Genèse du droit de l'environnement
Genèse du droit de l'environnement
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Droit de l’Environnement
Introduction
Le souci de protéger l’environnement par des procédés juridiques est apparu á la fin du 19éme
siècle. D’abord limitée á la faune, comme la préservation des otaries (accord du 30 Mai 1893 entre la
Grande Bretagne et la Russie dans le pacifique nord), la protection s’est étendue progressivement aux
eaux des fleuves, aux espaces maritimes, aux milieux naturels et aux installations et agglomérations
humaines afin de lutter contre toutes les formes de pollutions et de nuisances
Par ailleurs, les pressions d’ordre politique et associatif et la lutte permanente des mouvements
écologiques et des ONG, ont poussé la communauté internationale et les Etats á adopté des accords
et des textes juridiques qui veillent sur la protection de l’environnement.
Les premières règles du droit de l’environnement ont été élaborées en réponse aux catastrophes
naturelles et aux dommages causés par des pollutions accidentelles. A partir des années 70, la lutte
contre certaines activités polluantes, a engendré des principes et des lois constituant ainsi un
véritable acte de naissance du droit de l’environnement en tant que nouvelle branche du droit.
La conférence des Nations Unies sur l’environnement tenue á Stockholm en Suède en Juin 1972
fut le point de départ de la genèse du droit de l’environnement.
Le Droit de l’environnement a une histoire récente. Ses principaux acteurs sont les Etats, les
organisations internationales et les mouvements écologistes. Ses caractéristiques tiennent á sa
jeunesse comme branche du droit public, et á sa consolidation sous formes de principes et de règles
juridiques á caractère national et international.
Partie : I
Genèse de l’élaboration du contenu du droit de l’environnement
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La protection de l’environnement est devenue l’une des préoccupations majeures des Etats et
de la communauté internationale. La gestion commune de l’environnement, transfrontière par
nature, est arrivée pour promouvoir une culture environnementale et d’adapter un cadre juridique et
institutionnel en vue de canaliser l’ensemble des activités susceptibles de menacer l’environnement.
Au niveau national, la majorité des états se sont dotés d’instrument juridique et institutionnel
pour protéger l’environnement
Ainsi, une nouvelle branche du droit a été créée et dispose de ses propres sources.
La déclaration de Stockholm a insisté sur le fait que l’homme reste tenu de protéger
l’environnement pour le bien des générations présentes et futures (principe 1).
Des principes généraux, sans force juridique obligatoire, ont été adoptés par la communauté
internationale lors de la déclaration de Stockholm. L’effectivité de ces principes et des engagements
internationaux vont dépendre surtout de leur traduction normative sur le plan national.
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La prise de conscience des menaces qui pèsent sur les espèces vivantes et les milieux naturels
est apparue surtout après la deuxième guerre mondiale en raison d’un fort développement
industriel.
Par ailleurs, la sentence arbitrale de 1941 concernant la fonderie de TRAIL entre le Canada et
les Etats unis, a été á l’origine du principe de la pollution transfrontière. Le différend était au sujet
des dommages causés par des émissions de fumées polluantes d’une usine d’affinage de métaux du
côté canadien située le long de la frontière des deux pays. La sentence a jugé qu’aucun Etat n’a le
droit d’utiliser son territoire de manière á causé des dommages au territoire d’un autre Etat. Cette
sentence, qui est devenue au début une règle coutumière du droit coutumier, va être consacrée par la
suite par les principes 21 de la déclaration de STOCKHOLM et 2 de RIO. Elle a été á l’origine de trois
règles en droit international de l’environnement : la prévention contre la pollution transfrontière, la
responsabilité de l’Etat pollueur et l’utilisation non dommageable du territoire.
L’Assemblée générale des nations unies va s’engager, en créant le PNUE en 1972, á élaboré
des accords internationaux cadres pour la consécration du droit international de l’environnement.
C’est le cas pour la charte mondiale de la nature de 1982, la convention de Vienne pour la protection
de la couche d’ozone de 1985 et le protocole de KYOTO DE 1997………….
Au Maroc, les années 70 ont connu la création d’organes chargés de l’environnement. Avant
la conférence de STOCKHOLM, un ministère a été chargé de l’habitat, de l’environnement. En mai
1974, il y a eu la création d’organismes chargés de la protection de l’environnement. Ensuite, en 1985,
intervient un projet de loi globale sur la protection et la mise en valeur de l’environnement mais il ne
verra le jour qu’en 2003. Excepte la loi n 10.95 sur l’eau, ce n’est qu’en l’an 2003 que le législateur a
promulgué trois grands textes législatifs en matière de protection de l’environnement á savoir :
Les sources du droit de l’environnement sont d’ordre national et international. En effet, les
premiers développements de ce droit ont été inspirés par des instruments juridiques á caractères
international(les déclarations et les conventions internationales). Néanmoins, les sources d’ordre
national ont joué un rôle primordial dans la transposition des principes et des engagements des états
dans le droit positif international.
La formation de cette nouvelle branche du droit est essentiellement tributaire des déclarations
et accords internationaux. Les conventions internationales et les principes généraux apparaissent
comme les sources essentielles du droit de l’environnement. Toutefois, les décisions juridictionnelles
énoncées par la jurisprudence internationale contribuent á l’émergence de nouvelles normes
juridiques en matière d’environnement.
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Selon, l’article 38 du statut de la cour internationale de la justice(C.I.J), les principes généraux
de droit sont les principes reconnus par la communauté internationale.ils se divisent en deux
catégories :
a- Les principes généraux de droit : c’est les principes admis par la plupart des juridictions
nationales. C’est le cas du respect du voisinage, le caractère obligatoire de la coopération
internationale.
Les conventions internationales, malgré leur caractère général et peu contraignant, incitent les
états signataires á assumer la responsabilité de leur application dans leurs juridictions nationales.
Dans ce sens, l’article 4 de la convention de l’UNESCO en 1972stipule que : « chacun des états parties
á la convention reconnait l’obligation d’assurer l’identification, la protection, la conservation, la mise
en valeur et la transmission aux générations futures du patrimoine culturel et naturel…….. » .en
outre l’article 3 de la convention de RIO fixe qu’il appartient « aux pays développés parties d’être á
l’avant-garde de la lutte contre les changements climatiques et leurs effets néfastes » .
3- La jurisprudence
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dans son principe 11 que « les Etats doivent promulguer des mesures législatives efficaces en matière
d’environnement ».
1- La loi
Tout en sachant que le Maroc n’intègre pas clairement ce nouveau droit de l’homme dans sa loi
fondamentale, le préambule de la constitution de 1996 déclare solennellement que notre pays
s’engage á souscrire aux principes, droits et obligations découlant des chartes internationales et
réaffirme son attachement aux droits de l’homme tels qu’ils sont universellement reconnus. De ce
fait, le Maroc s’inscrit au principe de l’incorporation des normes e t principes internationaux de
protection de l’environnement dans le droit national. Les différentes lois sur l’environnement,
adoptées en 1995(protection de l’eau), en 2003(protection de l’environnement et de l’air) et en
2006(gestion des déchets, consacrent les règles de base et les principes généraux de la protection de
l’environnement contre toutes les formes de pollution et de dégradation de l’environnement, le
développement durable………………
2- Le règlement
Une législation globale reste insuffisante .le renvoi par législation á des textes réglementaire
d’application est nécessaire .dans ce contexte, la sauvegarde de certains milieux naturels et certaines
espèces vivantes ont fait objet de plusieurs textes législatifs et réglementaires comme c’est le cas de la
police de chasse et la police des établissements classés. Ces règlements émanent exclusivement du
pouvoir exécutif sous formes de décret ou arrêtés ministériels. Dans ce sens, on peut distinguer trois
catégories de règlements en matière d’environnement :
Les textes réglementaires relatifs á l’application de la loi élaboré par le pouvoir législatif
dans le domaine de la protection de l’environnement : Article 38 de la loi 11.03 relative á la
protection et la mise en valeur de l’environnement stipule que : « peuvent être érigées en aires
spécialement protégées par voie réglementaire…..., des zones terrestres et marines du
territoire nationale…….. »
Le droit de l’environnement est « un droit jeune » parce que son histoire est toute récente.
Encore «un droit adolescent », selon certains chercheurs parce qu’il est entrain de régler ses
problèmes de crise d’identité. C’est « un droit en devenir », selon d’autre parce que ses nouveaux
concepts et principes sont en pleine émergence.
Le droit de l’environnement n’est pas un droit á caractère sectoriel ou cloisonné car il touche
en réalité á plusieurs domaines tels que la police administrative, l’utilité publique, la bonne gestion
de l’espace, le développement durable………..Il est admis que cette branche du droit est une branche
d’interdisciplinarité et de convergence et c’est dans ce sens que Jacqueline Morand-Deviller qualifie
le droit de l’environnement « droit fédérateur ».
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dégradation constituent un élément essentiel de la protection environnementale (article 3, section 2
de la loi 11.03 relative á la protection et mise en valeur de l’environnement).ainsi, les différends
instruments juridiques commencent á imposer aux investisseurs, publics et privés, le recours aux
études d’impact sur l’environnement(article 5 de la loi 13 relative aux études d’impact sur
l’environnement).
Le principe de prévention : repose sur la lutte contre des activités polluantes et désastreuses
pour l’environnement.
Dans ce contexte, le principe 15 de RIO souligne que l’absence de certitude absolue ne doit
pas servir de prétexte pour remettre á plus tard l’adoption des mesures de précaution. C’est le cas
pour l’affaire de la vache folle ou l’arrêt de la cour européenne de justice á la date du 5 mai 1998 a
affirmé que « lorsque les incertitudes subsistent quant á l’existence ou la portée des risques pour la
santé des personnes, les institutions peuvent adopter des mesures de protection sans avoir á attendre
que la réalité et la gravité de ces risques soient pleinement démontrés ».
L’environnement est partagé entre les Etats membres de la société internationale. La notion de
patrimoine commun a pour conséquence que tous les acteurs ont le devoir de veiller sur la protection
et la préservation de l’environnement. Les notions de patrimoine et d’intérêt commun figurent dans
plusieurs conventions internationales relatives notamment á la protection de la couche d’ozone, á la
préservation du système climatique, á la protection de la biodiversité et de l’équilibre écologique. La
convention de Paris de 1972 a érigé certains éléments de l’environnement au rang de patrimoine
commun de l’humanité. Par ailleurs, le principe 7 de RIO souligne « qu’étant donné la diversité des
rôles joués dans la dégradation de l’environnement mondial, les états ont des responsabilités
différenciées ».les pays en développement considèrent que les pays industrialisés, ayant fondé leur
développement sur des industries et des technologies polluantes, ne doivent pas imposer aux autres
états des techniques non polluantes qui risquent d’entraver leur développement. Pour ces derniers, la
sauvegarde de l’environnement passe par le développement.
La conférence de RIO ou le sommet de la terre est connue pour avoir diffusé la notion de
développement durable. Cette notion trouve ses origines dans la déclaration de STOCKHOLM
(principe 1, 2, 5,8 et 13) et dans le rapport de Rome de 1972. Le principe 13 de Stockholm a déjà
souligné en 1972 « les états devraient adopter une conception intégrée et coordonnée de leur
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planification du développement, de façon que leur développement soit compatible avec la nécessite
de protéger et d’améliorer l’environnement ».
Il s’agit pour l’opérateur d’une activité polluante de supporter les charges de la réparation du
dommage causé á l’environnement.
Le principe a des origines anciennes puisqu’il fut adopté la première fois dans le cadre des
recommandations de l’OCDE en mai 1972.ce principe á été repris par la déclaration de RIO qui
énonce dans son principe 16 : « les autorités nationales devraient s’efforcer de promouvoir
l’internationalisation des coûts de production de l’environnement et l’utilisation d’instruments
économiques, en vertu du principe selon lequel c’est le pollueur qui doit, en principe , assumer les
coûts de la pollution » . La notion de taxation va être introduite dans le droit de l’environnement.
Au Maroc la loi 11.03 prévoit dans son article 2 : « la mise en application effective des principes de
l’usager payeur et pollueur payeur en ce qui concerne la réalisation et la gestion des projets
économiques et sociaux et la prestation de services ».
Le principe pollueur- payeur est rattaché á l’idée de prévention et d’incitation á la réduction des
dommages causés á l’environnement par les activités polluantes.il vise principalement selon Benoît
Jadot dans son ouvrage « les taxes environnementales : objectifs et principes » paru en 1994.
Dans cet ordre d’idées, nous allons traiter ce chapitre en deux sections :
L’ONU et ses institutions spécialisées ont contribué depuis la première conférence des Nations
Unies sur l’environnement (CNUE) à un encadrement institutionnel progressif en vue de
promouvoir le droit de l’environnement à l’échelle internationale et nationale.
Cependant, la dimension régionale n’était pas absente des politiques et des programmes de
protection de l’environnement. Plusieurs organisations internationales régionales ont intégré les
préoccupations environnementales dans leurs objectifs, et ont joué de ce fait un rôle important dans
l’encadrement normatif et institutionnel de l’environnement.
Le domaine de l’environnement est devenu l’un des domaines privilégiés de l’ONU dont la
protection est perçue comme une mission de sécurité et de paix dans le monde contemporain. Ainsi,
l’organisation mondiale considère que la paix et la sécurité collective ne peuvent être assurées que
dans un environnement favorable à la prospérité des nations ; une prospérité qui nécessite une
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coopération active dans les différents domaines, notamment celui de l’équilibre écologique et la
sauvegarde de la biosphère, compte tenu de l’interdépendance des problèmes que connaît la
communauté internationale.
Juste après la conférence de Stockholm, l’Assemblée Générale des Nations Unies avait
décidé d’élaborer « des arrangements institutionnels permanents pour la protection et l’amélioration de
l’environnement ». Elle s’est déclarée, dans sa résolution 2997 (XXVII), consciente de la nécessité
d’élaborer un cadre institutionnel adéquat pour répondre aux exigences écologiques : elle créa un
Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), un Fonds pour l’environnement et un Comité
de coordination pour l’environnement.
Le PNUE, groupant 58 membres élus et présidé par un directeur exécutif, veille sur la
promotion et la coordination des programmes relatifs à l’environnement. Il remplit une triple
fonction de programmation, d’évaluation et d’incitation. Ses actions sont axées sur la sensibilisation des
Etats, la diffusion des informations, l’évaluation de la situation de l’environnement, l’assistance
technique et la gestion des fonds de l’environnement.
Cependant, le système institutionnel mondial va être complété à fur et à mesure par des
organismes et des mécanismes de suivi et mise en œuvre institués par chacune des grandes
conventions adoptées par la communauté internationale. Les conventions-cadre prévoient souvent
l’adoption d’instruments dérivés (des protocoles ou des programmes) pour leur mise en application.
Tel est le cas de la convention de Genève sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue
distance du 13 novembre 1979 (élaboration de quatre protocoles pour réduire la pollution
atmosphérique), la convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone du 22 mars 1985
(création d’une Conférence des Parties chargée du suivi) et la convention-cadre des Nations Unies
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sur les changements climatiques, adoptée à New York le 9 mai 1992 ( adoption du protocole de Kyoto
et création d’une Conférence des Parties et d’un Organe subsidiaire de conseil scientifique et
technologique).
Cependant, tout en appréciant l’ampleur et la nature des effets néfastes exercés sur la vie
humaine, et l’intérêt collectif que représente l’amélioration de la qualité de l’environnement, les
autres « institutions spécialisées » de l’ONU, en exerçant leurs fonctions respectives, vont adopter une
nouvelle perspective axée sur la protection de l’environnement du fait que les activités humaines
reposent en grande partie sur le maintien de l’équilibre écologique et du bon fonctionnement des
écosystèmes.
On peut citer dans ce cadre comme exemple deux organisations spécialisées : l’OMS et la
FAO.
Tout en attribuant une définition large au mot « santé » qui englobe la sûreté corporelle, mentale
et sociale, le rôle de l’OMS ne se limite pas donc au traitement des maladies ; elle insiste cependant sur
les causes principales en menant une action de sensibilisation sur le plan mondial pour faire de la
santé un élément central des politiques de l’environnement. Les efforts déployés par l’organisation en
matière d’hygiène et de salubrité du milieu visent à prévenir essentiellement les maladies d’origine
environnementale et à créer un environnement favorable à la santé publique.
De ce fait, l’OMS ne cesse de lancer des programmes tout en insistant sur le lien qui existe
entre santé et environnement : L’amélioration de la qualité de l’environnement permettrait en général
d’éviter un grand nombre de problèmes sanitaires. Ceci donne à l’organisation la possibilité
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d’encadrer les différents domaines touchant à la qualité écologique pour le bien sanitaire des
populations. Dans son arrêt consultatif dans l’affaire de la licéité de la menace ou de l’emploi d’armes
nucléaires du 8 juillet 1996, la CIJ a considéré que l’OMS est habilitée à prendre les mesures
nécessaires pour protéger la santé des populations même en cas d’utilisation d’armes nucléaires.
La reconnaissance des effets directs ou indirects exercés sur la santé humaine ont été à
l’origine de l’adoption de plusieurs accords et conventions internationaux, notamment la convention
pour la protection de la couche d’ozone adoptée le 22 mars 1985 et le Protocole de Montréal du 16
septembre 1987 qui visent, parmi les objectifs, à réduire les émissions de polluants appauvrissant la
couche d’ozone pour sauvegarder la santé des populations.
La FAO réunit régulièrement des conférences internationales sur des questions allant de
l’étude de produits agricoles à celles de la biodiversité et de la qualité de l’environnement. La
Conférence mondiale de l’alimentation, la Conférence mondiale sur la réforme agraire et le développement rural
et la Conférence sur l’aménagement et le développement des pêches encouragent activement la préservation
et l’utilisation durable de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture. Lors du Sommet
mondial de l’alimentation à Rome en 1996, les termes du troisième engagement de la Déclaration de
Rome sur la sécurité alimentaire mondiale ont réaffirmé l’importance de la diversité biologique pour
la sécurité alimentaire.
Les approches portant sur la gestion des écosystèmes, notamment des agrosystèmes,
doivent, selon la FAO, s’attacher non seulement à l’organisation biologique (c’est-à-dire aux fonctions
essentielles et aux interactions entre les organismes et leur environnement) mais aussi aux
interactions humaines qui les façonnent et les influencent.
Dans ce cadre, plusieurs accords et conventions d’ordre international ont été adoptés pour
sauvegarder un équilibre écologique susceptible de garantir à l’humanité sa sécurité alimentaire : La
Convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d’extinction (1973), Le code international de conduite pour la distribution et l’utilisation
des pesticides (1985), la convention sur la diversité biologique (1992), la convention des nations unies
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sur la lutte contre la désertification (1994), le code de conduite pour une pêche responsable (1995), le
traité international sur les ressources phylogénétiques (2001), le Plan d’action mondial pour les
ressources zoo génétiques adopté par la commission des ressources génétiques pour l’alimentation et
l’agriculture en 2007.
En effet, l’OCDE créée en 1960 par les grands pays industrialisés de l’Ouest et qui regroupe
actuellement une trentaine de pays riches, a adopté les premiers « principes directeurs relatifs aux
aspects économiques des politiques de l’environnement » en date du 26 mai 1972. Mais avant cette date,
une Commission d’environnement a été créée par cette organisation, en 1970, dans le but d’harmoniser
les politiques des Etats membres dans le domaine de l’environnement et de faire supporter par les
opérateurs économiques les coûts de la protection en la matière (l’émergence du principe pollueur-
payeur).
Sa contribution est très consistante dans la lutte contre la pollution et la surexploitation des
ressources naturelles. Dans sa « Stratégie de l’environnement pour les dix premières années du XXIème
siècle », adoptée le 16 mai 2001, elle évoque la responsabilité de ses Etats membres à l’égard de
l’application des principes de Rio et de l’Agenda 21 ; et elle affirme que la protection de
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l’environnement suppose des responsabilités communes et des politiques environnementales
opérationnelles qui permettent de progresser « vers un développement écologiquement viable ».
Les réformes du traité de Rome entrées successivement en vigueur depuis le 1er juillet 1987
(l’Acte Unique, le Traité de Maastricht et traité d’Amsterdam) ont introduit un titre spécial consacré à
l’environnement (Titre VIII). L’article 130 R définit largement la politique communautaire en matière
de protection de l’environnement. Le traité de Maastricht inscrit la protection de l’environnement
parmi les objectifs de l’Union. Il opte pour l’encadrement institutionnel en invitant les institutions
européennes à « renforcer la protection de l’environnement » et à mener « une croissance durable respectant
l’environnement » (v. Raphaël Romi, 1994, p. 41). Quant au traité d’Amsterdam, dans son article 2, il
cite parmi les missions fondamentales de la Communauté : «de promouvoir … un niveau élevé de
protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement ».
La Communauté Européenne établit depuis 1973 des programmes d’action pluriannuels en vue
de promouvoir les principes proclamés en matière de protection de l’environnement, notamment les
principes de prévention, de précaution, du pollueur-payeur, d’études d’impact et de responsabilité
commune à l’échelle européenne. Son 5ème programme d’action sur l’environnement (1992-2000) était axé
sur les outils financiers et contractuels pour promouvoir une politique homogène et opérationnelle
en matière de l’environnement.
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BIBLIOGRAPHIE
- Nguyen QUOC DINH, « Droit international public », 6° édition, LGDJ, Paris, 1999.
- O.C.D.E, « Stratégie de l’environnement de l’OCDE pour les dix premières années du XXIème
siècle », adoptée par les ministres de l’environnement de l’OCDE, 16 mai 2001.
- Mohamed Ali MEKOUAR, « Etudes en droit de l’environnement », éd. Okad, Rabat, 1988.
- Mohamed CHAOUNI, « La loi sur l’eau et le droit à l’eau », Imprimerie El Maârif Al Jadida, Rabat,
2005.
- REMALD (Publication de), « Droit de l’environnement », collection « textes et documents », 1ère éd.,
n° 90, 2003.
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