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Introduction au Droit Civil et ses Concepts

Ce document introduit le droit civil en distinguant le droit objectif du droit subjectif. Il définit le droit objectif comme l'ensemble des règles juridiques édictées régissant les rapports entre les personnes et dont le respect est assuré par l'autorité publique. Il décrit ensuite les caractères généraux et obligatoires de la règle de droit.

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Introduction au Droit Civil et ses Concepts

Ce document introduit le droit civil en distinguant le droit objectif du droit subjectif. Il définit le droit objectif comme l'ensemble des règles juridiques édictées régissant les rapports entre les personnes et dont le respect est assuré par l'autorité publique. Il décrit ensuite les caractères généraux et obligatoires de la règle de droit.

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Introduction au droit civil

Par AVEGNON Koffi Edem


Docteur en droit privé
Expert-Fiscaliste
Enseignant à la Faculté de droit
Université de Lomé
Tél : 90257107
Email : avegnone@[Link]

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Cours de M. AVEGNON K. Edem, Docteur en droit privé, Expert Fiscaliste agréé


Sommaire
Table des matières
INTRODUCTION GENERALE ................................................................................................................................ 3

LE DROIT OBJECTIF ET LE DROIT SUBJECTIF ....................................................................................................... 4

LES SUJETS DE DROITS : LES PERSONNES MORALES ET LES PERSONNES PHYSIQUES ..................................... 19

L’ACTION EN JUSTICE ....................................................................................................................................... 29

LES BIENS.......................................................................................................................................................... 37

Paragraphe 1 : Les biens immeubles .................................................................................................................... 38

Paragraphe 2 : Les biens meubles........................................................................................................................ 39

LA PROPRIETE................................................................................................................................................... 41

LES OBLIGATIONS ............................................................................................................................................. 47

LES QUASI-CONTRATS ...................................................................................................................................... 58

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INTRODUCTION GENERALE
Dès que les premiers hommes ont vécu en société (en clan ou en tribu), ils ont dû être amenés à créer et à
respecter des règles. L’homme « animal pensant » à dû vite comprendre qu’il vaut mieux organiser des règles
sur le partage du gibier que de s’entretuer après la chasse. D’où l’origine des règles de droit dans la société.
Il existe plusieurs catégories de droit notamment le droit administratif, le droit commercial, le droit du travail, le
droit international privé et public, le droit civil… On peut les classer en deux grands groupes à savoir, le droit
privé et le droit public. Cependant, notre cours se focalisera sur le droit civil.
Le droit civil est un droit commun c’est-à-dire les règles qui s’appliquent lorsqu’il n’est prévu l’application de
règle particulière dans les autres branches du droit.
Il traite des personnes, de la famille, des biens et de la propriété, des successions, des donations, des
obligations, des contrats, de la responsabilité, des garanties et des privilèges.
Ces points feront l’objet de notre étude dans le cadre du présent cours. Mais il convient d’aborder avant toute
chose l’étude préliminaire du droit.

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LE DROIT OBJECTIF ET LE DROIT SUBJECTIF

Le droit est l’ensemble des règles permettant et organisant la vie en société. On distingue le droit objectif et le
droit subjectif.
Le droit objectif est l’ensemble des règles juridiques édictées régissant des rapports entre les personnes et
dont le respect est assuré par l’autorité publique. Il faut le nuancer du droit positif1.
Par contre le droit subjectif est la faculté ou la prérogative dont dispose une personne ou qui est conféré à
une personne par le droit objectif sur chose ou sur autre personne.

Section 1 : Le droit objectif


Il faut noter qu’il existe d’autres règles qui régissent la vie de l’homme dans la société. Il s’agit des règles de
conduite morale telles des règles de la morale, de la politesse et des règles religieuses.
La règle de droit ou le droit objectif se différencie de ces règles par ses caractères propres (paragraphe I) et
ses sources (paragraphe II).

Paragraphe I : Les caractères de la règle de droit


A- Le caractère général et impersonnel du droit
La règle de droit est générale. Cela signifie qu'elle a vocation à s'appliquer à toutes les personnes qui
forment le corps social. Cela explique qu'elle soit toujours formulée de manière générale et impersonnelle.
La règle concerne chacun et ne vise personne en particulier. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les
règles de droit ont vocation à régir toutes les personnes. Parfois, la règle de droit s'applique à un groupe de
personnes : les salariés, les employeurs, les médecins, les consommateurs, les propriétaires, les époux….

B- Caractère obligatoire
La règle de droit est un commandement. Elle a un caractère obligatoire. Si elle était dépourvue de ce
caractère, elle ne serait qu'un conseil laissé à la discrétion de chacun et non un ordre. La règle de droit doit
être respectée pour pouvoir jouer son rôle d'organisation de la société. S'il n'y avait pas de règle obligatoire,
ce serait le règne de l'anarchie.
La règle de droit ordonne, défend, permet, récompense ou punit. Même lorsque la règle de droit est
permissive, elle a un caractère obligatoire parce qu'elle interdit aux autres de porter atteinte à cette liberté (ex.
le droit de grève est une règle juridique obligatoire et l'employeur ne peut s'y opposer ; l'avortement est
autorisé à certaines conditions).
Le droit est assorti de sanctions. Il a un caractère coercitif. Il est sanctionné par l'Etat. Pour obtenir le
respect du droit, des contraintes et des sanctions sont prévues. Lorsque l'autorité judiciaire constate la
violation d'un droit, elle requiert la force publique pour que celle-ci contraigne le contrevenant à respecter le
droit. Ce caractère obligatoire permet d'opposer la règle de droit aux autres règles. Ainsi, la règle
religieuse, la règle morale, la règle de bienséance ou la règle de politesse sont-elles dépourvues de ce
caractère obligatoire. Certes, la violation d'une règle religieuse peut donner lieu à des sanctions émanant de
Dieu ou de l'Eglise (excommuniassions). Egalement, la violation d'une règle morale ou de politesse peut
entraîner la réprobation sociale, le blâme public, l'exclusion, mais l'exécution de ces règles ne peut être pris en

1
Il y a une petite nuance entre le droit objectif et le droit positif. Le droit positif est l’ensemble des règles de droit
applicables dans une société donnée et à un moment donné.
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charge par l'autorité publique. L'Etat n'est pas à l'origine de la contrainte exercée pour le respect de la règle
religieuse ou morale.

Points communs Points d’opposition


Droit et religion En France, sous l’ancien régime, l’Eglise Il y a une contradiction évidente entre la
La règle religieuse régissait certaines matières du droit privé, en légitime défense (en droi)
veille au salut de particulier l’état des personnes et le droit de la et le comportement qui consiste à tendre
l'être humain. famille. l'autre joue (en religion) ou encore le
recours possible à
l'avortement (en droit) ou au divorce (en
droit). Ces pratiques sont interdites au
sein de la religion
Droit et Morale - La conformité du contrat aux bonnes La violation d'une règle morale ou de
La règle de la mœurs est ainsi une condition de sa validité politesse peut entraîner la réprobation
morale est ouverte (articles 6 et 1133 du Code civil). sociale, le blâme public, l'exclusion, mais
aux impératifs de la - L'interdiction morale et religieuse de l'exécution de ces règles ne peut être
conscience. La tuer ou de voler est consacrée par le droit. pris en charge par l'autorité publique.
morale est - Celui qui s'est injustement enrichi aux L'Etat n'est pas à l'origine de la
individualiste. dépens d'autrui devra lui restituer cet contrainte exercée pour le respect de la
enrichissement sans cause. règle morale.
- Celui qui aura trompé son partenaire
pour l'amener
à conclure une convention verra la convention
annulé pour dol et il pourra être condamné à
payer des dommages-intérêts
- Le plus souvent, ce n'est pas le droit
qui
modifie la société, mais c’est l'évolution des
mœurs de celle-ci qui conduit à la
modification
des règles de droit. Exemple : le mariage
entre deux personnes de même sexe.
Droit et Équité Il arrive que le législateur renvoie Le droit n’est pas toujours équitable. Le
L'équité a pu être expressément à l'équité des juges. Ainsi droit s'oppose, dès lors, à l'équité.
définie par un l'article 1135 du Code civil dispose que « les
auteur comme la« conventions obligent non seulement à ce
justice avec un "j" qui y est exprimé, mais encore à toutes les
minuscule » suites que l'équité, l'usage ou la loi
(Philippe donnent à l'obligation d'après sa nature ».
Jestaz).

C- Le caractère permanent de la règle de droit

Ce caractère signifie que la règle de droit s’appliquera toujours tant qu’elle n’est pas abrogée c’est-à-dire
annulée par une règle nouvelle. Une règle de droit peut tomber en désuétude c’est-à-dire oubliée ou
inappliquée pendant un certain temps. Mais elle n’est pas pour autant annulée. Elle sera toujours en vigueur
sans aucune formalité nécessaire. La désuétude de la loi ne signifie pas l’abrogation de cette loi.
D- La finalité sociale de la règle de droit
Le droit a pour ambition de régler les relations extérieures des hommes entre eux pour faire régner une
certaine paix sociale. Il a une finalité sociale. Des auteurs illustrent cette idée par l’histoire de Robinson
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Crusoé. Ainsi, Robinson, seul dans son île, n'a aucun besoin de droit. S'il souhaite tout de même en créer un,
le malheureux n'y parviendrait jamais. Pour l'homme seul, la notion de droit n'a aucun sens. Robinson peut
tout au plus se doter d'une morale, celle de ses pères ou celle qu'il aura créée lui-même.

Le droit, lui, suppose la présence de l'autre : il n'a pas son siège dans le for intérieur, mais dans les rapports
sociaux qu'il organise. Les juristes le disent en latin : ubi societas, ibi jus (là où il y a société, il y a le droit). La
société, comme le dit François Terré, «contient le droit en germe ». En d'autres termes, la nécessité du droit
ne se manifeste que lorsque l'homme vit en groupe. Or, l'homme, cet être sociable, selon Aristote, est portée à
vivre en société. La règle juridique est donc un facteur d'ordre, un régulateur de la vie sociale.

Paragraphe II : les sources du droit objectif


Il faut distinguer les sources internes ou nationales des sources externes ou internationales. Le cours
s’appesantira sur les sources nationales ou internes. Ces sources se divisent en deux à savoir les sources
directes qui les sources formelles et sources informelles (A) et les sources indirectes à savoir les sources
jurisprudentielles et les sources doctrinales (B).

Sources du droit
objectif

Les sources directes : Les sources indirectes :


- Les sources directes formelles : La - La jurisprudence ;
constitution, la loi, l’ordonnance, le - La doctrine
décret, les arrêtés, la circulaire ;
- Les sources directes informelles
coutume;

A- Les sources directes formelles

SCHEMA RECAPITULATIF DE LA HIERACHIE DES NORMES

CONSTITUTION
ACCORDS INTERNATIONAUX
LOI ORGANIQUE
LOI ORDINAIRE
ORDONNANCE
DECRET
ARRETE MINISTERIEL Mesures
ARRETE PREFECTORAL réglementaires
ARRETE MUNICIPAL
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1- Les textes de loi
Le texte de loi peut être pris ici dans un sens large englobant toutes les règles. Exemple la loi togolaise sur
l’enregistrement de naissance, la loi OHADA, la constitution …
D’une manière plus juridique, la loi est un texte qui émane du pouvoir législatif ou du parlement. Elle est
l’expression de la volonté générale.

a- Le processus de création de la loi

La loi naît et meurt comme un être humain ou un animal. Sa naissance est marquée par son entrée en vigueur
et sa mort correspond à son abrogation. Mais avant sa naissance c’est-à-dire son entrée en vigueur, la loi
passe par une phase de conception à l’instar du fœtus. Le processus de création de la loi est formel, c’est-à-
dire, le processus suit une forme.
a-1 Le vote de la loi
La proposition de loi (venant d’un parlementaire ou d’un groupe parlementaire) ou le projet de loi (à l’initiative
du premier ministre) est transmis à l’Assemblée pour des discussions, amendements et vote.
Lorsqu’il existe un Sénat, la loi retourne devant le Sénat pour ce même processus. Il faut noter qu’une loi
votée n’est pas encore entrée en vigueur.
a-2 La promulgation
Lorsque la loi est votée, le Président de la République la promulgue par décret. La promulgation produit trois
effets. D’abord, elle atteste de la régularité de la procédure d’élaboration. Ensuite, elle rend exécutoire la loi en
commandant de s’y conformer. Enfin, elle atteste de l’existence de la loi.

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a-3 La publication
La loi est publiée au Journal Officiel. Elle entre en vigueur un jour franc après sa parution ou sa publication
dans le Journal Officiel2.
Le texte prend une portée générale à la connaissance du public par son insertion dans le Journal Officiel. A
cet effet, nul n’est sensé ignoré la loi.

b- Application de la loi
b-1 La loi impérative et la loi supplétive
La première, c’est-à-dire, la loi impérative est d’ordre public. On ne peut y déroger. Ex. la loi déterminant le
SMIG.
La seconde peut être écartée par l’expression de la volonté contraire dans une convention. Ex. les époux qui
n’ont pas choisi de régime matrimonial sont soumis au régime de la séparation des biens au Togo. Cependant
lorsqu’ils font un contrat de mariage, ce contrat peut déroger au régime de la séparation qui est un régime
commun.
b-2 L’abrogation de la loi
La loi reste en vigueur tant qu’elle n’est pas abrogée. L’abrogation peut être expresse ou tacite. Elle est
expresse quand un nouveau texte abroge les dispositions antérieures d’un autre texte. Elle est tacite lorsque
les dispositions du nouveau texte sont incompatibles aux dispositions antérieures.
b-3 Application de la loi dans le temps
Le problème se pose généralement lorsqu’une loi remplace une autre jusqu’alors en vigueur. Ainsi par
exemple lorsqu’une situation est née sous l’ancienne loi mais reçoit l’application d’une nouvelle loi.
Ex : la modification du pouvoir respectif de l’époux dans le mariage

• Le principe de la non rétroactivité de la loi


La loi ne dispose que pour l’avenir, elle n’a pas d’effet rétroactif. La loi est tournée vers l’avenir. Elle s’applique
aux nouveaux faits ou situations à venir. Elle n’agit pas sur les situations antérieures à son entrée en vigueur.
Ce principe est posé pour la sécurité juridique des justiciables et pour la préservation de l’impératif
d’autorité.

• Exception
La loi est cependant rétroactive lorsqu’il est dit expressément dans les dispositions de cette loi qu’elle régit les
situations rétroactivement.
Aussi, les lois pénales plus douces sont rétroactives quand bien même cette rétroactivité n’est pas expresse.
Exemple Une infraction commise sous le régime d’une ancienne loi et que cette dernière abrogée par une
nouvelle loi avant le jugement, c’est la nouvelle loi qui s’appliquera à l’auteur de l’infraction.

2
La loi publiée doit observer un délai pour être exécutoire. Ce délai appelé délai d’information, dure un jour franc (jour entier) c’est-à-dire de 0 à
24 h. En pratique, on tient compte du jour de la promulgation et du jour de l’arrivée du journal officiel dans un lieu (préfecture ou région).

NB. Lorsque le JORT arrive dans une localité un week-end ou jour de fête, on ne tient pas compte de ces jours, car ce sont des jours non ouvrables.

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2- Les ordonnances (Décret-loi)
Les ordonnances sont des règles de droit écrites qui émanent du pouvoir exécutif. Pour une application rapide
de sa politique, le gouvernement peut demander au Parlement l’autorisation de prendre « pendant un temps
limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi ». L’ordonnance a donc un caractère
mixte. Elle est réglementaire avant sa ratification et législative après sa ratification.
3- Les règlements
Le pouvoir réglementaire appartient au pouvoir exécutif c’est-à-dire le gouvernement. A cet effet, il prend des
décrets (a) et des arrêtés (b) qui comportent aussi des règles de droits.
a- Les décrets
Le décret constitue une catégorie d’acte administratif unilatéral à portée générale (pris pour l’application d’une
loi) ou à portée individuelle (pris pour la nomination à un poste) pris par le Président de la République ou le
premier ministre en conseil des ministres.
b- Les arrêtés
Ils constituent des décisions exécutoires prisent par une autorité administrative. Ils émanent des ministres, des
préfets et des maires.

B- Les sources directes informelles : la coutume


Ce terme désigne la règle de droit non édictée par un pouvoir public, mais qui est devenue obligatoire à la
suite d’un usage prolongé (pratiques prolongées). La coutume est née d’une pratique habituelle et prolongée
considérée peu à peu comme obligatoire. Toutefois, toute pratique habituelle et prolongée n’est pas une
coutume. Pour qu’il y ait coutume, il faut la réunion cumulative de deux éléments à savoir l’élément matériel
(1) et l’élément moral (2).
1- L’élément matériel
Il s’agit d’une pratique, un comportement répété. Cette pratique doit avoir un caractère :
- Général : elle doit être largement répandue ;
- Constant : elle doit être régulièrement suivie et appliquée ;
- Ancien : « une fois n’est pas coutume ».
2- L’élément moral ou psychologique
L’élément moral ou psychologique est la conviction partagée par tous du caractère obligatoire de cette
pratique. Une pratique isolée ne saurait être admise comme une coutume.

3- Le rôle de la coutume

La coutume ne peut jouer un rôle que si la loi y fait référence ou si la loi comporte des carences, si la loi est
obscure ou la loi est muette. Elle n’a donc pas de force propre. Elle a une fonction / un rôle secondaire.

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Ainsi, elle comble les carences de la loi lorsque celle-ci est muette ou elle y fait référence. Aussi en cas de
vide juridique, le juge se réfère à la coutume ou aux usages locaux. Elle favorise également l’interprétation de
la loi.

En droit privé, la coutume occupe une place considérable en droit commercial. On peut même probablement
dire que c'est la seule branche du droit où elle constitue une source fondamentale du droit.

Réflexion : conflit entre la loi et la coutume

C- Les sources indirectes


1- La jurisprudence
Elle est l’ensemble des décisions rendues par les différentes juridictions. Elle a un caractère référentiel. Elle
n’est pas une source directe du droit car elle manque de caractère général (les décisions judiciaires n’ont
qu’une autorité relative) et de caractère obligatoire (une juridiction n’est jamais liée par des décisions rendues
dans le passée ou par une autre juridiction). Des revirements de jurisprudence se produisent et permettent
une évolution du droit. La jurisprudence joue des rôles fondamentaux dans l’application de la loi.
Ainsi, la jurisprudence :
- Interprète la loi lorsqu’elle est obscure.
Les débats autour d’une loi muette permettent de faire ressortir l’esprit du législateur au moment de la
préparation des lois.
- Adapte la loi générale à des situations précises.
Le législateur ne peut pas tout prévoir. Il existe des situations humaines qui l’échappent forcément. Le juge
vient adapter la loi à cette situation.
- Supplée la loi
L’évolution des mœurs, des techniques, de la science, créée des nouveaux problèmes. On constate alors qu’il
y a un vide juridique que la jurisprudence doit combler.

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2- La doctrine
La doctrine est l’ensemble des opinions et thèses émises par les auteurs, des juristes sur un problème de
droit. Ceux-ci commentent les décisions et les textes de loi. En le faisant, ils :

• mettent en exergue les lacunes et les imperfections de la règles de droit ;

• mettent en évidence des lignes directrices que suivent parfois les tribunaux ;

• proposent des interprétations.


A titre illustratif : Akuété Pedro SANTOS et Jean Yado TOE, OHADA - Droit commercial general, Bruylant,
2002 ; Koffi AHADZI-NONOU, Droits de l’homme et développement en Afrique sub-saharienne : théories et
réalités, Presses de l’Université Toulouse I Capitole, 2018 ; Dodzi K. KOKOROKO, Les grands thèmes du
droit administratif, PUL, 2e ed., 2018.

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Paragraphe III : Les matières du droit
A- Droit privé et droit public
Droit privé Droit public

Définition Le droit privé est celui qui régit les rapports entre particuliers ou avec les collectivités privées, telles Le droit public est celui qui régit les rapports de droit dans lesquels interviennent l'Etat (ou
que les associations, les sociétés et qui assure prioritairement la sauvegarde des intérêts une autre collectivité publique) et ses agents. Il régit l'organisation de l'Etat et des collectivités
individuels. publiques (mairie, préfecture, région, etc.) ainsi que leurs rapports avec les particuliers. Le
droit public se subdivise aussi en plusieurs branches.

Contenu Il comprend principalement le droit civil et le droit commercial. Il comprend principalement le droit constitutionnel qui fixe les règles de base d'organisation de
l'Etat, le droit administratif qui réglemente la structure de l'Administration et ses rapports avec
Le droit civil constitue le droit commun. Cela signifie qu'il s'applique, en principe, à tous les rapports les particuliers, les finances publiques et le droit fiscal qui réunissent les règles gouvernant les
de droit privé, sauf si un droit spécial a été édicté pour une matière déterminée. Cette fonction dépenses et les recettes des collectivités publiques, les libertés publiques qui définissent les
particulière s'explique par le fait que le droit civil est la branche la plus ancienne du droit. divers droits de l'individu dans la société et les modalités de leur protection.

Le droit civil régit d'abord la famille (aspects extrapatrimoniaux : mariage, divorce, filiation et aspects
patrimoniaux : régimes matrimoniaux, successions, libéralités) ; ensuite, la propriété et enfin, les
obligations (contrat, responsabilité civile).

Le droit commercial contient les règles dont l'application est réservée soit aux particuliers qui
effectuent des actes de commerce, soit aux commerçants. Il régit donc aussi bien les sociétés
constituées pour la réalisation d’opérations commerciales, que le fonds de commerce du simple
commerçant ou encore des actes de commerce, ensemble des actes accomplis par un commerçant
dans l’exercice et pour les besoins de son commerce.

Points de Le droit public diffère du droit privé par:


différence - une finalité différente : il vise à satisfaire l'intérêt de la collectivité. Il est au service de l'intérêt public, alors que le droit privé est au service des individus.
- un caractère impératif : le droit public s'impose aux administrés, alors que le droit privé est le plus souvent un droit d'autonomie, c'est-à-dire que les personnes privées sont libres de se placer dans
le système juridique de leur choix (mariage ou concubinage ; liberté de conclure ou ne pas conclure ; détermination libre du contenu du contrat, etc.).
- les privilèges reconnus à l'Administration : Par exemple, en droit privé, il est un principe selon lequel« nul ne peut se faire justice à soi-même ». Le droit subjectif ne peut être sanctionné qu'après
avoir été reconnu par l'autorité judiciaire. L'Administration, au contraire, jouit du privilège de l'exécution d'office. Cela signifie qu'elle peut faire exécuter ses décisions à l'encontre des particuliers,
même si ces derniers en contestent la régularité. Ils devront exécuter d'abord la décision et contester ensuite en recourant à la Justice administrative : le contrôle s'exercera a posteriori (ex. en
matière d'impôt).

- les contraintes possibles pour faire exécuter les décisions de Justice. En droit privé, il existe des mesures de contrainte, c'est-à-dire des voies d'exécution pour obliger les particuliers à respecter la
décision de Justice (saisies des biens, par ex.). En droit public, il n'existe en principe aucune exécution forcée des décisions de Justice à l'encontre de l'Administration. Si l’Etat refuse d'exécuter une
condamnation, ses biens sont insaisissables.
- des juridictions différentes : l'Administration est soumise à un ordre juridictionnel particulier, celui de la juridiction administrative chargée d'appliquer les règles de droit public.
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B- Droit mixte
Nous l’avons dit, la distinction du droit privé et du droit public n'est pas une division absolue du droit. En
réalité, les techniques et les préoccupations se mélangent très souvent. Il est des règles de droit dites mixtes,
parce qu'elles réalisent une combinaison de règles relevant, pour les unes du droit public, et pour les autres,
du droit privé.

- Le droit pénal, appelé aussi "le droit criminel" est un droit mixte. Il a pour principal objet de définir les
comportements constitutifs d'infractions, et de fixer les sanctions applicables à leurs auteurs. Mais le droit
pénal ne vise pas que la répression, il cherche aussi à prévenir les attitudes délictueuses, à rééduquer les
anciens délinquants. Le droit pénal a un lien étroit avec le droit public puisque les infractions sont définies en
considération de l'intérêt général et c'est la puissance publique qui assure l'exécution de la sanction. Le
procès n'oppose pas deux particuliers, la victime et le délinquant, mais le délinquant et la société. Même si la
victime n'intervient pas parce qu'elle est décédée ou ne souhaite pas les poursuites, le procès se déroulera
normalement, opposant le délinquant au ministère public, représentant de l'Etat. L'essentiel des règles du droit
pénal est rassemblé dans un code appelé Code pénal.

Le droit pénal est néanmoins traditionnellement rattaché au droit privé et enseigné dans les facultés par des
professeurs de droit privé. En effet, le droit pénal est bien antérieur à l’apparition du droit public qui s'est
nettement démarqué de toutes les autres branches du droit. Cela a eu pour conséquence de rapprocher droit
civil, droit commercial et droit pénal. Il faut également noter que le droit pénal sauvegarde les intérêts privés. Il
protège les individus dans leur vie, leur honneur, leurs biens... et en ce sens, peut être considéré comme la
sanction ultime du droit privé. Le droit pénal a donc une nature mixte.

- Le droit processuel regroupe la procédure civile, dite aussi le droit judiciaire privé, la procédure pénale et la
procédure administrative. Ces trois branches du droit ont pour objet l'organisation et le fonctionnement des
organes de la justice civile, pénale et administrative. Ces règles déterminent la procédure à respecter lors du
déroulement du procès. Ces différentes branches du droit ont un lien étroit avec le droit public puisque la
procédure a pour objet la mise en place et le fonctionnement d'un service public, celui de la justice. Il n'en
demeure pas moins que la procédure pénale et celle civile sont traditionnellement rattachées au droit privé et
enseigné par des professeurs de droit privé, en raison de la nature des juridictions devant lesquelles elles ont
vocation à s'appliquer.

- Le droit social regroupe le droit du travail et le droit de la sécurité sociale. Le droit du travail recouvre
l'ensemble des règles qui définissent la condition des travailleurs salariés. Il régit la prestation de travail, sa
rémunération, la représentation collective des salariés, le droit de grève, les pouvoirs de l'employeur, le
licenciement des salariés, etc. La sécurité sociale, qui a pris son essor à partir de 1945, s'est détachée du
droit du travail. Le droit de la sécurité sociale réunit un ensemble de règles destinées à s'appliquer
principalement aux travailleurs pour les garantir contre divers risques sociaux (la maladie, les accidents du
travail, le chômage), mais aussi pour jouer un rôle de solidarité par l'octroi d’allocations familiales.

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C- Droit national et droit international

Droit international privé Droit international public

Définition Le droit international privé est celui Le droit international public,


qui régit les rapports des appelé aussi le droit des gens,
particuliers entre eux lorsqu'il contient les règles applicables
existe un élément étranger. dans les rapports des Etats entre
eux et définit l'organisation, le
fonctionnement, la compétence et
les pouvoirs des organisations
internationales (Ex. O.N.U.).

Exemple Le divorce entre un Togolais et Conflit entre deux Etats


une Française, mariés en
Allemagne et domiciliés en
France : peuvent-ils divorcer ? Et
si oui, selon quelles règles ? Un
autre ex., celui de l'ouverture de la
succession d'un Anglais, décédé
en Italie qui a un immeuble au
Togo

Section 2 : les droits subjectifs


Les droits subjectifs désignent les prérogatives dont une personne peut se prévaloir en face d’un bien ou sur
une autre personne. Il existe plusieurs droits subjectifs qui peuvent être regroupés en droit patrimoniaux
(paragraphe I) et en droit extrapatrimoniaux (paragraphe II).
Paragraphe I : les droits patrimoniaux
Ces droits sont évaluables en argent. Ils font partie du patrimoine d’une personne. Ils sont :
- cessibles (faire l’objet d’un transfert de propriété soit par la vente ou autre contrat translatif de
propriété à titre onéreux ou à titre gratuit) ;
- transmissibles ;
- saisissables (faire l’objet d’une saisie conservatoire ou saisie attribution par un créancier) ;
- prescriptible (on peut les acquérir ou les perdre par l’écoulement d’un temps déterminé par la loi).
On peut répartir les droits patrimoniaux en droits réels et en droits personnels
A- Les droits réels
Les droits réels sont des droits qu’une personne a sur une chose. Ils sont limités en nombre et sont répartis en
droit de propriété (1), les démembrements du droit de propriété (2) et les droits réels accessoires (3).
1- Le droit de propriété
Le droit de propriété est un droit absolu qu’une personne ne peut avoir sur une chose. Il comporte trois
attributs :

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- Usus c’est-à-dire l’usage. L’usage est limité à l’habitation ;
- Le fructus est droit de percevoir le fruit ;
- Abusus est le droit de disposer (jeter, casser, vendre, donner…) d’une chose.
Lorsqu’une personne détient ces trois attributs, on dit qu’elle a le droit propriété. Dans l’hypothèse contraire,
on parle des démembrements de la propriété.
2- Les démembrements du droit de propriété
Il y a démembrement de la propriété, lorsqu’une personne ne possède qu’un attribut du droit de propriété.
Ainsi par exemple, le propriétaire d’un fonds ou d’un terrain donne l’usufruit de son fonds à un autre. Ce
dernier est appelé l’usufruitier. Il dispose donc de l’usus et fructus sur ce fonds. A cet effet, il use de la chose
et en perçoit les fruits. Il n’a pas de l’abusus. L’abusus est conservé par le propriétaire lui-même.
Avec l’évolution jurisprudentielle, on peut ajouter les droits réels principaux.
3- Les droits réels accessoires
Ces droits sont accessoires parce qu’ils s’attachent à un droit personnel ou droit de créance. Ce sont des
garanties accordées par un débiteur à un créancier. Ces garanties données par le débiteur peuvent être
personnelles (le cautionnement : une personne se porte caution pour une autre) ou réelles (une hypothèque,
un bien est donné en garantie).

B- Les droits personnels ou droits de créance


Lorsqu’une personne, appelée « créancier/créancière », dispose contre une autre personne, appelée
« débiteur/débitrice », d’un droit qui lui permet d’exiger une prestation ou une chose, on parle de droit de
créance ou droit personnel. Ils sont illimités.
Exemple : obligation pour l’employeur de payer le salarié à la fin du mois après l’exécution de son travail,
l’obligation de non concurrence, obligation pour le vendeur de livrer le bien à l’acheteur.
Obligation
Créancier Débiteur

Paragraphe II : les droits extrapatrimoniaux


Les droits extrapatrimoniaux sont, contrairement aux droits patrimoniaux, des droits qui ne sont pas
susceptibles d’évaluation pécuniaire. Toutefois, leur violation peut entrainer des sanctions telles que la
condamnation à des dommages et intérêts.
Les droits extrapatrimoniaux, contrairement aux droits patrimoniaux, sont incessibles, intransmissibles,
insaisissables et imprescriptible.
On peut citer notamment comme droit extrapatrimoniaux le droit au nom, le droit au respect de la vie privée, le
droit à l‘honneur, le droit au secret, les droits liées à l’autorité parentale, les droits civiques ou politiques.

Paragraphe III : les sources des droits subjectifs

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Les droits subjectifs étant des prérogatives individuelles, ils peuvent être acquis par des évènements voulus
ou non voulus. On parle respectivement des actes juridiques (A) et de faits juridiques (B).
Schéma des sources du droit subjectif

Les sources du droit subjectif

Les actes juridiques Les faits juridiques

A- Les actes juridiques


1- La définition
Les actes juridiques sont des manifestations de volonté d’une personne destinées à produire des effets ou des
conséquences juridiques voulues ou souhaitées.
Exemple : la vente, le contrat de travail…
2- La classification des actes juridiques
a- Les actes unilatéraux, bilatéraux et multilatéraux
Un acte est dit unilatéral lorsqu’il résulte de la volonté d’une seule personne qui désire et attend des effets
juridiques.
Exemple : le testament, la promesse unilatéral de vente
En revanche, l’acte est bilatéral lorsque qu’il existe la volonté de deux personnes qui donnent librement leurs
accords. Cet acte est appelé contrat ou convention. Exemple : la vente, le contrat de location, le contrat de
prêt…
Lorsqu’il existe plusieurs personnes qui donnent leurs consentements, on n’est en présence d’un acte
multilatéral ou plurilatéral. Exemple : Traité international ou convention internationale
b- Les actes à titre gratuit et les actes à titre onéreux
L’acte à titre gratuit, comme son nom l’indique, est celui qui n’engendre pas pour son auteur une
contrepartie pécuniaire. Il y a dans ce cas une intention généreuse de celui qui a effectué l’acte. C’est le cas
par exemple d’un don.
A la différence de l’acte à titre gratuit, l’acte à titre onéreux procure un avantage pécuniaire qui est
compensé par une autre personne. On pourra citer à titre d’exemple le prêt, la cession des valeurs mobilières
c- Les actes de conservation, d’administration et de disposition

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L’acte de conservation ou l’acte conservatoire fait entrer et maintient un droit dans le patrimoine d’une
personne. Ces actes n’affectent pas la consistance du patrimoine. Par exemple, la souscription à un contrat
d’assurance, la réparation d’entretien, le renouvellement de l’hypothèque.
L’acte d’administration est un acte ayant pour but la gestion normale d’un patrimoine, en conservant sa
valeur et en le faisant fructifier. La gestion des portefeuilles de valeur mobilière et de location de voiture sont
un acte d’administration.
On oppose l’acte d’administration à l’acte de disposition qui ne maintient pas un droit dans le patrimoine
mais entraine leur transmission dans le patrimoine d’une autre personne.
B- Les faits juridiques
Les faits juridiques sont des événements susceptibles de produire des effets de droit. Autrement dit, ce sont
des actions (coup porté, injures…) ou des situations (naissance, mort, majorité …) qui entrainent par leur
survenance une création, une modification ou une transmission de droit.
Les effets de ces faits ne sont pas généralement voulus par l’auteur comme dans les actes juridiques. Par
exemple, une personne peut vouloir faire du mal à l’autre, mais elle n’a pas l’intention de réparer le préjudice
qui en découlera.
Il faut cependant noter que les faits juridiques peuvent être intentionnels ou non intentionnels (l’imprudence, la
négligence ...). On parlera respectivement de délit et de quasi-délit.
Le droit subjectif, étant un droit individuel, le problème de la preuve de ce droit se posera certainement.

Paragraphe IV : la preuve du droit subjectif


La preuve est l’établissement de la réalité d’un fait ou de l’existence d’un droit. La preuve du droit subjectif fait
ressortir deux questions : à qui incombe la charge de la preuve ou qui doit rapporter la preuve d’une
subjectif ? Comment doit-on apporter cette preuve ou quels sont les moyens de la preuve ?

A- La charge de la preuve
Le principe de la charge de la preuve est prévu par l’article 1315 du Code civil. Cet article dispose que la
charge de la preuve incombe au demandeur. Celui qui a la charge de la preuve est cette personne qui doit
apporter la preuve de ses allégations ou ses prétentions. Ainsi, au cours d’un procès le demandeur d’un droit
(par exemple la réparation d’un préjudice) doit apporter la preuve de son préjudice. Le défendeur, bien
évidemment, doit aussi administrer la preuve contraire.
Si par exemple, une femme estime que les torts du divorce sont imputables à son mari, elle doit rapporter la
preuve de ces torts. L’époux, d’avis contraire, doit aussi apporter la preuve que les torts incombent
entièrement et exclusivement à la femme. Toutefois, ce principe n’est pas sans exceptions.
En droit pénal, le procureur doit établir l’accusation en démontrant les éléments constitutifs de l’infraction.
Dans ce cas, on dit que la charge de la preuve incombe au juge.
En outre, le principe de la charge de la preuve peut être dérogé par les présomptions légales. Les
présomptions sont des situations dans lesquelles la loi dispense celui qui a la charge de la preuve, en
déduisant la preuve d’une situation ou d’un événement antérieur.

B- Les moyens de la preuve


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Il existe des procédés parfaits et des procédés imparfaits.
1- Les procédés parfaits
La preuve par procédé parfait couvre l’administration de la preuve par écrit, par l’aveu et par le serment.
Au prime abord, la preuve par écrit, encore appelée la preuve littérale, est celle qui est rapportée à l’aide d’un
négocium ou instrumentum. Il peut s’agir soit d’un acte sous seing privé signé entre les parties ou d’un acte
authentique qui est rédigé par un officier public.
En second lieu, l’aveu constitue aussi une preuve par procédé parfait. L’aveu est, selon M. Jacques FLOUR
« la reconnaissance, par une personne, d’un fait qui est de nature à produire contre elle des conséquences
défavorables ». En clair, il est une déclaration par laquelle une personne tient pour vrai un fait qui peut
produire contre elle des conséquences juridiques. L’aveu peut être judicaire ou extrajudiciaire.
En troisième position, le serment consiste à demander à une personne de jurer devant juge de la véracité, de
l’exactitude ou de la réalité d’une allégation, un fait ou d’une situation.
2- Les procédés imparfaits
Dans un premier temps, la présomption est un moyen de preuve par lequel à partir de l’établissement d’un
fait on induit un autre fait qui n’est pas prouvé. Elle est légale lorsque la loi titre lui-même d’un fait établi, un
autre fait dont la preuve n’est pas apportée.
On parle présomption légale simple lorsque qu’elle peut être combattue par la preuve contraire.
Les dispositions de l’article 38 du Code de l’enfant font ressortir un exemple de présomption simple en ces
termes : « l’enfant conçu pendant le mariage a pour père le mari de sa mère. Toutefois, celui-ci pourra
désavouer l’enfant s’il prouve que pendant le temps qui a couru depuis le trois centième jour jusqu’à cent
quatre vingtième jour avant la naissance de cet enfant, il était dans impossibilité physique de cohabiter avec
sa femme ».
Cependant, elle est irréfragable lorsque ne peut être renversée par la preuve contraire. Les actes notariés
sont présumés justes et donc insusceptibles de preuve contraire.
En deuxième position, le témoignage, selon M. DUCHARME, est l’affirmation par une personne de l’existence
d’un fait dont elle a eu personnellement connaissance.

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LES SUJETS DE DROITS : LES PERSONNES MORALES ET
LES PERSONNES PHYSIQUES

Les sujets de droit sont les personnes auxquelles la loi reconnaît l’aptitude à être titulaire de droit et
redevable d’obligation. Autrement dit, ce sont des acteurs de la vie juridique. On distingue, à cet effet, les
personnes physiques et les personnes morales.
Ces sujets ou acteurs ont la personnalité juridique et la personnalité juridique est « l’aptitude à être titulaire de
droits et d’obligations ». Il convient donc d’analyser la personnalité juridique des personnes physiques
(Section 1) et des personnes morales (section 2).
Section 1 : La personnalité juridique des personnes physiques
Les personnes physiques sont les êtres humains (chair et sang) à l’exclusion des animaux. Ces derniers n’ont
pas la personnalité juridique. Elle dure toute la vie d’une personne physique (paragraphe I). Elle permet à une
personne d’avoir la capacité juridique (paragraphe II)
Paragraphe 1 : Durée de la personnalité juridique
La durée de la personnalité juridique des personnes physique suppose la connaissance de son point de
départ (A) et de sa fin (B).
A- Le point départ de la personnalité juridique des personnes physiques
La personnalité juridique est conférée à une personne dès sa naissance. Cependant, lorsque l’intérêt de
l’enfant l’exige, il peut acquérir des droits dès sa conception à condition qu’il naisse vivant et viable. Un enfant
est né vivant lorsqu’il n’est pas mort-né. Par contre, on dit d’un enfant3 qu’il est viable lorsqu’il a tous les
organes nécessaires et suffisamment constitués pour lui permettre de vivre.
B- La fin de la personnalité juridique des personnes physiques
La personnalité juridique s’éteint au décès d’une personne. Le décès tout comme la naissance doit être
obligatoirement déclaré.
Cependant, il existe certains cas particuliers où la personnalité juridique est suspendue en dehors du décès.
En premier lieu, l’absence est un cas de cessation de la personnalité juridique. L’absence est « l’état d’une
personne dont on ignore encore la vie, alors qu’aucun événement ne fait présumer son décès ». Aux termes
de l’article 20 du Code des personnes et de la famille du Togo, « l’absent est la personne dont le manque de
nouvelles rend l’existence incertaine ». Par exemple, une personne qui a quitté son domicile et ne donne plus
de nouvelles.
Ainsi, lorsque la réception des dernières nouvelles d’une personne remonte à plus d’un an, tout intéressé ou
le ministère public peut saisir le tribunal par une requête pour une déclaration de présomption d’absence.
Deux (2) ans après le jugement de déclaration de présomption d’absence, les intéressés peuvent introduire
une demande de déclaration d’absence et dix (10) ans après le jugement de déclaration d’absence, les
intéressés peuvent introduire devant le tribunal une demande en déclaration de décès.
Le deuxième cas particulier de suspension de la personnalité juridique est la disparition. La disparition est
« l’état d’une personne qui a disparu dans des circonstances de nature à mettre sa vie en danger, lorsque son

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Enfant naturel et enfant légitime
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corps n’a pu être retrouvé. Exemple : un expert comptable qui travaillait dans l’immeuble des deux tours
jumelles n’a pas été retrouvé. On pourra dire que celui-ci est disparu.
La procédure de déclaration de la disparition est simple. Toute personne ou le procureur de la République
peut introduire une demande de déclaration de disparition au tribunal du lieu de disparition.
Paragraphe II : La capacité juridique des personnes physiques
La capacité juridique est l’aptitude pour une personne à être titulaire de droits et d’obligations et à les exercer.
Autrement dit la capacité juridique vient se greffer sur la personnalité juridique pour permettre la jouissance et
l’exercice de droits et d’obligations. Il existe donc deux sortes de capacité juridique : la capacité de jouissance
(A) et la capacité d’exercice (B).
A- La capacité de jouissance

Il s’agit de l’aptitude d’une personne titulaire d’un droit d’en jouir. Tout le monde a la capacité de jouissance.
L’incapacité de jouissance rend alors inapte une personne à être titulaire d’un ou plusieurs droits. Elle ne
saurait être totale car elle risque de réduire à néant la personnalité juridique de la personne. En clair, la
capacité juridique de jouissance se confond à la personnalité juridique.
Par exemple, un parent irresponsable perd son droit de garde ou son autorité parentale sur l’enfant au profit
de l’autre parent ou d’un tiers. C’est également le cas d’une personne condamnée à des peines privatives de
liberté et qui est privée de certains droits par exemple les droits civiques.
B- La capacité d’exercice

Elle est la capacité d’exercer pleinement son ou ses droits sans l’intermédiaire d’un représentant légal ou d’un
tiers. L’incapacité est donc l’inaptitude d’une personne à exercer seule ou soi-même ses droits dont elle est
titulaire. Une personne peut ainsi avoir pleine jouissance de tous les droits reconnus à une personne
capable, mais avoir un exercice limité de ses droits.
Un mineur n’a pas la capacité d’exercice dans la mesure où il n’est pas en mesure de donner son
consentement pour les actes de la vie civile. En réalité, c’est une mesure de protection du mineur pour son
immaturité.
De même, un majeur sous curatelle, c’est-à-dire, un majeur qui souffre d’une déficience mentale ou psychique
ou d’une altération de faculté mentale ne saurait valablement faire des actes de disposition sans son curateur.
Réflexion : Quelle est la différence entre personnalité juridique, personnalité morale, personne morale,
personne physique et la capacité juridique ?

Paragraphe III : L’incapacité du mineur


Le mineur est toute personne âgée de moins de 18 ans. Au Togo, la majorité est atteinte à l’âge de 18 ans.
Cependant, il faut distinguer les mineurs non émancipés des mineurs émancipés. L’émancipation est l’acte
juridique qui donne au mineur pleine capacité civile.
A- Le mineur non émancipé
1- L’étendue de l’incapacité du mineur
Le mineur est frappé d’incapacité générale d’exercice. Il ne peut exercer lui-même les droits dont il est
titulaire. Autrement dit, le régime de l’incapacité ne touche pas la capacité de jouissance du mineur, mais se
limite à la capacité d’exercice. Le mineur est donc représenté dans l’accomplissement des actes de la vie
juridique.
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2- Les effets de l’incapacité du mineur
Un mineur incapable est un mineur qui a des droits patrimoniaux et extrapatrimoniaux mais qui ne peut les
exercer compte tenu de l’immaturité de son état d’esprit. On estime que le mineur n’est pas suffisamment mûr
pour accomplir les actes de la vie juridique notamment les actes conservatoires, les actes d’administration et
les actes de disposition.
S’agissant des droits extrapatrimoniaux, le mineur doit être sous une autorité chargée de l’éduquer, l’élever, le
guider, et de le protéger.
En revanche, en ce qui concerne l’exercice des droits patrimoniaux, il doit forcément être représenté. Dans le
cas contraire, l’acte accompli par le mineur est nul. Il existe deux systèmes de représentation selon que le
mineur a ou non ses deux parents. Il s’agit de l’autorité parentale (a) et la tutelle (b).
a- L’autorité parentale
L’autorité parentale est le droit reconnu légalement aux père et/ou mère d’un mineur de le représenter dans
les actes de la vie juridique. Lorsque les deux parents de l’enfant son en vie, l’autorité parentale est exercée
conjointement par les deux. On parle d’administration légale pure et simple des biens (patrimoine) de
l’enfant. Cependant, lorsque l’un des parents est décédé ou lorsque les parents sont séparés, l’autorité
parentale est exercée par le parent qui a la garde sous le contrôle judiciaire. Dans cette hypothèse, on est en
face de l’administration légale sous contrôle judiciaire.
Lorsque les parents de l’enfant ou le parent qui exerce l’autorité est déchu de son droit exercice de l’autorité
parentale, cette dernière peut être attribuée par le juge à l’autre parent (hypothèse des parents séparés).
L’administration légale des biens du mineur, confère à l’administrateur légal des pouvoirs qui varie selon la
nature des actes. Tout administrateur légal peut faire seul les actes conservatoires et les actes
d’administration. Toutefois, il ne peut faire les actes de disposition qu’avec le consentement de l’autre parent
(dans le cas de l’administration pure et simple) ou avec l’autorisation du juge des tutelles (dans l’hypothèse de
l’administration sous contrôle judiciaire).
Il faut noter que l’administration légale confère le titre d’usufruitier à l’administrateur légal. Ceci s’explique par
le fait qu’il a l’obligation prendre soin et d’entretenir l’enfant. Cependant dans les trois cas suivants,
l’administrateur légal (l’usufruitier) ne saurait jouir des biens de l’enfant :
- Les biens acquis par l’enfant au moyen d’un travail. L’administrateur doit capitaliser pour le compte de
l’enfant les salaires perçus qu’il a perçu ;
- Les biens donnés ou légués à l’enfant sous condition expresse que les parents n’en jouiront pas ;
- La succession recueillie par l’enfant.
L’administration légale des biens de l’enfant s’arrête à la majorité de l’enfant à 18 ans.
b- La tutelle
La tutelle s’ouvre lorsqu’un mineur n’est pas sous l’autorité parentale. Autrement lorsque les deux parents de
l’enfant n’existent pas (décédés, absents ou disparus) ou que les parents sont déchus de l’autorité parentale,
l’enfant doit être mis sous tutelle. La tutelle est donc une institution qui a pour but de protéger un enfant qui ne
peut être soumis à l’autorité parentale.
L’organisation de la tutelle est motivée par la conception familiale que le législateur lui imprime tout en
maintenant la place du juge. Il existe donc trois organes dans la tutelle :
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- L’organe de décision qui est le conseil de famille composé de 4 à 6 membres ;
- L’organe d’exécution composé uniquement du tuteur désigné soit par testament (tuteur
testamentaire), soit par conseil de famille (tuteur datif), soit par la loi (tuteur légal), soit par l’Etat
(tuteur étatique). Il gère les biens du patrimoine de l’enfant. Le tuteur peut être relevé de ses fonctions
sur demande pour des motifs légitimes et sérieux ou sur décision judiciaire lorsque les circonstances
l’exigent. Le tuteur ne peut faire seul les actes de disposition grave ou importante sans l’autorisation
du juge ou du conseil de famille.
- L’organe de contrôle composé du juge des tutelles et du subrogé tuteur. Ce dernier est une
personne désignée parmi les membres de la famille par le conseil de famille dès l’ouverture de la
tutelle. Il assiste, remplace et surveille le tuteur. Il informe également le juge des tutelles chaque fois
que cela est nécessaire.

B- Le mineur émancipé
L’émancipation est l’acte juridique qui donne la pleine capacité civile au mineur. Il est donné avant l’âge de dix
huit ans.
1- Les motifs de l’émancipation
On distingue deux catégories d’émancipation à savoir l’émancipation par le mariage et l’émancipation
judicaire.
2- Les effets de l’émancipation
Le mineur émancipé est assimilé au majeur capable. Il échappe à l’autorité parentale ou à la tutelle. Les
parents ne sont plus responsables des dommages causés par leur enfant. Il a la pleine capacité civile
d’exercice de ses droits. Cependant, il ne peut être électeur, ni éligible.

Paragraphe IV : L’incapacité des majeurs


Alors que l’incapacité est la règle chez les mineurs, la capacité constitue la règle chez les majeurs.
Cependant, cette capacité connaît des exceptions notamment pour les majeurs dont les facultés sont
altérées ; d’où la notion de l’incapacité des majeurs. Ces majeurs sont soumis à un régime de protection
(paragraphe 1) dû à leur situation d’incapacité qui n’est pas sans effets juridiques (Paragraphe 2).
A- Le régime de protection du majeur incapable
Avant d’aborder les différents types de régime (B) qui interviennent dans la protection du majeur incapable, il
convient d’en cerner la notion au préalable (A).

1- Les majeurs incapables protégés


Un majeur incapable est un majeur dont les facultés sont altérées. Il peut donc s’agir des facultés mentales et
des facultés corporelles.
La première, c’est-à-dire l’altération des facultés mentales, peut être caractérisée lorsque le majeur souffre
des maladies mentales, d’une altération de la faculté mentale due à l’âge ou à la débilité.
La seconde, l’altération des facultés corporelles, est caractérisée par une maladie ou une infirmité rendant
impossible l’expression de la volonté.

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2- Les différents régimes de protection des majeurs incapables
On distingue le régime de la sauvegarde de justice (1), de la curatelle (2) et de la tutelle (3). Chaque régime
comporte sa spécificité.
a- Le régime de la sauvegarde de justice
S’agissant de la sauvegarde de justice, elle concerne les majeurs dont les facultés altérées justifient
seulement une protection temporaire pour les actes de la vie civile. Autrement dit, les facultés mentales du
majeur bénéficiant de ce régime ne doivent pas être gravement atteintes suivant les rapports du médecin. Ce
régime précède généralement la curatelle et la tutelle. Le majeur sous le régime de la sauvegarde de justice
conserve l’exercice de ses droits. Il est protégé par les actions en nullité relative, en réduction pour excès et
rescision pour lésion.
Ce régime cesse naturellement lorsque les expertises médicales montrent à suffisance que le bénéficiaire a
retrouvé ses facultés. Dans la situation inverse, le juge ordonne l’ouverture du régime de la tutelle ou de la
curatelle selon le cas.
b- Le régime de la curatelle
Ce régime concerne les majeurs dont les facultés mentales ou corporelles, sans être altérées au point de les
mettre hors d’état d’agir eux-mêmes, les mettent dans le besoin d’être contrôlés ou surveillés dans les actes
de la vie civile. Il s’agit des majeurs, qui par leur prodigalité, intempérance ou oisiveté s’exposent à tomber
dans le besoin ou compromettent l’exécution de leur obligation familiale, sont également placés sous ce
régime de protection. L’avis d’un médecin n’est pas nécessaire. En cas d’aggravation, le régime sera changé
en régime de tutelle.
Un curateur légal (le conjoint) ou datif est nommé par le juge. Celui-ci assiste le majeur incapable dans les
actes de la vie civile. Le majeur sous curatelle peut faire seul à l’exception des actes de disposition, les actes
conservatoires et les actes d’administration. Tous les actes accomplis sans l’assistance du curateur sont nuls.
c- Le régime de la tutelle
Il concerne les majeurs dont les facultés mentales sont si altérées qu’ils doivent forcément être représentés
d’une manière continue dans les actes de la vie civile. Il s’agit alors des majeurs dont les facultés mentales
sont si gravement atteintes.
Ce régime fonctionne à l’image de celui du mineur sauf qu’il n’y a pas de subrogé-tuteur. Il est ouvert par
jugement du juge des tutelles. Ce régime cesse par décès du majeur incapable ou par jugement de mainlevée
en cas de guérison médicalement constatée.

B- Les conséquences de l’incapacité des majeurs


Les actes accomplis par les majeurs incapables anormalement ou irrégulièrement sont nuls de la nullité
relative. Ces actes peuvent donner lieu à rescision pour lésion.

La lésion est le préjudice qu'éprouve une partie dans un contrat de vente ou dans un partage. En termes
clairs, elle est un important défaut d'équivalence entre les prestations des parties au moment de la conclusion
du contrat. C'est un déséquilibre financier entre les prestations.

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La lésion ne concerne que les ventes d'immeubles, la vente d'engrais, la cession des droits d'auteur et la
vente de produit agricole et de pêche en situation de crise conjoncturelle. Elle existe également en matière de
partage. Elle n'est pas possible en dehors de ces cas.

Elle ne s'apprécie qu'au moment de la conclusion du contrat. Seul le vendeur peut s'en prévaloir pour avoir été
lésé de plus du quart (pour le partage) et de plus sept douzième (pour les contrats de vente). Il dispose d'un
délai de 2 ans pour agir. La lésion se distingue du prix dérisoire, car celui-ci équivaut à une absence de prix.

Il ne faut, cependant, pas confondre la lésion qui existe dès la conclusion du contrat et l'imprévision. Cette
dernière est une « différence d'équivalence » qui se développe durant l'exécution du contrat.

Les majeurs incapables sont également pénalement irresponsable des actes (faits et dommages) qu’ils
causent.

Paragraphe V : Eléments d’identification de la personne physique


Plusieurs éléments permettent d’identifier la personne physique. Il s’agit du nom (A), du domicile (B), de la
nationalité (C) et du patrimoine (D).
A- Le nom
1- L’attribution du nom
Le nom patronyme ou matronyme s’obtient par la filiation. La filiation est le lien juridique qui unit un enfant et
ses auteurs (père et mère). Chaque enfant a le droit à un nom qui lui est attribué dans les conditions prévues
par la loi. Le nom permet de le distinguer des autres enfants et établit sa filiation à l’endroit de ses parents.
L’épouse peut coller à son nom celui de son époux pour l’usage personnel. On parle de nom d’usage.
2- L’imprescriptibilité du nom
La prescription est un mode d’acquisition ou de perte d’un droit. Le nom ne peut se perdre par non usage.
Toutefois, on peut acquérir par la possession d’état régulière et par voie d’adoption.
3- L’immuabilité du nom
Le changement de nom est en principe interdit. Toutefois, lorsque le changement est justifié par un intérêt
légitime, on peut y procéder.
4- L’incessibilité du nom
Le nom ne fait pas partie des éléments objets du commerce. Une personne ne peut vendre son nom.
5- Le prénom
Son choix est libre sous réserve des prénoms ridicules ou indignes. Ceci est une mesure de protection de
l’intégrité morale de l’enfant. Le prénom permet de distinguer l’enfant des autres enfants.
B- Le domicile
1- l’intérêt légal de l’identification
Il est indispensable pour la bonne administration de la justice et pour la vie courante qu’une personne ait « un
port d’attache » qui déterminera le lieu de compétence du tribunal (celui du défendeur), de la signification des
actes et de tous les autres actes de la vie courante.

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2- Détermination du domicile
Le domicile est défini comme le lieu de son principal établissement d’une personne. Deux moyens permettent
de déterminer le domicile d’une personne.
D’une part, la conception volontariste qui consiste à donner à l’intéressé le libre choix. On parle du domicile
élu. Le domicile élu est le domicile choisi par les parties à un acte juridique pour trancher les éventuelles
difficultés et choisir un tribunal.
D’autre part, le domicile peut être légal, on parle du domicile légal. Dans ce cas, il est déterminé par la loi. Par
exemple, le code l’enfant du Togo dispose que l’enfant né pendant le mariage à pour domicile, celui de ses
père et mère. Lorsque l’enfant est, cependant, né hors mariage, le Code dispose que l’enfant à pour domicile,
le domicile du parent envers lequel sa filiation a été établie.

3- Unicité du domicile et pluralité de la résidence


Une personne ne saurait avoir plusieurs domiciles bien qu’elle puisse avoir plusieurs lieux de résidences.
Autrement dit, on ne peut qu’avoir un seul domicile, mais par contre plusieurs résidences.
C- La nationalité

La nationalité est le lien qui unit une personne à un Etat. Toute personne a droit une nationalité. L’acquisition
de la nationalité donne des droits et devoirs à l’intéressé. Il existe trois modes d’attribution de la nationalité.
D’abord, l’attribution par filiation c’est-à-dire le lien de sang (jus sanguini) qui relie des personnes. Exemple
père et enfants
Ensuite, l’attribution par le lien de sol, c’est le lien qui relie une personne à un territoire (jus soli). Exemple le
lieu de naissance.
Enfin, la naturalisation individuelle qui est une acquisition volontaire d’une nationalité. Elle est accordée par
l’autorité administrative d’une manière discrétionnaire aux individus qui l’ont sollicitée.

D- Le patrimoine

Le patrimoine est constitué de l’ensemble des droits et des obligations détenus par une personne. Les droits
constituent l’actif et les obligations constituent le passif.
Selon Henry Vialleton, « le patrimoine est un sac que chaque homme porte sa vie durant sur son épaule et
dans lequel viennent s’enfourner pêle-mêle tous ses droits, ses créances et ses dettes. »
Chaque individu a un patrimoine. Autrement dit, l’ensemble des droits et des obligations attachés ou liés à une
seule personne.
Aussi, le patrimoine bien que contenant un ensemble varié, c’est-à-dire, des droits et des obligations, demeure
unique. On peut saisir les biens du patrimoine mais pas le patrimoine en entier.
Section II : Les personnes morales
Personne non humaine, la personne morale est un groupement de personnes (une société civile ou
commerciale) ou de biens (une fondation) ayant la personnalité juridique et un intérêt propre distincte, de celui
de ses membres. Elle est titulaire de droits et d’obligations. Il existe une variété de personnes morales
(paragraphe I) qui ont des attributs (paragraphe II).

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Paragraphe I : Les variétés de personnes morales
On peut regrouper les personnes en trois catégories à savoir les personnes morales de droit public(A), les
personnes morales de droit privé (B) et les personnes morales à caractère mixte (C).
A- Les personnes morales de droit public
Une personne morale de droit public est une entité publique ayant une personnalité juridique propre, titulaire
de droits et d’obligations. On peut citer entre autres l’Etat, les collectivités locales (commune, préfecture et
région) et les établissements publics (les hôpitaux, les universités).
B- Les personnes morales de droit privé
Une personne morale de droit privé est une entité civile ou commerciale, titulaire de droits et obligations ayant
une personnalité juridique distincte de celle de ces membres. A titre d’illustration, on pourra énumérer les
sociétés civiles et commerciales, la fondation, l’association et le groupement d’intérêt économique.
C- Les personnes morales à caractère mixte
Relevant à la fois du droit public et du droit privé, les personnes morales à caractère mixte sont des
groupements de nature hybride. C’est le cas par exemple d’un établissement public industriel et commercial
(EPIC) et la société d’économie mixte (SEM).

SCHÉMA
Groupement de biens
De droit privé A but lucratif
Groupement A but non lucratif
de personnes
Intermédiaire
Etat
Personnes morales
De droit public Collectivités locales

Etablissements publics administratifs

Etablissements publics industriels et


commerciaux
De droit mixte
Les sociétés d’économie mixte

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Paragraphe II : Les attributs des personnes morales
A- Durée des personnes morales
1- La naissance et l’octroi de la personnalité morale
Les personnes morales naissent différemment en fonction de leurs natures respectives contrairement à la
personne physique.
S’agissant des personnes morales de droit privé, il faut d’abord, une constitution régulière c’est-à-dire un
accord de volontés des fondateurs, formalisé par un acte juridique (les statuts), immatriculé ou enregistré
dans les conditions prévues par la loi. Ensuite, il faut une mesure de publicité qui vise à informer les tiers de la
création d’une nouvelle personne morale civile ou commerciale.
En revanche, en ce qui concerne les personnes morales de droit public naissent par décision de l’Etat.
2- La vie de la personne morale
La personne morale est destinée à vivre aussi longtemps que durera la réalisation de son objet social.
Généralement la durée d’une personne morale de droit privé est prévue pour 99 ans ou une durée illimitée.
3- La fin de la personne morale
La fin de la personne morale ou l’extinction d’une personne morale intervient par :
La volonté de ses membres soit par l’arrivée du terme prévu dans les statuts, soit par décision de
dissolution les associés ; fusion-absorption de la société par une autre société.
La réalisation de son objet : l’objet prévu dans les statuts de la personne morale est accompli,
réalisé ou atteint.
Décision judiciaire : cette décision de dissolution doit être prise pour « un juste motif » (mésentente
entre associé ; inexécution par un associé de ses obligations), liquidation juridique.
Disparition de plein droit : mort ou incapacité de l’un des associés pour certaines personnes
morales sociétaires.

B- L’étendue de la personnalité morale


1- Autonomie de la personnalité morale
Sujet de droit distinct de ses fondateurs et membres, la personne morale a :

• Un patrimoine propre sur lequel les membres n’ont pas de droit privatif. Exemple : biens et
dettes d’une société

• Ses créanciers propres qui ne peuvent saisir que l’actif social sans action sur le patrimoine
personnel des membres. C’est le principe de la non confusion des patrimoines.
2- La capacité de la personne morale
Capacité de jouissance
Elle est limitée par sa nature non humaine qui lui interdit la jouissance de certains droits extra-patrimoniaux
propres aux individus. Cette capacité varie aussi en fonction de la forme sociale choisie.

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Le principe de la spécialité des personnes morales les limite à leur objet social (prévu par les statuts) et légal
(encadré par la loi).
Capacité d’exercice
Entité non humaine la personne morale est représentée dans l’exercice de ses droits par des organes sociaux
composés de personnes physiques qui agiront en son nom et pour son compte.

3- Elément d’identification des personnes morales


a- La dénomination ou le nom
On parle de dénomination sociale pour les sociétés et de titre pour les associations. Le nom de la personne
morale choisi par les fondateurs du groupement peut être modifié encours de vie sociale. La personne
morale peut être désignée par un patronyme ou un nom de fantaisie, en somme le choix du nom est libre.
La liberté du choix du nom est cependant limitée par le droit privatif sur un nom d’un autre groupement qui a
valeur commerciale ou de marque (droit de la propriété industrielle, droit de la concurrence). Ce droit privatif
permet à son titulaire d’intenter les actions contre les personnes usurpant son nom. Le droit de propriété
incorporel est la marque dérivée du nom.
EX : NOKIA peut faire l’objet de cession ou de licence d’utilisation.

b- Domicile –siège social


Toute société doit avoir un siège social qui est mentionné dans les statuts. Lorsque par exemple, une société
est assignée en justice, l’assignation doit être faite devant le tribunal du lieu où se situe son siège. Le siège
est le lieu du principal établissement d’une personne morale tel que prévu aux statuts. Le siège social
statutairement désigné doit correspondre à une réalité (lieu ou se trouve la direction de la personne morale)
sinon les tiers pourront se prévaloir du siège réel. Le siège social est attributif de compétence territoriale (en
cas litige ou pour les paiements).
c- Nationalité
En principe, toute société à la nationalité du pays où se trouve son siège. Le siège social doit être réel et nos
frauduleux/ Par exemple, une société ne doit pas être créée dans un pays uniquement dans le but de
bénéficier d’un régime favorable. Elle doit y avoir sa direction.

• Quelle est la nationalité d’une multinationale ?


Le problème de nationalité se pose en ce qui concerne les multinationales. Les multinationales sont des
sociétés exerçant une activité à l’échelle planétaire au travers de nombreuses entités implantés dans
plusieurs Etats. Le groupe est supra national mais chaque filiale, personne juridique distincte, a un siège
social propre qui détermine sa nationalité.

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L’ACTION EN JUSTICE

Les droits subjectifs sont des doits qui sont conférés à une personne par le droit objectif sur une autre
personne ou sur une chose. Dans l’hypothèse où le titulaire d’un droit subjectif est en conflit avec une autre
personne ou lorsque son droit est violé par un autre personne, une question fondamentale se pose : comment
le titulaire de droit (subjectif) pourra-t-il se faire justice ?
A cette question, le commun des mortels pouvait répondre à l’époque qu’il est judicieux d’utiliser la loi du
Talion qui dit : « œil pour œil, dent pour dent ». Mais aujourd’hui cette question ne saurait recevoir la même
réponse car nul ne peut plus se faire justice soi-même. Le droit (objectif) a été conçu pour mettre en harmonie
la société et permettre le respect des droits (subjectifs) d’autrui. Ce faisant, le droit (objectif) a mis en place un
ensemble de règles déterminant la procédure ou l’action à suivre pour obtenir la sanction d’un droit (section 2)
devant la juridiction compétente dans l’organisation judiciaire (section 1).

Section 1 : L’organisation judiciaire ou les juridictions


Par juridiction, il faut entendre simplement les lieux où l’on rend une décision judiciaire. Il faut donc les
distinguer selon leurs degrés (paragraphe I), selon leurs compétences (paragraphe II) avant de procéder à
leur classification (paragraphe III).
Paragraphe I : Les degrés des juridictions
Il existe trois degrés de juridiction. Il s’agit d’abord, des juridictions de première instance qui sont les
tribunaux, ensuite des juridictions de deuxième instance qui sont les Cours d’appel. La Cour suprême
existe au dessus de ces cours et tribunaux mais ne constitue pas un degré de juridiction.
La décision rendue par le tribunal est appelée « un jugement ». Par contre la décision rendue par une cour
est désignée sous le nom d’ « un arrêt ». Ainsi, appelle-t-on la décision de la Cour d’appel un arrêt et la
décision de la Cour suprême un arrêt également.
Pour quitter d’une juridiction pour aller devant une autre, il faut exercer une voie de recours. Une voie de
recours est donc le moyen qui permet à une partie au procès, insatisfait de la décision rendue, de porter ses
prétentions devant une autre juridiction supérieure.
Dans un même procès, à côté de la demande initiale, on peut faire une demande incidente4. C’est une
demande qui n’ouvre pas l’instance du procès.
Un plaideur mécontent du jugement rendu par le tribunal peut « interjeter appel » devant la Cour d’appel afin
d’obtenir un réexamen de son dossier. On parle du double degré de juridiction. Toutefois, lorsque l’une des
parties est insatisfaite de l’arrêt rendu par la Cour d’appel, elle peut porter l’affaire devant la Cour suprême. On
parle dans ce cas de « pourvoi ».
Les parties au procès sont désignées sous des vocables propres. Au tribunal les parties sont appelées
demandeur et défendeur. Devant la Cour d’appel, on appelle « appelant » celui qui a interjeté l’appel et
« intimé » celui qui contre qui l’appel est interjeté. Celui qui formule le pourvoi s’appelle le « demandeur au
pourvoi » et l’autre partie c’est-à-dire son adversaire est désigné le « défendeur au pourvoi ».

4
Demande additionnelle, demande reconventionnelle, intervention volontaire ou intervention forcée.
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ILLUSTRATION

Demandeur ARRET
+ COUR SUPREME
Défendeur

Formuler le pourvoi

ARRET
Appelant COUR D’APPEL
+
Intimé

Interjeter appel

JUGEMENT

Demandeur TRIBUNAL
+
Défendeur

Paragraphe II : les compétences des juridictions


Lorsqu’un sujet de droit (une personne physique ou une personne morale) veut ester en justice, il doit au
préalable analyser et déterminer les compétences nécessaires pour cette action en justice. Autrement dit, le
sujet de droit ou le justiciable doit savoir quelle est la juridiction compétente pour juger leur procès.
Il existe deux sortes de règles de détermination des compétences à savoir la règle de la compétence en
raison du lieu et la règle de la compétence en raison de la matière.
Selon la première règle, c’est-à-dire la compétence en raison du lieu, le tribunal compétent est celui du
domicile du défendeur. Lorsque par exemple un litige naît entre monsieur X demeurant et domicilié à Lomé et
monsieur Y demeurant et domicilié à Atakpamé. Monsieur X, le demandeur, doit ester monsieur Y devant le
tribunal d’Atakpamé.
Cependant, cette règle n’est pas impérative. Par conséquent elle admet des exceptions. Il s’agit de :
- En matière des contrats, les parties contractantes peuvent choisir le lieu d’exécution du contrat ;
- En matière d’accident, le tribunal territorialement compétent est le tribunal du lieu d’accident ;
- En ce qui concerne un immeuble litigieux, la compétence est attribuée au tribunal du lieu
d’emplacement de l’immeuble ;
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- En matière de succession, c’est le lieu d’ouverture de la succession.
S’agissant de la seconde, la compétence en fonction de la matière, le tribunal compétent est celui de la
matière concernée. Par exemple, lorsque le litige porte sur le droit commercial ou le litige est entre deux
commerçants, le tribunal compétent est le tribunal du commerce.
NB : Les deux règles s’appliquent cumulativement. En termes clairs, lorsqu’on détermine la
compétence en raison du lieu on doit chercher aussi la compétence en fonction de la matière.

Paragraphe III : la classification des juridictions


La classification des juridictions au Togo sera résumée dans le tableau ci-après.

Nature du litige Compétente en Juridiction du Juridiction du Cour suprême


fonction de la matière premier degré deuxième degré

Civil Juridiction civile Chambre civil du Chambre civile et Chambre


tribunal de première commerciale de la judiciaire
instance Cour d’appel

Commercial Juridiction Tribunal de Chambre civile et Cour Commune


commerciale commerce commerciale de la de Justice et
Cour d’appel d’Arbitrage
(CCJA) basée à
Abidjan

Administratif Juridiction administratif Il n’y a pas de Chambre Chambre


tribunal administratif administrative de la administrative de
au Togo Cour d’appel la Cour suprême

Pénal Juridiction Tribunal de première Chambre pénal ou


correctionnelle = les instance statuant en correctionnelle de la
délits et contraventions matière correctionnel Cour d’appel Chambre
judiciaire
Cour d’assises = crime - Cour d’assises

Travail Juridiction du travail Tribunal du travail Chambre sociale de Chambre


la Cour d’appel judiciaire

Enfant (civil et Juridiction pour enfants Tribunal pour enfants Chambre spéciale Chambre
pénal) des mineurs de la judiciaire
Cour d’appel

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Section 2 : L’action en justice
L’action en justice est un privilège ou un droit accordé au sujet de droit de s’adresser à la justice pour obtenir
le respect de leur droit. En d’autres termes, c’est le droit pour le demandeur d’être entendu par le juge sur le
fond de sa demande. Du côté du défendeur, c’est aussi le droit pour lui de discuter ou de combattre le bien
fondé de la demande du demandeur.
Pour exercer une action en justice, il faut remplir au préalable des conditions (paragraphe I) et respecter les
caractères de l’action en justice (paragraphe II) durant le déroulement de l’action en justice (paragraphe III).

Paragraphe I : Les conditions de l’action en justice


Pour faire une action, le justiciable doit avoir un intérêt (A), une qualité (B) et la capacité d’agir (C).

A- L’intérêt d’agir en justice


L’intérêt d’agir en justice se résume dans la formule « pas d’intérêt, pas d’action ». On parle d’intérêt légitime
(fondé ou justifié) de l’action en justice. L’intérêt est le bénéfice, l’avantage ou le profit que le demandeur
pourra obtenir éventuellement lorsque son action en justice aura abouti. Autrement, lorsqu’il n’y a aucun
intérêt, on ne peut faire aucune action en justice et même si elle est faite, elle sera forcément irrecevable.
Un titulaire d’un droit doit justifier au moins d’un intérêt juridique, matériel voire immatériel (moral).
Naturellement le défendeur n’a besoin de justifier d’aucun intérêt.

Cet intérêt, en dehors de sa légitimité doit être personnel. En principe, l’homme est le meilleur juge de son
propre intérêt. On ne peut faire une action en justice pour protéger le droit d’autrui.
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Cependant, des individus ou des personnes morales peuvent se regrouper pour défendre des intérêts
collectifs. C’est le cas par exemple de l’association Togolaise des Consommateurs qui agit pour la défense
des intérêts collectifs. On peut aussi citer les actions des syndicats.

Enfin, l’intérêt de l’action en justice doit être né et actuel. Il est inconcevable de défendre un intérêt qui
n’existe pas au moment de l’action en justice. Comment pourra-t-on réclamer un intérêt qui n’est pas présent
ou qui n’existe pas, qui n’a jamais existé et qui n’existera peut être pas ? C’est ce qui explique la nécessité
d’un intérêt né et actuel. Toutefois, on peut faire des actions contre des menaces ou des actions pour
protéger sa propriété lorsqu’on sent une menace.

B- La qualité pour agir en justice


Une personne demeure le meilleur juge de ses intérêts. Ainsi un titulaire d’un droit est en principe la seule
personne ayant la qualité à agir pour la défense de son droit. Considérons l’exemple d’un monsieur qui
possède des terrains et a trois enfants. De son vivant, il demeure la seule personne ayant la qualité pour faire
une action en justice en faveur de ses terrains.
Cependant, il existe des exceptions. Les héritiers, les créanciers et une personne habilitée ou mandatée
peuvent avoir la qualité d’agir dans certaines circonstances.

C- La capacité d’agir en justice


La capacité est l’aptitude à être titulaire et à exercer un droit. La capacité d’agir en justice est une capacité
d’exercice. Elle est accordée d’office à toute personne capable. Autrement dit, les personnes incapables ne
peuvent faire une action en justice. Elles doivent être représentées. Par exemple, les mineurs étant incapable
doivent être représentés par leurs parents ou tuteurs. Aussi, les majeurs ayant leurs facultés mentales
altérées doivent être représentés pour une action en justice parce qu’ils sont des incapables.

Paragraphe II : Les caractères de l’action en justice

L’action en justice peut être initiée oralement ou par écrit (A). Elle est publique (B) et contradictoire (C). Elle
est enfin accusatoire (D).

A- Le caractère oral et écrit de l’action en justice


Les parties à un procès, c’est-à-dire le demandeur et le défendeur peuvent échanger leur prétention oralement
devant le juge à l’audience. Elles pourront également le faire par écrit.

B- Le caractère public de l’action en justice


La salle de l’audience est libre d’accès. Toute personne peut y avoir accès. Les débats entre les parties au
procès sont publics. Les jugements aussi sont rendus publiquement et au nom du peuple. Cependant, lorsque
la procédure ou l’action en justice concerne l’état des personnes, par exemple le divorce, le juge reçoit les
parties en cabinet mais le jugement es rendu en public.

C- Le caractère contradictoire de l’action en justice


Chaque partie doit faire connaître les moyens de droit ainsi que les preuves qu’elles produisent, afin de
permettre à son adversaire de les discuter.

D- Le caractère accusatoire de l’action en justice


Le demandeur et le défendeur dirigent eux-mêmes le procès. Ils ont l’initiative, la conduite ou le déroulement
de la procédure et l’extinction (fin) du procès. Ils produisent des preuves, ils demandent des expertises, ils
demandent des délais etc. Le juge conserve le pouvoir du bon déroulement du procès avec la procédure de
mise en état.
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On oppose au caractère accusatoire, le caractère inquisitoire des procédures pénales.
En matière pénale, les juges d’instructions recherchent les preuves du fait commis par une personne. Le
ministère public ou le procureur peut prendre l’initiative d’un procès pénal.

Paragraphe III : Le déroulement de l’action en justice ou la procédure

Il existe plusieurs phases dans le déroulement de l’action en justice. Il convient donc de les regrouper selon
qu’elles se situent avant (A) ou après (B) le procès.

A- Le déroulement de l’action en justice avant le procès


Un procès commence par une demande introductive d’instance et se termine par un jugement en passant par
la mise en état et l’audience. Cette phase est schématisée de la façon suivante :

La demande Assignation : L’assignation est acte d’huissier. Le demandeur, assisté ou non par un
avocat, rédige une assignation qui remet à un huissier pour le défendeur.
introductive d’instance L’assignation doit préciser l’objet du procès, la date et l’heure de l’audience, la
juridiction et les prétentions du demandeur. L’huissier remet l’assignation au
défendeur qui doit se présenter à l’audience. L’assignation est également enrôlée ou
inscrite dans le répertoire du tribunal au greffe/secrétariat du tribunal. Celui qui
travaille au greffe s’appelle greffier. Toutefois, il y a aussi des secrétaires.

Exceptionnellement, lorsqu’une urgence l’exige, le demandeur peut faire une


assignation en référé devant le président du tribunal.

Une affaire ne sera jugée que si elle est en état d’être jugée. Autrement dit, l’affaire
La mise en état ne peut être jugée si les dossiers ne sont pas complets. Le demandeur et le
défendeur doivent s’échanger tous les arguments et se communiquer toutes les
preuves.

Les parties sont écoutées par le juge. Ainsi, chaque partie expose ses arguments et
répond aux arguments de l’autre partie. L’audience vise à informer le juge sur l’affaire.
Ainsi, lorsqu’il s’estime suffisamment informé et que les parties ont vidé leurs
L’audience
argumentations, il peut clôturer le débat.

Le jugement est rendu soit immédiatement soit à une autre audience. Dans ce
Le jugement deuxième cas, on dit que l’affaire est mise en délibérée.

B- Le déroulement de l’action en justice après le procès


Aussitôt le jugement rendu, le gagnant cherchera à exécuter cette décision rendue en sa faveur. Pour ce faire,
il a besoin de signifier ou de notifier la décision au perdant. Lorsque la décision lui est notifiée, il a le choix
entre deux options : abandonner la procédure ou poursuivre la procédure.
Lorsqu’il opte pour la poursuite, il doit interjeter appel dans les 30 jours en matière ordinaire ou 15 jours en
matière d’urgence à compter de la notification de la décision. L’appel, contrairement au pourvoi, suspend
l’exécution de la décision rendue par le tribunal. Par conséquent la procédure reprend son cours avec une
nouvelle assignation donnée par l’appelant à l’intimé. (Revoir le déroulement de l’action en justice avant le
procès). Le jugement rendu, dans ce cas de figure, n’a autorité de chose jugée. Le pourvoi se fait dans un
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délai de trois (3) mois à compter de la signification ou de la notification. L’appel a un effet dévolutif et
suspensif.
Cependant, lorsque le perdant devant le tribunal a choisi d’abandonner la procédure, le gagnant après les 30
jours en matière ordinaire ou 15 jours en matière d’urgence (enfant, travail…) suivants la notification de la
décision prend au tribunal un certificat de non appel qui lui permet de faire revêtir la décision d’une formule
exécutoire. Dans cette situation, on dit que le jugement passe en force de chose jugée.
Le perdant doit normalement s’exécuter librement en payant ou en rétablissant la situation objet du litige.
Faute d’exécution volontaire, le gagnant remet une copie du jugement à l’huissier qui procède à la saisie des
biens du perdant (exécution forcée).
Le juge peut ordonner l’exécution provisoire d’une décision. L’exécution provisoire d’une décision est un
bénéfice, avantage ou privilège permettant à la partie gagnante du procès d’exécuter la décision malgré l’effet
suspensif des voies de recours.
Le juge peut condamner également au paiement des astreintes. L’astreinte est une condamnation à une
somme d’argent par jour ou semaine voire mois due au retard dans l’exécution de la décision rendue ou d’un
obligation. Cette mesure vise à contraindre un débiteur récalcitrant à exécuter son obligation.
Il existe des exceptions ou des incidents de procédure lors d’une procédure judiciaire. On distingue à cet effet
les exceptions d’incompétence, les exceptions de litispendance et de connexité, les exceptions du dilatoire et
les exceptions de nullité. Elles sont soulevées avant toutes défenses au fond.

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LES BIENS

En droit chaque terme a son sens et sa valeur. Ainsi, le terme « bien » désigne juridiquement d’une part, « des
choses matérielles qui servent d’usage à l’homme». Ce sont des choses ou objets corporels susceptible
d’appropriation. Exemple : un terrain, une moto, une voiture, le maïs … ; Mais l’air, le gaz, la mer, le ciel ne
sont pas des biens. Ce sont simplement des choses insusceptibles d’appropriation.
D’autre part, le vocable « bien » désigne les droits ayant une valeur pécuniaire qui portent sur des choses. Il
existe une variété de bien. Il convient donc de les classer (Section 1) et de s’appesantir sur la classification
fondée sur le critère physique (Section 2).

Section 1 : La classification des biens


Plusieurs critères permettent de distinguer les biens. Cependant, on distinguera les biens corporels et
incorporels (paragraphe 1), les biens consomptibles et biens non consomptibles (paragraphe 2), biens
fongibles et biens non fongibles (paragraphe 3) et biens frugifères et non frugifères (paragraphe 4).

Paragraphe 1 : Les biens corporels et incorporels

Définitions/ caractéristiques exemples


Biens corporels Les biens qui ont une existence physique. Une table, un terrain, un animal,
une moto …
Biens Les biens qui n’ont pas d’existence physique. L’usufruit, le droit d’auteur, le droit
incorporels sur la clientèle, le gage …

Paragraphe 2 : Les biens consomptibles et biens non consomptibles

Définitions/ caractéristiques exemples


Biens Les biens qui se détruisent totalement ou Nourriture, l’argent, le stylo bic, la
consomptibles partiellement par premier usage. Leur cartouche d’encre…
consommation peut être matérielle ou juridique
(vente).
Biens non Les biens qui peuvent faire l’objet d’un usage Une maison, une voiture
consomptibles prolongé sans être détruit.

L’intérêt de la distinction réside dans le fait par exemple que lorsqu’une personne prête un bien consomptible,
elle doit restituer l’équivalent. Par contre, lorsqu’une personne prête un bien non consomptible, elle doit
restituer le bien lui-même.
Paragraphe 3 : Les biens fongibles et biens non fongibles

Définitions/caractéristiques Exemples
Biens fongibles Ils sont interchangeables : ils peuvent être Voiture neuve d’une même série,
(ou choses de indifféremment remplacés les uns par les autres. le riz, la chaise.
genres) Les actions et obligations dans le
cadre d’une même émission.

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Biens non Ils ne sont pas interchangeables, Un tableau de peintre, une voiture
fongibles Ils sont uniques. d’occasion, appartement.
(ou corps certains)

Intérêt de la distinction
En cas de transfert de la propriété :
- portant sur un bien non fongible : il est réalisé dès l’accord des parties sur la chose et sur le prix ;
- portant sur un bien fongible : il ne s’opère qu’après individualisation (généralement : la livraison).

Paragraphe 4 : Les biens frugifères et non frugifères

Caractéristiques Exemples
Biens frugifères Ils produisent un revenu appelé « fruit » (naturel, Un immeuble en location, intérêt
industriel ou civil). d’un capital, les dividendes d’une
action.
Biens non Ils ne produisent aucun fruit ou revenu ; selon Un bijou.
frugifères l’usage qui en fait, un même bien peut être
frugifère ou non frugifère.

Intérêt de la distinction : lorsqu’un bien fait l’objet d’un usufruit, les fruits ou revenus appartiennent à
l’usufruitier.

Section 2 : La classification fondée sur le critère physique : distinction biens meubles et immeubles
La présente classification est légale car elle est prévue par article 516 du Code civil qui dispose que : « tous
les biens sont meubles ou immeubles ». Cette distinction du législateur français est d’abord fondée sur un
critère physique. Ainsi, les meubles sont des biens susceptibles d’être déplacés et les immeubles sont fixes.
Ensuite, cette distinction fait aussi intervenir la notion de la valeur. Pendant plusieurs siècles, le système
social a renforcé l’importance de l’immeuble ; on disait « res mobilis, res vilis » ; ceci n’est plus vrai aujourd’hui
où des biens meubles (ex. : valeurs mobilières = actions, obligations) peuvent constituer la base d’une fortune
importante.

Paragraphe 1 : Les biens immeubles


Aux termes de l’article 517 du Code civil, les biens sont immeubles, soit par leur nature (A), soit par leur
destination (B), ou enfin par l’objet auquel ils s’appliquent (C).
A- Les immeubles par nature
Il s’agit de biens corporels qui, en raison de leur lien avec le sol, ne peuvent être déplacés : des fonds de
terre (sol et sous-sol) et ce qui est fixé au sol et y reste attaché (les végétaux, bâtiments, tant qu’ils adhèrent
au sol).
B- Les immeubles par destination
Ce sont des biens mobiliers c’est-à-dire des biens meubles par nature considérés fictivement comme des
immeubles en raison du lien (leur utilité exclusive pour un immeuble) qui les unit à un immeuble par nature,
dont ils sont l’accessoire. Ils sont affectés dans une exploitation agricole, industrielle, commerciale à un
immeuble :

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- soit parce qu’ils sont nécessaires à son exploitation ; exemple : machines, animaux dans une
exploitation agricole.
- soit parce qu’ils font corps avec l’immeuble ; le bien est affecté à l’immeuble « à perpétuelle
demeure » ; c’est une affectation matérielle. Il peut s’agir des biens scellés ; exemple : miroirs,
boiseries…, des biens non scellés, mais qui font partie d’un ensemble décoratif, constitué comme tel
dès l’origine ; exemple : statues dans une niche ou sur un socle…

Pour qu’un meuble par nature devienne immeuble par destination, il faut deux conditions essentielles. D’abord
il faudra que le meuble et l’immeuble auquel il est attaché soient la propriété de la même personne ; exemple :
le locataire qui a fait sceller un miroir peut l’enlever quand il quitte l’appartement. Ensuite, il faut qu’un rapport
de destination existe entre le meuble et l’immeuble.

C- Les immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent


Ce sont des droits incorporels (autres que le droit de propriété) qui portent sur un immeuble ; il s’agit :
- des droits réels immobiliers, principaux : usufruit, servitude et accessoires : (hypothèque) ;
- des actions en justice relatives à un immeuble ; exemple : action en revendication ;
- des créances immobiliers ; exemple : la créance de l’acheteur contre le vendeur d’un immeuble est
immobilière.
Synthèse
Catégories Définition Exemple
Sont constitués par le sol, le sous sol et Terrain, bâtiment, récolte non
Les biens immeubles par
tous les biens fixés dans le sol coupée, les fruits non cueillis,
nature
etc.
Ce sont des biens meubles que le Machines rattachées à une
Les biens immeubles par
propriétaire affecte à un immeuble pour usine, le tracteur de la ferme,
destination
son service ou son exploitation etc.
Les biens immeubles par Ce sont les droits portant sur les biens Une hypothèque
l’objet auquel ils s’appliquent immeubles

Paragraphe 2 : Les biens meubles


Un bien meuble est un bien qui peut se mouvoir ou qu’on peut déplacer. Il existe, eu égard aux dispositions de
article 527 du Code civil, des biens meubles par leur nature (A) ou par la détermination de la loi (B). La
jurisprudence a ajouté une troisième catégorie qui est le meuble par anticipation (C).
A- Les meubles par nature
Ce sont les biens corporels susceptibles de se déplacer ou d’être déplacés (exemple : machine, voiture,
animal…). Les meubles, au sens usuel du terme (tables, chaises…) son appelés « meubles meublants ».

B- Les meubles par détermination de la loi


Cette appellation vise les meubles incorporels. Il s’agit des droits ou actions qui ne sont pas immeubles mais
qui se rattachent à des biens meubles. (Exemple : les parts d’associés dans une société : parts sociales ou
actions ; les droits de créance d’une somme d’argent; les droits intellectuels.)
C- Les meubles par anticipation
Il s’agit d’immeubles par nature que la jurisprudence considère comme des meubles en raison de leur
destination future ; Par exemple, une récolte vendue sur pied est un immeuble au jour de la vente, mais elle

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est considérée comme un meuble sans qu’il soit nécessaire d’attendre qu’elle soit détachée du sol (sur le plan
fiscal, la vente sera soumise aux droits de mutation applicables en matière mobilière, moins élevés qu’en
matière immobilière).

Synthèse
Catégories Définition Exemple
Peuvent être déplacés ou se Une table, un chat
Les biens meubles par nature
déplacer
Ce sont des biens immeubles Les fruits sur un arbre et qui
Les biens meubles par
qui se transforment en biens sont destinés à être cueillis
anticipation
meubles
Les biens meubles par Il s’agit des droits portant sur Actions, obligations, gage
détermination de la loi des biens meubles portant sur une machine

Paragraphe III : Intérêts de la distinction meubles-immeubles

Meubles Immeubles
Publicité des actes Pas de publicité particulière, sauf pour Publicité foncière effectuée au bureau des
(cession, transmission) certains meubles immatriculés et le hypothèques dans le ressort duquel est situé
fonds de commerce. l’immeuble.
Elle rend les actes opposables aux tiers et
permet de régler les conflits entre des
personnes ayant acquis des droits concurrents
sur un même immeuble.
La possession de bonne foi fait Une possession prolongée de 10, 20 ou 30 ans
Prescription acquisitive acquérir immédiatement la propriété. selon les cas est nécessaire pour faire acquérir
Art. 2276 C. civ. : « en fait de meubles, la propriété.
possession vaut titre ».
Garantie de paiement Gage, nantissement. Hypothèque.
Tribunal compétent Tribunal du domicile du défendeur Tribunal du lieu où est situé l’immeuble.
(mais les exceptions sont assez
nombreuses).

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LA PROPRIETE
Le patrimoine est composé de droits réels et de droits personnels. Le droit de propriété constitue le droit réel
par excellence. C’est le droit le plus complet qu’on puisse avoir sur une chose. On peut encore désigner le
droit de propriété par la propriété.
La propriété est un droit réel qui donne un pouvoir absolu et exclusif sur un objet meuble ou immeuble. Elle
est si vaste qu’elle peut être démembrée. Il s’agira dans le cadre de ce chapitre de cerner la notion du droit de
propriété (section I), connaître ses démembrements (Section II) et d’analyser les voies d’acquisition de la
propriété (Section III).

Section I : La notion du droit de propriété


L’article 544 du Code civil dispose que la propriété est « le droit de jouir et de disposer des choses de la
manière la plus absolue pourvu qu’on en fasse pas un usage prohibé par la loi ou les règlements ». Le
droit de propriété comporte alors trois attributs cumulatifs (Paragraphe 1) et des caractères précis
(Paragraphe 2).
Paragraphe 1 : Les attributs du droit de propriété
1 – Le droit d’usage ou l’usus : est le droit du propriétaire d’utiliser sa chose, de se servir d’elle ou de choisir
l’usage qu’on entend en faire et c’est aussi le droit de ne pas s’en servir ;
Exemple : habiter sa maison, conduire sa moto, utiliser son sac.

2 – La jouissance ou le fructus : est le droit du propriétaire de la chose de percevoir les fruits ou les produits
de la chose. Toutefois, il convient de distinguer la notion de fruit de produit.
Le fruit n’épuise pas la substance du bien. Il constitue l’avantage donné par la chose sans altération de la
substance. On distingue les fruits naturels qui ne nécessitent pas une œuvre humaine, les fruits industriels qui
proviennent du travail de l’homme (récolte, jardins, pépinière…), et les fruits civils que sont par exemple le
loyer d’un immeuble ou les intérêts d’une somme d’argent.
Par contre, le produit épuise la substance de la chose. En clair, le produit s’obtient avec altération de la
substance.
3 – La disposition ou l’abusus permet au propriétaire de faire ce qu’il veut de sa chose en la donnant, en la
vendant, ou en la détruisant. Il a le droit d’aliéner (céder, abandonner, donner, léguer…) la chose. La
disposition peut se distinguer en disposition matérielle et en disposition juridique. La première est le droit de
faire des actes matériels sur la chose notamment abattre des arbres, casser une construction… La disposition
juridique consiste à faire des actes juridiques sur la chose. Par exemple, la donation, la vente, le testament…

Paragraphe 2 : Les caractères du droit de propriété


Le droit de propriété est absolu (A), individuel (B) et perpétuel (C).
A- Le caractère absolu
Le propriétaire d’un bien a le droit le plus étendu sur sa chose et tout ce qui adhère à la chose. En réalité,
c’est la marque de la plénitude des prérogatives reconnues au propriétaire. Ce caractère absolu donne, par
exemple, le droit au propriétaire d’un terrain, d’avoir la propriété de tout ce qui est rattaché au sol, au dessus
et au dessous (« la propriété du sol, emporte propriété du dessus et du dessous ») et le droit d’accession.
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Néanmoins ce caractère comporte des restrictions issues de la loi, des règlements, des contrats et de la
jurisprudence. Elles ont pour objectifs d’assurer la protection de l’intérêt public et de l’intérêt des voisins ou
des tiers.
A titre d’exemple, en ce qui concerne de la protection de l’intérêt public, l’expropriation pour cause d’utilité
publique, le respect de l’environnement, les servitudes publiques et la nationalisation entre autres.
S’agissant de la protection de l’intérêt des voisins ou des tiers on pourra citer les troubles anormaux de
voisinage et l’abus de droit.
B- Le caractère Individuel ou exclusif
Le caractère individuel signifie que le propriétaire est le seul maître de son bien. Il peut s’opposer à ce que les
tiers empiètent sur son droit de propriété. Ce caractère lui permet d’interdire l’usage aux tiers. Il est encore
dénommé caractère exclusif de la propriété.
Cependant, il est limité par l’indivision (bien non divisible car appartenant à deux ou plusieurs héritiers), la
mitoyenneté (droit de deux voisins sur le mur les séparant) et la copropriété (droit des voisins d’un immeuble
sur les parties communes).
C- Le caractère perpétuel
Le droit de propriété dure ou subsiste autant que dure ou subsiste le bien sur lequel il porte. On peut changer
de propriétaire, mais il restera toujours un propriétaire du bien. Il est donc par principe imprescriptible c’est-à-
dire ne s’éteint pas par non usage. Si le bien est perdu, il appartient toujours à son propriétaire, même si
provisoirement il n’en a plus la garde. Mais si le propriétaire est négligent, car ne faisant rien pour retrouver
son bien, il peut perdre la propriété par la prescription extinctive. Autrement dit, une autre personne c’est-à-
dire celui qui l’a retrouvé qui justifie d’une longue possession du bien, l’acquiert par prescription acquisitive.
Elle est héréditaire. Autrement dit, la propriété ne s’éteint au décès du propriétaire. Elle est transmise aux
héritiers. Elle est enfin inviolable car nul ne peut être forcé de céder sa propriété si ce n’est que pour cause
d’utilité publique.

Section 2 : les démembrements de la propriété


Lorsqu’une partie des pouvoirs que confère la propriété au propriétaire, est transférée à une autre personne,
on parle de démembrement de la propriété. Cette opération donne naissance surtout à l’usufruit et à la
servitude.

Paragraphe 1 : L’usufruit
L’usufruit, aux termes de l’article 578 du Code civil, est « le droit de jouir des choses dont un autre à la
propriété, comme le propriétaire lui-même, mais à charge d’en conserver la substance ». Il y a usufruit
quand le propriétaire cède l’usage et la jouissance de son bien à une autre personne (usufruitier), tout en
gardant lui-même la disposition (nu-propriétaire). Le fait de ne pas avoir la disposition, oblige l’usufruitier à
rendre la chose après usufruit en l’état, car c’est un droit temporaire et viager. L’usufruit est un droit
temporaire qui porte à la fois sur les meubles et les immeubles.

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Schématisation de l’usufruit

Usus Fructus Abusus

Usufruitier Nu-propriétaire
L’usufruit peut être constitué légalement (droit du conjoint survivant sur le lieu d’habitation, ou droit des pères
et des mères sur les biens de leurs enfants mineurs, etc.), conventionnellement (entre des particuliers), ou
judiciairement.
L’usufruit fait naître les obligations suivantes :
- L’usufruitier ne peut faire d’acte de disposition, ni percevoir les produits de la chose ;
- L’usufruitier doit rendre la chose à la fin de l’usufruit en l’état ; pour cela il doit jouir de la chose en
bon père de famille. Cependant il n’est pas responsable de la perte de la chose par vétusté ou par
cas fortuit (article 607 du code civil).
L’usufruit prend fin à la mort de l’usufruitier, par la perte de la chose objet de l’usufruit, par la renonciation, par
la consolidation des droits de l’usufruitier (acquisition de la nue-propriété), par la déchéance, ou par la
prescription extinctive.

Paragraphe 2 : La servitude
Elle est une charge imposée à un terrain (appelé fond servant), pour l’usage ou l’utilité d’un autre terrain
(appelé fond dominant). Autrement dit ce n’est pas une obligation (droit personnel) mais c’est une charge
imposée à un fonds. Par conséquent, ce n’est pas un droit qui porte sur les propriétaires eux – mêmes, mais
un droit qui est attaché aux propriétés et qui se transmet avec des fonds. C’est un accessoire au fonds. Il faut
pour qu’elle existe, qu’il y ait deux fonds au moins, appartenant à des propriétaires différents et qu’il y ait
nécessité d’imposer la charge. Cette charge s’impose au propriétaire présent et éventuellement futur du fonds.

Schématisation de la servitude
Le fonds servant

Usus Fructus Abusus

Fond dominant
La servitude peut prendre plusieurs formes. On distingue la servitude de passage, la servitude de séparation
des clôtures mitoyennes, servitude positive, servitude négative …
La servitude peut avoir une source conventionnelle, judiciaire ou naturelle. Elle est en principe perpétuelle et
ne prend fin que si la charge n’est pas nécessaire, ou si les fonds sont réunis entre les mains d’un seul
propriétaire, ou si la jouissance de la servitude n’est plus possible. Le propriétaire du fonds servant est tenu de
ne rien faire qui rendrait difficile la jouissance de la servitude par le fonds dominant.

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Section 3 : Les voies d’acquisition de la propriété
Il existe plusieurs modes d’acquisition de la propriété. Dans cette variance, on retient essentiellement la
possession (paragraphe 1), l’acquisition par le contrat (paragraphe II), la transmission successorale
(paragraphe III) et l’accession (paragraphe IV).

Paragraphe 1 : La possession
La possession a été définie par l’article 2228 du Code civil. Elle est le fait d’avoir une chose, dont on a ou non
la propriété, sous son contrôle. Le possesseur d’un bien doit se comporter comme propriétaire. Il doit avoir la
maitrise matérielle de la chose et dans son esprit ou intention, il doit s’assimiler à un propriétaire. Faute de ce
comportement, il n’est qu’un simple détenteur. En clair, c’est un tel comportement qui permet de faire la
distinction entre un possesseur et un détenteur à titre précaire (exemple le locataire, le fermier, l’emprunteur
ou le dépositaire). Il convient de noter que la possession, même si elle est prévue par la loi, règle une situation
de fait, alors que la détention précaire est une situation de droit.
Schéma la possession et de la détention

PROPRIETAIRE DETENTEUR PRECAIRE POSSESSEUR

- Usus - usage de la chose - la maitrise de la chose


- Fructus (il n’est pas propriétaire) - il se comporte et s’affirme
- Abusus comme un propriétaire
Situation de droit Situation de fait

A- Les éléments constitutifs et les caractéristiques de la possession


Le véritable possesseur est celui qui a le corpus et l’animus. Le corpus est la possession matérielle de la
chose qui se manifeste par l’usage, la jouissance, la destruction ou l’aliénation de la chose. L’animus est
l’élément moral ou intentionnel qui permet au possesseur de se comporter comme propriétaire.
Le possesseur véritable est protégé par la loi, car la jurisprudence a estimé, que si on le protège,
indirectement le propriétaire est protégé. Mais cette protection est accordée uniquement à la possession utile
et de bonne foi.
D’abord, la possession est dite utile, lorsqu’elle n’est pas viciée, c'est- à-dire entachée des vices de la
clandestinité, de la violence, de la discontinuité ou d’équivoque. Voici les caractères d’une possession utile.

Continue Lorsque le possesseur fait de la chose un usage normal, régulier et conforme à sa


destination.
Paisible C’est possession exempte de violence. Le véritable possesseur ne doit s’être emparé de la
chose par des voies de fait ou des menaces
Publique Les actes de possession doivent être exercés de façon apparente et non clandestine
Non Le comportement du possesseur ne doit pas être ambigu.
équivoque

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Ensuite, la possession est dite de bonne foi lorsque le possesseur a cru sincèrement à la validité et à
l’authenticité de son titre d'acquisition. Le possesseur de mauvaise foi est par exemple le voleur qui sait qu’il
n’a pas légitimement acquis la chose.
B- Les effets de la possession
La variété des effets contraint de distinguer d’une part les effets en général (1) et les effets propres aux biens
meubles (2).
1- Les effets de la possession en général
La possession de tous les biens d’une façon générale, fait avoir des droits ou des prérogatives :
- Le possesseur dispose d’une action en revendication (s’il est propriétaire), et des actions
possessoires (complainte, dénonciation de nouvel œuvre, réintégrande). Chacune de ces trois
actions lui permettent de jouir de sa possession de façon paisible, ou de retrouver sa possession
en cas de dépossession.
- Le possesseur véritable peut acquérir la propriété de la chose, par prescription acquisitive
immédiat pour les meubles, et décennale, vicennale ou trentenaire pour les biens immeubles
(pour ces derniers, on parle de l’usucapion).

2- Les effets particuliers de la possession des biens meubles


Ces effets découlent surtout des articles 2276 et 2277 du Code civil. L’article 2276 du Code civil a prévu une
particularité des effets de la possession des biens meubles, en disposant que: « En fait de meuble,
possession vaut titre ».
Les conséquences sont :
- La possession de bonne foi d’un bien meuble fait acquérir immédiatement la propriété de ce bien.
Cependant lorsque le bien a une provenance illicite ou si le bien a été perdu ou volé avant la
possession de bonne foi, le propriétaire réel peut réclamer le bien avant la fin d’une période de
trois ans et paiera le prix au possesseur de bonne foi. Toutefois, si le possesseur est de mauvaise
foi (acquisition chez un non vendeur ou par don douteux), le véritable propriétaire reprendra la
chose sans payer et son action se prescrit pour trente ans. Au cas où le possesseur de mauvaise
foi refuserait de rendre la chose, il encourt une peine pénale pour recel de biens volés.
- Si le possesseur de la chose l’a achetée dans une foire, ou au marché, ou dans une vente
publique, il la rendra après qu’il lui soit remboursé le prix de son acquisition (article 2280 du code
civil).
- Si le possesseur a pris le meuble chez le véritable propriétaire, il doit le restituer sauf à prouver
que son acquisition est un transfert de propriété.

Paragraphe 2 : L’acquisition de la propriété par le contrat


Cette acquisition concerne deux types de contrat à savoir le contrat à onéreux et le contrat à titre gratuit. Ainsi,
le droit de propriété peut-il être conféré par un contrat de vente ou par un contrat de donation. Les deux
contrats doivent naturellement, pour qu’il y ait transfert de propriété, respecter les règles de l'article 1108 du
Code civil, qui érige les conditions de validité du contrat.
La donation entre vifs, est un acte par lequel le donateur se dépouille actuellement et irrévocablement de la
chose donnée, en faveur du donataire qui l’accepte. La donation à cause de mort qui est prohibée et la
donation non gratuite équivaut à une vente. La donation est acte authentique et c’est dans ce sens que
l’article 931 du Code civil dispose, que tous les actes portant donation entre vifs, seront passés devant
notaires sous peine de nullité. C’est une condition de forme de validité de la donation. Il existe des exceptions
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qui sont les dons manuels (remise d’un chèque pour donation), les donations indirectes (engagement d’une
caution à intention libérale), les donations déguisées.
La donation entre vifs doit porter sur les biens présents et celle portant sur les biens à venir est nulle.

Paragraphe 3 : La transmission successorale de la propriété


Elle permet à une personne de transférer la propriété des ses biens à son ou ses ayants droits. Il s’agit en
réalité de la transmission de son patrimoine en entier ou en partie. Elle se fait de façon légale (ab intestat) ou
par testament.
Le testament est un acte juridique unilatéral par lequel le testateur exprime ses dernières volontés et dispose
de ses biens pour le temps qui suivra son décès. Il peut être olographe ou par acte public. Le testament
olographe est valable s’il est écrit en entier, daté et signé de la main du testateur (le testament saisi ou
dactylographié n’est pas considéré comme un testament olographe).
Le testament par acte public est celui reçu par deux notaires ou par un notaire en présence de deux témoins,
et signés par le testateur et les personnes présentes.

Paragraphe 4 : La propriété par accession


La propriété d’une chose soit mobilière, soit immobilière donne droit sur tout ce qu’elle produit et sur ce qui s’y
unit accessoirement, soit naturellement, soit artificiellement. On parle de la propriété par accession. Il en
ressort que le propriétaire d’une chose est également le propriétaire de ce qui est produit par cette chose et de
ce qui s’unit ou s’incorpore à la chose. Il s’agit du principe de l’accessoire, selon lequel l’accessoire suit le
sort du principal.

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LES OBLIGATIONS
Il existe plusieurs types d’obligation à savoir l’obligation morale, obligation en tant que titre, et l’obligation
juridique. En droit l’obligation est le lien de droit en vertu duquel une personne peut exiger d’une autre une
prestation pouvant être un transfert de droit, un service ou une abstention (ne pas faire). Cette définition
permet d’avoir plusieurs types d’obligation juridique (obligation de moyen, obligation de résultat,…).
Cependant, dans un souci de les rendre plus commodes, il conviendra d’étudier les obligations contractuelles
(Section I), les obligations délictuelles (section II), la fin et la transmission des obligations (section III).
Section I - Les obligations contractuelles : le contrat
Le contrat est défini comme : « La convention par laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent envers
une ou plusieurs autres personnes à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose ». Cette définition
met l’accent sur le rôle essentiel de la volonté dans les obligations notamment les contrats car c’est la
manifestation de la volonté qui créé le contrat.
De cette définition synthétique du contrat, on relève qu’il existe une variété de contrats, qui peuvent être
classés selon divers critères. Le contrat peut donc être classé suivant le critère du mode de formation (sous-
section 1), de la qualité des parties (sous-section 2), et de l’objet du contrat (sous-section 3). En dépit de cette
variété des contrats, pour exister les contrats doivent respecter certaines conditions de validités générales
(sous-section 4). Lorsqu’il est valablement formé, le contrat produit des effets (sous-section 5)

Sous-section 1 : Classification des contrats suivant leur mode de formation


Paragraphe 1 : Les contrats consensuels, solennels et réel
Contrats consensuels Contrats solennels Contrats réels
Définition Contrats conclus par le seul Encore appelés contrats formels, Ils supposent, en plus de la
accord de volonté des parties ils supposent non seulement la rencontre des volontés des parties,
rencontre des volontés mais aussi la remise de la chose.
l’accomplissement de certains
formalités
Exemple La vente meuble Contrat de mariage, hypothèque, la Contrat de dépôt, contrat de prêt.
vente d’immeuble
Conséquence L’échange des volontés suffit pour Le non respect des formalités peut La remise est nécessaire pour
la formation du contrat entrainer la nullité absolue du l’existence du contrat
contrat

Paragraphe 2 : les contrats négociés, d’adhésion, forcés


Contrats négociés Contrats d’adhésion Contrats forcés
Définition Encore appelés contrats de gré à Ce sont des contrats pré-rédigés Ce sont des contrats rendus
gré, ce sont des contrats par un contractant et l’autre ne obligatoires par la loi.
librement discutés par les parties. pourra qu’y adhérer, accepter ou
Elles définissent librement les non.
clauses du contrat
Exemple Contrat de vente, de location Contrat de transport, contrat de Certains contrats d’assurance sont
travail, contrat d’assurance des contrats forcés. Exemple
contrat d’assurance automobile

Sous-section 2 : Classification des contrats suivant la qualité des parties


Paragraphe 1 : Contrat entre consommateur et professionnel
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Contrats entre consommateur et professionnel Contrats entre professionnels
Définition Le consommateur c’est le profane, c’est-à-dire la Contrat entre deux personnes qui maitrisent
partie faible. Le professionnel c’est la partie forte leur domaine d’activités
qui maitrise son domaine d’activités
Exemple Achat chez un commerçant, contrat d’entreprise Achat d’un commerçant chez un grossiste ou
entre un constructeur et un client un fabricant
Intérêts - La nécessité de l’information du Protection de la partie non spécialiste
consommateur ;
- La protection de son choix ;
- L’interdiction des clauses abusives

Paragraphe 2 : Contrats individuels et contrats collectifs

Contrats individuels Contrats collectifs


Définition Ce sont des contrats qui n’engagent que les Ce sont des contrats qui s’imposent à toutes
parties directement signataire ou par personnes faisant partie d’un groupe ou d’une
l’intermédiaire d’un représentant collectivité.
Exemple Contrat de travail Conventions collectives de travail

Sous-section 3 : Classification des contrats suivant l’objet du contrat


Paragraphe 1 : Contrat synallagmatique et contrat unilatéral

Contrats synallagmatiques Contrats unilatéraux


Définition Un contrat synallagmatique fait naître entre les Ce sont des contrats qui ne font naître
parties des obligations réciproques. d’obligation qu’à la charge d’une partie.
Exemple Contrat de vente où, le vendeur à l’obligation de Promesse unilatérale de vente. Le promettant
livrer la chose vendue et l’acheteur de payer le est débiteur d’obligation et le bénéficiaire est
prix. Dans le bail le bailleur à l’obligation de ne pas créancier.
troubler la jouissance du local loué et le locataire à
l’obligation de payer les loyers.
Contrat de travail également.

Paragraphe 2 : Contrat à titre onéreux et contrat à titre gratuit

Contrat à titre onéreux Contrat à titre gratuit


Définition C’est un contrat qui n’est pas désintéressé. Les Un contractant procure volontairement sans
parties sont à la recherche réciproquement des contrepartie un avantage à l’autre contractant.
avantages.
Exemple Contrat de travail, contrat de vente, contrat de La donation, le prêt sans intérêt …
prestation de service, contrat de prêt, contrat
d’assurance …

La liste de distinction et de classification n’est pas exhaustive. Toutefois, les contrats sont soumis à de mêmes
exigences pour leur validité générale.
Sous-section 4 : Les conditions de validité d’un contrat
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Des conditions sont requises pour la validité d’un contrat. Ainsi, pour qu’un contrat soit valable et légalement
formé, l’article 1108 du Code civil exige la réunion de quatre conditions essentielles. Il s’agit du consentement
non vicié des parties (paragraphe 1), de la capacité des parties (paragraphe 2), de l’objet déterminé, possible
et non contraire à l’ordre public (paragraphe 3) et la cause licite et morale (paragraphe 4).
Paragraphe I : Le consentement des parties
Pour qu’un contrat soit valable, il faut que les parties donnent leurs accords. Et le consentement se manifeste
dans l’offre et dans acceptation. L’offre, encore appelée pollicitation, est le fait qu’une personne propose à
une autre la conclusion d’une convention. Cette offre peut être expresse ou écrite, verbale ou faite par signe
ou encore l’offre peut être tacite. L’acceptation est le faite qu’une personne donne un avis favorable à une
offre. Cette acceptation doit être en principe expresse. L’acceptation doit être pure et simple. Ainsi, lorsqu’elle
(l’acceptation) suit l’offre, le contrat est conclu ‘’ parfaitement ’’ sans besoin d’une autre formalité.

OFFRE ACCEPTATION

CONTRAT

Cependant, au moment de la conclusion, certains vices peuvent affecter le consentement émis par les parties.
Ces vices sont au nombre de trois (3) et sont ‘’ l’erreur, le dol et la violence.’’
L’erreur existe quand une personne a consenti au contrat parce qu’elle s’est trompée sur un élément du
contrat. Elle est une appréciation inexacte portant sur les qualités un fait, un bien ou autre. Cette erreur peut
porter sur la personne contractante, sur la substance du contrat ou sur la cause.
Le dol est une tromperie destinée à provoquer une erreur dans l’esprit du contractant. Il résulte d’une
manœuvre frauduleuse intentionnellement faite par l’autre partie. Dans le dol, il y a la volonté manifestée
d’induire l’autre partie en erreur.
La violence est le faite de contraindre une personne physiquement, moralement ou économiquement à
s’engager dans un contrat. La partie qui l’invoque doit prouver qu’elle était sous la menace d’un mal
considérable et présent au moment de la signature du contrat. Cette menace peut être exercée sur la
personne elle-même, sur ses biens ou sur ses proches. L’influence ordinaire d’une femme sur son mari ne
saurait être considérée comme une violence.

Paragraphe II : La capacité des parties


Le consentement suppose que les parties ont compris la portée de leurs engagements, qu’elles sont saint
d’esprit. C’est logiquement pour cette raison que la loi dispose qu’une personne incapable (mineur et majeur
incapable) ne peut signer un contrat. Si au mépris de cet interdit, le contrat a été signé par un incapable, le
contrat est nul de la nullité relative.

Paragraphe III : L’objet du contrat

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Aux termes de l’article 1126 du Code civil, « tout contrat à pour objet une chose ». Pour déterminer l’objet d’un
contrat, il faut se poser la question « quoi ». Exemple : l’acheteur loue quoi ?
L’existence de l’objet dans un contrat est une exigence absolue pour sa validité. Ainsi, pour qu’un contrat soit
valable, il faut que l’objet :
- Existe au moment du contrat. Parfois, il peut être futur (Ex. Construction d’une maison, un prêt).
- Il faut que l’objet soit déterminé ou déterminable et dans le commerce.
- Soit possible et licite.

La validité de l’objet est laissée à l’appréciation des juges. La sanction de l’absence de l’objet est la « nullité
absolue ».

Paragraphe IV : La cause du contrat


La cause est le but impulsif et déterminant pour lequel les parties signent un contrat. Et généralement, il faut
poser la question « pourquoi ». Exemple : Pourquoi louez-vous cette maison ? En réalité, l’identification de la
cause du contrat permet de déterminer le mobile déterminant la conclusion du contrat.
Le plus souvent, la cause d’une partie est l’obligation de l’autre. Exemple en matière de vente, le vendeur a
l’obligation de livrer la marchandise (cause de l’acheteur) et l’acheteur est obligé de payer le prix de la chose
(cause du vendeur).
Il peut arriver aussi que le contrat soit à cause identique pour toutes les parties. On pourra citer par exemple
le contrat d’associés d’une société anonyme (SA) où chaque associé est la quête du partage des résultats
(dividende ou pertes).
La cause pour être valable doit exister et doit être licite et morale.
Un contrat qui remplit ces quatre conditions ci-dessus est donc légalement signé et a force de loi pour les
parties qui doivent supporter les effets engendrés.

Sous-section 5 : Les effets du contrat


On distinguera les effets tenant aux parties contractantes et au contrat lui-même (paragraphe 1), la fin du
contrat (paragraphe 2) et la réparation de la faute contractuelle (paragraphe 3).
Paragraphe I : les effets tenant aux parties contractantes et au contrat lui-même
Le contrat produit des effets sur les parties elles-mêmes (A) et à l’égard les tiers (B). L’inexécution du contrat
peut aussi produire des effets (C).
A – Les effets du contrat à l’égard des parties
Un contrat tient lieu de loi à ceux qui l’ont signé. Tel est le sens du principe de la force obligatoire du
contrat. Ceci implique que:
- Les parties ne peuvent se soustraire des obligations nées de ce contrat et elles peuvent être
obligées de les exécuter.
- Les contrats ne peuvent être résiliés que de commun accord entre les parties.
- Le contrat ne peut être modifié unilatéralement.

B – Les effets du contrat à l’égard des tiers


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Un contrat ne lie en principe que les deux parties. Le contrat ne doit ni nuire, ni profiter au tiers. On parle du
principe de l’effet relatif du contrat. Toutefois, le contrat peut avoir des effets à l’égard des tiers. On appelle
tiers, celui qui n’est pas signataire du contrat. Il existe en matière des contrats deux catégories de tiers.
D’une part, les tiers qui n’ont pas donné leurs consentements lors de la conclusion du contrat. Il s’agit en
principe des tiers absolus « penitus extranei », qui ne sont pas liés par le contrat, mais pour qui le contrat
peut être opposable.
D’autre part, une seconde catégorie de tiers, tiers relatif doit être distinguée. Il s’agit des tiers devenus
représentant d’une partie. Ils seront liés en rapport avec leur titre de représentation. Ainsi par exemple, le
mandataire sera tenu des obligations comme s’il était signataire, tandis que les ayants droit ou les ayants
cause d’une personne peuvent bénéficier d’un contrat ou le subir.
Il faut noter également que le tiers peut faire une action en justice contre un contrat auquel il n’est pas partie. Il
peut le faire par le biais de l’action oblique ou l’action paulienne. (Voir les créanciers chirographaires)

C – les effets de l’inexécution du contrat


Le contrat étant la loi des parties, l’inexécution doit entrainer des actions soit sur le contrat lui-même, soit sur
le contractant défaillant. Sur le contrat, l’inexécution entraine la résolution pure et simple dudit contrat. Par
contre, sur le contractant défaillant, il peut être obligé ou forcé judiciairement à exécuter le contrat.

Paragraphe II : La fin du contrat


L’article 1234 du Code civil prévoit qu’un contrat peut s’éteindre par le paiement, l’exécution, la novation
(nouveau), la remise volontaire, la compensation, la confusion, la perte de la chose, la résolution
consensuelle, la prescription, la décision judiciaire ou la nullité. La loi a prévu deux (02) sortes de nullité à la
matière : La nullité absolue et la nullité relative.
La nullité relative se prescrit dans un délai de 5 ans et est prévu pour protéger les contractants qui se
trouvent lésés. Elle sanctionne les vices du consentement et l’incapacité des parties. L’action est faite par la
personne lésée ou ses ayants droit. En revanche, la nullité absolue sanctionne les irrégularités graves qui
sont susceptible de troubler les personnes généreuses. Elle intervient quand il y a eu absence de cause ou
d’objet, ou lorsque le contrat porte atteintes à l’ordre public ou aux bonnes mœurs. Elle est invoquée par toute
personne et se prescrit pour 30 ans.
Certains concepts doivent être élucidés au risque de confusion avec la nullité. Il s’agit de :
La résolution : qui est l’effacement rétroactif du contrat pour inexécution par l’une des parties. Elle diffère de
la nullité car elle ne sanctionne pas une condition de validité.
La résiliation : est une suppression pour l’avenir d’un contrat successif ou à exécution successive (le contrat
de travail, le contrat de location) en raison de l’inexécution par l’une des parties de ces obligations. Précisons
que la résiliation est souvent l’application d’une clause des contrats donnant droit à une partie de rompre le
contrat en cas d’inexécution par l’autre partie de ses obligations.
La révocation : Elle est la suppression d’un acte par effet de la loi ou par décision judiciaire à la demande de
l’une des parties.
La Caducité : Elle est l’état d’un acte juridique valable mais privée d’effet en raison d’être postérieur à sa
création. Exemple : Le testament qui est caduque si le légataire meurt avant le testateur.

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Paragraphe III : La réparation de la faute contractuelle :
L’article 1134 ayant établit la force obligatoire du contrat, engage la responsabilité contractuelle de la partie
qui avait mal exécuté le contrat. La mise en jeu de la responsabilité contractuelle suppose la réunion de trois
(03) conditions (A). Toutefois, il peut y avoir une cause d’exonération du débiteur fautif (B) à la réparation du
préjudice (C).

A – Les conditions de la mise en jeu de la responsabilité contractuelle


La première condition est l’existence d’un contrat valable entre le créancier et le débiteur. Mais, il faut surtout
un dommage subit par le créancier de l’obligation (1), un fait générateur provenant du débiteur (2) et un lien de
causalité entre le dommage et le fait générateur (3).
1 – Le dommage
Le dommage résulte de l’inexécution ou de la mauvaise exécution de contrat. Le dommage est le préjudice
subi par la partie qui l’invoque. Il peut être matériel, corporel ou moral selon la nature du contrat. Le dommage
doit être certain, directe, prévisible et non encore réparé.
2 – Le fait générateur : la faute
La faute serait l’inexécution ou la mauvaise exécution du contrat. Elle existe dès lors que le débiteur n’a pas
intégralement respecté son engagement. Il appartient au créancier d’établir la preuve de la faute.
3 – Le lien de causalité entre la faute et dommage
Elément très déterminant de l’action en responsabilité, le lien de causalité permet de lier la faute au préjudice.
La causalité doit être directe parce qu’il doit exister un lien de cause à effet entre la faute et le dommage. Le
dommage subi par le créancier doit être la conséquence directe de la faute commise par le débiteur.

B – Les causes d’exonération


Une cause exonératoire est un évènement imprévisible, irrésistible et indépendant de l’auteur de la faute qui
par ses survenances le libère de sa responsabilité. L’article 1148 du Code civil dispose il n’y a lieu à aucun
dommage et droit à réparation lorsque par suite d’une force majeur ou d’un cas fortuit, le débiteur a été
empêché de donner ou de faire ce à quoi il était obligé ou à faire ce qui lui était interdit. La force majeure est
l’évènement naturel, évènement imprévisible, irrésistible et indépendant de la volonté du contractant défaillant
qui justifie la faute. Le cas fortuit ou fait du tiers est l’évènement humain externe au débiteur qui justifie la
faute.

C – La réparation
Pour obtenir la réparation, le créancier qui justifie les clauses de la mise en œuvre de la responsabilité de son
débiteur doit adresser une mise en demeure à dernier.
Cette mise en demeure se fait par acte d’huissier de justice. S’il ne s’exécute pas dans les délais contenus
dans l’acte de mise en demeure, le créancier saisi le juge qui peut ordonner une exécution forcée qui abouti
soit à une réparation en nature soit à une réparation par équivalent c’est-à-dire le paiement des dommages
intérêts.
Il faut préciser qu’à l’obligation de somme d’argent susceptible d’exécution forcée, on peut ajouter des
allocations de dommages intérêts de retard.
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De façon générale, l’action en responsabilité contractuelle se prescrit pour 30 ans. Mais des délais plus brefs
peuvent être prévus surtout en matière contractuelle commerciale.

Section II – Les obligations délictuelles


Les conditions de la responsabilité sont uniformes. Pour que la responsabilité soit engagée, nous avions dit
plus haut qu’il faut un préjudice, une faute et un lien de causalité entre la faute et le préjudice. Le préjudice est
le dommage subit par une personne de façon certaine, actuelle et non réparer.
Les obligations délictuelles contrairement aux obligations contractuelles découlent d’un fait juridique.
Lorsqu’un évènement crée ou modifie une situation juridique non voulue, l’auteur de cet évènement qui porte
ou cause préjudice à une autre personne a la responsabilité de le réparer. Cette responsabilité peut se situer
sur le plan civil ou pénal. La responsabilité pénale loin de faire l’objet du présent cours, on s’attardera
d’avantage sur la responsabilité civile qui trouve son fondement dans les articles 1382 et suivants du Code
civil. Elle est décomposée en responsabilité du fait personnel (paragraphe 1), du fait d’autrui (paragraphe II),
du fait des choses (paragraphe III) et la responsabilité du fait des produits défectueux (paragraphe IV).

Paragraphe I – La responsabilité du fait personnel


On parle de la responsabilité délictuelle du fait personnel lorsqu’une personne cause un dommage à autrui par
son fait (son attitude/son comportement/son imprudence/sa négligence/son forfait) personnel. Ce fait
personnel peut revêtir plusieurs formes notamment l’abus de droit, le licenciement abusif, la grève abusive,
l’abus de majorité et les blessures volontaires.
L’auteur de la faute doit être capable de répondre de ses actes. Cette notion de capacité fait établir le concept
de l’irresponsabilité des majeurs incapables et les mineurs.
Le problème s’est posé de savoir si on peut tenir pour responsable les personnes ayant des troubles mentaux.
Ce problème a été réglé, suite à une longue et vive critique de la jurisprudence, par la loi du 3 janvier 1968 sur
la réforme du droit des incapable qui a prévu en son art. 425 et suivant du Code civil et 314 et suivant du
Code des personnes de la famille du Togo, que toute personne, même sous l’emprise d’un trouble mental est
tenue de réparer que ce soit par lui-même ou par ses parents, le préjudice qu’elle cause.
Dans l’hypothèse où c’est plusieurs personnes qui ont commis la même faute, sur la même personne, elles
sont toutes responsables solidaires et sont appelées des co-auteurs. Mais, si la victime a contribuée à la
survenance du dommage, il y a fait de la victime, qui en fait une responsabilité partagée entre le(s) auteur(s)
et la victime.
Dans les hypothèses où le préjudice est survenu de l’imprudence ou de la négligence, le Code civil dans son
article 1383 dispose que l’auteur est responsable.
Exemple : Un client qui tombe dans un restaurant en glissant sur une peau de banane. Il y a négligence de la
part du restaurateur qui n’entretient pas bien son restaurant et qui est responsable de cet accident.
Un propriétaire de chantier qui n’a pas clôturé son chantier et interdire l’accès aux enfants. Les enfants en y
jouant se sont blessés. Le propriétaire est tenu responsable.
Un propriétaire qui n’a pas pris toutes les mesures nécessaires à la stabilisation de son terrain menaçant de
s’effondrer.

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Paragraphe II – La responsabilité du fait d’autrui
Cette hypothèse de responsabilité correspond à la situation d’une personne qui a commis un préjudice, mais
n’est pas en mesure de répondre de ses actes. C’est la situation des parents face aux fautes de leurs enfants
mineurs.
Exemple : Un enfant de 9 ans provoque un incendie, et un autre de 15 qui viole une fille de 10 ans.
Dans les deux (2) situations les parents ont été tenus responsables (alinéa 4 art. 1384). Cette responsabilité a
été étendue par ‘article 1384 alinéa 6 du Code civil aux artisans et instituteurs du fait respectivement de leurs
apprentis et élèves, des commettants du fait de leur préposé (alinéa 5). Dans la responsabilité du fait d’autrui,
il ne s’agit pas de chercher la faute du responsable en tant que tel, mais il faut réparer la faute de la personne
dont on répond. C’est une responsabilité sans faute (responsabilité présumée) contrairement à responsabilité
du fait personnel (une responsabilité prouvée).
Réflexion : différence entre la responsabilité du fait personnel et la responsabilité du fait d’autrui

Paragraphe III – La responsabilité du fait des choses


Le régime commun de la responsabilité des choses dont on a la garde est prévu par l’alinéa 1 de l’article 1384
du Code civil. La responsabilité du fait des choses est qualifiée aujourd’hui de la responsabilité du fait de la
chose dont on a la garde (article 1384 du code civil). Cette garde s’entend de l’usage, du contrôle et du
pouvoir de direction d’une personne sur la chose.
Par exemple, l’imperméable d’un piéton qui a accroché la poignée d’un cyclomoteur et qui provoque sa chute.
Les alpinistes n’ont pas été considérés comme gardien des pierres qui tombent après leur passage. Toutefois,
ils sont gardiens des cordes qu’ils utilisent et par conséquent responsable de la chute des pierres due aux
cordes. Les juges ont, cependant, écarté la responsabilité du fait des choses dont on a la garde pour une
plaque d’éclairage normalement posé sur un toit qui a été brisée par un expert en cours d’expertise et causant
un dommage à autrui. Cette plaque était en bon état et normalement posée. Elle ne peut être source de
dommage dans on état.
Les régimes particuliers sont prévus aux articles 1386 et 1385 du code civil. Ils portent respectivement la
responsabilité des propriétaires du fait des animaux et du fait des bâtiments en ruine. Celui qui se sert de
l’animal ou qui en est propriétaire est dit gardien de l’animal (abeille qui quitte les ruches d’un apiculteur et
pique quelqu’un). Il en est de même des propriétaires des bâtiments en ruine qui répondent des dommages
causés par ses choses, sauf à prouver un défaut de construction qui reporte la responsabilité sur
l’entrepreneur ou l’architecte.
L’action en responsabilité civile délictuelle se prescrit à 10ans.

Paragraphe IV- La responsabilité du fait des produits défectueux

La responsabilité du fait des produits défectueux est la situation dans laquelle un producteur engage sa
responsabilité délictuelle du fait d'un défaut de sécurité de l'un de ses produits ou services entraînant un
dommage à une personne quelle qu'elle soit. Il s'agit également d'un régime spécial de responsabilité.

Il ne faut pas confondre "défectueux" et "vicié". En effet, un produit vicié est celui qui ne répond pas au rôle
que l'on pourrait attendre de lui (ex: un téléviseur qui n'affiche pas d'image). Les produits défectueux sont ceux
qui présentent un défaut de sécurité (ex: un téléviseur qui implose).

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Le producteur est nécessairement un professionnel qui a travaillé la matière première, un composant, ou une
partie du produit. Seul ce dernier est en principe responsable des dommages causés par un défaut de son
produit. Cependant, s'il ne peut être identifié, alors seront indifféremment responsables le fournisseur,
vendeur, ou loueur.

L'article 1386-3 du code civil définit le produit de façon extrêmement large dont seuls les immeubles sont
exclus : « Est un produit tout bien meuble, même s'il est incorporé dans un immeuble, y compris les produits
du sol, de l'élevage, de la chasse et de la pêche. L'électricité est considérée comme un produit. »

L'article 1386-2 du code civil définit, de son côté, le dommage réparable de façon très large encore en ces
termes. En effet, l’article précise que le dommage concerné est celui qui « … résulte d'une atteinte à la
personne ». En outre, s’agissant des biens, il est impérieux que ces dommages soient supérieurs à un
montant déterminé par décret. En France, ce montant est fixé à 500 €

La loi prévoit deux délais pour agir et au-delà desquels on ne pourra plus agir :

1. le délai de prescription : l'article 1386-17 impose un délai de 3 ans « à compter de la date à laquelle le
demandeur a eu ou aurait dû avoir connaissance du dommage, du défaut et de l'identité du
producteur. »
2. le délai de forclusion : la victime ne peut plus agir contre le producteur au-delà de 10 ans à compter
de la mise en circulation du produit. Si le dommage survient dans ce délai de 10 ans, alors l'action de
la victime se prescrit par 3 ans, à compter du jour où elle a eu, ou aurait dû avoir connaissance du
défaut de sécurité. Selon l'article 1386-5 du code civil, ce « produit est mis en circulation lorsque le
producteur s’en est dessaisi volontairement. Un produit ne fait l'objet que d'une seule mise en
circulation. »

Section III : La transmission et la fin des obligations


Une obligation a une valeur pécuniaire. C’est ce qui explique naturellement qu’elle soit citée dans les
patrimoines car elle est inscrite dans l’actif du patrimoine de son créancier et au passif de son débiteur. Ainsi,
est-elle cédée soit avec l’intégralité du patrimoine en cas de décès soit isolement par la cession des créances.
Cette transmission met fin à l’obligation par rapport au débiteur. Toutefois, il peut y avoir d’autre fin d’une
obligation.

Paragraphe I : la transmission des obligations


La transmission des obligations peut prendre la forme d’une cession de créance et d’une cession de dette.
A- Notion générale de la cession de créance
Elle est un acte par lequel un créancier (le cédant) transmet sa créance à un tiers (le cessionnaire) qui le
subroge dans ses droits. La cession de créance peut se faire pour toute créance conventionnellement ou
judiciairement, sauf pour les créances alimentaires et les salaires. La cession doit être signifiée au débiteur
cédé par acte d’huissier.
Exemple : J’ai fait un travail pour la compagnie Y qui me doit une somme d’argent. J’ai acheté des actions
dans la société Z. Je (cédant) demande à la compagnie Y (cessionnaire) qui me doit de l’argent de payer la
société Z pour les actions que j’ai acquises. Cette dernière peut réclamer à la compagnie Y la créance que je
lui ai cédée. On ne cède pas le salaire.

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B- La cession de dette
Aucun texte en principe ne permet la cession de dette. Cependant, la cession par le débiteur de sa dette à un
tiers peut se faire avec l’accord du créancier dans le cadre d’une délégation.
La délégation est une opération par laquelle, une personne (le cédant) invite une autre personne (le délégué)
à payer en son nom une dette à un tiers (le délégataire). La délégation est faite avec l’accord du créancier.

Paragraphe II : La fin ou l’extinction des obligations


Les obligations s’éteignent normalement par leur exécution volontaire. C’est ce qu’on appelle le paiement (A).
En dehors de ce mode de paiement volontaire, il existe d’autres modes de fin des obligations qui peuvent être
soit forcé (B) soit intervenir dans le cas d’une inexécution (C).
A- L’extinction volontaire : le paiement volontaire
Le paiement volontaire peut intervenir par paiement pur et simple, subrogation, compensation et novation.
1- Le paiement pur et simple
Le paiement ne signifie pas seulement le versement d’une somme d’argent mais l’exécution de l’obligation. Le
paiement doit être fait à la date contractuellement déterminée. Mais le débiteur peut renoncer au bénéfice du
terme et payer avant (la date). A défaut de paiement dans les termes, le créancier met le débiteur en demeure
et passe à une exécution forcée.
Au paiement, le débiteur est libéré et doit prouver cette libération par un écrit qui peu être une quittance, une
facture ou un reçu.
2- La subrogation
Il arrive que le paiement soit fait par un autre que le véritable (par exemple une caution) débiteur ou que l’un
des codébiteurs paie au-delà de sa part du quantum de la dette. On parle de subrogation. Elle est la
substitution ou le remplacement d’une personne par une autre dans le paiement d’une créance. La
subrogation peut se faire par le débiteur ou par le créancier. La subrogation peut être légale ou
conventionnelle. La subrogation légale est souvent la caution solidaire. Dans le cas de la subrogation par le
débiteur, ce dernier emprunte à un tiers, pour payer son créancier. Ainsi, le nouveau prêteur devient le
créancier du débiteur.
3- La compensation
Elle est un mode d’extinction de deux (02) obligations dont les titulaires sont deux (02) personnes
réciproquement débitrice et créancière l’une de l’autre. Elle permet d’éteindre entièrement, les dettes de
même valeur.
4- La novation
Elle est une opération par laquelle, les parties conviennent de substituer une obligation nouvelle à l’ancienne
obligation. Elle peut prendre la forme d’un changement de créancier, d’un changement de débiteur ou d’un
changement de l’obligation. L’effet de la novation est d’éteindre une ancienne dette pour faire vivre une
nouvelle.

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Exemple Monsieur Y doit 200 000 F CFA à Mme X. Il a prévu de le payer en 10 mensualités soit 20 000/mois.
Arrivé au 5ème mois, il se retrouve dans l’impossibilité de continuer le paiement de cette façon et donc propose
à la dame de changer l’obligation en payant 10 000/mois. Celle-ci a accepté. Il y a donc novation dans le
paiement de la dette.

B- L’extinction forcée : l’exécution forcée

Lorsque le débiteur ne s’exécute pas, le créancier, outre l’action en résolution, peut avoir recours aux
tribunaux ou aux forces publiques qui ont un pouvoir de contrainte. L’exécution peut être en nature ou par
équivalent.

C- Les autres modes d’extinction des obligations

Il s’agit de la prescription extinctive, de la confusion et de la remise de dette.


1- La prescription extinctive
Elle est un mode d’extinction qui résulte du non exercice du droit de créancier pendant un certain délai. La
négligence du créancier, qui devrait se comporter en bon père de famille diligent, profite au débiteur. On
considère que si le créancier ne réclame pas le paiement, c’est qu’il a obtenu satisfaction.
2- La confusion
Il y a confusion, lorsque le débiteur devient en même temps le créancier.
3- La remise de la dette
Elle est une convention synallagmatique à tire gratuit ou heureuse par laquelle le créancier libère le débiteur
de sa dette. Elle éteint la dette à l’endroit du débiteur et de tous les autres débiteurs si elle est solidaire.

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LES QUASI-CONTRATS
Les quasi-contrats sont des faits juridiques qui produisent des effets à l’instar des contrats. Or il n’existe aucun
contrat entre les parties en cause ; d’où le nom des « presque contrats ».
Il existe deux situations ou types de quasi-contrats : la l’enrichissement sans cause et la gestion d’affaire.

La gestion d’affaire est le fait pour une personne, appelée le gérant d’affaire, de s’immiscer spontanément
et bénévolement, dans les affaires d’une autre personne appelée le géré ou le maitre d’affaire dans l’intérêt
de dernier, en cas de nécessité.

L’enrichissement sans cause est l’enrichissement d’une personne en relation directe avec
l’appauvrissement d’une autre personne alors que ce déséquilibre entre ces deux patrimoines n’est pas justifié
par une raison juridique. En clair, elle est la situation lorsqu’une personne, appelée le solvens, procède à un
paiement ou exécute une prestation, alors qu’elle ne devrait pas. Celui qui a reçu le paiement ou a bénéficié
de la prestation, encore appelé accipiens, a l’obligation de rembourser ou de restituer.

La qualification ou l’existence de chaque situation de quasi-contrats est soumise à des conditions


particulières. Ainsi, la gestion d’affaire (Section I) et l’enrichissement sans cause (Section II) répondent
respectivement à des conditions spécifiques.

Section I : les conditions de la gestion d’affaire

Les conditions sont synthétisées dans le tableau suivant :

Conditions Explications Exemples

Le gérant doit faire un acte L’acte accompli par le gérant ne Eteindre l’incendie dans la
spontané et pour le compte doit pas être permanent sinon il maison du voisin.
d’autrui aurait dû prendre un mandat
chez le géré d’affaire.
Cependant, les juges retiennent Eteindre les flammes la maison
la gestion d’affaire si gérant agit du voisin qui risquent
à la fois pour autrui et pour lui. d’embraser sa maison aussi.

Le géré ou maître d’affaire ne La volonté peut être favorable


doit pas manifester sa volonté (accord) ou défavorable
au moment de l’acte. (opposition). Si le géré d’affaire
donne son accord, on se
retrouve dans la situation de
mandat et non de gestion
d’affaire. Par contre s’il
s’oppose, le gérant d’affaire
aura commis une faute en
passant outre.

L’acte peut être matériel ou L’acte matériel se caractérise Réparation de la toiture


juridique par son existence physique. fracassée par une branche
perdue.
L’acte juridique peut être soit un
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acte de conservation, Entretien, action en justice,
d’administration et parfois au vente des valeurs mobilières
cas échéant être un acte de
disposition.

L’acte doit être utile L’utilité ou l’opportunité de l’acte Eteindre l’incendie dans la
s’apprécie au moment où il a été maison du voisin qui cause
fait même si le résultat n’a pas l’inondation du salon
été utile au géré.

Section 2 : les hypothèses de l’enrichissement sans cause


Il existe deux séries hypothèses de l’enrichissement sans cause.
1er hypothèse : Il n’existe aucune obligation entre le solvens et l’accipiens.
Cette première hypothèse a double sens. Cela suppose d’une part que le débiteur ne paie pas son véritable
créancier. D’autre part, le paiement a été effectué par une personne qui n’était pas le véritable propriétaire.
2ème hypothèse : Il y avait bien une dette entre le solvens et l’accipiens, mais cette dette est nulle, caduque ou
résolue. Cela suppose aussi que le solvens a payé plus qu’il ne devait payer.

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BIBLIOGRAPHIE

A- Ouvrage généraux et spécialisées


- Jean-Luc AUBERT, "Introduction au droit et thèmes fondamentaux de droit civil",
Armand Colin ;
- Patrick COURBE, "Introduction générale au Droit", Dalloz - Coll. "Mémentos" ;
- Brigitte HESS-FALLON et Anne-Marie SIMON, Droit civil, aide-mémoire, 7ème éd.
Sirey ;
- G. RIPERT et R. ROBLOT, Traité de droit commercial, Effet de commerce, Banque,
contrats commerciaux et procédures collectives, t.2, 17ème éd., LGDJ ;
- François Kuassi H. DECKON, Cours de droit des obligations.

B- Codes
- Code Civil, Litec 2008 ;
- Code des personnes de la famille ;
- Code de l’enfant du Togo ;
- Code OHADA

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