MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Union - Discipline - Travail
UFR DES SCIENCES DE LA TERRE ET
UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY
DES RESSOURCES MINIERES (STRM)
DEPARTEMENT DES SCIENCES ET TECHNIQUES
DE L’EAU ET DU GENIE DE L’ENVIRONNEMENT
PROSPECTION DES EAUX SOUTERRAINES
Proposé par:
Prof. Emmanuel
KOUADIO
+225 01 30 63 68
SOMMAIRE
INTRODUCTION
I. APERçU DES NAPPES RECHERCHEES EN CÔTE D’IVOIRE
II. MATERIELS ET DONNEES NECESSAIRES A LA PROSPECTION
III. METHODE DE PROSPECTION HYDROGEOLOGIQUE
IV. METHODE DE PROSPECTION GEOPHYSIQUE
INTRODUCTION
Le territoire ivoirien est constitué de 97,5 % de socle cristallin et
métamorphique et de 2,5 % de bassin sédimentaire.
La prospection des eaux souterraines consiste à rechercher et à
identifier les sites et les couches de terrain où l’on peut accéder à la
nappe d’eau souterraine.
Les méthodes employées, les hypothèses, les résultats et leurs
interprétations tiennent compte de la géologie du milieu où l’on se
trouve.
Dans tous les cas, la réussite de l’opération dépend de la bonne
application de la méthode appropriée et de la bonne interprétation des
données.
I. APERçU DES NAPPES RECHERCHEES EN CÔTE D’IVOIRE
I.1 EN MILIEU DE SOCLE OU MILIEU DISCONTINU
Trois niveaux aquifères se superposent et on distingue du haut vers le bas :
▪ une couche d'altérites;
▪ une zone arénisée au toit du socle;
▪ un horizon massif et fracturé.
I.1.1 Aquifères d'altérites
Les altérites constituent le premier niveau aquifère en milieu cristallin. Les
eaux d'infiltration en provenance des précipitations transitent d'abord
par les altérites avant d'atteindre le milieu sous-jacent.
L'épaisseur d'altération est très variable à l'échelle régionale (2 à 50 m) à
cause de la grande hétérogénéité pétrographique. Les nappes d'altérites
sont généralement captées par les puits paysans, mais ce sont des nappes
phréatiques qui tarissent rapidement en saison sèche.
I.1.2 Zone arénisée au toit du socle
C'est la zone de transition entre la couche d'altérites et la zone massive
fracturée. Elle se caractérise par du matériau broyé en voie d'altération.
Cette couche est généralement saturée d'eau. Elle s'intercale comme un
filtre entre le milieu poreux sus-jacent et le drain principal sous-jacent jouant
le rôle de collecteur. C'est le réservoir exploité par les puits modernes qui se
limitent au toit du socle. Les aléas climatiques influencent également ce
niveau aquifère.
1.1.3 Aquifères de fissures
Les fractures créées dans le substratum rocheux par les évènements
tectoniques constituent des zones préférentielles de drainage des eaux
dans le milieu souterrain. La densité de fracturation, le degré d'ouverture et
l'arénisation des fractures déterminent l'importance du drainage.
Les nappes de fissures sont profondes et peuvent atteindre 120 m en Afrique
de l'Ouest (Engalenc, 1981). De ce fait, leur exploitation se fait à travers des
forages (ouvrage de captage de petit diamètre: 6 pouces à 14 pouces).
Ces nappes sont plus résistantes aux aléas climatiques et l'eau présente une
qualité physico-chimique et bactériologique généralement acceptable au
regard des normes internationales de l'OMS.
A : Altérites (milieu poreux) milieu capacitif réservoir d'altérites
B : Zone fissurée milieu conducteur aquifère de fissures
C : Milieu fracturé milieu conducteur aquifère de fissures
Modèle conceptuel des systèmes aquifères
en milieu cristallin (Engalenc, 1979)
I.2 EN MILIEU SEDIMENTAIRE OU MILIEU CONTINU
Les milieux perméables granulaires, les roches meubles pourvues de pores,
les roches à micro-fissures constituent des milieux continus.
En Côte d’Ivoire, le milieu continu est représenté par le bassin sédimentaire
côtier. La grande région d’Abidjan fait partie intégrante du bassin
sédimentaire où l’alimentation en eau de consommation des populations se
fait essentiellement à partir de la nappe du Continental Terminal encore
appelée « nappe d’Abidjan ». Cette nappe assure plus de 60 % de la
ressource en eau de tout le pays à travers un système de péréquation.
Modèle d’aquifère en milieu continu
II. MATERIELS ET DONNEES NECESSAIRES A LA PROSPECTION
Les Matériels et données nécessaires à l’étude sont:
- Cartes topographiques;
- Photographies aériennes;
- Images satellitaires
- Les données de forages existants
- Le GPS
- L’appareillage géophysique
Ces données sont produites par le centre de cartographie et de
télédétection (CCT-BNETD, les Directions Régionales de l’Hydraulique
(DTH), l’Office National de l’Eau Potable (ONEP).
Les images satellitaires sont particulièrement disponibles au Centre
Universitaire et de Recherche et d’application en Télédétection (CURAT).
Elles sont nécessaires pour établir les cartes de fracturation, délimiter les
bassins versants, etc.
La carte topographique au 1/50.000 et les images satellitaires permettent
d’étudier la morphologie du terrain et d’apprécier les zones de
convergence des linéaments.
Les photos aériennes permettent également de mener une étude
géomorphologique à l’aide d’un stéréoscope.
L'analyse de ces 2 types de documents est souvent difficile du
fait des profondes modifications de l’environnement depuis
l'édition des cartes ou photos (nouveaux axes routiers, extension
des quartiers, plantations, etc).
Les données sur les forages existants permettent de guider dans
certains cas la prospection. La confrontation de ces données
peuvent aider à une meilleure interprétations des données
géophysiques.
III. METHODE DE PROSPECTION HYDROGEOLOGIQUE
III.1 Implantation par analyse géomorphologique
L'analyse morphologique porte essentiellement sur la topographie.
Celle-ci peut se définir comme la description des formes naturelles
du terrain. En d'autres termes, c'est l'étude du relief d'un lieu. Le
relief, en effet, comprend les sommets, les plateaux, les plaines, les
vallées, les versants, etc. Tous ces éléments influencent l'écoulement
des eaux qui tombent sur une unité géographique donnée. Aussi,
selon Engalenc (1979), la recharge des aquifères dépend-elle des
conditions morphologiques locales.
La méthode géomorphologique, basée sur l’observation des
éléments de la nature, est la méthode la plus rapide et la moins
onéreuse parmi toutes les méthodes d’implantation de forages.
L’observation de certains signes peut aider à positionner un ouvrage
productif.
En région de socle. Si la végétation aux environs du village est
constituée d’une forêt dense en anneau, alors nous avons plus de
chance d’avoir un sous-sol très fracturé. La présence d’une
végétation linéaire (alignement des grands arbres) traduit la
présence de structures linaires susceptibles de contenir de l’eau.
III.2 Elaboration de la carte de fracturation
III.2.1 Imagerie satellitaire et cartographie des linéaments
Les images satellaires sont traitées en vue de mettre en évidence les
linéaments structuraux de la zone d’étude (implantation par
télédétection). Plusieurs auteurs ont pratiqué cette méthode Biémi
(1992), Savané (1997), Kouamé (1999), Lasm (2000), Kouadio (2005),
Jourda (2005), etc.
Remarque: La présence de sol ou de couverture alluviale peut
partiellement masquer les fractures du substratum.
Sur une image réhaussée on peut tracer les réseaux de linéaments
manuellement ou à l’aide de logiciels, Modfrac par exemple.
Une image traitée et mattant en évidence les linéaments
structuraux (KOUAME, 1999).
CARTE LINEAMENTAIRE DE LA REGION DU DENGUELE (Savané, 1997 in Kouadio, 2005)
III.2.2 Validation de la carte des linéaments
La carte linéamentaire obtenue à partir des images améliorées et
filtrées est traitée avec le réseau routier, les lignes de haute tension,
relief, l’hydrographie, les pistes, etc
Pour cela il est nécessaire de confronter la carte linéamentaire à la
réalité du terrain afin d’éliminer les éléments compromettants.
III.3 Analyse statistique des fractures
L'orientation confère aux fractures un rôle hydraulique. Les fractures
peuvent être ouvertes dans une direction et fermées dans une
autre. Aussi, une zone est-elle d'autant plus favorable au succès
d'un sondage que sa densité de fracturation est élevée.
L’analyse statistique consiste à étudier ce qui suit:
❑ Rosace directionnelle ou azimut;
❑ Histogramme des longueurs des fractures;
❑ Carte des densités de fracturation par rapport aux longueurs;
❑ Carte des densités de fracturation par rapport au nombre;
❑ Noeuds des fractures;
❑ Etc.
Certains logiciels permettent de mener l’étude statistique d’un
réseau de fracturation (Lineam par exemple).
III.4 Prospection hydrogéologique en milieu sédimentaire
La prospection hydrogéologique est basée sur les éléments
suivants:
❑Proximité de la mer ou de la lagune: problème du biseau salé;
❑Proximité d’une source de pollution : décharge d’ordures,
déversement de carburant, cimetière, etc; (problème
sociologique)
❑Proximité des habitats: éviter la corvée de l’eau dans le cadre
de l’HV avec les PMH;
❑Etc.
IV Prospection géophysique
Les nombreuses méthodes géophysiques actuellement
opérationnelles occupent une place importante dans la
prospection et la reconnaissance des eaux souterraines. Les
principales méthodes utilisées sur le terrain sont les suivantes :
électriques
électromagnétiques
gravimétriques
Sismiques
L’objectif est d’apporter des précisions pour le positionnement
des sites de forage.