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Le Bonheur Et La Vie Morale

Ce document présente une introduction à un cours de philosophie sur le bonheur et la morale. Il aborde plusieurs questions philosophiques sur la définition du bonheur, sa relation avec la vertu et la morale, et les paradoxes associés.

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Le Bonheur Et La Vie Morale

Ce document présente une introduction à un cours de philosophie sur le bonheur et la morale. Il aborde plusieurs questions philosophiques sur la définition du bonheur, sa relation avec la vertu et la morale, et les paradoxes associés.

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Cours de philosophie

Septembre 2023

Le bonheur et la vie morale


(Devoir, Morale et Politique)

Introduction :
 Pourquoi les philosophes ont-ils toujours réfléchi au bonheur et à la morale ?

Le bonheur est-il le souverain bien ?


Un bien : ce qui pour nous, apparaît désirable. Ce que l’on désire, on le désire ce cela nous
apparaît comme un bien. Si on le désire c’est qu’on ne l’a pas, il nous manque. On pense que la
possession vaut mieux que l’absence de possession. Le bien vaut donc mieux car il a de la
valeur.
Souverain : quelque chose qui apparaît au-dessus d’une notion de base (pouvoir ≠ pouvoir
supérieur que l’on appellera souverain).
Un bien souverain est ultime ou absolu, qui a la plus grande valeur. On peut ainsi appliquer
cette notion au bonheur. Il est le bien souverain car il nous permet d’être heureux, cependant il
peut ne pas en être un car il vaut mieux travailler pour la justice que d’être heureux. La vraie
question est de savoir si le bonheur auquel aspire les hommes est le bien ultime et recherché ou
non.

Peut-on définir le bonheur ?


Supposons que l’on ne puisse le définir. On se pose alors deux hypothèses afin d’expliquer
cette supposition-ce qu’il existe mais on ne peut pas en parler, il faut qu’il soit vécu ? Est-ce qu’il
n’existe pas ? Est-ce une expérience individuelle : le bonheur de l’un n’est pas le bonheur de
l’autre ?
On peut le définir. On part des conceptions communes, culturelles et ordinaires, montrer
qu’elles ne sont pas valables et aller vers une conception philosophique du bonheur.
Si l’on peut le définir, pourquoi, et si non, pourquoi ?

Le bonheur dépend-il de nous ?


Ce qui fait poser cette question (l’implicite) est le fait que l’étymologie de ce mot est la
suivante :
Bonheur : bon (favorable) - heur (fortune = fortune/hasard/imprévisible).
L’étymologie nous dit que le bonheur est une question de chance. Ainsi avoir la bonne chance
nous rend heureux. Mais s’il est question de chance, cela ne dépend pas de nous.
Cependant, il existe un paradoxe. Les hommes cherchent le bonheur : il existe des livres, des
recettes sur celui-ci. Mais s’ils recherchent l’implicite, c’est que cela dépend d’eux. En vérité les
hommes sont partagés entre l’option que le bonheur est question de chance ou non.
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Que peut-on faire contre le malheur ?


Que peut-on faire contre toutes les formes de malheur ? Il peut avoir des causes objectives : la
maladie, la mort, la guerre, la violence. Peut-on être heureux malgré tout cela ? Est-ce que la
question du bonheur peut se poser dans un environnement qui ne nous est pas favorable ? Il y a
deux formes de malheur : celui qui a des causes subjectives ou objectives. Peut-on l’éviter ?
Est-ce qu’on est condamné à ne pas être heureux ou est-ce que ce malheur nous permettra de
raisonner de manière objective et le combattre ?

Peut-on justifier la nécessité d’une règle morale ?


La morale est un ensemble de devoirs moraux et de règles. Cet ensemble de règles, comme il est
moral, est orienté, structuré. Ces derniers sont des ordres, des commandements (impératif,
prescriptifs). Certains devoirs moraux sont universels et intégrés par tous les hommes (Dix
Commandements de Moïse, qui les apporte au peuple juif).
 Tous les intellectuels au temps de la naissance du Christ sont bilingues (grec et latin)
Il existe des commandements moraux (« tu ne tueras pas ») et religieux (aller à la Synagogue).
On est dans un ordre qui a le « devoir d’être ». Il existe des énoncés descriptifs qui dénoncent ce
qui est même ce qui n’existe pas (idéal puissant qui doit être – comme la paix, une société sans
guerre). Il ne va pas de soi d’accepter un énoncé prescriptif.
 Comment l’on passe de ce qui est à ce qui doit être ?

Bien

Mal

Le bien et le mal sont-ils relatifs ?


Relatif ≠ absolu : il s’agit de l’idée de relation. Une réalité est relative quand elle dépend d’une
autre réalité ou est en relation avec une autre réalité. Une réalité est absolue quand elle ne dépend
de rien et qu’elle n’est en relation qu’avec elle-même (Dieu ne dépend de rien car il est dieu – il
est absolu).
Ex : un amour absolu est un amour total qui ne dépend d’aucune condition

Origines du bien et du mal (relativisme) :


1) Religions
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2) Mœurs
3) L’individu lui-même
Le relatif devient l’arbitraire, le discutable, l’injustifiable.

Suffit-il d’obéir aux coutumes de notre pays ou de notre religion pour être mal ?
La problématique centrale de ce cours : La vertu suffit-elle à nous rendre heureux ou bien le
bonheur et la moralité sont-ils deux expériences distinctes ?
Bonheur et morale sont-ils deux expériences disjointes ?

 Vertu : qualité morale qui peut être considérée comme une éducation à intérioriser pour
pratiquer l’ensemble des vertus.
On pourrait considérer que le véritable bonheur se ramènerait à une vie vertueuse. Il suffirait de
pratiquer les vertus pour obtenir le plus grand bonheur possible. On pourrait manquer de chance
mais si on était vertueux, on pourrait quand même être heureux. On appelle condition suffisante
si à elle seule, lorsqu’elle est réalisée, produit l’effet dont elle est la condition.
Ex : la condition suffisante pour avoir son baccalauréat est d’avoir 10 de moyenne
Une condition nécessaire, si elle n’est pas réalisée, elle ne produit pas d’effet, elle n’est pas
suffisante.
Ex : il est nécessaire pour conduire une voiture en autonomie d’avoir 18 ans, mais il ne suffit
pas d’avoir 18 ans, il faut avoir son permis.

Je peux être vicieux en étant heureux ou vertueux en étant malheureux.

I. Les paradoxes du bonheur

1. Une impossible définition du bonheur

Un paradoxe (para-doxa) va à l’encontre de l’avis/opinion général. Ce dernier vient heurter ce


qu’on a l’habitude de penser. Par exemple : tous les hommes recherchent le bonheur. Le bonheur
n’est pas un besoin vital mais un désir.
Les Pensées de Pascal, « Tous les hommes recherchent d’être heureux, cela est sans
exception. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se
pendre. »
Le motif est la raison qui nous pousse à agir. Le suicide est un désir d’être heureux qui n’est pas
satisfait (le bonheur que recherchent tous les hommes n’est pas trouvé).
Qu’est-ce que le bonheur ? Il n’y a pas de définition universelle. Le bonheur de l’un ne fait pas
le bonheur de l’autre. Il change en fonctions des ambitions de chacun, des sociétés, des
cultures… Nous avons le même but mais pas la même définition du bonheur (paradoxe).

2. Fin naturelle de l’existence ou souverain bien ?


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Pour aller au bonheur, il faudra forcément passer par la réflexion. Le bien véritable = souverain
bien.
Souverain : au-delà duquel il n’y a pas de bien supérieur.

3. État durable ou collection de moments de plaisirs intenses ?

Est-ce que le bonheur est intermittent (suite de plaisirs ou moments) ou est-ce qu’il dure dans le
temps (continu) ? Le bonheur est-il issu du plaisir ?
Plaisir : un état de satisfaction mais qui ne dure pas dans le temps

Peut-on définir ou non le bonheur par le critère du plaisir ?

4. Disposition interne du sujet ou concours favorable de circonstances


externes ?

Est-ce que le bonheur se trouve en moi ou en un concours de circonstances ?


Bonheur = bonne chance => ne dépend pas de nous ? (Paradoxe)
Est-ce que le bonheur est une question de bonne chance (si oui, à quoi bon le rechercher), ou
peut-on être les artisans de notre bonheur ? Et si oui, comment ?
On peut ressentir du plaisir et être malheureux (femmes victimes de violences conjugales),
comme on peut être heureux et n’éprouver aucun plaisir.

5. Réside-t-il dans la réussite de l’action ou bien dans l’action elle-même ?

Toute action va coïncider avec le hasard. Si le hasard n’est pas favorable, l’action ne pourra pas
être réalisée. Peut-on être heureux malgré l’échec de l’action ? Ainsi, le bonheur ne résiderait pas
dans la réussite de l’action mais l’action elle-même ? Est-ce que tous les choix de vie mènent au
bonheur ? Peut-on être heureux dans le vice ?

6. Le bonheur consiste-t-il négativement à ne pas souffrir où bien à vivre dans


un état positif de contentement ?

Les trois causes allant à l’encontre du bonheur :


 Notre corps est-il ouvert au bonheur ?
 La puissance de la Nature et de l’Univers sont plus fortes que celles de l’Homme donc
elles peuvent nous faire souffrir (typhon, épidémie, sécheresse)
 Les autres
Le bonheur serait dans la réduction du malheur et de l’acceptation des souffrances que l’on ne
peut faire disparaître.
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7. Le désir est-il l’obstacle ou bien l’instrument du bonheur ?

 Paradoxe : il s’agit du début de la réflexion.


On fait appel à Planton pour savoir ce de quoi il s’agit quand on parle du désir. Il dit : qu’est-ce
que l’amour ? L’amour, c’est éprouver du désir. Cependant, l’amour n’est pas réductible aux
sentiments amoureux et du désir sexuel. La réalisation du désir procure-t-elle du bonheur ?
=> Philosophie : amour de la sagesse (désir de sagesse non sexuel)
Le désir n’est pas corrélé à la sexualité et la sexualité ne se limite pas au désir.
=> désir ≠ souhait ≠ manque // le désir nous fait agir (suicide : pathologie du désir)
Tout objet que nous désirons, aimons, c’est également de l’amour. « Le désir c’est le manque »
d’après Platon. Ce que nous n’avons ou ne sommes pas, voilà l’objet du désir. Le désir né de
la conscience d’un manque. L’objet que l’on désire mais qui nous manque est celui que si on
l’avait, on serait heureux. Est-ce qu’on peut désirer ce qu’on a ? = Freud
Exemples : un homme richesse ne peut désirer la richesse puisqu’il l’a, un homme en bonne
santé ne peut désirer la santé puisqu’il l’a, un jeune ne peut désirer la jeunesse c’est celui qui l’a
perdue qui la désire.

Cas 1 : on satisfait notre désir (réussite) -> l’ennui


 L’ennui est un mal-être psychologique, la vie est figée, le temps ne passe pas, on ne sait
pas pourquoi on vit réellement
Cas 2 : on essaie de satisfaire notre désir mais cela échoue : malheur du manque (frustration)
Lequel serait proche de la vérité ? Est-ce qu’on choisit le premier cas où l’on vit une vie sans
désir ou le deuxième cas on ne satisfait pas son désir ?

II. Le bonheur n’est pas un idéal de la raison mais de l’imagination (Kant)

 Texte 1 : Le bonheur et la vie morale – Kant

Les textes philosophiques ont plusieurs fonctions. Ici, les fonctions de ce texte sont :
- Le bonheur
- La morale
- La connaissance

Thèse :
« Il n’y a donc pas à cet égard d’impératif qui puisse commander, au sens strict du mot, de faire
ce qui rend heureux, parce que le bonheur est un idéal, non de la raison, mais de l’imagination. »

Kant nous dit que le bonheur ne vient pas d’une connaissance rationnelle et la seule manière
de savoir ce que le bonheur représente réellement, c’est par l’expérience.

Raison : a priori (connaissance obtenue uniquement par le raisonnement, théoriquement)


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Un exemple de connaissances uniquement rationnelles : les mathématiques (géométrie). Il s’agit


d’un savoir, c’est incontestable.
 Épistémique

A B BB = AA + CC
(Théorème de Pythagore)

Cette démonstration nous dit que c’est vrai pour tous les triangles rectangles (universel) alors que
la simple expérience d’une mesure c’est sur un cas particulier. Donc, comme on ne peut pas
mesurer sur la totalité des triangles, on ne pourra démontrer ce théorème par l’expérience. De
plus, aucun instrument de mesure ne donne de mesures exactes (mesures approchées).
Axiome (relation d’idées) -> théorème (s’applique à tout – raison – absolument nécessaire)

Démonstration : raisonnement déductif qui déduit la verte d’un énoncé à partir d’un énoncé
antérieur selon des liens nécessaires.

« Jules César est un empereur romain » -> Vrai


« La vierge a reçu la visite de l’Archange Gabriel » -> Faux (historien, scientifique) mais : vrai
pour un croyant (il tient à cette croyance pour vrai – uniquement explicable par sa foi) ->
contraire à la raison car elle pose une contradiction (absurde)

On ne pourra le démontrer par la raison mais par l’expérience.


 Sources archéologiques, témoignages, archives, fossiles… (Jules César)
 Il n’existe aucune preuve ou sources prouvant que cette deuxième citation est vraie

Dieu

« croyance »

Prophète

Expérience : a posteriori (connaissance qui découle, qui dépend de l’expérience)


Pour savoir ce qu’est le bonheur, il faut voir du vécu et des expériences. C’est uniquement après
qu’on sera si cela nous a rendu heureux, ce qui ne peut être obtenu en raisonnant. Le bonheur
n’est pas un idéal de la raison. La raison à elle seule ne suffit à déterminer ce qu’est le bonheur.

Qu’est-ce que l’imagination ?


Notre imagination est limitée. La raison est beaucoup plus puissante que l’imagination. Notre
rapport au bonheur est trop conditionné par rapport à notre imagination. L’image qu’n a du
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bonheur est subjective. Ce qui fonctionne pour l’un ne va pas forcément fonctionner pour l’autre.
Notre imagination reproduit une image qui nous a été donnée par la perception.
Ex contraire : surréalisme de Dali avec ‘Les Montres Molles’ (imagination créatrice)
 Idéal de perfection : création de son imagination
Ex : la publicité (si on achète ça, on sera heureux) -> Coca Cola, chewing-gums…

Kant ne veut pas dire que le bonheur n’existe pas. Il dit que le bonheur est une expérience
individuelle et non collective. Il ne dit pas que c’est une illusion mais seulement que le bonheur
étant produit par l’imagination, on ne trouvera jamais dans la réalité un imaginaire. Il ne dit pas
que le bonheur ne peut se réaliser, parfois on peut y arriver, mais en général on finit déçu.
 Des moments brefs et intermittents ne sont pas du bonheur mais du plaisir
 Principes déterminés pour être heureux, l’impératif n’existe pas pour atteindre le bonheur
Il n’y a pas de devoir d’être heureux. Il y a deux types de devoirs : le devoir envers soi-même et
le devoir envers autrui (ex : tu dois entretenir en bonne santé ton corps OU tu ne dois pas tuer).
Le devoir est une obligation absolue, partielle ou relative. Il y a des ordres, des commandements
de types conditionnels, et avec Kant des impératifs hypothétiques. Les seuls devoirs qui
commandent absolument sont les devoirs moraux.
Dans le texte, Kant parle d’un « impératif hypothétique » (règle) qui est un devoir
civique/politique/religieux et d’un « impératif catégorique » qui relève d’un devoir moral (« tu
dois x parce que tu dois »). L’impératif catégorique signifie agir par principe. Y’a-t-il un
impératif hypothétique de bonheur ? -> « Si tu veux x alors tu dois y »

Tous les hommes recherchent le bonheur mais aucun n’est capable de le définir.

Conclusion

1. Il n’y a pas de devoir de bonheur, ni envers soi-même, ni envers les autres. Il n’y a pas
d’énoncé « fais ceci pour être heureux » qui soit acceptable.
2. Il ne peut pas y avoir de technique pour être heureux car on ne peut définir le bonheur.
3. Kant veut nous montrer que les sociétés dans lesquelles nous vivons nous proposent des
images du bonheur qui sont contradictoires entre elles.
Ex : pour être heureux il faut être consommateur, mais pour être heureux il ne faut pas
consommer
4. Puisque le bonheur est une expérience qu’il faut vivre, nul n’est légitime à m’imposer un
mode de vie pour être heureux :
- Le bonheur n’est pas une question de politique (l’État n’est pas fait pour faire le bonheur
d’un individu à leur place) -> totalitarisme : dogme sur le bonheur
- Le bonheur n’est pas une question de religion (aucun clergé n’est légitime à ses croyants
une manière de vivre ou de se comporter pour atteindre le bonheur) -> secte
Ex : illusion – Le consentement de Vanessa Springora
- Le bonheur n’est pas une question parentale
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III. Le bonheur consiste-t-il dans l’hédonisme ? (Platon)

1. Un peu de cinéma : The meaning of life, Mr. Creosote (Monty Python)

Hédonisme : doctrine selon laquelle le plaisir constitue le bien essentiel et le but ultime de
l’existence, ainsi que la motivation principale de toutes les actions humaines. Autrement dit, dans
cette doctrine :
1. Le souverain bien est le plaisir.
2. Cause principale qui fait agir les hommes (ils agissent en vue pour rechercher le plaisir).
3. Comme ils veulent tous le bonheur, bonheur = plaisir.

Cause finale : le but que l’on se donne

La vie la plus vertueuse -> laisser ses passions aboutir au plaisir (aussi grandes/violentes soient-
elles). C’est par l’hédonisme et le plaisir seul qu’un individu obtiendra une vie vertueuse.

Texte 2 de Platon : Calliclès

Pour Calliclès, le beau est l’équivalent du bien du sens moral (vie vertueuse). La passion est le
désir dont l’énergie est la plus grande (parmi tous les désirs).
Patior = passivité (nous subissons un désir que nous ne pouvons plus contrôler OU l’objet de la
passion).
Si on est passif dans la passion, on ne peut pas être actif. La passion et le désir sont les
antonymes de la volonté. Dans la passion amoureuse par exemple, nous sommes l’illusion de la
volonté. Il ne faut pas « réprimer » ou combattre ses passions.

Tempérance : vertu morale. Elle consiste à être capable, par sa volonté et sa raison, de
modérer/limiter ses passions, ses désirs et ses tendances qui seraient excessives => vertu.
Lorsque l’on n’est pas capable de faire cela, on est dans l’intempérance.
Intempérance : celui qui n’est pas cabale de modérer ses passions (≠ tempérance) => vice.

Justice (trois significations différentes) :


1. La légalité (lex = la loi) : un acte juste est celui qui est conforme à la loi.
2. L’égalité : que les hommes soient égaux, qu’ils aient les mêmes salaires/droits/devoirs.
3. L’équité : punir plus fermement/durement le multirécidiviste selon ce que la loi prévoit
et lui donner une ‘éducation’ (rendre à chacun ce qui lui est dû).
 Adaptation de la loi aux cas particuliers

Analogie : A/B = C/D


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Fin du texte : bonheur qui vient contrer nos désirs (bonheur = jouissance – selon Calliclès)
« La liberté de faire ce qu’on veut » (ce qu’il plait). Il faut que l’on puisse jouir sans enfreinte, en
franchissant les barrières morales. La sanction morale envers quelqu’un qui a fait le mal c’est le
blâme. Il y a une différence entre la morale écrite et le droit (l’emprisonnement et les peines).

Thèse de Calliclès :
Hédoniste : le jouisseur (pense que le bonheur obtenu par la jouissance = but de nos actions)
Tyran : user la force, exercer et abuser de son pouvoir
Si on respecte les lois et règles morales, on sera malheureux. L’usage de la force les lie.

On verra plus tard que la thèse de Socrate est validée mais pas celle de Calliclès. Calliclès
proclame qu’il vaut mieux être un tyran ou faire partie d’une oligarchie (origine de Poutine).

Modèle politique : tyrannie/oligarchie


Modèle du bonheur : la jouissance/l’hédonisme sous entrave

1) La « sociologie » de Calliclès :

La masse : « les faibles » « Les forts »


- Convention : le droit fait la loi - Modèle d’hommes qui se sont
 Un accord que les hommes passent émancipés de tous les devoirs moraux
entre eux pour vivre ensemble et dans (« le bien et le mal, ça ne nous
leur intérêt mutuel (idée de paix + concerne pas »)
harmonie) - Ils font de même pour les lois
 Cela s’oppose à la nature et aux juridiques
animaux - 1 seul critère = nature (ni produit ni
- Règle contingentes (qui peut ne pas transformé par l’homme)
être ou sous une forme différente) = Ex : Pasolini (jouisseurs qui jouissent sans
culture entrave) qui lutte contre le fascisme
- Système tendant à l’idéal sans - Les qualités congénitales, la
distinction s’origine, de classe et de naissance
culture Conséquences : Inégalité radicale entre les
- Calliclès critique et s’oppose à ce hommes et une quasi- « Racisation ».
système

On utilise la nature pour justifier le pouvoir de certains hommes sur d’autres (incontestable).
C’est une ruse, une justification. Ex : domination patriarchale masculine (des hommes sur les
femmes).
Racisme : classer une race selon une hiérarchie
Ex : Goebbels, « On ne fait pas un bon Allemand avec un Juif »
Ex : le commerce triangulaire avec l’esclavagisme
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Une réalité ne peut être à la fois naturelle et conventionnelle. Un mâle ne pourra jamais porter
d’enfant (réalité naturelle). Le père ne peut être la femme (réalité culturelle).

2) Morale :

Des faibles Des forts


Bien : Bien :
- Tempérance - Intempérance
- Maitrise de ses passions Hybris -> démesure -> violence
- Modération Mal :
Mal : - Tempérance
- Intempérance - Modération
- Désirs illimités - Maîtrise de ses passions
Hybris -> démesure -> violence (Médée)

Calliclès critique la morale des faibles et revendique la morale des forts. Il opère un
renversement total de la morale ordinaire dont il dit qu’elle a une origine de la morale des
hommes.
Hybris : perte de la raison, être l’esclave de ses passions

3) Justice :
 Inversion des valeurs

Selon la Convention (des faibles) Selon la nature (des forts)


Juste : Juste :
- Respect du droit - Force illimitée
- Respect des passions - « Droit des plus forts »
Injuste : Injuste :
- Force illimitée - Respect du droit
- Violence aux personnes - Respect des passions

Pour distinguer le bien du mal, il faut connaître leurs significations. Or, pour cela, il faudrait
avoir le langage. Seul un être de langage, comme l’Homme, peut donner une signification aux
mots (expression de ses idées). Nous sommes éduqués dans une langue que nous comprenons les
valeurs et idéaux du bien et du mal. Mais, les animaux n’ont pas le langage, ni de justice, ni
d’éducation. La nature c’est une réalité où il n’y a pas de valeurs morales ni de justice.
Le jouisseur ne connaît que la force de sa jouissance.

4) Objections :
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Résumé de la thèse de Calliclès : Pour être heureux il faut savoir exercer son pouvoir sur tous les
membres qui lui sont semblables.

o Première objection : Logique


Le discours de Calliclès est non-cohérent. D’une part, il nous dit que d’un point de vue
individuel, le bonheur c’est jouir (satisfaire toutes ses passions sans morale). Ce texte énonce que
le tyran est au-dessus des lois, il fait ce qu’il lui plait. C’est un hédoniste qui exerce un pouvoir
tyrannique sur les autres. D’autre part, Calliclès dit aussi que ceux qui font les lois et la justice ce
sont les faibles et les lois sont imposées aux forts (limiter leurs passions, contrôler leur désirs). Il
existe une faille dans ce propos : normalement ce devrait être les forts qui créent les lois. Il se
contredit.

o Deuxième objection : Critère de la nature légitime ?


Calliclès dit qu’il y a une loi de la nature qui règle les comportements des forts. Est-ce qu’il est
légitime de laisser la loi de la nature faire cela ? Non, car aucune civilisation, culture ou
société n’a pris la nature comme modèle d’action pour se construire.
Exemple : Frankfurt dit que les animaux ont des désirs primaires (portant sur des besoins
vitaux : manger, boire, se nourrir, se reproduire). Ce qui caractérise l’humanité c’est qu’elle a des
désirs secondaires qui viennent limiter leurs désirs primaires.

o Troisième objection : Devoirs juridiques/moraux


Calliclès s’invente un système d’existence humaine où il n’y aurait pas de devoirs, afin d’être
heureux. Cependant, il dit que l’on doit laisser aller ses passions (il énonce un devoir). Il se
contredit.

o Quatrième objection : Qualités et passions


Calliclès dit que si on a l’intelligence et le courage, on peut assouvir toutes nos passions, même
le meurtre, car les autres n’ont pas la même identité que nous. Cependant, être un sujet moral et
juridique c’est savoir limiter et modérer ses passions. Si on met ses qualités au service de ses
passions, on devient esclave de nos passions.

Ainsi, le discours de Calliclès manque de cohérence. Sa thèse n’est pas recevable.

Le tyran qui fait tout ce qui lui plaît est-il véritablement heureux ?

1. L’impossibilité du contentement :
Allégorie : histoire que l’on raconte avec des images, comme toute histoire, mais où toutes les
caractéristiques concrètes ont une signification abstraite.
Calliclès utilise 3 allégories :
- Écumoir
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- Tonneau percé
- Pluvier (échassier qui mange et chie en même temps)
Il dit que la vie que tu te proposes c’est de passer ton temps à te gaver de plaisir mais aucun
plaisir ne te satisfait, ne te remplit. Tu ne peux te contenter de rien. À chaque fois que tu
obtiens un nouveau plaisir ou une variation, tu veux toujours plus, donc tu annules le plaisir.

2. La vie agréable et la vie heureuse :

Plaisir agréable : qui va mobiliser mon corps par le biais d’organes sensoriels. Il est momentané
et localisé. Ceci rend impossible de nous conduire au bonheur car :
 S’il existe un état de bonheur, il n’est pas localisé et momentané dans notre corps, c’est
un état de la totalité de notre être (état psychosomatique).

3. L’accord avec soi-même :

Être en conflit avec soi-même c’est être dans la souffrance (plutôt dans le malheur que le
bonheur).
Mythe : premier récit qu’on trouve dans l’humanité, sur l’origine de toute chose (Dieu,
Hommes…).
Celui-ci donne du sens à l’existence des Hommes,
d’imaginer ce qu’ils font et où ils vont.

Sciences => Raison => Vérités


Mythe => Imagination =>
Sens
Sens : direction, signification

Doctrine psychologique : comprendre notre psychisme et


notre esprit. Platon dit que notre psychisme n’est pas unifié, il est fait d’éléments hétérogènes. Il
existe le cocher (sujet conscient), l’épithumia (désirs) et le thumos (courage).

Nous avons dans notre psychisme une partie désirante qui se moque de la raison pouvant nous
entraîner dans des désirs sensoriels pouvant nous être nuisibles. Cependant nous avons
également de bonnes tendances (altruisme, créativité, intelligence). Il y a un conflit entre
nous.

Désir ≠ pulsion

Freud produit une topique (allégorie spatiale du psychisme humain).


1. Notre psychisme est tout d’abord constitué par le Ça – das es (inconscient) :
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- Pulsions de vie -> sexuelles, pulsions de mort (s’exprimant contre les autres et nous-
même)
2. Notre psychisme est également constitué par le Moi – das ich (conscient) :
- Désirs conscients
3. Notre psychisme est enfin constitué par le Sur Moi – überich (inconscients) :
- Intériorisation des interdits de la culture, moraux, parentaux
- Si on fait quelque chose de mal, même si personne ne nous a vu, on se sent coupable

Si l’on suit la thèse de Calliclès, on vivrait dans le conflit permanent. Calliclès se contredit car il
est toujours en conflit avec ce qu’il méprise (les lois), il veut uniquement dominer les autres pour
satisfaire ses propres intérêts. Or, il ne comprend pas que l’on peut avoir le pouvoir sur les autres
mais être impuissant au niveau de la modération de ses passions, à être sage et altruiste. Il n’est
pas conscient de son impuissance (pouvoir ≠ puissance). De plus, lorsque l’on gouverne, c’est
pour les autres et pas seulement pour ses propres désirs et intérêts égoïstes. Le bonheur sera
plutôt lié à la vertu, à un effort que nous faisons. Les méchants sont malheureux et c’est
réconfortant car on trouve de la valeur dans les moraux et les idéaux de la raison, de la justice et
de la religion.

Platon et Freud se rejoignent dans le fait que nous sommes en conflit avec nous-même.
Nous avons trois combats à mener pour dépasser ces trois conflits en nous. On ne peut être
heureux sinon.

Premier conflit : il faut qu’on concilie les deux tendances antagonistes en nous. On a une
tendance qui tend à aller vers les plaisirs rapides et faciles (le « désirer ») et une autre tendance
qui est la volonté (le « vouloir ») -> éléments rationnels. Donc d’un côté on a des éléments
rationnels en nous et d’un autre des éléments qui nous poussent à aller vers les excès et les
plaisirs.

Deuxième conflit : il existe en nous plusieurs visions du monde différentes mais qui ne sont pas
cohérentes entre elles. On ne pourra pas être heureux sans concilier ses visions et les conflits
qu’elles abritent. La vision du monde que nous avons vient tout d’abord de nos parents. Or, la
vision du monde de nos parents peut être en décalage avec la vision dominante d’une société en
une période donnée. Au fur et à mesure qu’on va faire notre expérience, on va surement se
décaler de la vision du monde de nos parents. Hillary Puttnam, un philosophe américain, était
mathématicien et fut confronté à la spiritualité juive avec sa femme et ses enfants. Une partie de
lui était athée et l’autre religieuse : il était séparé en deux parties non conciliées, contradictoires.
Il s’agit ici d’un conflit.

Troisième conflit : le conflit entre ce que je peux penser (théorie) et ce qui me fait agir
(pratique). En général, ce que nous faisons sont contraires à ce que nous disons. Il s’agit du
confit entre la théorie et la pratique. Par exemple, on comprend la crise environnementale et les
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risques mais je continue de prendre l’avion souvent, manger des produits hors-saisons et faire
beaucoup de shopping. Je suis intellectuellement conscient mais dans ma pratique je n’arrive pas
à me réformer.
Les Métamorphoses d’Ovide : « Je vois le bien, je l’approuve et pourtant je fais le mal ». Il tire
cette citation de Médée.

IV. La morale eudémoniste (Épicure)

Eudémonisme : doctrine qui affirme que le bonheur est le souverain bien de l’existence
humaine.
Hédonisme : doctrine selon laquelle le plaisir est le souverain bien de l‘existence humaine.
Morale (philosophie) : réflexion sur nos pratiques, nos comportements et répond à une question
que pose le philosophe Kant : « Que dois-je faire ? ». Elle permet de distinguer la morale et les
mœurs (manière d’agir, coutumes d’une société). La morale est une réflexion qui mous réfléchir
sur nos pratiques – réflexion sur la condition humaine, liée à une valeur fondamentale.

Deux problèmes fondamentaux :


1. Être morale c’est suivre des principes qui nous rapprochent de la valeur du bien. De
quelle manière l’individu qui obéit à ses règles, obéit-il ? Les obéit-il de sa propre volonté
ou parce qu’on lui a dit de le faire ?
2. « Il pleut » (ce que je pense) et la pluie (phénomène naturel). Il y a un accord entre les
deux donc l’énoncé est vrai -> jugement/énoncé descriptif.

Énoncé normatif : « Tu dois faire x »


Il peut y avoir des énoncés normatifs qui ne sont pas moraux (tous les moraux sont normatifs).
Être -> devoir être
Justification -> fondement
Ce qui est -> ce qui doit être Tranquillité du corps, de l’âme
(psychisme, esprit)
Nécessaire
Naturel Vie
Désir
Non-nécessaire

Non-naturel

Ataraxie : tranquillité, quiétude, absence de troubles (peurs, terreurs, souffrances)


Vie bienheureuse / Indifférent / Malheur

Cinétique : gloire/horreurs, domination, richesse…


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Des désirs non naturels pouvant nous troubler sont par exemple des objets qui vont nous procurer
du plaisir, mais qui peut toujours être augmenté ou varié (plaisir cinétique/en mouvement). Le
problème des plaisirs en mouvement est qu’ils ne nous apporteront jamais la stabilité ou la
tranquillité. Le plaisir en mouvement n’a pas de mesure, il est illimité. On ne sera jamais satisfait
de ce qu’on a et de ce qu’on est, on sera toujours en recherche de ce qui nous manque.
Ex : j’aime le chocolat donc je peux varier en quantité le plaisir que j’ai à manger du chocolat
(2x plus) ou varier le type de chocolat où la forme sous laquelle il se trouve.

Amour : attachement affectif (émotions, sentiments) puissant qui me lie à une personne.
Philia : amitié, non sexué
Eros : amour sexué, conjugal (pas de possibilité de vie heureuse car l’amour est toujours électif
donc il peut me couper de mes relations avec les autres individus et le défaut de cet amour
érotique est qu’il peut se transformer rapidement et devenir possessif -> jalousie et le rend
malheureux)
Agapé : (inventé par le Christ) amour original, désintéressé, universel du prochain

Caractéristiques des désirs naturels et nécessaires :


1. Il n’y aura jamais de stabilité si l’on ne sait pas modérer ses désirs.
2. Le plaisir ne peut n’y décroître et accroitre (plaisirs au repos – catastématiques) ou il
accroît et décroît (plaisirs en mouvement - cinétique).

Désirs naturels -> plaisirs catastématiques : à l’image de nos besoins vitaux (boire, manger,
dormir). Pour les épicuriens, il suffit de faire cesser la souffrance pour que le plaisir apparaisse.

Frugalité : qui consiste à ne pas s’encombrer de tous les désirs illimités. Il faut choisir le peu
pour s’encombrer du peu. Si le beaucoup nous manque, cela n’a aucune importance car on est
habitué au peu. Vivre sur une notion de frugalité signifie s’alléger et se libérer de la tyrannie de
consommation.

Téléologique : bonheur + vertu (telos : le but)


1) Amitié : amour non exclusif, possibilité d’extension, partage de valeurs et de points
communs. L‘amitié est une vertu car elle nous fait avoir l’intention d’agir pour faire
du bien à notre ami.
2) Le dialogue : dont le but est de rechercher la vérité -> provoque aussi le bonheur. Le
bonheur se trouve dans la relation aux autres et pas dans la solitude.
3) La recherche scientifique en vue de la connaissance : pour les épicuriens, la
connaissance est une activité très particulière. Beaucoup d’actions nous procurent du
plaisir à l’issue de l’action si elle a été réalisée. Dans toutes les actions issues de la
connaissance, le plaisir est concomitant d’apprendre. En philosophie, la démarche en
vue de connaître est l’action principale.
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Plaisir de l’esprit > plaisir du corps -> il faut apprendre à les hiérarchiser (privilégier ceux de
l’esprit)
 Plaisirs de l’esprit : développer notre culture, notre raffinerie, notre sensibilité et nous
rattache notre l’humanité
 Plaisirs du corps : développer l’instinct animal
On sera plus heureux par la connaissance car elle apportera une satisfaction à notre désir de
vérité.

Comment se libérer de la peur de la mort ?


- Méditation sur la mort : exercices quotidiens pour se libérer de cette peur
Ce n’est pas pour nous faire déprécier la vie mais au contraire, apprécier la vie. Premier
paradoxe : craindre la mort c’est craindre la vie car la vie est mortelle. Deuxième paradoxe :
ceux qui craignent la mort veulent une vie immortelle (pas possible car la mort est une
nécessité). Troisième paradoxe : la mort n’annule pas le sens de la vie (comme la vie est
mortelle on peut avoir une vie).

Faire le deuil, pour les psychanalystes, c’est arriver à se détacher de cette affection que nous
avions pour les morts. Pour lutter contre cette tristesse, on peut faire de la remémoration affective
(se remémorer des jours heureux avec les morts). Cela nous permet de mieux accepter leur mort
car ce qui a été vécu fut heureux. On obtient un nouveau plaisir dans le présent. La mort n’est
pas une fin absolue, on peut rester heureux avec les souvenirs de ceux qui sont morts même s’ils
ne sont plus là. Le bonheur ne sera possible que lorsqu’on accepte la nécessité, pour ne pas
la subir.

Premier argument logique : les hommes craignent de mourir mais, ou bien on est vivant (la
mort ne nous concerne pas) ou bien on est mort (dissolution/désintégration de l’unité de notre
moi et de la conscience -> pas de mort). Dans les deux cas, la mort ne nous concerne pas.

Deuxième argument : les gens pensent que la mort est liée à la fin de la vie (quand on est très
vieux). Les philosophes antiques ne sont pas d’accord car pour eux, il n’y a rien de plus familier
et habituel que la mort. Dès que nous naissons, nous sommes exposés de la mort. La vie est
mortelle et la mort est la vie. La mort fait partie du vivant, n’est pas extérieure au vivant.
La mort est une nécessité donc : soit on la refuse (mais c’est une nécessité donc on sera
malheureux), soit on l’accepte (et à ce moment-là on se ‘libère’ de la mort).

La typologie et la régulation des désirs


Les deux types de plaisirs
La métriopathie

Conclusion
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C’est une morale qui associe le bonheur et la vertu. C’est une morale qui est une réflexion
rationnelle sur nos désirs et qui nous permet de sélectionner les désirs qui nous conterait, nous
mèneraient à un plaisir stable. Ce sont des activités qui nous donnent une satisfaction d’esprit.
C’est une morale eudémoniste qui posent que le bonheur est le souverain bien. C’est aussi une
morale téléologique car elle énonce un souverain bien (le but qu’il faut viser). L’acquisition de
vertus est inséparable de la vie bienheureuse. Ce qui rend heureux les philosophes épicuriens
c’est de cultiver les plaisirs de l’esprit. Il y a une transformation de la notion du bonheur, on est
passé vers la sagesse. La notion de sagesse remplace la notion de bonheur ordinaire. Il faut
chercher à se gouverner par la raison et à être sage.

V. La morale déontologique :

1) Préambule

Qu’est-ce que la morale déontologique ?


Morale : (différentes réponses possibles)
- Vivre selon les préceptes d’une religion
- Vivre selon les coutumes, traditions de ma culture/société
- Je me relie aux autres par un sentiment (l’amour, la pitié)
Cette diversité de réponses signifie qu’il faut savoir la définition de l’adjectif (être moral) et du
nom (la morale). La philosophie ne produit pas de systèmes moraux particules. Elle est une
réflexion sur ce qu’est l’idée du bien, la valeur qui guide l’action lorsqu’il s’agit d’être moral.
La morale des individus et celle de philosophes n’est pas la même. Ainsi, qu’est-ce que la valeur
morale ?

Problème : Comment peut-on justifier rationnellement que telle valeur/règle justifie un devoir
moral ? Qu’est-ce qui fonde un devoir moral ? On cherche à justifier sa légitimité et en
déterminer sa source (fondement + source = origine).
S’il existe un devoir moral, il sera un énoncé normatif qui énonce une norme et nous demande de
nous conformer à cette norme (« tu dois faire ceci »). Les énoncés normatifs posent un problème
si on les compare avec des énoncés descriptifs. Tous les énoncés descriptifs ne posent aucun
problème, on peut toujours les vérifier. Cependant, l’énoncé normatif (ex : « tu ne dois pas
tuer ») n’énoncent pas ce qui est mais ce qui doit être. On ne peut pas les vérifier, dire s’ils sont
vrais ou pas. Ainsi, quelle est la valeur de cet énoncé ? Comme on ne peut pas les vérifier par
les faits, ces énoncés normatifs sont fragiles. Ils énoncent un idéal non vérifiable dans la
réalité.

Qu’est-ce que dit le relativisme moral ?


C’est une doctrine qui affirme que toutes les valeurs du bien et du mal sont spécifiques,
variables et particulières pour chaque société et chaque période historique. Il y a une multitude
de définitions du bien et du mal. Les valeurs du bien et du mal ne sont pas absolues mais
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relatives. Ce qui est absolu ne dépend de rien de ce qui est extérieur à soi. Ce qui est relatif est
ce qui est en relation avec telle ou telle condition. Les vérités pour le relativisme moral ne sont
pas universelles mais particulières. Ce qui est particulier est commun à un groupe d’hommes.
Ce qui est universel est reconnu comme étant vrai par la totalité des êtres humains. Existe-t-il
des valeurs universelles ?
Premier problème : Si toutes les valeurs morales sont relatives, comment savoir celles qui
seraient les plus proches du bien et du mal en soit ?
Deuxième problème : Il n’y a ni bien ni mal en soi, tout est une convention.

2) L’action « conforme au devoir » et l’action faite « par devoir »

Kant essaie de fonder le devoir moral et de montrer qu’il y a bien des principes moraux
universels qu’importe leur société ou l’époque à laquelle ils vivent.
Déontologique : cette réflexion sur la morale va nous dire que l’acte moral est lié au devoir
moral. La première distinction est celle entre une action qui est conforme au devoir mais qui
n’est pas moral et une action morale faite par devoir.

Comment peut-on savoir si quelqu’un agit de manière morale ?

Exemple : l’altruisme par amour.


Ex : une mère qui se sacrifie pour que son enfant puisse survivre.
Peut-on dire que cette mère agit moralement ? Non. Elle a agi de manière très égoïste. Elle a agi
par amour maternel (attachement inconditionnel de la mère à l’enfant) qui vient de la Nature.
Elles sont conditionnées par la Nature d’agir de cette manière. Elles peuvent être aussi
complètement indifférentes au sort d’autres enfants. Elle a agi pour ne pas avoir à souffrir du
manque de son enfant, et pas pour lui « sauver » la vie (égoïsme). L’amour n’est pas une
preuve qu’on est moral.

Texte de Kant : La distinction : « Agir conformément au devoir »


Lignes 1 à 3 : Kant pose qu’il y a une différence entre l’utile et la morale. On peut faire le mal
mais que cela soit utile (ex : la guerre – c’est utile de tuer les ennemis mais ce n’est pas moral).
Un autre exemple serait la peine de mort aux USA : tuer un criminel qui présente le plus haut
danger pour la société est utile car il ne peut plus nuire, mais est-il légitime de tuer un individu
par chaise électrique ? Troisième exemple : certaines femmes en Afrique qui font exciser leurs
filles (enlever le clitoris). L’excision c’est une contrainte pour avoir un mari et ne pas sombrer
dans la prostitution mais c’est de la barbarie et de la mutilation ultime – souffrance inouïe. C’est
utile, mais martyriser un être humain c’est parfaitement immoral.

L’action faite par devoir : ce que Kant appelle la « bonne volonté »


La bonne volonté c’est la volonté qui agit par l’unique principe de faire le bien (devoir moral :
« tu dois faire le bien »). Kant appelle cela un impératif catégorique. Celui-ci, qui motive la
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volonté, a pour source la capacité humaine qui est la raison. La morale est rationnelle. Ainsi,
pourquoi il assigne à la raison al seule source d’être le devoir moral ? Kant répond au problème
du relativisme.

Théocratie – République – Démocratie


Problème logique : Comment deux hommes qui appartiennent à une même espèce peuvent-ils
appartenir à deux humanités différentes ?
La morale est-elle particulière donc il n’y a pas de morale ? Ou alors, existe-t-il une définition de
la morale qui est donc universelle ?
Pour échapper au relativisme, Kant fait de la raison la seule source du devoir moral.

Rationnel : qui s’applique à notre réflexion.


Maxime : règle qui me sert à agir.

(Voir feuille citations et informations complémentaires sur Kant)

Benjamin Constant nous fait réfléchir au danger qu’il peut y avoir à agir par principe
inconditionnel sans prendre en compte les circonstances autour de nous.
Fanatisme : une attitude de l’esprit qui prétend détenir une vérité absolue toujours liée à un
critère qui est celui de la pureté de la religion. Un fanatique préfère, au nom de la pureté de ses
principes, détruire le monde impur (tuer des gens car ils ne sont pas conformes aux principes que
mous avons).
Ex : révolution française en 1793 – régime de la terreur avec Robespierre

Loi générale Cas particulier

Équité

Science de la morale

3) L’impératif pratique

« Personne fin en soi » : Kant fait une distinction entre les personnes et les choses. Nous n’avons
de devoir moraux qu’envers les personnes. Nous avons aussi des devoir stricts, envers nous-
mêmes.
Personne/personnalité/personnage : 3 mots qui ont la même étymologie mais des sens
différents.
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Personnalité : manière de percevoir, d’agir qui différencie une personne d’une autre
(caractéristiques morales et psychologique. C’est l’ensemble des manières de penser, de se
comporter et de se sentir. Cet ensemble forme un tout relativement homogène et cohérent. Cette
personnalité se développe au cours des expériences qui nous changent sans cesse.
Personnage : rôle que l’acteur joue. Il est étroitement lié au rôle social.
Ex : Gérard Depardieu est un personnage.
Personne : ensemble des critères qui définissent nôtre humanité.
1) Identité biologique
2) Cultures => PAS particulière (+ variables) -> mœurs
 Doctrine du Relativisme
3) Anthropologie philosophique
 1) Raison
 2) Volonté libre

Il existe des devoirs envers soi-même :


- Ne pas se traiter comme une marchandise
- Ne pas se réduire à un instrument (ex : prostitution)
 Sinon, cela est immoral.
Pourquoi cela pose un problème ? Il y a cette idée que l’on pourrait être moral envers soi-même.
Quand on regarde les conséquences de cette moral kantienne, il y a des choses difficiles à
accepter. Par exemple, le suicide, chez Kant, est immoral. Aujourd’hui il serait contre
l’euthanasie ou l’avortement. D’où vient cette idée qu’il faut préserver sa propre vie à tout prix ?
Cela vient d’une source simple, la religion. La vie est sacrée, c’est un énoncé religieux. Le
commandement « tu ne tueras pas » est aussi religieux. C’est l’idée que la vie ne nous appartient
pas, que c’est la vie de Dieu et qu’il faut la fructifier. Kant ici ne fait plus trop de distinction
entre le devoir moral et religieux (il a été élevé par la foi protestante => même les philosophes
peuvent être influencés) -> première objection.
Deuxième objection : Kant subordonne notre liberté au devoir. Nous avons le devoir de vivre et
de ne pas nous suicider et le devoir de porter un enfant qu’elle que soit les conditions, d’après
Kant. Chez Kant, la liberté se trouve inférieure. Nous, modernes, allons dans l’excès inverses
(liberté > devoirs). Les progrès sociaux faits au XXe siècle ont été faits au nom de la liberté
individuelle.
Ex : euthanasie sous conditions strictes -> au nom de la liberté individuelle
On pourrait donc objecter à Kant qu’il minimise l’importance de la liberté individuelle car
il la subordonne au devoir moral qui en plus vient de la religion.

Pas de devoirs moraux envers les animaux :


Si nous avions des devoirs moraux envers les animaux, cela voudrait dire qu’ils sont des
personnes car l’on a que des devoirs moraux envers les personnes. Or, cela n’est pas le cas. De
plus, les animaux n’ont pas de conscience réflexive. Les animaux auxquels nous nous attachons
sont essentiellement des espèces domestiquées. On a affaire à des animaux qui sont habitués à la
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présence humaine, ils ont perdu leur instinct sauvage, ils sont humanisés. L’animal est une
catégorie ‘fourre-tout’. On n’a pas besoin d’avoir moraux mais légaux envers les animaux (pas le
droit de les torturer).
Cf. document sur Pronote : « L’homme et l’animal »

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