Modélisation de l'argile et LSW au Moundouli
Modélisation de l'argile et LSW au Moundouli
REPUBLIQUE DU CAMEROUN
REPUBLIC OF CAMEROON
Paix – Travail - Patrie
Peace – Work – Fatherland
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UNIVERSITE DE NGAOUNDERE
THE UNIVERSITY OF NGAOUNDERE
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ECOLE DE GEOLOGIE ET D’EXPLOITATION MINIERE
SCHOOL OF GEOLOGY AND MINING ENGINEERING
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Sur le thème :
Dr. Ing. MAMBOU N. Luc Leroy, Chargé des cours ; EGEM/UN Examinateur.
i
REMERCIEMENTS
L'exercice du mémoire de Master Recherche est une aventure noble mais redoutable dont il est
difficile d'anticiper l'intensité. Alors que notre faculté de remise en question est inlassablement
testée, les questions se multiplient, les réponses se raréfient. En avançant sans certitude vers
l'inconnu, on apprend alors à accepter la critique et l'échec, à accueillir la réussite avec
modestie, à défendre ses opinions avec conviction et à écouter l'autre. On se sent finalement
petit devant l'immensité de la nature qui crée à chaque instant ce que l'on n’arrive pas à
reproduire. On se voit l'envie insatiable de découvrir le monde. Finalement, alors que l'on me
donne le droit de me considérer en chercheur, je me sens désarmé devant l'infinie
connaissance que je n'aurai pas le temps d'acquérir mais heureux d'avoir accompli ce qui me
semblait impossible. Au terme de ce travail de longue haleine, je souhaite profiter du temps de
la dernière page blanche pour exprimer à ceux qui ont tant donné, la gratitude de celui qui leur
doit beaucoup, bien que je ne pourrais jamais équivaloir ce qu’ils m’ont donné à une simple
gratitude.
Un merci légendaire au Pr. ABDOUL Wahabou, par ailleurs Directeur de l’Ecole de Géologie
et d’Exploitation Minière, d‘avoir fait de moi un chercheur en acceptant mon dossier pour être
étudiant en Master Recherche dans son illustre institution. .
J'adresse mes sincères remerciements à mes encadrants de mémoire de Master Recherche,
lesquels m'ont honoré en acceptant de suivre ce travail. Vous êtes les meilleurs encadrants.
Pr. MBOWOU GBAMBIE Isaac Bertrand, vous prodiguez votre savoir qui me semble infini
avec gentillesse, pédagogie et toujours cette humilité incroyable qui vous caractérise. Je vous
remercie pour nos indénombrables conversations, les mots réconfortants. Votre humanité m'a
enrichi.
Pr. NCHARE MOMINOU, quand je venais vous soumettre mon thème de mémoire, vous
m’aviez agréablement émerveillé lorsque vous avez apporté de modifications à ce dernier. Dès
cet instant je me suis dit dans mon cœur que je suis au bon endroit au bon moment pour un
mémoire réussi. Et pour la rédaction de celui-ci, j’ai suivi vos instructions à la lettre et sans trop
faire recours à vous, car vous m’aviez tout donné au début. Aujourd’hui je suis fier de le
présenter devant vous avec une grande joie. Je vous remercie infiniment pour le savoir
partagé, les idées lumineuses, le temps consacré, pour votre soutien permanent dans les
moments les plus difficiles.
Tous mes remerciements au Dr. MAMBOU Luc Leroy, par ailleurs Chef de département de
la filière Pétrole et Gaz dont je fais partir, pour ses innombrables conseils, son implication sans
ii
précédent et sa volonté réelle de nous voir réussir dans la rédaction et la compréhension de nos
mémoires. Merci infiniment pour votre simplicité, votre gentillesse et votre sens d’humour dans
la stimulation de nos compétences. Vous nous avez enseigné l’amour de travail Dr. MAMBOU,
un merci pour cela.
Un merci particulier à M. SAMBA Prosper, pour son temps sacrifié pour moi. Malgré son
agenda chargé, il a toujours eu du temps pour m’écouter et m’apporter ses contributions à mes
préoccupations. Je vous remercie infiniment et du fond de mon cœur pour tout cela.
Je tiens également à remercier mon collègue Ingénieur réservoir Fifen KPOUNOUHO pour
sa franche collaboration, ses nombreux conseils, ses idées lumineuses et surtout pour les
données du champ Moundouli qui fait l’objet de mes recherches. C’est grâce à ces données que
je suis arrivé à bout de mon investigation.
Merci bien ETOUKE SINGUE Cyrille pour ton soutien indéfectible à Limbé.
Merci particulier à Dr. CHAMGOUE, Dr. SOB, Dr. TARKWA, Dr. KEGNI, Pr. NGON
NGON, Dr. TAKOUGANG, Mr. CHO Humphrey, Mr. TIENTCHEU, pour les connaissances
transmises
iii
Résumé
Des récents travaux, tant en laboratoire que sur les terrains, ont confirmé que l’injection d’eau
à faible salinité dans des réservoirs gréseux est une technique de récupération assistée des
hydrocarbures, qui donne des meilleurs résultats comparativement à l’injection classique d’eau.
Toutefois parmi les hypothèses émises sur des mécanismes qui concourent à cette augmentation
d’huile par LSW, l’aspect modélisation géologique des formations n’est pas encore pris en
compte.
Dans ce mémoire, nous nous penchons sur les rôles que peuvent jouer la géologie,
particulièrement la modélisation d’argile sur la récupération assistée du pétrole du champ
Moundouli par LSW.
Après modélisation par les méthodes géostatistiques du réservoir Moundouli, trois modèles
différents du réservoir en découlent en fonction de la proportion et de la distribution d’argile.
Dans chaque modèle obtenu, nous injectons d’une part de l’eau à faible salinité, et d’autre part
de l’eau de formation (haute salinité), à différents débits, en guise de récupération assistée.
Nous avons ensuite comparé les résultats obtenus.
Il en ressort que plus la proportion et distribution d’argile est grande dans un modèle, plus le
facteur de récupération du pétrole l’est aussi, notamment le cas du troisième scénario. Pour ce
dernier, la différence de facteur de récupération entre l’eau de formation et le LSW s’élève à
17% de la quantité initiale d’huile en place.
Une prédiction de la production est enfin observée et il en découle aussi que tant que la teneur
en argile est conséquente dans la formation, la récupération par LSW sera la meilleure.
Mots clés : Champ Moundouli, modélisation d’argile, injection d’eau à faible salinité, facteur
de récupération.
ii
Abstract
Recent work, both in the laboratory and in the field, have confirmed that low salinity
waterflooding into sandstone reservoirs is an enhanced oil recovery technique that gives better
results compared to conventional water injection. However, among the hypotheses put forward
on the mechanisms contributing to this increase of oil by LSW, the geological modelling aspect
of the formations has not yet been taken into account.
In this dissertation, we look at the roles that geology, particularly clay modelling, can play in
the enhanced oil recovery of the Moundouli field by LSW.
After modelling by geostatistical methods of the Moundouli reservoir, three different models
of the reservoir are derived as a function of the proportion and distribution of clay. In each
model obtained, we inject on one hand low salinity water, and on the other hand formation
water (high salinity), at different flow rates, as enhanced recovery. We then compared the
results obtained.
The results show that the greater the proportion and distribution of clay in a model, the greater
the oil recovery factor, especially in the case of the third scenario. For the latter, the difference
in recovery factor between the formation water and the LSW is 17% of the initial oil-in-place
quantity.
A production prediction is finally observed and it also follows that as long as the clay content
is consistent in the formation, the recovery by LSW will be the best.
Key words: Moundouli field, clay modelling, low salinity water flooding, recovery factor.
iii
TABLE DES MATIERES
DEDICACE ............................................................................................................................ i
REMERCIEMENTS .................................................................................................................. ii
Résumé ....................................................................................................................................... ii
ACRONYMES/ABREVIATIONS/SIGLES ...........................................................................viii
INTRODUCTION GENERALE................................................................................................ 1
Introduction ................................................................................................................................ 5
I.3- Historique de l’injection d’eau à faible salinité (Low Salinity Waterflooding, LSW) .. 11
Conclusion ................................................................................................................................ 12
Introduction .............................................................................................................................. 13
iv
II.2.1.2- Modélisation d’argile ...................................................................................... 15
Conclusion ................................................................................................................................ 27
Introduction .............................................................................................................................. 28
Conclusion ................................................................................................................................ 51
REFERENCES ........................................................................................................................ i
v
LISTE DE FIGURES
Figure 1: bassin de Doba (GUILLOT, 2018) ............................................................................ 6
Figure 2: Localisation géographique de Moundouli (Esso, 2004b) .......................................... 7
Figure 3: historique de production du champ Moundouli de 2012 à 2016. ............................ 10
Figure 4: logiciels utilisés ....................................................................................................... 13
Figure 5: données de terrain aux indicatrices de faciès (Njikam 2019). ................................ 15
Figure 6: courbes de perméabilité relative de LSW vs HSW attendues. ................................ 26
Figure 7: Modèle géologique du champ Moundouli ............................................................... 28
Figure 8: Modèle synthétique 3D issu du champ Moundouli. ................................................ 29
Figure 9 : modèles pétrophysiques issus du modèle synthétique ............................................ 29
Figure 10: différentes réalisations géologiques fonction de distribution d’argile. .................. 30
Figure 11: modèles basique et réel (après optimisation). ........................................................ 31
Figure 12: Optimisation des propriétés pétrophysiques. ......................................................... 32
Figure 13: Facteur de récupération du pétrole par LSW. Cas 1. ............................................. 33
Figure 14: Facteur de récupération du pétrole par FW et LSW. Cas 1. .................................. 34
Figure 15: Comparaison de facteur de récupération par LSW et FW. Cas 1. ......................... 34
Figure 16: Erreur de calibration : cas 1. .................................................................................. 35
Figure 17: Production cumulative d’huile et eau, par puits, après calibration : cas 1. ........... 36
Figure 18: Courbes de perméabilité relative après calibration ................................................ 37
Figure 19: Erreur de calibration des paramètres d’ingénierie. Cas 2. ..................................... 38
Figure 20: Production cumulative du modèle de basique. Cas 2. ........................................... 39
Figure 21 : facteur de récupération par LSW. Cas 2. .............................................................. 40
Figure 22: facteur de récupération par FW. Cas 2. ................................................................. 41
Figure 23: Comparaison de facteur de récupération par LSW et FW : Cas 2. ........................ 41
Figure 24: rôle de la géologie dans la calibration de LSW. .................................................... 44
Figure 25: résultats de calibration de LSW pour les quatre puits producteurs ....................... 45
Figure 26: Erreur simultanée des paramètres géologiques et d’ingénierie ............................. 46
Figure 27: récupération cumulative du modèle ....................................................................... 46
Figure 28: Récupération cumulative par puits producteur : cas 3 ........................................... 46
Figure 29: Récupération par du pétrole par LSW. .................................................................. 48
Figure 30: Récupération de pétrole par LSW et FW............................................................... 48
Figure 31 : Effet de LSW sur la récupération du pétrole brut. ................................................ 49
Figure 32: Histogramme général de comparaison entre LSW et FW. .................................... 50
Figure 33: Prédiction globale de récupération du pétrole par LSW ........................................ 51
vi
LISTE DE TABLEAUX
Tableau 1: propriétés pétro physiques du réservoir de Moundouli (Esso 2004)....................... 8
Tableau 2: Constituants minéraux du champ Moundouli ......................................................... 8
Tableau 3: Travaux antérieurs sur l’implémentation de LSW ................................................ 12
Tableau 4: composition chimique de FW ............................................................................... 26
Tableau 5: composition chimique de LSW ............................................................................. 27
Tableau 6: composition minéralogique des modèles obtenus................................................. 31
Tableau 7: résultat par LSW pour la récupération secondaire, cas 1 ...................................... 35
Tableau 8: résultat par LSW et FW pour la récupération secondaire et tertiaire : cas 1 ........ 35
Tableau 9: Paramètres d’ingénierie ........................................................................................ 38
Tableau 10: résultat par LSW pour la récupération secondaire : cas 2 ................................... 42
Tableau 11: résultat par LSW et FW pour la récupération secondaire et tertiaire : cas 2 ....... 42
Tableau 12: Paramètres géologiques et de l’ingénierie .......................................................... 43
Tableau 13: résultat par LSW pour la récupération secondaire : cas 3. .................................. 49
Tableau 14: résultat par LSW et FW pour la récupération secondaire et tertiaire : cas 3. ...... 49
vii
ACRONYMES/ABREVIATIONS/SIGLES
API: American Petroleum Institute
BHP: Bottom Hole Pressure
CHOPS: Cold Heavy Oil Production with Sand
CK: Cokrigeage
CMG: Computer Modeling Group
CO2: Dioxyde de Carbone
DECE: Designed Exploration and Controlled Evolution
EOR: Enhanced Oil Recovery
FW: Formation Water
GEM: Gibbs Energy Minimization
GOR: Gas Oil Ratio
GPL : Gaz des Pétroles Liquéfiés
H2S: Sulfure d’hydrogène
HM: History Matching
HSW: High Salinity Waterflooding
I_Sorw : Indice de saturation en huile
I_Swcrit : Indice de saturation en eau
IK: Krigeage Indicateur
IOR: Incremental Oil Recovery
K : Perméabilité
Kro : Perméabilité relative en huile
Krocw : Perméabilité relative d’huile à la saturation en eau interstitielle
Krw : Perméabilité relative en eau
Krwiro : Perméabilité relative à la saturation en huile irréductible
LSW: Low Salinity Waterflooding
N2 : Diazote
OK : Krigeage Ordinaire
OOIP: Original Oil In Place
viii
Pi : Pression initiale
PK : Krigeage de Probabilité
PPM : Partie par millions
Pr : Pression du Réservoir
PRD: Production
PV: Pore Volume
SCF: Squared Cubic Feet
SGS : Simulation Séquentielle Gaussienne
SIS : Simulation Séquentielle par Indicatrice
SK : Krigeage Simple
Soirw : Saturation irréductible en huile
Sorw : Saturation en huile résiduelle
STB: Stock Tank Barrel
Sw: Saturation en eau
Swcon : Saturation en eau interstitielle
Swcrit : Saturation Critique en eau
T : Température
UK : Krigeage universel
WOR: Water Oil Ratio
υ: Densité
µ : viscosité
ix
INTRODUCTION GENERALE
La majeure partie de la production mondiale actuelle du pétrole provient des réservoirs matures.
L’augmentation de la récupération du pétrole à partir des ressources vieillissantes est une
préoccupation majeure des compagnies pétrolières et des Etats producteurs du pétrole. De plus
le taux de remplacement des réserves produites par des nouvelles découvertes n’a cessé de
diminuer au cours des dernières décennies. Par conséquent, l’augmentation des facteurs de
récupération des champs matures dans le cadre de la production primaire et secondaire sera
essentielle pour répondre à la demande sans cesse croissante d’énergie dans les années à venir.
Parmi les méthodes de récupération assistées des hydrocarbures, il figure en bonne place la
récupération assistée par injection d’eau, en anglais « water flooding ». Cette dernière est le
type de récupération supplémentaire le plus courant et le plus économique, sans effets néfastes
sur l’environnement. Elle consiste à injecter de l’eau issue soit de la formation, soit des rivières,
des lacs, des mers ou alors des aquifères. Historiquement, le mécanisme physique derrière cette
amélioration de la récupération du pétrole est attribué au maintien de la pression et au
déplacement du pétrole par l’eau injectée du fait de sa densité. Selon l’opinion classique, la
composition et la salinité de la saumure injectée étaient censées n’avoir aucun effet sur
l’efficacité de la récupération du pétrole par water flooding (Schumacher 1978). Hughes et
Pfister (1947) ont souligné que les saumures maintiennent la teneur en argile des sables de
production dans un état de floculation permanente, et c'est pourquoi il est recommandé d'utiliser
les saumures en mode de récupération secondaire.
1
faible salinité. (Tang et Morrow, 1997 ; Morrow et al. 1998 ; Tang et Morrow, 1999 ; Tang et
Morrow, 1999b ; Zhang et Morrow, 2006 ; Zhang et al., 2007 ; Buckley et Morrow, 2010 ;
Kumar et al., 2010 ; Lohardjo et al., 2010 ; Morrow et Buckley, 2011). La variation de la salinité
obtenue lors de ces tests était comprise entre 1000 et 5000 ppm (partie par millions). Au cours
de ces expériences, il a été prouvé qu’il y a un réel intérêt de varier la salinité de l’eau injectée
pour une meilleure récupération d’huile. Cependant les mécanismes réels qui se créent dans les
réservoirs et qui sont à l’origine du balayage effectif des huiles sont encore méconnus de la
communauté scientifique. Ainsi quelques propositions ont été faites et sont mises à l’examen,
à savoir :
L’altération de la mouillabilité ;
Echange ionique à plusieurs composants ;
La migration partielle des argiles ;
La saponification et modification du PH ;
Effets électriques à double couche. (Dang et al. 2013, 2015, 2016, Tang et Morrow
2008).
Après la phase expérimentale, l’injection d’eau à faible salinité a été testée à l’échelle du champ,
sur la base des résultats obtenus en laboratoire. (McGuire et al., 2005 ; larger et al., 2008 ;
Skrettingland et al., 2010 ; Thyne et Gamage, 2011).
PROBLEMATIQUE
De tous ces travaux réalisés dans la littérature, il n’a été mentionné nulle part les travaux de
modélisation, sinon rarement. L’une des premières études sur la modélisation de l’injection
d’eau à faible salinité dans les réservoirs a été menée pour la première fois, par Jerauld et al.
(2008). Ils se sont basés sur la modélisation classique de l’eau avec quelques modifications pour
en sortir un nouveau modèle. Malheureusement ce modèle utilisait une dépendance linéaire
simple de la saturation résiduelle en huile sur la salinité.
L’expérience sur l’échantillon du champ North Slope a été améliorée par Rueslatten et al.
(2008). Ainsi un modèle utilisant le code géochimique PHREEQC a été créé pour simuler
l’injection de saumure. Ce nouveau modèle ne tient compte que de la variation de P H comme
mécanisme de LSW. Par la suite Sorbie et Colins (2010) ont étendu le champ de recherche en
introduisant un modèle semi-quantitatif qui décrit au mieux le processus d’échange ionique à
plusieurs composants à l’échelle des pores. Le modèle tentait de montrer les conséquences de
2
changement dans la double couche électrique et l’adsorption des espèces organiques polaires.
Toutefois d’autres études expérimentales sont nécessaires pour confirmer ce mécanisme.
Très récemment, Omekeh et al. (2012) ont présenté un modèle d’échange ionique et la solubilité
minérale dans LSW. En considérant un écoulement diphasique (eau et huile) dont la saumure
contient Na+, Mg++, SO42- et Cl-, les cations interviennent rapidement dans le processus
d’échange ionique à la surface négative de l’argile X-. Dans ce modèle, la libération totale des
cations divalents de la surface de la roche entraine un changement de perméabilité relative de
telle sorte qu’une plus grande quantité de pétrole soit mobilisée et la désorption des ions
divalents est le principal mécanisme de LSW. Pourtant il était plutôt attendu que les ions
divalents tels que Ca++, Mg++ soient adsorbés par la surface minérale d’argile durant LSW
(Appelo, 1994) et que l’altération de mouillabilité ne devrait s’observer qu’avec l’adsorption
de ces ions divalents uniquement (Suijkerbuijk et al., 2012).
Ainsi il serait beaucoup plus avantageux de modéliser le processus dans un simulateur
compositionnel, avec toutes les réactions géochimiques, que de le réaliser dans un modèle
simplifié à un écoulement diphasique.
OBJECTIFS
PLAN DU MEMOIRE
Ce mémoire de Master Recherche est constitué de trois chapitres sans compter l’introduction
générale et la conclusion générale et articulés comme suit :
3
Le chapitre I présente en premier lieu notre zone d’étude qui est le bassin de Doba, au Sud du
Tchad dans lequel se trouve le champ Moundouli. En outre, nous passons en revue toutes les
méthodes de récupération (primaire, secondaire et assistée) des hydrocarbures. Enfin nous nous
attardons sur celle qui nous intéresse encore appelée récupération par injection d’eau à faible
salinité, en anglais « Low Salinity Waterflooding », en abrégé LSW.
Le chapitre II nous édifie sur tous les matériels qui ont servi à l’atteinte des objectifs à nous
assigner dans ce travail. Il nous présente également toutes les méthodes qui nous ont permises
de modéliser le champ Moundouli avec tous ses paramètres, et simuler l’injection de LSW pour
la prédiction de la production du pétrole de ce champ.
Enfin le chapitre III ressort tous les résultats des différentes méthodes décrites au chapitre II. Il
nous montre également toutes les interprétations et discussions des résultats obtenus. Pour finir
en beauté, une prédiction de production jusqu’en 2030 est effectuée pour mieux visualiser le
rôle crucial de la géologie, notamment la distribution d’argile qui favorise la récupération des
hydrocarbures par LSW.
4
CHAPITRE I : GENERALITES
Introduction
Le chapitre des généralités est consacré tout d’abord à la présentation du bassin de Doba, au
Sud du Tchad. Ensuite nous passons à l’historique du champ Moundouli qui fait l’objet de cette
étude. Enfin nous passons en revue les mécanismes de récupération des hydrocarbures (du
primaire au tertiaire) en mettant un accent particulier sur la notion de l’injection d’eau à faible
salinité dans des réservoirs matures.
5
Figure 1: bassin de Doba (GUILLOT, 2018)
Latitude : 8°36’48.1’’ N
Longitude : 16°16’31.9’’ E
Altitude : 418 mètres.
La région de Moundouli est relativement plate et partiellement boisée. Comme le Sud du Tchad
en général, elle est constituée d’arbres de petite hauteur et une prairie saisonnière. Les éléments
géographiques les plus visibles sont les rivières Nya et l’eau qui coulent toutes vers le Nord-
Est. (Esso, 2004b).
6
Figure 2: Localisation géographique de Moundouli (Esso, 2004b)
Le champ Moundouli est situé dans la partie anticlinale, d’orientation NE-SO coupé par une
série de failles normales de direction Nord-Sud. Les réservoirs sont des grès fluviatiles du
crétacé supérieur, intercalés avec des dépôts de débordement à grains plus fins et des argiles
lacustres. La roche-mère provient des argiles lacustres d’âge du crétacé inférieur. Le champ est
constitué d’un réservoir gréseux très peu consolidé de très bonne qualité en porosité et
perméabilité.
Les caractéristiques du réservoir ont été déterminées à partir des analyses diagraphiques, des
carottes, des tests de production et des analyses en laboratoire. Le rapport utile des grès des
formations productrices varie entre 9 et 100%. La porosité est comprise entre 26 et 28% et la
perméabilité varie entre 500 et 2700 milli darcys. La roche réservoir est principalement
mouillable à l’huile. La saturation moyenne en eau de gisement varie entre 30 et 67%. Il a une
densité de 24 degré API et une viscosité variant entre 20 et 38 centipoises (à une température
de 140 degrés Fahrenheit), avec un point d’écoulement de 20 degrés Fahrenheit. L’huile est
sous-saturée, le rapport gaz/huile est égale à 47 SCF/STB. Le réservoir n’a pas de dôme de gaz
libre. La pression initiale du réservoir est égale à 2040 psi. (Rapport sur les travaux
d’exploration et les caractéristiques du gisement, Esso 2004).
7
Tableau 1: propriétés pétro physiques du réservoir de Moundouli (Esso 2004)
8
I.1.2.3- Historique du champ Moundouli
Des recherches entreprises par des institutions françaises entre 1962 et 1967, ont révélé des
résultats positifs dans le bassin de Doba. Il a fallu attendre longtemps pour que le Tchad
entre dans le cercle fermé des pays producteurs du pétrole. En 1969, CONOCO (Continental
Oil Company), une compagnie américaine obtint des permis de recherche et entreprit des
travaux qui se révélèrent fructueux au sud du pays. Par la suite, plusieurs autres compagnies
comme ESSO, viendront s’associer à elle et ensemble feront d’autres prospections
s’étendant sur plusieurs années. Le consortium est constitué depuis l’an 2000 comme suit :
En effet, après cette étude sismique 3D, des lois ont été promulguées dont celle approuvant
l’accord bilatéral Tchad-Cameroun et celle portant régime de transport par pipeline à travers
la République du Cameroun.
Les activités d’exploration ont commencé depuis 1969, c’est ce consortium qui est chargé
d’extraire le pétrole dans le bassin de Doba. Les premières installations pour l’extraction et
le transport de Doba ont débuté en l’an 2000 après que la Banque Mondiale ait accepté de
financer le projet de production du bassin de Doba, et c’est trois ans plus tard que le Tchad
verra son premier baril de pétrole coulé. Le consortium a mis en place un contrat intégrant
des travaux d’installation d’équipement de production assistée, géré par un seul sous-
traitant (Wood Group) au lieu de la répartition entre Schlumberger pour les pompes
centrifuges immergées (PCI) et Weatherford pour les pompes à cavité progressive (PCP).
9
mieux cette baisse de production à partir de l’année 2012 jusqu’à 2016. Le champ étant
compatible à l’injection d’eau à faible salinité pour rehausser la production, nous profitons
donc de cette compatibilité pour étudier l’effet de modélisation géologique (distribution et
proportion d’argile) sur la récupération assistée du pétrole dans ce champ. (ESSO, 1997)
Grand Total
9000
8000
7000
6000
5000
4000
3000
2000
1000
0
01/01/2012
01/03/2012
01/05/2012
01/07/2012
01/09/2012
01/11/2012
01/01/2013
01/03/2013
01/05/2013
01/07/2013
01/09/2013
01/11/2013
01/01/2014
01/03/2014
01/05/2014
01/07/2014
01/09/2014
01/11/2014
01/01/2015
01/03/2015
01/05/2015
01/07/2015
01/09/2015
01/11/2015
01/01/2016
01/03/2016
Figure 3: historique de production du champ Moundouli de 2012 à 2016.
10
d’hydrocarbures, force est de constater que la quantité du pétrole restante dans le réservoir est
énorme. D’où la mise sur pied de ces méthodes pour davantage récupérer une quantité
additionnelle du pétrole tout en restant dans les conditions économiques et technologiques du
moment. Il est nécessaire de préciser que les méthodes, primaire et secondaire, peuvent être
combinées pour une meilleure récupération.
I.3- Historique de l’injection d’eau à faible salinité (Low Salinity Waterflooding, LSW)
L’injection d’eau à faible salinité est une technologie nouvelle de récupération assistée du
pétrole issue de l’injection classique d’eau dans des réservoirs afin d’améliorer la récupération
des hydrocarbures. Elle consiste à injecter de l’eau salée dans un réservoir afin d’avoir un
balayage effectif d’huile. En effet les formations de grès peuvent contenir diverses quantités de
quartz, d'argiles, de feldspaths, de zéolithes, ainsi que des carbonates (calcite et dolomite) et
des minéraux à base de fer (géothite, hématite et pyrite) (Nasr-El-Dinetal, 2007). Les argiles
sont chimiquement uniques en raison de la présence de charges négatives permanentes, et elles
agissent comme des échangeurs de cations. On considère que les cations ont une affinité relative
avec la surface de l'argile : Li+<Na+<K+<Mg2+<Ca2+<H+ (Civan 2000). Austadetal (2010)
propose un mécanisme chimique pour l'altération de la mouillabilité par désorption des cations
adsorbés issus de l'argile présente dans le grès qui a été causée par l'injection de LSW. Le Ca2+
est remplacé par le H+ à la surface de l'argile et favorise la désorption de la matière organique
de l'argile à la suite d'une réaction acide-base ordinaire. Selon ce mécanisme chimique suggéré,
l'argile doit être présente dans le grès, les composants polaires (matière acide et/ou basique)
doivent être présents dans le pétrole brut, et l'eau de formation doit contenir des cations actifs
tels que le Ca2+. La teneur en argile a été constatée par Seccombe et al. (2008) pour établir une
corrélation avec la récupération supplémentaire de pétrole pendant le LSW. Seccombe et al.
(2010) ont présenté une corrélation linéaire simple entre la récupération supplémentaire de
pétrole (%PV) due à l'injection d'eau de faible salinité et la proportion de la teneur en argile
dans la roche pour le champ Endicott. Cette corrélation indique que la récupération
supplémentaire augmentera lorsque la teneur en argile augmentera. RezaeiDoust et autres
(2010) ont examiné les performances de LSW pour le champ offshore de la mer du Nord, Varg.
Le champ de Varg présentait les paramètres de réservoir suivants : teneur totale en argile de 8
à 16 % en poids, indice d'acidité et de basicité du pétrole brut de 0,13 et 0,85 mgKOH/g,
respectivement, salinité de l'eau de formation de 201 000 ppm et température du réservoir de
130 °C. Ils ont constaté que l'effet de faible salinité diminuait de 6 à 2 % lorsque la teneur en
argile du matériau de base passait de 16 à 8 % en poids.
11
Quelques exemples des champs pétrolifères dans lesquels les tests expérimentaux ont été
implémentés sont résumés dans le tableau ci-dessous.
Conclusion
Au terme de ce chapitre, nous avons présenté de façon sommaire le bassin de Doba au
Tchad, dans lequel se trouve notre champ Moundouli. En plus nous avons passé en revue les
différentes méthodes de récupération des hydrocarbures. Enfin nous nous sommes retardés sur
la méthode d’injection d’eau à faible salinité qui est notre sujet d’investigation.
12
CHAPITRE II : MATERIELS ET METHODES
Introduction
Ce chapitre est consacré à la méthodologie de modélisation d’un réservoir pétrolier, en passant
par les outils nécessaires à cette réalisation. Ensuite nous introduirons le processus de
modélisation d’argile et de l’injection d’eau salée à faible salinité afin de prédire la récupération
du pétrole du champ Moundouli.
II.1- Matériels
Les matériels qui nous ont servis pour mener à bien notre investigation sont :
Un ordinateur laptop de marque Hp, performant, core i3, 4 gigas de RAM et un terra de
disque dur ;
Quatre logiciels de modélisation – simulation : Builder, GOCAD ; GEM ; CMOST des
géants Paradigm et Computer Modeling Group Ltd, pour respectivement générer le
modèle 3D, les modèles pétrophysiques, la modélisation de l’injection d’eau à faible
salinité et l’optimisation et history matching.
Word et Excel 2016 pour la saisie et traitement des données,
Notebook pour la gestion des données ;
GEM pour la modélisation des réactions géochimiques entre la composition chimique
de l’eau injectée et de l’argile contenue dans la formation.
13
II.2- Méthodes
La méthodologie de ce travail repose sur la modélisation-simulation du réservoir Moundouli
avec un accent particulier sur la distribution d’argile et la modélisation de LSW.
L’indicatrice est définie comme suit : considérons un ensemble de forages effectués dans un
réservoir. Une étude des carottes extraites du puits peut conduire à l’identification de différents
faciès le long des puits. Si l’on repère chacun des faciès pour une valeur entière v, l’observation
de la carotte est alors traduite en une série de valeurs correspondantes aux faciès observés. Il
est alors possible de définir pour chacun des faciès v, l’indicatrice Iv qui caractérise l’absence
ou la présence du faciès v considéré le long de la trajectoire du puits (repérée par la position u)
14
Figure 5: données de terrain aux indicatrices de faciès (Njikam 2019).
Avec :
v1, v2,….,vm et x1, x2,…,xp sont des variables secondaires aux emplacements m et p
respectivement ;
a1, a2,…,an ; b1, b2,…,bm et c1, c2,…,cp sont des coefficients de pondération à déterminer.
Où :
15
u1, u2,…,un sont des variables représentant U phénomènes aux n emplacements où U a été
échantillonné, v1, v2, ..., vm sont des variables représentant le phénomène V aux m
emplacements où V a été échantillonné, et x1, x2, ..., xp sont des variables représentant le
phénomène X aux p emplacements où X a été échantillonné.
L’équation (2) peut encore s’écrire sous forme matricielle comme suit :
R = wt z (3)
Où
wt =(a1, a2,…, an, b1 , b2,…, bm, c1, c2,…, cp, -1) et Z=(u1, u2,…, un, v1, v2,…, vm, x1, x2,…, xp,
u0).
Var {R} = w t Cz w
n n m m p p
p
−2 ∑ni=1 ai cov{ui u0 } − 2 ∑m
i=1 bi cov{vi u0 } − 2 ∑i=1 ci cov{xi u0 } + Cov{u0 u0 }
(4)
Où
cov{ui uj }, Cov{vi vj } et Cov{xi xj } sont des auto covariances respectivement entre ui et uj ; entre
vi et vj et entre xi et xj. Cov{ui vj }, Cov{ui xj } et Cov{vi xj } sont des covariances croisées
respectivement ente ui et vj,, entre ui et xj et entre vi et xj.
Premièrement les exposants à l’équation (1) doivent être non biaisés et deuxièmement l’erreur
de la variance à l’équation (2) doit être la plus petite possible.
16
Pour satisfaire à la condition de non biaisement, la valeur de l’estimation attendue à
l’équation (1) et implémentée comme suit :
̂ 0 ) = E{∑ni=i ai ui + ∑m p n m
E(U j=i bj vj + ∑k=i ck xk } = ∑i=i a i E{ui } + ∑j=i bj E{vj } +
∑pk=i ck E{xk } = m
̃ U ∑ni=i ai + m
̃ v ∑m
p
̃ X ∑k=i ck
j=i bj + m (5)
Où
E{ui } = m ̃ v et E{xk } = m
̃ U , E{vj } = m ̃ X . Pour donc minimiser le biaisement de cette fonction,
p
nous supposons que : ∑ni=i ai ui = 1 ; ∑m
j=i bj = 0 et ∑k=i ck = 0
(Équation 2). La méthode Lagrangienne (Ito et Kunisch 2008) est utilisée pour réduire la
fonction à trois contraintes. Nous égalons chaque condition non biaisée à 0, multipliée par le
multiplicateur de Lagrange et nous ajoutons le résultat à l’équation (4). L’équation ci-dessous
donne l’algorithme mathématique derrière les multiplicateurs de Lagrange.
p
Var{R} = w t Cz w + μ1 (∑ni=1 ai − 1) + μ2 (∑m
j=1 bj ) + μ3 (∑k=1 ck ) (6)
Où μ1, μ2 et μ3 sont les multiplicateurs de Lagrange. Considérons que les trois conditions sont
non biaisées, les trois termes additionnels à l’équation (6) sont égaux à zéro et ne contribuent
pas à l’erreur de la variance Var{R}.
Dans l’optique de minimiser l’équation (6), les dérivées partielles de Var{R} tout en tenant
compte des exposants n+m+p, des coefficients (a, b et c) et des trois multiplicateurs de Lagrange
(μ1, μ2 et μ3 ), doivent etre égales à zéro car le minimum s’obtient à zéro. Ces dérivées partielles
sont exprimées comme suit :
∂Var{R} p
= 2 ∑ni=1 ai cov{ui uj } + 2 ∑m
i=1 bi cov{vi uj } + 2 ∑i=1 ci cov{xi uj } − 2Cov{u0 uj } +
∂aj
2μ1 (7)
Pour j = 1, …, n
∂Var{R} p
= 2 ∑m n
i=1 bi cov{vi vj } + 2 ∑i=1 a i cov{ui vj } + 2 ∑i=1 ci cov{xi vj } − 2Cov{u0 vj } + 2μ2
∂bj
(8).
Pour j = 1, …, m
17
∂Var{R} p
= 2 ∑i=1 ci cov{xi xj } + 2 ∑ni=1 ai cov{ui xj } + 2 ∑m
i=1 bi cov{vi xj } − 2Cov{u0 xj } + 2μ3
∂cj
(9)
Pour j = 1, …, p
∂Var{R}
= 2 ∑ni=1 ai − 1 (10)
∂μ1
∂Var{R}
= 2 ∑m
i=1 bi (11)
∂μ2
∂Var{R} p
= 2 ∑i=1 ci (12)
∂μ3
Pour j = 1, …, n
p
∑ni=1 ai cov{ui vj } + ∑m
i=1 bi cov{vi uj } + ∑i=1 ci cov{xi vj } + μ2 = Cov{u0 vj } (14)
Pour j = 1, …, m
p
∑ni=1 ai cov{ui xj } + ∑m
i=1 bi cov{vi xj } + ∑i=1 ci cov{xi xj } + μ2 = Cov{u0 xj } (15)
Pour j = 1, …, p
∑ni=1 ai = 1 (16)
∑m
i=1 bi = 0 (17)
∑pi=1 ci = 0 (18)
Où Cuu , Cuu et Cxx sont respectivement l’auto covariance de la première variable, l’auto
covariance de la première seconde variable et de la deuxième seconde variable. Cuv est la
18
covariance croisée entre la première variable et la première secondes variables. Cux est la
covariance croisée entre la première variable et la deuxième secondes variables. Cxv est la
covariance croisée entre les deux secondes variables.
N(h)
1
r(h) = ∑ [z(xi ) − z(xi + h)]2
2N(h)
i=1
Où
Ainsi la prédiction spatiale des valeurs d’incertitude à des points inconnus est calculée comme
suit :
Z ∗ (x0 ) = ∑ λi ∙ z(xi )
i=1
19
Y(xa ) = G−1 [F ∗ (z(xa ))]
Où
a = 1, … , n
G−1 est l’inverse de la fonction de distribution cumulative gaussienne ;
Y(xa ) est la fonction aléatoire ;
F ∗ est l’échantillon de la fonction de distribution cumulative de la variable z ;
xa est l’emplacement.
SGS est un algorithme qui simule les nœuds les uns après les autres de manière séquentielle, en
utilisant ensuite des valeurs simulées comme données de conditionnement. Il est nécessaire
d’utiliser des valeurs gaussiennes standard dans la méthode SGS, donc les données sont
transformées en espace gaussien. Les étapes de l’algorithme de SGS qui sont pris en compte
par GOCAD sont données comme suit :
Calculer l’histogramme des données brutes et les paramètres statistiques ;
Transformer les données en espace gaussien ;
Calculer et modéliser le variogramme des données gaussiennes ;
Définir le modèle géologique ;
Choisir le chemin aléatoire ;
Kriger une valeur à chaque nœud de toutes les autres valeurs (connues et simulées) et
définir la gaussienne ;
Tirer une valeur aléatoire de la distribution gaussienne connue sous le nom de valeur
simulée ;
Simuler d’autres nœuds séquentiellement ;
Valeur simulée de la transformation arrière (dans cette étape une réalisation est
générée) ;
Pour générer autre réalisation, les étapes 1 à 9 sont répétées.
Ainsi le variogramme des données transformées est calculé et modélisé. Il est nécessaire de
définir une grille pour la simulation et un chemin aléatoire pour évaluer les nœuds des grilles.
En fonction de la moyenne et de la variance de krigeage, une distribution de probabilité
gaussienne est déterminée dans chaque nœud. Pour estimer à chaque nœud, il faut choisir le
chemin aléatoire (équation ci-dessous). Une valeur aléatoire tirée de la distribution de
probabilité gaussienne est appelée valeur simulée, dans chaque nœud.
20
𝟓𝐑 𝐢−𝟏 + 𝟏 𝐦
𝐑 𝐢 = 𝐦𝐨𝐝(𝟓𝐑 𝐢−𝟏 + (𝟏. 𝟐𝐦 )) = (𝟓𝐑 𝐢−𝟏 ) + 𝟏 − 𝐢𝐧𝐭 { }𝟐
𝟐𝐦
Où Ri est une indicatrice aléatoire du nœud i, m est un grand nombre qui fait 2fois plus grand
que le nombre du réseau de nœuds. (Gomez-Hernandez and Srivastava, Brately 1983).
L’équation de conservation de nh composants dans la phase huile et gaz qui peuvent être
solubles dans la phase aqueuse est donnée par :
u u n+1 n+1
ψi = ∑ ∆Tαu (∆P n+1 + ∆Pcα
u
− ρ~u
α g∆d) + ∑ ∆Diq ∆yiq + Vσi,aq + q i
α=o,g,w q=g,o,w
V n+1
− (N − Nin ) = 0, i = 1 … … . nh
∆t i
V n+1 n
− (N − Nja ) = 0, j = 1, … , na
∆t ja
L’équation de conservation de nm composants minéraux est :
V n+1
ψk ≡ Vσn+1
k,mn − (Nk − Nkn ) = 0, k = 1, … , nm
∆t
21
n et n+1 désignent respectivement le temps du début et de la fin. Ces équations sont discrétisées
et adaptées de manière implicite. Le terme u= n est utilisé pour un bloc de grille explicit et n+1
pour des grilles implicites.
𝐍𝐪𝐍+𝟏
∑ ( 𝐧+𝟏 ) − ∅𝐧+𝟏 = 𝟎, 𝐪 = 𝐠, 𝐰, 𝐨
𝛒𝐪
𝐪
La modélisation de LSW utilisée dans cette investigation tient compte de trois facteurs
importants dans le processus de la simulation à savoir : l’échange des ions, les réactions
géochimiques et l’altération de mouillabilité.
Une réaction chimique est en équilibre si le premier membre de la relation est égal au dernier
membre, remplissant ainsi la condition suivante :
aqn
Qα − K eq,α = 0, α = 1, … , R aq , avec Qα = ∏k=1 (ak )vkα
22
R est la constante universelle de gaz ;
Les activités de chaque espèce (αk ) sont liées à leur concentration (mk) en solution. Celles de
l’eau et des espèces minérales peuvent être considérées comme l’unité sans introduire des
erreurs significatives (Helgeson et al. 1970).
𝛂𝐢 = 𝛄𝐢 𝐦𝐢 , 𝐢 = 𝟏, … , 𝐧𝐚𝐪
Où 𝛄𝐢 est le coefficient d’activité. Le coefficient d’activité dans un cas idéal peut être
approximativement égal à la concentration des espèces (en moles).
Les réactions intra-aqueuses sont modélisées comme des réactions instantanées. Ceci augmente
l’efficience de modélisation en permettant l’utilisation de la matrice d’anéantissement du taux
d’équilibre qui réduit le nombre d’équations d’écoulement (Nghiem et al. 2004, 2011).
Les réactions entre les ions de la phase aqueuse et les minéraux réactifs dans le réservoir sont
cinétiquement contrôlées. Les réactions impliquant les minéraux du réservoir provoquent la
dissolution/précipitation de ceux-ci lorsqu’ils ne sont pas en état d’équilibre avec les ions de la
phase aqueuse. Le taux de dissolution ou précipitation des minéraux est calculé comme suit :
𝐐𝛃
̂ 𝛃 𝐤 𝛃 (𝟏 −
𝐫𝛃 = 𝐀 ) , 𝛃 = 𝟏, … , 𝐑 𝐦𝐧
𝐊 𝐚𝐪,𝛃
Où :
̂ 𝛃 : surface réactive du minerai réactif 𝛃 par unité de volume de l’espace poreux (m2/m3)
𝐀
23
Le taux de réactions est normalement connu à la température de référence. Le taux de constante
𝐤 𝛃 de réaction à n’importe quelle température peut être retrouvé en utilisant l’équation
suivante :
𝐄 𝟏 𝟏
𝐤 𝛃 = 𝐤 𝟎,𝛃 exp[ 𝐑𝐚 (𝐓 − 𝐓 )]
𝟎
Où :
𝐄𝐚 : est l’énergie d’activation de la réaction (J/mol), 𝐤 𝟎,𝛃 est la constante de vitesse de réaction
pour une réaction à la température de référence, R est la constante universelle de gaz (8,314
J/(mol k)), T est la température (K) et T0 est la température de référence (K).
La surface réactive de minerai par unité de volume du milieu poreux change selon que le
minerai se dissout ou se précipite. Nghiem employait cette équation pour ajuster la surface
réactive du minerai.
̂𝟎 𝐍𝛃
̂=𝐀
𝐀 𝐍 𝛃𝟎
Où A0 est la surface réactive à T=0, Nβ sont le nombre de moles des minéraux par unité du
volume de bloc à l’instant T, et Nβ0 est le nombre de moles des minéraux β par unité de volume
de bloc à T=0.
𝟏 𝟏
𝐍𝐚+ + (𝐂𝐚 − 𝐗 𝟐 ) ↔ (𝐍𝐚 − 𝐗) + 𝐂𝐚𝟐+
𝟐 𝟐
𝟏 𝟏
𝐍𝐚+ + (𝐌𝐠 − 𝐗 𝟐 ) ↔ (𝐍𝐚 − 𝐗) + 𝐌𝐠 𝟐+
𝟐 𝟐
Les réactions ci-dessus sont réversibles et indiquent que le Na+ est absorbé par l’échangeur et
Ca2+ et Mg2+ sont libérés si on injecte de la saumure à haute salinité dans notre réservoir ; alors
que l’inverse est vrai en LSW.
24
Les coefficients sélectifs ci-dessous sont utilisés pour modéliser les échanges d’ions à la surface
d’argile :
Où ζ(Na − X), ζ(Ca − X2 ), et ζ(Mg − X2 ) sont des fractions équivalentes de Na+, Ca2+ et Mg2+
sur les échangeurs respectivement. L’utilisation des coefficients de sélectivité dans les
équations ci-dessus suivent la convention de Gaines-Thomas (Gaines et Thomas, 1953). Il est
également à noter que les coefficients sélectifs 𝐊′𝐍𝐚\𝐂𝐚 et 𝐊′𝐍𝐚\𝐌𝐠 sont des variables
opérationnelles et non thermodynamiques tels que les constantes d’équilibre.
Ainsi les réactions géochimiques qui ont été modelées dans GEM sont :
H+ + OH- ↔ H2O
𝟏 𝟐+ 𝟏
𝐂𝐚 + (𝐍𝐚 − 𝐗) ↔ 𝐍𝐚+ + (𝐂𝐚 − 𝐗 𝟐 )
𝟐 𝟐
𝟏 𝟏
𝐌𝐠 𝟐+ + (𝐍𝐚 − 𝐗) ↔ 𝐍𝐚+ + (𝐌𝐠 − 𝐗 𝟐 )
𝟐 𝟐
25
Figure 6: courbes de perméabilité relative de LSW vs HSW attendues.
26
utilisé pour mesurer la densité des saumures et du pétrole brut, tandis qu'un viscosimètre à
capillaire a été utilisé pour mesurer la viscosité des saumures et du pétrole brut.
II.2.5- Optimisation
La méthode d’optimisation de notre modèle dans CMOST est la méthode DECE (Designed
Exploration and Controlled Evolution) qui consiste à optimiser les paramètres géologiques et
d’ingénierie pour l’opération de LSW. Il s’agit d’une méthode éprouvée pour trouver
rapidement des solutions proches des variables optimales. Elle est décrite comme un processus
d’optimisation itératif qui applique séquentiellement une étape d’exploration conçue et une
étape d’évolution contrôlée. Elle nous permet également d’estimer les erreurs des simulations.
Conclusion
Au bout de ce chapitre, il était question pour nous de présenter tous les modèles mathématiques
de toutes les méthodes qui sont intervenues dans notre investigation.
27
CHAPITRE III : RESULTATS ET DISCUSSIONS
Introduction
Il est question dans ce chapitre de présenter tous les résultats de modélisation et simulation du
champ Moundouli. Il est également question de présenter les résultats des différents scénarios
de calibration de LSW avec la prédiction de la production du pétrole. Enfin discuter cette
prédiction avec des résultats des travaux antérieurs.
Le modèle géologique du champ Moundouli (figure 7) est constitué de 64 800 (81 suivant x,
40 suivant y et 20 suivant z) et comportant 53 puits. Le modèle a été réalisé sur Builder.
Pour démontrer à suffisance le bénéfice de LSW, nous avons circonscrit une zone de notre
champ à l’échelle réduite, et placé quatre (4) puits producteurs et un (1) puits injecteur de
LSW. Le modèle réduit est constitué de 14 400 cellules (40 suivant x, 40 suivant y et 9
suivant z) (figure 8).
28
Figure 8: Modèle synthétique 3D issu du champ Moundouli (GOCAD).
La figure 8 est exporté sur GOCAD pour mettre l’emphase sur la modélisation de faciès,
d’argile, de porosité et de perméabilité figure 9).
29
Enfin, de la figure 9, trois modèles différents en sont dérivés du fait de la distribution d’argile
à différentes proportions et distributions (trois valeurs différentes).
Réalisation géologique 1
Réalisation géologique 2
Réalisation géologique 3
30
Tableau 6: composition minéralogique des modèles obtenus
31
Faciès Perméabilité
Faciès Perméabilité
La calibration parfaite de notre champ pour la récupération assistée de pétrole par LSW devient
plus complexe car il faut une simultanéité entre les données géologiques de notre champ et les
paramètres de l’ingénierie. Cette section est donc réservée aux différents scénarios de
calibration obtenue lors de la simulation de notre LSW. Pour un résultat parfait de calibration
de notre champ, nous nous sommes fixés deux objectifs :
Géologie : le modèle géologique doit refléter la réalité du champ Moundouli avec tous
les paramètres géologiques et la distribution d’argile, d’où la méthode stochastique lors
de modélisation du champ.
Le modèle réservoir : adéquatement quantifier la contribution des nombreux aspects de
l’ingénierie, incluant notamment les réactions géochimiques, l’altération de la
mouillabilité et les conditions opérationnelles.
32
III.3.1- Calibration des paramètres géologiques et LSW (Cas 1)
Les résultats du premier scénario sont indiqués dans les tableaux 7 et 8. L'injection continue de
saumure de NaCl (5000 ppm) a permis de récupérer au total 28,92% de l'OOIP. Il n'y a pas eu
d'augmentation progressive de la récupération d'huile durant l'augmentation du débit d'injection
à 1 et à 2 ml/min. cette constance est due à la faible teneur en argile (13%, tableau 6) dans le
modèle. Les chutes de pression dans ce dernier et la récupération du pétrole par rapport aux
volumes cumulés des pores injectés sont illustrées à la figure 13.
Les productions cumulées, globale et par puits, après avoir minimisé l’erreur (figure 16) sont
présentées à la figure 17.
33
NaCl (5000 ppm)
NaCl (5000 ppm) 0,5ml/min
FW FW 0,5ml/min
FW RF= 28,92%
Cumulative Oil Recovery (%OOIP)
34
Tableau 7: résultat par LSW pour la récupération secondaire, cas 1
35
a- Cumulative Oil Production b- Cumulative water production
Figure 17: Production cumulative d’huile et eau, par puits, après calibration : cas 1.
NB : Solution générale (courbes bleues claires), modèle de base (courbe noire), calibration
initiale (courbe bleue foncée), Solution optimale (courbe rouge).
L’erreur globale d’appariement est de 0.39% après le processus de calibration par DECE sur
CMOST (figure 19). La figure 20 montre les différences entre le profil de production du modèle
de base et les données de production réelle.
36
Figure 18: Courbes de perméabilité relative après calibration.
37
Tableau 9: Paramètres d’ingénierie
Conditions
BHP Producer 2500 4500 200
opératoires Injection Rate 2500 6000 500
38
a- Cumulative Oil Production b- Cumulative water production
PRD3 PRD4
PRD1 PRD2
PRD2 PRD3
PRD1 PRD4
La figure 21 présente le résultat de LSW sur le deuxième modèle obtenu : cas 2. L’objectif
principal ici était d’examiner les effets de l’injection d’eau à faible salinité sur un modèle
géologique calibré avec des paramètres d’ingénierie. Il en ressort qu’après calibration, les
caractéristiques du modèle sont : porosité moyenne : 26,5%, une perméabilité de 165 md, de
quartz 75%, de la kaolinite 12%, de l’albite 1%, de l’illite 1%, de la magnésite 7% et de la
calcite 3%. Le modèle a une teneur globale en argile de 24% et est mouillable à l’eau.
L'injection de la saumure a commencé à une vitesse de 0,5 ml/min puis à 1 et à 2ml/min. La
récupération finale du pétrole était de 51,2% de l’OOIP.
Pour ce qui est de FW, la Figure 22 montre le résultat de la récupération du pétrole. L'injection
a été effectuée par de l'eau de formation (174 156 ppm) à des taux d'injection de 0,5, 1 et 2
ml/min, suivie d'une saumure de NaCl (5000 ppm) à des taux d'injection de 1 et 2 ml/min. La
récupération finale du pétrole pour l'eau de formation était de 37,42% de l'OOIP.
39
Comme le montre la figure 23, la récupération des hydrocarbures a été améliorée à 13,32 % de
l'OOIP en utilisant les LSW comparé à l'eau de formation. Alotaibi et al. (2011) ont étudié
l'effet de la salinité de la saumure sur les mesures de l'angle de contact et le potentiel zêta en
utilisant les surfaces de roches de Grey Berea, US et trois saumures différentes (574 156, 54
680 et 5 436 ppm). L'injection de LSW a modifié la mouillabilité à huile du grès de Berea en
une forte mouillabilité à l'eau. Ces résultats témoignent encore une fois le rôle essentiel que
joue l’argile sur le LSW afin d’améliorer la récupération des hydrocarbures des champs
matures.
Cumulative Oil Recovery (%OOIP)
40
Cumulative Oil Recovery (%OOIP)
FW FW FW NaCl
0,5ml/min 1ml/min 2ml/min (5000 ppm) NaCl (5000 ppm)
RF=
RF= 35,64% RF= 37,42% 37,42%
1ml/min 2ml/min
RF= RF= 37,42%
37,42%
41
Tableau 10: résultat par LSW pour la récupération secondaire : cas 2
Tableau 11: résultat par LSW et FW pour la récupération secondaire et tertiaire : cas 2
42
appariements des données de production. Dans la première étude, de cette section, les
valeurs discrètes de la plupart des paramètres sont utilisées pour le LSW (tableau 12).
Conditions
BHP Producer 2500 4500 200
opératoires Injection Rate 2500 6000 500
La figure 24 indique le rôle crucial de la géologie dans les résultats de calibration de LSW.
L’erreur globale est relativement élevée d’environ 12,68% après plusieurs simulations sans
considération des paramètres géologiques ; alors que l’erreur de calibration la plus basse est de
0,45% lorsque des paramètres géologiques sont impliqués dans le processus de history
matching, HM. Cela prouve également la grande efficacité de l’approche de modélisation
intégrée qui permet d’effectuer des calibrations fiables et robustes pour des problèmes plus
43
complexes. Les détails des résultats de HM de tous les puits producteurs sont illustrés à la figure
25 dans laquelle d’excellents appariements ont été obtenus en tenant compte de l’influence de
la géologie.
PRD3 PRD4
PRD1 PRD2
44
PRD3 PRD4
PRD1 PRD2
PRD4
PRD2 PRD3
PRD2
PRD1
Figure 25: résultats de calibration de LSW pour les quatre puits producteurs
NB : solution générale (courbes bleues claires), modèle basique (courbe noire), calibration du
champ (courbe bleue foncée), solution optimale (courbe rouge).
La figure 26 montre qu’un nombre relativement faible d’erreur de calibration globale, environ
1,2% est atteint après plusieurs essais de simulation. Les figures 27 et 28 présentent les profils
de récupération du pétrole.
45
Figure 26: Erreur simultanée des paramètres géologiques et d’ingénierie
46
Après injection de la saumure diluée à 5000 ppm dans la troisième réalisation (cas 3) de notre
modèle synthétique, un effet de LSW sur la récupération secondaire du pétrole du champ
Moundouli a été observé à la figure 29. Les caractéristiques du modèle synthétique sont :
porosité moyenne 26%, perméabilité moyenne 165md, quartz 69%, kaolinite 18%, de la
microcline 8% et une faible proportion de smectite 2% et muscovite 2%. Les oxydes de fer et
les oxydes de titanium ont été également détectés. Le taux d’argile dans ce modèle est estimé à
30%.
L'injection continue de saumure de NaCl (5000 ppm) a permis de récupérer au total 60,91% de
l'OOIP
A l’inverse, l'injection continue d'eau de formation (FW) a entraîné une récupération finale de
44,7 % d'OOIP, comme le montre la figure 30. La différence de récupération entre FW et LSW
pour ce troisième cas est de plus de 17 %. Nasralla et Nasr-El-Din (2012) ont constaté que
l'injection d'eau de faible salinité entraînait une augmentation de mouillabilité à l’eau des
surfaces de mica par rapport à l'injection d'eau de haute salinité. La figure 31 compare la
récupération des hydrocarbures obtenue lors de l’injection de LSW et de l’eau de formation FW
en mode de récupération secondaire.
Les résultats confirment encore une fois que la distribution d’argile est le mécanisme le plus
important qu’il faut prendre en compte lors de LSW. 17% de l'OOIP provient inéluctablement
de la proportion et de la distribution des trente pourcents d’argile contenus dans la formation.
En outre la prise en compte simultanée des paramètres géologiques et d’ingénierie ont joué un
rôle important dans la récupération. Enfin le rôle de la méthode d’optimisation et de calibration
DECE ainsi que les méthodes de modélisation ont concouru à ce facteur de récupération. Les
tableaux 13 et 14 résument la récupération des hydrocarbures, le nombre de PV injectés et le
débit d'injection pour LSW et FW.
La figure 32 présente le récapitulatif des effets de LSW comparés au FW par puits producteur
(cas 3).
47
NaCl (5000 ppm) NaCl (5000 ppm)
Cumulative Oil Recovery (%OOIP)
NaCl (5000 ppm) 1ml/min 2ml/min
0,5ml/min RF= 60,91% RF= 60,91%
RF= 53,29%
FW
2ml/min NaCl NaCl
FW FW RF=44, (5000ppm) (5000ppm)
0,5ml/min 1ml/min 7% 1ml/min 2ml/min
RF= 39,6% RF= 44,7% RF= 44,7% RF= 44,7%
48
Cumulative Oil Recovery (%OOIP)
Tableau 14: résultat par LSW et FW pour la récupération secondaire et tertiaire : cas 3.
49
PRD1 PRD2 PRD3 PRD4
50
Figure 33: Prédiction globale de récupération du pétrole par LSW
Conclusion
Arrivé au terme de ce chapitre, nous constatons agréablement tous les résultats parlants de nos
trois scénarios qui dépendent tous de la distribution d’argile pour une meilleure récupération
du pétrole du champ Moundouli. En outre ce chapitre confirme l’intérêt de diminuer la salinité
de l’eau d’injection pour une récupération améliorée des hydrocarbures. Enfin la prédiction de
la récupération des hydrocarbures par LSW est un moyen fiable pour l’avenir. La récupération
supplémentaire de 17% après les différents scénarios le confirme.
51
CONCLUSION GENERALE
Tout au long de ce travail, il était question de montrer les effets de la distribution d’argile sur
l’injection d’eau à faible salinité (Low Salinity Waterflooding, LSW) afin de prédire la
récupération assistée du pétrole du champ Moundouli, Tchad.
Pour parvenir à notre faim, nous avons opté pour la modélisation du champ Moundouli, en
mettant l’accent particulier sur la distribution d’argile dans la formation. Les méthodes de
modélisation-simulation utilisées dans ce travail sont celles géostatistiques. Elles utilisent des
statistiques qui traitent des problèmes de données spatiales en série, d'interpolation, de
cartographie des données distribuées et des problèmes connexes. Nous avons ainsi créé trois
modèles géologiques différents sur GOCAD basés sur la variation de la distribution et de la
proportion d’argile afin d’avoir trois scénarios différents à étudier.
Les modèles générés ont été transférés sur le logiciel GEM afin de simuler l’injection d’eau à
faible salinité. Enfin après optimisation de l’ensemble de modèles, nous nous sommes attardés
sur la calibration (History matching, HM) entre les modèles géologiques générés et les modèles
du réservoir et aboutir à une meilleure récupération et une meilleure prédiction du pétrole.
Il en ressort que lorsque le history matching est fait simultanément entre les paramètres
géologiques et ceux de l’ingénierie tout en variant le débit d’injection de saumure, nous avons
un meilleur résultat (17% de OOIP). La prédiction de la récupération du pétrole a été examinée
et il en ressort que l’avenir de la récupération des champs matures par LSW est prometteur.
52
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