Cours Analyse 3
Cours Analyse 3
POLYCOPIÉ DE COURS
Mohamed BOUKELOUA
École Nationale Polytechnique de Constantine
Abdelhak BERKANE
Département de mathématiques
Université les Frères Mentouri Constantine
Année 2017/2018
Table des matières
Introduction 3
1 Intégrales multiples 4
1.1 Intégrales doubles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Notions de topologie sur R2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Intégrale double sur un domaine fermé . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.3 Intégrale double généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.4 Propriétés de l’intégrale double . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.5 Théorème de Fubini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.6 Formule de changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.1.7 Quelques applications de l’intégrale double . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2 Intégrales triples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.2.1 Intégrale triple sur un domaine spatial fermé . . . . . . . . . . . . . . 20
1.2.2 Formule de Changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.2.3 Quelques applications de l’intégrale triple . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2 Analyse vectorielle 32
2.1 Opérateurs différentiels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.1.1 Champs de scalaires et champs de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.1.2 Gradient . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.1.3 Divergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.1.4 Rotationnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.1.5 Laplacien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.1.6 Potentiels scalaires et potentiels vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.2 Intégrales curvilignes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.2.1 Courbes paramétrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.2.2 Intégrale curviligne d’un champ de scalaires . . . . . . . . . . . . . . 48
2.2.3 Intégrale curviligne d’un champ de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . 49
2.2.4 Circulation et travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.2.5 Formule de Green . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.2.6 Conditions pour qu’une intégrale curviligne ne dépende pas du chemin
d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
1
2.3 Intégrales de surface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.3.1 Surfaces paramétrées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.3.2 Intégrale de surface d’un champ de scalaires . . . . . . . . . . . . . . 62
2.3.3 Intégrale de surface d’un champ de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . 62
2.3.4 Formule de Stokes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
2.3.5 Formule d’Ostrogradsky . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
3 Séries numériques 69
3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.2 Séries numériques à termes positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.2.1 Condition nécessaire et suffisante de convergence . . . . . . . . . . . . 72
3.2.2 Règle de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.2.3 Règle de D’Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.2.4 Critère intégral de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.2.5 Critère de comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
3.2.6 Règle d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
3.3 Séries à termes quelconques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
3.3.1 Séries absolument convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
3.3.2 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
3.3.3 Critère d’Abel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
5 Séries entières 94
5.1 Notions de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
5.2 Régularité de la somme d’une série entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.2.1 Convergence normale d’une série entière . . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.2.2 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.2.3 Intégration terme à terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
5.2.4 Dérivation terme à terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
5.3 Développement en série entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5.4 Résolution d’équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
5.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
2
Introduction
Ce cours d’analyse mathématique est destiné aux étudiants de deuxième année des classes
préparatoires aux écoles d’ingénieurs, des troncs communs des sciences et technologie et des
sciences de la matière, de même qu’aux étudiants préparant une licence en mathématiques. Il
fournit des éléments de base en analyse indispensables pour la formation de ces étudiants. Il
est axé sur trois volets principaux : les intégrales multiples, l’analyse vectorielle et les séries.
Dans le premier volet, nous étudions les intégrales doubles et triples en insistant beaucoup
plus sur l’aspect calculatoire. Nous donnons deux résultats principaux dans ce cadre, à sa-
voir le théorème de Fubini et la formule de changement de variable, et nous terminons par
quelques applications en physique, notamment la détermination du centre de gravité et le
calcul du moment d’inertie. Le deuxième volet, à savoir l’analyse vectorielle, représente une
partie très importante de la physique mathématique. Après une introduction des opérateurs
différentiels basiques dans ce cadre, nous étudions les intégrales curvilignes et les intégrales
de surface. Ces notions sont souvent rencontrés en physique dans le calcul de travail et de
flux des champs vectoriels. Quant au troisième volet, il s’étale sur trois chapitres. Dans le
premier, nous étudions les séries numériques en insistant beaucoup plus sur la notion de
convergence. Nous donnons des critères de convergence des séries à termes positifs et nous
traitons également les séries à termes quelconques, et en particulier les séries alternées. En
suite, nous passons aux séries des fonctions, où nous nous intéressons aux différents modes
de convergence de ces séries et à la régularité de la somme (continuité, dérivabilité et intégra-
bilité). Le dernier chapitre est consacré aux séries entières. Nous commençons par introduire
la notion du rayon de convergence et les méthodes de calcul de ce rayon. En suite, nous nous
intéresserons à la régularité de la somme d’une série entière et nous terminerons par quelques
applications comme le développement en série entière des fonctions et la résolution des équa-
tions différentielles. Chaque chapitre est suivi d’exercices d’application qui permettent de
mieux appréhender les contenus des cours dispensés.
3
Chapitre 1
Intégrales multiples
Norme euclidienne
p
Soit u = (x, y) ∈ R2 , la norme euclidienne de u est définie par ∥u∥ = x2 + y 2 . Elle
vérifie bien les axiomes d’une norme suivantes :
i) Absolue homogénéité : ∀u ∈ R2 , ∀α ∈ R, ∥αu∥ = |α|∥u∥.
ii) Inégalité triangulaire : ∀u, v ∈ R2 , ∥u + v∥ ≤ ∥u∥ + ∥v∥.
iii) Séparation : ∀u ∈ R2 , ∥u∥ = 0 ⇔ u = 0.
La norme euclidienne permet de mesurer la distance entre deux éléments u et v de R2 , qui
est donnée par ∥u − v∥.
Disque ouvert
On appelle disque ouvert de centre u0 ∈ R2 et de rayon r > 0, l’ensemble D(u0 , r) défini
par D(u0 , r) = {u ∈ R2 /∥u − u0 ∥ < r}.
L’ensemble D(u0 , r) = {u ∈ R2 /∥u − u0 ∥ ≤ r} s’appelle le disque fermé de centre u0 et de
rayon r.
Dans la suite A représente une partie quelconque de R2 .
Voisinage
Soit u ∈ R2 , on dit que A est un voisinage de u s’il existe r > 0 tel que D(u, r) ⊆ A.
Exemple :
Dans la figure suivante, l’ensemble A est voisinage de u mais il n’est pas voisinage de v.
4
Ensemble ouvert
L’ensemble A est dit ouvert s’il est voisinage de tous ses points.
Par exemple le pavé A =]a, b[×]c, d[ est un ouvert (a, b, c et d étant des nombres réels) mais
le pavé B = [a, b] × [c, d[ n’est pas un ouvert car il n’est pas voisinage du point (a, c) ∈ B.
Un disque ouvert est un ensemble ouvert.
Ensemble fermé
L’ensemble A est dit fermé si son complémentaire Ac est ouvert.
Par exemple le pavé [a, b]×[c, d] est fermé. Un disque fermé est également un ensemble fermé.
5
Frontière
◦
On appelle frontière de A, qu’on note ∂A, l’ensemble ∂A = A\ A.
Par exemple D(u, r) et D(u, r) ont la même frontière qui est le cercle de centre u et de rayon
r.
Ensemble borné
L’ensemble A est dit borné si son diamètre est fini.
Par exemple le pavé [a, b] × [c, d[ est borné mais le pavé [a, +∞[×[c, d[ ne l’est pas.
Ensemble connexe
L’ensemble A est dit connexe si on ne peut pas diviser A en deux fermés disjoints non
vides.
Un ensemble connexe est fait d’un seul “morceau”.
Domaine
On appelle domaine dans R2 , tout ensemble ouvert et connexe.
Domaine fermé
On dit que l’ensemble A est un domaine fermé s’il est fermeture d’un domaine borné.
6
On appelle pas de la subdivision σ, le réel δ(σ) = max1≤k≤n diam(Dk ).
Notons A(Dk ) l’aire de Dk pour 1 ≤ k ≤ n, les sommes de Darboux se définissent de la
même façon que dans le cas de la dimension un.
Définition 1. On appelle somme de Darboux supérieure de f relativement à la subdivision
σ, la quantité
n
X
S+ (f, σ) = Mk × A(Dk ), où Mk = sup f (u)
u∈Dk
k=1
et on appelle somme de Darboux inférieure de f relativement à σ, la quantité
n
X
S− (f, σ) = mk × A(Dk ), où mk = inf f (u).
u∈Dk
k=1
1. Pour que ces limites aient un sens, on doit considérer un filtre sur l’ensemble des subdivisions.
7
Comme dans le cas unidimensionnel, les fonctions continues sur un domaine fermé sont
Riemann intégrables, comme le stipule le théorème suivant.
Démonstration.
Voir [7], Théorème IV.7.5. page 195.
Exemple 1 :
Considérons le pavé D = [a, b] × [c, d] = [0, 1] × [0, 2] et la fonction
s f définie sur D par
2
f (x, y) = x y. f est Riemann intégrable car continue, calculons D f (x, y) dxdy en utilisant
les sommes de Riemann.
Prenons la subdivision uniforme σ définie par les points suivants :
xi = a + i × b−a i
n
= n
, 0≤i≤n
2j
yj = c + j × m = m , 0 ≤ j ≤ m (n, m ∈ N∗ ).
d−c
La subdivision σ est constituée des domaines Di,j = [xi−1 , xi ] × [yj−1 , yj ], le pas de σ est donc
donné par
Å ã2 Å ã2 …
1 2 1 4
δ(σ) = max diam ([xi−1 , xi ] × [yj−1 × yj ]) = max + = 2
+ 2,
1≤i≤n 1≤i≤n n m n m
1≤j≤m 1≤j≤m
(la limite ne dépend pas de la subdivision choisie car f est Riemann intégrable)
n m Å ã Å
2 X X i 2 2j
ã
= lim
n→+∞ nm n m
m→+∞ i=1 j=1
n m
4 X 2X
= lim i j
n→+∞ n3 m2
m→+∞ i=1 j=1
4 n(n + 1)(2n + 1) m(m + 1)
= lim
n→+∞
m→+∞
n3 m2 6 2
2
= .
3
Exemple 2 :
1. Recalculer l’intégrale de l’exemple précédent en utilisant les primitives.
R1 R1
2. Calculer −1 0 (x2 + y 2 ) dxdy.
8
Solution :
1. ò1 ï ò2
2 1 2 1 2
x3 1 y2
Z Z Z Z Z ï
2 2 2
x y dxdy = y x dxdy = y dy = = .
0 0 0 0 0 3 0 3 2 0 3
2.
1 1 1 ò1 1 ò1
x3 y y3
Z Z Z ï Z ï ò ï
2 2 1 4
(x + y ) dxdy = + y2x dy = 2
+ y dy = + = .
−1 0 −1 3 0 −1 3 3 3 −1 3
Z +∞ ïZ +∞ ò
1
I= dx dy
1 0 x2 + (y 2 )2
Z +∞ ï Å ãò+∞
1 x
= 2
Arctan 2 dy
1 y y 0
Z +∞
π
= dy
1 2y 2
ï ò+∞
π 1
= −
2 y 1
π
= .
2
9
ii) Additivité par rapport aux ensembles : Si D = D1 ∪ D2 , avec D1 et D2 deux domaines
fermés d’intérieurs disjoints et tels que f est intégrable sur D1 et D2 , alors
x x x
f (x, y) dxdy + f (x, y) dxdy = f (x, y) dxdy.
D1 D2 D
s
iii) Positivité : Si f est positive, alors D
f (x, y) dxdy ≥ 0.
iv) Conservation de l’ordre : Si pour tout (x, y) ∈ D, f (x, y) ≤ g(x, y), alors
x x
f (x, y) dxdy ≤ g(x, y) dxdy.
D D
Démonstration.
Voir [6], pages 573–574.
Remarque :
Ces propriétés restent vraies pour l’intégrale double généralisée.
Démonstration.
Voir [7], Théorème V.2.1. page 209.
Ce théorème montre qu’on peut ramener une intégrale double sur un domaine régulier à
deux intégrales simples successives, et qu’on peut aussi invertir l’ordre d’intégration.
Si le domaine D est régulier selon l’axe Oy (resp. Ox) seulement, on utilise la première (resp.
la deuxième) formule pour calculer l’intégrale de f sur D.
Remarque : Cas particulier :
10
Si D = [a, b] × [c, d] et f (x, y) = g(x)h(y), où g (resp. h) est une fonction continue sur [a, b]
(resp. sur [c, d]) on aura
x Z d Z b Z d Z b Z b Z d
f (x, y) dxdy = g(x)h(y) dxdy = h(y) g(x) dx dy = g(x) dx h(y) dy.
D c a c a a c
Exemple s 1:
Calculer D f (x, y) dxdy, où D est le domaine fermé délimité par les droites x = 0 et x = 1
et les courbes y = x3 et y = x2 ; et f (x, y) = x + y.
D’après le théorème de Fubini, nous
avons
x Z 1 Z x2
f (x, y) dxdy = (x + y) dydx
D 0 x3
1 òx2
y2
Z ï
= xy + dydx
0 2 x3
Z 1Å
x4 x6
ã
3
= x − − dx
0 2 2
ï 4 ò1
x x5 x 7 11
= − − = .
4 10 14 0 140
Exemple 2 :
→
− → − s
On munit le plan d’un repère orthonormé (O, i , j ). Calculer l’intégrale I = D xy 2 dxdy,
où D est le demi-disque supérieur de centre O et de rayon R.
√
Nous avons D = (x, y) ∈ R2 / − R ≤ x ≤ R et 0 ≤ y ≤ R2 − x2 , donc le théorème de
11
Fubini donne
x
I= xy 2 dxdy
D
√
Z R Z R2 −x2
= xy 2 dydx
−R 0
3 √R2 −x2
R
Z
1
= x y 0 dx
3 −R
−1 R
Z
= (−2x)(R2 − x2 )3/2 dx
6 −R
−1 2 î 2 óR
= × (R − x2 )5/2
6 5 −R
= 0.
¶ p p ©
On peut aussi écrire D = (x, y) ∈ R2 /0 ≤ y ≤ R et − R2 − y 2 ≤ x ≤ R2 − y 2 , et
R R R √R2 −y2
donc on calcule I comme suit I = 0 √ xy 2 dxdy.
2 −2 R −y
Remarque :
Si le domaine D n’est régulier ni selon Ox ni selon Oy,
on essaye de le diviser en un nombre fini de domaines
réguliers selon Ox ou Oy, et on utilise l’additivité de
l’intégrale par rapport aux ensembles.
Définition 4. (C 1 -difféomorphisme)
Une application φ : R2 −→ R2 est dite un C 1 -difféomorphisme si
i) φ est de classe C 1 .
ii) φ est bijective.
iii) φ−1 est de classe C 1 .
Définition 5. (Jacobien)
Soit φ = (φ1 , φ2 ) une application de classe C 1 , définie de R2 dans R2 . On appelle jacobien de
12
φ au point (x, y) le déterminant de sa matrice jacobienne en ce point, et on le note Jφ (x, y)
Ç ∂φ1
(x, y) ∂φ 1
å
∂x ∂y
(x, y)
Jφ (x, y) = det ∂φ2 .
∂x
(x, y) ∂φ
∂y
2
(x, y)
Théorème 3. Soient D un ouvert de R2 , φ un C 1 -difféomorphisme défini sur D et f : D −→
R une fonction. Nous avons
x x
f φ−1 (u, v) |Jφ−1 (u, v)| dudv,
f (x, y) dxdy =
D φ(D)
13
⇒ u + v = 2y ⇒ y = u+v
2
et u − v = 2x ⇒ x = u−v
2
.
−1 u−v u+v
Donc φ (u, v) = 2 , 2 et par conséquent
Ñ é
1 −1
2 2 1
Jφ−1 (u, v) = det = .
1 1 2
2 2
1 3 1
Z Z
= v dvdu
2 1 u−2
1 3 2 1
Z
= v u−2 du
4 1
1 3
Z
−u2 + 4u − 3 du
=
4 1
ï 3 ò3
1 u 2
= − + 2u − 3u
4 3 1
1
= .
3
Exemple 2 : (Passage aux coordonnées polaires)
On veut calculer l’intégrale Z +∞ Z +∞
2 −y 2
e−x dxdy.
−∞ −∞
14
Pour cela, on va utiliser le changement de variable
φ : R2 −→ R+ × [0, 2π[
(x, y) 7→ φ(x, y) = (r, θ)
avec ß
x = r cos(θ)
y = r sin(θ).
φ−1 (r, θ) = (r cos(θ), r sin(θ))
Å ã
cos(θ) −r sin(θ)
et Jφ−1 (r, θ) = det = r.
sin(θ) r cos(θ)
Donc
x 2 2
x 2
e−x −y dxdy = re−r drdθ (ici D = R2 )
D φ(D)
Z 2π Z +∞
2
= re−r drdθ
0 0
Z 2π
1 î 2
ó+∞
=− e−r dθ
2 0
0
= π.
Exemple :
Soient a, b ∈ R tels que a > b > 0. Calculer l’aire du domaine D suivant
¡ 2
y2
ß ™
2 x
D = (x, y) ∈ R + 2 ≤1 .
a2 b
D est le domaine limité par l’ellipse d’équation
x2 y 2
+ 2 = 1.
a2 b
15
Nous avons x
A(D) = dxdy.
D
Pour calculer cette intégrale, nous passons aux coordonnées elliptiques à travers le change-
ment de variable suivant :
avec ß
x = ar cos(θ)
y = br sin(θ).
φ−1 (r, θ) = (ar cos(θ), br sin(θ)) et
Å ã
a cos(θ) −ar sin(θ)
Jφ−1 (r, θ) = det = abr.
b sin(θ) br cos(θ)
Donc
x
A(D) = dxdy
D
x
= abr drdθ
φ(D)
Z 2π Z 1
= abr drdθ
0 0
Z 2π
ab 2 1
= r 0 dθ
2 0
= πab.
16
Centre de gravité
Cas d’un nombre fini de points :
Soient P1 (x1 , y1 ), P2 (x2 , y2 ), . . . , Pn (xn , yn ) n points matériels de masses respectives m1 , m2 , . . . , mn .
Le centre de gravité G du système constitué par ces points est donné par les coordonnées
suivantes n n
1 X 1 X
xG = xi mi et yG = yi mi ,
m i=1 m i=1
où m = ni=1 mi est la masse du système.
P
Cas d’une figure plane :
Soit une plaque mince dont l’épaisseur est négligeable, on peut donc la représenter par un
domaine D du plan. Pour définir le centre de gravité de la plaque, nous avons besoin de la
notion suivante de masse surfacique.
Définition 6. (Masse surfacique)
La masse surfacique (ou la densité superficielle de la matière) est une grandeur physique qui
mesure la masse par unité de surface (en Kg/m2 ).
Si pour (x, y) ∈ D, la masse surfacique est donnée par la fonction µ(x, y), alors la masse de
la plaque vaut x
m= µ(x, y) dxdy (en Kg).
D
Exemple :
Déterminer le centre de gravité du domaine
x2 y 2
ß ¡ ™
2
D = (x, y) ∈ R y ≥ 0 et 2 + 2 ≤ 1 ,
a b
avec a > b > 0.
Nous supposons que la masse surfacique est µ(x, y) = 1.
17
Nous commençons d’abord par calculer la masse de D.
x x πab
m= µ(x, y) dxdy = dxdy = (d’après l’exemple précédent).
2
D D
Donc
1 x
xG = xµ(x, y) dxdy
m
D
2 x
= xdxdy.
πab
D
18
Moment d’inertie
Définition 7. Le moment d’inertie I d’un point matériel P de masse m par rapport à un
axe ∆ est donné par
I = m × d2 ( en Kg × m2 )
où d est la distance entre P et ∆.
Il représente la mesure de l’opposition qu’offre le point matériel P à voir changer son état
de mouvement de rotation autour de l’axe ∆.
Le moment d’inertie d’un système de points matériels de masses m1 , m2 , . . . , mn par rapport
à ∆ est la somme des moments d’inerties des divers points du système
Xn
I= mi d2i .
i=1
Cas d’une figure plane :
Le moment d’inertie d’une figure matérielle plane D de masse surfacique µ(x, y) par rapport
à un axe ∆ est donné par x
I= µ(x, y) × d2 (x, y) dxdy,
D
où d(x, y) est la distance entre le point P (x, y) ∈ D et l’axe ∆.
Remarque :
On définit le moment d’inertie de D par rapport à un point M de la même façon, et dans
ce cas d(x, y) devient la distance entre le point P (x, y) ∈ D et M .
Exemple :
Nous supposons que l’unité de distance est 1 cm dans le plan Oxy muni du repère orthonormé
→
− → −
(O, i , j ).
Calculer le moment d’inertie du domaine D limité par les droites x = 0, x = 2, y = 4 et la
courbe y = x2 par rapport à l’axe ∆ : y = 2x + 4. La masse surfacique étant donnée par
µ(x, y) = xy (en g/cm2 ).
19
La distance entre un point P (x, y) et l’axe ∆ : ax + by + c = 0 est donnée par
|ax + by + c|
d(x, y) = √
a2 + b 2
dans notre cas
|2x − y + 4|
d(x, y) = √
5
donc
x
I= µ(x, y) × d2 (x, y) dxdy
D
1 2 4
Z Z
= xy(2x − y + 4)2 dydx
5 0 x2
1 2 4
Z Z
= xy(4x2 − 4xy + y 2 + 16x − 8y + 16) dydx
5 0 x2
1 2
Z Z 4
= x (y 3 + 4x2 y − 4xy 2 + 16xy − 8y 2 + 16y) dydx
5 0 x 2
ò4
1 2
Z ï 4
y 2 2 4 3 2 8 3 2
= x + 2x y − xy + 8xy − y + 8y dx
5 0 4 3 3 x2
1 2
Z Å 9 ã
x 4 8 2 7 6 5 3 128 2 64
= − + x + x − 8x − 8x + 32x + x + x dx
5 0 4 3 3 3 3
ï 10 9 8 ò2
1 x 4x x 8 7 4 6 4 128 3 32 2
= − + + − x − x + 8x + x + x
5 40 3 9 12 7 3 9 3 0
2
≈ 24.882 g × cm
≈ 2.488 × 10−6 Kg × m2 .
20
disjoints. Le pas de cette subdivision est défini par δ(σ) = max1≤k≤n diam(Dk ). Pour
k ∈ {1, . . . , n}, on note V(Dk ) le volume de Dk , les sommes de Darboux sont données,
comme dans R2 , par
n
X
S+ (f, σ) = Mk × V(Dk ), où Mk = sup f (x)
x∈Dk
k=1
et n
X
S− (f, σ) = mk × V(Dk ), où mk = inf f (x).
x∈Dk
k=1
Remarques :
1. Si f est Riemann intégrable, on peut prendre une suite quelconque (u1 , . . . , un ), avec
uk ∈ Dk et on peut écrire
y n
X
f (x, y, z) dxdydz = lim f (uk ) × V(Dk ).
δ(σ)→0
D k=1
Démonstration.
Voir [7], Théorème IV.7.5. page 195.
Exemple 1 :
Calculer y
I= xz dxdydz,
D
21
Notons pour z ∈ [0, 1], Dz l’intersection de D avec le plan Pz parallèle au plan Oxy et
qui passe par le point (0, 0, z), donc Dz est le disque fermé de centre (0, 0, z) et de rayon
√
1 − z. Nous avons Z 1x
I= xz dxdydz.
0 Dz
Remarquons que nous avons écrit I comme une intégrale simple d’intégrale double, cette
méthode d’intégration s’appelle l’intégration en tranches.
Donc
√ √
Z 1 Z 1−z Z 1−z−x2
I= √ √
xz dydxdz
0 − 1−z − 1−z−x2
√
Z 1 Z 1−z î√ ó
=− z √
(−2x) 1 − z − x2 dxdz
0 − 1−z
2
Z 1 î ó√1−z
2 3/2
=− z (1 − z − x ) √ dz
3 0
− 1−z
= 0.
22
Exemple 2 :
Calculer y
I= xyz dxdydz,
D
D′ = (x, y) ∈ R2 /0 ≤ x ≤ 1 et 0 ≤ y ≤ 1 − x .
Remarquons que nous avons écrit I comme une intégrale double d’intégrale simple, cette
23
méthode d’intégration s’appelle l’intégration en piles ou en bâtons.
Z 1 Z 1−x Z 1−x−y
I= xyz dzdydx
0 0 0
1 1
Z Z 1−x
1−x−y
= x y z2 0 dydx
2 0 0
1 1
Z Z 1−x
= x y(1 − x − y)2 dydx
2 0
Z0 1−x
1 1
Z
x2 y + y 3 + 2xy 2 − 2xy − 2y 2 + y dydx
= x
2 0 0
Z 1 ï 2 2 ò1−x
1 xy y 4 2xy 3 2 2 3 y2
= x + + − xy − y + dx
2 0 2 4 3 3 2 0
1
= .
720
Exemple :
Calculer l’intégrale suivante y
I= y 2 z dxdydz,
D
où D est le cylindre plein d’axe Oz et de rayon R, limité par les plans d’équations z = 0 et
z = h (R > 0 et h > 0).
24
Pour calculer I, nous passons aux coordonnées cylindriques en utilisant le changement de
variable suivant : φ : (x, y, z) 7→ (r, θ, z), avec
ß
x = r cos(θ)
r ≥ 0, θ ∈ [0, 2π[ et z ∈ R
y = r sin(θ),
25
Exemple :
→
− → − →
−
L’espace est muni d’un repère orthonormé (O, i , j , k ). Calculer le volume de la boule B
de centre O et de rayon R, définie par l’inéquation
x2 + y 2 + z 2 ≤ R 2 .
Nous avons y
V(B) = dxdydz,
B
pour calculer cette intégrale nous utilisons le changement de variable suivant qui permet de
passer aux coordonnées sphériques : Φ : (x, y, z) 7→ (r, φ, θ), où
x = r sin(φ) cos(θ)
y = r sin(φ) sin(θ) r ≥ 0, 0 ≤ φ ≤ π et 0 ≤ θ < 2π,
z = r cos(φ),
26
Par ailleurs, Φ(B) = {(r, φ, θ) ∈ R3 /0 ≤ r ≤ R, 0 ≤ φ ≤ π et 0 ≤ θ < 2π } . Donc
y
V(B) = |JΦ−1 (r, φ, θ)| drdφdθ
Φ(B)
Z R Z 2π Z π
2
= r sin(φ) dφdθdr
0 0 0
Z R Z 2π
2
= r [− cos(φ)]π0 dθdr
0 0
Z R
= 4π r2 dr
0
4
= πR3 .
3
27
Oz, limité par les plans d’équations z = 0 et z = h (h > 0). Notons R > 0 le rayon de la
base de D.
1. Expliciter le domaine D.
2. Calculer le moment d’inertie de D par rapport à son axe (nous supposons que la masse
volumique de D est constante).
Solution :
R2 2
ß ¡ ™
3 2 2
D = (x, y, z) ∈ R 0 ≤ z ≤ h et x + y ≤ 2 z .
h
28
φ−1 (r, θ, z) = (r cos(θ), r sin(θ), z) et Jφ−1 (r, θ, z) = r.
De plus nous avons
0≤z≤h
ß
(r, θ, z) ∈ φ(D) ⇐⇒ R2 2
r2 cos2 (θ) + r2 sin2 (θ) ≤ h2
z
0≤z≤h
ß
⇐⇒ 2
r2 ≤ Rh2 z 2
ß
0≤z≤h
⇐⇒
0 ≤ r ≤ Rh z.
Donc
ß ¡ ™
3 R
φ(D) = (r, θ, z) ∈ R 0 ≤ z ≤ h, 0 ≤ r ≤ z et 0 ≤ θ < 2π .
h
On déduit alors que
y
I=µ r3 drdθdz
φ(D)
R
Z h Z 2π Z
h
z
=µ r3 drdθdz
0 0 0
Z h Z 2π
µ 4 Rh z
= r 0 dθdz
4 0 0
πµR4 h 4
Z
= z dz
2h4 0
πµhR4
= .
10
Remarques :
1. On peut exprimer I en fonction de la masse m de D. En effet, puisque µ est constante,
2
on a µ = m V
, où V est le volume de D. Or on peut montrer que V = πR3 h , donc
3m 3mR2
µ = πR 2 h et I = 10
.
2. Soient M (x, y, z) un point de l’espace et P : ax + by + cz + d = 0 un plan. La distance
entre M et P est donnée par
|ax + by + cz + d|
d(M, P ) = √ .
a2 + b 2 + c 2
Si la droite ∆ est l’intersection de deux plans perpendiculaires P1 et P2 alors
»
d(M, ∆) = d(M, P1 )2 + d(M, P2 )2 .
29
1.3 Exercices
Exercice 1 :
Calculer les intégrales suivantes :
R a R 3x
1. 0 x−a xy dydx (a > 0).
R 1 R +∞ dxdy
2. 0 2y x2 +y2 −2xy+x−y .
RR
3. [−1,1]2
|x + y|dxdy.
Exercice 2 : RR
Dans chaque cas, représenter le domaine D et calculer D f (x, y)dxdy.
1. D est le triangle de sommets (π, 0), (−π, 0) et (0, π) et f (x, y) = cos(x + y).
2. D est le domaine limité par le carré de sommets (2, 2), (−2, 2), (−2, −2) et (2, −2) et
le carré de sommets (1, 1), (−1, 1), (−1, −1) et (1, −1) et f (x, y) = ch(x + y).
3. D est le domaine limité par les droites x = a et x = 2a et l’hyperbole d’équation
2
x2
a2
− yb2 = 1 et f (x, y) = y (a et b étant deux réels strictement positifs).
4. D est l’intersection du disque de centre (0, 0) et de rayon 1 et du disque de centre (1, 1)
et de rayon 1 et f (x, y) = x.
Exercice 3 :
y
1. Soit φ : R∗+ × R∗+ −→ R∗+ × R∗+ une application définie par φ(x, y) =
x2
, xy .
1
a. Montrer que φ est un C -difféomorphisme.
b. En
s utilisant le changement de variable (u, v) = φ(x, y), calculer l’intégrale
D
f (x, y) dxdy, où D est le domaine limité par les courbes d’équations :
y = ax2 , y = bx2 , y = xc et y = xd (0 < a < b et 0 < c < d) et f (x, y) = x3 .
2. Mêmes questions pour l’application φ : R2 −→ R2 définie par φ(x, y) = (y − x, y + 13 x),
le domaine D limité par les droites : y = x + 1, y = x − 3, y = − 31 x + 73 et y = − 31 x + 5
et la fonction f (x, y) = y − x.
Exercice 4 : RR
Dans chaque cas, calculer D f (x, y)dxdy en utilisant un changement de variable adéquat.
1. D est la couronne limitée par les cercles de centre O et de rayons a et b (0 < a < b) et
f (x, y) = x2 + x3 y.
2. D = {(x, y) ∈ R2 /x ≥ 0, y ≥ 0 et 1 ≤ x2 + y 2 ≤ 9 } et f (x, y) = x + y.
3. D est le disque fermé de centre (2, 3) et de rayon R et f (x, y) = (x + y)2 .
Exercice 5 :
1. Calculer le volume du corps limité par les surfaces d’équations :
x + y + z = 3 et z = x2 + y 2 − 2 et les droites verticales passant par la frontière du
carré D = [0, 1] × [0, 1] du plan Oxy.
30
2. Calculer l’aire du domaine D représenté dans la figure suivante.
Exercice 6 :
1. Soit D un domaine limité par la parabole d’équation y 2 = ax et la droite x = a (a > 0).
a. Représenter le domaine D.
b. Déterminer le centre de gravité de D (nous supposons que la masse surfacique est
constante).
c. Calculer le moment d’inertie de D par rapport à l’axe ∆ : y = −a et exprimer le
en fonction de la masse de D.
2. Mêmes questions pour le domaine D = {(x, y) ∈ R2 /1 ≤ x2 + y 2 ≤ 4, x ≥ 0 et y ≥ 5x}
et l’axe ∆ : y = −x.
ExerciceRRR7:
Calculer D
f (x, y, z)dxdydz dans les cas suivants :
1. D = {(x, y, z) ∈ R3 / 0 ≤ x ≤ y ≤ z ≤ 1 } et f (x, y, z) = xyz.
2. D est le domaine limité par les plans d’équations :
x = 0, y = 0, z = 0, z = 2 et x + y − 2 = 0 et f (x, y, z) = z.
3. D = {(x, y, z) ∈ R3 / 0 ≤ z ≤ x2 + y 2 et 0 ≤ y ≤ x ≤ 1} et f (x, y, z) = x + y + z.
4. D est le domaine limité par les plans d’équations :
x = 0, y = 0, z = 0, x + z = 1 et y + z = 1 et f (x, y, z) = (x − y + z)2 .
5. D est le domaine situé dans le premier octant et limité par le cylindre de révolution
d’axe Oz et de rayon R > 0 et les plans d’équations y = 0, y − 3x = 0 et z = 1 et
f (x, y, z) = z21+1 .
Exercice 8 :
Dans chaque cas, calculer le volume du corps D et son moment d’inertie par rapport à l’axe
Oz (nous supposons que µ(x, y, z) = 1).
2 2 2
1. D est l’ellipsoïde plein défini par l’inéquation : xa2 + yb2 + zc2 ≤ 1 (a, b, c > 0).
2. D est le corps limité par le cylindre de révolution d’équation x2 + y 2 = 16 et les plans
d’équations z = 0 et z = 8 − x.
31
Chapitre 2
Analyse vectorielle
Exemples :
- La température en chaque point d’une pièce.
- La pression en chaque point d’une pièce.
→
−
Définition 11. Un champ de vecteurs sur U est une application f de U dans R3 .
Exemples :
→
− ∂x →
− ∂y →
− ∂z →
−
v = i + j + k.
∂t ∂t ∂t
- Champ magnétique : Au voisinage d’un aimant permanent (par exemple un aimant droit
ou un aimant U), les effets magnétiques sont modélisés par un champ vectoriel appelé le
→
−
champ magnétique et noté par B .
32
Lignes du champ
→
−
Soit f un champ de vecteurs, une ligne de champ est une courbe tangente en tout point
→
−
(x, y, z) au vecteur f (x, y, z) et parcourue dans le sens du champ.
Exemple :
Pour matérialiser le champ magnétique, on
peut saupoudrer des grains de limaille de fer
sur une feuille de papier placée au dessous
d’un aimant. La limaille se dispose suivant des
courbes fermées qui représentent les lignes du
champ magnétique.
2.1.2 Gradient
Définition 12. Soit f : U −→ R un champ de scalaires de classe C 1 , le gradient de f au
point (x, y, z) est défini par
−−→ ∂f →
− ∂f →
− ∂f →
−
grad f (x, y, z) = (x, y, z) i + (x, y, z) j + (x, y, z) k .
∂x ∂y ∂z
Exemple :
−−→
Soit le champ de scalaires f (x, y, z) = 3x2 y − y 3 z. Calculer grad f au point (1, −2, −1).
−−→ −−→
Nous avons grad f (x, y, z) = (6xy, 3x2 − 3y 2 z, −y 3 ), donc grad f (1, −2, −1) = (−12, 15, 8).
Propriétés
Soient f et g deux champs de scalaires de classe C 1 et α, β ∈ R. Il est facile de montrer
que le gradient vérifie les propriétés suivantes.
−−→ −−→ −−→
1. grad(αf + βg) = α grad f + β grad g.
−−→ −−→ −−→
2. grad(f g) = f grad(g) + g grad(f ).
33
Nous avons f (r, θ, z) = f (φ(x, y, z)), avec
ß
x = r cos(θ)
r ≥ 0 et θ ∈ [0, 2π[
y = r sin(θ),
et par conséquent
∂f ∂f ∂g
r cos(θ) (r, θ, z) − sin(θ) (r, θ, z) = r (r cos(θ), r sin(θ), z)
∂r ∂θ ∂x
∂g ∂f 1 ∂f
=⇒ (r cos(θ), r sin(θ), z) = cos(θ) (r, θ, z) − sin(θ) (r, θ, z).
∂x ∂r r ∂θ
De la même façon, on peut montrer que
∂g ∂f 1 ∂f
(r cos(θ), r sin(θ), z) = sin(θ) (r, θ, z) + cos(θ) (r, θ, z)
∂y ∂r r ∂θ
34
et comme f (r, θ, z) = g(r cos(θ), r sin(θ), z), on a
−−→ −−→
grad f (r, θ, z) = grad g(r cos(θ), r sin(θ), z)
∂g →
− ∂g →
− ∂g →
−
= (r cos(θ), r sin(θ), z) i + (r cos(θ), r sin(θ), z) j + (r cos(θ), r sin(θ), z) k
∂x ∂y ∂z
∂f →
− →
− 1 ∂f →
− →
− ∂f →
−
= (r, θ, z)(cos(θ) i + sin(θ) j ) + (r, θ, z)(− sin(θ) i + cos(θ) j ) + (r, θ, z) k
∂r r ∂θ ∂z
∂f 1 ∂f ∂f →
−
= (r, θ, z)→
−ur+ (r, θ, z)→
−
uθ+ (r, θ, z) k . (2.1)
∂r r ∂θ ∂z
Champ de gradient
→
−
Un champ de vecteurs f , défini sur U , est dit champ de gradient s’il existe un champ
→
− −−→
de scalaires F : U −→ R tel que f = grad F .
35
2.1.3 Divergence
→
− →
− →
− →
−
Définition 13. Soit f (x, y, z) = f1 (x, y, z) i + f2 (x, y, z) j + f3 (x, y, z) k un champ de
→
−
vecteurs de classe C 1 , la divergence de f au point (x, y, z) est définie par
→
− ∂f1 ∂f2 ∂f3
div f (x, y, z) = (x, y, z) + (x, y, z) + (x, y, z).
∂x ∂y ∂z
Exemple :
→
− →
− →
− →
− →
−
Soit le champ de vecteurs f (x, y, z) = x2 z i − 2y 3 z 2 j + xy 2 z k . Calculer div f (x, y, z).
→
−
div f (x, y, z) = 2xz − 6y 2 z 2 + xy 2 .
Propriétés
→
−
Soient f et →−
g deux champs vectoriels de classe C 1 et α, β ∈ R, nous avons
→
− →
−
1. div(α f + β →−
g ) = α div( f ) + β div(→
−g ).
→
− →
− −−→ →
− − →
2. Si h est un champ scalaire : div(h f ) = h div( f ) + grad(h). f (→
u .−
v = 3i=1 ui vi est
P
le produit scalaire canonique de R3 ).
Remarque :
→
− − →
→ − →
−
On peut écrire par abus de notation div f (x, y, z) = ∇. f (x, y, z), où ∇ est l’opérateur
→
− ∂ →− ∂ →− ∂ →−
défini par ∇ = ∂x i + ∂y j + ∂z k.
36
Rappelons que ®
→
− →
− →
−
u r = cos(θ) i + sin(θ) j
→
− →
− →
−
u θ = − sin(θ) i + cos(θ) j
−
→ −
→ −
→ −
→ −
→ −
→
donc ∂∂r
ur
= ∂∂z
ur
= ∂∂r
uθ
= ∂∂z
uθ
= 0, ∂∂θ
ur
=→−u θ et ∂∂θ
uθ
= −→ −u r et toutes les dérivées partielles
→
−
de k sont nulles.
→
−
En tenant compte de ceci et du fait que la base (→ −
u r, →
−
u θ , k ) est orthonormale, on déduit
que
→
− ∂f1 1 1 ∂f2 ∂f3 →
− → −
div f (r, θ, z) = (r, θ, z)→
−u r .→
−
u r + f1 (r, θ, z)→−
u θ .→
−
uθ+ (r, θ, z)→
−
u θ .→
−
uθ+ (r, θ, z) k . k
∂r r r ∂θ ∂z
∂f1 1 1 ∂f2 ∂f3
= (r, θ, z) + f1 (r, θ, z) + (r, θ, z) + (r, θ, z)
∂r r r ∂θ ∂z
1 ∂(rf1 (r, θ, z)) 1 ∂f2 ∂f3
= + (r, θ, z) + (r, θ, z). (2.3)
r ∂r r ∂θ ∂z
De la même façon, on obtient l’expression suivante de la divergence dans la base des co-
→
−
ordonnées sphériques d’un champ vectoriel f (r, φ, θ) = f1 (r, φ, θ)→
−
u r + f2 (r, φ, θ)→
−
uφ +
f3 (r, φ, θ)→
−
u θ.
→
− 1 ∂(r2 f1 (r, φ, θ)) 1 ∂(sin(φ)f2 (r, φ, θ)) 1 ∂f3 (r, φ, θ)
div f (r, φ, θ) = 2 + + . (2.4)
r ∂r r sin(φ) ∂φ r sin(φ) ∂θ
2.1.4 Rotationnel
Produit vectoriel
Définition 14. Soient →−
u et →
−v deux vecteurs non colinéaires de R3 , le produit vectoriel de
→
−
u et →
−
v est l’unique vecteur →
−
w qui vérifie :
i) w est orthogonal aux deux vecteurs →
→
− −u et →
−
v.
ii) La base (→
−
u ,→
−v ,→
−
w ) est de sens direct.
iii) ∥→
−
w ∥ = ∥→−
u ∥∥→−
v ∥| sin(→
−
u ,→
−
v )|.
Et on note →
−
w =→−u ∧→−v.
→
−
Si →
−
u et →
−
v sont colinéaires, on pose par définition →
−
u ∧→
−
v = 0.
37
Calcul du produit vectoriel :
→
− →
− →
− →
− →
− →
−
Si →
−
u = u1 i + u2 j + u3 k et →−
v = v1 i + v2 j + v3 k alors →
−
u ∧→
−
v est calculé comme suit
→
− →− →−
i j k
→
−
u ∧→
−
v = u1 u2 u3
v1 v2 v3
→
− →
− →
−
= (u2 v3 − v2 u3 ) i + (v1 u3 − u1 v3 ) j + (u1 v2 − v1 u2 ) k .
Ce n’est pas un vrai déterminant, c’est un abus de notation qui permet de faciliter le calcul
de →
−u ∧→−v.
Propriété :
Soient →
−
u ,→
− v ,→
−
w ∈ R3 et α ∈ R. Il est facile de montrer que
i) →
−
u ∧ (→ −
v +→−
w) = →−
u ∧→ −
v +→ −u ∧→ −
w.
ii) α(→
−
u ∧→−
v ) = (α→
−
u)∧→−
v =→
−
u ∧ (α→
−
v ).
→
− →
− →
− →
−
iii) v ∧ u = − u ∧ v .
Remarque :
→
− → − →
− →− → − →
− →
− → − →
−
On peut vérifier que i ∧ j = k , j ∧ k = i et k ∧ i = j , ce qui est équivalent au fait
→
− → − → −
que la base ( i , j , k ) est orthonormale et de sens direct.
Rotationnel
→
− →
− →
− →
−
Définition 15. Soit f (x, y, z) = f1 (x, y, z) i + f2 (x, y, z) j + f3 (x, y, z) k un champ vec-
→
−
toriel de classe C 1 , le rotationnel de f au point (x, y, z) est défini par
−→→− →
− →
−
Å ã Å ã
∂f3 ∂f2 ∂f1 ∂f3
rot f (x, y, z) = (x, y, z) − (x, y, z) i + (x, y, z) − (x, y, z) j
∂y ∂z ∂z ∂x
→
−
Å ã
∂f2 ∂f1
+ (x, y, z) − (x, y, z) k .
∂x ∂y
−→→− − →
→ −
On peut écrire par abus de notation rot f = ∇ ∧ f .
Exemple :
On considère un fil rectiligne infini de rayon R centré sur l’axe Oz, le champ magnétique
créé par ce fil lorsqu’il est parcouru par un courant électrique d’intensité I est donné en un
point M de coordonnées cylindriques (r, θ, z) par
→
− µ0 I × r →−
u θ si r ≤ R
2π R2
B (M ) =
µ0 I × 1 →
−
u si r > R,
2π r θ
38
→
−
2. Déterminer un ouvert U de R3 sur lequel B est de classe C 1 .
−→→−
3. Déterminer rot B sur U .
Solution :
c × r (− sin(θ)→ − →
−
→
− R2
i + cos(θ) j ) si r ≤ R
B (M ) =
c × 1 (− sin(θ)→ − →
−
i + cos(θ) j ) si r > R
r
c× − y → − x →−ä
Ä
2 i + 2 j si x2 + y 2 ≤ R2
= Ä R→ R
c × −y −i + x → − ä
r2 r2
j si x2 + y 2 > R2
c× − y → − x →−ä
Ä
2 i + 2 j si x2 + y 2 ≤ R2
= Ä R → R
c × −y −i + x → − ä
x2 +y 2
j
x2 +y 2
si x2 + y 2 > R2 .
→
− →
− →
− →
−
2. Posons B (x, y, z) = B1 (x, y, z) i + B2 (x, y, z) j + B3 (x, y, z) k .
→
−
- Si r < R (à l’intérieur du fil) ou r > R (à l’extérieur du fil), B est par définition de
classe C 1 .
→
−
- Etudions B sur la frontière du fil (i.e. pour r = R).
Soit (x, y, z) ∈ R3 tel que x2 + y 2 = R2 , calculons
B1 (x + h, y, z) − B1 (x, y, z)
lim .
h→0 h
39
Nous avons
− cy si x2 + y 2 ≤ R2
R2
B1 (x, y, z) =
− cy si x2 + y 2 > R2 .
x2 +y 2
B1 (x + h, y, z) − B1 (x, y, z)
lim
>
h→0 h
−cyR + cy ((x + h)2 + y 2 )
2
Å ã
= lim
>
h→0 R2 h ((x + h)2 + y 2 )
2cy(x + h)
= lim 2
> R ((x + h)2 + y 2 ) + 2R2 h(x + h)
h→0
(Règle de l’Hôpital)
2cxy
=
R4
et
B1 (x + h, y, z) − B1 (x, y, z) −cy + cy
lim = lim = 0.
<
h→0 h <
h→0 R2 h
→
−
Donc B n’est pas dérivable par rapport à x sur la frontière du fil.
→
−
En conclusion, B est de classe C 1 sur l’ouvert
U = {(x, y, z) ∈ R3 x2 + y 2 ̸= R2 }.
−→→−
3. Calcul de rot B :
- A l’intérieur du fil : Soit (x, y, z) ∈ R3 tel que x2 + y 2 < R2 , nous avons
−→→− →
− → −
rot B (x, y, z) = ∇ ∧ B (x, y, z)
→
− − →
→ −
i j k
∂ ∂ ∂
= ∂x ∂y ∂z
cy
− R2 Rcx2 0
2c →
−
= 2k
R
µ0 I →−
= 2
k.
πR
40
- A l’extérieur du fil : Soit (x, y, z) ∈ R3 tel que x2 + y 2 > R2 , nous avons
−→→− →
− → −
rot B (x, y, z) = ∇ ∧ B (x, y, z)
→
− →
− →
−
i j k
∂ ∂ ∂
= ∂x ∂y ∂z
− x2cy
+y 2
cx
x2 +y 2
0
ï 2
c(x + y 2 ) − 2cx2 c(x2 + y 2 ) − 2cy 2 →−
ò
= 2 2 2
+ 2 2 2
k
(x + y ) (x + y )
→
−
= 0.
Propriétés
→
−
Soient f et → −g deux champs vectoriels et h un champ scalaire de classe C 2 , et soient
α, β ∈ R, nous avons
−→ → − −→→− −→−
i) rot (α f + β →−g ) = α rot f + β rot→
g.
−→ → − −−→ →
− −→ →−
ii) rot (h f ) = grad(h) ∧ f + h rot( f ).
−→ −−→ →
−
iii) rot (grad h) = 0 .
−→ →−
iv) div (rot f ) = 0.
→
− − Ä−→→−ä − → − Ä−→− ä
v) div ( f ∧ →g ) = rot f .→ g − f . rot→
g .
41
Rotationnel en coordonnées cylindriques et sphériques
→
− →
−
Soit f (r, θ, z) = f1 (r, θ, z)→
−
u r + f2 (r, θ, z)→
−
u θ + f3 (r, θ, z) k un champ vectoriel de classe
C 1 . Nous avons
−→→− − →
→ −
rot f (r, θ, z) = ∇ ∧ f (r, θ, z)
∂ →
− →
−
Å ã
∂→− 1 ∂→ −
= ur+ uθ+ k ∧ f (r, θ, z)
∂r r ∂θ ∂z
→
− →
− →
−
∂ f (r, θ, z) → − 1 ∂ f (r, θ, z) → − ∂ f (r, θ, z) → −
=− ∧ ur− ∧ uθ− ∧ k
∂r r ∂θ ∂z
∂ Ä →
−
f1 (r, θ, z)→−
u r + f2 (r, θ, z)→−u θ + f3 (r, θ, z) k ∧ → −
ä
=− ur
∂r
1 ∂ Ä →
−ä −
− f1 (r, θ, z)→
−u r + f2 (r, θ, z)→−
u θ + f3 (r, θ, z) k ∧ → uθ
r ∂θ
∂ Ä →
−ä → −
− f1 (r, θ, z)→
−u r + f2 (r, θ, z)→
−u θ + f3 (r, θ, z) k ∧ k
∂zÅ
→
−
ã
∂f1 →
− ∂f2 →
− ∂f3
=− (r, θ, z) u r + (r, θ, z) u θ + (r, θ, z) k ∧ → −
ur
∂r ∂r ∂r
→
−
Å ã
1 ∂f1 →
− →
− ∂f2 →
− →
− ∂f3
− (r, θ, z) u r + f1 (r, θ, z) u θ + (r, θ, z) u θ − f2 (r, θ, z) u r + (r, θ, z) k ∧ →
−
uθ
r ∂θ ∂θ ∂θ
→
− →
−
Å ã
∂f1 →
− ∂f2 →
− ∂f3
− (r, θ, z) u r + (r, θ, z) u θ + (r, θ, z) k ∧ k .
∂z ∂z ∂z
→
−
En tenant compte du fait que la base (→
−
u r, →
−
u θ , k ) est orthonormale et de sens direct, nous
obtenons
−→→− ∂f2 →
− ∂f3 1 ∂f1 →
− 1 →
−
rot f (r, θ, z) = (r, θ, z) k − (r, θ, z)→ −
uθ− (r, θ, z) k + f2 (r, θ, z) k
∂r ∂r r ∂θ r
1 ∂f3 ∂f ∂f
(r, θ, z)→− (r, θ, z)→
− (r, θ, z)→
−
1 2
+ ur+ uθ− ur
rÅ ∂θ ∂z ã ∂z
Å ã
1 ∂f3 ∂f2 →
− ∂f1 ∂f3
= (r, θ, z) − (r, θ, z) u r + (r, θ, z) − (r, θ, z) →−
uθ
r ∂θ ∂z ∂z ∂r
→
−
Å ã
∂f2 1 ∂f1 1
+ (r, θ, z) − (r, θ, z) + f2 (r, θ, z) k
∂r r ∂θ r
Å ã Å ã
1 ∂f3 ∂f2 →
− ∂f1 ∂f3
= (r, θ, z) − (r, θ, z) u r + (r, θ, z) − (r, θ, z) →−
uθ
r ∂θ ∂z ∂z ∂r
→
−
Å ã
1 ∂(rf2 (r, θ, z)) ∂f1
+ − (r, θ, z) k .
r ∂r ∂θ
De la même façon, on obtient l’expression suivante du rotationnel dans la base des co-
→
−
ordonnées sphériques d’un champ vectoriel f (r, φ, θ) = f1 (r, φ, θ)→
−
u r + f2 (r, φ, θ)→
−
uφ +
42
f3 (r, φ, θ)→
−
u θ.
−→→−
Å ã Å
1 ∂(sin(φ)f3 (r, φ, θ)) ∂f2 →
− 1 ∂f1
rot f (r, φ, θ) = − (r, φ, θ) u r + (r, φ, θ)−
r sin(φ) ∂φ ∂θ r sin(φ) ∂θ
ã Å ã
∂(rf3 (r, φ, θ)) →− 1 ∂(rf2 (r, φ, θ)) ∂f1
sin(φ) uφ+ − (r, φ, θ) →−
u θ.
∂r r ∂r ∂φ
Champ de rotationnel
→
−
Un champ de vecteurs R est dit champ de rotationnel s’il existe un champ de vecteurs
→
− →
− −→→−
f tel que R = rot f .
2.1.5 Laplacien
Définition 16. Soit f un champ de scalaires de classe C 2 , défini sur U , le laplacien de f
est défini par
∂ 2f ∂ 2f ∂ 2f
∆f (x, y, z) = (x, y, z) + (x, y, z) + (x, y, z).
∂x2 ∂y 2 ∂z 2
Propriétés
Soient f et g deux champs de scalaires de classe C 2 et α, β ∈ R, nous avons
i) ∆(αf + βg) = α∆f + β∆g.
−−→ −−→
ii) ∆(f g) = (∆f )g + 2(gradf ).(gradg) + f (∆g).
−−→
iii) ∆f = div(grad f ).
→
− ∂f 1 ∂f ∂f →
−
h (r, θ, z) = (r, θ, z)→
−
ur+ (r, θ, z)→
−
uθ+ (r, θ, z) k
∂r r ∂θ ∂z
donc la relation (2.3) permet d’écrire
−−→
∆f (r, θ, z) = div(grad f (r, θ, z))
→
−
= div( h (r, θ, z))
1 ∂(rh1 (r, θ, z)) 1 ∂h2 ∂h3
= + (r, θ, z) + (r, θ, z)
r ∂r r ∂θ ∂z
1 ∂ r ∂f
∂r
(r, θ, z) 1 ∂ 2f ∂ 2f
= + 2 2 (r, θ, z) + 2 (r, θ, z).
r ∂r r ∂θ ∂z
43
En ce qui concerne les coordonnées sphériques, si f (r, φ, θ) est un champ scalaire de classe
C 2 , on peut montrer grâce aux relations (2.2) et (2.4) que
Ä ä
2 ∂f ∂f
∂ sin(φ) (r, φ, θ)
1 ∂ r ∂r (r, φ, θ) 1 ∂φ 1 ∂ 2f
∆f (r, φ, θ) = 2 + 2 + 2 2 (r, φ, θ).
r ∂r r sin(φ) ∂φ r sin (φ) ∂θ2
44
Démonstration.
Voir [4], Théorème 4 page 473.
La condition U étoilé est importante comme le montre l’exemple suivant.
Exemple :
→
−
Reprenons l’exemple du champ magnétique B créé par un fil électrique.
Sur E = {(x, y, z) ∈ R3 /x2 + y 2 > R2 }, nous avons
→
− cy → − cx → −
B (x, y, z) = − i + 2 j,
x2 +y 2 x +y 2
où c = µ2π
0I
.
−→→ − →
− →
−
On a vu que sur E, rot B = 0 , mais E n’est pas étoilé. Regardons si B dérive d’un potentiel
scalaire sur E.
→
− −−→
Supposons qu’il existe un champ de scalaires F (x, y, z) tel que B = grad F sur E. Ceci
donne
→
− ∂F →
− ∂F →
− ∂F →
−
B (x, y, z) = (x, y, z) i + (x, y, z) j + (x, y, z) k .
∂x ∂y ∂z
Donc
∂F
(x, y, z) = − x2cy
+y 2
(1)
∂x
∂F
∂y
(x, y, z) = x2cx
+y 2
(2)
∂F (x, y, z) = 0
(3)
∂z
Å ã
x
(1) =⇒ F (x, y, z) = −c Arctan + g(y, z), si y ̸= 0 (g étant une fonction de classe C 1 )
y
∂F cx ∂g cx
=⇒ (x, y, z) = 2 + (y, z) = (D’après (2))
∂y x + y 2 ∂y x2 + y 2
∂g
=⇒ (y, z) = 0
∂y
=⇒ g(y, z) = h(z), où h est une fonction de classe C 1
Å ã
x
=⇒ F (x, y, z) = −c Arctan + h(z)
y
∂F
=⇒ (x, y, z) = h′ (z) = 0 (D’après (3))
∂z
=⇒ h(z) = K, K ∈ R constante
Å ã
x
=⇒ F (x, y, z) = −c Arctan + K, si y ̸= 0.
y
Etudions la limite de F (x, y, z) lorsque y tend vers 0 :
π
Soit (x, y, z) ∈ E tel que x > 0, on a limy→0 > F (x, y, z) = − c + K et lim < F (x, y, z) =
2 y →0
π
c + K, lim > F (x, y, z) ̸= lim < F (x, y, z) donc F (x, y, z) n’est pas prolongeable par
2 y →0 y →0
45
→
−
continuité en y = 0. Ceci montre que B ne dérive pas d’un potentiel scalaire sur E.
→
−
Remarque : B dérive d’un potentiel scalaire sur E ∩ {(x, y, z) ∈ R3 /y ̸= 0}.
Potentiel vecteur
→
−
Définition 19. Soient U un ouvert non vide de R3 et f : U −→ R3 un champ de rotationnel,
→
− →
− −→→− →
−
il existe un champ vectoriel F tel que f = rot F . Le champ F s’appelle potentiel vecteur
→
− →
− →
−
de f et on dit que f dérive du potentiel vecteur F .
Remarque :
→
− →
− − −−→
→
Si F est un potentiel vecteur de f , alors F + grad g (où g est un champ scalaire de classe
→
−
C 2 ) est aussi un potentiel vecteur de f .
→
− →
− →
−
Nous avons vu que si f est un champ de rotationnel, alors div( f ) = 0, on dit que f est
→
−
solénoïdal ou incompressible. Mais en général, un champ solénoïdal f ne dérive pas toujours
→
−
d’un potentiel vecteur. Le théorème suivant montre que ceci est vrai si f est défini sur un
ouvert étoilé.
→
−
Théorème 6. Soit U un ouvert de R3 , étoilé par rapport à u0 , et soit f un champ vectoriel
→
−
de classe C 1 défini sur U . Le champ f dérive d’un potentiel vecteur sur U si et seulement
→
− →
−
si div( f ) = 0. De plus, les potentiels vectoriels de f sont donnés au point u = (x, y, z) par
Z 1
→
− →
− −−→
F (u) = t f (tu + (1 − t)u0 ) ∧ (u − u0 ) dt + grad g,
0
46
qui associe à un paramètre t ∈ I, un point M de coordonnées (x(t), y(t), z(t)).
L’image Γ = γ(I) est la courbe représentée par γ.
Remarque :
Si γ est à valeurs dans R2 , on parle de courbe plane.
Définition 21. (Courbe fermée)
Soit γ : [a, b] −→ R3 une courbe paramétrée, γ est dite fermée si γ(a) = γ(b).
Exemples de courbes planes :
- La droite :
Soient a, b, c, d ∈ R tels que a =
̸ 0, une droite peut être définie par la représentation para-
métrique suivante : ß
x(t) = a t + b
t ∈ R.
y(t) = c t + d,
L’équation cartésienne de cette droite est donnée par
c ad − bc
y = x+ .
a a
- Le cercle :
Le cercle de centre A(x0 , y0 ) et de rayon R > 0 peut être représentée comme suit :
ß
x(t) = R cos(t) + x0
t ∈ [0, 2π]
y(t) = R sin(t) + y0 ,
et l’équation cartésienne de ce cercle est
(x − x0 )2 + (y − y0 )2 = R2 .
- Les coniques :
Les coniques sont des courbes qui se produisent de l’intersection d’un plan avec un cône de
révolution, ils sont de trois types : l’ellipse, l’hyperbole et la parabole.
- L’ellipse :
La représentation paramétrique d’une ellipse centrée à l’origine est donnée par
ß
x(t) = a cos(t)
t ∈ [0, 2π],
y(t) = b sin(t),
où a et b sont des nombres réels strictement positifs.
Et l’équation cartésienne est
x2 y 2
+ 2 = 1.
a2 b
- L’hyperbole :
La représentation paramétrique d’une hyperbole est donnée par
ß
x(t) = εa ch(t)
t ∈ R,
y(t) = b sh(t),
47
où a et b sont des nombres réels strictement positifs et ε vaut 1 ou −1 (ε = 1 donne la
représentation paramétrique d’une branche et ε = −1 donne la représentation de l’autre
branche).
Et l’équation cartésienne est
x2 y 2
− 2 = 1.
a2 b
- La parabole :
Une parabole d’axe Oy a pour représentation paramétrique
ß
x(t) = t
t ∈ R.
y(t) = α t2 ,
48
Ä p ä
∥γ ′ (t)∥ = (x′ (t))2 + (y ′ (t))2 + (z ′ (t))2 .
Remarques :
1. Remarquons que le paramétrage de la courbe Γ permet de ramener l’intégrale curviligne
sur Γ en une intégrale de Riemann usuelle sur le domaine de définition I de l’application
γ.
2. Si f (x, y, z) = 1, on obtient la longueur de Γ
Z Z
L(Γ) = ds = ∥γ ′ (t)∥ dt.
Γ I
Remarque :
L’expression ω = f1 (x, y, z) dx + f2 (x, y, z) dy + f3 (x, y, z) dz s’appelle forme différentielle de
degré 1 sur U .
Exemple 1 :
Calculer Z
y dx − x dy,
Γ
où Γ est l’ellipse définie par
ß
x(t) = a cos(t)
t ∈ [0, 2π],
y(t) = b sin(t),
49
Exemple 2 :
Calculer Z
(3x2 + y) dx − 14 yz dy + 20 xz 2 dz,
OA
˜
où A(1, 1, 1) et OA
˜ est le chemin défini par
x(t) = t
y(t) = t2
z(t) = t3 .
Il faut d’abord déterminer l’intervalle de définition de la courbe γ(t) = (x(t), y(t), z(t)). Il
est facile de voir que pour t = 0, le point (x(0), y(0), z(0)) = O et pour t = 1, le point
(x(1), y(1), z(1)) = A, donc t ∈ [0, 1] et par conséquent
Z Z 1
2 2
(3x (t) + y(t))x′ (t) − 14 y(t)z(t)y ′ (t) + 20 x(t)z 2 (t)z ′ (t) dt
2
(3x + y) dx − 14 yz dy + 20 xz dz =
OA
Z0 1
˜
50
Démonstration.
Voir [1], Propositions 3.6.1. et 3.6.2. pages 44-45.
Travail
→
− −→
Soit F une force constante et AB un déplacement rectiligne, le travail fourni par la force
→
− Ä→−ä → − −→
F pour aller de A à B est donné par W− → F
AB
= F .AB.
→
− →
−
Plus généralement si F n’est pas constante i.e. si elle est un champ de vecteurs F (x, y, z)
→
−
et si le déplacement est quelconque, le travail du champ de force F est donné par
Ä→−ä − →
→ −
Z
WAB
˜ F = F .ds.
AB
˜
Démonstration.
Voir [10], Proposition 35 page 796.
51
Remarque :
Le cercle mis avec le signe de l’intégrale signifie que nous intégrons sur une courbe fermée.
Application : Aire d’un domaine.
Soit D un domaine fermé limité par une courbe Γ qui vérifie les conditions du théorème
→
− →
− →
−
précédent et considérons le champ vectoriel f (x, y) = −y i + x j . Nous avons
→
− ∂(x) ∂(−y)
rot f (x, y) = − = 2.
∂x ∂y
Donc la formule de Green donne
I x
(−y) dx + x dy = 2 dxdy
Γ
x ID
1
=⇒ A(D) = dxdy = (−y) dx + x dy.
2 Γ
D
Donc l’intégrale curviligne permet de calculer l’aire d’un domaine dans le plan.
- Supposons que Γ est une courbe polaire définie par
γ : I −→ R+
θ 7→ γ(θ) = r(θ).
52
Exemple :
Calculer l’aire du domaine D limité
par l’astroïde défini par
53
→
−
La formule de Green pour un champ vectoriel f de classe C 1 s’écrit
Xn I
→
− →− x →
−
f .ds = rot f (x, y) dxdy.
i=1 Γi D
ceci équivaut à
→
− → − →
− →− →
− →− →
− →− →
− →−
Z Z Z Z I
f .ds − f .ds = 0 ⇐⇒ f .ds + f .ds = 0 ⇐⇒ f .ds = 0,
Γ1 Γ2 Γ1 Γ−
2 Γ
54
2.3 Intégrales de surface
2.3.1 Surfaces paramétrées
Définition 26. Soit Ω un ouvert non vide de R2 , on appelle surface paramétrée (ou nappe
paramétrée) la donnée d’une application
α : Ω −→ R3
(u, v) 7→ α(u, v) = (x(u, v), y(u, v), z(u, v))
qui associe à un paramètre (u, v) ∈ Ω, un point M de coordonnées (x(u, v), y(u, v), z(u, v)).
L’image Σ = α(Ω) est la surface représentée par α.
Exemples :
- Le cylindre :
Le cylindre de révolution d’axe Oz et de rayon R > 0 est défini par la représentation
paramétrique suivante.
x(θ, h) = R cos(θ)
y(θ, h) = R sin(θ)
z(θ, h) = h,
x2 + y 2 = R 2 .
- La sphère :
Une représentation paramétrique de la sphère de centre O et de rayon R > 0 est donnée par
x(φ, θ) = R sin(φ) cos(θ)
y(φ, θ) = R sin(φ) sin(θ)
z(φ, θ) = R cos(φ),
x2 + y 2 + z 2 = R 2 .
- Le cône :
Soit Σ la partie supérieure du cône de révolution de sommet O , défini par l’équation
x2 + y 2 = z 2 .
55
Σ peut être représentée par les équations paramétriques suivantes.
x(r, θ) = r cos(θ)
y(r, θ) = r sin(θ)
z(r, θ) = r,
(0 < r < R)
u, v ∈ [0, 2π] sont les paramètres.
Ceci donne l’équation cartésienne
suivante
Äp ä2
x2 + y 2 − R + z 2 = r 2 .
-L’ellipsoïde :
L’ellipsoïde est une surface donnée
par la représentation paramétrique
suivante.
x(φ, θ) = a sin(φ) cos(θ)
y(φ, θ) = b sin(φ) sin(θ)
z(φ, θ) = c cos(φ),
(a, b, c > 0)
φ ∈ [0, π] et θ ∈ [0, 2π] sont les para-
mètres.
Ceci donne l’équation cartésienne
suivante
x2 y 2 z 2
+ 2 + 2 = 1.
a2 b c
56
-L’hyperboloïde à une nappe :
L’hyperboloïde à une nappe d’axe Oz
est défini par l’équation cartésienne
suivante.
x2 y 2 z 2
+ 2 − 2 = 1,
a2 b c
où a, b et c sont des nombres réels
strictement positifs.
Une représentation paramétrique est
donnée par
x(r, θ) = ar cos(θ)
y(r, θ) = br√sin(θ)
z(r, θ) = εc r2 − 1,
57
L’hyperboloïde d’axe Ox ou Oy peut être défini de la même façon.
-Le paraboloïde elliptique :
Le paraboloïde elliptique d’axe Oz
est défini par l’équation cartésienne
suivante.
x2 y 2
z= + 2, a, b > 0.
a2 b
Une représentation paramétrique de
ce paraboloïde peut être donnée par
x(u, v) = u
y(u, v) = v
2 2
z(u, v) = ua2 + vb2 ,
(u, v) ∈ R2 .
(u, v) ∈ R2 .
Remarque : Parmi les surfaces données ci-dessus, les surfaces fermées sont la sphère, le tore
et l’ellipsoïde.
58
Définition 28.
1. Une surface paramétrée de classe C 1
x(u, v) = α1 (u, v)
Σ: y(u, v) = α2 (u, v) (u, v) ∈ Ω
z(u, v) = α3 (u, v),
∂x →
− ∂y →
− ∂z →
−
est dite régulière si pour tous (u, v) ∈ Ω, les vecteurs ∂u (u, v) i + ∂u (u, v) j + ∂u (u, v) k
→
− →
− →
−
et ∂x
∂v
(u, v) i + ∂y
∂v
∂z
(u, v) j + ∂v (u, v) k sont linéairement indépendants.
2. Soit Σ une surface paramétrée régulière, le vecteur
á ë á ë
∂x ∂x
∂u
(u, v) ∂v
(u, v)
→
− ∂y ∂y
N (u, v) = ∂u
(u, v) ∧ ∂v
(u, v)
∂z ∂z
∂u
(u, v) ∂v
(u, v)
Remarque :
Le plan dirigé par les vecteurs
∂x →
− ∂y →
− ∂z →
−
∂u
(u, v) i + ∂u (u, v) j + ∂u (u, v) k et
→
− →
− ∂z →
−
∂x
∂v
(u, v) i + ∂y
∂v
(u, v) j + ∂v (u, v) k et
qui passe par le point M (u, v), est le
plan tangent à Σ au point M (u, v).
→
−
Le vecteur normal N (u, v) est donc
perpendiculaire au plan tangent à Σ
au point M (u, v).
Orienter une surface, c’est choisir en chaque point l’un des deux vecteurs normaux unitaires
→
−n (u, v) ou −→ −
n (u, v), comme vecteur indiquant le sens positif et ceci de façon continue.
Par exemple, on peut orienter les surfaces suivant la normale extérieure (pour une surface
fermée), ou bien la normale dirigée vers les z croissants, ou décroissants, ou les x croissants
áΣ est dit compatible
ou décroissants, ... Un paramétrage de la surface ë á avec l’orientation
ë fixée
∂x ∂x
∂u
(u, v) ∂v
(u, v)
→
− ∂y ∂y
si pour tout (u, v) ∈ Ω, le vecteur N (u, v) = ∂u
(u, v) ∧ ∂v
(u, v) est dirigé
∂z ∂z
∂u
(u, v) ∂v
(u, v)
vers le même sens de cette orientation.
59
Exemple :
Soit Σ la sphère de centre O et de rayon R > 0, paramétrée comme suit
x(φ, θ) = R sin(φ) cos(θ)
y(φ, θ) = R sin(φ) sin(θ) φ ∈ [0, π], θ ∈ [0, 2π]. (2.5)
z(φ, θ) = R cos(φ),
60
→
−
Déterminons le sens d’orientation de N (φ, θ). Notons Nz (φ, θ) = R2 sin(φ) cos(φ) la troi-
→
−
sième composante de N (φ, θ) et étudions son signe.
Puisque φ ∈ [0,
π], on a sin(φ) ≥ 0, regardons le signe de cos(φ) :
π
- Si φ ∈ 0, 2 , alors cos(φ) ≥ 0 donc Nz (φ, θ) ≥ 0
π
- et si φ ∈ 2 , π , alors cos(φ) < 0 donc Nz (φ, θ) < 0.
→
−
Donc N (φ, θ) est dirigée suivant la normale extérieure. Donc le paramétrage (2.5) est com-
patible avec l’orientation suivant la normale extérieure, mais il n’est pas compatible avec
l’orientation suivant les z croissants.
- On peut également paramétrer la sphère comme suit
x(φ, θ) = R cos(φ) cos(θ) h π πi
y(φ, θ) = R cos(φ) sin(θ) φ∈ − , , θ ∈ [−π, π].
2 2
z(φ, θ) = R sin(φ),
61
sont les cosinus directeurs. Ils vérifient
où á ë á ë
∂x ∂x
∂u
(u, v) ∂v
(u, v)
→
− ∂y ∂y
N (u, v) = ∂u
(u, v) ∧ ∂v
(u, v)
∂z ∂z
∂u
(u, v) ∂v
(u, v)
est le vecteur normal à Σ.
Remarque :
Si f (x, y, z) = 1, on obtient l’aire de Σ
x x →
−
A(Σ) = dσ = ∥ N (u, v)∥ dudv.
Σ Ω
Remarque :
Si le paramétrage de Σ n’est pas compatible avec son orientation, l’intégrale sera multipliée
par −1.
62
Exemple :
Notons Σ la sphère paramétrée comme suit
x(φ, θ) = R sin(φ) cos(θ)
y(φ, θ) = R sin(φ) sin(θ) (φ, θ) ∈ Ω = [0, π] × [0, 2π]
z(φ, θ) = R cos(φ),
→
−
et f (x, y, z) = (1, 1, z).
v → − −→
Calculer Σ f .dσ dans les cas suivants :
1. Σ est orientée suivant la normale extérieure.
2. Σ est orientée suivant la normale dirigée vers les z croissants.
Solution :
1. Cas 1 : Σ est orientée suivant la normale extérieure :
Nous avons déjà vu que le paramétrage de Σ est compatible avec cette orientation,
donc
{→ − − → x→ − →
−
f .dσ = f (x(φ, θ), y(φ, θ), z(φ, θ)) . N (φ, θ) dφdθ
Σ Ω
x Ä→
− →− →
−ä Ä →
− →
−
= i + j + R cos(φ) k . R2 sin2 (φ) cos(θ) i + R2 sin2 (φ) sin(θ) j
Ω
→
−ä
+R2 sin(φ) cos(φ) k dφdθ
Z 2π Z π
R2 sin2 (φ) cos(θ) + R2 sin2 (φ) sin(θ) + R3 sin(φ) cos2 (φ) dφdθ
=
0 0
Z 2π ï Z π Z π ò
2 2 2
=R (cos(θ) + sin(θ)) sin (φ) dφ + R sin(φ) cos (φ)dφ dθ
0 0 0
Z 2π ï Z πÅ
1 − cos(2φ)
ã ò
2 R 3 π
=R (cos(θ) + sin(θ)) dφ − cos (φ) 0 dθ
0 0 2 3
Z 2π ï ò
2 π 2
=R (cos(θ) + sin(θ)) + R dθ
0 2 3
4 3
= πR .
3
2. Cas 2 : Σ orientée suivantles z croissants :
Nous avons vu que si φ ∈ 0, π2 , alors Nz (φ, θ) ≥ 0 et si φ ∈ π2 , π , alors Nz (φ, θ) < 0,
63
où Σ1 est la demi-sphère supérieure et Σ2 est la demi-sphère inférieure.
{→
− −→
Z 2π Z π/2
R2 sin2 (φ) cos(θ) + R2 sin2 (φ) sin(θ) + R3 sin(φ) cos2 (φ) dφdθ
f .dσ =
Σ 0 0
Z 2π Z π
R2 sin2 (φ) cos(θ) + R2 sin2 (φ) sin(θ) + R3 sin(φ) cos2 (φ) dφdθ
−
0 π/2
Z 2π ï ò Z 2π ï ò
2 π R 2 π R
=R (cos(θ) + sin(θ)) + dθ − R (cos(θ) + sin(θ)) + dθ
0 4 3 0 4 3
= 0.
Flux
→
−
Le flux d’un champ de vecteurs f à travers une surface orientée Σ est défini par
x→ − − →
Φ= f .dσ.
Σ
Démonstration.
Voir [11].
Remarques :
1. Si Σ est une surface plane incluse dans le plan Oxy et paramétrée par
x(u, v) = u
y(u, v) = v (u, v) ∈ Σ
z(u, v) = 0,
1. L’orientation de Σ est cohérente avec celle de Γ lorsque Σ est orientée suivant la pouce d’une main
droite et Γ est orientée suivant les autres quatre doigts.
64
→
− →
− → − →
−
on obtient N (u, v) = i ∧ j = k
→
− →
− →
−
et si f (x, y) = f1 (x, y) i + f2 (x, y) j est un champ vectoriel, alors
x −→→ − − → x −→→ − →
−
rot f .dσ = rot f (u, v). N (u, v) dudv
Σ Σ
x Å ∂f ∂f1
ã
2
= (u, v) − (u, v) dudv
∂x ∂y
Σ
x Å ∂f ∂f1
ã
2
= (x, y) − (x, y) dxdy.
∂x ∂y
Σ
65
2.3.5 Formule d’Ostrogradsky
Théorème 11. Soit D un domaine de R3 limité par une surface fermée Σ, orientée vers
→
−
l’extérieur de D, et soit f un champ vectoriel de classe C 1 , nous avons
y →
− {→ − − →
div f (x, y, z) dxdydz = f .dσ.
D Σ
Démonstration.
Voir [9], § 8 page 265.
Remarque :
− v −→→
→ − −→
On déduit que pour un champ vectoriel de classe C 2 f , Σ rot f .dσ = 0 pour toute surface
fermée Σ.
Application : Volume d’un corps.
Soit D un domaine fermé de R3 , limité par une surface fermée Σ, orientée vers l’extérieur de
→
− →
− →
−
D, et considérons le champ vectoriel f (x, y, z) = z k . Puisque div f (x, y, z) = 1, la formule
d’Ostrogradsky permet d’écrire
y →
− {→ − −→
V(D) = div f (x, y, z) dxdydz = f .dσ.
D Σ
2.4 Exercices
Exercice 1 :
→
−
Soient f et → −g deux champs de vecteurs définis par
→
− 2 2 2 3 3
f (x, y, z) = (2xy,
Ä x + 3y z , 2y z + 4z )
→
−
ä
et g (x, y, z) = x1 + y cos(xy), y1 + x cos(xy), z1 .
→
−
1. Montrer que f est un champ de gradient.
→
−
2. Déterminer le potentiel scalaire ρ de f qui vérifie ρ(1, 1, 1) = 0 (utiliser deux mé-
thodes).
3. Montrer que → −
g est un champ de gradient sur son domaine de définition, qu’en déduisez-
vous ?
Exercice 2 :
→
−
Soit f (x, y, z) = (y 2 + z 2 , −xy, −xz) un champ de vecteurs défini sur le domaine D =
{(x, y, z) ∈ R3 /z > 0}.
→
−
1. Déterminer une fonction φ(z) telle que φ(1) = 1 et →
−
g (x, y, z) = φ(z) f (x, y, z) soit un
champ de rotationnel sur D.
→
−
2. Déterminer un potentiel vectoriel pour→
−
g sous la forme G (x, y, z) = (P (x, y, z), Q(x, y, z), 0).
3. En déduire la forme générale des potentiels vectoriels de →
−
g.
66
Exercice 3 :
Soit Γ une courbe paramétrée donnée par
2
x(t) = t 2−3
√
y(t) = 34 t t
z(t) = 2t + 1
t ∈ [0, 1].
1. Calculer la longueur de Γ.
R
2. Calculer Γ f ds, où f (x, y, z) = x + yz − 2.
ExerciceR 4 :
→
− → −
Calculer Γ f .ds dans les cas suivants :
→
−
1. f (x, y, z) = (yz, xz, xy) et Γ est l’hélice circulaire paramétrée par
x(t) = cos(t)
y(t) = sin(t)
z(t) = t
t ∈ 0, π4 .
→
−
2. f (x, y, z) = (4xy, 3y 2 , 5z) et Γ est l’arc qui relie le point A(0, 1, 1) au point B(1, 1.5, log(2)+
1) de la trajectoire du mouvement dont le vecteur vitesse est → −v (t) = (et , e−t , 1),
t ∈ [0, b] (b est à déterminer).
→
−
3. f (x, y, z) = (−2x2 + 2y + 2z, 2z − 5x2 , x sin(z)) et Γ est la courbe constituée par les
segments qui joignent les points (−1, 0, 0) à (0, −2, 0) et (0, −2, 0) à (2, −2, −6).
→
−
4. f (x, y, z) = (0, 0, y) et Γ = Σ1 ∩ Σ2 , où Σ1 est le cylindre d’axe Oz et de rayon R > 0
et Σ2 est le plan d’équation 3x − y + z + 1 = 0. On oriente Γ dans le sens direct.
→
−
5. f (x, y) = (2xy − x2 , x + y 2 ) et Γ est la courbe fermée constituée par les deux arcs de
parabole y = x2 et x = y 2 parcourue dans le sens direct (utiliser deux méthodes).
Exercice 5 :
→
− →
−
1. Soit f le champ vectoriel défini dans l’exercice 1, calculer la circulation de f le long
des courbes suivantes :
a.
1
x(t) = − t+1
Γ1 : y(t) = t2 − 2
z(t) = 3t,
t ∈ [0, 2].
b. Γ2 : le triangle de sommets (1, 3, 2), (1, 6, −1) et (−5, 4, −2).
67
RR
2. Calculer D (2x − 4) dxdy, où D = D1 \D2 avec
D1 : est le domaine limité par l’ellipse de centre (0, 0) et de rayons a = 6 et b = 4
et D2 : est la réunion des disques fermés de centres (2, 2) et (2, −2) et de rayon 1.
Exercice 6 :
s
1. Calculer Σ f dσ, où f (x, y, z) = x + y + z et Σ est le triangle : Σ = {(x, y, z) ∈ R3 /x ≥
0, y ≥ 0, z ≥ 0 et 2x + y + z = 2}.
2. Calculer l’aire de la surface Σ d’équation z = xy et qui se projette verticalement sur
le disque D défini dans le plan Oxy par x2 + y 2 ≤ 4.
ExerciceRR7 :
→
− − →
Calculer Σ f .dσ dans les cas suivants :
→
−
1. f (x, y, z) = (−ey , −yex , −x2 y) et Σ est la partie du paraboloïde elliptique d’équation
z = x2 +y 2 , située au-dessus du carré [0, 1]2 du plan Oxy et orientée vers les z croissants.
→
−
2. f (x, y, z) = (x, y, 0) et Σ = {(x, y, z) ∈ R3 /y = x2 + 4z, 0 ≤ x ≤ 1 et 0 ≤ z ≤ 2}. Σ
est orientée vers les z croissants.
→
−
3. f (x, y, z) = (y, x, z + 1) et Σ est le cylindre fermé d’axe Oz et de rayon R, limité par
les plans z = 0 et z = H (R, H > 0) et orienté suivant la normale extérieure (utiliser
deux méthodes).
→
− −→ −
4. pf = rot → g , où →
−g (x, y, z) = (−y, x, 1 + x + y) et Σ est le cône d’équation z = 1 −
2 2
x + y , z > 0 orienté vers le haut (utiliser deux méthodes).
Exercice 8 :
En utilisant la formule de Stokes, calculer, dans chaque cas, la circulation du champ vectoriel
→
−
f le long de la courbe Γ, orientée dans le sens trigonométrique.
→
− →
− →
− →
−
1. f (x, y, z) = xz i +2xy j +3xy k et Γ est la frontière de la partie du plan 3x+y+z = 6
dans le premier octant.
→
− →
− →
− →
−
2. f (x, y, z) = 2z i + 4x j + 5y k et Γ est la courbe d’intersection du plan z = x + 5 et
du cylindre y 2 + z 2 = 9.
Exercice 9 :
En utilisant la formule d’Ostrogradsky, calculer, dans chaque cas, le flux sortant du champ
→
−
vectoriel f à travers la surface Σ.
→
− →
− →
− →
−
1. f (x, y, z) = x2 y i − x2 z j + z 2 y k et Σ est le bord du parallélépipède rectangle formé
par les plans d’équations x = 0, x = 3, y = 0, y = 1, z = 0 et z = 1.
→
− →
−
2. f (x, y, z) = x i et Σ est le bord du tétraèdre limité par les plans d’équations x = 0,
y = 0, z = 0 et x + y + z = 2.
→
− →
− →
− →
−
3. f (x, y, z) = (x3 + y sin(z)) i + (y 3 + z sin(x)) j + 3z k et Σ est le bord du domaine
limité par les demi-sphères supérieures de centre O et de rayons 1 et 2, et par le plan
Oxy.
68
Chapitre 3
Séries numériques
3.1 Généralités
Définition 31. Soit (un )n∈N une suite numérique, on appelle série numérique la somme
suivante
u0 + u1 + u2 + · · · + un + . . .
P+∞ P
et on la note n=0 un ou n≥0 un .
un s’appelle le terme général de la série.
Exemples :
−n
, n≥1 n1 , n≥1 1
P P P
n≥0 e n2
.
Définition 32. (Suite des sommes partielles)
La somme n
X
Sn = uk = u0 + u1 + · · · + un
k=0
s’appelle la suite des sommes partielles.
Série convergente
P
P Si limn→+∞ Sn = S existe et elle est finie, on dit que la série n≥0 un converge et on note
n≥0 un = S. P
S s’appelle la somme de la série convergente n≥0 un .
Série divergente
P
Si limn→+∞ Sn n’existe pas (ou si elle est infinie), on dit que la série n≥0 un est diver-
gente.
Exemple :
Etudier la convergence de la série
X 1
.
n≥1
n(n + 1)
69
En décomposant la fraction rationnelle
1 A B
= +
x(x + 1) x x+1
Sn = u1 + u2 + · · · + un
1 1 1 1 1 1 1 1 1
= 1 − + − + − + ··· + − + −
2 2 3 3 4 n−1 n n n+1
1
=1−
n+1
d’où
lim Sn = 1
n→+∞
1
P
donc n≥1 n(n+1) est convergente et
X 1
= 1.
n≥1
n(n + 1)
Démonstration.
Nous avons un = Sn − Sn−1 pour tout n ≥ 1, donc
70
P
Nous déduisons que limn→+∞ un ̸= 0 =⇒ n≥0 un diverge. P
Attention : limn→+∞ un = 0 n’implique pas que la série n≥0 un converge.
Exemple :
Etudier la convergence de la série géométrique de terme général
un = an , a ∈ R.
Calculons Sn :
u0 (1 − an+1 )
Sn = u0 + u1 + · · · + un =
1−a
u0 = 1 (si a ̸= 0) donc
(1 − an+1 ) 1
Sn = et lim Sn =
1−a n→+∞ 1−a
1
donc n≥0 an converge
P
et P
sa somme est 1−a .
n
P
Si a = 0, alors n≥1 0 = n≥1 0 = 0. P
- Si a = 1, on a un = 1 pour tout n ∈ N, donc limn→+∞ un = 1 ̸= 0, donc n≥0 un diverge.
- Si a = −1, on a un = (−1)n
limn→+∞ u2n = 1 et limn→+∞ u2n+1 P = −1
limn→+∞ un n’existe pas, donc n≥0 un diverge.
- Si a > 1, on a
lim an = lim en ln(a) = +∞
n→+∞ n→+∞
P
donc n≥0 un diverge.
- Si a < −1, on a un = an = (−1)n |a|n , donc
limn→+∞ u2n = limn→+∞ |a|2n = +∞ et limn→+∞ uP 2n+1 = limn→+∞ (−|a|
2n+1
) = −∞
donc limn→+∞ unPn’existe pas, et par conséquent n≥0 un diverge.
En conclusion : n≥0 an converge si et seulement si a ∈] − 1, 1[.
Propriétés
Proposition 3. Soient (un ) et (vn ) deux suites numériques et α ∈ R∗ .
P P
1. Les séries n≥0 un et n≥0 αun ont la même nature, et en cas de convergence, nous
avons X X
αun = α un .
n≥0 n≥0
71
P P P
2. Si n≥0 un et n≥0 vn convergent, alors n≥0 (un + vn ) converge et
X X X
(un + vn ) = un + vn .
n≥0 n≥0 n≥0
P P P
Si n≥0 un converge et n≥0 vn diverge, alors n≥0 (un + vn ) diverge.
P
3. Si nous changeons ou supprimons un nombre fini de termes de la série n≥0 un , sa
nature ne change pas.
Démonstration.
Voir [9], Théorèmes 1, 2 et 3 pages 278-280.
Remarques :
P P P
1. Si n≥0 un et n≥0 vn divergent,
P rien dire sur n≥0 (un + vn ).
on ne peut P
En effet pour un = vn = n, n≥0 (un +Pvn ) = n≥0 2n diverge
et pour un = (−1)n et vn = (−1)n+1 , n≥0 (un + vn ) = n≥0 0 = 0 converge.
P
72
Démonstration.
Voir [9], Théorème page 289.
Remarque :
√ P
Si l = 1, on ne peut rien dire. En effet, pour un = n, limn→+∞ n un = 1 et n≥0 un diverge et
√
pour vn = n12 , on a limn→+∞ n vn = 1 et n≥1 vn converge (on verra dans la suite pourquoi
P
elle converge).
Exemple :
Etudier la nature de la série de terme général
Å ãn
n
un = .
2n + 1
un ≥ 0, on peut donc appliquer la règle de Cauchy :
√
Å ã
n 1
lim n
un = lim = <1
n→+∞ n→+∞ 2n + 1 2
P
donc n≥0 un converge.
73
an
(Rappelons que an P = o(bn ) si et seulement si limn→+∞ bn
= 0) alors
- Si α > 1, la série Pn≥1 un converge.
- Si α < 1, la série n≥1 un diverge.
- Si α = 1, on ne peut rien dire.
Nous déduisons de ce théorème que la règle de Cauchy est plus générale que la règle de
D’Alembert. Si la règle de Cauchy ne permet pas de déterminer la nature de la série, il est
inutile d’essayer avec la règle de D’Alembert.
Remarque :
La réciproque de ce théorème n’est pas toujours vraie, par exemple pour la suite (un ) définie
par ß k k
a b si n = 2k
un =
ak+1 bk si n = 2k + 1,
√ √
où a, b ∈ R∗+ , a ̸= b , nous avons limn→+∞ n un = ab mais limn→+∞ uun+1
n
n’existe pas car
ß
un+1 a si n = 2k
=
un b si n = 2k + 1.
Démonstration.
Voir [9], Théorème page 290.
Exemple 1 : Série de Riemann n≥1 un , avec un = n1α , α ∈ R.
P
Nous avons :
- Si α > 1, la série converge.
- Si α ≤ 1, la série diverge.
En effet, posons f (x) = x1α , pour x ≥ 1, f est positive et f ′ (x) = x−α ′
α+1 , donc f (x) < 0 si
α > 0.
Donc si α > 0, f est décroissante et on peut appliquer le théorème précédent.
- Si α > 1, on a
Z +∞ Z +∞ ï −α+1 ò+∞
dx x 1
f (x) dx = = = fini,
1 1 xα −α + 1 1 α−1
74
P
donc n≥1 un converge.
- Si α = 1, on a Z +∞ Z +∞
dx
f (x) dx = = [ln(x)]+∞
1 = +∞
1 1 x
P P
donc n≥1 un diverge (dans ce cas la série n≥1 un s’appelle la série harmonique).
- Si α ∈]0, 1[, alors
Z +∞ ï −α+1 ò+∞
x
f (x) dx = = +∞
1 −α + 1 1
P
donc n≥1 un diverge.
- Si α = 0, alors un = 1, ∀n ∈ N∗ donc limn→+∞ un = 1 ̸= P
P
0 =⇒ n≥1 un diverge.
- Si α < 0, alors limn→+∞ un = limn→+∞ n−α = +∞ =⇒ n≥1 nu diverge.
1
P
Exemple 2 : Série de Bertrand n≥2 un , avec un = nα (ln(n)) β , α, β ∈ R.
Pour cette série, nous avons P
- Si α > 1 et β est quelconque, alors Pn≥2 un converge.
- Si α < 1 et β est quelconque,
P alors n≥2 un diverge.
- Si α = 1 et β > 1, alors Pn≥2 un converge.
- Si α = 1 et β ≤ 1, alors n≥2 un diverge.
La preuve de ces résultats est laissée au lecteur à titre d’exercice.
75
3.2.6 Règle d’équivalence
Définition 33. On dit que les suites (un ) et (vn ) sont équivalentes au voisinage de +∞ si
limn→+∞ uvnn = 1 et on note un ∼ vn .
Théorème
P 19. Soient (un ) et (vn ) deux suites positives et équivalentes, alors les séries
P
u
n≥0 n et n≥0 vn ont la même nature.
Exemple :
Etudier la nature de la série de terme général
3n2 + 5n + 2
un = .
2n5 + 6n4 + n3 + n + 1
3 3
P
Comme
P un ∼ 2n 3 et n≥1 2n3 converge (série de Riemann avec α = 3), on déduit que
n≥0 un converge.
Notons que tousP les critères
Pque nous avons vus sont valables pour les séries à termes négatifs
car les séries n≥0 un et n≥0 (−un ) ont la même nature.
X X
un ≤ |un | .
n≥0 n≥0
Démonstration.
Voir [9], Théorème 1 page 296.
Exemple :
Etudier la nature de la série de terme général
sin(na)
un = , a ∈ R.
n2
76
Nous avons
|sin(na)| 1
|un | = 2
≤ 2
n n
1
P P
donc n≥1 |un | converge
P (car n≥1 n2 converge)
et par conséquent n≥1 un converge.
Remarque :
La réciproque de ce théorème n’est npas toujours vraie. Par exemple la série harmonique
alternée
P de terme général un = (−1) n
est convergente (on verra cela dans la suite), mais
n≥1 |un | est divergente.
Les séries qui convergent mais qui ne sont pas absolument convergentes s’appellent les séries
semi-convergentes.
Le théorème suivant donne des conditions suffisantes de convergence des séries alternées.
Théorème 22. (Théorème de Leibniz)
Soit un = (−1)n an , n ≥ 0 le terme général d’unePsérie alternée (avec an ≥ 0), si la suite
(an ) est décroissante et limn→+∞ an = 0, alors n≥0 un converge et sa somme S vérifie
0 ≤ S ≤ a0 .
77
Démonstration.
Voir [3], Théorème 4.4. page 97.
Remarque :
Si un = (−1)n+1 an on aura −a0 ≤ S ≤ 0, donc dans tous les cas |S| ≤ a0 . De plus
|Rn | ≤ an+1 , ∀n ∈ N (Rn étant le reste d’ordre n).
Exemple : Etudions la série de Riemann alternée, de terme général
(−1)n
un = , n ≥ 1, α ∈ R.
nα
- Si α > 1, on a n≥1 |un | = n≥1 n1α converge =⇒ n≥1 un converge.
P P P
|bn + bn+1 + · · · + bm | ≤ M.
P
Alors n≥0 un converge.
Démonstration.
Voir [3], Théorème 4.8. page 99.
Exemple :
Etudions la série de terme général
einθ
un = , n ≥ 1, α, θ ∈ R.
nα
78
- Si θ ∈ πZ :
alors ∃ k ∈ Z tel que θ = kπ.
- Si k = 2p, avec p ∈ Z, alors
einkπ ei(2np)π 1
un = α
= α
= α
n n n
P
série de Riemann, donc n≥1 un converge ⇐⇒ α > 1.
- Si k = 2p + 1, p ∈ Z, alors
donc | m
P P
k=n bk | est bornée, donc n≥1 un converge d’après le critère d’Abel.
- Si α ≤ 0 :
nous avons
einθ 1
|un | = α
= α = n−α (−α ≥ 0)
n n
donc ß
1 si α = 0
lim |un | =
n→+∞ +∞ si α < 0
P
donc limn→+∞ un ̸= 0 et par conséquent n≥1 un est divergente.
79
Remarque :
Le théorème de Leibniz est un cas particulier du théorème d’Abel pour un = (−1)n an (bn =
(−1)n ), avec (an ) positive, décroissante et limn→+∞ an = 0, donc elle vérifie les conditions
du théorème d’Abel. De plus,
ß
0 si m − n + 1 est pair
|bn + bn+1 + · · · + bm | =
1 si m − n + 1 est impair
P
donc |bn + bn+1 + · · · + bm | ≤ 1, donc la série n≥1 un converge d’après le théorème d’Abel.
3.4 Exercices
Exercice 1 :
Dans chaque cas, calculer la somme de la série de terme général un .
1
1. un = 4n2 −1
,n ≥ 0.
2n+1
2. un = n2 (n+1)2
, n ≥ 1.
3. un = √ 1
√ √ , n ≥ 1.
n(n+1)( n+ n+1)
Ä ä
n+1
4. un = (−1)n log n−1
, n ≥ 2.
Exercice 2 :
Déterminer la nature de la série de terme général un dans les cas suivants.
nn n
1. un = nn1√n 2. un = n!
(2n)!
3. un = enn−1 4. un = na a , a > 0 1
5. un = √n2 +3n+1
1 an 1/n dx
7. un = log(n21+n+1)
R
6. un = n(n+log(n)) 8. un = 2−cos(n) ,a>0 9. un = 0 1+x n
3n +n4
10. un = 11. un = (3+(−1)n )−n 12. un = 1+a1 2n , a ∈ R 13. un = 1
Än −3n
5
2
ä p √
log(n!)
√1 sin 1
14. un = 1 − e1/n log(n) 15. un = a n , a ∈]0, 1[ 16. un = n n
1 1
17. un = n Arctg n .
Exercice 3 :
Soient α, β ∈ R, étudier suivant les valeurs de α et β la nature des deux séries suivantes.
1
P
1. n≥2 nα log(n)β .
P (−1)n
2. n≥2 nα log(n)β .
Exercice 4 :
Déterminer la nature de la série de terme général un dans les cas suivants.
1. un = sin(n), n ≥ 0.
(−1)n
2. un = √ n ≥ 2.
n+(−1)n
,
2
Ää
3. un = sin π n n+1 , n ≥ 2.
(−1)n
4. un = n+2 sin(n)
, n ≥ 1.
80
Chapitre 4
Convergence simple
Définition 38. On dit que la suite de fonctions (fn )n∈N converge simplement vers la fonction
f si ∀x ∈ E : lim fn (x) = f (x) ce qui est équivalent à
n−→+∞
81
Convergence uniforme
Définition 39. On dit que la suite de fonctions (fn )n∈N converge uniformément vers la
fonction f si
Remarque :
c.u.
fn −→ f ⇔ ∀ε > 0, ∃n0 (ε) ∈ N⧸∀n ≥ n0 (ε) : sup |fn (x) − f (x)| < ε
n−→+∞ x∈E
⇔ lim sup |fn (x) − f (x)| = 0.
n−→+∞ x∈E
Notation : on note ∥f ∥∞ = supx∈E |f (x)| qui s’appelle la norme de la convergence uniforme
c.u.
et on a alors : fn −→ f ⇔ lim ∥fn − f ∥∞ = 0.
n−→+∞ n−→+∞
Exemple :
fn (x) = nx2 exp (−nx) , x ∈ R+ .
c.s. c.u.
On a vu que fn −→ 0. Montrons que fn −→ 0, posons Mn = sup |fn (x) − 0| =
n−→+∞ n−→+∞ x∈R+
sup |nx2 exp (−nx)| = sup nx2 exp (−nx). On a fn′ (x) = nx (2 − nx) exp (−nx)
x∈R+ x∈R+
2
x 0 n
+∞
′
fn (x) + 0 −
Å ã
2
fn
fn (x) n
0 0
2
4 c.u.
Donc Mn = sup fn (x) = fn n
= e2 n
, d’où lim Mn = 0 =⇒ fn −→ 0.
x∈R+ n−→+∞ n−→+∞
Théorème 24. Si la suite (fn ) converge uniformément alors elle converge simplement.
Démonstration.
c.u.
Supposons que fn −→ f .
n−→+∞
Soit x0 ∈ E, nous avons
et comme lim sup |fn (x) − f (x)| = 0 =⇒ lim |fn (x0 ) − f (x0 )| = 0 =⇒
n−→+∞ x∈E n−→+∞
c.s.
lim fn (x0 ) = f (x0 ) et ceci ∀x0 ∈ E, donc fn −→ f.
n−→+∞ n−→+∞
82
La réciproque de cette proposition n’est pas toujours vraie comme le montre l’exemple sui-
vant.
Exemple :
nx
Soit la suite de fonctions fn (x) = 1+nx , x ≥ 0.
Etudions la convergence simple de fn .
Si x = 0, on a fn (0) = 0, donc lim fn (0) = 0, et si x > 0, on a
n−→+∞
nx
lim fn (x) = lim = 1.
n−→+∞ n−→+∞ 1 + nx
ß
c.s. 0 si x = 0,
Donc fn −→ f avec f (x) =
n−→+∞ 1 si x > 0.
Etudions la convergence uniforme de fn . On pose Mn = sup |fn (x) − f (x)|, on a
x∈R+
®
0 si x = 0,
gn (x) = |fn (x) − f (x)| = nx 1
1+nx
− 1 = 1+nx si x > 0,
x 0 +∞
′
gn (x) −
1
gn (x)
0
∀ε > 0, ∃n0 (ε) ∈ N⧸∀p ≥ n0 (ε) , q ≥ n0 (ε) , sup |fp (x) − fq (x)| < ε.
x∈E
Démonstration.
Voir [3], Théorème 1.13. page 142.
83
4.1.2 Régularité de la limite d’une suite de fonctions
Continuité
Théorème 26. Soient (fn ) une suite de fonctions définie sur E et x0 ∈ E. Supposons
que (fn ) converge uniformément vers f . Si pour tout n, fn est continue en x0 , alors f est
continue en x0 .
Démonstration.
Voir [3], Théorème 2.1. page 145.
c.u.
Corollaire 1. Si pour tout n, fn est continue sur E et fn −→ f alors f est continue sur
n−→+∞
E.
c.s.
Si fn −→ f et les fn sont continues et f n’est pas continue on déduit que la convergence
n−→+∞
n’est pas uniforme.
Exemple :
nx
fn (x) = 1+nx , x ≥ 0.
c.s.
On a fn est continue, ∀n ∈ N et on a vu aussi que fn −→ f avec
n−→+∞
ß
0 si x = 0,
f (x) =
1 si x > 0,
qui n’est pas continue au point 0, on déduit que la convergence de fn n’est pas uniforme.
Remarque :
c.s.
Si fn et f sont continues et fn −→ f ceci n’implique pas que la convergence est uniforme.
n−→+∞
Exemple :
fn (x) = exp (−nx) , x > 0.
fn est continue sur ]0, +∞[ pour tout n ∈ N, et pour tout x > 0 on a lim fn (x) =
n−→+∞
c.s.
lim exp (−nx) = 0, donc fn −→ f où f ≡ 0. De plus f est continue sur ]0, +∞[ mais
n−→+∞ n−→+∞
la convergence de fn vers f n’est pas uniforme. En effet, posons
Mn = sup |fn (x) − f (x)| = sup |exp (−nx) − 0| = sup exp (−nx) = supfn (x) .
x>0 x>0 x>0 x>0
x 0 +∞
′
fn (x) −
1
fn (x)
0
84
D’où Mn = 1 et lim Mn = 1 ̸= 0 =⇒ fn ne converge pas uniformément vers f sur ]0, +∞[ .
n−→+∞
Remarque :
c.u.
On peut vérifier facilement que fn −→ 0 sur [a, +∞[ , où a > 0.
n−→+∞
Dérivabilité
Théorème 27. Soit (fn ) une suite de fonctions définie sur un compact [a, b], on suppose
que
i) Il existe x0 ∈ [a, b] tel que la suite numérique (fn (x0 )) converge.
ii) La suite (fn′ ) converge uniformément sur [a, b] vers une fonction g.
Alors (fn ) converge uniformément sur [a, b] vers une fonction f dérivable sur [a, b] et
′
f = g.
Å ã′
Sous les hypothèses de ce théorème, nous avons lim fn (x) = lim fn′ (x).
n−→+∞ n−→+∞
Démonstration.
Voir [3], Théorème 3.3. page 150.
Remarque :
Dans le cas d’un intervalle non compact, on peut appliquer ce théorème pour permuter la
limite avec le signe de dérivation mais on ne peut pas déduire la convergence uniforme de
(fn ).
Inversion limite-intégrale
Théorème 28. Soit (fn ) une suite de fonctions Riemann intégrables sur [a, b] , si (fn )
converge uniformément vers f alors f est intégrable et
Rb Rb Rb
lim fn (x) dx = lim fn (x) dx = f (x) dx.
n−→+∞ a a n−→+∞ a
Démonstration.
Voir [3], Théorème 4.1. page 151.
Remarque :
Rx
Sous les hypothèses de ce théorème nous avons la suite Fn (x) = fn (t) dt converge unifor-
a
mément vers
Rx
F (x) = f (t) dt
a
85
Théorème 29. Soient −∞ ≤ a < b ≤ +∞ et (fn ) une suite de fonctions définie sur ]a, b[ .
Si
i) (fn ) converge uniformément vers f sur tout compact [α, β] ⊂ ]a, b[.
Rb
ii) ∀n ∈ N, fn (x) dx converge.
a
Rb
iii) Il existe une fonction φ : ]a, b[ −→ R+ tel que φ (x) dx converge et
a
Rb
Alors f (x) dx converge et
a
Rb Rb Rb
lim fn (x) dx = lim fn (x) dx = f (x) dx.
n−→+∞ a a n−→+∞ a
Démonstration.
Voir [3], Théorème 5.1. page 153.
Exemple :
+∞
x
R
Calculer lim 3 n dx.
n−→+∞ 1 (1+x )
On pose fn (x) = (1+xx 3 )n , x ≥
1.
Pour pouvoir invertir la limite et l’intégrale, nous allons vérifier les conditions du théorème
précédent.
a) Convergence uniforme de fn :
i) Convergence simple : pour tout x ≥ 1 nous avons
x x
lim 3 n = lim = 0,
n−→+∞ (1 + x ) n−→+∞ exp (n (ln (1 + x3 )))
c.s.
donc fn −→ 0.
n−→+∞
x x
Mn = sup |fn (x) − 0| = sup 3 n = sup 3 n
= supfn (x) .
x≥1 x≥1 (1 + x ) x≥1 (1 + x ) x≥1
3
Nous avons fn′ (x) = (1−3n)x +1
(1+x3 )n+1
pour n ≥ 1 on a 3n ≥ 3 donc −3n ≤ −3 ainsi 1 − 3n ≤ −2 < 0. De plus, pour
x ≥ 1 on a x3 ≥ 1 donc (1 − 3n) x3 + 1 ≤ 2 − 3n < 0, car n ≥ 1 ⇒ −3n ≤
86
−3 ⇒ 2 − 3n ≤ −1 < 0, donc fn′ (x) < 0 ce qui signifie que fn est décroissante
sur [1, +∞[ et par conséquent
1
Mn = supfn (x) = fn (1) = .
x≥1 2n
c.u. c.u.
Et lim Mn = 0 donc fn −→ 0 sur [1, +∞[ ainsi fn −→ 0 sur [α, β] , ∀ [α, β] ⊂
n−→+∞ n−→+∞ n−→+∞
[1, +∞[.
+∞
R
b) fn (x) dx converge ?
1
x x 1
fn (x) = ∼
(1+x3 )n x−→+∞ x3n
= x3n−1
.
En effet on a
fn (x) x 3n−1 x3n
lim 1 = lim n x = lim n = 1.
x−→+∞ x−→+∞ (1 + x3 ) x−→+∞ (1 + x3 )
x3n−1
+∞
1 1
R
Donc fn (x) ∼ 3n−1 et comme n ≥ 1 =⇒ 3n − 1 ≥ 2 =⇒ x3n−1
dx converge
x−→+∞ x 1
+∞
R
(règle de Riemann) =⇒ fn (x) dx converge.
1
+∞
R
c) |fn (x)| ≤ φ (x) avec φ (x) dx converge ?
1
x x n
Soit x ≥ 1, |fn (x)| = (1+x3 )n
= et on a n ≥ 1 =⇒ (1 + x3 ) ≥ x3 + 1 ≥ x3 =⇒
(1+x3 )n
+∞ +∞
1 1 x 1
R R dx
(1+x3 )n
≤ x3
=⇒ (1+x3 )n
≤ x2
= φ (x), et on a φ (x) dx = x2
= 1 converge.
1 1
De a), b) et c) on déduit que
+∞
R x +∞
R x +∞
R
lim 3 n dx = lim 3 n dx = 0dx = 0.
n−→+∞ 1 (1 + x ) 1 n−→+∞ (1 + x ) 1
87
Exemples :
+∞
xn
P
1. n2 +1
,x ∈ R.
n=0
+∞
P sin(nx)
2. x+n
,x ∈ R+ .
n=0
Comme pour les séries numériques, on définit la suite des sommes partielles par
Remarque :
+∞
P c.s.
Si fn (x) converge simplement, alors fn −→ 0.
n=0 n−→+∞
Domaine de convergence
Définition 42. Soit (fn )n∈N une suite de fonctions définie sur E, le domaine de convergence
+∞
P +∞
P
de fn (x) est l’ensemble des éléments x de E pour lesquels la série fn (x) converge.
n=0 n=0
Exemple :
+∞ +∞
1
xn est ]−1, 1[ et sur ce domaine nous avons xn =
P P
Le domaine de convegence de 1−x
.
n=0 n=0
Convergence absolue
+∞
P
Définition 43. On dit que la série fn (x) converge absolument sur E si pour tout x ∈ E,
n=0
+∞
P
la série numérique |fn (x)| converge.
n=0
88
Convergence uniforme
+∞
P
Définition 44. On dit que la série fn (x) converge uniformément sur E si la suite des
n=0
sommes partielles Sn (x) converge uniformément sur E.
Remarque :
+∞
P c.u.
Si fn (x) converge uniformément alors fn −→ 0.
n=0 n−→+∞
D’après le théorème 24, nous déduisons le résultat suivant.
+∞
P
Théorème 31. Si fn (x) converge uniformément sur E, alors elle converge simplement
n=0
sur E.
Convergence normale
+∞
P +∞
P
Définition 45. On dit que la série converge normalement sur E si ∥fn ∥∞ = sup |fn (x)|
n=0 n=0 x∈E
est convergente.
+∞
P
Proposition 4. La série fn (x) converge normalement sur E si et seulement s’il existe
n=0
+∞
P
une suite réelle positive (un )n≥0 telle que ∀n ∈ N, ∀x ∈ E : |fn (x)| ≤ un et un converge.
n=0
Démonstration.
Voir [3], Proposition 1.26. page 193.
Exemple :
+∞
P
exp (−nx) , x ∈ [a, +∞[ (a > 0) .
n=0
On a x ≥ a =⇒ nx ≥ na =⇒ −nx ≤ −na =⇒ exp (−nx) ≤ exp (−na) = un et on a
+∞
P +∞
P
un converge (série géométrique de raison exp (−a) < 1, car a > 0) =⇒ fn (x) converge
n=0 n=0
normalement.
+∞
P
Théorème 32. Si la série fn (x) converge normalement sur E, alors elle converge uni-
n=0
formément et absolument sur E.
Démonstration.
Voir [3], Théorème 1.28. page 193.
La réciproque de ce théorème n’est pas toujours vraie comme le montre l’exemple suivant.
Exemple :
n
Soit la série de fonctions de terme générale fn (x) = (−1)
x+n
, x ∈ R+ , n ≥ 1.
89
+∞
1
=⇒ gn′ (x) =
P
Etudions la convergence normale de fn (x), on pose gn (x) = |fn (x)| = x+n
n=0
+∞
−1 1
P
(x+n)2
< 0 =⇒ gn est décroissnte=⇒ sup gn (x) = gn (0) = n
=⇒ sup gn (x) diverge
x∈R+ n=0x∈R+
+∞
P
=⇒ fn (x) ne converge pas normalement.
n=0
+∞
fn (x), soit x ∈ R+ on a fn (x) = (−1)n gn (x) , gn (x) =
P
Etudions la convergence simple de
n=0
1
x+n
> 0 (série alternée).
1 1 −1
De plus, on a lim gn (x) = 0 et gn+1 (x) − gn (x) = x+n+1
− x+n
= (x+n+1)(x+n)
< 0, donc
n−→+∞
+∞
P
gn (x) est décroissante (en n) et par conséquent fn (x) est convergente d’après le théorème
n=0
+∞
P
de Leibniz et ceci ∀x ∈ R+ =⇒ fn (x) converge simplement.
n=0
+∞
P +∞
P
Etudions la convergence uniforme de fn (x). On note S (x) la somme de fn (x), on a
n=0 n=0
1
|Sn (x) − S (x)| = |Rn (x)| ≤ gn+1 (x) = x+n+1 et comme x ≥ 0 =⇒ x + n + 1 ≥ n + 1 =⇒
1 1 1 1
x+n+1
≤ n+1 =⇒ |Sn (x) − S (x)| ≤ n+1 , ∀x ≥ 0 =⇒ sup |Sn (x) − S (x)| ≤ n+1 −→ 0 =⇒
x∈R+ n→+∞
+∞
P
lim sup |Sn (x) − S (x)| = 0 =⇒ fn (x) converge uniformément vers S (x), mais on a
n−→+∞x∈R+ n=0
+∞
P
vue qu’elle ne converge pas normalement (notons que fn (x) ne converge pas absolument).
n=0
Récapitulation
Le schéma suivant résume les relations qui existent entre les différents modes de conver-
gence que nous avons vus. Les autres implications ne sont pas vraies en général.
90
4.2.2 Régularité de la somme d’une série de fonctions
En appliquant les théorèmes que nous avons vus dans le paragraphe 4.1.2 sur Sn (x),
nous déduisons les résultats suivants pour les séries de fonctions.
Continuité
Théorème 33. Soit (fn ) une suite de fonctions définie sur E. Si
a) Pour tout n ∈ N, fn est continue sur E.
+∞
P
b) La série fn (x) est uniformément convergente sur E, de somme S (x).
n=0
Alors la fonction S (x) est continue sur E.
Exemple :
+∞
P +∞
P cos(nx)
fn (x) = n2
, x ∈ R.
n=1 n=1
+∞
cos(nx)
On a fn est continue sur R, ∀n ∈ N∗ . De plus |fn (x)| = 1 1
P
n2
≤ n2
et n2
converge
n=1
+∞
P +∞
P
=⇒ fn (x) converge normalement=⇒ fn (x) converge uniformément. Nous déduisons
n=1 n=1
+∞
P
que la fonction S (x) = fn (x) est continue sur R.
n=1
91
Remarques :
Rx
1. Sous les hypothèses de ce théorème, la série de terme général Fn (x) = fn (t) dt
Åa
+∞ P Rx
+∞ Rx +∞
ã
P P
converge uniformément sur [a, b] et nous avons Fn (x) = fn (t) dt = fn (t) dt.
n=0 n=0 a a n=0
2. Pour les intégrales généralisées on peut appliquer le théorème 29 sur Sn (x) .
4.3 Exercices
Exercice 1 :
Etudier la convergence uniforme de la suite fn (x) sur l’intervalle précisé dans chacun des cas
suivants.
1. fn (x) = Arctg(nx), sur [0, +∞[, ]0, +∞[ et [a, +∞[, a > 0.
log(1+nx)
2. fn (x) = , sur [0, +∞[ et [a, +∞[, a > 0.
1+nx
nx 2
si 0 ≤ x < n1
3. fn (x) = −n2 x + 2n si n1 ≤ x < n2
0 si x ≥ n2 ,
sur [0, +∞[.
2
4. fn (x) = sin(nx)e−nx , sur [0, +∞[ et [a, +∞[, a > 0.
Exercice 2 :
Calculer la limite lorsque πn tend vers l’infini de
R 1 −x +x2 R +∞ n
1. 0 nen+x 2. −4π sinn (x) dx 3. 3 x2nx +1 dx.
R
dx
4
Exercice 3 :
Etudier la convergence simple, absolue, uniforme et normale de la série de terme général
fn (x) dans les cas suivants.
xe−nx
1. fn (x) = n+x
, x ∈ R+ .
(−1)n+1 xn
2. fn (x) = n
,x∈ [0, 1].
x −nx
3. fn (x) = (e − 1)e , x ∈ R+ .
Exercice 4 :
1
1. Déterminer le domaine de convergence de la série de terme général fn (x) = 1+xn
, et
montrer que sa somme est continue sur ce domaine.
2. Calculer n≥0 ne−nx , x ∈ [a, +∞[, a > 0.
P
Exercice 5 :
Soit (fn )n≥1 une suite de fonctions définies sur [0, +∞[ par
x
fn (x) = .
n2 x2 + n2
P
1. Etudier la convergence normale de n≥1 fn (x).
92
2. Posons S(x) = n≥1 fn (x), montrer que S est de classe C 1 sur tout compact [a, b] ⊂
P
]0, +∞[ puis sur ]0, +∞[.
3. Montrer que limx→+∞ S(x) = 0.
Exercice 6 :
1. Considérons
® nla série de fonctions de terme général
x log(x)
si x > 0
fn (x) = n
0 si x = 0.
a. Déterminer le domaine de convergence de cette série.
b. RMontrer que
1 P+∞ P+∞ 1
0 n=1 f n (x) dx = − n=1 n(n+1)2
.
2. Soit gn (x) = x(1 − x)n une suite de fonctions définie sur [0, 1].
P
a. Etudier la convergence simple et uniforme de n≥0 gn (x).
b. Montrer qu’on peut intégrer terme à terme cette série, qu’en déduisez-vous ?
93
Chapitre 5
Séries entières
Exemples :
P zn P 2 n P n
n
, nz , z .
n≥1 n≥0 n≥0
Démonstration.
Voir [9], Théorème 1 page 109.
an z n diverge.
P
2. Si |z| > R la série
n≥0
Démonstration.
Voir [3], Théorème 1.4 page 230.
94
Définition 47. L’élément R du théorème précédent s’appelle le rayon de convergence de la
n
P
série an z et le disque ouvert D (0, R) = {z ∈ C⧸ |z| < R} s’appelle le disque de conver-
n≥0
gence de la série.
Remarques :
an z n peut converger et elle peut diverger. L’ensemble {z ∈ C⧸ |z| = R}
P
1. Si |z| = R, la série
n≥0
s’appelle le cercle d’incertitude.
an z n converge
P
2. Si R = 0, il y a convergence uniquement en 0 et si R = +∞, la série
n≥0
pour tout z ∈ C et la fonction
S : C −→PC
z 7−→ S (z) = an z n
n≥0
1. Règle de d’Alembert :
an
R = lim an+1 lorsque cette limite existe.
n−→+∞
an+1
En effet, posons un = |an z n |, si lim an
= l existe alors
n−→+∞
an+1 z n+1
Si |z| < 1l nous avons lim uun+1 = lim an z n
= lim an+1
an
|z| = l |z| < 1 =⇒
n−→+∞ n n−→+∞ n−→+∞
|an z n | converge.
P
n≥0
1
Si |z| > l
=⇒ |z| l > 1 =⇒ |z| l − 1 > 0 =⇒ ∃ε ∈ R⧸0 < ε < |z| l − 1 et comme
95
un+1 un+1 un+1
lim = l |z| on a ∃n0 ∈ N⧸∀n ≥ n0 , − l |z| < ε =⇒ −ε < − l |z| <
n−→+∞ un un un
ε =⇒ uun+1
n
> l |z| − ε > 1 =⇒ un+1 > un =⇒ (un ) est strictement croissante à partir
̸ 0 =⇒ lim (an z n ) ̸= 0 =⇒ an z n est divergente.
P
du rang n0 =⇒ lim un =
n−→+∞ n=⇒+∞ n≥0
1 an
Donc R = l
= lim .
n−→+∞ an+1
2. Règle d’Hadamard :
1√
R= n
, où lim supun = inf supuk (et lim inf un = sup inf uk ).
lim sup |an | n−→+∞ n∈N k≥n n−→+∞ n∈N k≥n
n−→+∞
3. Règle de Cauchy :
1√
R= lorsque cette limite existe.
lim n |an |
n−→+∞
® ´ ß ™
n n
P
4. R = sup r ∈ R+ ⧸ an r converge = sup r ∈ R+ ⧸ lim an r = 0
n≥0 n−→+∞
n
= sup {r ∈ R+ ⧸la suite (an r ) est bornée} .
an z0n converge alors R ≥ |z0 | . S’il existe z0 ∈ C tel que
P
5. S’il existe z0 ∈ C tel que
n≥0
an z0n diverge alors R ≤ |z0 | . S’il existe z0 ∈ C tel que an z0n est semi-converge
P P
n≥0 n≥0
alors R = |z0 | .
Exemple :
Déterminer
P zn P len rayonP nden convergence
P 2des séries entières suivantes :
n
2n
n
, n!z , α z , α ∈ C, n+1
z .
n≥1 n≥0 n≥0 n≥0
Solution :
P zn
1. n
, an = n1 .
n≥1
an
On applique la règle de D’Alembert R = lim = lim n+1 = 1.
n−→+∞ an+1 n−→+∞ n
P (−1)n
Autre méthode : pour z = −1, on sait que la série n
est semi-convergente donc
n≥1
R = |−1| = 1.
P n
2. n!z , an = n!.
n≥0
an n!
On applique la règle de D’Alembert R = lim = lim = 0. Cette série
n−→+∞ an+1 n−→+∞ (n+1)!
converge pour z = 0 uniquement.
P n n
3. α z , α ∈ C, an = αn .
n≥0
1√ 1√ 1
On applique la règle de Cauchy R = lim n
= lim n
= |α|
, si
n−→+∞ lim |an | n−→+∞ lim |αn |
n−→+∞ n−→+∞
α ̸= 0. Si α = 0, alors αn z n = 0 donc la série converge por tout z ∈ C ce qui implique
que R = +∞.
P 2n 2n 2n
4. n+1
z , an = n+1 .
n≥0
P 2n n
On pose Z = z 2 . Cherchons le rayon de convergence de la série n+1
Z qu’on note
n≥0
96
an 2n
R1 . On applique la règle de D’Alembert R1 = lim an+1
= lim n+1 × 2n+2 1
n+1 = 2 .
n−→+∞ n−→+∞
P 2n 2n
Déterminons R2 , le rayon de convergence de la série n+1
z . Cette série converge si
n≥0
Ä ä
Z = z 2 ∈ D 0, 12 ⇔ |Z| < 12 ⇔ |z 2 | < 12 ⇔ |z| < √12 ⇔ z ∈ D 0, √12 . Donc R2 = √12
P 2n 2n
est le rayon de convergence de n+1
z .
n≥0
Remarque :
an z n est R, alors le rayon de convergence de an z 2n est
P P
Si le rayon de convergence de
n≥0 n≥0
√
R.
Démonstration.
Voir [3], Propositions 1.20., 1.21. et 2.3. pages 234-235.
Remarque :
(an + bn ) z n peut être strictement supèrieur à Ra et Rb (et la
P
Le rayon de convergence de
n≥0
cn z n ). Par exemple, le rayon de convergence des séries
P P n
même chose pour la série z et
n≥0 n≥0
(−z n ) est 1, et le rayon de convergence de la série somme (z n − z n ) =
P P P
0 est +∞.
n≥0 n≥0 n≥0
97
5.2 Régularité de la somme d’une série entière
5.2.1 Convergence normale d’une série entière
Définition 49. Un ensemble A ⊂ C est dit compact s’il et femé et borné.
Exemples :
- Le disque fermé D (z0 , R) est compact.
- Soient a, b ∈ R tels que a < b, l’intervalle [a, b] est compact dans R.
- Soient z1 , z2 ∈ C, le segment [z1 , z2 ] = {αz1 + (1 − α)z2 , α ∈ [0, 1]} est compact dans C.
Démonstration.
Voir [3], Théorème 3.1. page 235.
an xn (x ∈ R) converge normalement sur tout compact [a, b] ⊂
P
Dans R la série entière
n≥0
]−R, R[ (R étant le rayon de convergence).
Démonstration.
Voir [10], Théorème 34 page 594.
5.2.2 Continuité
an z n une série entière de rayon de convergence R, et de somme
P
Théorème 39. Soit
n≥0
S (z) . La fonction S (z) est continue sur le disque de convergence D (0, R) .
Démonstration.
Soit z0 ∈ D(0, R), nous avons |z0 | < R, donc ∃ρP ∈ R tel que |z0 | < ρ < R donc z0 ∈
n
D(0, ρ). De plus, d’après le théorème précédent, n≥0 an z converge normalement et donc
uniformément sur D(0, ρ) et comme la fonction an z n est continue, on déduit que la fonction
S(z) = n≥0 an z n est continue sur D(0, ρ) =⇒ S(z) est continue au point z0 .
P
Remarque :
D’après le théorème de convergence radiale d’Abel, si la série entière n≥0 an z n converge en
P
un point z0 ∈ C alors elle est continue sur le segment [0, z0 ].
98
Principe des zéros isolés
an z n une série entière de rayon de convergence R, et de somme
P
Théorème 40. Soit
n≥0
S (z) . Si les coefficients (an )n∈N ne sont pas tous nuls, alors il existe r ∈ ]0, R[ tel que pour
tout z ∈ C et 0 < |z| < r on a S (z) ̸= 0.
Démonstration.
Voir [10], Théorème 14 page 818.
Corollaire 2.
an z n = 0, ∀z ∈ D (0, R) alors an = 0, ∀n ∈ N.
P
1. Si S (z) =
n≥0
Démonstration.
Découle directement des thèorèmes 35 et 37.
Remarque : P an n+1
an xn sont de la forme F (x) = α +
P
Les primitives de la fonction S (x) = n+1
x ,
n≥0 n≥0
α ∈ C (∀x ∈ ]−R, R[) .
Démonstration.
Voir [3], Théorème 4.9. page 24 et Proposition 2.7. page 237.
99
an xn on obtient le corollaire
P
En appliquant ce théorème sur les dérivées successives de
n≥0
suivant.
an xn une série entière de rayon de convergence R, alors S (x) est
P
Corollaire 3. Soit
n≥0
de classe C ∞
P n!
sur ]−R, R[ et ∀k ∈ N, ∀x ∈ ]−R, R[ , S (k) (x) = a xn−k et les séries
(n−k)! n
n≥k
dérivées ont toutes le même rayon de convergence R.
Remarque :
S (k) (0) P S (k) (0)
Nous déduisons que pour tout k ∈ N : ak = k!
, donc S (x) = k!
xk , ∀x ∈ ]−R, R[ .
k≥0
Théorème 43. Soit f une fonction définie sur un intervalle ouvert de R qui contient 0, f
est développable en série entière au voisinage de 0 si et seuleument si
i) f est de classe C ∞ au voisinage de 0.
n (k)
f (0)
xk .
P
ii) Il esxiste α > 0 tel que ∀x ∈ ]−α, α[ , lim Rn (x) = 0, où Rn (x) = f (x)− k!
n−→+∞ k=0
De plus, le développement en série entière de f est donné par la série de Taylor-
P f (n) (0) n
Maclaurin : f (x) = n!
x , ∀x ∈ ]−α, α[ .
n≥0
Démonstration.
Voir [3], Propositions 5.6 et 5.9 pages 242-243.
100
Remarque :
D’après le principe des zéros isolés, le développement en série entière d’une fonction f au
voisinage de 0 est unique.
Propriétés :
La proposition suivante donne quelques propriétés des fonctions développables en série en-
tière.
Proposition 6.
i) Soient f et g deux fonctions
P développables en série entière au voisinage de 0 et de
n n
P
déveleppements respectifs an x et bn x et soient α, β ∈ C. Les fonctions αf +
n≥0 n≥0
′
βg, f g, f , F (où F est une primitive de f ) sont développablesPen série entière au
Pvoisi-n
n
nage de 0 et leurs développements respectifs sont donnés par (αan + βbn ) x cn x
n≥0 n≥0
n
an n+1
nan xn−1 et F (0) +
P P P
où cn = ak bn−k (série produit de Cauchy), n+1
x .
k=0 n≥1 n≥0
ii) Si f est paire on a pour tout k ∈ N : a2k+1 = 0 et si f est impaire on a pour tout
k ∈ N : a2k = 0.
Démonstration.
i) Découle de la proposition 5 et des thèorèmes 41 et 42.
an xn et soit la fonction g définie sur
P
ii) Soit α ∈ ]0, R] tel que ∀x ∈ ]−α, α[ : f (x) =
n≥0
an (−x)n = (−1)n an xn .
P P
]−α, α[ par g (x) = f (−x). On a ∀x ∈ ]−α, α[ : g (x) =
n≥0 n≥0
Si f est paire on a g = f et par unicité du développement en série entière on a pour
tout n ∈ N : an = (−1)n an =⇒ a2k+1 = 0, ∀k ∈ N.
On raisone de manière similaire si f est impaire.
101
(règle de D’alembert) =⇒ lim |Rn (x)| = 0 =⇒ lim Rn (x) = 0. Donc exp (x) est
n−→+∞ n−→+∞
développable en série entière sur R et pour tout x ∈ R on a
P xn
+∞ x2 x3 xn
exp (x) = =1+x+ + + ······ + + · · · · · · (R = +∞) .
n=0 n! 2! 3! n!
+∞
P (−1)n xn x2 x3
En remplaçant x par (−x) on obtient exp (−x) = n!
= 1−x+ 2!
− 3!
+ ······ +
n=0
(−1)n xn
n!
+ · · · · · · (R = +∞).
+∞
2x2k , si n = 2k,
ß
exp(x)+exp(−x) 1
P xn +(−1)n xn n n n
Donc ch(x) = 2
= 2 n!
. Or x + (−1) x = donc
n=0 0, si n = 2k + 1.
+∞ +∞
1 2x2n x2n x2 x4 x2n
P P
ch(x) = 2 (2n)!
= (2n)!
=1+ 2!
+ 4!
+ ······ + (2n)!
+ · · · · · · (R = +∞) .
n=0 n=0
+∞
exp(x)−exp(−x) x2n+1 x3 x5
P
Et de la même façon on obtient sh(x) = 2
= (2n+1)!
=x+ 3!
+ 5!
+ ······ +
n=0
x2n+1
(2n1)!
+ · · · · · · (R = +∞) .
Les fonctions sinus et cosinus :
cos(n) (x) = cos x + n π2 ,
ß
∞
Les fonctions sin et cos sont de classe C sur R et on a , ∀x ∈ R, ∀n ∈ N.
sin(n) (x) = sin x + n π2
ß
(n) π
0, si n = 2k,
Donc sin (0) = sin n 2 = .
(−1)k , si n = 2k + 1.
Donc la formule de Taylor-Maclaurin donne pour tout x ∈ R
n n sin(ξ+( 2n+2
(−1)k x2k+1 (−1)k x2k+1 2 ) ) 2n+2
P P π
sin (x) = (2k+1)!
+ R2n+1 (x) = (2k+1)!
+ (2n+2)!
x .
k=0 k=0
|x|2n+2
Donc |R2n+1 (x)| ≤ (2n+2)!
−→ 0, n −→ +∞ =⇒ lim R2n+1 (x) = 0 (théorème d’encadre-
n−→+∞
ment). Donc
P (−1)n
x2n+1
+∞ x 3 x5 x 7 (−1)n 2n+1
sin (x) = = x− + − +· · · · · · x +· · · · · · ∀x ∈ R (R = +∞) .
n=0 (2n + 1)! 3! 5! 7! (2n + 1)!
ß k
cos (kπ) = (−1) ,k ∈ N
En tenant compte du fait que on obtient de la même façon
cos π2 + kπ = 0 k ∈ N.
P (−1)n
+∞ x2n x2 x4 x6 (−1)n 2n
cos (x) = =1− + − + ······ x + · · · · · · ∀x ∈ R (R = +∞) .
n=0 (2n)! 2! 4! 6! (2n)!
1
La fonction f (x) = 1−x
:
+∞
xn (avec la convension 00 = 1) et si x ∈
P
On sait que ∀x ∈ ]−1, 1[ : f (x) = / ]−1, 1[ la
n=0
+∞
xn diverge donc f est développable en série entière sur ]−1, 1[ seulement (R = 1).
P
série
n=0
+∞
1
(−1)n xn , ∀x ∈ ]−1, 1[ , R = 1.
P
En remplaçant x par (−x) on obtient 1+x
=
n=0
102
La fonction f (x) = ln (1 + x) :
1
En prenant la primitive du développement en série entière de la fonction 1+x on obtient
+∞
P (−1)n n+1
ln (1 + x) = α + n+1
x , ∀x ∈ ]−1, 1[ . Or f (0) = α et f (0) = ln (1) = 0 =⇒ α = 0.
n=0
+∞ +∞ +∞
(−1)n n+1 k=n+1 (−1)k−1 k (−1)k+1 k 2 3 4
= x− x2 + x3 − x4 +· · · · · ·+
P P P
Donc ln (1 + x) = n+1
x = k
x = k
x
n=0 k=1 k=1
(−1)k+1 k
k
x + · · · · · · (R = 1).
Le tableau suivant donne les développements en série entière de quelques fonctions
usuelles. Voici quelques remarques concernant les fonctions qui figurent sur le tableau.
1) Les fonctions Arcsin(x), Arccos(x) et Arctan(x) sont dérivables sur ] − 1, 1[ et leurs déri-
vées respectives sont données par √1−x 1 √ −1 1
2 . De plus, pour tout x ∈ [−1, 1],
2, 1−x2
et 1+x
π
Arcsin(x)+ Arccos(x) = 2 .
2) La fonction sh(x) : R −→äR est bijective et sa fonction réciproque est définie sur R par
Ä √
Argsh(x) = log x + x2 + 1 , de plus (Argsh(x))′ = √1+x 1
2.
3) La fonction ch(x) n’est pas bijective sur R, mais ch(x) : R+ −→ [1, √ +∞[ est bijective, et
sa fonction réciproque est définie sur [1, +∞[ par Argch(x) = log(x + x2 − 1), elle n’est pas
définie au voisinage de 0 (et donc n’est pas développable en série entière au voisinage de 0).
sh(x)
4) La fonction th(x) = ch(x) est une bijection de R vers ] − 1, 1[. Sa réciproque est définie sur
Ä ä
] − 1, 1[ par Argth(x) = 2 log 1+x
1
1−x
et (Argth(x))′ = 1−x 1
2.
103
La fonction f (x) Le développement de f (x) au voisinage de 0 R
xn x2 x3 xn
P+∞
ex n=0 n! =1+x+ 2!
+ 3!
+ ··· + n!
+ ··· +∞
x2n+1 x3 x5 x2n+1
P+∞
sh(x) n=0 (2n+1)! =x+ 3!
+ 5!
+ ··· + (2n+1)!
+ ··· +∞
x2n x2 x4 x2n
P+∞
ch(x) n=0 (2n)! =1+ 2!
+ 4!
+ ··· + (2n)!
+ ··· +∞
P+∞ (−1)n 2n+1 x3 x5 (−1)n 2n+1
sin(x) n=0 (2n+1)! x =x− 3!
+ 5!
+ ··· + (2n+1)!
x + ··· +∞
P+∞ (−1)n 2n x2 x4 (−1)n 2n
cos(x) n=0 (2n)! x =1− 2!
+ 4!
+ ··· + (2n)!
x + ··· +∞
(1 + x)α , α ∈
/N 1 + αx + α(α−1)
2!
x2 + · · · + α(α−1)...(α−n+1)
n!
xn + · · · 1
1
P+∞ n n 2 n n
1+x
(α = −1) n=0 (−1) x = 1 − x + x + · · · + (−1) x + · · · 1
1
P+∞ n 2 n
1−x n=0 x = 1 + x + x + · · · + x + · · · 1
1
P+∞ xn 1 x x2 xn
a−x
, a ̸= 0 n=0 an+1 = a + a2 + a3 + · · · + an+1 + · · · |a|
√ 1×3×5×···×(2n−3) n
1 + x α = 21 x 1
1+ 2
− 2×4
x2 + · · · + (−1)n+1 × 2×4×6×···×(2n)
x + ··· 1
√ x 1 1×3×5×···×(2n−3) n
1−x 1− 2
− 2×4
x2 − ··· − 2×4×6×···×(2n)
x − ··· 1
1×3×5×···×(2n−1) n
√1 1 x 1×3 2
1+x
α = − 2
1− 2
+ 2×4
x + · · · + (−1)n × 2×4×6×···×(2n)
x + ··· 1
√1
1−x
1 + x2 + 1×3
2×4
x2 + · · · + 1×3×5×···×(2n−1)
2×4×6×···×(2n)
xn + · · · 1
P+∞ (−1)n+1 n x2 (−1)n+1 n
log(1 + x) n=1 n
x = x − 2
+ · · · + n
x + ··· 1
1 x3 1×3 x5 1×3×5×···×(2n−1) x2n+1
Arcsin(x) x+ 2 3
+ 2×4 5
+ ··· + 2×4×6×···×(2n) 2n+1
+ ··· 1
3 5 2n+1
Arccos(x) π
2
− x − 21 x3 − 1×3 x
2×4 5
− · · · − 1×3×5×···×(2n−1) x
2×4×6×···×(2n) 2n+1
− ··· 1
P+∞ (−1)n 2n+1 3 5 n
Arctan(x) n=0 2n+1 x = x − x3 + x5 + · · · + (−1)
2n+1
x2n+1 + · · · 1
3 5 2n+1
Argsh(x) x − 12 x3 + 2×4
1×3 x
5
+ · · · + (−1)n × 1×3×5×···×(2n−1) x
2×4×6×···×(2n) 2n+1
+ ··· 1
P+∞ x2n+1 x3 x5 x2n+1
Argth(x) n=0 2n+1 = x + 3 + 5 + · · · + 2n+1 + · · · 1
R : le rayon de convergence.
Si α ∈ N, alors (1 + x)α est un polynôme, donc c’est une série entière dont les coefficients
sont nuls à partir d’un certain rang, et dans ce cas R = +∞.
104
5.4 Résolution d’équations différentielles
Parfois la recherche d’une solution explicite d’une équation diférentielle n’est pas facile, on
peut alors avoir recours aux séries entières. Cette méthode consiste à représenter la solution
+∞
an xn , en suite on calcule
P
de l’équation différentielle sous forme d’une série entière y (x) =
n=0
les dérivées de y (x) qui figurent dans l’équation par dérivation terme à terme de cette
série. Finalement, on détermine les coefficients (an ) grâce au principe des zéros isolés (par
identification des séries) et on obtient une solution y (x) sous forme d’une série entière.
Exemple 1 :
Considérons l’équation différentielle
′
xy + y = ln (1 + x) . (5.1)
+∞
n
P (−1)n+1
+∞
xn .
P
(n + 1) an x =
n=0 n=1 n
a0 = 0 a0 = 0
Par identification =⇒
(−1)n+1 (−1)n+1
(n + 1) an = an = , ∀n ≥ 1.
n n(n+1)
+∞
P (−1)n+1 n
Donc y (x) = n(n+1)
x .
n=1
Calculons le rayon de convergence R = lim an
= lim (n+1)(n+2) = 1, donc y (x) est
n−→+∞ an+1 n−→+∞ n(n+1)
+∞ Ä ä +∞
P Ä (−1)n+1 n (−1)n+1 n ä
(−1)n+1 n1 − n+1 1
xn =
P
définie sur ]−1, 1[ et nous avons y (x) = n
x − n+1 x =
n=1 n=1
+∞
P Ä (−1)n+1 n (−1)n n ä +∞
P (−1)n+1 n
n
x + n+1
x . Calculons le rayon de convergence des deux séries n
x et
n=1 n=1
+∞
P (−1)n n
n+1
x . Pour la première série on a R1 = lim n+1 = 1 et pour la deuxième série on a
n=1 n−→+∞ n
R2 = lim n+2 = 1.
n−→+∞ n+1
+∞
P (−1)n+1 n +∞ P (−1)n n +∞
P (−1)n+1 n−1
Donc ∀x ∈ ]−1, 1[ , y (x) = n
x + n+1
x = ln (1 + x) + n
x .
n=1 n=1 n=2
105
+∞
Å +∞ ã
1
P (−1)n+1 n 1
P (−1)n+1 n
Si x ̸= 0 on a y (x) = ln (1 + x) + x n
x = ln (1 + x) + x n
x −x =
n=2 n=1
ln (1 + x) + x1 (ln (1 + x) − x) = ln (1 + x) + ln(1+x)
x
−1= x ln(1+x)+ln(1+x)−x
x
et pour x = 0 on a y (0) = 0.
x ln(1+x)+ln(1+x)−x , si x ̸= 0
x
Donc y (x) = est la seule solution de l’équation (5.1) déve-
0, si x = 0.
loppable en série entière au voisinage de 0.
Remarque :
Nous avons trouvé une solution particulière de l’équation (5.1) qu’on note
x ln(1+x)+ln(1+x)−x , si x ̸= 0
x
yp (x) =
0, si x = 0.
′ ′
Pour trouver la solution générale on doit résoudre l’équation homogène xy +y = 0 =⇒ xy =
dy
−y =⇒ x dx = −y =⇒ dy y
= − dxx
1
=⇒ ln |y| = − ln |x| + c, c ∈ R =⇒ ln |y| = ln |x| + c =⇒
exp(c)
|y| = |x|
=⇒ y = xk , k ∈ R, doù yh (x) = xk , donc la solution générale de l’équation (5.1)
k x ln(1+x)+ln(1+x)−x
est y (x) = yh (x) + yp (x) = x
+ x
, ∀x ∈ ]−1, 1[ , x ̸= 0.
Exemple 2 :
x2 y ′′ + 4xy ′ + 2y = ex . (5.2)
C’est une équation différentielle linéaire d’ordre deux, non homogène et à coefficients va-
riables.
Posons y(x) = +∞
P+∞
n ′ n−1
et y ′′ (x) = +∞ n−2
P P
n=0 an x , donc y (x) = n=1 nan x n=2 n(n − 1)an x .
En remplaçant dans (5.2) on obtient
+∞
X +∞
X +∞
X
x2 y ′′ (x) + 4xy ′ (x) + 2y(x) = x2 n(n − 1)an xn−2 + 4x nan xn−1 + 2 an x n
n=2 n=1 n=0
+∞
X +∞
X +∞
X
= n(n − 1)an xn + 4nan xn + 2an xn
n=0 n=0 n=0
+∞
X
= (n(n − 1) + 4n + 2) an xn
n=0
+∞
X
n2 + 3n + 2 an xn .
=
n=0
xn
De plus, on a ex = +∞
P
n=0 n! .
1 1
Par identification, on obtient (n2 + 3n + 2) an = n!
⇒ an = (n2 +3n+2)n!
.
106
Par ailleurs la factorisation du polynôme x2 + 3x + 2 donne x2 + 3x + 2 = (x + 1)(x + 2),
donc
1 1
an = = ,
(n + 2)(n + 1)n! (n + 2)!
xn
donc y(x) = +∞
P
n=0 (n+2)! . Le rayon de convergence de cette série est
(n + 3)!
R = lim = +∞
n→+∞ (n + 2)!
5.5 Exercices
Exercice 1 :
Calculer le rayon de convergence des séries de termes généraux
ä :
(n−1)n n (−1)n n n n
Ä 2+(−1)
n n
1. (n+1)! z 2. log(n) z 3. (n+1)n z 4. 5+(−1)n z n
Ä sin(nθ) ä
2n 2n+1
5. n
z n , θ ∈ R avec θ ̸= kπ, ∀k ∈ Z 6. n+1 z
1√
si n = 3k
k+ k
n
7. (−2)
n+1
z 3n+1 8. an z n , avec an = k −k si n = 3k + 1
8k
si n = 3k + 2
(z−3)n
9. 2n
(déterminer le disque de convergence de cette série).
107
Exercice 2 :
Dans chaque cas, déterminer le rayon de convergence R et l’ensemble C (resp. A) des nombres
réels pour lesquels la série entière de coefficients an , converge simplement (resp. absolument).
n
nn+1 1 n
1. an = (−1) 1
ln(n)
2. a n = n!
3. a n = 2 + n
4. a n = sin n
.
Exercice 3 :
1. Calculer le rayon de convergence et déterminer la somme des séries entières de variable
réelle suivantes.
n2 −n+4 n
P
a. n≥0 n+1 x .
P n
Pn 1
b. n≥0 an x , avec an = k=0 k! .
2. Calculer la somme des séries numériques suivantes.
n n−1 (−1)n
a. n≥0 5n! b. n≥0 (n + 1)2−n c. n≥1 (−1)n
P P P P
d. n≥0 2n+1 .
Exercice 4 :
Dans chaque cas, développer la fonction f en série entière au voisinage de 0, et préciser le
rayon de convergence R.
1. f (x) = (1 + x)α , α ∈ R.
2. f (x) = Arctan(x).
1
3. f (x) = −x2 +x+2
.
2
4. f (x) = log(x − 5x + 6).
Exercice 5 :
1. Chercher les fonctions y(x) développables en série entière au voisinage de 0, solutions
de l’équation différentielle xy ′′ + (x − 1)y ′ − y = 0.
2. Chercher la fonction y(x) développable en série entière au voisinage de 0, solution de
l’équation différentielle y ′′ − 2xy ′ − 2y = 0, et qui vérifie les conditions y(0) = 1 et
y ′ (0) = 0.
108
Bibliographie
[1] Dinh T.-C. (2007). Analyse vectorielle, intégrales multiples. Polycopié de cours, Uni-
versité Paris 6.
[3] El Amrani M. (2011). Suites et séries numériques, Suites et séries de fonctions. Ellipses,
Paris.
[4] Feuillet C. et Selon I. (2005). Maths 2e année MP-MP*. HACHETTE Supérieur. Paris.
[9] Piskounov N. (1970). Calcul différentiel et intégral Tome 2. Editions MIR. Moscou.
[10] Ramis J.-P. et Warusfel A. (2007). Mathématiques tout-en-un pour la Licence. Niveau
L2. DUNOD. Paris.
[11] Ramis J.-P. et Warusfel A. (2015). Mathématiques tout-en-un pour la Licence. Niveau
L3. DUNOD. Paris.
109