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Fascicule-Geo - Dyn - Interne - 2020-2021 - 1

Ce document décrit la structure interne de la Terre et les notions fondamentales de géographie physique. Il présente la Terre dans l'univers, les différentes sphères terrestres et les cycles des éléments naturels. Le document décrit également la structure interne du globe, les approches pour son étude, et la tectonique des plaques.
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Fascicule-Geo - Dyn - Interne - 2020-2021 - 1

Ce document décrit la structure interne de la Terre et les notions fondamentales de géographie physique. Il présente la Terre dans l'univers, les différentes sphères terrestres et les cycles des éléments naturels. Le document décrit également la structure interne du globe, les approches pour son étude, et la tectonique des plaques.
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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

------
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
------
Département de Géographie

G 111 - GEOPHYS
Géodynamique Interne

Dr Agnès Daba THIAW BENGA


Dr Pierre Corneille SAMBOU
Dr Sidia Diaouma BADIANE
Dr Madiop YADE
Dr Abdoulaye FATY

Année universitaire 2020-2021


Département de Géographie/ UCAD/ L1

SOMMAIRE

INTRODUCTION ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 3
PREMIERE PARTIE NOTIONS DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE GÉNÉRALE ------------------------------------------------------------------------------- 5
CHAPITRE 1 : LA PRESENTATION DE LA TERRE ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 5
I. La Terre dans l’espace-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 5
Qu’est-ce que l’Univers ? --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 5
II. Les dimensions de la Terre ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 11
III. Les mouvements de la Terre dans l’espace ------------------------------------------------------------------------------------------ 12
CHAPITRE 2: LES SPHERES ET LES CYCLES ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 14
I. Les sphères -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 14
II. Les cycles des éléments naturels ------------------------------------------------------------------------------------------------------ 27
DEUXIEME PARTIE : LA STRUCTURE INTERNE DU GLOBE --------------------------------------------------------------------------------------------- 31
CHAPITRE IV : LA CONSTITUTION INTERNE DU GLOBE------------------------------------------------------------------------------------------------- 31
I. Approches méthodologiques pour l’étude de la structure interne ---------------------------------------------------------------- 31
1. L’analyse des roches --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 31
2. La datation des météorites -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 31
3. L’étude des sismogrammes ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 32
4. L’analyse des sismogrammes ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- 33
II. Constitution interne du globe - Résumé ---------------------------------------------------------------------------------------------- 33
1. L’existence de discontinuités dans la structure interne de la terre --------------------------------------------------------------- 33
2. Les couches ou sphères de la structure interne du globe -------------------------------------------------------------------------- 35
CHAPITRE V : LA TECTONIQUE DES PLAQUE -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 37
I. La théorie de l’isostasie ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 37
II. La dérive des continents----------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 37
III. La tectonique des plaques --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 38
CONCLUSION ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 44

ÉLEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE ---------------------------------------------------------------------------------45


Département de Géographie/ UCAD/ L1

INTRODUCTION
L’univers est né il y a 14,5 milliards d’années. Au moment de cette naissance, toute la matière contenue
dans les galaxies était concentrée dans une pâte subatomique. Il est intervenu une gigantesque explosion,
c’est le « Big Bang ». Longtemps après le Big Bang, l’Univers a continué son expansion vers l’infini.
Cette matière a continué à évoluer et contient des milliards d’étoiles dans le ciel. Ensuite, quelque part dans
la voie lactée, il y il y a 5 milliards d’années, un amas de poussières et de gaz s’agglomèrent
progressivement sous l’effet de la gravité dans un grand mouvement circulaire. Ce grand nuage de
poussières et de gaz a commencé à se condenser. Au centre de cette nébuleuse, une nouvelle étoile, le Soleil,
prend naissance. A tout instant, des étoiles meurent et des étoiles naissent. Puis, le disque qui entourait le
Soleil s'est refroidi et dans la zone où la température était élevée sont nées des planétoïdes sur orbites. Tous
ces fragments se sont collés les uns les autres et ont formé les planètes du système solaire. L’une de ces
planètes est la Terre, née il y a 10 millions d’années plus tard, formée à partir de la même matière. La Terre
est un des satellites du Soleil. L’écorce terrestre s’est formée, les éléments chimiques, minéraux et
organiques de notre monde y sont issus de cette gigantesque explosion.

L’aspect de la terre a plusieurs fois changé. Les océans sont nés et ont disparu. Les continents qui formaient
un seul bloc (Pangée ou « Méga continent ») se sont éloignés les uns les autres séparés par les océans. Des
milliers d’espèces apparaissent et disparaissent et l’une de ces espèces est l’Homme.

Depuis son apparition, l'Homme a toujours cherché à mieux connaître l'Univers. En effet, il est soumis aux
catastrophes naturelles: séismes, éruptions volcaniques, tsunamis, chutes de météorites, changements
climatiques, etc. L'origine et l'évolution de la planète demeurent donc une préoccupation fondamentale de
l'Homme. Roches, sédiments, etc. sont des archives de l’origine et de l’évolution de la Terre. Ces archives
constituent un support essentiel à notre réflexion en ce domaine. L'environnement et la gestion des
catastrophes naturelles sont devenus une affaire de survie. Mais, peut-on prétendre gérer notre
environnement et prévenir les risques naturels et les catastrophes associées sans posséder une connaissance
minimale de la Planète Terre, de sa constitution interne, des processus qui l'animent et la modifient, des
matériaux qui la composent?

La Géodynamique Interne tente de retracer l’histoire de la Terre en cherchant les phénomènes anciens,
figés ou dynamiques, fossilisés ou récents, la vie créatrice ou dégradatrice de matières minérales. Les objets
étudiés sont complexes et sont en interaction permanente.

Ce cours d’une durée de 24 heures se déroule au 1er semestre. Son objectif principal est d’acquérir des
fondamentaux de la géographie physique générale, en particulier la Géodynamique interne de la Terre. Plus
spécifiquement, il s’agit de :
• OS1 : Présenter la Terre dans l’Univers
• OS2 : Décrire les sphères du globe terrestre, les cycles des éléments naturels, les climats du globe et
les facteurs de différentiation
• OS3 : Décrire la structure interne du globe
• OS4 : Expliquer la tectonique des plaques lithosphériques et ses conséquences

Les modalités d’évaluation


A la fin du semestre 1, les étudiants de la Licence 1 de Géographie subiront un examen terminal écrit de 2
heures sous forme, soit :
D’une ou plusieurs questions auxquelles il faudra répondre
D’illustration à commenter
D’Illustration à réaliser et à commenter
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La réponse peut être courte, ou bien elle peut porter sur une dissertation. Le devoir doit être rédigé dans un
style correct. Avoir une culture générale aidera grandement à la compréhension des phénomènes étudiés.
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PREMIERE PARTIE NOTIONS DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE GÉNÉRALE


Cette partie présente les notions fondamentales en géographie physique : le système solaire, les mouvements
de la terre, les sphères, les cycles et les éléments du climat.

CHAPITRE 1 : LA PRESENTATION DE LA TERRE


La terre et sept autres planètes forment le système solaire. Ces planètes sont composées des mêmes atomes.
Les météorites, restes de la nébuleuse forment la ceinture d'astéroïdes entre Mars et Jupiter.

I. La Terre dans l’espace


Qu’est-ce que l’Univers ?
Notre Univers est un regroupement de galaxies, d’Amas ou des supers-amas. Notre galaxie est la Voie lactée
(fig. 1) qui est une bande lumineuse qui traverse le ciel. Elle est composée de milliards d’étoiles qui se sont
formées il y a 15 milliards d’années. La Voie lactée, est une structure locale ; elle fait partie d'un groupe de
galaxies, le "groupe local", dont les deux nuages de Magellan, d’Andromède, trois autres galaxies situées
dans la constellation du Lion, d'autres dans le Triangle, le Dragon, la Petite Ourse, d'autres encore à plus de
deux millions d'années-lumière, etc. La Voie Lactée est liée par la gravitation à deux autres grandes galaxies
spirales, ainsi qu'à des douzaines de galaxies naines. Le tout tournerait autour d'un centre gravitationnel dans
la direction d'Andromède. Le cœur des galaxies très éloignées est très lumineux ; il s’appelle des quasars.

Figure 1 : Notre galaxie dans l’univers- Rotation du soleil autour du centre galactique (http://craq-astro.ca)

I.1 La Terre dans l’espace


1. Le système solaire
Le soleil, accompagné d’un ensemble de planètes forment le système solaire. C’est une partie de la Voie
lactée, formé il y 4,5 milliards d’années autour du soleil. Il concentre 99% de la matière formée par
accrétion progressive de la matière qui a donné les planètes. Les planètes tournent dans le Plan de
l’Ecliptique autour du soleil.
Les planètes du système solaire se sont formées selon deux séquences de condensation qui sont à l’origine
de deux types de planètes (fig. 2) :
Les planètes telluriques ou internes (telluriques = Terre), sont de petites tailles. Elles sont plus
proches du soleil (Mercure, Vénus, la Terre, Mars). Elles se sont formées à haute température. Elles
ont une croute rocheuse qui forme la lithosphère. Leurs matériaux sont constitués de silicate et de fer.
Elles portent les marques de bombardements de météorites très importants au début de leur création
entre 4,5 et 3,6 GA puis a diminué jusqu'à nos jours. Ces planètes présentent des traces d'activités
internes (volcan, chaîne de montagne, fossé, failles) actuelles ou passées.
Les planètes externes ou joviennes (= Jupiter) ou géantes (Jupiter, Saturne, Uranus, et Neptune) se
sont formées à basse température. Elles sont composées d’éléments légers. Le corps solide est
constitué de roches et de glace entouré de gaz d’ammoniac, de méthane et de dioxyde de carbone.
Les planètes gazeuses (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune) sont plus éloignées du Soleil que les
telluriques. Elles sont très massives et très volumineuses mais peu dense. Elles ont une taille
décroissante par rapport à leur distance au Soleil. Leur atmosphère est constituée d'hydrogène,
comme le Soleil (ce sont des étoiles ratées). Elles sont escortées par de nombreux satellites et sont
toutes entourées d'anneaux.
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Fig. 2 : Planètes du système solaire selon les séquences de condensation (fr.slideshare.net)


2. Les petits corps du système solaire
a. La lune, le satellite de la terre
Les satellites sont des corps rocheux qui tournent autour des planètes (qu’elles soient telluriques ou
gazeuses). D’ailleurs, bien qu’elles soient gazeuses, les planètes géantes sont celles qui possèdent le plus de
satellites, puisqu’elles sont les plus massives du système solaire.

La lune est le satellite naturel de la terre. C’est la plus proche parente de la Terre car sa composition
chimique globale est identique à celle du manteau de la Terre. Elle serait née de l’impact de la Terre avec
une autre planète (sûrement de la grosseur de Mars), ou avec un énorme météore vers -4,5 milliards d’année.
La matière a été projetée dans l’espace, dont la plus grande partie est restée dans le champ de gravitation, et
s’est re-condensée sous l’effet de sa propre gravitation jusqu’à former une boule parfaitement ronde et
satellisée autour de la Terre puis agglomérée pour former la lune. La Lune est donc un condensé de roches
terrestres et extra-terrestres (fig. 3). La lune gravite à 385 000 km de la terre en nous montrant toujours la
même face car elle tourne sur elle-même et autour de la Terre à la même vitesse qu’elle. Elle est criblée
d’impacts de météorites. Elle affecte directement la terre en provoquant des marées.

Fig. 3 : Origine de la lune (slidesharecdn.com)

b. Les astéroïdes
Les astéroïdes forment une ceinture de petits astres tournant autour du soleil entre les planètes Mars et
Jupiter. Ces astéroïdes ne sont pas regroupés pour former une planète tellurique classique car l’attraction de
Jupiter a été sans doute trop forte. Certains astéroïdes, suite à des collisions, suivent des orbites excentriques
et viennent côtoyer d’autres planètes (Phobos et Deimos, les deux satellites de Mars sont sans doute des
anciens astéroïdes). La fragmentation (fig. 4 ; 5 et 6) des astéroïdes après un impact entre deux corps
célestes produit :
Des chondrites et des achondrites constituées de silicates et de fer représentent 93% des chutes ;
Des sidérites formées de fer et nickel et représentent 6% des chutes ;
Des sidérolites formées de silicates et métaux représentent 1% des chutes.
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Fig. 4 : Fragmentation d’astéroïdes (slidesharecdn.com)

Fig. 5 Impact d’astéroïde Fig. 6 Passage en toute sécurité à proximité de la planète Terre de l’astéroïde
2017AG13, de diamètre compris entre 11 et 34 mètres, le 7 janvier 2017
c. Les météorites
Les météorites sont de différentes natures. Les météorites de taille :
Inférieure à 10 m sont estimées à environ 200 par an. Leur entrée dans l’atmosphère se traduit par
une pluie d’étoiles sanas danger ;
Comprise entre 10 et 100 m se produisent une fois par siècle (Meteor Crater en Arizona serait dû à
l’impact d’une météorite de 50m il a 50 000 ans) ;
Supérieure à un 1 km ou de 10 km entrent dans l’espace une fois en millions d’années. Cet impact
s’accompagne de pluie de matière incandescente et une chute de température de plus de 20°C.
L’impact de ce type de météorite il y a 65 Millions serait responsable de l’extinction d’espèces
(dinosaures).
d. Les Comètes
Il s’agit d’astres de petite taille (10 km de diamètre) qui viennent des confins du système solaire et qui sont
composées de glace et de poussières de roche. Quand elles entrent dans l’atmosphère terrestre, les glaces se
subliment et forment un panache lumineux de gaz. Le dernier passage près de la terre est survenu en 1986 et
le prochain passage est prévu en 2062.
Des comètes (environ 70000 recensés) sont rassemblées dans un immense anneau appelé « ceinture de
Kuiper » situé aux confins du système solaire, s'étendant de l'orbite de Neptune jusqu'à environ 100 ou 150
Unité Astronomique (une unité astronomique est égale à 150 millions de km, c’est la distance Terre-Soleil).
Parfois, des perturbations gravitationnelles causées par des étoiles proches ou l’orbite du couple Pluton-
Charon, déséquilibrent ces noyaux qui quittent alors leur orbite. Certaines sont attirées par le Soleil dont les
radiations subliment la glace les recouvrant, et provoquent ainsi l'apparition de la chevelure des comètes.
Les comètes provenant de cette ceinture de Kuiper sont surnommées comètes à courte période, en
contradiction avec les comètes du nuage de Oort, qui sont situées bien plus loin du Soleil. Ce nuage qui n’est
illuminé que très faiblement par le Soleil contiendrait des milliards de comètes, dites de longue période.
C’est lui qui approvisionnerait la ceinture de Kuiper en comètes du fait des influences gravitationnelles des
étoiles proches.

3. Les planètes du système solaire (fig.7)


Depuis l’antiquité, l’Humanité avait connaissance de 5 planètes : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.
En 1608, l’invention de la lunette astronomique, perfectionnée par Galilée en 1609 a permis d’importantes
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avancées dans le domaine de l’astronomie. Au XVIIIe siècle, avec le développement de la mécanique céleste
et des observations astronomiques, plusieurs planètes du système solaire sont localisées :
- 1781, découverte d’Uranus par Williams Herschel ;
- 1846, localisation de Neptune dans le ciel (Adams le Verrier) ;
- 1915, découverte de Pluton (Percival Lowell), découverte confirmée en 1930 par l’astronome
américain Clyde Tombaugh.

Fig.7 : Planètes du système solaire (© NASA / notre-planete.info)


Les planètes tournent dans le Plan de l’Ecliptique autour du soleil. Depuis août 2006, une planète, selon la
nouvelle définition de l'Union Astronomique Internationale d'août 2006 (résolution 5A) :
- doit orbiter autour d’une étoile sans être une étoile ;
- sa masse doit être suffisamment grande pour que sa propre gravité lui confère une forme sphérique ;
- et elle doit être assez massive pour avoir éliminé tout autre corps susceptible de se trouver sur une
orbite voisine.
Pluton a donc été rétrogradé dans la catégorie des planètes naines. Ainsi, le système solaire comprend des
planètes classiques, naines et plusieurs petits corps.
• Les planètes classiques : Mercure, Venus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune.
• Les planètes naines: Pluton, Cérès et Xena.
• Les petits corps du système solaire : objets en orbite autour du Soleil, sauf les satellites.
Conformément à la Résolution 5A de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Mondiale (24 août
2006 à Prague), le système solaire compte huit (8) planètes : Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter,
Saturne, Uranus et Neptune.
I.2. Le fonctionnement du système solaire
Plusieurs lois et modèles ont été énoncés pour expliquer le fonctionnement du système solaire.
1. Le modèle Géocentrique (IVe siècle av. JC au XVIe siècle) défendu par Aristote et Ptolémée
C’est un modèle physique ancien selon lequel la Terre est plate, sphérique, située au centre de l’univers, et
immobile. Les changements des saisons, de jour et nuit se font donc par des mouvements extérieurs à la
Terre (fig.8).
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Fig. 8. Modèle Géocentrique d’Aristote


te (media4.obspm.fr)
2. Le modèle Héliocentrique
éliocentrique de Nicolas Copernic (1512)
«Tous les mouvements apparents que l’on constate au firmament sont dus aux mouvements de la Terre et
non à ceux du firmament».. Les planètes tournent donc autour du Soleil. Laa Terre est sphérique avec une
orbite circulaire. Le Soleil est le centre du système solaire (fig.9).

Fig.9 : Modèle Héliocentrique de Nicolas Copernic (media4.obspm.fr)

3. Le Modèle Elliptique de Johannes Kepler


Ce modèle dit que less trajectoires des planètes sont elliptiques et non circulaires.
circulaires Ce modèle repose sur 3
lois formulées successivement :
Loi I (1609) ou loi des orbites (fig.10)
(fig. soutient que "L'orbite
de chaque planète est une ellipse dont un des foyers est occupé
par le Soleil". Le mouvement des planètes est déterminé par
les interactions gravitationnelles.

Fig. 10 : Loi des orbites Képler J.


(1609)http://florenaud.free.fr
http://florenaud.free.fr
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Loi II ou loi des Aires (1609) : la l révolution terrestre étant


elliptique, elle obéit à la loi des aires. Les planètes se déplacent
d'autant plus rapidement qu'elles sont proches
pr du Soleil. "Le
rayon de l'orbite d'une planète balaie des aires égales en des
temps égaux" (fig.11).Ainsi,
Ainsi, lorsque l'astre s'éloigne du Soleil,
sa vitesse diminue.
Fig. 11 : Loi des Aires de Képler J. (1609)
http://florenaud.free.fr

Loi III ou Loi des périodes (1618) : "Le carré des périodes de révolution des T2 =k * a3
planètes (T) est proportionnel au cube des demi grands axes de leurs orbites (a)". Ex : Terre : a=150.106km
Le cube du demi grand axe "a" d'une orbite d'une planète, divisé par le carré de la période de T=365j
T=365
révolution sidérale "T" est une constante pour toutes les planètes du système solaire.
3 2 2 3
k= 4.10-20(J2.km3)
a /T = constante ou bien n a = constante
(n est le mouvement moyen = 2π/T)
De cette troisième loi, on déduit l’existence d’un
d’ facteur constant entre la force exercée et la Saturne: a=1427.106 km T=
masse de la planète considérée, qui est la constante de gravitation universelle, ou constante 10756.6j
gravitationnelle. k= 4.10-20(J2.km3)
K Terre = K Saturne
S
Cette loi relie les planètes entre elles et provient de la masse prépondérante du Soleil
dans le système solaire. La gravitation engendre une force proportionnelle aux
masses en jeu. Dans le cas du système solaire, les masses des planètes sont
négligeables devant celle du Soleil et la constante solaire est le produit de la masse
solaire et de la constante de la gravitation.
Ces lois ont permis d'affiner les recherches astronomiques (tab.1) et de mettre en évidence des irrégularités de
mouvements de corps connus. Ce sont surtout les lois de Képler qui ont bouleversé notre perception du système
solaire.

Tableau 1 : Le système solaire (« Astronomie », encyclopédie de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1962)


Planète Durée de la révolution Durée de la Demi-grand axe en Excentricité Rayon (km)
sidérale rotation milliers de kilomètres
Mercure 88,0 jours 59 j 57,94 0,20563 2420

Vénus 224,7 jours 243 j 108,26 0,00685 6200

La Terre 1 an et 0,0 jours 23h 56 min 149,68 0,01673 6378

Mars 1 an et 321,7 jours 24h 37 min 228,06 0,09335 3400

Jupiter 11 ans et 314,8 jours 9h 50min 778,69 0,04843 71400


Saturne 29 ans et 167,0 jours 10h 39min 1430,10 0,056568 60400

Uranus 84 ans et 7,4 jours 17h 14min 2876,50 0,04633 23800

Neptune 164 ans et 280,3 jours 16h 3min 4506,60 0,00900 22300

Pluton 248 ans et 157,1 jours 153h 17min 5914,80 0,24864 2920

La Terre est située à une distance idéale du Soleil : ni trop près, ni trop loin (150 millions de kilomètres)
avec un parcours presque circulaire. De nos jours, l’homme a une meilleure connaissance de la Terre, du
système solaire, du cosmos grâce aux télescopes, aux engins aéroportés,
aéroportés, aux satellites, aux explorations
sous-marines,
marines, etc. Les missions d’exploration spatiale ont amélioré notre connaissance en ce domaine.
I.3. La Voie Lactée
La Terre est une des composantes du système solaire qui est lui-même
lui même un élément de la galaxie de la Voie
lactée qui se présente sous la forme d'une large bande laiteuse due à la lumière émise par ses 200 milliards
d’étoiles. C’est une galaxie spirale barrée dont le bulbe est relativement petit et les bras très ouverts (fig.12).
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Fig. 12 : Le solail dans la Voie lactéehttp://philippelopes.free.fr

La voie lactée est un élément du groupe local qui lui-même appartient à un système plus vaste appelé
superamas de l’Hydre et du Centaure (fig. 13). Tous ces éléments sont en mouvement dans l’espace.

Fig. 13 : Système solaire dans l’espace(Trinh Xuan Thuan,1991)

Quelques données sur la Voie Lactée


- Diamètre : 90 000 A-Lum (Année Lumière)
- Distance soleil centre galaxie : 26 000 A-Lum
- Épaisseur Galaxie niveau Soleil : 2 000 A-Lum
- Vitesse du Soleil dans la Galaxie : 220 km/sec
- Durée rotation Soleil autour de la Galaxie : 225 millions années
- Masse de la Galaxie : 1 Trillion de masses solaires

II. Les dimensions de la Terre


1. Données physiques
- Masse = 5,98.1024 Kg
- Volume total = 1083,32.106 km3
- Circonférence (Équateur) = 40 076 km
- Rayon moyen = 6371 km
- Rayon Équateur = 6378 km
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- Rayon polaire = 6356,8 km


- Densité moyenne = 5.52
- Coefficient d’aplatissement : 1/298,25
- Masse atmosphère = 5130.106 tonnes
- Volume d’eau = 1400.106 km3
2. Superficies de la Terre
• Superficie totale = 510,1.106 km2
• Océans = 360,7.106 km2 (70,71%)
Océan Pacifique : 179,7.106 km2
Océan Atlantique : 106,1.106 km2
Océan Indien : 74,9.106 km2
• Terres émergées = 149,4.106 km2 (29,29%)
Asie = 43 807 785 km2
Afrique = 30 281 812 km2
Amérique du nord = 24 343 681 km2
Amérique du sud = 17 845 439 km2
Europe = 10 392 439 km2
Antarctique = 14 107 637 km2
III. Les mouvements de la Terre dans l’espace
Les principaux mouvements de la Terre sont la rotation et la révolution.
III.1 La rotation
La rotation est le mouvement de la terre sur elle-même autour de l’axe des pôles, dans un sens Ouest-Est et
sur une durée de 24 heures. Cette période de 24 heures définit le jour solaire moyen, celui qui est affiché par
nos montres. Le jour solaire est la période séparant deux passages successifs du Soleil au méridien d’un lieu.

Le jour sidéral est défini comme la durée d’une rotation de la Terre par rapport à une direction fixe dans
l’espace. Un jour sidéral vaut 23 h 56 min 4,091 s. Le jour stellaire est fixé par rapport à une étoile repère.

En raison de la vitesse non-linéaire de la Terre sur son orbite (2eloi de Képler) et de son inclinaison de
23°27’, le Soleil ne passe pas au méridien d’un lieu avec régularité. Cette différence entre le jour solaire vrai
et le jour solaire moyen est appelée équation du temps

La terre parcourt 360° en 24heures, soit 15°/heure, ce qui correspond à un fuseau horaire qui est ainsi
équivalent à 15°. Selon leur latitude, les points de la surface de la Terre ne se déplacent pas à la même
vitesse. La vitesse de rotation de la Terre à l’Équateur est de 1670km/h tandis que Paris, situé dans les
latitudes moyennes (48° N environ) se déplace à 1100 km/h. Aux pôles qui sont fixes la vitesse est nulle. Ce
mouvement de la rotation sur elle-même de la terre a plusieurs conséquences :
Tous les points de la terre passent alternativement au soleil et à l’ombre, c’est la succession du jour
et de la nuit (fig. 14);
De l’équateur au Pôle, on a 90° appelés parallèles ;
Chaque parallèle représente la distance angulaire à l’Équateur, c’est la latitude ;
L’écart entre 2 parallèles consécutifs (1°) est de 111,11km
La déviation du mouvement des corps à la surface de la terre par la force de Coriolis avec dans
l’hémisphère nord une rotation dans le sens des aiguilles d’une montre tandis que dans l’hémisphère
sud, la rotation se fait dans le sens inverse.
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Fig. 14 : Alternance du jour et de la nuit (https://fr.vikidia)

III.2 La révolution
Les objets qui composent le système solaire se caractérisent par le fait qu'ils tournent tous, d'une manière ou
d'un astre, autour du soleil. C’est le mouvement de révolution. La révolution est le mouvement de la terre
autour du soleil sur le plan de l’écliptique pour une durée de 365,25 jours (1 an) sur une distance parcourue
de 940 millions de km. Plusieurs conséquences sont observées.

1. Positions caractéristiques de la terre


La terre connait 4 positions caractéristiques pendant sa révolution correspondant aux quatre saisons (fig.15):
o 21 Décembre (solstice d’hiver)
Distance du soleil : 147 millions de km
o 21 Juin (solstice d’été)
Distance du soleil : 152 millions de km
o 21 Mars et 23 Septembre (équinoxes)

A : 21 juin, été dans l'hémisphère Nord et


hiver dans l'hémisphère sud (inverse de C).

D:21 mars, correspondant au printemps dans


l'hémisphère Nord, et à l'automne dans
celui Sud (inverse de B).

Fig. 15 :Les positions de la terre au cours de la révolution (techno-science.net)

2. L’inégalité des jours et des nuits


o Aux Equinoxes de Printemps et d’Automne : la durée du jour est égale à la durée de la nuit
- Le cercle d’éclairement passe par les pôles
- Le soleil est au zénith à l’Equateur : la durée du jour est égale à celle de la nuit
o Au Solstice d’été boréal (21 juin) :
- Le cercle polaire nord est éclairé où le jour dure 24 heures
- Entre le cercle polaire et le pôle nord, il y a 6 mois de jours
- Le soleil est au zénith sur le tropique du Cancer
- L’hémisphère nord connaît le jour le plus long et la nuit la plus courte
o Au Solstice d’hiver boréal (21 décembre) : c’est l’inverse de la situation pendant le solstice
d’été. L’hémisphère nord connaît le jour le plus cours et la nuit laplus longue de l’année.
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N.B. : Tout est inversé dans l’Hémisphère austral.


3. Les variations saisonnières
En raison de la position de la Terre sur son orbite autour du soleil et de l’inclinaison de la terre d’un angle
de 23°27’ par rapport à cette orbite, on distingue quatre positions remarquables du Soleil par rapport à la
Terre : le 23 septembre et le 21 mars, le jour et la nuit ont la même durée ; il s'agit des équinoxes qui ouvrent
l'automne et le printemps. Le 21 décembre et le 21 juin, les jours sont respectivement le plus court et le plus
long de l'année dans l'hémisphère Nord, alors que c'est l'inverse dans l'hémisphère Sud : il s'agit des solstices
qui inaugurent l'hiver et l'été. Les saisons sont dues à la révolution de la terre autour du soleil et à
l'inclinaison de l'axe terrestre.

En conclusion, on retiendra que les saisons sont dues à la révolution de la Terre autour du soleil et à
l'inclinaison de l'axe terrestre. La durée du jour et de la nuit varie en fonction de la position par rapport à
l'équateur et aux pôles c'est-à-dire la latitude et à la période de l'année. Cette variation s'explique par
l'obliquité de l'axe de rotation. Au-delà des cercles polaires, il y a des journées sans jour, et des journées sans
nuit. La révolution de la Terre entraîne aussi des conséquences importantes sur les milieux de vie :
l'existence des grandes zones climatiques et biologiques. Si les marées sont la conséquence de la Lune qui
gravite autour de la terre et exerce une attraction capable de soulever la masse d'eau océanique, c'est la
position de la Lune et du Soleil par rapport à la Terre qui explique la puissance variable des marées. Au
moment de la nouvelle et de la pleine Lune, les attractions s'additionnent et les marées sont fortes : il s'agit
des vives eaux. Au contraire, lors du premier et du dernier quartier, les attractions se compensent et les
marées sont de faible amplitude : il s'agit des mortes eaux.

CHAPITRE 2: LES SPHERES ET LES CYCLES


La terre est un système dont tous les éléments sont en interaction. Tout changement affectant l’un des
éléments du système peut avoir des conséquences sur l’autre.

I. Les sphères
Le globe terrestre est composé de plusieurs sphères (fig. 16)

Fig. 16 : Les principales sphères du globe (geogrify.net)


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I.1. Atmosphère
L'atmosphère est l’enveloppe gazeuse qui entoure certains corps célestes comme, par exemple, la Terre,
Vénus ou Mars.. Elle est maintenue par gravité autour du globe terrestre en rotation.
rotation Les gaz sont maintenus
autour de ces corps célestes par la force gravitationnelle
gravitationnelle qui les retient et les empêche de s'échapper vers
l'espace. Elle représente environ un millionième de la masse de la terre (0,0009%). Mais son rôle est
considérable dans la présence de la vie.

1. La structure verticale de l’atmosphère (fig.17)


La pression et la densité de l’atmosphère diminuent avec l'altitude du fait de la diminution progressive des gaz.
gaz Par
commodité, on retiendra:
De 0 à 1000km se trouve l’atmosphère inférieure ;
De 1000 à 40000km,, on a l’exosphère
l’ et la magnétosphère.

Fig. 17 : Structure verticale de l’atmosphère (https://www.u-picardie.fr


picardie.fr)
Le passage de l'atmosphère à l'exosphère ne se présente pas du tout comme une frontière nette entre deux
domaines de caractéristiques bien distinctes, mais plutôt comme une transition progressive. En effet, le
nombre de molécules de gaz par mètre cube diminue constamment à mesure que l'on s'élève dans
l'atmosphère, jusqu'à atteindre les concentrations très faibles, caractéristiques de l'exosphère.
l'exosp Il est difficile
de déterminer l’épaisseur de l’atmosphère car au-delà
au delà de 150km, la densité des gaz est faible. Cependant
entre 0 et 100km, les variations de températures permettent de subdiviser l’atmosphère en plusieurs couches
superposées. Les grandes
ndes divisions de l’atmosphère de 0 à 100km sont : la troposphère, la stratosphère et
l’ionosphère.

a. La troposphère
Son épaisseur est variable : 7 km au pôle ; 10-12
10 km en zone tempérée et 16–18km km à l'équateur. Entre 0 et 2
km se trouve la couche sale dont la limite supérieure est la péplopause. La troposphère se caractérise par
des nuages, des précipitations, des variations
ariations notables de pression et de température avec :
- Une baisse
aisse de la pression hydrostatique avec l’altitude du fait de la diminution
minution progressive des gaz ;
- Une diminution
iminution régulière de la température jusqu'à -55°C. Laa température diminue de 6,5°C tous les
1000 m ;
- Une grande
rande concentration de CO2 et la présence de la quasi-totalité
totalité de la vapeur d’eau.

La limite supérieure de la troposphère est la tropopause. Cette limite connaîtt des variations de températures
suivant les différentes zones :
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- Aux pôles, la température est comprise entre -45 et -50°C


- En zone tempérée, la température se situe entre -55 et - 60°C
- A l’équateur, elle est entre -80 et -85°C.
Les mouvements de la troposphère déterminent les climats de la terre.

b. La stratosphère
La stratosphère va jusqu'à 50 km. La température cesse de diminuer dans la stratosphère inférieure. Elle
augmente entre 30 et 50 km pour atteindre 0°C au niveau de la stratopause, limite supérieure de la
stratosphère. La vapeur d'eau y est presque absente, la pression y est très basse de 50 hPa à 20 km. 95% de la
masse de l'atmosphère est située au-dessous de 20 km. La couche d'ozone est localisée au sommet de la
stratosphère inférieure vers 25 à 30 km. Les molécules d'oxygène absorbent les ultra-violets courts (au-
dessous de 0,29 µm) et produisent des atomes libres d'oxygène qui se recombinent aux molécules pour
donner l'ozone.

c. L’ionosphère
Elle se situe entre 50 et 700 ou 1000 km. Elle comprend plusieurs strates :
• La mésosphère entre 50 à 80 km ;
• La thermosphère dont l’épaisseur se situe au-delà de 80 km ;
• Vers 800 km, on ne compte plus que 106 atomes au cm3 et seulement 1 atome par cm3 vers 2400 km.
La température y est variable, elle diminue généralement jusqu'à -90°C. Mais on a signalé des températures
supérieures à 100°C vers 55 km. A partir de 80 km, la température peut atteindre 300°C car les radiations
courtes du soleil ne sont pas réémises sous forme de rayonnement infrarouge. Les atomes d'oxygène et
d'azote sont ionisés sous l'action des ultra-violets solaires. Il y a plusieurs zones fortement ionisées qui
conduisent l'électricité et réfléchissent les ondes radio vers le sol.

2. Composition chimique de l’atmosphère (tab.2)


L'atmosphère terrestre est originale, comparée à celles des autres planètes du système solaire. Ainsi, les
atmosphères de Vénus et de Mars sont très riches en dioxyde de carbone CO2 (respectivement 97 et 95 % de
ce gaz), alors que l'atmosphère terrestre en contient très peu. Tous les éléments qui surviennent dans
l’atmosphère sont influencés par sa composition chimique. C'est cette couche gazeuse qui rend la Terre
habitable. Les molécules des gaz atmosphériques sont donc essentiellement concentrées près du sol. Ainsi,
la moitié de la masse de l'atmosphère se situe au-dessous de 5 500 mètres, les 3/4 au-dessous de 10 km, les
9/10e au-dessous de 16 km ; 99 % de la masse de l'atmosphère se situe entre 0 et 30 km. Dans cette couche,
la composition chimique de l'air est relativement homogène.
Les gaz et la vapeur d'eau en sont les constituants transparents. L'atmosphère est essentiellement composée
de :
• Azote (N2) : 78%
• Oxygène (O2) : 21%
• Gaz rares : 1% dont les constituants sont : Argon, Néon, Hélium, Krypton, Xénon…
• Vapeur d'eau et du dioxyde de carbone (CO2) sont dans les basses couches.
Les constituants de l'air atmosphérique peuvent être classés en deux catégories :
• les constituants à concentration constante comme l'azote et les gaz rares et,
• les constituants à teneur variable tels que le dioxyde de carbone et la vapeur d'eau.
Aussi, on a des :
Constituants transparents formés de gaz et de vapeur d'eau,
Particules d'eau et glace constituées de nuages, brouillard et les précipitations,
Fines particules solides (d'aérosols) formées de brumes et le smog.
C'est cette couche gazeuse qui rend la Terre habitable.
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Tableau 2 : Composition chimique de l’atmosphère


Gaz constituantsde l'air sec Formule chimique Volumes (%)
Azote N2 78,09
Constituant Formule Pourcentage (%) Oxygène O2 20,95
Azote N2 78,084% (78%) Argon Ar 0,93
Oxygène O2 20,984% (21%)
Dioxyde de carbone CO2 0,035
Argon Ar 0,934% (1%)
Néon Ne 1,8 10-3
Gaz carbonique CO2 360 ppm
Hélium He 5,24 10-4
Néon Ne 18,18 ppm
Krypton Kr 1,0 10-4
Hydrogène H2 5,0 10-5
Xénon Xe 8,0 10-6
Ozone O3 1,0 10-6
Radon Rn 6,0 10-18
Principaux constituants chimiques de l'air sec au niveau de la mer (d'après DEGENS).

Remarque : L'eau joue un rôle particulier dans l'atmosphère terrestre : la vapeur d'eau est le seul gaz à y
présenter une concentration très variable dans le temps et dans l'espace. Les autres gaz, eux, ont une
concentration relativement stable et homogène, même s'il y a évidemment des fluctuations. Une autre
particularité de l'eau, est que ce corps est le seul présent dans l'atmosphère à présenter des changements
d'état aux températures habituellement rencontrées sur notre planète : liquide, solide et gazeux. Les autres
constituants de l'atmosphère, quant à eux, ne se présentent qu'à l'état gazeux ; il faudrait des températures
extraordinairement froides pour les rencontrer à l'état liquide ou solide. En moyenne, l’eau ne représente que
0,25 % de la masse totale de l'atmosphère, ce qui en fait un constituant assez minoritaire. L'eau se rencontre
essentiellement dans les premiers kilomètres de l'atmosphère. On la trouve sous forme de vapeur (mais
liquide dans les nuages, brouillard et solide dans certains nuages). La vapeur d'eau est un gaz invisible,
présent partout dans l'atmosphère. L'air atmosphérique est un mélange de deux gaz : l'air sec et la vapeur
d'eau.

3. Le bilan radiatif terre/atmosphère


Le soleil envoie de la lumière et aussi une partie de rayonnement radioactif : les vents solaires. Les éruptions
du soleil peuvent créer d'énormes quantités de haute énergie radioactive dans l'espace (Wisnewski, p.197-
198).Sans la magnétosphère, la planète serait directement touchée par ces particules énergétiques.
Les particules énergétiques qui évoluent dans les ceintures de radiations de Van Allen (découvertes en 1958)
y adoptent des trajectoires qui suivent les lignes de force du champ magnétique terrestre. Il existe trois
ceintures de Van Allen :
Bleu : ceinture intérieure (protons) : tension par particule : + de 10 Mégavolt
Rose : nouvelle ceinture (électrons) : tension par particule : de 1 à 5 Mégavolt
Violet : ceinture extérieure (électrons): tension par particule : 10 à 100 Mégavolt
Ce champ magnétique terrestre nous protège (fig. 18) de la radiation radioactive car la planète serait
directement touchée par ces particules énergétiques. En revanche, il existe un endroit sur Terre mal protégé
où le champ magnétique s'est considérablement affaibli : Atlantique Sud (côtes brésiliennes) reçoit une plus
grande radiation car au-dessus de cet endroit le rayonnement cosmique se rapproche de plus en plus près de
la surface terrestre. Cette région est appelée l'Anomalie sud-atlantique. Les particules radioactives en
entrant au contact avec l’atmosphère terrestre produisent de la lumière responsable des aurores (fig. 19). Le
soleil change d'activité dans un rythme de 11 ans, entre "le minimum solaire" et "le maximum solaire". La
période actuelle dite « de maximum solaire » est propice aux aurores boréales.
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Figure 18: Le champ magnétique de la Terre la protège des particules Figure 19: Aurore boréale
chargées du soleil. Ian Cuming, Getty Images

L’apport énergétique provient essentiellement du soleil. Seule une infime partie de cette énergie parvient
jusqu'à la surface de la Terre et permet de la chauffer. Sans cette énergie, la vie ne pourrait pas se développer
sur Terre car elle serait trop froide. Le bilan radiatif dresse la quantité d’énergie reçue par le système
climatique terre/atmosphère et la quantité d’énergie réémise vers l’espace.
• Émission électromagnétique solaire = 5,2.1027 cal/cm2/min
• Réception par la terre = ≈ 2 cal/cm2/min qui représente la constante solaire.
Une partie de l'énergie est réfléchie vers l'espace ou absorbée par l'atmosphère. Ces processus de réflexion,
diffusion et d’absorption permettent à l’énergie solaire de se répandre et de se propager. Ainsi, l’atmosphère
intercepte, absorbe et diffuse l’énergie. On peut alors dresser le bilan énergétique terre/atmosphère, bilan
dans lequel l’atmosphère fonctionne comme un système ouvert. La valeur du flux entrant représente la
référence 100%, constante solaire à partir de laquelle les termes du bilan sont exprimés ici en pourcentage
(fig.20).
Entrées :
Les 100% d’énergie entrant dans l’atmosphère se répartissent comme suit :
• 47% parviennent à la surface de la terre sous forme de chaleur dont 43% directement et 4% à travers
l’atmosphère par le biais de la diffusion,
• 11% sont interceptés et absorbés par la troposphère et,
• 42% diffusés dans l’atmosphère.
Total = 47%+11%+42% = 100%
Sorties :
La Terre reçoit au total 47 %. La terre assimile une partie de l’énergie solaire de courtes longueurs d’ondes
et la réémet sous forme de radiations de grandes longueurs d’ondes; c’est le contre rayonnement terrestre qui
s’effectue comme suit :
• 39% sont absorbés directement par les molécules présentes dans l’air et les nuages dans les couches
basses l’atmosphère,
• 8% sont réfléchis par la terre (océan, neige, etc.). Une partie est réémise directement par la Terre
sous forme de rayonnement dans le proche infrarouge et une partie est transmise à l’atmosphère par
conduction.
Total = 39+8% = 47%
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Fig. 20 : Bilan radiatif Terre/Atmosphère(https://www.u-picardie.fr)

Le bilan radiatif global est donc en équilibre, entre l’énergie entrante et l’énergie sortante renvoyée par
l’espace. Ceci explique le rôle important que l’atmosphère joue dans le bilan énergétique à travers l’effet de
serre naturel qui permet à la surface de la terre de devenir plus chaude qu’elle ne le serait si l’atmosphère
n’existait pas. La température moyenne qui devrait être de l’ordre -18°C est sensiblement constante (+15°C).
L’atmosphère fonctionne comme un moteur. Ainsi, l’effet de serre est dû à la présence dans l’atmosphère de
certains gaz, appelés gaz à effet de serre, qui absorbent le rayonnement infrarouge émis par la Terre et le
réémettent à leur tour en partie vers la surface qui se réchauffe. Ce réchauffement constitue l’effet de serre
naturel, très bénéfique pour la Terre sans lequel les températures seraient glaciales, peu propices à la vie.

Le bilan radiatif quasi équilibré au niveau global masque cependant des déséquilibres (fig.21) importants
entre les latitudes. En effet, les mouvements de rotation de la terre et de révolution font varier le bilan
radiatif entre les régions polaires en déficit thermique et les régions tropicales excédentaires.

Fig. 21 : Variation du bilan radiatif en fonction de latitude (https://www.u-picardie.fr)

Le bilan est négatif à partir de 35° de latitude dans chaque hémisphère, isolant une bande centrale à bilan
positif. Ainsi, on distingue une zone centrale à bilan radiatif positif et deux zones externes à bilan négatif :
Bilan négatif du pôle nord à 35° nord et du pôle sud à 35° sud (anneaux tempérés) du fait de
l’obliquité des rayons car la même énergie lumineuse reçue est répartie sur une plus grande surface
au pôle ;
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Bilan positif dans la zone intertropicale car les rayons sont perpendiculaires à la verticale, l’énergie
est concentrée.

Dans certains endroits du globe, il y a plus d'énergie absorbée que d'énergie réémise : il devrait y faire de
plus en plus chaud. A contrario, les zones où le bilan radiatif est négatif devraient se refroidir encore et
encore. Ceci n'arrive pas, grâce aux mouvements de l'atmosphère et des océans qui transportent la chaleur de
l'équateur vers les pôles par l’intermédiaire de cellules qui rééquilibrent le bilan (cf. chapitre 3).

Le bilan radiatif varie aussi en fonction:


Des moments de la journée : le bilan radiatif est globalement positif le jour et négatif la nuit ;
De la couverture nuageuse :
L’effet de serre est relativement important, les amplitudes thermiques quotidiennes sont
faibles et inversement lorsque le ciel est clair
Les nuages font diminuer le rayonnement solaire reçu en surface donnant des températures
diurnes moins élevées. En revanche, lorsque le ciel est clair, les températures sont plus
élevées le jour et plus froides la nuit ;
Des contrastes saisonniers assez forts :
En hiver, la radiation solaire est nulle ;
En été, les rayons solaires sont plus hauts sur l’horizon et la durée du jour est longue, donc il
y a un réchauffement, surtout dans les basses latitudes ;
Dans les régions tempérées, les bilans sont positifs en été et négatifs en hiver ;
Dans les régions tropicales, le rayonnement solaire absorbé par la surface est important toute
l’année, mais il diminue en période de mousson
Dans les régions équatoriales, le rayonnement solaire reçu en surface diminue de 15% par
rapport aux régions tropicales car le ciel est plus nuageux ;
Le bilan radiatif varie aussi avec l’altitude
4. La notion d’albédo
L'albédo est le rapport entre l'énergie solaire réfléchie par une surface et l’énergie solaire incidente. Cette
fraction est mesurée sur une échelle graduée de 0 à 1 qui se présente comme suit :
• 0 correspond au noir pour un corps sans aucune réflexion
• 1 correspond au miroir parfait pour un corps diffusant dans toutes les directions et n'absorbant rien
du rayonnement électromagnétique visible qu'il reçoit
Concrètement, un corps est perçu comme blanc dès qu'il réfléchit au moins 80% de la lumière d'une source
lumineuse blanche. Les pôles ont des albédos élevés car les glaces réfléchissent beaucoup la lumière. À
l'inverse tout corps réfléchissant moins de 3% de la lumière incidente paraît noir. Certaines matières ont un
albédo très variable, comme les nuages. En revanche, les corps solides ont bien souvent des albédos fixes,
qui caractérisent leur composition chimique : lave avec un albédo de 0,04 ; sable entre 0,25 et 0,30 ; glace
environ 0,60 ; neige (épaisse et fraîche) jusqu'à 0,90. L'albédo moyen terrestre est de 0,30.

Pour conclure cette partie relative à l’étude de l’atmosphère, nous pouvons retenir que les apports d’énergie
varient dans l’espace et dans le temps. Des déséquilibres énergétiques qui en découlent sont à l’origine de
transferts verticaux et horizontaux depuis les zones excédentaires vers les zones déficitaires. Ces transferts
se font par l’intermédiaire de la circulation atmosphérique générale (CAG).
I.2. Hydrosphère
L'hydrosphère est de façon générale, l'enveloppe externe d'une planète ou d'un satellite qui regroupe l'eau
sous ses états liquide, solide ou gazeux. C’est donc l’ensemble des eaux liées à la surface de la terre : eaux
océaniques, marines, les glaciers (Iceberg), eaux souterraines, continentales et atmosphériques : océans, lacs,
fleuves, rivières, glaciers, nappes souterraines, précipitations, etc. Elle constitue 70,71% de la surface du
globe avec une répartition très inégale dans l’espace et une circulation constante à travers le cycle de l’eau.
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Elle est contenue dans différents réservoirs dont le plus important, du point de vue du volume, correspond
aux mers et océans qui occupent 97,1% du volume d’eau de notre planète (fig. 22). Les eaux de surface et
les eaux souterraines, correspondant aux ressources en eau douce disponibles, représentent moins de 1,2 %
de l'hydrosphère. Le volume d’eau total est estimé à environ 1,4 milliard de km3 :
• Les eaux salées occupent 97,1% du volume total.
• Les 2,8% qui restent se répartissent entre les glaces (75%), les lacs (0,3%), les rivières et les fleuves (0,03%),
les sols (0,06%), les eaux souterraines (24%) et l’atmosphère (0,001%).

Fig. 22 : Répartition du volume total de l’hydrosphère

Les grands réservoirs de l’hydrosphère sont les océans, les mers et les lacs. Les océans couvrent une surface
de 360,7.106 km2, soit 70,71% de la surface de la terre. Les grands réservoirs se répartissent comme suit :
Océans = 360,7.106 km2 (70,71%)
Océan Pacifique : 179,7.106 km2
Océan Atlantique : 106,1.106 km2
Océan Indien : 74,9.106 km2
Mers :
Mer Caspienne (Asie de l’Ouest) : 371 000 km2
Mer d’Aral (Asie de l’Ouest): 34 000 km2
Lacs :
Lac Supérieur (Amérique du Nord) : 84 131 km2
Lac Victoria : 68 100 km2 (Afrique de l’Est) situé dans la région des grands lacs ou la vallée
du Rift : Lac Turkane, Lac Albert, Lac Tanganyka, Lac Nyasa.
L’essentiel de l’eau de notre planète est donc salée. Le taux de salinité des eaux océaniques varie entre 33 et
38g/l (tab. 3). La majeure partie de l’eau douce est gelée et contenue dans les calottes glaciaires des pôles
nord et sud. Leur fonte, du fait du réchauffement climatique (changements climatiques), est serait
responsable de l’élévation du niveau marin de l’ordre de 600m.
Tableau 3 : Données caractéristiques des océans
Surface 363 millions de km2
Profondeur moyenne 3800 m
Volume 1340 millions de km3
Salinité 33 à 38 g/l, suivant la température et les apports d'eau douce
(embouchure des grands fleuves); salinité moyenne de 35 g/l
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La structure verticale des océans est fonction de la profondeur :


• 0 à 200 m, les eaux sont légères et chaudes ;
• Aux environs de 200 m, on a la présence de la thermocline marquant une chute brutale de la
température.
• Au-dessous de 200 m, c’est les eaux profondes froides (2 à 4°C) et denses.

La thermocline est la zone de transition thermique rapide entre les eaux superficielles (plus chaudes et
oxygénées) et les eaux profondes (plus froides et anoxiques et parfois plus salées). La zone située au-dessus
de la thermocline est appelée épilimnion, et celle située dessous est dite hypolimnion. La circulation des
courants océaniques sont très différentes de celles des courants atmosphériques. Seule la couche de surface
est chauffée par le soleil ce qui crée une couche de surface stable. La densité de l’eau des océans varie non
seulement en fonction de la température mais aussi avec la salinité. Les températures et la salinité de l’eau
permettent de définir les masses d’eau ainsi que les discontinuités de l’océan. Les températures moyennes de
surface des eaux océaniques varient entre -2 à +3°C dans les régions polaires et 25 à 28°C dans les régions
équatoriales des océans Indien et Pacifique. Le taux de salinité est variable en fonction des apports d’eau
douce, de l’évaporation et de la température. Dans les régions polaires, les températures sont froides, les
eaux relativement denses. Cette discontinuité thermique est associée à une discontinuité de salinité: c’est
l’halocline. Cette stratification se répercute dans la densité de l’eau de mer qui est fonction de la
température, de la salinité et de la pression.

C’est la circulation atmosphérique qui détermine les courants de surface de l’océan. Par friction, le vent
entraîne l’eau avec une déviation de 45°C en surface, mais qui augmente avec la profondeur. La circulation
atmosphérique crée ainsi des accumulations (convergences) et des creux (divergences). Ces différences de
topographie induisent des courants de gravité qui sont déviés par la force de Coriolis.

La Structure verticale est fonction de la profondeur :


0 à 200 m : on a des eaux légères et chaudes
Aux environs de 200 m, se trouve la thermocline, marquant une chute brutale de la température
Enfin, au-dessous de 200 m se trouvent les eaux profondes froides (2 à 4°C) et denses.

Les océans ont une action profonde sur les conditions qui règnent sur terre par leur interaction avec le
climat, les gaz, les réserves chimiques qu'ils contiennent en solution...En effet, les 2/3 du rayonnement
solaire intercepté par l’hydrosphère qui favorisent les échanges thermiques, via l’absorption très efficace par
les océans du rayonnement atmosphérique (jusqu’à 95% du rayonnement reçu). Les océans sont de
gigantesque réservoir de chaleur et le principal fournisseur de vapeur d’eau pour l’atmosphère. Ils ont de
gros impacts sur le développement et le maintien de la vie sur terre.
I.3. Lithosphère
La lithosphère est l'enveloppe solide. Son épaisseur varie entre 70 et 140km. Elle est constituée des terres
émergées (croûte continentale, moins dense mais plus épaisse) et du plancher des océans (croûte océanique,
plus lourde et plus dense). Ces deux croutes se côtoient et du fait des mouvements, peuvent se rencontrer,
l’une passant sous l’autre ou alors elles peuvent s’affaisser. La croute océanique est constituée de roches
basaltiques et la croute continentale de roches granitiques et intermédiaires. Les Terres
émergéesreprésentent¼ de la surface terrestre (tab.4). La Lithosphère correspond à 2% volume de la terre et
elle n’a pas une surface uniforme.

Tableau 4 : Terres émergées


Terres émergées/Répartition 149,4.106 km² (29,29% ou ¼ du globe)
Asie 43 807 785 km²
Afrique 30 281 812 km²
Amérique du nord 24 343 681 km²
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Amérique du sud 7 845 439 km²


Europe 10 392 439 km²
Antarctique 14 107 637 km²
Australie 7 660 000 km²
Océanie 1 305 000 km²

Tableau 5 : Variation de la surface de la lithosphère


Altitude moyenne 840 m
Asie (Mt Everest) 8848m
Afrique (Mt Kilimandjaro) 5895m
Amérique du Sud (Cerro Aconcagua 6960m
Profondeur moyenne -3800m
Pacifique Ouest :
Fosse des Mariannes : "Challenger Deep" (-11 035m)
Fosse Tonga (-10 882m)
Pacifique Est :
Fosse Pérou-Chili (-8 064m)
Fosse du Guatemala (-6 662m)
Atlantique :
Fosse de Porto Rico (-9 218m)

La lithosphère, malgré sa solidité apparente, est élastique. Elle enregistre et amortit les mouvements du
magma visqueux. Elle est déformée par les mouvements de rotation (aplatissement aux pôles et renflement à
l’Équateur). De 0 à 30km c’est l’écorce terrestre. La lithosphère est le support de l’atmosphère et de
l’hydrosphère. La température et la pression augmentent avec la profondeur. Les formations sous-jacentes
passent de l’état solide à l’état visqueux.
Le globe terrestre comprend 3 zones principales (cf. chapitre 4) ayant chacune ses propriétés et sa
composition propre: noyau, manteau et écorce terrestre ou la lithosphère. Ces zones sont séparées par des
discontinuités.
• Le noyau et le manteau constituent la masse interne, dense, profonde appelée aussi endosphère ;
• L’écorce terrestre est une mince couche de roches froides, solides mais légères, d’épaisseur variable
sous les continents ou sous les océans.
Deux discontinuités importantes séparent croûte, manteau et noyau :
• La discontinuité de Mohorovicic (MOHO) marque un contraste de densité entre la croûte terrestre et
le manteau ;
• La discontinuité de Gutenberg marque un contraste de densité entre le manteau et le noyau.
• La discontinuité de Lehmann sépare noyau interne et noyau externe.
Les constituants de la lithosphère sont le Sial dont les compositions chimiques après l’oxygène sont le
Silicium et Aluminium(Sial) et le Sima composé de Silicium et Magnésium.

I.4 Biosphère
Biosphère c’est la Portion de la planète dans laquelle la vie est possible et qui renferme l’ensemble des êtres
vivants (Ramade, 2002). C’est la sphère où se manifeste la vie et est située à cheval entre atmosphère,
lithosphère et hydrosphère.
Elle se caractérise par la productivité biologique et la biodiversité des écosystèmes. Ces écosystèmes
fonctionnels incluent les communautés d’éléments vivants et leur environnement. La biosphère a la
particularité d’avoir du carbone en abondance alors que cet élément est rare dans les autres sphères. Le
carbone y joue un rôle équivalent à celui du silicium dans la lithosphère. Au carbone s’ajoute l’oxygène,
l’hydrogène, l’azote, les 4 éléments constituent la base de la cellule vivante.
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Le monde du vivant est divisé en règne animal et règne végétal. Les éléments sont classés en groupes plus
ou homogènes selon leurs affinités d’ordre physionomique, génétique. Ils sont classés selon les individus qui
ont une évolution commune dans le temps. La distinction va de la variété, l’espèce, le genre, la famille,
l’ordre, la classe à l’embranchement.

La biosphère est constituée d’éléments distincts, discontinus dans l’espace. Il s’agit d’entités comprenant
plusieurs espèces distinctes (1,5 million décrites sur 4 millions au total). Elle se caractérise par un
phénomène d’étagement biogéographique en relation avec la diminution verticale de la température. Les
biomes sont aussi répartis en fonction de la température et des précipitations (dépendent de la latitude,
l’altitude, la saison, l’heure de la journée, la nébulosité). On observe une diversité des paysages
constamment modelés et organisés ou déstructurés par le vivant. Le climat façonne le caractère des
écosystèmes. L’humidité et la température sont deux paramètres clés. Les deux facteurs ont une influence
sur la productivité des écosystèmes. On distingue ainsi cinq types d’écosystèmes dans le monde qui
correspondent plus ou moins aux cinq grandes régions climatiques :
Les écosystèmes forestiers ;
Les écosystèmes des milieux froids : montagne et régions polaires écosystèmes des milieux arides ;
Les formations non forestières des milieux tempérés et tropicaux et ;
Les écosystèmes marins.
Les biomes sont des Communautés d’êtres vivants qui peuplent les grandes unités écologiques ou
macro écosystèmes. C’est un ensemble d‘écosystèmes caractéristique d'une aire biogéographique et nommé
à partir de la végétation et des espèces animales qui y prédominent / complexe biologique.
La répartition des biomes est deux facteurs physiques.

La quantité de chaleur reçue et ses variations saisonnières ;


La circulation atmosphérique générale et les types de circulations océaniques qui en résultent.
Ensemble, ces facteurs dictent le climat local et déterminent ainsi la quantité et la répartition des
précipitations. Connaître la disposition des grandes aires climatiques permet de mieux comprendre la
répartition du vivant en biomes qui sont classés en fonction de la végétation dominante. Ils sont caractérisés
par les adaptations des organismes à leur environnement spécifique (Campbell-1996) ».

Fondation-lamap .org
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Ces biomes, au nombre de 14, diffèrent les uns les autres du fait des climats différents dans lesquels ils
évoluent. L'aire du biome est délimitée par une frontière liée à des facteurs climatiques conditionnant la
communauté végétale dominante spécifique à ce biome. Les caractéristiques de l'environnement dépendent
de sa situation géographique. La dynamique de la biosphère résulte de l’évolution à long terme de la
répartition des espèces et de l’influence de l’Homme.
• Les calottes polaires groenlandaise et antarctique représentent le désert absolu où aucune vie n’est
possible.
• La toundra n’existe que dans les régions circumpolaires. Elle présente une flore modeste de landes,
de pelouses, de mousses et de lichens et une faune peu diversifiée, mais bien adaptée aux conditions
de vie extrêmes.
• Dans la taïga, ou forêt boréale subarctique, la flore est principalement constituée de conifères,
adaptés au climat froid. C’est la zone boisée la plus septentrionale de la planète

La Toundra La Taïga
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• La forêt tempérée, ou forêt mixte, est composée en majorité d’arbres à feuilles caduques. Le type
d'arbre est déterminé par l'influence du climat océanique, continental ou mixte. On la trouve en
Europe, en Asie et en Amérique du nord. La faune y est abondante et variée. La forêt tempérée
humide est caractéristique des zones tempérées où les précipitations sont abondantes. Elle est
peuplée de conifères ou de feuillus. On la rencontre au nord-ouest de l’Amérique du nord, au sud du
Chili, en Tasmanie et en Nouvelle-Zélande.

La forêt Tempérée
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• La prairie, appelée aussi steppe en Asie, pampa en Argentine ou veld en Afrique du sud, est
recouverte de plantes herbacées annuelles.

La Prairie
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• Le maquis se situe dans les régions méditerranéennes, ou à climat comparable tels la Californie, le
Chili, l’Afrique du Sud et le sud de l’Australie. La végétation s’est adaptée à ce climat chaud et sec
en été, et doux en hiver.

Le Maquis méditerranéen
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• Le désert, région aride où la faune et la flore sont pratiquement inexistantes. Selon l’altitude et la
latitude il sera très chaud ou très froid.
• La savane se développe sous un climat tropical alternant saison humide plus courte et saison sèche.
Elle est formée de hautes herbes, plus ou moins parsemées d’arbres ou d’arbustes.
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• La forêt tropicale humide, ou forêt équatoriale, se situe dans la zone intertropicale. Elle est
caractérisée par des arbres de grande taille et par une grande richesse en espèces végétales et
animales. Toutes les forêts équatoriales sont aujourd’hui menacées par la déforestation.

• La montagne est un ensemble de biomes qui diffèrent selon l’altitude et non plus selon la latitude.
Les feuillus présents dans les zones basses font ensuite place aux conifères puis à la toundra alpine.
Les sommets sont des déserts enneigés ou rocheux.

Ces différents milieux influencent l’implantation des activités et les rythmes de vie d'une grande partie de
l'humanité. Les zones désertiques, les plateaux d’altitude, les zones subarctiques, où les conditions de vie
sont particulièrement difficiles, ont des densités de population très faibles. Les zones tempérées sont au
contraire favorables à l’établissement des populations humaines. Les régions proches de la mer sont
également de plus en plus peuplées car elles exercent un fort attrait de population (forte littoralisation) alors
qu’elles sont soumises à des risques climatiques importants, et des catastrophes répétées.

Les différentes sphères sont aussi appelées GEOSYSTEMES, un système spatialisé formé d'un ensemble
d'éléments (naturels et anthropiques) interconnectés qui sont en interrelations. Les sphères sont constituées
d’éléments stables. Ces éléments sont en interrelation. Des flux d’énergie et de matières circulent entre eux
par des systèmes que l’on appelle cycles.

II. Les cycles des éléments naturels


Un cycle est une série de phénomènes, de transformations d’un élément ou d’un système qui se succèdent
dans un ordre déterminé pour aboutir à son état initial. Les éléments qui régissent un cycle ne surviennent
pas les uns après les autres mais sont concomitants. Un cycle n’a ni commencement, ni fin. Il existe un
grand nombre de cycles dans la nature : cycle de l’eau, cycle de l’oxygène, cycle du phosphore, cycle de
l’azote, cycle du carbone, cycle de la roche, cycle du soufre, etc. Seul le cycle du carbone sera présenté
cette année.

II.2. Le cycle du carbone


Le cycle du carbone est le déplacement du carbone sous ses formes diverses entre la surface de la terre, la
lithosphère et l’atmosphère. Il existe quatre grands réservoirs de carbone (figure 6) :
• Atmosphère : CO2 gazeux
• Biosphère matière organique des êtres vivants
• Océan Calcaire, CO2 dissous
• Sous-sol : roche, Sédiments, combustibles fossiles

Tableau 6 : Les quatre réservoirs de carbone


RESERVOIRS STOCKS
Atmosphère
C du CO2 760 G tonnes
C du CH4 10 G tonnes
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Biosphère 610 G tonnes


Hydrosphère 39 000 G tonnes
Lithosphère
Roches sédimentaires 50 000 000 G tonnes
Combustibles fossiles 5 000 G tonnes

Le taux d’échange entre ces réservoirs est appelé flux. Ces réservoirs sont soit des sources de carbone, soit
des puits de carbone. Dans la nature, le carbone se présente sous deux formes : carbone organique et le
carbone inorganique. Ces deux formes sont intimement liées.
• le carbone organique (Corg,) : produit par des organismes vivants et qui est lié à d'autres carbones
ou à des éléments comme l'hydrogène (H), l'azote (N) ou le phosphore (P) dans les molécules
organiques ou les hydrocarbures.
• Le carbone inorganique (Cinorg) : associé à des composés inorganiques, c'est-à-dire des composés
qui ne sont pas et n'ont pas été du vivant et qui ne contiennent pas de lien C-C ou C-H :
- le carbone du CO2 atmosphérique,
- Les calcaires : CaCO3.
Les principaux mécanismes de l'échange de carbone sont la photosynthèse, la respiration et la fermentation.
Les transferts se font entre les organismes vivants, l'atmosphère, la terre et l'eau.

Fig. 20 : Le cycle du carbone (http://www.didaquest.org)

L'hydrogène (H), l'hélium (He), l'oxygène (O) et le carbone (C) sont, dans l'ordre, les éléments les plus
abondants dans le cosmos. Le carbone est un constituant majeur de deux gaz à effet de serre : CO2 (dioxyde
de carbone) et CH4 (méthane). Le cycle global du carbone implique des processus qui agissent en milieu
terrestre et en milieu océanique (fig.12) et où interviennent des réactions chimiques, biologiques et non-
biologiques. Le recyclage du carbone influence la productivité biologique et le climat. La production
annuelle de matières organiques sèches est estimée à 164 milliards. Le réservoir de carbone atmosphérique
est insuffisant pour alimenter les plantes. L’océan est la source complémentaire 50 fois plus grande. Il se
produit donc une diffusion de carbone inorganique des océans vers l’atmosphère. Le cycle du carbone se
déroule en trois phases : la photosynthèse, la respiration et la fermentation.
Photosynthèse :
D'abord, la photosynthèse qui utilise l'énergie solaire pour synthétiser la matière organique en fixant le
carbone dans des hydrates de carbone (CH2O):
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La matière organique est représentée ici par CH2O, la forme la plus simple d'hydrate de carbone. En réalité,
il s'agit de molécules
lécules beaucoup plus grosses et plus complexes dont la base demeure les éléments C, H et O,
mais auxquels viennent se joindre d'autres éléments en faibles quantités comme l'azote (N), le phosphore (P)
et/ou le soufre (S). Cette partie de la matière organique
organique correspond à la productivité primaire, et les
organismes impliqués (bactéries, algues et plantes) sont les producteurs primaires.
primaires Ceux-ci captent
l'énergie solaire et la transforment en énergie chimique qu'ils stockent dans leurs tissus. Cette dernière est
transférée aux organismes consommateurs,
consommateurs, incluant les animaux. Il est intéressant de noter que dans la
nature la biomasse des consommateurs est bien inférieure (ne comptant que pour environ 1% de la masse
totale) à celle des producteurs primaires. Les consommateurs tirent leur énergie de celle qui est contenue
dans les producteurs primaires en ingérant leurs tissus et en respirant.
Respiration
La respiration est l'inverse de la photosynthèse: à partir de l'oxygène libre O2, elle transforme toute matière
organique en CO2:

Il s'agit d'une réaction


éaction qui nécessite la disponibilité d'oxygène libre O2. Dans la nature, une partie de la
matière organique est respirée (oxydée) par les animaux ou les plantes elles-mêmes;
elles mêmes; une autre partie se
retrouve dans les sols terrestres ou les sédiments marins. La
La décomposition se fait sous l'action de micro-
micro
organismes, bactéries et champignons. Ces micro-organismes
micro organismes forment deux groupes: ceux qui utilisent
l'oxygène libre O2 pour leur métabolisme, ce sont les aérobies,, et ceux qui utilisent l'oxygène des molécules
de la matière organique même en absence d'oxygène libre, ce sont les anaérobies.. La décomposition aérobie
produit du CO2 (équation 2). Dans les milieux anoxiques (sans oxygène libre), les anaérobies décomposent
la matière organique par le processus de la fermentation.

Fermentation
C’est la production de dioxyde de carbone et de méthane (hydrocarbure le plus simple, avec une seule
molécule de carbone).

La fermentation produit du dioxyde de carbone et du méthane (l'hydrocarbure le plus simple, avec une
seule molécule de carbone). Ces deux gaz peuvent s'échapper dans l'atmosphère oxygénée. Le méthane, qui
est un gaz à effet de serre 20 fois plus efficace que le CO2, est alors oxydé et se transforme rapidement en
dioxyde de carbone. En fait, son temps de résidence dans l'atmosphère n'est que de 10 ans, mais il ne faut
pas oublier qu'il se transforme en CO2, … ce qui n'est guère mieux pour notre planète.
La teneur en CO2 atmosphérique est en augmentation constante depuis 1840 du fait de :
Utilisation massive de gaz naturel, des hydrocarbures (transports et industries), charbon
Produits pétroliers : source d’énergies
Destruction des massifs forestiers (agriculture, exploitation
exploitation minière, urbanisation)

Les flux de carbone entre ces réservoirs constituent le cycle naturel du carbone, déréglé par les émissions
anthropiques de CO2 qui modifient les flux échangés ou en créent de nouveaux (Ex. : combustion des
réserves de carbone organique fossile.). L’atmosphère est le réservoir le plus affecté par les activités
anthropiques.
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L’accroissement des émissions de gaz à effet de serre GES comme le dioxyde de carbone, l’azote, le
méthane, … dans l’atmosphère est au cœur des débats scientifiques et politiques concernant les changements
climatiques. Ces GES (gaz rares) contribuent à l’effet de serre additionnel responsable de changement de la
composition chimique de l’atmosphère. Il en résulte un réchauffement climatique responsables de fonte des
glaciers, hausse du marin, la sécheresse, tempête, cyclone, inondation, etc. Les conséquences de ce
réchauffement sont variables d’une région à une autre : fonte des glaciers, hausse du marin (menace sur les
littoraux et les îles), sécheresse, tempête, cyclone, inondation, etc.
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DEUXIEME PARTIE : LA STRUCTURE INTERNE DU GLOBE


La connaissance de la structure interne du globe échappe à l’observation directe. La structure interne de la
Terre est connue grâce à des indications apportées par la propagation en profondeur des ondes sismiques,
une véritable écographie de la planète. Ces données sont associées à l’analyse des variations de la gravité, du
champ magnétique et du flux de chaleur dans des modèles complexes. Le plus profond sondage se situe à
environ 10 000m. Donc, nous avons une connaissance de la structure interne du globe par déduction.

CHAPITRE IV : LA CONSTITUTION INTERNE DU GLOBE


I. Approches méthodologiques pour l’étude de la structure interne

CONSTATS :
Massede la Terre est de : 5,98.1024 kg
Densité moyenne : 5,52
Volume : 1 083 320.106 km3
Densité des roches superficielles : < 3.6
In existe une zone de forte densité : > 5.52
Donc, le globe est formé d’une écorce solide et légère, la lithosphère, et d’une masse interne dense appelée
endosphère (barysphère).Plusieurs approches ont été utilisées dans la compréhension de la constitution
interne du globe (étude des roches, datation des météorites, analyse des sismogrammes, etc.).

1. L’analyse des roches


Le globe terrestre comprend trois zones principales ayant chacune ses propriétés et sa composition propre:
noyau, manteau et écorce terrestre ou la lithosphère. Ces zones sont séparées par des discontinuités. Le
noyau et le manteau constituent la masse interne, dense, profonde appelée aussi endosphère. L’écorce
terrestre est une mince couche de roches froides, solides mais légères, d’épaisseur variable sous les
continents ou sous les océans. Les constituants de la lithosphère sont le SIAL dont les compositions
chimiques après l’oxygène sont le Silicium et Aluminium(Sial) et le SIMA composé de Silicium et
Magnésium.
a. SIAL
La croute continentale est constituée de roches sédimentaires, de roches métamorphiques et de roches
magmatiques. La famille des granites représente 95% de l’écorce terrestre et a une densité située entre 2,3 et
2,7. Elle est composée d’oxygène : 47 % ;Silicium : 27% ;Aluminium : 8%.Il existe sous le SIAL une
portion de la lithosphère plus dense formée de Silicium et Magnésium appelée SIMA, 3,2densité.
b. SIMA
Les roches magmatiques sont de couleur sombre et ont une densité comprise entre 2,9 à 3,6, soit une densité
moyenne de 3,2. Elles ont une origine profonde composées de péridotites, gabbros, basaltes, andésites
(98%).

c. Notion de NIFE
Les roches du SIAL ont une densité comprise entre 2,3 et 2,7. Le SIMA a une densité moyenne de 3,2.
Comme la densité moyenne de la Terre est de 5,52, il existerait à l’intérieur de la terre, une zone de densité
supérieure à 7. Cette zone serait formée de Fer associé à du Nickel d’où le nom de NIFE donné à la partie
centrale de la terre.

2. La datation des météorites


Les météorites sont des débris d’astres du système solaire traversant l’atmosphère terrestre à grande vitesse.
Il s’agit de corps rocheux d'origine extraterrestre qui ont survécu à la traversée de l'atmosphère ; certaines
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tombent sur la terre. Exemple du « Meteor crater »de l’Arizona qui a 1,5 km de large avec 150m de
profondeur. Leur âge serait de 3 à 4 milliards d’années. Il existe une grande variété de météorites regroupées
en trois catégories en fonction de leurs compositions minéralogiques :
• Les sidérites (météorites métalliques) de 7,5 de densité sont composées de lamelles de fer et un peu
de nickel
• Les aérolithes (météorites pierreuses), de 3,5 de densité, sont formés de roches très basiques
• Les tectites (météorites vitreuses ou intermédiaires ou mixtes) de 2,5 de densité et de composition
granitique.

3. L’étude des sismogrammes


Le sismogramme est l’enregistrement des ondes produites par les tremblements de terre qui est
l’ébranlement brutal du sol provoqué, en profondeur, par un mouvement brusque de deux compartiments
profonds. Il en résulte une libération instantanée d’énergie élastique lentement accumulée. Le foyer est le
lieu précis où se produit le mouvement initial. L’épicentre est le lieu en surface à la verticale du foyer.

Une sorte d'échographie de l'intérieur de la Terre a été établie à partir du comportement des ondes sismiques
lors des tremblements de terre. Les sismologues Mohorovicic et Gutenberg ont réussi à déterminer l'état et la
densité des couches par l'étude du comportement de ces ondes sismiques. La vitesse de propagation des
ondes sismiques est fonction de l'état et de la densité de la matière. Certains types d'ondes se propagent
autant dans les liquides, les solides et les gaz, alors que d'autres types ne se propagent que dans les solides.
Lorsque qu'il se produit un tremblement de terre à la surface du globe, il y a émission d'ondes dans toutes les
directions.
Il existe deux grands domaines de propagations des ondes
- Les ondes de surface qui se propagent à la surface du globe, dans la croûte terrestre, et qui causent
des dégâts associés aux tremblements de terre,
- Les ondes de fond qui se propagent à l'intérieur de la terre et qui peuvent être enregistrées en
plusieurs points du globe. Il y a deux grands types d’ondes de fond : les ondes de cisaillement ou
ondes S, et les ondes de compression ou ondes P.
• Les Onde P (fig. 28) sont des vibrations qui agissent en compression. Les particules se déplacent
dans le sens de propagation de l’onde, un peu comme dans un ressort ou une onde sonore. Ces
ondes de compression se propagent dans les solides, les liquides et les gaz.

Fig.28: Ondes P (souterweb.free.fr)

• Les Onde Sou ondes de cisaillement(fig. 29)interviennent lorsque les particules se déplacent
perpendiculairement au sens de propagation de l’onde, un peu comme une oscillation sur une
corde. Ces ondes de cisaillement se propagent dans les solides mais jamais dans les milieux
liquides ou gazeux.

Fig.29: Ondes S (souterweb.free.fr)


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4. L’analyse des
es sismogrammes
L’étude de la propagation et de la trajectoire des ondes P et S montre l’existence de discontinuités à
l’intérieur du globe. La structure interne de la Terre, ainsi que l'état et la densité de la matière, ont été
déduits de l'analyse du comportement des ondes sismiques. Les ondes P se propagent dans les solides, les
liquides et les gaz, alors que les ondes S ne se propagent que dans les solides. Laa vitesse de propagation des
ondes sismiques est proportionnelle à la densité du matériel dans lequel elles se propagent.

La brusque interruption de propagation des ondes S à la limite entre le manteau et le noyau indique que le
noyau externe est liquide. L'augmentation progressive de la vitesse des ondes P et S dans le manteau indique
une augmentation de densité du matériel à mesure qu'on s'enfonce dans ce manteau. La chute subite de la
vitesse des ondes P au contact manteau-noyau
manteau est reliée au changement d'état de la matière (de
( solide à
liquide), mais les vitesses relatives continuent d'augmenter, indiquant une augmentation des densités.

Plus en détail, au contact lithosphère-asthénosphère,


lithosphère asthénosphère, on note une légère chute des vitesses de propagation
p
des ondes P et S correspondant au passage d'un matériel solide (lithosphère) à un matériel plastique
(asthénosphère)
La vitesse
itesse de propagation des ondes P et S dépend uniquement de la distance entre le foyer et la station de
réception. Cela est possible si le milieu traversé est isotrope
is ou de constitution homogène.
homogène Avec le
tremblement
remblement de terre du 8 octobre 1909 (Croatie), Andrija Mohorovicic constate :
- La réflexion et la réfraction d’ondes P et S de grande amplitude (~ 100km)
km) ;
- Plus loin de l’épicentre, les
es réflexions sont faibles.
Il admet ainsi l’existence d’une
une discontinuité à environ 50km
50km de profondeur séparant deux milieux de
composition différente (fig. 30).

Fig.30 : Localisation des ondes sismiques (kosmopolis.free.fr)

II. Constitution interne du globe - Résumé


1. L’existence de discontinuités
iscontinuités dans la structure interne de la terre
La discontinuité de MOHO a une profondeur moyenne de 35 km.
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o Sa limite est variable en fonction du lieu :


• 12 km sous les océans,
• 35 km sous les continents et
• 70 km sous les montagnes.
o La vitesse des ondes P passe de 6,7 à 8,1 km/s,
o Vitesse des ondes S passe de 3,7 à 4,7 km/s.

Cette discontinuité est mise en évidence par l'accélération des vitesses des ondes sismiques lors de leur
passage croûte-manteau, correspondant à un changement de composition des matériaux entre croûte et
manteau.

La discontinuité de GUTENBERG située à 2 900 km


– A 2900 km de profondeur, on enregistre une chute de la vitesse des ondes P et la disparition des
ondes S.
– Cette discontinuité sépare le manteau inférieur et le noyau externe.
• A une Profondeur < 2 900 km :
Vitesse des ondes P : 14 km/s
Vitesse des ondes S : 8 km/s
• A une Profondeur > 2 900 km :
La vitesse onde P est de 8 km/s
disparition des Ondes S

– La discontinuité de Gutenberg se manifeste par un ralentissement des vitesses des ondes


sismiques, marquant un changement de composition par rapport au manteau.

La discontinuité de LEHMAN (1936) localisée à 5100 km

Vers 5000 km de profondeur, la vitesse des ondes P passe brutalement de 10 à 11 km/s. Cette zone est
marquée par la présence des ondes P :
• A une profondeur comprise entre 2 900 et 5 100km, la vitesse des ondes P est de 10km/s ;
• A une profondeur > 5.100km, la vitesse des ondes P est de 11km/s
Dans le noyau (fig. 31 et 32), la discontinuité de Lehmann établit une séparation entre le noyau externe
(fluide ou liquide, zone F) et le noyau interne (solide, zone G) appelé GRAINE.
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Fig. 31 : Zones internes du globle (www2.ggl.ulaval.ca)

Résumé de la structure interne du globe (www2.ggl.ulaval.ca


www2.ggl.ulaval.ca) Fig.32 : Discontinuités de la structure interne du globe(www2.ggl.ulaval.ca)

2. Les couches ou sphères de la structure interne du globe


Le globe terrestre est constitué de sphères concentriques ou géosphères qui sont de l’extérieur vers
l’intérieur la lithosphère ou écorce terrestre,
terrestre le manteau et le noyau. Ces 3 zones principales sont
s séparées
par des discontinuités :
• La Lithosphère (ou écorce) appelée aussi croute terrestre est subdivisée en croute sédimentaire,
granitique et une couche basaltique. Elle correspond à 2% du volume de la terre.
terre Elle est formée
d’une croûte continentale et d’une croûte océanique. Les deux croutes se côtoient. L’écorce ou zone
A est une mince couche de roches froides, solides mais légères, d’épaisseur variable sous les
continents ou sous les océans.
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• Le Manteau correspond à 81% du volume de la terre et comprend le manteau supérieur et le


manteau inférieur:
– Le manteau supérieur ou zone B est plastique, mais dont la partie supérieure est solide. Il
fournit l’énergie nécessaire aux mouvements verticaux de la croute. L’Asthénosphère, d’une
épaisseur de quelques centaines de kilomètres, se trouve dans cette zone très dense et plus
chaude que la croute. Vers 1 000km se localise la zone C, dite de transition.
– Le Manteau inférieur solide, ou zone D, s’étend de 1000km à 2900km.

• Le noyau: correspond à 17% du volume de la terre. Il comprend le noyau externe fluide et noyau
interne solide. Il est divisé en trois zones :
– La zone E se comporte comme un liquide vis-à-vis des ondes
– La zone F est épaisse de 100 à 150km et
– La zone G ou graine.
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CHAPITRE V : LA TECTONIQUE DES PLAQUE


I. La théorie de l’isostasie
1. Définition
L’isostasie (iso: égal; stasis : arrêt, équilibre) est l’état d'équilibre réalisé à une profondeur, une zone de
compensation pour laquelle, la pression de charge est la même en tout point. L’isostasie est l’équilibre entre
les divers compartiments de l’écorce terrestre dû aux différences de densité. Pour schématiser, on peut
considérer que la lithosphère, de densité inférieure à l’asthénosphère, « flotte » sur cette dernière. Il en
résulte un transfert de matière vers la zone de compensation et le tout va tendre vers l’équilibre. On peut
aussi faire l’analogie avec un iceberg flottant sur l’océan (l’eau, à l'état de glace, est moins dense qu'à l'état
liquide). Plusieurs théories tentent d’expliquer l’équilibre gravimétrique du globe comme la théorie de Pratt,
d’Alry, etc.

2. Les conséquences de l’isostasie


Trois situations peuvent être distinguées (fig. 33) :
Situation A : A l'échelle continentale, l'érosion par les eaux de ruissellement, la glace et le vent tend à
aplanir les reliefs vers un profil de base qui est le niveau des mers. Selon le principe d'isostasie (pour rappel,
la lithosphère "flotte" sur l'asthénosphère), l'ablation d'une tranche de matériaux à la surface d'un continent
entraîne un rééquilibrage des masses ; il y a remontée de l'ensemble de la lithosphère continentale. La croûte
continentale s'amincit progressivement et tend vers la pénéplaine et vers une épaisseur de croûte continentale
qui soit compatible avec l'épaisseur de la croûte océanique, en conformité avec les densités respectives des
deux croûtes. Aussi, la fonte des glaces et l’érosion allègent les compartiments qui auront tendance à se
soulever.
Situation B : Par contre, la sédimentation ou l’enneigement surcharge les compartiments qui vont
s’enfoncer progressivement en provoquant un déplacement de sédiment.
Situation C : La surcharge due à l'addition de sédiments sur la lithosphère océanique crée un enfoncement
qu'on appelle subsidence.

On a donc un réajustement isostasique qui traduit l’équilibre du globe.

Situation A : Erosion Situation B : Sédimentation Situation C : Subsidence


Figure 33 : réajustement isostasique qui traduit l’équilibre du globe(www2.ggl.ulaval.ca)

II. La dérive des continents


La dérive des continents défend l'idée essentielle que les continents se cassent, dérivent sur des milliers de
kilomètres, et entrent en collision. Plusieurs théories ont essayé d’expliquer ces faits.
• A la fin du XIXe siècle, Eduard Suess, du fait des analogies de faunes et de flores fossiles entre des
régions aujourd'hui séparées par des océans, remarque que celles-ci sont inexplicables si l'on n'admet
pas l'existence de liaisons intercontinentales. L'isolement génétique aurait abouti à de profondes
divergences.
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• La théorie
rie de la dérive des continents défendue par Alfred Wegeneren1915en1915 est basée sur des
constatations pour expliquer
xpliquer la similitude dans le tracé des côtes de part et d'autre de l'Atlantique
(fig. 34).

Fig. 34 : Positions des continents (blogs.crdp-limousin.fr)


limousin.fr)

Les chaines des Appalaches, des


es Mauritanides et des Calédonide sont des structures géologiques identiques
et se sont formées entre 470 et 350 Ma.
Ma Elles ne forment qu’une seule chaîne continue si on rapproche les
continents.

Conclusion de Wegener :
Tous les continents formaient à l’origine un seul bloc, la PANGEE ou le Méga--continent, entouré par un
océan mondial, PANTHALASSA.. Cette théorie s’appuie sur la similitude du tracé des côtes qui permet
l’emboitement des continents, la continuité des séries plissées sur les deux rives de l’Atlantique sud, les
traces de glaciations d’âge carbonifère, et laa répartition des flores fossiles qui montre la concordance des
aires phytogéographiques. Il admet laa division de la Pangée en 2 blocs,
bl la Laurasia et le Gondwana, puis la
fragmentation et la dérive des continents « flottant » sur le manteau fluide. En 1915, Wegener avance
l’hypothèse d’un continent unique (Pangée) et publie « L’origine des océans et des continents » : théorie dite
de la dérive des continents.. Wegener remet ainsi en cause l’ancienne théorie géologique fixiste qui soutient
que les océans et les continents sont dessinés et placés en un endroit une fois pour
pour toutes.

Enn s’appuyant sur les mouvements isostatiques, Wegener


Wegener explique que la couche de SIMA tout en étant
solide peut présenter un compartiment
ment fluide. Wegener dit que sii les mouvements verticaux sont possibles,
pourquoi les mouvements horizontaux seraient-ils exclus ? Les continents dérivent avec le déplacement du
SIAL sur le SIMA. C’est l’unique fausse conclusion de Wegener. Cette explication
xplication est insuffisante pour
retracer les mécanismes de changement de position des continents. Cette théorie a reçu re beaucoup de
critiques de la part des scientifiques de l’époque.

Mais qu’est-ce qui est à l’origine de la dérive des continents ? Quel est le moteur de cette dynamique ?

III. La tectonique
ectonique des plaques
La tectonique des plaques est une théorie scientifique planétaire récente qui dit que les déformations de la
lithosphère sont reliées aux forces internes de la terre. On sait aujourd'hui, grâce à la théorie de la tectonique
des plaques, que les continents ont bougé tout au long de l'histoire
l'histoire géologique et, le paléomagnétisme est
utilisé comme outil de base pour reconstituer la position des continents aux diverses époques géologiques.
La formation de lithosphère océanique à la dorsale enregistre la polarité du champ magnétique terrestre au
moment où cristallise le basalte. Le plancher océanique qui s'étale détermine la polarité du champ
magnétique au fur et à mesure de son déroulement. Ce sont ces différences de polarité magnétique qui sont
responsables des anomalies de l'intensité du champ.

Ces déformations ont abouti au découpage de la lithosphère en un certain nombre de plaques rigides (14
plaques majeures et de nombreuses petites plaques)
plaques qui se déplacent les unes par rapport aux autres en
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glissant sur l'asthénosphère. Elles ont des interactions sur leur bordure. La tectonique étudie la nature et les
causes des déformations des ensembles rocheux de la lithosphère terrestre à toutes les échelles. Par
définition, une plaque est un volume rigide, peu épais par rapport à sa surface.
La terre est constituée d’un ensemble de plaques rigides qui sont en déplacement les unes par rapport aux
autres ; elles ont des interactions sur leur bordure. Il existerait des zones de :
- Zone de construction de croûte résulte de l’écartement des plaques qui entraine la production de
nouvelles croutes océaniques au niveau des rifts au milieu des océans (ride médio-atlantique) ou des
surfaces au niveau continental (rift valley). C’est la divergence de plaque ;
- Zone de destruction de croûte est le fait du rapprochement des plaques avec chevauchement
entrainant la descente de la lithosphère dans les fosses océaniques (dans le manteau). Par la
connaissance des ouvertures dans les océans et des limites des plaques, on arrive à calculer les
mouvements dans les fosses. Au niveau du Japon, on a un raccourcissement dans la direction Est-
Ouest de 8cm/an. La chaine Alpine-Himalaya produit un raccourcissement de 3,3cm/an à
5cm/an (fig. 35);
- Zone de glissement latéral de plaques. On a le glissement le long de la faille de San Andréas en
Californie avec ni création de surface, ni destruction de surface.

Fig. 35 : Les plaques tectoniques (www2.ggl.ulaval.ca)


L’ensemble des plaques rigides se caractérise par l’égalité de création de surface par rapport à l’égalité de
destruction de surface. La terre ne change pas de volume, c’est une sphère. Les plaques bougent de manière
uniforme. Ce mouvement relativement permanent permet d’amener un ensemble rigide d’un point à un
autre. Ce modèle est identique à celui de Wegener. Le renouvellement du fond océanique et la variation
temporelle du pôle magnétique terrestre permettent actuellement de vérifier la théorie de Wegener. Ce
renouvellement des fonds océaniques fait que l’âge des océans est d’environ 180 millions d’années (plus
jeune que la terre) :
• La partie ancienne se trouve sur le bord de l’océan Atlantique et de l’océan Pacifique
• La dorsale est plus récente

III.1. Les types de frontières


Le fond des océans est progressivement de plus en plus âgé. En devenant plus âgé, l’océan s’alourdit et il
finit par replonger à l’intérieur de la terre. C’est cette mobilité du fond des océans qui entraine la mobilité et
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la régénération continuelle des continents. Ces mouvements définissent trois types de frontières entre les
plaques (fig.36):
- Les frontières divergentes marquées par l’éloignement des plaques l'une de l'autre et la production de
nouvelle croûte océanique ;
- Les frontières convergentes quand deux plaques entrent en collision, conséquence de la divergence
et;
- Les frontières transformantes, lorsque deux plaques glissent latéralement
téralement l'une contre l'autre le long
de failles.

Fig. 36 : Types de frontières (www2.ggl.ulaval.ca)

1. Les frontières divergentes


La terre produit de la chaleur, trop de chaleur. Elle a besoin d’amener la chaleur du fond de la terre vers la
surface. La ventilation de la chaleur nécessaire se produit essentiellement sous le fond des océans et entraine
le déplacement des continents qui fonctionnent comme de grandes plaques isolantes (qui ne peuvent pas
rester au même endroit). Il y a un flux de chaleur qui va du centre vers l'extérieur de la terre, un flux causé
par la désintégration radioactive de certains éléments chimiques et qui engendre des cellules de convection
dans le manteau plastique (asthénosphère).
La convection entraîne laa concentration de chaleur en une zone où le matériel chauffé se dilate, ce qui
explique le soulèvement correspondant à la dorsale océanique. La concentration de chaleur conduit à une
fusion partielle du manteau qui produit du magma. La convection produit dans la lithosphère des forces de
tension qui font
ont que deux plaques divergent. Elle
E est le moteur du tapis roulant qui entraîne la lithosphère
océanique de part et d'autre de la dorsale. Entre ces deux plaques divergentes, la venue de magma crée de la
nouvelle croûte océanique. Lorsquee les continents accumulent la chaleur dessous, ils se cassent en deux.
C’est le cas du rift africain comme c’était le cas de l’ensemble Afrique-Europe-Amérique
Afrique Amérique il y a 250 millions
d’années (au Permien).

2. Les frontières convergentes


Si la surface de la terre est un espace fini, le fait que les plaques grandissent aux frontières divergentes
implique qu'il faudra détruire de la lithosphère ailleurs pour maintenir constante la surface terrestre. Cette
destruction se fait aux frontières convergentes qui marquent le contact entre deux plaques lithosphériques
qui convergent l'une vers l'autre. La destruction de plaques
plaque se fait par l'enfoncement dans l'asthénosphère
d'une plaque sous l'autre plaque et par la digestion de la portion
portion de plaque enfoncée dans l'asthénosphère.
Les conséquences diffèrent selon la nature des plaques (océaniques ou continentales) qui entrent en
collision. Il existe trois
rois types de frontières convergentes :
- Convergencee entre deux plaques océaniques ;
- Convergence entre une plaque océanique et une plaque continentale ;
- Convergence de deux plaques continentales.
continentales
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a. Convergence entre deux plaques océaniques


La plaque la plus dense et la plus vieille s'enfonce sous l'autre pour former une zone de subduction. Elle se
manifeste par l’enfoncement
nfoncement du matériel moins dense (d~3,2) dans du matériel plus dense (d~3,3), du
matériel moins chaud dans du matériel plus chaud. L'asthénosphère "digère" peu à peu la plaque
lithosphérique. Il se produit un phénomène de fusion partielle de la plaque engloutie. Le magma résultant
(liquide), moins dense que le milieu ambiant, monte vers la surface. Une grande partie de ce magma reste
emprisonnée dans la lithosphère, mais une partie est expulsée à la surface, produisant des volcans
volcan sous la
forme d'une série d'îles volcaniques (arc insulaire volcanique) sur le plancher océanique. Exemple :
Pacifique-Ouest : les grandes fosses des Mariannes, de Tonga, des Kouriles et des Aléoutiennes, chacune
possédant leur arc insulaire volcanique. Dans la mer des Caraïbes (Atlantique), la fosse de Puerto Rico a
donné naissance à l'arc insulaire des Antilles.
b. Convergence entre plaque océanique et plaque continentale
La plaque océanique plus dense s'enfonce sous la plaque continentale. Les basaltes de la plaque océanique et
les sédiments du plancher océanique s'enfoncent dans l’asthénosphère plus dense puis la plaque est digérée.
Une partie du magma résultant provoque un volcanisme. Exemple : Pacifique-Est Est : les volcans de la Chaîne
des Cascades (Cascade Range) aux USA (incluant le Mont St. Helens) résultent de la subduction dans la
fosse de Juan de Fuca dans les Cordillères des Andes en Amérique du Sud reliéess à la fosse
fos du Pérou-Chili.
c. Convergence de deux plaques continentales
Quand deux plaques continentales se rapprochement, l'espace océanique se referme au fur et à mesure. Le
matériel sédimentaire du plancher océanique, plus abondant près des continents, et celui du prisme
d'accrétion se concentrent de plus en plus; le prisme croît. Toutes les grandes chaînes de montagnes plissées
ont été formées par ce mécanisme. Exemple
xemple : à l’Oligocène et au Miocène (35,7 – 5,3 millions d’années), la
collision de l'Inde avec le continent asiatique a provoqué la formation de la chaîne
ne de l’Himalaya.

3. Frontières transformantes
Les frontières transformantes correspondent à de grandes fractures qui affectent toute l'épaisseur de la
lithosphère. Onn utilise plus souvent le terme
terme de failles transformantes. Elles se trouvent le plus souvent, mais
pas exclusivement, dans la lithosphère océanique (faille faille de San Andreas en Californie).
Californie La lithosphère
redescend dans le manteau et entraine le glissement le long de la faille de San Andréas
And (fig.37). Il n’y a ni
création, ni destruction de surface.

Fig. 37 : Frontière transformante de la plaque de l’Amérique du Nord (www2.ggl.ulaval.ca)


www2.ggl.ulaval.ca)
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III.2 Les conséquences de la tectonique des plaques


Les conséquences de la tectonique des plaques sont multiples : volcans, séisme, tsunami, raz de marée,
formation de chaines de montagnes.

1. Volcanisme
Les volcans ne se répartissent pas de façon aléatoire à la surface de la planète (fig. 37). Ils se situent :
• Aux frontières de plaques : volcanisme de dorsale et de zone de subduction,
• À l'intérieur des plaques : volcanisme intraplaque (exemple du volcanisme de point chaud).
a. Le volcanisme de dorsale : l'exploration sous-marine montre qu'il y a des volcans sous-marins tout
le long des dorsales, particulièrement dans le rift central, là où il se forme de la nouvelle lithosphère
océanique (péridotites).Cas de l'Islande qui est assise sur la dorsale de l'Atlantique-Nord et qui est
formée uniquement de volcans. Dans ce cas précis, le volcanisme de dorsale a réussi à s'élever au-
dessus du niveau marin pour former une île volcanique ;
b. Le volcanisme de zone de subduction (fig. 38) relié à l'enfoncement d'une plaque sous l'autre va
former des chaînons de volcans. Selon qu'il s'agisse d'une collision entre deux plaques océaniques,
ou entre une plaque océanique et une plaque continentale, la nature du volcanisme diffère. La
convergence entre deux plaques océaniques entraine la formation d'un chaînon de volcans qui
s'élèvent au-dessus de la surface des océans pour constituer un arc insulaire. Par exemple, toute la
portion de la Ceinture de feu qui se situe dans le Pacifique-Ouest et le Pacifique-Nord est associée à
ce type de collision.

Fig. 38 : Distribution des volcans (www2.ggl.ulaval.ca)

La Convergence entre plaque océanique et plaque continentale donne des volcans qui se trouvent sur la
marge de la plaque continentale et forment un arc continental (exemple : la Cordillère des Andes dans
l'Ouest du continent sud-américain).
La ceinture de feu du Pacifique (fig. 39) est une ligne bordant l'océan Pacifique sur 40 000km en forme de
fer à cheval, caractérisée par de fréquents séismes et des volcans. Cette longue guirlande d'îles volcaniques
prend naissance à la pointe méridionale de l'Amérique du Sud, remonte le long de l'Amérique centrale et des
zones côtières de l'Amérique du Nord, va jusqu'en Alaska, rejoint le Japon ainsi que les Philippines, puis
finit dans le Pacifique Sud. La ceinture est formée de la cordillère des Andes, la Cordillère néovolcanique
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(cordillère d'Amérique centrale), la chaîne des Cascades aux États Unis (Mont Saint Helens) et au Canada,
les volcans des régions d'Alaska et du Japon.
Ja Les îles de la bordure Est-Pacifique
Pacifique terminent cette boucle
(Philippines, Nouvelle-Guinée,
Guinée, Vanuatu, Tonga-Kermadec
Tonga et Nouvelle-Zélande).
Cette zone regroupe 452 volcans dont 75% des volcans actifs et éteints du monde, 90% des tremblements de
terre et 80% des plus grands tremblements. Parmi les 1 500 volcans actifs, les plus dangereux sont situés
dans la "ceinture de feu" du Pacifique. C’est
C ici que se localisent les zones sismiques les plus à risques.

Fig.39 : Ceinture de feu du Pacifique(


Pacifique www2.ggl.ulaval.ca)

La seconde région la plus sismique du monde qui concentre 5 à 6% des tremblements de terre et 17% des
plus grands tremblements de terre se trouve au niveau de la chaine de montagne qui s'étend de Java à
Sumatra en passant par l'Himalaya, la Méditerranée, et à l'extérieur dans l'Atlantique. La troisième région la
plus sismique se trouve sur la dorsale médio-atlantique.
médio
c. Le volcanisme de point chaud : c’est un volcanisme intra plaque qu'on retrouve principalement,
mais pas exclusivement, sur les plaques océaniques. Pour des raisons que l'on comprend encore mal,
il se fait en certains points du manteau, une concentration locale de chaleur
chaleu qui amène une fusion
partielle du matériel. C'est ce qu'on appelle un point chaud. Les chaînons volcaniques de points
chauds viennent appuyer la théorie de l'étalement des planchers océaniques. Les points chauds sont
stationnaires et peuvent fonctionner pendant plusieurs millions d'années, jusqu'à 100 Ma même (ex :
les îles du Cap-Vert, Ile de la Réunion).
Réunion
2. Le tremblement de terre
Les séismes n'ont pas une répartition aléatoire à la surface de la planète. On retrouve les séismes surtout aux
frontières des plaques lithosphériques. Les séismes ne se produisent que dans du matériel rigide, donc
toujours dans la lithosphère, jamais dans l'asthénosphère
l'asthénos qui est plastique. Il existe trois
t classes de séismes :
- Les séismes superficiels à faible profondeur (environ quelques dizaines de kilomètres) surviennent
aux frontières divergentes et aux frontières convergentes
- Les séismes intermédiaires (situés
situés à 10-100km
km de profondeur) surviennent au voisinage des limites
convergentes;
- Les séismes profonds (jusqu’à
jusqu’à 700km
700 de profondeur),), à la base de l'asthénosphère
l'asthé se trouvent
exclusivement au voisinage de limites convergentes.
Les trois classes de séismes se distribuent selon un schéma bien défini :
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• A la convergence de plaques: Exemple : la zone de convergence Kouriles-Japon dans le nord-ouest


du Pacifique. Les séismes intermédiaires et profonds ne se produisent qu’aux frontières
convergentes. La puissance du séisme de subduction s’accompagne de tsunami de grande ampleur. Il
s’y produit aussi de méga séisme. Exemple du séisme du 26 décembre 2004 qui s'est produit au large
de Sumatra avec une magnitude de 9,1 à 9,3. Ce tremblement de terre provoque une vague géante
dans l'océan Indien. Ce tsunami dévastera douze pays et fera plus de 230 000 morts, en Indonésie et
au Sri Lanka principalement.
• A la divergence de plaques, la lithosphère océanique dépasse rarement les 10-15km, ce qui fait qu'il
ne peut y avoir que des séismes superficiels.
• Les mouvements qui se produisent sous la lithosphère (convection) se font dans une asthénosphère
plastique et par conséquent ne peuvent engendrer des ruptures.

3. Le tsunami et raz de marée


Le tsunami (japonais) est la vague de plage engendrée par un mouvement du fond sous-marin généré par un
séisme, une éruption volcanique ou un glissement de terrain. Le soulèvement du fond marin engendre un
gonflement de la surface de l'océan. À l'approche de la première vague de tsunami, il se produit d'abord un
retrait de la mer (ce qui est de nature à attirer les curieux!).Vient ensuite la première vague. Celle-ci peut
être suivie d'un second retrait, puis d'une autre vague, et ainsi de suite.

4. La formation des chaînes de montagnes


On retrouve dans les chaînes de montagnes :
- Les roches sédimentaires (bassin marin) ;
- Les roches métamorphiques (croûte terrestre) ;
- Les lambeaux de croûte océanique (basaltes) coincés dans des failles (croûte océanique basaltique) ;
- les roches y sont déformées à des degrés divers (mécanisme?) ;
- zone de roches sédimentaires non déformées de même âge que celles de la chaîne déformée
proprement dite.

Il y a des débats intenses entre horizontalistes et verticalistes sur la formation des chaines de montagnes. La
tectonique des plaques tente d’apporter des éléments de réponses.

CONCLUSION
Notre système solaire est composé de 8 planètes qui gravitent autour du soleil. La Terre est une de ces
planètes. Les planètes ont des orbites stables et circulaires. Les planètes les plus éloignées ont des orbites
plus grandes. Plusieurs modèles ont permis de comprendre le fonctionnement du système solaire et de
montrer les deux principaux mouvements qui animent la Terre, à savoir la rotation et la révolution, et leurs
conséquences. Ces mouvements de rotation de la terre sur elle-même et de révolution autour du soleil font
varier le bilan radiatif entre les régions polaires et tempérées en déficit thermique et les régions tropicales à
bilan thermique excédentaire. Ce réchauffement différentiel entre les différentes zones du globe est
responsable du déclenchement de la circulation atmosphérique générale, de la distribution des types de
climats, des précipitations et des températures. Ces deux facteurs (précipitations et température) ont des
conséquences sur les écosystèmes, la répartition de l’eau, la circulation des vents et des flux de matières.
Au plan interne, la Terre compte trois principales zones qui sont de l’extérieur vers l’intérieur la croute ou
lithosphère, le manteau et le noyau. Ces zones sont séparées par des discontinuités. Ces trois zones sont en
équilibre isostasique dû à leur différence de densité et à la compensation de charge entre les compartiments.
La Terre est constituée de 14 plaques rigides qui sont en mouvement. Ce mouvement lié aux forces internes
de la terre est responsable de la déformation des plaques. Ilse manifeste au niveau des frontières des
plaques : aux limites convergentes, limites divergentes et limites transformantes. Plusieurs conséquences
sont associées aux mouvements des plaques lithosphériques : volcan, séisme, tsunami, raz de marée,
formation de chaines de montagnes, etc. La compréhension de ces phénomènes complexes pour la réduction
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des risques associés à la tectonique des plaques nous est fournie par l’exploration des fonds océaniques, du
paléomagnétisme, l’inversion du magnétisme terrestre, les satellites, entre autres.

Éléments de bibliographie
1. AMAT J-P. DORIZE L. LE CŒUR C., 2002 : Eléments de Géographie Physique. Cours Documents Travaux dirigés. Collection
Grand Amphi Géographie. Bréal, 2002, 448 p
2. CARON J.-M., GAUTHIER A., SCHAAF A., ULYSSE J., ET WOZNIAK J., Comprendre et enseigner la Planète Terre, Gap,
1995
3. DERRUAU M., (2010) – Les formes du relief terrestre : notions de géomorphologie. Collection U, Edit.Armand Colin, 240 pages
4. GABLER R E., PETERSEN J. F., TRAPASSO L. M., (2007) – Essentials of Physical Geography. 8ème Edit., 685 pages,
www.brookscole.com
5. GEORGES P., VERGER F., (2006) - Dictionnaire de la Géographie, Paris PUF, 472 pages
6. RAMADE F., (2008)- Dictionnaire encylopédique des Sciences de la nature et de la Biodiversité
7. RAMADE F., (2008)- Dictionnaire encylopédique de l’ecologe et des Sciences de l’environnement

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