Nomenclature des Acides Aminés
Nomenclature des Acides Aminés
FERAGA
Universités Constantine 3
Faculté de médecine
Module de Biochimie
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
❖ I. DEFINITION : Les acides aminés(Aa) sont les constituants fondamentaux des protéines,
Plus de 300 acides aminés ont été inventoriés. On distingue :
A- Les acides aminés standards ou acides aminés naturels : 20 différents acides aminés
protéinogènes, constitutifs des protéines et des peptides.
B- Les acides aminés non standards : ce sont soit
- Les acides aminés non protéinogènes ou Aa modifiés : acides aminés d'une protéine
modifiés après la traduction. Exemples : hydroxyproline, hydroxylysine, phosphosérine.
- Des intermédiaires du métabolisme, des éléments de construction d'autres molécules
(lipides, coenzymes) ou encore des molécules actives. Exemples : ornithine et la
citrulline intermédiaires du cycle de l’urée
STRUCTURE : Les acides aminés ou acides α-aminés sont des molécules de qui ont un
motif structural commun :
– Une fonction acide : carboxylique COOH.
– Une fonction basique : amine primaire NH2.
– Une chaine latérale ou « Radical » R variable d’un acide aminé à l’autre.
– Un Carbone α « alpha ».
• l’acide aminé possède un squelette hydrocarboné avec deux groupements fonctionnels amine et
carboxylique.
III. Classification des acides aminés standards : les acides aminés peuvent être classes selon
plusieurs critères :
❑La Phénylalanine, Tryptophane, Tyrosine, Proline et histidine sont des acides aminés
cycliques, les 15 autres acides aminés standards sont dits acides aminés aliphatiques.
A. Acides aminés hydrophobes ou Acides aminés non polaires ou Acides aminés apolaires :
Glycine, Alanine, Valine, Leucine, Isoleucine, Méthionine, Phénylalanine, Tryptophane,
Proline.
B. Acides aminés Hydrophiles ou Acides aminés polaires : 3 types
❖ Acides aminés essentiels : ne sont pas synthétisés par l’organisme, sont source alimentaire et
au nombre de 8 chez l’homme : Leucine, isoleucine, méthionine, thréonine, lysine, valine,
tryptophane, phénylalanine.
❖
❖ Acides aminés non essentiels : ils peuvent être synthétisés par l’organisme : glycine, alanine,
cystéine, sérine, Acide glutamique, Acide aspartique, arginine, histidine, tyrosine, proline,
asparagine, glutamine.
❖ Acides aminés Semi-essentiels : dans certains conditions les acides aminés non essentiels
peuvent devenir indispensables c’est le cas de :
- L’histidine et arginine sont des aides aminés essentiels chez l’enfant (croissance) et chez
la femme gestante.
- L’arginine est essentielle chez le nourrisson.
Aa glucoformateurs purs (14Aa) Glycine, Alanine, Sérine, Thréonine, Valine, Cystéine, Méthionine,
Glutamate, Aspartate, Glutamine, Asparagine, Arginine, Proline, Histidine
Aa cétogène pur (1Aa) Leucine
Aa Mixtes (5Aa) Isoleucine, Lysine, Phénylalanine, Tryptophane, Tyrosine.
Tous les acides aminés sont glucoformateurs sauf la leucine.
A-PROPRIETES PHYSIQUES :
1/ Solubilité :
2/Configuration stéréochimique :
– Tous les acides aminés ont au moins un ou deux carbones asymétriques (carbone lié à quatre
substituants différents) : ce sont des molécules chirales. À l’exception de la glycine ou glycocolle
qui ne comporte pas de carbone asymétrique (le carbone est lié à deux molécules d’hydrogènes).
❖ Notion de série D, L : En fonction du groupement NH2 porté par le Cα on définit deux séries :
– Les acides aminés série L représentent la majorité des acides aminés constituant les protéines.
– Les acides aminés série D se rencontrent dans certaines protéines produites par des organismes exotiques
(mollusques), peptidoglycane de la paroi bactérienne, neurotransmetteurs de cerveau (D-sérine)
– Cas d'acides aminés ayant un deuxième centre chiral Exp: Thréonine, isoleucine.
– 2n structures isomériques (n = nombre de centres chiraux)
– Cela correspond à 2 paires d’énantiomères (image l’un de l’autre dans un miroir).
– Des isomères qui diffèrent par un seul des centres asymétriques sont des diastéréoisomères ou épimères.
3/ Pouvoir rotatoire : les énantiomères possèdent une activité optique : c’est la propriété de dévier la
lumière polarisée. Placés dans le faisceau d’une lumière polarisée plane, ils provoquent la rotation du
plan de polarisation.
- Si la rotation s’effectue dans le sens des aiguilles d’une montre, on dit que la molécule est
dextrogyre (d) (+)
- Si la rotation s’effectue dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, on dit que la molécule
est lévogyre (l) (-)
4/Absorption dans l’ultra-violet : Les solutions d’acides aminés sont incolores, mais sont visible en
l’ultra-violet (UV) avec une absorbance à une longueur d’onde < à 230 nm.
- Les acides aminés aromatiques absorbent les rayonnements UV entre 260 -280 nm.
o La phénylalanine absorbe à 260 nm
o La tyrosine et tryptophane ont un maximum d’absorption dans l’UV à 280 nm du fait de
la présence du noyau aromatique
- Le dimère de cystéine (Cystine) absorbe à 260 nm Absorption Dans L’ultra-violet
5/ Ionisation : Les acides aminés sont des molécules amphotères : Ils peuvent agir comme des acides et
comme des bases, car tous les acides aminés possèdent au moins deux groupements ionisables :
• À pH acide (riche en protons H +) : le groupe carboxyle –COOH neutre et la fonction amine capte
un proton et s’ionise sous forme de cation–NH3+ chargé positivement, l'ensemble ayant une charge
électrique globale +1
• À un Ph proche du Phi : le groupe carboxylate –COO– chargé négativement et un groupe
ammonium –NH3+chargé positivement, l'ensemble étant globalement neutre : ion dipolaire ou
Zwitterion charge nette est nulle = 0
• À pH basique (pauvre en protons H +) : le groupe carboxylate s’ionise en –COO– chargé
négativement en libérant un proton et un groupe amine NH2 neutre, l'ensemble ayant une charge
électrique globale –1.
Le pHi : pH isoélectrique ou point isoélectrique : c’est le pH pour lequel on a un ion dipolaire ou zwitterion
de charge nulle, ne migrant pas dans un champ électrique.
Le pK :de part et d’autre du Phi on définit Les pK qui sont les pH pour laquelle 50% des molécules ont un
groupement dissocié et 50% ont un groupement non dissocié (50% d’une fonction d’un couple est sous frome
acide et 50% sous forme basique).
B-Propriétés chimiques :
-Réaction utilisée pour la séparation des acides aminés en phase gazeuse et liquide, en
produisant des dérivés esters butyliques.
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Acide
-L’azote dégagé est mesuré par l’appareil gazométrie permet le dosage des acides aminés c’est la méthode de
Van Slyke.
– Etape 1: la ninhydrine conduit par désamination oxydative des acides aminés à l’aldéhyde
correspondant avec libération d’ammoniac et de CO2 et la formation de la ninhydrine réduite
(hydrindantine).
– Etape 2: l’ammoniac réagit avec l’hydrindantine et une autre molécule de ninhydrine
pour donner un composé bleu violacé ou pourpre de Rhueman (avec un amine
primaire) à 570 nm.
– Et un composé jaune (avec un amine seondaire) exemple: la proline à 400 nm.
D-Propriétés liées à la chaine latérale : ces propriétés sont celles des fonctions portées par la
chaine latérale.
• Groupement thiols : Oxydation des groupement SH et formation de ponts disulfures
o La cystéine peut être oxydée en cystine.
• Fonctions alcool de la sérine et la thréonine, la fonction phénol de la tyrosine aussi
o Phosphorylation par l’acide phosphorique : formation d’un ester phosphate
o O-Glycosylation
• Fonctions amide
o N-Glycosylation
1. Electrophorèse :
– Principe : séparation des acides aminés par différence de mobilité dans un support sous
influence de champs électrique et dans un milieu tamponné.
– La vitesse de chaque espèce (Aa) migrante dépend :
o Du pH de la solution tampon.
o De la charge de l’Aa qui dépend du point isoélectrique de l’acide aminé pHi.
– La Migration des acides aminés :
▪ Si pH > pHi : Aa chargé (-) : migre vers l’anode (électrode positive).
▪ Si pH = pHi : Aa sous forme zwitterion : ne migre pas.
▪ Si pH < pHi : Aa chargé (+) : migre vers la cathode (électrode négative).
2. Chromatographie : elle permet la séparation des mélanges par suite à un équilibre entre une
phase mobile (liquide ou gaz) et une phase stationnaire généralement solide (colonne, papier,
gel).
A. Chromatographie sur Couche Mince (CCM) : c’est une chromatographie de partage entre
une phase stationnaire qui est une couche mince uniforme de gel (hydrophile) et la phase
mobile qui est le solvant (hydrophobe).
• Rf varie entre 0 et 1.
o Si soluté soluble dans la phase stationnaire = Rf faible.
o Si soluté soluble dans la phase mobile = Rf vers 1.
B. Chromatographie sur Papier : c’est une chromatographie de partage entre une phase
stationnaire qui est l’eau dans la feuille de papier (hydrophile) et la phase mobile : solvant
(hydrophobe).
-Elle s’effectue en plusieurs étapes (mêmes étapes que la chromatographie sur couche
mince)
C. Chromatographie sur colonne : La phase stationnaire est placée dans une colonne, parcourue par
la phase mobile. Les deux phases sont en contact intime.