Jawad AMAHMOUL
Docteur en droit
Droit commercial
2022
Sommaire
Chapitre I : le commerçant:
Paragraphe I : le critère objectif :
A – les actes de commerce par nature
B – les actes de commerce par la forme
C – les actes de commerce par accessoire
D – les actes mixtes
Paragraphe II : critère subjectif :
A – l’exercice habituel ou professionnel
B – la capacité commerciale
Chapitre II : le fonds de commerce :
Section I : éléments du fonds de commerce :
A – les éléments corporels
B – les éléments incorporels
Section II : opérations portant sur le fonds de commerce :
A – la vente
B – l’apport en société
C – la gérance libre
D – le nantissement
Chapitre préliminaire
1- Qu’entend-on par droit commercial ? Que signifie
exactement du point de vue juridique ce concept que tout le monde
ignore tout en croyant connaître le sens.
La définition du droit commercial peut aussi être objective,
établie par référence à son objet.
La définition du droit commercial et de son domaine et sa
distinction des disciplines complémentaires, voire concurrentes n’a
d’intérêt que de par les spécificités qu’elle permet de déterminer.
Ce chapitre préliminaire sera conclu par la détermination des
sources du droit commercial
Section I : Définition :
2- le droit commercial est une discipline qui regroupe
l’ensemble de règles juridiques applicables aux activités industrielles,
commerciales et artisanales. Le droit commercial couvre des activités
différentes de celles régies par le droit civil. Font partie de son champ
d’application toutes les opérations qui concernent la production, la
circulation et la distribution des richesses. Mais le droit commercial ne
régit pas toutes les activités économiques. Certaines d’entre ces
dernières ont été délibérément exclues de son domaine, telle que
l’agriculture et les professions libérales1.
Section II : Objet du droit commercial
3- Le droit commercial a pour objet toute activité considérée
comme étant commerciale ou économique. La détermination des actes
ou des activités commerciales peut être faite selon deux classifications
fondées sur des éléments d’ordre économique ou juridique.
I- Classification économique des activités
4- La classification économique des activités permet de
distinguer entre trois catégories d’activités économiques. Ces
dernières sont respectivement l’extraction du sol, la transformation et
la circulation des biens et services et la consommation.
A- Activité d’extraction du sol
5- Cette activité économique est exclue du domaine du droit
commercial. On lui applique le droit civil pour des motifs qui sont
enracinés dans l’histoire de la civilisation humaine.
Tout ce qui touche au sol et à la terre relève, en principe, du
droit civil. Néanmoins, alors que cette règle s’applique de façon quasi
absolue relativement au secteur agriculture, son application sur le
1
شكري السباعي أحمد الوسيط في القانون التجاري المغربي و المقارن
secteur minier a connu un certain adoucissement et une grande
évolution qui a eu pour conséquence de ramener ce secteur vers le
domaine du droit commercial.
Les entreprises agricoles sont considérées, en principe, comme
étant des entreprises civiles. En revanche, dès lors qu’elles se
livreront à une activité de transformation, elles deviendront des
entreprises commerciales et basculeront dans le régime juridique
propre à ces dernières.
En revanche, l’extraction de matières minérales relève du droit
commercial. Par mine en entend tout acte visant l’extraction de
combustibles ou de minéraux. Cette classification recouvre toutes les
activités dites pétrolières ou gazières qui relèvent du domaine du droit
commercial.
B- Activité de circulation et de transformation des biens et
services
6- Ce domaine très vaste. Il est « Le » domaine par excellence
du droit commercial. Il concerne les activités d’échange, à l’exception
de la promotion immobilière qui consiste en l’achat d’un immeuble
pour y construire des locaux dans le but de les vendre2.
C- Activité de consommation
7- La consommation est une activité qui relève du droit civil.
Cette activité peut tout de même être à l’origine des opérations dites
mixtes qui sont soumises, très souvent, à l’application de la loi sur la
protection du consommateur. Cette dernière contient dans son enceinte
des disposants qui sont plus favorables à cette catégorie de profanes
lorsqu’elle traite avec des commerçants présumés beaucoup plus
avisés.
II- Classification juridique
1997 لفروجي محمد التاجر و قانون التجارة بالمغرب2
8- La classification juridique des activités est établie en vertu
de deux critères distincts. Le premier est un critère personnel ou
subjectif. Il se réfère à la personne qui agit. Le droit commercial serait
ainsi une branche de droit applicable aux commerçants, c’est à dire à
ceux qui sont définis comme tels par la loi. Le second critère plus
objectif se réfère à la nature de l’opération elle-même.
10- De la mise en application du premier critère découle deux
principales conséquences. La première considère que tous les actes
faits par un commerçant relèvent du droit commercial. La seconde
produit l’effet inverse. Elle consiste dans le fait que tous les actes faits
par un non commerçant relèvent du droit civil.
11- Le second est critère objectif permet de distinguer entre
deux types d’actes : Les actes de commerce d’un côté et les actes
civils d’un autres, indépendamment de la qualité de l’acteur qui les
accomplis.
12- en vertu de ce critère, le droit commercial serait le droit
applicable aux actes de commerce. De même, la mise en application
de ce critère engendre deux conséquences. La première consiste dans
le fait que tous les actes de commerce relèveraient du droit
commercial, qu’ils soient effectués par un commerçant ou pas. La
seconde se résume dans le fait que tous les autres actes relèvent du
droit civil même s’ils sont effectués par un commerçant.
13- Le code de commerce adopte les deux critères. Les
commerçants, en vertu de ces dispositions, sont ceux qui exercent des
actes de commerce et en font leur profession habituelle. Le législateur
se réfère ainsi au critère personnel. Par ailleurs, le législateur marocain
procède à l’énumération des actes qui sont considérés comme étant
commerciaux. On agissant ainsi il est clair que le législateur marocain
se réfère au critère objectif.
De nos jours, celui qui est appliqué en priorité demeure le
second critère. La qualité de la personne qui effectue l’acte sera ainsi
prise en considération à travers l’application prioritaire de la liste des
actes de commerce avec quelques nuances.
Section III : Spécificités du droit commercial :
14- La spécificité du droit commercial est due à trois
principales raisons. Ces dernières se réfèrent soit à son but aux
éléments qui sont nécessaires au développement de toute activité
commerciale.3
15- La première raison se rapporte au but du commerce qui
n’est autre que le fait de faire des profits. En droit commercial, on
estime que le commerçant spécule sur ses biens. Aucun commerçant
ne peut se contenter de gérer son patrimoine. Au contraire, un
commerçant peut acheter et vendre des biens et les faire circuler pour
réaliser le plus grand profit possible.
16- La seconde raison consiste en le besoin de rapidité. Un
commerçant se trouve toujours devant une contrainte de temps qui ne
lui permet pas de respecter les règles de droit civil. La prise en
considération de cette spécificité propre à la vie des affaires exige la
simplification des règles juridiques applicables aux commerçants.
17- La troisième raison consiste en le besoin de crédit. Un
commençant a de gros besoin en terme de trésorerie et il doit
entreprendre continuellement des investissements, au fur et à mesure
que ce développe son activité. Cette spécificité exige l’intégration de
règles visant l’adaptation des systèmes de crédit.
I- Besoin de rapidité
12- Les transactions sui se réalisent en matière commerciale et
économique se nouent et dénouent très rapidement. Tout retard peu
avoir un impact néfaste sur l’activité des entreprises. Le besoin de
rapidité exige que les procédures applicables en matière commerciale
soient simplifiées de façon considérable, comparées à celles qui doit
être observées en matière civile. Ce besoin influe aussi sur certaines
règles du droit du fond, notamment celles renvoyant vers des délais. Il
3
AKHLI Mohamed « droit des affaires » T :1 EL BADII 2004
en est ainsi des règles régissant le droit de la preuve qui peut se fait
par tous moyens et de la prescription qui fut ramenée en matière
commerciale à un délai de cinq ans.
II- Besoin de crédit
13- Le droit commercial contient des dispositions qui visent à
faciliter l’octroi et l’obtention de crédit. Ces dispositions mettent à la
disposition des commerçants des techniques de financement propres,
telles que l’escompte de la lettre de change et le factoring.
L’escompte de la lettre de change est une opération qui fut
inventée dans cette optique. Elle désigne le fait pour un tireur
créancier de céder la lettre de change dont il est titulaire à sa banque
avant la réalisation de son délai de paiement en contrepartie de sa
valeur vénale et après déduction d’une somme dite le taux d’escompte.
Le droit commercial renforce le crédit à travers le
renforcement de la protection des créanciers. Ce renforcement semble
être vital étant donné que dans le non-paiement d’une dette peut
entraîner une cascade de non-paiement et donc de faillites des
entreprises situées bien en aval.
En matière commerciale aucun délai de grâce ne peut être
accordé au débiteur par le juge, sauf dans quelques cas exceptionnels
souvent liés à des crises ou des situations générales qui rendent
difficile le paiement des créances dans les délais prévus initialement.
Il en était ainsi, en France suite aux événements de mai 68, en vue de
permettre aux entreprises de faire face à la paralysie économique.
III- Principe de solidarité
14- L’intérêt de ce principe émerge lorsqu’il y a en face d’un
créancier plusieurs débiteurs qui sont tenus par la même dette. Dans ce
genre de situation il devient utile de savoir à quoi sera tenu chaque
débiteur. Deux thèses ont été émises à ce sujet.
La première thèse est celle qui considère que les débiteurs ne
doivent pas être considérés comme solidaires. Chacun d’entre eux sera
uniquement tenu de payer une partie de la dette et le créancier ne
pourra demander à chaque débiteur que la partie de la dette dont il est
redevable. De ce fait, lorsqu’un débiteur est insolvable, le créancier ne
pourra pas obtenir le paiement total.
La deuxième thèse estime, au contraire, que les débiteurs
doivent être considérés comme solidaires. Chacun d’entre eux sera,
ainsi, tenu de payer la totalité de la dette. Par conséquent, le créancier
peut demander le remboursement de toute la dette à n’importe lequel
d’entre eux.
Le débiteur qui a procédé au paiement de la créance en faveur
du créancier disposera d’un recours à l’encontre de ses codébiteurs. Ce
recours peut être utilisé afin de les obliger de payer leur part. En cas
d’insolvabilité de l’un d’entre eux la perte subie sera assumée par le
débiteur qui a payé.
Le créancier a toujours intérêt à ce que ses débiteurs soient
solidaires. Lorsque le contrat garde le silence relativement à cette
question, la mise en application de la solidarité ou sans défaut sera
déterminée en vertu de la nature de l’acte. Lorsque ce dernier est civil,
la solidarité n’aura pas lieu. En revanche, lorsque le contrat est passé
entre commerçants la solidarité sera présumée.
Section IV : Les sources du droit commercial
17- Par sources nous entendons les mécanismes par lesquels la
règle de droit fut créée. Les sources du droit commercial sont les
mêmes que celles du droit civil. Ces dernières sont respectivement la
loi, la jurisprudence, la coutume ainsi que le contrat). La différence
entre ces deux branches se situe au niveau des places que ces sources
respectives occupent en droit commercial.
I- Les règles écrites
18- Les règles applicables en matières commerciales sont de
deux ordres différents. La première catégorie relève du droit interne
national. Les dispositions de cette dernière sont applicables aux actes
juridiques dans lesquels il n’y pas d’élément d’extranéité. La seconde
catégorie relève du domaine du droit international. Ces dispositions
sont applicables en la présence d’un élément d’extranéité, notamment
en matière des conventions internationales.
A- Règles relevant du droit national
19- les règles applicables en matière commerciale qui sont
issues du droit national sont de trois natures différentes. sont soit des
règles de droit commercial, du droit civil en cas de silence ou de
carence constaté au niveau du droit commercial ainsi que les règles
relatives au droit de la consommation.
a- Règles de droit commercial
20- La majorité des règles dites du droit commercial sont
principalement regroupées dans le code de commerce. D’autres règles
sont éparpillées au niveau d’autres textes juridiques complémentaire
audit code. Tel est le cas de la loi sur les établissements de crédit, la
charte de l’investissement et la loi relative au statut de l’auto-
entrepreneur.
b- Règles de droit civil
21- Dans certaines situations commerciales, le droit civil
s’applique encore. Le droit commercial constitue malgré l’évolution
historique dont nous avons déjà déclinée les grands dénominateurs un
droit d’exception. Les cas de son application sont limitativement
définis par le législateur.
A titre d’exemple le contrat de vente est principalement régi
par le droit civil, dit aussi droit commun. En revanche, de plus en plus
de contrats modernes nés dans l’enceinte du contrat de vente et issus
de la pratique sont régis par le droit commercial. Ceci est le par
exemple le cas du crédit-bail et du contrat de vente en ligne.
L’application des règles du droit civil peut être approchée à la
lumière de deux situations distinctes. La première est celle dans
laquelle la situation qui doit être traitée n’est régie par aucune règle ou
coutume commerciale particulière. C’est le droit civil qui doit recevoir
application dans ce cas. La seconde se rapporte à l’existence d’un
conflit entre le droit civil et le droit commercial. Dans ce cas un
arbitrage doit être opéré dans ce cas en faveur de l’application du droit
commercial.
B- Règles relevant du droit international
22- La réglementation internationale est issue de la conclusion
de conventions entre Etats. Ces conventions sont nombreuses et on
peut les classer en deux catégories. La première est celle des
conventions bilatérales conclues entre deux Etats. La seconde
concerne les conventions multilatérales auxquelles adhèrent un
nombre important d’Etats et qui visent à établir une uniformisation de
la réglementation commerciale.
L’uniformisation des règles juridiques est un rêve que partage
un grand nombre de juristes dans les temps modernes. Cet objectif ne
peut être atteint qu’à travers la mise en place de règles internationales
applicables par tous les Etats signataires. Ceci est le cas de la
convention de Genève de 1936 qui a unifie le droit de la LC entre
Etats signataires, du traité de Rome de 1937 visant à établir une
collaboration en matière nucléaire et à créer la CEE ainsi que du traité
d’Amsterdam de 1997.
II- Les usages commerciaux et les coutumes :
23- Les usages ont un rôle important en matière commerciale.
Ils sont même pour beaucoup à l’origine du droit commercial dont il
constitue une source fondamentale. La distinction est établie entre
deux types d’usages : les usages dits de droit et ceux qui se rapportent
au fait.
A- Usages de droit :
24- Ce sont les règles qui sont créées au fil du temps et qui,
grâce à leur constance, finissent par être considérées comme étant
obligatoires. L’exemple qui peut être cité à ce titre est celui de la
présomption de solidarité.
Caractéristiques constitue des règles de droit s’imposant aux
intervenants indépendamment de leur consentement. L’usage de droit
peut faire échec à une loi. Deux situations doivent cependant être
distinguées. La première se rapporte à un conflit entre les coutumes
commerciales et une loi civile et dans laquelle les premières peuvent
faire échec à la seconde. La seconde concerne un conflit entre les
coutumes et une loi commerciale. Dans ce cas de figure c’est la loi qui
doit recevoir application.
B- Usages de fait
25- Ce sont des pratiques commerciales suivies par les
commerçants. L’adoption de ces clauses et l’acquiescement à leur
mise en application se traduisent par l’introduction systématique
pendant de nombreuses années dans les contrats. Ensuite, ces clauses
étant donné leur renommée finissent par disparaître des contrats tout
en gardant le même statut. Cette disparition matérialise leur
transformation en des règles sous-entendues qui non pas besoin d’être
citées expressément.
Ce sont des usages qui se créent selon un processus
conventionnel par répétition de certaines clauses contractuelles. Les
parties au contrat sont censées s’être référées tacitement à ces clauses
même lorsque le contrat ne le stipule pas.
L’usage de fait n’est pas une règle de droit. Il constitue
seulement un indice sur la volonté contractuelle vraisemblable et
usuelle. Le recours aux usages de fait et leur mise en application
varient selon les domaines considérés. Un usage de fait ne s’applique
qu’à défaut de stipulations contraires des parties. Ce type d’usage ne
peut en aucun cas déroger aux lois supplétives de la volonté. En tout
état de cause il appartient à celui qui l’invoque de prouver son
existence.
III- La jurisprudence
26- la jurisprudence joue le même rôle qu’en matière civile.
Seules deux spécificités doivent être mentionnées à cet égard. La
première se rapporte au type de juridiction qui la compose et lui donne
corps. La seconde est liée à l’existence d’une autre jurisprudence issue
des sentences arbitrales, qui cohabitent avec celle élaborée par les
juridictions étatiques.
Partie I : La commercialité
27- La commercialité est l’état de ce qui a rapport au
commerce et à l’activité commerciale. Elle est une notion qui permet
de réunir l’ensemble des facteurs qui spécifient le rapport au
commerce et qui sont liés à la reconnaissance et à l’attribution de la
qualité de commerçant.
28- La commercialité peut être vue à travers deux prismes
différents. Le premier est objectif. Il se base sur la nature de l’activité
exercée par l’entreprise individuelle ou sociétaire. Le second est
subjectif. Il concerne les conditions relatives aux personnes désireuses
d’exercer une activité commerciale.
Chapitre I : les actes de commerce
29- en vertu de la théorie objective l’application du droit
commercial serait intrinsèquement lié à la nature de l’acte accompli.
C’est donc l’essence de tout acte qui jouera le rôle de l’arbitre et
déterminera ce qui va tomber dans le domaine du droit commercial et
ce qui en sera exclu.
La détermination des actes de commerce semble ainsi être une
tâche hautement importante. Tout législateur qui opte pour la mise en
application de la théorie objective se doit de procéder à une
détermination exhaustive des actes qui sont considérés comme étant
commerciaux. Les autres seront exclus par recours à l’élimination.
30- Les actes de commerce font traditionnellement l’objet
d’une classification tripartite. Cette dernière distingue entre les actes
dits de commerce par nature, les actes de commerce par la forme et les
actes de commerce par accessoire. A ces trois catégories s’ajoutent
une quatrième qui se rapporte aux actes dits mixtes car ils sont à la
fois commerciaux et civils.
Section I : les actes de commerce par nature
30- Les actes de commerce par nature ont été déterminés,
limitativement, par le législateur marocain dans le cadre de l’article
6 du code de commerce. Cette exhaustivité ne constitue pas un choix,
mais une obligation imposée par l’adoption de la théorie objective. En
vertu des dispositions dudit article sont considérés comme étant des
actes de commerce par nature des actes renvoyant vers des activités et
des secteurs économiques très différents. La législateur a voulu y
inclure les activités les plus importantes et opérer une exclusion voulu
de certaines activités qui ont gardé nonobstant le temps leur
attachement étroit au droit civil.
Les deux premières opérations se rapportent aux meubles.
Qu’il s’agit de l’achat ou de la location de meubles corporels ou
incorporels, cet acte est considéré comme étant commercial dès lors
qu’il est accompli en vue de les revendre soit en nature soit après les
avoir travaillés et mis en œuvre de les louer dans le premier cas ou en
vue de leur sous-location dans le second.
En matière de bien immobilier la situation est un peu
différente. Seule l’acte d’acheter peut tomber dans le domaine du droit
commercial, à condition qu’il soit accompli en vue de les revendre en
l’état ou après transformation.
Les autres actes ont été cités en vrac et sans recours à une
quelconque vision globale. Parmi ces dernières ont trouve la recherche
et l’exploitation des mines et carrières, l’activité industrielle ou
artisanale qui est fondée sur la transformation de matière première et
le transport de voyageurs et de marchandises. Les opérations portant
sur les navires, les aéronefs et leurs accessoires et se rattachant à leur
exploitation ont été aussi comprises dans cette liste. Il en est de même
pour tout acte faisant partie du commerce maritime et aérien.
De nombreux services ont aussi été intégrés de façon
nominative dans cette classification. Il en est ainsi pour le secteur de la
banque, l’octroi du crédit et les transactions financières et les
opérations d’assurance à primes fixes. Le courtage, la commission et
l’entremise l’ont aussi été. De même que les bureaux et agences
d’affaires, de voyages, d’information et de publicité. Le législateur
marocain a ensuite procédé à une généralisation en disposant que
l’acte de fournir des services constitue aussi un acte commercial. Il en
est de même pour la fourniture des produits qui est difficile à
différencier de l’acte d’achat en vue de revendre constituant aussi un
acte de commerce majeur.
L’imprimerie et l’édition constitue aussi des actes de
commerce. Il en est de même que le secteur du bâtiment et des travaux
publics qui occupe une place de plus en plus importante parmi les
activités économiques.
L’article 6 vise aussi certaines activités spéciales. Il est ainsi
de l’organisation des spectacles publics, de la vente aux enchères
publiques et la distribution d’eau, d’électricité et de gaz ainsi que les
postes et télécommunications. L’exploitation d’entrepôts et de
magasins généraux constitue aussi un acte de commerce malgré le fait
qu’il soit rarissime.
Section II : les actes de commerce par la forme :
31- Ce sont des actes qui ne doivent pas leur commercialité à
leur objet, mais à une déclaration expresse de la loi. C’est le
législateur qui, pour des motifs stratégiques qui se situent au dessus de
toute argumentation logique, décide de mettre certains actes humains
dans le domaine du commerce et des affaires, sans prêter la moindre
importance à leur substance. Ces actes incarnent la tendance
formaliste qui caractérise même certaines règles juridiques de fonds.
Sont considérés comme étant des actes de commerce par la
forme, la lettre de change, indépendamment de la nature de la créance
à laquelle elle est attachée, ainsi que toues les sociétés commerciales,
à l’exception de la société en participation. Les raisons demeurant
derrière l’exclusion de cette dernière se résument dans le fait qu’elle
ne dispose pas d’une personnalité morale et qu’elle n’a, de ce fait,
aucune existence juridique.
Section III : les actes de commerce par accessoire :
32- derrière l’intégration de cette catégorie d’actes dans le
domaine du droit commercial demeure la volonté du législateur
d’élargir le domaine de ce droit. Cet élargissement ne constitue pas un
objectif en soi, il représente juste un mécanisme qui permet de
renforcer la protection des commerçants nonobstant la nature
intrinsèque des actes accomplis.
Les actes de commerces par accessoire sont des actes qui
principe civiles car ils ne correspondent à aucun des actes considérés
comme tel par la loi. Cependant, chacun de ces actes peut devenir
commercial lorsqu’il est accompli par un commerçant ou une société
commerciale pour les besoins de son activité.
Section IV : les actes mixtes :
33- Les actes mixtes sont des actes qui sont considérés comme
étant civils à l’égard de l’une des parties et commerciaux à l’égard de
l’autre. Les règles du droit commercial s’applique uniquement à la
partie pour laquelle l’acte est commercial. En revanche, ces règles ne
peuvent pas être opposées à la partie pour laquelle l’acte est civil, sauf
disposition contraire.
I- Régime juridique des actes mixtes :
34- Deux régimes juridiques se disputent la régence des actes
mixtes. Le premier est le plus équitable. Il consiste en l’application à
chaque catégorie des règles qui lui sont propres. Aux civils on
appliquera le droit civil et aux commerçants son homologue
commercial. Le second régime est fondé sur un traitement unitaire.
L’un des deux régimes sera exclu en faveur de l’autre, ce qui engendre
le renforcement de la position juridique de l’un des deux contractants
au détriment de l’autre.
A- Le principe de la distributivité des règles :
35- Le principe retenu par le législateur marocain consiste dans
le fait de donner aux règles de droit une application distributive. En
vertu de cette application, les règles de droit civil seront applicables à
titre exclusive au non-commerçant et les règles commerciales
applicables uniquement au commerçant. Ainsi, le régime appliqué se
caractérisera lui-même par son régime mixte.
36- Ainsi, en matière de droit de la preuve, le non-commerçant
dispose de la possibilité de prouver l'obligation commerciale de son
cocontractant pat tous les moyens. Il peut le faire en s’appuyant sur le
principe de la liberté de la preuve. En revanche, le commerçant qui
cherche à prouver l'obligation de la partie non-commerçant devra agir
dans le respect des règles de preuve prévu par le droit civil.
37- En matière de compétence juridictionnelle, le commerçant
ne pourra assigner le non-commerçant que devant une juridiction
civile. Par contre, le non-commerçant aura le choix entre assigner le
commerçant devant le Tribunal de Commerce ou une juridiction
civile.
38- Relativement au principe de la solidarité, est présumée
entre les codébiteurs commerçants alors qu'elle devra être
expressément stipulée à l'encontre des codébiteurs non-commerçants.
Ces derniers ne seront pas en son absence déclarés conjointement
responsables.
B- L’unité des règles :
39- Le principe distributif est soumis à plusieurs exceptions.
Ces dernières ont pour conséquence de donner lieu à l’application du
droit civil ou du droit commercial à l'intégralité de l'acte,
indépendamment de la qualité de la partie poursuivie. Ces deux
branches du droit peuvent être, parfois, écartées en faveur des
dispositions prévues par la loi sur la protection du consommateur.
41- L’arbitrage est un mode de résolution des litiges propre au
droit commercial et au domaine des affaires. Il ne être utilisé que dans
le cadre des litiges dans lesquels les deux parties sont des
commerçants. La clause compromissoire et le compromis ne peuvent
être valables et produire leurs effets que vis-à-vis des non-
commerçants.
42- La prescription est un délai qui engendre la dissolution de
la créance. Sa durée varie en vertu de la nature du litige. Suivant toute
logique. Le délai de prescription fait l’objet, en matière commerciale,
d’une réduction qui trouve sa justification dans le fait que les parties
concernées sont des professionnels. En matière de prescription, c’est
le délai de cinq ans qui est applicable à l'ensemble des parties,
indépendamment de leur qualité.
43- Enfin, certains types de contrats sont soumis dans leur
ensemble au droit de la consommation. Ce sont les règles du droit de
la consommation qui reçoivent application dans ce cas en écartant les
règles du droit commercial et du droit civil.
Chapitre II : Le commerçant
44- la détermination du domaine du droit commercial basée sur
la théorie subjective consiste à considérer comme soumis aux
dispositions tout acte accompli par une personne qui dispose de la
qualité de commerçant. C’est la nature juridique du sujet qui a
accompli l’acte qui permettra de placer sous dernier dans ou en dehors
du domaine du droit commercial.
L’acquisition de la qualité de commerçant nécessite la réunion
de certaines conditions. En conséquence, cette acquisition engendre
aussi l’observation de certaines obligations.
Section I : les conditions :
45- D’un point de vue subjectif, l’acquisition de la qualité de
commerçant nécessite la réunion de deux conditions. La première est
l’exercice du commerce à titre professionnel ou habituel. La seconde
consiste en le fait de disposer de la capacité commerciale.
I- L’exercice professionnel ou habituel :
46- Une personne physique ne peut acquérir la qualité de
commerçant que lorsqu’il exerce des actes de commerce à titre
habituel ou professionnel. Cet aspect se résume très souvent dans la
recherche du lucre qui doit constituer le motif principal de l’activité
exercée. Une activité, de la même nature, mais qui a un but autre que
la recherche du gain, ne peut pas être qualifiée de commercial.
47- Cependant, il n’est pas nécessaire que l’exercice de l’une
des activités commerciales précédemment citées, constitue la
profession exclusive ou même principale de la personne concernée. Il
n’est pas nécessaire non plus que l’exercice de cette activité soit fait à
titre notoire.
48- Enfin, une personne physique exerçant une activité
commerciale à titre professionnel ne peut acquérir la qualité de
commerçant que lorsqu’elle œuvre pour son compte personnel. A titre
d’exemple, le gérant salarié d’un fonds de commerce ne peut pas
acquérir cette qualité, étant donné qu’il agit pour le compte du
propriétaire.
II - La capacité commerciale :
49- La capacité commerciale est la deuxième condition
nécessaire à l’exercice d’une activité commerciale. Les mineurs ne
peuvent en principe pas exercer une activité commerciale et acquérir
la qualité de commerçant. Néanmoins, un mineur doué de
discernement, c'est-à-dire âgé de plus de douze années révolues, peut
obtenir une autorisation spéciale en vue d’exercer certaines activités
commerciales nommément et limitativement déterminées. Cette
autorisation est délivrée sur requête par le juge des incapables.
50- Par ailleurs, un mineur âgé de seize ans au moins peut
également avoir la capacité d’exercer le commerce s’il a été déclaré,
par le juge des incapables, comme étant majeur avec anticipation. Cet
acte doit faire l’objet d’une inscription au registre de commerce.
51- L’incapacité doit être distinguée de l’incompatibilité et de
la déchéance commerciale. L’incompatibilité est une situation qui
prive certaines personnes d’exercer le commerce parallèlement avec
l’exercice de certaines professions. Sont par exemple concernés par
cette situation les notaires, les avocats et les fonctionnaires publiques.
La déchéance commerciale est quant à elle une sanction pouvant être
prononcée contre des personnes qui ont commis une infraction à
l’occasion de l’exercice du commerce.
Section II : les obligations du commerçant :
52- Le commerçant est soumis, en contrepartie des avantages
dont il peut bénéficier, à un certain nombre d’obligations. Parmi ces
obligations les deux principales sont respectivement la publicité
statutaire et la tenue d’une comptabilité commerciale.
Paragraphe I : la publicité statutaire :
53- La publicité statutaire se réalise par le biais de
l’immatriculation au registre du commerce. Cette obligation nécessite
également l’introduction, le cas échéant, des inscriptions modificatives
ainsi que la radiation en cas de cessation de l’activité.
I- Organisation du registre de commerce :
54- Le registre du commerce revêt la forme de plusieurs
fichiers alphabétiques qui sont réservés à l’immatriculation de toutes
les personnes physiques et morales exerçant une activité commerciale.
Le registre de commerce contient trois originaux :
A- Le registre local :
Le registre local est un service administratif tenu par le
secrétariat-greffe des tribunaux compétents sous le contrôle d’un
magistrat désigné spécialement à cet effet. Les tribunaux compétents
peuvent être soient le tribunal de commerce soit le tribunal de
première instance. La compétence est attribuée à ce dernier dans les
localités dans lesquelles il n’y a pas de tribunal de commerce.
C’est à ce registre que doit se diriger tout commerçant ou
représentant d’une personne morale tenue de procéder à une
inscription.
B- Le registre central :
il est un registre public dans lequel sont centralisé l’ensemble
des inscriptions faites dans l’ensemble du royaume.
C- Le registre électronique :
Ce registre a été créée par la loi 89.17 portant modification du
code de commerce. Il est dédié aux entreprises créées par voie
électronique et comprend aussi bien les inscriptions qui doivent être
portées aussi bien sur le registre local que sur le registre central. Ce
registre utilise la plateforme numérique créée par la loi 88.17 relative
à la création d’entreprises par voie électronique.
II- typologie des inscriptions :
III- sanctions de la défaillance :
55- Tout établissement commercial est soumis à l’obligation de
se faire immatriculer dans les trois mois de son ouverture ou de
l’acquisition du fonds de commerce. La défaillance à l’obligation
d’inscription au RC est sanctionnée d’une amende de 1000 à 5000
DH. De même, toute indication inexacte, donnée de mauvaise foi, peut
être sanctionnée d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une
amende de 1000 à 5000 ou de l’une de ces deux peines.
56- Hormis l’aspect répressif la défaillance à l’obligation
d’inscription engendre une sanction qui pourrait être considérée
comme étant d’ordre général. Les entreprises commerciales et les
commerçants qui lui ont failli seront privés du droit de se prévaloir de
cette qualité à l’égard des tiers.
Caractéristiques :
57- L’immatriculation au registre du commerce a un caractère
personnel. Aucune entreprise ne peut être inscrite, à titre principal,
dans plusieurs registres locaux à la fois ou sous plusieurs numéros
dans le même registre local. En revanche, l’entreprise peut, en cas de
création de succursale ou d’agence, introduire une mention
modificative sur l’inscription initiale.
58- Les opérations qui doivent faire l’objet d’une inscription
au registre du commerce sont nombreuses. Les plus importantes
d’entre elles se rapportent au nantissement, la vente, la cession du
fonds de commerce, le brevet d’invention, marque de fabrique, les
décisions d’interdiction et sa mainlevée, la nullité ou la dissolution de
la société ainsi que les décisions de redressement et de liquidation
judiciaire.
59- Le numéro et le lieu d’immatriculation doivent être
mentionnés sur les factures, les lettres, et les bons de commandes.
60- L’immatriculation peut faire l’objet d’une radiation. Cette
mesure peut être prononcée, sur requête ou même d’office, par
ordonnance du président du tribunal dans des cas précis. Les plus
importants de ces derniers se rapportent au décès, à la cession
d’activité, à la déchéance, à la dissolution d’une société et à la clôture
d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.
61- L’inscription au RC porte sur la raison de commerce. Cette
dernière constitue la dénomination sous laquelle une activité
commerciale est exercée.
62-La raison commerciale inscrite appartient exclusivement à
son titulaire. L’effet de ce privilège porte sur une durée de trois ans et
se perd en cas de non-usage. Ledit délai commence à courir à compter
de l’inscription.
Le principal effet du privilège d’inscription consiste dans le
fait d’empêcher toute personne, y compris celui qui porte un nom
patronymique identique, d’utiliser une raison identique. En cas de
violation, l’usurpateur peut être contraint de procéder à une inscription
modificative. Des dommages-intérêts peuvent même être alloués à
l’entreprise qui a subi un préjudice de ce fait.
II – la comptabilité commerciale :
63-Les documents comptables d’une entreprise commerciale
doivent être établis en monnaie nationale. Les entreprises
commerciales sont aussi soumises à l’obligation de conserver les
pièces justificatives pendant une période de dix ans. Ces dernières
doivent être établies sans blanc ni altération. Ils se composent du
grand livre, du livre journal et des états de synthèse.
64- Le grand livre sert à l’enregistrement des mouvements
affectant le passif et l’actif de l’entreprise. Cet enregistrement doit être
chronologique, c'est-à-dire mentionner opération par opération et jour
par jour.
65- Le livre journal doit être coté et paraphé par le greffe du
tribunal de commerce ou de première instance. Les données qui y sont
inscrites doivent être reprises dans le grand livre. Elles doivent être
ventilées selon le plan de comptes du commerçant.
66- Les états de synthèse doivent être établis dans un délai de
trois mois à compter de la clôture de l’exercice. Ces documents visent
à donner une image fidèle sur le passif et l’actif, la situation financière
et les résultats de l’entreprise. Ils contiennent plusieurs documents qui
sont respectivement le bilan, le compte de produits et des charges,
l’état des soldes de gestion et le tableau de financement.
Le bilan est un document qui permet de décrire séparément les
éléments actifs et passifs de l’entreprise commerciale. Le compte de
produits et charges permet de récapituler les produits et les charges de
l’entreprise. Les états des soldes de gestion concernent la description
du résultat net et l’autofinancement de l’entreprise. Enfin le tableau de
financement sert à déterminer l’évolution financière de l’entreprise au
cours du dernier exercice en décrivant les ressources dont elle a
disposé et les emplois qu’elle a effectués.
67- Les documents comptables régulièrement tenus peuvent
constituer un moyen de preuve, même en faveur de celui qui les tient,
entre commerçants et dans le cadre des actes de commerce. Les
documents comptables mal tenus peuvent aussi être imposés à un
commerçant par les tiers.
68- La production des documents comptables peut être
ordonnée par le juge d’office ou sur requête. Cette production peut
être faite de deux manières. La première est la représentation qui
consiste à extraire de la comptabilité les écritures qui intéressent le
litige. La seconde est la communication qui consiste en la production
intégrale des documents comptables en justice.
Partie II : Le fonds de commerce
69- Le fond de commerce peut être défini comme étant
l’ensemble des biens et des droits qu’un commerçant ou à un
industriel utilise pour l’exercice de sa profession. Nonobstant son
aspect hétéroclite, le fonds de commerce peut être considéré comme
étant une universalité. Il est une unité juridique qui a la nature d’un
bien meuble.
70- Le fonds de commerce se distingue par sa nature
incorporelle. Même si contenant également des éléments corporels,
qui sont en l’occurrence les marchandises et l’outillage, les éléments
incorporels du fonds, notamment la clientèle, constituent la partie la
plus importante et plus prépondérante.
71- L’étude du fonds de commerce nécessite, dans un premier
temps, de procéder à l’analyse de sa conception et des éléments qui
entrent dans sa composition. Avant d’étudier, dans un second,
l’ensemble des opérations et contrats dont il peut faire l’objet.
Chapitre I : la conception du fonds de commerce
72- Le fonds de commerce est avant tout une fiction juridique.
Elle est une pure invention du législateur moderne parue au 19ème
siècle et qui a pour seul et unique dessein d’accorder aux commerçants
exerçant une activité commerciale un privilège de taille qu’ils
pourront utiliser en cas de conflit qui les opposent aux propriétaires
bailleurs. En institutionnalisant cette notion fictive le législateur a
admis l’idée selon laquelle l’exercice d’une activité commerciale
serait plus important que le droit à la propriété, qui est pourtant un
droit constitutionnel.
La démystification du concept de « fonds de commerce » et sa
définition passe par la détermination de sa composition. Le fonds de
commerce est avant tout un bien. Ce bien a cependant une petite
particularité. Il n’est pas un bien simple comme les autres, mais un
bien composite. Et ce bien composite contient deux catégories
d’éléments. D’un côté il y a celle qui regroupe les biens meubles
corporels et d’un autre la catégorie des éléments incorporels,
considérés comme étant les plus importants.
Section I : Eléments corporels :
73- Le fonds de commerce peut contenir jusqu’à deux
éléments corporels. Ces derniers sont respectivement le matériel et les
marchandises.
I - Le matériel :
74- Il consiste dans l’outillage utilisé dans le cadre de
l’exploitation de l’activité exercée. Sont considérés comme faisant
partie du matériel les machines, les biens mobiliers, les voitures ainsi
que tous les autres moyens de transports.
II - Les marchandises :
75- C’est la matière sur laquelle porte le commerce ou
l’activité exercée dans le fonds. Ces biens meubles peuvent être
définis, d’une manière négative, par rapport au matériel. Constituent
des marchandises tous les éléments corporels appartenant au fonds
autre que ceux qui sont utilisés dans le cadre de la production et de
l’exploitation et qui sont destinés à être vendus à des clients.
Section II : Les éléments incorporels :
76- Les éléments incorporels sont les plus nombreux et les plus
importants dans un fonds de commerce. Ces derniers sont
respectivement, la clientèle, l’achalandage, le droit au bail, le nom
commercial, l’enseigne et les droits de la propriété industrielle.
I - La clientèle :
77- La clientèle est l’ensemble des personnes qui ont avec
l’entreprise installée dans des lieux déterminés des relations très
étroites. Ces relations ne peuvent être pris en considération que s’ils
sont se caractérisées par leurs aspects suivis et habituels.
La clientèle constitue l’élément principal du fonds de
commerce. Aucun fonds de commerce ne peut être crée en son
absence.
Seule la clientèle commerciale peut donner lieu à la création
d’un fonds de commerce. La clientèle civile n’est toujours pas
considérée comme étant un élément patrimonial. Par clientèle civile
on entend celle qui découle de l’exercice d’une profession libérale ou
activité intellectuelle qui ne sont pas dans la commercialité. La cession
de cette clientèle a été elle-même considérée comme nulle en droit
comparé jusqu’au revirement jurisprudentiel réalisé par la cour de
cassation française dans un arrêt de principe rendu le 7 novembre
20004.
4
Arrêt ci 1ère cité par Daniel Bert et Frédéric Planckeel « cours de droit commercial
et des affaires » GUALINO 2015 p : 116.
La validité de la cession a, néanmoins, été conditionnée par la cour de cassation par
le droit des clients du cédant de choisir.
En droit français les professions libérales juridiques peuvent, depuis 2015, être
exercées dans le cadre d’une société commerciale. En droit marocain seules les
professions de pharmacien ou celle de clinique privée peuvent l’être. Dans ce cas,
une pharmacie ainsi qu’une clinique privée peuvent ainsi disposer d’une clientèle
commerciale et, par conséquent, d’un fonds de commerce.
II- l’achalandage :
78- L’achalandage est une notion très proche de la clientèle. Le
critère permettant d’établir la distinction entre ces deux éléments
demeure dans la nature des rapports liant les personnes qui achètent
les biens ou services offerts au fonds. Si la clientèle regroupe les
personnes ayant des rapports suivis et habituels avec le fonds,
l’achalandage est une notion qui ne concerne que les clients dits
occasionnels ou de passage. L’emplacement du fonds de commerce
constitue ainsi un élément déterminant dans la constitution et la
valorisation de cet élément.
Certains auteurs de doctrine, notamment française, considère
qu’un établissement commercial qui ne dispose que d’un achalandage
ne peut pas disposer d’un fonds de commerce. Cette prise de position
demeure théorique car il est difficile, dans la pratique, de distinguer
entre les clients habituels et ceux qui ne le sont pas.
III- Le droit du bail :
79- Le droit au bail, dit aussi la propriété commerciale, doit
être distingué de la propriété d’un immeuble. Cette dernière ne fait pas
partie du fonds de commerce en raison du caractère mobilier de celui-
ci.
80- Le droit au bail peut être défini comme étant le droit
reconnu par la loi au propriétaire d’un fonds de commerce sur le local
dans lequel ce dernier est exploité. Ce droit permet au commerçant
d’obtenir le renouvellement du contrat de bail ou, à défaut, le
paiement d’une indemnité d’éviction destinée à lui permettre de louer
un local de la même nature.
IV - Le nom commercial et l’enseigne :
81- Le nom commercial consiste en l’appellation sous laquelle
le commerce est exploité. Ce nom peut être identique au nom
patronymique du propriétaire du fonds de commerce ou être seulement
un nom de fiction. Il peut correspondre à la raison sociale dans le cas
d’une entreprise sociétaire ou être totalement différent de lui.
L’enseigne quant à elle joue aussi le même rôle que le nom
commercial. Elle est un élément qui permet de distinguer les lieux
dans lesquels est exercée une activité commerciale en vu de le
distinguer et d’optimiser sa visibilité. Mais contrairement au nom
commercial l’enseigne est composé d’un dessin ou une image, même
si des alphabets peuvent être éventuellement incorporés.
V - Les droits de propriété industrielle :
82- Ce sont les droits qui sont accordés aux industriels et aux
commerçants sur divers éléments de leur patrimoine. Ces droits
englobent les appellations d’origine, les indications de provenance, les
brevets d’invention, les dessins, les modèles, les marques de fabriques
et de commerce ainsi que les noms commerciaux.
Chapitre II : les opérations sur le fonds de commerce
83- Les opérations susceptibles de porter sur le fonds de
commerce se caractérisent par la particularité de la procédure devant
être respectée par les parties. Ces règles processuelles, souvent très
vigoureuses, visent à protéger à la fois les intérêts des parties ainsi que
tous les créanciers du propriétaire du fonds de commerce qui en
constitue l’objet.
84- Les opérations faisant l’objet de ce traitement spécial sont
respectivement la vente, la gérance libre, l’apport en société et le
nantissement. Le régime juridique de chacune de ces opérations sera à
présent examiné séparément.
Section I : la vente du fonds de commerce
Paragraphe I : le contrat de vente :
85- La vente du fonds de commerce est régie par les
dispositions des articles de 81 à 151 du code de commerce. La
procédure exigée pour la validité de ce contrat constitue une exception
au principe de la liberté de vendre5.
86- Le contrat de vente d’un fonds de commerce doit être
établi, d’après l’article 81 du code de commerce, par écrit. Cet écrit
peut être indifféremment un acte authentique ou un acte sous-seing
privé. Cependant, ce formalisme constitue seulement, d’après certains
auteurs de doctrine et la jurisprudence marocaine, un moyen de preuve
5
La vente du fonds de commerce ne met pas fin au contrat de bail
liant le vendeur au bailleur du local dans lequel a été constitué le fonds
de commerce.
La vente du fonds de commerce transmet à l’acheteur tous les droits et
les effets résultant du contrat de bail en ce qu’il est l’ayant droit du
vendeur.
Arrêt de la Cour suprême n° 2626 du 13/9/2006 in "bulletin de la
cour suprême" n 18 p: 14
et non une condition de validité6.
Le contrat établi doit comporter, quelle que soit sa nature,
plusieurs mentions essentielles pour sa validité. Ces dernières sont
respectivement le nom du cédant la date de cession, sa nature ainsi le
prix avec distinction de celui relatif à chacune des deux catégories
d’éléments constitutifs du fonds. Le contrat doit aussi faire état des
inscriptions des privilèges et nantissements, des éléments du contrat
de bail ainsi que l’origine de la propriété.
Le prix de vente ne peut pas être payé directement entre les
mains du vendeur. Il doit être déposé auprès du greffe du tribunal ou
de toute autre instance habilitée à conserver les dépôts.
87- La cession du fonds de commerce doit aussi faire l’objet
d’une inscription au registre du commerce. Son introduction constitue
une inscription modificative.
88- Ensuite, un avis de la vente doit faire l’objet d’une
première publication au BO et dans un journal d’annonces légales à la
diligence du greffier. Une seconde publication doit être faite par le
nouvel acquéreur du fonds entre le 8 et 15 jours de la première. 7 au
cas où il existe parmi les éléments du fonds objet de cession des
6
199 : ص2018 دار اآلفاق1 :فؤاد معالل شرح القانون التجاري الجديد ج
رهrإن لم يتم نشr ف،رفيrإذا كان المشرع يشترط لبيع األصل التجاري أن يتم بعقد رسمي أو ع
ذلكrrار بrrة األغيrrة مواجهrr دون إمكاني،هrrاطال بين طرفيrrأو قيده في السجل التجاري فهو يعد ب
الحقوقrrمونه و بrrاج بمضrrة االحتجrrه بنيrrيلة إلعالنrrد وسrrذي يعrrد الrrعلى اعتبار أن شهر العق
الناشئة عنه قبل الغير ليس هو الشكلية التي تكون شرطا النعقاده
نوي للمجلسBBالتقرير السBBور بBB منش651 رقم7/5/2008 تين بBBة النقض بغرفBBقرار محكم
181 : ص2008 األعلى
دrrبط و يقيrrة الضrr بعد تسجيل عقد بيع األصل التجاري يجب إيداع نسخة منه بمصلحة كتاب7
مستخرج من العقد بالسجل التجاري و يعمل كاتب الضبط على نشره بالجريدة الرسمية و في
رrrد النشrrإحدى الجرائد و يحدد النشر بسعي من المشتري بين اليوم الثامن و الخامس عشر بع
.األول و يؤدي عدم مباشرة ذلك وفق ما ذكر إلى عدمن إبراء ذمة المشتري تجاه األغيار
نوي للمجلس األعلىBBBر السBBB في التقري28/12/2005 ب1347 رار المجلس األعلى عBBBق
175 ص2005
éléments qui sont soumis à un régime et un formalisme particulier, les
parties seront appelées à les effectuées en parallèle sous peine
d’inopposabilité. Ceci est notamment le cas des droits de la propriété
industrielle et commerciale tel que les brevets d’invention, les
marques et les dessins et modèles8.
Paragraphe II : la protection du vendeur :
89- Cette procédure particulière vise à protéger les intérêts du
vendeur du fonds de commerce et les droits de ses créanciers. Le
vendeur du fonds de commerce dispose de deux moyens pour faire
valoir ses droits. Il peur évoquer le privilège du vendeur ou exercer
une action résolutoire.
I- le privilège du vendeur :
90- Le privilège du vendeur permet à ce dernier de se faire
payer par priorité sur le prix du fonds en cas de sa revente. Mais le
bénéfice de ce privilège est attribué exclusivement au vendeur qui a
requis l’inscription de la vente au registre de commerce dans un délai
de quinze jours à compter de la date marquée dans le contrat.
II- l’action résolutoire :
91- De surcroît, le vendeur qui a inscrit son privilège dispose
également du droit d’exercer une action résolutoire. Cette dernière lui
permet de faire anéantir rétroactivement la vente en cas de non
paiement du prix par l’acheteur aux échéances convenues.
Paragraphe III : protection des créanciers :
92- Les créanciers du vendeur du fonds de commerce
disposent de deux moyens pour faire valoir leur droit. Ils peuvent faire
opposition au paiement ou demander la revente aux enchères.
I-opposition au paiement du prix :
93-L’opposition concerne aussi bien les créances échues ou
8
Le formalisme exigé dans ce cas consiste en l’inscription de la cession auprès de
l’OMPIC
non encore échues. Elle doit être faite par lettre recommandée avec
accusé de réception envoyée au dépositaire près duquel le prix a été
déposé, en vue d’empêcher sa remise après expiration du délai entre
les mains du vendeur.
Le créancier opposant doit faire état dans son opposition de
plusieurs mentions, sous peine de nullité. Il doit préciser clairement le
montant de la créance et ses causes et désigner un domicile élu dans le
ressort du tribunal compétent.
II- la revente aux enchères :
94- La revente aux enchères du fonds est un moyen qui peut
être utilisé par tout créancier qui estime que le prix offert par
l’acheteur est insuffisant ou qu’il n’équivaut pas à la valeur réelle du
fonds. Le créancier concerné peut demander la revente du fonds aux
enchères en se portant premier adjudicataire pour un prix supérieur du
sixième à celui figurant dans l’acte de vente.
Section II : L’apport à une société :
95- La présentation par chaque associé d’un apport à la
personne morale constitue une condition à la validité du contrat de
société. L’apport peut être en numéraire, en nature ou en industrie.
L’apport en nature est celui qui porte sur un bien mobilier ou
immobilier. Le fonds de commerce qui constitue un bien immobilier
incorporel peut donc aussi être apporté à une société en tant qu’apport
en nature9.
96- L’apport d’un fonds de commerce à une société doit être
effectué dans le respect des mêmes règles et formalités relatives à la
vente du fonds de commerce. Les créanciers de l’apporteur doivent,
donc, se faire connaître dans un délai de 15 jours à compter de la
deuxième publication. Ils doivent fournir une déclaration au greffe du
tribunal auprès duquel le dépôt a été effectué.
Les associés disposent, le cas échéant, d’un délai de 30 jours à
compter de la seconde publication pour demander soit l’annulation de
9
رسالة دبلوم1995 عبد الرحيم شميعة تقديم األصل التجاري حصة في الشركة
la société en cours de constitution soit celle de l’apport à la société
d’un fonds de commerce. A défaut, la société sera tenue solidairement
avec l’apporteur du passif justifié régulièrement déclaré dans le délai
précédent.
Section III : la gérance libre :
Paragraphe I : contrat de gérance libre :
97- La gérance libre est un contrat par lequel le fonds de
commerce est donné en concession à bail à un preneur, dit gérant ou
locataire gérant. Ce dernier l’exploite à ses risques et périls moyennant
le paiement au propriétaire du fonds d’une redevance. La redevance
est souvent calculée sur la base du chiffre d’affaires réalisé.
98- La gérance libre se distingue de la gérance salariée. Cette
dernière constitue seulement un contrat de travail, même si le
propriétaire du fonds peut faire participer le gérant, qui demeure son
simple préposé, aux bénéfices. C’est l’existence d’un lien de
préposition qui constitue un critère de distinction de la gérance libre et
de la gérance salariée.
99- La procédure devant être respectée en cas de cession d’un
fonds en gérance libre se caractérise par sa simplicité. Le contrat de
gérance peut être établi par écrit ou verbalement. Dans le premier cas
il doit faire l’objet d’enregistrement. Un avis relativement à sa
conclusion doit aussi faire l’objet d’une publication dans la quinzaine
au BO et dans un journal d’annonces légales10.
Le contrat de gérance libre n’est soumis à aucune inscription
10
Est sainement motivé l’arrêt confirmatif attaqué qui a considéré que
le contrat de gérance libre est nul entre les parties si seulement sa
publication sous forme d’extrait et son inscription au RC n’ont pas été
effectuées.
Arrêt n° 651 du 7/5/2006 in « bulletin d’information de la cour
suprême » n° 21 p : 9
au registre du commerce. Le cédant peut, néanmoins, sollicité la
radiation lorsqu’il compte arrêter d’exercer une activité commerciale
ou faire mention du contrat de gérance au cas où il prévoit de
reprendre cette activité après échéance. Pour sa part le gérant libre, qui
est considéré comme étant un commerçant doit s’inscrire dans le
registre du commerce s’il veut se prévaloir de sa qualité de
commerçant vis-à-vis des tiers.
Paragraphe II : les effets :
I- les créanciers du cédant :
II- les créanciers du gérant libre :
100- La cession d’un fonds de commerce en location gérance
engendre des conséquences qui sont d’un ordre très divers. D’un côté,
et pendant une durée de six mois subséquents, le bailleur du fonds sera
considéré comme étant solidairement responsable avec le gérant des
dettes contractées par celui-ci. D’un autre, lorsque la concession de
fonds en gérance est de nature à porter préjudice aux créanciers du
bailleur, ces derniers peuvent demander à la juridiction compétente de
déclarer leurs créances non encore échues, immédiatement exigibles.
101- La cessation du contrat de gérance libre engendre un effet
quasiment identique. Sa survenance rend immédiatement exigibles les
dettes d’exploitation qui sont nées au courant de sa mise en
application.
Section IV : le nantissement:
102- Le nantissement du fonds de commerce est régi par les
dispositions des articles 106 et suivants du code de commerce. Cet
acte consiste en une technique juridique qui permet aux créanciers du
propriétaire du fonds de commerce de disposer d’une garantie
supplémentaire de leurs dettes.
103- Le nantissement n’implique ni dépossession ni perte du
droit d’aliéner le fonds. La validité de cet acte et son opposabilité
requiert une inscription dans le registre du commerce.
104- Les éléments concernés par le nantissement doivent être
énumérés dans le contrat. A défaut et en cas de silence, seront
considérés comme étant soumis à ce contrat et donc sujets au
nantissement la clientèle, le nom commercial, l’enseigne et le droit au
bail.
105- Le nantissement peut être conventionnel ou judiciaire. Il
est dit conventionnel quand il est décidé par le propriétaire. En
revanche, il est considéré comme étant judiciaire quand il est octroyé
par le juge sur requête formée par le créancier concerné.
106- Le nantissement conventionnel doit être établi dans un
acte écrit. Cet acte doit faire l’objet d’enregistrement. Une inscription
à ce sujet doit être portée au registre du commerce dans la quinzaine.
107- A l’arrivée de l’échéance de la dette garantie, le créancier
nanti doit adresser une sommation au propriétaire du fonds. Huit jours
après, et à défaut de paiement, il doit assigner le débiteur au tribunal et
demander que soit ordonnée la vente judiciaire du fonds. Le juge doit
avant de se prononcer sur cette requête attribuer au débiteur un délai
de 30 jours. A défaut du paiement, la vente aux enchères pourra être
ordonnée.
108- Le rang des créanciers nantis est déterminé sur la base de
la date de leurs inscriptions. Les créanciers inscrits le même jour
viennent en concurrence. Les créanciers nantis priment les créanciers
chirographaires. Ces derniers sont, en revanche, primés par le vendeur
du fonds de commerce et les créanciers nantis sur l’outillage et le
matériel d’équipement professionnel.
Partie III : Les contrats bancaires
109- les contrats bancaires constituent, d’après le législateur
marocain, une partie des contrats commerciaux. Font partie de ces
derniers les contrats qui sont considérés comme ayant cette
qualification indépendamment de leur contenu et de la qualité
juridique des parties signataires. La compétence juridictionnelle et le
régime applicable sont ainsi définis en fonction de cela.
Parmi les contrats commerciaux tels qu’ils ont été définis dans
le livre quatre du code de commerce, le législateur marocain a choisi
d’intégrer en vrac plusieurs conventions. On y trouve notamment des
contrats de sureté mobilière, tel que le gage et le nantissement, des
contrats de service tel que l’agence, le courtage et la commission, un
contrat bancaire qui est le crédit-bail et un autre grand contrat de
service qui est, en l’occurrence, le transport. Après avoir déterminé le
régime juridique applicable à chacune de ces conventions le
législateur marocain a choisi d’aborder les contrats bancaires en y
intégrant la convention de compte bancaire et une partie des contrats
de crédits. La principale omission devant être relevée à ce titre est
celle qui porte sur le contrat de prêt qui demeure régi par les
dispositions du droit civil.
Au-delà de cette classification législative, nous avons opté
dans la détermination de la composition de la présente partie d’un
choix qui nous semble être plus judicieux. Les contrats bancaires se
divisent d’après cette vision en deux parties. La première est celle qui
concerne les conventions d’ouverture d’un compte bancaire qui
constitue l’activité principale d’un établissement de crédit lui
permettant de collecter les fonds. La seconde est celle qui se rapporte
à la mise à disposition des fonds collectés dans le cadre de
conventions de crédit. Mais dans cette deuxième catégorie nous visons
l’ensemble des crédits pouvant être accordés par un établissement de
crédit, y compris le prêt d’argent régi par le code civil et le crédit-bail
que le législateur marocain a choisi de traiter séparément des autres
conventions bancaires.
Chapitre I : le compte bancaire :
110- L’activité bancaire porte, d’après la loi en vigueur sur
trois volets. La première consiste en la réception des fonds du public.
La seconde se résume dans le fait de consentir des crédits. La
troisième se résume dans la gestion et la mise à disposition des
différents instruments de paiements et de crédits11.
La première de ces activités se réalise à travers la conclusion
de contrat d’ouverture d’un compte bancaire. C’est ce dernier qui va
permettre à la banque de recevoir des fonds du public.
Les établissements de crédits peuvent exercer des activités
autres que les trois précédemment déterminés. Ce qui est interdit, en
revanche, c’est l’exercice par une personne juridique, physique ou
morale, qui n’est pas titulaire de la qualité d’établissement de crédit,
d’une activité considérée par le législateur comme étant une activité
bancaire. Cet exercice qui est considéré comme portant atteinte au
monopole accordé aux banques, constitue aussi une infraction pouvant
donner lieu à des poursuites pénales.
11
Mimoun CHARQI « droit bancaire » collection banque et entreprise 2006 P : 22
Section I : la relation de compte
111- Une relation de compte bancaire peut revêtir trois aspects.
Le premier est celui d’un compte d’avance ou de prêt. Le second est
celui d’un compte ouvert en vue de la gestion d’actifs financiers. Le
troisième se rapporte au dépôt et à la gestion du numéraire. Ce dernier
est le plus fréquent dans la pratique.
112- Le compte d’avance ou de prêt est utilisé en vue de
l’inscription des règlements opérés par le client emprunteur pour
l’amortissement du capital et le service des intérêts du prêt dont il a
bénéficié.
113- Le compte d’actifs financiers, dit aussi compte de titres
est destiné à l’inscription des avoirs financiers possédés par le client et
dont celui-ci conserve la totale disposition. Peuvent être inscrits dans
ce compte des titres tel que les bons de caisse et les valeurs
mobilières.
114- Le compte monétaire, qui est le plus fréquent des trois,
est voué à l’enregistrement des dépôts et retraits et aux transferts
monétaires. L’actuelle étude sera focalisée sur lui.
Paragraphe I : Définition et éléments compte bancaire :
115- Dans le cadre de ce paragraphe nous allons essayer de
déterminer la teneur du contrat de compte bancaire ainsi que les effets
qu’il est en mesure de produire. Le troisième point sera consacré au
traitement des règles régissant son exécution.
A – le contrat de compte bancaire :
117- La convention de compte bancaire est un contrat liant un
établissement de crédit à son client. Aux termes de cette convention le
banquier accepte de recevoir, de garder et de rendre à vue les dépôts
monétaires constitués par le client et disponibles sur compte.
118- La fonction essentielle d’un compte bancaire est le
règlement par balance, de tous les chefs de créance susceptibles
d’apparaître entre le banquier et son client. Il peut être assimilé à un
réceptacle universel des créances réciproques. Ce réceptacle contient
des inscriptions bilatérales en compte des flux financiers courants et
balance des écritures en sens inverse.
L’ouverture d’un compte bancaire ne constitue pas un droit,
même au cas où cet acte serait assimilé par la loi à une obligation. Les
établissements de crédit peuvent ainsi refuser de répondre
favorablement aux demandes formulées en ce sens par des requérants
ne répondant pas aux conditions établies. Cependant, le législateur
marocain reconnaît à toute personne physique ou morale le droit
d’avoir un compte de dépôt. En cas de refus des requêtes formulées en
ce sens par lettre recommandée par plusieurs établissements de crédit,
le concerné peut saisir Bank Al Maghrib qui se chargera d’en désigner
un. L’établissement désigné dans le cadre de cette procédure peut
limiter la portée de la convention aux opérations de caisse.
B – la classification :
La question de la classification des différents comptes
bancaires, ou conventions d’ouverture de comptes bancaires a suscité
une grande divergence aussi bien chez les auteurs de doctrine que chez
les praticiens. A l’origine de cette divergence se trouve le législateur
marocain lui-même qui, à travers les dispositions de l’article 487 du
code de commerce a choisi d’opter pour des dénominations peu
communes des comptes bancaires et de limiter leur nombre en deux,
en l’occurrence, le compte à vue et le compte à terme. Au niveau de la
doctrine, alors que certains auteurs ont préféré suivre cette
classification d’autres se sont rebellés en préférant s’indexer sur la
pratique bancaire12.
Les comptes à vue :
a. Les comptes courants :
12
Mohammed Azdine BERRADA « les techniques de banque et de crédit au
Maroc » SECEA 1991
- le législateur français a opté pour une classification qui distingue entre le compte
courant et le compte de dépôt
Thierry Bonneau « droit bancaire » Montchrestien 5ème édition 2003 P : 214
Le compte courant est un compte à vue. Il est ouvert en faveur
de personne physique ou morale en vue de servir de receptacle aux
opérations qu’elles vont effectuer dans le cadre de l’exercice de leur
activité professionnelle.
b. Les comptes de dépôts ou comptes chèques :
Les comptes de dépôts, dits aussi compte de chèques, sont des
comptes bancaires à vue. Ils sont réservés aux particuliers,
indépendamment de leur qualité, mais ils ne peuvent être utilisés que
pour les besoins purement personnels.
Ces comptes sont dédiés à l’enregistrement des opérations de
versements ou de retraits. Leur solde doit être, en principe, créditeur
c. Les comptes d’épargne :
Le contrat d’ouverture d’un compte d’épargne est un dérivé du
contrat d’ouverture d’un contrat à vue. Ce compte est régi par les
dispositions relatives au premier ainsi que par les
1. Comptes sur carnet :
Le compte sur carnet est un compte d’épargne. Ce compte est
un dérivé du compte à vue et il est, de ce fait, régi par les dispositions
juridiques relatives à ce dernier. Ce compte bancaire ne peut être
ouvert qu’en faveur d’une personne physique. Toute personne
physique ne peut avoir qu’un seul compte sur carnet. Le montant
maximal en capital de ce dernier est limité par décision de Bank Al-
Maghrib.
Les comptes sur carnet ne peuvent enregistrer un solde
inférieur à 100 DH. Ils sont productifs d’intérêts qui sont capitalisés
trimestriellement au taux fixé par voie règlementaire.
2. Les comptes d’épargne à caractère spécial :
Les comptes d’épargne spéciaux sont des comptes bancaires à
vue. Ils constituent des services que certains établissements de crédit
proposent à leurs clients.
Ces comptes réservés exclusivement aux personnes physiques
n’exerçant aucune activité professionnelle ont généralement pour
objectif l’octroi d’un crédit après la constitution d’une épargne
conventionnelle et dont l’affectation est préalablement déterminée à
travers l’intitulé.
Le compte à terme :
Le compte à terme, que certains considère également comme
étant identique à la convention de dépôt, est un contrat qui a pour
objet uniquement l’enregistrement des opérations de caisse qui
peuvent soit augmenter soit diminuer le dépôt initial.
Le compte à terme a pour fonction principale de permettre à
son titulaire d’effectuer des placements financiers. Cet objectif
explique la raison pour laquelle ce type de compte doit toujours, vue
sa nature, dégager un solde créditeur.
Le compte à terme est destiné à recevoir des dépôts à terme.
Les dépôts effectués par le client demeure bloqués jusqu’à l’échéance
qui a été fixée conventionnellement lords de son ouverture.
Chaque opération de dépôt fait l’objet d’une convention
séparée. La durée de cette convention ne peut, en aucun cas être
inférieure à trois mois et ils donnent droit au client à une rémunération
à un taux annuel égal à celui relatif aux bons de caisse.
1- Renouvellement :
Le compte portant sur l’ouverture d’un compte à terme peut
être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée. Dans le
premier cas, le renouvellement ne peut pas avoir lieu par tacite
reconduction.
Le client doit exprimer de façon expresse sa volonté de
renouveler le contrat arrivé à son échéance. L’établissement de crédit
dispose aussi du droit de décliner cette invitation.
2- Les intérêts :
Le compte à vue est considéré comme étant un moyen de
placement étant donné qu’il donne droit à son titulaire à la perception
d’intérêts. Le taux des intérêts doit être déterminé
conventionnellement. Dans la pratique ce taux doit être largement
inférieur à celui imposé par les établissements de crédit à leurs clients.
Les intérêts sont générés uniquement dans un seul sens, en
faveur du client. Ils sont arrêtés selon l’échéance déterminée
conventionnellement. A défaut de disposition en ce sens, il faut savoir
que les usages bancaires les ont déterminés en trois mois. C’est
seulement une fois que ces intérêts ont été arrêtés qu’ils doivent être
payés en faveur du client et seront capitalisés.
3- La résiliation :
La résiliation du compte à terme avant échéance ne peut
émaner que de la volonté du client. L’accord de l’établissement de
crédit doit, néanmoins être sollicité dans ce cas.
L’établissement de crédit qui d’oppose à la volonté de son
client souhaitant résilier par anticipation son contrat peut prétendre au
paiement des pénalités. La valeur de ces dernières est déterminée par
voie conventionnelle et non pas légale. Par conséquent, à défaut de
toute disposition dans le contrat l’établissement de crédit n’aura droit
à aucune indemnisation.
a- le compte à vue :
Le compte à vue, plus connu sous la dénomination compte
courant, a été défini par l’article 493 du code de commerce comme
étant un contrat par lequel un établissement de crédit convient avec
son client d’inscrire leurs créances réciproques sous forme d’articles
de crédit et de débit sur un relevé unique dont la fusion permet de
dégager à tout moment un solde provisoire en faveur de l’une ou de
l’autre partie.
C- les effets du contrat de compte bancaire :
119- Le compte bancaire engendre trois effets principaux. Ces
derniers consistent en le report de l’exigibilité, la novation et
l’indivisibilité.
1- Report de l’exigibilité du solde à la clôture:
120- Lee report d’exigibilité signifie que les parties du contrat
sont irréductiblement censées avoir renoncé à se demander l’une à
l’autre le règlement du solde dégagé par le fonctionnement du compte
tant que celui-ci n’est pas clôturé.
Cependant, cet effet ne joue pas d’une manière parfaitement
bilatérale. Il s’impose notamment et de façon absolu à l’établissement
de crédit. Il en découle qu’une banque ne peut pas procéder au
recouvrement d’un solde contre son client titulaire du compte qu’après
fermeture préalable du compte. Seule cette fermeture aura pour
conséquence de transformer un solde provisoire en un solde définitif,
exigible et pouvant faire l’objet d’une réclamation de paiement.
121- La convention de compte bancaire comporte
fondamentalement un contrat de dépôt. Aux termes de cette
convention la banque demeure obliger, sans réciprocité, de rendre à
vue les avoirs disponibles du client.
2- La novation:
122- Cet un effet qui porte uniquement sur les avoirs
unilatéraux du titulaire en dépôt auprès de la banque. Car la position
éventuellement débitrice d’un compte peut ne constitue que le fruit
d’une tolérance de la banque et non pas la conséquence d’un
quelconque effet naturel de la convention initiale.
123- Le compte bancaire a vocation à enregistrer des écritures
correspondant à des créances réciproques nées d’opérations diverses.
Ces écritures sont constituées de prêt, tel que les avances, des
concours, des découverts ou des rémunérations perçues par la banque,
tels que les intérêts ou les différentes commissions.
124- Le compte bancaire n’est pas descriptif d’avoirs
unilatéraux, mais il est un compte d’apurement d’intérêts croisés ou
bilatéraux. La traduction scripturale en compte d’une quelconque
créance réciproque entre les parties lui fait perdre son existence
juridique et comptable correspondante. Toute créance novée, du fait
de sa traduction comptable formelle, s’éteint et se fait remplacée par
une écriture autonome.
125- Les créances traduites dans le compte se projettent sous
forme d’écritures juridiquement inodores, incolores et sans saveur.
L’effet novatoire départicularise les remises comptables. Il les
banalise pour les rendre parfaitement fongibles et donc propres à un
traitement arithmétique par voie de balance. Les créances deviennent
insusceptibles de faire l’objet, à titre distinct, d’un paiement séparé,
d’une compensation, d’une poursuite, d’une voie d’exécution ou de
prescription.
3- L’indivisibilité :
126- L’indivisibilité est une modalité selon laquelle doit
s’accomplir la fonction de règlement du compte. Cette dernière peut se
réaliser à travers deux procédés distincts. La première consiste en le
fait d’opérer la balance après chaque écriture de sorte à dégager un
solde provisoire net. La seconde est une modalité qui n’opérer cette
balance qu’au terme du compte après totalisation séparée des articles
de l’actif, d’une part et du passif de l’autre.
127- L’indivisibilité signifie que toute écriture passée au
compte doit aussitôt être arithmétiquement combinée au solde des
écritures antérieures. Cette technique a pour conséquence de faire
apparaître un chaque fois un nouveau solde qui va se substituer au
précédent.
C- l’exécution du contrat de compte bancaire :
128- L’exécution du contrat bancaire passe par l’analyse des
modalités de son fonctionnement et celles régissant sa clôture.
a – Fonctionnement du compte bancaire :
129 – La fonction d’un compte bancaire passe par la
réalisation de deux opérations techniques. La première est dite la
remise en compte, la seconde et la contre-passation.
1- La remise en compte :
130- La remise est une opération comptable. Elle consiste en la
traduction, par une écriture adéquate, de la créance de l’une des parties
contre l’autre.
131- Dès conclusion du contrat, les deux parties s’engagent à
une affectation générale et se mettent d’accord sur le règlement par
balance. Les remises opérées doivent apparaître tout à la fois
réciproques et enchevêtrées. L’enchevêtrement se rapporte à la
chronologie des écritures. Cette chronologie doit être prise en
considération.
132- L’enregistrement est une opération qui consiste en la
réalisation d’écritures qui correspondent à des droits acquis par la
banque contre le titulaire du compte, comme en cas d’avances, de
remboursements ou de commission. Cette opération peut aussi porter
sur toute créance en faveur du client, dérivée d’un dépôt fait par le
titulaire du compte ou d’encaissement fait en son nom, suite à un
virement, versement de chèque, d’effet de commerce ou l’escompte.
2- La contre-passation :
133- Elle est l’acte par lequel un banquier débite le compte
bancaire de son client du montant total ou partiel d’une écriture
antérieurement portée au crédit. La même action peut éventuellement
être faite, à titre d’exemple, par le banquier dans le cadre du
dénouement de l’escompte, à défaut de règlement par le débiteur
principal à l’échéance de la créance cédée. Le banquier agit ainsi étant
donné qu’il dispose d’un recours contre le client cédant qu’il peut
exercer en vertu de l’affectation générale prévue par la convention de
compte bancaire, en passant sa créance de remboursement au débit du
compte.
134- La contre-passation est une opération facultative. Elle
engendre, en cours du fonctionnement du compte bancaire, un effet
novatoire qui emporte l’extinction de la créance cambiaire du
banquier. Ce dernier sera, de ce fait, dans l’obligation de restituer le
titre à son client13. Néanmoins, l’acte de l’escompte est généralement
supplée par une clause permettant au banquier de conserver l’effet au
titre d’un mandat de recouvrement ou à titre pignoratif pour garantir le
paiement du solde bancaire.
135- la contre-passation réalisée après la clôture du
compte bancaire n’emporte pas la perte de la propriété de l’effet. Ce
dernier restera toujours dans la titularité de l’établissement de crédit.
3- La production d’intérêts :
Le fonctionnement d’un compte bancaire à vue peut donner
lieu au droit de percevoir des intérêts. Ce dernier n’est reconnu, en
vertu des dispositions de l’article 495 du code de commerce qu’en
faveur de la banque. Cette règle va à l’encontre de celle prévue en
droit civil par les dispositions de l’article 872 du DOC qui reconnaît
ce droit à la partie en faveur de laquelle le compte courant dégage un
solde créditeur.
دrrار بعrrذي اختrr إن تسلم البنك للكمبيالة المظهرة له تظهيرا تمليكيا من طرف زبونه و ال. 13
دينrrيد المrrا في الرصrrد قيمتهrrام بتقييrrعدم استخالصه لقيمتها بسبب انعدام مؤونة ساحبتها القي
لحساب زبونته المظهرة المصطلح عليه بالتقييد العكسي و تقدمه بدعوى ضد زبونته للمطالبة
وعrrه بمجمrrدور حكم لفائدتrrبأدائها له لمجموع الدين الذي بذمتها استنادا لكشف الحساب و ص
الدين يجعله قانونا غير حامل شرعي لها أي للكمبيالة و يفقده هذه الصفة
1421/07 ددBBاري عBBف التجBB في المل278 ددBB تحت ع5/3/2008 رار المجلس األعلى بBBق
.225 ص70 منشور بمجلة قضاء المجلس األعلى عدد
اريخrؤد في تrتي لم تrم الrه للخصrة لrة المقدمrة التجاريr إن البنك إذا اختار تقييد قيمة الورق-
اrrون و يبقى ملزمrrة الزبrrي في مواجهrrدين ينقضrrاستحقاقها في الرصيد المدين للحساب فإن ال
اعrrدم إرجrrة عrrه في حالrrير أنrrغ.... ،بإرجاع الورقة التجارية ليمارس ما له من حقوق عليها
الورقة التجارية للزبون ال يحق له المطالبة بقيمتها المسجلة بالحساب
ال وBBانون األعمBBة لقBBة المغربيBBور بالمجلBBمنش152 ع4/2/2009 رار المجلس األعلى بBBق
.179 ص18 و17 المقاوالت ع
74 ة النقض عBBاء محكمBB منشور بمجلة قض524 ع7/4/2011 قرار المجلس األعلى ب-
239 ص
Les intérêts devenus exigibles peuvent à leur tour être
capitalisés en vertu des dispositions du code de commerce. Cette
disposition va aussi à l’encontre de celle prévue par l’article 874 du
DOC qui a établi une distinction entre la matière commerciale et
civile. La capitalisation des intérêts ne peut avoir lieu que dans le
premier cadre et ne se réalise qu’après expiration d’un délai de six
mois.
Article 870 :Entre musulmans, la stipulation
d'intérêts est nulle, et rend nul le contrat, soit qu'elle soit
expresse, soit qu'elle prenne la forme d'un présent ou autre
avantage fait au prêteur ou à toute autre personne
interposée.
Article 871 :Dans les autres cas, les intérêts ne sont dus que
s'ils ont été stipulés par écrit.
Cette stipulation est présumée, lorsque l'une des parties est
un commerçant.
Article 872 :Les intérêts des sommes portées en compte
courant sont dus de plein droit par celle des parties au débit
de laquelle elles figurent, à partir du jour des avances
constatées.
Article 873 :Les intérêts ne peuvent être calculés que sur la
taxe d'une année entière.
En matière commerciale, les intérêts peuvent être calculés
au mois, mais ne peuvent être capitalisés, même en matière
de compte courant, si ce n'est à la fin de chaque semestre.
Article 874 :Est nulle, entre toutes parties, la stipulation que
les intérêts non payés seront, à la fin de chaque année,
capitalisés avec la somme principale, et seront productifs
eux-mêmes d'intérêts.
Article 875 :En matière civile et commerciale, le taux légal
des intérêts et le maximum des intérêts conventionnels sont
fixé par un dahir spécial.
Article 876 :Lorsque les intérêts stipulés dépassent le
maximum indiqué comme il est dit dans l'article précédent,
le débiteur a le droit de rembourser le capital après une
année de la date du contrat ; toute clause contraire est sans
effet. Il doit, toutefois, prévenir le créancier au moins trois
mois à l'avance, et par écrit, de son intention de payer. Cet
avis emporte de plein droit renonciation au terme plus long
qui aurait été convenu.
Le présent article ne s'applique pas aux dettes contractées
par l'État, les municipalités et les autres personnes morales,
dans les formes établies par la loi.
Article 877 :La disposition de l'article 876 s'applique, tant
au cas où les intérêts ont été stipulés directement qu'à celui
où la stipulation d'intérêts prend la forme d'antichrèse, de
contrat pignoratif, de retenue sur le capital au moment du
prêt, de commission prise en sus des intérêts.
Article 878 :Celui qui, abusant des besoins, de la faiblesse
d'esprit ou de l'inexpérience d'une autre personne, se fait
promettre, pour consentir un prêt ou le renouveler à
l'échéance, des intérêts ou autres avantages qui excèdent
notablement le taux normal de l'intérêt et la valeur du
service rendu, selon les lieux et les circonstances de
l'affaire, peut être l'objet de poursuites pénales. Les clauses
et conventions passées en contravention du présent article
peuvent être annulées, à la requête de la partie et même
d'office, le taux stipulé peut être réduit, et le débiteur peut
répéter, comme indû, ce qu'il aurait payé au-dessus du taux
fixé par le tribunal. S'il y a plusieurs créanciers, ils sont
tenus solidairement.
Classification des taux :
Taux d’intérêt créditeur :
Ce sont les intérêts versés par les établissements à leurs clients.
Sa détermination varie en vertu de la durée du dépôt et des conditions
établis par les autorités monétaires
Taux d’intérêt débiteur :
Il est fixé contractuellement.
Néanmoins, il doit être dans la limite du plafond établi par les
autorités monétaires.
Taux d’intérêt légal :
C’est un minimum fixé par les autorités monétaires
Taux maximum des intérêts conventionnels :
Il est normalement supérieur au taux d’intérêt légal
Dahir du 9/10/1913 modifié par le Dahir du 16/6/1950
Article unique : « le taux légal des intérêts en matière civile et
commerciale est fixé à 6%. Le maximum des intérêts conventionnels
en matière civile et commerciale est fixé à 10%.
La circulaire de Bank Al Maghrib CN° 8/GL96
Le taux d’usure :
C’est un taux qui dépasse le taux effectif global
Il est prohibé
Incriminé par les dispositions du Dahir du 31 août 1926 relatif
à la répression de l’usure
Le taux effectif global : TEG
Circulaire CN° 2/G/97
Le taux d’intérêt moyen pondéré TIMP :
C’est un taux déterminé et publié semestriellement par Bank
Al Maghrib. Il est établi sur la base des informations communiquées
deux mois au préalable à la banque centrale par les établissements de
crédit
4- Le droit à des commissions bancaires :
L’établissement bancaire peut percevoir plusieurs commissions
en contrepartie des services fournis14.
Commission pour risque financier :
C’est une commission qui est perçue une fois par
l’établissement bancaire en vue de couvrir le risque financier encouru
suite à l’octroi d’un crédit, quelle que soit sa nature. D’origine
conventionnelle, cette dernière est déterminée d’après l’usage bancaire
en 1% du prêt.
Commission d’engagement :
Cette commission devient exigible à défaut de mobilisation par
le client du crédit qui lui a été accordé. De nature conventionnelle, elle
14
Mimoun CHARQI « droit bancaire » Imprimerie Beni snassen 2006 p :91
est calculée proportionnellement au montant des fonds accordés.
Commission pour frais et étude :
Elle est prélevée par les établissements de crédit en cas de
demande de crédit par le client. De nature purement conventionnelle,
son montant diffère d’un établissement à un autre. Elle peut être
forfaitaire ou proportionnelle au montant du crédit requis.
Agios :
Sont des commissions prélevées par les banques sur plusieurs
opérations et services fournies. Ayant une nature très diverse, ils
portent généralement sur l’usage, la mise à disposition ou la gestion
des différents instruments de paiement et les incidents les concernant,
tel que les effets de commerce et les chèques, les frais de tenue de
compte, de son blocage ou de sa clôture ainsi que les frais occasionnés
par les actes d’information et de notification.
5- Le caractère saisissable du solde provisoire :
Le solde créditeur provisoire enregistré en faveur du client
peut faire l’objet de saisie –arrêt. Cette mesure peut être pratiquée par
l’un de ses créanciers et elle n’engendre aucunement la clôture du
compte bancaire15.
Dès notification de l’ordonnance rendue en ce sens,
l’établissement bancaire sera tenu de bloquer les sommes disponibles
à concurrence de la créance sous peine d’engager sa responsabilité
ندوق و فتح//هيالت الص//ل منح تس//اري من أج//رهن عق//مون ب// حساب جاري مفتوح مض15
ون//دة الزب//ل لفائ// امتناع البنك من القيام بألداء و التحوي:خطي الخصم و الضمان االحتياطي
وز//اب المحج//رف في الحس//ع من التص//ز ال يمن//ه حج//ع علي//ذكور وق//بحجة أن الحساب الم
. طالما لم يتجاوز خطوط االئتمان،عليه
مسؤولية البنك نعم
103 : في قرارات متنوعة من الغرفة التجارية ص18/1/2018 ب27 قرار ع
personnelle. Le même établissement doit ensuite, dans le cadre de
l’action en homologation faire une déclaration positive ou négative
relativement à la disponibilité du solde. La déclaration positive peut
être totale ou seulement partielle.
b – la clôture :
1- Les motifs de la clôture :
136- La clôture du compte bancaire est une conséquence de la
cessation de la convention liant le client à sa banque. Cette cessation
peut être due à plusieurs motifs. Le premier est la survenance du terme
déterminé contractuellement. Le second consiste en la modification de
la situation juridique de l’une des parties, comme en cas de décès,
d’incapacité, de dissolution, de redressement ou liquidation judiciaire.
Le troisième motif se résume dans la dénonciation commune ou
unilatérale de la convention.
2- Les effets de la clôture :
137- La clôture a pour principal effet de rendre le solde
débiteur pour le client titulaire exigible envers l’établissement de
crédit teneur. En l’existence d’une convention parallèle d’ouverture de
crédit, le solde débiteur ne devient exigible qu’à l’échéance, au cas où
cette convention serait conclue pour une durée déterminée.
138- En revanche, en cas d’ouverture de crédit conclue à durée
indéterminée la banque doit aviser le client et lui accorder le délai
prévu dans le contrat. L’inobservation de cette disposition d’engendre
la responsabilité civile de l’établissement de crédit.
139- La clôture met fin à l’enregistrement d’opérations
nouvelles. Néanmoins, cela n’a pas pour effet d’empêcher l’écriture
d’opérations initiées antérieurement mais non encore dotées des
caractères requis pour le règlement.
140- Le compte bancaire survive même après sa clôture pour
permettre le traitement comptable ultime. Ce traitement permet
d’arrêter le compte duquel résultera le seul vrai solde définitif.
Paragraphe II : les comptes pluraux :
141- Un compte bancaire est considéré comme étant pluriel en
cas de présence d’un élément de pluralité. Cet aspect peut concerner le
nombre de personnes titulaires du même compte. En sera dans ce cas
devant un compte pluriel. Il peut aussi se rapporter au nombre de
comptes ouverts à travers de nombreuses conventions.
a- le compte collectif :
142- Il est un compte bancaire qui fait l’objet d’une commune
titularité par plusieurs personnes. Cette situation se réalise lorsque
plusieurs personnes physiques ou morales sollicitent l’ouverture d’un
compte commun. Il en est de même lorsque plusieurs personnes se
retrouvent dans une situation de co-titularisation après le décès du
titulaire d’un compte personnel. Dans ce deuxième cas de figure le
compte collectif est en fait un compte indivis entre plusieurs
cotitulaires.
143- La disposition des actifs en compte n’est régulièrement ne
peut avoir lieu qu’à l’unanimité des co-titulaires. Cette unanimité se
réalise à travers la signature conjointe de tous les titulaires. On ne
pourrait passer outre cette signature qu’en cas de jeu de procurations
permettant à chacun de disposer des actifs sous sa seule signature.
144- Par ailleurs, chacun des co-titulaires répond du solde
débiteur du compte indivis en proportion de sa quote-part, mais
indéfiniment. Cette règle peut être écartée par toute stipulation
contraire qui prévoit une solidarité passive obligeant chaque
cotitulaire au règlement intégral du solde.
1 – le contenu de la convention de compte joint :
145- La convention de compte joint est un contrat liant un
établissement de crédit à deux ou plusieurs clients. Ces derniers seront
appelés les cotitulaires. Cette convention engendre un état de
cotitularité entre tous les clients signataires, proche de part ses effets
de l’indivision propre à la matière immobilière16.
146- Pour se prémunir contre les effets négatifs de cette
convention et faciliter l’usage du compte, il est d’usage que
l’établissement de crédit insère dans le contrat une clause dite de
« solidarité active ». Cette clause a pour effet d’investir chaque
cotitulaire d’une maîtrise juridique personnelle et complète des avoirs
en dépôts.
Les effets de cette clause se résume dans le fait qu’il permet à
chaque co-titulaire d’agir comme s’il n’y a avait qu’un seul et unique
titulaire de la créance en vue d’exiger la restitution des dépôts. Chaque
co-titualire sera aussi doté de tous les attributs d’un créancier exclusif.
2 – la portée de la convention de compte joint :
147- La convention de compte joint permet à chaque co-
titulaire de disposer à lui seul de la totalité des droits et prérogatives
issus de la convention le liant à l’établissement de crédit. Cet effet
permet notamment à chaque co-titulaire du compte de disposer à tout
moment du solde créditeur disponible.
148- Pour sa part, l’établissement de crédit est fondée à
recouvrir le solde débiteur éventuel contre un tout co-titulaire. Chacun
d’entre eux est considéré comme étant débiteur de la totalité du passif.
b- comptes multiples :
149- Les comptes multiples sont des comptes bancaires ouverts
et tenus au sein du même établissement de crédit au nom et pour le
compte du même titulaire.
150- Le teneur de comptes peut exiger l’établissement d’une
liaison sécuritaire entre les comptes multiples ou du moins entre les
soldes. Cette liaison est réalisée de sorte que les positions créditrices
16
« Le fait pour un couple de disposer d'un compte joint sans précision de leurs parts
donne droit au conjoint survivant, en cas de décès de l'un d'entre eux, à 50% du
compte (Art. 960 et art. 961 du DOC) ».
Cour d'appel - Casablanca Arrêt n° 11175 du 30 novembre 1999 Dossier
numéro : 9550/98
soient affectées à la garantie des positions débitrices. Autrement dit,
l’établissement de crédit vise dans ce genre de cas à écarter le principe
de « l’indépendance réciproque des comptes » qui attribue à chacun
des comptes multiples l’assise d’un contrat autonome et séparé.
1- l’accord d’unité de comptes :
151- La première modalité utilisée par un établissement de
crédit tend à instaurer un état de droit antithétique à l’étanchéité due à
la règle de l’indépendance des comptes. La mise en application de cet
accord engendre la suppression du cloisonnement juridique qui dérive
de l’autonomie opératoire des contrats de base.
152- L’accord signé sert à établir la perméabilité des différents
cadres comptables correspondants. Cette perméabilité se réalise à
travers la vocation donnée à leurs soldes respectifs à se balancer.
153- Les comptes multiples sont réputés constituer seulement
de simples divisions fonctionnelles. Ces divisions découlent de
l’éclatement pratique, requis par la pure commodité, d’une seule et
unique relation globale de compte entre le banquier et le client.
154- Cependant, cet accord engendre une contrepartie
pécuniaire à la charge de l’établissement de crédit. Cette dernière
consiste en la perte du lucre générée normalement par l’obligation de
pourvoir au calcul des intérêts débiteurs sur positions globales
résultant de la combinaison consolidée des soldes partiels.
2 – l’accord de compensation des soldes :
155- Cet accord peut faire l’objet d’une convention séparée du
contrat de compte bancaire comme il peut découler d’une clause
insérée dans un contrat dite « de compensation ». Dans les deux cas la
banque convient avec son client de son droit de procéder à la
compensation des soldes en sens inverse dégagés par les multiples
comptes ouverts au nom de ce dernier.
156- Cet accord revêt la forme d’un engagement anticipé de
compensation « in futurum ». Il incarne la mise en application de la
théorie de la compensation des créances connexes. Le solde débiteur
d’un compte courant, qui devient exigible après l’ouverture de la
procédure, pourrait être, d’après cette théorie, compensé avec tout
solde créditeur jugé connexe. En revanche, la valeur protectrice de la
compensation devient nulle en cas de saisie du solde créditeur existant
sur l’un des comptes.
Chapitre II : les contrats de crédit
157- L’opération de crédit revêt deux formes. La première est
celle d’un acte par lequel une personne met ou s’oblige de mettre, à
titre onéreux, des fonds à la disposition d’une autre personne, à charge
pour celle-ci de les rembourser. La seconde forme correspond
seulement au cas dans lequel la partie qui octroie le crédit prend dans
l’intérêt du bénéficiaire un engagement par signature tel qu’un aval,
un cautionnement ou toute autre garantie.
A ces opérations de crédit au sens strict du terme sont
assimilées des opérations tel que l’affacturage, la location assortie
d’une option d’achat et la vente à réméré portant sur les effets ou les
valeurs mobilières.
Section I : le crédit d’investissement :
158- Sous cette catégorie s’inscrit tout crédit qui sert à financer
des opérations lourdes d’équipement ou celles portant sur des
acquisitions immobilières.
Paragraphe I : le prêt d’argent :
159- C’est un contrat qui porte sur une chose qui se consomme
par l’usage. Son objet consiste en la remise d’une partie à une autre
une somme d’argent afin que cette dernière, dite l’emprunteur, puisse
s’en servir à charge de lui en restituer autant de même espèce et
qualité, à l’expiration du délai convenu.
160- L’exécution de ce contrat s’articule autour de deux phases
clés. La première est celle du décaissement du capital. La seconde se
rapporte à son remboursement.
I- le décaissement du capital :
161- Le capital correspond à la somme prêtée. Sa délivrance
est nécessaire à la formation du contrat. Ce dernier est considéré, en
conséquence, sur le plan juridique comme étant un contrat réel.
Par contrat réel on entend tout contrat qui nécessite pour sa
validité l’accomplissement effectif de l’obligation principale à la
charge de l’une des parties. L’objet de cette obligation qui est à la
charge du prêteur consiste en le fait d’assurer à l’emprunteur une
jouissance paisible du capital pendant la durée prévue
conventionnellement.
163- Le contrat de prêt d’argent est aussi un contrat
synallagmatique. On entend par cela qu’il a pour effet de créer à la
charge des deux parties des obligations réciproques : la remise de
l’argent pour le prêteur et le remboursement pour l’emprunteur.
II- le remboursement du capital :
164- Le dépôt monétaire implique une restitution. Cet acte
consiste en une remise en sens inverse, au déposant et au moment
convenu, des signes mêmes substantifiés en compte par l’écriture
créditrice de dépôt.
165- Le remboursement du prêt consiste en le rétablissement
au prêteur d’une même quantité en signes équivalents que la somme
prêtée. L’emprunteur doit rendre une chose semblable en quantité et
en qualité à celle qu’il a reçue.
166- Le remboursement doit aussi être effectué au lieu et à la
date convenue par les parties. Au cas où ces dernières se mettent
d’accord sur une date unique on sera devant un prêt remboursable en
une seule fois dit « in fine ». Les parties peuvent aussi se mettre
d’accord sur plusieurs échéances périodiques. Le remboursement
s’opère dans ce cas par fractions prédéterminées, tel que le mois,
l’année ou le trimestre.
III- dénouement :
A- Remboursement de la totalité :
B- Dénonciation du terme :
167- Généralement, le contrat de prêt énonce en faveur de
l’emprunteur, une faculté unilatérale de dénonciation du terme. Ce
dernier peut l’utiliser en procédant au remboursement anticipé. Même
à défaut de toute énonciation contractuelle, l’emprunteur aura toujours
cette faculté en main en vertu des dispositions légales.
168- Cependant, le cas échéant, il sera utile de connaître la
possible applicabilité de l’indemnité réparatrice stipulée en faveur du
prêteur en cas de résolution du contrat.
L’évocation de ladite clause ne pourra avoir lieu que lorsque la
résolution est conséquente à l’inexécution par l’emprunteur de son
obligation ou en cas de paiement par anticipation.
169- Sur le plan juridique, cette clause sera considérée comme
constituant une clause pénale qui demeure sujette à une modulation
judiciaire.
C- Résiliation par le prêteur :
Le défaut de paiement des mensualités aux échéances
convenues entre les deux parties du contrat constitue une violation par
l’emprunteur de son obligation principale17.
Paragraphe II : le crédit-bail :
170- C’est un contrat aux termes duquel le crédit bailleur
achète un bien en son nom propre sur la demande d’un client, dit le
crédit preneur, pour le lui donner en location avec promesse de vente.
Ainsi, le crédit bailleur dispose d’un attribut sécuritaire qui consiste en
le droit de propriété du bien donné en location18.
171- Les tribunaux ont tendance à assimiler le crédit bail à un
contrat de louage et non pas à une opération de crédit. Cette
interprétation justifie pourquoi le législateur a choisi de traiter ce
contrat indépendamment des contrats bancaires.
Paragraphe I : Définition et nature juridique :
L’écriture ne constitue pas une condition de validité du contrat
de crédit-bail. Elle est seulement nécessaire à son opposabilité aux
17
« Un crédit bancaire est répartit en plusieurs échéances et le non
paiement d'une seule donne droit à la banque de réclamer la totalité
de la créance. Rien n'empêche le créancier qui a engagé une action en
paiement de poursuivre pour la même créance et en parallèle d'opérer
la réalisation des nantissements consentis sur l'outillage et matériel
d'équipement ainsi que sur le fonds de commerce. Les juges statuent
toujours conformément aux lois en vigueur qui régissent le litige en
question, même si l'application de ces lois n'est pas requise par les
parties ».
Cour d'appel - Casablanca Arrêt n° 3203 du 26 septembre 1997
18
1998 امحمد برادة زغلول عقد اإلئتمان اإليجاري على المنقوالت بين الفقه و القضاء دار النشر المعرفة
tiers.
L’opposabilité est tributaire de la rédaction d’un écrit ainsi que
son inscription au registre du commerce ou au niveau de la
conservation foncière.
La validité du contrat de crédit bail est tributaire de
l’intégration de plusieurs éléments constitutifs ainsi que de deux
mentions obligatoires. Ces dernières sont respectivement les
conditions de résiliation et de renouvellement à la demande du preneur
et les modalités de règlement amiable des litiges. Le défaut de la
première engendre la nullité du contrat. En revanche, aucune sanction
n’a pas été prévu à défaut de la deuxième mention.
Paragraphe II : les obligations des parties :
174- La contrepartie de la jouissance du matériel ou de
l’immeuble baillé consiste dans le paiement par le locataire d’un loyer
convenu à échéance périodique. Cette obligation du locataire est
souvent liée à une «clause résolutoire » ou « de déchéance du terme ».
La mise en œuvre de cette clause engendre la résiliation automatique
du contrat.
175- En cas de défaillance, le locataire risque d’assumer les
conséquences d’une lourde clause pénale. Cette dernière peut prévoir
une indemnité égale au montant des loyers à échoir.
Paragraphe III : aménagement contractuel des obligations
des parties :
72- Ce contrat relève du droit commun du louage de choses.
I- transferts des actions en garantie des vices cachés :
Il a pour effet de transférer au locataire toutes les actions
contractuelles dont dispose le crédit-bailleur contre le vendeur. Ce
transfert s’applique notamment vis-à-vis de la garantie des vices
cachés.
II- renonciation à la poursuite du bailleur :
173- Cet effet peut être écarté en cas d’engagement du non
recours du locataire envers le loueur. La renonciation doit faire l’objet
d’une clause de cession de créance avec renonciation du locataire à la
garantie légale du loueur.
Paragraphe IV : le dénouement du contrat :
Le contrat de crédit-bail peut avoir deux issues. La première se
réalise à l’arrivée de son échéance. La seconde est celle qui se
rapporte aux cas de sa résiliation.
I- Arrivée de l’échéance :
176- l’arrivée de l’échéance du contrat de crédit-bail peut
donner lieu à trois issues.
Au terme du contrat le locataire peut lever l’option. En
agissant de la sorte le propriétaire devient propriétaire du bien objet du
contrat. En revanche, lorsque le locataire ne lève pas l’option le
contrat parvenu à son terme cesse et le bailleur aura le droit de
récupérer le bien. Le locataire qui ne lève pas l’option peut aussi
bénéficier de la prorogation annuelle du contrat moyennant un loyer
prédéterminé de faible montant.
II- la résiliation du contrat à l’initiative du preneur:
Le preneur du crédit-bail peut solliciter la résiliation du contrat
de crédit-bail. Cette résiliation peut être extrajudiciaire ou judiciaire.
A- résiliation extrajudiciaire :
Par résiliation extrajudiciaire on entend celle dans le cadre de
laquelle le preneur avise le bailleur, avant l’échéance convenue, de sa
volonté de mettre un terme au contrat.
Le preneur a le droit de solliciter cette résiliation en tout
moment. Cette possibilité doit être prévue expressément dans contrat
de bail commercial, sous peine de nullité.
Cette nullité est considérée par certains auteurs comme étant
seulement relative. Elle ne peut, de ce fait, être évoquée que par
l’intéressé19.
La détermination des conditions de résiliation étant faite de
façon conventionnelle, elle est beaucoup plus dictée par les bailleurs
qui sont la partie forte du contrat.
Dans la pratique, le contrat de crédit-bail comprend une clause
pénale qui oblige le locataire souhaitant lui mettre un terme de payer
en faveur du bailleur une somme égale à la totalité des échéances non
encore échue et de la valeur résiduelle.
La jurisprudence française a considéré que les clauses de cette
nature ont un caractère abusif.
Peut être qualifié de clause pénale est soumise à
l’aménagement judiciaire prévu dans l’article 264 du DOC.
B- la résiliation judiciaire :
La résiliation judiciaire est celle qui est prononcée par le juge.
Elle se justifie par l’inexécution par le bailleur de ses obligations.
Les obligations du bailleur se résume en la remise de la chose
objet du bail et en le fait de garantir de au preneur le droit de
jouissance. La résiliation judiciaire peut être requise à défaut de l’une
ou de l’autre.
Le cas le plus fréquent est celui de l’exercice par le preneur
d’une action en vue de la résiliation du contrat de vente que le bailleur
lui transfert conventionnellement. La prononciation de la résiliation
dans ce cas engendre aussi la résiliation du contrat de crédit-bail.
L’effet de cette résiliation ne s’applique pas rétroactivement.
III- résiliation à l’initiative du bailleur :
Le bailleur peut aussi agir en vue de la résiliation du contrat de
crédit-bail. Les motifs et les conditions de cette résiliation ne doivent,
19
Cette position fut consacrée aussi par la jurisprudence française.
Arrêt de la cour de cassation française du 15 mai 1996 in Dalloz p 805
quant à elles, pas figurer dans le contrat.
A- défaut de paiement :
a- ordonnance judiciaire :
Cette sanction est prévue par l’article 435 du code de
commerce. Même si l’article précité considère qu’elle concerne
uniquement le crédit-bail immobilier, la doctrine considère qu’il peut
aussi être appliqué aux meubles.
Ordonnance de référé du Président du tribunal de commerce
compétent
b-La clause résolutoire :
Prévue par l’article 692 du DOC. Elle attribue la compétence
au juge du fond.
Certains auteurs considèrent que la résolution du crédit-bail se
réalise d’office sans qu’il y ait besoin d’obtenir un jugement
déclaratoire20.
Cette position fut consacrée par la jurisprudence française21.
B- redressement judiciaire :
V- les effets de la résolution pour défaut de paiement :
Section II : le crédit de trésorerie
ائي/ل القض/ة للعم/دوة الرابع/ربي الن/انون المغ/ول في الق/اري للمنق/ان اإليج/ عبد السالم الوهابي عقد االئتم20
36.البنكي ص
21
Arrêt de la cour de cassation chambre commerciale du 3 mai 1972 P :10
177- L’élément qui permet de distinguer les crédits de
trésorerie des crédits d’investissement demeure dans l’utilisation à
laquelle ce crédit sera affecté ainsi que sa durée de remboursement. Le
crédit de trésorerie a pour objectif de permettre à une entreprise de
faire face à ces dépenses quotidiennes. Son remboursement doit avoir
lieu à court ou à moyen terme
Les deux principaux types de crédit de trésorerie sont
respectivement l’ouverture de crédit et la cession de créance
professionnelle. Ce sont ces deux crédits dont nous allons à présent
examiner le régime juridique.
Paragraphe I : L’ouverture de crédit :
178- L’ouverture de crédit, souvent dénommée dans la
pratique « ligne de crédit », constitue une autorisation de crédit
consentie par la banque en faveur d’un client. Elle est un contrat par
lequel un établissement de crédit promet de mettre des fonds à la
disposition d’une autre personne.
179- Cette convention a pour intérêt de permettre à l’entreprise
bénéficiaire de disposer d’une sécurité due à la source de financement
offerte à sa demande. Elle représente aussi pour l’établissement de
crédit préteur un intérêt de taille, étant donner qu’elle lui permet
d’éviter de grever ses ressources comme en cas d’octroi d’un crédit
par débours tout en réalisation des bénéfices.
180- L’ouverture de crédit est un contrat consensuel qui
n’exige pour sa validité l’accomplissement d’aucune formalité. Ce
contrat peut, en conséquence, être prouvé par tous les moyens de
preuve.
181- Les causes de cessation du contrat peuvent être dues à
deux cas de dénonciation qui diffèrent en vertu de sa nature. Ces
derniers distinguent entre l’ouverture de crédit à durée indéterminée et
l’ouverture de crédit à durée indéterminée. Dans le premier cas, seule
l’échéance du terme permet la clôture. Dans le second, l’établissement
de crédit doit adresser un préavis au bénéficiaire soixante jours au
moins avant la clôture.
182- L’établissement de crédit n’est tenu à l’observation
d’aucun formalisme dans trois cas. Le premier est celui de cessation
notoire de paiement. Le second se rapporte à la commission de la faute
commise par le client à son égard ou dans le cadre de l’usage de
l’ouverture de crédit.
183- L’établissement de crédit s’engage par anticipation à
honorer la demande de mise à disposition de fonds émanant de son
client. En revanche, ce dernier reste libre de n’en point formuler la
demande.
184-Le bénéficiaire de la promesse de prêter peut librement et
à tout moment et par sa seule volonté provoquer la mise à disposition
convenue contractuellement. Il peut aussi opter pour la clôture de la
convention.
Paragraphe II : Cession de créances professionnelles :
185- La cession de créance professionnelle est un prêt. Sa
réalisation consiste en une cession effectuée par voie de bordereau de
créances en vue de garantir tout crédit octroyé pour le financement de
l’activité professionnelle de l’emprunteur.
186- Ce contrat de prêt donne lieu à l’usage d’un support
normalisé dénommé le « bordereau ». Pour qu’il soit valable, ce
dernier doit contenir plusieurs mentions. La première mention consiste
en la dénomination « acte de cession de créances professionnelles »
qui doit être apposée en haut du titre. La seconde mention se résume
dans l’insertion du nom de l’établissement bancaire bénéficiaire. La
troisième est l’indication de la liste des créances cédées et des
numéros des factures afférentes à chacune d’entre elles.
187- La conclusion du contrat se réalise à compter de la
signature du bordereau par le cédant lors de sa remise. Cette signature
doit être procédée du datage du bordereau par le cessionnaire.
I- Les clauses de sécurité :
La cession de créance professionnelle contient plusieurs
clauses dites de sécurité. Ces dernières visent à mettre l’établissement
de crédit à l’abri dans le cadre de sa relation avec le remettant, les
débiteurs et les tiers. L’établissement de crédit dispose de la possibilité
de renforcer cet arsenal sécuritaire de façon conventionnelle, en
utilisant un accord cadre.
A- La sécurité vis-à-vis du remettant :
188- Le datage du bordereau entraîne le transfert de la titularité
des créances désignées sur le titre. Sa remise entraîne de droit le
transfert des sûretés garantissant chacune des créances concernées.
189- Le remettant n’est pas affranchi de toute possibilité quant
au dénouement des droits transmis au banquier cessionnaire. Il sera
considéré après cession comme étant garant solidairement du
paiement de la créance cédée.
190- La cession d’une créance professionnelle représente le
risque de double mobilisation auprès de deux établissements de crédit
différents. Cette situation se réalise en cas de cession de la même
créance par bordereau d’une part et par escompte de lettre de change
d’autre part. Cet acte peut même être assimilé à une escroquerie.
Pour contrecarrer ce risque, le cessionnaire peut intégrer dans
la convention de prêt une clause de déchéance. Cette clause à pour
effet de lui permettre d’agir immédiatement contre le remettant en cas
de double mobilisation frauduleuse d’une créance cédée.
B - La sécurité vis-à-vis des tiers :
191- En cas de redressement judiciaire du remettant, la cession
fiduciaire sera opposable aux tiers. Cette opposabilité devient effective
à compter de la date portée sur le bordereau.
C - La sécurité vis-à-vis des débiteurs :
192- La cession engendre le transfert des créances en pleine
titularité au banquier cessionnaire, des créances des principaux
débiteurs. Le cessionnaire a intérêt à notifier aux débiteurs concernés
une interdiction de payer le cédant afin de leur rendre opposable l’acte
de cession.
D - La sécurité conventionnelle :
193- Cette sécurité est garantit à travers la conclusion d’un
accord cadre portant sur les droits dont dispose le cessionnaire ou les
obligations qui incombent au cédant. Cet accord contient des clauses
qui sont susceptibles de fournir plus de sécurité au banquier.
II- La domiciliation obligatoire :
194- C’est une clause aux termes de laquelle le cédant
s’engage, auprès du banquier cessionnaire, de domicilier au sein du
compte ouvert auprès de ce dernier, tous les paiements à intervenir du
chef des débiteurs des créances cédées.
III- La clause d’exclusivité :
195- C’est une clause prévue au profit du banquier aux termes
de laquelle le client cédant s’engage à mobiliser auprès de lui toutes
ses créances professionnelles. La non observation de ces deux clauses
engendre la déchéance du remettant. Le cessionnaire deviendra alors
habilité à exiger le paiement immédiat de la créance.
IV- la clause de variabilité :
196- Cette clause a pour effet de diminuer la ligne de crédit
autorisée, le cas échéant, par paliers. Cette diminution est réalisée
proportionnellement à la valeur des créances demeurées impayées
dans une période donnée.
Section III : L’engagement par signature :
197- L’engagement par signature, ou le crédit par signature est
un contrat par lequel un établissement de crédit s’oblige dans l’intérêt
de son client et sur demande de ce dernier à servir éventuellement une
somme d’argent déterminée ou déterminable au bénéficiaire de la
promesse.
198- Dans la pratique ce contrat consiste, en la souscription par
le client d’un billet à ordre en faveur d’un établissement de crédit.
L’instrument souscrit est, ensuite, présenté à l’escompte auprès de la
même banque après l’avoir avalisé par un autre établissement.
Paragraphe I : Le Crédit par aval (acceptation):
199- C’est un contrat par lequel une personne s'engage à
garantir le paiement d'une tierce personne en faveur d’un bénéficiaire
sur un effet de commerce. La partie qui donne son aval et qui est dite
l’avaliste. Cette dernière est normalement un établissement de crédit
qui s’engage à payer le porteur de l’effet de commerce en cas de non
paiement du débiteur à l’échéance.
I- Modalités :
201- L’aval peut être donné en vertu de deux modalités. Il peut
soit figuré sur l’effet de commerce soit faire l’objet d’un acte séparé.
A - Aval donné directement sur l’effet
202- L’aval consiste, dans ce cas de figure, en une signature de
l’avaliste apposée au recto de l’effet. Cette signature doit être précédée
de la formule « bon pour aval».
B - Aval donné par acte séparé
203- L’aval fait l’objet dans ce cas d’un acte séparé. Ce dernier
doit indiquer plusieurs mentions dont notamment le lieu où l'aval est
intervenu, le montant des sommes garanties ainsi que la durée des
engagements fournis.
II- Utilités :
204-L’aval comme crédit par signature, permet d’atteindre
deux objectifs différents. Le premier est la constitution de stock. Le
second est l’obtention d’un prêt auprès d’un établissement de crédit.
A- Facilité la constitution des stocks :
205- L’aval constitue, dans ce cas, une technique susceptible
de permettre au client de la banque avaliste de s'approvisionner sur le
marché en bénéficiant de la confiance de ses fournisseurs.
Concrètement, la banque fournit ce crédit à son client à travers
l’acceptation de l’effet qu’il tiré en faveur du vendeur.
B -Facilité l'octroi d'un crédit :
206- Il se peut que le banquier manifeste réellement son
souhait d’épauler une entreprise dans la gestion de sa trésorerie sans
avoir les disponibilités nécessaires. C’est dans des situations
semblables que le recours à ce mode alternative de financement peut
être d’une grande utilité.
207- L'entreprise cliente qui a besoin de fonds pour renforcer
sa trésorerie peut trouver un autre banquier qui acceptera le
décaissement des fonds à condition d'être couvert en risque par son
confrère. Cette couverture consiste en l’acceptation de l’effet qui sera
émis à cette occasion. Le crédit dont bénéficie l’entreprise
emprunteuse sera réparti en risque et en trésorerie entre les deux
banquiers.
Paragraphe II : Le Cautionnement
208- Le cautionnement constitue une sûreté personnelle. Il est
un contrat par lequel une banque nommée "la caution" s'engage à
l'égard d'une personne dite "bénéficiaire" à payer la dette du débiteur
principal dit "cautionné", au cas où ce dernier va faillir à ses
engagements. La créance objet de la caution peut être réelle ou
seulement éventuelle, actuelle ou futute22.
Le cautionnement ne constitue pas un contrat commercial. Il
est régi par les dispositions du DOC. Néanmoins, l’acte de cautionner
peut devenir commercial lorsqu’il est accompli par un commerçant
dans le cadre de l’exercice de son activité.
I- Les intérêts
انون// من الق3 ادة//ا للم//ه طبق//ة من عمليات//ان و عملي// الكفالة البنكية هي أحد أوجه اإلئتم22
.34.03
دوة ع--ة الن--ور بمجل-- منش241 ع12/6/2008 أمر محكمة االستئناف التجارية بفاس ب
202 : ص22
209- Le cautionnement représente des intérêts aussi bien pour
l’établissement de crédit qui l’a octroyé que pour l’entreprise
bénéficiaire.
A- Alléger la trésorerie de l’entreprise :
210- Le cautionnement permet d’alléger la trésorerie de
l’entreprise emprunteuse en suppléant aux débours qui devraient
normalement être effectués en substitution. Ces débours seront
normalement destinés à la constitution d’une provision. A titre
d’exemple, le crédit par signature permet d’éviter le paiement de
droits de douanes ou de procéder au règlement d’une imposition
fiscale.
B -Soulager la trésorerie des banques:
212- Le cautionnement a pour avantage d’être seulement une
simple signature. En le fournissant l’établissement de crédit ne se
trouve obligé de faire aucun débours d’argents. Ce produit permet
ainsi à une banque de réaliser un bénéfice sans qu’elle se prive,
initialement, de ses propres fonds pendant une durée déterminée.
II- caractéristiques :
A- Défini ou indéfini :
L’engagement de la caution peut être défini ou indéfini. Dans
le premier cas le créancier bénéficiaire ne peut réclamer qu’un
montant égal ou inférieur à celui déterminé conventionnellement23.
Cette limitation n’empêche pas la caution d’être responsable
des conséquences qui découlent de la non exécution par le débiteur de
l’obligation objet du cautionnement24.
و230 لين//يات الفص//ا لمقتض//ون خارق// القرار القاضي على األطراف بأداء مبالغ تتجاوز حدود الكفالة يك23
من ق ل ع و معرضا بالتالي للنقض في حدود ما زاد عن مبلغ الكفالة1118
124 ص98 منشور بمجلة المحاكم المغربية ع430 : ع21/2/2001 قرار محكمة النقض ب
ات و//ا التعويض//منون أيض//دعى عليهم الكفالء يض//إن الم//ع ف// من ق ل1130 ل//يات الفص//اال لمقتض// إعم24
المصروفات التي يتحمل بهاال المدين األصلي بسبب عدم تنفيذ االلتزام
B- Caractère accessoire :
La caution est une garantie accessoire au contrat principal qui
lui a donné naissance. Elle cesse dès que cesse ce dernier ou dès
qu’arrive son échéance25.
III- Les effets :
La caution engendre trois effets principaux. Par effets nous
entendons les règles régissant les rapports entre les trois parties du
contrat qui sont, respectivement, la banque, le bénéficiaire et le
créancier
A- Opposabilité des exceptions:
Le cautionnement est un contrat accessoire à l’obligation
principale du débiteur. Sa dépendance et son défaut d’autonomie font
que la banque qui l’a fourni aura la possibilité de se prévaloir de toutes
les exceptions qui profitent au débiteur vis-à-vis du créancier
bénéficiaire.
B- Principe de Défaut de solidarité :
Le cautionnement n’est, en principe pas, solidaire. Cet effet a
pour conséquence d’exiger du bénéficiaire d’agir contre le débiteur
cautionné avant de se retourner contre la caution26.
189 : ص6 منشور بمجلة رسالة الدفاع ع61/04 ع10/2/2004 أمر ابتدائية وجدة ب
ة// المحكم.نة//ذه الس//دود ه//من األداء إال في ح//امن ال يض// إذا كان عقد الكراء محدد في سنة واحدة فإن الض25
يات/رقت مقتض/د خ/ون ق/د تك/ا العق/دد فيه/التي اعتبرت أن الكفالة غير محصورة و أنها شاملة للفترة التي تج
من قلع و عرضت قرارها للنقض1123 الفصل
تاذ--دني لألس--راء الم--ة النقض في الك--اء محكم-- منشور بقض1673 ع25/4/2000 قرار محكمة النقض ب
487 :عبد العزيز توفيق ص
ه/د في/ادي ال يوج/ إن محكمة الموضوع التي ثبت لها أن عقد الضمان المستدل به من الطالبة عقد ضمان ع26
ذي ال يعطي/ع ال/ من قل1134 ل/يات الفص/د طبقت مقتض/ون ق//ما يفيد تنازل المطلوب عن الدفع بالتجريد تك
للدائن حق الرجوع على الكفيل إال إذا كان المدين في حالة مطل في تنفيذ التزامه و يكون قرارها مرتكزا على
أساس و معلال تعليال كافيا
3 اوالت ع-- منشور بالمجلة المغربية لقانون األعمال و المق1219 ع2/10/2002 قرار محكمة النقض ب
124 ص
Cette règle supplétive peut être écartée par voie contractuelle.
Les parties peuvent disposer que le cautionnement sera solidaire en
vue de permettre à la caution d’agir en toute liberté contre l’un des
deux coobligés.
C- Exception de discussion des biens du débiteur:
La caution peut exciper l’exception de discussion à l’encontre
du créancier bénéficiaire. Le bénéfice de cette exception peut,
néanmoins, être écarté conventionnellement27.
La renonciation à l’exception de discussion a pour effet de
priver la caution d’empêcher le créancier bénéficiaire de se retourner
contre lui en premier, avant toute action menée contre le débiteur
principal28.
L’exception de discussion est aussi écartée dans les cas
limitativement déterminés par la loi. D’après les dispositions de
l’article 1137 du DOC ces derniers se rapporte au caractère solidaire
de l’engagement, à la déconfiture notoire ou l’insolvabilité déclarée du
débiteur, ou insuffisance des biens ou leur caractère litigieux ou
encore, lorsque les poursuites ou l’exécution sont devenues difficiles
en cas de changement par le débiteur principal de son domicile.
III- Typologie :
213- Le cautionnement bancaire est fourni dans de nombreux
et divers cas. Il peut être remis en faveur d’une administration
publique ou en faveur d’une personne de droit privé.
A -Caution fiscale :
الدفع بعدم جواز الرجوع على الكفيل إال بعد الرجوع على المدين األصلي و ثبوت مطله هو دفع بالتجريد27
ل في نفس/دين و على الكفي/وع على الم/اها الرج/امنية يمكن بمقتض/ة تض/و ال تجوز إثارته حينما تكون الكفال
.الوقت كما يمكن الرجوع على أحدهما دون اآلخر
.151 : ص9 منشور بمجلة القضاء المدني ع973 ع4/8/2011 قرار محكمة النقض
من قلع ال1136 الكفيل المتضامن الذي ال حق له في طلب تجريد المدين األصلي و أن مقتضيات الفصل28
تطبق إال في حالة الكفالة العادية
7 منشور بالمجلة المغربية لقانون األعمال و المقاوالت ع292 ع10/3/2004 قرار محكمة النقض ب
.131 ص
214- L’administration fiscale peut exiger un cautionnement, en
substitution à la constitution d’une provision. Cet acte a pour effet de
retarder les effets d’une imposition et sa mise au recouvrement.
B -Caution en douane :
215- Ce cautionnement peut être fourni à l’administration des
douanes afin d’éviter la constitution d’une provision. Ceci est le cas
pour toute entreprise qui procède à une importation temporaire.
C -Caution administrative :
216- Ce cautionnement est fourni notamment par les
entreprises qui ont soumissionnées à un marché public. Le document
fourni se substitue à la provision qui vise à garantir les sérieux et à
donner une indication sur la bonne santé financière des différentes
entreprises qui concourent en vue de l’attribution du marché.
IV- le dénouement de la caution :
Dénouement avant échéance :
A- Décès de la caution :
L’échéance est déchue
B- Insolvabilité de la caution :
Fait échoir l’échéance à son égard
C- Décès du débiteur principal :
Fait échoir l’échéance à l’égard de la succession mais pas à
l’égard de la caution
Dénouement à échéance :
Paragraphe III : Lettre de garantie :
La lettre de garantie est un contrat innomé. Le législateur
marocain n’a toujours pas considéré qu’il fût opportun de lui
consacrer des règles spécifiques.
Par conséquent, ce contrat continue d’être régi par les
dispositions contractuelles constituant la loi des parties. Même s’il est
il est aussi possible pour le juge, en cas d’omission, de puiser dans les
usages.
I- Définition :
217- C’est un document émis par la banque en vue de garantir
le paiement d’un fournisseur pour les produits ou services fournis à
une entreprise. Le crédit, matérialisé par ledit document, est utilisé en
cas de défaillance de l’entreprise débitrice.
La lettre de garantie constitue un acte personnel. Son émission
ne donne lieu à la mobilisation d’aucun titre négociable.
II- Les effets :
La lettre de garantie se distingue par son Autonomie.
L’engagement fourni par la banque dans le cadre de ce document est
considéré comme étant autonome et indépendant de celui du débiteur
principal.
C’est dans cet aspect que demeure le principal élément
constitutif de sa distinction avec la caution. Pas accessoire à
l’obligation du client bénéficiaire
Les exceptions découlant de la relation entre le débiteur
principal et le créancier ne peuvent pas être évoquées par la banque.
Le créancier n’est tenu d’exercer aucun recours préalable sur le
client débiteur avant de mobiliser le lettre de garantie à l’égard de la
banque.
III- Extinction:
L’extinction d’une lettre de garantie peut être due à deux
causes. La première est l’expiration du délai. La seconde est la
prescription.
Expiration du délai
Prescription
Paragraphe IV : Le Crédit documentaire :
218- Le crédit documentaire peut être défini comme étant
l’opération par laquelle une banque émettrice s’engage, à la demande
et pour le compte de son client importateur, dit le donneur d’ordre, à
régler à un tiers exportateur, dit bénéficiaire, dans un délai déterminé,
un montant déterminé contre remise des documents strictement
conformes et cohérents entre eux, justifiant de la valeur et de
l’expédition des marchandises ou des prestations de services.
I –Typologie :
220- La classification des crédits documentaires peut être faite
sur la base de la Portée de l’engagement de la banque, de la possibilité
de le révoquer et des risques afférents à cela.
A- Portée de l’engagement de la banque :
221- ce premier critère permet de distinguer entre le crédit
documentaire notifié et le crédit documentaire confirmé.
a- Le crédit doc notifié :
222- Le crédit documentaire notifié est celui dans lequel le
banquier de l'importateur est seul engagé envers le bénéficiaire. Le
banquier de l’exportateur se contente de notifier ce dernier au
bénéficiaire sans garantir le paiement.
b- Le crédit doc confirmé :
223- C’est un crédit documentaire dans lequel le banquier de
l’exportateur s’engage envers ce dernier et garantit le paiement du
prix. Le banquier de l'importateur est conforté par un banquier
correspondant dans le pays de l'exportateur qui confirme le paiement.
B -Risques couverts :
224- ce deuxième critère permet de distinguer entre le crédit
documentaire révocable et le crédit documentaire irrévocable. Une
troisième catégorie de crédit documentaire irrévocable qui est au
même temps confirmée doit aussi être spécifiée.
a- Révocable:
225- Le crédit documentaire révocable est celui qui peut être
annulé ou modifié sans l'accord de toutes les parties, à tout moment
par le donneur d’ordre. Le crédit documentaire révocable ne couvre
aucun risque économique.
b- Irrévocable :
226- Le crédit documentaire irrévocable est celui dans lequel la
banque émettrice s’engage de façon ferme d'honorer les documents
remis en conformité avec les termes et conditions du crédit.
227- Ce crédit couvre le risque commercial, c'est-à-dire la
défaillance de l'acheteur. En revanche, il ne couvre pas les risques
pays et le risque banque. Ces deux derniers risques se rapportent aux
cas de non transfert ou de la défaillance de la banque de l'acheteur.
c- Irrévocable et Confirmé :
228- Dans ce dernier type de crédit documentaire, la banque
confirmatrice s'engage à payer au bénéficiaire le montant des
documents reconnus conformes. Il couvre tous les risques
contractuels, à savoir le risque commercial, le risque pays et le risque
banque.
II- Intervenants :
229- Le crédit documentaire est une opération qui se réalise
entre deux parties d’une vente internationale, qui sont respectivement
l’acheteur, dit donneur d’ordre, et le vendeur, dit bénéficiaire. Mais
étant donné l’éloignement dû au fait que chacun d’entre eux réside
dans un pays différent, ce sont deux établissements de crédits qui
interviennent dans cette opération pour jouer le rôle d’intermédiaire.
A- Le donneur d'ordre :
230- Le donneur d’ordre est l’acheteur. C’est ce dernier qui
doit prendre l’initiative et donner les instructions d'ouverture du crédit
documentaire à sa propre banque.
B – L’établissement de crédit :
L’établissement de crédit jour un rôle important dans le cadre
du crédit documentaire. Ce rôle varie en vertu de la partie en faveur de
laquelle il intervient ainsi que de la nature et de la portée de
l’engagement contracté.
a- La banque émettrice :
231- La banque émettrice est celle de l'acheteur. C’est elle qui
procède, sur instructions de son client, à l'ouverture du crédit
documentaire en faveur du bénéficiaire qu’il a lui-même désigné.
b- La banque notificatrice :
232- C’est la banque correspondante de la banque émettrice.
Elle est située dans le pays du vendeur et elle a pour mission
principale d’aviser le bénéficiaire de l'opération de crédit
documentaire, sans prendre d'engagement de paiement.
c- La banque confirmatrice :
233- C’est la banque notificatrice qui accepte de prendre un
engagement de paiement vis-à-vis du bénéficiaire. L’engagement pris
sera considéré comme étant autonome et ne peut en aucun cas être
conditionné au paiement qui doit être effectué par la banque émettrice.
C -Le bénéficiaire :
224- C’est le vendeur exportateur des marchandises à
destination d’un client demeurant dans un pays étranger. Il est la partie
en faveur de laquelle le crédit doc est ouvert.
III- Ouverture du Credoc :
225-Par l’ouverture d’un crédit documentaire nous visons la
phase qui s’étale depuis la réalisation de la vente jusqu’à la
notification faite à l’attention de la banque du bénéficiaire.
A -Réalisation de l'opération commerciale
226- Elle est la première étape dans le processus de réalisation
d’un crédit documentaire. L'acheteur et le vendeur conviennent
contractuellement des termes de l'opération de vente, et notamment
des deux éléments fondamentaux qui sont respectivement le prix et la
chose vendue. Ces derniers doivent être bien spécifiés en termes de
qualité et de quantité.
B -Demande d'ouverture du crédit documentaire
227- Lors de cette phase, l’acheteur, qui est aussi dit donneur
d'ordre adresse, suite à la conclusion de ce contrat de vente
internationale, à son banquier une demande d'ouvrir d’un crédit
documentaire en faveur de son vendeur, qui est dit bénéficiaire.
C -Ouverture du crédit documentaire
228- La banque de l'acheteur, dite aussi banque émettrice,
procède à l’ouverture d’un crédit documentaire auprès d’une banque
dans le pays du vendeur.
D -Notification de l'ouverture du crédit documentaire
229- C’est acte est accompli par la banque correspondante.
Cette dernière procède à la notification de l'ouverture du crédit
documentaire au vendeur avec ou sans confirmation. La banque
étrangère agir en vertu de la convention la liant à la banque émettrice.
IV -Réalisation du Credoc :
230- 232- Le crédit documentaire se réalise depuis l’expédition
par le vendeur de la marchandise et la remise des documents énumérés
dans la convention à la banque correspondante, qu’elle soit
notificatrice ou confirmatrice. Cette remise permet à l’établissement
de crédit de procéder à la vérification de la conformité des documents
reçus à ceux qui ont été spécifiés lors de l’ouverture du crédit.
A -Expédition des marchandises :
231- Au début de cette seconde phase de réalisation, le
vendeur doit procéder à l’expédition des marchandises. Cet acte,
extrêmement important permet de garantir à l’acheteur, donneur
d’ordre, la réception des biens achetés et la transmission de leur
propriété. Il permet aussi de rendre possible l’examen de la conformité
des qualités et caractéristiques exigées dans le contrat de vente
internationale.
B - Envoi des documents :
233- La banque correspondante qui se trouve dans le pays du
vendeur, qu’elle soit notificatrice ou confirmatrice, procède à la
remise des documents à la banque de l'acheteur, dite la banque
émettrice, contre engagement de paiement.
C- Remise des documents et réception des marchandises :
234- La dernière phase consiste en la remise par banque
émettrice des documents reconnus conformes à son client. Cette
remise est effectuée contre remboursement par le client donneur
d’ordre à sa banque et remboursement par cette dernière à la banque
correspondante. Aux termes de ce processus, l'acheteur se fait délivrer
les marchandises sur présentation du document de transport.
V- Modalités de règlement :
235- le paiement du crédit documentaire peut avoir trois
formes différentes. Il peut être à vue et donc avoir lieu immédiatement
lors de la remise des documents comme il peut être différé à une date
ultérieure selon l’accord établi entre les deux parties du contrat de
vente. La troisième modalité revêt une certaine particularité étant
donné qu’elle se réaliser à travers la création d’une lettre de change.
A -Paiement à vue :
236- Cette modalité de paiement est réalisée dès présentation
des documents reconnus conformes par l par l’exportateur.
B -Paiement différé :
237- Dans cette modalité, le vendeur accorde un délai de
paiement de paiement à l'acheteur. Ce dernier est déterminé
conventionnellement.
C -Par acceptation :
238- Cette modalité consiste en la création par le bénéficiaire
d'un effet de commerce tiré sur la partie requise au crédit
documentaire, en l’occurrence la banque notificatrice, confirmatrice
ou émettrice. L'exportateur bénéficiaire se voit retourner un effet
accepté qu’il pourra présenter au paiement à l’échéance.
Partie IV : Les techniques juridiques de paiement
239- par techniques juridiques de paiement il est entendu tout
moyen ou mécanisme, quelle que soit sa nature, susceptible d’être
utilisé entre commerçants en vue du règlement des créances échues.
La monnaie fiduciaire constitue dans ce domaine un moyen
rudimentaire. Dépassé même en matière civile, ce moyen de paiement
ne semble plus être en mesure de satisfaire aux besoins et aux
aspirations des acteurs de la vie des affaires. Ce sont ses limites qui
ont poussé à la création, notamment par le système bancaire, de ces
techniques de paiement.
Les techniques juridiques de paiement se divisent en deux
groupes. Le premier est constitué par les instruments dits cambiaires
car nécessitant l’intervention d’un établissement de crédit. Le second
est composé par les instruments non cambiaires qui, tout en étant
Chapitre I : les instruments cambiaires
240- Les instruments cambiaires peuvent être définis comme
étant des supports opératoires servant de vecteurs à des opérations
stéréotypées accomplies en masse. Ces instruments se distinguent
aussi des titres voisins du fait qu’ils impliquent tous l’intervention
d’un établissement de crédit.
-Les instruments cambiaires se divisent aussi en deux
catégories. La première est celle des instruments dits de paiement. La
seconde regroupe les instruments dits de mobilisation. C’est dans
l’objectif visé par chacun de ces instruments que demeure le critère
permettant d’établir une distinction entre eux.
Section I : Le chèque, instrument de paiement :
241- les chèques sont des supports permettant d’aboutir au
paiement par une personne à une autre d’une quantité déterminée
d’unités monétaires. Le paiement porte sur une monnaie scripturale,
qui est une monnaie dématérialisée et stockée dans des comptes tenus
par des établissements de crédit29.
Parmi tous les instruments cambiaires émis et gérés par les
établissements de crédit seul le chèque s’inscrit dans cette catégorie.
Ce dernier peut être défini comme étant un titre de propriété monétaire
permettant au bénéficiaire de se faire servir, jusqu’à due concurrence,
les avoirs portés au crédit d’un compte du tireur auprès d’un
dépositaire déterminé.
La création du chèque et son émission sont régies par des
dispositions drastiques étant donné la volonté de préserver à cet
instrument le crédit dont il bénéficie. La provision qui constitue la
valeur mobilisée a sécrété plusieurs techniques qui permettent de
fournir plus au moins de garanties relativement à sa disponibilité et à
favoriser sa mise en circulation.
Paragraphe I : La création du chèque :
243- la création d’un chèque et sa qualification d’instrument
de paiement valable nécessite la réalisation de plusieurs conditions.
Les conditions de fond sont les mêmes que celles nécessaires à la
validité de tout acte juridique, à savoir la capacité, la qualité, l’objet et
la cause30. Les conditions de forme se rapportent à son caractère écrit
ainsi qu’aux nombreuses mentions que ce titre doit contenir 31. Hormis
: ص2013 ة//ة الوكني//ة و الوراق//ربي المطبع// محمد مومن أحكام وسائل األداء و االئتمان في القانون المغ29
297
. الشيك وسيلة وفاء يتداول بعيدا عن السبب الذي من أجله سحب30
إنكار التوقيع الوارد بالشيك من طرف المحامي يتوقف قبوله على اإلدالء بتوكيل خاص
190 : ص3: منشور بمجلة القضاء التجاري ع191 ع6/2/2002 قرار محكمة النقض ب
ع//ا يمن// و ال يوجد م، ال يشترط القانون في صحة الشيك أن تكون بياناته حتى اإللزامية منها بخط الساحب31
تفيد في ملء/وض المس/احب ف/ك أن الس/ترض في ذل/ إذ يف،يره/تفيد أو غ/ط المس/ررا بخ/يك مح/ون الش/أن يك
.البيانات بما فيها تاريخ اإلصدار ما دام موقعا عليه
.213 : ص5 منشور بمجلة القضاء المدني ع344 ع16/7/2009 قرار محكمة النقض ب
ces conditions de validité le chèque peut aussi reproduire plusieurs
mentions facultatives, mais essentielles qui sont en mesure
d’engendrer plusieurs effets juridiques.
I- Les conditions de validité :
Les conditions de forme nécessaires à la validité du chèque se
rapportent à la reproduction de plusieurs mentions obligatoires sur un
support écrit dont la forme obéit aux usages et à la pratique bancaire.
I- L’écriture :
244- Le chèque est un support écrit, il doit être établi sur un
titre. L’écriture constitue un moyen de preuve et non seulement une
condition de validité.
Le législateur marocain n’a pas exigé que le chèque ait une
forme spéciale. Il a seulement obligé les établissent de crédit de mettre
des carnets de chèques gratuitement à la disposition de leurs clients.
Les chèques sont émis et gérés par les établissements de crédit.
Néanmoins, les titulaires des comptes bancaires ne sont pas obligés
d’utiliser les formules que leur ont été remis par des établissement de
crédit près desquels ils ont ouvert leur compte bancaire. Chaque
titulaire d’un compte bancaire peut créer lui-même ses chèques. La
validité de ses instruments dépend de la reproduction des mentions
obligatoires et de leur conformité aux formules délivrées par
l’établissement bancaire.
II- les mentions obligatoires :
A- insertion du mot chèque dans le texte :
Sa validité exige la réunion de plusieurs de mentions.
245- Le mot chèque doit être inséré dans le texte même et non
pas comme intitulé. Cette insertion doit aussi être faite dans la même
langue utilisée en vue de la rédaction du titre.
Le législateur n’a pas déterminé la langue qui doit être utilisé
dans la rédaction du chèque. Le tireur du chèque a, de ce fait, le droit
de choisir cette dernière en toute liberté. Dans la pratique bancaire les
établissements de crédits permettent à leurs clients de choisir entre
l’arable et le français.
B- le mandat de payer :
246- La seconde condition est le mandat pur et simple donné à
la banque par le titulaire du compte en vue de payer une somme
déterminée d’argent.
a- Nature :
Le mandat nécessaire à la validité du chèque doit être pur et
simple. Ces deux qualifications
b- Portée sur une somme d’argent déterminée:
Le mandat de payer doit porter sur une somme précise et
clairement déterminée. En cas de désaccord entre la somme en chiffres
et la somme en lettres, le chèque sera valable et c’est la somme en
lettres qui doit prévaloir. Il en est de même en cas de désaccord entre
deux sommes inscrites deux fois. C’est la somme la moins forte qui
prévaut dans ce cas.
C- le nom du tiré :
247- Le nom du tiré constitue la troisième mention nécessaire
à la validité du chèque. Ce dernier doit être obligatoirement un
établissement bancaire. C’est en cela que demeure la principale
distinction entre le chèque et les autres effets de commerce qui justifie
le renforcement de la protection du chèque.
Le chèque ne peut pas être tiré sur le tireur lui-même, sauf
quand il s’agit de deux établissements différents appartenant au même
tireur.
D- Le lieu du paiement :
248- Les dernières conditions se rapportent respectivement au
lieu du paiement
E- Date et lieu d’émission :
Le chèque ne peut être considéré comme étant valable et
constituer un titre cambiaire que s’il porte clairement mention de la
date et du lieu d’émission. Par date et lieu d’émission on entend la
date et le lei de remise du chèque entre les mains du bénéficiaire.
A défaut de détermination de ces mentions par le tireur le
bénéficiaire sera appelé à les compléter. La jurisprudence considère
que l’émission du chèque sans détermination de certaines de ses
mentions par le tireur vaut mandat donné à ce dernier en vue de les
compléter.32
II- Les mentions facultatives :
249- Les mentions facultatives sont celles qui ne sont pas
exigées pour la validité du chèque, mais qui peuvent apporter une
certaines clarification à ses dispositions ou déterminer les règles
régissant les rapports liant les différents signataires. Ces mentions se
rapportent principalement à la désignation du bénéficiaire et aux
modalités de son paiement.
A- le bénéficiaire :
Le chèque peut revêtir plusieurs formes. Il peut être soit à
personne dénommée non endossable, soit à ordre ou au porteur, voire
même à l’ordre du tireur lui-même.
B- Disponibilité de la provision :
Le chèque peut aussi être soit simple, visé ou certifié.
35/3/2008 ىب349 قرار احملمكة التجارية مبراكش رمق32
ة ال يعترب شياك++ من م ت فإن الشيك اذلي ينقصه اترخي إنشائه اذلي يعترب أحد البياانت اإللزامي240 طبقا للفصل
ة ابلشيك يف++ات املتعلق++ة الالزتام++ع و ال جمال ملناقش++وفر عىل إمس املستفيد و التوقي++د سندا عاداي إذا اكن يت++و يع
من مدونة التجارة309 العالقة بني الساحب و املسحوب عليه و املظهر أو احلديث عن مقتضيات الفصل
Paragraphe II : L’émission du chèque :
250- L’émission est l’acte par lequel le tireur se dessaisit du
chèque en le remettant au bénéficiaire. La remise n’emporte pas
extinction de la créance originaire. Cette dernière subsiste avec toutes
ses garanties jusqu’à ce que ledit chèque soit payé.
251- Le chèque est payable dès son émission. Cet acte emporte
transfert de la propriété de la provision au bénéficiaire désigné ou au
porteur légitime.
Paragraphe III : La provision du chèque :
252- La provision du chèque est composée de la créance d’une
somme d’argent exigible dont le tireur est titulaire à l’encontre du tiré.
Cette somme doit faire l’objet d’un dépôt préalable de fonds en
compte. Ces fonds peuvent être mobilisés par voie de chèques.
253- La provision doit être à la fois suffisante et disponible. La
disponibilité renvoie vers son existence lors de la présentation alors
que la suffisance se rapporte à sa valeur comparée à celle du chèque.
254- Le défaut de payement du chèque constitue un délit et
donne lieu à une injonction bancaire de ne plus les émettre. Le cas
échéant, c’est au tireur qu’incombe de prouver l’existence de la
provision si cela est nié le tiré.
I - Le visa :
255- Le visa est une attestation établie par le tiré sur le titre
même. A travers cet acte, le tiré atteste l’existence de la provision. Le
visa ne vaut que pour le moment de son établissement. Le tireur peut
disposer librement de la provision avant la présentation au paiement.
II- La certification :
256- Elle consiste en l’apposition par le tiré sur le chèque, au
moyen d’un procédé d’écriture indéniable, d’une formule comportant
sa signature, la mention de certification, la date de celle-ci, le montant
du chèque et la désignation du tiré. Cette formule correspond à une
attestation de l’existence de la provision. Elle incarne aussi
l’obligation ferme et irrévocable du tiré de bloquer ladite provision au
profit du porteur, pendant le cours du délai légal de présentation.
Paragraphe IV : La circulation du chèque:
257- La circulation du chèque se fait à travers sa transmission
à des porteurs successifs. Cette transmission s’opère normalement par
endossement. Cet acte peut aussi être fait à titre de procuration. En
revanche, il ne peut en aucun cas être réalisé à titre de nantissement.
Le chèque au porteur se transmet par sa traduction de main en
main. Le cas échéant, les personnes poursuivies ne peuvent pas
opposer au porteur les exceptions fondées sur leurs rapports
personnels avec le tireur ou avec les porteurs antérieurs. Cette
exclusion constitue une conséquence du principe de l’inopposabilité
du chèque.
258- Tout endosseur est garant du paiement, sauf clause
contraire. Un nouvel endossement peut être interdit par l’intégration
de la mention « non endossable » par le porteur légitime. Dans ce cas,
l’endossement accompli en violation de la règle précédente ne
permettra pas d’évoquer la garantie du tireur ou de l’endosseur
concerné.
Paragraphe V : Le paiement du chèque:
259- le paiement du chèque doit être requis dans les délais
clairement déterminés par la loi. Les modalités de paiement ainsi que
les formalités devant être respectées ont aussi été déterminées de
façon à éviter tout litige pouvant naître à cette occasion. Ces modalités
sont modelées par le recours par le tireur ou le porteur légitime à la
technique du barrement.
Tout chèque émis doit être réglé lorsque la provision
représentant la créance mobilisée est disponible. Cet effet ne peut être
écarté qu’en cas d’opposition régulière effectuée conformément aux
dispositions légales.
I- Le délai de présentation :
260- Le chèque est payable à vue. Les parties ne peuvent pas
écarter cette règle. Toute mention contraire sera réputée non écrite. Le
fait de postdater un chèque constitue une infraction. Cette pratique n’a
d’autant plus pas pour effet d’empêcher le porteur de le présenter
immédiatement au paiement.
261- Le délai de présentation d’un chèque émis au Maroc est
de vingt jours. Ceux émis à l’étranger doivent être présentés dans un
délai plus long de 60 jours. La présentation à une chambre de
compensation équivaut à une présentation au paiement.
En cas présentation après expiration des délais prévus par la loi
le tiré peut payer s’il la provision est disponible et tant que le chèque
n’est pas prescrit. En revanche, la présentation tardive qui n’est
effectuée qu’après prescription empêche le porteur d’exercer ses
recours.
II- Les modalités de paiement :
262- Le tiré doit vérifier la légitimité des droits du porteur. Il
doit s’assurer de son identité, même lorsqu’il s’agit d’un chèque au
porteur. Même le chèque au porteur ne constitue pas un chèque
anonyme.
263- Le tiré a pour obligation principale de comparer la
conformité de la signature apposée sur le chèque à celle déposée
auprès de lui par le tireur, appelé communément le spécimen. La non-
observation de cette obligation peut entraîner la responsabilité du
banquier. Lorsque le chèque a été émis à l’ordre du porteur,
l’obligation du tiré s’étendra à la vérification de la régularité et de la
continuité de la chaîne des endos.
Le tiré qui procède au paiement peut exiger en contrepartie
que le chèque lui soit remis acquitté par le présentateur. La possession
matérielle de cet instrument constitue une preuve de son règlement.
265- Le porteur ne peut pas refuser un paiement partiel. La
mention de ce type de paiement est faite sur le chèque et une quittance
est donnée au tiré. Le chèque est protesté pour le surplus.
266- Au cas où le chèque aurait été libellé en monnaie
étrangère il sera tout de même payable en Dirhams. Sa valeur sera
celle du jour au cours duquel la présentation a eu lieu.
III- Le barrement :
267- C’est une technique qui a pour intérêt de limiter les
risques en cas de perte ou de vol du chèque. Cette pratique consiste en
le fait d’apposer deux barres parallèles au recto du chèque. Lorsqu’il
n’y a entre ces deux barres aucune mention le barrement sera dit
général. En revanche, lorsque le nom d’une banque est inscrit le
barrement sera dit spécial.
268- Le barrement général peut être transformé en barrement
spécial par rajout de la dénomination d’un établissement de crédit. En
revanche, le biffage du barrement ou du nom du banquier est réputé
non avenu.
269- Le barrement général implique que le chèque ne soit payé
qu’en faveur d’un établissement bancaire. Le barrement spécial
engendre le fait que le chèque ne peut être payé qu’au banquier
désigné par le tireur entre les deux barres.
IV- Opposition au paiement :
270- Le refus du paiement au motif que le tireur y a fait
opposition est puni d’une amende de 5000 à 50000 DH s’il s’est avéré
que l’opposition n’est pas conforme aux dispositions légales.
271- L’opposition au paiement du chèque doit être faite par
écrit. Le tiré doit se prémunir de ce document pour mettre sa
responsabilité à l’abri vis-à-vis du porteur.
272- L’opposition régulière est celle qui s’appuie sur l’un des
quatre motifs prévus par la loi. Ces derniers sont respectivement la
perte, le vol, l’utilisation frauduleuse du chèque et le redressement ou
liquidation judiciaire du tireur. Toute opposition faite de façon
irrégulière et ne s’appuyant pas sur l’un de ces motifs, constitue une
infraction.
Paragraphe VI : Le recouvrement du chèque :
273- La procédure de recouvrement est constituée de
l’ensemble des formalités et étapes qui doivent être est suivies par le
porteur légitime en cas de non paiement du chèque par le tiré à sa
présentation ou par régularisation ultérieure. Ces formalités sont liées
aux différents recours qui peuvent être exercés dans des délais
clairement déterminés.
I- L’exercice des recours :
274- Un protêt doit normalement être effectué avant
l’expiration du délai de présentation ou pendant le premier jour
ouvrable suivant. Le recours à cet acte est écarté en la présence de la
mention « sans protêt » ou de celle de « retour sans frais ». ces
mentions peuvent être apposées par le tireur, l’endosseur ou un
avaliseur.
275- Le porteur doit aviser son endosseur du protêt ou du
« non-paiement » en cas de clause « retour sans frais » dans un délai
de huit jours ouvrables. Chaque endosseur a un délai de quatre jours
pour transmettre l’avis à son prédécesseur.
276- Tous ceux qui ont apposé leur signature sur le chèque
sont tenus solidairement du paiement envers le porteur légitime. Ce
dernier peut choisir l’un d’entre en toute liberté. Celui qui a remboursé
le chèque disposera à son tour des mêmes droits et recours à
l’encontre des autres signataires.
277- Le porteur qui n’a pas présenté le chèque dans les délais
ou qui n’a pas fait dresser protêt n’aura plus de recours contre le
tireur. Le recours porte sur le remboursement du montant du chèque
impayé, des intérêts au taux légal et des frais du protêt et des avis
donnés.
II- La prescription des recours :
278- Les délais de prescription des recours pouvant être
exercés à défaut de provision du chèque diffèrent en vertu de deux
critères. Le premier se rapporte au porteur du chèque. Le second est la
qualité de la personne contre laquelle ce recours sera exercé.
279- Le premier délai est de l’ordre de six mois. Ce délai
commence à courir à compter de l’expiration du délai de présentation.
Il concerne les actions exercées par le porteur contre les endosseurs, le
tireur et les autres obligés.
280- Un autre délai de prescription de la même durée est aussi
prévu. Il commence à courir à partir du jour où un quelconque
signataire a remboursé le chèque. Ce délai se rapporte aux actions
pouvant être exercées par les divers coobligés les uns contre les autres.
281- Le délai de prescription le plus long est celui d’un an. Ce
délai commence à courir à compter de l’expiration du délai de
présentation pour l’action du porteur contre le tiré. En cas de
prescription le porteur du chèque ne perd pas tout recours. Il bénéficie
de la subsistance de l’action de droit commun.
Paragraphe VII : la réglementation sécuritaire du chèque :
282- La réglementation sécuritaire du chèque s’appuie sur
deux éléments fondamentaux. Le premier a pour conséquence de
neutraliser le tireur indélicat. Le second met à contribution le système
bancaire et les outils techniques dont il dispose.
I – la neutralisation du tireur indélicat :
283- l’émetteur d’un chèque sans provision est considéré
comme un acteur qui constitue un danger pour le monde des affaires.
La première sanction prononcée à son encontre consiste en sa
privation du droit d’user de cet instrument de paiement pendant un
délai déterminé ou jusqu’à régularisation. Cette même exclusion peut
être accompagnée d’une sanction pénale lorsque l’acte commis reçoit
l’une des qualifications infractionnelles prévues par la loi.
A- L’interdiction d’émettre des chèques :
284- Le tiré doit adresser au titulaire du compte une injonction
de ne plus émettre des chèques et de restituer toutes les formules qui
sont en sa possession. L’interdiction bancaire d’émettre des chèques
que risque l’émetteur auteur de l’incident est applicable pendant dix
ans.
Cependant, le titulaire du chèque peut s’en affranchir en
régularisant l’incident. Cette régularisation se réalise lorsqu’il
s’acquitte auprès du trésor d’une amende de l’ordre de cinq, dix ou
vingt pour cent du montant du chèque à partir de la troisième
injonction.
B- Délits liés à l’émission de chèques :
285- Le chèque est un instrument de paiement qui a fait l’objet
d’une large protection pénale. Cette dernière punit de nombreux actes
plus au moins liés à la provision et à sa disponibilité. Le fait de retirer
après l’émission la provision ou celui d’avoir fait irrégulièrement
opposition est puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une
amende de 2000 à 10000 DH.
L’émission d’un chèque, en dépit d’une interdiction
bancaire, est un acte qui est susceptible d’un emprisonnement d’un
mois à deux ans et d’une amende de 1000 à 10000 DH.
II- la contribution du système bancaire :
286- La sécurisation du chèque est aussi réalisée grâce à une
large contribution du système bancaire. L’apport des établissements de
crédit se manifeste à travers le devoir de mettre en application de
nombreuses normes.
287- La délivrance de formules de chèque ne peut être faite
qu’aux personnes dont le domicile et l’identité ont été vérifiés
moyennant un document officiel. Les sanctions encourues en cas de
délivrance indue par le tiré est une amende de 10000 par chèque tout
chèque émis sur une formule irrégulière. De même, la délivrance de
formule de chèques au mépris d’une interdiction bancaire est
sanctionnée d’une amende de 2000 à 80000 DH.
288- En cas d’incidence de paiement, l’établissement de crédit
doit établir un certificat de refus de paiement en faveur du
bénéficiaire. Il doit aussi adresser au titulaire du compte une
injonction de ne plus émettre de chèques et solliciter l’enregistrement
de l’incident près de Bank Al-Maghrib.
Section II : les instruments de mobilisation :
289- Ce sont des instruments de transmission simplifiée. Ces
derniers ont la forme de titres représentants des créances qu’ils
constatent et déclarent cessibles par simple remise. Cette dernière peut
être assortie d’un endossement si les titres sont nominatifs.
Paragraphe I : la lettre de change :
290- C’est un titre au moyen duquel le titulaire d’une créance
cède celle-ci en donnant au débiteur l’ordre de payer le cessionnaire à
une date déterminée.
I- Les éléments de la lettre de change :
291- Le premier élément d’une lettre de change est le cédant de
la créance. Ce dernier n’est autre que le créancier qui a tiré l’effet en
vue de le mettre en circulation et de récupérer sa créance.
292- Le second élément est le débiteur de la créance cédée. Il
est dit aussi le tiré. Il est la personne physique ou morale contre
laquelle l’instrument est établi. C’est le tiré qui s’engage de régler la
lettre de change à échéance. Il est très souvent un établissement
bancaire.
293- Le troisième élément est le cessionnaire de la créance. Ce
dernier est aussi dit le bénéficiaire. Il est celui qui a le droit de
réclamer au tiré le paiement à échéance.
294- Le quatrième élément se rapporte à la valeur fournie.
Cette dernière se résume en la prestation accomplie par le bénéficiaire
au profit du tireur. Cette prestation qui constitue une contrepartie est
prise en considération dans cet instrument de paiement.
295- Le cinquième élément consiste en la provision. Cette
dernière représente la dette du tiré envers le tireur. C’est cette
provision qui est mobilisée à travers cet instrument de paiement.
296- Les banques peuvent accueillir les traites à l’escompte.
Cet acte constitue l’opération par laquelle un banquier se fait remettre
une traite contre versement de son montant, sous déduction des
intérêts à courir jusqu’à l’échéance et de diverses commissions.
Le fournisseur qui consent des facilités de paiement peut faire
accepter par ses clients des traites en blanc qu’il conserve en
portefeuille. Ce fournisseur peut prélever les traites, en cas de besoin,
en le complétant en désignant sa banque comme bénéficiaire. Il peut
ensuite remettre ce même titre à l’escompte auprès de la même
banque.
II- Les caractéristiques :
297- La lettre de change est un acte de commerce en raison de
sa forme. Celui qui choisit de fait l’utiliser est considéré comme ayant
implicitement choisi le régime juridique du droit commercial pour
régir l’ensemble des effets qui peuvent en découler.
298- Tous les signataires d’une lettre de change doivent avoir
la capacité pour faire le commerce. La capacité légale à ne suffit pas.
299- La lettre de change est régie par le principe de
« l’indépendance des signataires ». Toute personne qui a apposé sa
signature sur cet instrument sera tenue personnellement envers le
porteur légitime et les autres signataires. Son engagement est
considéré comme étant indépendant des rapports qu’il a avec son
propre créancier33.
III- les mentions obligatoires :
300- Ce sont des mentions qui doivent obligatoirement figurer
sur le support écrit constitutif d’une lettre de change. Leur présence
est nécessaire en vue de l’attribution de la qualification de « lettre de
2893/97 امللف املدين رمق14/1/98 املؤرخ يف272 القرار رمق33
دينا رصفيا ومبارشا جتاه لك+ يصبح م،ول+ع القب+ع عىل المكبياةل توقي+ه وموق+ملا اكن الطاعن مسحواب عليه حبمك توقيع
ق الادعاء+ل ح+إن للحام+ايل ف+ وابلت،ا+وهئا أوقبوله+يت أدت إىل نش+ابقة ال+حامل لها برصف النظر عن العالقات الس
جمةل قضاء اجمللس األعىل العددان الثالث وامخلسون والرابع وامخلسون.املبارش ضد املسحوب عليه املذكور
change ».34
La dénomination lettre de change :
301- La première mention est la dénomination « lettre de
change ». Cette mention doit être insérée dans le texte et non pas
comme intitulé du support.
302- La lettre de change doit aussi comporter un mandat pur et
simple de payer une somme déterminée. Est considéré comme étant
pur et simple tout mandat clair qui n’est lié à aucune condition.
Le tiré :
303- Le nom du tiré constitue la troisième condition de
validité. Ce rôle peut être endossé par un établissement de crédit. Il
est possible que le tiré soit en même temps le tireur.
Le bénéficiaire :
Une traite ne peut pas être libellée au porteur. Le tireur doit
obligatoirement déterminer le nom du bénéficiaire sous peine de
nullité. Cependant, cet instrument peut être libellé à l’ordre du tireur
lui-même.
La date de création :
305- Les dernières mentions obligatoires se résument dans la
date de création de l’instrument ainsi que
En ce qui concerne la date de création, son importance
demeure dans le fait qu’elle permet le calcul du délai de prescription.
Nom et signature du tireur :
" إثبات االتفاق عىل البياانت املدونة عىل المكبياةل بعد إصدارها و قبل حلول أجل الوفاء يقع عىل عاتق34
".املسحوب القابل ابعتبار أنه بتوقيعه علهيا منح ثقته للساحب للقيام مبلء الفراغ وفق االتفاق املسبق القامئ بيهنام
261 ص56 ب جمةل القضاء و القانون ع12/5/1993 ب1280قرار اجمللس األعىل عدد
Nul besoin de revenir sur l’importance de la signature. Sur le
plan juridique cet acte manifeste la volonté de créer un instrument
cambiaire sur la base d’une créance.
IV- Les mentions complémentaires :
306- hormis ces mentions obligatoires, car indispensables à la
validité de cet instrument, la lettre de change peut aussi porter
plusieurs mentions dites facultatives ou complémentaires. La présence
de ces mentions engendre plusieurs effets sur le plan juridique, en
revanche, leur défaut n’influe pas sur la validité de cet instrument.
A - L’échéance :
307- Elle détermine la date à partir de laquelle la lettre de
change sera payable par sa présentation au tireur. La détermination de
l’échéance ne constitue pourtant pas une condition de validité. Toute
lettre de change dont l’échéance n’est pas indiquée est considérée
comme étant payable à vue.
308- Le tireur peut choisir entre quatre types d’échéance. Une
lettre de change peut être à vue, à un certain délai de vue, à un certain
délai de date ou à jour fixe. Dans la pratique ce sont la première et la
dernière modalité qui sont les plus fréquemment utilisées étant donné
leur simplicité.
La lettre de change dont l’échéance est à vue est un instrument
qui est payable à la vue du tiré. Le paiement doit avoir lieu
immédiatement, car il n’est subordonné à la réalisation d’aucun délai.
La lettre de change payable à un certain délai de vue est celle
dont l’échéance se réalise un certain délai après la vue. La réalisation
de cette condition correspond à la présentation de l’instrument pour
acceptation à la banque.
La lettre de change à certain délai de date est celle dont
l’échéance déterminée par l’émetteur ne se réalise qu’après expiration
d’un certain délai. Ce dernier ne commence à courir qu’à compter
d’une date précise. Cette modalité de détermination de l’échéance est
rarement choisie.
Il en est de même pour la lettre de change à jour fixe. Dans ce
cas, l’émetteur détermine une date précise qui sera celle de l’échéance
à la réalisation de laquelle le paiement pourra être réclamé par le
titulaire.
B- Le lieu de création :
309- La détermination du lieu de création ne constitue pas une
mention obligatoire à la validité de la lettre de change. L’effet qui ne
fait mention à aucun lieu de création sera considéré comme étant
souscrit dans le lieu désigné à côté du nom du tireur.
V – les garanties de la lettre de change :
310- Le paiement de la lettre de change peut être garanti par la
provision fournie par le tireur ou l’aval fourni par un avaliste, qui est
souvent établissement de crédit.
A- La provision :
311- La provision doit exister au plus tard au moment de
l’échéance de la lettre de change. Le tiré peut constater cette existence
en apposant sur la lettre de change son acceptation. Cette dernière
consiste en le mot « accepté » ou tout autre mot équivalent.
L’acceptation peut consister en une simple signature du tiré
apposée au recto de la lettre de change. Elle peut être demandée par
tout porteur légitime jusqu’à l’arrivée de l’échéance.
312- La signature de la traite par le tiré provoque son
engagement définitif envers tous les porteurs de bonne foi. Cet
engagement suppose la disponibilité et la suffisance de la provision.
B - L’aval :
313- L’aval est une technique qui permet de garantir le
paiement d’une lettre de change. Il est donné soit sur la lettre de
change elle-même soit sur un acte séparé.
L’aval consiste en la signature de l’avaliste accompagnée de la
mention « Bon pour aval ». La seule signature d’un tiers apposé au
recto en fera un donneur d’aval.
314- L’aval doit indiquer la personne pour le compte de
laquelle il a été donné. A défaut, cette garantie sera réputée donné en
faveur du tireur et pourra ainsi bénéficier à tous les signataires.
VI – la transmission :
315- la lettre de change est un titre transmissible. C’est cette
qualité qui en fait un instrument de crédit permettant à son titulaire
d’obtenir une contrepartie financière avant même la réalisation de
l’échéance.
La transmission de la lettre de change mobilise une technique
juridique dite « la transmission ». Or, cet acte n’est pas toujours
translatif. Il peut engendrer d’autres effets qui ne portent pas
obligatoirement sur la transmission de la titularité de l’instrument.
A- Les modalités de l’endossement :
316- L’endossement peut avoir lieu selon trois façons
différentes. Seul le premier engendre le transfert de propriété. Les
deux autres visent à fournir une garantie à un créancier ou à charger
une personne autre que le titulaire légitime du recouvrement de l’effet.
a- L’endossement translatif :
317- C’est un endossement qui permet de transmettre la
propriété de la lettre de change d’une personne à une autre. Ce type
d’endossement constitue la règle. Tout endossement est considéré
comme étant translatif jusqu’à preuve contraire.
318- L’endossement translatif découle de la signature
accompagnée de la mention « payer à l’ordre de». Cet endossement
peut aussi consister en seulement une signature apposée sur le dos.
319- Le porteur légitime de la traite n’est pas obligé de
désigner le bénéficiaire en faveur de qui la transmission a été faite.
Une lettre de change peut même être endossée en faveur du porteur.
La transmission de la lettre de change peut même se résumer
en une simple signature de l’endosseur sur le dos. On parle dans ce cas
d’un endossement en blanc.35
b- L’endossement de procuration :
320- Dans ce type d’endossement, le nouveau porteur de
pouvoir est seulement un mandataire de l’endosseur à l’encaissement
de la traite. Il a pour charge principale de veiller sur le recouvrement
de la traire pour et en faveur du mandant, l’auteur de l’endossement.
321- Cet endossement se révèle par des mentions « valeur en
recouvrement » ou « pour encaissement » ou « par procuration ». Dans
la pratique il est très souvent effectué en faveur d’un établissement de
crédit.
c- L’endossement de garantie :
322- C’est un endossement équivaut au nantissement de la
traite. Il est concrétisé par des mentions du genre « Valeur en
garantie » ou « valeur en gage ».
323- La possibilité de donner un effet en gage dépend de la
volonté du tireur. Au cas où ce dernier voudrait que la traite ne fasse
pas objet de cet endossement il doit insérer la mention « non à
ordre ».
B - Les effets de l’endossement :
324- L’endossement translatif engendre le transfert de la
propriété de la provision de droit au porteur légitime. Ce transfert se
35
Lorsqu’une lettre de change portant la mention non endossable est
présentée par le bénéficiaire à la banque pour escompte cette opération
est considérée comme un endossement translatif de propriété et la
banque ne pourra pas se retourner contre le tiré qui a choisi la non
endossabilité mais uniquement contre le bénéficiaire de l’escompte.
Arrêt de la Cour suprême n° 318 du 22/3/2006 in "bulletin de la
cour suprême" n 18 p: 25
réalise immédiatement.
325- Le cas échéant, la cessation des paiements du tireur
n’engendre aucun effet sur la transmission. La provision mobilisée
échappe à l’actif de la liquidation des biens ou du redressement
judiciaire.
326- La transmission de la propriété est soumise au principe de
« l’inopposabilité des exceptions ». Tout coobligé à qui le paiement
est réclamé ne peut pas évoquer ses rapports personnels avec le tireur
ou les porteurs antérieurs.
VII- Le paiement de la lettre de change :
327- Le paiement de la lettre de change est requis par le
porteur légitime à travers la présentation. L’acte de paiement de ce
titre peut avoir lieu selon des modalités qui sont clairement
déterminées par la loi. A défaut du paiement le porteur légitime peut
procéder au recouvrement en suivant les formalités déterminées par la
loi.
A- La présentation au paiement :
328- La présentation est l’acte par lequel le porteur légitime
d’une lettre de change réclame son paiement au tiré. Cet acte ne peut
avoir lieu qu’à partir de la réalisation de l’échéance et dans les délais
prévus par la loi.
La lettre de change à vue doit être présentée dans un délai d’un
an à partir de sa date. Le tireur peut abréger ce délai ou en stipuler un
délai plus long. Les endosseurs peuvent seulement l’abréger.
329- La présentation doit avoir lieu le jour où la traite est
payable ou, au plus tard dans l’un des cinq jours ouvrables qui suivent
celui de l’échéance. Cependant, la présentation faite après expiration
de ce délai ne permet au tiré ou à son domiciliataire de rejeter le
paiement. De même en matière du chèque, la prescription est le seul
fait susceptible de justifier le refus de payer une lettre de change.
B - Les modalités du paiement :
330- Le tiré qui paie une lettre de change peut demander
qu’elle lui soit remise acquittée par le porteur. Ce dernier ne peut pas
refuser un paiement partiel. Dans ce cas, une quittance est donnée et
un protêt doit être dressé pour le surplus.
331- L’opposition au paiement n’est admise que dans les cas
déterminés par la loi. Ces derniers sont le redressement ou de
liquidation judiciaire du porteur, le vol ou la perte de la lettre de
change.
332- En cas de perte, et à défaut d’un accord amiable, le
porteur peut obtenir paiement sur ordonnance du juge. Cette décision
n’est rendue qu’en faveur du porteur qui justifie sa propriété par ses
livres et en fournissant une caution.
C - Le recouvrement de la lettre de change :
333- à défaut de paiement à échéance de la lettre de change, le
porteur légitime aura droit de poursuivre son recouvrement en usant
des moyens de recours prévus dans ce cadre par la loi. L’exercice de
ces recours nécessite d’abord qu’un protêt soit établi et que soient
observés les différents délais dits de prescription.
a- Le protêt :
334- Il est un acte authentique dressé par un agent du greffe du
tribunal de commerce ou un huissier de justice. Il permet de constater
le refus du tiré d’accepter une lettre de change ou de la payer.
L’établissement de cet acte doit avoir lieu sur requête du créancier
sous peine de forclusion36.
L’obligation de recourir protêt peut, néanmoins, être écartée
lorsque la lettre de change est stipulée « retour sans frais » ou sans
protêt » ainsi que toute autre clause équivalente. Le porteur légitime
peut aussi s’en passer dans de nombreux cas déterminés
limitativement par loi, dans celui du redressement judiciaire ou
cessation de paiement du tiré, redressement judiciaire du tireur d »une
lettre non accepté, perte ou vol, obtention d’une injonction de
36
178 : ص2013 محمد مومن أحكام وسائل األداء و االئتمان في القانون المغربي
paiement. Aussi, le protêt n’est nullement nécessaire pour se retourner
contre les principaux engagés, à savoir, le tiré qui l’a accepté, le tireur
et les avalistes.
335- Le protêt faute d’acceptation doit être dressé dans les
délais fixés pour la présentation à l’acceptation. Le tiré est en droit de
demander qu’une nouvelle présentation lui soit faite le lendemain.
336- Le protêt faute de paiement doit être établi dans les délais
fixés pour la présentation au paiement s’il s’agit d’une lettre de change
à vue, à savoir un an. Cet acte doit être établi dans l’un des cinq jours
ouvrables suivant celui dans lequel la lettre de change devient
exigible.37
b - Les recours :
337- Tous ceux qui ont soit tiré, accepté, endossé ou avalisé
une lettre de change sont tenus solidairement envers le porteur. Le
porteur a le droit d’agir contre toutes ces personnes, individuellement
ou collectivement38.
338- L’exercice des recours ne peut avoir lieu qu’à échéance.
Néanmoins, en cas de refus d’acceptation, de redressement ou de
liquidation judiciaire du tiré ces recours peuvent être exercés même
avant.
1199/02 ملف عدد28/11/2002 ' الصادر بتارخي1303' قرار حممكة الاستئناف التجارية بفاس رمق37
ر+راء آخ+ه ال إج+دم ادلفع ألن+د إجناز حمرض الاحتجاج بع+االت سند ادلين إال بع+ر للمكبي+ال ميكن الرجوع عىل املظه
. من م ت211 يقوم مقام هذا الاحتجاج طبق املادة
628/02 ملف عدد25/7/2002 ' الصادر بتارخي887' قرار حممكة الاستئناف التجارية بفاس رمق38
ة بقميهتا يف++ة هل احلق يف املطالب++ل للملكي++ة التظهري الناق++ق معلي++ل الرشعي للمكبياةل سند ادلين عن طري++إن احلام
رادى او جامعة+ا ف+دمه مجيع+ه ان يوجه ادلعوى ض+رين امللزتمني هبا وهبذه الصفة ميكن+احهبا او ابيق املظه+مواهجة س
من م ت وال ميكن المتسك اجتاهه ابدلفوع اليت اكن ميكن مواهجة املوقعني علهيا هبا بناء عىل201 وفق احاكم املادة
ة وعىل من++ن الني++و حس++ه ه++دا تظهري ادلفوع الن املفرتض في++ا ملب++يت تربطهم ببعض تطبيق++ات الشخصية ال++العالق
.يدعي العكس إثباته
339- A défaut de recours exercé dans les délais, le porteur
négligent sera déchu de tous ses droits. Cette sanction ne s’étend pas à
ses droits à l’encontre l’accepteur.
340- Chaque porteur doit donner avis du défaut d’acceptation
ou de paiement à son endosseur. Cet avis doit avoir lieu dans les six
jours ouvrables qui suivent le protêt ou la présentation.
Chaque endosseur doit, à son tour, aviser dans les trois jours
ouvrables son endosseur. Aucune forme sacramentelle n’est prévue
pour donner cet avis.
c - La prescription:
341- Le recours contre l’accepteur se prescrit dans un délai de
trois mois à compter de la date de l’échéance. Les actions du porteur
contre les endosseurs et le tireur se prescrivent dans un délai d’un an.
Celles des endosseurs les uns contre les autres et contre le tireur se
prescrivent dans le délai de six mois.
Paragraphe II : le billet à ordre
342- le billet à ordre est un écrit par lequel le souscripteur
s’engage à payer au bénéficiaire ou à son ordre une certaine somme à
une date déterminée. Ce titre ne constitue pas un acte de commerce
par nature. Néanmoins, il peut devenir commercial quand la dette qui
lui sert de fondement est elle-même commerciale. Ce titre est
généralement soumis aux mêmes dispositions régissant la lettre de
change.
343- La validité du billet à ordre dépend de l’introduction de
plusieurs mentions obligatoires. Ces dernières ont été déterminées
limitativement par les dispositions du code de commerce régissant cet
instrument.
345- La première mention se rapporte à la clause à ordre. Cette
mention ne doit pas figurer seulement au niveau de l’intitulé, mais être
insérée dans le texte.
346- La seconde mention se résume en la promesse pure et
simple de payer une somme déterminée. Aucune condition ne peut
être prévue en ce sens sous peine d’influer sur la qualification
juridique qui sera attribuée à ce titre.
347- La troisième mention est l’indication de l’échéance. Cette
mention ne constitue pas nécessaire à la validité de ce titre. À défaut
d’en indiquer une, le billet à ordre sera présumé comme étant payable
à vue.
348- Le nom du bénéficiaire, celui du souscripteur et la
signature de ce dernier constitue aussi des mentions obligatoires. Ceci
n’est pas le cas de la date et du lieu de la création. Même à défaut de
ces deux dernières mentions, le billet à ordre sera valable.
Chapitre II : les instruments non cambiaires
349- Les instruments non cambiaires ne requièrent
l’utilisation d’aucun support écrit émis et géré par un établissement de
crédit. Néanmoins, l’intervention d’un établissement de cette nature
reste obligatoire dans la mobilisation de cet instrument.
La doctrine a tendance à ranger dans cette catégorie
notamment deux instruments qui sont respectivement le virement et
l’affacturage. Ce dernier est considéré comme un instrument de
paiement malgré son caractère ambivalent qui en fait, au même temps,
un crédit.
Section I : le virement :
350- Le virement est un procédé de transfert comptable
d’avoirs disponibles qui sont soit détenus, tel qu’un solde créditeur, ou
mobilisable, tel qu’une ouverture de crédit, en forme scripturale. Une
fois donner le mandat de virer ne peut plus être révoqué.
Cet acte peut aussi être défini comme étant une opération
consistant dans le fait de débiter et de créditer corrélativement deux
comptes de la même valeur.
Paragraphe I : Jeu de mandats :
351- La banque du donneur d’ordre agit comme dépositaire
des fonds ou comme intermédiaire. Elle exécute le mandat reçu par le
donneur d’ordre en débitant son compte bancaire en faveur du titulaire
d’un autre compte bancaire.
352- La banque domiciliataire du virement agit en qualité
d’intermédiaire mandaté par le bénéficiaire. Elle exécute le mandat
d’encaisser la somme d’argent viré par le donneur d’ordre.
Paragraphe II : Jeu d’écritures :
353- Le virement correspond en deux écritures. La première
est une écriture au débit. Elle permet de débiter le compte du donneur
d’ordre. La seconde est une écriture au crédit qui permet de crédit le
compte du bénéficiaire.
Section II : l’affacturage :
354- L’affacturage est une opération qui consiste en l’achat
ferme des créances détenues par un fournisseur, dit aussi vendeur, sur
ses clients, dits acheteurs, par un établissement de crédit spécialisé
appelé Factor. Ce service, réglementé par un contrat, est rendu
moyennant une rémunération. Le fournisseur cède ses factures au
factor qui, en contre partie, lui accordera une avance après déduction
des intérêts et commissions.
355- Contrairement à l’escompte, le fournisseur dans
l’affacturage ne peut faire appel qu’à une seule entreprise de crédit
spécialisée. Il consent donc au factor l’exclusivité de l’affacturage et
de toutes ses dettes.
356- L'affacturage, ou "le factoring", permet au créancier de
disposer rapidement de l'argent de ses factures ou des créances de ses
clients, sans attendre l’échéance. En contre partie il cède lesdites
créances ou factures à un établissement spécialisé, dit le factor. Ce
dernier prend en charge tout ce qui est lié aux factures. Il se charge du
suivi, de la relance, du recouvrement et supporte même le risque
d'impayés s'il y a lieu.
Paragraphe I : éléments constitutifs du contrat
357- Le contrat d'affacturage conclu entre le factor et une
entreprise fixe le cadre dans lequel aura lieu la cession des factures.
Cette opération est appelée la mobilisation de créances.
358- Dès signature de ce contrat, les factures clients peuvent
être remises au factor au fur et à mesure de leur émission. Ce dernier
règle le montant indiqué dans le contrat et assure le recouvrement de
la créance à son échéance.
359- Pour se prémunir contre un éventuel problème de
règlement, liés aux litiges et aux impayés, le factor doit au préalable
procéder à l’évaluation du risque qu'il prend. Il est aussi appelé à
constituer un fonds de garantie en conséquence.
L’alimentation de ce fonds se faite au fur et à mesure de
l’évolution de la relation. Elle est constituée par des retenues faites
sur les factures jusqu’à une somme proportionnelle à l'encours du
poste client. La valeur de cet encours correspond à celle de l'ensemble
des factures émises par l’entreprise bénéficiaire sur les clients.
Une fois le fonds constitué, le factor peut même financer
jusqu'à 100 % du montant des factures. Les sommes qui restent sur le
fonds de garantie doivent être restituées au bénéficiaire en cas de
rupture des relations ou de non renouvellement du contrat.
360- L'affacturage s'adresse aux entreprises, artisans,
commerçants, associations, professions libérales, micro-entrepreneurs.
Peu importe le secteur d'activité, la taille et l’exportation.
361- Les factures clients peuvent concerner des entreprises
privées ou des organismes publics. Pour chaque entreprise cliente le
bénéficiaire doit fournir au factor le montant de l'encours global des
factures et lui confier leurs coordonnées.
362- Le bénéficiaire doit remettre au factor copie des factures
émises en mentionnant les délais de paiement accordés aux clients.
Ces remises peuvent également être dématérialisées. Il doit aussi
informer ses clients de la cession de ses créances à un tiers par la
mention de subrogation apposée sur la facture que vous envoyez à
votre client et sur la copie destinée au factor.
363- Le factor analyse la situation des clients concernés. Cette
analyse lui permet de mesurer les risques encourues avant de donner
son accord relativement au niveau de garantie des créances qu’il va
accorder pour chacun d'entre eux.
364- En cas d’admission, le factor avance au bénéficiaire la
somme qui correspond à chacune des factures reçues, après déduction
des frais et de la somme qu'il prélève en vue de constituer le fonds de
garantie. C’est lui qui reçoit ensuite le paiement des factures à
échéance directement par le client et qui doit gérer, le cas échéant, les
éventuels impayés.
Paragraphe II : Cas d’impayés
365- Si le factor ne parvient pas à se faire payer comme en cas
de défaillance d’entreprise ou d’insolvabilité du client il peut utilise
les sommes du fonds de garantie qu'il a constitué pour récupère le
montant des factures impayées qu'il a avancé. En cas de souscription à
une assurance-crédit, celle-ci prend en charge tout ou partie des
impayés et du fonds de garantie complète si besoin. A titre d’exemple,
si l'assurance-crédit couvre 80 % des impayés, le factor aura droit de
récupérer seulement les 20 % restant en piochant dans votre fonds de
garantie.
366- L'assurance-crédit est optionnelle. Elle peut être souscrite
auprès du factor ou d’un l'assureur-crédit. Une délégation de bénéfice
des indemnités des impayés au profit du factor peut être demandée.
Le factor exige souvent une assurance-crédit, sauf en cas
d'absence de risque. Ce dernier est considéré comme étant nul pour les
entreprises qui travaillent avec des collectivités ou des administrations
par exemple.
Les conditions de fonctionnement du fonds de garantie et la
prise en charge des impayés par l'assurance-crédit sont définies au cas
par cas, en vertu des dispositions du contrat. Si des dettes demeurent
impayées, le risque est pris en charge par le factor qui ne peut en
aucun cas responsabiliser le vendeur.
Paragraphe III : La rémunération du factor :
367- La rétribution de la prestation d’affacturage est
déterminée en fonction du montant des créances transférées. Cette
rétribution est constituée de deux parties. La première comporte un
règlement des services de gestion, de recouvrement et de garantie de
risque. Généralement, le coût de ces services varie entre 0.70 et 2.50
% du capital confié avec un taux d’intérêt de 1.5 % en moyenne.
La deuxième partie de la rémunération comporte les intérêts
débiteurs qui constituent le prix du financement anticipé. Le taux
appliqué est variable. Il dépend de l’évolution de la situation
économique, de la qualité du bénéficiaire et du mode de paiement des
factures cédées.
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