TD04 5
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ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES
(E.I.S.M.V.)
*****
ANNEE: 2004 N° 05
THESE
PRESENTEE ET SOUTENUE PUBLIQUEMENT
le 05 Juillet 2004
devant la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie de Dakar
pour obtenir le grade de DOCTEUR VETERINAIRE
(DIPLOME D’ETAT)
Par
Simplice Bosco AYSSIWEDE
Né le 31 Août 1976 à Klouékanmè (BENIN)
MEMBRES DU JURY
PRESIDENT : M. Oumar GAYE
Professeur à la Faculté de Médecine, de Pharmacie
et d’Odonto-Stomatologie de Dakar
M. Ayao MISSOHOU
Maître de Conférences agrégé à l’E.I.S.M.V. de Dakar
INVITE AU JURY : Dr. Louis GNAHO
Directeur de l'Elevage du Bénin
0
______
COMITE DE DIRECTION
______
LE DIRECTEUR
Professeur François Adébayo ABIOLA
LES COORDONNATEURS
i
PERSONNEL ENSEIGNANT
ii
PERSONNEL ENSEIGNANT
SERVICES
1. ANATOMIE-HISTOLOGIE-EMBRYOLOGIE
Serge N. BAKOU Maître - Assistant
Gualbert Simon NTEME- ELLA Docteur Vétérinaire Vacataire
Moustapha AHAMET Moniteur
2. CHIRURGIE –REPRODUCTION
Papa El Hassane DIOP Professeur
Alain Richi KAMGA WALADJO Assistant
Simplice Bosco AYSSIWEDE Moniteur
4. PHYSIOLOGIE-PHARMACODYNAMIE-THERAPEUTIQUE
Moussa ASSANE Professeur
Rock Allister LAPO Assistant
6. ZOOTECHNIE-ALIMENTATION
Ayao MISSOHOU Maître de Conférences Agrégé
Arsène ROSSILET Assistant
Alioune KONATE Moniteur
iii
B. DEPARTEMENT DE SANTE PUBLIQUE ET ENVIRONNEMENT
SERVICES
2. MICROBIOLOGIE-IMMUNOLOGIE-PATHOLOGIE INFECTIEUSE
5. PHARMACIE-TOXICOLOGIE
iv
C. DEPARTEMENT COMMUNICATION
SERVICES
1. BIBLIOTHEQUE
Mme Mariam DIOUF Documentaliste
2. SERVICE AUDIO-VISUEL
Bouré SARR Technicien
D. SCOLARITE
______________________________________________________________________
1. BIOPHYSIQUE
Mme Sylvie SECK GASSAMA Maître de Conférences Agrégée
Faculté de Médecine et de Pharmacie
UCAD
2. BOTANIQUE
Antoine NONGONIERMA Professeur à l’IFAN – UCAD
3. AGRO-PEDOLOGIE
Alioune DIAGNE Docteur Ingénieur
Département « Sciences des Sols »
Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie
(ENSA THIES)
4. ZOOTECHNIE
Abdoulaye DIENG Docteur Ingénieur
Enseignant à ENSA - THIES
v
5. H I D A O A
. NORMALISATION ET ASSURANCE QUALITE
Mme Mame S. MBODJ NDIAYE Chef de la division Agro-Alimentaire
de l’Institut Sénégalais de Normalisation
3. PATHOLOGIE MEDICALE
- A. CHABCHOUB Professeur
ENMV – SIDI THABET (Tunisie)
5. CHIRURGIE REPRODUCTION
Hamidou BOLY Professeur
Université de OUGADOUGOU
(Burkina Faso)
vi
PERSONNEL ENSEIGNANT CPEV
(Prévu)
1. MATHEMATIQUES
S.S. THIAM Maître-Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
2. PHYSIQUE
I. YOUM Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
T.P.
A. FICKOU Maître-Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
3. CHIMIE ORGANIQUE
Abdoulaye SAMB Professeur
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
4. CHIMIE PHYSIQUE
Serigne Amadou NDIAYE Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
T.P. CHIMIE
Rock Allister LAPO Assistant, EISMV - DAKAR
5. BIOLOGIE VEGETALE
K. NOBA Maître-Assistant
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
6. BIOLOGIE CELLULAIRE
Serge N. BAKOU Maître – Assistant, EISMV - DAKAR
7. EMBRYOLOGIE ET ZOOLOGIE
Bhen Sikina TOGUEBAYE Professeur
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
8. PHYSIOLOGIE ANIMALE
Moussa ASSANE Professeur, EISMV – DAKAR
vii
9. ANATOMIE COMPAREE
DES VERTEBRES
Cheikh T. BA Professeur
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
11. GEOLOGIE
. FORMATIONS SEDIMENTAIRES
Raphaël SARR Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
.HYDROGEOLOGIE
A. FAYE Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
12. CPEV
TP
Sabbas ATTINDEHOU Moniteur, EISMV - DAKAR
viii
DEDICACE
« Loué soit Dieu, car il nous entraîne sans cesse dans le cortège de la victoire du Christ,
notre sauveur » : 2 Cor 2,14
Gloire à toi, le Tout Puissant pour l’immense grâce dont tu nous as comblée.
IN MEMORIUM
Ce travail est le fruit des nombreux efforts consentis pour ma formation. Puisse t-il être
l’aboutissement de nos innombrables actions. Trouve à travers celui-ci l’expression de ma profonde
reconnaissance.
Femme d’honneur et de dignité, ton souci majeur est de voir réussir tes enfants. Ton amour pour
moi, tes conseils et tes encouragements ont sans cesse guidé mes pas et m’ont toujours servi de
références. Accepte ce travail comme un témoignage de ma profonde sympathie et de mon
attachement filial. Que Dieu t’assiste et t’accorde la grâce et la paix.
Plus qu’une maman, tu as toujours éprouvé une grande sympathie à mon égard. Trouve à travers ce
travail, l’expression de mon affection et de ma profonde gratitude.
Ce travail est l’expression de ton soutien indéniable. Puisse t-il récompenser ces longues années de
patience. Sincères reconnaissances.
Ce travail est le vôtre. Il est l’expression de votre soutien permanent et sans faille. Je vous assure de
ma profonde reconnaissance. Restons unis et forts.
ix
A toute ma famille
Ce travail est le fruit de vos conseils et soutiens continus. Trouvez à travers celui-ci, l’expression de
ma sincère amitié et de ma profonde reconnaissance. Que Dieu vous rende grâce de vos actions.
A mes potes et amis de la famille AGBODOSSINDJI (Hyppolyte, Dénis, David, Alfred, etc.),
Marcellin, Charles, Rafiou, Baba, Aïkpé, Dione, Thiam, Adrienne, Aimée, Cécile, Marie, etc.
pour vos encouragements perpétuels et les bons moments passés ensemble.
A tous ceux que je ne pourrais pas citer ici et qui me sont chers.
A tous ceux qui souffrent dans ce monde injuste parce que descendant de personnes démunies.
Que Dieu leur apporte l’assistance et comble de joie leur cœur.
x
REMERCIEMENTS
Nos sincères et chaleureux remerciements
Au Directeur de l’EISMV de Dakar, le Professeur François Adébayo ABIOLA qui, malgré ses
multiples occupations, n’a ménagé aucun effort pour nous encadrer et nous permettre d’aller
faire ce travail dans notre pays le Bénin. Sincères reconnaissances.
Au Dr Inoussa SANOUSSI, Directeur de l’Elevage du Bénin,
Au Dr Léopold SAKITI, Coordonnateur du programme de relance de l’élevage du porc
Au Dr Eugène BIADJA, Directeur des Abattoirs de Cotonou Porto-Novo et l’ensemble du
Personnel de la Direction de l’Elevage pour leur disponibilité.
Aux Professeur Marc KPODEKON, Directeur de l'Ecole polytechnique d'Abomey-Calavi
(EPAC) et Dr Salifou SAHIDOU, Enseignant à l'EPAC, pour leurs encouragements, leurs
soutiens et leurs précieux conseils.
A Monsieur Emmanuel DEKA, Enseignant chercheur à la FSA pour sa constante disponibilité et
son aide.
Au Dr Richard LOKOSSOU, Directeur de la ferme d’élevage de Kpinnou
Aux Messieurs Jean GOUNONGBE, Président de l’ANEP-Bénin, Ernest LOGBO, Animateur
de l’ANEP-Bénin et M. DJOSSA, Président de l’ANATP-Bénin, pour leur soutien indéniable.
Aux Docteurs Cyprien BIAOU, Komlan AKODA, Assiongbo TEKO-AGBO, Amadou SERY et à
Mr. Mamadou NIANG pour leurs conseils et leur constante présence dans la réalisation de ce
travail.
Aux Messieurs Edgard HOUNKPE, Aimé EDENAKPO, Pierre KOTO, Benjamin ADJAGODO
et Cyprien MAKPLASSO pour les aides précieuses qu’ils m’ont portées sur le terrain.
Aux Dr Aristide KOUNOUHO et M. Louis SOSSA, DCVP des CARDER du Zou-Collines et du
Mono-Couffo ;
Au Dr Richard DAVAKAN, responsable du Cabinet Vétérinaire Claude BOURGELAT de
Bohicon.
Aux Messieurs Edmond, Joël et THIAM pour l’aide informatique.
A tous les acteurs de la filière porcine qui m’ont permis de mener l’enquête en acceptant de
répondre à mes interrogations.
A tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à la réussite de travail.
xi
A NOS MAITRES ET JUGES
A notre Président de Jury de thèse, Monsieur Oumar GAYE,
Professeur à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie de Dakar
Nous avons été particulièrement ému par l’enthousiasme et la spontanéité avec lesquels vous avez
accepté de présider notre jury de thèse malgré vos multiples occupations.
Nous vous prions de trouver ici l’expression de notre sincère gratitude et de notre profond respect.
A notre maître, juge et Directeur de thèse, Monsieur le Directeur François Adébayo ABIOLA,
Professeur à l’EISMV de Dakar
Malgré vos multiples occupations, vous avez initié et encadré avec rigueur ce travail de thèse. Cela
ne surprend guère quand on connaît vos qualités humaines et scientifiques. Les moments passés
ensemble nous ont permis de découvrir en vous l’exemple même de la simplicité, de la bienveillance
et de l’amour du travail bien fait.
Veuillez trouver ici l’assurance de notre sincère reconnaissance et de notre profonde admiration
pour votre dévouement au travail. Hommages respectueux.
Vous nous faites un grand honneur en acceptant spontanément de juger ce modeste travail. En
accompagnant notre promotion, vous nous avez donné l’occasion de découvrir outre vos qualités
scientifiques, votre simplicité et votre grande disponibilité, qualités qui nous ont profondément
marqué. Veuillez trouver ici l’expression de notre profonde et sincère gratitude.
Nous sommes très sensible à l’honneur que vous nous faites en acceptant avec enthousiasme de
juger ce travail. Vous confirmez par là, la générosité et la totale disponibilité dont vous avez
toujours manifesté et l’exemple que vous constituez en matière de rigueur scientifique et de qualités
humaines. Nous vous prions de trouver ici l’expression de notre profonde admiration et nos
sincères remerciements.
xii
« Par délibération, la faculté et l’école ont décidé que les
opinions émises dans les dissertations qui leur sont
présentées doivent être considérées comme propres à leurs
auteurs et qu’elles n’entendent leur donner aucune
approbation, ni improbation »
xiii
SOMMAIRE
INTRODUCTION ................................................................................................................................ 1
xiv
5.1 MATIERE SECHE .................................................................................................................................. 23
5.2 ENERGIE.............................................................................................................................................. 23
5.3 PROTEINES ET ACIDES AMINES .......................................................................................................... 24
5.4 BESOIN EN EAU. .................................................................................................................................. 25
5.5 QUELQUES ALIMENTS UTILISABLES EN ALIMENTATION DES PORCS ET LEUR LIMITE D’EMPLOI ........ 25
5.5.1 Sources énergétiques ................................................................................................................. 25
[Link] Céréales et leurs sous-produits .......................................................................................... 25
[Link] Racines et tubercules ......................................................................................................... 26
[Link] Autres produits et sous-produits........................................................................................ 27
5.5.2 Sources de protéines .................................................................................................................. 27
[Link] Graines oléagineuses et leurs sous-produits ...................................................................... 28
[Link] Graines protéagineuses ..................................................................................................... 29
[Link] Farines de viande et de viande osseuse ............................................................................. 29
[Link] Farines de sang ................................................................................................................. 29
[Link] Farines de poisson ............................................................................................................ 29
5.5.3 Sources de minéraux et vitamines .............................................................................................. 29
6 PRINCIPALES PATHOLOGIES PORCINES EN MILIEU TROPICAL ....................................... 30
6.1 MALADIES INFECTIEUSES (DAVID, 1981) ......................................................................................... 30
6.1.1 Maladies infectieuses virales ..................................................................................................... 30
[Link] La gastro-entérite transmissible (GET) ............................................................................. 30
[Link] L’infection par le virus SMEDI ........................................................................................ 30
[Link] La variole du porc ............................................................................................................. 30
[Link] La peste porcine africaine (PPA) ...................................................................................... 30
[Link] La peste porcine classique................................................................................................. 31
[Link] La parvovirose porcine...................................................................................................... 31
6.1.2 Maladies infectieuses bactériennes ........................................................................................... 32
[Link] La pneumonie enzootique du porc .................................................................................... 32
[Link] La pasteurellose porcine.................................................................................................... 32
[Link] La rhinite atrophique du porc ............................................................................................ 32
[Link] Les colibacilloses .............................................................................................................. 32
[Link] La salmonellose................................................................................................................. 32
[Link] L’entérite hémorragique .................................................................................................... 33
[Link] Le rouget ........................................................................................................................... 33
[Link] L’Actinobacillose .............................................................................................................. 33
[Link] Les Abcès .......................................................................................................................... 33
[Link] Le syndrome «métrite-mammite-agalactie» (MMA) ........................................................ 33
6.2 MALADIES PARASITAIRES ................................................................................................................... 33
6.2.1 Parasitoses internes ou verminoses (CHARTIER et TRONCY, 2000)....................................... 33
[Link] L’Ascaridiose .................................................................................................................... 34
[Link] L’hyostrongylose .............................................................................................................. 34
[Link] La cysticercose ou ladrerie porcine ................................................................................... 34
6.2.2 Parasitoses externes .................................................................................................................. 35
6.2.3 Protozooses ................................................................................................................................ 35
[Link] La trypanosomose porcine ................................................................................................ 35
[Link] La Babésiose porcine ........................................................................................................ 36
6.3 MALADIES NUTRITIONNELLES ............................................................................................................ 36
6.3.1 Carences en matières azotées .................................................................................................... 36
6.3.2 Déséquilibre phosphocalcique ................................................................................................... 36
6.3.3 Parakératose .............................................................................................................................. 36
6.3.4 L’anémie du porcelet ou la «crise des trois semaines» ............................................................. 36
6.3.5 L’hypoglycémie des porcelets nouveau-nés ............................................................................... 36
6.3.6 Carences en vitamines ............................................................................................................... 37
6.3.7 Intoxications alimentaires.......................................................................................................... 37
CHAPITRE 3 : SITUATION DE L’ELEVAGE PORCIN AU BENIN ..................................... 38
xv
1 HISTORIQUE ET INTERET DE L’ELEVAGE DU PORC AU BENIN ......................................... 38
5 SYSTEMES D’ELEVAGE PORCIN (MDR/DE BENIN, 1999; DEKA ET COLL., 1998) ............... 40
5.1 ELEVAGE TRADITIONNEL.................................................................................................................... 40
5.2 ELEVAGE EN CLAUSTRATION PERMANENTE ....................................................................................... 41
6 ALIMENTATION ........................................................................................................................... 41
xvi
5 DEROULEMENT DE L’ENQUETE ............................................................................................... 54
5.1 PREPARATION DE L’ENQUETE ............................................................................................................. 54
5.2 COLLECTE DES DONNEES .................................................................................................................... 54
5.3 TRAITEMENT DES DONNEES ................................................................................................................ 55
6 ANALYSE STATISTIQUES DES DONNEES ................................................................................. 55
xviii
1.1 PROPOSITIONS D’AMELIORATION DE LA PRODUCTION PORCINE ...................................................... 109
1.1.1 Production d’aliment porcin .................................................................................................... 109
1.1.2 Production porcine .................................................................................................................. 109
[Link] Intégration de la filière porcine ....................................................................................... 110
[Link] Formation et encadrement des éleveurs .......................................................................... 110
[Link] Professionnalisation de la filière ..................................................................................... 110
[Link] Financement des élevages porcins .................................................................................. 110
[Link] Amélioration des conditions d’exploitation .................................................................... 111
[Link].1 Amélioration de l’habitat porcin ................................................................................. 111
[Link].2 Amélioration de l’alimentation porcine : réduction des coûts de production ............. 111
[Link].3 Maîtrise des pathologies porcines ............................................................................... 111
[Link].4 Bonne conduite et gestion de la reproduction ............................................................. 112
[Link] Mise en place d’un centre d’amélioration génétique et d’approvisionnement en porcins
reproducteurs .................................................................................................................................... 112
1.2 PROPOSITIONS D’AMELIORATION DE LA COMMERCIALISATION DU PORC ................ 112
1.2.1 Organisation des acteurs de la commercialisation ................................................................. 112
1.2.2 Création et amélioration des infrastructures et équipements de commercialisation .............. 113
1.2.3 Mise en place d’un observatoire de commerce de bétail et de la viande ................................ 113
1.2.4 Octroi de crédits aux acteurs de la commercialisation ........................................................... 113
1.2.5 Amélioration des conditions de traitement des porcs .............................................................. 114
1.3 POLITIQUE GLOBALE D’AMELIORATION DE LA FILIERE PORCINE ................................ 114
2 PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE ....................................................... 114
xix
LISTE DES TABLEAUX
TABLEAU I: PRODUCTIONS AGRICOLES (EN TONNES) DU BENIN DE 1995 A 1999.............................................. 7
TABLEAU II: EFFECTIFS DU CHEPTEL NATIONAL DE 1996 A 2001. .................................................................... 8
TABLEAU III: EFFECTIFS PAR DEPARTEMENT DU CHEPTEL NATIONAL EN 2001 (DE, 2001) .............................. 8
TABLEAU IV: VARIATIONS DU TAUX D’IMMUNISATION EN 2001 (DE, 2001). .................................................. 10
TABLEAU V: COMPARAISON DES PRINCIPALES ESPECES DE BETAIL DANS LE MONDE EN TERME DE
POPULATION ET DE PRODUCTION DE VIANDE (FAO, 1989) ...................................................................... 14
TABLEAU VI: PERFORMANCES DE REPRODUCTION ET DE CROISSANCE DU PORC DE RACE LOCALE EN MILIEU
TROPICAL. ............................................................................................................................................... 17
TABLEAU VII: PERFORMANCES DE REPRODUCTION ET DE CROISSANCE DU PORC LARGE WHITE EN MILIEU
TROPICAL ................................................................................................................................................ 18
TABLEAU VIII: BESOINS ALIMENTAIRES DES PORCINS .................................................................................... 24
TABLEAU IX: PROTEINE « IDEALE » POUR PORCS EN CROISSANCE (ARC, 1981). ............................................. 25
TABLEAU X : PRODUCTION DE VIANDE PAR ESPECE EN 1992 (MDR/DE BENIN, 1994A) ................................... 39
TABLEAU XI: COMPOSITION CHIMIQUE DU LISIER SELON LES ESPECES (MFDC, 1991) .................................... 39
TABLEAU XII: EVOLUTION DU CHEPTEL PORCIN AU BENIN DE 1996 A 2001 .................................................. 40
TABLEAU XIII: IMPORTATIONS D’ANIMAUX ET DE VIANDE AU BENIN DE 1996 A 2001 .................................. 40
TABLEAU XIV: RECAPITULATIF DE LA SITUATION DE LUTTE CONTRE LA PPA ................................................. 45
TABLEAU XV: RESULTATS DE L’ENQUETE SEROLOGIQUE DE LA PPA EN 2000 AU BENIN ................................ 47
TABLEAU XVI: PROGRAMME NATIONAL DE RELANCE DE L’ELEVAGE DU PORC (PNREP) AU BENIN ................ 49
TABLEAU XVII: REPARTITION DES DIFFERENTS ACTEURS INTERROGES PAR DEPARTEMENT .......................... 54
TABLEAU XVIII: REPARTITION, STATUT, ENCADREMENT ET CAPACITE DE PRODUCTION DES UNITES
D’ALIMENTS ............................................................................................................................................ 58
TABLEAU XIX: PRINCIPAUX SOUS-PRODUITS DISPONIBLES AU BENIN............................................................. 62
TABLEAU XX: PRIX DES MATIERES PREMIERES AU BENIN (2003) .................................................................... 62
TABLEAU XXI: PRIX DES MATIERES PREMIERES IMPORTEES AU BENIN ........................................................... 63
TABLEAU XXII: COMPOSITION CHIMIQUE DE QUELQUES MATIERES PREMIERES DISPONIBLES AU BENIN. ...... 63
TABLEAU XXIII: QUELQUES FORMULES ALIMENTAIRES UTILISEES EN ALIMENTATION PORCINE AU BENIN ... 65
TABLEAU XXIV: PRIX DE L’ALIMENT PORCIN TOUTE CATEGORIE CONFONDUE AU BENIN .............................. 65
TABLEAU XXV: EVOLUTION DU CHEPTEL PORCIN DE KPINNOU DE 1995 A 2003 (DE/PDE-III, 2003) ............... 67
TABLEAU XXVI: PRIX D’ACQUISITION DES PORCS PAR LES ELEVEURS ............................................................ 67
TABLEAU XXVII: REPARTITION SPATIALE DES EXPLOITATIONS PORCINES VISITEES ...................................... 68
TABLEAU XXVIII: CARACTERISTIQUES SOCIOPROFESSIONNELLES DES ELEVEURS DE PORCS AU BENIN ........ 69
TABLEAU XXIX: MODALITES D’ACQUISITION ET RACES PORCINES EXPLOITEES AU BENIN............................. 69
TABLEAU XXX: TAILLE ET FREQUENCE DES ELEVAGES PAR DEPARTEMENT ................................................... 71
TABLEAU XXXI: COMPOSITION GLOBALE DES ELEVAGES PORCINS................................................................. 71
TABLEAU XXXII: FREQUENCE D’UTILISATION DES RATIONS EN ELEVAGE PORCIN AU BENIN ......................... 77
TABLEAU XXXIII: FREQUENCE D’UTILISATION DE QUELQUES MATIERES PREMIERES EN ALIMENTATION
PORCINE AU BENIN .................................................................................................................................. 78
TABLEAU XXXIV: MODE D’ELEVAGE ET QUALIFICATION DES ELEVEURS PORCINS......................................... 78
TABLEAU XXXV: AGES AU SEVRAGE ET A LA CASTRATION............................................................................. 79
TABLEAU XXXVI: PERFORMANCES DE CROISSANCE ET DE REPRODUCTION EN ELEVAGE PORCIN AU BENIN.. 80
TABLEAU XXXVII: QUELQUES PRODUITS VETERINAIRES ET PLANTES MEDICINALES UTILISES EN ELEVAGE
PORCIN AU BENIN. ................................................................................................................................... 81
TABLEAU XXXVIII: CALCUL DES MARGES EFFECTUEES POUR LA PRODUCTION DE PORCELET ....................... 87
TABLEAU XXXIX: COUT DE PRODUCTION DU PORCELET DE 3 MOIS D’AGE ..................................................... 88
TABLEAU XL: CALCUL DES MARGES EFFECTUEES POUR LA PRODUCTION DU PORC CHARCUTIER .................. 88
TABLEAU XLI: COUT DE PRODUCTION DU PORC CHARCUTIER ........................................................................ 89
TABLEAU XLII: REPARTITION DES CHARGES DANS LE COUT DE PRODUCTION ................................................ 89
TABLEAU XLIII: OFFRE MOYENNE DES MARCHES PORCINS VISITES ................................................................ 93
TABLEAU XLIV: EVOLUTION DES ABATTAGES CONTROLES DE PORCS DE 1996 A 2001 (DE-BENIN, 1996) ..... 97
TABLEAU XLV: REPARTITION DES COMMERÇANTS ENQUETES PAR DEPARTEMENT ........................................ 98
TABLEAU XLVI: PRIX DES PORCINS AU BENIN ................................................................................................. 99
TABLEAU XLVII: REPARTITION DES CHARCUTIERS ENQUETES PAR LOCALITE .............................................. 101
xx
TABLEAU XLVIII: CARACTERISTIQUES SOCIO-PROFESSIONNELLES DES CHARCUTIERS ................................ 101
TABLEAU XLIX: EFFECTIFS DE PORCS ABATTUS PAR MOIS DANS LES CHARCUTERIES ENQUETEES PAR
DEPARTEMENT ...................................................................................................................................... 101
TABLEAU L: PRIX DE LA VIANDE DE PORC AU BENIN .................................................................................... 102
TABLEAU LI: REPARTITION DES CONSOMMATEURS ENQUETES PAR LOCALITE ............................................. 103
xxi
LISTE DES ABREVIATIONS
ANATP : Association Nationale des traiteurs de porcs
ANEP : Association National des Eleveurs de Porcs
APL : Association des Producteurs de Lapins
ARC : Agriculture Reasearch Council
BCEAO : Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest
BOAD : Banque Ouest Africaine de Développement
CANIB : Coopérative Agro animale du Bénin
CECURI : Centre Cunicole de Recherche et d’informations
CEDEAO : Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
COOPROEL : Coopérative de Promotion de l’Elevage
COVAP : Coopérative Veto- Agro- Pastorale
DANA : Direction de l’Alimentation et de la Nutrition Appliquée
DE : Direction de l’Elevage
EPAC : Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi
FAIJD : Ferme Agricole Intégrée Jeunesse et Développement
FAO : Fond des Nations unies pour l’Alimentation
FCFA : Franc de la Communauté Française d’Afrique
FSA : Faculté des Sciences Agronomiques
GIE : Groupement d’Intérêt Economique
GMB : Grands Moulins du Bénin
IBCG : Industrie Béninoise des Corps Gras
INSAE : Institut National de la Statistique et de l’Economie
INRA : Institut National de Recherche Agronomique
MDR : Ministère du Développement Rural
MG : Moulins du Golfe
ND : Non Disponible/ Nom Déposé
PADME : Programme d’Appui au Développement des Micro Entreprises
PAPME : Programme d’Appui aux Petites et moyennes Entreprises
PDE : Projet de Développement de l’Elevage
PISEA : Programme d’Insertion des Sans Emplois dans l’Agriculture
PIB : Produit Intérieur Brut
PNREP : Programme National de Relance de l'Elevage de Porc
PPA : Peste Porcine Africaine
RGPH 2 : Deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SCDAAB : Service de Contrôle des Denrées Alimentaires et Aliments du Bétail
SHB : Société des Huileries du Bénin
SPSS/PC : Statistical Package for the Social Science/Personal Computer
TEC : Tarif Extérieur Commun
TVA : Taxe sur la Valeur Ajoutée
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
xxii
INTRODUCTION
Dans le contexte actuel du fort taux d’urbanisation et de forte croissance démographique que
connaissent la plupart des pays d’Afrique où les problèmes de déficit en protéines animales
évoluent croissant, le porc (espèce à cycle de production et de reproduction court, prolificité élevée
et omnivore) présente de nombreux atouts dans les pays comme le Bénin où les interdits religieux
ne s’opposent pas à sa consommation.
Au Bénin, la consommation en protéines animales qui est estimée à 8 kg/habitant/an est nettement
inférieure à la norme admise, 12 kg/habitant/an (MDR/DE Bénin, 1994a) et reste encore
insuffisamment satisfaite par les produits animaux tels que les ruminants, les volailles, les porcins et
dans une moindre mesure par les produits halieutiques.
L’apparition en 1997 d’une épizootie de Peste Porcine Africaine (PPA) a décimé plus de 70% du
cheptel porcin national avec des pertes estimées à près de cinq (5) milliards de francs CFA,
aggravant d’avantage les problèmes de malnutrition et de sous-nutrition en protéines animales
(MDR/DE Bénin, 1999).
Malgré le nombre considérable d’habitants de la population béninoise qui sont friands de la viande
de porc, l’élevage porcin surtout concentré dans le sud du pays, plus de 90% du cheptel porcin (DE
Bénin, 1996), a été jusqu’à présent très peu concerné par les projets de développement des espèces
à cycle court dans les stratégies d’autosuffisance alimentaire élaborées par les pouvoirs publics.
Certes, la mise en place d’une stratégie de développement de la filière porcine peut être une
alternative aux problèmes d’alimentation protéique et jouer un rôle important dans le
développement socio-économique du Bénin. Mais, elle ne pourra se faire sans un diagnostic
préalable mettant en exergue les aspects tant positifs que négatifs de la filière.
L'objectif de ce travail est de permettre une meilleure connaissance de cette filière et ce à travers
des enquêtes diagnostiques focalisées sur les systèmes de production (habitat, alimentation, santé,
performances, etc.), les marchés, les systèmes et les circuits de commercialisation du porc afin de
déceler et de mettre en évidence les atouts et les contraintes à tous les niveaux de la filière et
proposer des solutions alternatives.
La présente étude comprend deux parties :
1
PREMIERE PARTIE : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
Cette partie comprend trois chapitres :
2
CHAPITRE 1 : GENERALITES SUR LE BENIN
- la plaine côtière, basse, rectiligne et sablonneuse, constituée d’un complexe de cordons littoraux
séparés par des bas-fonds marécageux et des lagunes (Porto-Novo, Ouidah), emprisonne les lacs
Ahémé et Nokoué au contact des plateaux et son altitude n’excède guère 10 mètres ;
- la zone intermédiaire dite plateaux de terre de barre dont l’altitude varie entre 20 et 200 mètres,
est coupée d’une dépression marécageuse (dépression de Lama) ;
- la pénéplaine cristalline (granite, gneiss) qui occupe la plus grande partie du territoire avec de
nombreuses collines dont l’altitude moyenne varie entre 250 et 300 mètres ;
- la chaîne de l’Atacora (400 à 700 mètres d’altitude) localisée dans le Nord-Ouest, constitue le
château d’eau du pays dans la mesure où plusieurs fleuves y prennent leur source. Le point le
plus élevé se trouve sur le mont Sagbarao ;
- les plaines silico-argileuses du Nord qui descendent progressivement vers le bassin du Niger,
dont le lit est situé à environ 160 mètres de la côte avec une altitude moyenne de 250 mètres.
1.3 CLIMATOLOGIE
Le Bénin, à cause de sa forme allongée allant du littoral aux confins de la zone soudanienne, jouit
d’un climat tropical chaud varié avec trois principales zones climatiques. On distingue :
- au Sud, un climat tropical humide dit subéquatorial avec deux saisons de pluies (avril à juillet
et septembre à novembre) et deux saisons sèches (août -septembre et décembre à mars). On
enregistre pendant la grande saison des pluies (avril à juillet), une pluviométrie de 900 à 1 600
mm / an ;
3
- au Centre, un climat soudano-guinéen et au Nord, un climat soudanien, avec un régime
pluviométrique unimodal (800 à 1 200 mm /an) caractérisé par l’alternance d’une saison
pluvieuse (5 à 7 mois) et d’une saison sèche (5 à 7 mois).
Ce climat subit l’influence de deux vents, l’Alizé maritime (vent humide) et l’Alizé continental
(vent sec et frais, harmattan) venant du Sahara à l’origine de la grande sécheresse de décembre à
mars. La température moyenne est de 27°C avec des amplitudes thermiques journalières croissantes
du sud (< 5°C) au nord (< 10°C).
1.4 SOLS
- les sols minéraux bruts comprenant les roches affleurantes (massif de l’Atacora, collines de
Dassa et de Savè) ;
- les vertisols, sols à grilles gonflantes qui peuvent être hydromorphes ou lithomorphes, localisés
dans le Sud du Bénin et en bordure du Niger et de la Pendjari ;
- les sols sesquioxydes, comprenant les sols ferrugineux tropicaux peu profonds mais
relativement plus riches dans le Centre et le Nord, et les sols ferralitiques profonds peu fertiles
retrouvés dans le Sud du pays.
La végétation est le reflet du climat et des sols. La forêt s’est raréfiée au Bénin. Au Sud, sous l’effet
du peuplement et de l’influence dégradante du climat qui ne lui est pas très favorable, elle a fait
place à la palmeraie et aux cocotiers avec une prédominance de formations arborescentes fermées,
tandis que le Centre et le Nord du pays sont occupés par des formations savanicoles plus ouvertes
abritant une abondante strate graminéenne.
En plus de sa façade méridionale qui lui confère une ouverture maritime sur l’Océan Atlantique, le
Bénin possède plusieurs fleuves dont les plus importants sont :
le bassin du Niger
Long de 190 km, le fleuve Niger constitue la frontière entre le Niger et le Bénin depuis le confluent
du Mékrou jusqu’à Dohè. Il dispose d’importants affluents qui sont la Sota (250 km), l’Alibori (338
km) et le Mékrou (410 km) ;
le bassin de la Pendjari
Long de 380 km au Nord-Ouest, il constitue la frontière entre le Burkina-Faso et le Bénin. Il prend
sa source dans la région de Tanguiéta, contourne les chaînes de l’Atacora en formant une boucle qui
représente la réserve de chasse de Porga ;
le bassin de l’Ouémé
Le fleuve Ouémé (450 km), possède deux principaux affluents (le Zou et l’Okpara) et prend sa
source dans les monts Tanéka dans l’Atacora avant de se diriger vers l’Est puis vers le Sud où il
forme un delta dont l’une des branches, la SO se jette dans le lac Nokoué, tandis que la branche
4
principale va former la lagune de Porto-Novo pour couler parallèlement à l’Océan Atlantique et s’y
jeter à Lagos ;
le bassin du Mono
Long de 350 km, il prend sa source au Togo et sert de frontière entre les deux pays dans sa partie
terminale ;
le bassin du Couffo
Situé au Sud-Est, le Couffo est un petit fleuve de 170 km de long sur lequel sont prévus des
aménagements hydro-agricoles. Il se jette dans la dépression marécageuse du lac Ahémé.
Le Bénin dispose également d’un important réseau lacustre et lagunaire essentiellement concentré
au Sud et représenté par les lacs Ahémé et Nokoué, et d’importantes eaux souterraines de
profondeurs plus ou moins variables.
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6
1.9 SECTEUR RURAL
1.9.1 Agriculture
Elle occupe la première place dans l’économie béninoise. Le Bénin tire plus de 40% de son produit
intérieur brut (PIB) du secteur rural qui emploie près de 56 à 60% de la population active (INSAE
Bénin, 1994). L’agriculture reste avec ses 60% des recettes d’exportation, la première source de
revenu du Bénin avec un secteur cotonnier important dont la contribution au budget de l’Etat
s’établit en moyenne à plus de 30 milliards de francs CFA par an (MDR/DE Bénin, 1994a). Les
principales cultures rencontrées sont : le maïs, le sorgho, l’igname, l’arachide et le manioc, tandis
que les cultures d’exportation sont représentées par le coton, l’ananas, l’anacarde et le café.
D’autres cultures comme le mil, le fonio, le haricot, le riz, le soja, etc. peuvent aussi se rencontrer
(tableau I).
Tableau I: Productions agricoles (en tonnes) du Bénin de 1995 à 1999
1.9.2 Elevage
Le Bénin est un pays à économie essentiellement agricole où l’élevage occupe la deuxième place
après la production végétale. Avec une valeur totale bord-champ de 47,385 millions FCFA en 1992,
les productions animales demeurent importantes et contribuent pour 16% du PIB agricole, soit près
de 6,2% du PIB national (MDR/DE Bénin, 1994a).
Comme dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, on y rencontre presque toutes les espèces
d'animaux domestiques : bovins, ovins, caprins, porcins et équins. L’élevage des espèces à cycle
court notamment les volailles, les lapins, les aulacodes etc. se pratique aussi, mais la collecte de
leurs statistiques de production n’est pas toujours effective dans le sous-secteur à cause du manque
de moyens tant matériels, financiers qu’humains. En raison du taux de croît relativement faible, de
la maîtrise de quelques épizooties (peste bovine) et de l’éclatement de la peste porcine africaine
(PPA) en août 1997, les effectifs du cheptel national par espèce ont connu des évolutions variables
(tableau II). L’élevage des petits ruminants après la PPA a pris le pas et se classe au premier rang
des productions animales de même que les importations de produits d’origine animale en particulier
la viande de volaille : 16 954 tonnes en 1997 à 83 408 tonnes en 2001 (DE Bénin, 1997 et 2001).
7
[Link] Les Bovins
L’élevage de bovins est surtout pratiqué dans le Nord du Bénin (Borgou, Atacora) où sont
concentrés plus de 90% du cheptel national (tableau III). La quasi-totalité de ce bétail est conduite
selon le mode traditionnel extensif avec la coexistence de deux grands systèmes d’élevage, le
système pastoral avec sa composante transhumance surtout dans le septentrion et le système
agropastoral dominé par la technique de culture attelée. L’élevage sédentaire se rencontre presque
partout sur le territoire national. Les races bovines exploitées sont :
- les taurins (Bos taurus) composés des races Borgou, Somba et Pabli rencontrées dans les
départements du Nord et la race Lagunaire rencontrée dans le Sud du pays ;
- les zébus (Bos indicus) rencontrés dans l’extrême Nord du pays le long de la frontière avec le
Niger composés de zébu peulh Nigérien, de Azawak, de White fulani et du zébu Mbororo ou
Borodji. Contrairement aux taurins, ils sont plus résistants aux conditions difficiles du milieu
mais très sensibles à la trypanosomose (HOUENOU, 1999)
Tableau III: Effectifs par département du cheptel national en 2001 (DE, 2001)
Espèces Bovins Ovins Caprins Porcins Equins
Départements
Atacora /Donga 374 000 172 578 213 145 60 912 389
Atlantique/Littoral 27 737 47 728 115 561 27 050 -
Borgou /Alibori 1 063 266 311 342 311 130 15 676 524
Mono /Couffo 11 147 54 642 256 010 47 875 -
Ouémé /Plateau 38 626 46 253 144 755 64 500 -
Zou /Collines 79 576 37 086 183 008 60 500 -
Total 1 594 352 669 629 1 223 609 276 513 913
[Link] Les petits ruminants
Ils sont répartis sur tout le territoire national et comprennent deux espèces : les ovins et les caprins.
Dans ces deux espèces, les animaux appartiennent pour la plupart à la race Guinéenne ou Djallonké
(mouton et chèvre Djallonké) qui est une race trypanotolérante rencontrée à une forte concentration
dans le Sud et le Centre du Bénin. Cependant, on observe une concentration d’ovins et de chèvres
sahéliens (moutons Peulhs et chèvres du Sahel) dans la région Nord du pays où ils sont élevés par
bandes ou troupeaux conduits par des Peulhs.
8
[Link] Les équins et les asins
Ils sont concentrés essentiellement dans le Nord du Bénin (tableau III) où ils servent au transport
des marchandises et lors des parades royales. Le cheptel équin en 2001, est estimé à 913 têtes et
celui des asins à 618 têtes (DE, 2001). Les chevaux les plus utilisés sont de race Berba, Djerma ou
Haoussa.
D’importance capitale, les volailles élevées tant pour leur chair que pour leurs œufs, permettent de
résoudre à court terme les problèmes posés par le déficit en protéines animales. On rencontre sur
tout le territoire national plusieurs espèces aviaires avec une prédominance des gallinacés (poules et
poulets) suivies accessoirement des canards, des dindons et des pintades. Mais les données sur leur
effectif font l’objet de contradiction.
En effet, d'après l’étude du cabinet Louis Berger International en 1987, le Bénin disposait de 24 130
000 volailles alors qu’en 1994, selon (MDR/DE Bénin, 1994b), il conviendrait de compter 2,7 têtes
par habitant en milieu rural, soit environ 10,5 millions de volailles. Ce dernier effectif paraît plus
adéquat car le nombre total de volailles était estimé en 1999 à 12 378 803 têtes.
- l’aviculture traditionnelle qui fait appel à des espèces locales dites sportives et rustiques,
pratiquée essentiellement en milieu rural pour l’autoconsommation et pour la vente de proximité
sur les marchés locaux ;
Au Bénin l’épidémiologie en matière de santé animale reste encore dominée par les maladies
infectieuses et parasitaires toutes espèces confondues.
Chez les bovins, la pathologie infectieuse est dominée par la péripneumonie contagieuse bovine
(PPCB), la septicémie hémorragique ou pasteurellose bovine, puis viennent par ordre décroissant
les charbons bactéridiens et symptomatiques, la fièvre aphteuse, la dermatophylose, la brucellose et
la tuberculose (tableau IV). Chez les petits ruminants, on rencontre la peste des petits ruminants
(PPR), la cowdriose et l’ecthyma contagieux.
Chez les volailles, les pathologies majeures sont : la Pseudo peste aviaire ou maladie de Newcastle,
la Variole aviaire, le Gumboro et parfois la salmonellose aviaire (GBAGUIDI, 2001).
9
En ce qui concerne les porcins, l’épizootie de Peste Porcine Africaine (PPA) apparue en 1997, a
considérablement décimé le cheptel. Mais, malgré les stratégies et moyens de lutte mis en place par
les pouvoirs publics, elle existe encore à l’état enzootique avec des risques de résurgence de certains
foyers (DE Bénin, 2000).
La Rage canine reste encore endémique sur toute l’étendue du territoire national et donne parfois
lieu à des cas de rage humaine et animale (DE Bénin, 2000).
Quant aux maladies parasitaires, elles sont dominées surtout chez les ruminants par la
trypanosomose, chez presque toutes les autres espèces par les parasitoses respiratoires, gastro-
intestinales et la coccidiose aviaire.
En prélude à tout cela, des campagnes de vaccination contre les principales épizooties sont
organisées chaque année par la Direction de l’Elevage (DE) en collaboration avec les structures
décentralisées, les projets et vétérinaires privés agréés.
Le Bénin étant déclaré zone indemne de peste bovine depuis la fin l’année 1998, la vaccination
contre cette maladie a été arrêtée depuis 1999. Seules les autres vaccinations sont exécutées.
D’après les statistiques des immunisations contre ces maladies en 2001, il y a par rapport à l'année
1999, des variations importantes qui se traduisent d’une part, par une nette progression du taux
d’immunisation contre la Pseudo peste aviaire, une progression moyenne de celui contre le charbon
bactéridien et d’autre part, par une régression spectaculaire du taux d’immunisation contre le
charbon symptomatique et une régression moyenne de celui contre la PPCB (tableau IV).
Taux d’immunisation
Principales pathologies
1.9.3 Pêche
Le Bénin de part ses potentialités hydrographiques (façade méridionale maritime, large réseau de
fleuves, lacs et lagunes) offre à sa population des possibilités de pêche tant maritime que
continentale.
Les principales ressources biologiques des eaux béninoises sont constituées de Scianidae, de
Thonidae, de Clupeidae, de Carangidae, de Serranidae, de Cichlidae, de Clariidae,
d’Osteoglossidae, de Channidae, de Bagridae et de crustacés. Les ressources pélagiques comme les
sardinelles, les maquereaux et les chinchards sont très limitées.
La pêche maritime au Bénin reste encore plus artisanale qu’industrielle. Selon (MDR Bénin,
1990), elle occupe près de 4 000 pêcheurs dont environ 80% de pêcheurs artisans qui exploitent les
10
eaux à l’aide de pirogues monoxyles dotées ou non de moteurs hors-bord et de différents types
d’engins.
La pêche continentale revêt une importance socio-économique non négligeable. Elle est pratiquée
par environ 43 000 pêcheurs dont la quasi-totalité exerce leurs activités sur les plans d’eau du Sud
Bénin. Elle contribue pour près de 85% à la production halieutique nationale. Sur la base des
données statistiques disponibles, la pêche continentale produit en moyenne près de 32 900 tonnes
par an, soit en valeur 26 milliards de francs CFA par an contre 8 670 tonnes, soit environ 4 milliards
de francs CFA par an pour la pêche maritime. La production halieutique totale annuelle se chiffre
ainsi à 41 570 tonnes, soit en valeur 30 milliards de francs CFA par an (MDR Bénin, 1991).
L’aquaculture est fortement dominée par les techniques d’aménagement traditionnel du milieu et
d’importants efforts ont été particulièrement déployés pour la pisciculture même si le sous-secteur
pêche reste confronté à certaines contraintes (MDR Bénin, 1990).
Sur le plan régional, le Bénin est membre fondateur de la Communauté Economique des Etats de
l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
(UEMOA) qui sont des organisations de coopération économique et politique.
Créée en Afrique Occidentale en mai 1962, l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) est
devenue l’UEMOA en janvier 1994 suite à la dévaluation du FCFA (Franc de la communauté
Française d’Afrique) et compte huit (8) pays membres qui sont : le Bénin, la Côte d’Ivoire, la
Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Elle comprend deux structures représentées
par la conférence des Chefs d’Etat (Autorité suprême de l’union) et le conseil des ministres des
finances des Etats membres (Direction de l’union).
- la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) fondée en 1972, qui est un
institut d’émission et de gestion du système monétaire, bancaire et financier de l’Union ;
- la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) fondée en 1973, qui a pour mission de
promouvoir le développement équilibré des Etats membres ;
- la Commission bancaire créée en 1990, dont la mission est de contrôler l’activité bancaire des
Etats membres.
La politique monétaire de l’UEMOA se résume d’une part, à une politique des taux d’intérêt
permettant de renforcer la stabilité monétaire et d’améliorer la structure de l’épargne à travers une
adaptation des taux aux contraintes des Etats et d’autre part, à une politique de sélection du crédit
selon les priorités sectorielles définies par les comités nationaux.
Les Etats de l’UEMOA, utilisant une même monnaie, le franc CFA, ont décidé au lendemain de la
dévaluation de celle-ci, de créer en leur sein un processus d’intégration économique avec à moyen
terme la mise en place d’un marché commun. Le premier volet de cet objectif a été réalisé en
janvier 2000 par l’entrée en vigueur de l’union douanière caractérisée par l’institution d’un Tarif
Extérieur Commun (TEC) appliqué par tous les pays membres et d’un désarmement tarifaire interne
total pour les produits industriels agréés originaires de l’UEMOA (TALL, 2000).
11
En effet le TEC est un moyen d’intégration de l’UEMOA à l’économie mondiale en ce sens qu’il
induit un abaissement sensible des droits de porte avec une fiscalité maximale de 22% au titre des
droits hors-TVA, consacrant ainsi une grande ouverture des pays membres sur le reste du monde.
Mais dans la pratique, l’entrée en vigueur du TEC se traduit par une remise en cause des cadres
juridiques et fiscaux nationaux au profit d’un système législatif harmonisé au sein de l’UEMOA en
ce sens qu’il a tendance à réduire les recettes douanières du fait de l’abaissement des droits et taxes
d’entrée et à déprotéger les industries locales appelées à se restructurer et à se redimensionner pour
demeurer compétitives, d’où la mise en place de mécanismes complémentaires par l’UEMOA qui
sont : la Taxe Dégressive de Protection (TDP) et la Taxe Conjoncturelle à l’Importation (TCI).
De même, la CEDEAO dont le siège est à Abuja au Nigeria a été créée depuis 1975 et a pour
mission de faciliter la libre circulation des personnes et des biens au sein d’un espace géographique
qui regroupe les huit (8) Etats de l’UEMOA auxquels s’ajoutent la Mauritanie, les pays
anglophones (Nigeria, Ghana, Libéria, Gambie et Sierra Léone) et lusophones (Cap-vert). Les
actions menées dans cet objectif ont été la mise en circulation des chèques de voyage ouest africain
en 1999 et l’instauration d’un passeport communautaire en 2001. De plus, le Bénin étant membre de
la zone CFA, il évolue dans un système monétaire qui a une parité fixe avec l'euro (1€= 655,957
FCFA) bien qu’il soit entouré de monnaies fluctuantes tels que le Naïra du Nigeria et le Cédi du
Ghana.
Selon MDR/DE Bénin (1994a), le PIB (Produit Intérieur Brut) par habitant évalué en 1992, est de
400 dollars US par an, positionnant ainsi le Bénin au troisième rang en Afrique de l’Ouest après le
Sénégal, 540 US et la Côte d’Ivoire, 710 US (BOAD, 1984).
12
CHAPITRE 2 : SYSTEMES D’ELEVAGE PORCIN EN MILIEU
TROPICAL.
La population porcine mondiale est estimée à 826 millions de têtes (FAO, 1988), soit environ un
porc pour six habitants de la planète, dont près de la moitié se trouve concentrer en Asie plus
précisément en Chine. L’Europe et l’URSS totalisent plus de 30% de ce cheptel. A l’inverse, dans
les régions tropicales et subtropicales en voie de développement (Afrique, Amérique latine), le
nombre de porcs est relativement faible (figure 2).
9,50%
10,50% .6.%1ii~
0,60% ~
1,50%
cAsie .Afrique
[] Europe oOcéanie
.Amérique du nord et du centre oAmérique latine
.URSS
Les disparités dans la répartition peuvent s’expliquer non seulement par les facteurs climatiques, les
habitudes alimentaires mais surtout par les facteurs sociaux et religieux (Islam, Judaïsme) qui
peuvent avoir des effets négatifs sur la population porcine. L’accroissement de la population
porcine ces dernières décennies dans les régions tropicales laisse entrevoir d’énormes possibilités.
Par rapport aux ruminants, les porcs présentent certains avantages potentiels majeurs.
Outre leurs avantages zootechniques (forte prolificité, cycle de reproduction et de production court,
omnivore), les porcs produisent de la viande sans contribuer à la détérioration des pâturages
naturels et transforment les aliments concentrés deux fois plus efficacement que les ruminants.
C’est la viande de porc qui représente la production la plus importante et ce, bien que d’autres
espèces domestiques soient d’un point de vue strictement numérique, plus répandues (tableau V).
La viande de porc souvent grasse est fréquemment recherchée comme source de lipides animaux et
elle se prête particulièrement bien au traitement industriel. L’élevage porcin contribue aussi au
développement du paysannat car sa rentabilité est plus rapide par rapport à l’élevage de bovins.
13
Enfin les fumiers et purins des porcs peuvent être exploités au maximum en agriculture ou en
pisciculture lorsqu’ils sont élevés en enclos (HOLNES, 1994).
Tableau V: Comparaison des principales espèces de bétail dans le monde en terme de population et
de production de viande (FAO, 1989)
2 SYSTEMES DE PRODUCTION
C’est la méthode traditionnelle d’élevage porcin dans la plupart des régions tropicales. DICK et
GEERT (1995) trouvent dans ce système deux formes de production, les porcs errants et les porcs
attachés.
Les porcs errants se rapportent au type dans lequel les animaux sont abandonnés à eux-mêmes,
divagant autour des maisons où ils se nourrissent de ce qu’ils trouvent. A l’occasion, ils reçoivent
en supplément d’aliments excédentaires à faible valeur nutritive quand il y en a.
Les porcs attachés sont des animaux entravés autour d’un arbre, d’un pieu ou gardés simplement
dans des enclos rudimentaires pour une période d’engraissement de 3 à 5 mois. Leur alimentation,
habituellement des déchets de cuisine ou de produits agricoles et leur abreuvement sont fournis par
l’éleveur une à deux fois par jour. Cette pratique s'observe souvent à l’approche d’une cérémonie ou
d’une fête importante, mais également en hivernage pour éviter que les animaux ne détruisent les
cultures ou pour limiter les vols et les bastonnades.
Le système traditionnel est le plus simple et le plus économique. Il demande peu d’investissement
en argent et en temps mais expose les animaux à des infestations massives et à de diverses
pathologies avec pour conséquences, une mortalité élevée, une croissance lente et une faible
productivité. Sont concernées par ce système, les races locales ou indigènes en raison de leur
adaptation à l’environnement, leur plus grande aptitude à résister aux maladies et à supporter les
conditions locales. Si les porcs dans ce système jouent un rôle socio-économique important, c’est
plutôt à la manière d’une banque. Les animaux sont élevés pour l’autoconsommation et leur nombre
est généralement assez bas, moins de 5 femelles reproductrices par troupeau (HOLNES, 1994).
Dans ce système décrit par HOLNES (1994), les animaux sont élevés en enclos ce qui contraint
l’éleveur à leur procurer la nourriture. Les enclos sont des constructions rudimentaires plus ou
moins améliorés selon l’effectif du troupeau avec une organisation réduite à son strict minimum. En
plus des races locales, on rencontre dans ce type de production des produits de croisement de races
indigène et exotique.
14
Généralement, le cheptel est plus important (parfois jusqu’à 50 têtes) et la productivité plus élevée.
La commercialisation est présente mais parfois aléatoire ou dictée par des besoins financiers
immédiats du producteur.
D’après DICK et GEERT (1995), il se rencontre autour des centres urbains. C’est un élevage
tourné vers la production commerciale de porc avec des unités comprenant des troupeaux de 40 à
1000 têtes. Ce système nécessite des installations plus sophistiquées (porcherie moderne), des
aliments appropriés, de l’eau et notamment des soins vétérinaires pour prévenir les pathologies afin
d’optimiser la production et garantir une rentabilité maximale. C’est un système qui se prête bien à
l’intégration de la production céréalière et de l’industrie agroalimentaire dans lequel les activités
sont planifiées pour assurer des rentrées régulières. Quant aux animaux élevés, la tendance va
principalement vers les races exotiques à haut rendement ou des hybrides issues de ces dernières et
une variété indigène.
C’est un système largement pratiqué en Asie tropicale dans lequel la production porcine est associée
à d’autres activités annexes comme la pisciculture, la culture d’algues etc. pour mieux valoriser le
lisier des animaux.
Plus de 90 races porcines sont reconnues dans le monde et estime-t-on, 230 variétés différentes
(HOLNES, 1994). Dans cet ensemble, une distribution générale est établie entre les types indigènes
et ceux exotiques qui plus récents, sont sélectionnés et développés selon des critères commerciaux
bien définis. Bien qu’il existe des races exotiques et les produits de leur croisement, les races
locales sont les principales rencontrées dans les pays tropicaux notamment dans les systèmes
d’élevage traditionnel.
Selon SERRES (1989), le porc local « Sus scrofa domesticus » serait issu du porc ibérique avec
infusion de sang celtique « Sus scrofa » et du porc d’extrême Orient « Sus vittatus » qui se sont
croisés sans difficultés sous l’influence de l’homme. Les quelques littératures zootechniques qui
leur ont prêté leurs plumes s’accordent à leur reconnaître leur rusticité et leur faible croissance. De
toute évidence, elles ont des qualités d’adaptation telles que, une bonne résistance à la chaleur et à
l’insolation, une très grande tolérance aux irrégularités alimentaires, une maturité sexuelle souvent
précoce et une bonne fécondité (portées de 12). Leur description faite par HOLNES (1994), résume
leurs caractères ethnologiques.
15
Les porcs locaux d’Amérique du sud et d’Afrique ont généralement une tête avec un front court, un
groin allongé et de petites oreilles portées horizontalement ou légèrement dressées. Le corps étroit
est porté par des membres assez longs (animaux coureurs) avec une taille au garrot variant de 40 à
60 centimètres. La peau est noire, parfois pie, rarement blanche avec un pelage formé de soies plus
ou moins longues et grossières. De croissance tardive, ils atteignent difficilement 50 kg de poids vif
à l’âge adulte avec un gain moyen quotidien (GMQ) supérieur à 400 g/jour et un indice de
consommation égale à 4 entre 20 et 60 kg (SERRES, 1989). Les races rencontrées sont : le pelon et
le pirapetinga peu poilus, le cuino à poil frisé, le piau noir tacheté de blanc et le criollo noir aux
soies longues en Amérique Latine ; le bakosi au Cameroun, le korogho en Côte d’Ivoire, l’ashanti
nain au Ghana, le windsnyer à dos tranchant et le kolbroek en Afrique du sud.
Les races chinoises comme le porc meishan et le porc cantonais sont respectivement réputées pour
leur prolificité et leur excellente fécondité.
Les porcs indigènes présentent une variabilité de performances d’une souche à l’autre suivant les
vicissitudes auxquelles ils ont été soumis. Les données obtenues sur les performances des races
locales dans divers pays tropicaux sont rapportées dans le tableau VI.
Face à la petite taille et à la faible productivité des races indigènes, différentes races exotiques ont
été introduites sous les tropiques. Parmi elles, les plus utilisées en Afrique sont les races blanches
telles que la Large White et la Landrace.
Elles ont été introduites dans les pays tropicaux en raison de leur niveau de productivité nettement
supérieur à celui des autres races et de leur adaptation remarquable à des conditions climatiques pas
trop excessives (SERRES, 1989). Il s’agit de :
Le porc large White, originaire de l’Angleterre est obtenu par amélioration de la race du comté de
York par des apports de verrats asiatiques et napolitains au milieu du XIXè siècle (LOKOSSOU,
1982). A cause de sa bonne adaptation à différentes conditions d’élevage, cette race s’est
rapidement répandue dans le monde entier et n’a pas tardé à connaître son grand succès en milieu
tropical.
C’est avant tout un animal de très grand format, de bonne longueur, à croissance rapide, solidement
charpenté et réputé pour la robustesse de ses pattes. Les oreilles grandes et triangulaires sont portées
dressées. La ligne du dos est rectiligne. Le dos est plat et bien musclé et les jambons globuleux sont
bien descendus. Les truies sont de bonnes nourrices, très prolifiques et très fécondes. En Afrique le
porc large White atteint généralement 100 à 110 kg de poids vif à 9 mois d’âge.
Les performances du porc large White obtenues par divers auteurs en zones tropicales sont
rapportées dans le tableau VII.
16
Tableau VI: Performances de reproduction et de croissance du porc de race locale en milieu tropical.
Sénégal Sénégal Zimbabwe Nigeria RCA (4) Inde Guadeloupe Vietnam Brésil Taiwan
(1) (2) (3) (3) (5) (6) (7) (8) (9)
Paramètres
Age 1ere mise-bas (mois) 16,5 12,78 - - 11,33 - 12,6 10,5 22,5 -
Durée moyenne gestation (jrs) - - - - - - - - 111,8 -
Nombre de mise-bas/truie/an - 1,8 - - 1,92 1,90 1,5 - - -
Taille de la portée 7,5 7,53 7,9 6,5 6,51 - 7,33 9,88 7,51 8,93
Taux mortalité avant sevrage (%) - 22,7 5 15 33,3 - 9 13,9 12,4 -
Taille portée au sevrage - 5,7 7,5 5,5 4,34 - 6,71 8,5 6,58 -
Age au sevrage (jrs) 75 - 56 63 - - 60 - 56 -
Intervalle entre mise-bas (jrs) - - - - 240 - - - 205 -
Poids porcelets à la naissance (Kg) - - - - 0,76 0,75 0,91 0,5 - 0,63
Poids au sevrage (Kg) 6,5 - 7,6 - - 6,83 7,2 4,75 6,85 7,81
Poids à 3mois (Kg) 11,3 - - - 12,52 9,44 - - - -
Poids à 6 mois (Kg) - - - - 22,57 24,1 - - - 66
GMQ (Kg) - - 0,41 - 0,120 - - - - 0,362
Indice consommation - - 4 - - - - - - 3,802
(1) BULDGEN et Coll. (1994); (2) MISSOHOU et Coll. (2001); (3) HOLNES (1994); (4) ABDALLAH (1997); (5) CHAUHAN et Coll.
(1994); (6) CANOPE et RAYNAUD (1980); (7) MOLENAT et TRAN (1991); (8) DE ALBA J. (1972); (9) SERRES (1989).
17
Tableau VII: Performances de reproduction et de croissance du porc large White en milieu tropical
Paramètres Sénégal Sénégal Nigeria Madagascar RCA Togo Guadeloupe Sao Tomé France Sud Vietnam
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10)
ère
Age 1 saillie (mois) - - - 11,97 - - 9,43 - - -
ère
Age 1 mise-bas (mois) - - - 16,23 19,42 12,38 13,2 - 12,87 12,51
Nombre de mise-bas /truie/an 1,98 2,09 1,7 1,5 1,9 2,24 - 1,6 2,06 -
Taille de la portée 7,94 9,31 9,6 9 8,02 8,39 9,43 8,5 10,22 9,4
Taux de mortalité avant sevrage 12,9 23,4 17,7 15,5 10,2 7,74 21,3 27 16 -
Taille de la portée au sevrage 6,91 7,13 7,9 7,6 7,2 38,59 7,42 6,2 8,58 -
Age sevrage (j) 60 30 56 56 60 - 36 - 40,9 25,3
Intervalle sevrage saillie fécondante - - - 88 - 5,69 12 - - 7,45
(jrs)
Intervalle entre mise-bas (mois) - - - 8,2 8,6 1,55 - - - -
Poids porcelet à la naissance (Kg) 0,97 1,4 1,21 1,5 0,86 5,25 1,38 1,23 - -
Poids au sevrage (Kg) 7,28 9 16,3 12,9 - - 8,03 - - -
Poids à 3mois (Kg) - 20,83 - - 17,33 - - - - -
(1) ILBODOU (1984); (2) LOKOSSOU (1982); (3) SMITH (1982); (4) RAZAFIMANATSOA (1988); (5) ABDALLAH (1997);
(6) MISSOHOU, KAZIA et ALOEYI (1999); (7) CANOPE et RAYNAUD (1980); (9) TEFFENE et VANDERHAEGEN (1975);
18
la race Landrace
Originaire du Danemark, le porc Landrace est lui aussi élevé dans de nombreux pays tropicaux.
C’est une race de grand format à corps fusiforme prolongé par un cou long et fin, fondu avec les
épaules et terminés par des jambons globuleux. C’est un animal à tête légère avec un profil
rectiligne, terminée par un groin fin. Les oreilles sont pendantes pointées vers l’avant. La race est
précoce, à croissance excellente, très prolifique, très régulière dans la qualité des portées et
témoigne d’excellentes aptitudes aux soins maternels. La carcasse est maigre et de très bonne
qualité. Cette race est douée d’une faculté d’adaptation moindre et est plus exigeante que la large
white. Dans les conditions tropicales, elle atteint 100 kg de poids vif en dix mois (SERRES, 1989).
- la race Berkshire, créée à partir des porcs locaux croisés avec des porcs asiatiques et
caractérisée par la présence de six (6) points blancs aux extrémités des pattes ;
- la race Hampshire, bréviligne avec une ceinture blanche dans sa partie antérieure ;
- la race large black, de grande taille et d’une bonne réputation pour la production de viande.
Elles regroupent :
- la race Tamworth créée en Angleterre et caractérisée par un pelage brun sur une peau blanche ;
- la race Duroc Jersey, créée en Amérique par des croisements multiples auxquels ont participé
les porcs rouges de Guinée, d’Espagne et du Portugal. Les soies sont rouge sombres et plus
fines. Les truies sont très prolifiques et sont d’excellentes nourrices d’où l’engouement
important des pays du Sud-Est Asiatique (SERRES, 1989).
Ce sont des produits issus du croisement entre truies et verrats de races exotiques ou entre truies
locales et mâles améliorateurs comme les verrats Large White et Landrace. En général les porcs
métis élevés en Afrique proviennent surtout de l’accouplement entre truies locales et verrats large
White (ABDALLAH, 1997). Les qualités de ces croisés ne sont pas en général égales à la moyenne
de celles des deux races parentales en raison du phénomène d’hétérosis encore appelé vigueur
hybride (différence entre la valeur de l’animal et la valeur moyenne de ses parents pour une
performance donnée). Ils sont plus vigoureux et plus résistants que ceux de la race exotique
parentale et leurs performances sont supérieures à celles des races locales.
4 LOGEMENT PORCIN
Le porc, pour qu’il soit le plus productif possible, a besoin d’un environnement thermique neutre
pouvant lui permettre de maintenir sa production de chaleur métabolique à un niveau minimum. Cet
animal devant vivre en claustration presque permanente, son confort et son bien-être exigent que
l’on prenne en compte outre la température, certaines considérations importantes.
19
La conception et l’implantation de la porcherie doivent être déterminées et tenir compte des réalités
du milieu tropical (HOLNES, 1994). En effet le logement porcin doit :
- assurer la protection des animaux contre les agressions climatiques comme l’ensoleillement, la
chaleur et les pluies diluviennes courantes en zones tropicales ;
- permettre une bonne ventilation et une vie hygiénique dans un espace suffisant qui ne
prédispose pas les porcs aux maladies ;
- être conçu pour nourrir et abreuver les animaux sans gaspillage, moyennant un travail simple ;
- être le plus économique possible, autorisant un entretien convenable et une évacuation efficace
des effluents.
C’est le type décrit par BULDGEN et coll. (1994). Il s’agit souvent d’une porcherie de taille petite
à moyenne, de forme variable (carré, rectangulaire etc.), confectionnée généralement en matériaux
locaux et dans laquelle il n’y a aucune organisation particulière. Les parois latérales de la porcherie
sont soit en banco, soit en planches ou en pieux de bois solidement plantés. Le sol est en terre battue
(non cimentée) et les abreuvoirs et mangeoires sont en bois (tronc d’arbre creusé), en fer (vielles
casseroles) ou en plastiques (vieux bidons). Les poteaux supportant la toiture sont en bois; quelques
branchages, des plaques de métal ou de pailles le plus souvent servent de toiture. C’est une
porcherie rustique rencontrée pour la plupart en milieu paysan. Toutefois des logements
traditionnels plus ou moins améliorés existent avec des mangeoires et abreuvoirs fixes, en béton et
un sol bien cimenté.
Plusieurs cas peuvent être rencontrés selon le type d’activité de l’élevage à savoir: élevage naisseur,
élevage engraisseur et élevage mixte (naisseur-engraisseur). Le logement moderne comporte
plusieurs cases qui peuvent être compartimentées ou non. Chaque case présente deux parties : une
aire de couchage (partie couverte) et une aire d’exercice et de déjection (partie découverte).
Si la plupart des auteurs qui lui ont prêté leurs plumes s’accordent sur l’implantation de porcheries
de type ouvert (bonne surveillance et excellente ventilation) en milieu tropical chaud, ils ne font pas
de même quant aux différents types de cases à construire. BRENT et coll. (1976), HOLNES
(1994), suggèrent les différentes cases suivantes :
- les cases de reproduction (verraterie), abritant les truies vides en attente de saillie, les truies
saillies et les verrats ;
- les cases d’accouchement (maternité) pour les truies nourrices et celles gestantes en attente de
mise-bas ;
- les cases de finition, étables pour porcs ayant atteint leur poids d’abattage et les porcs réformes.
20
Contrairement aux porcheries à quatre types de cases proposées par ces auteurs précités, SERRES
(1989), DICK et GEERT (1995) opposent un schéma plus simple. Ils proposent deux types de
cases : les cases collectives pour les truies et les porcs à l’engrais et les cases individuelles pour les
verrats, les truies nourrices et les truies gestantes.
Les porcheries comportant plus de six (6) cases sont souvent construites en deux rangs séparés ou
non par un couloir central de 1,5 mètre pour permettre le passage du chariot ou de la brouette
(figure 3).
Le sol est en béton (cimenté avec des rayures en zig-zag pour éviter les glissades des animaux), de
même que les mangeoires et abreuvoirs qui sont fixes et bien aménagés avec un trou cylindrique
bouchable à l’extérieur pour permettre le nettoiement.
Les parois latérales hautes de 0,9 à 1,3 mètre et les poteaux supportant la toiture sont également en
ciment. La toiture, pour assurer un ombrage maximal doit être basse, à deux pentes et faite soit de
chaume (pailles peu putrescibles), soit de tôles d’aluminium poli ou de tuiles. Les porcheries à
toiture en tôle galvanisée doivent être plus hautes pour éviter les mortalités par coup de chaleur.
Dans les cases de parturition (maternité), des cages de parturition peuvent être prévues pour éviter
l’écrasement des porcelets par la truie mère.
En raison de la chaleur et de l’étalement au sol des animaux, les normes de surface doivent être
largement respectées. Les cases collectives doivent assurer : 1 m² par porcelet de 20 à 50 kg de
poids vif (PV), 2 m² par porc à l’engrais entre 50 et 100 kg PV; 2,5 m² par truie au repos et 10 m²
par truie nourrice. Ainsi avec des cases de 4 m x 5 m = 20 m² on peut loger soit 20 porcelets de 20 à
50 kg PV, soit 10 porcs à l’engrais, soit 8 truies, soit 2 truies nourrices ou soit un verrat.
21
Vent dominant
Figure 3a: Porcherie de type moderne à deux rangs avec couloir central (SERRES, 1989)
Figure 3b: Porcherie de type moderne à deux rangs sans couloir central
L’aliment est le facteur le plus important du prix de revient de la viande de porc. C’est une
opération qui, faute d’être délicate, doit recevoir une attention soutenue, sans quoi l’élevage
deviendra un échec pour le producteur (SERRES, 1989).
Le problème en alimentation porcine est la disponibilité des ressources alimentaires locales tant en
quantité qu’en qualité. Le porc étant omnivore, il possède une bonne efficacité alimentaire et est
capable de valoriser divers produits et sous-produits agro-industriels.
22
Normalement le porc doit trouver dans sa ration tous les constituants pouvant lui permettre le
renouvellement de ses cellules et d’assurer sa pérennité éventuelle à savoir, la croissance et la
reproduction (INRA, 1989).
Les quantités d’éléments nutritifs assimilables nécessaires à toutes ces fonctions déterminent chez
l’animal des besoins à savoir : besoins énergétiques, besoins en protéines et acides aminés
indispensables, besoin en eau, en minéraux et en vitamines.
Ces besoins varient en fonction non seulement de l’état physiologique mais aussi de l’état sanitaire
des animaux. Le tableau VIII rapporte les besoins alimentaires des porcins en fonction de leur stade
physiologique.
D’après DICK et GEERT (1995), trois critères déterminent des besoins alimentaires des animaux :
la matière sèche, l’énergie et les protéines.
La matière sèche est la partie d’aliment ne contenant pas d’eau. Elle est nécessaire pour évaluer le
poids de l’aliment ou de la matière dans la ration à formuler.
5.2 ENERGIE
Le premier besoin de l’animal concerne ses dépenses énergétiques (INRA, 1989). L'énergie peut se
définir comme la capacité de produire un travail. Elle prend des formes variées et réciproquement
convertibles (énergie chimique, énergie thermique, énergie alimentaire) selon la matière qui la
produit.
Selon HOLNES (1994), exception faite de l’eau, les sources d’énergie constituent la part la plus
importante des besoins alimentaires du porc et leur insuffisance a sur la survie de l’animal l’impact
le plus rapide. L’importance de l’énergie n’est plus à démontrer puisque le porc en a besoin non
seulement pour son entretien mais également pour sa croissance et sa production (gestation,
lactation).
La valeur énergétique d’un aliment étant égale à son énergie brute (EB), son énergie digestible (ED)
est égale à ED = EB - EF (énergie perdue par les fèces). Si l’on prend en compte les pertes
d’énergie dans l’urine et les gaz, on parle d’énergie métabolisable (EM), EM = 0,96 ED.
Un autre système de mesure de la valeur énergétique de l’alimentation porcine est le TDN (Total
Digestible Nutrient) TDN = MAD (Matières Azotées Digestibles) + CBD (Cellulose Brute
Digestible) + ENA (Eléments Non Azotés) + 2,25 x MGD (Matières Grasses Digestibles), avec 1
kg TDN =18,49 MJ.
L’unité de l’énergie est la calorie ou le joule, mais en général pour l’alimentation on l’exprime en
Kcal ED ou UF (unité fourragère).
L'énergie est apportée au porc par les matières glucidiques ou amylacées, les matières grasses
(lipides) et même les protéines. Les besoins en énergie sont de 0,5 à 1 UF chez les porcelets; 2 à 3
UF/j chez la truie en début de gestation et peuvent même atteindre 7 UF/j chez la truie en lactation.
23
Tableau VIII: Besoins alimentaires des porcins
WHITTEMORE et ELSEY (1976) cités par LOKOSSOU (1982) dans leur étude menée sur
l’utilisation des protéines par le porc, ont affirmé que le porc doit être nourri à base de matières
protéiques azotées. En effet, comme dans le cas de l’énergie, les protéines disponibles en quantité et
en qualité dans l’organisme servent avant tout aux besoins d’entretien (réparation et remplacement
de tissus, production d’enzymes et d’hormones), à la croissance et la production des tissus maigres
ou la synthèse du lait.
Une truie en début de gestation a besoin de 300 à 400 g de protéines par jour, celle en lactation :
945 à 1 050 g et un verrat de 409 à 445 g.
Quant aux acides aminés dont le porc a besoin, il y en a neuf (9) qu’il est incapable de synthétiser
appelés acides aminés essentiels. Parmi ces acides aminés indispensables, seule la lysine est l’acide
aminé le plus limitant des aliments pour porcs et les limitants secondaires sont la méthionine, la
thréonine et le tryptophane (HENRI, 1988). Il est alors souvent recommandé l’apport de la lysine et
24
de la méthionine dans les proportions de 4,5 à 5,6 g / UF en fonction du poids et du stade
physiologique. Toujours dans le souci d’optimiser les performances de production de viande maigre
mais pour un coût alimentaire amoindri par réduction de la teneur en protéines du régime, ARC
(1981) propose l’apport d’une protéine dite idéale dans laquelle la teneur de chacun des 9 acides
aminés qui la composent est voisine de la dose idéale (tableau IX). Outre l’énergie et les protéines,
les autres besoins du porc sont représentés par les minéraux, les vitamines et l’eau.
Très souvent reléguée au second plan, l’eau est sans contestation l’élément le plus important pour la
vie. Le corps du porc contient quelque 65% d’eau, laquelle participe aux diverses réactions
chimiques qui se produisent dans l’organisme. Dans nos régions chaudes et sèches des tropiques, le
porc produit plus de chaleur qu’il ne lui en faut pour stabiliser sa température corporelle. Etant
donné qu’il ne possède pas de glandes sudoripares, il ne peut qu’haleter en période de chaleur, sa
température corporelle s’élève si l’eau vient à manquer et la mort survient rapidement. De même un
approvisionnement insuffisant affecte profondément la ration alimentaire du porc et partant ses
performances de production (HOLNES, 1994).
En ambiance chaude, il a besoin d’une bassine d’eau pour se rafraîchir. A cela il faut ajouter l’eau
d’abreuvement qui est de 10 litres chez la truie gestante et peut atteindre 20 litres par jour chez la
truie en lactation (LOKOSSOU et coll., 2003). En milieu tropical, différentes sources de ces
besoins alimentaires existent.
Les céréales sont des aliments essentiellement énergétiques car elles sont riches en matières sèches
composées avant tout d’amidon qui est d’une digestibilité très élevée. Par contre elles sont
relativement pauvres en matières azotées (10%) et déficientes en certains acides aminés essentiels
comme la lysine et le tryptophane. Elles sont caractérisées par un déséquilibre phospho-calcique
très important au détriment de ce dernier élément raison pour laquelle l’utilisation d’une ration riche
en céréales nécessite une complémentation en calcium et en protéines riches en lysine et en
tryptophane.
Ces céréales sont : le maïs (1,5 UF/kg), le sorgho (1,05 UF/kg), le blé. Le riz Cargo donne des
résultats comparables au maïs et s’oppose au riz paddy impropre à l'alimentation du porc du fait de
sa forte teneur en cellulose.
25
Les sous-produits de ces céréales sont les sons issus de leur transformation artisanale ou agro-
industrielle. Les sons pour la plupart riches en cellulose jouent plus le rôle de lest que d’apport
d’énergie. Il convient donc d'en limiter le taux dans la ration.
Ce sont : les sons de maïs, les sons de blé et les remoulages, les sons de riz (15% cellulose) et les
sons de sorgho. Mais lorsqu’il s’agit du sorgho rouge, leurs sons peuvent contenir jusqu’à 0,17% de
tanin qui affecte le goût et la digestibilité des protéines ce qui limite leur utilisation.
Les racines et les tubercules sont des aliments amylacés très faiblement pourvus en protéines, en
minéraux et en vitamines. Contrairement aux céréales, leur conservation est très délicate, voire
impossible car à l’état frais, ils contiennent une forte proportion d’eau d’environ 60 à 80% ce qui
fait que leur stockage demande souvent soit la dessiccation ou l’ensilage. Ils sont très digestibles et
sont cultivés dans la plupart des régions tropicales et constituent de ce fait la base de l’alimentation
des porcs en élevage paysan. Il s’agit de :
Très utilisé en alimentation des porcs, l’obstacle biologique majeur à son utilisation exclusive est la
polycarence à cause de son déficit en protéines, minéraux et vitamines. Le manioc devient un
inégalable pourvoyeur d’énergie dès qu’on fait une complémentation protéique et minéralo-
vitaminée. A travers différents essais, MANER et coll. (1970) ont montré que le manioc peut
remplacer entièrement les céréales en alimentation porcine sans aucun risque lorsque le régime est
convenablement équilibré. DOVI AYI (1997) en substituant le maïs par des cossettes de manioc
dans l’alimentation des porcs métissés (Large White x Landrace) a obtenu des performances
zootechniques comparables à celles obtenues dans le cas du maïs et une réduction du coût
d’alimentation par kg de viande de porc produite de 30% ce qui est économiquement rentable.
Toutefois, le manioc contient un hétéroside cyanogénétique, facteur antinutritif plus abondant dans
les zones corticales de la racine, la manihotoxine qui peut être éliminée en majeur partie par
épluchage ou dessiccation de la racine. Selon la teneur de la manihotoxine, on distingue du manioc
amer (riche en manihotoxine) et du manioc doux (pauvre en manihotoxine).
Il n’y a de facteur limitant à son emploi que sa faible teneur en protéine et son coût élevé
(PRESTON, 1996). Cependant, elle est peu digeste; les porcs qui en consomment ne tardent pas à
présenter des troubles digestifs (ballonnements et diarrhées) avec une augmentation de l’indice de
consommation (5,6) bien que la ration fut équilibrée (SERRES, 1989).
Destinée surtout à la consommation humaine, elle contient à l’état cru à la fois un alcaloïde toxique,
la discorine et des tanins qui lui donnent un goût amer et nuisent à sa digestibilité. Pour cela, elle
doit être cuite avant d’être consommée.
La pomme de terre, le taro, le topinambour etc. sont également des tubercules mais prioritairement
utilisés en alimentation humaine.
26
[Link] Autres produits et sous-produits
La canne à sucre et ses dérivés comme le comfith, la mélasse et le jus de canne peuvent être
des sources énergétiques de très faible coût.
Le comfith, canne à sucre décortiquée et moulue, a une teneur de 68% en éléments énergétiques
assimilables. Utilisé en alimentation porcine en période d’engraissement, il peut remplacer jusqu’à
50% les concentrés pour la finition tout en assurant un taux de croissance de 150 g/j (JAMES, 1973
cité par PIGDEN, 1978).
La mélasse, sous produit de l’industrie sucrière est très appétante et contient des glucides à forte
digestibilité. Elle sert à rehausser la saveur de l’alimentation et constitue une très bonne source de
minéraux et de vitamines. Son incorporation dans le régime ne doit pas dépasser 10% en raison de
ses effets laxatifs. LEOD et coll. (1968) cités par PRESTON (1996), l’accusent d’être à l’origine de
la diarrhée physiologique observée chez le porc soumis à une alimentation très riche en mélasse.
Le jus de canne, utilisé comme source de glucides chez le porc a été très efficace en terme
biologique et a assuré une productivité supérieure ou égale à celle des rations à base de céréales
(MENA, 1983 cité par PRESTON, 1996).
Les bananes mûres ou pourries et celles ne répondant pas aux normes d’exportation sont très
agréablement utilisées en alimentation porcine. Avec leur faible teneur en protéine (1%) et leur
richesse relative en sucre, elles constituent un complément énergétique appréciable.
La drèche de brasserie sèche ou humide peut être utilisée à la fois comme source de protéines
(26%) et d’énergie (0,8 UF/ kg). Bien que sa teneur en fibre soit élevée, elle est largement
utilisée dans les systèmes intensifs de production à petite échelle surtout en Afrique.
Les pulpes d’ananas ou de café à l’état humide, déshydraté ou ensilé peuvent être incorporées
dans les aliments composés du porc. C’est ainsi que la pulpe de café substituée au maïs jusqu’à
16% dans la ration donne des résultats satisfaisants avec un GMQ égal à 480 g/j et un indice de
consommation égal à 3,3 (OKAI et coll., 1985 cités par BALI, 1991).
Les eaux grasses et les déchets de cuisine de certains établissements, hôtels ou restaurants,
même si leur valeur nutritive est faible, sont pour les porcs une source importante de nourriture.
Mais leur risque majeur est la transmission de maladies infectieuses (peste porcine, fièvre
aphteuse) lorsqu’elles ne sont pas bouillies, et la présence de divers objets susceptibles de
blesser les animaux.
Elles sont nombreuses et peuvent être d’origine végétale ou animale. Les protéines d’origine
végétale se rencontrent dans les graines oléagineuses et leurs sous-produits, les graines
protéagineuses et les feuilles de certaines plantes légumineuses, et celles d’origine animale dans les
farines de poisson, de sang ou de viande.
27
[Link] Graines oléagineuses et leurs sous-produits
la graine de soja (38% de protéines, 18% de matières grasses et 1,3 UF/kg). Elle n’est pas
utilisable à l’état cru, car elle est non seulement peu digeste mais contient une globuline
inhibitrice de la trypsine de l’animal consommateur. Ce facteur anti-trypsique du soja peut être
éliminé par la chaleur au cours du processus d’extraction de l’huile ;
la graine de coton (20% de protéines, 20% de matières grasses et 20% de cellulose). Si elle
peut être distribuée aux ruminants, il convient d’adopter la plus grande prudence pour la
nourriture des porcs, car la graine non traitée contient du gossypol, un pigment poly-phénolique
qui diminue l’utilisation des protéines et possède un réel pouvoir toxique.
En clair, ce sont leurs sous-produits qui sont les plus utilisés en alimentation porcine à savoir :
le tourteau de soja
Il est l’une des sources protéiques les plus répandues en régions tropicales pour l’alimentation des
porcs. C’est le prince des tourteaux par sa richesse en protéines et l’équilibre de ses acides aminés
(SERRES, 1989). La méthionine est le premier acide aminé limitant, ce qui fait du tourteau de soja
le complément idéal du maïs dans la composition des rations ;
le tourteau d’arachide
Il compte lui aussi parmi les principales sources protéiques (45% de matières azotées). Il est peu
cellulosique et très apprécié des animaux mais particulièrement pauvre en lysine, tryptophane et
méthionine. Les arachides étant très vulnérables aux champignons (Aspergillus flavus), les
tourteaux d’arachide sont souvent responsables d’intoxications mortelles chez les porcs car
contiennent des substances toxiques, aflatoxines secrétées par les champignons. Ainsi le tourteau
d’arachide est proscrit d’utilisation lorsqu’il contient plus d’un milligramme (1 mg) d’aflatoxines
par kilogramme ;
le tourteau de coton
De composition à peu près identique à celle du tourteau d’arachide (45% de matières azotées), il est
un peu moins déficient en méthionine et en lysine. L’association tourteaux d'arachide-tourteaux de
coton amène donc une correction mutuelle très partielle. MISSOHOU et AGBOHON (1995), ont
montré que la substitution partielle du tourteau d’arachide (50%) par du tourteau de coton entraîne
une baisse de l’indice de consommation, une augmentation du poids de la carcasse de 10% et de
celui du foie de 21%, et en ont conclu que jusqu’à 50%, le tourteau de coton peut se substituer au
tourteau d’arachide dans la ration des porcs lorsque celle-ci est utilisée sur une courte période. Du
fait de la toxicité du tourteau de coton liée à la présence du gossypol, il est souvent recommandé de
ne pas dépasser un taux d’incorporation de 10% dans la ration. Des intoxications aiguës se
traduisant par des mortalités brutales avec une hypertrophie du foie à l’autopsie ont été observées
lorsque des jeunes porcs ont été soumis à une ration contenant des graines de coton supposées
riches en gossypol (NESSER et coll., 1988) ou du tourteau de coton titrant 224 mg à 400mg de
gossypol par kg de ration (TCHOUMBOUE, 1982; CLAWSON et SMITH, 1966 cités par
ALOEYI, 1997).
28
Des cas d’intoxications chroniques ont été rapportés par ces mêmes auteurs avec une teneur
supérieure à 15 mg de gossypol libre par kg d’aliment, alors que IKURIOR et FETUGA (1988),
ont donné jusqu’à 100 mg / kg sans que l’effet toxique du pigment ne soit observé ;
Elles représentent un excellent complément aux régimes à base de céréales et sont le plus souvent
ajoutées aux rations de porcs à raison de 5 à 10% lorsqu’elles sont convenablement préparées et
stabilisées par un antioxydant. Elles contiennent 40 à 50% de matières azotées et peuvent contenir
près de 45% de matières minérales, mais elles sont très peu utilisées en Afrique.
Selon les chercheurs de l’INRA (1989), le phosphore et le calcium sont des éléments qui manquent
le plus souvent dans les rations. Par contre le magnésium et le souffre sont en général suffisants, le
chlore et le potassium ne manquent jamais.
Les sources de calcium et de phosphore les plus facilement disponibles sont les farines d’os vert, les
poudres d’os calcinés et les coquillages broyés. Les farines d’os vert contiennent 30% de matières
azotées, essentiellement de la gélatine. Selon SERRES (1989), elles constituent un bon apport de
calcium (18%) et de phosphore (9%). Les poudres d’os calcinés sont essentiellement constituées de
phosphore tricalcique (35% de calcium et 16% de phosphore).
Les sources de vitamines sont représentées par certains aliments (carotènes pour la vitamine A) et
certaines plantes légumineuses. Les vitamines peuvent être aussi apportées sous forme de
complément minéralo-vitaminé (CMV) dans la ration.
29
La gamme d’intrants pouvant entrer dans l’alimentation du porc est très large du fait de la nature
omnivore de ce dernier. Une association judicieuse de ces intrants devrait aboutir à une ration
équilibrée capable de couvrir à la fois les besoins d’entretien et de production de l’animal et de le
préparer à bien résister aux diverses agressions notamment celles pathologiques.
C’est une maladie infectieuse bénigne rencontrée chez les jeunes porcs, provoquée par un poxvirus,
transmise soit par contact direct, soit par des ectoparasites (poux), caractérisée cliniquement par une
fièvre légère accompagnée de lésions papulo-vésiculeuses arrondies sur la peau du ventre, des
oreilles, des aisselles, de la face et de la tête qui finissent par former des croûtes. Le traitement est à
base de soins locaux, mais il faut aussi détruire les poux (Hematopinus suis) et appliquer les
mesures d’hygiène.
C’est une maladie très contagieuse, virulente et inoculable, due à un gros virus à ADN
anciennement classé dans la famille des Iridoviridae, qui affecte les suidés domestiques et sauvages
(porc, sanglier). C’est l’une des plus grandes épizooties des porcs après la peste porcine classique.
Elle est caractérisée par un polymorphisme clinique où prédominent : fièvre, abattement, anorexie,
entassement des animaux les uns contre les autres, dyspnée et toux accompagnées d’une cyanose
de la peau sous forme de plaques hémorragiques au niveau du ventre, des oreilles, de la région anale
et du groin, vomissements ou diarrhées occasionnels, une atteinte occulo-nasale et des lésions de
septicémie hémorragique étendues à tous les organes (rate, rein et vessie, foie, ganglions, cœur et
30
poumons) parfois compliquées de lésions suppurées et nécrotiques du tractus digestif ou
respiratoire.
La mort survient en 1 à 4 jours et dans les formes aiguës, la mortalité atteint 95 à 100% y compris
les animaux de tout âge. La transmission peut être directe ou indirecte (par l’intermédiaire des eaux
grasses, objets souillés et par les vecteurs dont les tiques : Ornithodoros moubata). Les suidés
africains (phacochères ou potamochères) qui en font une infection inapparente et les vecteurs,
Ornithodoros moubata, constituent de véritables réservoirs du virus de la PPA et représente une
menace pour les porcs domestiques en Afrique. Les mortalités qu’elle provoque, associées aux
mesures d’abattage des animaux, peuvent entraîner la suppression de l’élevage porcin d’une région
entière.
Au Cameroun, la maladie apparue en avril 1982 a engendré des pertes allant jusqu’à près de 70%
du cheptel porcin soit en valeur 2,5 milliards de francs CFA (ADDA, 1986).
Selon NSHIMIYMANA (1986), la PPA a entraîné une réduction de plus de 41% du cheptel porcin
national du Rwanda lors de son apparition en 1984 dans le pays.
En 1997, presque toute l’Afrique de l’Ouest a été touchée par la maladie où elle a engendré des
pertes importantes. C’est le cas de la Côte d’Ivoire (GRAGNON, 1998), du Nigeria, du Togo, du
Ghana et du Bénin (FAO, 2002). Au Bénin elle a entraîné une baisse du cheptel porcin de plus de
70% avec des pertes estimées à près de 5 milliards de francs CFA (MDR/DE Bénin, 1999).
Malheureusement, il n’existe pas de traitement, ni vaccin efficace contre cette redoutable maladie.
Le seul moyen de lutte contre la maladie en cas d’apparition se résume au «stamping out », c’est à
dire l’abattage systématique (FAO, 2001).
La défense contre la maladie consiste à interdire toute importation de porcs, de viandes porcines et
produits de charcuteries en provenance des pays infectés par des mesures sanitaires rigoureuses.
C’est une maladie infectieuse, contagieuse des suidés domestiques et sauvages (porc et sanglier)
due à un pestivirus de la famille des Flaviviridae. Elle est caractérisée comme la PPA par une
grande diversité de formes et évolue particulièrement sous forme aiguë, associant une atteinte
générale fébrile à des symptômes oculaires, cutanés, digestifs, respiratoires et nerveux, une
mortalité élevée avec des lésions hémorragiques au niveau des ganglions, des reins et vessie, de la
rate et des amygdales, ce qui rend son diagnostic différentiel impossible avec la PPA. Si cette
maladie se rencontre en Europe, en Asie, en Amérique et à Madagascar, elle n’a pas été
actuellement signalée en Afrique subsaharienne. Contrairement à la PPA, il existe un vaccin
efficace contre cette maladie.
C’est une maladie infectieuse due à un virus à ADN (parvovirus porcin), caractérisée par de
l’infécondité, des avortements et des réductions de portées avec une momification et une
mortinatalité chez les truies atteintes.
31
6.1.2 Maladies infectieuses bactériennes
C’est une affection respiratoire contagieuse du porc provoquée par Mycoplasma hyopneumoniae et
caractérisée cliniquement dans sa forme aiguë par de la fièvre, de la dyspnée, de la toux, un mauvais
état et une très faible mortalité. Elle est assez répandue dans certaines régions tropicales. La
pneumonie enzootique est une maladie complexe qui fait intervenir le stress et divers facteurs
environnementaux. La meilleure stratégie d’éviter la maladie consiste à préserver les troupeaux de
tout contact avec les malades. Toutefois une antibiothérapie peut se révéler utile pour traiter la
maladie et prévenir les infections secondaires qui risquent souvent de se déclarer.
Affection respiratoire due à Pasteurella multocida, elle évolue de façon silencieuse, accompagnée
de rhinite atrophique ou de pneumonie de gravité variable entraînant une perte d’appétit, un
ralentissement de la croissance et de la mortalité. Dans sa forme aiguë, elle se caractérise par la
fièvre, la toux, une respiration abdominale et une cyanose des extrémités.
C’est un syndrome se traduisant par des éternuements chez les porcs, plus tard par une atrophie des
cornets et une déformation de la cloison nasale parfois accompagnées par un raccourcissement, une
torsion de la mâchoire supérieure (déviation du groin) avec un ralentissement de la croissance. Elle
est souvent due à un ensemble de germes dont le virus de Done (responsable de la rhinite à
inclusions), Bordetella bronchiseptica (agent déterminant de la maladie) et Pasteurella multocida.
Dans les formes plus graves, on assiste soit à la disparition d’un ou de tous les cornets selon les cas.
Les tétracyclines ou les sulfamides dans l’eau de boisson sont efficaces et constituent le traitement
de choix de cette maladie.
Elles englobent les affections dues à des infections par les souches pathogènes d’Escherichia coli. Il
s’agit de :
- la septicémie colibacillaire qui est plus fréquente chez les porcelets nouveaux nés entre 1 et 4
jours et peut s’accompagner de diarrhée avec une perte de conscience et des mouvements de
convulsion entraînant la mort dans les 48 heures ;
- la diarrhée colibacillaire qui peut prendre trois dénominations suivant les périodes de vie du
porc à savoir : diarrhée néonatale du porcelet (1 à 4 jours), diarrhée d’allaitement (3 semaines
d’age) et diarrhée du sevrage ou du post-sevrage (au sevrage).
- la maladie de l’œdème qui est caractérisée par l’apparition d’œdèmes et des mortalités brutales
des porcs après le sevrage.
[Link] La salmonellose
C’est une maladie infectieuse due à Salmonella cholerae-suis. Elle apparaît généralement sous
forme d’épizooties de septicémie, d’entérite aiguë ou d’entérite chronique avec un dépérissement
chez les porcs sevrés âgés de 10 à 16 semaines. La morbidité et la mortalité sont souvent assez
32
élevées (50 à 80%) dans les effectifs atteints. La forme septicémique sévit surtout chez les jeunes
porcs.
[Link] L’entérite hémorragique
Encore appelée dysenterie des grandes porcheries, elle est due à un grand spirochète anaérobie,
Treponema hyodysenteriae. C’est une colite muco-hémorragique infectieuse du porc âgé de 6 à 12
semaines, caractérisée cliniquement par de l’amaigrissement et l’élimination d’excréments
diarrhéiques contenant des quantités variables de mucus, de sang et de matières nécrotiques.
[Link] Le rouget
C’est une maladie infectieuse, virulente, inoculable, due à un bacille gram (+), Erysipelothrix
rhusiopathiae, affectant surtout les porcs de trois mois à deux ans d’âge, caractérisée cliniquement
par des morts brutales, de la fièvre avec des lésions cutanées douloureuses sous forme d’éruptions
ou de plaques rouge violacées ou pourpres (cyanose) en forme de losange ou de rectangle bien
délimitées très caractéristiques et surélevées par rapport à la surface de la peau. Elles peuvent
s'accompagner de lésions d’arthrite ou d’endocardite végétante. Le rouget est une zoonose car
transmissible à l’homme : Erysipeloïde de BAKER et ROSEMBACH.
[Link] L’Actinobacillose
C’est une affection due à Actinobacillus sp. qui peut provoquer une septicémie mortelle, de
l’endocardite et des arthrites chez les porcelets âgés de 1 à 6 semaines, et des lésions hémorragiques
cutanées ou des abcès sous-cutanés en particulier sur l’encolure, le garrot et les flancs chez les porcs
plus âgés (1 à 3 mois)
Ils sont le résultat d’une irritation, d’une inflammation ou d’une plaie infectée par une bactérie,
d’ordinaire des souches de Staphylocoques ou de Streptocoques entraînant une réaction de
l’organisme de l’animal par la production d’une poche de pus. Les abcès sont très douloureux et
risquent parfois de réduire fortement les performances des porcs ou la valeur de la carcasse selon sa
localisation. Il importe donc d’en limiter au maximum les causes éventuelles des abcès dans une
porcherie. Les abcès mûrs peuvent être ponctionnés et traités par des antiseptiques et antibiotiques.
C’est un problème très courant qui dérive souvent d’une infection bactérienne chez les truies
primipares. Il peut se manifester comme une entité ou comme une combinaison des affections
concernées. On observe un gonflement et une inflammation des glandes mammaires, une absence
de sécrétion lactée entraînant l’affaiblissement et la mort des porcelets par inanition dès le 2ème ou le
3ème jour. Le plus important pour les truies en proie de syndrome MMA est de relancer la lactation
par injection de l’ocytocine et d’éviter les stress dans la maternité.
Elles sont provoquées essentiellement par des vers dont la plupart siègent dans l’intestin. Ils ne
provoquent pas de maladies spectaculaires, mais le détournement des aliments par irritation
33
permanente de la muqueuse intestinale entraînant une gêne de l’absorption, une sécrétion de
produits toxiques qui perturbent la nutrition et la croissance de l’animal, donc de pertes énormes.
[Link] L’Ascaridiose
La principale importance de l’ascaridiose est économique car les lésions provoquées par les formes
larvaires en migration entraînent la saisie des foies et des fraisures (DAVID, 1981). L’ascaridiose
est fréquente et peut être d’une intensité extraordinaire surtout dans les élevages où les animaux
sont gardés sur des sols non bétonnés (SERRES, 1989).
C’est une maladie due à un nématode de 15 à 40 cm de long, aux extrémités effilées, blanchâtre et
peu mobile appelé Ascaris suum. Il infeste surtout les porcelets et les porcs jeunes (3 à 5 mois).
L’infestation des porcs a lieu par ingestion d’œufs contenant des larves L2 et le développement
jusqu’à la forme adulte se produit après les migrations de la larve à travers le foie et les poumons où
elle entraîne une irritation qui provoque de la toux et affecte les performances de l’animal. Le foie
atteint présente des lésions caractéristiques appelées «milk spot » ou « foie avec taches de lait » qui
peuvent rendre parfois l’animal entier impropre à la consommation.
Qui plus est, les vers adultes provoquent des troubles intestinaux sévères caractérisés par une
obstruction intestinale ou des canaux biliaires (avec installation rapide d’un ictère) et même une
perforation intestinale avec pour conséquence l’affaiblissement des porcs et une perte de poids.
Pour lutter efficacement contre l’ascaridiose, il faut : cimenter le sol des porcheries, le nettoyer
régulièrement, vermifuger les truies et les porcelets suivant un programme bien établi.
[Link] L’hyostrongylose
Elle est due à un nématode appelé Hyostrongylus rubidus. Ce sont de petits vers courts, de couleur
rouge qui se logent dans la zone du fundus de l’estomac où ils provoquent des lésions sous forme de
nodules dans la paroi stomacale. L’hyostrongylose est surtout une affection des truies et n’atteint
pratiquement jamais les porcs en croissance.
Les symptômes chez les truies en lactation se traduisent par une anémie, une perte importante de
poids malgré une alimentation correcte, perte qui se poursuit même après le sevrage contribuant
ainsi à l’apparition du « syndrome de truie maigre ». Elle entraîne parfois une réduction de la taille
des portées, un retard des retours en chaleurs et de l’infécondité.
Les autres helminthoses telles que la trichurose (due à Trichurus suis), la strongyloïdose (due
Strongyloïdes ransomi) et l’oesophagostomose (due à Oesophagostomum sp.), déterminent le plus
souvent une diarrhée, une anémie, des troubles de croissance avec toujours une perte de poids.
Quant à la stéphanurose (due à Stephanurus dentatus), après ingestion, les larves siègent le plus
souvent dans les reins où elles occasionnent une néphrite chronique voire une hydronéphrose. Les
œufs étant évacués par les urines, cette maladie pose des problèmes de diagnostic et il n’existe
aucun traitement vraiment efficace.
La cysticercose porcine est une cestodose larvaire très répandue dans les pays tropicaux avec une
prévalence qui oscille entre 10 et 30% selon les abattoirs. Elle est due à la présence et au
développement dans les muscles striés du porc, de larves vésiculaires blanchâtres de type
cysticerque. L’espèce en cause est Cysticercus cellulosae, larve de Taenia solium, ver solitaire de
34
l’homme. C’est un parasite à cycle dixène. Le porc, hôte intermédiaire coprophage, se contamine en
ingérant des œufs de Taenia rejetés par l’homme (hôte définitif) avec ses excréments. L’homme se
contamine à son tour en mangeant la viande de porc contenant de cysticerques. Les cysticerques se
logent dans les muscles de la langue, du diaphragme, du masséter et sont plus faciles à détecter
lorsque l’infestation est massive.
Des signes encéphaliques peuvent s’observer lorsque les cysticerques s’égarent dans le cerveau. Il
peut y avoir une mort brutale par défaillance cardiaque en cas d’infestation importante du
myocarde. Le porc ainsi parasité est dit « ladre » et est saisi à l’abattoir.
La plus grande gravité de la ladrerie réside dans le danger qu’elle fait courir à la santé de l’homme
(zoonose), raison pour laquelle il faut activement lutter contre sa dissémination.
La seule parasitose externe la plus importante est la gale sarcoptique provoquée par un acarien
(Sarcoptes scabei var. suis) vivant à la surface ou dans l’épaisseur de l’épiderme des animaux. Elle
entraîne chez le porc galeux un prurit vif et intense. Il se gratte contre les murs jusqu’à se faire
saigner, s’agite sans trêve et prend des habitudes vicieuses telles mordiller la queue ou les oreilles
de ses congénères.
La gale est très contagieuse. Une éradication est possible mais seulement si l’on traite tous les porcs
de l’élevage avec des antiparasitaires externes ou non à intervalle convenable (deux semaines après)
et qu’on les loge dans des locaux non contaminés.
6.2.3 Protozooses
C’est une maladie qui est principalement circonscrite aux régions africaines où l’on rencontre la
mouche tsé-tsé, vecteur du parasite. Elle est provoquée par des protozoaires du genre Trypanosoma
([Link], T. congolensis, T. brucei ou T. simiae).
Selon OMEKE (1994) cité par ITARD (2000), des enquêtes effectuées au Sud du Nigeria ont
révélé chez les porcs élevés dans la zone du Midle Belt, un taux global d’infection trypanosomienne
de 26,8% dont 65% d’infections mixtes ([Link] et [Link]), 23,9% par T. brucei seul et
8,2% par T. congolensis seul. Des cas de trypanosomose ont été signalés par cet auteur dans
d’autres pays africains comme la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda et le Kenya.
La trypanosomose se traduit par une hyperthermie, de l’anorexie, une débilitation, une anémie et
finalement la mort de l’animal. Sous sa forme aiguë, elle induit parfois de façon sporadique une
mort brutale sans symptômes préalables. Il existe de médicaments efficaces pour le traitement de la
maladie mais onéreux.
35
[Link] La Babésiose porcine
D’après FINELLE et MARTIN (1964) cités par VERCRYSSE et PARENT (1981), cette maladie
est transmise aux porcs par une variété de tiques, Rhipicephalus appendiculatus et touche
principalement les porcs adultes. Ces mêmes auteurs cités par ILBODOU (1984), ont décrit la
maladie en Centrafrique, VERCRYSSE et PARENT (1981) l’ont décrite au Sénégal.
Le tableau clinique est caractérisé par une fièvre (41- 43°C), une perte d’appétit, une anémie, un
ictère, le tout aboutissant à un amaigrissement de l’animal, un affaiblissement et la mort dans les 24
à 30 heures. Parfois on observe une diarrhée hémorragique, un ténesme et une hémoglobinurie.
Il est surtout lié à l’insuffisance en calcium et se traduit par des troubles de croissance chez les
jeunes (rachitisme), des troubles osseux (ostéoporose, ostéomalacie) et de reproduction chez les
adultes notamment les truies allaitantes.
6.3.3 Parakératose
C’est une carence alimentaire primaire ou conditionnée en zinc qui provoque surtout chez les jeunes
porcs (2 à 4 mois), un retard de croissance et l’apparition de lésions prolifératives non
inflammatoires de l’épiderme aboutissant à une hyperkératose.
36
qui entraîne des convulsions et la mort des animaux. Le porcelet présente une peau froide et
jaunâtre, manque de vigueur et fait parfois de la diarrhée.
L’avitaminose A se traduit par une série d’avortements, en général peu avant le terme. Un signe
pathognomonique est l’absence de développement des yeux chez les avortons.
L’avitaminose D qui se traduit souvent par le rachitisme s’observe chez les porcs maintenus dans un
local obscur.
l’aflatoxicose, due à l’aflatoxine secrétée dans les aliments (tourteau d’arachide) par
Aspergillus flavus et qui se traduit cliniquement par des troubles digestifs dominés par une
gastro-entérite associée à des troubles hépatiques ;
l’intoxication par le sel, due à un excès de sel de cuisine dans l’alimentation ou à une
privation soudaine d’eau et qui se traduit par des convulsions, des anomalies de démarche et
la mort des porcs dans les 24 à 48 heures ;
les intoxications accidentelles avec des produits chimiques d’origine diverse (pesticides,
raticides, arsenicaux etc.).
37
CHAPITRE 3 : SITUATION DE L’ELEVAGE PORCIN AU BENIN
D’introduction très ancienne (XVIe et XVIIe siècle pour les porcs indigènes et XIXe siècle pour les
porcs exotiques) par les trafiquants portugais et Espagnols, l’élevage du porc au Bénin est surtout
concentré dans les départements du Sud et du Centre où il constitue la principale activité de ce sous-
secteur. Il s’est ainsi développé au cours des années au Bénin, une tradition d’élevage de porc mais
qui est demeurée presque traditionnelle jusqu’en 1960 (MDR/DE Bénin, 1999).
La création en 1956 de la ferme d’élevage de Kpinnou devenue opérationnelle en 1959, dont l’un
des objectifs principaux était l’amélioration de la race porcine locale et l’élevage de races
améliorées, large White et landrace avec un accent particulier sur leur croisement, va donner un
nouvel essor à l’élevage porcin traditionnel et moderne au Bénin. Cette ferme depuis sa création, est
restée pourvoyeuse des élevages paysans et modernes de géniteurs mâles et femelles (DE/PDE-III,
2003).
Le cheptel national porcin a connu un développement rapide pour atteindre 420 000 têtes en 1987
puis passer à plus de 600 000 têtes en 1997 avant d’être victime d’une épizootie de peste porcine
africaine (PPA) la même année avec des pertes estimées à près de 5 milliards de francs CFA.
L’élevage du porc apporte donc une part non négligeable à la contribution du sous-secteur élevage
dans la formation du PIB.
- l’auto-emploi, des milliers de familles vivent entièrement grâce aux revenus tirés des activités
liées directement ou indirectement à l’élevage de porc ;
- la constitution des ressources épargnées pour faire face aux soins médicaux, à l’écolage des
enfants, à la sécurité alimentaire et aux diverses dépenses imprévues.
Sur le plan socioculturel, le porc est présent dans toutes les cérémonies traditionnelles (mariage,
naissance, funérailles etc.) et les loisirs entre parents et amis lors de diverses occasions de rencontre
(fête, voyages d’agrément, pick-nick, etc.).
Du point de vue nutritionnel, la viande de porc est un intrant essentiel de la plupart des plats
béninois et est très appréciée par la majorité de la population dont elle satisfait la demande. Dans la
région méridionale du pays, la consommation de la viande porcine occupe la deuxième place après
les ruminants et la troisième place sur le plan national après les bovins et les volailles (MDR/DE
Bénin, 1994a). La production de viande du cheptel porcin estimée à 5 460 tonnes en 1992
représente environ 15% de la production totale de viande et abats toutes espèces confondues
(tableau X).
Sur le plan agricole, l’élevage du porc fournit un fumier plus concentré et plus riche en éléments
fertilisants que celui des bovins (tableau XI) et est très utilisé par les pisciculteurs et les
agriculteurs.
38
Tableau X : Production de viande par espèce en 1992 (MDR/DE Bénin, 1994a)
Espèces Matières sèches (%) Azote (%) P2O5 (%) K2O (%)
L’élevage du porc est présent dans tous les départements du territoire national avec une forte
concentration dans ceux du Sud et du Centre (Atlantique, Mono, Ouémé, Zou) qui détiennent près
de 92 % du cheptel porcin en 1996 (tableau XII).
Le cheptel porcin national qui était en parfaite évolution (avec près de 95% de porcs locaux) a été
victime d’une épizootie de PPA pour la première fois en août 1997 qui a ravagé plus de 70% du
cheptel (DE Bénin, 2001) avec pour conséquence une augmentation des importations des produits
d’origine animale en particulier la viande de volailles qui passent de 16 954 tonnes la même année à
83 408 tonnes en 2001, soit un accroissement annuel moyen de 78,4% (Tableau XIII). Le cheptel
porcin en 2001 est estimé à 276 513 têtes avec en majorité des porcs de race locale (90%) contre
10% de race améliorée.
Eu égard aux interdits religieux qui frappent la population du Nord Bénin en majorité musulmane et
aux conditions climatiques peu favorables de cette région (une saison de pluie), l’élevage du porc
est surtout l’apanage de la région du Sud et du Centre Bénin.
En effet le Sud et le Centre bénéficient d’un climat subéquatorial à régime pluviométrique bimodal
avec une amplitude thermique faible et une végétation herbacée dominée par les herbes grasses très
utilisées en alimentation porcine. Ainsi les départements du Sud et du Centre concentrent à eux
seuls plus de 90% du cheptel national contre 8 à 10% pour les départements du Nord-Bénin
(Atacora et Borgou).
39
Tableau XII: Evolution du cheptel porcin au Bénin de 1996 à 2001
4 RACES EXPLOITEES
Au Bénin, les races de porcs utilisées concernent majoritairement les races locales et dans une
moindre mesure les races exotiques.
Les porcs locaux sont rustiques, à croissance lente et sont élevés dans des conditions traditionnelles
qui n’offrent aucune garantie de sélection.
Les porcs exotiques sont des animaux à croissance rapide qui ont fait l’objet de sélection assez
poussée et présentent des caractéristiques propres de races. Ils sont élevés dans des conditions semi-
moderne et moderne. Ce sont le large white, le landrace et leur métis.
Il existe aussi des métis issus du croisement entre porcs locaux et porcs exotiques notamment le
large white.
C’est le type le plus répandu (90%) dans lequel les animaux, essentiellement des porcs locaux sont
livrés à eux-mêmes dans la nature où ils trouvent la plus grande part de leur nourriture. Ils peuvent
40
être élevés en semi-claustration dans des enclos ou habitats sommaires pour les protéger contre les
vols, les intempéries et éviter les dévastations des cultures agricoles pendant l’hivernage.
Dans ce type d’élevage, en plus de l’insuffisance alimentaire, l’hygiène est absente et les animaux
sont exposés à diverses pathologies qui affectent leurs performances.
Il s’agit ici des élevages semi-intensif et intensif où les animaux sont élevés dans des porcheries
plus ou moins modernes et bénéficient de conditions meilleures (alimentation, soins sanitaires et
hygiène). Ce type d’élevage est peu répandu et concerne surtout les porcs exotiques et dans une
moindre mesure les métis et les locaux. Il se rencontre dans les zones périurbaines ou urbaines et
dans les fermes publiques d’élevage (cas de Kpinnou).
6 ALIMENTATION
- dans l’élevage traditionnel, l’alimentation est surtout représentée par les déchets de cuisine, les
eaux grasses, les sous-produits agricoles et autres aliments retrouvés sur les tas d’ordures par les
porcs en divagation ;
- dans les élevages intensifs ou semi-intensifs, des efforts notables sont faits par les éleveurs pour
fournir aux animaux de la provende ou un mélange de quelques matières premières complété
par les verdures et autres sous-produits agricoles.
D’un effectif estimé à 420 000 têtes en 1987, le cheptel porcin béninois est passé à plus de 600 000
têtes à la veille de l’apparition de la PPA. La viande de porc est fortement demandée par la
population et cette demande est aussi élevée que celle de poulets pour les cérémonies. La
commercialisation du porc se fait soit sur pied ou soit sous forme transformée en viande. La
commercialisation sur pied est faite par les marchands de porcs, notamment dans tous les marchés
du Sud et du Centre (Avakpa dans l’Atlantique, Adjarra dans l’Ouémé, Houndjro dans le Zou,
Lobogo, Klouékanmè et Azovè dans le Mono) mais aussi dans les marchés du Nord Bénin
(Natitingou dans l’Atacora et Parakou dans le Borgou). Le plus grand marché, celui d’Adjarra,
enregistre à chaque jour de son animation en moyenne 500 porcins destinés à la boucherie
(MDR/DE Bénin, 1994a).
La vente sous forme de viande est la plus ancienne dans les marchés. Mais une amélioration a été
apportée grâce aux transformateurs (charcutiers restaurateurs) qui sont numériquement très
importants et bien organisés en association dénommée Association Nationale des Traiteurs de Porcs
(ANATP) du Bénin. Ils présentent la viande sous diverses formes : brochettes ou braisées, viandes
sauces ou bouillies, viandes frites. Du fait du développement spectaculaire de cette activité et de
l’existence d’un seul abattoir agréé (Abattoir de Cotonou / Porto-Novo), des aires d’abattage ont été
créées en corrélation avec les charcuteries installées sur le territoire.
41
8 CONTRAINTES DE L’ELEVAGE PORCIN
L’alimentation
Les coûts élevés, la pénurie de certaines matières premières et la concurrence avec l’homme
particulièrement pour les céréales et les tubercules accentuent le problème de déséquilibre
alimentaire tant quantitatif que qualitatif et constituent un handicap pour la promotion de cette
spéculation.
La formation
Contrairement aux autres spéculations, l’élevage de porc n’a jamais bénéficié d’un programme pour
son développement. Le manque d’encadrement et la non formation des éleveurs de porcs qui ne
mènent leur activité que sur la base de connaissances empiriques, constituent la preuve de l’absence
d’une politique de développement de cette espèce.
Le crédit
S’agissant du crédit, au niveau du sous-secteur élevage, plus particulièrement l’élevage du porc a
depuis toujours été mal loti. Cette absence de crédit a très sévèrement pénalisé les éleveurs de porcs
au point où aujourd’hui après les ravages de la PPA, la relance de cet élevage pose encore des
problèmes dans l’aide à apporter aux producteurs.
42
9 PESTE PORCINE AFRICAINE (PPA) AU BENIN ET LA REACTION DES ACTEURS
DE LA FILIERE
La PPA est apparue pour la 1ère fois au Bénin en août 1997 à partir du quartier Hindé riverain du lac
Nokoué et du marché international Dantokpa de Cotonou. Trois éléments importants sont à retenir
par rapport à la situation de ce quartier et l’épidémiologie de la PPA :
- le lac Nokoué, le plus étendu du Bénin, fait 150 km² et est alimenté par le fleuve Ouémé (450
km) qui irrigue le pays du Nord au Sud ;
- le marché Dantokpa est fréquenté par des populations venant des sous régions ouest et centre
africaines où la maladie était déjà présente ;
- l’élevage en divagation des porcs sur les rives du lac et du fleuve qui l’alimente.
De septembre à novembre 1997, des foyers de PPA ont été alors éclatés dans plusieurs localités des
départements de l’Atlantique, de l’Ouémé, du Mono et du Zou à la faveur des mouvements
d’animaux en provenance de la zone côtière, entraînant des pertes énormes.
- les réactions maladroites des éleveurs face à la PPA (animaux morts enfouis sans aucune
précaution ou jetés dans les cours d’eau, déplacement d’animaux rescapés) ;
- les transformateurs de porcs envahissent les marchés et les élevages à cause des prix plus bas
des porcs et cela sans aucune précaution particulière de gestion de l’abattage et des déchets issus
de la transformation ;
43
- les procédures administratives longues (information de l’OIE, mise en place des textes
législatifs : lois, ordonnances et arrêtés en vigueur relatifs à la PPA) dont :
D’août à décembre 1997, la PPA embrasse les quatre départements du Sud et du Centre Bénin
(Atlantique, Mono, Ouémé et Zou) qui abritent plus de 90% du cheptel porcin national. Les
différentes mesures de lutte ont permis d’aboutir à une accalmie en novembre 1998. Des foyers de
résurgence ont vu le jour respectivement en mars et en septembre 2000 dans l’Atlantique et
l’Ouémé et dans le Mono et le Zou. Par la suite les deux départements du Nord (Atacora, Borgou)
initialement indemnes et constituant un réservoir pour le futur repeuplement ont été respectivement
atteints (Natitingou) en mars 2001 et (Parakou) en juillet 2001 (ANEP-info, 2001). Mais
l’expérience déjà capitalisée a permis de circonscrire et d’éteindre rapidement ces nouveaux foyers.
Au total, d’août 1997 à août 2001, le point se présente comme l’indique le tableau XIV. La mise en
œuvre des stratégies classiques de lutte contre la PPA consiste en :
l’information et la sensibilisation ;
l’abattage systématique des porcs dans les zones infectées et l’enfouissement des cadavres après
dénaturation ;
44
la désinfection des porcheries et autres matériels d’élevage ;
Cette stratégie a échoué dès la troisième phase (abattage systématique) pour quatre raisons
essentielles à savoir :
la non adhésion des éleveurs qui ne comprennent pas qu’il puisse avoir des raisons d’abattre des
animaux apparemment bien portants ;
le système de divagation qui fait que dès l’abattage d’un porc, le reste du groupe s’enfuit dans
les brousses et marécages où ils constituent un stock douteux et à risque ;
particulièrement, l’absence d’indemnisation incite peu les éleveurs qui développent toutes les
ingéniosités pour cacher les animaux rescapés.
Face à ces résultats peu satisfaisants liés à l’application tardive et partielle des mesures
administratives et légales, et compte tenu de la progression de la maladie qui a couvert en moins de
cinq mois tous les départements du Sud et du Centre, une nouvelle vision de la lutte s’impose et
consiste en :
- 350 000 dollars US (environ 210 millions FCFA) par la FAO le 13 novembre 1997 selon
une convention intitulée : «Assistance d’urgence pour le contrôle d’une épizootie de PPA»,
pour l’équipement et la formation du personnel du laboratoire vétérinaire de Bohicon pour le
diagnostic de la PPA ;
- 200 millions FCFA par l’Union Européenne (UE) le 11mai 1998, selon une convention
intitulée : « Appui de l’UE à l’éradication de la PPA» pour les opérations d’abattage,
d’octroi de prime d’incitation à l’abattage aux éleveurs et de crédit «prêt relais» aux
élevages indemnes ;
- 200 millions FCFA environ par le gouvernement de l’Etat Béninois (DE Bénin, 2000).
45
la concertation entre les pouvoirs publics et l’Association Nationale des Eleveurs de Porcs
(ANEP) qui a été entre temps constituée. Les autres phases du processus classique n’ayant
pas été mises en œuvre, les mesures réglementaires et légales demeurent en vigueur dans
tout le pays.
46
localité et de donner une alerte rapide à toute autorité de l’administration de l’élevage ou de
l’ANEP suite à l’observation de tous signes de suspicion de la PPA ou de toutes maladies
importantes. « Il vaut mieux donner une fausse alerte que de ne rien dire en présence de signes
qui font penser à la PPA ». Ceci permet de circonscrire rapidement le foyer, de limiter les dégâts
et d’assurer une meilleure indemnisation (DE / ANEP Bénin, 2003) ;
l’édition d’un bulletin d’information bimestriel « ANEP-Info » pour informer les éleveurs de la
vie de leur association et leur donner des éléments d’amélioration de leurs pratiques
professionnelles ;
l’enquête sérologique réalisée en 2000 pour connaître l’état sanitaire du cheptel porcin (tableau
XV) ;
l’élaboration d’un guide : «Guide pratique de l’éleveur de porcs du Bénin» en 2003 par
l’ANEP/DE Bénin.
Le Bénin après l’éclatement de la PPA, a vu son cheptel porcin considérablement réduit avec des
conséquences touchant tous les intervenants de la filière. Pour répondre donc aux attentes urgentes
créées par la maladie et sa stratégie de lutte, les principaux acteurs de la filière et les pouvoirs
publics ont élaboré un programme, le PNREP. Ce projet d’un coût global d’un milliard sept cent
quarante et un millions six cent vingt cinq mille quarante francs CFA (1 741 625 040 FCFA) est
établi pour durer cinq ans et est sous-tendu par les principales stratégies à savoir :
Comme activités réalisées, le PNREP dans le cadre de son exécution, a mis en décembre 2002 à la
disposition de l’ANEP, 880 porcelets au titre de l’année 2002 et organisé durant la période du 02
47
au 19 juin 2003 des séances de formation des éleveurs pour leur permettre d’améliorer leurs
pratiques en matière d’élevage de porcs (ANEP-info, 2003).
Le nombre de porcelets (880) étant très inférieur au nombre important d’éleveurs, les bureaux
respectifs des instances de l’association (antennes départementales et sections communales) ont
sélectionné 316 éleveurs qui ont bénéficié chacun de deux porcelets soit au total 632 porcelets
distribués durant la période de février à septembre 2003 dans cinq (5) départements. Du fait de la
résurgence de la PPA dans le département de l’Atacora pendant la période de distribution, ce
dernier est en attente sur la demande du Bureau de l’Antenne départementale. Enfin, 40 porcelets
ont été orientés vers la ferme de la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) dans le cadre du
protocole d'accord de recherche Action-Formation entre l’ANEP et cette institution. Il s’agit en fait
d’un programme de sélection des porcs de race locale actuellement menacée de disparition par la
catastrophe de la PPA et les métissages de plus en plus importants.
Quant à la formation, 300 éleveurs de porcs soit 50 éleveurs par département ont été formés par le
PNREP sur tout le territoire national et il leur a été remis à la fin de la formation un guide : « Guide
pratique de l’éleveur de porcs au Bénin » qui est un recueil d’informations techniques, économiques
et organisationnelles rédigé conjointement par ANEP/DE Bénin avec le soutien du fonds d’appui à
frais partagés (ADEX).
48
Tableau XVI: Programme National de Relance de l’Elevage du Porc (PNREP) au Bénin
49
DEUXIEME PARTIE : ETUDE DE LA FILIERE PORCINE AU
BENIN, PRODUCTION ET COMMERCIALISATION
Cette 2ème partie comprend trois chapitres :
Chapitre 1 : Méthodologie
50
CHAPITRE 1 : METHODOLOGIE
Le but de ce premier chapitre est d’exposer la méthodologie suivie pour cette étude de la filière
porcine au Bénin.
1 ETUDE DE FILIERE
La méthode de recherche utilisée pour la présente étude est basée sur l’étude de filière qui consiste à
remonter cette dernière, étape par étape en considérant successivement les producteurs de porcs et
les fabricants d’aliments porcins, les commerçants de porcs, les charcutiers et les consommateurs de
la viande de porc. A chaque niveau de la filière, des données sont recueillies par le biais d’enquêtes
socio-économiques.
Une filière est une représentation d’un ensemble différencié et structuré, centré sur un produit
isolable au sein du système économique global (LAURET, 1983).
La filière porcine peut ainsi être considérée comme une filière de production et d’écoulement. En
économie agroalimentaire, l’analyse d’une filière consiste à suivre l’itinéraire d’un produit
agroalimentaire depuis la production des matières premières (exploitation agricole) qui servent à sa
fabrication jusqu’à son utilisation finale en tant que produit alimentaire consommable dans l’assiette
du consommateur (LAGRANCE, 1989).
Selon MORVAN cité par GRIFFON et coll. (1991), une filière est une succession d’opérations de
transformations dissociables, séparables et liées entre elles par des enchaînements de technologies
et de techniques ou encore, un ensemble de relations commerciales et financières qui s’établissent
entre les stades de la transformation. Une filière est aussi un système économique constitué par
l’ensemble des canaux de distribution et d’approvisionnement utilisés par l’ensemble des
producteurs vendant une même famille de bien de consommation (LAGRANCE, 1989).
L’étude de filière permet de rendre compte des relations d’interdépendance qui existent entre les
différents acteurs de la filière. Elle permet également de comprendre les relations de collaboration
et d’opposition qui peuvent influencer les résultats de la filière, c’est à dire ses performances.
L’approche filière intègre la description de la structure et du fonctionnement des marchés à l’étude
des mécanismes de fonctionnement.
D’après LAGRANCE (1989), une filière peut être scindée en quatre entités qui sont : le secteur
agro-industriel, le secteur agroalimentaire, l’amont et l’aval.
Le secteur agro-industriel est celui qui fournit les matières premières (produits agricoles ou
éléments de produits agricoles) et comprend les industries d’amont, l’agriculture, les industries
agroalimentaires de première transformation.
51
Le secteur agroalimentaire élabore les produits alimentaires et comprend quant à lui les industries
de deuxième et de troisième transformation, la distribution et la restauration ou la consommation.
Enfin, l’amont et l’aval se distinguent par référence aux exploitations porcines. Le fournisseur
d’intrants et de matériel d’élevage est en amont des exploitations tandis que les commerçants de
porcs et les charcutiers sont en aval.
L’enquête a été effectuée dans le Sud et le Centre du Bénin, plus précisément dans quatre
départements (Atlantique, Mono, Ouémé et Zou) pour trois raisons fondamentales :
presque tous les marchés porcins importants se trouvent également dans le Sud du pays ;
de plus le poids démographique du Sud est tel que plus de 65% de la population y résident sur
une superficie de 12% du pays et on y observe un regain accru de la consommation de la viande
de porc (DEKA et coll., 1998).
L’enquête a ciblé les producteurs de porcs (éleveurs, projets ou association d’éleveurs), les
commerçants de porcs, les charcutiers, les consommateurs de viande de porc, les fabricants
d’aliments porcins et autres intervenants comme les agents vétérinaires.
L’enquête sur les producteurs de porcs s’est déroulée dans les quatre départements ciblés et s’est
intéressée tant aux élevages paysans qu’aux élevages urbains et périurbains.
L’enquête sur l’activité des commerçants a eu lieu dans quatre marchés porcins situés dans trois
départements à savoir :
le marché d’Adjarra dans le département de l’Ouémé où sont rencontrés des porcs provenant de
presque tous les départements du Bénin et même du Nigeria (transactions transfrontalières);
L’enquête sur les charcutiers a eu lieu dans les principaux centres-villes des quatre départements,
notamment Cotonou et Abomey-Calavi (Atlantique), Lokossa et Comè (Mono), Porto-Novo
(Ouémé), Bohicon et Abomey (Zou), où sont installés des charcuteries restaurants et bar-
restaurants.
L’enquête sur les consommateurs de viande de porc a eu pour cadre presque les mêmes centres et
elle a visé toutes les catégories sociales.
Les zones d’enquête pour les fabricants d’aliments porcins se superposent aux zones précédentes.
Cette étape a consisté à des entretiens avec les responsables des provenderies visitées de même que
les agents vétérinaires rencontrés dans chaque département.
52
3 SUPPORTS DE L’ENQUETE
L’enquête a été conduite à l’aide de guides d’entretien et de questionnaires à l’endroit des différents
acteurs.
Il est destiné aux unités de production d’aliments notamment celles qui formulent des provendes
pour porcins.
Ce guide permet d’une part, d’identifier l’établissement, de prendre connaissance de ses moyens
matériels et humains, de ses activités, en particulier la production d’aliments porcins et d’autre part
de recueillir les informations sur les prix des matières premières disponibles, les prix des aliments
porcins produits, le rythme de vente et l’avis du responsable par rapport à son activité et à la
satisfaction de la demande des clients (annexe 1).
Le questionnaire pour les éleveurs de porcs peut être scindé en deux grandes parties.
Une première partie concerne la structure et le fonctionnement des exploitations porcines, à travers
laquelle sont recueillies les informations relatives au statut socio-économique du producteur, la
structure de l’élevage, les infrastructures, les systèmes d’élevage, l’alimentation, la conduite de
l’élevage, l’origine du financement de l’élevage, les problèmes sanitaires et l’exploitation du
troupeau (autoconsommation et vente des animaux).
La seconde partie concerne les données économiques et consiste à recueillir à chaque étape des
informations financières relatives aux charges et aux produits à savoir : le coût d’achat des animaux,
le coût des investissements, le coût d’approvisionnement en aliments, le coût des soins sanitaires et
de la main d’œuvre et les recettes effectuées par l’exploitation en vue d’avoir une indication précise
sur son niveau de rentabilité (annexe 2).
Il est destiné aux marchands de porcs et aux charcuteries restaurants et bar restaurants.
Ce questionnaire est destiné aux amateurs de viande de porc. Il permet dans un premier temps de les
identifier à travers leurs âge, sexe, localité, profession, religion, etc. puis dans un second temps
d’apprécier leur rythme de consommation, leur comportement à l’achat, la quantité consommée, le
prix du kg de viande, les lieux d’achat et les difficultés liées à l’approvisionnement en viande
(annexe 4).
53
4 ECHANTILLONNAGE
La méthode d’échantillonnage utilisée est la méthode empirique, non probabiliste dans laquelle les
individus sont retenus lorsqu’on les rencontre jusqu’à ce que l’on obtienne le nombre d’individus
souhaité. Cependant la probabilité qu’un individu soit retenu n’est pas connue.
Le tableau XVII donne une répartition générale de l’échantillon en fonction des différentes zones
d’enquête.
5 DEROULEMENT DE L’ENQUETE
L’enquête s’est déroulée en deux phases, une phase de préparation de l’enquête et une phase de
collecte des données sur le terrain. Les données recueillies ont par la suite fait l’objet d’une analyse
statistique.
Sur le terrain elle a duré une dizaine de jours et a permis de tester les questionnaires dans le
département de l’Atlantique (Abomey-calavi). A l’issue de cette phase, des aménagements ont été
apportés aux questionnaires en particulier le guide d’entretien pour les unités de production
d’aliments. Un calendrier du déroulement de l’enquête a été élaboré et des prises de contact ont été
faites sur le terrain soit par écrit, soit par téléphone, etc. pour informer les différentes personnes
ressources à impliquer dans le travail.
Elle s’est déroulée sur une période allant de septembre à décembre 2003, soit environ 2,5 mois à
raison de 2 semaines par département. Elle s’est effectuée sous forme de visites des exploitations
porcines suivies des entretiens avec les différents acteurs de la filière. Les déplacements sur le
terrain ont été faits en partie à moto.
Les données ont été obtenues en faisant remplir par chaque acteur le questionnaire élaboré à cet
effet et ce lors de visites des exploitations porcines, des charcuteries restaurants, des provenderies et
des marchés cibles de l’enquête.
54
Dans certaines exploitations, l’entretien a lieu immédiatement dès la première visite, tandis que
dans d’autres, il a eu lieu plusieurs jours après le dépôt du questionnaire.
Le traitement des données a été conduit au moyen d’outils informatiques avec d’abord le
tableur Microsoft « Excel » pour la saisie des données recueillies à chaque niveau de la filière
(fabricants d'aliments, éleveurs, commerçants, charcutiers, consommateurs). Une fiche d’analyse
économique a été créée, fiche dans laquelle sont enregistrées les informations relatives aux charges
(fixes et variables) et aux recettes de quelques exploitations qui les ont plus ou moins fournies.
A partir des données recueillies, des variables ont été créées permettant le calcul des résultats
économiques et les analyses statistiques descriptives (fréquence, moyenne, écart-type, minimum,
maximum) à l’aide du logiciel Statistical Package for the Social Sciences/Personal Computer
(SPSS/PC).
L’absence et même le manque de fiabilité de certaines données notamment quantitatives telles que
les quantités d’aliments consommés, le nombre de porcs vendus, etc. ont amené à faire des
extrapolations tout en tenant compte des réalités observées sur le terrain pour pouvoir estimer le
coût de production et apprécier la rentabilité de l’élevage porcin (voir résultats économiques).
Les données soumises à l’analyse sont celles provenant des questionnaires et des informations
recueillies sur le terrain lors des enquêtes socio-économiques auprès des principaux intervenants de
la filière porcine. Ces données étant déjà dans un premier temps codifiées puis saisies sur le tableur
Microsoft «Excel», le deuxième temps a été consacré au traitement des résultats de l’enquête grâce
au logiciel «Stastical Package of Social Science, SPSS».
Les réponses issues de chaque question et les différentes valeurs ont été exploitées et leurs
fréquences déterminées.
Les études ou l’analyse des statistiques descriptives (fréquence, moyenne, écart-type, etc.) dans
chaque cas, ont permis de présenter, de discuter les résultats, de tirer les conclusions pour par la
suite, proposer des solutions alternatives aux problèmes posés.
7 LIMITES DE L’ETUDE
Plusieurs difficultés ont entravé le bon déroulement de la présente étude. Parmi elles, on peut citer :
les difficultés d’ordre social liées à un problème de communication avec les enquêtés
qui ne sont pas de notre ethnie, ce qui nous a conduit parfois à la recherche d’un
interprète et ce dans le département du Mono ;
55
les difficultés dans la prise des informations financières, car la plupart des éleveurs
analphabètes ne comprennent pas la nécessité de tenir une fiche de suivi ou un cahier de
compte pour leur élevage ;
l’absence de certaines données nous a conduit à faire des extrapolations pour pouvoir
estimer le coût de production et apprécier la rentabilité de l’élevage porcin au Bénin. De
facto, sur le plan de l’analyse économique, ces extrapolations peuvent être vectrices de
biais, bien qu’elles ont été faites sur la base des informations recueillies sur le terrain.
Les résultats économiques doivent donc être considérés avec une grande prudence.
Au demeurant, cette présente étude constitue un préliminaire frayant des pistes pour d’autres
perspectives et approfondissements. Des résultats économiques plus complets pourront être obtenus
par le biais d’études beaucoup plus ciblées sur l’aspect économique des élevages de porc au Bénin
grâce à un suivi plus long et détaillé. Ces études permettraient de valider les extrapolations et les
résultats obtenus.
Par ailleurs, l’inexistence d’informations statistiques sur l’élevage porcin au plan national est une
contrainte majeure et ne permet pas de faire une appréciation exacte du rôle et de la place de la
filière porcine dans l’économie nationale.
Enfin, l’absence de financement et les contraintes de temps ont entraîné une limitation de l’étude à
quatre départements (Atlantique, Mono, Ouémé et Zou). Une étude dans les autres départements
reste toujours indispensable pour compléter les informations (autres marchés, exportations, circuits
de commercialisation, etc.) sur la filière et estimer sa place dans l’économie béninoise. Une
remontée des circuits vers les pays voisins tels que le Nigeria et le Togo permettrait également de
mieux évaluer le fonctionnement de cette filière porcine.
56
CHAPITRE 2 : RESULTATS ET DISCUSSION
Le but de ce chapitre est de présenter et de discuter les résultats issus de l’étude de la filière porcine
au Bénin. Pour commencer cette étude, nous allons dans un premier temps nous intéresser à la
production de l’aliment porcin, élément important en amont dont dépend la production porcine qui
elle sera par la suite étudiée à travers l’approvisionnement en porcins reproducteurs, la structure et
le fonctionnement des élevages porcins.
Dans un second temps la commercialisation des porcs (vifs et abattus) sera abordée avec une
description de chaque niveau de la filière afin de cerner les relations entre les différents acteurs.
Parmi les nombreuses provenderies visitées au cours de l’enquête, seules onze (11) s’intéressent à la
fabrication et/ou à la vente d’aliments porcins. La répartition de ces unités (tableau XVIII) révèle
une concentration importante dans le département de l’Atlantique (54,5%) par rapport aux trois
autres départements (45,5%). Cette localisation des provenderies dans l’Atlantique est motivée non
seulement par l’importance des élevages porcins périurbains ou urbains, mais aussi par la proximité
des agro-industries fournisseuses de matières premières telles que les drèches, le son de blé et
autres.
Seules trois unités sont à statut public. Il s’agit de la FSA, de CECURI/APL localisées à
l’Université d’Abomey-calavi et la ferme de Kpinnou appartenant au PDE-III. Cette dernière bien
que spécialisée dans la fabrication de provendes pour porcs, ne commercialise pas sa production
d'aliments essentiellement destinée à l’alimentation des porcs dont elle assure l’élevage.
Pour la plupart des unités, le personnel technique est constitué de manœuvres et d’ouvriers chargés
des manipulations des équipements de production. Elles sont encadrées par des techniciens en
production animale (TPA) ou des ingénieurs agronomes (IA). Seules les unités de CECURI/APL,
de COVAP et de Kpinnou, ont dans leur personnel d’encadrement un vétérinaire (tableau XVIII).
Le personnel administratif est constitué d’un gestionnaire, le plus souvent le propriétaire pour les
unités privées, un secrétaire ou un agent commercial qui n’ont reçu aucune formation particulière en
production animale. A ces unités s’ajoutent celle du centre Songhaï dont nous n’avons pas pu
accéder à cause des frais de visite qui nous ont été imposés par le centre, et autres petites unités
créées par certains éleveurs.
A part les provenderies de COVAP et de FAIJD qui utilisent des moulins à maïs et de mélangeuses
artisanales, les autres unités disposent de broyeur mélangeur jumelés avec une capacité moyenne
d’environ une tonne/heure. Elles sont équipées de broyeur à marteau et de mélangeurs de type
vertical disposant d’une vis centrale à tube de remontée ou à axe mobile. En plus de cet équipement,
l’unité de CECURI/APL dispose d’une granuleuse à filière plate qui est surtout utilisée pour la
préparation de provendes pour lapin. La quasi-totalité de l’aliment porcin produit est
commercialisée sous forme de farine. La capacité qui correspond au plus faible débit du broyeur est
variable de 10 tonnes par mois pour les petites unités à 400 tonnes par mois pour les grandes unités
57
à raison de quatre heures de travail par jour pendant environ 21 jours par mois (tableau XVIII). La
capacité totale de ces unités d’aliments est de 883 tonnes par mois.
Tableau XVIII: Répartition, statut, encadrement et capacité de production des unités d’aliments
La plupart des unités s’approvisionnent au niveau des industries et des marchés nationaux. D’autres
en plus de ces lieux, s’approvisionnent dans les campagnes. Les quantités de matières premières
payées sont variables selon le chiffre d’affaire des unités. L’approvisionnement se fait de façon
quotidienne pour 9,1%, hebdomadaire pour 54,5% et mensuelle pour 36,4% des unités de
production d’aliments.
Les matières premières utilisées au Bénin par les unités d’aliments pour bétail sont en majorité
cultivées localement. Le reste des matières premières disponibles est importé des pays africains ou
européens. On peut subdiviser les matières premières en trois grandes catégories :
Elles constituent la fraction la plus importante de la ration, environ 50 à 70% selon le stade
physiologique de l’animal. Les performances de production et de reproduction du porc dépendent
de sa consommation alimentaire qui varie elle-même en fonction du niveau énergétique de la ration.
58
Les matières premières énergétiques utilisées dans l’alimentation des porcs au Bénin sont les
céréales, les issues de meneurie, les drèches de brasserie et le manioc.
Les céréales
Le Bénin produit en moyenne plus de 500 000 tonnes de maïs par an (tableau I). L’importance de
cette production et des surfaces emblavées s’explique par la place prépondérante qu’occupe le maïs
dans l’alimentation humaine au Bénin. La production actuelle permet de couvrir les besoins de
l’alimentation humaine qui ont été estimés à 407 991 tonnes en 1995 et de dégager un excédent
établi à plus de 168 277 tonnes en 1997 (MDR Bénin, 1998; HOUNKPATIN et coll., 1995). Les
zones de forte production sont les départements de l’Ouémé et du Borgou qui fournissent
respectivement 32% et 25% de la production nationale. L’excédent de maïs est destiné à
l’exportation vers le Niger, le Togo, le Nigeria mais aussi à l’alimentation des animaux en
l’occurrence les volailles. Le maïs est très peu utilisé en alimentation porcine au Bénin
Le Sorgho
La production nationale est estimée à 138 425 tonnes pour la campagne agricole 1998-1999 (tableau
I) dont plus de 90% proviennent des départements du Nord. Au Bénin, l’utilisation du sorgho en
alimentation porcine reste encore marginale bien que d’un point de vue énergétique, il n’est pas loin
du maïs. Les autres céréales cultivées au Bénin tels le mil, le fonio, ne sont pas utilisées en
alimentation porcine.
Le son de blé
La production de son de blé est assurée par deux grandes minoteries installées à Cotonou : les
Grands Moulins du Bénin (GMB) et les Moulins du Golfe (MG). Avec une capacité totale de 50
000 tonnes par an (tableau XIX), ces minoteries approvisionnent toutes les unités d’aliments pour
bétail et dégagent même parfois des excédents qui sont périodiquement exportés vers le Maroc et le
Niger surtout après l’épizootie de la PPA en 1997. Cependant, sur le marché local des pénuries en
son de blé sont observées surtout de juin à novembre où la demande est supérieure à l’offre, tandis
qu’à partir de décembre à mars, il y a une mévente liée à la diminution de l’achat des matières
premières par les éleveurs qui à l’occasion des fêtes de fin d’année et de cérémonies ont déstocké
leur élevage.
Le son de maïs
Il est très valorisé dans l’alimentation des porcs au Bénin. Sa production actuelle provient
essentiellement de la maïserie de Bohicon (SOCIA Bénin) qui a une capacité de production de 35
000 tonnes de farine de maïs par an pour une production d’environ 9 000 tonnes de son de maïs
(tableau XIX)
Le son de riz
Obtenu par décorticage ou polissage du riz, le son de riz est très utilisé en alimentation porcine au
Bénin, notamment dans le Mono où sa production est importante.
59
Ce sont des produits dérivés du brassage de céréales par les industries de fabrication de bière. Au
Bénin, deux catégories de drèches sont produites :
des drèches de brasseries traditionnelles produisant des boissons fermentées à base de mil
(Tchoukoutou) ou de maïs (Tchakpalo) ;
des drèches industrielles, dérivées du brassage de l’orge qui sont produites par les brasseries de
Cotonou et de Parakou (SOBEBRA). Elles sont très utilisées en alimentation porcine au Bénin,
notamment dans les départements de l’Ouémé et de l’Atlantique. Des importations de drèches
en provenance de Togo sont observées dans le département du Mono.
Le manioc
Tubercule de la famille des amylacées, le manioc est cultivé un peu partout sur le territoire national.
La production nationale pour la campagne 1999-2000 est estimée à 2 377 339 tonnes. Le manioc est
très utilisé en alimentation porcine au Bénin en particulier dans le Mono et l’Atlantique.
Les principales matières premières utilisées en alimentation porcine au Bénin comme sources de
protéines sont les tourteaux et la farine de poisson.
Les tourteaux
Ce sont des sous-produits de l’industrie des huiles alimentaires. Au Bénin cinq (5) types de
tourteaux sont actuellement utilisés en alimentation porcine. Ce sont les tourteaux de soja, de
palmiste, de coprah, d’arachide et de coton.
Le tourteau de soja
La production du tourteau de soja est assurée essentiellement au Bénin par l’huilerie NIASA-Oil de
Pahou dans l’Atlantique. Avec sa capacité de 1 600 tonnes de tourteau par an, elle écoule toute sa
production sur le marché local. Le soja graine contient des substances nocives à activité
antitrypsique. Mais du fait que cette activité peut être convenablement réduite par la chaleur (80°C),
certaines unités d’aliments, pour remédier aux pénuries souvent observées, ont adopté la
technologie de la torréfaction du soja (chauffage à sec des graines de soja). Les graines de soja
torréfiées sont ensuite passées au broyeur-mélangeur pour être incorporées sous forme de farine
dans la ration. Cette technique est très utilisée à la provenderie de Kpinnou.
Le tourteau de soja est l’une des matières premières les plus utilisées comme source de protéines en
alimentation porcine au Bénin, notamment dans les élevages améliorés. Mais avec une production
de 1 995 tonnes de soja graine pour la campagne de 1998-1999, le Bénin n’arrive pas à couvrir ses
besoins en tourteau de soja et des importations en provenance de la France ou de la Belgique ont été
souvent enregistrées (GBAGUIDI, 2001).
Ils sont obtenus suite à la trituration respectivement des amandes de palmiste et des amandes de
coco après concassage des noix de palme et des noix de coco.
Le tourteau de coprah est surtout utilisé pour l’alimentation des porcs dans le département de
l’Atlantique (Ouidah, Godomey) où sa transformation artisanale est très poussée.
60
Le tourteau de palmiste est de loin la matière première la plus utilisée en alimentation porcine au
Bénin. Il est produit de façon artisanale dans presque tous les départements du Sud Bénin.
Sur le plan national, sa production est assurée par l’huilerie, l'Industrie Béninoise des Corps Gras
(IBCG) de Cotonou avec une capacité de 60 000 tonnes de tourteau palmiste par an et par les petites
savonneries telle que la SONIDA qui produit environ 500 tonnes par an (tableau XIX). Malgré
cette production, des pénuries de plus en plus répétées sont constatées sur le terrain.
Le tourteau d’arachide
Au Bénin, l’huile d’arachide étant plus utilisée en alimentation humaine, la production artisanale
des ménagères et des coopératives agricoles fournit une quantité importante de tourteaux d’arachide
pour l’alimentation des porcs notamment dans le département du Zou. Le tourteau d’arachide
industriel est produit actuellement par l’IBCG. Le Bénin avec une production de 121 263 tonnes
d’arachide pour la campagne agricole 1999-2000 (tableau I), se place derrière le Sénégal et le
Nigeria en Afrique de l’Ouest. Cependant le tourteau d’arachide étant très vulnérable aux
champignons (Aspergillus flavus), il peut être responsable d’intoxication alimentaire due à
l’aflatoxine suite à un stockage défectueux.
Le tourteau de coton
La production de coton graine pour la campagne agricole 1998-1999 estimée à 359 331 tonnes, fait
du Bénin le 2ème producteur ouest-africain derrière le Mali et le 3ème producteur africain après
l’Egypte et le Mali.
Au Bénin, la production du tourteau de coton est assurée par deux huileries : la Société des
Huileries du Bénin (SHB) d’une capacité de 13 000 tonnes de tourteau par an et les huileries
FLUDOR d’une capacité de 24 000 tonnes de tourteau de coton par an qui sont toutes implantées à
Bohicon dans le département du Zou (tableau XIX). Le tourteau de coton est peu utilisé en
alimentation porcine au Bénin certainement du fait de sa toxicité liée à la présence du gossypol qui
lui est reconnue par de nombreux auteurs (TCHOUMBOUE, 1982; NESSER et coll.,1988).
Du point de vue commercialisation la majeure partie de cette production est exportée vers l’Irlande,
le Royaume-Uni, la France et les pays bas (INSAE Bénin, 1995 et 1996).
Elles sont constituées de coquilles d’huître, d’escargot, les farines d’os calcinés, de sels et autres.
Les coquillages sont disponibles sur les côtes maritimes béninoises et le long des cours d’eau
intérieurs, notamment dans le département de l’Atlantique, dans la vallée de l’Ouémé-Plateau et
dans l’Atacora.
61
Tableau XIX: Principaux sous-produits disponibles au Bénin.
Il n’existe pas de contrat de livraison écrit entre les fournisseurs et les fabricants d’aliment de bétail.
Cependant, il peut y avoir de contrats implicites accordant un statut de prioritaire au fabricant lors
des ventes de matières premières mais sans quantité ni prix garantis à l’avance. Toutes les matières
premières utilisées dans l’aliment sont souvent disponibles dans certaines cliniques vétérinaires et
chez les revendeurs d’aliments pour bétail. Leurs prix sont variables en fonction des disponibilités
de la matière première et sont fixés librement selon la loi de l’offre et de la demande. Les prix de
certaines matières premières relevés au cours de l’enquête figurent dans le tableau XX.
Les principales matières premières importées pour l’alimentation des animaux au Bénin sont : les
farines de poisson, le tourteau de soja, le tourteau d’arachide et les prémélanges.
62
L’importation de ces farines au Bénin est assurée surtout par les pharmaciens grossistes qui les
revendent aux fabricants d’aliments pour bétail.
Les principaux fournisseurs du Bénin en tourteau de soja sont la France et la Belgique et les
quantités importées s’établissent en moyenne à moins de 400 tonnes par an.
Le tourteau d’arachide provient du Sénégal et les quantités officiellement importées n’ont jamais
dépassé 150 tonnes par an depuis 1995 (GBAGUIDI, 2001).
Ils sont commercialisés au Bénin par les importateurs locaux tels que Véto Labo Diffusion (VLD),
Réseau Africain de Distribution d’Intrants Vétérinaires (RADIVET), ANIMALIA et une firme
canadienne installée au Bénin : Filiale BELISLES. Les prix des principaux additifs importés sont
indiqués dans le tableau XXI
La plupart des unités de production d’aliments n’effectuent aucun contrôle de qualité des matières
premières d’un point de vue chimique. Elles se contentent d’un contrôle visuel basé sur
l’appréciation de l’état et de la couleur des matières. Seule la FSA effectue souvent des analyses
bromatologiques sur les matières premières dans son laboratoire. Les résultats obtenus sur certaines
matières sont reportés dans le tableau XXII.
Toutes les provenderies visitées fabriquent plusieurs catégories d’aliments dont les plus importants
sont : aliments volailles, aliments lapins et dans une moindre mesure aliments porcins. Pour chaque
aliment d’une espèce animale donnée, différents types d’aliments sont produits en fonction du stade
physiologique, de l’âge ou des besoins de l’animal.
63
Concernant l’espèce porcine, la plupart des unités produisent un seul type d’aliment pour toutes les
classes d’âges. Seules la ferme de Kpinnou et la FSA, produisent des aliments adaptés aux classes
d’âges ou aux besoins des porcins. Malheureusement, elles ne sont pas trop impliquées dans la
commercialisation.
La formulation des aliments porcins consiste à combiner les différentes matières premières dont on
dispose afin d’obtenir un aliment complet pouvant assurer la satisfaction des besoins quantitatifs et
qualitatifs de l’animal tout en garantissant un coût de production le plus faible possible.
Sur le terrain les unités utilisent diverses formules alimentaires sans pour autant s’intéresser à
l’apport réel des éléments nutritifs que l’aliment formulé peut procurer au porc. Cette diversité de
formules peut être expliquée par la disponibilité en matières premières et l’absence de formules
normalisées, mais exposent les éleveurs au risque d’utilisation de formules mal équilibrées et non
rentables. En fonction du coût, de la disponibilité des matières premières et les besoins des porcs, la
FSA et la ferme de Kpinnou, utilisent diverses formules alimentaires dont quelques unes sont
rapportées dans le tableau XXIII.
Quant au processus de fabrication, il reste le même pour toutes les unités d’aliments et comporte
trois étapes :
pesée précise et correcte des différentes matières à combiner suivant leur taux d’incorporation
respectif ;
broyage (des matières premières à grosses particules pour les rendre plus fines) et
homogénéisation pour obtenir un mélange final qui est l’aliment ;
Les chiffres présentés ici ne concernent que les unités d’aliments qui ont fait l’objet de visite.
Comme le montre le tableau XVIII, ces unités fonctionnent en dessous de leur régime. En effet,
elles peuvent produire jusqu’à 883 tonnes d’aliments par mois alors qu’elles n’en produisent que
433 tonnes soit environ 49% de leur capacité de production. Moins de 6% (26 tonnes) de cette
production est destinée à l’alimentation porcine, et le reste (environ 94%) est utilisé essentiellement
pour l’alimentation de volailles et de lapins. La production d’aliment porcin ne porte donc que sur
de très faible tonnage faute de demande suffisante. Pour la plupart des unités impliquées dans la
commercialisation, les éleveurs de porcs ne représentent que 8,1% de leurs clients contre 73,9%
pour les aviculteurs et 18% pour les éleveurs de lapins et autres. Le nombre d’éleveurs de porcs
utilisant de provende porc est très réduit, la majorité d’entre eux se contentent de l’achat de
quelques matières premières qu’ils mélangent à leur gré pour nourrir les animaux.
Selon les unités d’aliments, la vente de provendes de porc ne marche parfois que dans la période
d’août à décembre où la plupart des éleveurs engraissent leurs animaux pour les fêtes de fin
d’année. La vente d’aliments porcins est quotidienne pour 10% des unités, hebdomadaire pour 30%,
mensuelle pour 40% et occasionnelle pour 20%.
64
Le marché d’aliments pour bétail au Bénin est caractérisé par une absence totale de relations
contractuelles. Il n’existe pas de contrat de livraison entre fabricants et éleveurs qui effectuent eux-
mêmes leur achat d’aliment ou de matières premières et en assurent le transport jusqu’à leur ferme.
Quant au prix de l’aliment porcin, il est variable d’une unité à l’autre en fonction des formules et
des matières premières utilisées, mais reste assez élevé, en moyenne 122 FCFA le kilogramme
(tableau XXIV). En comparant ce prix moyen à celui relevé en 2000 par GBAGUIDI (2001) chez
certains fabricants d’aliments (CECURI, Songhaï), on note une hausse moyenne des prix d’environ
5%.
65
régions éloignées de leurs unités. De même, faute de capacité de stockage et de trésorerie suffisante
(fonds de roulement), il leur faut multiplier des transports plus ou moins importants. Dans ces
conditions, le coût de la matière première déjà élevé s’en trouve accru.
66
Si le marché pendant certaines années a constitué un problème, depuis 1998, après la réouverture de
ce dernier fermé au lendemain de l’éclatement de la peste porcine africaine (PPA), la ferme de
Kpinnou n’a jamais pu satisfaire par sa production (tableau XXV) la demande de ses clients.
Le centre Songhaï situé dans l’Ouémé représente le fournisseur privilégié de géniteurs améliorés
aux éleveurs de porcs dudit département et parfois des autres départements.
Au total, la plupart des porcs reproducteurs de race améliorée sont fournis soit par la ferme de
Kpinnou, soit par le centre Songhaï. A la ferme de Kpinnou, les reproducteurs exotiques sont
vendus en général jeunes à 20 kg de poids vif à raison de 1 000 FCFA le kg vif, soit environ 20 000
FCFA par animal, et les porcs charcutiers à 700 FCFA le kg vif, soit environ 49 000 FCFA pour un
porc de 70 kg. Selon les informations recueillies auprès de certains éleveurs de l’Ouémé, les porcs
reproducteurs au centre Songhaï coûtent environ 1 250 à 1 500 FCFA le kg vif et les porcs
charcutiers entre 700 et 900 FCFA le kg vif. A ces deux centres fournisseurs s’ajoutent certains
élevages privés modernes comme : ferme Aïzan et fils à Agamè, ferme Kogblévi à Dogbo-honton,
élevage Atito, élevage Gnanbakpo, élevage Zoutougou, etc. dans le Zou.
Quant aux porcs locaux, les éleveurs se débrouillent pour la plupart d’entre eux en choisissant les
reproducteurs dans leurs élevages ou en les cherchant chez d’autres éleveurs voisins ou non par
échanges ou par achats. Les prix d’achat des porcs reproducteurs entre éleveurs sont indiqués dans
le tableau XXVI.
Tableau XXV: Evolution du cheptel porcin de Kpinnou de 1995 à 2003 (DE/PDE-III, 2003)
Année 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
Catégories
Verrats 06 06 05 05 04 05 05 09 10
Truies 55 88 75 63 49 47 62 31 70
Effectif total du 360 826 1 024 955 292 320 390 478 550
cheptel
Elles sont très faibles et ne concernent souvent que les races améliorées. La ferme de Kpinnou, au
début de ses activités a importé ses animaux du Togo et de la France. Actuellement elle a importé
de la France une race chinoise dite « meishan ». Très peu d’éleveurs (2,4%) disposent actuellement
dans leur troupeau de porcs importés. C’est le cas de certains éleveurs du Mono, du Zou et de
l’Ouémé qui détiennent des animaux importés soit du Togo, du Burkina-Faso, soit du Nigeria.
Selon ces derniers, il n’existe pas trop de différence entre les prix qui varient de 20 000 à 50 000
FCFA en fonction de la taille de l’animal.
67
3 STRUCTURE ET LE FONCTIONNEMENT DES ELEVAGES PORCINS AU BENIN
68
ABDALLAH (1997), DEKA et coll. (1998) respectivement en Centrafrique et au Bénin.
Cependant, selon les deux premiers auteurs qui ont surtout travaillé en milieu traditionnel, cette
activité est surtout l’apanage des femmes.
Les éleveurs de porcs sont d’ethnie Fon (44,8%), Adja et Sahouè (18,2%), Goun (17,6%) et autres
(19,4%). Ils se sont lancés pour la plupart sur propre initiative (97,6%) dans cette activité qu’ils
considèrent comme une source importante de revenu (83%). Trente et un pour cent (31%) des
éleveurs pratiquent cette activité depuis plus de 10 ans, 43,5% entre 5-10 ans et 25,5% l’ont
commencé il y a moins de 5 ans c’est à dire bien après l’épizootie de la PPA. Ce démarrage récent
de l’activité par de nouveaux éleveurs peut être expliqué par la forte demande de porc suite à la
catastrophe de cette maladie.
Les fréquences des races porcines exploitées et les modalités d’acquisition sont indiquées dans le
tableau XXIX.
Les races porcines exploitées au Bénin sont aussi bien locale (photo 1) qu’améliorée (photo 2). La
race locale est présente dans 40,7% des exploitations, en particulier les élevages de petite taille. La
race améliorée (large White) est rencontrée dans 27,9% des exploitations contre 31,5% pour les
métisses dont 80% proviennent du croisement large White et truie locale. Les exploitations à
métisses élèvent à la fois les deux races.
Ces résultats diffèrent de ceux obtenus par ABDALLAH (1997), MISSOHOU et coll. (2001)
respectivement en Centrafrique et au Sénégal où la race locale était nettement prédominante.
Cependant, ils confirment les constats de la FSA et de l’ANEP selon lesquels la race locale est
menacée de disparition après l’épizootie de la PPA.
L’achat est le principal mode d’acquisition (92,1%). Il se fait en général par pair d’animaux soit
localement chez les éleveurs voisins pour les porcs locaux, soit dans les centres modernes de
production (Kpinnou et Songhaï) pour les races améliorées. Le confiage (3,7%) surtout pratiqué en
milieu paysan, est une forme d’entraide qui consiste à remettre une femelle à un ami ou parent et à
partager avec lui les produits de la portée. Le don (4,2%) est rare et ne concerne ici que certains
69
élevages victimes de la PPA qui dans le cadre du projet de relance l’ont bénéficié de la part de
l’ANEP/DE.
70
3.3.2 Taille et composition des élevages
La taille moyenne globale des exploitations porcines visitées est de 40,65 sujets (tableau XXX).
Elle est nettement plus élevée, soit environ 4 fois celle obtenue au Sénégal respectivement dans le
bassin arachidier par BULDGEN et coll. (1994) et en Basse Casamance par MISSOHOU et coll.
(2001) et en Centrafrique par ABDALLAH (1997). Cette différence peut être expliquée par la prise
en compte dans l’enquête des porcelets qui selon le deuxième auteur, sont des sources importantes
de variations, mais aussi par la période de l’enquête (septembre à décembre) où la plupart des
éleveurs engraissent leurs animaux pour les fêtes de fin d’année. Les tailles moyennes plus élevées,
67 et 40 sujets obtenues dans le Mono et le Zou (tableau XXX), peuvent être expliquées d’une part
par le faible niveau d’urbanisation de ces deux départements où la plupart des éleveurs sont des
agriculteurs et d’autre part par l’appui historiquement apporté aux éleveurs de porcs par la ferme de
Kpinnou notamment dans le département du Mono.
La répartition des élevages en fonction de leur taille montre que ce dernier détient plus de 50% des
élevages de grande taille, suivi du Zou et de l’Atlantique. Les élevages de grande taille (>100 têtes)
ne représentent qu’environ 7% des exploitations visitées.
Quant à la composition globale des élevages porcins (tableau XXXI), les porcs en engrais
prédominent (45%), puis viennent les porcelets (35,4%) et les femelles reproductrices (15,5%). Les
verrats ne représentent qu’une très faible proportion (4,1%).
Ces observations concordent avec celles de BULDGEN et coll. (1994), MISSOHOU et coll.
(2001) au Sénégal, d’ABDALLAH (1997) en Centrafrique et de DEKA et coll. (1998) au Bénin.
Cependant la proportion encore très faible de verrats (0,5%) obtenue par ce dernier auteur qui a
essentiellement travaillé sur les porcs locaux, constitue un indicateur du mode d’élevage de ces
derniers (élevages en divagation où les saillies ne sont pas contrôlées).
71
3.3.3 Elevage associé
L’élevage porcin est surtout associé à celui des volailles (39,4%), des ruminants (20,6%)
notamment les petits ruminants et dans une moindre mesure (12,1%) à l’élevage des lapins et/ou
aulacodes (figure 4). Les exploitations qui associent souvent l’élevage d’autres espèces ne sont pas
de grande taille. Ces résultats concordent avec ceux obtenus en Centrafrique par ABDALLAH
(1997) et au Sénégal par MISSOHOU et coll. (2001). Cependant, ils discordent avec ceux de
MOLENAT et coll. (1991) selon lesquels l’association élevage porcin et pisciculture est une
constante en Asie du Sud-Est.
DVolailies
• Lapins et/ou
aulacodes
oRien
12,10% oRuminants
L’élevage porcin au Bénin est essentiellement de type mixte, c’est à dire naisseur-engraisseur
(97,6%); le déstockage se faisant préférentiellement à partir de 4-5 mois à 12 mois d’âge selon la
destinée de l’animal. Les élevages naisseurs qui ne représentent que 2,4% des exploitations sont des
fournisseurs de futurs reproducteurs.
Si ces résultats concordent avec ceux de MISSOHOU et coll. (2001), ils ne font pas de même avec
ceux d’ABDALLAH (1997) où l’élevage de type mixte est en proportion relativement faible
(10%).
En fonction du système d’alimentation et de la taille des élevages, ceux-ci ont été classés en trois
catégories :
le système traditionnel observé surtout en milieu paysan dans lequel l’alimentation est à base de
sous-produits agricoles et de déchets de cuisine avec un troupeau en général de petite taille (10
têtes en moyenne). Il représente 23,6% des exploitations enquêtées ;
les systèmes semi-intensif et intensif, rencontrés en zones périurbaines et urbaines dans lesquels
le troupeau est de taille moyenne à élevée (20 à plus de 1000 têtes) avec une alimentation à base
de sous-produits agroalimentaires. Le système intensif de production représente environ 7% des
élevages visités (tableau XXX).
72
3.4 INFRASTRUCTURES ET MATERIEL D’ELEVAGE
Les locaux d’élevage ou porcheries sont présents chez tous les éleveurs enquêtés. En fonction de la
nature de la toiture (tuile, tôle, pailles, etc.), des parois latérales (branchages, bois, ciment, banco),
du plancher (stabilisé ou non, bétonné) et autres, les porcheries ont été classées en trois catégories
qui sont :
les porcheries traditionnelles (photo 3a, 3b), construites essentiellement à base de matériaux
locaux avec un plancher non cimenté. Elles sont rencontrées dans 35,2% des élevages visités ;
73
les porcheries semi-modernes, construites en matériaux semi-définitifs. Elles sont
compartimentées en plusieurs loges avec des parois latérales en banco crépi (photo 4a) ou en
ciment (photo 4b) et le toit en pailles. Elles s’observent dans 57,6% des exploitations ;
74
les porcheries modernes, construites en matériaux définitifs et bien compartimentées, des parois
latérales en ciment, sol bien bétonné et la toiture en tôle ou en tuile (photo 5a, 5b).
Contrairement aux deux types précédents, elles sont toutes électrifiées, mais ne représentent que
7,3% des exploitations enquêtées.
75
Le choix prédominant de la toiture en pailles (90%) par les éleveurs s’explique d’une part, par
l’avantage qu’elle procure aux porcs pendant les périodes de chaleur et d’autre part, par le faible
coût d’investissement lié à l’utilisation de matériaux locaux (DICK et GEERT, 1995).
Concernant l’approvisionnement en eau, 21,2% des élevages disposent d’eau de robinet, 29% de
l’eau de puits ou de forage contre près de la moitié (49,8%) des élevages qui sont sans sources
d’eau. Ces derniers utilisent surtout l’eau de pluies recueillie dans les citernes et sont ainsi
confrontés à d’énormes problèmes lorsque la réserve des citernes est épuisée.
Les systèmes d’alimentation et les rations de base utilisés par les éleveurs de porcs au Bénin sont
très variés. L’analyse des données sur les pratiques d’alimentation des porcs a révélé que la plupart
des éleveurs (90,9%) s’approvisionnent au niveau des unités locales d’aliment dont 26,7% chez les
revendeurs (particuliers et autres éleveurs). Certains éleveurs (9,1%), nourrissent leurs porcs sans
recours aux provenderies. Pour ces derniers, la ration de base est constituée essentiellement de
déchets de cuisine, des épluchures de manioc et des légumes, de manioc, de verdures et des eaux
basses de récupération d’huile de palme (tableau XXXII).
76
Quant aux premiers groupes d’éleveurs, 12,7% utilisent des provendes de porcs (aliment complet)
soit achetées (9,7%), soit préparées (3%) par l’éleveur; 35,2% utilisent comme ration de base un
mélange de 2 à 3 matières premières complétée par les verdures et les déchets de produits agricoles
contre 46,2% qui se contentent d’une ration de base composée essentiellement de tourteaux de
palmiste ou de drèches complétée par les restes de cuisine et autres produits agricoles (tableau
XXXII). La fréquence de distribution de la ration de base est variable, en général deux fois par jour
(58% des élevages) souvent sous forme mouillée ou de soupe après trempage dans l’eau (figure 5).
7%
36%
1fois/jour
2 fois/jour
3 fois/jour
57%
Les mêmes observations on été faites par DEKA et coll. (1998). Selon SERRES (1989),
BULDGEN et coll. (1994), il s’agit de ration quantitativement et qualitativement insuffisante,
d’utilisation digestive limitée (trop riche en fibre et pauvre en protéines),pouvant être à l’origine de
graves déficiences en protéines et en acides aminés, d’où les conséquences sur la croissance et la
productivité des porcs.
77
Tableau XXXIII: Fréquence d’utilisation de quelques matières premières en alimentation porcine
au Bénin
La conduite de l’élevage est assurée généralement par des éleveurs n’ayant aucune qualification
(72,8%), contre 3% de professionnels (tableau XXXIV). Certains éleveurs (24,2%) ont déclaré
avoir reçu une formation dans le cadre du PNREP (Programme National de Relance de l’Elevage du
Porc) et d’autres dans le centre Songhaï. Très peu d’exploitations porcines engagent des ouvriers
(12,8%). Les activités d’élevage sont effectuées pour la majorité par les éleveurs eux-mêmes et/ou
leur famille (87,3%). Dans les élevages enquêtés, le coût mensuel de la main d’œuvre varie de 10
000 à 35 000 FCFA en fonction des tâches effectuées.
Quant au mode d’élevage, 80,6% des éleveurs enquêtés pratiquent la claustration permanente,
contre 18,2% de semi-claustration (tableau XXXIV). Le très faible taux (1,2%) obtenu pour
l’élevage en divagation ne traduit pas l’inexistence de ce mode d’élevage au Bénin, mais s’explique
par le fait que ces types d’élevage n’ont pas fait l’objet de visite au cours de l’enquête. Cependant la
forte proportion de l’élevage en claustration permanente peut être expliquée par la prise de
conscience de certains éleveurs qui craignant toujours la menace de la peste porcine africaine
(PPA), mettent en pratique les savoirs acquis lors de différents ateliers de sensibilisation et
d’information organisés par ANEP/DE Bénin. Ce résultat ne concorde pas avec celui
d’ABDALLAH (1997), de MISSOHOU et coll. (2001) respectivement en Centrafrique et au
Sénégal où la divagation était le mode d’élevage le plus pratiqué.
78
Ces résultats concordent avec ceux obtenus au Brésil par MOLENAT et TRAN (1991), en
Guadeloupe par CANOPE et RAYNAUD (1980), à Madagascar par RAZAFIMANANTSOA
(1988), au Nigeria par SMITH (1982) et au Sénégal par MISSOHOU et coll. (2001), et
BULDGEN et coll. (1994).
L’âge moyen à la castration est de 3,64 mois. Elle est faite dans la plupart des cas par l’éleveur
même (56,4%) ou par un voisin, spécialiste de la localité (25%) selon la méthode sanglante avec
une lame de rasoir. La désinfection se fait soit avec de la cendre refroidie depuis la veille, soit avec
du savon traditionnel trituré dans de l’huile rouge. Seuls 18,6% des éleveurs font appel à un agent
vétérinaire pour la castration.
Selon BULDGEN et coll. (1994), cette pratique empirique de castration provoque des abcès très
fréquents alors que DEKA et coll. (1998) avaient observé des cas de tétanos.
Les performances obtenues chez la race locale concordent avec celles trouvées en milieu tropical
par la plupart des auteurs (MISSOHOU et coll., 2001; ABDALLAH, 1997; BULDGEN et coll.,
1994), mais l’âge à la première mise-bas est inférieur à celui obtenu par ces auteurs. Cependant
l’indice de consommation est plus élevé que celui trouvé en Taiwan par SERRES (1989).
Quant aux performances de la race améliorée, celles observées en 1997, correspondent largement à
celles trouvées par divers auteurs : ILBODOU (1984) au Sénégal, RAZAFIMANANTSOA (1988)
à Madagascar et MISSOHOU et coll. (1999) au Togo. Cependant une analyse minutieuse de ces
paramètres sur les autres années, révèle à côté d’une amélioration du taux de fertilité apparente, une
baisse inquiétante du taux de prolificité et une augmentation notable de l’indice de consommation
d’où une nécessité d’investigation du côté alimentaire mais surtout du coté génétique.
79
Tableau XXXVI: Performances de croissance et de reproduction en élevage porcin au Bénin
80
l’efficacité n’est pas toujours vérifiée), est mis en pratique (tableau XXXVII). D’autres éleveurs
dits « expérimentés » font carrément de l’automédication pour les animaux avec toutes les
conséquences possibles. C’est ainsi que près de 75% des exploitations porcines pratiquent le
déparasitage avec quelque fois l’utilisation des antibiotiques (44%) pour traiter des affections.
Tableau XXXVII: Quelques produits vétérinaires et plantes médicinales utilisés en élevage porcin
au Bénin.
MALADIES TRAITEMENTS
COURANTES Produits vétérinaires Plantes médicinales ou pratiques traditionnelles
Tétracycline Moringa oleifera (Yevohuoa*), Spondis monbin
Oxytétracycline, (Akinkloman*), Icacina trchanta-oliv (Ggègbèman*),
Diarrhées Sulfaguanidine, Jatropha curcas (Nyinkpotin*), Fagara xantoxyloïdes
Sulfathriméthoprime (Hêtin*), Nivaquine, Pénicilline
Ivermectine (Ivomec, Mélange (pétrole + huile de palme + sel), Crésyl,
Alfamec ND), Butox,
Gale sarcoptique Mélange (sel + eau de récupération du vin de palme
Taktic
après distillation)
81
3.8 FINANCEMENT DE L’ELEVAGE PORCIN
Au Bénin, la base du financement des élevages en général, de l’élevage porcin en particulier est
l’autofinancement, ce qui explique que 95,2% des élevages visités soient de type investisseur
(figure 6). Qu’ils soient professionnels ou non, les éleveurs de porcs créent leur élevage avec les
fonds propres accumulés de par leur activité principale rémunérée et ne bénéficient d’aucune
structure adaptée d’insertion. Les interventions de certains organismes de développement tels que
PISEA (Programme d'Insertion des Sans Emplois dans l'Agriculture), PAPME (Programme d'Appui
aux Petites et Moyennes Entreprises), PADME (Programme d'Appui au Développement des Micro-
Entreprises), etc. restent essentiellement limitées à l’agriculture et aux spéculations telle que
l’aviculture. Selon certains éleveurs, cette situation dont l’une des raisons peut être la peur des
investisseurs vis à vis de la PPA, constitue un handicap sérieux au développement de cet élevage.
Projet
3% Fonds propres
95,20%
1,80% +projet
Fonds propres
Bien qu’il ne soit pas toujours possible d’en estimer l’importance réelle, de nombreux élevages
porcins ont cessé leurs activités ces dernières années à cause de la PPA, et ceux qui subsistent ou
qui l’ont repris font encore état de nombreuses difficultés corroborées par les agents concernés par
le développement de l’élevage. Les efforts des éleveurs longtemps basés sur des initiatives isolées
ou individuelles se heurtent le plus souvent à diverses contraintes.
Faute de structure de formation spécialisée et d'encadrement, les éleveurs ne peuvent en fait que
compter sur eux-mêmes pour glaner les conseils quant à la conduite technique de l’élevage porcin.
Ils sont pour la plupart analphabètes et n’ont dans l’ensemble pas de formation technique, ni de
gestion. Ils essayent de se débrouiller ce qui ne réussit que rarement. Les éleveurs professionnels
sont très rares et les responsables salariés ou les ouvriers n’ont pas de qualification particulière.
Cette situation n’est pas compensée par de structures d’appui adéquates : absence de coopératives
d’éleveurs, l’ANEP qui n’est née que récemment a peu de moyen et n’intervient même pas
actuellement dans la commercialisation. Seuls ne peuvent se développer que les élevages dont la
82
productivité permet de dégager les marges financières assurant une trésorerie saine ainsi que des
possibilités d’autofinancement. Cependant le PNREP Bénin peut constituer un espoir.
En absence de toutes possibilités d’accès aux sources de financement (crédits), les éleveurs de porcs
ne comptent que sur leur seule possibilité d’autofinancement. Cette situation constitue un véritable
obstacle au développement de cet élevage. Ceci explique :
le fort pourcentage d’élevages construits sur fonds propres (figure 6) et l’insuffisance des
installations d’élevage et d’équipements qui ne permettent pas une bonne production ;
Seuls obtiennent d’assez bons résultats, les quelques élevages qui peuvent bénéficier de conditions
particulières (ferme de Kpinnou, FSA, Songhaï, ferme Aïzan et fils etc.).
Même si certains éleveurs prennent de plus en plus conscience du danger, d’autres, malgré la
catastrophe causée par la PPA, continuent toujours de pratiquer la divagation, où les porcs à la
recherche de leur subsistance font souvent l’objet de vols, de bastonnades et ne bénéficient d’aucun
suivi zootechnique et sanitaire. Ceci, non seulement affecte les performances et hypothèque la
rentabilité de l’élevage, mais constitue également un facteur de dissémination du virus de la maladie
par les animaux porteurs. Face à cette situation, une forte sensibilisation et information des éleveurs
reste encore à faire suivie de l’application pure et simple de la loi n°87-013 du 21 septembre 1987
qui stipule en son article 9, l’interdiction de la divagation des animaux domestiques.
Du fait du manque de moyens financiers, du manque de technicité des éleveurs, la majorité des
porcheries sont construites en matériaux locaux ou de fortune. De même certaines porcheries dites
semi-modernes ou modernes ne respectent pas toujours les normes minimales d’élevage et les
conditions d’ambiance, et la seule loge déjà de petites dimensions sert à la fois à la reproduction et à
l’engraissement des porcs.
Très peu d’éleveurs (12,7%) utilisent un aliment complet (provende porc) dont la qualité reste
encore à douter, car il n’existe aucun contrôle et un seul type d’aliment est commercialisé pour
toutes les classes d’âge de porcs. Pourtant, les systèmes de divagation, de la vaine pâture, de ration
composée d’une seule matière première (tourteau de palmiste) ou de 2 à 3 matières premières, etc.
ne sauront fournir aux porcs les éléments indispensables à la couverture de leurs besoins. Les
animaux sont en général mal conformés et ne donnent pas de bon rendement en viande avec un
allongement de la durée d’engraissement. En effet, le coût élevé de l’aliment ou des matières
premières, les pénuries fréquentes et les difficultés d’approvisionnement, représentent les
contraintes majeures auxquelles sont confrontées les éleveurs porcins quelle que soit leur taille. Il
en résulte alors une irrégularité quantitative et qualitative de l’alimentation distribuée d’où les
problèmes de sous-nutrition et de déséquilibre alimentaire et ses conséquences.
83
3.9.6 Contraintes sanitaires
Elles sont surtout parasitaires mais également infectieuses (PPA) et tiennent au mode d’élevage. En
effet, l’absence de déparasitage et de prophylaxie sanitaire rigoureuse compromet grandement la
santé des élevages porcins. Les problèmes sanitaires sont de loin des contraintes graves et
importantes dont la solution nécessite une œuvre de longue haleine. Elles peuvent s’avérer
insolubles au niveau de certains éleveurs souvent isolés et sans encadrement qui continuent de
pratiquer l’élevage en divagation, des importateurs clandestins de porcs, avec pour corollaire les
résurgences perpétuelles de foyers de PPA apparue depuis 1997.
Les facteurs sanitaires étant les éléments vitaux de la réussite d’un élevage, la production porcine
doit être précédée dans le contexte actuel, d’une mise au point sur l’état sanitaire des animaux et de
l’élevage, ce qui manque souvent chez les éleveurs porcins du Bénin. Même si quelques progrès ont
été constatés sur le terrain au cours de l’enquête (claustration permanente, désinfection des
porcheries), certains éleveurs pensent toujours qu’un porcelet introduit dans une porcherie, n’en
ressortira que pour la vente et ne prennent ainsi aucune mesure sanitaire (déparasitage, nettoyage et
désinfection des porcheries), ce qui explique les risques de menace de la maladie.
L’un des problèmes importants auquel est confronté l’élevage porcin, est celui du renouvellement
du sang et l’amélioration génétique de la race locale. Ce problème n’est pas méconnu tant en
élevage traditionnel que moderne avec pour conséquence une baisse des performances (baisse de la
portée ou du taux de prolificité, diminution de la vitesse de croissance). Le manque d’apport
extérieur de sang a contribué à une augmentation de la consanguinité (cas de Kpinnou).
Au Bénin, les acteurs de la filière porcine, en particulier les éleveurs porcins, n’ont été organisés en
association, Association Nationale des Eleveurs de Porcs (ANEP) que dans la précipitation à la
suite de l’éclatement de la peste porcine africaine dans le but de garantir leur profession et de
défendre leurs intérêts tant au niveau de la production que des circuits de distribution. Cette
situation a fait que l’association est absente dans certaines localités du territoire national. Cette
association manque de moyens financiers et souffre d’une insuffisance de mobilisation de ses
membres qui sont pour la plupart analphabètes avec pour conséquence, le dysfonctionnement de
certaines de ses sections. Actuellement, l’ANEP n’intervient pas encore dans la commercialisation
et il n’existe non plus aucune coopérative pour garantir le commerce du porc ce qui fait que la
recherche des débouchés de vente est surtout individuelle.
L’élevage du porc au Bénin est surtout tourné vers le marché; 61,8% des éleveurs s’adonnent à
cette activité à des fins essentiellement commerciales contre 38,2% pour la vente et
84
l’autoconsommation, notamment lors de cérémonies (58,8%), des fêtes (31%) et de consommation
familiale (10,2%). Ceci montre le rôle joué par cet élevage sur le plan socio-économique et culturel.
Le nombre d’animaux consommé est variable et peut aller de un à dix têtes par an selon les
exploitations (figure 7).
Concernant la vente, le principal lieu de vente des porcs reste le domicile, c’est à dire la vente
privée pour presque la totalité des éleveurs (91,9%). Les clients étant les commerçants de porcs et
les courtiers (41,8%), notamment pour les élevages de porcs locaux et ceux localisés en milieu
paysan, les charcutiers (31,5%), surtout pour les élevages urbains et périurbains, et enfin les
éleveurs et autres personnes particulières (26,7%). La méthode de vente la plus pratiquée est la
vente à l’estimée ou par marchandage du prix (53,3%). La vente au poids vif (22,7%) est faite
surtout dans les élevages modernes de races améliorées. Certains éleveurs (23%) pratiquent selon
les circonstances les deux méthodes de vente. Les prix de vente varient d’une exploitation à l’autre,
d’un client à l’autre selon la race, la taille et la catégorie du porc. Le prix moyen d’un porc
charcutier jeune à adulte, varie de 15 000 à 40 000 FCFA pour le porc local et de 20 000 à 80 000
FCFA pour le porc de race améliorée. Pour la vente au poids vif, le prix varie de 600 à 900 FCFA le
kg vif. Les périodes de fêtes, de cérémonies, notamment la grande saison sèche (octobre à février),
sont les moments privilégiés d’écoulement facile des porcs (71%). Par contre, les saisons pluvieuses
constituent naturellement une période d’écoulement difficile des porcins avec des coûts plus bas.
Pour certains éleveurs (19,5%), l’écoulement des porcs est permanent et est souvent dicté par le
besoin de l’éleveur (figure 8).
4-10 porcs/an
2-3 porcs/an
1 cSérie1 1
<2porcs/an
85
Saison sèche (fêtes,
cérémonies, etc.)
19,50% Saison pluvieuse
71%
Pour la plupart des éleveurs, le problème majeur est la vente à l’estimée et cela en général à des prix
bas. La commercialisation n’est pas organisée et les clients achètent les porcs en fonction du niveau
de l’expérience en marchandage de l’éleveur. Les charcutiers pour la plupart ne veulent pas payer le
porc à sa juste valeur et donne souvent des prix non rémunérateurs lorsqu’il s’agit d’un achat au
comptant. Il n’y a pas de preneurs immédiats si ce n'est pas le crédit. Les résultats révèlent que près
de 40% des éleveurs vendent souvent leurs animaux à crédit aux charcutiers, ce qui entraîne parfois
des rapports conflictuels puisqu’il n’y a généralement aucun contrat écrit, ni un engagement
particulier de la part du client. Certains éleveurs (30,8%) se sont plaints de l’inexistence de centres
modernes de transformation de porcs ou de marché extérieur pour l’écoulement des animaux à bon
prix. D’autres suspectant les charcutiers de faire d’énorme profit à leur dépens se proposent de
s’engager désormais dans la transformation de leurs animaux et la recherche de nouveaux
débouchés (cas des éleveurs de Comè et de Houéyogbé).
L’élevage de porcs est rentable selon la majorité des éleveurs (64,8%) qui pourtant, n’ont pas pu
nous livrer les informations relatives à leurs recettes et bénéfices moyens annuels. C’est au vu de
cela que nous avons jugé nécessaire, sur la base des informations recueillies au cours de l’enquête,
d’estimer le coût de production afin de mieux apprécier la rentabilité de l’élevage porcin au Bénin.
La production porcine ne peut se développer que si elle augmente les revenus de ceux qui la
pratiquent sous quelque forme que ce soit. Elle doit donc laisser un bénéfice. Pour s’en assurer, il
faut être capable de déterminer avec assez de précision le coût de revient des animaux que l’on
vend, que ce soit les porcelets ou les porcs engrais (porcs charcutiers) prêts à être abattus. Ces
données ne sont pas connues des éleveurs béninois. C’est une insuffisance qui est liée au déficit
d’informations sur l’importance et les méthodes de détermination de ces coûts, mais surtout à la
non-tenue de documents de gestion d’élevage à cause du manque de technicité de la majorité des
éleveurs porcins. Ainsi, faute d’avoir pu recueillir de données fiables pouvant servir à la
détermination de leurs coûts de production, nous avons eu recours à des extrapolations ou
approximations sur la base des informations collectées sur le terrain et des enregistrements
86
technico-économiques de la ferme de Kpinnou pour cette analyse économique. La plupart des
exploitations porcines ne fonctionnant que sur autofinancement, ces coûts seront déterminés sans
prendre en considération les charges financières, ni les cas de mortalités enregistrés au cours de la
production.
Les données utilisées dans cette analyse sont celles d’un élevage semi-moderne de porcs de race
améliorée, de type mixte (naisseur-engraisseur) d’un effectif de sept (7) têtes dont 6 truies et un
verrat. La porcherie (composée de 13 loges) d’une superficie totale de 144m² et les matériels
d’élevage (peson, brouette, pelles, râteau, houe, seaux et coupe-coupe) sont amortis sur 5 ans.
Le nombre de portée par truie est de deux portées par an en moyenne, avec une prolificité de 8
petits par portée soit donc au total 96 porcelets produits par an. Les porcelets sont vendus à 3 mois
d’âge soit 1,5 mois après le sevrage à un poids moyen de 22 kg à raison de 1 000 FCFA le
kilogramme vif. La consommation moyenne d’aliment est de 2 kg /j pour le verrat, 2,4 kg/j pour les
truies et 0,5 à 2 kg/j pour les porcs en engraissement. La main d’œuvre est de 15 000 FCFA par
mois. Les porcs réformés sont vendus à un poids de 80 kg à raison de 700 FCFA/kg vif.
Sur la base de ces données (tableau XXXVIII), le coût de production du porcelet sevré vendu à
3mois d’âge (rapport de la différence entre le total des charges et les recettes générées par la vente
des porcs réformés et la vente des fientes et autres stocks de fin d’année sur le nombre de porcelets
vendus) est de 20 111 FCFA, soit environ 915 FCFA/kg de poids vif (tableau XXXIX).
87
Tableau XXXIX: Coût de production du porcelet de 3 mois d’âge
Charges (FCFA)
Postes Pour tout l’élevage Par porcelet de 3mois Par kg de poids vif
Charges ou dépenses totales 2 322 655 24 194,3 1 100
Vente des porcs réformés - 392 000 - 4 083,3 -185,6
Coût de production du porcelet 1 930 655 20 111 914,4
de 3 mois d’âge
Dans cet élevage, l’engraissement des porcelets sevrés se poursuit jusqu’à 6 mois d’âge où les porcs
sont vendus à un poids moyen de 65 kg à raison de 700 FCFA/kg de poids vif. Cependant,
l’amortissement du bâtiment et des matériels d’élevage, les dépenses en alimentation et autres se
trouvent augmenter compte tenu du fait que le 2ème cycle d’engraissement ne se termine qu’au bout
de 1,5 an environ.
Dans ces conditions (tableau XL), le coût de revient d’un porc charcutier à 6 mois d’âge est évalué
à 39 598 FCFA, soit 609,2 FCFA/Kg de poids vif (tableau XLI).
Tableau XL: Calcul des marges effectuées pour la production du porc charcutier
88
Tableau XLI: Coût de production du porc charcutier
Les charges fixes s’élèvent respectivement à 402 500 FCFA et à 603 750 FCFA pour la production
du porcelet et celle du porc charcutier et représentent en moyenne 16% des charges totales (tableau
XLII).
Les charges variables sont de 1 920 155 FCFA et de 3 589 615 FCFA pour la production du
porcelet et celle du porc engrais, soit en moyenne 84% des charges totales. Le poste le plus
important est celui des aliments. En effet, les dépenses alimentaires représentent 63,05% et 74% des
charges totales et l’achat des reproducteurs 15,06% et 8,34% des charges totales respectivement
pour la production de porcelet de 3 mois d’âge et celle du porc engrais (tableau XLII).
Ces résultats concordent avec ceux obtenus au Sénégal (BOAD, 1984), où les charges alimentaires
représentent 70% du total des charges. Cependant, l’amortissement du bâtiment, porcherie semi-
moderne (en moyenne 9% du total des charges) nettement inférieur à celui du Sénégal, porcherie
moderne (représentant environ 20% des charges totales), peut être expliqué par la disproportion des
investissements réalisés.
89
3.11.3 Calcul des marges économiques
Elle correspond à la différence entre les recettes générées par la vente des porcs produits et les
dépenses en aliments. Elle s’établit respectivement à 647 520 FCFA et à 1 265 160 FCFA pour la
production du porcelet et celle du porc charcutier (tableaux XXXVIII et XL).
La marge brute
Elle est la différence entre les recettes totales et le total des charges variables. Elle est de 583 845
FCFA et de 1 170 385 FCFA, soit respectivement 6 082 FCFA/porcelet sevré de 3 mois d'âge et 12
191 FCFA/porc charcutier (tableaux XXXVIII et XL).
La marge nette
Elle correspond à la différence entre les recettes totales et les dépenses ou charges totales.
Dans le cas de la production de porcelet, les recettes totales s’élèvent à 2 504 000 FCFA et les
dépenses totales à 2 322 655 FCFA, ce qui donne une marge nette de 181 345 FCFA, soit 1 889
FCFA/porcelet (tableau XXXVIII). Cette marge obtenue est faible et ne représente que 7,8% des
charges totales, soit un revenu mensuel de 15 112 FCFA pour l’éleveur.
Dans le cas des porcs charcutiers, les recettes totales sont de 4 760 000 FCFA et les dépenses totales
s’établissent à 4 193 365 FCFA, ce qui dégage une marge nette de 566 635 FCFA, soit 5 902,4
FCFA/porc engrais (tableau XL). Cette marge qui représente 13,51% des charges totales est
relativement faible et dégage un revenu mensuel de 31 480 FCFA pour l’éleveur.
De ces résultats, il ressort que la production de porcs engrais est plus rémunératrice que celle de
porcelets de 3 mois d’âge. Ceci explique la prédominance des élevages porcins de type mixte
rencontrés sur le terrain. La marge nette dans les deux cas étant positive, on peut affirmer que
l’élevage de porc est rentable. Notons au passage, l’importance de la vente des réformés dans la
formation des coûts de revient et la rentabilité, puisque la vente des animaux produits seule ne
couvre qu’à peine ou pas les charges totales. Cependant, cette rentabilité laisse à désirer. En effet, la
marge de l’éleveur est faible et il est difficile d’intégrer tous les coûts de production au niveau de
l’éleveur dans les hypothèses de calcul. Pour que l’éleveur devienne consommateur de biens
d’équipements sans mettre en péril son cheptel porcin, il est nécessaire que la vente de ses animaux
lui profite d’avantage qu’à certains acteurs de la filière (charcutiers, commerçants). Vu les
différents coûts de production obtenus et les mortalités éventuelles qui n’ont pas été prises en
compte, la production porcine ne pourra vraiment nourrir son homme que lorsque les porcs produits
sont vendus au poids vif en particulier à un prix supérieur à 1 000 FCFA/kg de poids vif pour les
porcs de moins de 25 kg, et à un prix supérieur à 700 FCFA/kg de poids vif pour les porcs
charcutiers, ce qui n’est pas souvent le cas sur le terrain.
Si ces observations rejoignent en partie celles de la ferme de Kpinnou qui se refuse de vendre ses
porcs de moins de 20 kg au prix de 800 à 900 FCFA le kilogramme vif, elles ne seront pas de même
pour tous les élevages porcins, d’où la nécessité d’une étude plus longue et plus ciblée sur les
aspects économiques pour valider ou non ces résultats et déterminer des valeurs nationales.
Au vu de ces résultats, le circuit de commercialisation du porc et de ses dérivés a besoin d’être
assaini pour permettre une distribution proportionnelle des marges en fonction des investissements
et des risques encourus.
90
4 COMMERCIALISATION DU PORC AU BENIN
Le dernier stade de toute production, en particulier de la production porcine est la vente des produits
finis (vifs ou transformés). Le producteur, quelle que soit l’importance qu’il envisage donner à son
exploitation, doit de prime abord trouver de solution à la question fondamentale de l’existence de
marchés assurés et à prix adéquats pour les animaux, car la rentabilité potentielle de l’exploitation
qui sans doute varie d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre dans un même pays en dépend. Ainsi
nécessaire est-il de cerner les réalités qui sont liées à la commercialisation du porc au Bénin.
C’est un système de vente à domicile. Il est le plus répandu et est surtout pratiqué par les éleveurs.
Les porcs sont vendus sur pieds pour un prix qui fait souvent l’objet de marchandage à des
commerçants de porcs, des courtiers, des charcutiers, des consommateurs particuliers ou à d’autres
éleveurs. Ce système même s’il a eu le mérite d’être le plus simple, dans le milieu rural, les
producteurs qui ne sont pas au fait des prix en vigueur, risquent d’être souvent lésés par les
revendeurs et les charcutiers puisqu’il n’existe aucune coopérative pour garantir des prix corrects
aux éleveurs porcins.
Dans ce système, les porcs sont conduits aux marchés, où ils sont vendus sur pieds, à la criée, au
plus offrant. Il est surtout pratiqué par les marchands de porcs et les courtiers.
C’est un système dans lequel les éleveurs ont la possibilité de passer un contrat avec un abattoir ou
un centre moderne de transformation de porcs pour la livraison d’un certain nombre d’animaux à un
prix donné sur une période déterminée. Ce système est destiné surtout aux élevages de grande taille
et permet aux producteurs de planifier leur production à plus long terme. Il est très rarement
pratiqué par les éleveurs, faute de centre moderne de transformation de porcs au Bénin.
C’est un système dans lequel les animaux sont abattus et commercialisés sous forme de viande
fraîche, frite et autres. Il est très répandu au Bénin et est surtout l’apanage des charcutiers installés
un peu partout dans les centres-villes des départements.
Il en existe plusieurs. Dans le cadre de notre étude, quatre (04) principaux marchés ont été visités. Il
s’agit :
des marchés d’Azovè et de Klouékanmè dans le département du Mono ;
91
du marché d’Adjarra dans le département de l’Ouémé ;
du marché Houndjro d’Abomey dans le département du Zou.
Les marchés porcins s’animent tous les cinq jours dès sept heures du matin jusqu’au soir, soit en
moyenne cinq tenues de marché par mois. L’approvisionnement en bêtes des marchés est assuré
pour la plupart par les commerçants, les courtiers, les intermédiaires et dans une moindre mesure
par les éleveurs. Ces derniers n’y conduisent leurs animaux qu’en cas de besoins financiers urgents
à satisfaire. Le mode de transport reste le convoyage par les motos et les vélos. Sont présentées et
vendues dans les marchés visités, les espèces animales telles que les volailles, les petits ruminants et
les porcins. Concernant les porcins vendus dans ces marchés, ils sont dans 85 à 95% des cas des
porcs locaux et dans 5 à 15% des cas des porcs métis ou améliorés, appartenant en général à trois
catégories : les porcelets, les porcs charcutiers, plus importants et les porcs réformés. Le tour des
92
paillotes d’exposition des porcs, les entretiens effectués avec les habitués des marchés et les
responsables vétérinaires, révèlent que le plus grand marché porcin est celui d’Adjarra, suivi du
marché d’Azovè (tableau XLIII).
L’offre des marchés porcins est plus importante pendant la grande saison sèche (novembre à mars),
notamment à l’approche des fêtes de fin d’année et les jours de marché qui coïncident avec le week-
end. Il en est de même pour la demande. Par contre, l’offre est faible pendant l’hivernage, car les
courtiers et les commerçants de porcs sont limités dans leur déplacement par l’état dégradant des
voies menant vers les campagnes d’une part, et les éleveurs porcins d’autre part majoritairement
agriculteurs, sont préoccupés par les activités champêtres. Les porcs présentés dans les marchés ne
proviennent pas toujours des localités du département dans lequel se trouvent ces marchés. En effet,
les porcs vendus dans les marchés porcins proviennent non seulement d’autres départements du
territoire national, mais également d’autres pays voisins (Togo, Nigeria) à la faveur de transactions
commerciales.
Marchés
Offre moyenne AZOVE KLOUEKANME ADJARRA HOUNDJRO TOTAL
(nombre de têtes)
Offre à chaque jour de 325 120 500 200 1 145
marché
Offre mensuelle 1 625 600 2 500 1 000 5 725
Pourcentage (%) 28,38 10,48 43,67 17,47 100
Les transactions commerciales de porcs sont très importantes et s’observent à travers tout le pays
(intra et inter-départementales). En effet, au cours des visites sur les marchés porcins, il a été
constaté que les mêmes opérateurs animent à la fois plusieurs marchés dans la même période. Le
volume des échanges varie d’un département à l’autre. Le Mono et le Zou sont les principaux
fournisseurs de porcs aux départements de l’Atlantique et de l’Ouémé qui abritent les grands centres
de consommation (Cotonou, Porto-Novo), puis viennent les départements du Nord, Borgou
(Parakou, Malanville) et Atacora (Natitingou, Tanguiéta, Matéri) dont le principal point de chute
des porcs qu’ils fournissent reste le marché d’Adjarra dans l’Ouémé (figure 9).
Les transactions transfrontalières existent et prennent de plus en plus d’importance. Il s’agit surtout
d’importations clandestines de porcs avec pour principales voies de transport, les bas-fonds
d’Avrankou et d’Amèdédjonou pour les animaux en provenance du Nigeria, et le fleuve Mono pour
ceux provenant du Togo. A en croire certains opérateurs de la filière, ce sont les courtiers et les
commerçants béninois qui vont eux-mêmes s’approvisionner en porcs dans ces pays voisins pour
venir les vendre sur les marchés du Bénin (Adjarra et Azovè). Si ces transactions permettent de
combler les pénuries importantes en viande porcine engendrées par l’épizootie de la peste porcine
africaine, elles ne constituent pas moins l’une des principales raisons des cas fréquents de
résurgence de cette maladie observés dans le pays puisqu’elles échappent à tout contrôle sanitaire
au niveau des frontières. Les importations officielles de produits porcins au Bénin, remontent aux
93
années 1997 et 2000 et sont respectivement de 93,65 tonnes de viande et 7 200 porcins en
provenance de la France et du Nigeria (tableau XIII). D’après les entretiens avec certains acteurs de
l’Ouémé et du Mono, les périodes de fêtes, de cérémonies, notamment la saison sèche, constituent
les moments de forte affluence pendant lesquels s’observent d’importantes entrées de porcs sur les
marchés d’Azovè et d’Adjarra respectivement en provenance du Nigeria et du Togo, ce qui
explique les offres importantes de ces marchés (figure 9).
En matière de contrôle sanitaire, seuls les porcs abattus aux abattoirs de Cotonou et de certaines
tueries des grandes villes font l’objet d’inspection par le Service de Contrôle des Denrées
Alimentaires et Aliments de Bétail (SCDAAB) de la Direction de l’Elevage. L’intervention des
services vétérinaires dans les tueries artisanales est limitée voire absente, ce qui fait que des porcs
sont souvent abattus dans des conditions d’hygiène et de salubrité déplorables, avec un nombre
assez important d’abattages clandestins exposant ainsi une bonne partie de la population à des
risques de santé publique.
Au total, la présence d’intermédiaires entre les producteurs et les charcutiers et/ou consommateurs
révélée par le schéma des circuits de commercialisation (figure 10) peut être expliquée par
l’éloignement des zones de production de porcs des grands centres de consommation, et confirme
l’observation selon laquelle les porcs locaux sont prédominants dans les marchés.
94
Niger
Burkina Faso
,•...
•
.~
•
Togo Nigéria
....• Légende
Importations
Transactions
.........,
Abl IN,
Inter-départementales
Transactions
Intra-départementales
.-
Figure 9: Transaction commerciales de porcs au Bénin
95
Centres d’approvisionnement
(éleveurs en milieu paysan et
villages)
Réélevage
Personnes
Revendeurs et Commerçants
Charcutiers particulières
intermédiaires et courtiers
restaurateurs
Activités culturelles
Marché (funérailles, mariages…)
.
terminal
Charcuteries Restaurateurs
bar restaurants urbains Personnes
particulières
Abattoirs
et tueries
artisanales Transformation
Consommateurs
96
4.2.5 Demande ou consommation de produits porcins
Au Bénin, la demande en produits porcins n’ayant pas fait l’objet ni d’étude, ni d’enquêtes
systématiques, il paraît difficile en l’état actuel de l’information disponible de fournir une idée
précise sur le niveau actuel de consommation individuelle béninoise en produits porcins. Selon
MDR/DE Bénin (1994a), la consommation nationale moyenne de protéines animales établie en
1992 est de 8,4 kg/habitant/an (ce qui est nettement inférieure à la norme admise, 12 kg/habitant/an)
dont environ 15% sont fournis par les produits porcins (tableau X),soit un niveau de consommation
d’environ 1,2 kg de viande de porc par habitant par an. Cette consommation de produits porcins est
nettement supérieure, soit le double de celle obtenue en milieu urbain au Sénégal (BOAD, 1984).
La population béninoise estimée à 4 855 349 habitants en 1992 étant passée à environ 5,3 millions
en 1997 avec un taux d’accroissement de 3,4%, on peut dire que le niveau de consommation en
produits porcins n’a pas changé jusqu’en 1996 puisque le taux d’accroissement du cheptel porcin
est d’environ 4,2% (DE Bénin, 1996). Cependant, à partir de 1997, la consommation de produits
porcins a connu sans doute une chute vertigineuse à cause de l’éclatement de l’épizootie de la peste
porcine africaine (PPA) qui a décimé plus de 70% du cheptel porcin (tableau VII) ce qui se traduit
par une réduction brutale des abattages contrôlés de porcs (tableau XLIV) et une augmentation
exponentielle des importations de viande de volailles (tableau XIII). Sur cette base, le niveau de
consommation en produits porcins au Bénin serait actuellement très faible, d’où la nécessité d’une
reconstitution de ce cheptel.
Tableau XLIV: Evolution des abattages contrôlés de porcs de 1996 à 2001 (DE-Bénin, 1996)
Les éleveurs sont très peu présents dans les marchés, car ils pratiquent pour la plupart le système de
vente à domicile. Certains n’y conduisent leurs animaux qu’en cas d’un besoin ponctuel à satisfaire.
Au niveau des marchés, ils n’interviennent pas dans la vente des animaux du fait de la présence des
intermédiaires. Ainsi, ils sont obligés soit de vendre directement les animaux aux commerçants ou
aux courtiers, soit de les confier à un intermédiaire.
97
[Link] Les courtiers
les courtiers commerçants qui disposent d’un capital avec lequel ils payent directement en
milieu paysan les porcs qu’ils vont, soit vendre aux charcutiers, soit aux grands commerçants ou
soit dans les marchés ;
les courtiers intermédiaires qui sont plus ou moins dépourvus de capital. Ils parcourent les zones
rurales pour acheter et/ou collecter les porcs surtout confiés qu’ils se chargent de vendre par la
suite dans les marchés ou aux charcutiers des centres-villes.
Les intermédiaires sont eux présents dans tous les marchés, en particulier à Adjarra. Ils sont en
général sans capital, mais incontournables dans les marchés. Ils sont de par leur rôle, en mesure de
prédire à tout moment la tendance du marché. Ils s’occupent pour la plupart de la vente des porcs
soit pour les éleveurs, soit pour les commerçants, et constituent souvent dans les marchés un
homme de confiance entre vendeurs et acheteurs. Ils sont après chaque opération rémunérés à
hauteur de 200 à 1 500 FCFA par animal vendu selon sa catégorie et les circonstances de vente.
L’enquête sur la commercialisation des porcs dans les marchés a concerné 22 commerçants (tableau
XLV).
Des résultats obtenus, il ressort que la vente de porcs n’est pas l’affaire des femmes dans tous les
marchés visités. Les marchands sont tous des hommes âgés en moyenne de 35 à 50 ans, notamment
à Adjarra et à Houndjro alors qu’ils sont relativement jeunes dans le Mono (22 à 35 ans). N’est pas
commerçant de porcs qui le veut. Selon les opérateurs, cette activité relève souvent de l’héritage et a
une histoire bien précise. Ce sont exclusivement les Gouns qui font le commerce de porcs à Adjarra,
les Fons à Houndjro tandis que dans le Mono on trouve les Sahouè et les Adjas. Les commerçants et
les courtiers sont en majorité originaire de l’Ouémé et sont plus ambulants, car on les retrouve dans
les autres marchés. Ils parcourent tous les autres départements du Sud et même du Nord
(Malanville, Tanguiéta, Matéri, Natitingou et Parakou), à la recherche de porcs d’où la grande
diversité de l’origine des porcs présentés au marché d’Adjarra. Ils partent aussi dans les marchés
des pays voisins (Nigeria, Togo) pour se ravitailler en porcins. La vente des porcs dans les marchés
se fait par marchandage à la différence de certaines fermes modernes ou élevages périurbains où
elle se fait au poids vif (600 à 900 FCFA le kilogramme vif). Les périodes de fêtes, de cérémonies
(saison sèche) et les jours de marché coïncidant avec le week-end constituent les moments
d’écoulement facile des porcins dans les marchés à des prix relativement bons. Les moments
d’écoulement difficile sont surtout les saisons pluvieuses (figure 8).
98
[Link] Les prix des porcins et la marge du commerçant
Les prix varient d’un marché à l’autre selon le degré d’organisation des commerçants et en fonction
de la race et de la catégorie de l’animal. Ils sont habituellement fixés selon la loi de l’offre et de la
demande. De façon globale, les prix relevés au niveau des marchés pour différentes catégories de
porcs sont indiqués dans le tableau XLVI.
Quant à la marge du commerçant, elle est aussi variable en fonction de la catégorie de porcs vendus.
A en croire les opérateurs, le commerce du porc est assez rentable. Cependant, nous n’avons pas pu
avoir assez d’informations concernant la marge à cause du refus catégorique de certains
commerçants qui la considèrent comme un secret personnel. D’autres ont déclaré que leur marge
brute par animal (sans considérer le coût de transport, les taxes communales tels que le ticket de
marché, le ticket de sortie et autres) varie de 900 à 8 000 FCFA. Ainsi, si l’on considère qu’un seul
porc soit vendu à chaque jour de marché, la marge brute mensuelle du commerçant serait de 4 500 à
40 000FCFA ce qui prouve que cette activité n’est pas moins rémunératrice.
Les résultats obtenus révèlent que les charcutiers achètent les porcs aussi bien au niveau des
marchés (41%) qu’au niveau des exploitations porcines (47%). Certains (12%) effectuent leur achat
à tous les niveaux où cela leur est possible. Les deux méthodes d’achat (au poids vif et/ou à
99
l’estimée) sont pratiquées. Concernant le mode de paiement, 55,2% des charcutiers achètent au
comptant, 11,5% pratiquent les achats à crédit contre 32,9% qui selon les circonstances pratiquent
les deux modes. A en croire certains opérateurs, le remboursement a lieu parfois après la vente du
porc abattu, mais en général cinq jours à une semaine après l’achat. Le prix d’achat au poids vif
varie de 600 à 900 FCFA le kilogramme vif.
Le nombre de porcs abattus par semaine ou par mois est variable d’une charcuterie à l’autre, d’un
département à l’autre. Les départements de l’Atlantique et de l’Ouémé sont les deux principaux
centres de transformation voire de consommation de porcs avec des abattages pouvant aller jusqu’à
100 porcins par mois au niveau de certaines charcuteries, alors que dans les départements du Mono
et du Zou, ces abattages n’excèdent pas 40 porcins par mois (tableau XLIX).
Quant à la vente, plusieurs spécialités culinaires sont présentées par les charcutiers restaurateurs qui
pour la plupart installent leur charcuterie au bord de la voie. Ces spécialités peuvent aller selon les
charcuteries, des viandes fraîches, frites aux sauces kpêtè en passant par les fritons et les brochettes.
La vente se fait en général sur place au niveau des charcuteries (85%) et parfois dans les marchés
(11,5%) surtout pour celles qui sont installées au cœur des marchés. Les clients sont dominés par les
nationaux (85,6%), notamment les travailleurs privés, les apprentis et les fonctionnaires qui ne
rentrent pas à la maison les midis. Les bonnes dames, les supérettes, les expatriés et autres
personnes ne représentent que 14,4% des clients. Les périodes d’affluence sont les jours fériés, les
jours de marché et surtout les week-ends (75%). Les fins ou débuts de mois (10%) sont aussi des
moments de vente facile. Pour certains charcutiers la vente se fait à tout moment et est sans période
(figure 11). Les heures d’affluence vont de 11 heures à 15 heures dans presque toutes les
charcuteries.
La quasi-totalité des charcutiers font la vente au comptant (94,8%) contre 5,2% de crédit,
notamment pour certains clients fidèles et amis. Environ 86% des charcutiers satisfont la demande
de leurs clients dont ils jugent d’ailleurs le nombre se stabiliser à cause de la concurrence de
nouvelles charcuteries. Quant aux prix de la viande de porc, ils sont unanimement fixés par les
charcutiers selon les localités et les départements. Ils varient de 1 200 à 2 000 FCFA au maximum.
Le prix moyen est de 1 500 FCFA le kilogramme de viande fraîche (tableau L).
Si la majorité des charcutiers (89%), ont soulevé certaines difficultés tels que le transport des
animaux, les cas de mortalités, le manque de fond de roulement, l’absence d’équipement de froid
pour la conservation des viandes surtout lors de mévente et autres charges (patente, loyer, etc.), ils
ont cependant unanimement reconnu la rentabilité de leur activité, sans pour autant nous livrer la
valeur moyenne de leur profit. Ainsi, nous avons jugé nécessaire, sur la base des informations
recueillies sur le terrain, d’estimer la marge effectuée par les charcutiers.
100
Tableau XLVII: Répartition des charcutiers enquêtés par localité
Tableau XLIX: Effectifs de porcs abattus par mois dans les charcuteries enquêtées par département
101
10%
Prix (FCFA/kg de viande fraîche) 1 500 - 2 000 1 200 - 1 500 1 200 - 1 400 1 500
Il a été considéré dans le calcul de la marge, un achat au poids vif (700 FCFA/kg PV) d’un porc
charcutier de race améliorée et d’un poids vif moyen de 60 kg.
La marge du charcutier est élevée, 30,33% du prix de vente final alors que le prix payé au
producteur représente moins de 65% du prix payé par le consommateur. Les coûts d’approche
supportés par le charcutier sont estimés à 112 FCFA/kg de carcasse, soit environ 7,45% du prix à la
consommation.
102
En supposant que le prix payé au producteur est respectivement égal à 66% (soit environ 750
FCFA/kg vif de l’animal sur pied), 70% (environ 800 FCFA/kg), la marge nette du charcutier
demeure encore relativement élevée, soit respectivement 26% et 22% du prix de vente final.
Puisque la plupart des charcutiers vendent souvent la viande sous forme frite, de brochettes, etc. de
même que les abats qui n’ont pas été ici pris en compte, il est clair que cette marge pourrait être
plus élevée. On peut donc considérer sans risque d’erreur que l’activité des charcutiers est bien
rentable.
Les consommateurs de viande de porc constituent le dernier maillon de la filière porcine au Bénin.
L’enquête sur les consommateurs s’est déroulée dans les mêmes départements avec pour cibles
différentes catégories socioprofessionnelles.
Dans l’échantillon, 78% des consommateurs interrogés sont des chrétiens et 22% sont des
animistes. Ils appartiennent à diverses ethnies dont les plus représentées sont les Fons (33%), les
Gouns (29%), les Adja (10%) et autres (figure 12).
103
La consommation de viande de porc a un bel avenir. La plupart des consommateurs sont dans la
frange jeune de la population; 44,24% sont dans la catégorie 18-30 ans, 46,54% sont dans la tranche
30-45 ans et 9,21% sont âgés de plus de 45 ans. Ils sont en majorité des hommes (89%) et se
trouvent dans toutes les catégories socioprofessionnelles avec pour dominance les travailleurs
privés (44,7% : professionnels de métier, apprentis, artisans et commerçants), les fonctionnaires
(30,6%), les élèves, les étudiants et autres personnes (24,7%).
5% 10% Adja
6%
Goun
Mahi
Mina
29%
33% Sahouè
Fon
Tori
7% Autres
5% 6%
5,10%
18,40%
Quotidienne
23% 2-4 fois/semaine
1-3 fois/mois
occasionnelle
53,50%
104
Concernant le moment de consommation dans la journée, la plupart des amateurs enquêtés (73%)
prennent la viande de porc au déjeuner, 8,6% au dîner et 18,4% au déjeuner et/ou au dîner, ce qui
explique la forte affluence observée dans les charcuteries de 11 heures à 15 heures. Le déjeuner se
prend donc hors du foyer par la majorité des consommateurs. Ceci constitue un atout à l’actif de la
multiplication des charcuteries restaurants observées dans les villes comme Cotonou, Calavi, Porto-
Novo, Lokossa, Abomey et Bohicon. La consommation au dîner concerne toute une famille où le
père ou la mère à l’occasion achète souvent la viande de porc fraîche pour la préparer en famille. La
quantité de viande consommée varie d’un consommateur à l’autre. Elle peut aller de un à plus de
trois kilogramme par semaine. La majorité des consommateurs (48,4%) prennent 1,5 à 2,5 kg de
viande de porc par semaine (figure 14). Les raisons de préférence du lieu de restauration sont
diverses et vont de l’hygiène aux spécialités culinaires ou bonne cuisine (70%) en passant par la
proximité ou le gain de temps (17%), la disponibilité, le besoin alimentaire et le repas entre amis.
Plus de la moitié des consommateurs (55%) préfèrent les maigres (muscles), 28% les abats et 5%
les viandes grasses. Les autres n’ont aucune tendance particulière à telle ou telle catégorie de viande
(figure 15).
>2,5Kg/semaine
1,5-2,5Kg/semaine
<1,5Kg/semaine
12%
Maigre
Grasse
28%
55% Abats
Mixte
5%
105
La plupart des consommateurs apprécient mieux la viande de porc que celle des autres espèces
qu’ils consomment. A défaut de la viande de porc à laquelle ils sont habitués, ils préfèrent surtout la
viande de volailles (47%), de petits ruminants (16,6%) ou de poissons (figure 16). Ceci justifie la
flambée des importations de viande de volailles enregistrées après l’éclatement de la peste porcine
en 1997 (tableau XIII).
47%
Bovins
16,60%
Petits ruminants
Lapins
5,40%
Volailles
16,60% Poissons
14,30%
Le comportement à l’achat montre que 3,8% des consommateurs n’achètent pas la viande de porc
(don ou repas entre amis) et 8,8% y consomment par achat et/ou don. Chez les personnes qui
achètent la viande de porc (87,4%), elles s’approvisionnent pour la majorité au niveau des
charcuteries (73%). D’autres, en particulier les consommateurs en famille, vont au niveau des
abattoirs ou tueries artisanales et/ou au niveau des charcuteries (18,4%). Le rythme d’achat et les
quantités payées sont variables (figures 13 et 14). Les prix d’achat de la viande varient d’un
département à l’autre, d’une charcuterie à l’autre selon les spécialités servies. Le prix moyen du
kilogramme de viande fraîche est de 1 500 FCFA (tableau L). Par rapport aux autres viandes, la
viande de porc est moins chère. Mais, selon la majorité des consommateurs (71%), le prix actuel de
la viande de porc est trop élevé tandis que certains (21%), déclarent n’avoir aucune différence entre
le prix de cette viande et ceux des autres viandes. En effet, en comparant le prix actuel de la viande
de porc à celui de 1996 (environ 1 000 FCFA) avant l’apparition de la peste porcine africaine
(PPA), on constate une hausse de 50% soit un accroissement moyen d’environ 10%, ce qui n’est
pas négligeable. C’est ainsi qu’à la question de savoir ce qui pourrait augmenter la consommation
de la viande porcine, la réduction du prix constitue une raison pour 46,5% des consommateurs,
l’augmentation du revenu pour 30%, l’information pour 13,5% et l’approvisionnement facile pour
3,5%. Environ 27% des consommateurs n’arrivent pas toujours à satisfaire leur envie faute de
moyens financiers et/ou d’approvisionnement facile. Enfin, seuls 19% des consommateurs ont
donné un avis favorable à la question de s’engager aussi dans l’élevage porcin. Les autres (81%) ont
évoqué diverses raisons allant de la PPA aux difficultés et contraintes liées à cet élevage en passant
par les problèmes socio-économiques et l’indisponibilité pour donner leur désaccord. Ceci prouve
que la majorité les consommateurs n’élèvent pas de porcs.
106
4.4 STRUCTURES OU INSTITUTIONS INTERVENANT DANS LA COMMERCIALISATION:
RELATIONS ENTRE LES ACTEURS DE LA FILIERE PORCINE
Les institutions d’Etat telles que, la Direction du Commerce Intérieur (DCI), pouvait intervenir dans
la fixation des prix du bétail et de la viande. Mais si cette approche paraît intéressante, il n’en
demeure pas moins que la détermination des coûts réels de production pourrait en constituer une
étape préalable. L’impossibilité de procéder à une estimation objective de ces coûts, du fait du
manque d’informations quantifiées sur l’élevage porcin et les composantes du circuit de
commercialisation de porc, rend ces prix aléatoires. Les services de l’élevage, en particulier les
abattoirs de Cotonou (capacité d’abattage = 110 tonnes de viande de porc) qui assurent le traitement
des viandes n’interviennent que dans le cadre des opérations d’inspection sanitaire des produits et
du contrôle de l’hygiène des infrastructures d’exploitation.
Les acteurs du circuit de commercialisation tant vif que mort sont confrontés à d’importantes
difficultés.
l’inexistence d’infrastructures et d’équipements (en particulier les balances pèse - bétail) sur
les marchés porcins qui sont essentiellement de nature traditionnelle avec un système de
commercialisation basé sur la vente à l’estimée ou au juger et non au poids vif. Cette
situation entraîne souvent des pertes plus ou moins considérables et compromet parfois la
rentabilité de l’élevage porcin ;
le nombre élevé d’intermédiaires dans les marchés constitue un passage obligé pour les
éleveurs qui ne peuvent pas intervenir dans la vente de leurs animaux sur ces marchés et
contribue à une augmentation du prix des porcs mais au profit des commerçants et des
courtiers ;
le manque de liquidités et l’absence d’accès au crédit obligent les acteurs à se faire de crédit
entre eux et contribuent à l’augmentation des prix par rapport à l’achat au comptant ce qui
entraîne souvent des rapports conflictuels puisque ces opérations se font généralement sur la
base de confiance personnelle sans aucun contrat, ni engagement particulier de la part du
client ;
107
l’inorganisation de la commercialisation caractérisée par un manque de relations
contractuelles et de concertation entre les différents acteurs de la filière qui se sont pourtant
réunis dans des associations dont l’ANEP pour les éleveurs et l’ANATP pour les
charcutiers. Il n’existe aucun centre moderne de transformation de porcs, ni coopérative
pouvant garantir la commercialisation des porcs à des prix adéquats et chaque acteur veut
toujours tirer le maximum de profit. Les éleveurs qui sont les producteurs d’animaux, ne
cherchent qu’individuellement leurs débouchés et sont confrontés à des problèmes
d’écoulement, des difficultés de commercialiser leurs porcs à des prix rémunérateurs ;
la faible circulation des informations commerciales relatives au bétail, en particulier au porc,
faute d’un observatoire de commerce de porc et de la viande porcine ;
les difficultés de transport et les cas de mortalités des animaux achetés ;
Ce sont :
l’insuffisance d’infrastructures de traitement (abattoirs) de porcs. En effet, il n’existe sur
tout le territoire national qu’un seul abattoir agréé, celui de Cotonou/Porto-Novo dans le
département de l’Atlantique. Avec le nombre important des charcuteries, cette situation a
favorisé la création de multiples aires d’abattage (tueries) un peu partout dans les
départements. Ces tueries qui sont installées dans ou aux alentours des centres-villes ne
disposent en général d’aucune installation respectant les normes sanitaires de sorte que les
porcs sont traités dans des conditions hygiéniques déplorables. A cela, s’ajoute la grande
concurrence des abattages clandestins de porcs. Ainsi la majeur partie des animaux abattus
échappent au contrôle d’inspection sanitaire par les agents vétérinaires des services de
l’élevage qui sont en nombre réduit, exposant une bonne partie de la population à des
risques de santé publique ;
l’absence d’équipements de froid dans certaines charcuteries constitue un problème réel de
santé publique. Des quartiers de carcasse de porcs sont souvent exposés dans la chaleur à la
merci des mouches. Pour contourner le problème, d’autres sont obligés de frire toute la
carcasse découpée ;
le prix élevé de la viande de porc; les consommateurs relativement jeunes se plaignent du
prix même s’ils manifestent par leur forte présence dans les charcuteries restaurants, un goût
de plus en plus important pour la consommation de la viande de porc, car la plupart d’entre
eux ne disposent que de revenus plus ou moins constants.
Face à toutes les contraintes que nous avons évoquées dans cette étude, quelles sont les
tentatives d’amélioration et les perspectives de développement de cette filière porcine ?
108
CHAPITRE 3 : PROPOSITIONS D’AMELIORATION ET
PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE
PORCINE AU BENIN
Au regard des contraintes révélées par cette étude, il importe que des actions d’amélioration et des
perspectives soient envisagées en vue de soutenir les acteurs engagés pour un bon développement
de la filière. Du fait de l’inorganisation structurelle et fonctionnelle qui caractérise cette filière
porcine, l’on ne peut envisager une véritable amélioration sans commencer par y mettre plus de
l’ordre.
Elles s’inscrivent à trois niveaux que sont la production, la commercialisation et la politique globale
d’élevage avec pour cibles, les principaux acteurs de la filière porcine et les pouvoirs publics.
109
de financement et des problèmes génétiques auxquels les améliorations suivantes peuvent être
apportées.
[Link] Intégration de la filière porcine
Elle correspond à une amélioration du cadre organisationnel des producteurs pour permettre une
meilleure harmonisation des activités de la filière. Ceci peut se traduire par la mise en place de
structures communautaires telles que les associations, les coopératives et/ou les GIE (Groupement
d’Intérêt Economique) pour une bonne insertion des éleveurs dans la filière de production (maîtrise
des approvisionnements en aliments et la capacité de commercialiser les porcs produits). Cette
structuration de la filière lui permettra d’être plus représentative auprès des pouvoirs publics et de
bénéficier de divers avantages dans le cadre de son développement, d’être plus compétitive et de
réduire les pertes dont seront victimes certains acteurs faute de concertations et de relations
contractuelles, voire améliorer à plus ou moins long terme ses relations avec les institutions de
financement.
Sur le terrain, on note la présence de l’ANEP, de l’ANATP et de petits groupements de
commerçants de porcs mais qui fonctionnent tous de façon presque indépendante sans relations
particulières. Ceci se traduit par une dispersion de l’offre, une absence de planification des
productions et une recherche individuelle de débouchés. Nous souhaiterions que ces différentes
associations soient restructurées et renforcées dans leur capacité fonctionnelle par une définition des
relations qui doivent exister entre elles avec des incitations à la formation de coopératives et de GIE
par les pouvoirs publics pour un véritable développement de la filière.
[Link] Formation et encadrement des éleveurs
La démarche dite de professionnalisation va consister à aider les éleveurs ayant acquis par la
formation une certaine technicité dans la conduite et la gestion de l’élevage porcin à se comporter
en entrepreneur de micro-entreprises.
Le développement de l’élevage porcin au Bénin déjà confronté à la peste porcine africaine, risque
encore d’être ralenti d’avantage par les difficultés de financement de cette activité. En effet, les
éleveurs porcins ont besoin de petits crédits pour la construction de porcheries plus adaptées voire
l’achat des porcelets. Sur le terrain, on note une absence totale de structure susceptible de leur
octroyer de crédits alors que l’autofinancement qui caractérise actuellement cette activité ne leur
permet pas de réaliser des investissements importants. Il est donc nécessaire que soit initié un mode
de financement de l’élevage porcin. Ce mode de financement qui doit prendre en considération
110
toutes les spécificités de cette activité, devra faire intervenir l’Etat, les structures bancaires, les
projets de développement et les acteurs de la filière à travers des structures de garantie telles que les
coopératives et les GIE.
111
Concernant les parasitoses, un déparasitage périodique des animaux à base d’anthelminthiques à
large spectre doit être conseillé. La lutte contre la ladrerie porcine se fera d’une part, en incitant les
charcutiers à tuer les porcs dans les abattoirs et/ou tueries où s’effectuent l’inspection de salubrité
des carcasses et d’autre part, en sensibilisant les consommateurs sur le grand risque de transmission
de maladies à l’homme des viandes non inspectées.
[Link].4 Bonne conduite et gestion de la reproduction
Elle permettra d’éviter les problèmes de parturition et de faiblesse de portée qui sont souvent liés à
la mise en reproduction précoce des cochettes et au non contrôle des saillies. Elle peut être résolue
par une meilleure ambiance dans les porcheries, une maîtrise des problèmes de consanguinité,
sanitaires et un contrôle des chaleurs, ce qui n’est possible que sur des porcs en claustration. En
effet, le contrôle des chaleurs (rougeur et gonflement de la vulve, réflexe d’immobilité, acceptation
de chevauchement) est très important pour une utilisation rationnelle des truies et une bonne
rentabilité des exploitations porcines.
112
on note la présence des associations telles que l’ANEP, l’ANATP et de petits groupements de
commerçants qui sont presque sans relations. Pour susciter une véritable dynamique de filière, il est
important que ces groupements soient restructurés, renforcés, animés et encadrés par les pouvoirs
publics ou les institutions telles que la Direction de l’Elevage (DE) et la Direction du Commerce
Intérieur (DCI). A cet effet, des structures pouvant aider à la commercialisation (coopératives, GIE)
pourront être mises en place. L’ANATP pourra être dotée de pouvoirs de contrôle des activités des
charcutiers, de sorte qu’aucune demande de patente ne pourra passer sans son avis.
113
1.2.5 Amélioration des conditions de traitement des porcs
Elle doit passer par :
l’amélioration des conditions d’abattage des porcs et la régularité de l’inspection sanitaire des
viandes ;
la lutte contre les abattages clandestins par la création de brigades sanitaires au sein de
l’ANATP par les services d’élevage et par une sensibilisation radiophonique ;
la sensibilisation et l’éducation des charcutiers sur les règles d’hygiène dans les charcuteries et
la nécessité pour eux de se doter d’un équipement de froid ;
la sensibilisation quotidienne radiophonique des consommateurs et des ménages sur les risques
de consommation de viandes non inspectées.
Pour être efficace, l’application de toutes ces mesures doit être inscrite dans une réelle politique
d’élevage.
Elle doit être basée sur une législation adaptée aux conditions changeantes de l’environnement
socio-économique du Bénin et prendre en considération deux approches importantes à savoir :
l’intégration production commercialisation et la recherche-développement sur le porc. En effet, la
population béninoise étant en forte croissance, la production des ruminants n’arrive pas à satisfaire
la demande en protéines animales. La production des espèces à cycle court, en particulier du porc
devrait être inscrite dans un cadre global de système agroalimentaire avec une option de sécurité
alimentaire à défaut d’autosuffisance pour amoindrir les problèmes d’alimentation protéique. La
recherche-développement pourrait se traduire par la mise en état de fonctionnement des fermes ou
stations de recherches existantes et la création d’un Centre National de Formation et de Recherche
sur le Porc (CNFRP).
Si elles sont mises en œuvre, toutes ces propositions permettront de rendre plus performant le
système de production et de commercialisation du porc et plus cohérente la filière porcine au regard
des perspectives qui se dégagent.
Malgré la morosité de la situation actuelle de l’élevage porcin qui semble en état de survie au
lendemain de l’épizootie de la peste porcine africaine de 1997, les perspectives béninoises de
développement dans ce domaine, si elles sont bien exploitées, seront loin d’être mauvaises. En effet,
les autorités conscientes de la place que peut occuper la production porcine dans l’économie
béninoise (près de 5 milliards de francs CFA de perte due à la PPA), des possibilités qu’offre
l’élevage porcin à la valorisation des matières premières et sous-produits locaux, et de
l’amélioration du taux de couverture des besoins de la population en protéines se sont préoccupées
en collaboration avec les acteurs de la filière, de mettre en place depuis deux ans, un programme :
Programme National de Relance de l’Elevage du Porc (PNREP).
Ce dernier, d’un coût global de 1 741 625 040 FCFA, a reçu le soutien de financement de l’état
béninois et s’articule autour de quatre principaux points :
le renforcement du système de surveillance épidémiologique ;
114
l’amélioration des performances zootechniques des porcs par la formation et la recherche-
développement ;
115
CONCLUSION
Face au contexte actuel du fort taux d’urbanisation et de forte croissance démographique que
connaissent la plupart des pays d’Afrique, les sources de protéines animales sont devenues de plus
en plus insuffisantes. La production de ruminants est en pleine évolution mais n’arrive pas à couvrir
les besoins de la population dont la croissance est forte (3,5%). A cet effet, un grand intérêt doit être
porté au développement des espèces à cycle court, en particulier du porc dans les stratégies
d’autosuffisance alimentaire élaborées par les pouvoirs publics.
Au Bénin, de nombreux élevages porcins existent sur tout le territoire, en l’occurrence dans les
départements de la zone méridionale du pays, et la viande de porc est largement appréciée et
consommée par une bonne partie de la population. Cependant, la structure et le fonctionnement de
la filière porcine tant au niveau de la production que de la commercialisation ne sont pas toujours
bien maîtrisés du fait de l’inexistence d’informations, de l’inorganisation structurelle et
fonctionnelle des acteurs avec souvent des prix incontrôlés et une dispersion de l’offre et de la
demande. Ainsi, il était nécessaire de mener cette présente étude pour une meilleure connaissance
de cette filière.
La méthodologie employée a consisté à faire des enquêtes socio-économiques à tous les niveaux de
la filière afin de mettre en évidence les relations (horizontales et verticales) entre les différents
acteurs. L’étude de filière a été menée de septembre à décembre 2003 dans les quatre principaux
départements d’élevage de porcs au Bénin (Atlantique, Mono, Ouémé, Zou).
Des résultats, il ressort que la production d’aliment porcin est faible faute de demande suffisante.
La ferme de Kpinnou et le Centre Songhaï ont les principaux fournisseurs de porcs de races
améliorées aux éleveurs.
L’analyse de la structure et du fonctionnement des élevages enquêtés, révèle que la capacité totale
par élevage varie de 4 à 735 porcins soit une moyenne d’environ 41 sujets/exploitation, dominée
globalement par les porcs en engrais (45%) et les porcelets (35,4%) avec une proportion importante
(69,6%) d’élevages de taille moyenne (15 à 100 têtes). Les élevages visités sont de type mixte
(naisseur-engraisseur) dans 97% des cas avec une prédominance de porcheries semi-modernes
(57,6%) construites en matériaux semi-définitifs (toit en paille, murs et plancher en ciment). Les
porcheries traditionnelles représentent 35,2% des exploitations visitées, contre 7,3% pour les
porcheries modernes. Dans les élevages visités, la claustration permanente reste le mode d’élevage
dominant (80,6%), contre 18,2% pour la semi-claustration.
L’alimentation est surtout basée sur l’utilisation d’un mélange de deux à trois matières dont
principalement le tourteau de palmiste, le tout complété par les verdures et restes de cuisine
(81,4%). Les élevages utilisant de provende porc (aliment complet) sont en proportion relativement
faible (12,7%).
L’analyse économique au niveau des élevages porcins révèle que d’une part, le coût de production
du porcelet sevré de 3 mois d’âge est de 20 111 FCFA soit environ 915 FCFA le kg de poids vif, et
d’autre part, le coût de production du porc charcutier de 6 mois d’âge est de 39 598 FCFA soit 610
FCFA par kg de poids vif. Dans le premier cas, la marge nette est faible (7,8% des charges totales)
ce qui correspond à un revenu mensuel de 15 112 FCFA pour l’éleveur. Dans le second cas, la
marge nette est relativement faible (13,51% des charges totales) et dégage un revenu mensuel
acceptable d'une valeur de 31 480FCFA pour l’éleveur.
116
L’analyse des systèmes et circuits de commercialisation montre que la vente de porcs dans les
marchés (vente publique) est essentiellement pratiquée par les commerçants et les courtiers qui sont
tous des hommes, et la vente de porcs transformés est assurée par les charcutiers qui sont dans
93,75% des cas des hommes.
Les commerçants et les courtiers sont majoritairement originaires du département de l’Ouémé
(54,5%) où se trouve le plus grand marché porcin, Adjarra. L’offre totale des quatre marchés visités
est d’environ 5 725 porcins/mois dont 43,67% pour Adjarra et 28,38% pour le marché d’Azovè,
avec une proportion importante de porcs locaux (85 à 95%). Particulièrement plus dynamiques, ils
animent à la fois plusieurs marchés et se ravitaillent en porcins dans tous les départements du Bénin
et même dans les pays voisins (Togo, Nigeria), d’où la grande diversité de l’origine des porcs
présentés au marché d’Adjarra.
Les charcutiers sont installés dans les grands centres urbains où ils exercent ce métier pour la
plupart comme une activité principale (67,7%). Ils se ravitaillent en porcs aussi bien dans les
marchés (41%) que dans les élevages (47%). Le nombre total de porcs abattus par charcuterie varie
de 5 à 100 sujets/mois soit une moyenne de 32 porcs/mois, avec une proportion relativement
importante (66%) d’effectifs d’abattages de la tranche 15-40 porcs/mois. La moyenne la plus élevée
(53 abattages/mois), a été observée dans l’Ouémé. Le prix moyen du porc charcutier, en fonction de
la race, varie de 15 000 à 60 000 FCFA et celui du kg de viande porcine est de 1 500 CFA.
La viande de porc est surtout consommée dans les grands centres urbains (Porto-Novo, Cotonou,
Calavi, Lokossa, Abomey, Bohicon, etc.) et le niveau de consommation estimé à 1,2 kg/semaine,
soit environ 58 kg/personne/an est fortement influencé par le revenu et les habitudes alimentaires de
chaque consommateur.
A la lumière de ces résultats, il ressort que la consolidation de la production porcine doit aller de
pair avec l’émergence d’une dynamique de filière. Elle associera étroitement en amont, les
fabricants d’aliments et en aval, les professionnels de commerce et de transformation du porc
(commerçants, charcutiers). En outre, une politique globale de développement de la filière porcine
associant tous les acteurs doit être clairement définie et mise en place. Elle passe par :
l’organisation des unités d’aliments et du marché des matières premières ;
la création par l’Etat et/ou les projets d’une banque d’aliment pour les éleveurs porcins ;
la professionnalisation de la filière ;
117
l’amélioration du cadre organisationnel et fonctionnel des acteurs de la commercialisation
(ANEP, Commerçants, ANATP) ;
la construction d’abattoirs ou de tueries plus ou moins modernes dans les grands centres de
consommation de porcs ;
118
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123
ANNEXES
124
Annexe 1
EISMV-Dakar/ Année académique 2003-2004
Guide d’entretien pour les fabricants d’aliments Porcins
1- Identification
Nom et adresse de l’établissement ………………………………………………..
Département …………………………Localisation ou ville …………………………………………………..
2- Infrastructures et moyens humains de l’établissement …………………………………………………………..
3- Activités de l’établissement
Approvisionnement en matières 1ères
Quelles sont les matières 1ères utilisées ? ……………………………………………………………………
Lieux d’approvisionnement des matières 1ère (villages, industries, marchés …) Préciser les ? ……………
………………………………………………………………………………………............................................
Qui sont vos fournisseurs ? Agriculteurs , commerçants , industries , autres (citer)..……………
Rythme d’approvisionnement en matières 1ères
Tous les jours………1-2 fois par semaine………………1-2 fois par mois………………….
Quelle quantité payez-vous ?
Par jour ………………………Par semaine…………….Par mois ………Autres …………
Quels sont les prix respectifs du kg de matières 1 ères
i
Annexe 2
EISMV-Dakar/ Année académique 2003-2004
Questionnaire pour les éleveurs de porcs
1. Statut socio-économique des éleveurs (propriétaires des animaux)
Nom…………………………………………..
Département………………………………………
Localité………………………………………………………….
Sexe : Masculin , Féminin
Ethnie…………………………………………….
Religion : Chrétien Animiste , autres (préciser)………
Activité (fonction publique, professionnelle privée, commerçants, agriculteurs, éleveurs, étudiants, autres)
- Principale ……………………………………Secondaire ………………………………………………
Comment vous est -il arrivé l'idée d'élever le porc ?
- Conseil d'autrui (privé, projet)
- Propre initiative
Pourquoi faites-vous l'élevage de porc ? autoconsommation , source de revenue ,
loisir ou simple plaisir , autres raisons (préciser)………………………………………………
Statut de l’élevage : êtes -vous un producteur privé ? un groupement d'éleveurs ? un projet ? membre d’une
association ou d’un groupement d’éleveurs ?
Depuis quand avez-vous commencé ? < 5ans 5-10 ans > 10 ans
ii
2.3. Alimentation
Utilisez-vous de provende porc (achat, formulation personnelle) ? Oui , non
- Si non , quelles sont les matières premières que vous achetez (citer)………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….. ………………………….
- Si oui, qui vous fournissent les aliments ?: Une provenderie du pays (préciser sa localité)…………Vendeurs
particuliers d'aliments , importation (préciser de quel pays)……………………………………………
Quels types d'aliments porcins payez ou formulez-vous (préciser)?………………………………………………………..
Quelle quantité payez ou formuler-vous :
- Par jour ?…………………Parsemaine?………….Par mois……………………………………………………
Quel est le prix d'achat :
d'un kg d'aliment ?……………………………d'un sac d'aliment(50 kg) ?……………………………………………
Modalités de payement des aliments : Crédit Comptant
- Si crédit , quels sont les délais de paiement………………………………………………………………………
Système d'alimentation (remplir le tableau)
Coût d'approvisionnement ou dépenses en aliments : par jour ? par semaine ? par mois ?
Problèmes liés à l’alimentation des porcins………………………………………………………………………………...
………………………………….…………………………………………………………………………………
2.4. Conduite de l'élevage et productivité
Mode d’élevage :
- Elevage en divagation ? oui non
. Avec un complément d'aliment, quel complément?…………………………
. Sans complémentation
- Elevage en stabulation complète ? Oui Non
- Mixte : Oui Non
Qui s'occupe de l'élevage : vous-même et vos enfants ouvriers autres (précisez)……
Avez-vous des employés? Oui Non
Si oui, quel est le nombre………….. les taches effectuées……………………………….
Le temps de travail……………………….. le coût de la main d'œuvre ………………
Autres charges en dehors des coûts de production (taxes, impôts, etc)…………………………
Etes-vous un éleveur de profession ? Oui Non
Si non, avez-vous reçu une formation ? Oui Non
Age et poids moyen des porcelets au sevrage…………………………………
Castration des animaux :
- A quel âge ? ………………………………………………………………………….
- Qualification du praticien :agent vétérinaire , l’éleveur même , autre
personne?…………………………………………………………………………..
Reproduction
- Age moyen à la première mise bas………………………………………………
- Nombre moyen de portées par femelle et par an…………………………………
- Nombre de femelles en âge de se reproduire en un année………………………..
- Nombre de gestation par femelle par an …………………………………………
- Nombre de mise bas/truie par an…………………………………………………
- Poids moyen des porcelets à la naissance…………………………………………
- Nombre moyen de porcelet morts nés/an ……………………………………….
- Nombre de porcelets morts avant le sevrage……………… après le sevrage…
- Taux de mortalité annuel……………………………………………………
- Nombre moyen d’animaux reformés/an ……………………………………………
Problèmes sanitaires
Maladies souvent rencontrées : gale…, verminoses……, mammites et arthrites……, trypanosomiase……, autres
maladies (préciser)……………………………………….………………………………………………………………
les signes pathologiques observés………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………………………………………
A quelle période (mois, saison) ou à quel âge surviennent les mortalités ou maladies ?…………………………………..
………………………………………………………………………………………………………………………………
Disposez vous d'un encadreur ou d'un conseiller d'élevage : Vétérinaire Technicien Aucun
iii
Déparasitez-vous les animaux ? Oui Non
Si oui, avec quels produits …………………………………………………………………………………………
Si non, pourquoi ? …………………………………………………………………………….
Autres prophylaxies :désinfection ,vide sanitaire , vaccination antibiothérapie
Autres (préciser) …………………………..
Disposez-vous de structures d'appuis vétérinaires ? Oui non
Coût des soins sanitaires : par mois……………... par trimestre……… par année…………
Gestion de la relation élevage- environnement :
Déchets……………………………………………………………………………………..
Bruits et nuisances…………………………………………………………………………..
Protection des consommateurs………………………………………………………………
Les voisins ne se plaignent – ils pas ?………………………………………………………
3. Origine du financement de votre élevage :
- Fonds propre
- Structures de financement : ONG ou Projet Caisse de crédit l'Etat Association d'éleveurs Autres
(préciser)………………………………..
4. Exploitation du cheptel
Autoconsommation ?: Oui non
A quelle occasion ?:
consommation familiale sacrifice fêtes et cérémonies sans raison autres ( précisez)...……………..
quel nombre ?……………………, quelle proportion par rapport à celle vendue……………………………………..
Vente (commercialisation) :
Les grandes périodes de vente dans l'année (préciser les moments)……………………………………………………….
Les système et méthode de vente (remplir le tableau)
Systèmes de vente Vente sur pied Vente en détail
Nombre d'animaux vendus /an
Lieux de vente
- Privé (domicile)
- Public (marchés)
- Autres (préciser)
Méthode de vente
- au poids vif
- à l’estimée
Prix de vente d’un animal :
- minimum
- moyen
- maximum
Les raisons de la vente des animaux : besoin d'argent réforme déstockage autres ………………………
Les modalités de transport des porcs aux lieux de vente………………………………...
Qui sont vos clients :
Commerçants et revendeurs charcutiers et restaurants salariés locaux et personnes particulières expatriés
autres éleveurs et villageois
Les modalités de vente ? crédit comptant les deux
Ecoulez-vous bien vos animaux :? Oui Non
très bien Oui Non
assez bien Oui Non
difficilement Oui Non
Si oui, à quelle période précise ?……………………………………………………
Votre élevage est-il rentable ? peu rentable pas rentable assez rentable très rentable
Quelle recette annuelle faites-vous ? ………………………………………………………….
Bénéfice moyen annuel……………………………………………………………………
Quels sont les problèmes que vous rencontrez ?………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………
Avez-vous un projet d'extension de votre élevage ? Oui Non Pourquoi ?…………………
…………………………………………………………………………………………………
Connaissez-vous d'autres éleveurs de porcs ? (noms et localités)………………………………………………………
Quelles sont vos propositions pour améliorer et augmenter la production du porcs au Bénin?…………………………….
………………………………………………………………………………………………………………………………
iv
Annexe 3
EISMV-DakarAnnée académique 2003-2004
Questionnaire pour les commerçants et charcutiers
1- Identification
Nom…………………………………………………………………………………………………….
Département…………………………….Localité……………………………………………
Age ………………………………………….Sexe :…………………………………………
Ethnie………………………………………..Religion…………………………………………….
Activité (fonctionnaire, professionnel privé, commerçant, charcutier, autres):
Principale (préciser)…………………. ………………………………………………………..
Secondaire (préciser)……………………………………………………………………………………
Comment vous est-il arrivé l'idée de vendre le porc : conseil d'autrui propre initiative
Pourquoi vendez-vous le porc : source de revenu loisir ou simple plaisir autres
raisons………………………………………………………………………………………………..
Depuis quand vendez-vous le porc ?…………………………………………………….
Exercez-vous cette activité en permanence ? Oui , non ,occasionnellement ?
2- Origines des animaux
Qui sont vos fournisseurs :
- Fermes (préciser la localité)…………………………………………………………………...
- Commerçants et revendeurs…………………………………………………………
- Autres (préciser)………………………………………………………………………………
Raisons du choix des fournisseurs……………………………………………………………….
Les lieux d'achat des animaux : marché village grandes surfaces importation (préciser les
pays)………………………………………………………………………………………………
Quantité payée : par jour…………par semaine………………par mois…………………………
Méthode d’achat : à l’estimée……………….., au poids vif…………………………………….
Prix d'achat du porc ?……………… ou du kg de l’animal sur pied……………………………
Modalités de payement : crédit comptant
Si crédit quels sont les délais de paiement : 1 semaine , 2 semaines , 1 mois , autres…. ……………
Coût de transport ?………………………………………………………………………………..
Les difficultés rencontrées dans l’approvisionnement des porcins : transport paiement taxes autres …………
…………………………………………………………………………………………………………………………..
3. Vente des animaux
Les lieux de ventes des animaux : marchés et grandes surfaces villages sur place autres…………………
Qui sont vos clients: charcutiers et restaurants fonctionnaires , professionnels privés villageois , autres
particuliers (préciser)……………………………………
Origine des clients : nationaux expatriés (pourcentage)
Les grandes périodes de ventes : saison sèche , saison pluvieuse , week-end et jours fériés , jours de
marché , fins du mois à tout moment
Quantité vendues : par jour………………….. Par semaine………………. Par mois…………
Prix de vente du porc …………ou du kg de porc sur pied ?……………………………………..
Prix de vente au détail (kg de viande de porc)…………………………………………………
Modalités de paiement, crédit , comptant, les deux
Faites-vous de livraison sur place ? , à domicile ?
Vendez-vous du porc hors du Bénin ? Oui ,non
Si oui, où ?……………………………………………………………………………………...
Coût de transport ?……………………, prix de vente du kg de viande…………………………
Evolution des prix dans l'année……………………………………………………..
Votre activité est-elle rentable ? Oui Non
Si oui, bénéfice moyen par jour………………………………………
Si non pourquoi?……………………………………………………..
Autres charges en dehors du prix de revient des animaux (entretien, loyer, employés)……………
Quelles sont les difficultés rencontrées dans la commercialisation des porcs (transport, taxes, paiement, conservation de
la viande , etc.)…………………………………………………………………………………………………………….
Comment jugez-vous l'évolution de la consommation du porc au Bénin: en augmentation , en diminution , stable
Arrivez-vous à satisfaire toute la demande de votre clientèle ? Oui Non
Si non, pourquoi ?……………………………………………………………………….
Vos propositions pour l'amélioration de la vente et la commercialisation du porc au Bénin………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………
v
Annexe 4
EISMV-Dakar/Année académique 2003-2004
Questionnaire pour les consommateurs de viande de porc
1. Identification
Nom :
Age :
Sexe :
Département :
Localité :
Ethnie :
Religion :
Profession :
2. Consommation
Appréciez-vous la viande de porc ? Oui Non
Si non pourquoi ? Interdiction et tabou mauvais goût coût
difficulté d'approvisionnement autres raisons…………………………
Consommez-vous la viande de porc ? Oui Non
Si oui, à quel rythme: tous les jours 2-4 fois par semaines 1-3 fois par mois occasionnellement
jamais
A quelle occasion consommez-vous la viande de porc : fêtes ……, cérémonies……., invitation ou lors de visite……,
sans raison………….……………………………………………………
A quel moment de la journée : petit déjeuner , déjeuner , dîner
L'avez-vous consommé : le mois passé les 6 derniers mois il y a au moins un an Il y a plusieurs années
Quelle quantité en moyenne achetez-vous : par semaine…par mois….. par trimestre ………..
Quelles catégories de viande de porc appréciez-vous : maigre, grasse , abats , autres ………............................
Où trouvez-vous la viande de porc à votre goût : au marché et grandes surfaces abattoirs
Charcuteries restaurants autres (précisez)…………………………………………
Pourquoi ? Proximité , hygiène et spécialités culinaires , disponibilité , autres (précisez )………………………..
………………………………………………………………………………………………………………………………
Aimeriez-vous consommer fréquemment la viande de porc ? Oui non
Si oui quelles sommes pourriez-vous consacrer à la viande de porc par mois ?…………………
Si non, pourquoi?…………………………………………………………………………………
Quelle autre viande préférez-vous ? : bovins , moutons et chèvres , volailles , poissons , lapins
autres…………………………………………………………………………………………………………………..
3. Comportement à l'approvisionnement :
Achat de viande, don de viande, les deux
Rythme d'achat de la viande de porc : tous les jours 2-4 fois par semaine 1-3 fois par mois occasionnellement
Où achetez-vous la viande de porc : au marché aux abattoirs et grandes surfaces
Charcuteries restaurants autres (préciser)…………………………………………
A combien vous achetez le kg de viande de porc?………………………………………………
Est-elle plus chère que les autres viandes d'animaux domestiques ? Oui non
Qu'est ce qui pourrait augmenter votre consommation de viande ? Information revenu
Prix , approvisionnement facile autres ……………………………………………………………….
Trouvez-vous toujours la viande de porc lorsque vous en avez l'envie ? Oui non
Si non, pourquoi? Offre insuffisante autres raisons………………………………………………………………
Pourriez-vous élever vous-même le porc en vue d'un approvisionnement plus facile : Oui non
vi
Annexe 5
EISMV-Dakar/Année académique 2003-2004
Guide d'entretien avec les autorités d'élevage sur l'élevage porcin au Bénin (Vétérinaires et autres agents)
vii
ANNEXE 6 : Liste des élevages porcins visités
ix
50 DJOSSOUVI D. Mono Aplah-azovè Privé Locale 6 1 5
51 Ferme Elevage KPINNOU Mono Athiémé Projet L. A. 550 8 70
52 KPOBLI Vincent Mono Athiémé Privé Amliorée 10 1 3
53 BESSANH Emmanuel Mono Athiémé Privé L. A. 18 2 6
54 FERPOCO de KOULETIO Mono Comè Privé Amliorée 24 1 4
55 ALLITONOU Ruphine Mono Comè Privé* L. A. 19 2 5
56 TINIGO Sylvain* Mono Comè Privé* Amliorée 9 2 7
57 DESSOUASSI Eugène Mono Comè Privé Locale 10 1 2
58 AMOUSSOU Pascal Mono Comè Privé Amliorée 24 2 6
59 AGBO Charles Mono Comè Privé * Amliorée 25 1 4
60 KOGBLEVI D. J. Claude Mono Dogbo Privé Amliorée 138 4 25
61 BALLO K. Gérard Mono Dogbo Privé * L. A. 19 1 4
62 Ferme Agr-Union DEGBE Mono Dogbo Privé Amliorée 109 2 23
63 KOFFI Emmanuel Mono Dogbo Privé Amliorée 25 2 3
64 VIGNON Gagriel* Mono Houéyobgé Privé * Locale 120 2 8
65 GANTIN V. Richard Mono Houéyobgé Privé * Locale 35 1 3
66 GANTIN Félix Mono Houéyobgé Privé Locale 41 2 6
67 VIGNON Adrien Mono Houéyobgé Privé Locale 17 0 2
68 AMAKPASSA Victorin Mono Houéyobgé Privé Locale 30 1 5
69 AKPLAKA Faustin Mono Houéyobgé Privé L. A. 24 1 2
70 DJOSSOU Cécile Mono Houéyobgé Privé * L. A. 40 1 4
71 KOCOU Victoire Mono Houéyobgé Privé Locale 19 2 3
72 LOKOSSOU Christine Mono Houéyobgé Privé L. A. 59 1 4
73 HOUENSOU Micheline Mono Houéyobgé Privé Locale 75 2 6
74 LOKOSSOU Pauline Mono Houéyobgé Privé Locale 6 1 2
75 GANTIN Télesphore Mono Houéyobgé Privé * Locale 11 2 4
76 Ferme AIZAN D. Paulin Mono Lokos-agamè Privé L. A. 735 10 80
77 GOUSSI C. Sylvain* Mono Lokossa Privé * Amliorée 10 1 3
78 M. WOTCHO Mono Lokossa Privé L. A. 200 5 24
79 Dr BABADJIDE Michel Mono Lokossa Privé * L. A. 16 1 5
80 ANAGONOU Norbert Mono Lokos-agamè Privé L. A. 12 1 3
81 NOUKPO Julien Mono Lokos-agamè Privé Locale 5 0 2
82 DONOU Jeannette Mono Lokos-agamè Privé L. A. 14 1 2
83 DOSSOU A. Wensceslas Mono Lokos-agamè Privé Locale 14 1 3
84 SESSOU Hippolyte Mono Lokossa Privé Locale 55 2 6
85 Ferme EVECHE Mono Lokossa Projet Amliorée 50 1 6
86 AGOSSOU Christophe Ouémé Adjarra Privé * L. A. 17 1 3
87 TOYI Assogba Ouémé Adjarra Privé * L. A. 25 2 5
88 TOGBE Franck Ouémé Adjarra Privé * Locale 15 1 3
89 YEHOUENOU M. Ouémé Adjarra Privé * Locale 41 2 10
90 AVOCEGAMOU Pascal Ouémé Adjarra Privé * L. A. 32 1 6
91 KOUDANDE Athanase Ouémé Adjohoun Privé * Amliorée 13 1 3
92 HADEGBE Michel Ouémé Adjohoun Privé * Locale 45 2 6
93 LAVINON Cécile Ouémé Adjohoun Privé * Locale 20 1 4
94 KOUDOKPODE A. Paul* Ouémé Avrankou Privé * L. A. 86 4 17
95 HOUNKPETIN Firmin Ouémé Avrankou Privé * L. A. 16 1 3
96 AGBOYINOU Germain Ouémé Avrankou Privé * L. A. 18 2 6
97 KOUDOKPODE Houndeton Ouémé Avrankou Privé L. A. 45 1 5
98 KPOSSOU Dominique Ouémé Avrankou Privé Locale 27 2 7
99 OKE Godonou Ouémé Avrankou Privé Amliorée 15 1 4
100 DANSOU Claude Ouémé Porto-Novo Privé L. A. 21 2 4
101 HOUSSOU [Link]** Ouémé Porto-Novo Privé * L. A. 31 1 4
x
102 AGBGOTON Oscar Ouémé Porto-Novo Privé * L. A. 20 2 5
103 ADJAI Gérome Ouémé Porto-Novo Privé L. A. 23 1 3
104 DANVOU Pascal Ouémé Porto-Novo Privé Amliorée 25 2 7
105 ABAGAN Djidjoho Ouémé Porto-Novo Privé Amliorée 53 2 10
106 DJELO Jean Ouémé Porto-Novo Privé Amliorée 30 2 6
107 HOUNKPE S. Félicien Ouémé Porto-Novo Privé Amliorée 40 1 7
108 Mme ADOGONY Gisèle Ouémé Porto-Novo Privé * Amliorée 44 2 12
109 HOUNSOU Sidonie Ouémé Porto-Novo Privé * Amliorée 13 1 2
110 ADANVE Jean Ouémé Porto-Novo Privé * Locale 10 1 3
111 SOGBONOU Séraphin Ouémé Porto-Novo Privé* Locale 14 0 2
112 KOUMASSA Honoré Ouémé Sèmè-podji Privé Amliorée 32 1 4
113 HOUENOU Estelle Ouémé Sèmè-podji Privé L. A. 12 1 2
114 DAZOUNDJI Rose Ouémé Sèmè-podji Privé L. A. 8 1 2
115 Mme MEVO Ruthe Ouémé Sèmè-podji Privé L. A. 22 2 5
116 KOUFERIDJI Antoine Ouémé Sèmè-podji Privé Amliorée 9 1 2
117 HOUNDOLODE D. Ouémé Sèmè-podji Privé L. A. 20 1 3
118 TCHEKPO Isidore Zou Abomey Privé Amliorée 52 3 12
119 ABIDJI Antoine Zou Abmey-gbèkon Privé L. A. 60 3 12
120 GBAGUIDI Aissè Zou AbOmey Privé L. A. 13 1 2
121 SEWA Edouard Zou Ab-ahouaga Privé* L. A. 74 2 8
122 ADOHOUANNON Clément Zou Adandokpodji Privé* L. A. 31 2 5
123 Mme GOUTEIBO Zou Adandokpodji Privé Amliorée 19 1 4
124 SEHOUE Christophe Zou Adandokpodji Privé* L. A. 27 1 4
125 HOUNTOHOTEGBE T. Zou Ab-Toizanli Privé* Amliorée 108 2 15
126 DAH METOGBE Zou Ab-Toizanli Privé* Locale 40 2 8
127 SOHO Martin Zou Ab-Agblomè Privé* L. A. 29 1 5
128 ADJIBOGOUN Antoine Zou Ab-Agblomè Privé* Locale 23 1 4
129 ADJALALA Elisabeth Zou Ab-Agnagnan Privé* L. A. 19 1 3
130 SOHONON Antoine Zou Ab-Agnagnan Privé* L. A. 59 2 7
131 AYISSIWEDE Gérard Zou Agbgnizoun Ah. Privé Locale 17 1 2
132 AYISSIWEDE Claude Zou Agbangnizoun Privé Locale 23 1 3
133 AYISSIWEDE Thomas Zou Agbangnizoun Privé L. A. 19 1 3
134 ZOUNVEI Faustin Zou Agbangnizoun Privé Locale 29 1 4
135 KOTO Pierre Zou Agbangnizoun Privé Locale 13 1 2
136 EHOUDON H. Zou Agbangnizoun Privé Locale 59 2 12
137 EHOUDON M. Zou Agbangnizoun Privé Locale 18 1 2
138 MANKPON Rigobert Zou Agbgnizoun Ad. Privé Locale 21 1 3
139 ADJAKPON Robert Zou Agbangnizoun Privé Locale 19 1 3
140 ASSOSSOU Lazard Zou Agbangnizoun Privé Locale 12 0 2
141 ZOUTOUGOU Alphonse* Zou Agbangnizoun Privé* L. A. 145 3 12
142 TONOUMI Rosalie Zou Agbangnizoun Privé* Amliorée 98 2 10
143 HOUETOGNANKOU Victor* Zou Bohicon Privé* L. A. 28 2 6
144 ANAME Théodore Zou Boh-ouassaho Privé* Amliorée 67 1 8
145 GNAMBAKPO Simon Zou Boh-ouassaho Privé* Amliorée 42 4 11
146 WLETCHE Achile* Zou Bohicon Privé* Amliorée 157 4 23
147 ADE Mathis Emile Zou Boh-ouassaho Privé* Amliorée 43 3 9
148 Mme SONON Josephine Zou B. ouangnassa Privé Locale 30 1 4
149 SONON Appolinaire Zou B. ouangnassa Privé* L. A. 39 3 8
150 ADJAHO Théodore Zou Bohicon Privé L. A. 39 3 4
151 ATITO André Zou Boh-ouassaho Privé* Amliorée 87 3 12
152 ANGLO Christophe Zou Bohicon Privé L. A. 17 1 3
153 AYADJI Lucien Zou Bohicon Privé* L. A. 55 2 7
xi
154 DJANHOUN Nestor Zou Djidja Privé Amliorée 16 1 4
155 DEGUENON A. Gérome Zou Djidja Privé L. A. 27 2 6
156 AYIBAWE Tokpassi Zou Djidja Privé L. A. 12 1 2
157 AHOKPA Victorin Zou Zakpota-Tindji Privé Locale 15 2 4
158 BATO Justin Zou Zakpota-Tindji Privé Locale 11 1 3
159 GANGBEMABOU Grégoire Zou Zakpota-Tindji Privé L. A. 19 1 4
160 KPEDJO Robert Zou Zakpota-Tindji Privé Locale 13 1 3
161 TCHEGUEDEI Eugène Zou zgbdmeyCana2 Privé L. A. 50 3 9
162 TCHEGUEDEI Rock Zou zgbdmeyCana2 Privé L. A. 13 2 3
163 BADOTODE Richard Zou zgbdmeyCana2 Privé L. A. 22 1 4
164 BADOTODE Bernadin Zou zgbdmeyCana2 Privé Amliorée 27 1 5
165 ZOCLI Marc Zou zgbdmeyCana2 Privé L. A. 31 2 6
xii
SERMENT DES VETERINAIRES
DIPLÔMES DE DAKAR
Bourgelat,
« Fidèlement attaché aux directives de Claude
s le monde, je promets
fondateur de l'Enseignement Vétérinaire dan
et je jure devant mes Maîtres et mes Aînés:
x le souci de la dignité
.:. d'avoir en tous moments et en tous lieu
;
et de l'honneur de la profession vétérinaire
ncipes de correction
.:. d'observer en toutes circonstances les pri
ie de mon pays;
et de droiture fixés par le code de déontolog
, que la fortune
.:. de prouver par ma conduite, ma conviction
dans celui que
consiste moins dans le bien que l'on a, que
l'on peut faire ;
oir que je dois à la
.:. de ne point mettre à trop haut prix le sav
tous ceux qui
générosité de ma patrie et à la sollicitude de
m'ont permis de réaliser ma vocation.
vient que je
Que toute confiance me soit retirée s'il ad
me parjure. »
xiii
LE CANDIDAT
vu
LE DIRECTEUR LE PROFESSEUR
RESPONSABLE DE L'ECOLE INTER-ETATS
DE L'ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE
DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES DE DAKAR
VETERINAIRES DE DAKAR
vu
LE DOYEN LE PRESIDL"IT
DE LA FACULTE DE MEDECINE D JURy
ET DE PHARMACIE
DEL'UCAD
xiv
LA FILIERE PORCINE AU BENIN: PRODUCTION, COMMERCIALISATION,
PROPOSITIONS D'AMELIORATION ET PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT
RESUME
Au Bénin, l'élevage porcin est pratiqué sur tout le territoire national, en particulier dans les
départements du Sud du pays, et la viande de porc est largement appréciée et consommée par la
majeure partie de la population. Cependant, la structure et le fonctionnement de la filière porcine tant
au niveau de la production que de la commercialisation ne sont pas toujours bien maîtrisés du fait de
l’inexistence d’informations, de l’inorganisation structurelle et fonctionnelle des acteurs.
Une étude de filière basée sur des enquêtes socio-économiques, a été menée de septembre à
décembre 2003, auprès de 11 unités de production d'aliment porcin, 165 éleveurs, 22 commerçants, 96
charcutiers et 217 consommateurs dans les quatre principaux départements d'élevage porcin
(Atlantique, Mono, Ouémé et Zou) pour mieux caractériser les relations de coordination et d'intégration
dans cette filière.
Les résultats révèlent que la production d'aliment porcin est faible, faute de demande suffisante.
La taille moyenne des élevages porcins est d’environ 41sujets/exploitation, dominée globalement par
les porcs en engrais (45%) et les porcelets (35,4%) avec une proportion importante (69,6%) d’élevages
de taille moyenne (15 à100 têtes). Les élevages sont de type mixte (naisseur-engraisseur) dans 97%
des cas avec une prédominance de porcheries semi modernes (57,6%) contre 35,2% de porcheries
traditionnelles et 7,3% pour les porcheries modernes. La claustration permanente reste le mode
d’élevage dominant (80,6%), contre 18,2% pour la semi-claustration. Le coût de production du porcelet
sevré de 3 mois d’âge est de 20.111 FCFA, soit environ 915 FCFA le kg de poids vif, et celui du porc
charcutier de 6 mois d’âge est de 39.598 FCFA, soit environ 610 FCFA par kg de poids vif.
Il existe deux grands circuits de commercialisation: le circuit vif approvisionné par éleveurs, mais
surtout par les commerçants et les courtiers, et le circuit mort essentiellement approvisionné par les
charcutiers. Le prix moyen du porc charcutier, en fonction de la race, varie de 15.000 à 60.000 FCFA et
celui du kg de viande de porc est de 1.500 FCFA. La viande de porc est surtout consommée dans les
grands centres urbains (Porto-Novo, Cotonou, Calavi, Lokossa, Abomey, etc.) et le niveau de
consommation estimé à 1,2 kg/semaine/personne, soit environ 58 kg/personne/an est fortement
influencé par le revenu et les habitudes alimentaires de chaque consommateur.
xv