COURS DE FORAGE PETROLIER
Présenté par :
Dr. ASSALE Paul
SOMMAIRE
INTRODUCTION
I. GENERALITES SUR LES FORAGES
II. FORAGE PETROLIER
CONCLUSION
INTRODUCTION
Le forage est l’action de creuser un trou appelé puits en vue
de l’exploration et/ou de l’exploitation des ressources
naturelles enfouies dans le sous-sol (eau, pétrole, gaz naturel,
ressources minières).
Il est effectué dans les domaines pétrolier (forage pétrolier),
minier (forage minier) et hydraulique (forage hydraulique).
Le forage est effectué également pour des études
géotechniques ou encore pour exploiter l’énergie
géothermique du sous-sol d’une région.
I. Généralités sur les forages
Il existe plusieurs types de forages en fonction de la
technique utilisée dont les principaux sont : forage au
battage, forage au marteau, forage par rotary et carottage.
Seuls le forage par rotary et le carottage seront développés
dans ce cours.
I. Généralités sur les forages
I.1. Forage par rotary
Cette méthode de forage est utilisée dans presque tous les
domaines de prospection et d’exploitation des ressources
naturelles. Le forage au rotary permet d’atteindre de grandes
profondeurs dépassant parfois les 5 000 m dans les bassins
sédimentaires. Dans cette méthode, le forage peut être
vertical, oblique et même horizontal.
I. Généralités sur les forages
La perforation s'effectue d'une manière rotative avec un
matériel lourd et la fragmentation des roches se fait par
abrasion et broyage, par le biais d'un outil appelé tricône
(Trépan). Le choix du trépan dépend de la nature des roches.
On peut distinguer :
- des trépans à molettes ou tricônes : il est généralement
utilisé dans des roches tendres ou de dureté moyenne de type
calcaire ou craie ;
I. Généralités sur les forages
- des trépans monoblocs diamantés de type PDC
(Polycristalline Diamond Compact), utilisés dans des roches
plus dures.
Il nécessite l’utilisation d’un fluide appelé « boue ». Cette
boue qui peut avoir une circulation directe ou inverse permet
d’évacuer les déblais en surface. L’efficacité de cette
technique dépend principalement de la performance du
matériel utilisé.
I. Généralités sur les forages
I. Généralités sur les forages
I.1.1. Forage à circulation inverse du fluide
Cette technique consiste essentiellement à faire remonter les
débris de forage à l’intérieur du train de tiges avec le fluide
utilisé. Elle est utilisée pour les puits à grands diamètres dans
des terrains alluvionnaires avec des profondeurs n’excédant
pas 1000 m. Le tubage est utilisé pour prévenir l’éboulement
des parois généré par la dépression durant le forage et la
stabilisation du forage est garantie par la pression
hydrostatique de la boue de forage (voir vidéo 1).
I. Généralités sur les forages
I.1.2. Forage à circulation directe du fluide
Le forage en circulation directe est utilisé pour tous les types
de roches (roches sédimentaires et cristallines). Il est utilisé
pour les forages de petits à moyens diamètres (152 à 444
mm). C’est ce forage qui atteint les plus grandes profondeurs
dans les bassins sédimentaires.
Le forage peut être effectué sans tube de revêtement. La
circulation de la boue (bentonite ou polymère) se fait entre
les tiges et les parois du forage.
I. Généralités sur les forages
I.2. Carottage
Le carottage est un prélèvement in-situ et en continu des échantillons
de roche dans le but de réaliser une coupe géologique d’une portion du
sous sol. Il peut être réalisé durant le forage ou après le forage.
Un carottier diamanté est fixé à l’extrémité des tiges de forage ou d’un
câble.
La récupération se fait par usure circulaire de la roche.
Le fluide utilisé est soit de l’eau claire ou de la boue légère pour
refroidir l’outil et remonter les fins déblais occasionnés par ce dernier.
I. Généralités sur les forages
I.2.1. Carottage durant le forage
Il est réalisé bien avant les diagraphies. Le trépan (drill bit) est
remplacé par un carottier (core barrel).
La récupération des carottes, dépendant de la taille du trou
précédent. On aura un cylindre de roche de 2 à 15 cm de diamètre
et plus de 60 m de long.
I.2.2. Carottages après forage
La plupart des méthodes fréquentes sont le carottage sur la paroi
latérale (sidewall). Les points d’échantillonnage sont décidés en
avance et sont basés sur une inspection des logs déjà exécutés.
I. Généralités sur les forages
I.3. Fluide de forage
Le fluide de forage aussi appelé boue de forage est un
mélange spécial préparé dans des bacs à boues qui est injecté
à l’intérieur du puits de forage à travers la tige de forage et le
trépan. On distingue trois catégories de fluide de forage en
fonction du fluide de base : eau, huile et air.
I. Généralités sur les forages
I.3.1. Boue à base d’eau (Water Based Mud)
C’est le type de boue le plus utilisé dans les différents
forages. Elle est constituée par des suspensions de bentonite
dans l’eau (30 à 60 g/L) avec souvent des additifs
chimiques (polymères).
Inconvénients : hydratation des argiles, dissolution des sels,
filtration dans les formations poreuses et perméables et
endommagement des formations (colmatage, précipités).
Avantages : sécurité, santé et environnement.
I. Généralités sur les forages
I.3.2. Boue à base d’huile (Oil Based Mud)
Ce sont des fluides dont la phase continue est une huile minérale
(pétrole brut, fuel, gazole...) et la phase dispersée de l'eau. Si la quantité
d’eau est supérieure 5%, on parle de boues de forage en émulsion
inverse dans le cas contraire, elles sont appelées boues à l'huile. Il
existe parfois des additifs chimiques dans cette boue.
Inconvénients : polluante, risque d'incendie, coût de fabrication,
distinction difficile des hydrocarbures in-situ dans les déblais...
Avantages : elle permet de résoudre les problèmes rencontrés avec la
boue à eau.
I. Généralités sur les forages
I.3.3. Fluides de forage gazeux
Ce sont des fluides dont la phase continue est du gaz mélangé
avec de l’eau dont la proportion est fonction de la formation
traversée ou ajoutée intentionnellement.
Le gaz peut être de l’air ou du gaz naturel, et peut appartenir à
une mousse ou à un brouillard. Les principaux fluides gazeux
utilisés sont : forage à l’air, forage à la mousse et forage à la
boue aérée. Ces fluides conviennent aux formations très dures et
sèches, aux formations fracturées.
I. Généralités sur les forages
I.3.4. Fonctions du fluide
Le fluide de forage a plusieurs fonctions qui sont :
- Nettoyage du fond de forage
- Transport des déblais vers la surface
- Refroidissement et lubrification de l'outil
- Maintien en suspension des déblais, des particules solides de fluide
pendant l'arrêt de la circulation directe.
- Colmatage des parois du forage temporairement ;
- Exerce une contre pression sur les parois de l’ouvrage et sur le
fluide contenu dans les formations poreuses et perméables.
I. Généralités sur les forages
I.3.5. Propriétés du fluide
Les propriétés sont : densité, viscosité, thixotropie, colmatage,
filtration et pH.
II. Forage Pétrolier
II.1. Définition
C’est l’ensemble des opérations consistant à creuser un trou en vue
d’atteindre les roches réservoirs susceptibles de contenir des
hydrocarbures liquides ou gazeux.
L’implantation d’un forage pétrolier est décidée à la suite des études
géologiques (lithologie) et géophysiques (sismique) effectuées sur un
bassin sédimentaire.
Le foreur identifie l'endroit où le puits doit entrer dans le réservoir, la
trajectoire du puits dans le réservoir pour assurer une bonne connexion
entre le puits et le réservoir, et les formations à forer.
II. Forage Pétrolier
II.2. Equipement du site de forage
Lorsque les experts ont déterminé l'emplacement théorique
d'un piège à pétrole (le prospect) après la phase exploration
(études géologiques et géophysiques), il convient de forer
afin de confirmer la présence d'hydrocarbures.
Pour ce faire, un appareillage de forage est nécessaire pour le
site de forage.
II. Forage Pétrolier
Les installations sont implantées en fonction de la
topographie du terrain et des précieuses informations
recueillies lors de l'exploration.
L’appareil de forage (rig) est un ensemble d’équipements
permettant d’assurer les fonctions de levage, de rotation, de
pompage, de traitement des fluides de forage, de sécurité et
de puissance nécessaires au forage. Selon que le forage soit à
terre ou en mer, l’appareil diffère. Les éléments communs :
II. Forage Pétrolier
-structure métallique pour soutenir le poids de la garniture et
de manœuvrer celle-ci ;
- éléments constitutifs de la garniture de forage ;
-plancher de forage (drill floor) et un poste de commande
(dog house) ;
- équipement pour l’entraînement en rotation ;
- équipements de circulation, de traitement et de stockage de
la boue et de récupération des déblais ;
-unité de puissance, constituée de moteurs diesels ou diesel-
électriques ;
- équipements de sécurité ;
- ateliers et stockages divers.
II. Forage Pétrolier
II. Forage Pétrolier
Forage à Terre
II. Forage Pétrolier
Forage en mer
L’appareil de forage en mer est monté sur un support marin
(fixe ou mobile) et le forage est opéré au travers d’une
tranche d’eau d’où un certain nombre d’équipements
supplémentaires.
Les types de support sont : (vidéo 2)
II. Forage Pétrolier
II.3. Exécution du forage pétrolier
La méthode de forage généralement utilisée est celle du
Rotary, bien plus rapide et efficace, mais elle reste très cher
(3 millions d'euros en moyenne).
II.3.1. Mode opératoire du forage d’exploration (Vidéo 3)
II. Forage Pétrolier
II.3.2. Contrôle du puits pendant le forage
Définition et rôle d’un puits
C’est un trou foré dans le sous-sol à des fins de
reconnaissance, d’évaluation ou d’exploitation d’une
ressource. Il permet :
• l’accès à la formation géologique visée ;
• d’assurer une communication hydraulique optimale avec
cette formation ;
• aux fluides contenus dans cette formation de remonter
efficacement et en sécurité vers la surface ;
• de collecter un ensemble de données importantes pour la
capitalisation de la connaissance du sous-sol.
II. Forage Pétrolier
II.3.3. Notion de « fenêtre de boue »
Avant le forage, deux caractéristiques sont à connaître : la
pression interstitielle et la pression de fracturation.
-pression interstitielle (Ppore) : c’est la pression du fluide
présent entre les grains de la roche. Elle dépend de la
profondeur de la formation et de sa nature.
-Lors du forage, la boue est en contact direct avec la
formation et exerce sur elle une pression notée Pboue. La
pression de la boue dépend de la profondeur mais doit
toujours rester supérieure à la pression interstitielle afin
d’éviter la venue (kick) de fluides (eau, huile ou gaz) dans le
puits. Si cette venue n’est pas contrôlée, cela peut causer une
éruption (blowout).
II. Forage Pétrolier
- pression de fracturation (Pfrac) : elle correspond à la
pression minimum à appliquer sur la roche pour générer une
fracture. Pour éviter que la roche ne se fracture, la pression
de la boue doit être inférieure à la pression de fracturation.
La pression de la boue est donc comprise entre la pression
interstitielle et la pression de fracturation. Cet intervalle est
appelé la fenêtre de boue (Ppore < Pboue < Pfrac).
II. Forage Pétrolier
II. Forage Pétrolier
II.3.4. Trajectoire du forage
Cette trajectoire dépend de l'emplacement de la plateforme,
de la localisation du point d’entrée du puits dans le réservoir
et de la trajectoire du drain dans le réservoir lui-même.
Les principales sont : trajectoire verticale, la trajectoire
horizontale, la trajectoire en J et la trajectoire en S.
Dans la trajectoire verticale, les installations se situent
directement au-dessus du gisement, à la verticale de
l'épaisseur maximale de la poche supposée contenir des
hydrocarbures.
II. Forage Pétrolier
La trajectoire en J est la plus commune. Elle est constituée
d’une première partie verticale jusqu’à une cote appelée KOP
(kick-off point, KOP) et d’une partie oblique avec une phase
de montée en angle (build up), dont le rayon de courbure est
plus ou moins prononcé. Le forage se termine par une phase
stabilisée dans son inclinaison.
Dans le cas d’une trajectoire en S, la phase stabilisée est
suivie d’une courbure faisant diminuer l’angle d’inclinaison
(drop off).
II. Forage Pétrolier
La trajectoire horizontale comprend dans sa partie supérieure
soit la forme en J soit la forme en S. C’est sa partie terminale
(inférieure) qui reste horizontale. Cette partie se trouve le
plus souvent dans le réservoir.
L’augmentation de l’angle se fait de manière progressive et
cela juste après la mise en place du cuvelage (casing).
Le KOP se place généralement dans des terrains de bonne
résistance mécanique, afin de faciliter la montée en angle
avec un gradient de l’ordre de 1°/10 m mais peut varier entre
0,5°/10m et 7°/10m.
II. Forage Pétrolier
II. Forage Pétrolier
II.3.5. Equipement du puits
Le puits est foré par intervalles de diamètres décroissants et
concentriques. Après chaque intervalle, le puits est revêtu
d’une colonne de tubes en acier de diamètre légèrement
inférieur au trou foré.
La colonne de tubes est appelée cuvelage (casing) si elle
remonte jusqu’en surface. Si elle ne recouvre pas toute la
hauteur du puits, elle est dite colonne partielle (liner).
II. Forage Pétrolier
Chaque colonne est cimentée à la paroi du puits. Pour ce
faire, le ciment est mis en place par un laitier de ciment
(phase liquide) qui est pompé à l’intérieur de la colonne,
circule jusqu’au sabot (shoe), puis remonte dans l’espace
annulaire entre la colonne et le terrain.
Plusieurs colonnes peuvent être distinguées suivant la
profondeur de la colonne dans le puits :
II. Forage Pétrolier
Architecture d’un puits à terre
II. Forage Pétrolier
Architecture d’un puits en mer profonde
II. Forage Pétrolier
Pour éviter les cas de venue de fluide, le puits est équipé
d’un dispositif de sécurité appelé bloc d’obturation de puits
(Blow out preventer stack ou BOP stack). Ce bloc est
constitué d’un ensemble d’obturateurs.
II.4. Complétion du puits
Après le forage, la boue de forage est remplacée par un
fluide de complétion (eau salée), et le BOP par une tête de
puits de production (christmas tree). Cette opération a pour
but de préparer le puits, déjà foré, en vue de la production.
L'opération de complétion consiste à atteindre en toute
sécurité le taux de production du puits fourni par les études
du réservoir durant toute la vie du gisement.
II. Forage Pétrolier
La complétion est l’ensemble des opérations effectuées dans
un puits avant sa mise en exploitation à savoir :
- le type de connexion à utiliser entre le réservoir et le puits
sur l'interface puits-réservoir ;
- les équipements à installer pour faire remonter le fluide
depuis le fond du puits jusqu'à la surface.
II.4.1. Connexion puits-réservoir
Il existe deux types de connexion : la complétion à
connexion ouverte et la complétion à connexion tubée.
II. Forage Pétrolier
Complétion à connexion ouverte (source IFP)
II. Forage Pétrolier
Complétion à connexion tubée (source IFP)
II. Forage Pétrolier
II.4.2. Connexion fond du puits et tête du puits
La connexion entre le fond du puits et la tête du puits est
assurée, le plus souvent, par un tubage : on parle donc de
complétion conventionnelle simple.
Elle permet d'optimiser la productivité du puits. Aussi, le
tubage peut être retiré et changé si nécessaire.
Dans le cas où le tubage est absent, la production se fait via
le casing : on parle alors de complétion sans tubage de
production.
II. Forage Pétrolier
II.4.3.Tête de puits
On y installe un arbre de Noël qui comprend une duse,
régulant le débit de production du puits, et des vannes utiles
pour réaliser les interventions sur le puits.
Une vanne de sécurité est ajoutée à cette complétion afin de
fermer le puits en cas d'urgence.
II. Forage Pétrolier
II. Forage Pétrolier
II.4.4. Performance du puits
L'ingénieur responsable des performances du puits doit
étudier le comportement de chaque puits en production, y
compris en cas d'épuisement du gisement, pour faciliter la
conception finale de leurs complétions.
On teste la performance du puits en exploitant une partie des
fluides : c’est l’aire d'alimentation.
L'étude des performances se résume donc en termes de
pression du puits.
II. Forage Pétrolier
II.4.5. Caractère éruptif du puits
Le déplacement du fluide depuis le fond du puits jusqu’à sa
tête est contrôlé par la chute de pression, qui correspond à la
différence de pression entre la pression du réservoir et la
pression de fond du flux.
Lorsque le fluide remonte naturellement alors le puits est
éruptif s'il produit naturellement. Cela est favorisé par la
pression du réservoir qui est suffisamment élevée que celle
de fond du flux.
II. Forage Pétrolier
Si la remontée n’est pas naturelle, alors le puits n'est pas
éruptif. Dans ces conditions, un système complémentaire est
installé avec la complétion pour faciliter la remontée.
Ce système fourni l'énergie supplémentaire qui s’ajoute à
celle, naturelle, donnée par le réservoir.
Deux types de systèmes de remontée de la production
existent : les pompes et l’injection de gaz.
Le principe d'une pompe est d'augmenter la pression du
fluide entre le point d’aspiration de la pompe et le point de
décharge. La composition du fluide reste la même.
II. Forage Pétrolier
Dans le système d’injection de gaz, celui-ci est mélangé avec
le fluide du réservoir en fond de puits ; le mélange obtenu est
plus léger que l’effluent d’où une remontée de la colonne de
fluide jusqu'à la tête de puits.
Lorsque le forage est un succès, il faut encore forer plusieurs
puits pour bien connaître le gisement; c’est la phase de
développement.
L'objectif principal de la production est d'extraire le plus
d'hydrocarbures du gisement et de le ramener à la surface où
il pourra être traité et exporté. Suivant les réservoirs, la
récupération varie de 10 à un peu plus de 50% au maximum.
Le gisement a une durée de vie qui varie de 15 à 30 ans et 50
ans pour les gisements super géants.
CONCLUSION
Le forage est le seul moyen d’avoir accès au gisement du
pétrole et la technique la mieux adaptée est le forage au
rotary.