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Genèse du droit de l'environnement

Ce document décrit la genèse et l'évolution du droit de l'environnement au niveau international et national. Il aborde les principales étapes de développement du droit de l'environnement, notamment la Conférence de Stockholm en 1972 et la Conférence de Rio en 1992.

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Genèse du droit de l'environnement

Ce document décrit la genèse et l'évolution du droit de l'environnement au niveau international et national. Il aborde les principales étapes de développement du droit de l'environnement, notamment la Conférence de Stockholm en 1972 et la Conférence de Rio en 1992.

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Plan

Genèse de l’élaboration du droit de


l’environnement

Chapitre I : Élaboration et évolution du droit de l’environnement


Section I : La formation du droit de l’environnement
Paragraphe 1 : Dans l’ordre juridique international
Paragraphe 2 : Dans l’ordre juridique National

Section II : Les sources du droit de l’environnement


Paragraphe 1 : Les sources internationales
-Principes généraux
-Conventions internationales
-Jurisprudence
Paragraphe 2 : Les sources nationales
-Loi
-Règlement

Chapitre II : Caractéristiques et principes du droit de l’environnement


Section I : Les caractéristiques du droit de l’environnement
Paragraphe 1 : Un droit émergent
Paragraphe 2 : Un droit de conciliation
Paragraphe 3 : Un droit de carrefour

Section II : Les principes du droit de l’environnement


Paragraphe 1 : Le principe de prévention
Paragraphe 2 : Le principe d’intérêt commun
Paragraphe 3 : Le principe du développement durable
Paragraphe 4 : Le principe pollueur-payeur

Chapitre III : Le cadre institutionnel du droit de l’environnement


Section I : L’encadrement institutionnel international
Paragraphe 1 : L’Organisation des Nations Unies
Paragraphe 2 : Les organisations spécialisées de l’ONU
Paragraphe 3 : Les organisations régionales

1
 Droit de l’Environnement
 Introduction
Le souci de protéger l’environnement par des procédés juridiques est apparu á la fin du 19éme
siècle. D’abord limitée á la faune, comme la préservation des otaries (accord du 30 Mai 1893 entre la
Grande Bretagne et la Russie dans le pacifique nord), la protection s’est étendue progressivement aux
eaux des fleuves, aux espaces maritimes, aux milieux naturels et aux installations et agglomérations
humaines afin de lutter contre toutes les formes de pollutions et de nuisances

Le développement technique et scientifique a hâté la prise de conscience des menaces qui


pèsent sur l’environnement. Dans ce contexte, les scientifiques et les experts vont sonner l’alarme sur
de nouveaux phénomènes écologiques dus principalement aux activités humaines polluantes tels
que le trou d’ozone, le réchauffement planétaire et les changements climatiques.

Par ailleurs, les pressions d’ordre politique et associatif et la lutte permanente des mouvements
écologiques et des ONG, ont poussé la communauté internationale et les Etats á adopté des accords
et des textes juridiques qui veillent sur la protection de l’environnement.

Les premières règles du droit de l’environnement ont été élaborées en réponse aux catastrophes
naturelles et aux dommages causés par des pollutions accidentelles. A partir des années 70, la lutte
contre certaines activités polluantes, a engendré des principes et des lois constituant ainsi un
véritable acte de naissance du droit de l’environnement en tant que nouvelle branche du droit.

La conférence des Nations Unies sur l’environnement tenue á Stockholm en Suède en Juin 1972
fut le point de départ de la genèse du droit de l’environnement.

Le Droit de l’environnement a une histoire récente. Ses principaux acteurs sont les Etats, les
organisations internationales et les mouvements écologistes. Ses caractéristiques tiennent á sa
jeunesse comme branche du droit public, et á sa consolidation sous formes de principes et de règles
juridiques á caractère national et international.

Partie : I
Genèse de l’élaboration du contenu du droit de l’environnement

2
La protection de l’environnement est devenue l’une des préoccupations majeures des Etats et
de la communauté internationale. La gestion commune de l’environnement, transfrontière par
nature, est arrivée pour promouvoir une culture environnementale et d’adapter un cadre juridique et
institutionnel en vue de canaliser l’ensemble des activités susceptibles de menacer l’environnement.

Désormais, le droit va prendre en compte la protection de l’environnement et la communauté


internationale va s’efforcer de créer des mécanismes juridiques et institutionnels en vue d’élaborer un
corps de règles cohérent et un ensemble de principes propres.

Chapitre I : Élaboration et évolution du droit de l’environnement

Après l’adoption auparavant de textes juridiques nationaux sur la protection de la sûreté et


de la santé contre les pollutions industrielles, et de certains accords internationaux sur la protection
de quelques espèces vivantes ou milieux naturels, la nécessité de protéger l’environnement apparaît
lors de la première conférence des nations unies l’environnement au début des années 70.

Les sociétés du monde contemporain vont réclamer l’intervention de la société internationale


et des autorités publiques nationales pour lutter contre les activités humaines qui polluent et
dégradent l’environnement.

Au niveau international, plusieurs déclaration et dispositions conventionnelles ont été


émanées d’organisations internationales afin de conserver l’équilibre écologique.

Au niveau national, la majorité des états se sont dotés d’instrument juridique et institutionnel
pour protéger l’environnement

Ainsi, une nouvelle branche du droit a été créée et dispose de ses propres sources.

Section I : La formation du droit de l’environnement

Le développement des règles juridiques en matière d’environnement a pris ses dimensions


larges lors de la première conférence internationale de Stockholm en 1972.

La déclaration de Stockholm a insisté sur le fait que l’homme reste tenu de protéger
l’environnement pour le bien des générations présentes et futures (principe 1).

Des principes généraux, sans force juridique obligatoire, ont été adoptés par la communauté
internationale lors de la déclaration de Stockholm. L’effectivité de ces principes et des engagements
internationaux vont dépendre surtout de leur traduction normative sur le plan national.

Paragraphe 1 : Dans l’ordre juridique international

3
La prise de conscience des menaces qui pèsent sur les espèces vivantes et les milieux naturels
est apparue surtout après la deuxième guerre mondiale en raison d’un fort développement
industriel.

Dans ce contexte, en 1978, le naufrage du pétrolier de l’Amaco-Cadiz au large des côtes


bretonnes en France, provoqua une marée noire considérée jusqu'à aujourd’hui comme l’une des
pires catastrophes écologiques de l’histoire (220000 tonnes de pétrole brut déversées sur 400km de
côtes françaises). En outre, les pollutions atmosphériques causées par les accidents de Seveso (Italie
1976) et de Tchernobyl (Ex-Urss 1986), ont couté la vie á plusieurs milliers de personnes.

Par ailleurs, la sentence arbitrale de 1941 concernant la fonderie de TRAIL entre le Canada et
les Etats unis, a été á l’origine du principe de la pollution transfrontière. Le différend était au sujet
des dommages causés par des émissions de fumées polluantes d’une usine d’affinage de métaux du
côté canadien située le long de la frontière des deux pays. La sentence a jugé qu’aucun Etat n’a le
droit d’utiliser son territoire de manière á causé des dommages au territoire d’un autre Etat. Cette
sentence, qui est devenue au début une règle coutumière du droit coutumier, va être consacrée par la
suite par les principes 21 de la déclaration de STOCKHOLM et 2 de RIO. Elle a été á l’origine de trois
règles en droit international de l’environnement : la prévention contre la pollution transfrontière, la
responsabilité de l’Etat pollueur et l’utilisation non dommageable du territoire.

La déclaration de STOCKHOLM qui comporte un préambule et 26 principes, considère que


la responsabilité de conserver l’environnement comme patrimoine de l’humanité incombe non
seulement aux organismes internationaux et aux Etats, mais aussi á tous les acteurs publics et privés.
Les principes 8 et 13 de la déclaration ont introduit par conséquent l’idée d’un développement
durable.

L’Assemblée générale des nations unies va s’engager, en créant le PNUE en 1972, á élaboré
des accords internationaux cadres pour la consécration du droit international de l’environnement.
C’est le cas pour la charte mondiale de la nature de 1982, la convention de Vienne pour la protection
de la couche d’ozone de 1985 et le protocole de KYOTO DE 1997………….

La deuxième conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, tenue


á RIO en Juin 1992, baptisée « Sommet de la terre », s’appuya sur le rapport de Brundtland. Ce
dernier a contribué á l’émergence d’un nouveau concept á savoir le développement durable qui
concilie le développement et l’environnement. Il définit le développement durable « le
développement qui satisfait les besoins des générations présentes sans compromettre ceux des
générations futures ».

La conférence de RIO est connue pour avoir largement consacré le principe de


développement durable et instauré le programme « «Agenda 21 » relatif aux politiques de
l’environnement et du développement. Elle a adopté 27 principes sur la protection de
l’environnement.
4
Paragraphe 2 : Dans l’ordre juridique National

Le droit de l’environnement a commencé sa formation bien avant la conférence de


STOCKHOLM. En effet, les législations nationales ont introduit depuis le début du 20 siècle, un
ensemble de textes á portée environnementale (235 textes adoptés au Maroc entre 1913 et 1978).

Au lendemain de la conférence de STOCKHOLM, une trentaine de pays et notamment le


Maroc se sont vite dotés d’un ministère de l’environnement. Plusieurs constitutions ont
accueillie « «le droit á un droit á un environnement sain » comme un droit fondamental. C’est le cas
pour l’article 24 de la constitution grecque de 1975, l’article 66 de la constitution portugaise de 1976 et
l’article 225 de la constitution brésilienne de 1988.

Au Maroc, les années 70 ont connu la création d’organes chargés de l’environnement. Avant
la conférence de STOCKHOLM, un ministère a été chargé de l’habitat, de l’environnement. En mai
1974, il y a eu la création d’organismes chargés de la protection de l’environnement. Ensuite, en 1985,
intervient un projet de loi globale sur la protection et la mise en valeur de l’environnement mais il ne
verra le jour qu’en 2003. Excepte la loi n 10.95 sur l’eau, ce n’est qu’en l’an 2003 que le législateur a
promulgué trois grands textes législatifs en matière de protection de l’environnement á savoir :

 La loi 11.03 relative á la protection et la mise en valeur de l’environnement.

 La loi 12.03 relative aux études d’impact sur l’environnement.

 La loi 13.03 relative á la lutte contre la pollution de l’air.

Section II : Les sources du droit de l’environnement

Les sources du droit de l’environnement sont d’ordre national et international. En effet, les
premiers développements de ce droit ont été inspirés par des instruments juridiques á caractères
international(les déclarations et les conventions internationales). Néanmoins, les sources d’ordre
national ont joué un rôle primordial dans la transposition des principes et des engagements des états
dans le droit positif international.

Paragraphe 1 : Les sources internationales

La formation de cette nouvelle branche du droit est essentiellement tributaire des déclarations
et accords internationaux. Les conventions internationales et les principes généraux apparaissent
comme les sources essentielles du droit de l’environnement. Toutefois, les décisions juridictionnelles
énoncées par la jurisprudence internationale contribuent á l’émergence de nouvelles normes
juridiques en matière d’environnement.

1- Les principes généraux

5
Selon, l’article 38 du statut de la cour internationale de la justice(C.I.J), les principes généraux
de droit sont les principes reconnus par la communauté internationale.ils se divisent en deux
catégories :

a- Les principes généraux de droit : c’est les principes admis par la plupart des juridictions
nationales. C’est le cas du respect du voisinage, le caractère obligatoire de la coopération
internationale.

b- Les principes généraux propres á la protection de l’environnement : En matière de


l’environnement, la communauté internationale reconnait un ensemble de principes généraux
qui ont été proclamés dans les déclarations de Stockholm et de RIO. Ces principes contribuent
á la prise de conscience de l’ampleur et de l’importance de l’environnement. C’est le cas pour
la préservation du patrimoine commun, la prévention contre la pollution, la réparation des
dommages par le pollueur(le principe du pollueur-payeur)……

2- Les conventions internationales

Les conventions internationales, malgré leur caractère général et peu contraignant, incitent les
états signataires á assumer la responsabilité de leur application dans leurs juridictions nationales.
Dans ce sens, l’article 4 de la convention de l’UNESCO en 1972stipule que : « chacun des états parties
á la convention reconnait l’obligation d’assurer l’identification, la protection, la conservation, la mise
en valeur et la transmission aux générations futures du patrimoine culturel et naturel…….. » .en
outre l’article 3 de la convention de RIO fixe qu’il appartient « aux pays développés parties d’être á
l’avant-garde de la lutte contre les changements climatiques et leurs effets néfastes » .

3- La jurisprudence

L’application du droit suppose un processus d’interprétation et d’appréciation des faits par


les juges. Dans ce contexte, la jurisprudence s’est affirmée en matière d’environnement. En effet, en
1941, contrairement á la doctrine HARMON qui donnait le droit aux états d’exploiter les eaux d’une
rivière sans se soucier des dommages causes aux états riverains(l’affaire des agriculteurs Texans sur
l’eau du RIO GRANDE contre le Mexique en 1895), la sentence arbitrale du 11 mai 1941 dans l’affaire
de la fonderie de TRAIL a été considéré comme un acte fondateur de la pollution transfrontière en
soulignant « qu’aucun état n’a le droit d’utiliser son territoire ou d’en permettre de manière á causer,
par l’émission de fumées, un préjudice au territoire d’un autre état ».de même, la CIJ confirmera par
la suite la force obligatoire du principe de prévention en affirmant « l’obligation générale qu’ont les
états de veiller á ca que leurs activités respectent l’environnement dans d’autres Etats ».

Paragraphe 2 : Les sources nationales

Conformément aux principes de souveraineté, c’est á l’Etat qu’incombe la charge de mettre en


œuvre les obligations internationales en matière d’environnement. La déclaration de RIO proclame

6
dans son principe 11 que « les Etats doivent promulguer des mesures législatives efficaces en matière
d’environnement ».

1- La loi

Tout en sachant que le Maroc n’intègre pas clairement ce nouveau droit de l’homme dans sa loi
fondamentale, le préambule de la constitution de 1996 déclare solennellement que notre pays
s’engage á souscrire aux principes, droits et obligations découlant des chartes internationales et
réaffirme son attachement aux droits de l’homme tels qu’ils sont universellement reconnus. De ce
fait, le Maroc s’inscrit au principe de l’incorporation des normes e t principes internationaux de
protection de l’environnement dans le droit national. Les différentes lois sur l’environnement,
adoptées en 1995(protection de l’eau), en 2003(protection de l’environnement et de l’air) et en
2006(gestion des déchets, consacrent les règles de base et les principes généraux de la protection de
l’environnement contre toutes les formes de pollution et de dégradation de l’environnement, le
développement durable………………

2- Le règlement

Une législation globale reste insuffisante .le renvoi par législation á des textes réglementaire
d’application est nécessaire .dans ce contexte, la sauvegarde de certains milieux naturels et certaines
espèces vivantes ont fait objet de plusieurs textes législatifs et réglementaires comme c’est le cas de la
police de chasse et la police des établissements classés. Ces règlements émanent exclusivement du
pouvoir exécutif sous formes de décret ou arrêtés ministériels. Dans ce sens, on peut distinguer trois
catégories de règlements en matière d’environnement :

Les textes réglementaires relatifs á l’application de la loi élaboré par le pouvoir législatif
dans le domaine de la protection de l’environnement : Article 38 de la loi 11.03 relative á la
protection et la mise en valeur de l’environnement stipule que : « peuvent être érigées en aires
spécialement protégées par voie réglementaire…..., des zones terrestres et marines du
territoire nationale…….. »

Les textes réglementaires relatifs á l’organisation des organismes administratifs chargés de la


protection de l’environnement : Article 8 de la loi 12.03 relative aux études d’impact sur
l’environnement prévoit l’organisation du fonctionnement de la commission nationale et des
commissions régionales chargées d’études d’impact sur l’environnement par un texte
réglementaire. C’est le cas pour le décret du 20 novembre 1996 relatif á l’organisation du
conseil national supérieur de l’eau et du climat, et ce en application des dispositions de
l’article 13 de la loi 10.95 sur l’eau

Les textes réglementaires relatifs á l’exercice de la police administrative pour assurer la


sécurité environnementale : c’est le cas par exemple des arrêtés qui insistent sur le respect par
les établissements classés des normes de qualité et de rejets.
7
Chapitre II : Caractéristiques et principes du droit de l’environnement
Le droit de l’environnement est une branche de droit public qui a son autonomie et ses
caractéristiques propres. C’est un ensemble de règles cohérentes, animée par des principes, des
objectifs et une certaine philosophie de la continuité de la diversité biologique sur la terre.

Section I : Les caractéristiques du droit de l’environnement

Paragraphe 1 : Un droit émergent

Le droit de l’environnement est « un droit jeune » parce que son histoire est toute récente.
Encore «un droit adolescent », selon certains chercheurs parce qu’il est entrain de régler ses
problèmes de crise d’identité. C’est « un droit en devenir », selon d’autre parce que ses nouveaux
concepts et principes sont en pleine émergence.

Paragraphe 2 : Un droit de conciliation

Le droit de l’environnement obéit á une logique de conciliation de l’homme et de la nature.


En effet, la logique cartésienne assure que la science permet á l’homme de mener un projet de
maîtrise de la nature, toutefois la science montre que la nature n’est pas toujours maîtrisable. De ce
fait, le législateur doit concilier le développement et l’environnement du fait que les interdictions
absolues sont souvent irréalisables.

Paragraphe 3 : Un droit de carrefour

Le droit de l’environnement n’est pas un droit á caractère sectoriel ou cloisonné car il touche
en réalité á plusieurs domaines tels que la police administrative, l’utilité publique, la bonne gestion
de l’espace, le développement durable………..Il est admis que cette branche du droit est une branche
d’interdisciplinarité et de convergence et c’est dans ce sens que Jacqueline Morand-Deviller qualifie
le droit de l’environnement « droit fédérateur ».

Section II : Les principes du droit de l’environnement

L’émergence de nouveaux principes a été le résultat de l’intérêt particulier apporté á la


protection de l’environnement en vue d’assurer un éco développement basé sur un ensemble de
principes tels que, prévention, précaution, coopération, responsabilité collective……

Paragraphe 1 : Le principe de prévention

Le principe 1 de la déclaration de Stockholm assure que l’homme a « le devoir solennel de


protéger et d’améliorer l’environnement pour les générations présentes et futures ». De ce fait, les
états sont appelés á prendre les mesures nécessaires pour prévenir et anticiper les dommages et
minimiser les risques.au Maroc, le législateur considère que la prévention contre la pollution et la

8
dégradation constituent un élément essentiel de la protection environnementale (article 3, section 2
de la loi 11.03 relative á la protection et mise en valeur de l’environnement).ainsi, les différends
instruments juridiques commencent á imposer aux investisseurs, publics et privés, le recours aux
études d’impact sur l’environnement(article 5 de la loi 13 relative aux études d’impact sur
l’environnement).

Toutefois, les scientifiques et les chercheurs distinguent entre la prévention et la précaution :

 Le principe de prévention : repose sur la lutte contre des activités polluantes et désastreuses
pour l’environnement.

 Le principe de précaution : intervient lorsque le risque ou le dommage est parfaitement connu


ou il n’est pas déterminé avec suffisamment de certitude.

Dans ce contexte, le principe 15 de RIO souligne que l’absence de certitude absolue ne doit
pas servir de prétexte pour remettre á plus tard l’adoption des mesures de précaution. C’est le cas
pour l’affaire de la vache folle ou l’arrêt de la cour européenne de justice á la date du 5 mai 1998 a
affirmé que « lorsque les incertitudes subsistent quant á l’existence ou la portée des risques pour la
santé des personnes, les institutions peuvent adopter des mesures de protection sans avoir á attendre
que la réalité et la gravité de ces risques soient pleinement démontrés ».

Paragraphe 2 : Le principe d’intérêt commun

L’environnement est partagé entre les Etats membres de la société internationale. La notion de
patrimoine commun a pour conséquence que tous les acteurs ont le devoir de veiller sur la protection
et la préservation de l’environnement. Les notions de patrimoine et d’intérêt commun figurent dans
plusieurs conventions internationales relatives notamment á la protection de la couche d’ozone, á la
préservation du système climatique, á la protection de la biodiversité et de l’équilibre écologique. La
convention de Paris de 1972 a érigé certains éléments de l’environnement au rang de patrimoine
commun de l’humanité. Par ailleurs, le principe 7 de RIO souligne « qu’étant donné la diversité des
rôles joués dans la dégradation de l’environnement mondial, les états ont des responsabilités
différenciées ».les pays en développement considèrent que les pays industrialisés, ayant fondé leur
développement sur des industries et des technologies polluantes, ne doivent pas imposer aux autres
états des techniques non polluantes qui risquent d’entraver leur développement. Pour ces derniers, la
sauvegarde de l’environnement passe par le développement.

Paragraphe 3 : Le principe du développement durable

La conférence de RIO ou le sommet de la terre est connue pour avoir diffusé la notion de
développement durable. Cette notion trouve ses origines dans la déclaration de STOCKHOLM
(principe 1, 2, 5,8 et 13) et dans le rapport de Rome de 1972. Le principe 13 de Stockholm a déjà
souligné en 1972 « les états devraient adopter une conception intégrée et coordonnée de leur

9
planification du développement, de façon que leur développement soit compatible avec la nécessite
de protéger et d’améliorer l’environnement ».

La préparation de la conférence de RIO va s’étaler sur une dizaine d’années. En 1983,


l’Assemblée générale des Nations unies avait crée une commission mondiale sur l’environnement et
le développement chargée de proposer des stratégies á long terme pour assurer un développement
durable. Telle est l’origine du rapport Brundtland, du nom de Mme Harlem Brundtland première
ministre norvégienne, présidente de la commission qui a été publié en 1987 sous le titre « notre
avenir commun ». Ce rapport évoque le principe d’interdépendance entre développement et
protection de l’environnement .Il définit le développement durable (sustainable dévelopment)
comme étant : « le développement qui satisfait le besoin des générations présentes sans
compromettre la capacité des générations futures é satisfaire les leurs ».

Dans ce contexte le législateur marocain dans sa définition du principe du développement


durable énonce qu’il s’agit d’un « processus de développement qui s’efforce de satisfaire les besoins
des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures á répondre á leurs
besoins ». (Article 3 section 3). Cette notion de durabilité et d’équilibre sera présente dans la charte
nationale de l’aménagement du territoire adoptée en 2001 qui a lié entre l’aménagement du territoire
et le développement durable.

Paragraphe 4 : Le principe pollueur-payeur

Il s’agit pour l’opérateur d’une activité polluante de supporter les charges de la réparation du
dommage causé á l’environnement.

Le principe a des origines anciennes puisqu’il fut adopté la première fois dans le cadre des
recommandations de l’OCDE en mai 1972.ce principe á été repris par la déclaration de RIO qui
énonce dans son principe 16 : « les autorités nationales devraient s’efforcer de promouvoir
l’internationalisation des coûts de production de l’environnement et l’utilisation d’instruments
économiques, en vertu du principe selon lequel c’est le pollueur qui doit, en principe , assumer les
coûts de la pollution » . La notion de taxation va être introduite dans le droit de l’environnement.

Au Maroc la loi 11.03 prévoit dans son article 2 : « la mise en application effective des principes de
l’usager payeur et pollueur payeur en ce qui concerne la réalisation et la gestion des projets
économiques et sociaux et la prestation de services ».

Le principe pollueur- payeur est rattaché á l’idée de prévention et d’incitation á la réduction des
dommages causés á l’environnement par les activités polluantes.il vise principalement selon Benoît
Jadot dans son ouvrage « les taxes environnementales : objectifs et principes » paru en 1994.

 Contribuer au financement de la politique de l’environnement.

 Faire supporter au pollueur sa quote-part des dépenses en matière de dépollution


10
 Inciter á adopté des comportements favorables á l’environnement.

Chapitre III : Le cadre institutionnel du droit de l’environnement


Dans le domaine de la protection de l’environnement, l’encadrement institutionnel est allé
de pair avec l’évolution du cadre normatif. Chaque avancée normative nécessitait un encadrement
institutionnel pour atteindre les objectifs escomptés. Au niveau international, les organisations
internationales et régionales ce sont efforcées d’initier des mécanismes et des programmes
d’incitation, de coordination et de suivi en vue d’élaborer un encadrement institutionnel permanent
pour la préservation de l’environnement.

Au niveau national, tout en s’efforçant de prendre en compte l’environnement par leurs


politiques nationales, les Etats étaient dans l’obligation de se doter d’organismes institutionnels
chargés de promouvoir leurs politiques nationales respectives en matière de protection de
l’environnement.

Dans cet ordre d’idées, nous allons traiter ce chapitre en deux sections :

Section I : l’encadrement institutionnel international

Section II : l’encadrement institutionnel national

Section I : L’encadrement institutionnel international

La consolidation progressive des principes et des normes juridiques dans le domaine de


l’environnement était menée au début des années 70 par l’Organisation des Nations Unies en tant
que système universel ayant pour but essentiel la préservation des générations actuelles et futures
contre les fléaux de guerre et de souffrances.

L’ONU et ses institutions spécialisées ont contribué depuis la première conférence des Nations
Unies sur l’environnement (CNUE) à un encadrement institutionnel progressif en vue de
promouvoir le droit de l’environnement à l’échelle internationale et nationale.

Cependant, la dimension régionale n’était pas absente des politiques et des programmes de
protection de l’environnement. Plusieurs organisations internationales régionales ont intégré les
préoccupations environnementales dans leurs objectifs, et ont joué de ce fait un rôle important dans
l’encadrement normatif et institutionnel de l’environnement.

Paragraphe 1 : L’Organisation des Nations Unies

Le domaine de l’environnement est devenu l’un des domaines privilégiés de l’ONU dont la
protection est perçue comme une mission de sécurité et de paix dans le monde contemporain. Ainsi,
l’organisation mondiale considère que la paix et la sécurité collective ne peuvent être assurées que
dans un environnement favorable à la prospérité des nations ; une prospérité qui nécessite une
11
coopération active dans les différents domaines, notamment celui de l’équilibre écologique et la
sauvegarde de la biosphère, compte tenu de l’interdépendance des problèmes que connaît la
communauté internationale.

Pour assurer une coordination de programmes et de politiques en matière de protection et


d’amélioration de l’environnement, l’ONU s’est efforcée de recourir à des mécanismes de
sensibilisation et de négociation continue en vue de promouvoir l’engagement des Etats dans ce
domaine.

Juste après la conférence de Stockholm, l’Assemblée Générale des Nations Unies avait
décidé d’élaborer « des arrangements institutionnels permanents pour la protection et l’amélioration de
l’environnement ». Elle s’est déclarée, dans sa résolution 2997 (XXVII), consciente de la nécessité
d’élaborer un cadre institutionnel adéquat pour répondre aux exigences écologiques : elle créa un
Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), un Fonds pour l’environnement et un Comité
de coordination pour l’environnement.

Le PNUE, groupant 58 membres élus et présidé par un directeur exécutif, veille sur la
promotion et la coordination des programmes relatifs à l’environnement. Il remplit une triple
fonction de programmation, d’évaluation et d’incitation. Ses actions sont axées sur la sensibilisation des
Etats, la diffusion des informations, l’évaluation de la situation de l’environnement, l’assistance
technique et la gestion des fonds de l’environnement.

Le conseil d’administration du PNUE élabore annuellement un rapport à l’Assemblée


Générale de l’ONU sur l’évolution de la situation de l’environnement mondial. Parmi ses
réalisations, deux instruments juridiques de première importance : la convention de Washington sur
le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction signée le 3 mars 1973 et la
convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux et de leur
élimination signée le 22 mars 1989.

A l’issue de la conférence de Rio, l’Assemblée Générale a lancé un appel au renforcement de


la coopération entre les Etats membres dans le cadre des organismes des Nations Unies. Elle créa la
Commission du Développement Durable chargée d’évaluer les programmes lancés par « l’Agenda 21 » et
de promouvoir la réalisation des objectifs de l’ONU dans le domaine écologique.

Cependant, le système institutionnel mondial va être complété à fur et à mesure par des
organismes et des mécanismes de suivi et mise en œuvre institués par chacune des grandes
conventions adoptées par la communauté internationale. Les conventions-cadre prévoient souvent
l’adoption d’instruments dérivés (des protocoles ou des programmes) pour leur mise en application.
Tel est le cas de la convention de Genève sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue
distance du 13 novembre 1979 (élaboration de quatre protocoles pour réduire la pollution
atmosphérique), la convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone du 22 mars 1985
(création d’une Conférence des Parties chargée du suivi) et la convention-cadre des Nations Unies
12
sur les changements climatiques, adoptée à New York le 9 mai 1992 ( adoption du protocole de Kyoto
et création d’une Conférence des Parties et d’un Organe subsidiaire de conseil scientifique et
technologique).

Paragraphe 2 : Les organisations spécialisées de l’ONU

Avant la création du PNUE dans le cadre de la première conférence de l’ONU sur


l’environnement, les missions de promotion et de sensibilisation relatives directement à la protection
de l’environnement étaient confiées à l’UNESCO, organisation spécialisée dans les domaines de la
culture, de la science et de l’éducation, qui va initier la première convention dédiée à « la protection du
patrimoine mondial culturel et naturel » du 23 novembre 1972.

Cependant, tout en appréciant l’ampleur et la nature des effets néfastes exercés sur la vie
humaine, et l’intérêt collectif que représente l’amélioration de la qualité de l’environnement, les
autres « institutions spécialisées » de l’ONU, en exerçant leurs fonctions respectives, vont adopter une
nouvelle perspective axée sur la protection de l’environnement du fait que les activités humaines
reposent en grande partie sur le maintien de l’équilibre écologique et du bon fonctionnement des
écosystèmes.

On peut citer dans ce cadre comme exemple deux organisations spécialisées : l’OMS et la
FAO.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère que le bouleversement des écosystèmes


peut avoir des incidences sur la santé : Les changements climatiques, l’appauvrissement de la couche
d’ozone, la pollution et les pressions exercées sur les systèmes de production vivrière constituent des
risques environnementaux de grande ampleur pour la santé humaine à l’échelle planétaire. Selon un
rapport de l’organisation, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé en 2003, chaque année, plus
de 5 millions d’enfants de moins de 15 ans décèdent de maladies liées à l’environnement dans lequel
ils vivent, apprennent et jouent.

Tout en attribuant une définition large au mot « santé » qui englobe la sûreté corporelle, mentale
et sociale, le rôle de l’OMS ne se limite pas donc au traitement des maladies ; elle insiste cependant sur
les causes principales en menant une action de sensibilisation sur le plan mondial pour faire de la
santé un élément central des politiques de l’environnement. Les efforts déployés par l’organisation en
matière d’hygiène et de salubrité du milieu visent à prévenir essentiellement les maladies d’origine
environnementale et à créer un environnement favorable à la santé publique.

De ce fait, l’OMS ne cesse de lancer des programmes tout en insistant sur le lien qui existe
entre santé et environnement : L’amélioration de la qualité de l’environnement permettrait en général
d’éviter un grand nombre de problèmes sanitaires. Ceci donne à l’organisation la possibilité

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d’encadrer les différents domaines touchant à la qualité écologique pour le bien sanitaire des
populations. Dans son arrêt consultatif dans l’affaire de la licéité de la menace ou de l’emploi d’armes
nucléaires du 8 juillet 1996, la CIJ a considéré que l’OMS est habilitée à prendre les mesures
nécessaires pour protéger la santé des populations même en cas d’utilisation d’armes nucléaires.

La reconnaissance des effets directs ou indirects exercés sur la santé humaine ont été à
l’origine de l’adoption de plusieurs accords et conventions internationaux, notamment la convention
pour la protection de la couche d’ozone adoptée le 22 mars 1985 et le Protocole de Montréal du 16
septembre 1987 qui visent, parmi les objectifs, à réduire les émissions de polluants appauvrissant la
couche d’ozone pour sauvegarder la santé des populations.

Dans le domaine alimentaire et agricole, L’Organisation de l’Alimentation et de l’Agriculture


(FAO) œuvre pour le développement agricole durable en vue de l’amélioration nutritionnelle de
l’humanité. Il s’agit en fait de satisfaire à la fois les besoins des générations actuelles et ceux des
générations futures par des programmes qui ne dégradent pas l’environnement.

Depuis sa création, la FAO combat la pauvreté, la faim et la sécheresse au profit de


l’humanité toute entière. Ses domaines d’activité s’orientent vers la mise en valeur des terres et des
eaux, la sauvegarde de la diversité végétale et animale, la bonne gestion des forêts et des pêches, et la
rationalisation des politiques économiques et sociales. Elle encourage dans ce cadre l’adoption d’une
approche intégrée qui inclut les considérations écologiques dans la formulation des projets de
développement durable.

La FAO réunit régulièrement des conférences internationales sur des questions allant de
l’étude de produits agricoles à celles de la biodiversité et de la qualité de l’environnement. La
Conférence mondiale de l’alimentation, la Conférence mondiale sur la réforme agraire et le développement rural
et la Conférence sur l’aménagement et le développement des pêches encouragent activement la préservation
et l’utilisation durable de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture. Lors du Sommet
mondial de l’alimentation à Rome en 1996, les termes du troisième engagement de la Déclaration de
Rome sur la sécurité alimentaire mondiale ont réaffirmé l’importance de la diversité biologique pour
la sécurité alimentaire.

Les approches portant sur la gestion des écosystèmes, notamment des agrosystèmes,
doivent, selon la FAO, s’attacher non seulement à l’organisation biologique (c’est-à-dire aux fonctions
essentielles et aux interactions entre les organismes et leur environnement) mais aussi aux
interactions humaines qui les façonnent et les influencent.

Dans ce cadre, plusieurs accords et conventions d’ordre international ont été adoptés pour
sauvegarder un équilibre écologique susceptible de garantir à l’humanité sa sécurité alimentaire : La
Convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d’extinction (1973), Le code international de conduite pour la distribution et l’utilisation
des pesticides (1985), la convention sur la diversité biologique (1992), la convention des nations unies
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sur la lutte contre la désertification (1994), le code de conduite pour une pêche responsable (1995), le
traité international sur les ressources phylogénétiques (2001), le Plan d’action mondial pour les
ressources zoo génétiques adopté par la commission des ressources génétiques pour l’alimentation et
l’agriculture en 2007.

D’autres organisations internationales spécialisées comme l’organisation internationale du


travail (OIT), l’organisation météorologique mondiale (OMM), l’agence internationale de l’énergie
atomique (AIEA) et l’organisation mondiale du commerce (OMC) portent un intérêt particulier à
l’environnement du fait que les plus grands défis du 21ème siècle sont d’ordre environnemental. Le
changement climatique, les pollutions et les radiations accidentelles, la pauvreté et la surexploitation
des ressources naturelles sont tant de problèmes écologiques qui préoccupent ces institutions
spécialisées de l’ONU.

Néanmoins, les organisations internationales régionales constituent elles aussi un cadre


institutionnel particulier dans le domaine de la protection de l’environnement.

Paragraphe 3 : Les organisations régionales

L’apport des organisations régionales au droit de l’environnement mérite d’être souligné.


Elles sont à l’origine de plusieurs instruments juridiques et institutionnels dans ce domaine. La fin
des années 60 avait connu l’élaboration de plusieurs accords relatifs à la protection de la nature et des
ressources naturelles (la convention de l’OUA de 1968) ou à la lutte contre les pollutions (la
convention de Barcelone de 1976 sur la protection de la Méditerranée ou celle de Sofia de 1994 sur la
protection du Danube). Quelques principes du droit de l’environnement trouvent déjà leurs origines
dans des recommandations énoncées par ce genre d’organisations ; on peut citer comme exemple les
principes de pollution transfrontière, du pollueur-payeur, de précaution et de responsabilité
objective qui ont été énoncés par le Conseil de l’Europe dans le cadre de la CEE et l’Organisation de
Coopération et de Développement Economique (l’OCDE) au début des années 70.

En effet, l’OCDE créée en 1960 par les grands pays industrialisés de l’Ouest et qui regroupe
actuellement une trentaine de pays riches, a adopté les premiers « principes directeurs relatifs aux
aspects économiques des politiques de l’environnement » en date du 26 mai 1972. Mais avant cette date,
une Commission d’environnement a été créée par cette organisation, en 1970, dans le but d’harmoniser
les politiques des Etats membres dans le domaine de l’environnement et de faire supporter par les
opérateurs économiques les coûts de la protection en la matière (l’émergence du principe pollueur-
payeur).

Sa contribution est très consistante dans la lutte contre la pollution et la surexploitation des
ressources naturelles. Dans sa « Stratégie de l’environnement pour les dix premières années du XXIème
siècle », adoptée le 16 mai 2001, elle évoque la responsabilité de ses Etats membres à l’égard de
l’application des principes de Rio et de l’Agenda 21 ; et elle affirme que la protection de

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l’environnement suppose des responsabilités communes et des politiques environnementales
opérationnelles qui permettent de progresser « vers un développement écologiquement viable ».

De telles préoccupations sont aussi présentes dans l’action de la Communauté Européenne en


matière de l’environnement, tout en sachant que l’environnement n’était pas pris initialement en
compte par le traité de Rome.

En effet, la politique européenne de l’environnement est fondée sur d’autres instruments


juridiques et institutionnels élaborés, depuis la fin des années 60, au sein du Conseil de l’Europe qui a
été le cadre de l’adoption de plusieurs conventions, notamment la convention de Berne de 1979 sur la
conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe et celle de Lugano de 1993 sur la
responsabilité civile des dommages résultant d’activités dangereuses pour l’environnement. Déjà en 1968, la
charte européenne de l’eau avait proclamé que « l’eau n’a pas de frontière ».

Les réformes du traité de Rome entrées successivement en vigueur depuis le 1er juillet 1987
(l’Acte Unique, le Traité de Maastricht et traité d’Amsterdam) ont introduit un titre spécial consacré à
l’environnement (Titre VIII). L’article 130 R définit largement la politique communautaire en matière
de protection de l’environnement. Le traité de Maastricht inscrit la protection de l’environnement
parmi les objectifs de l’Union. Il opte pour l’encadrement institutionnel en invitant les institutions
européennes à « renforcer la protection de l’environnement » et à mener « une croissance durable respectant
l’environnement » (v. Raphaël Romi, 1994, p. 41). Quant au traité d’Amsterdam, dans son article 2, il
cite parmi les missions fondamentales de la Communauté : «de promouvoir … un niveau élevé de
protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement ».

La Communauté Européenne établit depuis 1973 des programmes d’action pluriannuels en vue
de promouvoir les principes proclamés en matière de protection de l’environnement, notamment les
principes de prévention, de précaution, du pollueur-payeur, d’études d’impact et de responsabilité
commune à l’échelle européenne. Son 5ème programme d’action sur l’environnement (1992-2000) était axé
sur les outils financiers et contractuels pour promouvoir une politique homogène et opérationnelle
en matière de l’environnement.

Les sanctions du non-respect du droit communautaire de l’environnement sont assurées par


la Cour de justice des Communautés Européennes (CJCE) qui a maintes fois condamné les violations des
normes environnementales. En 1999, la Cour a condamné la France pour n’avoir pas classé en zone de
protection spéciale une superficie suffisante du Marais poitevin, en violation de la directive européenne
« Oiseaux » du 2 avril 1979. Les juridictions nationales sont aussi favorables aux normes impératives
en matière de protection et d’amélioration de l’environnement européen.

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BIBLIOGRAPHIE

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- Jacqueline MORAND-DEVILLER, « L’environnement et le droit », Politiques locales, L.G.D.J, Paris,


2001.

- Jean François NEURAY, « Droit de l’environnement », éd. Bruylant, Bruxelles, 2001.

- Michel PRIEUR, « Droit de l’environnement », 4° éd., Dalloz, Paris, 2000.

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- Raphaël ROMI, « Droit et administration de l’environnement », éd. Monchrestien, Paris, 1994.

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siècle », adoptée par les ministres de l’environnement de l’OCDE, 16 mai 2001.

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- Mohamed CHAOUNI, « La loi sur l’eau et le droit à l’eau », Imprimerie El Maârif Al Jadida, Rabat,
2005.

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- Ministère de l’aménagement du territoire, de l’environnement, de l’urbanisme et de l’habitat,


« Rapport sur l’état de l’environnement au Maroc », 2002.

- REMALD (Publication de), « Droit de l’environnement », collection « textes et documents », 1ère éd.,
n° 90, 2003.

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