Exemple 4.
√
1- P : (3 est impair et / Q).
3∈ La proposition P est vraie.
Dénition 5.
La disjonction de deux propositions P et Q notée (P ou Q) est vraie si au
moins une des deux propositions P ou Q est vraie. Table de vérité de (P ou Q) :
P Q P ou Q
V V V
V F V
F V V
F F F
Exemple 6.
√ √
1- P : ( 5 ∈ N ou 9 = −3). La proposition P est fausse.
1 1
2- Q : (9 + 6 = 15
ou
3 > 2 . La proposition Q est vraie.
La négation " non " . (Négation d'une proposition)
Dénition 7.
On note "non P " ou " P̄ " la négation d'une proposition P, c'est-à-dire la
proposition qui est vraie si P fausse et fausse si P est vraie.
P P̄
V F
F V
2
Exemple 8.
Donner la négation des propositions suivantes :
√
1- P : 2 > 2,
√
2- Q : 2 ∈ Z.
√ √
On a P̄ : 2 ≤ 2 , Q̄ : / Z.
2∈
Remarque 9.
Dénition 10.
Soit P et Q deux propositions. L'implication des deux propositions P et Q
dans cet ordre est la proposition noté (P =⇒ Q), se lit" P implique Q " (ou si
P alors Q) est vraie si P et Q sont vraies ou si P est fausse. Table de vérité de
(P =⇒ Q)
P Q P =⇒ Q
V V V
V F F
F V V
F F V
Exemple 11.
1- P : −1 = 1 =⇒ (−1)2 = 1
. La proposition P est varie.
Exemple 12.
Montrer à l'aide d'une table de vérité que les deux propositions : (P =⇒ Q)
et (P̄ ou Q) ont la même valeur de vérité. On a
P Q nonP nonP ou Q P =⇒ Q
V V F V V
V F F F F
F V V V V
F F V V V
3
Remarque 13
1. La proposition P =⇒ Q est fausse uniquement si P est vraie et Q est
fausse.
L'équivalence ⇐⇒.
Dénition 14.
Soit P Q deux propositions. L'équivalence de P et Q notée P ⇐⇒ Q est la
et
P et Q sont simultanément vraies ou simultanément
proposition qui est vraie si
fausses.P ⇐⇒ Q se lit : (P équivaut à Q) ou (P si et seulement si : Q)
La table de vérité de (P ⇐⇒ Q)
P Q P ⇐⇒ Q
F F V
F V F
V F F
V V V
Remarque 15.
P ⇐⇒ Q est la proposition : [(P =⇒ Q) et (Q =⇒ P )]
Remarque 16.
L'équivalence logique joue pour les propositions, le rôle que joue l'égalité
pour les nombres.
Quand vous écrivez P ⇐⇒ Q, vous devez être convaincu que la proposition
de gauche P entraîne la proposition de droite Q et aussi que la proposition de
droite Q entraîne la proposition de gauche P.
Exemple 17.
√
P : 32 + 42 = 7 ⇐⇒ 7 est impair ). La proposition P est fausse.
√ √ √
Q : ( 2 > 3 ⇐⇒ 16 = −4). La proposition Q est vraie.
4
Propriété 18.
Soient P et Q deux propositions.
P ou Q ⇐⇒ P̄ et Q̄.
P et Q ⇐⇒ P̄ ou Q̄.
Démonstration 19.
On démontre ces équivalences à l'aide de tables de vérité.
P Q P ou Q P ou Q P̄ Q̄ P̄ et Q̄
V V V F F F F
V F V F F V F
F V V F V F F
F F F V V V V
et
P Q P et Q P et Q P̄ Q̄ P̄ ou Q̄
V V V F F F F
V F F V F V V
F V F V V F V
F F F V V V V
Dans chaque table, on lit eectivement les mêmes valeurs de vérité dans les
quatrième et septième colonnes.
Remarque 20.
Soit P une proposition.
1) (P et P ) ⇐⇒ P
2) (P ou P ) ⇐⇒ P .
Théorème 21.
Soient P, Q et R trois propositions.
1. (P ou Q) ⇐⇒ (Q ou P)
2. (P et Q) ⇐⇒ (Q et P ).
3. (P ou Q) ou R ⇐⇒ P ou (Q ou R)
4. (P et Q) et R ⇐⇒ P et (Q et R).
5. (P ou Q) et R ⇐⇒ (P et R) ou (Q et R)
6. (P et Q) ou R ⇐⇒ (P ou R) et (Q ou R)
5
Démonstration 22.
Démontrons par exemple la troisième et la quatrième équivalence à l'aide
d'une table de vérité.
P Q R P ou Q (P ou Q) et R P et R Q et R (P et R) ou (Q et R)
V V V V V V V V
V V F V F F F F
V F V V V V F V
V F F V F F F F
F V V V V F V V
F V F V F F F F
F F V F F F F F
F F F F F F F F
P Q R P et Q (P et Q) ou R P ou R Q ou R (P ou R) et (Q ou R)
V V V V V V V V
V V F V V V V V
V F V F V V V V
V F F F F V F F
F V V F V V V V
F V F F F F V F
F F V F V V V V
F F F F F F F F
On lit eectivement les mêmes valeurs de vérité dans les cinquième et hui-
tième colonnes.
Exemple 23.
Soient P et Q deux propositions.
Montrer que : (P ⇐⇒ Q) ⇐⇒ [(P =⇒ Q) et (Q =⇒ P )].
Il s'agit de vérier que les deux propositions P ⇐⇒ Q et [(P =⇒ Q) et
(Q =⇒ P )] ont les mêmes valeurs de vérité.
P Q P ⇐⇒ Q P =⇒ Q Q =⇒ P [(P =⇒ Q) et (Q =⇒ P )]
V V V V V V
V F F F V F
F V F V F F
F F V V V V
On lit bien les mêmes valeurs de vérité dans les troisième et sixième colonnes.
Exemple 24.
Soit P une proposition. Montrer que : P̄ ⇐⇒ P .
6
Remarque 25.
Les expressions" Condition nécessaire et susante (CNS) "," si et seulement
si (ssi) "," il faut et il sut" signient toutes logiquement équivalent ou encore
" ⇐⇒ "
Les quanticateurs
Fonction propositionnelle
Dénition 26.
On appelle fonction propositionnelle tout énoncé mathématique contenant
une ou plusieurs variables appartenant à un ensemble E et qui devient une
proposition à chaque fois qu'on remplace la variable (ou les variables) par un
élément ( ou des éléments) de E. Une fonction propositionnelle est notée géné-
ralement A(x), B(x), A(x, y), A(x, y, z), etc
Exemple 27.
Soit la fonction propositionnelle A(x) : x2 ≥ x où x ∈ . R
1 1 2 1
On a : A
2 : 2 ≥ 2 , est une proposition fausse mais A(3) : 32 ≥ 3 est
une proposition vraie.
Remarque 29.
Le symbole ∀ se lit" pour tout" ou" Quel que soit" est appelé quanticateur
universel.
Après ∀, la virgule se lit " on a " ou ne se lit pas. ∀x ∈ E, P (x) se lit" pour
tout x dans E la proposition P (x) est vériée" ou " quel que soit x dans E la
proposition P (x) est vériée"
7
Dénition 30.
Soit P (x) une proposition dépendant de la variable x. Le quanticateur
existentiel, noté ∃, permet de former la proposition " ∃x ∈ E, P (x) " qui est
vraie lorsque P (x) est vraie pour au moins un élément x de E , et qui est fausse
si P (x) est fausse pour tous les éléments de E.
Remarque 31.
1) Le symbole ∃ se lit " il existe au moins " ou tout simplement" il existe "
est appelé quanticateur existentiel.
Exemple 32
1. P1 : ”∀x ∈ R, x2 ≥ 0”. La proposition P1 est vraie.
2. P2 : ”∀x ∈ R, x ≥ 0”. La proposition P2 est fausse.
3.
{z x = 1} ”. La proposition P3 est fausse car −1 ∈ R
P3 : ”∀x ∈ R, |x = 1 ⇐⇒ 2
P (x)
et P (−1) est fausse. (P (−1) : −1 = 1 ⇐⇒ (−1)2 = 1).
| {z } | {z }
F V
4. P4 : ”∀x ∈ R, |x2 > 1 =⇒
{z x > 1} ”. La proposition P4 est fausse car −2 ∈ R
P (x)
et P (−2) est fausse. (P (−2) : (−2)2 > 1 =⇒ −2 > 1).
| {z } | {z }
V F
6. P6 : ”∃x ∈ R, x(x − 1) < 0”. La proposition P6 est vraie ( par exemple
2 ∈ R vérie 2 2 − 1 < 0
1 1 1
8
Exemple 33
On veut montrer que : ∀x ∈ R, x2x+1 ≤ 1
2.
Soit x ∈ R, on a
x 1 2x − x2 − 1
− =
x2 + 1 2 2 (x2 + 1)
− x2 − 2x + 1
=
2 (x2 + 1)
−(x − 1)2
=
2 (x2 + 1)
−(x+1)2
et comme : 2(x2 +1) ≤0 alors
∀x ∈ R,
x 1
≤
x2 +1 2
Exemple 34.
Montrer que : ∃x ∈ R, sin x = x.
Posons x = 0, alors : sin 0 = 0. Donc
∃x ∈ R, sin x = x
Remarque 35.
La proposition : "il existe un et un seul élément x de E tel que P (x) est
vraie" s'écrit en abrégé :
”∃!x ∈ E, P (x)”
Les quanticateurs ne sont pas des abréviations.
9
Exemple 36.
Donner la négation des propositions suivantes :
P1 : ∀x ∈ [1, +∞[, x + 1 ∈ Z.
P2 : ∃x ∈ R, x2 + 1 = 0.
P3 : ∃n ∈ N, n2 = n.
P4 : ∀x ∈ R, x < 0.
P5 : (∀x ∈ R)(∃y < 0), x + y ≥ 0.
P6 : (∃x ∈ R)(∀y ∈ R), x2 + y 2 = 0.
P7 : (∃x ∈ R), (∃y ∈ R), x + y ≥ 10.
On a
P1 : ∃x ∈ [1, +∞[, x + 1 ∈/ Z.
P2 : ∀x ∈ R, x2 + 1 ̸= 0.
P3 : ∀n ∈ N, n2 ̸= n.
P4 : ∃x ∈ R, x ≥ 0.
P5 : (∃x ∈ R)(∀y < 0), x + y < 0.
P6 : (∀x ∈ R)(∃y ∈ R), x2 + y 2 ̸= 0.
P7 : (∀x ∈ R), (∀y ∈ R), x + y < 10.
Exemple 37.
1. On a vu que : (P =⇒ Q) ⇐⇒ (P̄ ou Q). Déduire la négation de (P =⇒
Q).
2. Donner la négation de chacune des propositions suivantes :
P : (∀x ∈ R), x ≥ 2 =⇒ x2 ≥ 4
Q : ∀(a, b) ∈ R2 , a2 + b2 ≥ ab a2 + 1 ̸= a
ou
(P =⇒ Q) ⇐⇒ (P̄ ou Q)
⇐⇒ (P et Q̄)
P̄ : (∃x ∈ R), x ≥ 2 et x2 < 4.
Q̄ : ∃(a, b) ∈ R2 , a2 + b2 < ab a2 + 1 = a
et
10
Remarque 39.
L'ordre des quanticateurs est très important. Par exemple les deux propo-
sitions : :
sont totalement diérentes : P est une proposition vraie, mais Q est une
proposition fausse.
Remarque 40.
La proposition " (∀x ∈ E)(∃y ∈ F ), P (x, y) " signie que pour tout x il
existe une valeur y (qui dépend a priori de x) telle que P (x, y) est vériée, alors
que " (∃y ∈ F ) (∀x ∈ E), P (x, y) " signie qu'il existe une valeur de y telle
que P (x, y) est vériée pour toutes les valeurs de x dans E .
Exemple 41
Donner la valeur de vérité de chacune des propositions suivantes :
P : (∀x ∈ R)(∃y ∈ R), x + y > 0
Q : (∃x ∈ R) (∀y ∈ R), x < y 2
La proposition P est vraie, pour un x donné on peut prendre par exemple
y = −x + 1 et alors x + y = 1 > 0.
La proposition Q est vraie, il sut de prendre x = −1 ainsi pour tout y ∈
R, −1 < y2 .
Modes de raisonnement
Raisonnement par déduction
Il consiste à appliquer la loi logique : [P et (P =⇒ Q)] =⇒ Q. C'est-à-dire
si P est vraie et (P =⇒ Q) est varie alors Q est vraie.
Remarque 42.
P =⇒ Q n'est pas susante pour déduire que Q est vraie
(Le symbole" =⇒ ” ne peut pas remplacer le mot" donc").
11
Exemple 43.
x ∈ R. Montrer que : x2 + 4x + 8 > 1.
Soit
2 2 2 2
On a x + 4x + 8 = x + 4x + 4 + 4 = (x + 2) + 4 et comme (x + 2) ≥ 0 alors
2 2 2
(x+2) +4 ≥ 4 c'est-à-dire x +4x+8 ≥ 4 et comme 4 > 1 donc x +4x+8 > 1.
Raisonnement direct
Pour montrer l'implication P =⇒ Q, on suppose que P est vraie et on montre
que Q est vraie.
Exemple 44.
Montrer que :
Soit n ∈ N.
On suppose que n est pair, et on montre que n2 est pair.
On a n est pair alors il existe k∈N tel que n = 2k
alors
n2 = (2k)2 = 4k 2 = 2 × 2k 2
(P =⇒ P1 et P1 =⇒ P2 et ... et Pn =⇒ Q) =⇒ (P =⇒ Q)
donc pour montrer P =⇒ Q il sut de montrer que P =⇒ P1 et P1 =⇒ P2
et...et Pn =⇒ Q
Exemple 45.
Montrer que
√
∀x ∈ R+ ,
1
√ = 1 − x =⇒ x = 0
1+ x
Soit x ∈ R+ , on a
12
1 √
√ =1− x
1+ x
√ √
=⇒ 1 = (1 − x)(1 + x)
=⇒ 1 = 1 − x
=⇒ x = 0
donc
√
∀x ∈ R+ ,
1
√ = 1 − x =⇒ x = 0
1+ x
(P =⇒ Q) ⇐⇒ (Q̄ =⇒ P̄ )
Donc si l'on souhaite montrer la proposition P =⇒ Q, il sut de montrer
que Q̄ =⇒ P̄ .
Exemple 46
√
(∀x ∈ R+ ) , x ̸= 4 =⇒ x
Montrer que : x − 1 ̸=
√4 .
Soit x ∈ R+ , par contraposée montrons que : x−1= x
4 =⇒ x = 4.
On a
√ x
x−1=
4 √
=⇒ 4( x − 1) = x
√
=⇒ x − 4 x + 4 = 0
√
=⇒ ( x − 2)2 = 0
=⇒ x = 4
donc
√ x
x−1= =⇒ x = 4
4
D'où par contraposée
√
∀x ∈ R+ , x ̸= 4 =⇒ x − 1 ̸=
x
4
Exemple 47 .
Montrer que : ∀(x, y) ∈ R2 , (xy ̸= 1 x
x ̸= y) =⇒ x2 +x+1
et
y
̸= y2 +y+1
Soit (x, y) ∈ R , par contraposée montrons que : 2
2 x y
x +x+1 = y 2 +y+1 =⇒ xy =
1 ou x = y
13
On a
x y
= 2
x2 + x + 1 y +y+1
=⇒ x y 2 + y + 1 = y x2 + x + 1
=⇒ xy 2 + xy + x = yx2 + yx + y
=⇒ x − y − xy(x − y) = 0
=⇒ (x − y)(1 − xy) = 0
=⇒ x = y ou xy = 1
donc
x y
= 2 =⇒ xy = 1 ou x=y
x2 + x + 1 y +y+1
D'où par contraposée
∀(x, y) ∈ R2 , (xy ̸= 1
x y
et x ̸= y) =⇒ ̸= 2
x2 + x + 1 y +y+1
P ⇐⇒ . . . ⇐⇒ . . . ⇐⇒ Q
conclusion on a bien montré l'équivalence P ⇐⇒ Q.
Exemple 48.
Soit a et b deux réels, montrer que
a2 + b2 + 1 ≥ ab + a + b
⇐⇒ 2 a2 + b2 + 1 ≥ 2(ab + a + b)
14
donc
Exemple 49.
Montrer que :
p √
∀x ∈ [−2, 2], 4 − x2 − x ≤ 2 2
x ∈ [−2, 2], on a
Soit
p √
4 − x2 − x ≤ 2 2
p √
⇐⇒ 4 − x2 ≤ x + 2 2
√
⇐⇒ 4 − x2 ≤ x2 + 4x 2 + 8
√
⇐⇒ −2x2 − 4x 2 − 4 ≤ 0
√
⇐⇒ x2 + 2x 2 + 2 ≥ 0
√
⇐⇒ (x + 2)2 ≥ 0
√ 2
comme (x + 2) ≥ 0 est une proposition vraie, alors
p √
∀x ∈ [−2, 2], 4 − x2 − x ≤ 2 2
Exemple 50.
Montrer que : (∀x ∈ R), |x − 2| < x2 − 2x + 3
Si x − 2 ≥ 0 c'est-à-dire x ≥ 2 alors |x − 2| = x − 2 et
|x − 2| < x2 − 2x + 3
∀x ∈ 2, +∞[),
Si x−2≤0 c'est-à-dire x≤2 alors |x − 2| = −(x − 2) et
15
|x − 2| < x2 − 2x + 3 ⇐⇒ −(x − 2) < x2 − 2x + 3 ⇐⇒ 0 < x2 − x + 1
Exemple 51
Résoudre dans R l'équation :
(E) : 3 − 2|x − 4| = 2x + 5
Le tableau de signe de x−4 :
Soit x ∈ R, on a
x − 4 = 0 ⇐⇒ x = 4
comme a=1>0 alors
x −∞ 4 +∞
x−4 - 0 +
⇐⇒ 3 + 2(x − 4) = 2x + 5
(E) ⇐⇒ 2x − 2x = 5 + 8 − 3
⇐⇒ 0 = 10 (impossible)
d'où
S1 = ϕ
Si x ∈ [4, +∞[, alors |x − 4| = (x − 4) donc
(E) ⇐⇒ 3 − 2(x − 4) = 2x + 5
⇐⇒ −2x − 2x = 5 − 3 − 8
⇐⇒ −4x = −6
3
⇐⇒ x =
2
3
et comme ∈/ [4, +∞[ donc
2
16
S2 = ϕ
Donc l'ensemble des solutions de l'équation (E) est :
S = S1 ∪ S2 = ϕ
Exemple 52.
Soit a / Q,
∈ (2 + a) ∈
montrer que : / Q.
Par l'absurde, supposons que : (2 + a) ∈ Q.
Donc il existe b ∈ Q tel que : 2 + a = b donc a = b − 2 et comme 2 ∈ Q et
b ∈ Q alors b − 2 ∈ Q c'est-à-dire a ∈ Q ce qui est contradictoire avec a ∈
/ Q donc
/ Q.
(2 + a) ∈
Exemple 53.
√
Montrer que : / Q.
2∈ √
Par l'absurde supposons que 2 ∈ Q. √
Donc il existe (p, q) ∈ Z × N∗ tel que 2= p
PGCD(a, b) = 1.
q avec
En élevant l'égalité au carré nous obtenus q × 2 = p2 . Donc p2 est un
2
√
/Q
2∈
17
Exemple 54
Montrer que la proposition suivante est fausse : ∀x ∈ R− , x < 0.
On a 0 ∈ R
−
et P (0) est fausse (P (0) : 0 < 0). Donc la proposition
∀x ∈ R− , x < 0 est fausse.
Exemple 55
Montrer que :
∀n ∈ N∗ ,
n(n + 1)
1 + 2 + ... + n =
| {z 2 }
P (n)
1(1+1)
Pour n=1 on a:1=2 , et par suite P (1) est vraie. C'est-à-dire la
proposition est vraie pour n = 1.
Soit n N
∈ ∗.
n(n + 1)
On suppose que : 1 + 2 + ... + n = , et on montre que :
| {z 2 }
P (n)
(n + 1)(n + 2)
1 + 2 + . . . + (n + 1) =
| {z 2 }
P (n+1)
On a
1 + 2 + . . . + (n + 1) = 1 + 2 + . . . + n + (n + 1)
n(n + 1)
= + (n + 1)
2
(n + 1)(n + 2)
=
2
D'après le principe de récurrence
∀n ∈ N∗ ,
n(n + 1)
1 + 2 + ... + n =
2
18
Exemple 56.
Montrer que
∀n ∈ N, 3n ≥ 1 + 2n
| {z }
P (n)
3n+1 ≥ 1 + 2(n + 1)
D'après le principe de récurrence
∀n ∈ N, 3n ≥ 1 + 2n
Récurrence forte
Le théorème de récurrence forte (ou récurrence complète) est une méthode
de démonstration utilisée pour prouver qu'une propriété P (n) est vraie pour
tous les entiers naturels n. La démonstration se fait en deux étapes :
2. Hérédité forte : Montrer que si P (k) est vraie pour tous les k tels que
0 ≤ k ≤ n, alors P (n + 1) est aussi vraie.
Exemple
Prouvons que tout entier naturel n ≥ 2 peut être écrit comme un produit de
nombres premiers (propriété P (n)).
Initialisation : Pour n = 2, 2 est un nombre premier, donc la propriété
P (2) est vraie.
Hérédité forte : Supposons que pour un entier n ≥ 2, la propriété P (k)
est vraie pour tous les k tels que 2 ≤ k ≤ n. Montrons que P (n + 1) est
vraie.
Si n + 1 est un nombre premier, alors P (n + 1) est vraie.
Si n+1 n'est pas un nombre premier, alors n+1 peut être écrit comme
le produit de deux entiers a et b tels que 2 ≤ a ≤ n et 2 ≤ b ≤ n. Par
hypothèse de récurrence forte, a et b peuvent être écrits comme des
19
produits de nombres premiers. Donc, n+1 peut également être écrit
comme un produit de nombres premiers. Cela prouve P (n + 1).
Par récurrence forte, P (n) est vraie pour tous les n ≥ 2.
Récurrence double
Le théorème de récurrence double est une méthode de démonstration simi-
laire, mais elle utilise deux étapes d'induction :
Exemple :
Prouvons que la suite dénie par an = 2n pour n ≥ 0 satisfait an+2 = 4an
(propriété P (n)).
Initialisation :
Pour n = 0, a0 = 20 = 1 et a2 = 22 = 4 · 1 = 4a0 , donc P (0) est vraie.
1 3
Pour n = 1, a1 = 2 = 2 et a3 = 2 = 8 = 4 · 2 = 4a1 , donc P (1) est
vraie.
Hérédité double : Supposons que pour un entier n ≥ 0, P (n) et P (n+1)
sont vraies. Montrons que P (n + 2) est vraie.
Par hypothèse, an+2 = 4an et an+3 = 4an+1 .
n+4
En utilisant ces relations, on a an+4 = 2 = 16 · 2n = 4 · 4 · 2n =
4an+2 .
Cela prouve que P (n + 2) est vraie.
Par récurrence double, P (n) est vraie pour tous les n ≥ 0.
Exemple
√
Déterminer l'ensemble des couples (a, b) ∈ R2+ tels que ab < a+b
2 et Montrer
√
que pour tout couple (a, b) ∈ R2+ , on a
a+b
ab < 2 si et seulement si a ̸= b.
Dans le deuxième cas, on connaît la réponse (Montrer que ... ) alors que
dans le premier, on l'ignore. Le raisonnement par analyse-synthèse concerne le
20
premier type de formulation. Ce raisonnement s'articule en deux phases : 1.
Phase d'analyse : on suppose la propriété caractéristique réalisée et on essaie
de trouver ce que cela implique sur les paramètres sous-jacents. Par exemple,
dans le cas ci-dessus, on considère un couple (a, b) tel que l'inégalité stricte soit
réalisée. On a alors
a+b √ 1 √ √
− ab = ( a − b)2
2 2
et, cette quantité étant supposée strictement positive, cela implique que a ̸= b.
La diculté, dans cette phase, est de savoir quand s'arrêter : à quel moment
décidet-on qu'on en a susamment appris sur les paramètres en jeu ? C'est une
question dicile à trancher et pour laquelle la phase de synthèse apporte des
éléments de réponse. 2. Phase de synthèse : on suppose réalisées les conditions
trouvées à l'issue de la phase d'analyse et on essaie de montrer que la propriété
recherchée est vraie. Par exemple, ici, on suppose que a ̸= b. Alors, le même
calcul que ci-dessus montre :
a+b √ 1 √ √
− ab = ( a − b)2 > 0
2 2
car a ̸= b. La synthèse est donc réalisée. Si la phase d'analyse n'a pas été poussée
assez loin, la propriété trouvée sur les paramètres ne permettra pas de naliser
la synthèse (par exemple, ici, rien ne dit, a priori, que la condition a ̸= b sut
pour remonter). Il faut, dans ce cas, reprendre la phase d'analyse et trouver
d'autres conditions.
Un point de vocabulaire : la phase d'analyse permet de trouver des conditions
nécessaires pour que la proposition soit réalisée. La phase de synthèse examine
si ces conditions sont susantes pour cela.
Exercice
x∈R−
1
x+1
Soit f la fonction dénie pour tout
2 par f (x) = 2x−1 .
1 1
On veut montrer par analyse-synthèse que pour tout y ̸= , il existe x ̸=
2 2
tel que y = f (x).
Somme généralisée
Pour exprimer d'une façon simple la somme de n réels, x1 , x2 , x3P
, . . . , xn on
P k=n
utilise le symbole de la manière suivante : x1 + x2 + . . . + xn = k=1 xk , il
se lit somme de xk lorsque k varie 1 jusqu'à n.
Pk=n Pk=n
Soient x1 , x2 , x3 , . . . , xn des réels et i un réel, alors : k=1P ixk = i k=1 xk .
k=n
Soient x1 , x2 , x3 , . . . , xn et y1 , y2 , y3 , . . . , yn des réels alors : k=1 (xk + yk ) =
Pk=n Pk=n
k=1 xk + k=1 yk . Pk=n
x n +x2 n2 +...+xk nk
Soient x1 , x2 , x3 , . . . , xn des réels alors 1 1
N = N1 k=1 xk nk =
Pk=n nk
k=1 N xk
21
Exemple 57
Écrrie à l'aide du symbole somme les sommes suivantes :
1. 1 + 2 + 3 + ... + n
2. n + (n + 1) + . . . + 2n
3. 23 + 24 + . . . + 212
1 1 1 1
4.
210 + 220 + 230 + . . . + 21000
1 2 3 10
5.
2 + 4 + 8 + . . . + 1024 .
Exercice 58 .
Montrer que :
k=n
(∀n ∈ N∗ ) , 12 + 22 + 32 + . . . + n2 =
X n(n + 1)(2n + 1)
k2 =
6
k=1
FIN
Yassine Nachit
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